Suisse

05 novembre 2008

La situation des prédateurs en Suisse

Le loup de retour en Suisse centrale après 160 ans d’absence

Le loup est de retour en Suisse centrale : Après 160 ans d’absence, un loup a été repéré dans le canton d’Obwald.

A la mi-octobre, neuf moutons ont été tués par le loup dans la vallée du Melchtal sur la commune de Sachseln (OW) près du lac de Sarnen. La manière de procéder du prédateur, un piège photographique et une analyse ADN ont montré qu’il s’agissait bien d’un loup. L’animal est, avec une grande probabilité, d’origine italienne, selon les autorités obwaldiennes.

Après leur éradication au 19e siècle, les loups ont refait leur apparition en Suisse il y a quelques années. Moins d’une dizaine vivent en Suisse. Cette année, des individus ont été vus dans les cantons de Vaud, du Valais, de Fribourg, de Berne, d’Uri, du Tessin et des Grisons.

Ce retour du prédateur va obliger Obwal à se doter d’un «concept loup», calqué sur celui de la Confédération. Il s’agit de permettre aux autorités et aux éleveurs de gérer la présence du loup, animal protégé à la fois au niveau international par la Convention de Berne de 1979 et au niveau suisse par la Loi fédérale sur la chasse de 1988.

Actuellement, un loup ne peut être abattu que s’il a dévoré au moins 35 animaux de rente pendant quatre mois consécutifs, ou au moins 25 animaux en un mois. Le concept prévoit également des mesures de protection des troupeaux et des indemnisations pour les propriétaires.

Source : AP

Gestion et régulation des grands prédateurs

Question déposée par Caviezel Tarzisius le 12.06.2008
Au cours des prochaines années, il faut s'attendre en Suisse à une augmentation du nombre de grands prédateurs, tels que les ours ou les loups, qu'ils viennent des pays voisins ou qu'ils se reproduisent sur place. Leur reproduction et leur propagation géographique entraînent une diminution du nombre de proies et un déclin de la diversité des espèces sur le plan local et régional.

Espèces liées aux cultures, les grands prédateurs peuvent carrément venir s'installer dans les milieux urbanisés. Les dommages qu'ils causent sont parfois considérables, ce qui explique que leur présence soit de moins en moins acceptée au sein de la population. Pour remédier à cela, il faut réduire les dégâts occasionnés par les grands prédateurs, notamment en régulant - dans certains cas par le tir - leur population.

Il existe cependant certaines incertitudes quant à la façon de procéder pour trouver des solutions. En effet, les objectifs poursuivis par la Suisse en matière d'introduction des grands prédateurs ne sont pas clairs. L'interprétation des lois fédérales en vigueur et des traités internationaux ratifiés par la Suisse (Convention de Berne, Convention sur la diversité biologique) soulève également quelques questions.

Une expertise juridique présentée récemment par Chasse Suisse conclut que la notion de "dommages causés par la faune sauvage" s'entend au sens strict, incluant ainsi les préjudices économiques, les pertes économiques ou les dommages juridiques qu'une espèce protégée cause, en surexploitant son espace vital, à la biodiversité ou à des biens matériels présentant un intérêt économique particulier. C'est par exemple le cas des animaux domestiques et des animaux sauvages.

En cas de conflits entre la protection d'animaux menacés et l'exploitation adaptée ou la prévention de dommages, la loi sur la chasse dispose qu'il est possible de réguler des animaux déterminés ou des populations d'animaux protégés.

  1. Le Conseil fédéral partage-t-il l'avis selon lequel la notion de "dommages causés par la faune sauvage" inclut aussi bien les dégâts causés aux animaux de rente que les conséquences sur les possibilités d'exploitation cynégétique ?
  2. Le Conseil fédéral est-il d'accord pour dire que la loi sur la chasse contient les bases légales nécessaires à la régulation des grands prédateurs ?
  3. Est-il disposé à édicter, par voie d'ordonnance, des prescriptions plus détaillées sur la régulation des grands prédateurs ?
  4. Quelles mesures le Conseil fédéral prévoit-il de prendre pour coordonner la gestion des grands prédateurs dans l'ensemble des Alpes ?

Une protection mais pas totale. D'abord : mise en place de mesures de préventions puis déplacements éventuels. Les tirs de régulation ne sont envisagés qu'en dernier recours 

Réponse du Conseil fédéral, le 19 septembre 2008
Le retour des grands prédateurs, le lynx, le loup et l'ours, dans les campagnes d'Europe centrale est un enrichissement pour la diversité des espèces indigènes; du point de vue de la protection de la nature et des espèces, il faut continuer d'encourager cette évolution. Aucune observation n'a été faite dans le sens d'une atteinte à la diversité des espèces pouvant être chassées; plus précisément, aucune espèce en particulier n'est menacée d'extinction.

La prédation par des lynx ou des loups établis et relativement nombreux peut toutefois entraîner une réduction des effectifs de chevreuils et de chamois dans une région. C'est pourquoi la gestion des grands prédateurs doit être adaptée à la situation ou à la phase de recolonisation. La Confédération énumère les solutions possibles aux plans technique et sociopolitique dans le premier chapitre du nouveau Plan Loup Suisse (révisé en 2008). Elle étudie actuellement le cadre légal qui, dans la phase propagation géographique et régulation de la population, doit permettre d'intervenir pour réguler les effectifs des espèces protégées.

  1. L'interprétation de la notion de "dommage causé par la faune sauvage" dans la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP) est contestée depuis 2004, date de l'entrée en vigueur du Concept Lynx Suisse de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). En se basant sur un avis juridique, Pro natura met en doute qu'il soit conforme à la Constitution d'intervenir dans un effectif nombreux de lynx en évoquant des pertes importantes pour l'économie cynégétique. Un avis juridique de l'association des chasseurs Chasse Suisse établit, par contre, que la notion doit être comprise au sens large et que des pertes régaliennes pour les économies piscicole et cynégétique représentent pour les cantons un dommage au sens de la LChP. Un troisième avis juridique, commandé par l'OFEV en raison du désaccord fondamental entre les deux premiers, établit, quant à lui, que la LChP permet une interprétation large de la notion de "dommage causé par la faune sauvage".
  2. Le lynx, le loup et l'ours bénéficient, selon le droit national comme international, d'une protection élevée. Ce statut ne permet pas de prendre des mesures de régulation comme la législation sur la chasse le prévoit pour les espèces "pouvant être chassées". Si des effectifs de grands prédateurs de plus en plus nombreux ou déjà nombreux deviennent problématiques pour le maintien de la diversité des espèces en général, ou s'ils sont la cause de dommages trop importants, il est alors possible d'intervenir dans certaines conditions au titre de la régulation, même dans des effectifs d'espèces protégées de mammifères et d'oiseaux. Les tirs d'individus ne doivent être envisagés qu'en dernier recours; la priorité doit être donnée à la prévention des dommages ou aux déplacements dans des habitats potentiels encore peu colonisés.
  3. Vu les discussions politiques au sujet du retour des grands prédateurs dans les campagnes suisses, il est certain qu'il n'est pas judicieux à long terme de placer le lynx, le loup et l'ours sous une protection totale, orientée uniquement sur les capacités écologiques de l'habitat, sans tenir compte des préoccupations de la population. Le chef du DETEC a donc donné pour mandat à l'OFEV d'évaluer si la législation sur la chasse (loi et/ou ordonnance) doit être révisée et d'examiner les possibilités. C'est sur cette base que le Conseil fédéral décidera d'engager une procédure de révision.
  4. Des programmes de monitoring et des plans de gestion doivent être convenus entre pays voisins. Concernant cet échange d'informations techniques, l'OFEV collabore étroitement avec les services partenaires des pays voisins. Les accords politiques émanent de conventions internationales, notamment de la Convention de Berne.

Source : Parlement Suisse

04 novembre 2008

Une étude évalue l'impact des sports d'hiver sur la faune sauvage

Selon une étude de l'Université de Berne et de la Station ornithologique suisse publiée le 31 octobre, les domaines skiables des Alpes qui se sont développés ces dernières années, impacte la faune sauvage, notamment le tétras lyre.

Dans une étude publiée le 31 octobre, des chercheurs de l'Université de Berne et de la Station ornithologique suisse ont quantifié pour la première fois l'impact des réseaux de remontées mécaniques et des activités de sports d'hiver sur la faune des Alpes.

Conduite par le professeur Raphaël Arlettaz, cette étude, parue dans le ''Journal of Applied Ecology''(*), observe un déclin des populations de tétras lyres (ou petits coqs de bruyère) dans les Alpes valaisannes et vaudoises, en raison du seul développement des stations de sports d'hiver.

Cet oiseau menacé vit toute l'année dans la zone supérieure de la forêt subalpine, là où se concentrent également la majorité des installations de remontées mécaniques, ainsi que les adeptes de ski et de snowboard, expliquent les chercheurs.

Aussi selon l'étude, les activités sportives générées par les installations de ski affectent 44% de la surface de l'habitat du tétras lyre dans les Alpes valaisannes et vaudoises. Au sein des domaines skiables, les effectifs de tétras sont en moyenne 49% inférieurs à ceux rencontrés dans les secteurs dépourvus de téléskis, tandis qu'en périphérie des domaines skiables on observe une chute moyenne de 18% des effectifs.

Plus la densité de téléskis est importante dans une zone donnée, moins les coqs de bruyère sont abondants. L'impact est ressenti jusqu'à 1.500 mètres des installations.

Les chercheurs estiment que dans les Alpes valaisannes et vaudoises, le développement des stations d'hiver a réduit les effectifs de tétras lyre d'au moins 15%. Cette estimation est un minimum, soulignent les scientifiques car elle ne tient pas compte de l'effet des sports d'hiver pratiqués en dehors des domaines skiables, comme la randonnée à ski ou en raquettes, qui sont en constante expansion sur les 56% de la surface restants.

Les scientifiques demandent dans ce contexte la création de zones de refuge hivernal à proximité des domaines skiables. D'une étendue de quelques hectares, ces zones doivent être judicieusement placées, en tenant compte à la fois de l'habitat favorable à l'hivernage du tétras tout en compromettant le moins possible la pratique des sports de neige, précisent-ils.

Si toute la faune est impactée par les activités de sports d'hiver, tous les animaux ne sont pas placés à la même enseigne : certains bénéficiant d'un habitat plus vaste tels les lièvres et les chamois sont affectés mais dans une moindre mesure, indique le professeur Arlettaz.

Rappelons que 46 stations de montagne françaises - dont Les Menuires, Les Gets ou La Plagne - ont à ce jour adhéré à une charte nationale du développement durable, élaborée en 2007 par l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM). Comme l'un des engagements de la charte prévoit notamment de développer les activités touristiques tout en veillant à leur bonne intégration dans le paysage et à une gestion respectueuse de l'environnement, les maires signataires devront donc adopter plusieurs mesures comme la limitation du nombre de pylônes de remontées mécaniques ou encore veiller à la bonne intégration des pistes dans l'environnement. Une opportunité pour la création de zones de refuge hivernal à proximité des domaines skiables ?

