Lynx

19 juin 2008

Symposium "Lynx : le grand retour”

Symposium international les 17, 18 et 19 octobre 2008
Muséum - 45000 ORLEANS - FRANCE

Organisé par FERUS et Loiret Nature Environnement

Le Muséum, FERUS et Loiret Nature Environnement organisent les 17, 18 et 19 octobre 2008, un symposium international, sur un autre grand prédateur de nos forêts, intitulé «Lynx, le grand retour».

Le Muséum d’Orléans attache une grande importance au devenir de la faune sauvage et à la conservation des grands carnivores. Ainsi, depuis 2003, a-t-il présenté une série d’expositions sur le thème des canidés, des félidés et des ursidés sauvages et, pour couronner ces manifestations muséographiques d’ampleur nationale, il a organisé, en 2004, sous l’égide de l’association FERUS et de Nature-Centre, un colloque international sur les grands prédateurs «La cohabitation hommes - grands prédateurs en France».

Lors du symposium "Lynx, le grand retour", les communications concerneront essentiellement le lynx boréal, réintroduit avec succès en France et en Suisse, depuis plus d’un quart de siècle mais aussi d’autres espèces comme le lynx pardelle, félin endémique de la péninsule ibérique, menacé d’extinction.

Pour présenter l’évolution de la répartition, l’écologie et l’éthologie des lynx de France et d’ailleurs mais, également, les relations «homme-grands carnivores» chères aux préoccupations de FERUS, les organisateurs du symposium donneront la parole à des scientifiques de renommée internationale : Miguel DELIBES, Urs BREITENMOSER, Eric MARBOUTIN, Jean-Claude GENOT et à des naturalistes de terrain qui étudient le lynx depuis près de vingt ans. Le programme détaillé, comportant les communications et les intervenants, est en cours d’élaboration et sera diffusé ultérieurement.

Ce symposium est ouvert aux scientifiques, aux naturalistes et à tous les amoureux des grands prédateurs. Pendant la période du symposium, des manifestations destinées au grand public et une exposition sur les lynx du monde seront présentées dans les salles du Muséum.

En prévision du grand retour du lynx dans les forêts de plaines du Centre, les organisateurs ont souhaité sensibiliser et préparer les acteurs et les gestionnaires de nos espaces forestiers, pour accueillir ce carnivore prestigieux, réintroduit dans l’Est de la France depuis plus de vingt ans…

Ce symposium sera aussi l’occasion d’évoquer les problématiques de la gestion des grands carnivores, de s’enrichir de l’expérience des pays étrangers et, par delà, échanger les points de vue sur la nécessité de protéger les grands prédateurs sur le territoire français.

Jacques BAILLON

Symposium Lynx le grand retour Orléans 17, 18 et 19 octobre 2008

20 août 2007

L'avenir des grands prédateurs en Ecosse

publié par "The Guardian". Traduit par Pierre.
12 août 2007

Paul Lister, un millionnaire qui possède un immense domaine (environ 100 km²) dans les Highlands écossais, veut en faire une réserve naturelle privée (pour la faune et la flore) sur le modèle des parcs africains, et vient notamment d'obtenir une licence pour y introduire des grands prédateurs, dont le loup, le lynx, et l'ours...

Il faut savoir qu'en Ecosse il n'existe pratiquement pas de domaine public naturel. Pratiquement toute la terre appartient à des propriétaires privés: en général de très gros propriétaires, marque de la survivance d'un système de type féodal*. Ce n'est pas forcément un modèle à retenir sur son aspect social, mais on peut néanmoins lui voir quelques avantages: un mécène ou une organisation environnementale qui a les moyens peut acquérir de grandes surfaces et les gérer dans un but de conservation, même si la volonté politique n'existe pas dans le pays.

Et le fait est que les organisations de ce type ont les moyens en Ecosse ! La plus connue est le "National Trust for Scotland", forte de 250 000 adhérents (ce n'est pas rien pour un petit pays de 5 millions d'habitants!). Le National Trust for Scotland gère des sites du patrimoine culturel ou naturel écossais. On peut noter qu'en France (et probablement dans les pays latins en général), dans le domaine environnemental nous n'avons pas d'organisations suffisamment puissantes de ce type pour faire un contrepoids efficace face aux lobbys agricoles et de la chasse, qui ont beaucoup de moyens.

Dans le cas qui nous occupe toutefois, ce n''est pas une organisation mais un mécène de l'environnement qui souhaite mettre en pratique ses idées sur ses terres. Et il y a de quoi faire...

L'Ecosse peut en effet laisser une impression curieuse à ses visiteurs. Les Highlands sont sauvages au sens où la densité de population est très faible. Les paysages sont vraiment magnifiques, parmi les plus beaux que je connaisse. Néanmoins il faut savoir que la lande actuelle, qui est le biotope ultra dominant, est un pur paysage créé par l'homme, résultat d'une déforestation constante au cours des siècles : le biotope naturel des Highlands c'est la forêt, forêt dont il ne reste plus que 1% de sa surface d'origine ! Les causes majeures de cette déforestation sont :

  • l'exploitation du bois à une certaine époque pour la marine et pour les usages domestiques.
  • la prolifération des cerfs en l'absence de tout grand prédateur (si ce n'est l'homme), cerfs qui mangent toutes les jeunes pousses d'arbres...
  • à partir du 18ème siècle, l'élevage ovin extensif: on trouve des moutons pratiquement partout, en totale liberté... On a « déforesté » pour les moutons, et maintenant ceux-ci, tout comme les cerfs, mangent tout ce qui pousse et qui dépasse quelques centimètres.

Il faut savoir également que les grands prédateurs ont été éliminés du territoire il y a déjà longtemps (2 siècles pour le loup, et plus de 1000 ans pour le lynx et l'ours - Wikipédia : Fauna of Scotand). Ainsi, sous leur apparence sauvage, les Highlands constituent un territoire largement domestiqué. Aventuriers, passez votre chemin...

Aujourd'hui, il existe quelques programmes de reforestation, mais très limités et pas évidents à mener. Il faut cloturer avec grand soin les zones à boiser pour les protéger des cerfs et des moutons, sans bien savoir ce qu'il adviendra une fois les arbres adultes. Pourra t’on enlever les clôtures ? La pression des cerfs permettra t’elle à la forêt de se régénérer toute seule ? Des scientifiques pensent que la réintroduction du loup, prédateur naturel du cerf, permettrait de rétablir un meilleur équilibre écologique global. En fait, l'idée de réintroductions de grands prédateurs en Ecosse semble faire petit à petit son chemin, même si la société n'y est pas forcément prête dès aujourd'hui. Le projet de Paul Lister pourrait précipiter les évènements, en réalisant une expérience grandeur nature.

Pierre

*A noter qu'en 2003, une loi (Land Reform Act) à été votée afin d'atténuer les effets les plus négatifs de ce système. Elle garantit notamment le libre accès pédestre de tous à la nature, indépendamment du droit de propriété (un propriétaire ne peut interdire l'accès à ses terres, sauf certains exceptions), consacrant ce qui était jusque là un usage admis. Elle facilite également le rachat, par des communautés d'habitants, des terres sur lesquelles ils vivent.

Source : The Guardian

01 juin 2007

Espagne: Le lynx ne prendra pas l'autoroute

Les autorités espagnoles ont renoncé à la construction d'une autoroute de 300 km parce qu'elle aurait menacé le lynx ibère, l'une des espèces animales les plus menacées au monde. L'axe routier, qui aurait relié Tolède à Cordoue, aurait traversé plusieurs zones protégées, dont le dernier refuge de ce félin en voie de disparition, la Sierra Morena.

On estime entre 250 et 350 le nombre de lynx ibères au monde, tous en Espagne. D'autres espèces menacées, comme l'aigle impérial, le loup et la cigogne noire, auraient aussi pâti de l'autoroute, fait remarquer le ministère espagnol de l'Environnement.

12 mai 2007

Trop de lynx dans le canton de Vaud, les chasseurs ont horreur de la concurence. Ils veulent réguler!

SUISSE - ALPES VAUDOISES - La prolifération du félin inquiète les spécialistes de la faune et agace les chasseurs. Ces derniers demandent aux autorités de lever l’interdiction de tir protégeant ce concurrent.

Les lynx seraient actuellement trois à quatre fois trop nombreux dans les Alpes vaudoises, selon les chiffres fournis par le KORA (projets de recherches coordonnés pour la conservation et la gestion des carnivores en Suisse). Alors qu’il faudrait idéalement une proportion d’un individu pour 150 km², on en compte aujourd’hui?11?dans cette région, soit 2,5?individus pour 100 km².

