Actualités loups dans le Jura (France)

06 septembre 2007

Homo sapiens versus Canis lupus

Histoires de savoir, la chronique de Jean-Luc Nothias

HOMO sapiens versus Canis lupus. L'homme de nouveau face au loup. Et cela a encore tourné au vinaigre cet été puisqu'il est accusé, entre autres, d'avoir provoqué la mort d'un troupeau de plusieurs centaines de moutons et brebis qui, affolés, se sont jetés dans le vide. Voilà une quinzaine d'années qu'ils ont repointé le bout de leur truffe dans le parc du Mercantour (Alpes-Maritimes).

On estime qu'ils sont aujourd'hui au moins une centaine, répartis en un peu plus d'une quinzaine de meutes. D'une longueur de 150 kilomètres, leur territoire originel s'étend sur six vallées dans les Alpes du Sud sur plus de 200 000 hectares. Zone qui compte environ 18 000 habitants permanents répartis dans 28 communes avec une forte activité de pastoralisme. Ce qui entraîne évidemment de douloureux problèmes de cohabitation entre l'animal et l'homme.

Pourtant, pour une fois pourrait-on dire, l'homme n'y est pour rien. Il n'a pas joué avec le feu. Les loups sont revenus tout seuls. Au début des années 1990, ils ont franchi la frontière entre l'Italie et la France. Le parc du Mercantour est en effet contigu au Parco naturale Alpi Marittime, en Italie, où le loup, qui n'y a jamais disparu, était bien présent et protégé.

La première observation certifiée en France date de 1992. Depuis, les troupeaux ont payé un lourd tribu aux carnassiers. Peut-être pas aussi lourd que certains voudraient le dire, mais incontestablement important.

Cette expansion du loup va-t-elle s'arrêter là ? C'est peu probable. Présent dans un seul département il y a quinze ans, il l'est aujourd'hui dans huit (Ain, Alpes- de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie et Var), d'Annecy à Digne en passant par Grenoble et le Vercors. Il a aussi gagné les Alpes vaudoises en Suisse. Et il a déjà été vu au-delà du Mercantour, dit-on, dans les Vosges, le Jura et le Massif Central. Il a également été repéré dans les Pyrénées-Orientales. Pourquoi ne gagnerait-il pas les territoires où il était autrefois présent et où le gibier n'est pas rare ?

Le loup se déplace généralement en meute de 3 à 15 individus tous parents entre eux. Chacun occupe une place bien précise dans une hiérarchie à respecter. Le territoire de chaque meute s'étend sur 200 à 300 km². Mais la croissance démographique d'un groupe sur un territoire limité amène à en abaisser les ressources alimentaires. Et un loup a besoin de 5 à 8 kg de nourriture par jour. Seule solution à ce moment-là, élargir son horizon.

Plan d'action

C'est ce qui préoccupe aujourd'hui, par exemple, les responsables du parc américain de Yellowstone dans lequel les loups ont été réintroduits il y a une trentaine d'années. Ils sont désormais plusieurs centaines dans le parc et les scientifiques ont constaté que la biodiversité, aussi bien pour la faune que pour la flore en avait été, à de nombreux endroits, améliorées. Le « hic » est que maintenant qu'il a colonisé tous ses biotopes du parc, il a tendance à en sortir pour s'approprier d'autres territoires.

L'aspect alimentaire n'est pas le seul moteur de cette colonisation. Elle permet également d'éviter la multiplication des conflits, soit entre meutes concurrentes, soit entre membres d'un même clan. Ainsi, sans exploser, le nombre de loups augmente régulièrement et le territoire qu'ils occupent s'agrandit, en équilibre avec les ressources alimentaires et leur sécurité (en particulier vis-à-vis de la pression humaine).

En Espagne et en Italie, là où le loup n'a jamais disparu, leurs « méfaits » sont bien mieux acceptés qu'en France. La cohabitation n'y est pas aussi tendue. Les éleveurs mettent en place des stratégies de protection des troupeaux, tout en sachant qu'ils perdront tout de même, chaque année, plusieurs têtes, qui feront l'objet d'indemnisations.

L'histoire de la réapparition du lynx dans le Jura dans les années 1970, puis de sa réintroduction dans les Vosges durant les années 1980 donne aussi à réfléchir. Ce fut au début une levée de boucliers, véhémente et parfois violente. La cohabitation avec le lynx avait du mal à passer. Aujourd'hui, le lynx ne fait plus parler de lui. Un équilibre a été établi.

Mais c'est le loup qui conserve le mauvais oeil. Et pendant que nous cherchions tous un peu de soleil, au mois d'août, pouvoirs publics, éleveurs et représentants des associations se sont réunis, sous la houlette de la secrétaire d'État à l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, afin d'élaborer un plan d'action pour le loup de 2008 à 2012. La (nouvelle) principale préoccupation étant de mettre en oeuvre les moyens nécessaires à l'accompagnement de la sortie du loup de son bastion alpin.

Des loups bientôt en Sologne, dans le Massif central, ou en Bretagne ? Ce n'est pas impossible. Mais le loup a beau être un grand marcheur, il n'a pas encore de bottes de sept lieues. Et il n'est pas aussi méchant que veut nous le faire croire le Petit Chaperon rouge.

Source : Le Figaro

30 juin 2007

Attaque probable de loups sur un troupeau de moutons à Grande-Rivière (Jura)

Dossier de presse (ONCFS)

Les faits

Un parc situé à la limite des communes de Grande-Rivière et Saint-Pierre a subi une attaque dans la nuit du 31 mai au 01 juin 2007. Les éleveurs, M. et Mme Romain Gadiolet, ont déploré la mort de 15 animaux. 27 ont été blessés. Certains sont morts par la suite ou ont été euthanasies. Le ou les animaux responsables de l’attaque ont consommé en grande partie une brebis et un agneau. Les constatations et l’enquête ont été effectuées par la Gendarmerie (BT de Saint-Laurent en Grandvaux) et par les agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Le rapport descriptif et ses annexes photographiques ont été soumis à l’expertise du spécialiste du Lynx de l’ONCFS.