R. BOUGHRIET

(*) Référence : Patthey, P., S. Wirthner, N. Signorell & R. Arlettaz (2008): Impact of outdoor winter sports on the abundance of a key indicator species of alpine ecosystems. Journal of Applied Ecology.

Source : Actu-Environnement.com

Commentaire de la Buvette

Pas de doute : les politiciens adeptes fervents du seul couple mouton/ski, comme moyen de développement économique, sont des visionnaires. Et à ce titre, ils sauront parfaitement préserver durablement l'environnement montagnard et son attractivité. Sans même parler des canons à neige, qui sont promis encore à un bel avenir si le réchauffement climatique se précise.

Pour les "balcons du Mercantour" ou dans les Pyrénées : à Mijanès-Donezan, à Guzet-Neige, Parc Naturel de l'Ariège, Baqueira, route d'Alos de Isil au plateau de Béret, Sorpe, Val Cardos, Bouirex..., circulez, il n'y a rien à voir.

Tel "Delamarre" et son commentaire laissé à la buvette : "Il faut effectivement se dépêcher d'arrêter tout de suite de créer de l'activité permettant la vie dans nos vallée. (...) Vous savez, là où les autochtones essaient de travailler sur place pour vivre. Il faut surtout rester comme nous sommes, sous développés, et espérer que les citadins donneurs de leçons puissent encore venir 3 fois dans l'année dans "l'arrière pays" (une fois par vallée ?), et se donner bonne conscience en achetant une baguette de pain à la boulangerie locale (...) empêchent la construction de deux malheureux refuges (vous savez le 3 étoiles surfréquentés qu'ils ne manquent pas de dépeindre). Des fois que cela permette, en plus de créer des emplois de gardiens, des départs intermédiaires, où de redescentes dans les villages pour faire le plein. Il faut effectivement faire comme vous le suggérez. Comme ça, on est sûr de ne rien faire. Une idée : et si vous alliez voir comment c'est ailleurs, là où on VIT dans les montagnes sans pour autant les détruire... le Beaufortain, le Queyras, le val Varaita, le val Chisonne etc..."

Vous avez raison, Monsieur Delamarre, l'Université de Berne et la Station ornithologique suisse, ce sont des rigolos, des citadens donneurs de leçons. Vive les politiciens locaux qui toujours préfèrent l'économique (les résultats électoraux) à l'écologique (après nous le déluge).

15 octobre 2008

Le loup, un animal de foire ?

Foire du valais - Des loups en spectacle : colère des éleveurs

Les éleveurs s'insurgent contre la présence de loups dans le cadre d'un spectacle à la Foire du Valais. Les moutonniers sont les grands absents de cette édition, tandis que le marché-concours bovin a été annulé.

«C'est tout simplement inconcevable, déplore le président de l'Association valaisanne des éleveurs ovins et caprins Florian Volluz. Depuis des années, on se bat pour faire passer nos revendications et voilà qu'on nous met des loups dans l'espace «Plaisirs de la terre.» Malgré la présence d'une dizaine de vaches, les éleveurs bovins, solidaires, ont rejoint le mouvement en annulant leur traditionnel marché-concours.

Les moutonniers n'auraient-ils pas pu saisir la balle au bond en profitant de la présence des prédateurs pour communiquer leurs craintes au grand public? «Les organisateurs nous l'ont proposé. Mais nous le faisions déjà chaque année par le biais de panneaux d'information, lors de la journée du mouton», rétorque Florian Volluz.

Alors que le programme de la manifestation incite clairement à «aller à la rencontre du prédateur et à oublier tous les préjugés», les organisateurs se défendent de vouloir faire l'apologie du loup. Les explication de Raphaël Garcia, directeur de la Foire du Valais: «A chaque édition, nous mettons sur pied une animation particulière. Cette année, nous voulions mettre en avant le côté artistique d'un spectacle avec des fauves. A défaut d'animaux tels que des tigres ou des lions, nous avons préféré le loup, nécessitant des mesures de sécurité moins lourdes pour le public». Le comité de la foire dit comprendre les préoccupations des éleveurs et déplore leur absence. Il semblerait qu'il ait fort mal estimé la portée de l'animation en question. Pour Raphaël Garcia, «le dialogue n'est pas rompu. Il s'agira de retisser les liens pour la prochaine édition. L'agriculture est importante pour la Foire du Valais. Nous la soutiendrons encore à l'avenir

Michel Darbellay

Moi qui croyais que les éleveurs manifestaient parce que le loup n'est pas un animal de foire, mais un animal sauvage. Les éleveurs sont de grands défenseurs de la biodiversité, parait-il.

14 octobre 2008

Jean Bonnard, quel bon celui-là !

Jean Bonnard reconnait que «Le titre "Ras le Balou" était certes provocateur»  La buvette avait apporté une réponse à ce journaliste suisse du Nouvelliste qui avait publié un communiqué de l'ASPAP sur "l'Ariège malade" de la fièvre catarrhale. La question «Jusqu’à quand les contribuables électeurs accepteront que leurs impôts soient consacrés aux ours importés de Slovénie ?» terminait son ôde aux opinions ultrapastorales de l'ASPAP et à ceux qui les diffusent.

Avec Marc Laffont, nous avons montré ce que chaque français paie pour le loup, pour l'ours pour l'agriculture et pour les éleveurs des zones de montagne :

  • 0,03 € (3 centimes) pour l'ours. 50% retourne aux éleveurs.
  • 0,07 € (7 centimes) pour le loup. 76% retourne aux éleveurs.
  • 207,6 € pour aider l'agriculture dont 10,16 € pour la filière ovine dont 4,43 € pour les éleveurs en zone de montagne (Voir les calculs et les coûts)

Jean Bonnard n'a pas aimé que son argumentation destinée à monter l'opinion publique contre l'ours, en prenant celle-çi par son côté sensible, le portefeuille, soit démontée. Alors Jean Bonnard récidive avec "L’ours, l’égal de l’agriculteur". La note de son blog est classée dans les catégories "Que la montagne est belle", "Réflexions et coups de gueule", "Actualités".

L'ASPAP, à la source du communiqué original publié par Jean Bonnard jubile : «Ce communiqué, transmis à la presse régionale et nationale, a largement été diffusé, et repris nos constatations, nos questions et notre indignation, parfois au dela des frontières... un exemple avec la parution dans lenouvelliste.fr, en suisse, qui titre "ras le Balou !" et remet les pendules à l'heure lors d'une passe d'armes salée dont l'élite ursophile n'est pas sortie indemne

"L'élite Ursophile"

Arrgh, je suis touché ! Me voilà élu au rang "d'élite Ursophile" par l'ASPAP. J'espère recevoir une médaille : "Les ours reconnaissants !" Autant apprendre de ses échecs : Quels sont les arguments qui ont été utilisés par Jean Bonnard pour que "l'élite ursophile n'en sorte pas indemne" :

Des "défenseurs intégristes de l’ours"

Une désignation de la même veine que les "talibans de l'écologie" ou "escrolos" de Bruno Besche-Commenge, que les "terroristes intellectuels écologistes" ou plus drôle, les «activistes porte-paroles autoproclamés d'une minorité bruyante ayant apparemment un seul sujet de préoccupation dans leurs vies : l'ours» de Louis Dollo, une référence pour Jean Bonnard.

Des "citadins bien tranquilles dans leurs cités"

Pas de chance pour Jean Bonnard. Je suis né dans une plaine à blé, dans la ferme de mon père, ingénieur agronome et éleveur. J'y ai vécu 45 ans. Mon frère, agriculteur lui aussi a repris l'exploitation.

Des "citadins qui sacralisent l’ours et le loup"

Du sacré ? je vais citer Robert Hainard : «Je souhaite que l'homme reste, ou redevienne, une créature parmi les autres, et non le tyran de la Création. Dans un monde entièrement utilisé et rationalisé, il n'y aurait plus de liberté ni de choix, donc plus d'amour. Plus que les pièces implacablement engrenées d'un mécanisme parfait. Quelle sottise de travailler à la "mise en valeur" intégrale du globe, et de gémir sur le recul des libertés! »

ou encore
«Par protection de la nature, je n'entends nullement le "retour à la nature", à un état primitif de l'homme. Je pense que c'est au contraire le fruit d'une civilisation très évoluée et consciente

ou plus pastoral, Joseph Paroix, éleveur dans le Haut-Béarn :
«Si l’ours meurt, il y aura, je crois, comme une grande obscurité et un froid silence dans nos vallées. Les nuits seront plus tristes, les rêves plus sombres, l’avenir plus obscur.» 

Pour d'autres, le sacré c'est l'argent opposé à "la non rentabilité de l'ours". Une bête doit-elle être rentable ? Le Desman des Pyrénées est-il rentable ? La brebis est-elle rentable ? Les réponses sont non.

Les ours, ces "problèmes posés par ce caprice des gens de la ville"

Qu'à dit Nelly Olin, ministre de l'Ecologie en introduction du "Plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2209" ? :

«Chaque peuple est, vis-à-vis de tous les autres, responsable des richesses naturelles qu’il a reçues en héritage. La convention sur la diversité biologique, élaborée en 1992 à Rio-de-Janeiro, traduit une prise de conscience mondiale : le combat contre la disparition des espèces et des milieux naturels engage solidairement l’humanité toute entière. Il en va des ours comme de la plus modeste plante en voie de disparition ou de l’insecte peu représenté sur le territoire national. Peu importe qu’il en existe encore des populations viables hors de nos frontières. Nous demeurons responsables des nôtres. Aucun biologiste, aucun traité n’a, en ce domaine, préconisé des marchandages du type « à toi l’ours, à moi l’insecte, à toi le panda, à moi la baleine, etc.

Garantir la survie à long terme d’une espèce telle que l’ours brun d’Europe, c’est précisément conserver plusieurs noyaux stables partout où il est encore présent. (...) Quelle que soit l’espèce, reporter sur d’autres pays la responsabilité de sa conservation c’est travailler, sans le dire, à sa disparition. Or la population pyrénéenne actuelle d’ours bruns n’est pas viable. Or il n’y a qu’une alternative : soit la disparition programmée, consciente, assumée, soit le renforcement. (...)

Garant des traités que notre pays a signés, conscient que la disparition de l’ours serait une perte irrémédiable, le gouvernement s’est engagé fortement. Il ne l’a pas fait sans écouter toutes les opinions qui se sont exprimées des plus défavorables aux plus positives. Il continuera, dans la perspective plus large de travailler avec les élus au développement de l’ensemble du massif.»

