Jean Bonnard reconnait que «Le titre "Ras le Balou" était certes provocateur» La buvette avait apporté une réponse à ce journaliste suisse du Nouvelliste qui avait publié un communiqué de l'ASPAP sur "l'Ariège malade" de la fièvre catarrhale. La question «Jusqu’à quand les contribuables électeurs accepteront que leurs impôts soient consacrés aux ours importés de Slovénie ?» terminait son ôde aux opinions ultrapastorales de l'ASPAP et à ceux qui les diffusent.
Avec Marc Laffont, nous avons montré ce que chaque français paie pour le loup, pour l'ours pour l'agriculture et pour les éleveurs des zones de montagne :
- 0,03 € (3 centimes) pour l'ours. 50% retourne aux éleveurs.
- 0,07 € (7 centimes) pour le loup. 76% retourne aux éleveurs.
- 207,6 € pour aider l'agriculture dont 10,16 € pour la filière ovine dont 4,43 € pour les éleveurs en zone de montagne (Voir les calculs et les coûts)
Jean Bonnard n'a pas aimé que son argumentation destinée à monter l'opinion publique contre l'ours, en prenant celle-çi par son côté sensible, le portefeuille, soit démontée. Alors Jean Bonnard récidive avec "L’ours, l’égal de l’agriculteur". La note de son blog est classée dans les catégories "Que la montagne est belle", "Réflexions et coups de gueule", "Actualités".
L'ASPAP, à la source du communiqué original publié par Jean Bonnard jubile : «Ce communiqué, transmis à la presse régionale et nationale, a largement été diffusé, et repris nos constatations, nos questions et notre indignation, parfois au dela des frontières... un exemple avec la parution dans lenouvelliste.fr, en suisse, qui titre "ras le Balou !" et remet les pendules à l'heure lors d'une passe d'armes salée dont l'élite ursophile n'est pas sortie indemne !»
"L'élite Ursophile"
Arrgh, je suis touché ! Me voilà élu au rang "d'élite Ursophile" par l'ASPAP. J'espère recevoir une médaille : "Les ours reconnaissants !" Autant apprendre de ses échecs : Quels sont les arguments qui ont été utilisés par Jean Bonnard pour que "l'élite ursophile n'en sorte pas indemne" :
Des "défenseurs intégristes de l’ours"
Une désignation de la même veine que les "talibans de l'écologie" ou "escrolos" de Bruno Besche-Commenge, que les "terroristes intellectuels écologistes" ou plus drôle, les «activistes porte-paroles autoproclamés d'une minorité bruyante ayant apparemment un seul sujet de préoccupation dans leurs vies : l'ours» de Louis Dollo, une référence pour Jean Bonnard.
Des "citadins bien tranquilles dans leurs cités"
Pas de chance pour Jean Bonnard. Je suis né dans une plaine à blé, dans la ferme de mon père, ingénieur agronome et éleveur. J'y ai vécu 45 ans. Mon frère, agriculteur lui aussi a repris l'exploitation.
Des "citadins qui sacralisent l’ours et le loup"
Du sacré ? je vais citer Robert Hainard : «Je souhaite que l'homme reste, ou redevienne, une créature parmi les autres, et non le tyran de la Création. Dans un monde entièrement utilisé et rationalisé, il n'y aurait plus de liberté ni de choix, donc plus d'amour. Plus que les pièces implacablement engrenées d'un mécanisme parfait. Quelle sottise de travailler à la "mise en valeur" intégrale du globe, et de gémir sur le recul des libertés! »
ou encore
«Par protection de la nature, je n'entends nullement le "retour à la nature", à un état primitif de l'homme. Je pense que c'est au contraire le fruit d'une civilisation très évoluée et consciente.»
ou plus pastoral, Joseph Paroix, éleveur dans le Haut-Béarn :
«Si l’ours meurt, il y aura, je crois, comme une grande obscurité et un froid silence dans nos vallées. Les nuits seront plus tristes, les rêves plus sombres, l’avenir plus obscur.»
Pour d'autres, le sacré c'est l'argent opposé à "la non rentabilité de l'ours". Une bête doit-elle être rentable ? Le Desman des Pyrénées est-il rentable ? La brebis est-elle rentable ? Les réponses sont non.
