Actualités loups Alpes 2006

27 novembre 2006

Expérimentations sur le loup : Plus de tirs de loups en 2007. Un programme pas clair (Baudouin de Menten)

La ministre de l'écologie et du développement durable, Nelly Olin, et le Ministre de l'agriculture et de la pêche, Dominique Bussereau ont publié un communiqué sybillin. Son titre : "Gestion du loup en France, le gouvernement annonce préparer l'avenir " est un exemple type du langage opaque utilisé en politique. Exemple...

Le groupe national « loup » qui rassemble représentants des éleveurs, des associations et des élus impliqués par la gestion du loup, s'est réuni le 22 novembre. Selon le ministère de l'écologie, il a examiné les perspectives de la prochaine saison et notamment des pistes nouvelles pour la protection des troupeaux et la connaissance de l'espèce qui pourraient être expérimentées en complément des mesures existantes.

Après son retour spontané en 1992, le loup s'est installé dans les Alpes françaises et sa population, de l'ordre de 130 à 150 individus, a connu une croissance régulière. L'espèce est aujourd'hui en bon état de conservation en France. Le loup est en expansion généralisée en Europe. Mais la France a vécu, depuis 1992, une reconstitution de la population de cette espèce protégée sans équivalent ailleurs en Europe.

Les débats que suscite ce retour du loup sont à la hauteur de l'importance économique et sociale du pastoralisme dans les Alpes françaises, également sans équivalent ailleurs en Europe et de l'exigence du gouvernement de respecter scrupuleusement les engagements internationaux de la France, précise le ministère.

Les efforts des éleveurs pour protéger leurs troupeaux ont conduit dans les zones de présence permanente du loup à une protection très généralisée avec l'usage des chiens de protection, du gardiennage et du regroupement nocturne derrière des clôtures, ajoute le ministère.

Pour compléter ce dispositif et l'anticiper dans les nouvelles zones de présence du prédateur le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche mobilise ses moyens, tandis que le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable assure le suivi biologique et l'indemnisation des dégâts.

L'ensemble des actions entreprises dans le cadre du « plan d'action loup 2004-2008 » permet à la France de « disposer de références solides sur la protection » du loup. La première concertation transfrontalière sur la population commune avec l'Italie et la Suisse a d'ailleurs été engagée à l'initiative de la France, estime le ministère de l'écologie.

La ministre de l'écologie et du développement durable, Nelly Olin, et le Ministre de l'agriculture et de la pêche, Dominique Bussereau, ont par ailleurs demandé aujourd'hui aux préfets de conduire avec les groupes de concertation départementaux une réflexion visant à leur proposer des expérimentations pour la gestion du loup.

Il s'agit, toujours dans le strict respect de la directive « Habitats », de mieux tenir compte des situations locales, à la fois sur le plan biologique et sur le plan des contraintes pesant sur la protection des troupeaux. En effet la diversité des situations rencontrée dans l'arc alpin français est presque aussi grande que celle constatée en Europe.

Les réponses des préfets seront examinées début février par le groupe national loup. Le gouvernement arrêtera alors les 3 à 4 zones où une expérimentation facilitant la défense des troupeaux et l'intervention préventive pourra être essayée en 2007. Le protocole 2006 serait prolongé partout ailleurs.

Selon les propositions qui seront retenues, un dispositif de contrôle renforcé accompagnera la démarche. Les conditions objectives de ce contrôle seront déterminantes dans le choix des projets d'expérimentation retenus, conclu le ministère de l'écologie.

NDLB: Si quelqu'un qui sait lire entre les lignes parvient à trier le gris du gris, qu'il m'envoie la substantifique moëlle de ce message langue de bois qui dit tout et son contraire. Clarté quand tu nous tiens! Avec celà, vont-ils tirer des loups, protéger des loups, manger des brebis, lâcher les patous?  Va comprendre Charles comme dirait l'autre. Les associations agricoles publient, les associations favorables aux carnivores publient, mais les questions restent sans réponses. La suite plus tard, sans doute, mais vu la courbe de la population de canidés, et les orientations actuelles des décisions des préfets, il est bon de se souvenir que le loup est un animal strictement protégé. Strictement, strict, sans exception. En êtes-vous sûr?

Convention de Berne: Le loup reste strictement protégé

Le Comité permanent de la Convention de Berne a refusé la demande de la Suisse de relaxer la protection du loup.  La gestion du loup en Suisse continuera dans le cadre actuel.

La Suisse souhaitait déclasser le loup de la catégorie des "espèces de faune strictement protégées" (annexe II de la Convention de Berne) à celle des "espèces de faune protégées" (annexe III). Le comité permanent de la Convention de Berne a refusé cette proposition lors de sa réunion d’aujourd’hui.

23 novembre 2006

Gestion du loup en France : le gouvernement prépare l'avenir

Gestion du loup : Le groupe national « loup » qui rassemble représentants des éleveurs, des associations et des élus impliqués par la gestion du loup, s'est réuni le 22 novembre. Il a examiné les perspectives de la prochaine saison et notamment des pistes nouvelles pour la protection des troupeaux et la connaissance de l'espèce qui pourraient être expérimentées en complément des mesures existantes.

Après son retour spontané en 1992, le loup s'est installé dans les Alpes françaises et sa population, de l'ordre de 130 à 150 individus, a connu une croissance régulière. L'espèce est aujourd'hui en bon état de conservation en France.

Le loup est en expansion généralisée en Europe. Mais la France a vécu, depuis 1992, une reconstitution de la population de cette espèce protégée sans équivalent ailleurs en Europe.

Les débats que suscite ce retour sont à la hauteur de l'importance économique et sociale du pastoralisme dans les Alpes françaises, également sans équivalent ailleurs en Europe et de l'exigence du gouvernement de respecter scrupuleusement les engagements internationaux de la France.

Les efforts des éleveurs pour protéger leurs troupeaux ont conduit dans les zones de présence permanente du loup à une protection très généralisée avec l'usage des chiens de protection, du gardiennage et du regroupement nocturne derrière des clôtures.

Pour compléter ce dispositif et l'anticiper dans les nouvelles zones de présence du prédateur le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche mobilise ses moyens, tandis que le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable assure le suivi biologique et l'indemnisation des dégâts.

L'ensemble des actions entreprises dans le cadre du « plan d'action loup 2004-2008 » permet à la France de disposer de références solides sur la protection de cette espèce. La première concertation transfrontalière sur la population commune avec l'Italie et la Suisse a d'ailleurs été engagée à l'initiative de la France.

La ministre de l'écologie et du développement durable, Nelly OLIN, et le Ministre de l'agriculture et de la pêche, Dominique BUSSEREAU, demandent aujourd'hui aux préfets de conduire avec les groupes de concertation départementaux une réflexion visant à leur proposer des expérimentations pour la gestion du loup. Il s'agit, toujours dans le strict respect de la directive « Habitats », de mieux tenir compte des situations locales, à la fois sur le plan biologique et sur le plan des contraintes pesant sur la protection des troupeaux. En effet la diversité des situations rencontrée dans l'arc alpin français est presque aussi grande que celle constatée en Europe.

Les réponses des préfets seront examinées début février par le groupe national loup. Le gouvernement arrêtera alors les 3 à 4 zones où une expérimentation facilitant la défense des troupeaux et l'intervention préventive pourra être essayée en 2007. Le protocole 2006 serait prolongé partout ailleurs.

Selon les propositions qui seront retenues, un dispositif de contrôle renforcé accompagnera la démarche. Les conditions objectives de ce contrôle seront déterminantes dans le choix des projets d'expérimentation retenus.

Contacts presse au Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable :
Eva Quickert-Menzel - Tel : 01 42 19 11 68 - Fax : 01.42.19.11. 31
Contacts presse au Ministère de l'agriculture et de la pêche :
Sophie Geng - Tel : 01 49 55 59 74 - Fax : 01.49.55.40.39

Le gouvernement annonce donc qu'il va gérer le loup. Comprendre "gérer" par sortir les carabines au gros gibier. Dans sa réaction France Nature Environnement annonce un avis de gros temps pour les prédateurs.

La réaction de France Nature Environnement

Dans un communiqué du 24 novembre, les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture annoncent «préparer l'avenir» en prévoyant des «expérimentations pour la gestion du loup», ceci en se  prévalant de la réunion récente du Groupe national loup.

Pour le grand public, FNE propose une version synthétique des déclarations des ministères : le loup se porte bien dans notre pays ; les moyens de sa régulation vont être engagés ; les parties concernées par la concertation sur le sujet en sont d'accord.

Plusieurs points des déclarations ministérielles méritent des réponses et des précisions :

L'Etat ne recherche nullement par ces déclarations la recherche ou l'expérimentation de nouveaux moyens de protection des troupeaux, ni d’avancée scientifique : la «gestion» annoncée ne porte que sur une volonté de régulation du loup à travers l’expérimentation locale de nouveaux modes d’élimination du prédateur. La principale idée sous-jacente étant de réaliser des tirs avant même que des attaques ne se produisent et d’empêcher l'installation de l'espèce sur de nouveaux secteurs.