Conséquence principale de ce retour en force, une diminution inquiétante du cheptel de chevreuils et de chamois, proies privilégiées du félin (lire encadré). «Dans les années 1980, on recensait environ 250?chevreuils dans le Pays-d’Enhaut. Ils sont une soixantaine aujourd’hui», explique Sébastien Sachot, conservateur de la faune du canton de Vaud.

Culte du prédateur 

Dans le monde cynégétique, le ton monte: «On parle de biodiversité mais on assiste plutôt au culte du prédateur, s’emporte Eric Erb, président de la Diana d’Aigle. Les écologistes sont irresponsables. Si on laisse faire, les chevreuils et les chamois auront bientôt disparu de la région

Serge Ansermet, secrétaire du WWF Vaud, nuance: «D’une part, cette diminution est un phénomène local; ceux-ci prolifèrent dans le reste du canton. D’autre part, si le contingent de proies baisse, les prédateurs se feront moins nombreux aussi. C’est une régulation naturelle

Les chasseurs ont horreur de la concurrencePour les disciples de Saint-Hubert, l’argument ne vaut pas: «Premièrement, les observations montrent que les chevreuils ne sont pas plus nombreux dans le Jura. La preuve, le tir d’un seul animal y sera autorisé cette année. Deuxièmement, la loi fédérale stipule que ce sont les chasseurs qui doivent servir de régulateurs, pas les prédateurs», s’insurge Eric Erb. Serge Ansermet contre-attaque: «Si les chasseurs veulent vraiment jouer leur rôle de régulateur de la faune, pourquoi s’obstinent-ils à vouloir tirer des animaux là où le nombre d’individus n’a pas à être contenu? Le problème c’est qu’il y a une grande tradition de la chasse dans le Pays-d’Enhaut

Cheptel normal

Et chacun de chercher des solutions. «Ce que nous demandons, c’est une autorisation de tir de régulation jusqu’à ce que nous revenions à un cheptel normal, lance Eric Erb. Nous n’avons pas l’intention de laisser les prédateurs exterminer la faune de notre région

Pour le Canton, la réponse consiste à déplacer des individus vers des zones moins peuplées. Ainsi trois lynx ont déjà connu ce sort depuis 2006. Pour Jean-Claude Roch, c’est «une bonne première étape. Mais il y a encore quelques cantons qui refusent d’en accueillir; ce n’est pas normal. Et une fois que tout l’arc alpin sera réoccupé, si la situation ne s’améliore pas, il va falloir envisager le tir. Si le Canton ne prend pas les devants, on peut craindre que les habitants ne s’en chargent. Nous n’aurons alors aucun contrôle.» Une crainte partagée par Sébastien Sachot, conservateur de la faune: «Par le passé, il y a effectivement eu des cas d’empoisonnement. Notre stratégie actuelle consiste donc à déplacer des lynx et à diminuer la pression de la chasse en fixant des quotas

Car à l’heure actuelle, mettre un terme à cette activité n’est nullement envisageable. Serge Ansermet en convient: «Nous approuvons l’idée de laisser aux chasseurs tirer un chevreuil par saison plutôt que d’interdire la chasse de cet animal et de voir une recrudescence du braconnage. Si la population des lynx devait vraiment poser problème, au niveau du bétail notamment, le tir pourrait être envisagé.» Une mesure qui avait déjà été autorisée en 2001, selon Sébastien Sachot.

DAVID GENILLARD - 24 heures

17 janvier 2007

Record de distance pour un lynx

Le lynx Zoro, établi intialement dans l'Oberland bernois, a parcouru une distance record. Parti du lieu où il a été relâché en été, dans le canton de Vaud, il a suivi la chaîne du Jura pour se rendre en France. .

Le félin a été localisé à Bellegarde (F), au sud-ouest de Genève, a indiqué Kora, le groupement chargé des projets de recherches pour la conservation et la gestion des carnivores. A vol d'oiseau, son parcours représente une centaine de kilomètres.

Selon Kora, jamais jusqu'ici on n'avait mesuré une distance aussi longue parcourue par un lynx suisse. Sur son trajet, Zoro n'a pas eu à traverser des "barrières", telles que des zones habitées ou agricoles exploitées intensivement ou encore des axes routiers.

Zoro provient du Simmental, dans l'Oberland bernois. En juillet, il avait été capturé dans les Alpes vaudoises et relaché le long du Jura, où il a parcouru la région de Mauborget (VD) et Couvet (NE). Le 23 août, il a été repéré une dernière fois dans cette zone avant de disparaître. Deux mois plus tard et à nouveau début janvier, il a été signalé près de Bellegarde.

La capture de Zoro et son déplacement a marqué le début d'une opération de tranfert des lynx. D'ici 2008, quatre autres félins seront déplacés des Alpes vaudoises vers le Jura vaudois. Cette mesure vise à stabiliser les effectifs dans les deux régions.

Source : Edicom

http://www.journaldujura.ch/article.cfm?id=198927&startrow=4&ressort=Monde&kap=bta&job=7921310

14 septembre 2006

Deux nouveaux lynx seront lâchés en Suisse orientale

Deux nouveaux lynx seront lâchés en Thurgovie cet hiver. Un voire deux autres de ces félins seront en outre transférés un an plus tard en Suisse orientale. Le but de l'opération est d'assurer une colonie d'au moins douze de ces félins dans la région.

Les cantons de St-Gall, Zurich, des deux Appenzell et de Thurgovie ont convenu de l'opération avec l'Office fédéral de l'environnement. Le transfert des animaux en Suisse orientale a été jugé nécessaire pour assurer et stabiliser à long terme la population des lynx dans la région.

Les deux lynx qui seront lâchés cet hiver proviennent du Jura et des Alpes. Ceux qui suivront un an après seront amenés dans le canton de St-Gall ou dans celui de Zurich. Les animaux seront surveillés grâce à leur collier équipé d'un système GPS.

Source

02 septembre 2006

Valériane: les félins sont-ils insomniaques?

Une nouvelle méthode pour compter les chats sauvages et les lynx en Suisse

On saura peut-être estimer bientôt combien de chats sauvages et de lynx s'ébattent en Suisse. Une nouvelle méthode, basée sur l'odorat des félins, très sensibles à la valériane, a été présentée vendredi par le Wildpark Langenberg de Langnau am Albis (ZH).

La méthode Valériane sera testée à Bâle-Campagne

Chats sauvages de Fabrice Cahez photographe de la nature(Photo Fabrice Cahez, photographe de la nature. Jetez vous sur son site: des photos remarquables, tendres et humoristiques.)

Les chats sauvages ne sont pas faciles à identifier, a expliqué vendredi devant les médias le biologiste Darius Weber. Seule une mesure du crâne permet d'exclure avec certitude qu'il ne s'agit pas d'un chat domestique. C'est la raison pour laquelle aucune statistique fiable n'existe sur la population des chats sauvages en Suisse, dont on sait seulement qu'ils sont nombreux dans le Jura.

Darius Weber et le Wildpark Langenberg se sont inspirés de la sagesse des anciens, alliée à l'électronique moderne et aux procédés de génétique légale pour mettre au point une nouvelle méthode de pistage du félin.

Analyses génétiques

Les chats sauvages étant très sensibles à la valériane, le biologiste a eu l'idée de placer des lattes imprégnées de teinture de valériane sur des passages qu'ils pourraient emprunter. Attiré, le félin vient se frotter à la latte, la lèche et la mord, laissant des poils derrière lui.

Les crins sont ensuite analysés génétiquement pour connaître son propriétaire, chat sauvage ou chat domestique. La méthode a déjà été appliquée avec succès, a précisé Darius Weber. Il manque cependant une expérience pratique à large échelle.

Les biologistes ont déterminé une surface de 61 kilomètres carrés sur laquelle deux lattes à la valériane seront installées par kilomètre carré. Leur utilisation sera contrôlée pendant un an. Il sera ainsi possible de mesurer la population de lynx et de chats sauvages.

Onze sociétés de chasseurs, soit toutes celles de la région concernées, ont assuré les chercheurs de leur collaboration. Le chat sauvage n'est pas un animal intéressant pour la chasse, a précisé Darius Weber. S'ils se révèlent probants, les résultats pourront servir de base à un monitoring national.

L'essence de Valeriane (Valeriana officinalis) est utilisée pour attirer les félinsLa Valériane

Le nom latin de la Valériane est Valeriana officinalis. Elle appartient à la famille des Valérianacées.

La Valériane est une plante vivace à souche verticale brun fauve, aux racines épaisses. La tige, qui peut atteindre 1 mètre, est cylindrique, striée, dressée, un peu rameuse au sommet. Les feuilles, opposées, sont profondément divisées en sept à vingt et une folioles oblongues, pointues, largement ciselées. Les fleurs, petites, blanc rosé, visibles de mai à août, sont groupées en corymbes à l'extrémité de la tige. Le fruit est ovale, surmonté d'une aigrette plumeuse.