Les ours, ces "problèmes posés par ce caprice des gens de la ville"
Qu'à dit Nelly Olin, ministre de l'Ecologie en introduction du "Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2209" ? :
«Chaque peuple est, vis-à-vis de tous les autres, responsable des richesses naturelles qu’il a reçues en héritage. La convention sur la diversité biologique, élaborée en 1992 à Rio-de-Janeiro, traduit une prise de conscience mondiale : le combat contre la disparition des espèces et des milieux naturels engage solidairement l’humanité toute entière. Il en va des ours comme de la plus modeste plante en voie de disparition ou de l’insecte peu représenté sur le territoire national. Peu importe qu’il en existe encore des populations viables hors de nos frontières. Nous demeurons responsables des nôtres. Aucun biologiste, aucun traité n’a, en ce domaine, préconisé des marchandages du type « à toi l’ours, à moi l’insecte, à toi le panda, à moi la baleine, etc.
Garantir la survie à long terme d’une espèce telle que l’ours brun d’Europe, c’est précisément conserver plusieurs noyaux stables partout où il est encore présent. (...) Quelle que soit l’espèce, reporter sur d’autres pays la responsabilité de sa conservation c’est travailler, sans le dire, à sa disparition. Or la population pyrénéenne actuelle d’ours bruns n’est pas viable. Or il n’y a qu’une alternative : soit la disparition programmée, consciente, assumée, soit le renforcement. (...)
Garant des traités que notre pays a signés, conscient que la disparition de l’ours serait une perte irrémédiable, le gouvernement s’est engagé fortement. Il ne l’a pas fait sans écouter toutes les opinions qui se sont exprimées des plus défavorables aux plus positives. Il continuera, dans la perspective plus large de travailler avec les élus au développement de l’ensemble du massif.»
"L’agriculteur devrait compter sans états d’âme ses brebis égorgées et la boucler"
La buvette a toujours respecté les éleveurs et n'a jamais nié leur désaroi. Encore ce matin, je publiais le texte de Gérard Bozzolo avec qui je suis d'accord quand il dit :
«il est important de mieux comprendre leur désarroi, leur hantise, face à l’attaque des prédateurs(...).
L’accompagnement économique qui a pour motivation de rembourser les pertes occasionnées par de telles agressions (...), ne soigne pas la plaie morale subie par l’éleveur. Ce préjudice est un stress dans sa pure définition, celle qui correspond à une atteinte dont on ne maîtrise ni la survenue ni l’aboutissement ou la sortie victorieuse, provoquant de véritables pathologies dépressives. Certains éleveurs ne dorment plus et développent une névrose entretenue par le moindre bruit de sonnailles, attendant dans l’anxiété la prochaine fois, installés dans une forme d’insécurité sournoise. En effet, depuis la domestication, le contrat de l’éleveur avec ses animaux est de les défendre, de les protéger et de les soigner pendant toute la phase de l’élevage.
Rien n’est plus traumatisant que de constater cette forme de trahison envers leurs animaux, sans pouvoir agir, aggravée par la vision des séquelles laissées sur les troupeaux. Ceci est une remise en cause directe, culpabilisante, de l’acte professionnel et du lien d’appartenance intime et quasiment charnelle entre l’éleveur et ses animaux.»
La publication de ce texte montre mon intention non partisane de soutenir la cohabitation entre le pastoralisme et les prédateurs. Est-ce que celà fait de moi un "taliban", un "terroriste intellectuel écologiste" ? Il suffit de lire Jean Bonnard dans plusieurs des notes de la catégorie "grands prédateurs" de son bloc pour voir ou est niché l'extrémisme, l'individualisme et la vision limitée à des intérêts économiques corporatistes. Trouve t-on des prises de position médianes sur les sites des opposants aux plantigrades ?
"Des rêveurs, nostalgiques d’une nature revenue à l’état sauvage qui oublient tout simplement que l’agriculture, contrairement à la protection de l’ours, est une branche économique indispensable. Indispensable, car elle fait vivre des populations de montagne et participe en première ligne au maintien et à la protection du paysage."
Citons encore Gérard Bozzolo : «(...) que les primes communautaires, soient données au titre de l’entretien du paysage et de la maintenance d’une activité rurale, même si cela peut conduire les éleveurs au métier de gardien de la montagne et de cantonnier, ne constitue pas une avanie. Cette activité peut acquérir ses lettres de noblesse et avec un peu de pédagogie être acceptée comme une fonction d’intérêt économique doublé d’un intérêt général reconnu. C’est affaire d’éducation de la corporation des éleveurs face à la demande sociétale et de reconnaissance de leur métier par cette dernière. Les entreprises de service et d’entretien de parcs, d’élagage, sont bien référencées sans aucune connotation péjorative !»