L’expertise et ses conclusions

L’expert a relevé un faisceau d’éléments techniques permettant d’orienter le diagnostic :

  • le nombre important de moutons attaqués,
  • toutes les proies ont été exclusivement prises au cou,
  • absence de laine sur le terrain,
  • les perforations sont de taille importante,
  • présence de griffures localisées sur les cuisses ou le début du flanc, mais pas sur le dos,
  • le taux de consommation très important,
  • les viscères abdominales non touchées (panse non consommée),
  • les empreintes mesurent de 9 à 10 cm, ce sont celles d’un canidé.

L’hypothèse d’une attaque de lynx a pu être écartée d’emblée. Les autres hypothèses étaient une attaque de chien en divagation ou une attaque de loup. La distinction entre une attaque de chien et une attaque de loup est souvent difficile, la seule preuve incontestable étant une analyse génétique pratiquée le plus souvent sur des déjections. Aucun indice de ce type n’a pu être recueilli. Toutefois, les éléments techniques relevés plus haut, ainsi que l’absence de signalement de chiens en divagation dans le secteur, conduisent à envisager une probable attaque de loup, avec une incertitude qui ne pourra pas être levée sauf événement nouveau.

Une attaque de loup n’implique pas automatiquement une installation durable de l’espèce, ni a fortiori la colonisation du département; il peut s’agir du passage d’un ou deux individus.

La gestion du dossier par l’État et ses partenaires

1) Anticipation : une instance de veille et de pilotage était déjà en place au moment des faits.

Compte tenu de la présence confirmée, mais semble-t-il temporaire, d’un loup dans le nord du département de l’Ain, une cellule de veille a été mise en place dès juillet 2006. Elle a eu pour objectifs principaux de :

  • dresser une carte des élevages ovins,
  • assurer la liaison et de recueillir des informations auprès des départements déjà concernés par la problématique loup, notamment en ce qui concerne les dispositifs d’indemnisation et de prévention.

2) Réactions

Dès que les résultats de l ’enquête ont été connus, le Préfet accompagné du Président du Conseil général et des principaux services concernés (DDAF, ONCFS, gendarmerie) se sont rendus sur place pour faire un point de situation avec les éleveurs. La première décision prise est de convoquer la cellule de veille élargie dans le courant de la semaine prochaine pour suivre la mise en place des mesures d’indemnisation et de prévention et pour engager une démarche technique auprès des élevages. Elle s’appuiera :

  • sur deux spécialistes de la DIREN Rhône-Alpes et de la DDAF de Haute-Savoie, qui ont vocation à intervenir sur le département du Jura en ce qui concerne le suivi du loup et sur la problématique "pastoralisme et grands prédateurs », et sur trois agents spécialement formés de l’ONCFS du Jura (correspondants loup) et sur le spécialiste lynx loup du même établissement,
  • sur un réseau d’observateurs initialement créé pour le lynx, mais dont la compétence a été élargie au loup. Ce réseau constitué d’agents de l’ONCFS, de la Fédération des Chasseurs, de l’ONF, de la DDAF et de naturalistes, a bénéficié à deux reprises de formations sur le loup.

Une deuxième décision a porté sur la constitution dans les prochains jours par arrêté préfectoral d ’un comité départemental associant les structures concernées par la gestion du loup, élus, organisations professionnelles agricoles, gestionnaires de l’espace et de la faune, associations, experts, usagers des espaces naturels, placé sous la présidence du Préfet et qui se réunira en juillet.

Enfin, il a été décidé d’assurer une information régulière et transparente de nature à contribuer à une gestion sereine de ce dossier en étroite concertation avec les acteurs du monde rural.

Indemniser l’éleveur

Dès lors que l’expertise ne permet pas d’écarter la responsabilité du loup, l’éleveur peut prétendre à une indemnisation sur un fonds géré par l’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage. Telle est bien la situation actuelle et l’indemnisation de l’éleveur sera déclenchée dans les jours prochains avec la transmission d’un dossier comportant :

  • le constat signé avec visa de l'expert,
  • la carte géographique du lieu de l'attaque,
  • la décision et le visa de la DDAF,
  • le RIB de l'éleveur,

Le barème d’indemnisation est le suivant (exemples):

  • Ovins de moins de 6 mois : 95 € à 130 €
  • Brebis de 1 à 7 ans, gestante : 160 à 265 €
  • Bélier de plus de 6 mois : 285 à 390 €

Les pertes indirectes peuvent également être compensées. L’indemnisation est versée dans un délai qui est de l’ordre d’une semaine après réception du dossier complet par l’ONCFS.

Les mesures de protection des troupeaux

L’exploitation touchée ainsi que celles qui se trouvent à proximité, peuvent faire l’objet, en fonction de leur vulnérabilité, de mesures préventives telles que :

  • la surveillance renforcée des troupeaux,
  • la mise en place de chiens de protection,
  • la pose de clôtures mobiles,
  • la mise en place de moyens d’effarouchement,

Un dispositif de financement de ces mesures est en place dans les départements où la présence du loup est avérée. En ce qui concerne le Jura un financement d’urgence peut être mobilisé rapidement pour répondre aux premiers besoins. Les contacts nécessaires ont d’ores et déjà été pris à cette fin auprès du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

13 septembre 2005

Les chasseurs du Jura n'aiment pas la concurrence sauvage

Le "Jura agricole et rural" est un habitué des prises de positions archaïques. Ce 9 septembre 2005, il remet le couvert en publiant cet article d'un chasseur sachant chasser : Christian Lagalice, Président de la Fédération départementale des chasseurs du Jura.

Quelle place pour le loup ?

Horreurdelaconcurrence_3 Un loup a été tué la semaine dernière en Isère, d’une manière tout à fait réglementaire après une série d’attaques sur du bétail, et voici la zoolâtrie (?) qui recommence aussitôt.