Propriétés de la Valériane

Chez l'homme, dans les périodes de stress et de nervosité, la teinture de valériane peut être un soutien utile. La valériane a un effet calmant et peut aider à retrouver le sommeil. Les chats sauvages sont-ils insomniaques ou stressés?

Sources: 20min, abécédaire de Phytotérapie 

31 août 2006

Les chasseurs suisses regardent les lynx avec envie

Ouverture de la chasse en Suisse: opération de charme des chasseurs romands. A la veille de l'ouverture de la chasse, Les chasseurs romands informent le public de leur arrivée sur les chemins et dans les forêts. Le lynx leur cause quelques tracas alors, les chasseurs «appellent de leurs voeux le passage de la protection totale au principe de gestion en ce qui concerne le lynx.» 

Organisme faîtier des six associations romandes de chasse, DianaSuisse a mis sur pied une grande opération de charme: elle a emmené les médias au chalet dit «Chadoua Corbet» à 1506 mètres, sur les hauteurs de Grandvillard, en Gruyère, afin de mieux faire connaître ses pratiques.

Une fois que la chasse est ouverte, le chasseur est partout chez lui en Suisse. Contrairement à quelques régions, notamment en Suisse alémanique et surtout dans des pays voisins comme la France où des zones de chasse sont fermées et clairement annoncées. La présence de chasseurs n'est pas signalée en Suisse romande.

«Nous voulons rendre attentifs les promeneurs et les champignonneurs qu'il leur faudra partager la nature avec nous pendant quelques mois», a dit Michel Jaquillard, président de DianaSuisse. Il a souligné que le maître mot de la chasse est «l'équilibre contrôlé de la faune sauvage». L'important aux yeux des chasseurs est de maintenir des populations en bonne santé sans qu'elles ne deviennent surdensitaires et alléger leur rangs quand les dégâts sylvestres et agricoles conduisent à des pertes trop dommageables.

De l'avis du nouveau président des chasseurs valaisans Raphaël Papilloud, le cerf commence par exemple à poser problème dans son canton. Selon les régions, la période de la chasse au sanglier a été allongée à cause de populations trop importantes. Même Genève, où la chasse est interdite, a dû procéder à leur régulation en faisant abattre des spécimens par les gardes-faune.

Les chasseurs «appellent de leurs voeux le passage de la protection totale au principe de gestion» en ce qui concerne le lynx. Voilà une formule sybiline pour dire qu'en fait le prédateur qu'est le lynx est un concurrent qui ne paie pas de droit de chasse. Les chasseurs veulent «réguler» le lynx. Les tirer quoi, pour parler simple: «En cas de surpopulation, il faudrait avoir des autorisations de tirer. Que ces dernières soient attribuées à des chasseurs ou à des gardes-faune importe peu», a expliqué le président de la Fédération vaudoise des chasseurs Jean-Louis Grivet. En cas de surpopulation. Qui va décider du sueil de surpopulation?

D'après Romandie.com

30 août 2006

Vivre avec le Lynx

Vivre avec le Lynx - En France, le lynx a été éliminé entre les XVIIe et XIXe siècles. Réintroduit en 1983 dans les Vosges, il est revenu naturellement dans le Jura et les Alpes, en provenance de Suisse. En 2006, l’effectif total est estimé à moins de deux cents animaux dans ces trois massifs montagneux, la population la plus dynamique étant celle du Jura.

Vivre avec le lynx de Jean-Claude Génot. Photos de lynx de Louis-Marie Préau

Vivre avec le lynx présente l’histoire détaillée du retour en France d’une espèce protégée par la Convention de Berne, avec ses implications sociales, administratives et économiques. Ce prédateur peut en effet opposer les hommes : sa perception et son acceptation ne sont pas toujours les mêmes, selon que l’on est éleveur, chasseur, forestier, protecteur de la nature ou simple citoyen. En fait, le lynx est un miroir qui renvoie à chacun sa propre perception de la nature.

Vivre avec le lynx met aussi en valeur les initiatives concrètes d’acteurs régionaux et nationaux, associatifs et publics, pour que vive le lynx sur notre territoire.

Jean-Claude Génot

Jean-Claude Génot est chargé de mission protection de la nature au Syndicat de coopération pour le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont un album jeunesse, Raconte le lynx (Editions Hesse) Prix 31€.

Les photographies sont de Louis-Marie Préau.

Aux Editions Hesse, dans la même collection

26 août 2006

Un lynx tué par une voiture à Valangin (CH). Le lynx avait des plombs dans le corps

Le lynx récemment blessé mortellement par une voiture à Valangin a été la cible précédemment d’au moins un tir de grenaille dont il s’est remis. Il n’est pas le seul à avoir subi ce sort: un lynx sur trois trouvés morts ces dernières années en Suisse portaient des traces de plombs, sans tenir compte des individus effectivement morts à la suite de blessures infligées par balles.

Photo de lynx écrasé par une voiture à Valangin SuisseLe lynx écrasé par une voiture à Valangin (NE). 
Photo: FIWI Bern


Le 19 décembre dernier, un lynx adulte de sexe mâle a été tué par une voiture à Valangin NE sur la route cantonale menant de Neuchâtel à la La Chaux-de-Fonds.

Grâce au dessin de son pelage, ce lynx a pu être identifié comme individu B69, animal pris en photo à plusieurs reprises au cours de ces deux dernières années à l’aide de caméras automatiques. De tels pièges photographiques sont mis en place dans le cadre du programme Monitoring Lynx Suisse. Une première image du lynx B69 a été prise au mois de mars 2004. Le lynx était retourné près d’un chevreuil qu’il avait tué dans la nuit précédente, endroit où le garde-faune de la région avait placé une caméra.

La deuxième photo fut prise au mois de juillet de cette année sur un pâturage à mouton près de Chézard-St-Martin NE. Le lynx était revenu à plusieurs reprises sur ce pâturage pour s’attaquer à des moutons. Dix ovins ont été tués au total par le lynx, dont sept en une seule nuit. Un tel cumul de cas de prédation reste très rare chez le lynx. Dans le cas typique, une seule proie est tuée qui est par la suite entièrement consommée au cours des nuits suivantes (voir KORA News du 14.7.2005).

En Suisse, les lynx sont régulièrement victimes de la circulation. 21% de tous les lynx trouvés morts en Suisse depuis sa réintroduction dans les années 1970 ont succombé à des accidents avec le trafic routier ou ferroviaire. Avec une proportion de 25%, les cas de tirs illicites sont encore plus fréquents.

Les taux de pourcentage sont calculés en fonction du nombre d’individus trouvés morts. Dans ce contexte, on peut admettre que les animaux décédés à la suite d’un accident de la route sont plus facilement découverts que ceux tirés illicitement. Le braconnage doit donc être considéré comme une cause de mortalité bien plus importante par rapport à ce que nous montrent les statistiques.

Radiographie du lynx montrant la grenailleRadiographie du lynx montrant la grenaille. Photo: radiographie, Tierspital Bern

Le rapport d’autopsie de la dernière victime en provenance de Valangin confirme cette situation. Le corps de l’animal portait de nombreux plombs. Le lynx B69 n’est pas un cas isolé : au cours de la période 2000 à 2005, 30 lynx adultes ou subadultes morts pour causes diverses ont été trouvés en Suisse sans compter les individus retrouvés morts ayant succombés à des blessures causées par des balles. Parmi ces 30 individus, 10 portaient des traces de plombs dans leur corps. Ils se sont donc retrouvés face à un braconnier au moins une fois dans leur vie. Les tirs illicites – tentés ou achevés – de lynx en Suisse ne constituent donc pas des cas isolés.

Ce rapport d’autopsie pourrait également expliquer le comportement inhabituel de ce lynx envers les moutons l’été passé. Il est tout à fait possible que l’individu était passagèrement handicapé dans sa capacité de chasser les proies sauvages en raison des blessures causées par le tir. Il n’a tué aucun mouton avant ou après cet événement.

Source : Kora

25 août 2006

Des pièges photos pour les lynx en Suisse

Des sessions intensives avec les pièges photographiques ont eu lieu dans le Nord Ouest des Alpes du mois de décembre 2005 jusqu’au mois d’avril 2006 afin d’estimer les effectifs de lynx.

Tableau des effectifs de Lynx en Suisse

Résumé des résultats des sessions intensives avec les pièges photographiques dans le Nord-Ouest des Alpes durant l’hiver 2005/06.

Le polygone est obtenu en reliant les sites situés au bord de la zone d’étude entre eux.

