Actualités loups Massif Central

06 septembre 2007

Homo sapiens versus Canis lupus

Histoires de savoir, la chronique de Jean-Luc Nothias

HOMO sapiens versus Canis lupus. L'homme de nouveau face au loup. Et cela a encore tourné au vinaigre cet été puisqu'il est accusé, entre autres, d'avoir provoqué la mort d'un troupeau de plusieurs centaines de moutons et brebis qui, affolés, se sont jetés dans le vide. Voilà une quinzaine d'années qu'ils ont repointé le bout de leur truffe dans le parc du Mercantour (Alpes-Maritimes).

On estime qu'ils sont aujourd'hui au moins une centaine, répartis en un peu plus d'une quinzaine de meutes. D'une longueur de 150 kilomètres, leur territoire originel s'étend sur six vallées dans les Alpes du Sud sur plus de 200 000 hectares. Zone qui compte environ 18 000 habitants permanents répartis dans 28 communes avec une forte activité de pastoralisme. Ce qui entraîne évidemment de douloureux problèmes de cohabitation entre l'animal et l'homme.

Pourtant, pour une fois pourrait-on dire, l'homme n'y est pour rien. Il n'a pas joué avec le feu. Les loups sont revenus tout seuls. Au début des années 1990, ils ont franchi la frontière entre l'Italie et la France. Le parc du Mercantour est en effet contigu au Parco naturale Alpi Marittime, en Italie, où le loup, qui n'y a jamais disparu, était bien présent et protégé.

La première observation certifiée en France date de 1992. Depuis, les troupeaux ont payé un lourd tribu aux carnassiers. Peut-être pas aussi lourd que certains voudraient le dire, mais incontestablement important.

Cette expansion du loup va-t-elle s'arrêter là ? C'est peu probable. Présent dans un seul département il y a quinze ans, il l'est aujourd'hui dans huit (Ain, Alpes- de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie et Var), d'Annecy à Digne en passant par Grenoble et le Vercors. Il a aussi gagné les Alpes vaudoises en Suisse. Et il a déjà été vu au-delà du Mercantour, dit-on, dans les Vosges, le Jura et le Massif Central. Il a également été repéré dans les Pyrénées-Orientales. Pourquoi ne gagnerait-il pas les territoires où il était autrefois présent et où le gibier n'est pas rare ?

Le loup se déplace généralement en meute de 3 à 15 individus tous parents entre eux. Chacun occupe une place bien précise dans une hiérarchie à respecter. Le territoire de chaque meute s'étend sur 200 à 300 km². Mais la croissance démographique d'un groupe sur un territoire limité amène à en abaisser les ressources alimentaires. Et un loup a besoin de 5 à 8 kg de nourriture par jour. Seule solution à ce moment-là, élargir son horizon.

Plan d'action

C'est ce qui préoccupe aujourd'hui, par exemple, les responsables du parc américain de Yellowstone dans lequel les loups ont été réintroduits il y a une trentaine d'années. Ils sont désormais plusieurs centaines dans le parc et les scientifiques ont constaté que la biodiversité, aussi bien pour la faune que pour la flore en avait été, à de nombreux endroits, améliorées. Le « hic » est que maintenant qu'il a colonisé tous ses biotopes du parc, il a tendance à en sortir pour s'approprier d'autres territoires.

L'aspect alimentaire n'est pas le seul moteur de cette colonisation. Elle permet également d'éviter la multiplication des conflits, soit entre meutes concurrentes, soit entre membres d'un même clan. Ainsi, sans exploser, le nombre de loups augmente régulièrement et le territoire qu'ils occupent s'agrandit, en équilibre avec les ressources alimentaires et leur sécurité (en particulier vis-à-vis de la pression humaine).

En Espagne et en Italie, là où le loup n'a jamais disparu, leurs « méfaits » sont bien mieux acceptés qu'en France. La cohabitation n'y est pas aussi tendue. Les éleveurs mettent en place des stratégies de protection des troupeaux, tout en sachant qu'ils perdront tout de même, chaque année, plusieurs têtes, qui feront l'objet d'indemnisations.

L'histoire de la réapparition du lynx dans le Jura dans les années 1970, puis de sa réintroduction dans les Vosges durant les années 1980 donne aussi à réfléchir. Ce fut au début une levée de boucliers, véhémente et parfois violente. La cohabitation avec le lynx avait du mal à passer. Aujourd'hui, le lynx ne fait plus parler de lui. Un équilibre a été établi.