Au-delà du discours entendu entre ceux qui militent pour son retour envers et contre tout
( Pas pour son retour envers et contre tout. Pour le respect de la loi, le loup est un animal protégé), en minimisant son impact, et le monde agricole qui le refuse (je ne minimise rien, les chiffres des dégats dû au loup sont publics, largement diffusé, comme celui de la mortalité ovine pour d'autres causes), avec ses arguments également recevables, ce problème pose avant tout celui de la présence des prédateurs carnassiers, de leur rapport avec l’homme et avec les activités humaines. ( du rapport de l'homme désireux de dominer la nature, la femme, la terre sans se soucier aucunement des conséquences de ses actes pour les générations futures et aussi du rapport du lobby de la chasse avec le respect des lois : dates d'ouvertures, animaux protégés, zones non chassables etc..)

Nous avons déjà dans le département le renard et le lynx : si l’impact du premier se limite aux élevages de volaille - ce qui n’est surtout pas à négliger pour ceux qui en font leur activité, sans parler du risque sanitaire (la fièvre aviaire par exemple)- nous savons les dégâts que le second peut causer aux ovins. (Vous n'avez pas l'Ours encore, pensez aux pyrénéens qui vont avoir Ours, loups, lynx et chasseurs, que va-t-il rester? Rien si celà continue, juster les chasseurs.)

Qu’en serait-il avec la présence d’un troisième larron, grand prédateur s’il en est ? Les opposants à la chasse se réjouissent bien sûr : le chasseur serait avantageusement remplacé (Il n'y a pas de danger, c'est des coriaces), à moindre prix, et les populations de chevreuils et chamois, et pourquoi pas cerfs et sangliers, seraient ainsi offertes en pâture aux crocs des lointains cousins d’Ysengrin.

Lorsque le loup arrive dans un nouveau territoire, la faune sauvage présente ne se laisse pas manger toute crue. Au contraire, les plus faibles seront éliminés, les autres vont se muscler, courrir plus vite et seront plus prudent, plus difficile à tirer quoi!

Quant aux dégâts sur le cheptel domestique, les indemnisations feront bien l’affaire, une plaquette favorable à lupus suggérant même que lorsque des millions sont dépensés pour combattre la brucellose ou d’autres pathologies bovines, le coût du loup n’est finalement pas excessif ! Argumentation primaire et facile avec l’argent public: et pourquoi pas comparer le coût du cancer et d’un accident de la route, la peste et le choléra.

Et de la chasse :  combien de chasseurs tués par des confrères par an en France ? Autorégulation en quelques sortes. Le plombeur plombé.

Qu’on ne s’y trompe pas : derrière ce qui peut passer pour une doctrine se voulant naturelle, bien que fondamentalement anti-chasse se cache souvent une idéologie extrémiste qui vise à éliminer l’homme de certains milieux..

Cela me semble parfaitement compatible. La chasse est-elle naturelle ? Un bon moyen de s'en faire une idée est de visiter ce site de chasseurs: L'ANCER, l'Association nationale pour une chasse écologiquement responsable. Les chasseurs sont les premiers à éliminer l'homme des milieux naturels: Chaque année, la chasse provoque plusieurs centaines d'accidents corporels, dont une quarantaine de morts et plus de 200 blessés graves sur 1 400 000 chasseurs. Et les prédateurs? )

N’est-ce pas la faute de l’éleveur qui ne rentre pas son bétail le soir si des génisses sont attaquées et des moutons dévorés? Ne doit-il pas prendre les mesures appropriées - selon ceux qui voient cela de leur fauteuil devant la télévision...

Simpliste, l'argumentation : je suis fils d'agriculteur et de chasseur, je vis en pleine campagne, j'ai des bottes "aigles" bien usées, mais pas de 4x4 et les fusils hérités de mes parents restent dans un placard, sous clé, je ne suis membre d'aucun parti, pas même vert. Je regarde la télé quand je veux et pratique aussi des sports d'extérieurs, mais sans fusil.

... coûteuses en temps et en argent, à l’exclusion bien sûr de tout acte de défense ? Finalement, ne doit-il pas abandonner des territoires entiers aux animaux qui auraient autant que lui, et pourquoi pas peut-être plus, le droit d’y vivre ? C’est là le fond véritable du problème, celui qui oppose les tenants d’une écologie humaniste ( C'est qui, les chasseurs? ) qui ne refuse pas la présence de tel ou tel animal mais reconnaît le droit de les réguler, et celui d’une écologie intégriste qui donnerait au seul animal des droits que bien des humains aimeraient avoir.

Là je suis d'accord avec vous, à condition que la régulation se fasse dans le respect des règles établies (les lois), des conditions et pas par pièges, empoisonnements ou tir d'auto-défense dès la première attaque sur un troupeau non protégé par exemple.

Notre position est claire : le statut d’une espèce quelle qu’elle soit ne peut être figé, et ce n’est pas en sanctuarisant des espaces et en sanctifiant tel ou tel animal par un anthropomorphisme béat (Je n'appelle pas les loups "mes petits chéris" comme certains chienchien de chasse "Ca c'est un bon chienchien ça ! A qui il est le bon chienchien ;-) que nous relèverons les véritables enjeux majeurs auxquels nos territoires ruraux comme notre planète sont confrontés, et dont chacun se doit de prendre conscience.

La population de loup, il faut la contrôler, c'est sûr, mais 10% de prélèvement, ce n'est pas une sanctuarisation, il me semble, mais bien une régulation de l'espèce. Les bergers, sont les premiers des écolos, les chasseurs sont les premiers des écolos, les écolos sont aussi des écolos, bref on est tous des écolos. Le tout est de savoir ce qui se cache derrière les facades et les déguisements. Qui essaie de récupérer le courant de sympathie et d'éveil que l'écologie politique à amené depuis plus de 15 ans. C'est bizarre que tous ceux qui critiquent l'écologie d'une manière virulante s'en réclament, pourtant les conséquences de la chasse sur la santé et les populations de gibier ne sont pas nulles.

Christian Lagalice
Président de la Fédération départementale des chasseurs du Jura
pour les textes en noirs
FÉDÉRATION DÉPARTEMENTALE DES CHASSEURS
Maison de la nature et de la faune sauvage
Rue de la Fontaine Salée
39140 ARLAY
Tél. : 03.84.85.19.19

et Romuald pour les titres en vert et les textes en bleu.