"L’agriculteur devrait compter sans états d’âme ses brebis égorgées et la boucler"

La buvette a toujours respecté les éleveurs et n'a jamais nié leur désaroi. Encore ce matin, je publiais le texte de Gérard Bozzolo avec qui je suis d'accord quand il dit :

«il est important de mieux comprendre leur désarroi, leur hantise, face à l’attaque des prédateurs(...).

L’accompagnement économique qui a pour motivation de rembourser les pertes occasionnées par de telles agressions (...), ne soigne pas la plaie morale subie par l’éleveur. Ce préjudice est un stress dans sa pure définition, celle qui correspond à une atteinte dont on ne maîtrise ni la survenue ni l’aboutissement ou la sortie victorieuse, provoquant de véritables pathologies dépressives. Certains éleveurs ne dorment plus et développent une névrose entretenue par le moindre bruit de sonnailles, attendant dans l’anxiété la prochaine fois, installés dans une forme d’insécurité sournoise. En effet, depuis la domestication, le contrat de l’éleveur avec ses animaux est de les défendre, de les protéger et de les soigner pendant toute la phase de l’élevage.

Rien n’est plus traumatisant que de constater cette forme de trahison envers leurs animaux, sans pouvoir agir, aggravée par la vision des séquelles laissées sur les troupeaux. Ceci est une remise en cause directe, culpabilisante, de l’acte professionnel et du lien d’appartenance intime et quasiment charnelle entre l’éleveur et ses animaux.»

La publication de ce texte montre mon intention non partisane de soutenir la cohabitation entre le pastoralisme et les prédateurs. Est-ce que celà fait de moi un "taliban", un "terroriste intellectuel écologiste" ? Il suffit de lire Jean Bonnard dans plusieurs des notes de la catégorie "grands prédateurs" de son bloc pour voir ou est niché l'extrémisme, l'individualisme et la vision limitée à des intérêts économiques corporatistes. Trouve t-on des prises de position médianes sur les sites des opposants aux plantigrades ?

"Des rêveurs, nostalgiques d’une nature revenue à l’état sauvage qui oublient tout simplement que l’agriculture, contrairement à la protection de l’ours, est une branche économique indispensable. Indispensable, car elle fait vivre des populations de montagne et participe en première ligne au maintien et à la protection du paysage."

Citons encore Gérard Bozzolo : «(...) que les primes communautaires, soient données au titre de l’entretien du paysage et de la maintenance d’une activité rurale, même si cela peut conduire les éleveurs au métier de gardien de la montagne et de cantonnier, ne constitue pas une avanie. Cette activité peut acquérir ses lettres de noblesse et avec un peu de pédagogie être acceptée comme une fonction d’intérêt économique doublé d’un intérêt général reconnu. C’est affaire d’éducation de la corporation des éleveurs face à la demande sociétale et de reconnaissance de leur métier par cette dernière. Les entreprises de service et d’entretien de parcs, d’élagage, sont bien référencées sans aucune connotation péjorative !»

"Les villages de montagne finiront de se vider de leurs habitants"

Gérard Bozzolo toujours, son texte est décidément un concentré d'argumentaire : «Des moyens supplémentaires (...) certes, non pas affectés à titre individuel pour qu’ils servent à troquer la Kangoo  contre une Toyota 4x4, mais destinés à une organisation collective. Ce serait l’occasion de réanimer les anciens syndicats valléens qui autrefois avaient pour charge d’organiser la gestion des espaces collectifs, de résoudre les conflits et de jouer le rôle de juge de paix sur ces estives. Ceux-ci auraient en charge de redynamiser la montagne, de mettre en place les équipements collectifs, clôtures, équipements modernes de logis-cabanes pour bergers et aussi pour mandat de louer les services de bergers professionnels, pendant les 5 mois de la durée de la transhumance. Cette orientation aurait l’avantage de remettre du monde dans la montagne, de retrouver des espaces réinvestis par des animaux avec un mode d’exploitation rationnel et ainsi d’ouvrir sur le tourisme vert.»

"La facture d’importation des produits agricoles gonflera encore pour compenser leur production"

Marc Laffond réponds dans les commentaires à cette question. Lire plus bas.

"Des intégristes de l’environnement qui contestent à l’homme le droit de vivre sur sa terre !"

Je propose à Jean Bonnard de trouver dans la buvette, une seule de mes phrases où je conteste à l'homme le droit de vivre sur sa terre. Je conteste seulement aux éleveurs le droit autoproclamé d'exploiter "leur" montagne à leur seul profit en faisant disparaître l'espèce animale emblématique qui, au sommet de la chaine alimentaire, est la plus proche de l'homme : l'ours brun qui comme lui, est omnivoire, opportuniste et marche sur ses pieds. Il ne suffit pas d'exclure l'ours des statuts des associations de sauvegarde du patrimoine pyrénéen pour qu'il soit exclu du patrimoine français ou européen, acr l'ours est un patrimoine européen ; les objectifs de la buvette en sont la preuve.

Gérard Bozzolo, incontournable : «Les positions médiatiques occupées par ces deux représentations de l’opinion publique monopolisent le débat de façon inversement proportionnelle à leur représentativité, notamment à l’endroit des éleveurs. Les éleveurs en général et les éleveurs pyrénéens en particulier ne sont plus contenus aujourd’hui que dans un % anecdotique de la société civile.»

"Comparer le franc de subvention agricole au franc dépensé pour l’ours, relève au mieux d’une méconnaissance totale de la réalité de la vie rurale, au pire d’une mauvaise foi et d’une insouciance suicidaire au plan de la collectivité."

Le viel adage (dans sa grande sagesse) dit "un franc c'est un franc". Un euro consacré par le contribuable à soutenir l’agriculture de montagne à pour moi la même valeur qu'un euro consacré à la sauvegarde de l'ours, une espèce protégée (en théorie, nous attendons toujours des mesures de l'Etat pour le prouver...). De le même manière, l'opinion d'un français, qu'il soit d'une plaine agricole, d'une ville, d'une vallée ou d'un village perché a la même valeur démocratique.

Gérard Bozzolo, le nouveau gourou de la buvette : «l’Ours est une espèce en voie de disparition dans les Pyrénées (...) tout autant que l’éleveur pyrénéen ! (...) Pour ces deux habitants même combat ! La dernière espèce, ne résoudra pas son problème ni ne bénéficiera avantageusement de la disparition de l’autre, au contraire ! Comme un effet boomerang, la société civile ne versera aucune larme sur une fraction infinitésimale de sa population en voie de disparition et ne lui pardonnera pas d’avoir tant maltraité l’autre… la rendant responsable de l’extinction d’un emblème pyrénéen patrimonial.»

Voilà des réponses aux arguments de Jean Bonnard, pas si bon que celà. Sachez que si l'ASPAP se réjouit que "l'élite ursophile ne sortes pas indemne" de votre article, celà me laisse parfaitement indifférent. Au vu des autres réactions, à votre place, j'aurai quand même des doutes. Voient-ils clair à l'ASPAP ou bien "Ces montagnes, qui sont si hautes, les empêchent de voir…" (Lire "Les cigales de l'ASPAP")

Les autres réactions à la provocation de Jean Bonnard :

25 août 2008

Le castor en Suisse

Les autorités suisses reconnaissent officiellement que les castors augmentent la biodiversité des milieux où ils vivent.

En suisse, le castor gagne du terrain et améliore la biodiversité

Berne, 23.08.2008 - Les résultats du dernier recensement des castors sont réjouissants: ils sont aujourd'hui quelques 1600 à peupler les cours d'eau suisses. En 1993, année du précédent recensement, ils n'étaient que 350.

Quelques 1600 castors fréquentent aujourd'hui les cours d'eau suisses et leur distribution s'est aussi étendue: presque tous les grands fleuves et lacs du Plateau sont désormais colonisés (télécharger la carte de répartition). Cette évolution est remarquable, si l'on pense que le castor a été totalement exterminé au 19e siècle et qu'il a été réintroduit seulement dans les années cinquante .

Le castor exterminé en Suisse au 19e siècle Chassé dans toute l'Europe pour sa viande, sa fourrure et son castoreum (sécrétion glandulaire très recherchée pour ses propriétés médicinales), le castor a été exterminé en Suisse dès le 19e siècle. Il doit sa réapparition à l'engagement de personnes privées, qui ont relâché au total 141 animaux en différents endroits entre 1956 et 1977, dans le cadre d'un projet mené par plusieurs cantons. Un premier comptage en 1978 a montré que seuls 130 individus avaient survécu, puis, en 1993, la population a été estimée à 350 individus.

En 1993, lors du précédent recensement, les effectifs ont été estimés à seulement 350 individus, qui plus est  dispersés en plusieurs petits groupes isolés. En raison de la faiblesse et de la fragmentation de sa population, le castor a donc été mis sur la liste rouge et classé comme en danger critique d'extinction.

L'hiver passé, sur mandat de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), le Service conseil castor de Neuchâtel a procédé à un recensement des effectifs de castors sur l'ensemble du territoire suisse. Les résultats ont été présentés aux Journées lyssoises de la faune, le 23 août 2008.

250 volontaires sur la trace des castors

Seize cantons et 250 volontaires, gardes faune et professionnels de l'environnement ont participé au recensement. Ils n'ont pas compté les castors directement - ces animaux timides sont très difficiles à apercevoir - mais ont relevé seize différents indices de leur présence. Arbres abattus, barrages ou huttes ont ainsi été recensés et inscrits sur 2500 cartes des cours d'eau. Au total, quelque 6500 km de rive ont été fouillés et 16 000 traces relevées.

Ces traces sont actuellement analysées pour en déduire les différents territoires colonisés par le castor. La fréquence des indices détectés et la taille des empreintes de dents laissées sur les résidus de nourriture permettent de déterminer si un tronçon de cours d'eau est habité par un seul individu, par un couple ou par une famille entière. Toutes ces informations permettent d'obtenir une estimation de la taille de la population de castors dans notre pays. Au vu de la richesse des données récoltées, les interprétations de détail prendront encore un certain temps.

L'avenir du castor en Suisse

La population se développe favorablement, mais elle se voit déjà confrontée aux problèmes typiques de notre paysage rural: de nombreuses rivières n'ont pas encore été colonisées car la présence de centrales hydroélectriques ou d'autres obstacles bloquent la migration de l'espèce. Les cours d'eau ont pour la plupart été rectifiés et sont enclavés entre des voies de communication et des infrastructures.

En outre, la colonisation de toujours plus de petits cours d'eau multiplie les conflits avec les activités humaines. Ainsi par exemple, il peut provoquer l'effondrement de sentiers le long des rives en y creusant ses galeries ou s'attaquer aux cultures de betteraves sucrières ou de maïs. Le castor passe 90 % de son temps à moins de 10 m du cours d'eau: les conflits dus à sa présence sont également limités à ce périmètre. Il est donc dans la plupart des cas possible de les résoudre de manière durable, si l'on accorde plus de place à nos rivières en leur laissant suivre un cours plus naturel.

