Suisse

10 mai 2009

Les Suisses s'opposent à la traque des lynx et des loups

Selon un sondage de Pro Natura, une majorité de 72% se prononce contre la mise à mort de ces prédateurs sous le seul prétexte de maintenir la population de chevreuils et de chamois destinée aux chasseurs.

Presque autant des personnes interrogées, 69%, ne veulent pas que soient tués des oiseaux amateurs de poissons, tels les cormorans, dans les zones protégées, comme le souhaitent les pêcheurs.

Ces résultats contrastent avec la révision prévue de l'ordonnance sur la chasse. Celle-ci prévoit un assouplissement des dispositions actuelles, notamment l'abattage d'espèces protégées jusque dans les réserves, sous de sévères conditions.

Une écrasante majorité (90%) des sondés s'exprime d'ailleurs pour le maintien, voire l'augmentation du nombre de zones de protection et de repos interdites à la chasse. Pro Natura estime qu'il s'agit là d'un signal clair aux autorités, aux chasseurs et aux pêcheurs.

Ces chiffres émanent d'un sondage diffusé dimanche par Pro Natura et réalisée en mars et avril par l'institut gfs-zurich auprès de 1030 personnes en Suisse romande et alémanique.

Source : swissinfo.ch et les agences

14 avril 2009

Adrien Zeender : Voici pourquoi l'ours devrait revenir cet été en Suisse

Il a été choisi comme animal de l'année par Pro Natura, il a un timbre à son effigie, et pourtant il ne vit pas ici. L'ours fera-t-il son grand retour au pays des vaches pour assister aux célébrations qui lui sont dédiées? Pronostic favorable

A l'occasion des 100 ans de Pro Natura, La Poste a édité un timbre sur lequel figure un ours, et le plantigrade a également été nommé animal de l'année. S'agirait-il d'un signe annonciateur de son retour dans nos latitudes? Probablement, selon Adrien Zeender, spécialiste de l'ours chez Pro Natura. Interview.

Pensez-vous que l'ours fera reparler de lui en cette année?
Adrien Zeender : C'est fort probable. La reproduction des ours dans le Trentin (région d'Italie où leur population a été renforcée, entre 1999 et 2002, par la réintroduction de neuf spécimens en provenance de Slovénie, ndlr) s'est bien déroulée ces dernières années, avec la naissance de sept jeunes en 2008. On peut donc penser que d'autres individus nés en Italie viendront chercher en Suisse des territoires où s'installer de manière durable. L'un d'entre eux est peut-être déjà en train de prendre ses quartiers entre la Suisse et l'Italie. En Europe, on estime que 40% des populations d'ours sont transfrontalières.

Ce n'est donc pas l'ours «JJ2» - aussi appelé «Lumpaz» -, premier à être passé en Suisse en 2005, qui a incité ses congénères à le suivre?
Non. C'est simplement dû au fait que nous sommes au début d'une nouvelle expansion de l'aire d'occupation de l'ours en raison de la naissance de nombreux jeunes. «JJ2» a peut-être un peu contribué à préparer le terrain!

Les différents ours sont venus chez nous entre juin et juillet. S'il doit y en avoir un qui entre en Suisse cette année, faut-il l'attendre à cette période?
Vraisemblablement. L'explication est simple: la saison des amours se déroule entre mai et juin. C'est à ce moment que les femelles du Trentin se séparent de leurs rejetons, alors âgés d'un an et demi, parfois deux ans et demi. Rajoutez les quelques semaines nécessaires pour atteindre notre pays, et vous tombez sur les mois de juin et juillet.

Outre le fait qu'il s'agisse toujours de jeunes «expatriés», tous ont pour point commun d'être des mâles...
Oui. Alors que la femelle reste principalement dans ou à proximité de l'endroit qui l'a vu naître, le mâle, lui, effectue de grands déplacements, parfois supérieurs à 100 kilomètres. Une des explications est que les femelles atteignent leur maturité sexuelle à trois ans, contre cinq ans pour les mâles. Ces derniers vivent donc, après leur émancipation, une période de transition propice à leur dispersion, puisqu'ils ne sont pas encore retenus dans les secteurs où se trouvent les femelles. En revanche, comme l'ours n'est pas territorial, ces jeunes individus ne sont pas chassés de leur région par d'autres mâles. C'est uniquement la quête de nourriture qui guide leurs pas et détermine leur nombre dans une région...

