Ourse Hvala

03 novembre 2008

Une attaque sans précédent ?

Un ours blesse un chasseur dans le Val d’Aran. Pour l'ASPAP : «Cet accident n'est pas une surprise : il s'inscrit dans l'escalade "évènements exceptionnels, hautement improbables" (nous disent l'Etat et les associations pro-ours) qui se multiplient depuis les introductions d'ours. L'actualité en témoigne :  Août 2008, collision ours contre minibus sur la 4 voies d'Andorre.»

Un chauffeur de minibus qui refuse de s’arrêter

Un ours percute un minibus publiait la presse. Le monde à l’envers ! Le chauffeur a déclaré : «Il était de l'autre coté de la barrière de sécurité. Lorsque je l'ai aperçu, j'ai eu le temps de freiner. De 90 km/h, je suis passé à 40. Mais l'ours a sauté la barrière centrale.» Le plantigrade se retrouve deux à trois mètres devant le minibus. «La route était mouillée. Si je donnais un coup de volant à droite, on risquait de se rétamer». Le chauffeur décide de ne pas s'arrêter. «Si je freinais d'un seul coup et que l'ours était énervé, on risquait notre peau.» Il continue donc d'avancer, au ralenti. Le choc est inévitable. L'ours, de taille adulte, percute le côté avant gauche du minibus. Personne n'est blessé. Pas de mouvement de panique à bord. Pour le conducteur, passer de 40 km/h à zéro devant un ours, c’est risquer sa peau, alors il ne freine pas et…c’est l’ours qui percute le minibus !

Toutes les associations demandent des passages à gibier afin d’éviter les accidents. Pas l’ASPAP, pour eux, un accident avec un ours, c’est la possibilité d’avoir un ours blessé, voire tué et c’est aussi l’occasion de dénoncer la présence d’ours dans les Pyrénées. L’ASPAP dénonce l’ours, c’est lui qui attaque le minibus ! L’ASPAP jette le bébé avec l’eau du bain. C’est à l’Etat de proposer la construction d' «oursoducs» pour éviter les accidents. L’ASPAP pourra alors dénoncer le coût de l’ours qui oblige les français à payer pour de telles constructions. L’ASPAP essaie de gagner sur les deux tableaux. 

«Septembre 2008 : un chasseur blesse un ours en Ariège»

Pour l’ASPAP, les associations pro-ours classeraient l'évènement d'un chasseur qui tire sur un ours comme un fait exceptionnel, hautement improbables. L'Etat dirait la même chose ? C’est faut. Toutes les associations dénoncent la chasse au sanglier en battues qui est la première cause d’accident pour les ours. Un chasseur qui panique devant un ours utilise son arme. La mort récente de trois ourses femelles est là pour le rappeler.

Le côté répétitif, prévisible de ces morts d’ours est justement dénoncé. Les associations demandent la réglementation de la chasse en battue et la mise en place de zones de protection pour que l’ours puisse disposer de zones de quiétudes.

«Octobre 2008 : un ours blesse un chasseur en Espagne»

«Nous savions que Sarousse et Hvala, ainsi que ses deux oursons se trouvaient dans le secteur de Les» a déclaré Magali Boniface de l'ASPAP. Le chasseur qui lâche les chiens dans une zone où il connaît pertinemment la présence de l’ours sait que l’ours se défend et charge. Le chasseur qui le sait et chasse l’ours se met en danger.

«Une attaque sans précédent»

L’ASPAP espère de nouvelles rencontre ours / chasseurs car elle est à nouveau gagnante sur les deux tableaux : soit la mort de l’ours (un de moins et les chasseurs sont relaxés, état de nécessité oblige!), soit elle peut dénoncer «l'attaque sans précédent» de l’ours (qui se défend) sur le pauvre chasseur, «pobre Luis» et ainsi demander le retrait de l’ours qui ne fait que se défendre : «Cette attaque sans précédent l'amènera-t-il (NDLB : L’Etat) à reconnaître que les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? » Le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne «rappelle que jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en liberté».

Une battue organisée en dépit de la présence de l’ours, un ours qui réagit à l’attaque des chiens, des fautes humaines qui permettent aux anti-ours de réclamer le retrait de la bête dangereuse! Un comble. Ce n’est pas l’ours qui a attaqué le chasseur, mais le contraire, l’ours lui se défend contre les chiens et charge. «Hvala devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un» a déclaré Juan Bares, un des chasseurs. La battue au sanglier à dérangé l’ours qui a eu une réaction normale. Qui est responsable des blessures du chasseur, l’ours ou les organisateurs de la battue ?

Dans l’Eclair des Pyrénées du 16 juillet 1657 on pouvait lire : «Il sera facile, si on tue un ours dans ces conditions de plaider la légitime défense » (Source: Les dernières chasse à l’ours dans les basses Pyrénées, René Arripe)

L’ours qui lors d’une battue poursuit le chien jusqu’au chasseur, ce n’est pourtant pas nouveau. Quelques exemples tirés de «Le loup, l’ours et le pastou» de Louis Espinasous, : «Rencontres presque banales» écrit l’auteur :

  • J. Gay, un chasseur de 50 ans de Lescun raconte une battue au sanglier «Dia la chienne entre les jambes. Elle te me pisse sur les bottes ! Arrivé au sentier, je vois la tête de l’ours ; pas gros, mais beau. On s’est regardé (…)» 
  • J.B. Gavin, 80 ans de Bilhères : «le chien nous revient pas dans les pattes ! L’ours ? Mais alors nez à nez !» [page 51]

Dans une autre histoire, en Aspe, «l’ours passe entre le chasseur « occupé »… et son fusil !» [page 53]

Dans ce livre, de multiples histoires montrent aussi que quand l’homme n’a pas de fusil, l’ours s’enfuit. Louis Espinassous termine son chapitre par un vibrant : «Quelques ours survivent dans les montagnes d’Aspe et d’Ossau. Avec eux survit une culture vivante. Pouvoir rencontrer l’ours ! Vivre,  en parcourant la montagne, toutes les émotions, toute la culture accumulée entre ours et homme pendant des siècles ! Ce patrimoine là, cette émotion là, peuvent-ils être rayés d’un coup, parce que l’homme veut toute la place, absolument toute la place ? » 

dans «Les dernières chasses à l’ours dans les basses Pyrénées» de  René Arripe, d’autres témoignages révélateurs montrent bien que les ours actuels ne sont pas différentes des ours anciens : ils préfèrent fuire, mais quand cela s'avère nécessaire, ils se défendent.

Une exemple où l’homme attaque : Cette- Eygun : «Vers deux heures de l’après-midi, ils aperçurent une ourse et deux oursons  qui se dirigeaient paisiblement de leur côté. Lacourrège, qui ne se trouvait plus qu’à quelques mètres de cette intéressante famille, fit feu sur la mère. Celle-ci  atteinte au défaut de l’épaule, poussa un rugissement épouvantable (…) Lacourrège voulut tirer de nouveau sur le fauve, mais il se trompa de gâchette et le coup ne partit pas. Comme il appelait ses camarades, l’ourse, à ses cris se retourna, et se précipitant d’un bon sur son adversaire, lui prit le bras dans sa gueule et lui enfonça dans la cuisse droite ses énormes et puissantes griffes. L’ourse et Laccourrège, ne formant qu’un bloc, roulèrent dans la neige (…)». A la fin de l’histoire, l’ours meurt. (Glaneur d’Oloron du 25 décembre 1899)

Une autre où la confrontation homme / chasseur se passe bien : Béost-Bagès – «Son fusil sur le dos, il suivait tranquillement le sentier, lorsque à un tournant du sentier une masse informe se cabre, les pattes de devant en l’air et tirant la langue : notre chasseur se trouva face à face avec celui qu’il cherchait, mais tellement près, à un mètre, qu’il n’eut pas la présence d’esprit de décrocher son fusil et d’(épauler notre Martin ; plus sage, il fit demi tour, tandis que de son côté l’ours en faisait de même et s’échappa vers des ravins où il le perdit de vue. Revenu de sa stupeur, le chasseur Fondecave se promit bien de lui jouer un tour un de ces matins.» (Le Glaneur d’Oloron, 15 septembre 1928.)

Qu’a dit Luis Turmo, une fois revenu de sa peur d’avoir été baffé par l’ourse Hvala ? «Et dire que je devais prendre le permis pour l'isard ce vendredi. Ce sera pour l'année prochaine. Quant à la chasse au sanglier, je compte bien y retourner dans quelques semaines. Et là, si je tombe sur l'ours, je le tue.»

Rien ne change dans les Pyrénées, ni les ours : pas plus sombres ou plus agressifs qu’avant, seulement plus rares ; ni les chasseurs : toujours aussi lents à la détente, si j'ose dire, pour ne pas dire toujours aussi c.., ils veulent toujours absolument toute la place.

Allié de l’ASPAP sur la demande de retrait des ours, le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne rappelle que «jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en libertéVous pouvez réagir.

Les ours brun ne deviennent pas plus sauvages, pas plus dangereux, pas plus carnivores, qu'ils soient "de chez nous", qu'ils soient "étrangers". Ce sont des Ursus arctos. Les hommes politiques locaux et les éleveurs n'évoluent pas. Un atavisme pyrénéen ? «Des ânes et des imbéciles» avait lançé Nelly Olin.

01 novembre 2008

Merci Hvala

Coup de gueule

Avec comme modèle, l'article "Les, le village aux 800 chasseurs", un article toujours aussi tendancieux de la Dépêche du Midi.

Premier novembre 2008. Cannelle est morte il y a quatre ans aujourd'hui.

Battue au sanglierLes chasseurs, les chasseurs, les chasseurs. Hier dans les bois de Les, il n'y avait plus de ramassage de châtaignes ou de dîner sous les pommiers. Tous les animaux parlaient de cette «pobre Hvala» traquée par des hommes et un hélicoptère, et de ce c… de Luis qui a ramassé une baffe bien méritée.

Sage, le hibou connaît tout de l'histoire, il a vu les télés, les radios, le journal aranais «Segre» qui titrait «Aran exige de retirer l'ours». Tous les habitants de la forêt expriment leur colère sous la frondaison des arbres en parlant de souches en buissons. «Tout le monde en parle. Tout le monde est contre. Tout le monde connaît Hvala, une ourse appréciée avec ses deux petiotes

Alors dans cette forêt, les merles, les palombes, les pics, les renards... tout le monde en a marre de ces 800 chasseurs. Sur les 1000 habitants de Les, il y a 800 porteurs de flingues ! Pas question de trouver un animal pour défendre Luis. «Il savait à quoi s'attendre déclare le vieux sanglier, encore effrayé par le cri des chiens.» «Elle se planquait. Elle a attendu le dernier moment. Avec les chiens, pas moyen de passer inaperçue. Ils l'ont dérangé, attaqué de près et puis ce sauvage qui s'est mis à crier. Heureusement que c'est une calme, l’ourse Hvala. Il ne serait plus là pour en parler.» déclare le geai des chênes qui a tout vu.