Pour FNE, loin de régler la question des attaques sur les troupeaux, le risque évident d'une telle pratique est l’éclatement des meutes constituées et l’accroissement des attaques sur troupeaux ; d’ailleurs, à ce jour, aucun des tirs réalisés n’a donné lieu à une baisse démontrée des attaques. Seule la mise en place de mesures de protection effectives ont donné des résultats positifs manifestes et mesurables, alors que les autorisations de tir sont de pures décisions politiques à destination d'une partie de l'opinion. Pour FNE, les tirs de défense peuvent être nécessaires en dernier recours mais ne constituent en aucun cas des outils usuels de prévention.

La population de loups française ne compte pas 130 à 150 individus mais plus vraisemblablement une centaine, dont une partie seulement est en état de se reproduire. Malgré la dynamique de cette jeune population, l’urgence et la responsabilité de l'Etat sont de lutter contre le braconnage et particulièrement les empoisonnements qui se développent et représentent une véritable menace pour l’ensemble de la faune sauvage.

En tant que membre du Groupe national loup, FNE demande à ce que cette instance ne serve pas d’alibi aux ministères concernés : à aucun moment, les associations de protection de la nature n’ont donné leur aval aux propositions faites, précisant au contraire leurs désaccords et leurs réserves quant aux nécessaires surenchères que ces propositions «d'expérimentations» allaient susciter.  De plus, et alors même que la saison 2006 a vu une baisse globale du nombre d'animaux domestiques victimes des attaques de loup, FNE condamne l'attitude de l'Etat qui projette des évolutions de dispositif pour 2007 sans avoir aucunement établi une évaluation de l'efficacité des mesures mises en oeuvre en 2006.

Le gouvernement français devrait pourtant entendre le signal donné par la majorité des pays siégeant au Comité permanent de la Convention de Berne qui, réunis ce 27 novembre sur une demande de la Suisse de déclassement de la protection du loup, ont voté pour le maintien de la protection du loup à l’annexe II de la Convention.

Face à cette situation, FNE demande au gouvernement de reprendre sa copie : ce dont la présence du loup et une possible co-existence des prédateurs avec les activités humaines ont besoin, ce n'est pas de perspectives de régulation, même si elles pourront légitimement se poser un jour, sans risque pour le bon état de la population de loups  : c'est d'abord de perspectives politiques clarifiées ! Quels prédateurs, à quelles conditions, dans quelles régions, à quelles échéances, avec quel accompagnement des activités agricoles de la part de la société ?  FNE est prête à prendre sa part dans ce débat, avec tous les acteurs concernés, de la profession agricole aux élus ruraux en passant par l'Etat.

Contacts presse FNE : Jean-David Abel : 06 77 04 23 30 - Mission loup FNE :          04 92 73 49 54      

16 novembre 2006

L'ASPAS poursuit en justice le Préfet de l'Isère, responsable de l'abattage illégal d'un loup

En septembre dernier, le Préfet de l'Isère avait organisé l'abattage d'un loup sur le massif de Belledonne en application du plan loup 2006/2007 établi par les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture. La traque s'était soldée par la mort non pas d¹un, mais de deux loups. Selon l'ASPAS, une mauvaise organisation des opérations est à l'origine de cette "bavure".

Le 7 septembre 2006, à 8h25, un tireur abattait une jeune femelle et prévenait l'équipe d'intervention de la mort de cette louve. Pourtant, quelques minutes plus tard, un de ses collègues, posté derrière un ressaut rocheux, tirait un mâle. Or le "plan loup" impose dès la destruction d'un loup la suspension des opérations de prélèvement pendant au moins 24 heures. Pourquoi le second tireur a-t-il donc fait feu ? Simplement parce qu¹il n¹a pas été averti du premier tir... son téléphone ne passait pas !

D'après le compte-rendu des opérations, les tireurs utilisaient des téléphones portables pour entrer en communication, et ce malgré l'évidente inefficacité du réseau téléphonique en zone montagneuse. Le Préfet avait pourtant l'obligation légale de s'assurer de la bonne organisation de cette opération conduite sous sa responsabilité et son contrôle.

L'ASPAS demande donc aujourd'hui réparation auprès du Préfet pour destruction illégale d'espèce protégée. Cette destruction est d'autant plus préjudiciable que seuls deux individus avaient été recensés par l'ONCFS avant cette opération, une opération responsable de l'éradication de Canis lupus en Belledonne.

Parallèlement, afin de permettre à la population lupine de se reconstituer sur ce massif, l'ASPAS demande à la Ministre de l'Ecologie et du développement durable, Nelly Olin, de retirer le département de l'Isère du "plan loup" et ce durant les cinq prochaines années.

Julie Danet - Chargée de communication ASPAS

04 novembre 2006

Mercantour le loup ne se laisse pas piéger

Fin de la mission du trappeur américain qui a formé les Français à la capture du loup. Le Mercantour court toujours après ses loups

Le loup y était mais il ne s’est pas laissé attraper. A ce jour, seuls quelques renards et un chien ont été retenus dans les pièges posés depuis trois semaines dans la haute vallée de la Tinée, au coeur du parc du Mercantour, à la frontière avec l’Italie.

La meute transfrontalière s’est approchée ­ les traces sont là. Les animaux ont reniflé les pièges posés par Carter Niemeyer, pionnier de la réintroduction du loup dans les Rocheuses, qui forme les équipes françaises depuis la mi-octobre. Mais aucun n’a pu être capturé ni équipé du collier GPS qui permettra de les localiser.

L’étude « Proies-prédateurs », conduite sous l’autorité du ministère de l’Ecologie, par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et le parc national du Mercantour, observe le comportement du loup et notamment son impact sur les populations d’ongulés sauvages.

Uniquement des pièges à lacet

Mais même Carter Niemeyer, le géant américain ­ il mesure 2,05 m pour 120 kg ­, qui a capturé en trente ans quelque 200 loups, n’est pas maître du jeu face à un tel prédateur, dans un milieu alpin différent des Rocheuses, et dans un parc où l’homme est omniprésent. D’autant que Niemeyer a été contraint de délaisser son outil de capture usuel, le piège à mâchoires de caoutchouc, pour le piège à lacet, le seul homologué par l’Union européenne. Or celui-ci se révèle «beaucoup plus difficile à régler en fonction du poids de l’animal à piéger, plus long et compliqué à installer et paradoxalement, plus dangereux pour le loup car sans dispositif de sécurité pour l’empêcher de se blesser une fois pris», explique-t-il. « Et inutilisable en cas d’humidité », ajoute son assistant français, Antoine Nochy. Or il a beaucoup plu dans le Mercantour ces derniers jours ! »

CarterNiemeyer repart dans les Rocheuses dans quelques jours. Aussi les responsables de l’étude ont-ils décidé de suspendre temporairement le piégeage en attendant son rapport d’expertise et ses préconisations. «La neige arrive, l’hiver avec les sols gelés n’est pas forcément une meilleure période pour piéger», souligne Thierry Boisseaux, directeur du parc du Mercantour. L’autorisation de capture accordée par le ministère de l’Ecologie court de toute façon jusqu’à fin avril.

« Actes de séduction »

Le piégeage de loups à but scientifique est une première en France alors que l’Italie le pratique depuis trente ans. La coopération franco-américaine a comblé les participants. Les agents de l’ONCFS ou du Parc ont pu glaner auprès de Niemeyer des «trucs» de terrain : les leurres olfactifs (un filtre à café trempé d’urine de loup posé sur le piège) pour attirer l’animal, ou le port de genouillères ou de peaux de bête durant la pose d’un piège pour ne pas imprégner le sol d’odeur humaine. «L’expérience a confirmé la difficulté du piégeage», ajoute Thierry Boisseaux. En trente ans, les Italiens n’ont capturé que 19 loups

Patrick Degeorges, chargé de mission Faune-Flore au ministère de l’Ecologie, attend de la capture «une meilleure connaissance du prédateur, de sa dynamique de déplacement ».  Carter Niemeyer, lui, est enchanté par cette expérience alpine qui met à l’épreuve son art du piégeage, «cet acte de séduction et de trahison», note son assistant. Un travail de longue haleine aussi : l’étude «Proies-prédateurs» se poursuit jusqu’en 2010.

Source : Article de Eliane PATRIARCA, Libération

17 octobre 2006

Carter Niemeyer : un trappeur américain pour capturer 3 loups dans les Alpes

Comment piéger un loup, et sans le blesser ? C'est ce que Carter Niemeyer, le trappeur qui a réintroduit cet animal dans le parc du Yellowstone et dans l'Idaho, va tenter d'enseigner dans le parc national du Mercantour (Alpes).

Carter Niemeyer, un trappeur pour caputer 3 loups dans le Mercantour (Alpes) Arrivé dimanche en France, l'ex-trappeur et expert américain va contribuer, en transmettant son savoir-faire sur le piégeage des loups, à l'étude scientifique «prédateurs-proies». Un programme de recherche qui associe depuis 2001 le ministère de l'Ecologie, le parc national du Mercantour, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et la Fédération départementale des chasseurs des Alpes-Maritimes.