Les troupeaux de moutons favorisent-ils leur venue?
Pas du tout. L'ours est un omnivore opportuniste. Trois-quarts de son régime est végétarien, notamment composé de fruits et de baies. Il se nourrit aussi de cadavres d'animaux, mais ne chasse pas le gibier, même s'il se laisse parfois tenter par des moutons...

Les Alpes helvétiques représentent un lieu propice pour les ours. Mais risquent-ils de vouloir s'installer dans l'ensemble du pays, comme par le passé?
Je ne le pense pas, car son établissement durable est conditionné par la présence de nourriture, ainsi que par une certaine tranquillité. Ces conditions ne se trouvent que difficilement dans les Préalpes et le Jura, dont l'accès est désormais rendu très difficile, voire impossible, par l'urbanisation.

L'exemple de «JJ3», qui s'est approché trop près des habitations et qui a dû être tiré l'an passé, va à l'encontre de cette quête de tranquillité!
Le manque de timidité naturelle de «JJ3» lui a été transmis par sa mère Jurka, qui avait appris en Slovénie que la nourriture était plus facile à trouver à proximité des habitations. En lui mettant - intentionnellement ou non - de la nourriture à disposition, l'homme a influé sur son comportement. Le cas de «JJ3» montre combien il est important que l'homme soit responsable dans la gestion de ses déchets. Jurka a dû être capturée et placée dans un parc animalier afin d'éviter que cette situation ne se reproduise...

La poubelle anti-ours, équipée d'un verrouillage spécial qui résiste aux assauts du plantigrade, est-elle la solution idéale pour éviter les problèmes avec l'homme?
Il s'agit effectivement, après la protection des troupeaux et des ruchers, d'une mesure importante pour diminuer les conflits potentiels. Ces poubelles obligent les ours à chercher leur nourriture en milieu naturel et non plus dans les zones habitées! Pro Natura encourage leur pose, et est même d'accord de participer à leur financement en cas de demande. On en trouve déjà dans le parc national grison et un concept est en phase d'élaboration dans la vallée de Münster (GR).

Frédéric Rein

Les suisses sont pour un retour des ours brun

85% des suisses seraient favorables à la réapparition naturelle de l'ours brun.

Ce sondage a été réalisé pour le WWF auprès de plus de 1000 personnes, à l’occasion du premier anniversaire de la mort de l’ours JJ3. Ce dernier avait été abattu par les gardes-chasse le 14 avril 2008 au-dessus de Thusis, dans les Grisons. N’ayant plus peur de l’homme, il s’approchait des habitations et était vite devenu une menace, sans espoir de pouvoir être «rééduqué».

Mais ce soutien n’est-il pas le fait d’une population urbaine, guère susceptible de se retrouver nez à nez avec un ours? Joanna Schönenberger conteste: «Il n’est pas seulement accepté dans toute la Suisse, mais aussi par la population des régions concernées», s’est réjoui la spécialiste du WWF Suisse. Dans les Alpes et les Préalpes, le taux d’acceptation est de 85%, soit exactement la moyenne nationale.

Ce retour naturel semble de toute façon inexorable, notamment par le sud du pays. Dans les Alpes italiennes, environ quatre jeunes ours sont actuellement en âge de partir à la découverte de leur environnement.

Pour le WWF, il faut donc prévoir deux mesures en Suisse: protéger les troupeaux de moutons dans les pâturages alpins et gérer rigoureusement les déchets dans les régions concernées. L’objectif est clair: les bêtes ne doivent pas trop s’approcher des zones habitées, et représenter ainsi un danger pour l’homme.

06 janvier 2009

Suisse : L'ours brun élu «animal de l'année 2009»

L'ours brun a été élu animal de l'année 2009 par Pro Natura. L'association écologiste suisse, qui fête ses 100 ans, s'engage ainsi pour un retour durable du plantigrade et une cohabitation pacifique avec l'homme en Suisse.

L'ours, première espèce à avoir figuré sur l'emblème de Pro Natura il y a 100 ans, fait partie de notre culture depuis deux siècles, rappelle l'association. De nombreux lieux-dits, armoiries et auberges portent son nom.

