Ourse Hvala

04 mai 2009

Pyrenées : naissance de 2 oursons pour l'ourse Hvala

Hvala de nouveau suitée

L'ourse Hvala a été observée, accompagnée de 2 oursons, sur la commune de BOSSOST en Espagne (Val d’Aran, Catalogne) le samedi 2 mai 2009. Ce sont les agents chargés du suivi de la population d’ours du Val d’Aran qui ont réalisé cette observation alors qu’ils jumelaient à distance le site d’hibernation.

Rappelons que Hvala est toujours équipée de son émetteur intra-abdominal, ce qui a permis le localiser le secteur d’hibernation et de constater qu’elle se déplaçait très peu depuis son réveil.

Pour mémoire, cette femelle a été lâchée le 16 mai 2006 sur la commune d’Arbas (31) dans le cadre du Plan de restauration et de conservation de la population d’ours bruns dans les Pyrénées françaises 2006-2009. Elle avait mis bas de 2 oursons qui se sont révélés être des femelles (baptisées Bambou et Pollen) pendant l’hiver 2006-2007 sur la commune de Melles (31).

Seule la récolte de matériel génétique (poils, crottes) permettra de déterminer le sexe des oursons de cette nouvelle portée.

Source : Flash info réseau Ours Brun ONCFS

Réactions

Association Pays de l'Ours- ADET : "C’est bien entendu une très bonne nouvelle pour tous les amis de l’ours et de la Nature, qui sont très nombreux dans les Pyrénées . Cela démontre une fois de plus la bonne adaptation des ours lâchés dans les Pyrénées et le bon potentiel des Pyrénées pour accueillir une population d’ours. Cela ne doit pour autant pas occulter la faiblesse de la population d’ours dans les Pyrénées : avec une vingtaine d’individus, l’espoir de reconstituer une population viable passe toujours obligatoirement par de nouveaux lâchers."

Association FERUS : "Très bonne nouvelle pour notre trop maigre population d’ours pyrénéens !"

Lire aussi

02 mars 2009

Hvala se repose en paix

Le Val d’Aran renonce à la capture de l’ourse Hvala

Quatre mois après la rencontre de l’ourse Hvala avec le chasseur Luis Turmo, le "pobre Luis", le Conseil Général d’Aran a dévoilé il y a quelques jours toute une série de mesures pour diminuer l’impact de l’ours.

Après cet épisode, François Arcangeli, maire d'Arbas et président de l'ADET s'était étonné lors de la réunion du GNOP du 18 décembre (il n'est pas le seul) de "l'absence d'expertise et d'éléments objectifs permettant d'attester de la réalité de la rencontre entre le chasseur et l'ourse Hvala." On avait vu dans la presse une photo du chasseur, le bras soigneusement dissimulé dans un gros bandage entrain de déprimer après "l'agression de la bête fauve."

Evelyne Sanchis (DIREN) avait lors de cette même réunion du GNOP, précisé : "Il (NDLB: Le pobre Luis) aurait crié pour tenter d'effrayer l'ourse Hvala qui serait passée à 3 mètres de lui. L'animal l'aurait alors chargé puis mordu à la jambe et griffé au bras..."

En Espagne, on a maintenant renoncé à la capture et au transfert de l’ourse Hvala et des autres ours vivant dans le Val d'Aran. Le Syndic d’Aran, Francesc Boya, a annoncé que le Conseil Général d’Aran va rapidement signer une convention avec la Generalitat (le gouvernement régional) et le gouvernement central espagnol afin qu’il fasse partie du groupe de suivi de l’ours. La convention, encore en négociation, considérera aussi un renforcement du suivi des ours, une augmentation des indemnisations pour les dégâts dus à l’ours, ainsi que leur facilitation d’obtention, et davantage de moyens de protection.

Selon les techniciens du Conseil Génaral d’Aran, Hvala (dont on a perdu la trace mi-novembre lorsque la neige a commencé à être abondante), pourrait avoir eu des oursons cet hiver. (NDLB: Hvala est déjà la mère des oursonnes Pollen et Bambou. Elle avait été vue au printemps 2008, en compagnie d'un gros ours, sans doute un mâle.)

Cependant, le gouvernement d’Aran maintient son rejet du plan français de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées car selon lui : "certaines vallées sont trop peuplées pour garantir la coexistence de l’ours avec les activités humaines."

Sources : El Periodico et La Manana (merci à FERUS pour sa compilation pendant mes vacances..)

06 février 2009

Comportements individuels des ours et observations particulières 2007

Suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises - Rapport annuel 2007

Comportement individuel des ours équipés

 Sarousse

Sa période de repos hivernal fut très courte car Sarousse était encore légèrement active fin décembre 2006 et les premières localisations GPS de 2007 datent de fin février. Ceci peut s’expliquer par le fait qu’elle ait été relâchée début novembre 2006 sur un territoire qu’elle ne connaissait pas. Début mars 2007, ses empreintes sont relevées à plusieurs reprises dans la neige indiquent qu’elle n’est pas suitée. En 2007, elle navigue entre le massif de Burat (31) et le Val d’Aran, principalement dans la vallée de l’Artigua de Lin. Son domaine vital (Le domaine vital est calculé selon la méthode du Polygone Convexe Minimum (PCM) en fonction des localisations extrêmes), calculé suivant les localisations GPS, est de 418 km². Après quelques déplacements d’envergure, elle s’installe pour hiberner début décembre sur la commune d’Oô (31). Une attaque sur un ovin lui est attribuée en 2007 en Haute Garonne.

Balou

Balou est entré en tanière le 10 décembre 2006 (Canejan, Val d’Aran) et a montré des premiers signes d’activité à partir du 28 février 2007 (80 jours d’hibernation). Dès cette date, il entreprend de grands déplacements en direction de Melles (31) puis vers l’Ariège. Il se sédentarise un petit moment sur la commune de Bethmale (09) où il s’alimente sur une carcasse de sanglier (prédation ?), puis se déplace au nord jusqu’à la commune de Mane (31) début mai avant de retourner dans le Val d’Aran. Il se déplace ensuite dans le secteur d’ Aulus-Les-Bains (09) puis de Tavascan (Catalogne) où il s’alimente sur la charogne d’un cheval. Son collier GPS arrête d’émettre mi-juin, il sera ensuite localisé grâce à son émetteur intra-abdominal sur ces deux dernières communes. En 2007, son domaine vital (calculé à partir des données GPS et télémétrique) est très étendu et représente 2436 km². Le 3 novembre 2007, il débute son hibernation sur le secteur d’Aulus-les-Bains (09). Une attaque sur 8 ovins lui est attribuée en 2007 en Ariège.

Hvala

Hvalae a hiberné sur la commune de Melles (31) du 27 novembre 2006 au 17 avril 2007 (140 jours d’hibernation) et est observée une première fois en compagnie de 2 oursons le 23 avril 2007. Elle s’est ensuite déplacée très peu et est restée cantonnée dans des zones isolées à forte pente sur les communes de Melles (31), Boutx (31), Saint-Lary (09) puis Sentein (09) au cours de l’automne. Cette année, Hvala a nettement limité ses déplacements, en raison de l’élevage de ses deux oursons. En 2007, la superficie de son domaine vital (calculé à partir des données GPS et télémétriques) est de 71 km² pour 476 km² en 2006. 19 prédations lui sont attribuées en 2007, pour 52 animaux et 2 ruches.

Francka

L'ourse Francka a hiberné du 12 décembre 2006 au 15 mars 2007 (93 jours d’hibernation) sur la commune de Saint-Pé-de-Bigorre (65). Dès son réveil, elle s’est déplacée loin vers l’Est, pour prospecter des zones nouvelles. Le 26 avril 2007, son collier se détache automatiquement, comme prévu, sur la commune de Bagnères de Luchon (31), à 70 kilomètres de sa zone de tanière. Alors suivie par son émetteur intra-abdominal, elle utilise beaucoup les zones de piémont des Baronnies et de la Barousse ainsi que les vallée d’Aure et de Lesponne (65). Au total, son domaine vital (calculé à partir des données GPS et télémétriques) représente 1342 km² et comprend en grande majorité de nouvelles zones non explorées en 2006. Début juillet, elle se déplace très au Nord de son domaine, jusqu’à Cantaous (65) dans des zones relativement humanisées, puis retourne rapidement en zone de montagne. Finalement le 9 août 2007, Francka qui tentait de retourner (2 tentatives) sur le massif de l’Estibète, est heurtée par deux voitures sur la route nationale entre Lourdes et Argelès-Gazost (route qu’elle avait déjà traversée 2 fois). 41 attaques pour 127 animaux lui sont attribuées.

