Ourse Sarousse

17 février 2007

Louis Dollo se vautre dans les rumeurs

Louis Dollo publie plusieurs rumeurs, dont celle de la mort de Franska. Dégoût

Louis Dollo : A quoi jouez-vous ? 

Sur le site de Louis DOLLO, sur une page intitulée OURS-Actualité-Rumeurs on peut lire : «Lorsque les autorités ne communiquent pas, les informations circulent de bouche à oreille et c'est ainsi que se propagent les rumeurs. Nous allons donc diffuser toutes les rumeurs, c'est à dire les informations non avérées, non vérifiées et fournies par des personnes dont la fiabilité n'a pas été prouvée. »

Après ce préambule surprenant pour quelqu'un qui se prétend "journaliste" et pouvant lui servir de couverture, Louis Dollo (de temps à autre journaliste à Lourdes-Infos) répand alors plusieurs rumeurs. Surprenant pour cet anti-ours notoire qui joue le rôle de porte-parole sur Internet de plusieurs associations d'éleveurs extrémistes (ASPAP, ASPP entre autres).

"Pas de suivi des ours réintroduits"

Première rumeur publiée par Louis DOLLO : « Les ours venant de Slovénie ne seraient pas équipés d'émetteurs : La question reste posée, sinon, pourquoi les techniciens viennent-il faire des relevés d'empreintes ? S'ils étaient suivis par satellite, pas besoin de vérifier une empreinte pour savoir où ils sont…. A moins que ce soit le second ours qui inquiète les autorités ?» Imaginez-vous les responsables de l'Equipe Technique Ours inventer une carte chaque semaine pour distraire le peuple des moutons ?

"Franska aurait avorté"

Deuxième rumeur publiée par Louis Dollo : «Selon un chasseur de Peyrouse, Franska aurait avorté. L'avorton aurait été retrouvé.» (5 février 2007). Monsieur Dollo semble puiser ses sources dans le milieu des opposants à la réintroduction : pastoralisme, chasseur. Vous semblez connaître beaucoup de chose,. Pourquoi vous complaisez-vous à répandre toutes ses rumeurs nauséabondes? Quels sont vos objectifs, vos intérêts ? Une fois de plus, la qualité de vos "travaux journalistiques" me semble douteuse pour ne pas dire pire.

"Franska aurait été tuée à l'ancienne"

Les rumeurs répandues par Louis DolloSelon une image qu’il publie sur son site, Louis Dollo déclare : «Franska aurait été tuée à l'ancienne au bout du chemin de la Bat Surguère le 12 février 2007.  L'homme ayant réalisé cet exploit sera-t-il promené en héros de village en village avec la dépouille de l'ours. Jadis, les tueurs d'ours avaient une prime et pouvaient même être décorés. Les temps changent mon brave Monsieur ! Il faut parfois rire de ses propres malheurs.... Franska, morte ou vive ??!! »

Là je reste bouche bée. Louis Dollo publie une photo d'un monsieur équipé d'une arme blanche avec à ses pieds le cadavre d'un ours. S'agit-il d'un montage, d'une provocation ou de la réalité ? Dans les trois cas, je me demande comment vous vous êtes procuré cette photo ? En regardant de plus près :

  • la végétation est bien verte pour février,
  • les données de la photo montrent qu'elle a été retouchée avec un logiciel graphique bien connu
  • le détourage des contours de l'homme et de l'ours tendent à prouver qu'il s'agit d'un montage.

Dans quel but sinon provoquer ?

"Sarousse serait en mauvais état de santé"

«Cette ourse était descendue dans le Piémont pyrénéen à la limite de l'Ariège et de la Haute-Garonne. Recapturée, elle avait été relâchée au-dessus de Marignac. Les observateurs ont pu constater qu'elle était atteinte de diarrhées. Comme beaucoup d'autres ours dans les Pyrénées, elle ne serait pas entrée en hibernation. Survivra-t-elle ? Si elle vient à mourir, parions que des mauvaises langues expliqueront que les éleveurs et chasseurs se sont unis pour l'empoisonner. Voilà un sujet qui occupera quelques forums.» (17 janvier 2007)

«Sarousse a été vue au-dessus de Marignac par plusieurs chasseurs à une dizaine de mètres d'eux dans un assez mauvais état de santé. Elle avait tout juste la force de courir sur la neige et ne cherchait même pas à fuir.» (22 janvier 2007)

