Pastoralisme - Patou - Montagne Pyrénées

26 septembre 2008

750 € d'amende avec sursis requis contre le propriétaire d'un patou

Ils étaient venus pour quelques heures. Le troupeau d'Auguste Favre passait hier par Saint-Jean-de-Maurienne pour finir l'estive à Montpascal. Au fond du Val-d'Ambin, en Haute-Maurienne, où il avait passé les derniers mois, les attaques de loup sont trop fréquentes, et les bêtes difficiles à protéger dans un terrain escarpé, malgré trois chiens spécialisés. «Il en faudrait vingt, mais apparemment, en France on ne sait pas le faire comme en Italie», explique Hubert Covarel, président de la Fédération ovine de Savoie.

Le même jour, René Gros était convoqué devant le tribunal de police. Alf, son berger des Abruzzes, avait mordu, début juin à Aussois, Claire Bermond, gardienne du refuge de Plan-Sec.

Celle-ci ne souhaitait pas spécialement porter plainte, mais seulement s'exprimer. Elle ne réclame d'ailleurs pas de dommages-intérêts. Les éleveurs mauriennais avaient décidé de marquer leur soutien à René Gros en faisant traverser Saint-Jean-de-Maurienne par le troupeau d'Auguste Favre. Tout aurait dû se terminer d'une façon «pittoresque», pour reprendre le terme de Me François Bern, avocat de l'éleveur aussoyen.

Douche froide, le  réquisitoire du substitut a échauffé les esprits. Lors de précédents cas similaires devant ce tribunal, les représentants du Parquet s'étaient toujours montrés très modérés. Gilbert Lafaille a au contraire imputé une «faute caractérisée» à l'éleveur : «négligence à voir le chien sauter les enclos sans réagir, négligence dans le choix du chien même s'il a été confié par la DDA, négligence au niveau de la formation». Peine requise : 750 € d'amende avec sursis.

Me Bern se déclare «abasourdi», rappelle que l'usage de chiens de protection est une obligation mise à la charge des éleveurs par l'État, s'ils veulent être indemnisés en cas d'attaque de loup. «Des filets plus haut, ça n'existe pas !» s'exclame-t-il, «qu'on nous trouve la race de chien labellisée, qui lèche la main des touristes et met le loup en mille morceaux !»

Le jugement sera rendu le 27 novembre. Mais dehors, la colère gronde déjà. Les moutonniers ne veulent plus partir. Ils s'installent devant la mairie de Saint-Jean-de-Maurienne, avec la compréhension de la municipalité. «Qu'on parle de la caste des éleveurs, c'est l'injure suprême, qu'on nous dise comment faire notre métier en restant assis dans un fauteuil, c'est insoutenable», déclare Hubert Covarel. Avec leurs 1 300 bêtes, ils sont décidés à rester là tant qu'ils n'auront pas été reçus par le préfet. Et à Saint-Jean-de-Maurienne.

Source : Le Dauphiné.com

Commentaire de la buvette

On voudrait retirer les patous des élevages qu'on ne ferait pas autrement. Je suis solidaire du berger.

20 septembre 2008

Concours National des chiens des Pyrénées 2008

Concours National des chiens des Pyrénées 2008
Samedi 20 Septembre et Dimanche 21 Septembre 2008 à A Argeles-Gazost

Concours National des chiens des Pyrénées 2008 : Montagne des Pyrénées (Patou), Berger des Pyrénées (Labrit), Gos d'Atura Catala et, Mâtin des PyrénéesLe rendez-vous annuel des amateurs des chiens des Pyrénées. Au coeur d'Argelès-gazost, dans le cadre du magnifique parc thermal (parc du casino), rassemblement de plus de 300 chiens des 4 races : Montagne des Pyrénées dit "Patou", Berger des Pyrénées dit "Labrit" et leurs cousins espagnols, Gos d'Atura Catala et Mâtin des Pyrénées.

Si cette grande manifestation canine a  lieu en pays des Gaves, c'est tout simplement parce que le berceau de la race s'y trouve. L'association  a été créée en 1923, à  Argelès-Gazost, et qu'elle y a de nouveau son siège social. En même temps, c'est la culture pyrénéenne qui est mise à l'honneur. Spécialités bigourdanes, danses pyrénéennes et village artisanal, une vraie fête, fête du chien mais aussi des pyrénées!

Au programme du Concours National des chiens des Pyrénées 2008

  • Concours des chiens des Pyrénées : Montagne des Pyrénées (Patou), Berger des Pyrénées (Labrit), Gos d'Atura Catala et, Mâtin des Pyrénées.
  • Folklore pyrénéen (Montagneu Pyréné-éeuuuuuuu...)
  • Village gourmant et artisanal
  • Expositions
  • Balade en calèche
  • Repas Garbure

08 septembre 2008

à Meylan en Isère : infos sur les rencontres avec les chiens de protections

L'Association POINT INFO LOUP LYNX de Meylan en Isère, participera samedi 13 septembre 2008, au Forum des associations, organisé par la Ville de Meylan, au Gymnase du lycée du Collège des Buclos, Bd des Alpes à Meylan, de 10 h à 18 h non-stop.

Entrée gratuite. Possibilité de se restaurer sur place. Animations toute la journée, notament avec des éleveurs de moutons qui seront présents avec des moutons, et un éleveur de chiens patous, avec ses patous.

Cette rencontre  du public avec des éleveurs, est importante, pour tous les randonneurs, promeneurs, vttistes, qui sont confrontés à une rencontre avec un troupeau de moutons gardé par des patous, et qui n' ont pas toujours le bon comportement, ce qui peut entrainer des problèmes avec les patous.

Donc du bon sens, du respect pour l'éleveur et son troupeau et surtout bien écouter et suivre les conseils de sécurité qui seront donnés par les éleveurs, samedi 13 septembre au Forum à Meylan.

Contact et renseignements.
Samuel GENTIT
Président du Point Info Loup lynx
tel  06 77 30 46 35

05 septembre 2008

Tester les patous

Il est difficile de faire croire à la population qu'utiliser des patous comme chiens de protection des troupeaux, "celà ne marche pas". L'histoire même du chien et sa réputation internationale sont là pour prouver le contraire. Alors, la nouvelle stratégie consiste à dire "Les patous attaquent les touristes", puis "Les bergers sont attaqués en justice" pour enfin arriver à "Avez-vous une solution pour éviter les rencontres entre chiens patous et touristes. Je n'en vois qu'une enlever ces chiens lorsque le troupeau est sur des lieux de grande fréquentation touristique ? (source : Le grand Charnier) "

Et hop, on se débarasse des patous comme moyen de protection du troupeau, ce qui justifie de laisser le troupeau en liberté et donc... "La cohabitation avec les prédateurs est impossible". C'est la stratégie du Grand Charnier et de notre correspondant de presse local.

Les patous, c'est comme les béliers, celà se sélectionne. Oui, il existe des solutions. La sélection de lignées adaptées aux gardiennages en est une. Jean-Marc Landry travaille là dessus. J'y reviendrais et crée une rubrique à son nom à la buvette pour y mettre ses travaux. Mais d'abord, cet article paru en Suisse.

Baudouin de Menten

Chiens de protection des troupeaux

par Véronique Salamin

Parfois agressifs avec les promeneurs, les animaux peuvent être testés pour qu'on évalue leur aptitude à oeuvrer dans les zones touristiques. Formés pour défendre les troupeaux de moutons, de chèvres et de vaches, les chiens protecteurs effraient parfois les touristes en balade sur les alpages. Si l'animal est jugé trop agressif, il est possible, depuis l'an dernier en Suisse, de le tester.

Quatre chiens ont ainsi été soumis à une expertise en 2007. Verdict de Jean-Marc Landry, éthologue à l'origine du test: deux d'entre eux étaient inaptes à remplir leur rôle dans des zones touristiques. L'un avait mordu une randonneuse sur un alpage près d'Orsières (VS), l'autre s'était montré menaçant à plusieurs reprises dans les Grisons.

«Si une personne nous signale un chien agressif, nous prenons cela très au sérieux», assure Denise Affolter, responsable des affaires canines à l'Office vétérinaire cantonal valaisan. Le relais est rapidement passé à Agridea. Cet organisme, mandaté par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) pour gérer la problématique des chiens de troupeaux, travaille notamment avec Jean-Marc Landry.

Député valaisan inquiet

Alarmé par le danger que peut représenter un chien de protection notamment pour les touristes, le député au Grand Conseil valaisan Markus Truffer a déposé en décembre 2007 un postulat. Il demande que tous les chiens de protection de troupeaux soient soumis à un examen de comportement avant de travailler sur un alpage. Une prévention que Jean-Marc Landry prône également. «Cela rassurerait et responsabiliserait tout le monde. En France, il y a beaucoup de demandes dans ce sens et nombre d'éleveurs veulent faire tester leurs chiens.» Actuellement, seules les bêtes de 18 mois et plus sont testées. «L'idéal serait de pouvoir le faire sur des chiens plus jeunes. Mais cela exige de nouvelles études pour lesquelles nous ne disposons pas de moyens financiers», déplore l'éthologue.

(NDLB: Peut-être que le "Montagne des Pyrénées" pourrait être aidé par une des multiples associations qui travaillent "à la sauvegarde du patrimoine pyrénéen". Celà permettrait de sélectionner des lignées de travail non agressives envers les touristes. Les patous sont une aide pour les bergers depuis des siècles. Ses compétences sont reconnues dans le monde entier. Mais ses associations lui préfère le chien de Carélie (l'obsession de l'ours toujours). Allez comprendre ce qui se passe dans la tête d'Augustin quand il distribue les subsides des ariégeois, on parle de + de 35000 €) pour organiser l'immense bide des Pastoralies. 10000 pezrsonnes selon Lacube, 700 (le matin) selon les photos. Une réunion de crise a été organisée au CG de l'Ariège pour comprendre les raisons de ce flop "énorme".)