Si le retour du plantigrade en Suisse est difficile, Pro Natura estime qu'il est cependant nécessaire. «Les ours font partie de notre diversité indigène. Les problèmes liés à sa présence peuvent être résolus», écrit l'organisation dans un communiqué.

Le dernier ours de Suisse avait été abattu en Engadine en 1904 par deux chasseurs. En 2005, près d'un siècle plus tard, l'ours a fait sa réapparition dans les forêts grisonnes avec l'arrivée de JJ2, aussi appelé «Lumpaz».

Source : Swissinfo

12 décembre 2008

Suisse : un lynx aux pattes truffées de plomb succombe à ses blessures

Un lynx a été retrouvé mort dans un jardin. Il s’était fait tirer dessus il y a plus d’un mois.  «Nous avons décidé de porter plainte contre inconnu», a annoncé jeudi Arthur Fiechter, chef de l’inspection de la faune dans le canton.

Le lynx femelle a été retrouvé mort dans le jardin d’une maison à Bevaix samedi dernier. Il avait déjà été repéré dans les environs du village fin novembre. Les observations avaient conclu que l’animal était blessé. «En fait il venait vers les habitations parce qu’il n’arrivait plus à se nourrir dans la nature», explique l’inspecteur de la faune. L’animal s’est même battu avec un chien.

Constatant l’aggravation de son état de santé, les autorités ont décidé de l’euthanasier. Entre-temps, le félin a succombé naturellement à ses blessures. L’examen du cadavre effectué cette semaine au Tierspital de Berne a conduit à la découverte de plombs dans les pattes de l’animal. «Ce qui signifie que quelqu’un lui a tiré dessus avec un fusil avant qu’il rôde dans la région», constate Arthur Fiechter.

Le canton compte environ six ou sept lynx. L’espèce a été réintroduite en 1974. Deux couples ont été lâchés dans la région du Creu-de-Van. Selon Arthur Fiechter, c’est la première fois qu’un lynx meurt à cause de l’homme dans le canton. Toutefois un cas de félin renversé par une voiture avait été signalé il y a quelques années. Là aussi, l’autopsie avait révélé des traces de plomb sur l’animal.

Une femelle lynx écrasée

Par ailleurs, Un jeune lynx, une femelle, a été écrasé par une voiture dans la région de Landquart (GR).
L'animal né cette année était en bonne santé, a précisé jeudi le service de la chasse et de la pêche du canton des Grisons. C'est le premier lynx mort découvert dans le canton depuis son extinction en 1872.

Le lynx a déjà été aperçu ces dernières années dans la région de Fünf Dörfer-Herrschaft-Prättigau. La carcasse de l'individu écrasé dans la nuit de mardi à mercredi a été envoyée pour examen à l'Institut de pathologie animale de l'Université de Berne.

Les analyses génétiques devraient permettre d'identifier les parents de cette femelle lynx et un éventuel lien avec le projet de réintroduction LUNO en Suisse orientale. Le projet LUNO compte une dizaine d'individus à l'heure actuelle.

Sources : 20minutes.ch et 24heures.ch

Sans doute devait-il ressembler à un Sus scrofa (*) ou le coup est parti tout seul...
Sus scrofa (Nom latin du sanglier)

04 décembre 2008

Retour du loup en Suisse ou retour de la paranoïa ?

Nous avons trouvé deux paranoïaques supplémentaires ! Aux Estrosi, Bonrepaux et Louis Dollo, on peut rajouter Narcisse Seppey et Charly Sierro, deux «Nemrod» valaisans qui n'aiment pas la concurrence de Canis lupus. Sur 3 sites suisses : «24 heures», «Le temps» et «Le nouvelliste », deux chasseurs amers essaient de braquer une énième fois l'attention des lecteurs sur un vieux sujet, qui comme le phénix, renait de ses cendres : La réintroduction du loup! Ils souhaitent un débat. Les seuls près à bondir sont les quelques allumés du bocal qui manipulent l'opinion : «On vous l'avait bien dit! »

Curieusement, aucun des sites ne donne ni le nom du livre, ni sa maison d'édition. Un tirage minimaliste à compte d'auteurs pour cause de manque de crédibilité ? Non il est encore «à paraître».