Tous les viandards étaient accoudés au bar «Es Neres», on les entendait crier. «Nous savions que Sarousse et Hvala, ainsi que ses deux oursons se trouvaient dans le secteur de Les.» a déclaré Magali Boniface de l'ASPAP. «Hvala devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un» a crié Juan Bares, un des chasseurs. (Lire ces déclarations ici.)

«Ils savaient et ils ont lancé les chiens sur l'ours, il a mérité sa peur !» dénonce la laie encore terrorisée. Derrière le rocher qui sert de comptoir où s'alignent les fruits et les baies, le blaireau acquiesce : «C'est très joli les battues. Mais les chasseurs, c'est dangereux. Depuis l'ouverture, on ne compte plus les accidents de chasse, 3 morts déjà, plus Fabio Butali, un gars en VTT, flingué comme un vulgaire gibier, ils se tirent entre eux et c'est l'ourse Hvala, le gibier, qui alors qu'elle est planquée serait LE DANGER

La martre enchaîne : «Le promeneur, le cueilleur de champignon, quand il voit un ours, il s'éloigne et en parle à la veillée, il se fait des souvenirs pour toute sa vie. Le chasseur lui, il s'approche, près à tirer sans visibilité, "à l'instinct" ils appellent cela en Ariège. Et c'est légal en plus. Le chasseur, lui, ne veut pas partager la montagne. pas question de laisser une zone à ours sans y passer avec les chiens. Ce n'est pas la première fois que nous voyons les chasseurs pénétrer en connaissance de cause là où se planquent les ours. Pour Mellba, pour Claude, pour Cannelle, c’était la même chose. Sans aucun respect pour le symbole des Pyrénées. Avec Hvala, maintenant on a tous la trouille et la rage.»

Daniel Boya, au bar racontait des conneries, des histoires de son père et de son grand-père chasseurs d'ours. Il semblait regretter le bon temps. «Les ours n’ont pas changés, ils sont toujours sauvages mais peureux, ils fuient l'homme. Il n'est pas normal de trouver des chasseurs avec des chiens là où ils savent que se trouve l’ours. Les promeneurs, les cyclistes, les chercheurs de champignons, l’ours s’en fout. Il est resté couché, sans emmerder personne

L'ours a toujours été là, l'ours a toujours eu peur, mais quand on lâche les chiens, c'est son droit de se défendre, d’intimider les attaquants, de se faire respecter. Toutes les personnes qui ne chassent pas et même les chasseurs, les vrais comprennent cela. La pie qui n'arrête pas de répondre aux télévisions répète à l'envi : «Il faut arrêter les battues au sanglier.»

La vraie raison de la traque de Hvala

Les 800 chasseurs de Les ne veulent pas respecter l'ours ? Ils ne comprennent pas qu'une ourse harcelée par des chiens se défende ? Que connaissent-ils de la faune ? Il ne faut pas prendre les Français ou les Espagnols pour des cons. Ce n'est pas l'ours qui a attaqué l'homme, mais le chasseur avec ses chiens qui a attaqué l'ourse couchée sur sa litière.

Ce n'est pas à cause du chasseur qui s'est mis lui-même en danger qu'ils traquent Hvala et que les politiciens gueulent qu'il faut "la ramener en France" ou la déplacer. La réalité est toute autre...

Tout le monde sait que l'ourse Hvala a été vue au printemps avec un ours mâle. Tout le monde sait que l'ourse Hvala était sans ses oursonnes Pollen et Bambou. Tout le monde sait que la probabilité qu'elle soit gravide est élevée. Tout le monde sait, y compris les opposants au plantigrade, les éleveurs, les chasseurs, que l'ourse Hvala va sans doute à nouveau donner naissance cet hiver à 2 ou 3 oursons, preuve de l'adaptation de l'ourse aux Pyrénées, preuve de l'adaptation des Pyrénées aux ours.

Avant l'ours, après l'oursIls ont traqué Franska sans relâche jusqu'à sa mort. Peut-être avaient-ils aussi traqué précédemment l'ourse Palouma, on ne le saura jamais.

Ils ont applaudi le chauffeur du minibus, qui effrayé à l'idée de voir passer un ours aussi près à pied devant lui, a préféré ne pas s'arrêter, pour ne pas mettre son minibus à l'arrêt à côté d'un gros ours, c'est qu'ils défoncent les minibus les ours.

Ils ont applaudi le chasseur qui a tiré sur Balou. Ils ont excusé, l'inexcusable. Ils ont pardonné l'impardonnable. Il est normal de confondre un ours et un sanglier en plein jour. C'est vrai que derrière un buisson qui bouge, il est possible de confondre un hérisson avec un promeneur, un blaireau avec une vache, un ours avec un sanglier. De toute façon, s'il est permis de tirer avant de savoir sur quoi on tire, tout est normal.

Alors il faut à tout prix empêcher l'ourse Hvala de rentrer en "tutte", il faut la traquer sans s'arrêter, l'empêcher de prendre ses quartiers d'hiver, la traquer pour qu'elle décide d'avorter ou la tirer de l'hélicoptère pour mettre l'ourse en enclos, pour qu'elle ne puisse plus être relâchée ; pour que les oursons, s'ils naissent, le fassent entre quatre murs de béton, leur avenir tout tracé, comme à Borce. Des ours qui rapportent.

Honte aux politiciens minables qui instrumentalisent l'ours. Honte aux mauvais chasseurs sans cervelle qui utilisent la chasse, en toute connaissance de cause, pour faire disparaître le plus grand des prédateurs qui ensauvage la montagne "vivante".

Depuis les dernières décisions de justice, chaque rencontre ours / chasseur est une opportunité pour se débarrasser d'un ours : soit par tir direct, l'état de nécessité cela s'appelle, ce n'est pas poursuivi, même si l'espèce est protégée, soit parce que l'ours n'est pas un mouton et qu'il montre qu'il a du caractère et un l'instinct de survie. Dans ce cas, l'ours s'avère être dangereux, ne plus avoir peur de l'homme, être un ours à problème. L'instinct de survie de l'ours est un problème pour le chasseur, une atteinte à sa sécurité. l'ours doit être exécuté, "retiré".

Qui tue des chasseurs en France chaque année ? Qui tue des promeneurs en France chaque année ? Qui vient de tuer un vététiste tout juste d'être porté en terre ? Et ce sont ceux là qui crient "A l'ours" et qui organisent la traque de l'ourse Hvala pour la "ramener en France" ou en Slovénie s'ils pouvaient, pour l'attraper et la parquer dans un enclos, d'où elle ne sortirait jamais plus, pour devenir une ourse pondeuse, une source de revenus pour la commune où elle serait parquée. Défense de jeter des cacahuètes aux ours, comme à Borce. Un beau projet.

La presse et l'oursJe suis heureux de voir que les associations espagnoles se mobilisent, que les serveurs mail des responsables politiques du Val d'Aran explosent sous le nombre des messages qui bloquent leur boite à courrier. Depuis 3 jours, les boites sont pleines ou les messages détruits avant d'avoir été lus. Que la mauvaise conscience de ces responsables politiques les empêche de dormir. Qu'importe, les messages sont partis aussi à l'ancienne, par la poste. Faites de même, écrivez, quoi qu'il arrive à Hvala, écrivez rapidement.

Il faut que le Groupe National Ours se réunisse d'urgence en novembre, que l'Etat français coordonne ses actions avec l'Etat espagnol, que les ours soit enfin protégés, comme ils devraient l'être.

Que la neige tombe en masse. Que les pieds et les mains des traqueurs gèlent. Qu'un brouillard épais se lève. Que les piles de l'émetteur de l'ourse rendent l'âme. Que l'hiver soit précoce et que Hvala rentre dans une caverne pour donner naissance en janvier à deux ou à trois petits "cubs", un nouvel espoir pour les Pyrénées. Voilà ce qu'il ne veulent pas, voilà pourquoi il est nécessaire de traquer l'ourse Hvala. L'excuse, c'est "l'attaque de l'ourse" sur le «pobre Luis» de 72 ans.

Merci Hvala pour ton courage et MERDE pour ceux qui cherchent à te faire disparaître derrière des barbelés et du béton.

Baudouin de Menten

31 octobre 2008

Non à la capture de l'ourse Hvala

OSO : ¡ NO A LA CAPTURA DE LA OSA HVALA !

Alors que les tentatives de capture de l’ourse Hvala sont toujours en cours (à quelques semaines de l’entrée en hibernation…) dont la finalité reste très floue, manifestez votre opposition auprès des autorités de la Généralidad de Catalogne et du Conseil Général d’Aran.

Pour exprimer votre opposition à la capture de Hvala, envoyez ce texte en espagnol ou un texte de votre plume (en restant toujours courtois et si possible en espagnol) à chacune de ces 3 adresses. Essayez d'abord aux adresses mail. Si les boites sont pleines (bonne nouvelle !), envoyez 3 lettres "papier":

NO A LA CAPTURA DE LA OSA HVALA Signez le manifeste en ligne

Pour ceux qui ne parlent pas espagnol, il suffit de :

  1. De préférence choisir une heure creuse : entre 23h et 07h car en dehors, les serveurs explosent vu l'affluence.
  2. cliquer sur "Signa per l’ossa" (signez pour l’ourse) puis de
  3. cliquer en bas du texte sur "M’adheireixo a la campanuya" (participer à la campagne) puis de
  4. mettre votre nom dans le champ "nom persona" et
  5. votre adresse mail dans "Correu electrònic " et
  6. enfin de valider le tout en cliquant sur "signa". Voilà, c’est fait !

Signez le manifeste en ligne

Lettre type en français

Suite aux blessures infligées par l’ourse Hvala à un chasseur au cours d’une battue aux sangliers dans le Val d’Aran, une réunion a été organisée le 27 octobre, entre les représentants du Conseil général d’Aran et de la Généralité de Catalogne.

A l’issue de cette rencontre, on apprend que la capture de l’ourse Hvala est toujours maintenue. Ni le but de cette capture, ni le devenir de l’ourse une fois capturée ne sont précisés. Dans la presse, on parle de la mettre en captivité dans le centre de la Faune Sauvage de Vallcalent, sans qu’il soit précisé clairement qu’elle sera relâchée immédiatement après l’examen de son état de santé.