Mais c'est le loup qui conserve le mauvais oeil. Et pendant que nous cherchions tous un peu de soleil, au mois d'août, pouvoirs publics, éleveurs et représentants des associations se sont réunis, sous la houlette de la secrétaire d'État à l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, afin d'élaborer un plan d'action pour le loup de 2008 à 2012. La (nouvelle) principale préoccupation étant de mettre en oeuvre les moyens nécessaires à l'accompagnement de la sortie du loup de son bastion alpin.

Des loups bientôt en Sologne, dans le Massif central, ou en Bretagne ? Ce n'est pas impossible. Mais le loup a beau être un grand marcheur, il n'a pas encore de bottes de sept lieues. Et il n'est pas aussi méchant que veut nous le faire croire le Petit Chaperon rouge.

Source : Le Figaro

21 mars 2007

Pastoralisme, braconnage et impunité

Les décisions de justice génèrent une impression d’impunité. Avec un soutien politique fort, les éleveurs et autres opposants aux prédateurs n’ont plus peur du gendarme. Le loup, lui, conquiert de nouveaux territoires. Résultat ? On découvre des restes découpés de loups devant les gendarmeries. Les opposants disposent maintenant de personnes prêtes à passer à l'action, tel un réseau d’activistes clandestins.

Relaxe d’un éleveur ayant tué un loup

11 janvier 2006 - Relaxe pour un éleveur qui avait tué un loup. L'éleveur a toujours affirmé qu’il avait tiré à la tombée du jour en pensant qu’il s’agissait d’un chien errant qui attaquait à nouveau son troupeau de chèvres alors qu’elles paissaient en alpage dans le parc des Bauges. Jeudi 11 janvier, la cour d’appel de Chambéry a conclu à la bonne foi de ce berger savoyard et l'a relaxé.

Des traces de loups repérées en Lozère et dans le nord du Gard

12 mars 2007 - Des traces de loups ont été repérées en Lozère et dans le nord du Gard, accréditant l’idée que les loups seraient en train d’intégrer le Parc national des Cévennes situé à cheval sur ces deux départements, ont indiqué lundi des garde-forestiers. Le loup conquiert de nouveaux territoires.

Enquête après la découverte de restes de loup devant des gendarmeries

20 mars 2007 -Les gendarmeries de Lozère, du Gard et de l'Aveyron ont ouvert une enquête après la découverte de restes de loup déposés devant les locaux des gendarmeries de Trèves (Gard) et de Rivière-sur-Tarn (Aveyron), a-t-on appris mardi auprès des gendarmes. Deux pattes arrière de loups avaient été retrouvées en juillet 2006 devant les locaux de ces deux gendarmeries.

Relaxe, impunité, soutien politique, clandestinité

Quelle est l'étincelle qui déclanche ces actes de braconnage sur les espèces protégées ? On est en droit de se demander si les décisions de justice n'ont pas généré une impression de toute puissance et d'impunité dans le milieu du pastoralisme. Certains hommes ou femmes politiques (voir la liste noire de FERUS) encouragent les éleveurs à pratiquer l'autodéfense et annoncent leur soutien inconditionnel. Les inhibitions et la peur du gendarme tombent. L'Etat parle d'élargir les conditions du plan loup. Toutes les conditions sont réunies pour que la chasse clandestine aux prédateurs continue.

Les éleveurs, les pieds enfoncés profondement dans la crise du mouton ont leurs agences de communication: les syndicats agricoles et autres associations de "défense du patrimoine" et leurs soutiens politiques locaux. Une belle machine bien huilée pour les activistes clandestins que les enquêtes de gendarmerie auront bien du mal à enrayer, la justice concluant les "affaires" par des non lieux et des relaxes.

Certains "politiques" qui président des comités de soutien à des candidat(e)s aux présidentielles s'étaient même permis d'annoncer des débordements futurs. Ils sont arrivés.

Des pattes de loup déposées devant des gendarmeries

Enquête après la découverte de restes de loup devant des gendarmeries

Les gendarmeries de Lozère, du Gard et de l'Aveyron ont ouvert une enquête après la découverte de restes de loup déposés devant les locaux des gendarmeries de Trèves (Gard) et de Rivière-sur-Tarn (Aveyron), a-t-on appris mardi auprès des gendarmes.