J'avais déjà rencontré ces rumeurs sur les forums où l'on rencontre les ultra pastoraux : Kairn, le forum "écologie" (sic) d'Orange et même sur celui du Pays de l'Ours où vous semblez avoir quelques apôtres. La direction de Lourdes-Infos va-t-elle conserver dans son équipe un" journaliste" digne des pires tabloïdes anglais et des journaux à sensations de caniveau ? Vos messages virulents et continuels sur certains forums sont sans doute responsables de la chute de leurs statistiques de fréquentation. Alors maintenant c'est sur votre site pyréniais que vous étalez le summum de votre art odorant. Joli travail de journaliste.

Louis Dollo est guide de pays. Il publie des articles dans les faits divers de Lourdes-Infos et est un des plus virulents anti-ours sur les forums qui parlent des ursidés et sur son site. Que cherche Louis Dollo en publiant ces rumeurs de bas étages et d’où vient cette photo-montage ? Provocation gratuite. Qui est cet homme posant devant ce cadavre d'ours ? Comment Louis Dollo s'est-il procuré cette photo provocatrice ? Voilà qui devrait intéresser la justice et le Ministère de l'écologie. Je suis dégouté.

Baudouin de Menten, l'ours belge.

19 février 2006 : Un lecteur de la buvette m'avertit que la silhouette et la position de l'ours utilisé pour ce photo-montage sont identiques à une vielle photo de l'ours Papillon, publiée dans la presse pour illustrer un article sur l'autopsie du vieil ours béarnais. Il s'agit d'une manipulation ridicule.

07 novembre 2006

L'ourse slovène Sarousse capturée et relâchée ce matin à Marignac

L'ourse slovène Sarousse a été capturée dans la nuit de lundi 6 au mardi 7 novembre 2006 sur la commune de Camarade (Ariège) et relâchée sur la commune de Marignac en Haute-Garonne), en fin de matinée mardi, a-t-on appris auprès de la préfecture de Midi-Pyrénées. L'opération s'est déroulée "sans incident".

Nelly Olin, ministre de l'Ecologie et du Développement durable, avait demandé que le plantigrade soit capturé et déplacé en haute montagne, à distance des populations.

Sarousse, qui s'était débarrassée le 10 septembre de son collier GPS, campait depuis début octobre dans le piémont ariégeois, à la recherche d'un territoire. Elle ne posait pas de problème particulier dans le piémont, là même ou l'ours Balou était passé avant elle. Faut croire que le coin a tout pour plaire aux ours. Mais le ministère a décidé de la relocaliser en haute montagne où elle disposera de plus grands espaces plus éloignés de la population.

Après avoir opéré de petits déplacements entre Gajan et Montjoie-en-Couserans, elle avait évolué entre Camarade et Durban-sur-Arize, deux communes de l'ouest ariégeois, situées à 7 km à vol d'oiseau l'une de l'autre. L'ourse Sarousse était suivie 24h/24 depuis le 6 octobre par l'équipe technique ours de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Elle a été équipée d'un nouveau collier GPS (celui de Palouma) qui permettra de la suivre de près.

Sarousse est l'un des cinq plantigrades réintroduits en 2006 dans les Pyrénées. Agée de sept ans et pesant 112 kg lors de son premier lâcher (22 août, Arbas  en Haute-Garonne), son poids actuel n'a pas encore été communiqué.

L'ours Balou, un mâle relâché ce printemps avait lui aussi été capturé pour être relâché en montagne. L'équipe technique vient donc de capturer son deuxième ours, sans incident.

L'ourse Sarousse n'aura pas beaucoup de temps pour trouver un lieu pour passer l'hiver. Ce manque de temps avait été donné comme raison pour ne pas remplacer Palouma avant l'hiver.

Lire aussi :

02 novembre 2006

L'ourse Sarousse bientôt déplacée en haute montagne, une prise de risque inutile ? (Baudouin de Menten)

Sarousse, le dernier ours slovène lâché dans les Pyrénées, doit être prochainement capturé pour être relâché en haute montagne à distance des populations, a-t-on appris vendredi auprès du ministère de l'Ecologie qui a donné jeudi le feu vert à son déplacement.