Comportement individuel des ours non équipés

Boutxy

L'Ours Boutxy est repéré le 18 avril 2007 par la génétique sur la commune de Mérens-Les-Vals, puis Siguer et Miglos (09). Le 2 juin 2007, un échantillon de poils lui appartenant est relevé sur la fenêtre d’une bergerie de Goulier (09) lors d’une expertise de dommage. En juillet, il est repéré sur Mijanès, Mérens-Les-Vals (09) et Formiguères (66). La zone minimale fréquentée par cet animal s’étend de la rive droite de la vallée du Vicdessos à l’Ouest à Formiguères à l’Est, soit 42 km d’Est en Ouest.

Ziva

L'ourse Ziva a été détectée par un échantillon de poils, datant probablement du 15 août, récolté sur un chablis. La détection de cette ourse sur la commune de Melles est surprenante (dernier typage en 2000) alors qu’on la situait jusqu’à ce jour essentiellement en Catalogne (val d’Aran).

Néré

Ce grand mâle a été repéré 12 fois de façon certaine, grâce à ses empreintes de pattes et son génotypage, sur les communes de Borce, Etsaut, Cette Eygun, Laruns, Aydius et Urdos ce qui représente une large part de la zone à ours des Pyrénées Occidentales. Nous avons noté des aller-retour entre les points les plus éloignés en moins de 24 h. Des indices d’activité de cet ours ont été repérés tous les mois d’hiver, sur la haute vallée d’Ossau. La première identification hors de ce site date du 15 mars, sur Urdos, la dernière du 11 octobre. 5 cas de prédation sur sanglier, de la part de cet ours, ont été remarqués sur le vallon de Belonce (commune de Borce) en quelques jours (30 mars-4 avril). Le suivi du passage de faune en amont d’Urdos (Sarrot du Mirailh) a permis d’identifier des tronçons de route nationale traversés par cet ours et d’autres adultes.

Cannellito (Mohican)

Nous disposons uniquement de 2 localisations fiables de cet ours qui semblerait fréquenter préférentiellement la partie est du noyau occidental, autour de la limite Pyrénées Atlantiques - Hautes Pyrénées, entre vallée d’Ossau et Val d’Azun où il a causé un dégât en mai.

Aspe Ouest

Grâce à l’étroite collaboration entre les réseaux français, aragonais et navarrais, cet ours a été repéré 4 fois de façon fiable sur les communes de Etsaut, Lescun, Hecho (Aragon) et Isaba (Navarre). Diverses pistes mesurées de façon partielle l’identifient également sur Urdos, Accous, Laruns et le 10 octobre sur Cauterets (65). C’est probablement cet ours qui s’est baigné le 18 mai dans le gave d’Hecho (Aragon). Cet ours n’a probablement pas eu une forte activité hivernale, ce jusqu’à la seconde quinzaine d’avril où l’on identifie une nette reprise. Son domaine vital est noté sur la même zone que Néré avec une présence sur la Navarre, et de fréquents passages transfrontaliers. Il a été repéré franchissant aussi la RN 134 en amont d’Urdos. Son identification par les dimensions des empreintes de pattes est rendue difficile en Aragon et Navarre par l’existence probable d’un individu de taille proche, Camille.

Camille

Du fait de l’existence de Aspe Ouest, d’une taille semblable, peu de données spécifiques ont été collectées. Toutefois, en l’absence de typage génétique, 2 présences simultanées sur Lescun et Anso semblent valider son existence. On signale le charognage de carcasses de sanglier, probablement par cet ours, au cours des premiers jours de janvier sur Isaba.

Observations particulières

Nous avons compilé dans ce chapitre, quelques observations qui nous semblent particulières mais qui reflètent bien la polyvalence de l’ours brun.

  • En janvier, les gardes navarrais trouvent 2 carcasses de sangliers tués à la chasse consommés par un ours de grande taille.

  • Les 6 et 8 avril, des membres du ROB trouvent, sur la commune de Borce, 5 carcasses de sangliers très probablement tués et consommés par un ours de grande taille.
  • Le 27 mars, de 14 h à 17h30, sur Laruns, observation prolongée, à la longue vue (photo), d’un ours de grande taille (Aspe Ouest, Cannellito ?) alternant entre repos sur couche et consommation d’une carcasse.
  • Le 3 mai, sur Hecho, les gardes aragonais constatent le déterrage par les vautours fauves d’une carcasse d’isard consommée puis enfouie par un ours.
  • Le 5 mai, à 9h puis à 19h 25 sur Urdos, une caméra vidéo enregistre deux séquences d’un ours au cul pelé se frottant sur un arbre griffé. Plusieurs autres, prises au même endroit, suivront (26 juin à 20h18, 9 juillet à 6h 58), identifiant de nouveau ce même animal se frottant sur l’arbre, en position dressée.
  • Le 1 juillet, un éleveur note sur Escot, le passage d’un ours à proximité immédiate de son troupeau présent sans gardiennage depuis le 28 juin. Pas de prédation signalée.
  • Les 9 (7 et 10h), 11 et 19 mai (21h30), ours très foncés observés dont 2 photographiés sur Etsaut, probablement Néré qui fut repéré dans cette zone. Le 11 juin, un autre plantigrade de grande taille et très foncé était observé par un berger sur Laruns.
  • Le 9 juin à 6H15, des campeurs aperçoivent un ours nageant au milieu d’un lac en Haute-Ariège sur la commune d’Orlu. Il sort de l’eau à 500 mètres des observateurs, se dresse sur ses pattes arrière et s’ébroue tranquillement malgré les cris des témoins pour ensuite reprendre son chemin en direction d’un versant escarpé.
  • Le 10 juin, l’ourse Hvala est observée à courte distance (environ 10m) en compagnie de ses oursons. L’ourse et l’observateur sont alors tous les deux surpris de se trouver si près l’un de l’autre. La femelle s’enfuit en courant, mais ses oursons s’arrêtent après une légère course. Hvala s’est alors dressée et s’est mise à gueuler pour appeler ses petits, restés près de l’observateur. Comme ils ne suivaient toujours pas, celle-ci est remontée les chercher. Le témoin s’est à ce moment déplacé et a contourné les animaux puis est redescendu vers la vallée en courant. Notons que l’ourse n’a montré aucun signe d’agressivité évident envers ce témoin qui a réagi avec sang froid.
  • A plusieurs reprises cette année, nous avons pu constater le comportement charognard des ours. Les catalans nous signalent en juillet que Balou s’est régulièrement alimenté sur la charogne d’un cheval mort. De multiples couches, crottes et poils seront trouvés à proximité. De même plusieurs excréments de Hvala ont été trouvées contenant des restes de chevreuil dont des onglons. Nous l’avons aussi observée en train d’enterrer un animal mort en septembre.
  • Au cours d’une observation visuelle de Hvala et de ses oursons s’alimentant sur une charogne, nous avons observé le comportement maternel de cette ourse. En effet, un sanglier de bonne taille, a voulu s’approprier la charogne en question. L’ourse s’est alors réveillée et a poursuivi le sanglier sur une cinquantaine de mètres. Les oursons se sont alors mis en retrait et à aucun moment, le sanglier ne s’est trouvé entre la femelle et les oursons. Le calme est revenu dans le groupe familial après que Hvala soit revenue aux côtés des oursons et de la charogne.
  • Enfin, au cours des visites des tanières utilisées pendant l’hiver 2006-2007 par les ours équipés nous avons constaté des aménagements « soignés ». Balou notamment a ramené un grand nombre de matériaux pour se confectionner un nid très épais. Hvala a utilisé une très petite tanière qui nous a paru très humide. Francka a trouvé une tanière se trouvant dans des roches calcaires, très bien isolée de l’extérieur par un goulet de 3 mètres de longueur au sein d’une zone isolée dans une hêtraie de basse altitude.
  • Deux tanières ont été découvertes en 2007 sur Laruns et Accous. Elles furent utilisées en cours d’hiver 2006-2007 par des ours indéterminés à ce jour.

Source : suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises - Rapport annuel 2007

03 novembre 2008

Une attaque sans précédent ?