Plus de biodiversité grâce au castor

En creusant le sol et en abattant les arbres, le castor influence et aménage activement son environnement, plus que tout autre animal. Il crée ainsi une multitude de petites niches le long des cours d'eau, ce dont profitent la faune et la flore. Là où s'installe le castor, la biodiversité augmente.

Cependant, cet animal peut aussi devenir une source de problèmes lorsqu'il barre des ruisseaux, abat des arbres, creuse sous les chemins ou s'attaque au maïs et aux betteraves. Le meilleur moyen d'éviter les conflits reste la prévention, par la renaturation et l'élargissement des cours d'eau. Si ceci n'est pas possible, des mesures d'aménagement peuvent réduire la portée des dommages, mais elles doivent être adaptées au cas par cas. Le Service conseil castor à Neuchâtel offre aide et conseils spécialisés dans ce domaine.

Le Concept Castor Suisse

Pour promouvoir le maintien de l'animal protégé aux niveaux national et international, l'OFEV a développé un concept de gestion qui est entré en vigueur au milieu du mois de mars 2004. Il s'agit non seulement de protéger l'animal, mais aussi de fixer des critères uniformes pour le versement d'indemnités en cas de dégâts causés par le castor.

Le rôle de l'OFEV est de coordonner la protection du castor au niveau national, d'autoriser le déplacement de castors isolés ou leur réintroduction. Les cantons se chargent de la mise en œuvre du concept sur leur territoire et veillent à instaurer un dialogue avec les autorités locales et régionales ainsi que les groupes d'intérêts. (Source)

Concept Castor Suisse 2004 (pdf, 38 ko)
Concept pour des mesures de protection et de gestion en faveur du castor.

Renseignements:
M. Thomas Briner
Division Gestion des espèces
Office fédéral de l'environnement (OFEV)
tél. 076 401 79 41
M. Christof Angst, Service conseil castor, Neuchâtel, tél. 032 725 70 23,

Source: Site web officiel des autorités suisses 

Contact en Belgique / Luxembourg : Olivier Rubbers, www.paysdescastors.be

06 juin 2008

Les poubelles anti-ours passent les tests

Les poubelles anti-ours du WWF résistent vraiment aux assauts des plantigrades. Les tests effectués au parc animalier de Goldau (centre de la Suisse) sont concluants. Plusieurs poubelles doivent être installées ces prochaines semaines aux Grisons (est) et en Italie.

Pendant dix jours, deux conteneurs équipés d'un verrouillage spécial ont été testés dans l'enclos des ours. Pour les plantigrades, la tentation était grande: les poubelles étaient remplies de miel, de poisson, de viande et autres délicatesses. Mais les attaques répétées des ours sont restées vaines, a indiqué jeudi le WWF. Aucun d'entre eux n'a réussi à forcer les conteneurs.

Les premières poubelles de ce type seront installées dans le canton des Grisons et en Italie au cours des quatre à six prochaines semaines, selon le WWF. Elles doivent contribuer à ce que les ours ne soient plus attirés vers les zones habitées. Cette attitude jugée dangereuse pour l'homme avait coûté la vie à l'ours brun JJ3, abattu à la mi-avril dans la région de Thusis.

Développées par l'entreprise Brüco Swiss, les poubelles anti-ours font partie d'une série de mesures proposées par le WWF pour favoriser l'implantation des ours bruns et leur cohabitation avec la population locale. L'organisation a déjà testé avec succès des programmes de protection des troupeaux et des ruches.

Source : 7sur7

14 septembre 2007

Crétins des Alpes ou ânes des Pyrénées ?

Tout le monde n'est pas aussi têtu que les éleveurs des Pyrénées ou des Alpes : des éleveurs suisses s'associent pour mieux gérer leurs troupeaux et pour une bonne protection du capital génétique des élevages ; pour faire leur métier de berger convenablement, en bon "père de famille" en quelque sorte. 

Côté pyrénéen, Bruno-Besche Commenge (le grand défenseur des "races à petit effectif" en Ariège et de la biodiversité domestique - lire Bruno Besche-Commenge: Où est la biodiversité à préserver ?) à une vision de la protection du capital génétique absolument opposée...

BBC : «Il paraît alors inquiétant (...) que l’on fasse aussi peu référence à un document essentiel par lequel la France s’est engagée, dans la droite ligne des réflexions que la FAO conduit au niveau planétaire. Il s’agit de la Charte du Bureau des Ressources Génétiques (...) qui parle de la juste protection des races ovines et bovines rares et bien sûr de l'intérêt de ne pas garder les troupeaux afin de les laisser profiter des terrains difficiles.» Ah que la Suisse est loin des Pyrénées ! Le bon sens n'est pas justement réparti chez les buveurs de Fendant et chez les buveurs de Jurançon.

Syndicat de menu bétail du Chablais

Suisse (Chablais) - Trois syndicats d'élevage ont fusionné en une seule organisation. Les organisations de la plaine du Rhône, de Panex-Plambuit et de Bex et environs constituent le syndicat du Chablais depuis le 1er août dernier.

Le regroupement vise à optimiser le travail administratif et à s'adapter à la tendance du recul du nombre de membres. Le nouveau syndicat couvre à présent tout le Chablais, à l'exception de la région des Ormonts qui a décidé pour le moment de rester indépendante, du fait qu'elle dispose encore de suffisamment d'éleveurs et d'animaux. Le syndicat du Chablais comprend aussi bien des moutons que des chèvres. L'effectif ovin, composé d'une grande majorité de Blancs des Alpes, atteint 1200 têtes dont 600 mères, pour un total de 29 éleveurs actifs. Quant aux chèvres, leur nombre atteint 300 sujets inscrits, pour 24 détenteurs. La race Chamoisée est de loin la plus répandue, suivie de la Gessenay et de la Grisonne. Huit éleveurs possèdent entre 30 et 50 laitières et fabriquent du fromage.

Le syndicat assume la mise sur pied de trois commissions pour la vente des agneaux: une au printemps, les deux autres l'automne. Les concours, dont le nombre a pu être diminué par la fusion, ont lieu au printemps pour les chèvres et en automne pour les moutons.

La menace du loup

Auparavant, un alpage était exploité par les différents syndicats. Les incertitudes liées au loup et les problèmes de gardiennage ont amené la nouvelle structure à collaborer avec le moutonnier de l'alpage de l'Hongrin. L'estivage se fait ainsi sous la surveillance d'un berger et de chiens de protection. Une nécessité pour Georges Tribolet co-secrétaire du syndicat: «En sélectionnant des bêtes, il faut au moins dix à quinze ans pour extraire une bonne souche. Avec les dégâts du loup chez certains de nos collègues, on s'aperçoit que tout peut être anéanti en un instant. Nous préférons prévenir puisque notre élevage ne se remplace pas par une simple indemnisation financière».

[NDLB: Dans les Pyrénées, on préfère laisser divaguer les troupeaux de races "à petits effectifs", puis crier "à l'ours" devant les caméras et les micros, parce que les précieux effectifs diminuent encore suite à l'incohérence ultrapastorale et à la table dressée toute grande pour l'ours. Il est étrange de constater que les multiples "associations de sauvegarde du patrimoine", ne cherchent à sauver rien du tout, pas même le pastoralisme en crise, pas même leurs races de brebis rares ; leur seul et unique objectif : l'extinction de l'ours des Pyrénées pour laisser paître les troupeaux, sans berger et sans protection dans les terrains difficiles. Belle conception du devoir et du métier. Les bergers sont devenus des éleveurs industriels. Même les AOC divaguent. ]

L'organisation joue un rôle central pour le maintien des races, conformément à leurs standards respectifs, explique le président du syndicat Marcel Dévaud: «Les grands troupeaux sont parfois croisés à tel point qu'il leur arrive de perdre les caractéristiques spécifiques de la race d'origine. Même si la plupart des membres du syndicat sont de petits éleveurs, ceux-ci réalisent un précieux travail de sélection dont les grands élevages peuvent profiter».

Pour Roger Favre qui élève 120 brebis et exploite 27 hectares sur les pentes des Posses-sur-Bex, le fait d'avoir toutes ses bêtes inscrites au syndicat exige un travail conséquent de recensement des données et de sélection: «Je constate que la demande reprend pour des bêtes de race. Faire partie du syndicat est donc un avantage». Par rapport à l'effectif total élevé dans le Chablais, les animaux inscrits au syndicat ne représentent qu'une faible part. La différence de prix entre une agnelle d'élevage et une bête d'engraissement n'est plus aussi accentuée que par le passé, ce qui explique en partie que certains éleveurs rechignent à s'affilier au syndicat.

Michel Darbellay - agrihebdo

30 août 2007

Retour du loup dans le canton de Vaud

Un loup dans les Alpes vaudoises !

Un loup photographié dans le canton de Vaud

Photo : Le loup a été photographié par le Service vaudois de la conservation de la faune le 9 août dernier près d’Anzeindaz, au sud des Diablerets, non loin des lieux où ont été retrouvées ses premières victimes.

Aucun loup n’avait jamais été vu dans le canton de Vaud depuis... 152 ans. Un bail qui a pris fin le 9 août dernier. Date à laquelle un individu a été photographié non loin d’Anzeindaz, dans la réserve de chasse du Muveran, a annoncé hier le canton. «On le soupçonnait depuis juillet, après l’attaque de plusieurs chèvres, dont deux retrouvées mortes. On avait donc installé des pièges photo. Et les analyses ADN nous ont maintenant confirmé qu’il s’agit bien d’un loup de souche italienne», raconte Sébastien Sachot, conservateur vaudois de la faune. Qui précise que les 25 et 26 août, treize moutons ont «disparu» dans la même région des Alpes vaudoises. Sans doute un jeune mâle

D’autres analyses sont en cours pour savoir s’il s’agit d’un loup venant du Valais ou du canton de Berne, ainsi que pour déterminer l’âge et le sexe de l’animal. «On peut imaginer qu’il s’agit d’un jeune mâle, avance le conservateur. Et qu’il ne restera pas longtemps seul...»

Le canton a pris des mesures d’urgence. L’élevage de mouton touché a reçu le soutien de deux chiens - des patous des Pyrénées - et d’une bergère. Deux propriétaires de chèvres ont obtenu des enclos électriques. D’autres mesures suivront. Reste que la réapparition du carnivore ne plaît pas à tous. «Les éleveurs sont sur les dents», prévient Moritz Schwery, président de la commission grand prédateur de la Fédération ovine suisse. «Ils doivent faire face à la perte de leurs bêtes et ont une surcharge de travail. Certains parlent même de tirer le loup. Puis ils se calment.»