«Sarousse se situe actuellement dans un massif forestier où la densité humaine est plus importante qu'en montagne. Nous avons reçu la consigne de la déplacer pour la remettre sur la haute chaîne», a expliqué vendredi à l'Associated Press Etienne Bubarry, membre de l'équipe technique ours à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Le plantigrade, qui s'est débarrassé le 10 septembre de son collier GPS, campe depuis début octobre dans le piémont ariégeois, à la recherche d'un territoire. Après avoir opéré de petits déplacements entre Gajan et Montjoie-en-Couserans, où elle était encore il y a trois jours, l'ourse slovène a été localisée mercredi à Camarade et jeudi à Durban-sur-Arize, deux communes de l'ouest ariégeois, situées à 7km à vol d'oiseau l'une de l'autre. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Sarousse est finalement revenue à Camarade.

«Sarousse se déplace énormément. Depuis le 6 octobre, nous la suivons jour et nuit, 24h/24 en attendant qu'elle se stabilise. Nous espérons qu'elle le fera à Camarade, un territoire qu'elle connaît puisqu'elle y est déjà passée», a précisé M. Dubarry.

Les techniciens ont recours à deux techniques pour capturer l'ourse, «nécessitant d'anticiper ses déplacements». «La nuit nous essayons de l'appâter avec un collet à patte et le jour nous la suivons avec des fusils hypodermiques qui permettent une anesthésie directe», a ajouté Etienne Dubarry. C'est de cette façon que la mission ours avait également capturé et déplacé Balou après sa réintroduction cet été.

Une fois attrapée, Sarousse sera relâchée en haute montagne dans une zone qui n'a pas été précisée. L'ourse est l'un des cinq plantigrades réintroduits en 2006 dans les Pyrénées. Agée de sept ans et pesant 112kg, elle a été lâchée le 22 août sur la commune d'Arbas (Haute-Garonne).

Déplacer Sarousse est une prise de risque non négligeable

Sarousse semble se fixer dans un secteur fortement boisé et riche en châtaignes et glands. A cette période de l'année, les ours préparent l'hibernation et doivent se créer une importance réserve de graisse pour passer l'hiver sans problèmes.

Locament, Sarousse est une ourse discrète : ni rencontres ni dégats. Celà n'empêche pas certains maires ariègeois d'attraper des boutons en entendant son nom et à faire pression pour l'enlever de «leur jardin». Augustin Bonrepaux s'est même fendu d'une lettre rigolote au premier ministre.

L'ADET explique quels sont les dangers d'un déplacement de l'ourse Sarousse : «La période est délicate pour une translocation : Sarousse se prépare pour l'hiver en constituant des réserves de graisse. Elle a peut être aussi déjà repéré un secteur pour y établir sa tanière. La déplacer tardivement impliquera pour elle de rechercher rapidement un nouveau site de tanière, ce qui pourrait perturber son entrée en hibernation, notamment pour l'avenir des probables oursons qu'elle porte

Sarousse stagne depuis pas mal de temps à Camarade, une région ou Balou est aussi passé. «La présence d'ours dans ce secteur n'a rien d'anormal. Cette zone est classée en zone montagne, elle présente des massifs boisés importants et trés vallonnés. Rappelons que l'ours est un animal forestier plus que montagnard, même si les forêts de montagne constituent le dernier biotope où il trouve des conditions favorables.» ajoute Alain Reynes de l'ADET.

Déplacer Sarousse pose donc des questions. Le mieux serait qu'elle décide elle même de l'endroit où elle passera l'hiver. L'ourse Sarousse pourrait donner naissance à une portée d'oursons dans une tannière. Déplacer une mère à cette période pré hivernale est une menace pour cette portée éventuelle, l'ours ayant la capacité de stopper le développement des embryons en cas de circonstances défavorables: manque de nourriture ou de tannière par exemple. Une prise de risque inutile ?

Dans Echo Nature, Pascal Farcy prend une position favorable à la liberté des ours : «En Slovénie, leur lieu d’origine, ces ours vivent en moyenne montagne dans des forêts très denses, peu accidentées. En France, ce type d’espace étant 'colonisé' par l’homme, la place qui leur est dévolue est la haute montagne.