02 août 2005

Baudouin de Menten : la stratégie des bergers : tout est bon à prendre

Le Jura agricole et rural en remet une couche. Il fait FEU de tout bois.
(agricole et rural ... c'est pas la même chose ? )

Nouvelle interview d'un anti-loup bien décidé à en finir avec le Canis Lupus qui empêche des éleveurs d'économiser en rond. Les éleveurs veulent virer les bergers et laissez les brebis se débrouiller toutes seules, comme ils font depuis que la "sale bête" avait disparu de la France. Une seule solution éradiquer les meutes et tous les loups qui osent passer les alpes (à pied, en voiture ou en hélicoptère puisqu'il parait qu'il s'agit d'une réintroduction)

Yves Feydy : La logique de régulation doit s’imposer,

c'est le titre ...
Yves Feydy (Président de la Fédération départementale ovine de la Drôme, c'est l'interviewé prêt à bondir ...)

Colette Boucher, c'est la journaliste qui pose les questions qu'Yves Feydy et la Direction de la ligne éditoriale du canard lui a demandé de poser
 
Yves Feydy : « Nous affirmons toujours fortement que la présence du loup est incompatible avec nos pratiques d'élevage »
( Les pratiques : abandonner le troupeau : On a d'autres choses à foutre que de payer un berger à garder nos 1500 brebis)

Yves Feydy, membre du bureau de la FNO (Fédération nationale ovine), président de la Frora (fédération régionale ovine de Rhône-Alpes) et de la fédération départementale ovine de la Drôme, livre sa position sur le dossier des prédateurs.
(Devinez sa position ?)

- Au sein du syndicalisme agricole, quelles revendications font l'unanimité ?

Yves Feydy :«Nous affirmons toujours fortement que la présence du loup est incompatible avec le pastoralisme. (jusque là, rien de neuf) Nous n'acceptons pas qu'elle perturbe nos pratiques (voir plus haut) d'élevage.

Il faut rappeler que, depuis l'apparition des premiers loups dans les Alpes maritimes en 1992, nous sommes dans une situation de développement de l'espèce qui a colonisé, en moins de quinze ans, tout l'arc alpin et fait disparaître plusieurs dizaines de milliers de brebis.

( On ne parle pas des mouches, de la Bruxellose. Hou Bruxelles ! Des chiens : Rex couché! Pas toucher à la brebis ! Rex ! Rex, non d'un chien, lache ça, va tu lacher sale bête ! Reviens je t'ai dit ! Non pas par là ... Bêêê Bêêê Bêêê Bêêê Bêêê,  suivi de bruits de pierres et de carcasses qui dégringolent... et encore des statistiques !)

Yves Feydy :Aujourd'hui, je ne comprends pas le discours totalement contradictoire de la société qui, d'un côté, veut une agriculture extensive et respectueuse de l'environnement, et justement, l'élevage ovin répond pleinement à ces attentes. Mais d'un autre côté, on risque de le faire disparaître à cause des prédateurs».

Sont cons quand même ces écolos. Ne comprennent rien à rien. C'est pourtant simple : le berger il est bon, gentil, écolo, calme, mesuré, fait du bon fromage, du bon gigot, il est travailleur, sans compter, sans dormir et pas exigeant avec ça: une simple cabane en bois.

Manifestation_die_bergers_01 Les loups et les écolos ils sont bêtes, méchants, agressifs, sauvages, sans cervelle, dangereux, mangent sans faim, tuent par plaisir, hurle les soirs de pleine lune, viennent d'italie ensemble en hélicoptère et passent leur week-end dans les forêts à nous emmerder avec leurs chiens. C'est pas difficile à comprendre quand même, puisque tous les journaux vous le répètent, même sur TF1, ils l'ont dit, à la télé ... Il parrait, moi, je n'ai ni le temps, ni l'argent pour regarder lé télé, mais c'est mon élu qui me l'a dit. Il est président d'une Association de palabre rurale et paysanne, il est éleveur aussi et aussi président des chasseurs de la commune, c'est vous dire si c'est pas un con, lui ...)

- Selon vous, quelles sont les zones d'élevage les plus menacées par le prédateur ?

Yves Feydy : «Il faut distinguer deux types de zones. Les alpages où de gros troupeaux sont gardés et où l'on peut arriver, tant bien que mal, à mettre en place des mesures de protection. ( Ca c'est une bonne nouvelle, il pousse les éleveurs de montagne à prendre des mesures )

Yves Feydy : Là où je suis le plus inquiet, c'est par rapport aux zones intermédiaires qui couvrent une grande partie de Rhône-Alpes et qui ont dû être parquées le long des bois pour se dégager des contraintes du gardiennage.
(Pas de berger, pas de dépense et qui c'est qui rapplique alors ? ... C'est le loup. Pour avoir la solution, relire mon dernier commentaire, juste plus haut ...)

Yves Feydy : Ici, l'élevage a toute sa place et c'est d'ailleurs la dernière activité agricole possible. Si le loup s'installe sur ces territoires particulièrement fragiles (?), l'élevage sera complètement condamné et le paysage finira par se refermer».
(Des bois partout, c'est sûrement celà qu'ils veulent les écolos ! Y'a qu'à mettre des lamas, ils bouffent et défrichent tout, même le bois et savent se défendre contre le loup. Et on mangera du steack de Lama pour changer du mouton ! La France va exporter du Lama en Nouvelle Zélande !)

- Face à de tels risques qui se profilent, comment peut-on éviter le pire ?

Yves Feydy : «Toutes les initiatives, visant à limiter l'extension des effectifs de loups et à ramener le calme dans les zones où il y a des attaques, sont les bienvenues (Le tir libre par exemple) . Au cours de cet hiver, la profession a travaillé avec le ministère de l'Ecologie...
(Tiens donc, tandis que les écolos y font que s'engueuler avec le ministère de l'Ecologie. C'est y pas parce qu'il n'a de l'écologie que le nom?)
...
afin d'essayer de trouver un accord avec les représentants des organisations environnementalistes (C'est impossible avec eux, quels c.. ceux là, alors ). Nous avons privilégié deux volets : améliorer les indemnisations pour les éleveurs ( Ben tien ! et vous y étes arrivés ) et aller vers une régulation de la population de loups». (Quelle belle expression : aller vers ...)