Comme tous les passionnés de l’ours et de la faune sauvage, je m’oppose sans condition au retrait définitif de l’ourse Hvala de son milieu naturel qui n’aurait pas absolument pas lieu d’être.

En effet, pour revenir aux faits qui se sont déroulés le 22 octobre dernier, il s’agit d’un comportement de défense et non d’une attaque spontanée. D’ailleurs, malgré la puissance de l’animal, le chasseur n’a pas été grièvement blessé. Dérangée par une meute de chiens alors qu’elle était gîtée pour la journée, l’ourse Hvala a visiblement paniqué et mordu le chasseur. Ceci est d’ailleurs confirmé par le témoignage d’un des participants de la battue : « Il [=l’ours] devait être à l’abri sous un rocher où l’on a trouvé des gâteaux de miel. L’herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l’ont dérangé et fait lever. » (La Dépêche du Midi du 24/10/2008).

Le retrait de l’ourse Hvala serait une catastrophe pour la population d’ours brun des Pyrénées. Une vingtaine d’individus seulement sont présents dans les Pyrénées dont moins d’une dizaine sur le versant catalan. Cette population est menacée de disparition compte tenu de la faiblesse de ses effectifs.

De plus, au vu des superbes images réalisées ce printemps par l’équipe de suivi catalane (où l’on voit Hvala et un mâle adulte), la capture de cette ourse induirait en fait le retrait de deux à quatre ours puisqu’il y a de grandes chances que Hvala mette bas cet hiver.

L’ours n’est pas plus dangereux que n’importe quel autre animal sauvage. Aucun homme n’a été tué dans les Pyrénées depuis 1850. Chaque année, des hommes sont blessés voire tués par des cerfs, des chevreuils ou des sangliers en France et en Espagne. Demande-t-on pour autant le retrait de ces animaux de nos bois ? Remet-on pour autant en cause leur existence dans nos montagnes ?

Il est vrai que comme toutes les bêtes de grande taille, l’ours brun peut devenir menaçant dans des circonstances bien particulières, notamment lorsqu’il est acculé, agressé ou lorsqu’une mère cherche à défendre ses petits. En ce sens, la chasse en battue avec chiens est particulièrement dérangeante pour la faune sauvage et pour l’ours brun en particulier. D’ailleurs, les seuls cas de charges d’intimidation ou d’attaques recensés à ce jour dans les Pyrénées ont toujours eu lieu envers les chasseurs lors de battues aux sangliers ou aux cervidés, jamais envers des randonneurs.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’en dehors de cet accident regrettable, l’ourse Hvala n’a jamais manifesté de familiarité et encore moins d’agressivité envers l’homme, que ce soit dans la partie aranaise ou française de son territoire. Il s’agit certainement du plantigrade relâché en 2006 qui s’est le mieux adapté à son environnement.

Enfin, la capture d’un ours, à quelques semaines de l’entrée en hibernation, est une opération complètement inconscience car dangereuse pour la survie de l’ours (surtout pour une ourse potentiellement pleine). En effet, il s’agit d’une période de repérage de la tanière et de constitution des réserves de graisse, où l’ours a besoin d’une grande tranquilité.

Aussi, pour toutes ces raisons, je vous demande de suspendre immédiatement la capture de cette ourse qui serait un désastre pour la population d’ours brun des Pyrénées.

Comme tous les amis de l’ours, je n’ose imaginer que la communauté de Catalogne, qui consent tant d’effort pour la protection de l’environnement et de la biodiversité, puisse participer à la disparition de l’ours en retirant des Pyrénées une des rares ourses présentes sur son territoire. "

Mais surtout lettre type en espagnol (à adapter selon vos sensibilités si vous le souhaitez)

Lettre type en espagnol

Seguido a las heridas infligidas por la osa Hvala a un cazador durante una batida en Vall de Aran, una reunion a sido organizada el 27 de octubre, entre los representantes del Consejo General de Aran y la Generalitad de Cataluna. Al fin de este encuentro, se dijo que se debe capturar la osa Hvala. Ni el objectivo de esta captura ni lo que van a ser de ella, nadie lo ha dicho. En los périodicos se dice que van a ponerla en el Centro de la Fauna Salvaje de Vallcalent , en captividad. Nadie dice con claridad lo que pasara : la libertad siguiente el reconocimiento médico o la captividad ?

Como todos los aficionados del oso y de la fauna salvaje , me opongo sin condicion a la captura definitiva de la osa Hvala , que no debe ser.

Lo que ocurrio el 22 de octubre, su puede definir como una conducta de defensa y no una ataca espontànea : aunque el animal sea muy fuerte, las heridas del cazador no son heridas de gravedad. Molestada por los perros mientras su descanso, la osa Hvala a tenido miedo y ataco el cazador, lo que fue confirmado por un otro cazador de la batida : « el oso estaba seguramente bajo una pena a donde se encontro pasteles de miel. La hierba estaba aùn caliente. Despues, los perros la molestaron y ella, se levanto. » Dépêche du Midi 24 octobre 2008.

La retirada de la osa Hvala, seria catastrofica para la populacion del oso pardo de los Pirineos : unos veinte osos viven en los Pirineos y menos de diez en los Pirineos catalanes. Por eso, esta populacion podria desaparecer .

Esta primavera, el equipo de seguia catalana, ha sacado unas photos soberbias de Hvala con un macho. La captura de esta osa podria inducir la retirada de dos a quatro osos : Hvala debria parir este invierno.

El oso no es mas peligroso que otro animal salvaje. Ningun hombre no ha sido matado en los Pirineos desde 1850. Cada anos, hombres son heridos y a veces matados por otros animales como ciervos, corzos, jabalies, en Francia y en Espana : pedimos la retirada des estos animales de nuestros bosques ? Pensamos que no pueden vivir en nuestros montes ? Es verdad que como todos los animales grandes , el oso pardo puede ser a veces amenezador : cuando es aculado, agredido o cuando una hembra quiere proteger a sus oseznos. La caza en batida con perros es particularmente una gran molesta para la fauna salvaje y por el oso pardo sobre todo.

Los casos de intimidacion o de ataca enumerados hasta hoy en los Pirineos, han ocurido siempre contra los cazadores durante las batidas y nunca contra los caminantes. Hay que decir que a pesar de este triste accidente , la osa Hvala, nunca ha sido familiar ni agresiva, en Vall de Aran o a Francia. Es el oso llegado en 2006 que se adapto lo mejor a su medio ambiente.

La captura de la osa algunas semanas antes la entrada en hibernacion, es una operacion inconciente porque peligrosa para su vida , sobre todo para una osa quizas prenada. Para el oso, es el periodo de localizacion de la guarida y de constitucion de las reservas de grasa. Pues, es necesarion que sea muy tranquilo.

Entonces, pido que se suspende la captura de esta osa que seria un desastre para la populacion de los osos pardos de los Pirineos.

Como todos los amigos de oso, no puedo pensar que la comunidad de Cataluna , que hace tantos esfuerzos para la proteccion del medio ambiente y de la biodiversidad, podria participar a la desaparicion del oso, retirando de los Pirineos una de las raras osas, viviendo en su territorio. "

24 octobre 2008

Un chasseur blessé par un ours dans les Pyrénées espagnoles

Blessés lors de battues aux sangliers : Chasseurs 1 - Ours 1. Ce match est nul. L'Etat doit mettre fin au match et créer des réserves de chasse.

Un chasseur espagnol a été attaqué et blessé par un ours, probablement l'un des plantigrades slovènes lâchés en 2006 dans les Pyrénées françaises, mercredi dans le val d'Aran (Pyrénées espagnoles), près de la frontière française, annonce La Dépêche du Midi dans son édition de vendredi.

Le chasseur, Luis Turmo, un retraité de 72 ans, a été attaqué alors qu'il participait à une battue au sanglier avec quatre autres personnes mercredi en milieu de journée, à près de 1.200 mètres d'altitude, indique le journal.

Griffé au bras gauche et mordu au mollet, il a été hospitalisé dans la commune espagnole de Vielha (Aragon), où 15 points de suture lui ont été appliqués.

"L'ours s'est dressé et jeté sur moi. Heureusement, dans la chute j'ai tiré deux coups de feu en l'air. Je pense qu'il a eu peur et s'est enfui", a déclaré le chasseur à un journaliste de La Dépêche.

Juan Bares a son idée sur cette rencontre imprévue :«Il devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'ours à l'origine de l'attaque serait l'ourse Hvala, lâchée dans les Pyrénées françaises en 2006.

Quatre femelles et un mâle slovènes avaient été lâchés dans les Pyrénées françaises, entre le 25 avril et le 22 août 2006, dans le cadre d'un plan de restauration et de conservation décidé par le ministère de l'Ecologie et très fortement critiqué par des éleveurs et des élus locaux.

Sources : AFP, La Dépêche du Midi

Gagner sur les deux tableaux

Cela faisait des mois que les anti-ours attendaient et prédisaient cela. Ils vont s'en doute s'en donner à coeur joie et dénoncer la présence d'ours dans les Pyrénées. Enfin un blessé pour défendre leur cause. Malheureusement c'est en Espagne. Toujours rien en France.

Heureusement le chasseur, non gravement blessé a quitté l'hopital. Pour une fois la rencontre entre un ours et un chasseur ne se termine pas par la mort de l'ours. Cette fois, on aura droit à un linchage médiatique.

Les opposants au plantigrade ont intérêt a ce que ces rencontres chasseurs/ours se reproduisent. Ils sont gagnants sur les deux tableaux : soit un ours de moins, soit une nouvelle raison pour demander l'éradication de l'espèce. Hvala, si c'est bien d'elle qu'il s'agit, va se retrouver sur la selette. L'ours n'a plus qu'une seule chose à faire pour s'en tirer : fuir l'homme.

Pour protéger les derniers ours, les associations demandaient une meilleure réglementation de la chasse aux sangliers en battue dans les Pyrénées. Maintenant l'Etat se trouve davant une double obligation : protéger les chasseurs et protéger les ours. Il est urgent de réglementer ce mode de chasse, et on sera gagnant sur les deux tableaux.