Un ours blesse un chasseur dans le Val d’Aran. Pour l'ASPAP : «Cet accident n'est pas une surprise : il s'inscrit dans l'escalade "évènements exceptionnels, hautement improbables" (nous disent l'Etat et les associations pro-ours) qui se multiplient depuis les introductions d'ours. L'actualité en témoigne :  Août 2008, collision ours contre minibus sur la 4 voies d'Andorre.»

Un chauffeur de minibus qui refuse de s’arrêter

Un ours percute un minibus publiait la presse. Le monde à l’envers ! Le chauffeur a déclaré : «Il était de l'autre coté de la barrière de sécurité. Lorsque je l'ai aperçu, j'ai eu le temps de freiner. De 90 km/h, je suis passé à 40. Mais l'ours a sauté la barrière centrale.» Le plantigrade se retrouve deux à trois mètres devant le minibus. «La route était mouillée. Si je donnais un coup de volant à droite, on risquait de se rétamer». Le chauffeur décide de ne pas s'arrêter. «Si je freinais d'un seul coup et que l'ours était énervé, on risquait notre peau.» Il continue donc d'avancer, au ralenti. Le choc est inévitable. L'ours, de taille adulte, percute le côté avant gauche du minibus. Personne n'est blessé. Pas de mouvement de panique à bord. Pour le conducteur, passer de 40 km/h à zéro devant un ours, c’est risquer sa peau, alors il ne freine pas et…c’est l’ours qui percute le minibus !

Toutes les associations demandent des passages à gibier afin d’éviter les accidents. Pas l’ASPAP, pour eux, un accident avec un ours, c’est la possibilité d’avoir un ours blessé, voire tué et c’est aussi l’occasion de dénoncer la présence d’ours dans les Pyrénées. L’ASPAP dénonce l’ours, c’est lui qui attaque le minibus ! L’ASPAP jette le bébé avec l’eau du bain. C’est à l’Etat de proposer la construction d' «oursoducs» pour éviter les accidents. L’ASPAP pourra alors dénoncer le coût de l’ours qui oblige les français à payer pour de telles constructions. L’ASPAP essaie de gagner sur les deux tableaux. 

«Septembre 2008 : un chasseur blesse un ours en Ariège»

Pour l’ASPAP, les associations pro-ours classeraient l'évènement d'un chasseur qui tire sur un ours comme un fait exceptionnel, hautement improbables. L'Etat dirait la même chose ? C’est faut. Toutes les associations dénoncent la chasse au sanglier en battues qui est la première cause d’accident pour les ours. Un chasseur qui panique devant un ours utilise son arme. La mort récente de trois ourses femelles est là pour le rappeler.

Le côté répétitif, prévisible de ces morts d’ours est justement dénoncé. Les associations demandent la réglementation de la chasse en battue et la mise en place de zones de protection pour que l’ours puisse disposer de zones de quiétudes.

«Octobre 2008 : un ours blesse un chasseur en Espagne»

«Nous savions que Sarousse et Hvala, ainsi que ses deux oursons se trouvaient dans le secteur de Les» a déclaré Magali Boniface de l'ASPAP. Le chasseur qui lâche les chiens dans une zone où il connaît pertinemment la présence de l’ours sait que l’ours se défend et charge. Le chasseur qui le sait et chasse l’ours se met en danger.

«Une attaque sans précédent»

L’ASPAP espère de nouvelles rencontre ours / chasseurs car elle est à nouveau gagnante sur les deux tableaux : soit la mort de l’ours (un de moins et les chasseurs sont relaxés, état de nécessité oblige!), soit elle peut dénoncer «l'attaque sans précédent» de l’ours (qui se défend) sur le pauvre chasseur, «pobre Luis» et ainsi demander le retrait de l’ours qui ne fait que se défendre : «Cette attaque sans précédent l'amènera-t-il (NDLB : L’Etat) à reconnaître que les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? » Le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne «rappelle que jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en liberté».

Une battue organisée en dépit de la présence de l’ours, un ours qui réagit à l’attaque des chiens, des fautes humaines qui permettent aux anti-ours de réclamer le retrait de la bête dangereuse! Un comble. Ce n’est pas l’ours qui a attaqué le chasseur, mais le contraire, l’ours lui se défend contre les chiens et charge. «Hvala devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un» a déclaré Juan Bares, un des chasseurs. La battue au sanglier à dérangé l’ours qui a eu une réaction normale. Qui est responsable des blessures du chasseur, l’ours ou les organisateurs de la battue ?

Dans l’Eclair des Pyrénées du 16 juillet 1657 on pouvait lire : «Il sera facile, si on tue un ours dans ces conditions de plaider la légitime défense » (Source: Les dernières chasse à l’ours dans les basses Pyrénées, René Arripe)

L’ours qui lors d’une battue poursuit le chien jusqu’au chasseur, ce n’est pourtant pas nouveau. Quelques exemples tirés de «Le loup, l’ours et le pastou» de Louis Espinasous, : «Rencontres presque banales» écrit l’auteur :

  • J. Gay, un chasseur de 50 ans de Lescun raconte une battue au sanglier «Dia la chienne entre les jambes. Elle te me pisse sur les bottes ! Arrivé au sentier, je vois la tête de l’ours ; pas gros, mais beau. On s’est regardé (…)» 
  • J.B. Gavin, 80 ans de Bilhères : «le chien nous revient pas dans les pattes ! L’ours ? Mais alors nez à nez !» [page 51]

Dans une autre histoire, en Aspe, «l’ours passe entre le chasseur « occupé »… et son fusil !» [page 53]

Dans ce livre, de multiples histoires montrent aussi que quand l’homme n’a pas de fusil, l’ours s’enfuit. Louis Espinassous termine son chapitre par un vibrant : «Quelques ours survivent dans les montagnes d’Aspe et d’Ossau. Avec eux survit une culture vivante. Pouvoir rencontrer l’ours ! Vivre,  en parcourant la montagne, toutes les émotions, toute la culture accumulée entre ours et homme pendant des siècles ! Ce patrimoine là, cette émotion là, peuvent-ils être rayés d’un coup, parce que l’homme veut toute la place, absolument toute la place ? » 

dans «Les dernières chasses à l’ours dans les basses Pyrénées» de  René Arripe, d’autres témoignages révélateurs montrent bien que les ours actuels ne sont pas différentes des ours anciens : ils préfèrent fuire, mais quand cela s'avère nécessaire, ils se défendent.

Une exemple où l’homme attaque : Cette- Eygun : «Vers deux heures de l’après-midi, ils aperçurent une ourse et deux oursons  qui se dirigeaient paisiblement de leur côté. Lacourrège, qui ne se trouvait plus qu’à quelques mètres de cette intéressante famille, fit feu sur la mère. Celle-ci  atteinte au défaut de l’épaule, poussa un rugissement épouvantable (…) Lacourrège voulut tirer de nouveau sur le fauve, mais il se trompa de gâchette et le coup ne partit pas. Comme il appelait ses camarades, l’ourse, à ses cris se retourna, et se précipitant d’un bon sur son adversaire, lui prit le bras dans sa gueule et lui enfonça dans la cuisse droite ses énormes et puissantes griffes. L’ourse et Laccourrège, ne formant qu’un bloc, roulèrent dans la neige (…)». A la fin de l’histoire, l’ours meurt. (Glaneur d’Oloron du 25 décembre 1899)

Une autre où la confrontation homme / chasseur se passe bien : Béost-Bagès – «Son fusil sur le dos, il suivait tranquillement le sentier, lorsque à un tournant du sentier une masse informe se cabre, les pattes de devant en l’air et tirant la langue : notre chasseur se trouva face à face avec celui qu’il cherchait, mais tellement près, à un mètre, qu’il n’eut pas la présence d’esprit de décrocher son fusil et d’(épauler notre Martin ; plus sage, il fit demi tour, tandis que de son côté l’ours en faisait de même et s’échappa vers des ravins où il le perdit de vue. Revenu de sa stupeur, le chasseur Fondecave se promit bien de lui jouer un tour un de ces matins.» (Le Glaneur d’Oloron, 15 septembre 1928.)