La densité est calculée en additionnant la superficie de la zone tampon située l’extérieur du polygone à celle de la zone d’étude (la distance de la zone tampon est obtenue de la manière suivante : pour chaque lynx on mesure la distance entre les sites les plus distants où il a été photographié = distance maximale parcourue ; on calcule ensuite la distance maximale parcourue moyenne ; finalement on divise le tout par deux). Pour la zone d’étude à cheval sur les compartiments III et VI, la superficie indiquée correspond à la zone délimité par l’ensemble des sites à l’exception des deux qui se situent dans le canton de LU.

La zone de référence de longue date localisée dans le Simmental et le Saanenland a été étendue à l’Ouest au Pays d’Enhaut (VD) et la Haute Gruyère (FR) (Bloc A) et plus tard jusqu’à la vallée du Rhône entre Aigle et Vevey (Bloc B). A l’Est la zone d’étude comprend l’Oberhasli (BE) ainsi que des parties des cantons d’OW, NW et LU situés dans le compartiment III. Des pièges photographiques supplémentaires ont été posés sur la rive gauche de l’Aare dans le compartiment VI entre Innertkirchen et Brienz.

Monitoring des Lynx en Suisse par pièges photos

Monitoring avec les pièges photographiques dans le C-VI Ouest durant l’hiver 2005/06. Les mailles de la grille de la zone de référence selon Laass (1998) ont été étendues à l’Ouest au Pays d’Enhaut et la Haute Gruyère. L’ensemble forme le bloc A.

Les pièges photographiques y ont été placés de décembre 2005 à février 2006. Dans le bloc B, les pièges photographiques ont été posés dans des sites favorables de février à avril 2006. Les ronds avec un point indiquent des sites avec des photos de lynx ; les ronds vides, des sites sans photos de lynx. Chaque ellipse en couleur contient tous les sites où des images du même individu ont été prises.

Photos  de lynx L’évolution des effectifs de lynx dans la zone de référence montre en tendance à la hausse depuis l’hiver 2000/01. La densité a passé de 1.38 lynx pour 100 km2 durant l’hiver 2003/04 à 1.53 cet hiver. Elle se situe cependant toujours en dessous de la valeur de 1.9-2.1 observée en 1998 (Breitenmoser-Würsten et al. 2001 ; les densités se réfèrent aux individus indépendants c'est-à-dire aux individus résidents et subadultes, les individus juvéniles ne sont pas pris en compte).

La densité dans la zone de référence élargie à l’Ouest (Pays d’Enhaut et Haute Gruyère, bloc A) et plus petite que celle dans la zone de référence. Par contre elle augmente à nouveau lorsque l’on considère la zone d’étude formée par le bloc A plus la zone comprise entre Aigle et Vevey (bloc B). Dans les Préalpes vaudoises, la densité la plus haute n’est pas observée au Pays d’Enhaut mais dans la Vallée du Rhône.

La densité de lynx dans la zone d’étude à cheval sur les compartiment VI et III est plus faible que celle à l’Ouest. Elle est de l’ordre de 1.04 lynx pour 100 km2. La superficie de la zone tampon y est plus grande que celle dans notre zone d’étude à l’Ouest car les lynx y parcourent de plus grande distances maximales. Par conséquent il est fort probable qu’ils y occupent aussi de plus grands domaines vitaux qu’à l’Ouest. A noter que la distribution spatiale des lynx dépend aussi de la structure du paysage (topographie, zones habitées).

La session de cet hiver et celle de l’étude pilote d’il y a un an sont difficilement comparables, vu que la distribution spatiale des pièges photographiques n’est pas identique d’une année à l’autre. Il est aussi apparu que le nombre de pièges photographiques à disposition et leur distribution spatiale peuvent influencer les résultats. Le nombre de pièges photographiques par unité de surface est plus petit dans la zone d’étude à l’Est que dans celles à l’Ouest (Tableau) vu qu’à ce moment là une session avait lieu simultanément en Suisse orientale. A cause des différentes contraintes, les pièges photographiques ont été distribués de manière irrégulière dans notre zone d’étude à l’Est. Dans les sessions à venir il faudra appliquer le même design à l’Est que celui qui a été appliqué à l’Ouest de sorte à ce que les résultats puissent être comparés entre les différentes zones d’étude et d’une année à l’autre.

Source : KORA

Lynx photographié pour la première fois au Tessin

Un lynx a été photographié par une caméra fixe dans la basse Léventine (TI) alors qu'il dévorait une carcasse de chevreuil. C'est la première photo de cet animal prise au Tessin, a indiqué jeudi l'Office cantonal de la chasse.

La présence du lynx avait été signalée pour la première fois en Léventine en 1992 mais n'avait jamais pu être concrètement prouvée. L'animal avait aussi été aperçu dans le Valmaggia, le Val Verzasca et la Riviera (Sottoceneri). La photo publiée par l'Office cantonal de la chasse et de la pêche a été prise la semaine dernière.

"Nous pouvons désormais supposer que les chèvres ou chevreuils trouvés égorgés et à moitié dévorés peuvent aussi avoir été victimes de lynx et pas seulement de chiens errants", a précisé Marcello Bernardi, directeur de la Section cantonale de l'environnement.

08 juillet 2006

Suisse : Cinq lynx vont être transférés des Alpes vers le Jura vaudois

Le canton de Vaud va transférer 5 lynx des Alpes vers le Jura vaudois. Cette mesure vise à diminuer les populations de lynx qui augmentent dans les Alpes alors que les effectifs de chevreuils et de chamois, leurs proies principales, sont très faibles.

Dans le cadre du "concept lynx suisse", la Confédération a donné son accord à ce transfert qui aura lieu entre 2006 et 2008, a indiqué le Bureau d'information et de communication de l'Etat de Vaud (BIC). Egalement concernés, les cantons de Berne et Fribourg ont approuvé cette mesure.

Les cinq lynx remplaceront les félins retrouvés morts ces trois dernières années. Cela permettra de stabiliser la population du Jura bernois et d'accroître sa diversité génétique.

D'après le monitoring intensif du lynx, mené grâce à des pièges photographiques au nord-ouest des Alpes, les 965 km² compris entre le lac de Thoune et le Léman hébergent une population d'au moins 28 individus. A elles seules, les Alpes vaudoises abritent au moins onze lynx adultes et subadultes, soit un lynx pour 40 km², une densité largement supérieure à la moyenne admise, précise le BIC.

Les populations de chevreuils restent très petites et celles des chamois sont en forte baisse. Le nombre de chamois a diminué de moitié en 15 ans dans le district franc fédéral du Muveran (VD), une zone sous protection où la chasse est limitée. En dehors des réserves, une forte diminution de chamois abattus est aussi notée.

Le "concept lynx suisse" permet d'intervenir pour diminuer la population de lynx en déplaçant des individus. Si les captures ne se concrétisent pas rapidement ou si cette mesure est insuffisante, le canton de Vaud a annoncé qu'il solliciterait des autorisations de tir, aussi prévues par le concept.

Pour leur part, les cantons de Berne et Fribourg préfèrent attendre, a annoncé jeudi l'Office d'information du canton de Berne. Ils vont évaluer les effets de l'intervention pratiquée dans le canton de Vaud tout en continuant à surveiller l'évolution des effectifs de lynx.

Reste que la population de lynx est à nouveau en hausse dans l'Oberland bernois, après avoir atteint un sommet en 1997 et 1998 puis subi un fort recul au tournant du siècle, note l'office. Les relevés effectués pendant l'hiver 2005/2006 indiquent une population d'environ 17 lynx.

22 juin 2006

Un braconnier écope de prison avec sursis en Suisse pour avoir tué un lynx

Un braconnier de la région d'Aigle (Canton de Vaud) a écopé de trois mois de prison avec sursis pendant trois ans pour avoir piégé puis abattu un lynx. Frustré de n'avoir pas obtenu son permis de chasse, le quinquagénaire braconnait chaque année.

C'est un peu par hasard qu'il s'en est pris à un lynx. "Le braconnier avait installé des trappes à renards à proximité de son domicile", a expliqué le juge d'instruction Jean-Luc Reymond. En 2002, un lynx a pénétré dans cette cage et le braconnier l'a abattu.

Recalé aux examens, le braconnier pratiquait depuis plusieurs années la chasse de manière illégale tout en respectant certaines règles. Le cas du lynx excepté, il ne s'attaquait en principe pas à des espèces protégées et respectait notamment les quotas imposés aux chasseurs, a expliqué le juge.

Le braconnier, qui avait un casier judiciaire vierge, a été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une créance compensatrice de 10 000 francs pour les dommages commis à la faune. Un jugement "proportionné", selon le conservateur de la faune Sébastien Sachot qui rappelle que la peine peut aller jusqu'à un an de prison.