Lire aussi :

19 août 2008

Les 3 ourses de Carla Bruni-Sarkosy indisposent les ultrapastoraux

"Interpellée au printemps 2008 par des défenseurs de l'ours afin d'attirer son attention sur l'avenir du plantigrade, Carla Bruni-Sarkozy a renouvelé en termes clairs son soutien à l'ours", a indiqué Alain Reynes, porte-parole de l'association Pays de l'ours-Adet. "L'épouse du président de la République, Carla Bruni-Sarkozy, a écrit à l'association Férus et à Pays de l'ours Adet, pour apporter son soutien à notre action"

Carla Bruni se dévoile La publication de cette lettre dans la presse a créé une vague d'articles. La première dame de France est toujours aussi appréciée médiatiquement.

"Carla Bruni, la nouvelle amie des bêtes... "
"Ne tenant pas spécialement à passer pour un porte-manteau et à se cantonner dans le rôle de nouvelle Jackie Kennedy, Carla Bruni-Sarkozy vient de se trouver une vraie cause à défendre: les ours des Pyrénées " (Purepeople)

"Carla et l'ours..."
"Dans le courrier qu’elle a envoyé le 22 juillet aux associations, elle souligne : "la coexistence est difficile pour tous mais elle doit être possible et nous ne devons jamais nous résigner". Et elle ajoute : "Il ne s'agit pas, dans nos régions, de choisir entre l'ours ou l'homme" Et encore : "Dans l'esprit même du Grenelle de l'environnement, il nous faut trouver une voie équilibrée de coexistence. D'un côté, la présence des ours dans les Pyrénées traduit une volonté de protéger la biodiversité, d'autant qu'elle s'inscrit dans le cadre d'engagements internationaux anciens de la France. D'un autre côté, l'adhésion des populations locales constitue une nécessité incontournable". Elle est contente aussi de savoir que deux oursons sont nés en janvier 2007. (Depuis, on les a baptisé : Pollen et Bambou…) Carla Bruni-Sarkozy rappelle, dans cette lettre, que «c'est par conviction dans le devoir de protection de la biodiversité animale» qu'elle a accepté d'être la marraine de l'ourse slovène Hvala..." (Lepost)

Peut-être serait-il temps de contrôler ce que pensent les populations locales au projet. A quand une consultation des Pyrénéens et pas simplement se contenter de lire dans la presse acquise à leur cause, les titres accrocheurs et sanglants et les communiqués volontairement effrayants de ceux qui refusent  de participer au groupe national ours, allant même jusqu'à regretter "que Chantal Robin-Rodrigo (PRG), qui, après avoir soutenu l’action de l’ADET-Pays de l’ours par un courrier adressé à son Président en 2000, rompt la solidarité pyrénéenne incarnée par les autres élus absents".

[NDLB: sous entendre les boycotteurs du GNO:

  • Augustin Bonrepaux (Président du Conseil Général de l'Ariège),
  • Jean Lassalle (Député des Pyrénées atlantiques, président de l'IPHB),
  • Jean-Michel Anxolabehere (Président de l'Association des chambres d'Agriculture des Pyrénées)
  • Monique Lahitette (Association des Eleveurs transhumants des Trois Vallées)
  • Philippe Lacube (Président de l'ADDIP)
  • Bernard Place (Président de la fédération des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques)]

Accepter de discuter de la cohabitation? Une traitrise! Pourtant Chantal Robin-Rodrigo est une farouche opposante aux prédateurs. C'est sous une pression constante que les ultrapastoraux "tiennent" la population, musèlent l'opinion publique, les politiciens, les bergers "trop tièdes" et tous ceux qui osent "parler" de l'ours. Une chappe de plomb pyrénéenne qui avec son côté milice privée sent le souffre.

"Carla Bruni-Sarkozy soutient les défenseurs de l'ours dans les Pyrénées"
titrent plutôt injustement le Figaro et la Dépêche du Midi, toujours prête à mettre le feu alors qu'il me semble que ce serait plus juste de dire "Carla Bruni-Sarkozy soutient la cohabitation avec l'ours dans les Pyrénées"
Sources : La Dépêche du Midi, Le figaro.

"Il y a quelqu'un qui soutient..." 
(allusion au titre d'une chanson de Carla Bruni).
"De l’Ariège aux Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne aux Pyrénées-Atlantiques, nul doute que le courrier communiqué par les associations Férus et Pays de l’Ours-Adet va faire réagir. Ces deux associations de soutien à la réintroduction des ours dans les Pyrénées ont indiqué avoir reçu un courrier de soutien de la Première Dame de France, Carla Bruni-Sarkozy. Un courrier où elle prône la coexistence entre l’homme et l’ours dans les Pyrénées, qu’elle juge possible tant que les populations ne se résignent pas. (...) Voilà qui permettra de relancer le dossier de l’ours dans les Pyrénées, alors que l’idée de nouvelles réintroductions dans le Haut-Béarn (où il y aurait quatre mâles mais pas de femelles) au printemps prochain n’a pas été écartée par Nathalie Kosciusko-Morizet lors de sa venue à Toulouse, en juin dernier." déclare de son côté Pyrénéesinfo.

"Carla Bruni-Sarkozy apporte son soutien aux défenseurs de l'ours dans les Pyrénées" (Nouvel Obs)

"Carla Bruni, une pro ours"
titre "stars-actu" : "La première dame de France a tenu à redire son soutien a cette cause qui lui tient visiblement à cœur" (Star-actu). "Carla Bruni affirme que la coexistence entre l’ours et l’homme est difficile mais possible"

Les ultras pastoraux renaclent

C'est bien en celà que la position modérée de Carla-Bruni-Sarkozy aggasse les ultras pastoraux qui renâclent...

"On se demande donc, ce qu’elle aurait pu écrire aux opposants… peut-être la même chose" déclare le post.   Et il a raison ce journal, la même lettre aurait pû être envoyée à Philippe Lacube. C'est bien la preuve qu'e Carla-Bruni-Sarkozy tient un discours modéré prônant la cohabitation entre les deux opinions comme entre le pastoralisme et les prédateurs.

"Certains dénoncent déjà le fait que cette réponse ne soit pas une réponse personnelle de Carla Bruni Sarkozy... mais d'un chef de cabinet aux arguments 1000 fois entendu!" écrit Star-actu. Ces arguments sont ceux du plan ours qui cherchent à calmer les esprits et à trouver un juste milieu. Mais les positions médianes déplaisent aux extrémistes ultrapastoraux.

Purepeople, journal dont j'ignore l'existance et l'intérêt, interprète bien mieux cette actualité que les traditionnels journaux pyrénéens quand il déclare "L'irruption de l'épouse du président dans le débat ne pèsera sans doute guère dans l'esprit des anti-ours qui ne verront là que parisianisme et compagnie. En revanche, les associations militant pour la réintroduction des ours trouvent là un appui de taille, compte tenu du poids médiatique représenté aujourd'hui par Carla Bruni."

Louis Dollo, porte parole des associations extrémistes pastorales sur le web, râle par l'intermédiaire du site Kairn. Kairn est en principe un site qui parle d'escalade mais bizarrement, il délègue la gestion de sa rubrique "nature" à un correspondant de presse local des journaux Tourbes-Infos et Lourdes-Infos, un anti-ours notoire au discours propagandiste et manipulateur qui ne trompe personne et est vertement critiqué sur les multiples forums où il inonde les messages de liens pour soigner son positionnement de page dans les moteurs de recherche.

La collusion anti-environnementale existe donc bel et bien entre Louis Dollo et la rédaction de Kairn, c'est gens ne sont pas aveugle. Qu'en pensent les alpinistes et pyrénéistes qui bien souvent parcourent ou découvrent le pays de l'ours par les arrêtes et les cimes? Louis Dollo profite du fait que KAIRN est le seul des sites où il écrit qui soit actuellement (encore) accepté comme source d'actualités dans Google actus.

Louis Dollo déclare : "il ne s’agit que d’un non événement. Une prise de position qui n’en est pas une ou, en tout cas, la confirmation de la position de l’Elysée au sujet des introductions d’ours." (...)"si le 17 mai 2006 elle avait agi seule en fonction de son ressenti personnel (NDLB: En acceptant de devenir marraine de l'ours Hvala qui a donné naissance depuis aux deux oursonnes Pollen et Bambou), en juillet 2008, la « Première dame » n’a pas écrit elle-même le courrier mais laissé ce soin au Chef de Cabinet Adjoint du Président de la République après 4 mois de silence". D'autres opposants ont parlé de Samuel Fringant, qui n’est autre que le chef de cabinet adjoint du président de la République comme d'un "sous fifre"!

Pour Louis Dollo, ce délai de 4 mois ainsi que l'appui demandé à son cabinet doivent visiblement être interprétée comme un "manque d'intérêt". Ce qui est une interprétation parfaitement opposée au contenu de la lettre. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut entendre. Qu'espérait-il ? Que la première dame de France, qui a bien d'autres occupations, on s'en doute, réponde le lendemain de la réception de cette lettre d'un membre des associations par une lettre parfumée accompagnée d'une invitation à un concert ? Ridicule interprétation fumeuse et propagandiste.

Certes, Carla Bruni-Sarkozy a fait écrire une réponse tardive ; mais il est évident qu'elle suit son courrier et au moins elle participe au débat. Ce n'est pas comme ceux qui boycottent toutes les démarches qui ne vont pas parfaitement dans leur sens, celui des extrémistes pastoraux. Après, Louis Dollo part dans un délire paranoïaque sur les raisons pour laquelle cette lettre ne sort publiquement que maintenant. C'est dans la veine de ses délires habituels.

Mais la médiatisation de la réponse de Mme Sarkosy rend les opposants à l'ours furieux : Philippe Lacube «croyait que la peopolisation des ours était terminée.» Et il précise que «ça irrite tout le monde et ne sert à rien. Ce sont des propos stériles et inutiles.» Il s’interroge en se demandant «quelles sont ses compétences pour s’immiscer dans le Plan Ours ?». « Nous ne sommes pas dans une coure royale. Nous respectons Carla Bruni-Sarkozy en tant qu’artiste mais ce n’est pas elle qui fait la politique. J'ose espérer qu'elle s'exprime en nom propre et que ses propos n'engageront pas les décisions de l'État. Visiblement, ces déclarations ne reposent pas sur des arguments de fond. On est effectivement dans le people»

A quelqu'un de moins haut placé, comme les bénévoles de FERUS de l'action "Parôles d'ours" il aurait dit "Mais qui êtes-vous pour nous dire ce que nous avons à faire, vous n'êtes pas d'ici vous!". Mais c'est l'épouse du président de la république, ce qui ne l'empêche pas de l'envoyer sur les roses, pas très diplomatiquement, elle appréciera. L'emploi du "tout le monde" est courant, l'exagération invérifiable leur permet de parler au nom de tous les pyrénéens, alors que l'extrémisme ultrapastoral ne touche qu'une très infime minorité, mais bruyante, de la population pyrénéenne : une partie des éleveurs, de leurs soutiens politiques ou syndicaux du milieu agricole.