Les chasseurs n’explosent pas non plus de joie. «Pour nous, c’est un concurrent. Les bouquetins vont souffrir, prédit Jean-Louis Grivet, président de la Diana vaudoise. Mais il nous mettra surtout face à des problèmes insolubles. Ce prédateur n’a simplement pas sa place chez nous. Et je parie que dès qu’il aura vraiment faim, il dépassera les quotas

Sébastien Sachot rappelle qui n’est pour l’instant pas question de tirer le loup. «C’est seulement s’il tue 25 animaux de rente en un mois ou 35 en quatre mois que le Conseil d’Etat peut, s’il le veut, demander que ce soit fait.» Mais reconnaît que son impact est plus lourd que celui du lynx. «D’abord sur les populations animales : en meute, il peut s’attaquer à des chamois, chevreuils, cerfs, bouquetins ou même des veaux. Puis sur les éleveurs, qui doivent s’organiser, supporter des coûts et du travail supplémentaire

En 1855, à Agiez, mourrait le dernier loup sur sol vaudois

1855. C’est cette année-là que le dernier loup sur territoire vaudois a été tué, à Agiez, près d’Orbe, par un groupe de personnes. Ces faits, rapporte le conservateur de la faune Sébastien Sachot, figurent dans les Archives cantonales. «Entre 1800 et 1900, de nombreux prédateurs ont disparu, dont le loup. Les éleveurs menaient contre eux une lutte acharnée

Entre 1762 et 1842, au moins 80 loups ont été tués à L’Abbaye, à la vallée de Joux. Au XVIe siècle, le loup est encore présent sur tout le territoire suisse. C’est à partir du milieu du siècle suivant qu’il devient rare un peu partout. Mais des loups ont tout de même rôdé en Suisse au XXe siècle puisque sept animaux ont été tués entre 1908 et 1998 (à Reckingen en Valais). A noter qu’en Italie, entre autres, le loup n’a jamais disparu. Ce qui explique son retour naturel en plusieurs endroits (en France notamment). En Suisse, la loi protège le loup puisqu’il ne figure pas dans la liste des animaux à chasser.

31 mai 2007

Des lâchers de loups par hélicoptère en Suisse

La Suisse aussi aurait à subir des lâcher de loups par hélicoptère. Des écologistes masqués débarqueraient de camions destinés au transport de porcs immatriculés en Italie des centaines de loups clônés nourris au maïs génétiquement modifié et au purain d'orties. Mais que fait Jean-René Fournier? Le Valais n'est plus ce qu'il était ! Tout fout le camp mon bon Monsieur au pays de l'abricot, du fendant, des bisses et des vaches violettes, sans oublier les comptes numérotés... Délires valaisans dans "Le Matin"

Y a-t-il des lâchers de loups ?

Depuis quelques mois, des loups sont observés en Suisse, notamment dans le Chablais valaisan. Certains, dont le conseiller d'Etat Jean-René Fournier, trouvent «bizarres» ces soudaines apparitions

Christine Savioz - 30/05/2007
Le Matin

L'arrivée des loups en Valais est-elle vraiment naturelle? Certains avouent émettre des doutes; parmi eux, quelques moutonniers et même le conseiller d'Etat Jean-René Fournier. Le chef du Département valaisan de la sécurité nous a en effet avoué trouver «bizarre» cette soudaine apparition de loups en Valais. «Lorsque nous avons eu les problèmes avec le loup du Chablais (ndlr: en septembre 2006, 30 moutons ont été tués), j'ai discuté avec les autorités des pays voisins de notre canton, à savoir la France et l'Italie; elles m'ont signalé qu'elles n'avaient plus vu de dégâts provoqués par le prédateur sur leur territoire depuis des mois! Or, tout d'un coup, des loups se retrouvent en Valais... C'est quand même étrange. Cela voudrait dire que des loups ont traversé des terres pendant des mois sans manger? Il y a quand même des points d'interrogation qui restent ouverts», a souligné Jean-René Fournier.

Le biologiste Jean-Marc Weber, responsable du suivi des loups en Suisse, se dit «habitué à ce genre de rumeurs». Pour lui, cette idée que les prédateurs ont été lâchés par des hommes est totalement improbable. «Nous disposons d'assez de données pour dire que les loups présents chez nous sont venus naturellement. Nous connaissons leur génotype (profil génétique) et nous pouvons les comparer au niveau alpin», explique-t-il. Pour ce spécialiste, le prédateur peut jeûner facilement pendant une dizaine de jours et parcourir au moins 50 kilomètres au quotidien. «Pour un loup, 100 kilomètres, ce n'est rien! La preuve: un loup avait été identifié génétiquement en Lombardie, puis observé en Suisse et retrouvé écrasé par un véhicule en Bavière. Les kilomètres n'effraient pas l'animal!» Même son de cloche auprès d'Eric Marboutin, biologiste chargé du suivi du loup en France. «Un jeune loup peut faire 1000 kilomètres pour s'éloigner de sa meute... On ne sait pas expliquer pourquoi il s'arrêtera à tel ou tel endroit. De plus, sa présence est difficile à détecter s'il se nourrit d'animaux sauvages. Il peut se passer un an sans qu'on s'aperçoive de sa présence», affirme-t-il. «Eh puis, capturer un loup, c'est une sacrée paire de manches! Quant aux loups qui se trouvent dans les zoos, ils sont tous dotés d'une puce, et il n'en manque pas un seul!»

Source : Le matin

La buvette : Le conseiller d'ETAT valaisan Jean-René Fournier s'était déjà fait remarquer en gardant dans son bureau le loup empaillé qu'il avait fait abattre... pour décorer son intérieur? A défaut de forêts primaires, la Suisse a aussi ses politiciens primaires. D'après nos sources, les hélicoptères volent à l'alcool de "dôle" et de "malvoisie" distillé. Au moins les escrolos suisses ont une éthique environnementale, c'est pas comme chez nous. Il me reste une quarantaine de castors à lâcher. Celà intéresse quelqu'un en Suisse?

22 mai 2007

Suisse - Des animaux d'u zoo de Magliano "libérés"

MAGLIASO, Suisse - Un ou des inconnus ont ouvert les cages des animaux d'un petit zoo durant la nuit de mercredi à jeudi à Magliaso, dans le canton suisse du Tessin. Deux lynx, quatre ratons laveurs, deux vautours et un hiboux royal ont pris la clé des champs ou, suivant les cas, la voie des airs.

Tous les animaux ont disparu, sauf un lynx qui a pu être repris et deux vautours qui survolent la région, a précisé jeudi Edith Fehr, responsable de l'information du zoo, qui a lancé une mise en garde: la femelle lynx libérée, même si elle est craintive, peut se montrer agressive si elle cherche de la nourriture.

Les vautours n'ont pas quitté la région: des témoins les ont vu décrire des cercles dans le ciel, mais ils n'ont pas pu être repris. Edith Fehr espère que les rapaces reviendront d'eux-mêmes au zoo. Quant au hibou, il n'y a aucun espoir qu'il rentre dans sa cage car il a certainement trouvé un habitat accueillant dans la région boisée du Malcantone.

Le ou les auteurs de ces actes ont endommagé une partie des cages et brisé des cadenas. Ils n'ont laissé aucune revendication ou explication quant à leurs motivations, a constaté Edith Fehr. C'est la première fois depuis son ouverture en 1973 que le zoo est la cible de vandales ou de présumés défenseurs des animaux.

Au début de l'année, trois véhicules de livraison de boucheries ont été victimes d'incendies criminels au Tessin. Ils ont été revendiqués par le "Front de libération des animaux".

C'est la première fois que le petit zoo de Magliaso, ouvert en 1973, est la cible de vandales. L'existence de la structure est toutefois vivement contestée, depuis quelques années, par l'Association anti-vivisection Atra qui en a demandé la fermeture à plusieurs reprises. Les défenseurs des animaux estiment que le zoo de Magliaso est exigu, vétuste et ne devrait pas accueillir des fauves comme les lions ou les tigres.

Source Romandie.com

12 mai 2007

Trop de lynx dans le canton de Vaud, les chasseurs ont horreur de la concurence. Ils veulent réguler!

SUISSE - ALPES VAUDOISES - La prolifération du félin inquiète les spécialistes de la faune et agace les chasseurs. Ces derniers demandent aux autorités de lever l’interdiction de tir protégeant ce concurrent.

Les lynx seraient actuellement trois à quatre fois trop nombreux dans les Alpes vaudoises, selon les chiffres fournis par le KORA (projets de recherches coordonnés pour la conservation et la gestion des carnivores en Suisse). Alors qu’il faudrait idéalement une proportion d’un individu pour 150 km², on en compte aujourd’hui?11?dans cette région, soit 2,5?individus pour 100 km².

Conséquence principale de ce retour en force, une diminution inquiétante du cheptel de chevreuils et de chamois, proies privilégiées du félin (lire encadré). «Dans les années 1980, on recensait environ 250?chevreuils dans le Pays-d’Enhaut. Ils sont une soixantaine aujourd’hui», explique Sébastien Sachot, conservateur de la faune du canton de Vaud.

Culte du prédateur

Dans le monde cynégétique, le ton monte: «On parle de biodiversité mais on assiste plutôt au culte du prédateur, s’emporte Eric Erb, président de la Diana d’Aigle. Les écologistes sont irresponsables. Si on laisse faire, les chevreuils et les chamois auront bientôt disparu de la région

Serge Ansermet, secrétaire du WWF Vaud, nuance: «D’une part, cette diminution est un phénomène local; ceux-ci prolifèrent dans le reste du canton. D’autre part, si le contingent de proies baisse, les prédateurs se feront moins nombreux aussi. C’est une régulation naturelle

Les chasseurs ont horreur de la concurrencePour les disciples de Saint-Hubert, l’argument ne vaut pas: «Premièrement, les observations montrent que les chevreuils ne sont pas plus nombreux dans le Jura. La preuve, le tir d’un seul animal y sera autorisé cette année. Deuxièmement, la loi fédérale stipule que ce sont les chasseurs qui doivent servir de régulateurs, pas les prédateurs», s’insurge Eric Erb. Serge Ansermet contre-attaque: «Si les chasseurs veulent vraiment jouer leur rôle de régulateur de la faune, pourquoi s’obstinent-ils à vouloir tirer des animaux là où le nombre d’individus n’a pas à être contenu? Le problème c’est qu’il y a une grande tradition de la chasse dans le Pays-d’Enhaut

Cheptel normal

Et chacun de chercher des solutions. «Ce que nous demandons, c’est une autorisation de tir de régulation jusqu’à ce que nous revenions à un cheptel normal, lance Eric Erb. Nous n’avons pas l’intention de laisser les prédateurs exterminer la faune de notre région

Pour le Canton, la réponse consiste à déplacer des individus vers des zones moins peuplées. Ainsi trois lynx ont déjà connu ce sort depuis 2006. Pour Jean-Claude Roch, c’est «une bonne première étape. Mais il y a encore quelques cantons qui refusent d’en accueillir; ce n’est pas normal. Et une fois que tout l’arc alpin sera réoccupé, si la situation ne s’améliore pas, il va falloir envisager le tir. Si le Canton ne prend pas les devants, on peut craindre que les habitants ne s’en chargent. Nous n’aurons alors aucun contrôle.» Une crainte partagée par Sébastien Sachot, conservateur de la faune: «Par le passé, il y a effectivement eu des cas d’empoisonnement. Notre stratégie actuelle consiste donc à déplacer des lynx et à diminuer la pression de la chasse en fixant des quotas

Car à l’heure actuelle, mettre un terme à cette activité n’est nullement envisageable. Serge Ansermet en convient: «Nous approuvons l’idée de laisser aux chasseurs tirer un chevreuil par saison plutôt que d’interdire la chasse de cet animal et de voir une recrudescence du braconnage. Si la population des lynx devait vraiment poser problème, au niveau du bétail notamment, le tir pourrait être envisagé.» Une mesure qui avait déjà été autorisée en 2001, selon Sébastien Sachot.