Qu’a dit Luis Turmo, une fois revenu de sa peur d’avoir été baffé par l’ourse Hvala ? «Et dire que je devais prendre le permis pour l'isard ce vendredi. Ce sera pour l'année prochaine. Quant à la chasse au sanglier, je compte bien y retourner dans quelques semaines. Et là, si je tombe sur l'ours, je le tue.»

Rien ne change dans les Pyrénées, ni les ours : pas plus sombres ou plus agressifs qu’avant, seulement plus rares ; ni les chasseurs : toujours aussi lents à la détente, si j'ose dire, pour ne pas dire toujours aussi c.., ils veulent toujours absolument toute la place.

Allié de l’ASPAP sur la demande de retrait des ours, le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne rappelle que «jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en libertéVous pouvez réagir.

Les ours brun ne deviennent pas plus sauvages, pas plus dangereux, pas plus carnivores, qu'ils soient "de chez nous", qu'ils soient "étrangers". Ce sont des Ursus arctos. Les hommes politiques locaux et les éleveurs n'évoluent pas. Un atavisme pyrénéen ? «Des ânes et des imbéciles» avait lançé Nelly Olin.

01 novembre 2008

Merci Hvala

Coup de gueule

Avec comme modèle, l'article "Les, le village aux 800 chasseurs", un article toujours aussi tendancieux de la Dépêche du Midi.

Premier novembre 2008. Cannelle est morte il y a quatre ans aujourd'hui.

Battue au sanglierLes chasseurs, les chasseurs, les chasseurs. Hier dans les bois de Les, il n'y avait plus de ramassage de châtaignes ou de dîner sous les pommiers. Tous les animaux parlaient de cette «pobre Hvala» traquée par des hommes et un hélicoptère, et de ce c… de Luis qui a ramassé une baffe bien méritée.

Sage, le hibou connaît tout de l'histoire, il a vu les télés, les radios, le journal aranais «Segre» qui titrait «Aran exige de retirer l'ours». Tous les habitants de la forêt expriment leur colère sous la frondaison des arbres en parlant de souches en buissons. «Tout le monde en parle. Tout le monde est contre. Tout le monde connaît Hvala, une ourse appréciée avec ses deux petiotes

Alors dans cette forêt, les merles, les palombes, les pics, les renards... tout le monde en a marre de ces 800 chasseurs. Sur les 1000 habitants de Les, il y a 800 porteurs de flingues ! Pas question de trouver un animal pour défendre Luis. «Il savait à quoi s'attendre déclare le vieux sanglier, encore effrayé par le cri des chiens.» «Elle se planquait. Elle a attendu le dernier moment. Avec les chiens, pas moyen de passer inaperçue. Ils l'ont dérangé, attaqué de près et puis ce sauvage qui s'est mis à crier. Heureusement que c'est une calme, l’ourse Hvala. Il ne serait plus là pour en parler.» déclare le geai des chênes qui a tout vu.

Tous les viandards étaient accoudés au bar «Es Neres», on les entendait crier. «Nous savions que Sarousse et Hvala, ainsi que ses deux oursons se trouvaient dans le secteur de Les.» a déclaré Magali Boniface de l'ASPAP. «Hvala devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un» a crié Juan Bares, un des chasseurs. (Lire ces déclarations ici.)

«Ils savaient et ils ont lancé les chiens sur l'ours, il a mérité sa peur !» dénonce la laie encore terrorisée. Derrière le rocher qui sert de comptoir où s'alignent les fruits et les baies, le blaireau acquiesce : «C'est très joli les battues. Mais les chasseurs, c'est dangereux. Depuis l'ouverture, on ne compte plus les accidents de chasse, 3 morts déjà, plus Fabio Butali, un gars en VTT, flingué comme un vulgaire gibier, ils se tirent entre eux et c'est l'ourse Hvala, le gibier, qui alors qu'elle est planquée serait LE DANGER

La martre enchaîne : «Le promeneur, le cueilleur de champignon, quand il voit un ours, il s'éloigne et en parle à la veillée, il se fait des souvenirs pour toute sa vie. Le chasseur lui, il s'approche, près à tirer sans visibilité, "à l'instinct" ils appellent cela en Ariège. Et c'est légal en plus. Le chasseur, lui, ne veut pas partager la montagne. pas question de laisser une zone à ours sans y passer avec les chiens. Ce n'est pas la première fois que nous voyons les chasseurs pénétrer en connaissance de cause là où se planquent les ours. Pour Mellba, pour Claude, pour Cannelle, c’était la même chose. Sans aucun respect pour le symbole des Pyrénées. Avec Hvala, maintenant on a tous la trouille et la rage.»

Daniel Boya, au bar racontait des conneries, des histoires de son père et de son grand-père chasseurs d'ours. Il semblait regretter le bon temps. «Les ours n’ont pas changés, ils sont toujours sauvages mais peureux, ils fuient l'homme. Il n'est pas normal de trouver des chasseurs avec des chiens là où ils savent que se trouve l’ours. Les promeneurs, les cyclistes, les chercheurs de champignons, l’ours s’en fout. Il est resté couché, sans emmerder personne

L'ours a toujours été là, l'ours a toujours eu peur, mais quand on lâche les chiens, c'est son droit de se défendre, d’intimider les attaquants, de se faire respecter. Toutes les personnes qui ne chassent pas et même les chasseurs, les vrais comprennent cela. La pie qui n'arrête pas de répondre aux télévisions répète à l'envi : «Il faut arrêter les battues au sanglier.»

La vraie raison de la traque de Hvala

Les 800 chasseurs de Les ne veulent pas respecter l'ours ? Ils ne comprennent pas qu'une ourse harcelée par des chiens se défende ? Que connaissent-ils de la faune ? Il ne faut pas prendre les Français ou les Espagnols pour des cons. Ce n'est pas l'ours qui a attaqué l'homme, mais le chasseur avec ses chiens qui a attaqué l'ourse couchée sur sa litière.

Ce n'est pas à cause du chasseur qui s'est mis lui-même en danger qu'ils traquent Hvala et que les politiciens gueulent qu'il faut "la ramener en France" ou la déplacer. La réalité est toute autre...

Tout le monde sait que l'ourse Hvala a été vue au printemps avec un ours mâle. Tout le monde sait que l'ourse Hvala était sans ses oursonnes Pollen et Bambou. Tout le monde sait que la probabilité qu'elle soit gravide est élevée. Tout le monde sait, y compris les opposants au plantigrade, les éleveurs, les chasseurs, que l'ourse Hvala va sans doute à nouveau donner naissance cet hiver à 2 ou 3 oursons, preuve de l'adaptation de l'ourse aux Pyrénées, preuve de l'adaptation des Pyrénées aux ours.

Avant l'ours, après l'oursIls ont traqué Franska sans relâche jusqu'à sa mort. Peut-être avaient-ils aussi traqué précédemment l'ourse Palouma, on ne le saura jamais.

Ils ont applaudi le chauffeur du minibus, qui effrayé à l'idée de voir passer un ours aussi près à pied devant lui, a préféré ne pas s'arrêter, pour ne pas mettre son minibus à l'arrêt à côté d'un gros ours, c'est qu'ils défoncent les minibus les ours.

Ils ont applaudi le chasseur qui a tiré sur Balou. Ils ont excusé, l'inexcusable. Ils ont pardonné l'impardonnable. Il est normal de confondre un ours et un sanglier en plein jour. C'est vrai que derrière un buisson qui bouge, il est possible de confondre un hérisson avec un promeneur, un blaireau avec une vache, un ours avec un sanglier. De toute façon, s'il est permis de tirer avant de savoir sur quoi on tire, tout est normal.

Alors il faut à tout prix empêcher l'ourse Hvala de rentrer en "tutte", il faut la traquer sans s'arrêter, l'empêcher de prendre ses quartiers d'hiver, la traquer pour qu'elle décide d'avorter ou la tirer de l'hélicoptère pour mettre l'ourse en enclos, pour qu'elle ne puisse plus être relâchée ; pour que les oursons, s'ils naissent, le fassent entre quatre murs de béton, leur avenir tout tracé, comme à Borce. Des ours qui rapportent.

Honte aux politiciens minables qui instrumentalisent l'ours. Honte aux mauvais chasseurs sans cervelle qui utilisent la chasse, en toute connaissance de cause, pour faire disparaître le plus grand des prédateurs qui ensauvage la montagne "vivante".