Il est relativement rare qu'un juge sanctionne par une peine de prison le braconnage d'un animal protégé. Souvent, les enquêtes n'aboutissent pas, comme dans l'affaire des lynx empoisonnés à Montricher (Vaud aussi) en 2003.

07 février 2006

Alpes magazine - le coût du loup : une goutte d'eau dans l'océan des subventions agricoles ! (Milan Presse)

Les Editions Milan Presse possèdent dans leur catalogue plusieurs revues traitant de la montagne, dont "Alpes Magazine" et "Pyrénées Magazine". La ligne éditoriale de ces deux revues est entrain de changer. L'ours et le loup n'y apparaissent plus comme les grands méchants...loups ! Une position plus favorable à la cohabitation se dessinne. Pour preuve, l'éditorial de janvier/févier de Alpes Magazine et cette lettre d'un lecteur soulagé envoyée à Pyrénnées Magazine.

Quand le loup sort du bois

Alpes_magazine_97Pendant dix ans, les chercheurs du Laboratoire d'écologie alpine de Grenoble, dirigé par le professeur Pierre Taberlet, ont mené une étude unique sur le loup. Des centaines d'analyses génétiques ont été réalisées à partir d'échantillons prélevés sur le terrain - excréments, poils, tissus organiques - pour obtenir l'ADN des animaux sans avoir à les sacrifier. Cette étude corrobore le scénario d'une expansion naturelle du loup dans les Alpes à partir de l'Italie. Elle confirme aussi que l'animal se déplace vite et sur d'énormes distances : on retrouve des loups à 400 kilomètres de leur point de départ!

Autre point sensible du débat, la cohabitation du loup et du mouton. On le sait, le retour du loup a créé une jolie pagaille dans la gestion des élevages ovins et entrainé de nouvelles contraintes pour les éleveurs et les bergers. Mais voilà, la France, comme d'autres pays européens, a signé et ratifié la fameuse convention de Berne (1979), qui donne au loup le statut d'espèce "strictement protégée". On ne peut, d'un côté, s'engager à conserver la vie sauvage et, de l'autre, déroger à ses engagements dès que cela nuit à ses intérêts.

Dernier point, le coût du loup. Il représente une goutte d'eau dans l'océan des subventions agricoles (11 milliards d'euris par an en France, soit 188 euros par citoyen français, contre 6 centimes d'euros par habitant pour l'indemnisation des dégâts dus aux grands prédateurs). Disons les choses clairement, le coût des mesures de prévention -aide-berger, chien de garde, parc de nuit - n'est ni plus ni moins qu'un soutien à la filière ovine, pour laquelle rien n'avait été fait avant l'arrivée du loup.

Philippe Bonhème
Rédacteur en Chef adjoint de Alpes Magazine (Milan Presse)

Ce changement de ligne va surement leur attirer la sympathie de la majorité des français, favorables à la cohabitation la plus harmonieuse possible avec les grands prédateurs. Ne pas manquer l'intéressant et complet dossier sur le loup.

17 novembre 2005

Des lynx orphelins dans le Doubs

Le Doubs dans l’oeil du lynx

L'espèce lynx est toujours en expansion dans le département. Les récentes découvertes de plusieurs jeunes lynx orphelins posent question.

Depuis vingt-sept ans, époque de son tout premier signalement dans le Doubs, à Indevillers, le lynx est toujours «en phase d’expansion» dans ce département. Entre 1978 et 2003, 167 indices de sa présence ont été collectés sur 88 communes par le Réseau Lynx, qui suit l’évolution de cette espèce protégée.

Le réseau est également gestionnaire des éventuels dommages occasionnés aux troupeaux domestiques, les dossiers étant instruits par les DDAF (1). «Le Doubs est une zone de transition et de connexion : les deux foyers historiques de réintroduction, les Vosges et le Jura suisse, devraient s’y rejoindre d’ici peu de temps», explique Emmanuelle Dova, agent technique de l’environnement à l’ONCFS (2).

Dix à douze mois

Samedi dernier, à Arc-sous-Cicon, c’est la dépouille d’un jeune lynx âgé de moins de six mois, probablement mort de faim, qui a été retrouvée par un agriculteur dans la remise à bois de sa ferme. « Un petit reste normalement avec sa mère jusqu’à l’âge de 10-12 mois. Celle-ci a-t-elle été victime d’une collision avec une voiture première cause de mortalité du lynx ou d’un braconnier ? L’a-t-elle abandonné parce qu’il était trop faible ? A-t-il été empoisonné par la bromadiolone ingérée par les campagnols qu’il aurait capturés ? » Les résultats de l’autopsie pratiquée par le laboratoire vétérinaire départemental répondront peut-être à ces questions.

Jeune lynx retrouvé mort le 12 novembre à Arc-Sous-Cicon

«Ce qui est étonnant, c’est qu’un autre petit solitaire a été observé à la mi-octobre aux abords et dans le village de La Planée.» Dix jours plus tard, il était vu sur le même massif du Laveron, aux Grangettes, mangeant dans la gamelle d’un chien.

«Un troisième jeune, mais sans qu’on soit certain qu’il soit abandonné, a été vu aux Longevilles-Hautes le 30 octobre, sur le massif du Mont d’Or. Et deux orphelins viennent d’être signalés dans le département du Jura», rapporte Didier Pépin, directeur de la Maison de la réserve, à Labergement-Sainte-Marie. «En l’espace d’un mois, c’est beaucoup

Retour à une situation normale

«On estime qu’entre 50 et 80 lynx vivent actuellement sur le massif jurassien, Suisse comprise» signale pour sa part Michel Cottet. Pour la Fédération naturaliste de Franche-Comté, loin de représenter une «concurrence» pour les chasseurs, le lynx est l’acteur d’une «prédatation positive» : «Il participe de la sélection naturelle, en s’attaquant en priorité à des proies âgées, blessées ou malades. Sa faible capacité cardiaque l’empêche en effet de les poursuivre. L’attaque se fait par surprise et sa réussite dépend de plusieurs facteurs : l’expérience de l’animal, la distance

Une étude suédoise a montré que, pour 70 % des attaques réussies, l’assaut a été déclenché à moins de 20 mètres. Si la tentative échoue, le lynx devra parcourir des kilomètres pour trouver des ongulés - chevreuils ou chamois - moins méfiants.

Provoquant «l’agacement» de chasseurs, le lynx est-il réellement une menace pour les peuplements d’ongulés ? «S’il est vrai que le nombre de chevreuils a diminué dans certains secteurs où il est présent, il a aussi baissé dans d’autres où il n’y a pas de lynx» , remarque Emmanuelle Dova. «En terme de reproduction et d’extension de son territoire, comme tout grand prédateur, le lynx s’autorégule, une surpopulation est impossible», affirme Didier Pépin. «Appartenant naturellement à la faune jurassienne, d’où il avait disparu à la fin du XIXe-début XXe siècle, il revient à un effectif normal qui, selon une étude menée dans le Jura suisse, chiffre à un mâle pour 264 km2 et une femelle pour 168 km2

Christian BERNARD (1) En 2004, la DDAF du Doubs n’a recensé aucune attaque. A ce jour, en 2005, quatre attaques ont été répertoriées : une "probable", à Rosureux, et trois qui, bien que "douteuses", ont également donné droit à indemnisations.

Appel pour sauver « Petit Lynx »

Le 15 octobre, un jeune Lynx était observé à La Planée. Douze jours plus tard, il était aperçu au village des Grangettes en train de se restaurer dans la gamelle d’un chien. Si l’été indien lui a été favorable lorsque les premiers flocons de neige auront recouvert la campagne, incapable de chasser des proies sauvages, il risque bien de connaître le même sort que l’individu d’Arc-sous-Cicon.

Grâce à vos témoignages, il est peut-être encore possible de sauver Petit Lynx. Sa capture et son transfert au centre de soins jurassien Athenas permettraient de le nourrir durant l’hiver et de le relâcher dans la nature au retour du printemps.

Si vous avez la chance d’observer Petit Lynx, merci de le signaler immédiatement en téléphonant soit à la Maison de la Réserve (03.81.69.35.99) soit à l’Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage (03.81.58.39.65).

Source : Est Républicain

13 octobre 2005

Doit-on réintroduire le lynx en Ecosse ?

Ecosse Autrefois résident des îles britanniques desquelles il a disparu depuis des siècles, le lynx eurasien pourrait être réintroduit outre-Manche. "Si de nombreux zoologistes sont opposés à toute tentative de réintroduire des espèces qui ont disparu de façon naturelle, la directive de l'Union européenne sur les habitats naturels et les espèces demande aux Etats-membres d'envisager la réintroduction d'espèces disparues en raison de facteurs liés à l'activité humaine comme la déforestation ou la chasse", note le Daily Telegraph. 