- Finalement, considérez-vous qu'il y a eu quelques avancées au niveau de la régulation ?

Yves Feydy : « Avec le nouveau protocole datant du 17 juin dernier, je crois que nous avançons malgré tout vers une logique de régulation, dans le but de faire baisser la pression sur les troupeaux. Bien sûr, tous les éleveurs s'accordent à déplorer que c'est insuffisant, surtout sur le nombre de loups à prélever.

Manifestation_die_bergers_02 Jamais content, je vous dit, on donne 4 loups à "prélever", ils veulent 6, on donne 6, ils veulent plus !

C'est la technique de j'avance par petites touches, j'encaisse et je met la pression maximum, on stoppe le tour, on met les élus locaux sur le coup, on téléphone à TF1, on passe dans les gazettes agricoles zé rurales, dans les colloques "Pastoralisme et Ruralité", on fait signer les pétitions sur le marché de Die, on pleure à la Télé, on montre les carcasses, les moutons, les chèvres, les génisses, les chiens, les enfants (non pas les enfants), on parle de tout les moutons morts : c'est le loup, c'est le loup ! Les chiens? connait pas !

Et pour faire redescendre la pression, on demande un rendez-vous au ministère où l'on dit que la montagne se meurt, que la profession se meurt, que les bergers se meurent, que les brebis se meurent, que la pression est intolérable, que le paysage se ferme, que les incendies augmentent, que les enfants sont en danger, que les bergers vont pêter les plombs. Qu'on parviendra pas à les arrêter ! On manifeste devant les tribunaux : Soutenez machin, qui ne respecte pas la loi. La loi, on s'en tappe. La loi, c'est nous, la montagne, c'est nous, les écolos, c'est nous, les modérés, c'est nous. Les autres ce sont les mauvais sentimentaux de la ville, L'Europe, les technocrates de Bruxelles...

Manifestation_die_bergers_03 On sort du Ministère, on fait une conférence de presse, avec les zélés zélus en écharpe tricolore, on dit qu'on a avancé qu'un petit peu, que la base ne sera jamais satisfaite, qu'avec de si petits pas, il sera impossible de calmer les bergers et que de toute façon, celà va recommencer puisque le loup conquiert de nouveau territoires, qu'il descent dans la plaine... Les loups-ou (chanson connue)jusqu'au petit pas suivant qu'on engrange et puis on remet la pression : un petit coup de zélé zélu, d'infos à midi sur TF1 etc... Celà ne vous rappelle rien.

Moi celà me fait penser à la mannière dont la Belgique se détricote. La même méthode, la guerre sous la table, la politique des petits pas en avant, sans jamais faire de concessions, le lobbying encore, la mauvaise fois en plus, la mémoire en moins. Choisissez vos élus non d'un chien.

Yves Feydy : Néanmoins, je pense que nous avons tout de même obtenu deux avancées. D'abord, le tir a été accordé aux éleveurs sous certaines conditions restrictives. La deuxième avancée que j'estime la plus importante, c'est une gestion du problème à l'échelon à la fois départemental et inter-départemental par massif. Dans chaque département concerné de Rhône-Alpes et de Paca, une cellule de crise est ainsi constituée, ce qui permet d'avoir un peu de souplesse localement ».

Propos recueillis par C. Boucher (pas de commentaire)

Baudouin de Menten : l'association Europénne de défense du pastoralisme déclare la guerre au loup

Le Jura Agricole, la gazette des "bouzeux" du Jura montre bien où elle a l'intention d'arriver (où elle veut en venir, si vous préférez). Dans une interview réalisé par Guy Ginon, ils interrogent René Blanchet (Isère), Président de l'Association Européenne de Défense du Pastoralisme (?) Je n'ai pas trouvé trace de cette association sur google; sont vachement dynamique tiens ! René Blanchet, on en parle dans l'Huma - J'ai bien trouvé trace d'une AEDP Association Européenne de défense du perroquet - c'est pas celle là, j'imagine !)

Ce Monsieur, vu son rôle n'est pas le champion de l'ouverture. Sa position extrème (de quel côté, je vous laisse deviner?) est même tout à fait dans la droite (sic) ligne du "scoup d'hier" : Les Bergers veulent, espérent et vont sans doute obtenir le droit de se défendre contre le loup sans conditions ...

A propos des décisions prises par les pays voisins sur les loups

La Gazette des culs-terreux : On évoque souvent les dégâts du loup en France. Comment cela se passe-t-il dans les autres pays d'Europe ?

«La situation est grave dans les Alpes et se détériore chaque année davantage. Le nombre de troupeaux attaqués augmente et le loup étend son territoire. Nos voisins ont déjà pris des décisions.

La Suisse n'aime pas les loups

Suisse_1 En Suisse, berceau de la Convention de Berne, (même chez eux, non di diaaap!, si la Suisse, Ces gens si sages!) la Confédération a donné aux régions la possibilité d'abattre le loup. Le résultat est là : pas de loup en Suisse ( PAN, PAN - Clac ! Kaï, kaï ! Miam Miam, Couic Aargl ! Aawwoouu, Apu de loups ) Voir l'animation parlante et le tableau

En italie, Itou

En Italie, qui a toujours conservé des loups, les éleveurs sont farouchement opposés au loup (GRR !) et ont une forme différente d'élevage, proche de celle que nous développions il y a une trentaine d'années, avec gardiennage familial et obligation de rentrer les brebis la nuit.

(Et oui, les bonnes habitudes se perdent en France, l'élevage n'est plus familial : l'éleveur dans sa Mercedes 240D engage un berger, si c'est vraiment nécessaire, parce que quand il peut s'en passer, il s'en passe! C'est des frais !)

En Espagne, ils iront tous tous, à Torremolinos !

En Espagne, où l'on compte un nombre important de loups, les prédateurs ont été stoppés au centre du pays par des abattages et sont repartis vers le sud».