Depuis les dernières décisions de justice, chaque rencontre ours / chasseur est une opportunité pour se débarrasser d'un ours : soit par tir direct, l'état de nécessité cela s'appelle, ce n'est pas poursuivi, même si l'espèce est protégée, soit parce que l'ours n'est pas un mouton et qu'il montre qu'il a du caractère et un l'instinct de survie. Dans ce cas, l'ours s'avère être dangereux, ne plus avoir peur de l'homme, être un ours à problème. L'instinct de survie de l'ours est un problème pour le chasseur, une atteinte à sa sécurité. l'ours doit être exécuté, "retiré".

Qui tue des chasseurs en France chaque année ? Qui tue des promeneurs en France chaque année ? Qui vient de tuer un vététiste tout juste d'être porté en terre ? Et ce sont ceux là qui crient "A l'ours" et qui organisent la traque de l'ourse Hvala pour la "ramener en France" ou en Slovénie s'ils pouvaient, pour l'attraper et la parquer dans un enclos, d'où elle ne sortirait jamais plus, pour devenir une ourse pondeuse, une source de revenus pour la commune où elle serait parquée. Défense de jeter des cacahuètes aux ours, comme à Borce. Un beau projet.

La presse et l'oursJe suis heureux de voir que les associations espagnoles se mobilisent, que les serveurs mail des responsables politiques du Val d'Aran explosent sous le nombre des messages qui bloquent leur boite à courrier. Depuis 3 jours, les boites sont pleines ou les messages détruits avant d'avoir été lus. Que la mauvaise conscience de ces responsables politiques les empêche de dormir. Qu'importe, les messages sont partis aussi à l'ancienne, par la poste. Faites de même, écrivez, quoi qu'il arrive à Hvala, écrivez rapidement.

Il faut que le Groupe National Ours se réunisse d'urgence en novembre, que l'Etat français coordonne ses actions avec l'Etat espagnol, que les ours soit enfin protégés, comme ils devraient l'être.

Que la neige tombe en masse. Que les pieds et les mains des traqueurs gèlent. Qu'un brouillard épais se lève. Que les piles de l'émetteur de l'ourse rendent l'âme. Que l'hiver soit précoce et que Hvala rentre dans une caverne pour donner naissance en janvier à deux ou à trois petits "cubs", un nouvel espoir pour les Pyrénées. Voilà ce qu'il ne veulent pas, voilà pourquoi il est nécessaire de traquer l'ourse Hvala. L'excuse, c'est "l'attaque de l'ourse" sur le «pobre Luis» de 72 ans.

Merci Hvala pour ton courage et MERDE pour ceux qui cherchent à te faire disparaître derrière des barbelés et du béton.

Baudouin de Menten

31 octobre 2008

Non à la capture de l'ourse Hvala

OSO : ¡ NO A LA CAPTURA DE LA OSA HVALA !

Alors que les tentatives de capture de l’ourse Hvala sont toujours en cours (à quelques semaines de l’entrée en hibernation…) dont la finalité reste très floue, manifestez votre opposition auprès des autorités de la Généralidad de Catalogne et du Conseil Général d’Aran.

Pour exprimer votre opposition à la capture de Hvala, envoyez ce texte en espagnol ou un texte de votre plume (en restant toujours courtois et si possible en espagnol) à chacune de ces 3 adresses. Essayez d'abord aux adresses mail. Si les boites sont pleines (bonne nouvelle !), envoyez 3 lettres "papier":

NO A LA CAPTURA DE LA OSA HVALA Signez le manifeste en ligne

Pour ceux qui ne parlent pas espagnol, il suffit de :

  1. De préférence choisir une heure creuse : entre 23h et 07h car en dehors, les serveurs explosent vu l'affluence.
  2. cliquer sur "Signa per l’ossa" (signez pour l’ourse) puis de
  3. cliquer en bas du texte sur "M’adheireixo a la campanuya" (participer à la campagne) puis de
  4. mettre votre nom dans le champ "nom persona" et
  5. votre adresse mail dans "Correu electrònic " et
  6. enfin de valider le tout en cliquant sur "signa". Voilà, c’est fait !

Signez le manifeste en ligne

Lettre type en français

Suite aux blessures infligées par l’ourse Hvala à un chasseur au cours d’une battue aux sangliers dans le Val d’Aran, une réunion a été organisée le 27 octobre, entre les représentants du Conseil général d’Aran et de la Généralité de Catalogne.

A l’issue de cette rencontre, on apprend que la capture de l’ourse Hvala est toujours maintenue. Ni le but de cette capture, ni le devenir de l’ourse une fois capturée ne sont précisés. Dans la presse, on parle de la mettre en captivité dans le centre de la Faune Sauvage de Vallcalent, sans qu’il soit précisé clairement qu’elle sera relâchée immédiatement après l’examen de son état de santé.

Comme tous les passionnés de l’ours et de la faune sauvage, je m’oppose sans condition au retrait définitif de l’ourse Hvala de son milieu naturel qui n’aurait pas absolument pas lieu d’être.

En effet, pour revenir aux faits qui se sont déroulés le 22 octobre dernier, il s’agit d’un comportement de défense et non d’une attaque spontanée. D’ailleurs, malgré la puissance de l’animal, le chasseur n’a pas été grièvement blessé. Dérangée par une meute de chiens alors qu’elle était gîtée pour la journée, l’ourse Hvala a visiblement paniqué et mordu le chasseur. Ceci est d’ailleurs confirmé par le témoignage d’un des participants de la battue : « Il [=l’ours] devait être à l’abri sous un rocher où l’on a trouvé des gâteaux de miel. L’herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l’ont dérangé et fait lever. » (La Dépêche du Midi du 24/10/2008).

Le retrait de l’ourse Hvala serait une catastrophe pour la population d’ours brun des Pyrénées. Une vingtaine d’individus seulement sont présents dans les Pyrénées dont moins d’une dizaine sur le versant catalan. Cette population est menacée de disparition compte tenu de la faiblesse de ses effectifs.

De plus, au vu des superbes images réalisées ce printemps par l’équipe de suivi catalane (où l’on voit Hvala et un mâle adulte), la capture de cette ourse induirait en fait le retrait de deux à quatre ours puisqu’il y a de grandes chances que Hvala mette bas cet hiver.

L’ours n’est pas plus dangereux que n’importe quel autre animal sauvage. Aucun homme n’a été tué dans les Pyrénées depuis 1850. Chaque année, des hommes sont blessés voire tués par des cerfs, des chevreuils ou des sangliers en France et en Espagne. Demande-t-on pour autant le retrait de ces animaux de nos bois ? Remet-on pour autant en cause leur existence dans nos montagnes ?

Il est vrai que comme toutes les bêtes de grande taille, l’ours brun peut devenir menaçant dans des circonstances bien particulières, notamment lorsqu’il est acculé, agressé ou lorsqu’une mère cherche à défendre ses petits. En ce sens, la chasse en battue avec chiens est particulièrement dérangeante pour la faune sauvage et pour l’ours brun en particulier. D’ailleurs, les seuls cas de charges d’intimidation ou d’attaques recensés à ce jour dans les Pyrénées ont toujours eu lieu envers les chasseurs lors de battues aux sangliers ou aux cervidés, jamais envers des randonneurs.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’en dehors de cet accident regrettable, l’ourse Hvala n’a jamais manifesté de familiarité et encore moins d’agressivité envers l’homme, que ce soit dans la partie aranaise ou française de son territoire. Il s’agit certainement du plantigrade relâché en 2006 qui s’est le mieux adapté à son environnement.

Enfin, la capture d’un ours, à quelques semaines de l’entrée en hibernation, est une opération complètement inconscience car dangereuse pour la survie de l’ours (surtout pour une ourse potentiellement pleine). En effet, il s’agit d’une période de repérage de la tanière et de constitution des réserves de graisse, où l’ours a besoin d’une grande tranquilité.

Aussi, pour toutes ces raisons, je vous demande de suspendre immédiatement la capture de cette ourse qui serait un désastre pour la population d’ours brun des Pyrénées.