Deux pattes arrière semblables à celles d'un loup avaient été retrouvées en juillet 2006 devant les locaux de ces deux gendarmeries. Après une analyse ADN, dont le résultat est connu depuis la semaine dernière selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage de la Lozère (ONCFS), elles se sont avérées être celles d'un loup d'origine italienne, repéré auparavant dans les Alpes et dont une carte génétique avait été dressée.

Les ONCFS des départements du Gard, de la Lozère et de l'Aveyron ont également lancé une enquête pour déterminer où l'animal avait été tué. Mi-mars, des gardes forestiers avaient annoncé que des traces de loups avaient été repérées en Lozère et dans le nord du Gard, accréditant l'idée que les loups étaient dans le Parc national des Cévennes situé à cheval sur ces deux départements.

Le loup dans les Cévennes

Le loup est dans les Cévennes - Des traces de loups ont été repérées en Lozère et dans le nord du Gard, accréditant l’idée que les loups seraient en train d’intégrer le Parc national des Cévennes situé à cheval sur ces deux départements, ont indiqué lundi des garde-forestiers.

Des traces de loups ont été observées sur le Mont Lozère, près de Genolhac (Gard) et sur le "truc de Fortunio", une montagne près de Rieutort-de-Randon (Lozère), où est plantée une antenne hertzienne pour tout le département, a-t-on précisé de même source.

D’autres traces ont été découvertes sur la commune de Saint-Laurent-de-Muret, sur le massif de l’Aubrac, là où un couple avait été vu en janvier 2006. La femelle avait déjà été identifiée grâce à sa carte génétique dans les Alpes italiennes en 2004.

Un appareil photographique à déclenchement automatique a été installé sur les lieux de passage de ce couple afin de vérifier s’il s’est ou non reproduit.

Le Parc national des Cévennes, installé pour sa zone centrale sur plus de 91.000 ha et 52 communes, est un point d’attraction pour les loups qui y trouvent beaucoup de nourriture, notamment des chevreuils.

08 février 2007

Le retour du loup dans le Vercors

Par Michel OLIVIER, un habitué des Hauts plateaux du Vercors

La disparition officielle du loup en France date de l’année 1937 où « le dernier loup » fut abattu dans le Limousin. Plus précisément, le loup a été présumé éteint en temps que «population reproductrice» entre 1930 et 1939. Un loup aurait tué dans le Vercors en 1942. En 1954, selon des témoignages recueillis par «Terre Sauvage» ; le dernier loup «made in France» est tué en Isère dans le prolongement du Vercors. Ce qui invalide la mort du dernier loup du Limousin et de France toujours, tué lui, en 1949. Et ainsi de suite : il y a toujours un « dernier loup » quelque part. Plus récemment, Nice matin montre en 1982 une photo de chasseurs posant devant la dépouille d’un loup tué qu’ils ont tué.

Retour officiel du loup 1992 dans le parc du Mercantour

2 individus ont été aperçus en 1992. En 2002, l’effectif moyen était d’environ 30 individus pour passer à environ 70 loups fin 2005. Suivant les données de l’ONCFS - Les effectifs minimums résidants (EMR) dans les ZPP passent donc de 41-50 loups détectés en hiver 2004/2005 à 56-67 individus durant le dernier hiver. Pour ma part je pense que nous devons être plus près de la centaine de loups reparti dans l’arc alpin. Certains commencent à aller se promener du côté des Cévennes.

Eté 1996, quelque chose dans l'air..

Donc dans le Vercors après 1942, plus de loup ! Puis arriva l’été 1996. Les gardes de la réserve des hauts plateaux - le parc venait tout juste d’avoir 25 ans - sentaient bien une modification. Quelque chose dans l'air, mais quoi ?

Les hardes d’ongulés comportent moins d’individus, mais la population totale ne semble pas affectée. Des troupeaux, au pied du grand Veymont - plus précisément celui de la grande cabane située a 1563 m d’altitude - subit régulièrement des attaques et parfois plusieurs dans la même semaine. Des chiens errants pensaient-ils, mais la présence du loup était connue dans le Mercantour depuis 1992. Des loups dans le Vercors ? 4 ans après son retour dans le Mercantour? Impossible ! Les gardes pensent donc à des attaques de lynx et sollicitent l’appui des gardes de l’ONC.  Les résultats de la surveillance renforcée, jusqu'à l’arrivée de l’hiver ne sont pas probants.