Etudier l'impact du retour du loup sur les ongulés sauvages

«L'objectif ,  précise Thierry Boisseaux, directeur du parc du Mercantour, est d'étudier l'impact du retour du loup sur les ongulés sauvages : cerfs, chamois, mouflons et chevreuils

L'étude, qui durera six ans, doit permettre de répondre à une série de questions générées par le retour d'un prédateur disparu de France depuis des décennies. Par exemple, certains chasseurs redoutent que les loups déciment les populations d'ongulés (ces espèces constituent 80 % du régime alimentaire annuel de Canis Lupus ).

Du côté du parc du Mercantour, on s'interroge aussi. «En 1979, à la création du parc, il y avait un millier de chamois, ils sont 10 000 aujourd'hui , explique Thierry Boisseaux. Quel sera l'impact du loup sur eux ? Ou sur les mouflons, introduits dans le Mercantour en provenance de Corse

Le programme est mis en oeuvre sur deux sites : le parc du Mercantour, dans lequel les loups sont revenus depuis 1992 et où la population est estimée aujourd'hui à une trentaine d'individus, et un site témoin, le massif des Bauges, où ils n'ont fait que de récentes incursions. L'expérience a commencé par la capture d'une quarantaine d'ongulés à l'automne 2004 dans le Mercantour. Ils ont été équipés de colliers VHS permettant de les localiser. «En suivant les proies, on va pouvoir étudier leur taux de survie et leur comportement, et comparer ces données avec celles recueillies dans les Bauges», explique Christophe Duchamp, ingénieur biologiste, chargé pour l'ONCFS du suivi du loup dans les Alpes.

Pièger trois loups

Avec Niemeyer, débute l'étape du piégeage de trois loups qui seront équipés de colliers GPS. «En corrélant leurs déplacements avec ceux des proies, on va pouvoir arriver très vite auprès des carcasses, avant d'autres animaux», espère Christophe Duchamp. Autre objectif : savoir si le loup est sélectif avec ses proies, s'il s'attaque plutôt au moins bien portantes comme cela a été observé au Yellowstone.

Former les agents du parc

Niemeyer restera trois semaines en France. Le temps de former gardes du parc et agents de l'ONCFS et, si la chance se présente, de capturer un loup. Mais la tâche est ardue. La forte présence de l'homme dans le Mercantour rend l'animal bien plus méfiant que dans les grands espaces américains. De plus, en Europe, on ne peut utiliser les pièges à mâchoires souples utilisés aux Etats-Unis. Seul est homologué un piège à lacet prenant l'animal à la patte. «Mais auprès de Niemeyer, qui a capturé dans sa vie quelque 400 loups, c'est surtout le feeling de terrain qu'on vient chercher», dit Christophe Duchamp. Les chercheurs se donnent jusqu'à fin avril 2007 pour capturer les trois loups, date à laquelle l'autorisation accordée par le ministère expirera.

Source : Eliane PATRIARCA, Libération

02 octobre 2006

Trois loups bientôt capturés dans le Mercantour pour un suivi scientifique

Trois loups vont être capturés dans les prochains mois au sein du Parc national du Mercantour afin d'être équipés de colliers permettant un suivi télémétrique de leur mode de vie et habitudes alimentaires, une première en France.

Le lancement de cette expérience interviendra à la mi-octobre, avec l'arrivée dans le Mercantour (Alpes du sud) d'un trappeur américain spécialisé dans la capture des loups, l'une des étapes les plus délicates de l'opération.

Carter Niemeyer, réputé pour avoir joué un rôle pionnier dans la réintroduction et l'étude de ces animaux aux Etats-Unis, effectuera un séjour de trois semaines pour former une équipe française au piégeage du prédateur.

«Nous espérons pouvoir les capturer d'ici fin avril, mais ce n'est pas gagné», reconnaît Benoît Lequette, chef du service étude et gestion du patrimoine au Parc national du Mercantour. «L'être humain est présent jusque dans la zone centrale du Parc du Mercantour: ça rend le loup plus méfiant et le piégeage plus délicat que dans les grands espaces américains déserts», poursuit-il.

Les scientifiques français tenteront leur chance avec la seule technique de capture homologuée en Europe: un lacet prenant l'animal à la patte. Aux Etats-Unis, des mâchoires souples, conçues pour ne pas blesser l'animal, sont utilisées pour le piéger. La méthode est généralement jugée plus efficace.

Entre vingt et trente loups passent l'hiver dans les montagnes du Mercantour où le prédateur a fait sa réapparition il y a une dizaine d'années. Une fois attrapés, les loups seront équipés, selon leur poids, de matériel VHS, avec transmission de données par ondes hertziennes, ou GPS, avec transmission des informations par satellite via un téléphone GSM.

L'expérience, qui associe le ministère de l'Environnement, le Parc national du Mercantour et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), s'inscrit dans le cadre d'une étude lancée en 2001 pour évaluer les conséquences de la présence du loup sur les ongulés sauvages -cerfs, chamois, chevreuils, mouflons. Parmi ces derniers, une quarantaine d'individus sont déjà équipés de colliers émetteurs destinés à renseigner les scientifiques.

Le suivi du prédateur apparaît comme un complément indispensable à celui des proies, estime Benoît Lequette: "nous obtenons déjà un certain nombre de données par analyse des traces sur la neige, des crottes ainsi que par le biais de la génétique mais le suivi télémétrique nous permettra d'avoir une idée beaucoup plus précise de la place occupée par le loup dans l'écosystème alpin".

Les chercheurs souhaitent comprendre "comment les ongulés modifient leur comportement, l'occupation du territoire, en fonction de la présence du loup, et si celle-ci affecte réellement leur démographie sur le long terme".

Si un tel pistage n'avait jusqu'ici jamais été entrepris en France, contrairement à d'autres pays, c'est «parce qu'il y a eu pendant des années une rétention d'information concernant le loup», estime Bernard Baudin, président de l'ONCFS, qui veut voir dans cette opération le signe d'une «décrispation » autour de la question.

Les associations de défense de l'environnement n'ont pas tardé à faire connaître leurs réserves: «est-ce qu'au-delà de la bonne foi des scientifiques, l'opération ne servira pas à +marquer+ des loups pour le jour où il sera décidé d'en éliminer de nouveau ?», craint la fédération France Nature Environnement (FNE), interrogée par l'AFP, tout comme l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). «Aucun risque», affirme le parc du Mercantour et l'ONCFS, «le cadre de l'étude reste strictement scientifique».

Par Sophie MAKRIS
Source : Yahoo

11 septembre 2006

Deux loups tués en Isère: réactions

Deux loups ont été abattus jeudi soir en Isère, sur le territoire des communes d'Allevard, de Pinsot et de la Chapelle du Bard, les réactions ne se sont pas fait attendre pour condamner cette action. Les organisations écologistes estiment toutes que le tir de deux loups était illégale.

Selon un bilan de la FDSEA de l’Isère, le loup a tué :

  • 2 785 bêtes, dont 10 bovins, ans les ALpes en 2004
  • 3 655 bêtes, dont 50 bovins, dans les Alpes en 2005

Plan loups : 6 loups au programme des tirs

Le tir d’un maximum de six loups dans neuf départements du Sud-Est de la France, dont l’Isère, a été autorisé par un arrêté des ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie, publié le 1er juin au Journal Officiel. Ces «prélèvements sur la population des loups» peuvent intervenir dans la mesure où «il est nécessaire de prévenir des dommages importants aux élevages» et où «il n’existe pas d’autre solution satisfaisante», précise l’arrêté. Malgré celà, les éleveurs ne décolèrent pas.

Un arrêté autorisant le tir d'un seul loup

Le 22 août, le préfet de l’Isère avait pris un arrêté autorisant à tuer un loup dans le massif de Belledonne, au dessus d’Allevard, en Isère, où des troupeaux ont subi plusieurs attaques malgré des mesures de protection mises en place par l’éleveur. Pour justifier son arrêté, le préfet avait indiqué que «depuis le mois de juillet, six attaques ont fait l’objet de constats dressés par des agents assermentés et 21 moutons ont été tués».

l'ASPAS déboutée

Des lieutenants de louveterie et des gardes assermentés étaient chargés de cette intervention à proximité des troupeaux ayant fait l’objet d’attaques. Le tribunal administratif de Grenoble a débouté jeudi l’association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) qui avait attaqué l’arrêté du préfet de l’Isère.

L’avocat de l’Aspas, Me Benoît Candon, avait estimé, lors de l’audience, que l’éleveur avait seulement 2 chiens patous pour protéger 3500 brebis et que c’était insuffisant. Mais Yves Tachker avait au contraire fait valoir qu’il y avait 7 bergers ou aide-bergers avec ce troupeau et que l’éleveur avait pris des mesures sérieuses de protection.