Comme tous les amis de l’ours, je n’ose imaginer que la communauté de Catalogne, qui consent tant d’effort pour la protection de l’environnement et de la biodiversité, puisse participer à la disparition de l’ours en retirant des Pyrénées une des rares ourses présentes sur son territoire. "

Mais surtout lettre type en espagnol (à adapter selon vos sensibilités si vous le souhaitez)

Lettre type en espagnol

Seguido a las heridas infligidas por la osa Hvala a un cazador durante una batida en Vall de Aran, una reunion a sido organizada el 27 de octubre, entre los representantes del Consejo General de Aran y la Generalitad de Cataluna. Al fin de este encuentro, se dijo que se debe capturar la osa Hvala. Ni el objectivo de esta captura ni lo que van a ser de ella, nadie lo ha dicho. En los périodicos se dice que van a ponerla en el Centro de la Fauna Salvaje de Vallcalent , en captividad. Nadie dice con claridad lo que pasara : la libertad siguiente el reconocimiento médico o la captividad ?

Como todos los aficionados del oso y de la fauna salvaje , me opongo sin condicion a la captura definitiva de la osa Hvala , que no debe ser.

Lo que ocurrio el 22 de octubre, su puede definir como una conducta de defensa y no una ataca espontànea : aunque el animal sea muy fuerte, las heridas del cazador no son heridas de gravedad. Molestada por los perros mientras su descanso, la osa Hvala a tenido miedo y ataco el cazador, lo que fue confirmado por un otro cazador de la batida : « el oso estaba seguramente bajo una pena a donde se encontro pasteles de miel. La hierba estaba aùn caliente. Despues, los perros la molestaron y ella, se levanto. » Dépêche du Midi 24 octobre 2008.

La retirada de la osa Hvala, seria catastrofica para la populacion del oso pardo de los Pirineos : unos veinte osos viven en los Pirineos y menos de diez en los Pirineos catalanes. Por eso, esta populacion podria desaparecer .

Esta primavera, el equipo de seguia catalana, ha sacado unas photos soberbias de Hvala con un macho. La captura de esta osa podria inducir la retirada de dos a quatro osos : Hvala debria parir este invierno.

El oso no es mas peligroso que otro animal salvaje. Ningun hombre no ha sido matado en los Pirineos desde 1850. Cada anos, hombres son heridos y a veces matados por otros animales como ciervos, corzos, jabalies, en Francia y en Espana : pedimos la retirada des estos animales de nuestros bosques ? Pensamos que no pueden vivir en nuestros montes ? Es verdad que como todos los animales grandes , el oso pardo puede ser a veces amenezador : cuando es aculado, agredido o cuando una hembra quiere proteger a sus oseznos. La caza en batida con perros es particularmente una gran molesta para la fauna salvaje y por el oso pardo sobre todo.

Los casos de intimidacion o de ataca enumerados hasta hoy en los Pirineos, han ocurido siempre contra los cazadores durante las batidas y nunca contra los caminantes. Hay que decir que a pesar de este triste accidente , la osa Hvala, nunca ha sido familiar ni agresiva, en Vall de Aran o a Francia. Es el oso llegado en 2006 que se adapto lo mejor a su medio ambiente.

La captura de la osa algunas semanas antes la entrada en hibernacion, es una operacion inconciente porque peligrosa para su vida , sobre todo para una osa quizas prenada. Para el oso, es el periodo de localizacion de la guarida y de constitucion de las reservas de grasa. Pues, es necesarion que sea muy tranquilo.

Entonces, pido que se suspende la captura de esta osa que seria un desastre para la populacion de los osos pardos de los Pirineos.

Como todos los amigos de oso, no puedo pensar que la comunidad de Cataluna , que hace tantos esfuerzos para la proteccion del medio ambiente y de la biodiversidad, podria participar a la desaparicion del oso, retirando de los Pirineos una de las raras osas, viviendo en su territorio. "

24 octobre 2008

Un chasseur blessé par un ours dans les Pyrénées espagnoles

Blessés lors de battues aux sangliers : Chasseurs 1 - Ours 1. Ce match est nul. L'Etat doit mettre fin au match et créer des réserves de chasse.

Un chasseur espagnol a été attaqué et blessé par un ours, probablement l'un des plantigrades slovènes lâchés en 2006 dans les Pyrénées françaises, mercredi dans le val d'Aran (Pyrénées espagnoles), près de la frontière française, annonce La Dépêche du Midi dans son édition de vendredi.

Le chasseur, Luis Turmo, un retraité de 72 ans, a été attaqué alors qu'il participait à une battue au sanglier avec quatre autres personnes mercredi en milieu de journée, à près de 1.200 mètres d'altitude, indique le journal.

Griffé au bras gauche et mordu au mollet, il a été hospitalisé dans la commune espagnole de Vielha (Aragon), où 15 points de suture lui ont été appliqués.

"L'ours s'est dressé et jeté sur moi. Heureusement, dans la chute j'ai tiré deux coups de feu en l'air. Je pense qu'il a eu peur et s'est enfui", a déclaré le chasseur à un journaliste de La Dépêche.

Juan Bares a son idée sur cette rencontre imprévue :«Il devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'ours à l'origine de l'attaque serait l'ourse Hvala, lâchée dans les Pyrénées françaises en 2006.

Quatre femelles et un mâle slovènes avaient été lâchés dans les Pyrénées françaises, entre le 25 avril et le 22 août 2006, dans le cadre d'un plan de restauration et de conservation décidé par le ministère de l'Ecologie et très fortement critiqué par des éleveurs et des élus locaux.

Sources : AFP, La Dépêche du Midi

Gagner sur les deux tableaux

Cela faisait des mois que les anti-ours attendaient et prédisaient cela. Ils vont s'en doute s'en donner à coeur joie et dénoncer la présence d'ours dans les Pyrénées. Enfin un blessé pour défendre leur cause. Malheureusement c'est en Espagne. Toujours rien en France.

Heureusement le chasseur, non gravement blessé a quitté l'hopital. Pour une fois la rencontre entre un ours et un chasseur ne se termine pas par la mort de l'ours. Cette fois, on aura droit à un linchage médiatique.

Les opposants au plantigrade ont intérêt a ce que ces rencontres chasseurs/ours se reproduisent. Ils sont gagnants sur les deux tableaux : soit un ours de moins, soit une nouvelle raison pour demander l'éradication de l'espèce. Hvala, si c'est bien d'elle qu'il s'agit, va se retrouver sur la selette. L'ours n'a plus qu'une seule chose à faire pour s'en tirer : fuir l'homme.

Pour protéger les derniers ours, les associations demandaient une meilleure réglementation de la chasse aux sangliers en battue dans les Pyrénées. Maintenant l'Etat se trouve davant une double obligation : protéger les chasseurs et protéger les ours. Il est urgent de réglementer ce mode de chasse, et on sera gagnant sur les deux tableaux.

Lire aussi :

19 août 2008

Les 3 ourses de Carla Bruni-Sarkosy indisposent les ultrapastoraux

"Interpellée au printemps 2008 par des défenseurs de l'ours afin d'attirer son attention sur l'avenir du plantigrade, Carla Bruni-Sarkozy a renouvelé en termes clairs son soutien à l'ours", a indiqué Alain Reynes, porte-parole de l'association Pays de l'ours-Adet. "L'épouse du président de la République, Carla Bruni-Sarkozy, a écrit à l'association Férus et à Pays de l'ours Adet, pour apporter son soutien à notre action"

Carla Bruni se dévoile La publication de cette lettre dans la presse a créé une vague d'articles. La première dame de France est toujours aussi appréciée médiatiquement.

"Carla Bruni, la nouvelle amie des bêtes... "
"Ne tenant pas spécialement à passer pour un porte-manteau et à se cantonner dans le rôle de nouvelle Jackie Kennedy, Carla Bruni-Sarkozy vient de se trouver une vraie cause à défendre: les ours des Pyrénées " (Purepeople)

"Carla et l'ours..."
"Dans le courrier qu’elle a envoyé le 22 juillet aux associations, elle souligne : "la coexistence est difficile pour tous mais elle doit être possible et nous ne devons jamais nous résigner". Et elle ajoute : "Il ne s'agit pas, dans nos régions, de choisir entre l'ours ou l'homme" Et encore : "Dans l'esprit même du Grenelle de l'environnement, il nous faut trouver une voie équilibrée de coexistence. D'un côté, la présence des ours dans les Pyrénées traduit une volonté de protéger la biodiversité, d'autant qu'elle s'inscrit dans le cadre d'engagements internationaux anciens de la France. D'un autre côté, l'adhésion des populations locales constitue une nécessité incontournable". Elle est contente aussi de savoir que deux oursons sont nés en janvier 2007. (Depuis, on les a baptisé : Pollen et Bambou…) Carla Bruni-Sarkozy rappelle, dans cette lettre, que «c'est par conviction dans le devoir de protection de la biodiversité animale» qu'elle a accepté d'être la marraine de l'ourse slovène Hvala..." (Lepost)

Peut-être serait-il temps de contrôler ce que pensent les populations locales au projet. A quand une consultation des Pyrénéens et pas simplement se contenter de lire dans la presse acquise à leur cause, les titres accrocheurs et sanglants et les communiqués volontairement effrayants de ceux qui refusent  de participer au groupe national ours, allant même jusqu'à regretter "que Chantal Robin-Rodrigo (PRG), qui, après avoir soutenu l’action de l’ADET-Pays de l’ours par un courrier adressé à son Président en 2000, rompt la solidarité pyrénéenne incarnée par les autres élus absents".