L’été suivant voit de nouvelles attaques du côté du Grand Veymont, entre Pré Râteau et le pas des Bachassons, mais aussi sur le secteur de la Jasse du Play un peu plus au nord. Plusieurs carcasses d’ongulés sauvages sont découvertes. Aussitôt la recherche de traces et d’indices s’intensifie. La pose de pièges photographiques ne donne pas de grands résultats. Cela permet juste aux gardes de constater que des chiens de la vallée de la Vernaison font des incursions assez fréquentes sur les hauts plateaux en 1997.

La transformation du biotope des hauts plateaux, devint plus sensible à partir de l’automne. Jean Paul Vieron employé à cette époque par l’ONC, interviewé par le magasine « Epines drômoises » indiquait : « On percevait ces éléments mais on ne les reliait à rien de précis ni de révélateur de quoi que ce soit ; après tout, il est normal que les choses bougent et que les observations évoluent d’une année sur l’autre. » Et puis un garde de l’ONC et un agent de la DDAF, fin septembre au dessus de Tiolache à l'écart des grands sentiers, au creux d'une clairière perdue sur les Hauts Plateaux du Vercors, ramassèrent une crotte. Ils l’envoyèrent au labo de Grenoble pour une analyse génétique. Deux mois plus tard le résultat tombait : c’était bien une crotte de Canis lupus, un loup ! Après plus demi-siècle d’absence, messire loup revenait sur son territoire.

Alors le travail commença à s’organiser. Ainsi depuis l’été le parc du Vercors réalise sur le territoire de la Réserve des Hauts Plateaux un suivi des attaques des troupeaux transhumants et de la faune sauvage. Ce suivi a été mis en place en été 1996 durant les périodes estivales et hivernales (14 parcours doivent être suivis simultanément, et cela plusieurs fois par hiver) après des plaintes relatives à des attaques, exprimées par les éleveurs et les bergers et en raison du contexte créé par l'arrivée en 1992 du loup dans le Mercantour.

Et pour la première fois cela est retranscris dans Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup  n°2  du 2 septembre 1998. La réunion pour la formation des correspondants cette année là eu lieu dans la Drôme.  Une seule phrase pour compte rendu : « Vercors (38) : quelques constats et collecte d’un excrément qui s’est avéré être du loup (analyse génétique) ».

Les services du Parc réalisent le suivi en collaboration avec le réseau lynx, le réseau LIFE loup, les services de la garderie de l'ONC, l'ONF, la DDAF, la gendarmerie. Il nécessite aussi la motivation des éleveurs et des bergers. Les actions comprennent un recueil d'informations auprès des bergers, l'établissement de constats de dommages lors d'une attaque, la recherche sur le terrain d’indices de présence. Ces prérogatives sont menées par la garderie de la Réserve Naturelle secondée par des stagiaires de l'Université de Grenoble et de Chambéry.

Le recueil des ces éléments a permis entre autre au parc d’éditer le 14 février 2006 le document suivant : Le retour du loup et la protection des troupeaux dans le territoire du Parc. On peut citer pour exemple les parcours hivernaux par temps de neige, les analyses génétiques généralisées ce qui permettra de 1998 à 2001 d’identifier 6 loups différents sur les hauts plateaux, un femelle signifiera sa présence pendant 4 années de suite sans aucun indice de reproduction.

Prédation Vercors Depuis de nouvelles attaques de troupeaux sur le Vercors Ouest (Lente, Ambel), vers le Vercors sud (Mont Aiguille, vallée de Combeau), vers le nord (Autran, Lans en Vercors et dernièrement jusqu'à Rancurel) témoignent d’une certaine vitalité des meutes et de l’extension de l’activité des loups présents qui suivant les derniers bulletins loup de l’ONCFS se seraient (?) reproduits. Ces renseignements auraient été obtenus par la pratique de séances de hurlements provoqués pour l’année 2005. En 2006 suivant le Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup N° 16 : Dans la Drôme, aucun contact n’a pu être établi sur la partie ouest du Vercors. En revanche, sur les Hauts Plateaux, la présence des loups a été confirmée mais sans pouvoir détecter une reproduction éventuelle malgré un important investissement de terrain consenti par le PNR du Vercors et la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux.

Les renseignements émanant de la base de données du Parc Régional du Vercors confirmeraient cette hypothèse. En 2003, l’estimation de la population de loups sur l’ensemble du territoire du Vercors serait de 4 à 5 individus en deux meutes pouvant se regrouper (communication préfectorale 26-38).