Si les précédentes réintroductions montrent que les nouveaux venus s’y acclimatent sans problème particulier, l’interventionnisme des autorités est révélateur de la volonté de les cantonner en un lieu précis. [NDLB : De la volonté de l'Etat ou des fortes pressions que certains politiciens lui font subir.] Or, on ne peut 'assigner à résidence' un animal sauvage dit en 'liberté', et ces ours bohèmes posent plus que jamais la question du degré de nature que nous sommes prêts à accepter dans nos sociétés modernes. Ceci dit, il ne reste qu’à espérer que ces animaux, qui n’ont rien demandé à personne, trouvent leur place et puissent retrouver la quiétude auquel ils aspirent… »

L'ourse Sarousse n'a pas fait de dégats dans les troupeaux ovins. Laissons la tranquille une fois pour toute...

Baudouin de Menten

Sources : AP, ADET, Echo Nature

16 septembre 2006

Sarousse se débarasse de son collier: Respectez ma vie privée !

L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage a annoncé que l'ourse Sarousse a perdu son collier.

Sarousse adopte le caractère pyrénéen

Sarousse est une ourse qui a adopté assez vite le caractère indépendant des pyrénéens. Une farouche volonté d’indépendance qui l’a poussé à se frotter, à se frotter jusqu’à faire tomber le collier que les hommes lui avait mis pour satisfaire la demande des éleveurs à l’origine de l’exigence d’un suivi systématique des localisations.

J’avoue que le pied de nez de Sarousse m’est sympathique. Sarousse désire que l’on «respecte sa vie privée» et je n’ai rien à lui reprocher. Une saine attitude d’ours libre et vivant.

Et merde pour les esprits montagno-franchouillards (vous me suivez ?) qui vont encore critiquer «l’inadéquation des techniques utilisées» ou «l’incompétence de l’équipe de suivi» ou la «mauvaise préparation des lâchers» ou que sait-je encore ? Son collier n’était pas en béton, mais peut-être que l’entièreté de l’ours devrait être en béton !

Sarousse, ourse sans collier

« L'ourse Sarousse a perdu son collier sur la commune de Sengouagnet dans la journée du dimanche 10 septembre 2006.

L'Equipe Technique Ours a localisé le signal sans pouvoir capter l'émetteur intra-abdominal dans la soirée du mardi 12 septembre. Des recherches ont permis de retrouver le collier dans la matinée du 13 septembre. Il se trouvait dans un terrain difficile d'accès, au pied d'un arbre.

L'analyse des données GPS enregistrées montre que Sarousse a réussi à enlever son collier dans la journée du dimanche 10 et qu'elle explorait le secteur depuis plusieurs jours.

Déjà en 1997, Mellba et Pyros avaient réussi à se défaire de leur collier et c'est pour cette raison que les ours relâchés cette année ont été équipés d'émetteurs intra-abdominaux. C'est d'ailleurs grâce à cet émetteur que Sarousse a été localisée sur la commune de Sengouagnet le jeudi 14 septembre. Désormais, le suivi se fera uniquement de cette façon. »

Dont acte. Liberté pour les ours.

Lire aussi

10 septembre 2006

Trois pyrénéens rencontrent Sarousse: «l'ours ne galopait pas. La démarche était pataude»

Dimanche 3 septembre, Jean-Philippe Perelo, Patrick et Nathalie Tissinie d’Aspret-Sarrat, prêt de Saint Gaudens prennent le café sur la terasse: «On ne peut affirmer que l'animal que nous avons vu, dimanche, était un ours. Mais si c'était un sanglier, il était vraiment très gros». L'observation de Sarousse a duré près de deux minutes. «Il ne galopait pas. La démarche était pataude.» «Mais sur le moment on n'a pas percuté qu'il pouvait s'agir d'un ours. On n'a pas l'habitude d'en voir 

L'équipe du suivi de l'ours a été informée et un membre s'est rendu sur les lieux. Claude Abadie, le maire d’Aspret-Sarrat déclare : «Le suivi de l'ours m'a contacté. Je souhaite que promeneurs et randonneurs n'aient pas de souci avec cet animal. Si on doit le croiser que ce soit juste pour le plaisir des yeux.» Quitte à rester abasourdi.

Une nouvelle rencontre entre hommes et ours. Une nouvelle rumeut démentie. Rien à signaler du côté de l'hopital. Un souvenir émouvant pour trois pyrénéens. «Trois inconscients échappent à une mort atroce» aurait pu titrer le «Détective Lourdais». Il n'a pas osé. Les ours slovènes ne sont à la hauteur de leur réputation.