En Suisse, entre la mi-juin et la mi-octobre, 140 chiens, essentiellement des Montagnes des Pyrénées et des Maremme Abruzzes, travaillent sur les alpages. C'est deux fois plus qu'en 2005. «Pour protéger un troupeau de 500 à 1000 bêtes, il faut trois chiens au minimum», précise Daniel Mettler, coordinateur national pour la protection des troupeaux auprès d'Agridea.

Pas de budget pour un test préventif

Pour les besoins de son étude, Jean-Marc Landry a testé 89 chiens, dont 25 en Suisse et le reste dans l'Hexagone. «J'espère valider scientifiquement une partie du test d'ici à fin 2008.» Mais de là à ce que la Suisse l'utilise ensuite préventivement, il y a un pas que Daniel Mettler ne franchit pas.

Pour l'instant, trop d'inconnues subsistent quant à la validation scientifique. Et puis, «pour le moment, nous ne disposons pas de budget pour envisager de tester tous les chiens», précise le coordinateur national pour la protection des troupeaux. En matière de prévention, Agridea sensibilise aussi les promeneurs, qui doivent savoir garder leurs distances avec le chien de protection et le troupeau. Mais la prévention ne s'arrête pas là. «A l'avenir, il s'agira aussi de renforcer la formation des éleveurs qui détiennent des chiens, d'enregister les chiens et de contrôler les élevages», précise Daniel Mettler.

VÉRONIQUE SALAMIN

27 août 2008

Protection contre le loup: gare aux patous

Aides bergers et parcs de nuit, les mesures de protection portent leurs fruits, mais les éleveurs sont réserves par rapport aux chiens patous. Et la situation est plus difficile dans les nouvelles zones de colonisation comme en Savoie.

Le loup a colonisé de proche en proche presque tout l'arc alpin en France et le climat s'est petit à petit apaisé autour de son installation.  Ce qui ne veut pas dire que les éleveurs acceptent dans leur ensemble l'arrivée de Canis Lupus. Le climat a changé pour des raisons politiques. L'arrivée du loup au début des années quatre vingt dix avait correspondu à la présence au gouvernement de Dominique Voynet, ministre ( Vert) de l'Environnement, période pendant laquelle les défenseurs du loup avaient, reproche formulé par les opposants au canidé, "leurs entrées" au ministère, les éleveurs se trouvant dans l'opposition politique.

Eleveurs et bergers déploraient le déséquilibre juridique entre une espèce protégée, et leur propre «espèce» qu'ils considéraient menacée par le contexte économique, mais aussi par l'arrivée du loup. Manifestations et braconnage ont défrayé la chronique pendant plusieurs années.

La situation est apaisée. L'évolution du contexte politique y est pour quelque chose. Le monde pastoral a eu le sentiment d'être plus écouté depuis que la droite est revenue au pouvoir. La droite a fait droit à des revendications de base du monde de l'élevage ( et agricole) , en légalisant en particulier les « prélèvements » , réalisés par l'autorité publique, rendu possibles cette année, par les éleveurs et bergers eux-mêmes dans des conditions strictes ( voir l'infothèque d'Enviscope: loup) La mise en place de toute une série d'aide techniques a contribué à adapter éleveurs et bergers à des conditions nouvelles de travail, qui restent souvent difficiles.

Dégâts globalement stabilisés

Les niveaux de dégâts se sont globalement stabilisés. Les attaques dépendent encore du niveau de protection des troupeaux, mais aussi des conditions locales et de la météo. Un temps brumeux favorise les attaques. Les attaques dépendant aussi de l'environnement. Un «secteur comme le nord de Belledonne, avec des forêts proches des troupeaux reste un secteur sensible" explique Yves Raffin, directeur de la Fédération des Alpages de l'Isère. Plusieurs attaques ont eu lieu cette année, dans des zones de présence permanente, dans le secteur de la Chapelle en Vercors, de Treschenu, de Saint Agnan, aux confins de la Drôme et des Hautes Alpes. Les secteurs de colonisation nouvelle ou incertaine, peuvent poser problème, comme en Savoie, où les bovins allaitant restent dehors et où des veaux ont été agressés.

Si les techniques de protection passive (filets, etc) et si les aides sont approuvées par les bergers et par les éleveurs, les professionnels critiquent les chiens patous, au nom de la sécurité «Tous les jours, il y a des problèmes», note Yves Raffin de la Fédération des Alpages de l'Isère. «Les patous cela ne marche pas dans nos secteurs où 75 % des alpages sont parcourus par des randonneurs. Il y a des plaintes, il y a des accidents,un jour il y aura un accident plus grave».

En fait, explique un technicien, les patous peuvent poser un problème de gestion a aux éleveurs et aux bergers, non pas tant sur le plan de la sécurité et de la responsabilité, qu'au niveau de la charge représentée par l'animal. Un patou doit être élevé, nourri à l'année, même lorsqu'il ne travaille pas. Il peut aussi poser des problèmes dans les villages où il séjourne en dehors de la saison d'estive.

Il n'en reste pas moins qu'en Savoie, en particulier en Maurienne, en particulier cette année, trois chiens patous ont été retrouvés empoisonnés par leur propriétaire depuis le début de l'année. (Lire : Des chiens meurent empoisonnés) Plusieurs randonneurs ont été mordus, plusieurs dizaines de promeneurs ont été impressionnés, effrayés par ces chiens de plus de 50 kilos dressés pour défendre énergiquement leur troupeau. Des responsables d'entreprises touristiques mettent en garde contre les risques de remise en cause de la fréquentation de certains secteurs. En plus du loup, c'est le patou qu'il faut surveiller.

Michel DEPROST
Source : Enviscope

Rare sont ceux qui disent encore "Les patous, celà ne marche pas". Par contre, ceux qui refusent la protection des troupeaux par les patous (suivez mon regard) utilisent souvent comme argument :

  • Le danger que représente le patou pour les promeneurs
  • La responsabilité du berger en cas d'attaque, les procès qu'il encoure..

Comme pour tous les chiens, l'éducation du patou est importante. L'éducation du promeneur l'est aussi, il doit savoir comment se comporter en montagne.

Pour que "celà marche", il ne suffit d'acheter un patou et de le lâcher avec le troupeau. Pour bien comprendre la problématique des chiens de protections, ce qu'il faut faire pour que la protection soit efficace, pour trouver des solutions aux problémes des bergers, voici quelques notes importantes :

22 avril 2007

Mise en place du programme «Chiens de protection » piloté par l’Institut de l’Elevage

Chien_de_protection_2Durant les dernières années, face à l’expansion continue des grands prédateurs, le nombre des chiens de protection présents dans les troupeaux s’est rapidement multiplié, en soulevant des interrogations inédites quant à l’origine de ces animaux, à leurs conditions d’introduction dans les élevages, à leur comportement vis-à-vis des divers usagers des territoires pastoraux.

Pour traiter ces questions, un programme de travail de portée nationale est mis en oeuvre, à la demande de la Profession agricole, et avec le concours financier du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Sa réunion de démarrage s’est tenue le 9 novembre 2006 à Montpellier. Dans sa première étape, prévue jusqu’à l’été 2007, il vise:

  • d’une part, à recenser les chiens de protection, leurs détenteurs, et autant que possible leur filiation ;
  • d’autre part, à mettre au point et tester des protocoles d’évaluation des chiens sur leur efficacité au travail et leur non agressivité à l’homme.

Ce programme est piloté par l’Institut de l’Elevage, en collaboration avec la Société Centrale Canine. Pour sa réalisation, il mobilise les techniciens chargés de la protection des troupeaux contre les grands prédateurs, dont notamment ceux relevant des DDAF dans le massif des Alpes, les associations d’utilisateurs de chiens, ainsi que des experts cynophiles et éthologues au sein de son comité scientifique.

Pour plus de renseignements :
cerpam.manosque@wanadoo.fr

Lettre 20 du CERPAM /1er trimestre 2007

CERPAM - Centre d'Etudes et de  Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée
pour la gestion des espaces naturels par l'élevage
Route de la Durance - 04100 MANOSQUE - Téléphone :          04 92 87 47 54       - Télécopie : 04 92 72 73 13

25 février 2007

Lancement du Programme National Chiens de protection des troupeaux

L'Utilisation du chien Montagne des Pyrénées

par Cyprien Zaïre et Pascal Cacheux, animateurs chien patou à l' Association Cohabitation Pastorale

Utilisation des Montagnes des Pyrénées - Dans le cadre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun, une des mesures de prévention contre les dommages d’ours proposées aux éleveurs de bétail consiste en la mise en place de chiens de protection.

Disposant d’une race locale, le Montagne des Pyrénées, il a semblé tout naturel de concentrer cette action autour de ce chien. Si la raréfaction des grands prédateurs avait amené les éleveurs à délaisser le patou, la réapparition du lynx dans le Jura, du loup dans les Alpes, le renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées ainsi que les nombreux dégâts occasionnés par les chiens divagants, entraînent un regain d’intérêt pour l’aide précieuse apportée par ces chiens pour la protection des troupeaux.

Historique de l’utilisation des Montagne des Pyrénées comme chien de protection

Le chien de protection est un moyen utilisé pour la sauvegarde des biens et des troupeaux domestiques, vraisemblablement depuis plusieurs millénaires. Les experts s’accordent à dire que cette technique trouve son origine dans l’Himalaya et que les différentes races de chiens de protection proviennent du Dogue du Tibet. Ce type originel aurait essaimé lors des grandes migrations humaines vers l’occident. On retrouve d’ailleurs un certain nombre de races, de l’Himalaya à l’Europe en passant par l’Asie Centrale, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, qui comme le Montagne des Pyrénées ont été sélectionnées et adaptées au terroir local.

Le travail mené en France dans le cadre de la protection des troupeaux, sur ce type de chien et plus spécifiquement sur le Montagne des Pyrénées, a pu notamment se faire grâce à M. Schmitt, technicien de l’institut technique de l’élevage ovin et caprin dans la Drôme (de 1985 à 1989), et à quelques éleveurs ovins et caprins.