DAVID GENILLARD - 24 heures

12 avril 2007

Première naissance d'un gypaète barbu en Suisse depuis plus de 120 ans

Gypaete_barbuPour la première fois depuis 122 ans, un bébé gypaète barbu est né en liberté en Suisse.

Les parents du jeune vautour ont été observés alors qu'il apportaient de la nourriture dans le nid près du col de l'Ofen, dans les Grisons, dans l'est du pays. D'autres jeunes gypaètes pourraient voir le jour, puisque deux couples sont en train de couver. Le petit gypaète barbu lui-même n'a pas encore pu être aperçu, a précisé à l'Associated Press Chasper Buchli, de la Fondation Pro Gypaète, confirmant une information parue mardi dans les quotidiens "24 Heures" et la "Tribune de Genève".

Le nid des vautours se trouve à une altitude de 2 500 mètres. L'oisillon devrait y passer encore quatre mois avant de prendre son envol. Le rapace a certainement vu le jour entre le 20 et le 25 mars et ses chances de survie semblent bonnes. L'un des parents est vraisemblablement né en liberté lui aussi, près de Livigno en Italie; des analyses génétiques devraient permettre de fournir davantage d'informations. Quant aux deux autres couples en train de couver, l'un se trouve dans le Parc national et l'autre dans la région de Derborence (Valais, sud). En Valais, les petits devraient naître à la fin avril, selon le biologiste Raphaël Arlettaz, qui supervise les activités du réseau gypaète en Suisse occidentale.

Le gypaète barbu, avec ses 2,70 mètres d'envergure, est le plus grand rapace de Suisse. Il a disparu à la fin du XIXe siècle, victime de tirs et d'empoisonnements. Les derniers indices de reproduction ont été observés vers 1880 en Valais et dans les Grisons.

Ces 20 dernières années, près de 144 jeunes gypaète barbu nés en captivité ont été relâchés dans les Alpes autrichiennes, suisses, italiennes et françaises dans le cadre d'un projet international de réintroduction du rapace. Un premier couple a donné naissance à des jeunes en 1987 en France et depuis, on compte quelque 33 naissances.

10 avril 2007

Une nouvelle fosse aux ours à Berne?

Une course parrainée rapporte plus de 235'000 francs suisses pour refaire la fosse aux ours de Berne.

La fosse aux ours de BerneLa course parrainée organisée en faveur du nouveau parc pour les ours en ville de Berne a eu un franc succès et à permis de récolter 237'650 CHF, a annoncé l'Office du tourisme de Berne. Plus de 1000 personnes ont participé fin mars à cette manifestation.

Plus de 4000 sponsors se sont engagés à payer une certaine somme lors de chaque tour effectué par un coureur. Sans cette récolte de fonds, le financement du parc aux ours, budgeté à 9,7 millions de francs, est déjà assuré à 80%.

Avec quatre millions de francs, les sponsors privés couvrent la plus grande part des dépenses. Le Grand Conseil a accepté de verser 2,75 millions. Les citoyens de la ville se prononceront en juin sur le projet. Le parc destiné à remplacer la vétuste fosse aux ours doit ouvrir au public en juin 2009.

02 avril 2007

Un apport de chaux modifie la végétation alpine pendant des décennies

Les interventions de l’homme sont susceptibles de perturber à long terme les écosystèmes alpins.

Les écosystèmes des montagnes manquent cruellement de flexibilité pour réagir aux interventions de l’homme. Une fois perturbés, ils ne retrouvent que très lentement leur état initial – si toutefois ils y parviennent. C’est ce que confirme une étude du Programme national de recherche «Paysages et habitats de l’arc alpin», qui s’est penchée sur l’évolution de la végétation et des sols des parcelles expérimentales de la «Schynige Platte». Les résultats de cette expérience unique en son genre au plan mondial montrent qu’il a suffi d’un apport de chaux dans les années 1930 pour perturber sur des décennies la richesse des espèces végétales alpines, ainsi que les propriétés chimiques et microbiennes des sols.

Dans les Alpes, nombre de praires et de pâturages d’altitude ont des sols acides et pauvres en substances nutritives, comparés aux sites de plaines. De fait, les associations végétales des zones alpines sont moins productives, mais présentent souvent une plus grande diversité d’espèces. Il y a plus de septante ans, le botaniste bernois Werner Lüdi entreprenait sur la Schynige Platte au-dessus de Grindelwald (BE) une série d’expériences. Ces dernières constituent une véritable aubaine pour la recherche environnementale actuelle: elles permettent des observations à long terme sur une zone à l’écart des émissions.

L’intention de Werner Lüdi était d’améliorer par le biais d’un apport d’engrais et de chaux la productivité agricole limitée de ces parcelles pâturées durant des siècles. Il faisait donc subir différents traitements aux nardaies que l’on rencontrait typiquement à cette altitude et où croissaient des plantes comme l’arnica, la gentiane pourpre, l’orchis blanc ou la benoîte des montagnes. Le botaniste bernois recourait notamment à des interventions mécaniques, ainsi qu’à de nombreuses variations d’apports d’engrais et de chaux.

Or l’apport d’engrais et de chaux a effectivement permis à un type de végétation plus productif de s’imposer en quelques années. Le nard raide, mais aussi d’autres sortes de plantes aujourd’hui rares ont été évincées par le Liondent, la Crépide dorée ou le Pâturin des Alpes.

Une équipe internationale de chercheurs dirigée par Thomas Spiegelberger de l’Université de Fribourg, Otto Hegg de l’Université de Berne et Urs Schaffner de l’organisation CABI Bioscience à Delémont, a maintenant démontré dans le cadre d’un article paru dans la revue spécialisée Ecology* que cet effet persiste encore plusieurs décennies après, même sans traitement ultérieur. Leur étude a été subventionnée par le Programme national de recherche «Paysages et habitats de l’arc alpin» (PNR 48) du Fonds national suisse.

Aujourd’hui encore, l’acidité du sol est réduite

ArnicaCette perturbation étonnamment persistante de l’écosystème a été attribuée par les auteurs aux apports de chaux – car sur les parcelles qui n’ont été soumises autrefois qu’à des apports d’engrais, on ne constate presque plus aucun effet à long terme. Les analyses chimiques et microbiologiques du sol montrent aussi que le traitement à la chaux vieux de septante ans a suffi pour élever la teneur en calcium du sol jusqu’à aujourd’hui, mais aussi pour modifier sa composition microbienne.

Les chercheurs imputent ce phénomène à une réduction de l’acidité naturelle du sol due à la chaux. La microflore du sol a alors été modifiée, améliorant la disponibilité des éléments nutritifs existants et favorisant les plantes qui en dépendent. Les espèces typiques du passé, en revanche, ont fortement diminué: à l’heure actuelle, l’arnica a presque disparu. En raison de la modification de la qualité du sol, les déchets végétaux se décomposent relativement bien et sont à nouveau assimilés, ce qui maintient très longtemps la teneur locale accrue en éléments nutritifs. L’apport d’engrais seul – sans chaux – ne permettrait jamais d’obtenir le même effet, les engrais déposés seraient en effet rincés par l’eau.

En savoir plus sur les conséquences de la pollution atmosphérique

Cet essai sur le long terme est unique en son genre au plan mondial et montre qu’ il a suffi de modifier l’acidité du sol en zone de montagne pour déséquilibrer un écosystème sur des décennies. Ces résultats confirment ce que l’on supposait déjà sur le plan théorique: les écosystèmes en zone de montagne manquent de flexibilité pour réagir aux interventions humaines et il leur faut beaucoup de temps pour retrouver leur état initial après une perturbation – si toutefois ils y parviennent.

D’autres observations sur les parcelles aménagées par Walter Lüdi devraient continuer de s’avérer instructives à l’avenir aussi. Face au panorama grandiose de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, il sera notamment possible d’en apprendre d'avantage sur l’effet des apports ciblés d’engrais et de chaux, et plus généralement sur ceux de la pollution atmosphérique sur les écosystèmes alpins se développant sur sol acide, étant donné les quantités considérables d’engrais – jusqu’à 80 kilos d’azote par hectare et par année – qui aboutissent dans le cycle naturel, entraînant des modifications au niveau de la biodiversité.

*Ecology, vol. 87, pp 1939-1944

Renseignements sur le projet:
Dr. Thomas Spiegelberger - Cemagref de Grenoble
Domaine universitaire 2, rue de la Papeterie - BP 76
FR-38402 Saint-Martin-d'Hères cedex
tél :  00 33 4 76 76 28 19- fax : 00 33 4 76 51 38 03
e-mail : thomas.spiegelberger@grenoble.cemagref.fr

Source : PNR48.ch

01 avril 2007

L’agriculture de montagne au devant de mutations drastiques

Programme national de Recherche PNR 48 - Paysages et habitats de l'arc alpin
Fond National Suisse de la recherche scientifique

Un modèle structurel agricole permet des prévisions exactes

Suisse - Si la libéralisation de l’agriculture se poursuit, près d’un cinquième de la surface agricole actuelle cessera d’être exploité d’ici dix ans dans certaines régions de montagne.

C’est ce que montrent les scénarios calculés au moyen d’un nouveau modèle structurel agricole, développé dans le cadre du Programme national de recherche «Paysages et habitats de l’arc alpin» (PNR 48). L’agriculture de montagne devra donc compter avec des pertes de revenu qui ne pourront plus être compensées par des gains accessoires.