Narcisse Seppey est un ancien chef du service cantonal valaisan de la chasse, il y est resté 22 ans, c'est dire s'il est mordu. Charly Sierro est membre du comité de Chasse Suisse. Le loup n'est pour eux que "l'ennemi de toujours", un concurrent inadmissible avec qui, à défaut de pouvoir l'aligner dans leurs mires, ils règlent leurs comptes, histoire de ne pas faire un ulcère à l'estomac. Impossible d'accepter la réalité, il doit y avoir un grand complot caché, monté dans l'ombre par les lobbys écolo-associativo-ministériels. Alors, ils auraient auscultés «de nombreux rapports, expertises et conférences pour étayer leur ouvrage.» Le rapport Estrosi-Spagnou sans-doute, deux autres excités de la réintroduction du loup. Narcisse Seppey et Charly Sierro «estiment» que le peuple «aurait» été grugé.

On imagine volontiers le contenu de «leur vérité» : des écolos discrets, des associations «mafieuses» finançant l'opération dans l'ombre, de gentils éleveurs de loups, sans doute des parcs animalier... Comment attraper ces prédateurs autrement : il ne suffit pas de dire : «Viens lupus, je suis un gentil pro-loup qui vais te faire voir du pays, allez monte dans l'hélico!». Pour le suspens, l'info viendrait de «pro-loups», des repentis, des initiés qui connaissent l’inavouable!

Les auteurs «admettent» que leur ouvrage «est un pavé dans la mare», mais la mare est gelée. Aucun remous à prévoir. Pas facile de relancer un aussi vieux débat démonté par tous les scientifiques, les observations de terrain et les analyses génétiques. J'ai déjà du écrire là dessus il y a quelques années.

Xavier Filliez, journaliste du temps écrit que Narcisse Seppey «à gardé une cartouche qu'il résout à tirer sur le loup, son ennemi de toujours». Mais le loup ne va pas en mourir, «la vérité ne diffère pas beaucoup de celle qu'il criait depuis longtemps dans les bosquets.(...). Narcisse Seppey peste sur les lâchers sauvages admis par les gouvernements, dénonce un «complot» à l'échelle européenne, révèle l'existence d'un protocole de l'ombre, signé entre l'Italie, la France et la Suisse.» Voilà qui fait plaisir à tous les antis prédateurs; ils vont pouvoir ressortir leur «On nous aurait donc menti».

La coalition anti-nature chasseurs-éleveurs ressort des images bien sanglantes de brebis étranglées. Au choc des photos, ils pensent rajouter avec ce livre le poids des mots.  Le journaliste se demande pourtant «Outre le couronnement en grande pompe du centenaire de sa société de chasse, à quoi sert le "bouquin?" ». «Ensuite, les gens se feront leur opinion», répondent les auteurs. Le journaliste n'a pas l'air plus convaincu. Faut dire que rabâcher de telles foutaises, c'est s'attaquer à des moulins. Le journaliste, pas tendre, poursuit «Or, entre les lignes, le pamphlet fait aussi l'apologie de la gestion «démocratique» de la faune, que l'auteur a défendue et pratiquée en son temps avec tant d'assiduité. On n'avait jamais vu si copieux gibier que sous son règne. Nous y revoilà, les chasseurs ont horreur de la concurrence. Ils sont les seuls régulateurs acceptables. Qu'une bête sauvage s'intéressent et limite naturellement LEUR gibier : inacceptable, il faut faire quelque chose !

Les chasseurs ont horreur de la concurrence

Dessin de F'Murrr dans "Eloge de la pentitude". C'est fou ce que cet album me fournit de matière pour illustrer mes notes.

Xavier Filliez termine son article par une citation de Narcisse Seppey «Le prédateur tape à l'aveugle. L'homme, lui, est le maillon de tête de la chaîne alimentaire. Il est le seul capable de science et de conscience.» Fut-ce dans un dernier sursaut d'autocongratulation, Narcisse Seppey tenait juste à rendre à César ce qui est à César. Une balle pour le loup, Un laurier pour le chasseur.» Le loup c’est une bête, et une bête ne pense pas, mais l'Homme lui ! Egocentrisme de la «biodiversité à usage humain».