[NDLB: sous entendre les boycotteurs du GNO:

  • Augustin Bonrepaux (Président du Conseil Général de l'Ariège),
  • Jean Lassalle (Député des Pyrénées atlantiques, président de l'IPHB),
  • Jean-Michel Anxolabehere (Président de l'Association des chambres d'Agriculture des Pyrénées)
  • Monique Lahitette (Association des Eleveurs transhumants des Trois Vallées)
  • Philippe Lacube (Président de l'ADDIP)
  • Bernard Place (Président de la fédération des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques)]

Accepter de discuter de la cohabitation? Une traitrise! Pourtant Chantal Robin-Rodrigo est une farouche opposante aux prédateurs. C'est sous une pression constante que les ultrapastoraux "tiennent" la population, musèlent l'opinion publique, les politiciens, les bergers "trop tièdes" et tous ceux qui osent "parler" de l'ours. Une chappe de plomb pyrénéenne qui avec son côté milice privée sent le souffre.

"Carla Bruni-Sarkozy soutient les défenseurs de l'ours dans les Pyrénées"
titrent plutôt injustement le Figaro et la Dépêche du Midi, toujours prête à mettre le feu alors qu'il me semble que ce serait plus juste de dire "Carla Bruni-Sarkozy soutient la cohabitation avec l'ours dans les Pyrénées"
Sources : La Dépêche du Midi, Le figaro.

"Il y a quelqu'un qui soutient..." 
(allusion au titre d'une chanson de Carla Bruni).
"De l’Ariège aux Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne aux Pyrénées-Atlantiques, nul doute que le courrier communiqué par les associations Férus et Pays de l’Ours-Adet va faire réagir. Ces deux associations de soutien à la réintroduction des ours dans les Pyrénées ont indiqué avoir reçu un courrier de soutien de la Première Dame de France, Carla Bruni-Sarkozy. Un courrier où elle prône la coexistence entre l’homme et l’ours dans les Pyrénées, qu’elle juge possible tant que les populations ne se résignent pas. (...) Voilà qui permettra de relancer le dossier de l’ours dans les Pyrénées, alors que l’idée de nouvelles réintroductions dans le Haut-Béarn (où il y aurait quatre mâles mais pas de femelles) au printemps prochain n’a pas été écartée par Nathalie Kosciusko-Morizet lors de sa venue à Toulouse, en juin dernier." déclare de son côté Pyrénéesinfo.

"Carla Bruni-Sarkozy apporte son soutien aux défenseurs de l'ours dans les Pyrénées" (Nouvel Obs)

"Carla Bruni, une pro ours"
titre "stars-actu" : "La première dame de France a tenu à redire son soutien a cette cause qui lui tient visiblement à cœur" (Star-actu). "Carla Bruni affirme que la coexistence entre l’ours et l’homme est difficile mais possible"

Les ultras pastoraux renaclent

C'est bien en celà que la position modérée de Carla-Bruni-Sarkozy aggasse les ultras pastoraux qui renâclent...

"On se demande donc, ce qu’elle aurait pu écrire aux opposants… peut-être la même chose" déclare le post.   Et il a raison ce journal, la même lettre aurait pû être envoyée à Philippe Lacube. C'est bien la preuve qu'e Carla-Bruni-Sarkozy tient un discours modéré prônant la cohabitation entre les deux opinions comme entre le pastoralisme et les prédateurs.

"Certains dénoncent déjà le fait que cette réponse ne soit pas une réponse personnelle de Carla Bruni Sarkozy... mais d'un chef de cabinet aux arguments 1000 fois entendu!" écrit Star-actu. Ces arguments sont ceux du plan ours qui cherchent à calmer les esprits et à trouver un juste milieu. Mais les positions médianes déplaisent aux extrémistes ultrapastoraux.

Purepeople, journal dont j'ignore l'existance et l'intérêt, interprète bien mieux cette actualité que les traditionnels journaux pyrénéens quand il déclare "L'irruption de l'épouse du président dans le débat ne pèsera sans doute guère dans l'esprit des anti-ours qui ne verront là que parisianisme et compagnie. En revanche, les associations militant pour la réintroduction des ours trouvent là un appui de taille, compte tenu du poids médiatique représenté aujourd'hui par Carla Bruni."

Louis Dollo, porte parole des associations extrémistes pastorales sur le web, râle par l'intermédiaire du site Kairn. Kairn est en principe un site qui parle d'escalade mais bizarrement, il délègue la gestion de sa rubrique "nature" à un correspondant de presse local des journaux Tourbes-Infos et Lourdes-Infos, un anti-ours notoire au discours propagandiste et manipulateur qui ne trompe personne et est vertement critiqué sur les multiples forums où il inonde les messages de liens pour soigner son positionnement de page dans les moteurs de recherche.

La collusion anti-environnementale existe donc bel et bien entre Louis Dollo et la rédaction de Kairn, c'est gens ne sont pas aveugle. Qu'en pensent les alpinistes et pyrénéistes qui bien souvent parcourent ou découvrent le pays de l'ours par les arrêtes et les cimes? Louis Dollo profite du fait que KAIRN est le seul des sites où il écrit qui soit actuellement (encore) accepté comme source d'actualités dans Google actus.

Louis Dollo déclare : "il ne s’agit que d’un non événement. Une prise de position qui n’en est pas une ou, en tout cas, la confirmation de la position de l’Elysée au sujet des introductions d’ours." (...)"si le 17 mai 2006 elle avait agi seule en fonction de son ressenti personnel (NDLB: En acceptant de devenir marraine de l'ours Hvala qui a donné naissance depuis aux deux oursonnes Pollen et Bambou), en juillet 2008, la « Première dame » n’a pas écrit elle-même le courrier mais laissé ce soin au Chef de Cabinet Adjoint du Président de la République après 4 mois de silence". D'autres opposants ont parlé de Samuel Fringant, qui n’est autre que le chef de cabinet adjoint du président de la République comme d'un "sous fifre"!

Pour Louis Dollo, ce délai de 4 mois ainsi que l'appui demandé à son cabinet doivent visiblement être interprétée comme un "manque d'intérêt". Ce qui est une interprétation parfaitement opposée au contenu de la lettre. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut entendre. Qu'espérait-il ? Que la première dame de France, qui a bien d'autres occupations, on s'en doute, réponde le lendemain de la réception de cette lettre d'un membre des associations par une lettre parfumée accompagnée d'une invitation à un concert ? Ridicule interprétation fumeuse et propagandiste.

Certes, Carla Bruni-Sarkozy a fait écrire une réponse tardive ; mais il est évident qu'elle suit son courrier et au moins elle participe au débat. Ce n'est pas comme ceux qui boycottent toutes les démarches qui ne vont pas parfaitement dans leur sens, celui des extrémistes pastoraux. Après, Louis Dollo part dans un délire paranoïaque sur les raisons pour laquelle cette lettre ne sort publiquement que maintenant. C'est dans la veine de ses délires habituels.