Trois pyrénéens rencontrent Sarousse: «l'ours ne galopait pas. La démarche était pataude»

Dimanche 3 septembre, Jean-Philippe Perelo, Patrick et Nathalie Tissinie d’Aspret-Sarrat, prêt de Saint Gaudens prennent le café sur la terasse: «On ne peut affirmer que l'animal que nous avons vu, dimanche, était un ours. Mais si c'était un sanglier, il était vraiment très gros». L'observation de Sarousse a duré près de deux minutes. «Il ne galopait pas. La démarche était pataude.» «Mais sur le moment on n'a pas percuté qu'il pouvait s'agir d'un ours. On n'a pas l'habitude d'en voir 

L'équipe du suivi de l'ours a été informée et un membre s'est rendu sur les lieux. Claude Abadie, le maire d’Aspret-Sarrat déclare : «Le suivi de l'ours m'a contacté. Je souhaite que promeneurs et randonneurs n'aient pas de souci avec cet animal. Si on doit le croiser que ce soit juste pour le plaisir des yeux.» Quitte à rester abasourdi.

Une nouvelle rencontre entre hommes et ours. Une nouvelle rumeut démentie. Rien à signaler du côté de l'hopital. Un souvenir émouvant pour trois pyrénéens. «Trois inconscients échappent à une mort atroce» aurait pu titrer le «Détective Lourdais». Il n'a pas osé. Les ours slovènes ne sont à la hauteur de leur réputation.

23 août 2006

Sarousse, un cheveu dans la soupe des éleveurs (Baudouin de Menten)

par Baudouin de Menten

Le lâcher de l’ourse Sarousse en août à pris les opposants de vitesse. Sarousse serait-elle arrivée comme un cheveu dans la soupe aux épinards des éleveurs ? Les gros bras de l’ASPAP n’ont pas manqué de monter à la tribune pour montrer leur biceps.

Bernard Moules, secrétaire général de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) Midi-Pyrénées : «Nous avions pris cette pause pour une mesure d'apaisement permettant de faire un bilan.» «Ce nouveau lâcher va  accentuer la colère de nos adhérents et nous ne savons pas comment nous pourrons la contenir.» Cela ne changera pas grand-chose, ils ne se sont jamais contenus. Les débordements prévisibles des membres de l'ASPAP sont inscrits dans les statuts de l’association. «L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association.». Voilà un conseil d'avocat qui pourrait servir pour le jugement attendu des casseurs d'Arbas.

Sloganantiours_1Bernard Moules: «Le bilan de la réintroduction est catastrophique.» «De nombreux bergers ont déjà quitté les estives, ce qui, outre les prédations dues à l'ours, va entraîner la réduction de l'activité pastorale et avoir des conséquences environnementales, touristiques et sur la population de la montagne.»

L’ours serait responsable de tous les maux du pastoralisme et de la montagne. Après leur campagne de peur, les éleveurs de l’ASPAP espèrent en recueillir les fruits. Mais qu'est ce qui fait fuir les touristes: la présence de l'ours ou l'étroitesse d'esprit des éleveurs? Voilà une petite photo qui montre deux villages où les éventuels commerces ont du souci à se faire. Toujours cette ridicule conviction que l'ours ferait peur aux touristes. Touristes, passez votre chemin, la méchanceté rôde ici.

Francis Ader: Les conditions de ce lâcher «confirment que l'Etat n'est pas sûr du bien-fondé de cette opération

Durant toute la préparation du projet, l’année de concertation et malgré les multiples manœuvres pour mettre fin aux lâchers, l’Etat et la Ministre de l'Ecologie et du Développement durable ,Nelly Olin ont toujours gardé le cap. L’ASPAP est-elle sûre du bien fondé des opérations violentes qu’elle a mené à de multiples reprises? Le verdict des casseurs d’Arbas est attendu pour bientôt. La certitude et la vantardise de l’ASPAP va peut-être redevenir une simple peur du gendarme et justice sera faite.