Ainsi a-t-on pu créer un noyau de Montagne des Pyrénées sélectionnés de façon empirique en complément de la population de chien déjà existante dans les Pyrénées. Suite aux premières attaques de loup sur des troupeaux d’ovins au cours de l’été 1993, le parc national du Mercantour initie une expérimentation de mise en place de chiens de protection.

Les premiers résultats sont assez concluants

Chien Montagne des PyrénéesEntre 1994 et 1996, un suivi de l’intégration pastorale des chiens est effectué par Joël Pitt de l’APAP (Association pour la Promotion des Animaux de Protection) et Pascal Wick de l’association ARTUS.

Dans les Pyrénées, le regain de l’utilisation des chiens de protection débute en 1995 sous l’influence de l’association ARTUS dans le cadre du programme Life – ours. En 1997 un «coordinateur local chien de protection», Gilbert Guillet, est recruté par l’Association des Pâtres de l’Ariège de façon à disposer d’une personne présente en permanence sur le terrain. En juin 2001, l’association des pâtres se retire du dispositif et l’action est reprise par l’Association pour la Cohabitation pastorale (ACP). En 2002, un poste d’animateur chien de protection (Cyprien ZAIRE) vient compléter le travail de Guilbert Guillet. Aujourd’hui, l’ACP dispose de quatre animateurs chiens de protection (2,5 temps plein) couvrant ainsi l’ensemble du massif pyrénéen.

Mise en place et utilisation du chien Montagne des Pyrénées

Avant l’introduction du chien de protection dans un troupeau ovin, de nombreux éléments sont à prendre en compte, comme l’environnement de l’exploitation, le style de conduite du troupeau, les autres chiens de la ferme, le type de milieu (boisé, accidenté…). Le placement d’un Montagne des Pyrénées est un investissement à long terme, la motivation et la formation de l’éleveur sont donc primordiales.

Il est essentiel que le chiot soit au contact des brebis dès son plus jeune âge, donc d’origine pastorale et de parents reconnus pour leurs aptitudes à la protection.

La socialisation, une phase fondamentale

Chiots Montagne des Pyrénées en phase de socialisationL’âge idéal pour placer un chien de protection se situe entre la 7e et 8e semaine. À cet âge, le chiot Montagne des Pyrénées séparé de sa fratrie se retrouve seul avec le troupeau pour lequel il développe un attachement. Pour que cet attachement aux animaux soit fort, il faut alors limiter les contacts humains pendant cette période d’échanges inter-espèces en évitant également la présence d’autres chiens.

La prise de contact du chiot avec son troupeau se fait de préférence en bâtiment, avec des ovins accueillants. Pour cela, on préférera un lot d’agnelles à un lot de brebis suitées. Il est nécessaire d’aménager à l’intérieur de la bergerie une case réservée au jeune chien pour qu’il puisse se protéger des ovins agressifs, s’alimenter et se reposer. Durant cette période clé, le chiot doit aussi reconnaître un maître et apprendre quelques rudiments de dressage.

Les comportements attendus d’un Montagne des Pyrénées

Un chien de protection idéal est constamment avec les moutons, son territoire est celui où le troupeau évolue. Il sait faire la distinction entre ce qui est une menace ou non et n’agit qu’en cas d’agression. C’est un chien calme, paisible et sûr de lui, attentif aux moutons. Il ne les dérange pas
inutilement.

Par son gabarit, ses aboiements puissants et son placement, le Montagne des Pyrénées décourage la plupart des prédateurs et n’a nul besoin d’être agressif. Il accepte le travail du chien de conduite, sous les ordres de l’éleveur. Le chien de protection Montagne des Pyrénées est utile sur l’exploitation comme en estive.

Un soutien technique et financier dans les Pyrénées

Dans le cadre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées, quatre animateurs (2,5 temps plein) sont disponibles pour assister techniquement les éleveurs et bergers dans le choix du chien, son éducation et son utilisation. Des aides financières publiques sont également mobilisables pour le soutien à l’achat et à l’utilisation de chien de protection.

Les animateurs chiens de protection 2007 de l'Association cohabitation pastorale, (Équipe technique ours) :

  • CACHEUX Pascal Animateur secteur Ariège et coordonnateur chien de protection massif Pyrénées Tél. : 06 78 86 16 17
  • PUYSSEGUR Maurice Animateur secteur Hautes-Pyrénées – Haute-Garonne Tél. : 06 25 03 23 74
  • SALVADOR Olivier Animateur secteur Pyrénées Orientales – Aude Tél. : 06 71 52 20 72
  • Poste vacant : Animateur secteur Pyrénées-Atlantiques Tél. : 06 25 07 08 83

Association pour la Cohabitation Pastorale
Maison des associations – 09420 Vicdessos Tél. : 05 61 05 83 73 - Courriel

Équipe Technique Ours
Impasse de La Chapelle 31800 Villeneuve de Rivière
Tél. : 05 62 00 81 08 / Fax. : 05 62 00 81 09 - Courriel

Les chiens placés dans le cadre du programme ours

Evolution du nombre de Montagne des Pyrénées placés en exploitation, du nombre de chiens en estive et du nombre d'estives équipées.Evolution du nombre de Montagne des Pyrénées placés en exploitation, du nombre de chiens en estive et du nombre d'estives équipées.

Le nombre de chiots placés en 2006 est de 47. On enregistre donc une forte poussée de la demande par rapport aux années précédentes.

Cette augmentation s’explique d’une part parce que l’utilisation des chiens de protection entre dans les moeurs, d’autre part l’effet «renforcement de la population d’ours» a également incité à un équipement des exploitations par crainte de dégâts.

Repartition_patous_departementsRépartition départementale des chiens Montagne des Pyrénées en 2006.

Le niveau de soutien aux chiens utilisés en estive dans les Pyrénées-Atlantiques augmente largement en 2006, dans la mesure où l’information a été mieux relayée.

Ceci a tout naturellement des répercussions sur l’augmentation du nombre d’aides attribuées pour l’utilisation des chiens Montagne des Pyrénées en estive à l’échelle du massif. Le nombre d’aides pour l’achat et l’éducation de chiots augmente en 64 pour les mêmes raisons, les éleveurs ont accès à l’information. Il faut s’attendre à une progression de la demande dans ce département en 2007.

Chiens Montagne des Pyrénées en estive. Evolution du soutien par départementChiens Montagne des Pyrénées en estive. Evolution du soutien par département.

En dehors du fait que des chiens sont morts ou sortis du programme, l’écart constaté entre le nombre de chiens utilisés en estive et le nombre de chiens placés chez les éleveurs s’explique essentiellement par le fait que certains chiens sont encore trop jeunes pour être utilisés pendant la période d’estive. De plus, des patous adultes ne montent pas sur les pâturages utilisés collectivement pour cause de non-acceptation par les autres éleveurs non propriétaires du chien. Tous les chiens sont par contre utilisés à l’exploitation et peuvent également servir en zone intermédiaire.

Lancement du Programme National «Chiens de protection des troupeaux»

Un chien de protection Montagne des Pyrénées face à un ours attaquant son troupeau.Un chien de protection Montagne des Pyrénées face à un ours attaquant son troupeau.

Depuis une dizaine d’années, on enregistre, partout en France, un développement exponentiel du nombre de chiens de protection placés dans les troupeaux pour prévenir les différentes prédations dont ils sont ou pourraient être victimes (chiens errants, loups, ours, lynx, petite faune sauvage).

Afin d’accompagner techniquement cette évolution, pour conserver aux chiens de protection toute leur efficacité et leur crédibilité notamment aux yeux du grand public, un programme de travail, de dimension nationale, a été lancé fin 2006.

Ce programme s’articule autour de deux points essentiels à la réussite de cette technique de protection : la maîtrise de la qualité génétique des chiots introduits dans les troupeaux et la formation des éleveurs à la mise en place et au suivi de ces chiens.

Trois actions sont prévues :

  • le recensement le plus exhaustif possible des chiens de protection au travail en France;
  • l’évaluation de la qualité des chiens de protection au travers de tests de caractère et de tests de comportement «Troupeau ». Ces tests viseront à détecter les vices rédhibitoires (agressivité vis-à-vis de l’homme…) et à mettre en évidence les comportements recherchés (attachement aux animaux, loyauté envers les animaux, aptitude à la protection) chez les chiens de protection ;
  • la formation des éleveurs (programme de formation, documents techniques) et l’information des autres usagers des espaces pastoraux afin de leur expliquer le rôle et le fonctionnement des chiens de protection et de leur inculquer les bons comportements à adopter face à l'un eux.

À l’initiative de l’Institut de l’Élevage, bénéficiant de financements du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, ce programme rassemble de nombreux partenaires intéressés par le sujet : la Société Centrale Canine, les quatre techniciens «Chiens de protection» employés par l’Association pour la Cohabitation Pastorale et intervenant sur le Massif Pyrénéen, les neuf techniciens «Mesures de protection des troupeaux» dépendant des DDAF du Massif Alpin, des chercheurs, éthologues et vétérinaires, la Fédération Nationale Ovine, des associations nationales d’éleveurs utilisateurs de chiens de troupeaux…

Prévu sur deux ans, le programme entame une première phase de travail jusqu’à fin mai 2007. Durant ces six mois, il sera procédé au recensement des chiens de protection et à la mise au point de la méthodologie d’évaluation de leurs caractère et comportements.

Les premiers résultats sont attendus pour fin juin 2007 : une photographie précise des chiens de protection utilisés en France sera alors disponible (nombre, races, sexe et âge, localisation géographique, lignées en présence, prédateurs contre lesquels ils sont utilisés, caractéristiques des exploitations détentrices de ces chiens…).

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter Marie-Catherine Leclerc
Institut de l’Élevage - 149, rue de Bercy – 75595 Paris cedex 12
Tél : 01 40 04 49 81 / Fax : 01 40 04 49 60

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

29 décembre 2006

Les chiens de protection patou : efficaces ou pas ?

Résultats d'une étude américaine sur l'efficacité des chiens de protection patou.

Patous contre ours - efficacité des chiens de protection Photo : ADET

L’évaluation de l’efficacité des chiens de protection patou et des mesures de préventions peut être basée sur le fait que les premiers concernés utilisent des méthodes qui marchent et peu celles qui ne marchent pas.