En 2004, confirmation de l’extrême mobilité des jeunes loups en phase de dispersion, suite au suivi en Italie d’un jeune loup équipé d’un collier GPS/GSM récupéré par le Gouvernement provincial de Parme après percussion par un véhicule. Celui-ci a parcouru 20 à 40 kms par jour, traversant à plusieurs reprises routes et autoroutes mais aussi les aires vitales d’autres meutes de loups.

En 2005, confirmation génétique de 2 zones de présence permanente (ZPP) du loup en Vercors, l’une à l’Est à cheval sur Isère et Drôme, sur les Hauts-Plateaux, avec 3 à 4 individus au minimum, et l’autre plus à l’ouest en Drôme avec 2 à 3 individus au minimum. L’application du protocole « hurlements provoqués » en période estivale a permis de détecter la présence de jeunes, donc de reproduction dans le Vercors.

Mais tout le monde n’est pas de cet avis. Jean-Marie Ouary membre de l’association Mille-traces (basée à Saint Agnan en Vercors) nous livre ici son Avis : A la question : « Que peut-on projeter pour l’avenir ? », celui-ci répond : « S’il n’y a pas de nouveaux actes de braconnage, on peut prévoir l’installation de la meute puisqu’elle se reproduit. Le jeune est dans une situation difficile, mais s’il passe l’hiver et si les 4 loups sont présents au printemps on pourra vraiment avancer que la meute s’est installée, qu’elle a pris possession de tout le territoire entre Font-d’Urle, Ambel, même les monts du matin (qui sont au nord est de la Drôme) plus tout le haut plateau habité, La Chapelle en Vercors et Villard de Lans, sans oublier les hauts plateaux de la réserve et ses contreforts. »

C’est vrai qu’il ne faut pas oublier le tir mortel, d’une jeune louve de  18 mois au Pas de l’Infernet du côté de Font-d’Urle, le 21 octobre 2004. La première victime du nouveau plan mis en place par le Ministère. Que deviendra la meute après la disparition brutale d’un de ses membres ? C’était la question que l’on pouvait se poser à l’époque.

Une autre autorisation de tir, pour le lieu dit « les Gagères », sensée protéger le troupeau d’une de nos vieilles connaissances « le berger au bâton des crocs de la colère »,  avait été donnée par la préfecture de la Drôme en date du 17 août 2005, cette autorisation a été levée le 19 septembre de la même année par décision du tribunal de Grenoble, sans que le tir ait pu être effectué. Lors de la réunion du comité départemental loup, le 17 novembre 2005 la FRAPNA Drôme, le CORA et d’autres naturalistes ont été mis  en cause pour « la manifestation de leur présence sur les lieux pour observation de la situation sur le terrain et ainsi d’avoir empêché le tir pendant une semaine ».

Un loup a été photographié mort, percuté par une voiture, mais son cadavre n’a pas été retrouvé, cela se passait près de Chaud Clapier. Voir l’article: Vercors - le cadavre d’un loup qui disparaît….dans : Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°15)

Cette transition va nous permettre de pouvoir visualiser à l’aide de tableaux, toujours fournis par la base de données du Parc régional du Vercors, l’évolution du nombre de victimes de prédateurs sur le territoire du Vercors depuis 1997, la première année qui a vu la reconnaissance de la présence de Canis Lupus, sur ce merveilleux territoire qu’est le Vercors.

Pour faire un parallèle avec le nombre de loups répertorié sur le territoire français on peut citer Jean David Abel responsable de la mission loup de France Nature Environnement qui indique que de 1993 à 2003, 108  individus (génotypes) différents ont été identifiés sur l’ensemble du territoire alpin, avec au plus  35 individus différents détectés dans une année (2001). Ce qui veut dire que les loups passent, qu’ils ne s’installent pas forcément, qu’ils retournent en Italie, vont vers de nouveaux territoires de colonisation en France, ou meurent  soit de mort naturelle, soit par collision, soit par braconnage (empoisonnement, tir).

Depuis 1992 et sur ces 108 individus, on a pu ainsi dénombrer 16 loups morts, tous par cause anthropique. Et ceci ne comptabilise bien sûr pas la totalité des loups tués notamment par empoisonnement.

Cette analyse peut donc être rapportée au Vercors, pour comprendre l’évolution de la population lupine de cette région. Et nous amène à nous poser naturellement la question : Le Vercors sera-t-il le tremplin pour la colonisation du massif Central ? Car il faut savoir que les premiers contreforts du massif cévenol ne sont qu’a 50 km a vol d’oiseau.