Réactions

ASPAS

Selon le Plan Loup 2006, toute traque doit être suspendue dès la destruction d'un individu. Or hier, deux loups ont été tués simultanément. De plus, d'après le suivi hivernal de l'ONCFS, l'effectif minimum résidant était de deux loups dans le massif de Belledonne. Aujourd'hui, il n'en reste donc plus aucun. L'ASPAS examinera la suite à donner à cette «bavure» après avoir pris connaissance du compte-rendu détaillé de l'opération sur le terrain demandé auprès du Préfet.

C'est ce même Préfet, qui en prenant cet arrêté, a cédé aux pressions de Jean-Pierre Jouffrey. Rappelons que cet éleveur s'était vanté, en 2000, d'avoir tué un loup sans être nullement jugé. Une fois de plus, l'Etat, par ce tir doublé, le conforte dans sa position d'anti-loup primaire, alors même que l'ASPAS ne cesse de dénoncer, l'insuffisance des mesures de protection mises en place, eu égard à la taille «industrielle» de son troupeau : 3500 bêtes.

FERUS

L'association Ferus qui milite pour la défense du loup, de l'ours et du lynx en France dénonce également cet abattage qualifiée de «grosse bavure de l'Etat» et demande «qu'aucun tir ne soit plus autorisé dans le département de l'Isère pour au moins trois ans». «Le protocole 2006 ne prévoit le tir d'un second animal dans la même zone que dans des circonstances bien précises (délai de 3 semaines, nouvelle attaque) qui n'ont pas été respectées», souligne l'association FERUS qui porte plainte contre l'ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage) pour «destruction illégale d'espèce protégée».

France Nature Environnement

Dès le 4 septembre, France Nature Environnement «a déféré l'arrêté préfectoral autorisant le tir devant le tribunal administratif car ce troupeau était insuffisamment protégé et n'entrait pas dans le cadre théorique du protocole qui ne permet un tir que lorsque les moyens de prévention ont réellement été mis en place. En l'occurrence, seuls deux chiens patous (qui représentent, avec la présence humaine, la clef de voûte de la prévention) assuraient la protection de cet énorme troupeau qui, de plus, était divisé en trois lots de pâturage.» France Nature Environnement juge que les conditions dans lesquelles ces deux loups ont été abattus sont «absolument scandaleuses

«Matériellement, il est clair que deux chiens sont dans l'incapacité d'assurer la protection de trois troupeaux distincts de 1500 brebis chacun. Des fonds conséquents sont pourtant spécifiquement dégagés pour la protection des troupeaux et, l'éleveur concerné a passé un contrat avec l'Etat. Nous posons donc la question: à quoi sert cet argent ? Comment se fait-il que les autres troupeaux du massif n'enregistrent que peu ou pas d'attaques : seraient-ils, eux, correctement protégés ?»

De plus, pour France Nature Environnement «l'arrêté interministériel stipule expressément que le tir d'un loup suspend immédiatement les opérations de prélèvement. Dans le cas de Belledonne, de deux choses l'une : ou cette disposition a été délibérément ignorée, ou l'Etat a été incapable d'encadrer strictement les opérations de tirs

«Ces tirs portent à quatre le nombre de loups abattus en Isère en deux ans dans le cadre du protocole (un tir le 2-9-05 en Valdaine, un autre le 27-10-04 dans le massif du Taillefer). Rappelons que, selon les suivis hivernaux, la meute présente sur le massif de Belledonne est passée de 8 à 3 individus suite à des actes de braconnage de notoriété publique. FNE pose donc la question suivante: le compte à rebours des loups isérois est-il commencé ?»

«Et que va-t-il se passer l'été prochain ? Tout porte à croire que le troupeau en question, étant insuffisamment protégé, connaîtra de nouvelles attaques. Cet alpage va-t-il se transformer en puit à loups ? C'est ce qui risque de se passer si le problème n'est pas traité, logiquement, à la source : en mettant en place les moyens de prévention nécessaires pour permettre une coexistence entre grands prédateurs et pastoralisme » ajoute France Nature Environnement.

AVES France

Deux loups abattus en Isère - Malgré les protestations d'AVES auprès de la préfecture de l’Isère qui avait autorisé le tir dans le cadre du plan loup 2006 sur le massif de Belledonne, deux loup viennent d’être abattus. Deux loups, un mâle et une jeune femelle, ont donc été tués jeudi matin. Yves Tachker, le directeur départemental de l’Agriculture et de la Forêt de l’Isère, explique qu’ «Un tireur posté n’a pas entendu qu’un autre tireur venait déjà de tuer un loup, c’est pourquoi deux loups ont été abattus» vers 8h30.

AVES FRANCE par la voix de Christophe CORET, Président de l’association
avait envoyé un courrier de protestation au préfet de l’Isère et l’ASPAS avait attaqué son arrêté. Mais le tribunal administratif de Grenoble les a débouté jeudi, prétextant que l’éleveur concerné par les prédations avait mis en place des moyens de protection. Or, le troupeau attaqué est composé de 3500 têtes.

AVES FRANCE posait donc la question de la gestion des troupeaux d’une telle taille! 2 chiens et la présence de bergers ne sont évidemment pas suffisants.
Bientôt, les brebis auront tout l’espace nécessaire pour vivre en paix, quand on aura erradiqué tous les loups.

Les brebis dans la montagne et encore deux loups au tapis !

FRAPNA

Tirs de loups : l'Isère se distingue sinistrement - Deux loups viennent d’être abattus sur le massif de Belledonne dans le cadre du protocole de tir ministériel et dans des conditions que la FRAPNA et sa fédération nationale France Nature Environnement jugent absolument scandaleuses. Ces loups ont été tirés suite à des attaques occasionnant la perte de 21 brebis sur un gros troupeau (3500 brebis) transhumant sur ce massif.

Seuls deux chiens patous (qui représentent, avec la présence humaine, la clef de voûte de la prévention) assuraient la protection de cet énorme troupeau qui, de plus, était divisé en trois lots de pâturage. Il est clair que le troupeau n’était pas suffisamment protégé, malgré les fonds conséquents alloués pour ce type de protection. Nous posons donc la question : à quoi sert cet argent ? Comment se fait-il que les autres troupeaux du massif n’enregistrent que peu ou pas d’attaques : seraient-ils, eux, correctement protégés ?

De plus, l'arrêté interministériel stipule expressément que le tir d'un loup suspend immédiatement les opérations de prélèvement. Dans le cas de Belledonne, de deux choses l'une : ou cette disposition a été délibérément ignorée, ou l'Etat a été incapable d'encadrer strictement les opérations de tirs.

Le résultat est là : ces tirs portent à quatre le nombre de loups abattus en Isère en deux ans dans le cadre du protocole (un tir le 2-9-05 en Valdaine, un autre le 27-10-04 dans le massif du Taillefer). Rappelons que, selon les suivis hivernaux, la meute présente sur le massif de Belledonne est passée de 8 à 3 individus suite à des actes de braconnage de notoriété publique. FNE et la FRAPNA posent donc la question suivante : le compte à rebours des loups isérois est-il commencé ?

Et que va-t-il se passer l’été prochain ? Tout porte à croire que le troupeau en question, étant insuffisamment protégé, connaîtra de nouvelles attaques. Cet alpage va-t-il se transformer en puit à loups ? C’est ce qui risque de se passer si le problème n’est pas traité, logiquement, à la source : en mettant en place les moyens de prévention nécessaires pour permettre une coexistence entre grands prédateurs et pastoralisme.

FERUS - contact
FRAPNA Isère - Séverine Grosjean - Tél. :          04 76 42 98 49      
ASPAS - e-mail - ASPAS BP 505 - 26401 Crest cedex, France - Tél          04 75 25 10 00      

28 août 2006

Meylan 9 septembre :coup de chapeau au chien Patou et au pastoralisme

Forum des associations
9 septembre 2006 à Meylan, près de Grenoble


L'association Point info loup-lynx organise le forum des associtions qui aura lieu le 9 septembre à Meylan, près de Grenaoble. Une journée d'activités autour du patou et du pastoralisme.

Un éleveur de Patous, sera présent avec 3 chiens de protection ainsi qu'un éleveur de la région qui utilise les patous pour protéger son troupeau e brebis. Le berger parlera de son métier, et du travail des patous et expliquera l’attitude que doivent avoir les randonneurs face aux patous, les gestes à faire, et surtout à ne pas faire.

Cet évènement sera pour les passionnés de la nature, du loup et de la montagne, l’occasion d’une rencontre exceptionnelle avec des bergers qui pratiquent un pastoralisme de qualité, respectueux de l’environnement et de la faune sauvage.

Dans cette vision du pastoralisme, on intègre aussi la notion de respect de tous les acteurs qui  « pratiquent » la montagne:

  • les brebis sont encadrées, surveillées, soignées, comme devraient le faire tous les bergers,
  • le promeneur garde son chien en laisse et reste à bonne distance des troupeaux et des patous.
  • le vététiste évite de frôler le troupeau à toute vitesse pour éviter de semer la panique dans le troupeau,
  • le promeneur, s'écarte du troupeau dès l’apparition du patou et ne cherche pas à s’approcher d’avantage des brebis.
  • le quad, ralentit en s’écarte du troupeau.