Lynx_2 Pendant longtemps, on pensait que le lynx eurasien, la plus grosse des quatre espèces de lynx, qui peuplait la plupart des zones forestières d'Europe, du Moyen-Orient et d'Asie, avait disparu du Royaume-Uni vers 2000 avant notre ère, quand le climat est devenu plus frais et plus humide. Or cette croyance a été remise en cause par de récentes recherches. Il s'agit en premier lieu d'une nouvelle datation par carbone 14 d'os de lynx trouvés à Craven, dans le nord du Yorkshire. Cette nouvelle datation fait remonter au Moyen Age la présence de lynx dans cette région, ainsi que celle des hautes terres d'Ecosse.

Cela a mené à une réinterprétation d'un poème médiéval gallois du VIIe siècle, qui faisait référence à un animal que l'on suppose être un lynx. Ces deux éléments montrent que le lynx eurasien était une espèce indigène au Royaume-Uni jusqu'aux VIe et VIIe siècles. Reste que "le reboisement des hautes terres écossaises et la croissance de la population de cerfs font de cette région la mieux adaptée pour la réintroduction du lynx eurasien au Royaume-Uni".
 
Source : Le courrier international

30 juillet 2005

Suisse : un lynx à problèmes dans le Val de Ruz

Le lynx a sévi une neuvième fois

En croquant un neuvième mouton, le félin du Val-de-Ruz se rapproche du quota qui lui est permis. S'il sévit trop, son arrêt de mort pourrait être signé. Des mesures de prévention ont été prises pour protéger le troupeau.

Un neuvième mouton a été tué par le lynx du Val-de-Ruz la semaine dernière. En quelques jours et seulement deux attaques, le félin a ainsi bien entamé le quota d'animaux domestiques tués que l'homme estime admissible. S'il prélève encore six moutons cette année, ses jours pourraient être comptés.

Lors d'une première attaque, le lynx avait tué sept moutons d'un troupeau paissant du côté du Mont-d'Amin. Une huitième bête est morte de ses blessures le lendemain.

Mercredi dernier, le même prédateur est revenu prendre un neuvième mouton. Il a frappé le soir, apparemment peu avant que l'agriculteur-éleveur ne rentre, par précaution, son troupeau pour la nuit.

Le «concept lynx Suisse» prévoit qu'après le quinzième animal domestique tué en une année, un canton peut autoriser l'abattage du félin. Encore faut-il l'attraper: depuis l'introduction de ce concept, en 1997, 13 autorisations de tir ont été délivrées, sept lynx ont été abattus.

Si un tel ordre devait être donné, pas question d'organiser une chasse. «Le lynx devrait être abattu sur une proie qu'il a attrapée, explique Christoph Angst, spécialiste du félin au Kora (le groupe mandaté par la Confédération pour assurer le suivi des grands prédateurs). Car cela ne sert à rien de vouloir le chercher sur un territoire qui peut s'étendre sur 100 km2!» Le lynx du Val-de-Ruz, par exemple, a été identifié par photographie à 12 km de là, dans le Val-de-Travers.

Avant de presser sur la gâchette, il faut s'assurer de viser le bon animal: des jeunes et des femelles peuvent séjourner sur le même territoire.

Dans le canton de Neuchâtel, il s'agit des deux premières attaques d'animaux domestiques par un lynx. Pas en Suisse: la centaine de félins que le pays compterait (c'est une estimation) a tué 40 moutons l'an dernier. Soit un peu moins que le loup (44), dont le pays ne compte qu'entre deux et quatre individus.

Deux tiers des éleveurs de moutons suisses pratiquent cette activité comme travail accessoire ou comme hobby, estime le Kora qui rappelle en passant que seul 0,3% des quelque 250 000 moutons amenés à l'estivage tombe dans les griffes d'un lynx. «Par comparaison, relève Christoph Angst, les pertes dues à ces estivages - accidents, coups de foudre... - sont estimées entre 2 et 3%.» Soit presque dix fois plus que celles dues au lynx.

Relativiser les chiffres ne veut pas dire laisser tomber les éleveurs. La Confédération indemnise les animaux tués par les grands prédateurs. Et l'Etat de Neuchâtel a pris l'affaire «très au sérieux: nous voulons protéger l'agriculteur touché», insiste le garde-faune Jean-Pierre Flück, lequel a placé des lampes de chantier dans le pâturage pour dissuader le lynx de revenir. L'éleveur reçoit ces jours des conseils de prévention pour protéger son troupeau. 

Non, ce n'est pas le loup!

Sept agneaux d'un coup, huit, même, en comptant la malheureuse bête morte plus tard de ses blessures. Voilà qui porte la patte d'un canidé. Pas celle du lynx, qui se contente d'une proie qu'il mettra plusieurs jours à dévorer.

Cette conclusion, le garde-faune l'avait faite, dans un premier temps: il pensait qu'un chien était l'auteur du carnage. D'autres l'ont faite aussi, avançant l'hypothèse qu'un loup aurait tué les moutons dont le lynx, photographié sur les lieux du crime, a ensuite fait son repas. Christoph Angst, du Kora, la balaie sans l'ombre d'une hésitation.

«Dans 99,9% des cas, les lynx ne mangent que ce qu'ils tuent: ce ne sont pas des charognards, insiste le spécialiste. De plus, les attaques n'ont été portées qu'au cou, ce qui est la méthode des félins pour étouffer leurs victimes. Quand ils poursuivent leurs proies, les canidés mordent aussi à l'arrière et aux pattes...» Le reste est affaire de probabilités.

Un seul loup a été vu dans l'Arc jurassien, et on ne lui a trouvé aucune victime. Alors les chances que ce soit lui qui ait fait le coup et qu'un lynx soit passé par là ensuite sont «égales à zéro!», selon Christoph Angst. L'attaque aurait pu être attribuée à un chien, errant ou non, parce que la méthode collait aux canidés. Et parce que le meilleur ami de l'homme étant par ailleurs aussi le principal prédateur de ses bêtes.

Le Lynx remet le couvert

NEUCHÂTEL - Un lynx a sévi pour la troisième fois lundi sur le même pâturage isolé du Val-de-Ruz (NE), tuant un nouveau mouton. C'est le dixième ovin du même troupeau victime du félin en dix jours. Le lynx pourra être abattu s'il tue quinze bêtes en une année.

Le lynx a tué huit moutons dans la nuit du 8 juillet et un autre la nuit du 13 juillet, a rappelé mercredi Fridolin Zimmermann, biologiste au Kora, la structure de la Confédération chargée de la conservation et de la gestion carnivores. Vu le mode opératoire, le dixième mouton a vraisemblablement été tué par le même félin, a-t-il indiqué, confirmant une information du «Matin».

Lors des deux premières attaques, le lynx a été photographié grâce à un dispositif automatique et identifié par ses taches. L'éleveur a alors pris des mesures de prévention en rentrant son troupeau la nuit et en installant des lampes de chantier. Selon M. Zimmermann, la troisième attaque est aussi le fait d'un lynx, car la victime a été tuée d'une morsure à la gorge.

Par ailleurs, cet individu a un comportement étrange, a souligné le biologiste. Il s'en prend à un nombre important de moutons alors qu'il se nourrit normalement de chevreuils, dont le nombre est suffisant dans la région. Il sévit à présent de jour et reste à proximité du pâturage au lieu de se déplacer dans l'ensemble de son espace vital de 80 km².

C'est la première fois en 30 ans qu'un lynx s'en prend à des moutons dans le canton de Neuchâtel. La région du Jura suisse compte environ 25 lynx, soit environ un lynx pour 100 km².

02 juin 2005

Photos de loups, photos d'ours, photos de lynx par Vincent Meunier

Vincent Munier, photographe animalier. Les photos de prédateurs de Vincent Munier à voir dans les galeries photos de la Buvette :

Parce que ses clichés ont obtenu une reconnaissance internationale, Vincent Munier a fait de sa passion pour la photographie de nature son métier. Portrait d'un pacifique chasseur... d'images.

Reproduction_des_ours Le prochain spectacle chaud des pyrénées?
En tenue de camouflage, embusqué tel un prédateur, Vincent Munier traque les animaux pour les immortaliser sur pellicule. Ce jeune photographe, amoureux de la faune et de la flore, est devenu professionnel il y a un an. Il faut dire qu'à trois reprises, en 2000, 2001 et 2002, il a obtenu à Londres le prestigieux Prix Eric Hosking, l'équivalent de l'Oscar du meilleur espoir pour les photographies de nature.

Le Prix Eric Hosking est décerné au meilleur portfolio de six photographies de nature, réalisé par un jeune de moins de 27 ans. Il est attribué chaque année dans le cadre du prestigieux concours BG Wildlife photographer of the year, organisé par le Muséum d'histoire naturelle de Londres et le magazine BBC Wildlife.

