Actualités loups Alpes 2005

28 décembre 2005

Alain Bataille : A propos du loup dans les Pyrénées

Par Alain Bataille, correspondant Réseau Ours et Réseau Loup 66

Les premières données validées ont identifié la présence du loup dans les Pyrénées-Orientales (PO) en 1999 (sur la base d’analyses génétiques), même si certains éléments, qui n’ont pas pu être confirmés, nous laissent à penser que cette présence remonte à 1996, voire 1995. Le loup a disparu des Pyrénées fin XIXe siècle. S’il a totalement disparu en France au XXe siècle il est toujours resté présent en Espagne où l’on compte aujourd’hui une population estimée à 1500-2000 individus.

A la surprise générale et après plusieurs tests, les premières analyses génétiques réalisées ont montré que les loups présents dans les Pyrénées Orientales étaient de lignée italienne.

Si l’on s’attendait plutôt à une présence de loup espagnol, il est bon de savoir que ce département se trouve pratiquement à égale distance des populations de loups ibériques (les meutes les plus proches de Canis lupus signatus se trouvent au Pays Basque, au sud de la Province d’Alava) que de celles de l’Arc Alpin (Canis lupus italicus).

Cet article vise à retracer la chronologie des informations disponibles sur la présence des loups, particulièrement dans les Pyrénées Orientales.

Du massif de Madres au massif du Carlit

Comme c’est souvent le cas, les premiers éléments de présence possible du loup ont été des attaques à répétition sur ovins dès 1995/96, suivies en 1997 d’observations visuelles de canidés identifiés par les observateurs comme des loups dans le massif du Madres.

(Lire la note de Farid Benhammou : Le loup de Nohèdes : Analyse stratégique et territoriale du retour du loup dans les Pyrénées : modalité, réalité et perspectives)

La sensibilisation, aux problèmes de prédation par la présence de l’ours, mais également par les dégâts sur le cheptel domestique et la faune sauvage par les chiens errants, des agents du SD 66 ONCFS et des personnels permanents de la réserve de Nohèdes, a sans doute été un facteur déterminant pour la détection du loup à cet endroit.

Quelques agents ont suivi la formation du Réseau Loup et des prospections hivernales sur la base du protocole de suivi utilisé dans les Alpes ont été mises en place.

Ces prospections actives ont montré très rapidement leur intérêt avec des relevés de 13 empreintes et pistes possibles de loups entre 1997 et 2000 et nous ont permis de collecter 17 excréments et 1 urine à des fins d’analyses génétiques. Sur ces 17 prélèvements, 7 ont été attribués au loup, tous de la lignée italienne, lignée identique à celle des animaux présents dans les Alpes françaises. Ce n’est qu’en 2003 que les analyses d’identification génétique ont permis  l’individualisation d’un mâle A, d’une femelle B présents en 1999 et d’un mâle C en 2000.

Photo du loup du Carlit Loup photographié dans le massif du Carlit - Août 2002. photo C. Massy

Plus aucune information ne sera confirmée après 2001 dans le massif du Madres. A l’inverse, les témoignages se sont succédés dans le massif du Carlit, situé plus à l’Ouest, avec pas moins de 14 témoignages dont 8 probables. Une photo prise en 2002 ne laissait que peu de doute quand à l’identification d’un loup. Les prospections hivernales ont permis de découvrir 5 pistes probables de loups et la récolte de 2 excréments ont été typés par la génétique comme 1 mâle et 1 femelle présents durant l’hiver 2003/2004.

Il faut noter aussi que de nombreux autres échantillons ont été récoltés et ont montré la présence de chiens dans la montagne en hiver, de même que quelques proies sauvages non attribuables au loup. Après un hiver infructueux en terme de relevé d’indices, le printemps 2005 révèle à nouveau des indications de la présence de loups dans le massif du Carlit avec au moins 4 observations
visuelles d’un loup dont l’une de 2 individus.

Les troupeaux d’ovins sont rares dans ce massif du Carlit, ce qui explique peut-être le peu de dégâts où pour le moins, de demandes de constat de dommages. Toutefois, en 2005, nous avons réalisé deux constats correspondant peut être à deux attaques de loup sur ovins.

En 2004, le réseau de personnes formées à la reconnaissance et la recherche d’indices de loups s’est étoffé et compte aujourd’hui 37 correspondants répartis dans les départements 11, 09, 66, 64 et 31. Ces correspondants sont quasiment tous également correspondants du Réseau Ours Brun.

Présence du loup dans les autres massifs pyrénéens

Quelques informations partielles ont été relevées dans le massif du Puigmal (sud du département) avec notamment une observation visuelle de 2 animaux en 2004 dans la vallée de l’Eyne à la frontière espagnole. De même, dans le massif du Canigou (Sud Centre), ont été relevés quelques indices probables, mais sans récurrence dans le temps, ni confirmation par la génétique qui a identifié des chiens.

Collaborations inter-services et transfrontalières

Les premiers indices provenant de la Réserve naturelle de Nohèdes, c’est tout naturellement que le SD 66 a travaillé dans un premier temps avec le personnel de cette Réserve. Le suivi s’étendant à d’autres territoires, c’est avec la Confédération des Réserves Naturelles Catalanes (CRNC) que s’est développé ce partenariat.