Marie-Lyse Broueilh : «J'ai un regard nuancé. Cette lettre a du mal à dissimuler une série de maladresses, mais franchement, on a entendu des choses plus désagréables. De toute façon, maintenant, tout le monde a des avis sur tout, sans être au courant des enjeux réels. Il faut relire plus finement cette lettre. N'importe quel diplomate aurait dit la même chose avec le souci de trouver une voie médiane. Ne parle-t-elle pas de «voie équilibrée de coexistence» entre population et éleveurs ? Ce qui est sûr, c'est que ce courrier ne tombe pas par hasard. Il est mis en ligne à l'heure où la position des partisans de l'ours semble vraiment fragilisée. Ils avaient besoin de cette pub. » Pourquoi? On aimerait qu'elle développe...

Tous les termes utilisés par Carla bruni-Sarkosy font preuve de retenue, de diplomatie et de sens du dialogue. Ce qu'elle prône en fait, c'est la cohabitation contrairement aux titres de certains grands journaux. Mais cohabitation est un mot qui leur donne envie de mettre le feu aux Pyrénées. Et le presse locale qui profite de l'intérêt de l'ours pour gonfler les ventes les accompagne dans cette peoplelisation de la peur de l'ours.

«Peut-être que les « pro-ours » sont à cours d’arguments… et qu’ils n’ont rien d’autre à proposer. » déclare Philippe Lacube. Je l'invite à se plonger d'urgence dans le rapport établi par Stéphane Carbonnaux pour Ferus. Il regorge d'arguments qui "démontent" le discours pseudo-environnemental des partisans de la "biodiversité à visage humain".

Comme le plan Ours, l'Elysée semble prendre la voie de la négociation avec toutes les parties. Maintenant si certains "retiennent leur respiration" et maintiennent leur position de boycott du Groupe National Ours, ils ne devront pas être surpris que les choses avancent sans eux, même si, il est certains qu'ils mettront leur refus de participer sur une prétendue non-concertation, (sur un parisianisme comme dit purepeople qui semble avoir tout compris de leur mode de fonctionnement) comme ils l'ont fait à de multiples reprises.

"En faisant apparaître cette intervention comme étant un soutien à l'ours, les associations environnementalistes pourraient bien essayer de prendre l'Etat en otage par la manipulation et l'interprétation des propos qui sont tenus." déclare Louis Dollo, d'une mauvaise foi crasse. Il ne s'agit nullement d'interprétation mais simplement d’une lecture basique. Petite leçon de lecture pour Monsieur Louis Dollo. Voici donc l'intégralité de le réponse du Chef de Cabinet Adjoint du Président de la République en date du 22 juillet 2008 :

" Cher Monsieur,

Madame Carla SARKOZY a bien reçu la correspondance que vous lui avez adressée conjointement avec Messieurs X et Y (NDLB: noms retirés) concernant le devenir de l'ourse Hvala et la préservation des ours bruns.

Sensible aux sentiments qui ont inspiré votre démarche, l'épouse du Chef de l'Etat tient à vous en remercier.

C'est par conviction dans le devoir de protection de la biodiversité animale que Madame SARKOZY a accepté, au printemps 2006, d'être la marraine de l'ourse slovène Hvala, qui était alors réintroduite dans les Pyrénées.

Elle s'est également beaucoup réjouie de la naissance en janvier 2007 de deux oursonnes, baptisées depuis Pollen et Bambou. Cela représente, enfin, une bonne nouvelle pour l'avenir de l'ours dans les Pyrénées.

La conviction de l'épouse du Chef de l'Etat demeure entière et s'est même trouvée confortée par les conclusions du Grenelle de l'Environnement qui ont fait de la préservation de la biodiversité un objectif majeur de notre pays.

Dans le même temps, dans l'esprit même du grenelle de l'Environnement, il nous faut trouver une voie équilibrée de coexistence. D'un côté, la présence des ours dans les Pyrénées traduit une volonté de protéger la biodiversité, d'autant qu'elle s'inscrit dans le cadre d'engagements internationaux anciens de la France. D'un autre côté, l'adhésion des populations locales constitue une nécessité incontournable.

La coexistence est difficile pour tous mais elle doit être possible et nous ne devons jamais nous résigner. Il ne s'agit pas, dans nos régions, de choisir entre l'ours ou l'homme.

Le Gouvernement a lancé depuis plusieurs mois un exercice d'études internationales comparées, pour examiner comment se fait justement la coexistence des humains et des ours, dans tous les pays où la situation se présente.

A cet égard, un comité national "ours" doit être installé à Toulouse. Il recevra les rapports demandés qui seront ensuite partagés et débattus. Il appartiendra à ce comité de définir les voies de coexistence pour l'avenir, dans la sérénité et la concertation.

Tels sont les éléments d'information dont dispose Madame SARKOZY. Ils l'amènent à demeurer optimiste quant à l'avenir de sa "filleule" et de ses deux petites, même si elle comprend et partage tout à fait votre vigilance.

En vous priant d'excuser le retard avec lequel vous recevez cette réponse, veuillez agréer, Cher Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

S. FRINGANT "

Je laisse à Louis Dollo la responsabilité de sa manipulation désespérée de l'opinion publique : "En faisant apparaître cette intervention comme étant un soutien à l'ours, les associations environnementalistes pourraient bien essayer de prendre l'Etat en otage par la manipulation et l'interprétation des propos qui sont tenus."

Il ne s'agit pas d'un soutien à l'ours, mais d'un soutien à la cohabitation.
Un exemple de plus qui montre bien :

  • la position centriste des associations qui avec le FIEP depuis le début et avec le plan ours ont largement soutenu et financé le pastoralisme.
  • La mauvaise volonté et l'aveuglement extrème des opposants à la cohabitation pour qui comme le reconnais Philippe Lacube et Magali Boniface "l'ours n'est qu'une goutte d'eau", tout en continuant de refuser de regarder et de s'occuper du reste du contenu du vase des problèmes du pastoralisme.

De son côté, le Grand Charnier s'enfonce encore un peu plus dans le ridicule : (sic) "Cet ours femelle, d’origine slovène a tué pas moins de 80 brebis en 2007 sur Saint-Lary et Seintein. Cet animal a assuré sa descendance en donnant naissance à deux oursons eux aussi des femelles. Les naturalistes vous diront que c’est la mère qui enseigne aux petits comment se nourrir. Nous voilà assurés d’une bonne descendance à problèmes ! (...) Madame Carla Sarkosy est marraine d’une espèce bien dangereuse, elle devrait à ce titre prendre en charge personnellement les dégâts occasionnés par sa filleule, un conseil cependant : ne pas confondre ours et nounours !"

Comme l'a précisé Pierre-Yves Quenette au Groupe National Ours à propos de FRANSKA : "Les experts contactés concluent, que dans un contexte de troupeaux non gardés, ce niveau de prédation ne permet pas de dire qu'il s'agit d'un ours à problème. Même si l'ours concerné pose des problèmes, il est biologiquement attendu qu'un ours, s'il se trouve en présence de proies faciles, fasse de la prédation." Le Préfet des Pyrénées atlantiques a aussi rappelé que "le protocole d'intervention sur un ours à problème est adapté."

Ce n'est pas l'ours qui est "à problème", c'est le pastoralisme! Pour ma part, je ne me permettrai de conclure que les descendants de ces extrémistes là se comporteront de la même manière. Je garde espoir.

Comme quoi il y a moyen de faire une analyse d'un "non évènement".

14 mai 2008

Hvala vue en compagnie d'un ours mâle

Hvala en compagnie d'un ours  mâle dans le Val d'AranL'ourse Hvala a été filmée en compagnie d'un d'ours de grande taille dans le Val d'Aran (Espagne). Il s'agit sans doute d'un ours mâle. Cette rencontre naturelle représente un nouvel espoir de naissance d'oursons pour l'hiver 2008-2009.

Les images de cette rencontre sont de la Guardería de l’Environnement du Conseil Général d’Aran (Pyrénées espagnoles) qui a détecté la présence de 2 ours dans les montagnes de Baish Aran (Lleida). L’ourse Hvala avait été relâchée dans les Pyrénées le 17 mai 2006 à Arbas. L'ours mâle qui l'accompagnait n'a pas été identifié.

En mars 2007, l'ourse Sarousse n'avait pas eu de petits lors de sa sortie d'hibernation; Hvala portait le dernier espoir de naissance. En avril, Hvala, la dernière à sortir de sa tanière, était accompagnée de deux oursons nés durant l'hiver. Plus tard, l'étude de plusieurs excréments a permis d'identifier le sexe des oursons : deux femelles qui ont été baptisées "Pollen" et "Bambou".

Statistiquement, 50% des oursons meurent durant leur première année, mais après une année en compagnie de leur mère, les deux jeunes ourses ont quitté Hvala et vivront sans doute encore ensemble quelques temps. Elles pourront a leur tour se reproduire dès l'âge de trois ans pour mettre au monde de 1 à 3 oursons.

D'habitude, les femelles subadultes quittent le territoire maternel et cherchent un nouveau territoire en périphérie de celui de leur mère. Les ours mâles ont eux un territoire plus grand qui se superpose à celui de plusieurs femelles. (voir la vidéo)

19 novembre 2007

Les oursons de Hvala s'appèlent Pollen et Bambou

L'ourse Hvala et ses oursons Pollen et Bambou, les oursons de Hvala ont des noms ! Hvala, l'ourse slovène relâchée le 17 mai 2006 à Arbas a donné naissance cet hiver à 2 oursons. Ce sont les deux premiers oursons nés d'une ourse des lâchers de 2006. Lire "Pyrénées : L'ourse Hvala a donné naissance a deux oursons en 2007".

L'ADET avait organisé un grand concours pour donner un nom à ses deux oursons qui représentent l'avenir de l'ours des Pyrénées. Grâce à l'opération "Baptisez les oursons", l'ADET a recueilli près de 13 000 propositions de noms, parmi lesquels ont été choisis les noms suivant : Pollen et Bambou.

Les analyses génétiques effectuées sur les échantillons de poils et d'excréments n'ont pas encore permis de déterminer le sexe des deux jeunes oursons.