Les bergers vont sortir l'artillerie

- Face à la prédation due au loup, quelle est la position de votre association ?

«La position de l'association, pour la France, est de tirer le loup dès qu'il approche d'un troupeau. ( Voilà qui a le mérite d'être clair ) Un tir réalisé par l'éleveur ou un ayant droit, par l'administration ou par les chasseurs. Les membres de la commission parlementaire ont apporté la même conclusion jugeant incompatible sur le même territoire la présence du loup avec celle des troupeaux ovins, caprins ou bovins».

Le Gouvernement n'a pas suivi cette conclusion. Nous appliquerons donc notre politique (Tirer sur tout les loups qui bougent) . Par ailleurs, si les écologistes jugent les loups indispensables, nous nous proposons de lâcher trois ou quatre couples de loups dans les forêts parisiennes.

(C'est bien connu, tous les écolos sont de Paris, y'a qu'à voir les résultats des élections. La diffusion d'Ushuaia ne dépasse pas la proche banlieue ! Il n'y a pas que des bouseux dans le Jura, il y a des stéréotypes, des idées pré conçues..)

Cela permettra aux écologistes et à quelques technocrates ...
(De Bruxelles, pourquoi est ce qu'il a oublier de rajouter de Bruxelles ! C'est la faute à l'Europe tout celà ! Non ? Et à Bern, à Bern aussi. Ouh pour Bern !)

...d'espérer voir des loups et d'éviter de polluer avec leurs voitures pour venir découvrir des loups invisibles dans les Alpes» .

(Ils veulent plus de parisiens en voiture dans le Jura ! Vendez vos actions Henri Maire, ils vont plus savoir que foutre de leur vin jaune: plus de touristes pour acheter l'Arbois, l'Etoile et tous ces sherry français qui sont si difficiles à boire (moi j'aime bien, enfin, j'aimais bien, je boycotte le jura, voilà!)

Propos recueillis par Guy Ginon

Il va s'en dire que le bleu (pas le fromage, le texte) est un coup de gueule de la Buvette, et j'ajoute que j'ai rien contre les agriculteurs, puisque je suis fils d'agriculteur, juste contre ce journal de bouzeux réac et rétrograde !)

Vous avez envie de leur dire ce que vous pensez ? Ne vous génez pas, une pluie de mail va s'abbatre dans la boite de jura.agricole.rural@wanadoo.fr

01 août 2005

Peur du loup : Rentrez les enfants, fermez les colos, ils sortent des bois

Le jura agricole publie un article largement inspiré des recherches de Jean-Marc Moriceau. C'est vrai que ses articles sont très "agricoles" et malgré la couleur verte du graphisme du site Internet, ils sont assez loin des sensibilités écologistes, la preuve ...

Oui, le loup s’attaque à l’homme ! C’est un fait historique…

La présence du loup en France a déjà occasionné aux éleveurs des pertes énormes, évaluées en milliers de brebis, chèvres et vaches. 

Oui, c'est un fait historique établi, le loup s'attaque à l'homme. Contrairement a ce que voudraient laisser croire certains de ses défenseurs, le loup n'est pas meilleur que les autres animaux. Là encore il faut tordre le cou à quelques idées reçues savamment entretenues par ceux qui ont intérêt à cacher sa vraie nature. Les historiens notent que les meutes s'attaquent aux humains les plus faibles. En matière de proies, le credo du loup serait plutôt « les femmes et les enfants d'abord ! ». Éradiqué en France au début du XXe siècle, les derniers individus sont abattus dans les années cinquante. Mais le loup est revenu, ou bien à été réintroduit, la question est loin d'être tranchée, et sa densité est telle, qu'elle le pousse désormais dans les plaines où il s'attaque désormais à des bovins dans des zones péri-urbaines…

Dents_loups Jadis, les troupeaux de moutons ou de chèvres étaient gardés. Bien des enfants y ont d'ailleurs laissé la vie, dévorés par le loup. Aujourd'hui, le pastoralisme a changé. Sans le loup, il s'est adapté aux vastes espaces. Mais le loup revient et l'incompatibilité entre sa présence et l'élevage extensif est flagrante. Le ministère de l’Ecologie minimise son impact et propose des mesurettes que les éleveurs jugent ridicules. L'avenir de l'élevage est sombre. Plus sombre encore est l'avenir de la montagne. Que deviendra-t-elle sans les troupeaux pour l'entretenir ?

Nous ne cherchons pas à diaboliser le loup, ni à jouer sur de veilles peurs. Mais, nous ne pouvons pas laisser dire à certains protecteurs de la nature, aveuglés par leur obsession de réintroduire durablement le loup dans l'arc alpin, des contre-vérités.

Lorsque les écologistes affirment que le loup n'attaque pas l'homme, de deux choses l'une : ou bien ils sont ignorants ou bien ils réécrivent l'histoire. Il ne s'agit pas de fantasmes, ni de contes ou de légendes. C'est une réalité historique incontestable. Il suffit d'entendre des historiens et de relire quelques registres paroissiaux pour trouver une longue, très longue liste de cas avérés de loups s'attaquant à l'homme, singulièrement d'ailleurs aux femmes et aux enfants. Car le loup n'est pas meilleur que les autres animaux et, de préférence, il s'en prend aux proies les plus faibles. Son intelligence reconnue le conduisait à choisir cette catégorie d'humains aux capacités à résister bien moindre que celles de robustes paysans souvent armés d'une fourche, d'une faux ou d'un bâton. S'agissant des enfants, il est évident que les tâches de gardiennage des troupeaux qui leur étaient confiées, les amenaient loin de la ferme, dans des endroits reculés, à la lisière des bois et des forêts. Les loups trouvaient là des proies faciles qu'ils traînaient au fond des bois ne laissant parfois aucune trace du pauvre petit berger. Leur disparition signalée, leur famille et les villageois accompagnés du curé, arpentaient les forêts pour rechercher les restes, les recueillir et leur réserver une sépulture décente et chrétienne. En France, « près de 1 600 actes de décès, concernant la période qui va de 1580 à 1840 ont été d'ores et déjà rassemblés, pour lesquels le rédacteur incrimine le loup ou une bête dévorante », note l'historien et professeur à l'Université de Caen, Jean-Marc Moriceau. Et encore, ce chiffre est très inférieur à la réalité. Tout d'abord en raison de l'absence de notation dans certains registres paroissiaux de la cause du décès. Ensuite, de nombreuses recherches, plus récentes, recensent de nouveaux cas non comptabilisés, comme l'indique Jérôme Dupasquier, des archives de l’Ain à Bourg-en-Bresse à l'origine d'une exposition récente sur la présence du loup et de l'ours dans l'Ain.