Un troupeau gardé par des patous, c'est  un troupeau protégé contre les attaques de chiens divaguant, chiens de bergers, de touristes ou d’habitants de la région, les attaques de sangliers, de loups ou d'ours. Le patou revient en force et c’est tant mieux.

Depuis la disparition  du loup, il y a une cinquantaine d’années, on avait  « oublié » qu'un troupeau doit être encadré, protégé, soigné, en permanence.

Sylvain MACCHI qui parcourt les forêts du Canada, d’Alaska, et de Mongolie à la rencontre des loups, sera présent au Forum le 9 septembre pour parler de ses voyages et de son contact permanent avec les loups. Il est guide au Parc du Gévaudan en Lozère.

Samuel GENTIT
Président du Point Info-Loup-Lynx.

24 août 2006

Périoule: Autorisation de tir d'un loup (Massif de Belledonne)

Une trentaine de brebis ont été victimes du loup cet été en Isère

Les éleveurs ont pendant de longues décennies pris des habitudes que le loup vient bouleverser. Il faut aujourd'hui envisager l'élevage d'une autre façon

Les étés se suivent et se ressemblent pour Jean-Pierre Jouffrey. En juin, il s'installe en famille et armé avec son troupeau de brebis au Collet d'Allevard avant de rejoindre au début du mois d'août l'alpage de Périoule situé sur les  communes d'Allevard, Pinsot et La Chapelle du Bard.

Actuellement, la majorité des attaques a lieu dans le massif de Belledonne. C'est pourquoi, le préfet a décidé hier d'autoriser le prélèvement d'un loup par les lieutenants de louveterie à l'alpage de Périoule.

Le berger craint le loup comme la peste. « Chaque année, à Périoule, je perds à cause du loup des dizaines de bêtes. » Cet été 2006 ne déroge pas à la règle. « 21 moutons ont été tués par les loups. Auxquels il faut ajouter les animaux perdus. 41 aujourd'hui. »

« Après un mois de juillet calme sur le front des attaques, le mois d'août est assez agité », explique Laurent Blin, technicien à la Direction départementale de l'Agriculture et de la Forêt. «Avec le mauvais temps, la visibilité des gardiens est mauvaise.» Le loup a trouvé un allié.

Quelques attaques ont été signalées sur les hauts plateaux du Vercors et dans le massif du Taillefer. Aucune en Chartreuse depuis celles de début juillet. Actuellement, la majorité des attaques a lieu dans le massif de Belledonne. Face à ce phénomène, le préfet a décidé hier d'autoriser le prélèvement d'un loup par les lieutenants de louveterie à l'alpage de Périoule. Permis de tuer accordé.

"Une mesure pourquoi faire ?"

Jean-Pierre Jouffrey, premier concerné par cette mesure n'a pas sauté de joie en apprenant la nouvelle. « C'est insuffisant. Il y a au moins 5 ou 6 loups qui rodent autour de mon troupeau. Un de moins ça va changer quoi ? J'espère que les attaques cesseront. .. mais j'en doute. Elles feront peut-être moins de dégâts. » Et de conclure : « Moi ce que je veux c'est zéro attaque

Pour protéger ses moutons, le berger ne se cache pas d'utiliser son fusil. « Mais je rentre mes bêtes dans des enclos et j'ai deux patous. » Une race de chiens qui ne craignent pas grand monde. Ni les loups. Ni les ours. 70 % des éleveurs en posséderaient. Est-ce pour autant "La" solution ? « Un bon enclos, un gardien et des patous suffisent contre le loup » estime un spécialiste du sujet.

Jean-Pierre Jouffrey, de son alpage, ne partage pas vraiment cet avis. « Moi il me faudrait trente ou quarante patous pour mes 3 500 bêtes. Impossible. Les chiens ce n'est pas "La" solution. Mes deux patous m'annoncent l'arrivée du loup. Ils le sentent de très loin. Voilà à quoi ils me servent. »

Eve Palacio dirige pour sa part un troupeau dans le Vercors. Elle a opté pour la solution "patous" depuis une dizaine d'années. « De fusil je n'en ai jamais eu, souligne l'éleveuse ; j'ai 160 bêtes et trois patous. Pour moi ces chiens, c'est du préventif, un élément de protection pour alerter le gardien du troupeau et faire peur aux loups comme à tous les autres prédateurs. »

Convaincue par cette méthode "naturelle", elle est consciente de ses inconvénients. « Avoir un chien, c'est un travail supplémentaire. Il faut le dresser quand il est jeune, monter le nourrir tous les jours. C'est une réelle surcharge de travail. Mais je pense que c'est une des réponses pour que loups et éleveurs puissent cohabiter. »

Cohabitation: Une notion relativement récente

« Les éleveurs ont pendant de longues décennies pris des habitudes que le loup vient bouleverser. Il faut aujourd'hui envisager l'élevage d'une autre façon. »

Matthieu ESTRANGIN
Source :
La Dauphiné

Les Lieutenants de louveterie et des gardes particuliers assermentés sont chargés du tir de loup sur l'alpage de Périoule, sous le contrôle du service Départemental de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.

05 juillet 2006

Une meute de loups en Chartreuse?

Sur LCI, un article plein de conditionnels laisse sous entendre qu'une meute de loups serait en Chartreuse.

Une attaque de loups dans la banlieue de Grenoble ?

Un troupeau de moutons a été attaqué au début de la semaine dans la banlieue proche de Grenoble où se trouve l'hôpital. Le mode d'attaque, ainsi que les descriptions d'un témoin, "laissent à penser qu'il s'agissait de loups". Aucune trace de loup n'ayant été signalée durant l'hiver dans ce secteur, il "s'agirait" d'une meute qui vient de s'intaller dans le massif de la Chartreuse.

De grands canidés, "probablement des loups", ont attaqué dans la nuit de lundi à mardi un troupeau de moutons dans la banlieue proche de Grenoble où est installé le CHU, ont indiqué mardi les gendarmes. L'attaque qui a eu lieu sur la commune de La Tronche s'est soldée par la mort d'une brebis, des blessures graves sur deux autres, dont l'une devra être euthanasiée.

Proveysieux_chartreuse"Certains indices sur le mode d'attaque peuvent laisser penser que les auteurs sont des loups", a indiqué le directeur départemental de l'agriculture et de la forêt de l'Isère, Yves Tachker, qui ajoute qu'en mai, le loup a été clairement identifié comme l'auteur d'une attaque sur un troupeau à Proveysieux, à une dizaine de kilomètre de là. Par ailleurs, un témoin, un homme d'origine portugaise, qui s'était levé tôt mardi, a déclaré avoir vu une meute composée d'un couple de loups adultes et de trois louveteaux.

Le propriétaire du troupeau attaqué à la Tronche, avait déjà subi une attaque de loups dans un autre pré qu'il possède à Corenc, ville de la banlieue chic de Grenoble souvent comparée à Neuilly. Si les analyses confirment qu'il s'agit bien de loups, il s'agirait d'une meute  qui vient de s'intaller dans le massif de la Chartreuse car aucune trace de loup n'a été signalée au cours de l'hiver dans ce secteur.

Le gouvernement a décidé en juin d'autoriser l'abattage de six loups au maximum en 2006 dans neuf départements du sud-est de la France et notamment dans l'Isère, provoquant la colère des défenseurs de la faune sauvage. Il s'agit d'une mesure dérogatoire car le loup est une espèce protégée.

Source : LCI
Photo : BdM

20 juin 2006

Vercors : une rencontre qui laisse des souvenirs

Loup dans le vercorsObservation du loup à St Martin en Vercors (Drome) - Photo : J. C. Michel

Ayant été averti vers 7h30 par des amis, le 13 janvier 2006, j’ai pu réaliser cette photo sur la Commune  de St Martin en Vercors. J’ai eu le temps de le photographier à plusieurs reprises à 20-30 m depuis ma voiture avec un appareil numérique de Fujifim - fine Pix S 5000 zoom 10 x plus objectif doubleur. J’ai alors croisé son regard avant qu’il ne continue son chemin à bonne allure sans toutefois courir très vite. Je peux vous assurer que ce regard est vraiment impressionnant et très fort !

Jean-Claude Michel
correspondant réseau GC 26

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 15

Et dans le Vaucluse ?

Vendredi 9 juin 2006, les pompiers de Sérignan-du-Comtat, au nord est d’Orange, reçoivent un appel téléphonique d’une personne qui affirme avoir observé vers 20 H 15 pendant 5 minutes un loup à cinq mètres. Vers 2 H du matin, un autre automobiliste observe l’animal. Les agents du SD de l’ONCFS du Vaucluse, sollicités par le réseau loup rencontrent le premier témoin et établissent une fiche d’observation visuelle. A l’examen de cette dernière, la description de l’animal présente des incohérences techniques.
L’observation est classée comme douteuse. Néanmoins, les agents du SD restent vigilant.

Y. L.

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 15

19 juin 2006

Confirmation de la présence du loup dans le Valgaudemard

Un loup dans le ValgaudemardLa cueillette de champignons peut parfois réserver quelques surprises, comme rencontrer un loup par exemple.