Mais la médiatisation de la réponse de Mme Sarkosy rend les opposants à l'ours furieux : Philippe Lacube «croyait que la peopolisation des ours était terminée.» Et il précise que «ça irrite tout le monde et ne sert à rien. Ce sont des propos stériles et inutiles.» Il s’interroge en se demandant «quelles sont ses compétences pour s’immiscer dans le Plan Ours ?». « Nous ne sommes pas dans une coure royale. Nous respectons Carla Bruni-Sarkozy en tant qu’artiste mais ce n’est pas elle qui fait la politique. J'ose espérer qu'elle s'exprime en nom propre et que ses propos n'engageront pas les décisions de l'État. Visiblement, ces déclarations ne reposent pas sur des arguments de fond. On est effectivement dans le people»

A quelqu'un de moins haut placé, comme les bénévoles de FERUS de l'action "Parôles d'ours" il aurait dit "Mais qui êtes-vous pour nous dire ce que nous avons à faire, vous n'êtes pas d'ici vous!". Mais c'est l'épouse du président de la république, ce qui ne l'empêche pas de l'envoyer sur les roses, pas très diplomatiquement, elle appréciera. L'emploi du "tout le monde" est courant, l'exagération invérifiable leur permet de parler au nom de tous les pyrénéens, alors que l'extrémisme ultrapastoral ne touche qu'une très infime minorité, mais bruyante, de la population pyrénéenne : une partie des éleveurs, de leurs soutiens politiques ou syndicaux du milieu agricole.

Marie-Lyse Broueilh : «J'ai un regard nuancé. Cette lettre a du mal à dissimuler une série de maladresses, mais franchement, on a entendu des choses plus désagréables. De toute façon, maintenant, tout le monde a des avis sur tout, sans être au courant des enjeux réels. Il faut relire plus finement cette lettre. N'importe quel diplomate aurait dit la même chose avec le souci de trouver une voie médiane. Ne parle-t-elle pas de «voie équilibrée de coexistence» entre population et éleveurs ? Ce qui est sûr, c'est que ce courrier ne tombe pas par hasard. Il est mis en ligne à l'heure où la position des partisans de l'ours semble vraiment fragilisée. Ils avaient besoin de cette pub. » Pourquoi? On aimerait qu'elle développe...

Tous les termes utilisés par Carla bruni-Sarkosy font preuve de retenue, de diplomatie et de sens du dialogue. Ce qu'elle prône en fait, c'est la cohabitation contrairement aux titres de certains grands journaux. Mais cohabitation est un mot qui leur donne envie de mettre le feu aux Pyrénées. Et le presse locale qui profite de l'intérêt de l'ours pour gonfler les ventes les accompagne dans cette peoplelisation de la peur de l'ours.

«Peut-être que les « pro-ours » sont à cours d’arguments… et qu’ils n’ont rien d’autre à proposer. » déclare Philippe Lacube. Je l'invite à se plonger d'urgence dans le rapport établi par Stéphane Carbonnaux pour Ferus. Il regorge d'arguments qui "démontent" le discours pseudo-environnemental des partisans de la "biodiversité à visage humain".

Comme le plan Ours, l'Elysée semble prendre la voie de la négociation avec toutes les parties. Maintenant si certains "retiennent leur respiration" et maintiennent leur position de boycott du Groupe National Ours, ils ne devront pas être surpris que les choses avancent sans eux, même si, il est certains qu'ils mettront leur refus de participer sur une prétendue non-concertation, (sur un parisianisme comme dit purepeople qui semble avoir tout compris de leur mode de fonctionnement) comme ils l'ont fait à de multiples reprises.

"En faisant apparaître cette intervention comme étant un soutien à l'ours, les associations environnementalistes pourraient bien essayer de prendre l'Etat en otage par la manipulation et l'interprétation des propos qui sont tenus." déclare Louis Dollo, d'une mauvaise foi crasse. Il ne s'agit nullement d'interprétation mais simplement d’une lecture basique. Petite leçon de lecture pour Monsieur Louis Dollo. Voici donc l'intégralité de le réponse du Chef de Cabinet Adjoint du Président de la République en date du 22 juillet 2008 :

" Cher Monsieur,

Madame Carla SARKOZY a bien reçu la correspondance que vous lui avez adressée conjointement avec Messieurs X et Y (NDLB: noms retirés) concernant le devenir de l'ourse Hvala et la préservation des ours bruns.

Sensible aux sentiments qui ont inspiré votre démarche, l'épouse du Chef de l'Etat tient à vous en remercier.

C'est par conviction dans le devoir de protection de la biodiversité animale que Madame SARKOZY a accepté, au printemps 2006, d'être la marraine de l'ourse slovène Hvala, qui était alors réintroduite dans les Pyrénées.

Elle s'est également beaucoup réjouie de la naissance en janvier 2007 de deux oursonnes, baptisées depuis Pollen et Bambou. Cela représente, enfin, une bonne nouvelle pour l'avenir de l'ours dans les Pyrénées.

La conviction de l'épouse du Chef de l'Etat demeure entière et s'est même trouvée confortée par les conclusions du Grenelle de l'Environnement qui ont fait de la préservation de la biodiversité un objectif majeur de notre pays.

Dans le même temps, dans l'esprit même du grenelle de l'Environnement, il nous faut trouver une voie équilibrée de coexistence. D'un côté, la présence des ours dans les Pyrénées traduit une volonté de protéger la biodiversité, d'autant qu'elle s'inscrit dans le cadre d'engagements internationaux anciens de la France. D'un autre côté, l'adhésion des populations locales constitue une nécessité incontournable.

La coexistence est difficile pour tous mais elle doit être possible et nous ne devons jamais nous résigner. Il ne s'agit pas, dans nos régions, de choisir entre l'ours ou l'homme.

Le Gouvernement a lancé depuis plusieurs mois un exercice d'études internationales comparées, pour examiner comment se fait justement la coexistence des humains et des ours, dans tous les pays où la situation se présente.

A cet égard, un comité national "ours" doit être installé à Toulouse. Il recevra les rapports demandés qui seront ensuite partagés et débattus. Il appartiendra à ce comité de définir les voies de coexistence pour l'avenir, dans la sérénité et la concertation.

Tels sont les éléments d'information dont dispose Madame SARKOZY. Ils l'amènent à demeurer optimiste quant à l'avenir de sa "filleule" et de ses deux petites, même si elle comprend et partage tout à fait votre vigilance.

En vous priant d'excuser le retard avec lequel vous recevez cette réponse, veuillez agréer, Cher Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

S. FRINGANT "

Je laisse à Louis Dollo la responsabilité de sa manipulation désespérée de l'opinion publique : "En faisant apparaître cette intervention comme étant un soutien à l'ours, les associations environnementalistes pourraient bien essayer de prendre l'Etat en otage par la manipulation et l'interprétation des propos qui sont tenus."

Il ne s'agit pas d'un soutien à l'ours, mais d'un soutien à la cohabitation.
Un exemple de plus qui montre bien :

  • la position centriste des associations qui avec le FIEP depuis le début et avec le plan ours ont largement soutenu et financé le pastoralisme.
  • La mauvaise volonté et l'aveuglement extrème des opposants à la cohabitation pour qui comme le reconnais Philippe Lacube et Magali Boniface "l'ours n'est qu'une goutte d'eau", tout en continuant de refuser de regarder et de s'occuper du reste du contenu du vase des problèmes du pastoralisme.

De son côté, le Grand Charnier s'enfonce encore un peu plus dans le ridicule : (sic) "Cet ours femelle, d’origine slovène a tué pas moins de 80 brebis en 2007 sur Saint-Lary et Seintein. Cet animal a assuré sa descendance en donnant naissance à deux oursons eux aussi des femelles. Les naturalistes vous diront que c’est la mère qui enseigne aux petits comment se nourrir. Nous voilà assurés d’une bonne descendance à problèmes ! (...) Madame Carla Sarkosy est marraine d’une espèce bien dangereuse, elle devrait à ce titre prendre en charge personnellement les dégâts occasionnés par sa filleule, un conseil cependant : ne pas confondre ours et nounours !"

Comme l'a précisé Pierre-Yves Quenette au Groupe National Ours à propos de FRANSKA : "Les experts contactés concluent, que dans un contexte de troupeaux non gardés, ce niveau de prédation ne permet pas de dire qu'il s'agit d'un ours à problème. Même si l'ours concerné pose des problèmes, il est biologiquement attendu qu'un ours, s'il se trouve en présence de proies faciles, fasse de la prédation." Le Préfet des Pyrénées atlantiques a aussi rappelé que "le protocole d'intervention sur un ours à problème est adapté."

Ce n'est pas l'ours qui est "à problème", c'est le pastoralisme! Pour ma part, je ne me permettrai de conclure que les descendants de ces extrémistes là se comporteront de la même manière. Je garde espoir.

Comme quoi il y a moyen de faire une analyse d'un "non évènement".

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