Pascal Fauchère du Nouvelliste ne semble pas plus enthousiaste que son confrère : le conditionnel est employé à tour de bras : «Le loup ne reviendrait pas naturellement. Le peuple suisse serait grugé et privé de débat. C'est ce que "tente" de démontrer un livre...» Les auteurs «veulent aussi poser des questions sur la chasse de demain, non pas contestée sur les virgules mais dans ses fondements.» Voilà bien le problème, la raison câchée...

Ailleurs, c’est ce que Louis Dollo reprend sur un forum de chasseurs de sangliers afin de mobiliser pour «Le manifeste du Val d'Aran» et contre l'ours quand il dit «Mais tu ne vois pas que l'ours menace la chasse en Ariège ?» Le chasseur lucide lui répond : «Il n'y a pas lieu de suspendre la chasse dans les zones a ours, je l'ai répété 15 fois dans ce sujet... Il suffit juste de pas y tirer dessus quand il y en un qui passe et d'éviter autant que possible les zones de présence quand elles sont connues, et c'est pas ca qui va menacer la chasse si c'est de notre initiative.» Pas facile de tromper les masses : si même les chasseurs résistent à sa propagande ! Pas facile de faire croire que les défenseurs des prédateurs essaient «d'éliminer les chasseurs, puis les autres activités pour assurer un contrôle du territoire pour son ensauvagement et laisser la place tout entière aux grands prédateurs

Mais revenons en Suisse et à notre Canis lupus : les auteurs du livre parlent «des astuces de cette réintroduction» (pas cons les mecs) et «décortiquent les stratégies de communication» en se «basant sur un faisceau d'indices convergents». La source du complot : «la volonté européenne de réintroduction du loup, une volonté financièrement chiffrée dans le livre.» On se réjouit du raffut qu’il va faire quand il sortira fin décembre.

Selon eux: «la faune est en danger. Et le loup devrait être régulé au même titre que les autres espèces.» Ils aimeraient bien rajouter du Canis lupus dans leur petits carnets de chasse, alors faut bien essayer quelque chose. «Sans compter que l'impact ne se limitera pas aux chasseurs. Ce sont les populations de montagne en général qui seront touchées ainsi qu'une multitude d'activités humaines.»  Semer la peur :du déjà vu. Mais ce sera difficile, même les petits enfants suisses ne croient plus au grand méchant loup. «Des photos sanguinolentes à l'appui viennent rappeler - en choquant? - le périple des loups du val d'Hérens.» Les auteurs admettent que l'ouvrage a été écrit «sans prétention scientifique» On s'en doute !  «Les chasseurs ne disent pas si le loup est souhaitable ou non.» Ce qui compte c'est de pouvoir le réguler. C’est pas encore gagné pour le loup en Suisse.

Autant pisser dans un violon pour ces chasseurs, qui au lieu de soigner leur aigreur d’estomac, essaient de nous faire croire au retour artificiel du loup. Le mythe est toujours vivant. Ils ne disent pas qui a fournis les hélicoptères. On aurait aimé savoir...

Sources : «24 heures», «Le temps» et «Le nouvelliste » et pour les délires paranoïaques de Louis Dollo : sangliers.net et la liste natur-naute. Il est partout.

05 novembre 2008

La situation des prédateurs en Suisse

Le loup de retour en Suisse centrale après 160 ans d’absence

Le loup est de retour en Suisse centrale : Après 160 ans d’absence, un loup a été repéré dans le canton d’Obwald.

A la mi-octobre, neuf moutons ont été tués par le loup dans la vallée du Melchtal sur la commune de Sachseln (OW) près du lac de Sarnen. La manière de procéder du prédateur, un piège photographique et une analyse ADN ont montré qu’il s’agissait bien d’un loup. L’animal est, avec une grande probabilité, d’origine italienne, selon les autorités obwaldiennes.

Après leur éradication au 19e siècle, les loups ont refait leur apparition en Suisse il y a quelques années. Moins d’une dizaine vivent en Suisse. Cette année, des individus ont été vus dans les cantons de Vaud, du Valais, de Fribourg, de Berne, d’Uri, du Tessin et des Grisons.