Dans le Colorado (EU), W. Andelt et S. Hopper ont surveillé la dynamique d’introduction des chiens patous et leur effets en terme de pertes économiques liées à la prédation ovine par le coyote, l’ours noir et le Puma.

En 1986, seul 7% des troupeaux était accompagné de chiens de protection patou. En 1993, cette proportion est passée à 68 %. Les patous sont-ils efficaces? Les éleveurs n’utilisant pas les chiens patous avaient des pertes (notamment les agneaux) 5,6 fois supérieurs à ceux utilisant des chiens en 1986. 7 années plus tard, les éleveurs n’utilisant pas les chiens patous avaient des pertes 2,1 fois supérieur à ceux qui utilisaient les patous.

Un point marquant de cette étude montre que la proportion de moutons tués par les prédateurs décroît avec le nombre d’années d’utilisation des chiens patous par l’éleveur, parmi lesquels 84% trouvent que leur chien est performant (3% seulement les trouvent inutiles).

Protection is money, my patou is fantastic !

Les 125 éleveurs ont estimés que leurs 392 chiens patous avaient permis d’épargner un montant de 891440 $ pour la seule année de 1993. 96% d’entre eux recommandent la mise en place de chien patous aux autres éleveurs.

Andelt W.F. & Hopper S.N. (2000) – Journal Range
Management 53 : 259-257

Source : Bulletin d'information du Réseau loup n° 8

25 décembre 2006

Le patou a l'amour des brebis

Roger Peyrucq, éleveur

Éleveur à Louvie-Juzon (64),Roger Peyrucq confie la garde de ses 300 brebis laitières à deux chiens Patou, âgés de 5 et 7 ans. Autant dire qu’il leur fait une confiance aveugle.

Pourquoi avez-vous choisi des chiens Patou pour garder votre troupeau ?
Dans les Pyrénées, c’est une tradition. C’est un chien que nous connaissons bien, d’une grande intelligence et très travailleur. Il est parfait pour garder les troupeaux alors qu’un labris est plus utile pour rassembler les bêtes.

Vous disposez de deux Patous, c’est suffisant pour garder vos bêtes ?
Mes deux mâles me suffisent. Ils protègent le troupeau des renards, des chiens errants et éventuellement des ours. Les randonneurs et les promeneurs doivent faire attention. Les Patous sont dressés par faire fuir les intrus qui cherchent à entrer dans le troupeau.

On dit souvent que ce sont des chiens agressifs. Est-ce vrai ?
Disons que certains ne sont pas commodes. Mais je le répète, ils ne sont agressifs que si le troupeau est en danger.

Sont-ils difficiles à dresser ?
Non, ils ont l’instinct du troupeau. Petits, on les place parmi les brebis et ils comprennent vite leur travail. Vous savez, ce sont des chiens que l’on ne commande pas. Ils connaissent leur boulot. Ils sont robustes et habitués aux dures conditions de l’extérieur. Je dis souvent qu’ils ont l’amour des bêtes. Ils repèrent la moindre brebis qui s’égare ou qui se perd. Les jours de brouillard ou en pleine nuit, on peut compter sur eux. Ils ne reviennent jamais à la ferme avec un troupeau incomplet.

Avec eux, vous vous sentez en sécurité face à l’ours ?
Oui, je pense que l’ours ne ferait pas le poids devant eux. Ils sont moins craintifs que lui. En revanche, j’aurais peur que des brebis effrayées tombent dans les rocailles ou du haut d’une falaise. Mais globalement, avec des Patous, un troupeau ne craint rien.

Claude Faber, journaliste

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

Chiens contre ours : « Devant les chiens, l'ours n'en menait pas large »

Interview de Jean-Claude Teulière, retraité par Claude Faber, journaliste

Ce jour-là, pour Jean-Claude Teulière, la pêche ne fut pas géniale. Mais le pêcheur s’est vite consolé en assistant à un spectacle insolite et inattendu. En juillet 2005, devant lui, des chiens patou ont repoussé un ours. Une scène qu’il ne se lasse pas de raconter.

Où vous trouviez-vous exactement ?
Aux étangs de Laffies, à environ 2400 m d’altitude. L’endroit est peu fréquenté. Il faut dire qu’il faut marcher un long moment pour y accéder. Je suis parti de mon village, Capoulet-Junac (09) vers les 3 heures du matin. Au petit jour, je me suis installé à quelques centaines de mètres d’un troupeau gardé par trois chiens patou. Et sur le coup de 9 heures, les chiens se sont mis à aboyer très fort.

Saviez-vous pourquoi ?
Pas du tout. Et il a fallu un long moment pour que j’aperçoive soudain l’ours. Il marchait lentement vers le troupeau qui restait calme.

Et là, qu’ont fait les chiens ?
Les chiens patous se sont organisés de façon incroyable. Deux chiens tenaient l’ours à distance tandis que le troisième chen restait avec le troupeau. les patous faisaient barrage. L’ours a tenté de charger un chien mais celui-ci ne s’est pas démonté. Il a fait reculer l’ours qui n’en menait pas large. Il a fini par faire demi-tour.

Les patous se sont-ils calmés ?
Non. Ils ont aboyé encore pendant au moins une heure. Comme s’ils voulaient s’assurer que l’ours ne reviendrait pas. J’ai même vu l’un des patous suivre les traces de l’ours tandis qu’un autre était monté sur un rocher pour surveiller les alentours.

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

21 décembre 2006

Le chien Montagne des Pyrénées

Extrait de la fiche de race Montagne des Pyrénées réalisée par la Société Centrale Canine.

Caractéristiques générales du Montagne des Pyrénées

Le Montagne des Pyrénées est un chien lupomolossoïde. Grand, majestueux et non dénué d’une certaine élégance, il porte une fourrure épaisse, longue et crissante, blanche ou blanche tâchée. Il doit posséder des ergots doubles aux pattes arrière. De taille élevée, 65 à 80 cm, le Montagne des Pyrénées est le gardien incorruptible des troupeaux de moutons, des fermes et grandes demeures. Il aime les grands espaces. Il a un caractère stable et possède la notion de famille : il est réservé, voire très réservé, avec les inconnus.

Historique

Le montagne des Pyrénées est une race très ancienne dont le berceau se situe sur les deux flancs des Pyrénées centrales. Sa vocation de protecteur en a fait l’ennemi héréditaire de l’ours.

Le chien Montagne des Pyrénées : un investissement efficace

La mise en place d’un chien de protection montagne des Pyrénées sur le troupeau engendre bien des avantages pour l’éleveur et le berger, il n’en demeure pas moins que cette action nécessite un investissement important.

Investissement nécessaire

Frais

Nourriture : elle est à la charge du propriétaire du chien, qui consomme entre 800 g et 1 kg de nourriture par jour. Elle présente des contraintes pour son transport en estive. Un montagne des Pyrénées bien nourri est cependant plus efficace pour la protection qu’un chien sous-alimenté (carences, fatigue, éloignement du troupeau pour se nourrir sur des déchets ou la faune sauvage).

Soins : les soins vétérinaires élémentaires doivent être pris par le propriétaire du chien (vermifugation et rappels de vaccination).

Implication du propriétaire

Période d’éducation du chiot montagne des Pyrénées : c’est le moment où l’attention du maître doit être la plus soutenue. Cette période d’éducation conditionne la réussite du futur chien de protection. La mise en place d’un Montagne des Pyrénées nécessite un investissement de la part du propriétaire et de la patience (l’efficacité du chien est en liaison directe avec sa maturité).

Risques liés à la fréquentation des sites de pâture : les zones de pâturage peuvent être utilisées par d’autres usagers (promeneurs, chasseurs…) ce qui peut induire parfois des conflits.

Responsabilité juridique du propriétaire : lors de dommages causés à des tiers, la responsabilité du propriétaire du chien peut dans certains cas être engagée. Cet argument est utilisé par les opposants pour refuser de s'équiper de patous.

Surveillance des périodes de chaleur : elles peuvent affecter l’attention que portent au troupeau les femelles aussi bien que les mâles.

Résultats

Deux chiens Montagne des Pyrénées attaquant un oursPhoto de deux chiens Montagne des Pyrénées attaquant un ours

Confort du troupeau

Efficacité face à tous types de prédateurs : l’avantage du chien montagne des Pyrénées est qu’il protège le troupeau contre tout type de prédateur : les chiens divagants, la faune sauvage (ours, renard, rapaces…), et même contre les voleurs ! Et ceci à tout moment de la journée et de la nuit !

Le Montagne des Pyrénées rassure le troupeau : (diminution du stress). La présence de chiens de protection au sein du troupeau est considérée comme rassurante pour les brebis. Ainsi, le stress consécutif à une situation d’attaque est moindre lorsque celle-ci est freinée, voire repoussée.

Confort de l’éleveur et du berger

Présence permanente du chien au troupeau : cette présence tranquillise les éleveurs ou les bergers dans la mesure où ils savent qu’à tout moment un moyen de protection réactif est présent dans le troupeau. Cela évite d’ailleurs d’imposer au berger une présence nocturne auprès du troupeau, dont l’efficacité pour dissuader les attaques n’a pas été mise en évidence.

Efficacité en tous lieux : que ce soit sur l’exploitation ou sur l’estive, le patou se montre dissuasif face aux prédateurs.

Efficacité sur tous types de bétail : ovins, caprins, bovins.

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées n° 2

17 septembre 2006

Chiens des Pyrénées : le rendez-vous annuel des amateurs de patou et de labrit

Samedi 23 et Dimanche 24 Septembre

Au coeur d'Argelès-gazost, dans le cadre du magnifique parc thermal, rassemblement de plus de 300 chiens des 4 races : Montagne des Pyrénées dit "Patou", Berger des Pyrénées dit "Labrit" et leurs cousins espagnols, Gos d'Atura Catala et Mâtin des Pyrénées.