Des loups sains, d'autres enragés

Dents_loups_4 Lorsqu'il est question de loups mangeurs d'hommes, certains protecteurs des animaux invoquent des cas de loups enragés qui, dans cette circonstance, peuvent, selon eux, s'attaquer à l'homme. Le cas des loups enragés à également été étudié par les historiens. Il est établi que certains loups anthropophages étaient porteurs de la rage. C'est un fait. Mais il est tout aussi établi que ces animaux enragés portent leurs attaques à la tête de leurs victimes contrairement aux loups sains qui eux ne touchent jamais la tête mais procèdent par égorgement ou par étranglement. Comme le note Jacques du Fouilloux, grand spécialiste de la chasse au XVIème siècle : « Les loups ne mangent jamais la tête ni la peau des animaux qu'ils prennent ». Sur les 1 600 décès attribués aux loups entre 1580 et 1840, « 1165 cas de décès sont imputables à des loups dévorants (indemnes de rage) et environ 400 sont attribués à des loups enragés

Des loups partout

Grand_mchant_loup Le loup est alors partout en France. Sur le plateau de Langres, dans le Jura, en Ile-de-France céréalière, dans le Cher, les vallées de la Loire et du Rhône, dans les Cévennes. Dans le Massif-central, en Bourgogne viticole « où une veuve de vigneron est dévorée dans ses ceps ». Dans le Gâtinais, en Touraine ou dans le Limousin. Seuls, le Sud-Ouest et le pourtour méditerranéen semblent moins atteints. La plaine de Bresse et le bas Dauphiné sont les zones géographiques où les plus grands nombres de décès imputés aux loups sont enregistrés. Mais, notent les historiens, « aucune région n'est épargnée » car le loup montre une remarquable « capacité d'adaptation écologique ». Les hommes, évidemment, se sont ligués contre la bête féroce qui est devenue la bête à abattre. Des battues à l'échelle d'une région sont orchestrées par les préfets. Jérôme Dupasquier cite celle organisée en 1757 en Bresse.

« Une ligne de rabatteurs déployés sur 20 kilomètres entre le Revermont et la Saône débusque et pousse tout ce qu'elle trouve vers une ligne de tir qui s'étire de Bourg-en-Bresse à Mâcon. L'enjeu est tel, que les hommes qui ne participent pas à la battue sont menacés de prison ! » Le dernier loup de l'ancienne génération tué dans l'Ain l'a été en 1956, à Injoux-Génissiat, près de Bellegarde, aux portes de la Haute-Savoie. Plus près de nous, depuis la dernière guerre mondiale, une cinquantaine d'attaques de loups sur des humains ont été recensées en Europe où leur population est estimée entre dix et vingt mille individus. Certes, dans la moitié des cas, il s'agissait de loups enragés, mais personne ne peut nier que le loup est un animal dangereux qui, contrairement à une autre idée reçue, « s'attaque à l'homme même lorsque le gibier abonde ! ».

Cet article a été rédigé en s'inspirant très largement d'un texte de Jean-Marc Moriceau, professeur à l'Université de Caen et publié, en juin 2005, dans la revue « L'Histoire »

Quand les loups semaient la terreur

Dents_loups_5 Durant l'été 1738, des loups d'une férocité hors du commun infestent les bois dans les environs de Neuville-les-Dames (Ain). Ils viennent d'Italie où, durant les guerres sanglantes qui viennent de s'achever par le traité de Vienne, ils ont développé un goût très prononcé pour la chair humaine prélevée sur les champs de bataille. Mais, une fois les combats terminés, ils ont été chassés par les Piémontais qui craignaient que les meutes ne se sédentarisent chez eux. Une de ces meutes a passé les Alpes pour se terrer en Bresse. En quête de nourriture et en l'absence de charniers, les loups de guerre qui avaient désappris le goût du gibier se sont jetés cette fois… sur la population. Ainsi, de juin à août 1738, ce sont vingt-deux enfants qui ont été tués dans les paroisses de plaine de Neuville-les-Dames, Sulignat, Fleurieux, Saint-Jean-sur-Veyle, l'Abergement et Clémenciat.

Source : Le jura agricole

Romuald : Les sources ne sont pas fraiches, fraiches, mais l'histoire de France véhicule la mémoire collective. Mythes pour faire peur aux enfants, pour maquiller les meurtres ordinaires, loups-garous et bandits de grands chemins ou réalités historiques. Du journalisme médiéval en quelque sorte. La télé-réalité de l'époque : TF1 va sortir un nouveau feuilleton de l'été : "Jean-Marc et les sanguinaires"ou "L'île de la prédation" en direct des Alpes de Hautes-Provence !

12 mars 2005

Un loup observé dans l’Ain

Valromey Après l’absence d’indices de présence du loup pendant le printemps et l’été 2004 dans le département de l’Ain, une observation visuelle du loup considérée comme « probable » a été réalisée sur la commune de Petit-Abergement, dans le secteur de Valromey (Ain).

En automne 2003, la présence du loup a été confirmée génétiquement dans le département de l’Ain.

Source : ONCFS, Bulletin du réseau loup N° 12, décembre 2004.
Suivi estival 2004 / une observation dans l’Ain
voir : Wolf howling : compter les loups en imitant son hurlement pour lire ce document

Le loup aux portes sud de l’Alsace

SundgauFrance Le loup avait disparu des forêts sundgauviennes depuis la fin du XIXe siècle. Le Sundgau est la région située entre  Mulhouse, Belfort et Bâle. Depuis le loup a fait sa réapparition dans le Jura suisse tout proche.