Les mutations économiques auxquelles l’agriculture devra faire face dans les années à venir vont fortement influencer le paysage et la biodiversité, et ce avant tout dans les régions de montagne. La question de savoir si un paysan continuera à l’avenir d’exploiter son entreprise, et la façon dont il le fera, dépendront de nombreux facteurs, qui vont de sa situation familiale aux décisions de l’Union européenne et de l’OMC, en passant par les spécificités propres à son exploitation et à la politique agricole suisse. Sous la direction de Stefan Pfefferli, une équipe de la Station fédérale de recherches Agroscope FAT Taenikon et du Bureau INFRAS de Zurich a développé un modèle structurel agricole quantitatif inédit. Son objectif: évaluer la marge de manœuvre dont disposent les exploitations, mais aussi la politique agricole. Il permet en effet de modéliser l’évolution de l’agriculture en fonction de scénarios basés sur différentes conditions-cadre.

Rendre visible l’évolution du paysage

Ce modèle de prévision se base sur des informations qu’a collectées en détail, notamment par le biais d’entretiens, l’équipe de chercheurs sur les différentes exploitations agricoles des régions grisonnes de Surses et Belfort. Le modèle de calcul peut ainsi prendre en compte les évolutions possibles au plan individuel – en déterminant, par exemple, s’il est possible d’agrandir l’entreprise par affermage, ou si la famille réunit les conditions pour poursuivre l’exploitation. Cela permet également de déterminer la taille qu’une exploitation doit atteindre pour avoir une chance de survie.

Les relevés effectués à la parcelle près permettent également, grâce à l’emploi d’un système d’information géographique, d’obtenir une représentation détaillée des résultats. Ainsi, les changements induits par la mutation structurelle agricole au niveau du paysage sont rendus visibles pour les six scénarios retenus. Ces derniers vont d’une libéralisation complète de l’agriculture à l’introduction d’un cahier des charges d’exploitation écologique spécifique pour chaque parcelle.

Moins d’exploitations et des problèmes de revenu

Indépendamment du scénario choisi, les résultats montrent que dans les régions de Surses et Belfort, près d’un cinquième des exploitations agricoles sera abandonné au cours des dix prochaines années. Selon le cas de figure, on obtient un report plus ou moins important vers des exploitations à temps partiel.

Par ailleurs, le nombre de personnes travaillant dans l’agriculture diminuera encore plus fortement que les surfaces utilisées. D’après ces prévisions, si les payements directs restent identiques, le nombre de personnes travaillant dans l’agriculture devrait baisser d’un quart. Et si le système était modifié, cette baisse pourrait même atteindre 35 pour cent. Dans ce cas, seules les exploitations susceptibles de se consacrer en même temps à une activité lucrative non agricole pourraient survivre – ce qui suppose des adaptations structurelles. En cas de pénurie d’emplois dans les secteurs non agricoles, l’avancée de la libéralisation devrait conduire près de 40 pour cent des exploitations à fermer leurs portes.

Cahier des charges et agrandissement

Tous les scénarios examinés concluent à une diminution des surfaces agricoles. Cette dernière sera moindre si le système des payements directs est maintenu avec les mêmes montants qu’aujourd’hui. Elle sera en revanche plus importante, en cas de modification du système et des contributions. Par modification, on entend soit une diminution radicale des payements due à la libéralisation, soit une concentration des payements sur la valeur écologique. Dans ces deux cas de figure, d’ici 2015, près d’un cinquième des surfaces agricoles de 2002 devrait être abandonné, notamment les parcelles extensives isolées. La forêt regagnerait donc du terrain. Quant aux surfaces agricoles maintenues, elles seraient généralement exploitées de manière plus extensive.

Renseignements : Stefan Lauber
Agroscope FAT Taenikon CH–8356 Ettenhausen
tél.          +41 (0)52 368 32 06       - e-mail : stefan.lauber@fat.admin.ch

Source : Fond National Suisse de la recherche scientifique

14 février 2007

Les sangliers étaient des bisons : pas de chance pour 2 chasseurs suisses étourdis

Comment des chasseurs suisses ont tué des bisons en Biélorussie

Fin novembre, deux chasseurs suisses étaient arrêtés en Biélorussie, pour avoir abattu deux bisons, espèce en danger d’extinction.

Deux Genevois de 63 et 57 ans sont au cœur d'une «affaire scandaleuse» survenue en Biélorussie le 14 novembre. Ils ont abattu deux bisons, une espèce menacée d'extinction. Arrêtés brièvement, ils ont pu quitter le pays après s'être acquittés d'une amende de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Trois mois après les faits, les Biélorusses n'ont toujours pas digéré ce dérapage. «Un accident», assurent les chasseurs.

Plusieurs journaux ont dénoncé ces «braconniers qui ont tué une mère de 7 ans et son petit d'un an et demi». Les chasseurs, autorisés à tirer uniquement des sangliers et des cerfs, avaient pourtant reçu des documents rappelant que la chasse du bison européen est catégoriquement interdite dans le parc national Belovezhskaya Pushcha.

Le voyage a été organisé par une agence allemande, Westfalia-Jagdreisen, qui assure plus de 30 destinations dans le monde avec du gros gibier à la clé: buffle, lion, léopard, ours ou éléphant.

Le mardi 14 novembre 2006, quatorze étrangers et un officier du parc partent à la chasse : il y a dans ce groupe cinq Français, deux Italiens et… sept Suisses, dont deux Genevois, des tireurs de longue date qui ont chassé au Canada, en Slovaquie ou, comme en 2005 déjà, en Biélorussie.

A 16 h 40, le directeur de chasse entend «quatre coups de feu». Il découvre deux bisons morts. A leurs côtés, les Suisses. La chasse est arrêtée, les deux chasseurs interpellés, leurs passeports retirés. Accusés d'avoir violé l'article 282 du Code pénal biélorusse, qui punit le braconnage, les deux hommes auraient été entendus par le Bureau de district de Pruzhany avant d'être relâchés. Le prix à payer pour le préjudice causé à la nature et pour «ne pas aller en prison» a dépassé les 10 000 francs. L'agence de voyages a versé 16 000 francs par bison tué au parc national. Total: plus de 40 000 francs d'amende.

La zoologie et la Suisse

Le directeur général du parc, Nickolai Bambiza, expliquera à la presse que ces Suisses «n'avaient jamais vu de bisons auparavant et que, dans l'excitation de la chasse, ils les auraient confondus avec… des sangliers !» Et de révéler qu'un Helvète avait déjà tué un bison en Pologne il y a six ans: «La Suisse n'est sans doute pas le meilleur pays pour apprendre la zoologie…»

«C'était un accident, jure l'un des chasseurs incriminés, on a tiré dans une harde de sangliers où se trouvaient des bisons. Je ne suis pas du tout un braconnier. Vu le prix de l'amende, on ne les aurait pas tirés intentionnellement!» Les deux Suisses ont quitté le pays le 18 novembre. Ils se sentent «tout à fait en règle» pour retourner chasser en Biélorussie ou ailleurs. Les deux bisons, eux, ont été empaillés. Leur viande a été offerte au restaurant du parc qui l'a proposée à l'étouffée au prix de 10 000 roubles (6 francs) la portion.

Le bison d'Europe, animal protégé depuis 1577

De telles traques ne sont pas sans gêner les Biélorusses et leurs voisins. «Des centaines de riches messieurs de Russie et d'Europe sont venus en 2006 dans le parc national, non pas pour s'émouvoir de sa beauté et de ses secrets, mais pour tuer», s'exclame ainsi Vladimir Boreiko, directeur du Centre écologique et culturel de Kiev. La chasse incriminée s'est tenue à Belovezhskaya Pushcha, une forêt primaire située au sud-ouest du pays, à cheval entre la Biélorussie et la Pologne.

Animal sur Liste rouge

Avant les touristes, les rois de Pologne puis les tsars de Russie couraient chasser dans la même région. Sauf le bison bonasus, le plus gros mammifère terrestre d'Europe, qui dès 1577 a été mis sous protection. Même la tsarine Catherine II, qui autorisa la chasse sur ses terres, ne permit pas celle du bison. En 1802, Alexandre Ier la bannira même dans un édit.

Ça ne suffira pas. En 1919, le dernier bison du parc était tué par un braconnier. Grâce à la réintroduction de bêtes provenant de zoos, le parc compte près d'un siècle plus tard quelque 300 individus côté biélorusse et 400 côté polonais. L'animal apparaît sur la Liste rouge de l'Union internationale pour la protection de la nature (UICN).

Reste que le Zubr, comme on l'appelle en Biélo­russie, est toujours «confronté à un risque très élevé d'extinction à l'état sauvage». Le Ministère bélarus de la protection de l'environnement n'autorise l'abattage que des bêtes âgées ou malades et avec une licence spéciale.

Florence Perret

Dommage qu'ils soient suisses, deux supporters de qualité en moins pour Nicolas Hihous, le candidat de CPNT, Chasse Pêche Nature et Tradition. C'est vrai qu'il y en a déjà tout plein des comme cela en France. Difficile de ne pas faire l'amalgame. Que sont les chasseurs respectueux des lois devenus ?

11 février 2007

Le conseiller d'Etat valaisan Jean-René Fournier va t-il garder le loup qu'il a fait abattre dans son bureau ?

Oui, je sais, "abattre dans son bureau", facile. J'avais envie ;-)

Les loups morts finissent au musée ou au bureau

Le Valaisan Jean-René Fournier garde une bête empaillée dans son bureau. Les autres animaux décédés en Suisse sont exposés dans les musées.

Non seulement Jean-René Fournier a fait abattre le loup du Valais, mais il l'expose aussi dans son bureau, comme l'a révélé jeudi Le Nouvelliste. Le conseiller d'Etat valaisan Jean-René Fournier a créé la polémique en posant aux côtés du loup tiré le 21 novembre en Valais.

«Lorsqu'un spécimen meurt, il est tout d'abord analysé dans un institut scientifique, précise Christoph Jäggi, responsable du dossier à l'Office fédéral de l'environnement. Mais ensuite, le cadavre est la propriété du canton, qui décide ce qu'il en fera.» Depuis 1998, six autres bêtes sont décédées en Suisse, par accident ou sous le feu des autorités. Alors, descente de lit ou trophée de chasse? Non, la plupart sont exposées au public.

Le Musée d'histoire naturelle, à Sion, est la dernière demeure de trois de ces prédateurs. «Il y en a peu en Suisse, alors nous profitons de ceux que nous avons pour étudier la morphologie, l'état de santé ou encore la coloration, précise le conservateur des lieux, Jean-Claude Praz. Cette population est en voie d'arrivée et ce sera intéressant de suivre son évolution.»

Un exemple ? Un quatrième loup décédé à Eischoll en 1947 est aussi conservé à Sion. Cet aïeul provenait d'Europe centrale et pesait dans les cinquante kilos, alors que l'espèce qui débarque aujourd'hui d'Italie est plus petite.