13 septembre 2007

Voilà les dégâts de Hvala

Après Franska, les éleveurs s'en prennent à l'ourse Hvala et à ses deux oursons. Ils essaient de mettre toutes les prédations possibles sur son dos. Mais Hvala n'est pas la seule ourse de la région. Qu'en est-il exactement des prédations de Hvala. La buvette l'a demandé à la DDEA.

"En réponse à votre demande, je vous prie de trouver ci-joint une note faisant le point au 4 septembre 2007 des prédations pouvant être attribuées à Hvala."

Informations concernant l'ourse Hvala
Actualisation au 04/09/2007

L'ourse Hvala a hiberné sur la commune de Melles en Haute-Garonne où elle a été observée accompagnée de 2 oursons le 23 avril 2007. Un suivi télémétrique régulier tout au long de l’hiver a permis de localiser le site de tanière de l’animal mais l’ourse n’a présenté aucun signe d’activité significatif au cours du mois d’avril. La femelle accompagnée de ses 2 oursons a été vue en train de s’alimenter et de se reposer. Les 2 oursons étaient très actifs autour de leur mère.

Depuis cette date, elle a pu être localisée soit par observation directe soit par suivi télémétrique à environ 90 reprises. Les localisations sont toutes situées dans un périmètre relativement restreint correspondant à quatre communes : Antras et Saint-Lary en Ariège, Melles et Boutx en Haute-Garonne ; comportement normal pour une femelle suitée.

Sur le territoire des quatre communes précitées et depuis cette date, il a été recensé 10 attaques pouvant être imputées à Hvala, impliquant la prédation de 26 brebis, dont la répartition est la suivante :

  • Antras : 7 brebis
  • Saint-Lary : 18 brebis
  • Melles : 1 brebis
  • Boutx : 0 brebis

En dehors des brebis :

  • aucune autre prédation n'est à ce jour imputable à Hvala,
  • aucune autre prédation n'est à signaler sur le secteur géographique,
  • l'expertise d' un veau à Saint-Lary (24/05/2007) conclut à la non imputabilité de cette perte à l'ours.

VETTER Marc
Chef de Service - DDEA 09/SER

Pas de quoi fouetter un chat. Les troupeaux de Melles sont gardés. Depuis lors, les prédations sont presques nulles. Encore un exemple concret de l'efficacité des moyens de protection. Un fait qui devrait pousser les ultrapastoraux à réfléchir.

24 août 2007

Hvala, la nouvelle cible de l'ASPAP

Après avoir eu la peau de Franska – certes tuée involontairement, mais que les anti ont déjà essayé de dégommer à plusieurs reprises depuis son arrivée dans les Pyrénées (pots de miels avec du verre pilé, battues à répétition, plombs dans son arrière-train... – les anti-ours en veulent désormais à l'ourse Hvala et ses deux oursons.

Le communiqué de l'ASPAP

Dans un climat de grande tension, que les dernières attaques de l'ours sur des vaches en Vicdessos et en Couserans ont encore dégradé, le Sous-Préfet de l'Ariège va recevoir ce vendredi 24 Août à Saint Girons à 10H00, une délégation d'éleveurs et de leurs représentants, de responsables du milieu pastoral, de l'ASPAP et d'élus, dont le maire de St Lary à l'initiative de cette rencontre.

En 2 mois, l'ourse slovène Hvala a tué sur cette commune plus de 30 brebis. Lors d'une de ses attaques, cette ourse a laissé sur son passage un cordon de mort et désolation de 2 kilomètres de brebis tuées et d'animaux morts-vivants, hagards, atrocement mutilés.

Le comportement agressif de cette ourse qui approche les troupeaux malgré la présence permanente du berger, impose le déclenchement du protocole «ours à problèmes»

Eleveurs et sympathisants d'Ariège et de Haute-Garonne se retrouveront devant la sous-préfecture pour manifester leur solidarité avec les éleveurs de Saint Lary et dénoncer l'augmentation du nombre d'attaques de l'ours, qui dépasse déjà le total des prédations de 2006 malgré la mise en place de moyens de protection de plus en plus importants.

Ils viendront dénoncer les contraintes et les surcharges de travail inacceptables sur toutes les estives Ariégeoises, à la charge exclusive des éleveurs, terreau de découragement et de solutions extrêmes.

Aucune profession ne laisserait ainsi démolir son outil de travail sans se révolter, au nom des idéaux et des bénéfices financiers de quelques associations spécialisées dans le placement de chiens patous et la vente de clôtures électriques.

L'Etat ne peut plus prendre le risque de n'entendre que ceux qui ont conduit la France à se fourvoyer dans ce plan d'introduction aussi vain que coûteux. Passer outre l'avis et les propositions des élus et responsables légitimes et représentatifs, persister dans l'aveuglement et l'immobilisme conduirait sans doute des mêmes causes aux mêmes effets que par le passé.

Rappelons que la dernière action de ces associations a été de s'opposer au retrait de l'ourse Franska que nous avions réclamé en vain.
Avec les conséquences que l'on sait.

Magali Boniface, ASPAP

Réaction de la Buvette des alpages
par Mathieu KRAMMER - Leis oursoun – Carnivores et rapaces

Comme vous vous en doutez, l'ourse Hvala est considérée par l'ASPAP comme atypique! C'est la nouvelle mode du moment. Leur stratégie est maintenant rodée : On cible un ours à la fois, on met le paquet et la pression puis on demande le retrait. Mais qu'en est-il réellement ? La nouvelle affaire "Hvala", qu'ils aimeraient tellement voir prendre forme, ne serait-elle pas une "tempête dans un verre d'eau" ?

L'histoire de l'ourse Hvala

Petit historique de cette ourse, pour mieux comprendre la situation :

  • Hvala est lâchée le 17 mai 2006 à Arbas (Haute-Garonne).
  • Rapidement, elle s'installe un peu plus au sud dans le Haut-Comminges (Haute-Garonne), à proximité du Val d'Aran et du Biros (Ariège).
  • Sur la commune de Melles (Haute-Garonne) qu'elle fréquente principalement, elle cause des dégâts importants en 2006, sur les troupeaux non protégés de la commune : 29 brebis sont tuées en 14 attaques.
  • Heureusement, les éleveurs de cette commune ont décidé de se protéger pour l'année 2007. Le trio "bergers, chiens de protection et regroupement nocturne" marche à merveille et le résultat est criant de vérité...
  • Hvala donne naissance à 2 oursons lors de l'hiver 2006/2007, sur la commune de Melles. Comme toutes les femelles suitées, elle a une mobilité très réduite durant les premiers mois et reste donc, tout le printemps et une grande partie de l'été, cantonnée sur la seule commune de Melles. Malgré cette présence continue et avec deux oursons à ses côtés (deux circonstances qui auraient dû être aggravantes), 3 dégâts seulement ont été constatés sur la commune de Melles en 2007, sur 3 brebis isolées dans des bois...
  • Au cours de l'été, le domaine de la petite famille s'aggrandit peu à peu et Hvala fréquente notamment le versant ariégeois de son territoire, sur la commune de Saint-Lary (Ariège), entre les vallées de Bellongue et du Biros. Là, les troupeaux ne sont pas protégés et les dégâts sont plus importants. Plus importants certes, mais ce n'est pas le cataclysme annoncé.
  • A la fin août 2007, Hvala a perpétré une petite dizaine d'attaques (5-6) sur la commune de Saint-Lary, pour un total d'une vingtaine de brebis tuées. Selon une association anti-ours, plus de 30 brebis ont été tuées par Hvala dans cette zone.

Même en tablant sur 30 brebis tuées, combien d'autres animaux sont morts de maladies, foudroyés ou tuées par des chiens, durant cette même période ? Curieusement, ni les anti-ours, ni les médias ne veulent nous le dire! Sur deux secteurs différents de son territoire, l'ourse Hvala fait la preuve d’un côté du succès évident des mesures de protection des troupeaux, et de l’autre du risque permanent encouru par les troupeaux non protégés...

La protection des troupeaux : ça marche !

24 avril 2007

Pyrénées : L'ourse Hvala a donné naissance a deux oursons en 2007

L'ourse Hvala est sortie de sa tanière avec deux petits oursons. Hvala était la dernière ourse encore en hibernation et la dernière possibilité pour avoir des naissances d'oursons en 2007.

L’ourse Hvala avait été relâchée dans les Pyrénées le 17 mai à Arbas. Les oursons sont nés sur la commune de Melles en Haute-Garonne, lieu des premiers lâchers d'ours en 1996-1997. Nés durant l'hiver, probablement au mois de janvier selon Pierre-Yves Quenette (ONCFS) , responsable de l'Equipe Technique Ours, les oursons pèsent entre 4 à 5 kilos chacun. Hvala a été observée en leur compagnie en train de s’alimenter et de se reposer. Les deux oursons étaient très actifs autour de leur mère.

Un suivi télémétrique régulier tout au long de l'hiver avait permis de localiser le site de la tanière de Hvala mais l'ourse n'avait présenté aucun signe d'activité significatif au cours du mois d'avril. De nombreux affûts ont été nécessaires avant qu'un membre de l'Equipe Technique Ours puisse observer l'animal en activité près de son site d'hibernation. "Nous savions précisément où elle était grâce à son émetteur mais nous n'arrivions pas à la voir", a expliqué à l'Associated Press Pierre-Yves Quenette en saluant cette "bonne nouvelle" qui montre que "malgré son déplacement et sa réintroduction dans un autre pays", l'ourse "a réussi à bien s'adapter à son habitat et même à se reproduire".

L'ADET a bien évidement réagit favorablement à cette naissance d'oursons:  «Il s’agit d’une excellente nouvelle et une preuve supplémentaire de la bonne adaptation des ours slovènes dans les Pyrénées. Pour fêter la naissance des oursons de Hvala, l'Association Pays de l'Ours-ADET, partenaire local de l’Etat pour la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, lance une grande opération "Baptisez les oursons"!» Chacun peut proposer des noms pour baptiser les oursons de Hvala nés cet hiver.

Dans un communiqué, la ministre de l'Ecologie Nelly Olin "se réjouit de la naissance de deux oursons" dans les Pyrénées, une "bonne nouvelle en faveur de la biodiversité". Selon l'Equipe Technique Ours, entre 15 et 20 plantigrades évoluent aujourd'hui dans le massif pyrénéen.

L'ADET rappelle que de tout temps les hommes ont baptisé des ours dans les Pyrénées :

  • Palouma, Franska, Hvala, Balou et Sarousse, les 5 ours relâchés en 2006.
  • Ziva, Mellba, Pyros, Boutxy, Caramelles, Néré, les ours lâchés en Pyrénées Centrales en 1996-1997 et leurs descendants.
  • En 1840, Dominique, ou Gaspard, étaient considérés comme les plus gros ours ayant jamais vécu dans les Pyrénées.
  • Mais encore Papillon, Juliette, Claude, Pyrène, Chocolat, Cannelle.