Les plus belles photos du concours sont publiées en France dans l'ouvrage Vie sauvage (éditions Dakota). En 2003, le prix Eric Hosking a été à nouveau attribué à un Français, Frédéric Larrey (24 ans), originaire de Montpellier.

Patience et ténacité

La passion de Vincent, c'est son père qui lui a transmise. Pour l'assouvir, il faut beaucoup de patience et de ténacité. "Ce n'est pas simple mais c'est cela qui est grisant. On peut faire dix heures d'affût sans rien voir. Les photos animalières demandent beaucoup de temps de repérages, quelles que soient les conditions météo",

Pas frileux, Vincent, qui aime poser son trépied en forêt et dans les pays froids, dans les Vosges notamment. Habillé de "vêtements sombres et qui ne font pas de bruit", le vent de face, il parcourt les espaces sauvages en toute saison pour suivre les traces et découvrir les habitudes de ses "sujets" à poils et à plumes.

Affût dans la brume

Quand il s'intéresse aux mammifères, Vincent privilégie "le petit matériel photo" ; pour les oiseaux, les gros téléobjectifs (300 et 600 mm) car il est "impossible de faire de l'approche" : il faut se cacher, à proximité des nids ou des zones où les volatiles viennent se nourrir. Particulièrement difficiles à photographier : les grues cendrées, à la vue perçante. "Je prépare donc un affût (une cachette, NDLR), parfois une saison à l'avance pour qu'elles s'y habituent. Il m'arrive de placer une boîte de conserve dotée d'une lentille pour simuler le téléobjectif", explique-t-il.

"Je suis sensible aux ambiances crépusculaires, aux temps de brume, de brouillard. J'ai horreur du ciel bleu !", déclare le photographe. Et d'ajouter : "Jamais de filtre. C'est ma philosophie". Un style qui lui a valu de nombreuses récompenses et qui lui permet de voler de ses propres ailes. "Il n'y a pas que l'aspect financier qui compte, même si cela me permet de vivre. Je veux aussi sensibiliser les gens à la beauté de la nature qui est à côté de nous et que l'on est en train de massacrer".

Un grand merci a Vincent Meunier qui a accepté de prêter ses photos à la Buvette des alpages qui lui consacre plusieurs galeries de photos. Aller voir le site de Vincent Munier, vous y trouverez aussi des photos sur les Vosges, les oiseaux (grues, oies), les cerfs, les chamois, les bouquetins ... Un site au graphisme et aux photos superbes !

05 mai 2005

Emmanuelle PERRET : Impact de la prédation des grands carnivores, loup et lynx sur les populations d’ongulés sauvages

Prédation et Biodiversité (I)

Les interactions entre membres d’une communauté sont si complexes qu’un changement à n’importe quel niveau du système peut entraîner de profonds effets sur toute la communauté. Il en découle le fait que tout animal qui en mange un autre apporte des changements.

Comme le loup est le prédateur non humain principal des grands animaux de l’hémisphère Nord, on peut s’attendre à ce qu’il exerce une forte influence. De la même manière, la principale source de nourriture du lynx dans les Alpes sont les ongulés, en particulier le chevreuil et le chamois.

Selon Mech, les effets directs de la prédation par le loup peuvent être divisés en 4 groupes :

  • « l’effet sanitaire », ou le maintien en bonne santé du troupeau, basé sur l’élimination des individus vieux, malades ou autres « individus inférieurs » du troupeaux,
  • le contrôle total ou partiel de la population de proie (en nombre d’individus), ce phénomène a été le plus largement étudié et commenté en partie à cause de la difficulté d’expérimentation qui ne tient pas toujours suffisamment compte des multiples facteurs compensatoires qui interagissent simultanément avec la prédation,
  • la stimulation de la productivité des troupeaux de proies et,
  • la disponibilité de nourriture pour les animaux charognards.

Dans cette synthèse nous nous focaliserons, bien sûr, sur les trois premiers effets et sur quelques effets indirects relevés dans différentes études sur le loup et le lynx qui montrent une influence du prédateur sur les comportements des ongulés, notamment ces derniers suite à la pression de la prédation se déplacent et changent de territoires habituellement utilisés pour des régions moins fréquentées par les prédateurs (ce qui permet finalement une meilleure répartition des fourrages) ; ils adaptent aussi plus ou moins rapidement leurs comportements face aux prédateurs : augmentation de la vigilance et regroupement des troupeaux en particulier.

  1. Les études sur le loup sont beaucoup plus nombreuses que celles pour le lynx
  2. Elles sont surtout réalisées en Amérique du Nord ce qui pose le problème de la transposition en France où la densité et la variété d’espèces proies en particulier n’est pas la même ce qui peut faire varier les résultats.
  3. Les effets de la prédation sont nombreux et complexes et il est en particulier difficile d’isoler le seul facteur de la prédation par le loup ou le lynx sur une population qui subit de multiples facteurs de mortalité plus ou moins compensatoires.
  4. Les espèces prédateurs proies s’équilibrent naturellement et les variations d’une espèce entrainent des variations sur l’autre espèce.

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03 mai 2005

Une plainte contre les braconniers tueurs de lynx dans l'Ain

La Fédération régionale de protection de la nature (Frapna) de Rhône-Alpes a porté plainte pour "destruction d'espèces protégées", après que deux lynx aient été tués de main d'homme dans l'Ain, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Les deux plaintes, déposées par la section de l'Ain de la Frapna, ont été enregistrées mercredi auprès du procureur de la République de Bourg-en-Bresse, selon la même source.

Un jeune lynx avait été retrouvé égorgé à l'arme blanche, fin novembre 2004 au Grand Abergement (Ain) et un second a été pris au piège à Montanges (Ain) et abattu d'une balle 22 LR en décembre 2004, a rapporté à l'AFP Henri Bourgeois-Costa, directeur de la Frapna de l'Ain. Dans le premier cas, le félin aurait été abattu "lors d'une action de chasse", a-t-il souligné.

"Après l'ours et le loup, le lynx, prédateur prestigieux et animal très discret, est à son tour la cible des braconniers", a accusé le militant écologiste, "on ne peut pas laisser ces atteintes à la biodiversité impunies", a-t-il ajouté.

Selon la Frapna, une centaine de lynx vivent dans le massif jurassien, après que l'espèce a été réintroduite en Suisse dans les années 70. Ses proies favorites sont le chevreuil et le chamois mais il attaque, "très occasionnellement", le mouton, lorsque les exploitations sont situées dans des zones forestières, a précisé M. Bourgeois-Costa.

28 avr 2005 (AFP)

25 avril 2005

Laponie : Un lynx provoque la mort de 140 rennes

Plus de 100 rennes effrayés se sont jetés d'une falaise dans le grand nord de la Suède, après avoir été pris en chasse par un lynx en Laponie.

Troupeauberger «Environ 140 rennes ont été tués», a indiqué  Olof Tomas Labba, de la ville same (lappone) de Tuorpons à qui appartenait le troupeau. «C'est un massacre. Je n'ai jamais rien vu de tel», a déclaré un représentant de la localité, ajoutant que les rennes étaient en train de paître quand quelque chose leur a fait peur.

«C'est un lynx qui les a pourchassés. Les rennes ont un sixième sens, ils sont familiers des surplombs et des fines couches de glace. Ils ne se jettent pas comme cela d'une falaise de leur propre volonté, et doivent l'avoir fait dans la panique, pourchassés par un prédateur».

Les rennes représentaient une valeur marchande de 32.600 euros.

12 mars 2005

Espagne : menace de disparition pour le Lynx ibérique

Le lynx ibérique qui ne se trouve qu'au Portugal et en Espagne, risque d'être le premier grand félin à disparaître depuis la préhistoire, selon un le Fonds mondial pour la nature (WWF). C'est l'une des espèces animales les plus menacées au monde.

Disparition_lynx_iberique Il ne reste plus que 100 à 120 spécimens de ces grands félins tachetés en liberté, dont une douzaine de femelles en âge de procréer, alors qu'il étaient encore 100.000 au début du 20e siècle, selon un rapport publié mercredi par l'organisation SOS Lynx. La chasse, les animaux écrasés sur les routes et la propagation de la myxomatose des lapins sauvages, principale proie des lynx, expliquent la quasi-disparition du «tigre d'Europe».

«Ce n'est ni en Afrique, ni en Amérique latine, ni en Asie que l'extinction des grands chats sauvages risque de se produire pour la première fois, mais sur les franges de la riche Union européenne, que l'on suppose pourtant développée et protectrice de l'environnement», écrit l'auteur du rapport, Dan Ward, consultant britannique en protection de la nature. «L'UE ne peut se contenter de belles paroles sur ses objectifs en matière d'environnement tout en menant des actions qui vont à l'encontre de ces objectifs», s'est élevée Susan Lieberman, directrice du programme mondial de protection des espèces du WWF. 