Fête des chiens des Pyrénées labrit, patou, Gos d'Atura Catala, Mâtin des PyrénéesSi cette grande manifestation canine a  lieu en pays des Gaves, c'est tout simplement parce que le berceau de la race s'y trouve. L'association  a été créée en 1923,  à  Argelès-Gazost, et qu'elle y a de nouveau son siège social.

En même temps, c'est la culture pyrénéenne qui est mise à l'honneur. Spécialités bigourdanes, danses   pyrénéennes et village artisanal, une vraie fête , fête du chien mais aussi des pyrénées!

Samedi 23 Septembre

  • 10H00  : Début des épreuves de sélection
  • 15H00 :  Assemblée générale de la Réunion des Amateurs de Chiens des Pyrénées
  • 18H30 :  Défilé et parade des chiens en centre ville, mot de bienvenue de  Monsieur le Maire sur le mail de l'église

Dimanche 24 Septembre

Au Parc Thermal du Casino concours des 4 races avec tests, défilés sur le ring de plus de 300 chiens des Pyrénées , balades en calèche, exposition de peinture, les vieux métiers, présentation du Parc National des Pyrénées... repas "garbure" sous chapiteau.

  • 14H00 : Chants et danses pyrénéens, démonstrations de garde de troupeaux.
  • 16H00 : Remise des prix.

Informations, réservation séjours : Office de Tourisme 05 62 97 00 25

Lire aussi

28 août 2006

Meylan 9 septembre :coup de chapeau au chien Patou et au pastoralisme

Forum des associations
9 septembre 2006 à Meylan, près de Grenoble


L'association Point info loup-lynx organise le forum des associtions qui aura lieu le 9 septembre à Meylan, près de Grenaoble. Une journée d'activités autour du patou et du pastoralisme.

Un éleveur de Patous, sera présent avec 3 chiens de protection ainsi qu'un éleveur de la région qui utilise les patous pour protéger son troupeau e brebis. Le berger parlera de son métier, et du travail des patous et expliquera l’attitude que doivent avoir les randonneurs face aux patous, les gestes à faire, et surtout à ne pas faire.

Cet évènement sera pour les passionnés de la nature, du loup et de la montagne, l’occasion d’une rencontre exceptionnelle avec des bergers qui pratiquent un pastoralisme de qualité, respectueux de l’environnement et de la faune sauvage.

Dans cette vision du pastoralisme, on intègre aussi la notion de respect de tous les acteurs qui  « pratiquent » la montagne:

  • les brebis sont encadrées, surveillées, soignées, comme devraient le faire tous les bergers,
  • le promeneur garde son chien en laisse et reste à bonne distance des troupeaux et des patous.
  • le vététiste évite de frôler le troupeau à toute vitesse pour éviter de semer la panique dans le troupeau,
  • le promeneur, s'écarte du troupeau dès l’apparition du patou et ne cherche pas à s’approcher d’avantage des brebis.
  • le quad, ralentit en s’écarte du troupeau.

Un troupeau gardé par des patous, c'est  un troupeau protégé contre les attaques de chiens divaguant, chiens de bergers, de touristes ou d’habitants de la région, les attaques de sangliers, de loups ou d'ours. Le patou revient en force et c’est tant mieux.

Depuis la disparition  du loup, il y a une cinquantaine d’années, on avait  « oublié » qu'un troupeau doit être encadré, protégé, soigné, en permanence.

Sylvain MACCHI qui parcourt les forêts du Canada, d’Alaska, et de Mongolie à la rencontre des loups, sera présent au Forum le 9 septembre pour parler de ses voyages et de son contact permanent avec les loups. Il est guide au Parc du Gévaudan en Lozère.

Samuel GENTIT
Président du Point Info-Loup-Lynx.

24 août 2006

Ours : 2,2 millions $ d'aide pour le pastoralisme

Les vrais comptes des ours

Le lâcher d'un cinquième ours relance la polémique. Pourtant, les conditions de travail des bergers se sont bien améliorées depuis la réintroduction.

Photo du lâcher de l'Ours SarousseAvec l'arrivée de Sarousse, le cinquième ours slovène, lâché dans la nuit de lundi à mardi à Arbas (Haute-Garonne), le gouvernement a achevé dans la plus grande discrétion un plan très contesté de réintroduction de plantigrades dans le massif pyrénéen. Capturée dimanche soir dans le secteur de Masoun, en Slovénie, Sarousse a été libérée mardi 22 août 2006 vers 1 heure dans la bourgade où avaient déjà été relâchés la femelle Hvala et le mâle Balou.

Pour la ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Nelly Olin, « le cinquième lâcher permet d'assurer la pérennité d'une espèce protégée et dont la survie était, à court terme, menacée sur notre territoire ». Un cinquième lâcher qui a immédiatement provoqué de vives réactions des opposants à la réintroduction d'ours dans les Pyrénées centrales. Bernard Moules, secrétaire général de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) Midi-Pyrénées, a par exemple affirmé hier que le bilan de la réintroduction était « catastrophique ».

Peu de dégâts

La réalité n'est pourtant pas aussi noire, bien au contraire. Plus de deux mois après leur arrivée, Palouma, Franska et Hvala, les trois femelles, et Balou, le mâle, n'ont pas commis plus de dégâts que les plantigrades habitant déjà la chaîne.

  • Palouma et Hvala se sont rapidement cantonnées sur des zones traditionnellement favorables aux ursidés, entre le val d'Aran, en Espagne, et l'extrême sud de la Haute-Garonne.
  • En revanche, Franska s'est offert une pointe de plus de 80 kilomètres vers l'ouest, pour rejoindre le Béarn.
  • Balou, quant à lui, s'est d'abord égaré en fonçant au nord-est, jusqu'au Vernet (Haute-Garonne), à quelques dizaines de kilomètres de Toulouse, avant de repartir vers l'Ariège. C'est à Camarade, une commune située au nord de Saint-Girons, qu'il a été capturé par les techniciens de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) pour être équipé d'un collier émetteur plus performant. Il a ensuite été relâché plus au sud, à Bagnères-de-Luchon et, depuis, il s'est installé lui aussi en bordure du val d'Aran.

Tous ces mouvements de découverte d'un nouveau territoire se sont effectués sans que la panique s'installe sur les estives occupées par les troupeaux de brebis. Cette opération de renforcement a simplement démontré un peu plus que tout peut se passer convenablement si les troupeaux sont gardés et si des chiens de protection sont mis en place.

La solution patou

Depuis 1996, année des premières réintroductions de Mellba, Ziva et Pyrros, ce sont au total 174 pastous qui ont été installés dans des zones sensibles, et les résultats sont excellents. Ces gros chiens, qui s'étaient raréfiés avec la disparition des grands prédateurs, sont redevenus de précieux auxiliaires des bergers. Au lieu de dégénérer en traînant sur les parkings des stations de ski, ils naissent à nouveau en bergerie, au coeur du troupeau, pour se transformer en grands frères protecteurs des brebis. C'est instinctivement qu'ils font face. Ils aboient pour éloigner les intrus et prévenir le berger, et attaquent si nécessaire. Ainsi Palouma a-t-elle été repoussée à trois reprises en juillet par une jeune chienne effectuant sa première saison sur une estive au-dessus de Canejan, en Espagne, derrière Melles.

Les résultats d'une étude réalisée par l'ACP (Association pour la cohabitation pastorale) auprès de 37 éleveurs de l'ensemble de la chaîne pyrénéenne sont édifiants. Avant la mise en place des pastous, ces éleveurs perdaient au total, chaque année, 175 bêtes sur les exploitations et 157 sur les estives. Les chiens errants étaient les grands responsables de ces pertes, auxquelles il fallait ajouter des vols et seulement 10 prélèvements attribués aux ours. Après la mise en place des chiens pastous, on est passé à 16 pertes sur les exploitations et à 116 sur les estives, dont 5 par les ours.

Un métier revalorisé

« Les pastous sauvent bien plus de brebis que n'en tuent les ours sur l'ensemble des Pyrénées », affirme Alain Reynes, directeur de l'association Adet Pays de l'ours. Il a été calculé que, grâce au chien de protection, un éleveur possédant un troupeau moyen de 320 brebis économise 1 221 euros par an. Grâce à un chien offert et mis en place gratuitement dans le troupeau par des techniciens. Mieux, le propriétaire des brebis touche 305 euros pour nourrir son pastou sur l'estive. Une des nombreuses aides qui existent.

L'arrivée de nouveaux ours dans les Pyrénées centrales et le soutien à ceux qui vivaient encore en haut Béarn ont effectivement permis d'aider et de faire évoluer le pastoralisme. A commencer par le statut et les conditions de travail des bergers. Aujourd'hui, ils sont tous déclarés, touchent des salaires décents, ont une couverture sociale et prennent même des congés. Tout cela grâce aux aides « ours » dont bénéficient les propriétaires éleveurs et les groupements pastoraux. Elles sont nombreuses, en voici quelques exemples :

  • un groupement touche 385 euros par mois par berger employé sur une estive;
  • si celui-ci procède au regroupement nocturne du troupeau, la prime passe à 770 euros;
  • si un second berger est nécessaire, la zone étant difficile, le groupement perçoit 1 990 euros par mois pour les deux.

2,2 millions d'euros

D'autre part, tout le matériel nécessaire aux bergers dans leurs cabanes d'estives est héliporté gratuitement en début de saison. Les fromageries des cabanes ont été rénovées et mises aux normes européennes sans que les éleveurs déboursent 1 cent, comme pour la descente hebdomadaire des fromages à dos de mules en haut Béarn. Tout cela a été pris en charge à 100 % grâce aux financements débloqués pour l'ours. Comme les frais de téléphone portable ou de liaison radio avec la vallée, comme aime le rappeler Gérard Caussimont, le président du Fiep (Fonds d'intervention écopastoral).

On apprend encore que les clôtures sont payées intégralement et qu'une prime de 765 euros est versée par saison pour l'utilisation de ces parcs de nuit. Les apiculteurs sont également aidés, puisque les clôtures électriques de protection leur sont fournies gracieusement et qu'une prime de 80 euros leur est versée pour l'installation.