Ce retour du prédateur va obliger Obwal à se doter d’un «concept loup», calqué sur celui de la Confédération. Il s’agit de permettre aux autorités et aux éleveurs de gérer la présence du loup, animal protégé à la fois au niveau international par la Convention de Berne de 1979 et au niveau suisse par la Loi fédérale sur la chasse de 1988.

Actuellement, un loup ne peut être abattu que s’il a dévoré au moins 35 animaux de rente pendant quatre mois consécutifs, ou au moins 25 animaux en un mois. Le concept prévoit également des mesures de protection des troupeaux et des indemnisations pour les propriétaires.

Source : AP

Gestion et régulation des grands prédateurs

Question déposée par Caviezel Tarzisius le 12.06.2008
Au cours des prochaines années, il faut s'attendre en Suisse à une augmentation du nombre de grands prédateurs, tels que les ours ou les loups, qu'ils viennent des pays voisins ou qu'ils se reproduisent sur place. Leur reproduction et leur propagation géographique entraînent une diminution du nombre de proies et un déclin de la diversité des espèces sur le plan local et régional.

Espèces liées aux cultures, les grands prédateurs peuvent carrément venir s'installer dans les milieux urbanisés. Les dommages qu'ils causent sont parfois considérables, ce qui explique que leur présence soit de moins en moins acceptée au sein de la population. Pour remédier à cela, il faut réduire les dégâts occasionnés par les grands prédateurs, notamment en régulant - dans certains cas par le tir - leur population.

Il existe cependant certaines incertitudes quant à la façon de procéder pour trouver des solutions. En effet, les objectifs poursuivis par la Suisse en matière d'introduction des grands prédateurs ne sont pas clairs. L'interprétation des lois fédérales en vigueur et des traités internationaux ratifiés par la Suisse (Convention de Berne, Convention sur la diversité biologique) soulève également quelques questions.

Une expertise juridique présentée récemment par Chasse Suisse conclut que la notion de "dommages causés par la faune sauvage" s'entend au sens strict, incluant ainsi les préjudices économiques, les pertes économiques ou les dommages juridiques qu'une espèce protégée cause, en surexploitant son espace vital, à la biodiversité ou à des biens matériels présentant un intérêt économique particulier. C'est par exemple le cas des animaux domestiques et des animaux sauvages.

En cas de conflits entre la protection d'animaux menacés et l'exploitation adaptée ou la prévention de dommages, la loi sur la chasse dispose qu'il est possible de réguler des animaux déterminés ou des populations d'animaux protégés.

  1. Le Conseil fédéral partage-t-il l'avis selon lequel la notion de "dommages causés par la faune sauvage" inclut aussi bien les dégâts causés aux animaux de rente que les conséquences sur les possibilités d'exploitation cynégétique ?
  2. Le Conseil fédéral est-il d'accord pour dire que la loi sur la chasse contient les bases légales nécessaires à la régulation des grands prédateurs ?
  3. Est-il disposé à édicter, par voie d'ordonnance, des prescriptions plus détaillées sur la régulation des grands prédateurs ?
  4. Quelles mesures le Conseil fédéral prévoit-il de prendre pour coordonner la gestion des grands prédateurs dans l'ensemble des Alpes ?

Une protection mais pas totale. D'abord : mise en place de mesures de préventions puis déplacements éventuels. Les tirs de régulation ne sont envisagés qu'en dernier recours 

Réponse du Conseil fédéral, le 19 septembre 2008
Le retour des grands prédateurs, le lynx, le loup et l'ours, dans les campagnes d'Europe centrale est un enrichissement pour la diversité des espèces indigènes; du point de vue de la protection de la nature et des espèces, il faut continuer d'encourager cette évolution. Aucune observation n'a été faite dans le sens d'une atteinte à la diversité des espèces pouvant être chassées; plus précisément, aucune espèce en particulier n'est menacée d'extinction.

La prédation par des lynx ou des loups établis et relativement nombreux peut toutefois entraîner une réduction des effectifs de chevreuils et de chamois dans une région. C'est pourquoi la gestion des grands prédateurs doit être adaptée à la situation ou à la phase de recolonisation. La Confédération énumère les solutions possibles aux plans technique et sociopolitique dans le premier chapitre du nouveau Plan Loup Suisse (révisé en 2008). Elle étudie actuellement le cadre légal qui, dans la phase propagation géographique et régulation de la population, doit permettre d'intervenir pour réguler les effectifs des espèces protégées.