La présence du loup a été signalée  à cinq reprises dans l’Arc jurassien durant l’année 2004. A Vallorbe (Vaud), puis deux fois dans le Val de Ruz (Neuchâtel), et  à deux reprises dans le Jura, à Montavon (au pied des Rangiers) et à Coeuvre (au nord de Porrentruy, à 5 km à vol d’oiseau de la frontière française de Courtavon).

Dans le Jura, les observations ont été faites par des chasseurs et sont à confirmer. Son retour a été remarqué en 1995, dans le Val Ferret (Valais). Les analyses génétiques des loups valaisans ont démontré qu’ils venaient du Massif du Mercantour, dans les Alpes Maritimes.

Source: L’alsace

01 mars 2005

Le loup dans l’Ain, le point de la situation

Depuis les attaques de troupeaux, les observations visuelles et les analyses génétiques relevées en 2003, les indices de présence du loup dans le département ont été rares. Une trace en février 2004, puis une observation visuelle réalisée en tombée de nuit en octobre 2004, toutes deux classées « probables », sont relevées. Tout récemment, un nouveau constat le 16 mars 2005 est classé «responsabilité du loup non écartée » sur le commune de Torcieu près d’Ambérieu en Bugey. Des amas de poils ont été trouvés par l’éleveur dans la même période mais à plus de 500 m du lieu de l’attaque. Ils sont en cours d’analyse au laboratoire agréé de Grenoble.

Enfin, une patte de canidé en état de décomposition a été trouvée fin février sur la commune de Divonne les Bains, près de Genève, pour laquelle l’analyse génétique a révélé qu’elle appartenait à un chien.

Face à cette situation, le réseau de correspondants déjà bien rodé sur la problématique du lynx, se met progressivement à jour pour la problématique Loup (1ère session de formation en avril 2005 en Savoie) et s’est enrichi d’une dizaine de nouveaux correspondants.

Parallèlement, la DDAF a investi le champ des mesures de préventions à mettre en oeuvre en concertation étroite avec la profession agricole et les éleveurs concernés. Ainsi, dispositifs d’effarouchement et parc mobiles sont à disposition des éleveurs en cas d’urgence. La mesure d'aide à la prévention des troupeaux contre les grands prédateurs (mesure t) est déployée dans le département avec l’appui d’une technicienne spécialisée dans les mesures de prévention (C. Bornerand, DDAF 73), avec en 2004, deux contrats en cercle 1 avec gardiennage, et un contrat en cercle 2 avec chiens de protection. En 2005, un nouveau dossier en cercle 2 s’ajoute aux précédents. Ce sont 8 nouveaux chiens de protections et deux aides bergers qui seront mobilisés cette année dans l’Ain.

Un cadre de concertation départemental fonctionne depuis une quinzaine d'années pour gérer les conséquences liées à la présence du lynx. Avec l'arrivée du loup, il est apparu nécessaire de le formaliser en créant par arrêté préfectoral les instances suivantes :

  • un comité départemental qui participe à la préparation d'une politique de gestion de la population de grands prédateurs et de prévention de leurs dégâts,
  • un groupe restreint d'évaluation des dégâts causés aux élevages.

En conclusion, bien que relativement discret depuis son arrivée tonitruante en 2003, tout porte à croire que le loup est présent ou de passage régulier dans le département. La conjonction de cette discrétion et de la mise en oeuvre de la mesure t a permis la poursuite de relations constructives avec la profession agricole sur ce sujet difficile. Mais les conditions d’une coexistence techniquement et économiquement viable entre ce prédateur et l’élevage ovin jurassien restent à inventer.

Fabrice COQ,
réseau GC 01/DDAF 01
Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 13

20 février 2005

Le loup dans le jura : confirmation

Loup_jura_suisse La présence du loup est confirmée dans le jura suisse. Après le Valais, le Tessin et les Grisons, le loup est de retour dans l’Arc jurassien.

Plusieurs observations faites durant l'année écoulée - 2 en Ajoie et 2 dans les forêts neuchâteloises dont la dernière en date au-dessus de Dombresson, dans le Val-de-Ruz - tendraient à le confirmer même si pour l’heure aucune preuve imagée ou génétique n’a pu être recueillie.

Voir et écouter la news de la télévision suisse romande.

03 février 2005

Le loup aussi dans le Jura suisse

Le retour du loup ne semble plus une chimère dans l'Arc jurassien. Après sa réapparition dans le département de l'Ain en 2004, Canis Lupus a été aperçu aussi dans le Jura suisse : une fois près de Vallorbe (VD), une fois dans la vallée des Ponts (NE) et le Val-de-Ruz (NE), ainsi que deux fois en Ajoie (JU).

L'observation visuelle ne prouve pas à elle seule la présence du loup dans l'Arc jurassien, a indiqué à Neuchâtel Jean-Marc Weber, mandaté par Berne pour trouver des réponses au retour de l'animal carnassier en Suisse. Il a confirmé les informations publiées mercredi dans les quotidiens neuchâtelois "L'Express" et "L'Impartial".

Les cinq personnes ou groupes de personnes qui ont vu le loup sont dignes de foi, a précisé Jean-Marc Weber. Selon lui, les témoignages ont été recueillis dans les milieux des chasseurs, des gardes-faune et des organes spécialisés. Il n'est pas possible de dire si les observations concernent un seul ou plusieurs spécimens.

La disparition du loup a été généralement constatée à la fin du 19e siècle dans l'Arc jurassien. L'attestation génétique de son retour n'est cependant pas encore réalisée. Selon Jean-Marc Weber, cette preuve scientifique convaincante s'obtient généralement grâce à l'analyse des crottes.

En Suisse, le loup est réapparu dans les Alpes au début des années 90, dans le val Ferret (VS) et celui d'Entremont (VS), ainsi qu'aux Grisons. Le carnassier a été mis en cause dans des affaires de moutons égorgés. Le cadavre d'une louve décédée dans des conditions suspectes a été découvert en 1998 à Reckingen (VS).

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