Toutes ces aides, payées par l'Etat, s'ajoutent aux primes classiques nationales et européennes attribuées aux éleveurs. Selon nos informations, le budget ours 2006 géré par le ministère de l'Ecologie s'élève à 2 200 000 euros. Sur cette somme, 815 000 euros sont versés au titre de mesures d'accompagnement. Le reste servant au fonctionnement de l'équipe de suivi et aux frais de transport des plantigrades entre la France et la Slovénie.

Tout compte fait, les ours ne sont peut-être pas une si mauvaise affaire pour le pastoralisme pyrénéen...

Pierre Verdet
Source Sud-Ouest

Périoule: Autorisation de tir d'un loup (Massif de Belledonne)

Une trentaine de brebis ont été victimes du loup cet été en Isère

Les éleveurs ont pendant de longues décennies pris des habitudes que le loup vient bouleverser. Il faut aujourd'hui envisager l'élevage d'une autre façon

Les étés se suivent et se ressemblent pour Jean-Pierre Jouffrey. En juin, il s'installe en famille et armé avec son troupeau de brebis au Collet d'Allevard avant de rejoindre au début du mois d'août l'alpage de Périoule situé sur les  communes d'Allevard, Pinsot et La Chapelle du Bard.

Actuellement, la majorité des attaques a lieu dans le massif de Belledonne. C'est pourquoi, le préfet a décidé hier d'autoriser le prélèvement d'un loup par les lieutenants de louveterie à l'alpage de Périoule.

Le berger craint le loup comme la peste. « Chaque année, à Périoule, je perds à cause du loup des dizaines de bêtes. » Cet été 2006 ne déroge pas à la règle. « 21 moutons ont été tués par les loups. Auxquels il faut ajouter les animaux perdus. 41 aujourd'hui. »

« Après un mois de juillet calme sur le front des attaques, le mois d'août est assez agité », explique Laurent Blin, technicien à la Direction départementale de l'Agriculture et de la Forêt. «Avec le mauvais temps, la visibilité des gardiens est mauvaise.» Le loup a trouvé un allié.

Quelques attaques ont été signalées sur les hauts plateaux du Vercors et dans le massif du Taillefer. Aucune en Chartreuse depuis celles de début juillet. Actuellement, la majorité des attaques a lieu dans le massif de Belledonne. Face à ce phénomène, le préfet a décidé hier d'autoriser le prélèvement d'un loup par les lieutenants de louveterie à l'alpage de Périoule. Permis de tuer accordé.

"Une mesure pourquoi faire ?"

Jean-Pierre Jouffrey, premier concerné par cette mesure n'a pas sauté de joie en apprenant la nouvelle. « C'est insuffisant. Il y a au moins 5 ou 6 loups qui rodent autour de mon troupeau. Un de moins ça va changer quoi ? J'espère que les attaques cesseront. .. mais j'en doute. Elles feront peut-être moins de dégâts. » Et de conclure : « Moi ce que je veux c'est zéro attaque

Pour protéger ses moutons, le berger ne se cache pas d'utiliser son fusil. « Mais je rentre mes bêtes dans des enclos et j'ai deux patous. » Une race de chiens qui ne craignent pas grand monde. Ni les loups. Ni les ours. 70 % des éleveurs en posséderaient. Est-ce pour autant "La" solution ? « Un bon enclos, un gardien et des patous suffisent contre le loup » estime un spécialiste du sujet.

Jean-Pierre Jouffrey, de son alpage, ne partage pas vraiment cet avis. « Moi il me faudrait trente ou quarante patous pour mes 3 500 bêtes. Impossible. Les chiens ce n'est pas "La" solution. Mes deux patous m'annoncent l'arrivée du loup. Ils le sentent de très loin. Voilà à quoi ils me servent. »

Eve Palacio dirige pour sa part un troupeau dans le Vercors. Elle a opté pour la solution "patous" depuis une dizaine d'années. « De fusil je n'en ai jamais eu, souligne l'éleveuse ; j'ai 160 bêtes et trois patous. Pour moi ces chiens, c'est du préventif, un élément de protection pour alerter le gardien du troupeau et faire peur aux loups comme à tous les autres prédateurs. »

Convaincue par cette méthode "naturelle", elle est consciente de ses inconvénients. « Avoir un chien, c'est un travail supplémentaire. Il faut le dresser quand il est jeune, monter le nourrir tous les jours. C'est une réelle surcharge de travail. Mais je pense que c'est une des réponses pour que loups et éleveurs puissent cohabiter. »

Cohabitation: Une notion relativement récente

« Les éleveurs ont pendant de longues décennies pris des habitudes que le loup vient bouleverser. Il faut aujourd'hui envisager l'élevage d'une autre façon. »

Matthieu ESTRANGIN
Source :
La Dauphiné

Les Lieutenants de louveterie et des gardes particuliers assermentés sont chargés du tir de loup sur l'alpage de Périoule, sous le contrôle du service Départemental de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.

19 août 2006

Mathieu Mauriès : Des patous et des chèvres

par Mathieu Mauriès

La prédation sur troupeaux est une réalité à laquelle les éleveurs peuvent être confrontés à tout moment. Les attaques sur troupeaux caprins et ovins par des chiens errants, c’est-à-dire abandonnés ou ayant échappé provisoirement à leurs propriétaires, provoquent bien plus de mortalité que les attaques de loups largement plus médiatisées.

Même si aucune statistique précise n’existe sur le sujet, il est probable que sont concernés plusieurs dizaines de milliers d’animaux chaque année contre moins de 4000 animaux victimes du loup en 2005.

Les chèvres ou les brebis tuées ou blessées lors des attaques de loups sont remboursées en application de la loi. Par contre lors d’attaque de chiens errants, le dédommagement est quasiment impossible, puisque la charge de la preuve est l’affaire de l’éleveur victime de la prédation. Les propriétaires de ces chiens, en raison du caractère d’errance de ces derniers, sont le plus souvent introuvables et aucune indemnisation n’est alors possible.

C’est ce constat qui m’a conduit à acquérir mon premier chien Montagne des Pyrénées.

Origine des chiens Montagne

Chien des Pyrénées patou avec des chèvresLe Montagne ou « Patou » est un chien de protection français sélectionné depuis des millénaires dans la chaîne des Pyrénées pour défendre les troupeaux contre les attaques de l’ours et du loup. C’est dans cette région que se trouvent aujourd’hui encore les meilleurs élevages de chiens Montagnes qui ont su conserver les qualités de la race. Il faut bien reconnaître que l’aspect travail est passé en second plan des préoccupations des éleveurs actuels. Seuls les chiens inscrits au Livre des Origines Françaises (LOF) peuvent prétendre à l’appellation de Montagne des Pyrénées qui garantit leur qualité et leur ascendance sur plusieurs générations. Les chiens au travail sur troupeau et sans ascendance connue peuvent néanmoins être inscrits à titre initial au LOF après avoir été examiné par un juge compétent en la matière.

Je suis persuadé pour l’avoir testé que les Montagnes issus de lignées dites « de beauté » sont tout à fait capables d’être mis au travail compte tenu de l’atavisme de protection très fort qui existe dans cette race depuis des millénaires. D’ailleurs des éleveurs américains rapportent que des chiens adultes, initialement de compagnie, se mettent immédiatement au travail lorsqu’ils sont mis en présence d’un troupeau bien qu’ils aient été élevés dans un environnement totalement différent. Pour moi, le débat « beauté » contre « travail » n’a pas lieu d’être dans la race Montagne des Pyrénées. En terme de sélection, il est d’ailleurs évident qu’il faut travailler avec des chiens de race pure pour fixer les caractères fonctionnels liés au travail de protection.

Ma première chienne est issue d’un couple de Montagnes, inscrits à titre initial, au travail dans un élevage ovins/caprins. Malheureusement il est apparu très tôt qu’elle avait un problème de dysplasie qui m’a conduit à la faire stériliser. J’ai donc choisi mon deuxième puis mon troisième chiens sur leurs origines familiales, la rusticité et la beauté de la lignée. Mes chiens vivent en montagne, dans les Alpes de Haute Provence, à 800 m d’altitude. Je possède une troisième chienne qui m’a été offerte par un berger. Elle est sans origine mais travaille très efficacement sur troupeau.

Comportement au troupeau

Avant toute chose il est essentiel de comprendre comment et pourquoi travaillent les chiens de protection. C’est le maître qui doit être éduqué afin de laisser à son chien la liberté de travailler efficacement. Les Montagnes ne se dressent pas. D’instinct ils connaissent leur rôle. Il n’y a pas de mauvais chiens, simplement des maîtres qui manquent d’expérience dans la conduite des chiens de protection.

Le maître doit cependant toujours conserver la place de leader Alpha pour ses chiens. Dans une meute, le chien Alpha n’utilise jamais la brutalité pour se faire respecter. Il faut agir de même avec des Montagnes. Pour manifester sa dominance l’éleveur peut mettre le jeune chien sur le dos ou bien lui envoyer du jus de citron dans la gueule afin de le corriger. La position de leader peut être renforcée par le fait de manger devant son chien et de le nourrir ensuite.

Eu égard à leur fonction de protection, les Montagnes sont intelligents et indépendants de caractère. Leur territoire de protection s’étend aussi loin que porte leur vue, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes. Ils doivent agir à bon escient en toutes circonstances. Ils ne sont pleinement adultes, physiquement et mentalement, qu’à l’âge de trois ans. Il ne faut donc pas trop demander à un jeune chien et lui laisser le temps de mûrir dans son rôle.