  1. L'interprétation de la notion de "dommage causé par la faune sauvage" dans la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP) est contestée depuis 2004, date de l'entrée en vigueur du Concept Lynx Suisse de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). En se basant sur un avis juridique, Pro natura met en doute qu'il soit conforme à la Constitution d'intervenir dans un effectif nombreux de lynx en évoquant des pertes importantes pour l'économie cynégétique. Un avis juridique de l'association des chasseurs Chasse Suisse établit, par contre, que la notion doit être comprise au sens large et que des pertes régaliennes pour les économies piscicole et cynégétique représentent pour les cantons un dommage au sens de la LChP. Un troisième avis juridique, commandé par l'OFEV en raison du désaccord fondamental entre les deux premiers, établit, quant à lui, que la LChP permet une interprétation large de la notion de "dommage causé par la faune sauvage".
  2. Le lynx, le loup et l'ours bénéficient, selon le droit national comme international, d'une protection élevée. Ce statut ne permet pas de prendre des mesures de régulation comme la législation sur la chasse le prévoit pour les espèces "pouvant être chassées". Si des effectifs de grands prédateurs de plus en plus nombreux ou déjà nombreux deviennent problématiques pour le maintien de la diversité des espèces en général, ou s'ils sont la cause de dommages trop importants, il est alors possible d'intervenir dans certaines conditions au titre de la régulation, même dans des effectifs d'espèces protégées de mammifères et d'oiseaux. Les tirs d'individus ne doivent être envisagés qu'en dernier recours; la priorité doit être donnée à la prévention des dommages ou aux déplacements dans des habitats potentiels encore peu colonisés.
  3. Vu les discussions politiques au sujet du retour des grands prédateurs dans les campagnes suisses, il est certain qu'il n'est pas judicieux à long terme de placer le lynx, le loup et l'ours sous une protection totale, orientée uniquement sur les capacités écologiques de l'habitat, sans tenir compte des préoccupations de la population. Le chef du DETEC a donc donné pour mandat à l'OFEV d'évaluer si la législation sur la chasse (loi et/ou ordonnance) doit être révisée et d'examiner les possibilités. C'est sur cette base que le Conseil fédéral décidera d'engager une procédure de révision.
  4. Des programmes de monitoring et des plans de gestion doivent être convenus entre pays voisins. Concernant cet échange d'informations techniques, l'OFEV collabore étroitement avec les services partenaires des pays voisins. Les accords politiques émanent de conventions internationales, notamment de la Convention de Berne.

Source : Parlement Suisse

04 novembre 2008

Une étude évalue l'impact des sports d'hiver sur la faune sauvage

Selon une étude de l'Université de Berne et de la Station ornithologique suisse publiée le 31 octobre, les domaines skiables des Alpes qui se sont développés ces dernières années, impacte la faune sauvage, notamment le tétras lyre.

Dans une étude publiée le 31 octobre, des chercheurs de l'Université de Berne et de la Station ornithologique suisse ont quantifié pour la première fois l'impact des réseaux de remontées mécaniques et des activités de sports d'hiver sur la faune des Alpes.

Conduite par le professeur Raphaël Arlettaz, cette étude, parue dans le ''Journal of Applied Ecology''(*), observe un déclin des populations de tétras lyres (ou petits coqs de bruyère) dans les Alpes valaisannes et vaudoises, en raison du seul développement des stations de sports d'hiver.

Cet oiseau menacé vit toute l'année dans la zone supérieure de la forêt subalpine, là où se concentrent également la majorité des installations de remontées mécaniques, ainsi que les adeptes de ski et de snowboard, expliquent les chercheurs.

Aussi selon l'étude, les activités sportives générées par les installations de ski affectent 44% de la surface de l'habitat du tétras lyre dans les Alpes valaisannes et vaudoises. Au sein des domaines skiables, les effectifs de tétras sont en moyenne 49% inférieurs à ceux rencontrés dans les secteurs dépourvus de téléskis, tandis qu'en périphérie des domaines skiables on observe une chute moyenne de 18% des effectifs.