L’ours a toujours été assez proche de l’homme pour que nous ressentions le besoin de les baptiser individuellement. Perpétuer cette tradition, avec des moyens modernes, est une manière de faire vivre la culture pyrénéenne. Voilà une bonne nouvelle pour les associations de défense de la tradition pyrénéenne, qui bien sûr vont... regretter ces naissances de petits ours.

La France à la chance de pouvoir adopter deux petits oursons en 2007. Deux autres petits "Knut". HVALA à la Slovénie pour ce beau cadeau (prononcer "Walla", ce qui signifie "Merci" en slovène), à Nelly Olin pour sa perséverance et félicitation à la Commune de Melles et à Carla BRUNI et Stéphane SANSEVERINO qui parrainnent l'ourse Hvala.

23 août 2006

Baudouin de Menten : Divergences sur le chiffre des victimes causées par les ours

Dans le grand sud-ouest, les journalistes doivent avoir des sources bien différentes.

D'un côté la très pastoralement anti-ours Dépêche du Midi publie « 200 brebis victimes de l'ours » et puisse ses sources uniquement dans les déclarations des opposants issus du monde agricole ou des élus locaux. Pas un mot de l'organisme qui assure le suivi des victimes, pas de recoupement des ources non plus. Ainsi Bernard Moules (secrétaire régional de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles) déclare: « Le bilan de la réintroduction est catastrophique ».

De l'autre le journal Sud-Ouest déclare: « Peu de dégâts. La réalité n'est pourtant pas aussi noire, bien au contraire. Plus de deux mois après leur arrivée, Palouma, Franska et Hvala, les trois femelles, et Balou, le mâle, n'ont pas commis plus de dégâts que les plantigrades habitant déjà la chaîne. »

L'éxagération

Bernard Moules: « 150 bêtes ont été tuées ou blessées sur le massif du Pibeste, non loin de Lourdes, depuis trois mois. Une grosse partie de ces pertes a été reconnue. Un comité d'indemnisation doit se réunir ce mardi. Les éleveurs ont passé l'été à sauver leurs troupeaux. »

Une réunion d'éleveurs et d'élus locaux du secteur de Saint-Pé-de-Bigorre : « Franska tué ou est responsable de la mort, en Hautes-Pyrénées et en Béarn, de 130 à 150 brebis, veaux et vaches, par attaques directes ou par affolement des troupeaux ».

Gérard Caussimont dans le mythe de l'ours explique : « La répétition de termes au cours de ces exemples étalés sur trente ans démontre bien que le mythe possède un pouvoir à partir de la répétition qui, par le biais du langage, situe le sentiment individuel sur un plan collectif transmissible de génération en génération dans un système agropastoral. Ces descriptions sont la plupart du temps liées au récit de dégâts ou de chasse (...) Les récits de dégâts ou de rencontres avec l'ours s'accompagnent presque toujours, à une époque où le pastoralisme constituait la principale occupation des montagnards, d'une demande ou d'une justification de la battue, l'acte de chasse collectif».

L'acte de chasse

Les groupements pastoraux de la haute vallée de la Garonne, entre Fos et Melles ont demandé une entrevue au sous-préfet de Saint-Gaudens pour « réclamer que soit lancée une procédure d'effarouchement renforcée, étape préalable à la recapture de l'animal. » L'exagération est l'étape préparatoire qui permet de chauffer l'opinion, de déclarer l'ours « ours à problèmes. »

Les battues de Franska sont de cet ordre. En plus en empéchant l'ours de se stabiliser, on l'empêche de retourner dans les zones alimentaires qu'il a déjà repéré. L'ours se rabat alors sur des proies faciles, non gardées. La battue provoque de nouveaux dégâts, ce qui justifie la battue suivante. CQFD.

Après vient l'acte de chasse : la battue. Comme l'animal est protégé, l'objectif est plus « doux » que par le passé mais est clairement annoncé. Ainsi régulièrement, il faut recapturer l'animal ! Pour en faire quoi ? Le reconduire en Slovénie? Non bien sûr.

Nouvelle stratégie des opposants: la réserve

Malgré les communiqués de presse dans la Dépêche ou dans Ariège News, malgré les blocages de routes pour arrêter les convois, les manifestations violentes ou plus calmes et le cirque lors du lâcher de Palouma, les cinq ours ont été relâchés. La stratégie des opposants à échoué devant la détermination du gouvernement.

L'ASPAP présente sa nouvelle stratégie. Philippe Lacube, porte parole de l'ASPAP sort le lapin de son chapeau : « Le seul axe de négociation possible pour sortir du conflit est de regrouper tous les ours dans trois ou quatre vallées comme Orlu chez nous, en les enfermant dans de grands parcs clôturés de 8 000 hectares. On n'en est plus à ça près, au point de vue budget. Les laisser libres sur toute la chaîne est impossible. Les Pyrénéens l'empêcheront. »

Les opposants ne veulent pas de « réserve d'indiens », mais d'une réserve d'ours, pourquoi pas? Les Pyrénées transformées en zoo. La nature encagée. Le côté sauvage des Pyrénées doit être maitrisé, dompté, comme l'agriculture se débarasse des « mauvaises herbes». Tout ce qui n'a pas une utilité financière évidente, tout ce qui ne rapporte pas ne sert à rien et de vient génant. Il faut garder le contrôle. L'homme doit dominer la nature! Voilà probablement les nouveaux objectifs de ceux qui désirent se débarasser des ours. Qu'on les parque dans des zones ou les citadins et les écolos viendront dépenser leur argent pour voir les ours, et qu'on nous laisse en paix sur nos estives où nous pourront continuer à laisser errer les troupeaux pendant qu'on s'occupe dans les vallées.

L'ours va être responsable de la disparition du pastoralisme

Gérard Caussimont, dans le mythe de l'ours poursuit : « Le mythe va canaliser, comme l'on peut apprécier sur les documents, les inquiétudes des bergers vis-à-vis de la perpétuation de l'activité pastorale. L’ours va être rendu responsable de la disparition progressive de l'élevage ovin, de l'abandon des pâturages les plus éloignés. »

Exemple de ce discours : Jean-Louis Cazaubon (président de la chambre départementale et régionale de l'agriculture) dans la Dépêche : « On assiste aujourd'hui à une véritable désertification de la montagne dans cette zone. Si le pastoralisme disparaît, il n'y aura plus d'entretien de la montagne et, par conséquent, un effondrement de l'activité touristique qui est source de revenus primordiaux pour le département et le massif pyrénéen. L'ours est une menace pour toute vie d'ici ».

Emotions et réactions passionnelles

Gérard Caussimont : « Ce fait réel, le dégât au troupeau, qui touche le berger dans un élément dont dépend sa survie, dans un système quasi autarcique, engendre tout naturellement des émotions. Cette émotion occasionne toute une série de réactions passionnelles qui prennent la forme d'actes instinctifs de vengeance ou d'autodéfense qui, pour trouver leur justification, exagèrent le fait réel qui les a provoqués. »

Exemple de siscours, toujours dans La Dépêche, Bruno Lepore (maire et conseiller général de Saint-Pé-de-Bigorre) a écrit au préfet pour lui faire part de sa crainte de voir se produire un accident sur le territoire dont il a la charge. Il n'est pas impossible, en effet, que le plantigrade y croise une personne. Quel est le résultat de ses croisements? Quand il s'agit d'un chasseur, l'ours est mort. Quand il s'agit d'un piéton : la peur pour les deux, point.

Pastoralisme et biodiversité

Bruno Lepore demande quand même le retrait de l'ours. Que fait-on d'un ours retiré? On le met dans une fosse (celà rapporte) ou dans un parc (celà devrait rapporter). Beau business que celà. Il souligne également que « ces lâchers vont à l'encontre des mesures d'entretien des estives fixées par le programme européen Natura 2000 puisqu'ils conduisent l'homme à déserter ces espaces ». Il met en garde : « la biodiversité sera mise à mal à cause du départ de ces bergers.»

Et revoilà le pastoralisme sculpteur du paysage pyrénéen. Allez voir la biodiversité des estives surpaturées. Des troupeaux de plusieurs milliers de têtes pâturent et surpâturent librement sans la direction d'un berger. On voit des estives où ils ne restent que quelques espèces végétales : une herbe très rase, ajoncs, bruyère, cirse laineux (chardon), orties. Les plantes nitrophiles (celles qui poussent quand le sol est riche en azote des déjections des ovins) prennent le dessus sur les plantes orophiles (celles qui poussent naturellement à découvert sur la pelouse alpine).

Dans son « Guide du naturaliste dans les Pyrénées Occidentales* », Claude Dendaletche évoque l'évolution défavorable des pâturages : « La composition floristique de ceux-ci est le résultat direct de la présence saisonnière millénaire d'ovins selon une densité déterminée. C'est la pâture qui sélectionne les plantes vers un maximum de couverture du sol correspondant à une grande densité. On peut admettre que, par évolution, la plupart des pelouses pastorales évoluent vers des peuplements presque monospécifiques, où le Nard Nardus stricta, le Gispet Festuca eskia ou Festuca scoparia jouent un rôle directeur. » Tout le contraire de la biodiversité. C'est le même problème sous d'autres latitudes (voir les notes sur le pastoralisme et la biodiversité en Afrique : Agérie ou Maroc.

Autre journal, autres sources

Pendant ce temps, le journal Sud-Ouest publie dans «Le comptage des dégâts»:

« Pierrick Touchet, chargé des expertises dans l'équipe de suivi ours, à la date du 22 août, a comptabilisé les dégâts commis par les quatre ours slovènes réintroduits. Il s'agit d'attaques pour lesquelles on est certain qu'elles sont imputables à l'ours, celles dont l'origine demeure incertaine n'ont pas été comptabilisées.

  • Palouma : Aucune attaque.
  • Franska : 25 attaques, 49 ovins tués. Ces dégâts ont été commis en Béarn sur de petits troupeaux non gardés par des bergers et des chiens.
  • Hvala : 12 attaques, 25 ovins tués dans le secteur de Melles.
  • Balou : 5 attaques, 15 ruchettes et 6 ruches détruites.
  • Les autres ours : Depuis la sortie de leur tanière, au printemps, les ours déjà établis dans la chaîne pyrénéenne auraient été les auteurs, du côté français, de quelque 78 attaques pour prélever 70 ovins et 10 bovins, caprins, équins. Ils ont également détruit 30 ruches.