Patou dans un troupeau caprin Photo MaurièsLes chiots passent par une phase de découverte du monde en mordant tout ce qui est à leur portée. Il est bon de leur donner à ce moment-là des jouets spécialement adaptés à cette fin. Il faut leur interdire de mordre tout autre objet. On peut également appliquer une substance amère sur les objets en question pour les repousser. Les bouteilles d’eau en plastique de 1,5 litre débarrassées de leur bouchon et de leur étiquette font d’excellents jouets ! Les chiots font toujours des bêtises. Cela fait partie du processus d’apprentissage, il faut essayer de garder son calme car les Montagnes se souviennent très bien des mauvais traitements. Il est nécessaire de préserver une bonne relation entre l’éleveur et ses chiens pour en garder le contrôle. Selon les individus, l’instinct de garde et de protection demande plus ou moins de temps à se mettre en place. Un désintérêt du jeune chien pour le troupeau n’est pas alarmant mais il est important que le chien reste avec les animaux dans la pâture ou dans la chèvrerie. L’instinct de protection et le lien avec le troupeau se développent avec l’âge. Les femelles semblent se mettre plus rapidement au travail. Le léchage de la vulve des chèvres par le chien sans qu’il soit rejeté, est un très bon signe de son intégration au troupeau. Néanmoins si le chien ne joue pas son rôle à l’âge de 2-3 ans, il ne sera jamais un chien de protection efficace. Le chiot ne doit pas être éloigné du troupeau et surtout pas introduit dans la maison ou autorisé à jouer avec les enfants.

Les Montagnes ont tendance à s’échapper pour inspecter le voisinage. Ceci fait partie de leur instinct de protection mais est dangereux si le chien traverse des routes ou rencontre d’autres chiens. Ces escapades ont en général de bonnes raisons d’être même si elles n’apparaissent pas clairement au maître. Découvrir la cause permet la plupart du temps de résoudre le problème. Les Montagnes peuvent même délibérément choisir de passer à travers une clôture électrique en prenant un choc afin de poursuivre un chien errant. Il faut réellement une très bonne clôture pour les retenir en sécurité dans le périmètre de l’exploitation. Les Montagnes sont même capables d’escalader une clôture ou une barrière. Les chiennes ont tendance à être moins fugueuses que les mâles. Il ne faut jamais punir un chien qui revient vers vous après une fugue, bien au contraire, il faut le féliciter. Habituer le chien à revenir au coup de klaxon de la voiture peut vous éviter de longues heures de recherche.

Ma première chienne a été introduite directement à l’âge de 7 semaines dans le troupeau. Pendant quelques jours elle a été mise à l’abri dans un enclos pour que les chèvres puissent l’observer car elles n’avaient jamais vu de Montagnes. Par la suite elle a pris l’habitude de dormir la nuit avec les chevrettes et s’est intégrée ainsi de façon progressive à l’ensemble du troupeau. Pour cette première introduction, j’ai respecté les recommandations d’usage, à savoir ne pas être trop familier avec le chiot afin de favoriser son attachement au troupeau.

A son arrivée, il est préférable que le chiot ne soit pas mis en contact avec de trop jeunes animaux qu’il pourrait considérer comme des compagnons de jeux. Dans ce cas des risques de morsures existent notamment sur les oreilles des chevreaux ou des agneaux. Il est également déconseillé d’introduire un chiot dans un lot de chèvres ou de brebis suitées qui pourraient le charger sans ménagement. Le mieux est encore de mettre le chiot en présence de chevrettes ou d’agnelles dont la curiosité facilitera la mise en contact.

Les jeunes chiens doivent aussi apprendre à respecter les autres animaux de la ferme (volailles, chats, porcs ...). Cela n’a jamais posé de problème chez moi. Ils intègrent tous les habitants de la ferme, animaux et personnes, au troupeau dont ils assurent la protection. Les chiens suivants ont simplement été mis en contact avec le troupeau dans la chèvrerie et ils ont adopté le comportement de ma première chienne devenue adulte. Par contre je me suis montré familier avec eux dès leur arrivée sur l’exploitation et je n’ai pas constaté de différence de comportement. Au bout de quelques mois, les jeunes chiens restent naturellement avec le troupeau sans essayer de me suivre lorsque je laisse les animaux. Les Montagnes sont habitués à respecter la clôture électrique dès leur plus jeune âge.

Patou léchant un chevreau Photo Mauriès Les chiens sont également habitués très tôt, pour des raisons pratiques, à rester attachés à une chaîne. Enfin le seul ordre que je leur enseigne « ça suffit » est celui de se taire lorsqu’ils aboient trop longtemps. Les Montagnes aboient, notamment la nuit, pour avertir les prédateurs de leur présence et les repousser. Leurs aboiements sont toujours justifiés mais une fois que je suis averti de la raison pour laquelle ils aboient (arrivée d’une personne étrangère ou passage d’un animal sauvage par exemple), ils doivent s’arrêter sur mon ordre. Il existe différents types d’aboiements. Celui qui signifie qu’une chose ou un animal n’est pas à la bonne place, une chèvre échappée d’un enclos par exemple. Celui qui accueille un ami ou une personne connue. Celui du chien au travail qui dit « n’approchez pas de la clôture ». Dans ce dernier cas le chien, qui s’interpose entre l’élément étranger et le troupeau, peut passer de l’aboiement au grondement pour être plus dissuasif voire à l’attaque en cas d’agression manifeste.

Il est souhaitable que les chiens arrêtent d’aboyer sur un ordre du maître. Si le jeune chien persiste à aboyer malgré tout, on peut l’asperger sur la gueule avec un pistolet à eau pour lui intimer l’ordre de se taire.

Utilisation des chiens

Mes 4 chiens (1 mâle et 3 femelles) sont utilisés pour la protection de mon troupeau de chèvres, jour et nuit, quand celui-ci est à la ferme (bâtiment ouvert sur une aire d’exercice) et lorsque les chèvres sont au pâturage dans des grandes parcelles clôturées (4 fils électriques). Lorsque je conduis mes chèvres au pâturage dans les bois, les chiens précèdent le troupeau de plusieurs centaines de mètres pour repérer un danger éventuel. Lorsqu’ils ont terminé leur reconnaissance, ils reviennent naturellement se coucher prés du troupeau.

Les chiens vivent en permanence à l’extérieur de la maison, soit dans la chèvrerie, soit en plein air la plupart du temps dans le parc des chèvres. Il n’y a que la pluie qui les pousse à se mettre à l’abri dans le bâtiment. Ils ne craignent absolument pas les grands froids et peuvent dormir en plein air couchés sur le sol par -10 °C.

Jusqu’à présent les chiennes n’ont jamais sauté par-dessus la clôture ce qui leur serait très facile. Par contre le mâle, de plus en plus dominant avec l’âge, ne respecte plus ces limites. Quand il sort de l’élevage pour faire une tournée d’inspection dans les alentours il revient au troupeau au bout de 20 minutes ce qui reste néanmoins problématique en raison des risques d’accident sur la route.

Autour de l’exploitation l’utilisation de chiens de protection est signalée par des panneaux indicateurs afin de prévenir notamment les randonneurs de leur présence et du comportement à adopter en cas de rencontre : laisser le chien approcher pour qu’il identifie l’intrus, s’éloigner calmement du troupeau et surtout tenir son chien en laisse. Les Montagnes n’ont aucune raison d’attaquer des promeneurs si ces derniers restent calmes et non agressifs envers les chiens et le troupeau.

Mon mâle Montagne a participé à plusieurs expositions canines. Il s’est toujours montré très à l’aise en toute circonstance, ne faisant preuve d’aucune peur ni agressivité dans un milieu qui lui est pourtant totalement inconnu.

Symbiose du chien et du troupeau

A l’époque des mises bas, les chiens sont présents à chaque naissance sans que cela dérange les chèvres. Ils participent tous au séchage des chevreaux en même temps que la mère. Ils consomment le placenta dès son expulsion. Ce léchage par les chiens augmente les chances de survie des chevreaux en évitant leur refroidissement et en les stimulant. Il est particulièrement important quand les chèvres mettent bas à l’extérieur des doubles ou des triples car elles ne peuvent s’occuper que d’un chevreau à la fois. Pendant les deux semaines qui suivent la délivrance, les chèvres ont des écoulements de sang correspondant à la vidange de l’utérus. Les chiens nettoient quotidiennement la vulve des chèvres limitant ainsi en été les attaques de mouches sur la queue des animaux et plus généralement les infections et leur propagation.

En cas d’avortement, les chiens détectent rapidement la chèvre concernée. En consommant totalement les fœtus expulsés et les écoulements, ils préservent de la contamination par les microbes le milieu dans lequel évolue le troupeau. Il est légitime de se poser la question de la destruction de ces microbes dans le tractus digestif des chiens qui pourraient eux-mêmes contaminer le milieu avec leurs excréments ? A cette question, la réponse est simple puisque les chèvres sont repoussées par l’odeur des excréments de chiens et ne s’approchent donc pas des zones où ils ont l’habitude de faire leurs besoins. Dans mes conditions d’élevage, j’ai constaté que ces zones sont en général bien délimitées dans l’espace. Les chiens ne souillent donc pas de grandes surfaces de pâturage avec leurs déjections.

Cette symbiose peu ou pas décrite et que j’ai découverte entre les chiens et le troupeau est pourtant d’une grande importance. Les chiens sont complètement intégrés au troupeau. Leur présence est rassurante pour les chèvres et dissuasive pour les prédateurs.

Les chiens participent à la protection du troupeau et au maintien de son bon état sanitaire. En contre partie, ils consomment les produits des mises bas, fluides et placentas qui sont particulièrement riches en minéraux et en vitamines.

Lorsque des chevreaux meurent, les chiens les consomment également. Il semble que ce soit dans le but d’éviter que le cadavre n’attire des prédateurs. Il ne faut pas sanctionner ce comportement par peur que les chiens s’attaquent ensuite à des chevreaux vivants.

Alimentation

Il est important que les chiens de protection soient nourris correctement de façon à pouvoir faire leur travail efficacement. Des chiens mal nourris peuvent aller jusqu’à tuer des chevreaux ou des agneaux pour compenser une carence alimentaire. Des distributeurs de croquettes placés hors d’atteinte des chèvres sont une bonne solution.