Michel OLIVIER
un habitué des Hauts plateaux

19 juin 2006

Le loup est dans l’Aubrac

Lozère : 2 loups détectés grâce à la réactivité du réseau loup

C’est grâce à un correspondant du réseau largement sensibilisé à la présence du loup et qui a réagi avec une très grande efficacité que la présence de l’espèce a pu être suspectée en Lozère. Les analyses génétiques ont confirmé les premiers soupçons.

Carcasse de chevreuilLe 30/01/06, en randonnée sur les contreforts de l’Aubrac, j’ai découvert un cadavre de chevreuil, mort quelques heures auparavant. D’après mes premières observations, l’acte de prédation avait «un air de déjà vu». Etant correspondant du Réseau Grands Carnivores depuis quelques années de part mes anciennes activités professionnelles dans les Alpes Maritimes, j’ai donc immédiatement pensé au loup à la vue des impacts et du niveau de consommation. J’ai collecté sur la zone tous les autres indices potentiels pour étayer mes soupçons à savoir une empreinte, un excrément, de l’urine et une dizaine de photos de la carcasse. Plus tard, 5 autres prélèvements ont été réalisés.

Connaissant la procédure dans ce type de cas, les prélèvements ont été envoyés au réseau Loup-Lynx de l’ONCFS à Gap pour les faire analyser. Les résultats sont sans appel : Canis lupus de lignée italienne et signale la présence de deux individus différents ; un mâle et une femelle, cette dernière ayant été détectée à plusieurs reprises dans les Alpes (source : ONCFS communiqué de presse préfecture 48).

Depuis, quelques témoignages recueillis par le SD ONCFS 48 convergent, un rapportant une observation d’un animal « qui ressemblait beaucoup à un loup » dans la même commune courant décembre, et un autre sur deux animaux « suspects » sur le plateau de l’Aubrac non loin de là.

Cédric GIRAL
Technicien de l’Environnement
Correspondant du réseau loup

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 15

Rechercher


  • 2000 notes - 2500 commentaires - 350 catégories - Va le chien, cherche !

Photos - vidéos


  • Photos de loups, photo de loup, images de loups Photos d'ours bruns, photo d'ours brun
    Photos de pastoralisme, photos de troupeaux, photos de bergers, photos de chiens de bergers, moutons, brebis, estives Photos de transhumances, photos de troupeaux, photos de bergers, photos de chiens de bergers, moutons, brebis, estives, transhumances
    Photos de la faune des Alpes, photos de la faune des Pyrénées, vautours, izards Photos de montagnes, photos des Alpes, photos des Pyrénées, Drôme, Vercors
    BD Le génie des alpages Fmurrr Vidéos de la buvette, Videos d'ours, vidéos de loups, vidéos de lynx, vidéos de bergers, vidéos de pastoralisme, vidéos anti-ours

Actualités volées


  • Pays de l'ours

    FERUS

    LOUP.org

    AVES France

    Ça branle dans le manche

    IPHB.org

Récompenses


  • Best of blogs 2006 - Deutsche Welle Berlin - Meilleur blog en français - Prix du Jury - Prix du PublicMeilleur blog en français 2006
    Prix du Jury - Prix du Public
    BOBs - The Best of Blogs 2006 - 11 nov Berlin

    La buvette des alpages a été élu meilleur blog citoyen 2006 - Rencontres nationales du blog citoyen 2006Meilleur blog citoyen 2006!
    1ères Rencontres Nationales du blog citoyen

Devenez un Border Collie


Bannières

  • Les articles de la Buvette des Alpages sur Agoravox

Les notes récentes

Note

  • Europeans for Obama

Adhérez

  • Comme La buvette des Alpages, adhérez aux associations suivantes :

    Adhérez à Ferus




    Adhérez à Paysdelours -ADET




    Adhérez au Fiep




    Adhérez à Aves France




    Adhérez à la Sepanso Béarn




    Adhérez à l'Amopyc




    Adhérez à Loup.org




    Adhérez au WWF




    Adhérez à la LPO




    Devenez membre de Natagora




    Visitez le Pays des castors

Labels

  • Ce site est certifié par Green CO2Stats, qui a mesuré et compensé les émissions totales de CO2 dues à la consommation d'électricité des visiteurs du site, des serveurs fournissant le site, et des réseaux qui les relient entre eux.

    Wikio - Top des blogs - Environnement Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs Annuaire écologie
Blog powered by TypePad
Membre depuis 04/2004