Francis ADER élabore une nouvelle théorie qui fait penser à la risible démonstration de Bruno-Besche-Commenge dans son plaidoyer contre l’ours «Où est la biodiversité à préserver ?»: «En termes de biodiversité, l'ours n'est pas l'élément indispensable aux Pyrénées. Bien au contraire, il y a de fortes chances pour qu'il devienne (...) l'élément déstabilisateur de l'environnement.» (Déclaration à l'AFP le 22/08/2006)

Philippe Lacube, cadre de l’ASPAP déclare dans le journal Sud ouest du 23/08/2006 : «La vraie question est: doit-on donner la priorité à de telles opérations, en abandonnant les droits d'usage de la montagne si chèrement acquis par nos anciens, pour les rendre à l'Etat ? C'est lui qui nous dira où nous pouvons lâcher des troupeaux, nous promener et chasser?»  «La montagne est à tout le monde, mais c'est nous qui y vivons, qui y avons une activité, et notre culture vient de loin, affirme-t-il. C'est cela que nous risquons de perdre. L'opération ours n'est qu'un alibi pour que nous soyons rayés de la carte. Déjà des technocrates nous expliquent que lâcher des ours dans des secteurs où il n'y a que deux habitants au kilomètre carré, ce n'est pas très grave.»

Le milieu agropastoral désire régner en seigneur sur ce qu’il considère comme ses terres, la terre de ses ancêtres, sa montagne. Un droit du sol qui leur permet de «faire la montagne propre». Et tout ceux qui ne sont pas du même avis deviennent des étrangers: l’Etat, les parisiens, les fonctionnaires, les touristes, les défenseurs de l'ours (des écolos, ou des escrolos!)

Le patrimoine pyrénéen est bizarrement réduit aux chants de clans, à la transhumance et à la chasse à l’ours, une tradition, un droit chèrement acquis par les ancêtres que les prémices des écolos de salons d’aujourd’hui ont perturbés en faisant de l’ours une espèce protégée et en supprimant les ancestrales prîmes d’abattages.

Tout fout le camp mon pauvre ami. Pour qui faut-il voter ? Vu ces quelques citations, un "de Villiers" devrait leur convenir assez bien. Pendant ces déclarations tapageuses, l’ourse Sarousse découvre les Pyrénées, du côté d’Arbas. Elle n’a pas filé directement en Ariège comme le pronostiquait le même Philippe Lacube lors du lâcher de Palouma.

Baudouin de Menten

22 août 2006

Sarousse, ourse des Pyrénées

Mardi 22 août 2006
Communiqué du Ministère de l’Ecologie

Sarousse : Le cinquième ours en provenance de Slovénie vient d’être lâché cette nuit vers 1h du matin sur la commune d’Arbas. L'ourse nommée Sarousse est une femelle âgée de 7 ans, pesant 112 kilos, il est parrainé par Valérie LEMERCIER et Alain CHAMFORT.

Sarousse a été capturée en Slovénie sur le site de Masun (prononcer "Machoun") lundi 20 août vers 22h par anesthésie directe au fusil hypodermique.

Comme Nelly OLIN, ministre de l’écologie et du développement durable, l’avait annoncé, il s’agit là du dernier lâcher d’ours, conformément au plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009.

Sarousse est la cinquième, les cinq ours relâchés dans les Pyrénées en 2006 sont :

A l’issue de ce renforcement, Nelly OLIN tient à remercier chaleureusement les autorités slovènes pour leur mobilisation très efficace sur ce projet et se réjouit de la grande qualité du partenariat développé à cette occasion.

Elle se félicite également du soutien et de l’excellente collaboration des autorités espagnoles et andorranes. Cette collaboration en faveur de l’ours et plus généralement de la biodiversité pyrénéenne est, depuis le 22 mai dernier, scellée par une déclaration commune qui en fixe les moyens et les objectifs.

Appréciant l’ampleur des tâches accomplies, Madame OLIN remercie très vivement et sincèrement l’ensemble des services et des personnes ayant contribué à la réalisation des opérations, tout particulièrement l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, les préfectures, la gendarmerie et la direction régionale de l’environnement de Midi-pyrénées. Elle salue les élus, la population et les associations pour leur engagement en faveur du plan de restauration.

Tout en comprenant les préoccupations de certains éleveurs, elle souhaite que la restauration de la population ursine fédère désormais le plus grand nombre, dans une ambition partagée de gestion durable et de valorisation de la richesse des territoires du massif pyrénéen. La mise en oeuvre de l’ensemble des dispositions du plan de restauration et de conservation de l’ours brun y contribuera, de même que le dialogue nécessaire entre tous les acteurs.

Le cinquième lâcher permet d’assurer, comme cela en était l’objectif premier, la pérennité d’une espèce protégée au niveau international (comme le stipule notamment la Convention de Berne), et dont la survie était, à court terme, menacée sur notre territoire.

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