C’est ce qui est arrivé à 2 personnes pendant le mois de mai dans la vallée du Valgaudemard dans les Hautes Alpes. A bord de leur véhicule, ils furent intrigués par la présence d’un animal en train de boire à la rivière. Trois photos furent réalisées. Il s’agissait bien d’un loup qui manifestement à le ventre bien rempli.

La présence du loup dans la vallée de Valgaudemard avait déjà été mise en évidence l’année dernière, avec un animal qui se déplaçait entre cette vallée et le massif voisin du Dévoluy. Ce déplacement avait été relevé grâce aux analyses génétiques d’excréments.

Y.L.
Photo :  B. Darsonville et H. Rivière.

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 15

Vercors : le cadavre d’un loup qui disparaît

En janvier 2006, des photos (anonymes) d’un loup mort sont parvenues au service départemental ONCFS de la Drôme avec, comme seule indication, le nom du lieu-dit.

Cadavre de loupD’après ces photographies et l’enquête menée par le SD 26 ONCFS, ce loup aurait été percuté par un véhicule sur la RD 76 desservant la station de ski «Chaud Clapier» dans le massif du «Vercors Ouest», puis dissimulé dans le caniveau. L’origine de la mort n’est cependant pas confirmée car le cadavre reste introuvable. Après investigations, il ressort qu’un certain nombre de personnes, dont des correspondants du réseau, était informé de cet accident mais n’ont pas communiqué l’information, pour ne pas interagir sur les protocoles de prélèvements. L’enquête va se poursuivre pour essayer de récupérer le cadavre.
ONCFS – SD 26

Notes du réseau loup : Si les conclusions mettaient en jeu des personnes correspondantes du réseau, celles ci seraient immédiatement exclues du dispositif. Nous souhaitons rappeler ici que tout un chacun est libre de ses opinions et de les exprimer. C’est là la force du réseau que de rassembler des opinions diverses. Cependant, celles-ci ne peuvent se concevoir qu’en dehors de son rôle de correspondant du réseau qui doit rester technique et impartial.

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 15

Chartreuse : le loup se manifeste à nouveau

Observations visuelles et attaques sur des moutons : le loup est en Chartreuse

Une observation visuelle d'un loup avait été rapportée par un correspondant en avril 2006, sur la commune de Quaix-en-Chartreuse. Les différents éléments techniques relatifs à la description de cette observation laissaient alors à penser à la présence probable de l’espèce sur le Massif de la Chartreuse.

Carcasse de brebisDébut mai, cinq constats d ’attaque pour la plupart peu typés, sur des troupeaux domestiques ont été effectués sur le rebord oriental du massif de la Chartreuse. En effet, en l’espace d’une semaine, ce sont neuf victimes (tous des ovins) qui ont été expertisées dans des petits troupeaux. C’est lors du dernier constat, le 10 mai 2006, sur la commune de Proveysieux, que le faisceau d’indices relevés sur la carcasse
d’une brebis, laissait peu de place au doute quant à la responsabilité du loup.

La mise en place d’un groupe de suivi local déjà opérationnel sur ce massif, avec la collaboration de différents partenaires du réseau est un atout majeur. Le renforcement des prospections l’hiver prochain permettra de savoir si cette présence est régulière ou simplement occasionnelle.

P. Cornet / ONCFS
Correspondant réseau GC 38

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 15

Un corridor de passage pour les loups des Hautes-Alpes ?

Corridor_de_passage_d_bernaudonLe 27 mai 2004, un loup mâle, heurté par un véhicule sur la N 94 au lieu dit maison Blein sur la commune de la Roche de Rame avait été identifié.

En avril 2006, à quelques centaines de mètres du lieu de l’accident, une observatrice réalise la photo d’un animal dont l’analyse conduit à retenir la probabilité d’un loup. En 2004 le loup traversait la RN d’ouest en est, en 2006 la photo est réalisée à l’est de la route nationale.

Quand la répétition des évènements conduit à l’élaboration d’hypothèses... L’existence d’un « corridor » de déplacement d’animaux de la meute la plus proche, celle du Béal Traversier, est une hypothèse vraissemblable qu’il convient maintenant d’étayer en identifiant ces individus au travers de leurs excréments.

Yannick Leonard / ONCFS

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 15

Yves TACHKER : l'importance du réseau loup

Le loup est revenu en Isère en 1998. Depuis, il a colonisé tous les massifs montagneux du département : Belledonne, Grandes Rousses, Taillefer, Oisans, Trièves, Vercors, Chartreuse. Dans ces massifs, la présence du loup est qualifiée soit de permanente, soit de régulière, soit d’occasionnelle.

En 2005, l’Isère a eu également à connaître l’arrivée du loup en Valdaine, région de collines et de basses vallées, où le prédateur a prélevé 14 génisses. « Quoi de neuf » a donné le détail des opérations de Valdaine en décembre dernier.

Pour le DDAF, gestionnaire des dossiers et interlocuteur des éleveurs, des associations locales de protection de la nature, des élus et des administrations centrales, le réseau loup apporte beaucoup :

  • une compétence : la technicité et compétence des agents et particuliers de divers horizons que constitue les correspondants, est assise par le regard scientifique que les responsables du réseau ont sur les faits qui leur sont soumis. Cette rigueur permet souvent de revenir à un discours rationnel et dépassionné. Il en est de même avec certains outils que ces responsables ont mis en place : modèles démographiques, analyses génétiques
  • une continuité : comme le loup est maintenant bien installé dans nos massifs, il est très important d’avoir un suivi pérenne, permettant des comparaisons au fil des saisons et des années, grâce à des protocoles stables;
  • une coordination : nombreuses sont les personnes et les structures qui « s’intéressent » au loup. En les organisant, le réseau évite les concurrences sur le terrain et les éventuelles surenchères;
  • une transparence : les observations et les résultats sont publiés. C’est la base de la crédibilité du réseau. Est-ce que pour autant, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non, car tout est perfectible.

Trois aspects me semblent à prendre en compte :

  1. bien répartir la pression d’observation est sans doute primordiale, en donnant la priorité dans les secteurs en cours de colonisation. Dans ces secteurs, le besoin est fort, à la fois sur le plan technique et social.
  2. Maintenir la motivation des observateurs et s’assurer de la transmission des observations. Chaque observateur a bénéficié d’une formation. En retour, il se doit d’être sur le terrain, et d’être un correspondant actif, selon ses disponibilités évidemment.
  3. Enfin, mettre les données à disposition dans un délai aussi court que possible. Bien sûr, les données doivent être traitées, mises en forme, et la mise en ligne des résultats « en temps réel » n’est sans doute pas possible. Toutefois, les états des lieux ne doivent pas être trop décalés dans le temps pour être utiles aux débats.

Quelles que soient les évolutions à venir dans la gestion de l’espèce loup et dans la recherche d’un équilibre entre sa présence et la pratique du pastoralisme, il est certain que le réseau loup continuera à être sollicité. L’ONCFS a une grande expérience de la gestion de tels réseaux d’observateurs. Avec le réseau loup, il fait à nouveau la preuve de sa capacité à aider les décideurs face à des situations de conflits d’usage.

Yves TACHKER
DDAF de l’Isère

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 15

Bulletin d'information du réseau loup n°15 de juin 2006

Bulletin d'information du réseau loup n°15 de juin 2006

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

La buvette publie tous les bulletins d'information du réseau loup. Voici le sommaire du n°15.

Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf? Bulletin d'information du réseau loup n°15
48 pages - PDF 1,47 Mo juin 2006

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CERPAM : Séminaire Loup – élevage: s’ouvrir à la complexité

Grand Sud Pastoral : Loup –Elevage : s’ouvrir à la complexité - Un séminaire de restitution des résultats du programme PDRN «Prédation »

Les 15 et 16 juin 2006 à Aix-en-Provence, s’est tenu un séminaire organisé par le CERPAM avec l’appui de ses partenaires de l’UCP (SIME et IE) pour faire le point sur les connaissances acquises sur la confrontation de l’élevage pastoral méditerranéen à la présence du loup. C’est le bilan de quatre années de travail qui était ainsi restitué auprès d’un large public venu de structures pastorales ou d’élevage, mais aussi des agents des parcs régionaux et nationaux, de l’ONCFS, des Ministères concernés, ou encore de laboratoires de recherche.

La première demi-journée portait sur le contexte général : état des lieux de l’élevage pastoral en zones à loups, anticipation du retour du loup dans de nouveaux territoires et notamment des parcs régionaux, niveaux réels de dégâts par des chiens divagants sur les troupeaux, appréciation de la vulnérabilité des systèmes d’élevages pastoraux. La deuxième demi journée faisait le bilan des actions d’accompagnement techniques pour la protection des troupeaux, notamment les chiens de protection, ainsi que des procédures d’indemnisation ; une attention particulière était portée sur la nécessité de pratiquer des diagnostics pastoraux raisonnés pour prendre en compte le «risque-loup » afin d’améliorer l’appui technique au cas par cas.