Il faut savoir qu'en une année, 15 000 ovins environ meurent sur l'ensemble de la chaîne pyrénéenne, victimes des chiens errants, des maladies, de la foudre ou du froid.»

Que peut-on en déduire? Qu'Il est de plus en plus évident que les opposants «exagèrent» les chiffres comme le décrit si bien Gérard Caussimont dans le mythe de l'ours afin de crier :

  • à la mort du pastoralisme, à cause de l'ours
  • à la perte de la biodiversité, à cause de l'ours
  • aux risques à venir : les hypothétiques accidents lors de prévisibles «rencontre avec un ours», celà afin de justifier la battue, la chasse ou la capture pour mettre les ours dans un parc, une réserve d'indiens à poils.

Le mythe de l'ours

est bien vivant : exagérations, peurs et tentatives pour rassembler les pyrénéens dans le mythhe. Il est nécessaire de former un clan de montagnards résistant devant les agressions extérieures :

  • le passage en force de l'Etat,
  • les touristes pollueurs,
  • les écologistes de salons qui de Paris donnent des leçons de morales aux bergers et veulent nous dicter nos comportements,
  • les associations écologistes qui noyautent les ministères,
  • les estrangers à nos montagnes.

C'est sur les vagues du mythe de l'ours que surfent les petits responsables politiques locaux. Ils rassemblent leurs électeurs sur cette chasse à tout ce qui vient de l'extérieur et qui empiète sur leur autonomie d'action et de décision. Montagnard maître chez toi. Halte là, halte là, halte là, les montagnards sont là. Relisez les discours de Jean Lassalle. Denys Bergrave dit dans la mondialisation béarnaise : « Au-delà des châtaigniers, il y a le monde, et le monde, on n'en veut pas chez nous.» 

Sensations et gros tirages

La rentabilité semble bien être le moteur de la vision journalistique orientée de la Dépêche du Midi. Lors du festival Résistances de Foix, un spectateur a reproché à la Dépêche du midi ses titres accrocheurs et scandaleux à la manière du journal à sensations « Détective ».

Jean-Christophe Thomas de la Dépêche du midi à avoué : « C’est vrai, qu’en Ariège, en ce qui concerne les titres, c’est nouveau, une brebis attaquée par un ours, c’est devenu une info. (…) Je regarde tous les jours les articles les plus consultés ;, les pages ours sont les plus consultées, cela fait partie des points d’intérêts des habitants de l’Ariège. » (Voir la vidéo du festival Résistances)

Exemples des titres "Détectives" de la Dépêche du Midi :

L'ourse ressort du bois
Ours, grand frisson
L'ourse Franska a de l'appétit
Huit moutons tués par un ours
L'ours est trop près des maisons
Saint-Pé: 4 brebis tuées par l'ours
J'entendais le soufle de l'ours
L'ours était derrière moi et me chargeait
Le quatrième ours tourne en cage
L'ours dans le collimateur
Hautacam, l'ours tue quatre brebis
Dans les estives, on ne fera pas de cadeau à l'ours
L'ours passe à l'attaque
L'ours était devant la mairie du village
La bête poursuit des brebis la nuit
Boutxy a-t-il tué un veau?
Chasseurs: la bête velue en ligne de mire
Ariège, brebis dévorée, il faut effrayer Boutxy,
L'ours attaque à Luzenac
Les ours arrivent

Baudouin de Menten

Sources
L'ours est une menace pour toute vie d'ici (La Dépêche du Midi)
Les vrais comptes des ours (Sud-Ouest)
Les enfermer dans des parcs (Sud-Ouest)
Le comptage des dégâts (Sud-Ouest)

(*) Claude Dendaletche : Guide du naturaliste dans les Pyrénées Occidentales - Tome 1 - Delachaux et Niestlé, tome 1 p150.

03 juillet 2006

Le suivi des ours

Le suivi des ours relâchés et de leurs déplacements est possible grace aux moyens techniques de communication et de suivi. Chaque ours est équipé de dispositifs permettant de les suivre et de les localiser à intervalle régulier.

suivi des ours

Le suivi des ours avec une antenne VHF

Chacun des ours suivis possède un collier muni d’un émetteur VHF (ondes radios) et d’un GPS transmettant les données recueillies par satellite via le réseau de téléphonie mobile à l'équipe de suivi des ours (L'Equipe Technique Ours).

L'ours Balou, quant à lui, était pourvu d’un émetteur VHF, et d’un GPS dont les données ne pouvaient être récupérées que lorsque le collier se détacherait de l’animal (elles étaient stockées pendant ce temps).

Dans la nuit du 10 au 11 juillet, l'ours Balou a été capturé, puis relâché, pour être équipé du même dispositif de suivi des ours que les femelles relâchées. En plus du collier, chaque ours suivi porte un émetteur VHF intra-abdominal qui émet sur une fréquence différente de celle du collier.

Les émetteurs VHF, qui émettent en permanence, permettent, grâce à la télémétrie, de repérer les déplacements de l’ours pendant toute la durée de vie des piles, soit 1 an pour le collier et 2 à 3 ans pour l’émetteur intra-abdominal.

Le principe ? Un technicien se déplace sur le terrain, avec un récepteur et une antenne et capte le signal, y compris lorsqu’il est émis à plusieurs kilomètres. La qualité du signal dépend de l’emplacement de l’ours par rapport au récepteur.

Le suivi des ours par GPS identifie la localisation de l’animal toutes les trois heures et envoie un message sous forme de SMS via le réseau de téléphonie mobile classique (réseau Orange) toutes les cinq localisations. Le message est ensuite réceptionné sur un ordinateur, via un modem. A condition toutefois que les deux exigences indispensables au bon fonctionnement du GPS soient réunies :

  • quatre satellites, au moins, doivent être disponibles au moment de la localisation et
  • le réseau de téléphonie mobile doit couvrir la zone au moment de l’envoi du message.

Si les satellites ne sont pas disponibles, il n’y a pas de localisation et en cas d’absence de réseau, le collier garde en mémoire le SMS et le transmet plus tard. Les données GPS peuvent ainsi être absentes pendant quelques jours, avant d’être reçues plus tard toutes en même temps.

Premiers résultats du suivi des ours

Grâce à l’émetteur VHF, pendant les six premières semaines qui ont suivi chaque lâcher, cinq localisations télémétriques par semaine ont été effectuées en moyenne pour chaque ours suivi permettant d’analyser leur acclimatation dans le massif. Depuis, le suivi des ours est assuré par trois localisations par semaine qui sont réalisées en routine. Les données GPS sont, quant à elles, récupérées en différé, avec une à deux journées de retard en moyenne.

L’ensemble de ces données est actuellement exploité grâce à des logiciels de Systèmes d’Information Géographique. Ces logiciels permettent la réalisation de cartes, disponibles sur le site Internet du Ministère de l'écologie, aux rubriques Loc’Hebdo Ours et Actualité Ours. Les localisations sont également diffusées tous les jours sur un serveur vocal (05 62 00 81 10).

Les premiers résultats du suivi des ours montrent des déplacements spécifiques à chaque animal.

Carte localisation et suivi des oursCliquez sur la carte de localisation et de suivi des ours pour l'agrandir.

  • Suivi de l'ourse Franska - L’ourse Franska a réalisé de grandes transversales d’Est en Ouest entre la région de Bagnères-de-Bigorre, le Val d’Azun, l’Espagne, la Vallée d’Aure en Hautes-Pyrénées et la Vallée d’Ossau dans les Pyrénées-Atlantiques. Au début juillet, elle se trouve à la frontière entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques.
  • Suivi de l'ourse Palouma - Palouma, quant à elle, est restée près de son site de lâcher, dans la vallée de Luchon en Haute-Garonne, en effectuant des déplacements du Nord au Sud.
  • Suivi de l'ourse Hvala - Hvala est partie très rapidement après son lâcher en Espagne. Elle a effectué quelques allers-retours entre la Haute-Garonne et le Val d'Aran.
  • Suivi de l'ours Balou - Quant à l’ours Balou, il a été repéré le lendemain de son lâcher sur la commune d’Urau en Haute-Garonne. Puis des traces d’ours ont été découvertes le 7 juin à Auribail en Haute-Garonne, à une trentaine de kilomètres au sud de Toulouse. Depuis le 22 juin, il était localisé dans le piémont ariégeois, d’abord sur la région de Sainte Croix Volvestre puis un peu plus à l’est sur le massif de Plantaurel. A l’occasion du changement
    de son collier, il a été relâché sur la commune de Bagnères de Luchon le 11 juillet.

Frédéric Decaluwe, Équipe technique ours

Source : Empreinte Ours n°1 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

17 mai 2006

Hvala, une troisième ourse slovène à été lâchée cette nuit à Arbas

Hvala, la troisième ourse slovène, relâchée à Arbas le 17 mai 2006Arbas, voilà Hvala

Hvala : Une troisième ourse a été lâchée à minuit à Arbas (Haute-Garonne), l'une des quatre communes ayant accepté d'accueillir des plantigrades en provenance de Slovénie. Elle sera parrainé par les chanteurs Carla Bruni et Sanseverino.

Capture et lâcher sans incident

Hvala a été capturée lundi soir sur le site de Jellen en Slovénie, d'où vient aussi l'ourse Palouma, grâce à une "téléanesthésie" (une injection par arme) depuis un mirador dans la réserve. Le transport, avec un accompagnement discret des forces de l'ordre, s'est déroulé sans incident. Hvala a été relâchée mardi à minuit, à Arbas, à 200 m du lieu prévu pour Palouma a précisé l'Equipe Technique Ours,. D'après le Ministère, le lâcher de Hvala s'est passé "dans une ambiance tendue" en raison de la présence d'opposants à la réintroduction "pas très nombreux mais très déterminés".

Hvala, l'ourse relâchée à Arbas

Hvala était suivie par deux mâles

Hvala (Merci en slovène) est une jeune ourse en bonne santé, âgée de 5 ans, elle pèse 100 kg. La femelle, qui a déjà mis bas l'hiver dernier à un ou plusieurs oursons, selon les constatations faites à sa capture sur ses mamelles, pourrait avoir été fécondée très récemment car elle a été capturée alors qu'elle était suivie par deux mâle. Hvala a été équipée d'un collier émetteur et d'un émetteur intra-abdominal afin de permettre son suivi dans les Pyrénées.

Bienvenue à Hvala et Merçi à la Slovénie. Un peu de baume au coeur pour les habitants d'Arbas qui l'attendaient.