Pour nourrir mes chiens j’utilise uniquement des croquettes. C’est le même aliment qui est donné à tous les chiens quel que soit leur âge. Sa composition est la suivante : 28 % de protéines - 20 % de matières grasses - 2,5 % de cellulose brute - 1,5 % de calcium - 1 % de phosphore. Les adultes qui travaillent en reçoivent 900 g par jour en 2 repas matin et soir. Ces quantités peuvent être augmentées de 300 g par jour en hiver selon la rigueur des conditions climatiques. Les Montagnes mangent régulièrement les crottes et le fumier des chèvres ainsi que de l’herbe.

Quelques conseils pratiques

Depuis que les chiens sont avec le troupeau, je dors tranquille ! Et cela n’a pas de prix. Les éleveurs devraient être sensibilisés au fait d’utiliser des chiens de race au tempérament et au comportement plus stables. Les lignées suivies à travers leur pedigree apportent également plus de garanties au niveau santé notamment sur le sujet de la dysplasie de la hanche ou du coude qui peut handicaper fortement les animaux dans leurs déplacements. Il est préférable de travailler avec un couple de chiens. Deux chiens sont indéniablement plus efficaces. En tout état de cause recourir à des chiens stérilisés, mâles et femelles, reste encore le plus simple au quotidien et n’entrave en rien l’efficacité au travail.

Pour un nouvel utilisateur, la meilleure solution est de démarrer avec un jeune de 6 ou 7 mois, né au troupeau et éduqué par ses parents au travail de protection. Quand celui-ci aura atteint l’âge de un an, on pourra lui adjoindre un chiot dont il assurera alors l’éducation.

Le Montagne des Pyrénées se retrouve en protection dans le monde entier notamment en Amérique du Nord où il est très utilisé par les éleveurs de chèvres confrontés à de nombreux prédateurs sauvages (coyotes, loups, ours, pumas). C’est un chien remarquable dont les qualités méritent d’être mieux comprises et plus reconnues dans notre monde caprin.

Pour plus d’information sur le Montagne des Pyrénées et les disponibilités en chiots, voir le site du club Chiens des Pyrénées. Un chiot inscrit au LOF et issu d’une bonne lignée vaut entre 800 et 1000 € selon sa qualité et celle de ces géniteurs.

Un DVD très instructif « Le Patou, chien de protection » est également disponible auprès de l’Association pour la cohabitation pastorale au 05.61.05.83.73.

Mathieu Mauriès
Elevage du Hogan des Vents - Montagnes des Pyrénées
Chèvres sélectionnées Roves, Boers et Anglo-Nubiennes
Tél.          04.92.72.25.41      

Source: Les caprines, photos Mathieu Mauriès. Merci à Eric Paye

01 août 2006

L'utilisation du chien de protection patou est encouragée par le gouvernement

Campé devant l'enclos des brebis, un chiot blanc de 8 semaines aboie face à l'intrus. Il ne connaît pas les caresses, le geste l'effraye. Il recule tout en donnant de la voix, et se blottit au milieu des bêtes. En même temps que l'ours, une autre espèce a fait un retour plus discret dans les Pyrénées [NDLB: Effet journalistique, le patou a toujours été présent dans les Pyrénées] le chien patou. Utilisée pour la protection des troupeaux, cette race 100 % pyrénéenne, avait quasiment disparu. On en compte aujourd'hui 66, surveillant les troupeaux qui estivent tout l'été dans les pâturages en altitude.

55 kg et 70 cm de hauteur

C'est pendant cette saison, lorsque les brebis sont moins protégées, et l'ours en quête de nourriture pour soigner sa ligne avant l'hiver, que les risques sont les plus importants. Massif, avec ses 55 kilos et ses 70 centimètres de hauteur, le grand chien blanc veille. Il a un lien très étroit avec les bêtes. Prêt à aller jusqu'au bout pour repousser les prédateurs. Né dans la bergerie et issu de parents eux-mêmes chiens de protection, le patou passe toute sa vie avec les moutons. Séparé tout jeune de sa fratrie, il grandit seul au milieu du troupeau et reporte son affection sur les animaux. Même les membres de la famille ou les autres chiens sont tenus à l'écart. C'est là que se crée l'attachement du chiot au troupeau, et réciproquement, que les brebis acceptent sa présence. «On voit souvent les brebis venir au contact du chien, le lécher ou lui chercher les puces» , s'amuse Maurice Puysségur, jeune éleveur, et relais pour la réintroduction des patous. «Le chien finit par considérer les moutons comme son territoire. Il les défendra ensuite tout naturellement

Un mode d'éducation fondamental pour la réussite future du chien. Mais dont les Pyrénéens ont perdu l'habitude. C'est pourquoi l'Association pour la cohabitation pastorale gère leur mise en place sur tout le massif. Les chiens font partie des mesures d'accompagnement pour le programme ours, et la structure relaie les incitations gouvernementales.

Tous n'ont cependant pas attendu ça pour s'équiper : Pascal Cacheux, l'un des animateurs, les utilise depuis 1988. «Quand je les ai pris, c'était uniquement pour lutter contre les chiens errants, les renards et les corneilles, qui font des ravages, en attaquant les agneaux, explique-t-il. C'est un outil très efficace. L'ours remet les chiens au goût du jour, mais ceux-ci ont aussi une très grande utilité face aux autres prédateurs.» Les convertis se désolent de voir le patou devenir un symbole du débat autour du plantigrade. «L'hostilité de certains éleveurs se situe uniquement au niveau de l'image, souligne Maurice Puysségur. On est catalogué pro-ours parce qu'on met un chien blanc au milieu d'un troupeau

Réseau d'entraide et subventions 

Pour le moment, la présence des chiens reste marginale. Vingt et un ont été achetés l'an dernier, contre huit en 2001. Les bergers bénéficient d'un tarif préférentiel : 321 euros. Pour un chien estimé entre 900 et 1 000 euros dans le commerce. Et le gouvernement leur octroie en plus une subvention de 763 euros pour couvrir ces frais ainsi que l'alimentation et la vaccination.

Patous_ours

«La tradition n'est pas de mettre de l'argent pour un chien», explique Pascal Cacheux. «S'il était au prix du marché, personne ne l'achèterait. Les bergers se les sont toujours donnés.» L'association tisse donc un réseau d'entraide entre les propriétaires et les met en relations avec des acheteurs. Aucun éleveur de chiens professionnel n'intervient dans ce système.

Quant à savoir si le patou est réellement efficace face à l'ours... Certains rappellent que ce n'est qu'un «outil», qui doit s'accompagner d'autres mesures, comme la présence d'un berger, le rassemblement des troupeaux, ou le parcage des bêtes la nuit. Maurice Puysségur, lui, constate que les attaques contre son troupeau, toutes espèces confondues, ont désormais cessé. «Je ne peux plus m'en passer, j'ai l'esprit tellement plus tranquille.»

Source : Libé

23 avril 2006

Bonrepaux ne manque pas d'air

Augustin Bonrepaux prend sa plume et, avec ses copains manifestants pacifiques d'Arbas, ils décident d'écrire au tribunal administratif, au nom du Conseil Général de l'Ariège pour essayer de peser sur la décision de renforcer la population d'ours dans les Pyrénées. Pour Augustin Bonrepaux, ce ne sont que des fauves.

Communiqué du Conseil Général de l'Ariège

Le lundi 13 Mars 2006 , Madame la Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable a pris la décision d’introduire cinq ours slovènes dans les Pyrénées.
Ces cinq fauves [des ours, Monsieur Augustin Bonrepaux, des ours ] vont s’ajouter aux 14 ou 18 déjà présents dont la très grande majorité se sont établis dans les Pyrénées Centrales, notamment ariégeoises.

Ces espaces sont aujourd’hui indispensables aux 570 000 ovins, 100 000 bovins et 14 000 équins qui transhument chaque année pour passer près de 4 mois dans les prairies d’estives.

Ils sont donc particulièrement indispensables pour plus de 6 000 exploitations agricoles sur l’ensemble de la chaîne.
[ Les ours sont indispensables! Bien Bonrepaux, vous progressez ! ]
La fin de cette pratique condamnerait une grande partie de ces exploitations.
[ Il ne s'agit que de la deuxième réintroduction Augustin. Si ces 5 ours ne sont pas suffisant pour garantir la survie de la population d'ours dans les Pyrénées, comme le disent la plupart des spécialistes, il est probable qu'il y en aura d'autres, rassurez vous monsieur Bonrepaux. ]

Pour atténuer les prédations de ces fauves, qu’il sait inévitables, le Gouvernement propose :

La mise en place d’un gardiennage permanent du bétail des éleveurs

Cette mesure est incompatible avec le principe même de l’élevage en estive qui suppose la pratique du pâturage en liberté.
Patou_chien[ Suppose... vous délirez Augustin, rien ne suppose. Vous ne pouvez pas en même temps crier "au fauve" et banir la protection des troupeaux. Le bon sens dit le contraire : s'il y a des risques de prédation, il faut protéger ! Mais Augustin Bonrepaux, vous n'avez pas de bons sens. Vous le prouvez encore ici. ]

Elle est contraire aux règles imposées par les «appellations d’origine contrôlée».
[ Nous y voilà... Les AOC de l'INAO parlent d'« usages locaux, loyaux et constant ». L'abandon des troupeaux est une pratique nouvelle qui ne répond en rien à cette définition. L'AOC Barèges Gavarnie a réussi à glisser l'abandon des troupeaux dans son texte, mais il ne s'agit que d'une manipulation. Depuis des siècles le Montagne des Pyrénées ou Patou était et est encore utilisé pour garder les troupeaux. Voilà un usage local, loyal et constant. ]

Et surtout, elle impose une charge de travail surhumaine aux éleveurs.
[ De tout temps... relisez la Bible Augustin Bonrepaux, de tout temps les bergers (des humains) ont comme mission de protéger leurs troupeaux. Saint Augustin désire t-il réécrire le livre Saint pour y dire que les bergers doivent abandonner leurs brebis dans la montagne. N'ont-ils pas choisis ce métier, parfois en venant de la ville ? ]

Dans les pays où cette pratique a été mise en place (Italie) on a fait appel à une main d’œuvre étrangère (Albanais, Macédonien) sous payée et peu regardante sur les conditions de travail.
[Voilà une bonne idée. Vous désire