Enfin, le deuxième jour avait pour ambition d’étudier l’impact des modifications souvent profondes des pratiques pastorales imposées par la protection des troupeaux sur le territoire pâturé, le multi-usage, et sur les systèmes d’élevage eux-mêmes. Sur ces bases, des réflexions pour de nouvelles actions techniques étaient lancées, sans oublier les bovins. Une table ronde en conclusion a permis à l’ensemble des partenaires administratifs nationaux et régionaux de tirer les enseignements de ces deux journées de travail avec les professionnels de l’élevage et les représentants des associations de défense des prédateurs.

Avec près de 200 participants, ces journées ont connu un grand succès, autant au niveau de la diffusion des résultats du programme «Prédation» que des échanges entre participants. La publication des actes du séminaire est prévue pour cet automne.

Pour plus de renseignements :
cerpam@free.fr

Lettre 18 du CERPAM / 3ème trimestre 2006
CERPAM - Centre d'Etudes et de  Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée
pour la gestion des espaces naturels par l'élevage
Route de la Durance - 04100 MANOSQUE - Téléphone : 04 92 87 47 54 - Télécopie : 04 92 72 73 13

07 juin 2006

Loup - Elevage s’ouvrir à la complexité

Séminaire technique

Le point technique sur 4 années de recherche sur les systèmes d’élevage en montagnes méditerranéennes confrontés à la prédation. 15 & 16 juin 2006. Séminaire technique. Amphithéâtre de la Caisse Régionale du Crédit Agricole ; Aix en Provence.

Dans le cadre de l’Unité Commune de Programme (UCP) « Pastoralisme Méditerranéen », le CERPAM, le SIME et l’Institut de l’Elevage conduisent depuis 2003 une action de référence et de démonstration sur les systèmes d’élevages pastoraux soumis au risque de prédation en zones à loups. A l’heure de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, qui a entraîné la polémique que l’on sait, la Mission Agrobiosciences est attentive à cette démarche.

L’objectif général de l’action est de conforter les systèmes pastoraux face au risque de prédation par le loup et d’évaluer l’impact de la présence du loup sur l’élevage et le territoire. L’intégration des moyens de protection représente en effet un ensemble de contraintes nouvelles, pour le troupeau, pour l’éleveur et le berger, mais aussi pour le milieu et l’environnement social.

En complément, une réflexion a été développée sur la prise en compte du risque d’arrivée du loup sur un nouveau territoire, en terme de critères de vulnérabilité des systèmes d’élevage pastoraux comme de niveaux de prédation antérieurs dus à des chiens divagants.

Cette réflexion a associé notamment des Parcs Naturels Régionaux.

Ce programme sera restitué lors d’un séminaire qui a pour ambition de faire le point sur les acquis des structures techniques et scientifiques d’élevage (structures pastorales, IE, OREAM, INRA, ENSAM, CEMA-GREF, techniciens protection des troupeaux) sur le thème de la confrontation entre le loup et les activités d’élevage. Ce séminaire s’adresse aux organismes techniques d’élevage et de pastoralisme, d’une part pour conforter l’expérience acquise en territoire à loups, d’autre part pour mettre cette expérience à disposition des techniciens qui pourraient s’interroger sur une éventuelle arrivée de loups sur de nouveaux territoires. Dans le même esprit, le séminaire s’adresse aussi aux organismes gestionnaires de territoires (collectivités territoriales, parcs régionaux, ONCFS, ONF...) et aux chercheurs travaillant sur le sujet.

Programme

JEUDI 15 juin 2006

10h à 13h : Contexte
Accueil par le Président de la Caisse Régionale du Crédit Agricole, et le Président de La Chambre Régionale d’Agriculture. Ouverture par Francis Solda Président du CERPAM. Modérateur pour l’ensemble du séminaire : Philippe Dumontier (IE). Président de séance : Georges Zinsstag (SIME). Discutant : Pascal Bérion (Université de Besançon)

  • Pastoralisme et élevage ovin en zones de prédation dans le Sud-Est de la France - Edmond Tchakérian (IE)
  • Dynamique de la colonisation de loups (Canis lupus) en France - Eric Marboutin (ONCFS)
  • Dégâts de chiens divagants : état des lieux dans 6 territoires du Sud-Est de la France - Emmanuelle Brosse-Genevet (SIME)
  • Comment raisonner pour l’élevage le risque d’arrivée du loup dans une nouvelle région : l’exemple de Languedoc-Roussillon - Marc Dimanche (SIME)
  • Comment raisonner l’hypothèse de l’arrivée du loup dans un Parc naturel régional : l’exemple du Verdon - Gwénaël Barreteau (PNRV)
  • Comment évaluer la sensibilité des exploitations d’élevage pastoral au risque d’arrivée du loup (Verdon) - Jean-François Bataille (IE)

13h30 Repas

15h à 18h : Accompagnement

Président de séance : Jean Debayle (CERPAM). Discutante : Isabelle Mauz (CEMAGREF de Grenoble)

  • Le diagnostic pastoral « vulnérabilité-loup » en alpage : Principes et méthodes - Hermann Dodier (CERPAM)
  • Le diagnostic pastoral « vulnérabilité-loup » en alpage : Exemples d’application  - Anne-Laure Gouty (CERPAM)
  • Organisation du travail face à la prédation : redéfinition des métiers de l’alpage - Michèle Jallet (AGRO Montpellier)
  • Le chien de protection, acquis et questions - Alexandra Moret (DDAF 05 - ONCFS)
  • Le schéma de protection des troupeaux ovins face au risque de prédation par le loup dans les Alpes méditerranéennes - Anne Dumé (DDAF 04 - CERPAM)
  • Evaluation des dégâts et politique de protection : coûts et résultats à l’échelle de l’arc alpin - Mireille Celdran (MAP) et Sabine Moraud (MEDD)
  • Indemnisation des pertes et évaluation des coûts réels. - Salim Bacha (OREAM)

Projection film "Entre chien et loup", en présence de : Sylvain Menoud, réalisateur, et Florent Favier (PNM)

VENDREDI 16 juin 2006

9h à 13h : Evaluation

Président de séance : Franck Diény (IE). Discutant : Gilles Brunschwig (ENITA de Clermont-Ferrand)

  • Evaluation du schéma de protection en alpages : coût, travail, impact territorial - Ariane Silhol (CERPAM)
  • La protection des troupeaux pour les éleveurs résidents en zones à loups : perception et stratégie
    Laurent Garde (CERPAM)
  • La réorganisation des activités d’élevage en Vésubie-Roya plus de 10 ans après l’arrivée de loups - Jacques Lasseur (INRA)
  • Protection des troupeaux et impacts environnementaux - Paul Lapeyronie (AGRO Montpellier)
  • Mieux sélectionner et intégrer les chiens de protection : un projet de plan d’action national - Marie-Catherine Leclerc (IE)
  • Sécuriser les parcs de pâturage, les associer au gardiennage : un projet d’action face aux limites du schéma de protection actuel - Laurent Garde (CERPAM)
  • La prédation sur les bovins et les équins en zones à loups : premier bilan
    Bernard Lambert (SIME)
  • Loup et élevage pastoral en régions méditerranéennes : les interrogations du présent et de l’avenir - Jean-Pierre Legeard (CERPAM)
  • Table ronde en présence de  : Franc Diény (IE ), Michelle Delesvaux (secrétaire adjointe de la FNO et éleveuse dans le Massif Central), Michel Dantin (MAP), Jean-Marc Michel (MEDD ), Nicette Aubert vice-présidente du Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’azur et un représentant du Conseil Régional Languedoc-Roussillon.

13H30 Repas
15H Clôture

19 mai 2006

Les éleveurs attendent le protocole loups 2006

Le protocole règlementant le tir de loup pour la saison 2006-2007 doit bientôt être annoncé par le Ministère de l'Ecologie. En attendant cette sortie, une poignée d'éleveurs anti-loups ont remis la casserole sur le feu en manifestant à Grenoble dce 16 mai.

Une trentaine d'éleveurs ovins isérois accompagnés d'une vingtaine de brebis et d'un âne, couvert d'un drap avec la mention « Ollin, hi han », ont manifesté mardi 16 mai devant la préfecture de l'Isère pour refuser « le projet de protocole réglementant les tirs contre le loup ».

Les éleveurs, à l'appel de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de l'Isère, des Jeunes Agriculteurs (JA) et de l'Association européenne de défense du pastoralisme (AEP) réclament « le droit de défendre nos bêtes avec des armes, dés qu'un loup sera une menace à proximité immédiate du troupeau » a déclaré Patrick Rolland, de la FDSEA.

« Avec le protocole de l'année dernière, plus de 3.000 bêtes ont été tuées par le loup alors que deux loups seulement ont été tirés légalement. Le nouveau protocole, qui doit être annoncé dans les prochains jours, s'inspire de la même philosophie, il sera complexe et empêchera les tirs contre le loup », a indiqué M. Rolland. Les troupeaux de moutons venus du sud de la France n'arriveront dans les Alpages qu'à partir de la mi-juin, mais dans le massif de la Chartreuse, le loup est suspecté d'avoir tué une dizaine de moutons dans des parcs près des maisons depuis le début mai.