Jean-Claude Praz le précise: il a encore de la place. Et en cas de surplus, il songe déjà à faire quelques petits échanges avec des collègues. Cela pourrait intéresser le Musée d'histoire naturelle, à Berne, qui expose actuellement les vestiges de la bête écrasée par un train en mars 2006 dans l'Oberland bernois: un crâne et deux pattes. Le malheureux, trop mal en point, n'a pas pu être conservé.

Un ours pour compagnon

Les vacanciers du Val Bregaglia sont plus chanceux. Ils peuvent découvrir le dernier macchabée de cet inventaire au Museo Ciäsa Granda, à Stampa (GR). Le mammifère a été tiré il y a six ans, et Marco Giacometti, le vétérinaire qui s'était chargé du dossier, a gardé contact. «Je vais le voir deux ou trois fois par année», raconte-il avant de préciser qu'il en a quelques photographies dans son ordinateur.

Selon Marco Giacometti, ce spécimen empaillé permet aux visiteurs de mieux comprendre le carnassier. De quoi réaliser qu'il est trop petit pour présenter un gros danger pour l'homme, mais suffisamment grand pour tuer un cerf. Et pour ce repos éternel, la bête peut compter sur la compagnie de chevreuils et autres renards trouvés dans le Val Bregaglia et exposés au musée. Sans oublier un vieil ours mort en 1890.

Sources : 24heures

08 février 2007

L’Italie hurle contre la Suisse qui abat «ses» loups

Protestations - Les animaux qui reconquièrent les Alpes sont des descendants des spécimens du parc des Abruzzes. Les Italiens déplorent les récents abattages. «Les Valaisans ont tué un loup? I cattivelli (les vilains)!», s'exclame Damiano Di Simine. Ce Milanais, qui gère l'observatoire des Alpes de Legambiente (organisation environnementale italienne), reproche à Berne, comme à Paris, d'avoir la gâchette trop facile. Et il n'est pas le seul: le ministre italien de l'environnement s'est déjà exprimé de cette façon.

La pression transalpine se fait croissante

Le 27 janvier, 24 heures a publié dans son courrier des lecteurs la missive d'une employée du parc national des Abruzzes, regrettant que la Suisse «continue à refuser le retour d'une bête magnifique, qui est par ailleurs protégée par la Convention de Berne». Directeur du même parc, Aldo Di Benedetto précise que des passionnés l'ont averti par lettre d'un nouveau tir au nord des Alpes.

Pas d'extinction du loup en Italie

Dans le centre de la Péninsule, le loup n'a jamais complètement disparu. Dans les années septante, on ne dénombrait plus qu'une vingtaine de spécimens; mais depuis, le mammifère a reconquis les Apennins, jusqu'à rejoindre les Alpes. Les bêtes qui débarquent sous nos latitudes sont donc leurs descendants.

Depuis plus de trente ans, aucun tir n'a été décrété dans la botte. Aujourd'hui, Legambiente y dénombre 500 loups. «Comme il n'y a pas eu d'extinction, nous n'avons jamais perdu l'habitude de cohabiter avec eux», souligne Aldo Di Benedetto. Son parc regroupe 300 exploitations agricoles. Et la recette n'a rien d'original: des bergers, des chiens et des clôtures électriques protègent les troupeaux. En cas d'attaque, l'indemnité est de 150 euros (environ 250 francs) pour une chèvre.

«Je ne veux pas critiquer la Suisse, qui est un pays civilisé, mais simplement transmettre notre expérience», conclut prudemment Aldo Di Benedetto. Le ministre italien de l'environnement, Alfonso Pecoraro Scanio, ne prend pas les mêmes pincettes. En novembre, il déclarait dans La Repubblica: «En Italie, les loups sont protégés. En France et en Suisse, ils sont tués. Cette situation est insoutenable

Pour l'Italie, l'enjeu est réel. Nos voisins aimeraient que le mammifère pointe son museau dans de nouvelles régions: la Vénétie, la Lombardie, le Trentin ou le Tyrol. «Nous y rencontrons des difficultés avec les cerfs, qui sont trop nombreux», explique Damiano Di Simine. Un nouveau prédateur serait donc bienvenu. Seulement, pour rejoindre ces zones, l'animal doit passer par l'étranger…

Ironie transalpine

Qu'en pensent les Suisses? «Nous avons aussi un grand programme de prévention, explique Christoph Jäggi, responsable du dossier à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Mais il est difficile de prévoir où apparaîtra le prochain loup, et donc de savoir où les protections seront nécessaires

Dans notre pays, une autorisation de tir peut être accordée dans des conditions précises. Par exemple si un prédateur tue au moins 35 animaux en quatre mois. L'an dernier, deux bêtes ont ainsi été tirées en Valais. Mais Christoph Jäggi l'assure: la Convention de Berne le permet sous certaines conditions.

En attendant, l'ironie de la situation n'a pas échappé à un commentateur de La Repubblica, qui souligne crânement que les Italiens, pourtant peu réputés pour leur amour de la nature et des animaux, sont en avance sur leurs voisins suisses «rudes et arriérés». Et d'insister: «En Suisse (oui, oui, en Suisse!), les loups risquent la fusillade

«C’est inadmissible que le WWF ait autant de pouvoir»

L'issue de la bataille juridique menée par le WWF contre le gouvernement valaisan inspire de la grogne à l'éleveur chablaisien Jérôme Vannay. «Je trouve inadmissible que l'association écologiste ait autant de pouvoir», s'insurge le jeune homme, propriétaire du troupeau attaqué en septembre par un loup. Il nourrit d'autres tourments. Plus de quatre mois après le massacre de 31 de ses moutons, il attend toujours le versement d'indemnités. En prévision de l'estivage à venir, l'éleveur s'est entouré de deux patous - ces chiens d'origine pyrénéenne spécialisés dans la protection des troupeaux - payés pour moitié de sa poche, pour l'autre par la Confédération. «Cela ne signifie pas que je cautionne la présence du loup, je fais cela pour mes brebis», ajoute-t-il aussitôt. Jérôme Vannay est en charge d'un cheptel de 600 têtes. Et le dressage de ces chiens n'est pas de tout repos: «Ils doublent mon temps de travail. Les brebis ne sont toujours pas tranquilles. On peut craindre qu'à l'alpage, les patous aillent aboyer contre les chiens de passage

Son sentiment d'hostilité à l'égard du loup est partagé par l'Association des éleveurs ovins et caprins du Valais romand. Cette dernière vient de lancer une campagne de soutien au Conseil d'Etat valaisan, via une récolte de signatures. «Nous sommes certains que la cohabitation avec le prédateur n'est pas possible. Il n'y a aucun système de protection efficace à 100%», souligne le président Florian Volluz. Qui déplore aussi les lacunes juridiques entourant les procédures d'autorisation de tir.

Source : Caroline Zuercher - www.24heures.ch

NDLB : «rudes et arriérés» disent les italiens

Contre la révision du concept loup suisse, les chasseurs ne désarment pas

Le tir du loup du valais était illégal

Le WWF a gagné sa bataille contre le canton du Valais. Le Tribunal cantonal valaisan a admis l’intérêt du recours de l’organisation. Le Conseil d’Etat valaisan a bien violé la loi en autorisant le tir du loup, ont estimé les juges. La Cour a jugé qu’une situation analogue à celle de l’année passée pourrait se reproduire. Elle a donc exigé du Conseil d’Etat qu’il restaure l’effet suspensif de l’autorisation de tir du prédateur, qu’il avait annulé fin 2006, a indiqué le WWF.

L’Etat du Valais a été condamné à verser 1200 francs de dépens au WWF. Certes, le loup a été abattu, mais « cela prouve néanmoins que nous avions raison et que le Conseil d’Etat a violé le droit. Cette jurisprudence sera utile pour de futurs cas », souligne l’organisation. « Et il est probable qu’un loup réapparaisse en Valais », a indiqué Corinna Gyssler, porte-parole du WWF-Suisse. Deux procédures sont encore ouvertes, a ajouté Mme Gyssler. Le WWF a déposé une dénonciation pénale contre le conseiller d’Etat Jean-René Fournier ainsi qu’une plainte contre le Conseil d’Etat auprès du Grand Conseil.

A la fin du mois de septembre 2006, une trentaine de moutons avaient été attaqués par un loup dans le Chablais valaisan. Le chef du département compétent, Jean-René Fournier, avait alors délivré une autorisation de tir contre le prédateur et retiré l’effet suspensif d’un éventuel recours contre cette décision. Le WWF avait demandé la restitution de cet effet suspensif. Suite au refus du Conseil d’Etat le 25 octobre, l’organisation avait déposé un recours au Tribunal cantonal le 6 novembre. Le loup a été abattu le 21 novembre.
La révision du Concept loup Suisse se fera seulement après de nouvelles données avérées.

Les chasseurs suisses ne désarment pas

Les chasseurs en Suisse acceptent la présence des grands carnassiers tant que les dégâts causés à la faune sauvage ne dépassent pas une proportion supportable. La présence du loup s’accentue et la formation de meutes semble imminente. Ce développement pourrait mettre en question l’utilisation durable de la faune par la chasse comme visé par la loi fédérale.

En 2004 l’Office fédéral de l’Environnement OFEV a adapté le Concept loup Suisse. Suite à une intervention parlementaire, la révision a apporté un relâchement des critères permettant les tirs de loups. Sans attendre que le Concept fasse ses preuves sur le terrain et sans disposer de nouveaux résultats, les organisations écologistes créent des obstacles à son application en freinant la réalisation des autorisations de tirs par des recours. L’OFEV s’engage maintenant dans une procédure de révision du Concept loup Suisse et a invité le groupe de travail Grands Carnassiers pour une réunion le 2 février 2007.

ChasseSuisse demande que le Concept loup Suisse ne soit pas modifié jusqu’à connaissance de nouvelles données sérieuses quant aux buts concrets vis-à-vis de la gestion du loup. En particulier, ChasseSuisse souhaite ne pas rendre plus contraignants les critères du Concept loup Suisse actuel autorisant les tirs de loups.

"La Confédération doit conduire un examen objectif et intéressant tous les milieux concernés au niveau national sur l’acceptation de la présence du loup en Suisse, sur les possibilités et les coûts dus à la protection efficace des troupeaux compatible avec la présence de meutes ainsi que sur l’impact des loups dans les domaines de la diversité des espèces et de l’exploitation du gibier par la chasse.

Suivant les résultats de cette étude, les buts concernant la répartition géographique du loup et sa densité en Suisse doivent être clairement définis.

Sur la base du Concept loup actuel, en considérant la formation de meutes imminente, un plan de gestion du loup qui tienne compte des buts visés par la loi fédérale sur la chasse doit être établi, notamment en ce qui concerne le maintien de la diversité des espèces et de l’exploitation équilibrée par la chasse des populations de gibier".

Enfin, ChasseSuisse demande que la Suisse déclare une réserve à la Convention de Berne au sujet du loup. Ils oublient que selon la Convention de Berne: Le loup reste strictement protégé.