Plus la densité de téléskis est importante dans une zone donnée, moins les coqs de bruyère sont abondants. L'impact est ressenti jusqu'à 1.500 mètres des installations.

Les chercheurs estiment que dans les Alpes valaisannes et vaudoises, le développement des stations d'hiver a réduit les effectifs de tétras lyre d'au moins 15%. Cette estimation est un minimum, soulignent les scientifiques car elle ne tient pas compte de l'effet des sports d'hiver pratiqués en dehors des domaines skiables, comme la randonnée à ski ou en raquettes, qui sont en constante expansion sur les 56% de la surface restants.

Les scientifiques demandent dans ce contexte la création de zones de refuge hivernal à proximité des domaines skiables. D'une étendue de quelques hectares, ces zones doivent être judicieusement placées, en tenant compte à la fois de l'habitat favorable à l'hivernage du tétras tout en compromettant le moins possible la pratique des sports de neige, précisent-ils.

Si toute la faune est impactée par les activités de sports d'hiver, tous les animaux ne sont pas placés à la même enseigne : certains bénéficiant d'un habitat plus vaste tels les lièvres et les chamois sont affectés mais dans une moindre mesure, indique le professeur Arlettaz.

Rappelons que 46 stations de montagne françaises - dont Les Menuires, Les Gets ou La Plagne - ont à ce jour adhéré à une charte nationale du développement durable, élaborée en 2007 par l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM). Comme l'un des engagements de la charte prévoit notamment de développer les activités touristiques tout en veillant à leur bonne intégration dans le paysage et à une gestion respectueuse de l'environnement, les maires signataires devront donc adopter plusieurs mesures comme la limitation du nombre de pylônes de remontées mécaniques ou encore veiller à la bonne intégration des pistes dans l'environnement. Une opportunité pour la création de zones de refuge hivernal à proximité des domaines skiables ?

R. BOUGHRIET

(*) Référence : Patthey, P., S. Wirthner, N. Signorell & R. Arlettaz (2008): Impact of outdoor winter sports on the abundance of a key indicator species of alpine ecosystems. Journal of Applied Ecology.

Source : Actu-Environnement.com

Commentaire de la Buvette

Pas de doute : les politiciens adeptes fervents du seul couple mouton/ski, comme moyen de développement économique, sont des visionnaires. Et à ce titre, ils sauront parfaitement préserver durablement l'environnement montagnard et son attractivité. Sans même parler des canons à neige, qui sont promis encore à un bel avenir si le réchauffement climatique se précise.

Pour les "balcons du Mercantour" ou dans les Pyrénées : à Mijanès-Donezan, à Guzet-Neige, Parc Naturel de l'Ariège, Baqueira, route d'Alos de Isil au plateau de Béret, Sorpe, Val Cardos, Bouirex..., circulez, il n'y a rien à voir.

Tel "Delamarre" et son commentaire laissé à la buvette : "Il faut effectivement se dépêcher d'arrêter tout de suite de créer de l'activité permettant la vie dans nos vallée. (...) Vous savez, là où les autochtones essaient de travailler sur place pour vivre. Il faut surtout rester comme nous sommes, sous développés, et espérer que les citadins donneurs de leçons puissent encore venir 3 fois dans l'année dans "l'arrière pays" (une fois par vallée ?), et se donner bonne conscience en achetant une baguette de pain à la boulangerie locale (...) empêchent la construction de deux malheureux refuges (vous savez le 3 étoiles surfréquentés qu'ils ne manquent pas de dépeindre). Des fois que cela permette, en plus de créer des emplois de gardiens, des départs intermédiaires, où de redescentes dans les villages pour faire le plein. Il faut effectivement faire comme vous le suggérez. Comme ça, on est sûr de ne rien faire. Une idée : et si vous alliez voir comment c'est ailleurs, là où on VIT dans les montagnes sans pour autant les détruire... le Beaufortain, le Queyras, le val Varaita, le val Chisonne etc..."

Vous avez raison, Monsieur Delamarre, l'Université de Berne et la Station ornithologique suisse, ce sont des rigolos, des citadens donneurs de leçons. Vive les politiciens locaux qui toujours préfèrent l'économique (les résultats électoraux) à l'écologique (après nous le déluge).

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