04 mai 2006

Des loups équipés d'un GPS?

Suivre les loups au GPS, une question d'actualité

Une question intelligente de Monsieur Jacques Remiller (député) hier à l'assemblée nationale et réponse d'un ministre, qui fût l'auteur d'une thèse sur le retour du loup.

M. Jacques Remiller – Je pose cette question en tant qu’ancien membre de la commission d’enquête sur la présence du loup en France, présidée par M. Spagnou et dont le rapporteur était alors M. Estrosi. Les éleveurs isérois sont inquiets en raison de la migration des loups italiens venus des Apennins. Je rappelle qu’un loup peut parcourir plus de 80 kilomètres en une seule journée. Les animaux d’élevage, en outre, ne les craignent plus : beaucoup ont perdu l’instinct de la peur et donc de la fuite. Pour les troupeaux de bovins notamment, le loup ressemble à un chien et ils le laissent donc approcher. Seules les vaches de race limousine savent encore se défendre en se mettant en cercle et en chargeant le prédateur. Autrefois, les troupeaux étaient petits et les éleveurs rentraient leurs bêtes chaque soir, mais aujourd’hui un éleveur ne peut évidemment pas regrouper quotidiennement ses 1 500 têtes de bétail.

Le loup étant protégé par la convention de Washington, qui interdit sa chasse, les éleveurs se trouvent très démunis. Quelles mesures envisage-t-on de prendre pour les rassurer ? Peut-on imaginer, par exemple, de baguer les loups, afin de les suivre grâce au GPS et d’alerter les éleveurs dès que l’un d’entre eux approche de leurs troupeaux ?

M. Gérard Larcher, ministre délégué à l’emploi, au travail et à l’insertion professionnelle des jeunes – Je vous prie d’excuser Mme Nelly Olin, qui aurait souhaité vous répondre personnellement, ayant comme vous le savez de fortes convictions sur le sujet, mais elle consulte ce matin les représentants des communautés de France sur le projet de loi sur l’eau.

Quand j’étais à l’école vétérinaire de Lyon, on m’apprenait que le loup avait disparu de notre territoire, le dernier représentant de l’espèce ayant été recensé dans le Haut-Poitou juste après la Deuxième guerre mondiale – c’était le sujet de ma thèse de doctorat… Il a été de nouveau observé chez nous en 1992, en conséquence d’une expansion naturelle en provenance d'Italie, et depuis il a progressivement colonisé l'arc alpin, gagnant également la Suisse. Une gestion concertée de l'espèce est donc nécessaire entre nos trois pays, dont les autorités ont des échanges très réguliers sur le sujet.

Le loup est une espèce protégée sur l'ensemble du territoire national en application du code de l'environnement et de l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 modifié, fixant la liste des mammifères protégés sur le territoire métropolitain. Cette réglementation nationale est issue de la Convention de Berne, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe, et de la directive communautaire du 21 mai 1992 sur la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages. Il est notamment interdit de procéder à la destruction ou à la capture des loups, sauf dérogation ministérielle très précise en cas de dégâts importants sur les troupeaux et en l’absence d’autre solution.

Ces dispositions conditionnent la politique conduite conjointement par le ministère de l'écologie et celui de l'agriculture, visant à assurer la compatibilité entre la présence du loup et l'activité pastorale. Les efforts constants des deux ministères au cours des dernières années ont permis d'adapter le dispositif de protection des activités pastorales à l'expansion de l'espèce. Une disposition particulière du plan de développement rural national, la mesure « T », permet aux éleveurs de bénéficier de financements publics et communautaires à hauteur de 80 % de leurs dépenses de protection – gardiennage des troupeaux, utilisation de chiens, clôtures. L'État intervient également par la mise à disposition des techniciens pastoraux pour conseiller les éleveurs dans le choix des moyens. En 2005, 444 éleveurs ont bénéficié de cette mesure, pour un budget de 2,4 millions, et 3,6 millions sont inscrits pour 2006.

Par ailleurs, les dégâts dus à la prédation du loup sont indemnisés par l'État ; le ministère de l'écologie et du développement durable y a consacré un million d’euros en 2005. Enfin, un dispositif particulier et évolutif est mis en œuvre depuis 2004 pour autoriser les prélèvements de loups lorsque la prédation demeure importante malgré les mesures de protection.

Le suivi par des colliers GPS, envisageable à des fins scientifiques, l’est beaucoup moins dans une optique de protection des troupeaux. En effet, outre le fait que l'équipement des animaux nécessite de les piéger – ce qui n'est pas une opération facile –, on peut craindre que la très grande mobilité des loups empêche de réagir assez vite. En revanche, il est nécessaire de s’inspirer de l’expérience des autres pays ; c’est tout le sens des échanges qui sont organisés, par exemple avec les États-Unis et les scientifiques du parc de Yellowstone.

M. Jacques Remiller - Je vous remercie. J’aurai l’occasion de m’entretenir à nouveau de ce sujet avec Mme Olin lors de sa visite en Isère. Le vétérinaire que vous êtes sait toute l’importance de l’activité pastorale pour nos montagnes et comprend certainement la nécessité de prendre des mesures fortes ; la gestion est certes concertée dans l’arc alpin, mais je ne suis pas sûr que tous les pays aient la même approche. Or les loups sont de plus en plus nombreux chez nous et vont de plus en plus bas ; si l’on ne fait rien, on les retrouvera prochainement dans la plaine…

Lire aussi

23 avril 2006

Le canular du président éleveur

En février 2006, Joseph Jouffrey, président de la fédération départementale ovine et éleveur à Ribeyret dans les Hautes-Alpes affirmait avoir capturé 4 loups qu'il avait relâché près de 2 grandes villes de la région PACA ! Avec de grands airs mystérieux, il avait montré la cage bricolée. Espérait-il promouvoir son poste de responsable syndical ?

Son scoop a fait un flop. Pas plus de loups sur le marché d'Aix en Provence que sur la cannebière. Effrayés, les loups sont peut-être retournés darre-darre en montagne ou on pris le bac pour la Corse. Les trompettes médiatiques sont restées bouchées et le canular fait passer aujourd'hui Joseph Jouffrey et les autres participants : ses copains éleveurs et chasseurs pour des piliers de comptoir en manque de reconnaissance. « Notre idée, c’est d’enlever des loups là où ils ne sont pas désirés, pour les amener près des zones où les gens désirent leur présence.Lorsque les gens vivant près des deux villes apercevront le loup, ils seront apeurés ! »

Ratifiée par la France, la convention internationale de Berne interdit la capture et la détention d’espèces protégées comme le loup. L'affabulateur disait avoir pris un certain nombre de garanties mais aussi «  Il faut savoir prendre des risques quand on est syndicaliste ». Aujourd’hui il passe pour un gros c.. , et on attend la suite de l'article de Lionel ARCE-MENSO, le journaliste du Dauphiné responsable de la publication de cette histoire débile. Les loups préfèrent manger des brebis que de la bouillabaisse ou des calissons. Cessez de rire...

02 avril 2006

CERPAM : Diagnostic pastoral dans le camp militaire de Canjuers (Var)

L’objectif du diagnostic pastoral dans le camp militaire de Canjuers du CERPAM était d’analyser les pratiques pastorales des éleveurs qui utilisent le camp militaire et la vulnérabilité à la prédation des systèmes d’élevage en zone de présence permanente de loups. Une enquête a été menée sur une trentaine d’exploitations toutes situées en périphérie immédiate. Elles totalisent 15 000 brebis et utilisent 32 000 ha de parcours, soit 91% de la surface du camp.

L’étude montre que ces exploitations à dominante pastorale sont fortement dépendantes de la ressource pastorale située à l’intérieur des limites du camp militaire, qui représente 78% des parcours utilisés. Toute remise en cause des conditions de pâturage (forte prédation, pression des activités militaires) peut fragiliser gravement les systèmes d’exploitation. Or les pratiques pastorales les plus vulnérables par rapport au risque loup (multiplicité des lots au pâturage, gardiennage lâche ou absence de gardiennage, absence de parc de nuit) concernent le quart des exploitations et particulièrement les plus gros effectifs.

Les éleveurs comptent essentiellement sur l’efficacité de leurs chiens de protection, près d’une centaine, pour protéger leurs troupeaux. Ils n’ont dans l’ensemble pas l’intention de changer leurs habitudes de travail. Pour l’instant en effet, un seul loup est décompté et la prédation reste limitée : moins de 25 attaques par an et moins de 40 victimes en 2004 et 2005. Mais les conditions sont réunies pour une aggravation du risque. Réduire la vulnérabilité des troupeaux au pâturage par des aménagements adaptés aux systèmes d’élevage locaux paraît donc impératif. C’est l’objectif d’une deuxième phase de l’action.

Pour plus de renseignements :
cerpam83@free.fr

Lettre 17 du CERPAM / 2ème trimestre 2006
CERPAM - Centre d'Etudes et de  Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée
pour la gestion des espaces naturels par l'élevage
Route de la Durance - 04100 MANOSQUE - Téléphone : 04 92 87 47 54 - Télécopie : 04 92 72 73 13