Selon les dernières estimations en date, les deux dernières populations de lynx ibériques ne comptent plus qu'une centaine d'individus, dont 25 femelles reproductrices, contre plus d'un millier il y a dix ans.
L'organisation de protection de la nature a recensé en Espagne 53 projets de chantier qui mettent en péril ce félin, dont bon nombre sont partiellement financés par des fonds structurels de l'UE. Le WWF demande par conséquent à Bruxelles de revoir sa politique de développement dans le sud de l'Espagne afin d'assurer la conservation de cette espèce menacée.

Le Fonds réclame en particulier la fermeture pour deux ans de la route qui traverse le parc national de Donana, près de Séville. Ce couloir artificiel divise l'habitat des derniers lynx sauvages et les expose en outre au risque d'être écrasés par des voitures, aujourd'hui la première cause de mortalité de ces animaux. Plusieurs lynx ont déjà trouvé la mort sur ce nouvel axe qui relie les localités de Villamanrique et d'El Rocio, ajoute le WWF.

«Pour une population aussi réduite, la perte accidentelle d'un seul individu rapproche l'espèce de l'extinction», souligne Luis Suarez, expert de l'antenne espagnole du WWF. «Le soutien qu'apporte l'UE à des projets destinés à protéger le lynx ibérique est annulé par le financement qu'elle offre à des projets néfastes d'infrastructure.»

Les spécialistes de la protection de la faune dénoncent également les projets de barrage qui ont entraîné l'inondation de vallées servant d'habitat à ces lynx. Le braconnage et la raréfaction du lièvre, sa proie de prédilection, contribuent aussi à la disparition progressive de cet animal extrêmement farouche.
Le lynx ibérique, qui peut atteindre un mètre de long, soit la taille d'un gros chien, vit dans les bois broussailleux du sud du Portugal et de l'Espagne, à proximité des régions touristiques les plus fréquentées.

Le rapport propose de protéger l'habitat du lynx en réglementant l'agriculture intensive et l'urbanisation et suggère d'instaurer des limitations de vitesse autour des deux zones de reproduction des lynx, tout en encourageant la réintroduction du lapin sauvage. Il préconise aussi de développer les programmes d'élevage de jeunes lynx en captivité.

Actuellement 12 lynx dont quatre femelles sont en captivité dans différents centres en Espagne, et l'objectif est d'en porter le nombre à 70 à 2010 afin de les rendre ensuite à la vie sauvage. Les protecteurs de l'espèce sont confiants que le premier lynx naîtra en captivité au printemps prochain.

Seules deux communautés de lynx en liberté capables de se reproduire subsistent en Espagne. Dans le parc national de Donana, la quarantaine de lynx recensés pourrait disparaître en quelques années, selon Dan Ward. «Il n'y a eu que quatre à huit naissances de chatons cette année et la population n'est pas bien traitée: elle continue de décliner, elle est souvent trop petite, fragmentée et isolée pour pouvoir s'accroître sans une intervention énergique», écrit-il.

L'autre population de lynx au parc d'Andujar est plus stable, avec quelque 80 animaux, mais ce groupe est menacé par la construction de deux routes dans cette zone, ainsi que par la pression de l'urbanisation, selon le rapport.

Photo Alain Jocard

Le «tigre d'Europe» figure sur la liste rouge de l'Union internationale pour la protection de la nature.  Le dernier félin à avoir totalement disparu était le tigre à dents de sabre. L'espèce s'est éteinte il y a environ 10.000 ans, selon WWF

21 janvier 2005

Le lynx

Inoffensif pour l'homme, le lynx est un félin est particulièrement discret

En Suisse, des gardes forestiers qui travaillent tous les jours dans les zones où le lynx est présent affirment ne jamais le voir. Le Lynx est un animal très discret et il mène une existence principalement crépusculaire et nocturne. Rencontrer un lynx est exceptionnel. Le lynx craint l'homme et s'enfuit dès que celui-ci approche.

Il existe quatre espèces de lynx.

  • Le lynx boréal (lynx lynx) (france, allemagne, suisse)
  • Le lynx pardelle, au bord de l'extinction, se trouve en Espagne et au Portugal.
  • Le lynx canadien vit en Alaska et bien sur au Canada.
  • Le lynx roux, il vit aux USA et au Mexique.

Lynx Le lynx boréal est le plus grand félin d'Europe. Il est biologiquement plus proche du tigre que du chat. Le lynx est considéré comme totalement inoffensif pour l'homme. D'un poids d'une vingtaine de kilos à l'âge adulte, le lynx boréal se nourrit d'une grande variété de proies: rongeurs, lapins, renards,... Mais son mets favori, ce sont les chamois en montagne et les chevreuils en forêt, à raison d'un par semaine en moyenne par lynx.

Le lynx est un solitaire. Mâles et femelles se croisent occasionnellement, mais ils vivent chacun de leur côté, sauf durant le rut. Le lynx se repose durant la journée et s'active essentiellement au crépuscule et durant la nuit. Le lynx ne dévore pas sa proie d'une traite, mais revient s'alimenter plusieurs nuits. Une proie lui suffit pour une semaine environ, et il n'en reste alors plus que les os, la tête, le pelage et les viscères.

Le lynx d'Europe est un animal typiquement forestier, colonisant aussi bien les boisements de plaine et de montagne. La forêt lui assure le couvert nécessaire à son mode de chasse par surprise. Le pelage du Lynx est pratiquement indiscernable sur le sol forestier couvert de feuilles. Le lynx évite les zones ouvertes comme les prairies et les cultures, si elles ne sont pas attenantes à la forêt. En France, quelques cas d'attaques de moutons sont attribuées aux lynx.

Belgique : le Lynx boréal aurait fait sa réapparition de part et d'autre de la frontière belgo-allemande

Le lynx boréal (lynx lynx) avait disparu de Belgique depuis près de trois siècles. Sa réapparition, timide et mystérieuse, attire l'attention.

Fagnes_1 De la rumeur aux témoignages confirmés, il a fallu plus de six années pour être désormais certain que le lynx boréals soit de retour en Belgique, dans les forêts tout à l'est du pays, dans la zone frontalière avec l'Allemagne. Les récits se sont multipliés au fil des ans. Puis, une photo a été prise, en mars dernier, rapporte le magazine Natagora, dans l'Eifel allemand, tout près de nos Hautes Fagnes.

Natagora rapporte également l'observation, chez nous, d'une femelle lynx et de deux petits. A la Division Nature et Forêts, l'ingénieur en chef du cantonnement de Bullange explique que «les observations des six dernières années se concentrent sur un territoire d'une centaine de milliers d'hectares. Une quinzaine de cantonnements forestiers situés de part et d'autre de la frontière belgo-allemande sont concernés». Un autre témoin fiable a par ailleurs signalé la présence d'un lynx boréal bien plus à l'ouest, près de la baraque Fraiture.

La bonne question est désormais: d'où viennent ces lynx? Réintroduction accidentelle? Aucun parc n'a signalé d'animaux échappés. Réintroduction illégale? Les Rangers, qui militent activement pour le retour du castor mais aussi des grands carnivores comme le loup et le lynx boréal , jurent n'y être pour rien. Mais il n'est pas exclu que des lâchers illégaux aient eu lieu en Allemagne dans les années 90.
Une dernière piste sérieuse est la migration vers nos contrées de lynx issus d'opérations légales de réintroduction. Depuis plus de 20 ans, des lynx sont réintroduits officiellement en Suisse, en France et en Allemagne. En France, on en trouve surtout dans les Alpes et dans le Jura, de même qu'une petite population dans les Vosges. En Allemagne, ils sont présents entre autres dans le Palatinat. Des lynx pourraient avoir essaimé jusqu'en Belgique, malgré les autoroutes et les fleuves à franchir.

Fagnes_2 Jadis, le lynx boréal était répandu dans l'Europe entière. Les populations ont régressé jusqu'à l'extinction quasi complète. Trois causes, humaines, ont été avancées: la disparition des habitats du lynx (déforestation massive), raréfaction extrême des proies au 19e siècle et la chasse organisée par l'homme.

Intégralement protégé, le lynx boréal bénéficierait aujourd'hui de la croissance des espaces forestiers et de l'augmentation du nombre de proies, surtout des chevreuils.

Cette réapparition dans nos régions reste encore vraiment trop timide pour espérer une réelle réinstallation durable, mais le signe est beau tout de même. Espérons qu'un tir de chasseur mal informé ne vienne pas tout gâcher.

Source La DH