"Les villages de montagne finiront de se vider de leurs habitants"
Gérard Bozzolo toujours, son texte est décidément un concentré d'argumentaire : «Des moyens supplémentaires (...) certes, non pas affectés à titre individuel pour qu’ils servent à troquer la Kangoo contre une Toyota 4x4, mais destinés à une organisation collective. Ce serait l’occasion de réanimer les anciens syndicats valléens qui autrefois avaient pour charge d’organiser la gestion des espaces collectifs, de résoudre les conflits et de jouer le rôle de juge de paix sur ces estives. Ceux-ci auraient en charge de redynamiser la montagne, de mettre en place les équipements collectifs, clôtures, équipements modernes de logis-cabanes pour bergers et aussi pour mandat de louer les services de bergers professionnels, pendant les 5 mois de la durée de la transhumance. Cette orientation aurait l’avantage de remettre du monde dans la montagne, de retrouver des espaces réinvestis par des animaux avec un mode d’exploitation rationnel et ainsi d’ouvrir sur le tourisme vert.»
"La facture d’importation des produits agricoles gonflera encore pour compenser leur production"
Marc Laffond réponds dans les commentaires à cette question. Lire plus bas.
"Des intégristes de l’environnement qui contestent à l’homme le droit de vivre sur sa terre !"
Je propose à Jean Bonnard de trouver dans la buvette, une seule de mes phrases où je conteste à l'homme le droit de vivre sur sa terre. Je conteste seulement aux éleveurs le droit autoproclamé d'exploiter "leur" montagne à leur seul profit en faisant disparaître l'espèce animale emblématique qui, au sommet de la chaine alimentaire, est la plus proche de l'homme : l'ours brun qui comme lui, est omnivoire, opportuniste et marche sur ses pieds. Il ne suffit pas d'exclure l'ours des statuts des associations de sauvegarde du patrimoine pyrénéen pour qu'il soit exclu du patrimoine français ou européen, acr l'ours est un patrimoine européen ; les objectifs de la buvette en sont la preuve.
Gérard Bozzolo, incontournable : «Les positions médiatiques occupées par ces deux représentations de l’opinion publique monopolisent le débat de façon inversement proportionnelle à leur représentativité, notamment à l’endroit des éleveurs. Les éleveurs en général et les éleveurs pyrénéens en particulier ne sont plus contenus aujourd’hui que dans un % anecdotique de la société civile.»
"Comparer le franc de subvention agricole au franc dépensé pour l’ours, relève au mieux d’une méconnaissance totale de la réalité de la vie rurale, au pire d’une mauvaise foi et d’une insouciance suicidaire au plan de la collectivité."
Le viel adage (dans sa grande sagesse) dit "un franc c'est un franc". Un euro consacré par le contribuable à soutenir l’agriculture de montagne à pour moi la même valeur qu'un euro consacré à la sauvegarde de l'ours, une espèce protégée (en théorie, nous attendons toujours des mesures de l'Etat pour le prouver...). De le même manière, l'opinion d'un français, qu'il soit d'une plaine agricole, d'une ville, d'une vallée ou d'un village perché a la même valeur démocratique.
Gérard Bozzolo, le nouveau gourou de la buvette : «l’Ours est une espèce en voie de disparition dans les Pyrénées (...) tout autant que l’éleveur pyrénéen ! (...) Pour ces deux habitants même combat ! La dernière espèce, ne résoudra pas son problème ni ne bénéficiera avantageusement de la disparition de l’autre, au contraire ! Comme un effet boomerang, la société civile ne versera aucune larme sur une fraction infinitésimale de sa population en voie de disparition et ne lui pardonnera pas d’avoir tant maltraité l’autre… la rendant responsable de l’extinction d’un emblème pyrénéen patrimonial.»
Voilà des réponses aux arguments de Jean Bonnard, pas si bon que celà. Sachez que si l'ASPAP se réjouit que "l'élite ursophile ne sortes pas indemne" de votre article, celà me laisse parfaitement indifférent. Au vu des autres réactions, à votre place, j'aurai quand même des doutes. Voient-ils clair à l'ASPAP ou bien "Ces montagnes, qui sont si hautes, les empêchent de voir…" (Lire "Les cigales de l'ASPAP")
Les autres réactions à la provocation de Jean Bonnard :
- François Arcangeli, maire d'Arbas, Président de l’association pour le développement durable des Pyrénées “Pays de l’Ours - Adet” répond à Jean Bonnard
- Marc Lafont, technicien en agriculture et environnement, maîtrise en Ecologie





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