Les contacts entre agents ainsi que le fait de travailler ensemble au sein du Réseau Ours brun ont permis une mise en oeuvre rapide des collaborations sur le thème du loup.

A la demande de la Préfecture des PO et de la DIREN Languedoc Roussillon, l’ONCFS, au travers du SD 66 et avec l’aide technique du CNERA PAD, pilote le projet de suivi pour lequel a été établie une convention, en collaboration avec la CRNC, la FDC 66. L’ONF a participé dans un premier temps avant de se retirer. Des collaborations effectives sur le terrain ont également été engagées progressivement avec les services départementaux limitrophes de l’ONCFS 11 et 09. Une collaboration avec le SIME (Syndicat Interdépartemental Montagne Elevage) a également été engagée, notamment pour la partie des mesures de prévention dans le massif de Madres.

La convention établie prévoit également un volet transfrontalier. Les contacts informels qui existaient entre le SD 66 et nos homologues de la Generalitat de Catalogne (Espagne) depuis les années 1980 ont été formalisés en 2002 par la signature d’une convention entre le Directeur de l’ONCFS et la Ministre de l’Environnement de la "Generalitat de Catalunya". Depuis 2004, la présence du loup (lignée italienne) a été officialisée en Catalogne à la frontière avec les Pyrénées Orientales en 2004 (Sierra del cadi) et un plan de mesures d’aides et de compensations des dommages mis en place. Cette annonce s’est traduite immédiatement dans les faits par des échanges d’informations de terrain sur le loup et des formations relatives à l’expérience française. Cette collaboration reste au niveau informel en ce qui concerne l’Andorre.

Travailler en collaboration

Cette chronologie des indices de présence du loup montre qu’il est plus que jamais nécessaire de travailler en collaboration inter-services mais aussi de développer la collaboration transfrontalière, pour améliorer la couverture du Réseau d’observation et augmenter la pression d’observation. La récurrence des informations pour établir le statut du loup dans les Pyrénées est ici primordiale.
Tous ces indices montrent que le loup est vraisemblablement encore présent en 2005 dans le massif du Carlit et peut-être au sud dans le massif du Puigmal.

Ce qui est en bonne voie avec la Catalogne devrait être étendu à l’ensemble de la chaîne en mettant à profit le mémorandum entre la France, l’Espagne et l’Andorre au sujet de l’ours. Celui-ci pouvant s’appliquer à d’autres espèces, il semblerait souhaitable de raisonner en termes de grands carnivores, la problématique étant souvent très proche entre ces espèces.

La fusion des Réseau Ours et Loup serait sans doute une des solutions techniques pour optimiser les collaborations de terrain.

En matière d’aide à l’élevage et de protection des troupeaux d’ovins, des mesures ont déjà été prises pour le massif du Madres lors de la réapparition du loup et dans le massif du Carlit dans le cadre du plan de restauration de l’ours des Pyrénées. Elles ont été évaluées pour les autres massifs par le SIME.

Enfin, la communication doit rester un souci constant afin d’apporter les informations techniques indispensables, tant aux élus qu’aux autres acteurs socioéconomiques et ainsi assurer la transparence nécessaire à la gestion de ces dossiers conflictuels par essence.

Alain Bataille / ONCFS
Correspondant Réseau Ours et Réseau Loup 66
Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf ? n° 14

25 décembre 2005

Bilan du suivi estival par hurlements provoqués

Objectif du suivi estival par hurlements provoqués

Détecter les épisodes de reproduction au sein des groupes de loups identifiés par le travail de prospection hivernal du Réseau GC.

Méthode des hurlements provoqués

  • Couvrir la Zone de présence permanente (ZPP) par un jeu de points échantillons choisis pour prospecter au mieux la surface concernée selon les connaissances historiques de fréquentation de la ZPP par les loups, afin de maximiser les chances de contacts. Une série de points d’émissions de hurlements fictifs est produite auxquels les loups «répondent» (technique de la repasse utilisée chez les oiseaux), ce qui permet, en plus de détecter leur présence, de distinguer la voix des jeunes de celles des adultes en cas de reproduction.
  • Les tests de la méthode des hurlements provoqués ont montré que l’on avait 60 % de chance de contacter les loups si ceux-ci ont des jeunes et que le site de rendezvous était déjà connu. Ce chiffre moyen tombe à seulement 20 % de chance de contacter les animaux si le statut reproducteur de l’année en cours est inconnue.

Résultats des prospections par hurlements provoqués 2005

Les opérations se sont déroulées en 2 phases (série de répétitions en juillet et une série en septembre) sur l’ensemble des zones de présence permanente de l’espèce identifiées à la fin du suivi hivernal 2004/2005, à l’exception du site du Dévoluy. Cependant, des sites supplémentaires, situés en marge des ZPP ont également été prospectés dans les Alpes Maritimes (Haut Var), dans les Alpes de Haute Provence (Laverq) et en Savoie (Lauzière). Toutes les ZPP transfrontalières ont été prospectées simultanément avec les équipes italiennes.

Hurlements_provoques_resultats_2005

Tableau 1 : Bilan des prospections par hurlements provoqués pour la recherche de la présence de reproduction dans les Alpes françaises et italiennes. En italique : zone de présence au moins temporaire en marge des ZPP. Cliquez sur le tableau pour l'agrandir.

*Vercors Ouest = Deuxième quinzaine annulée en raison de l’arreté « tirs de prélevement »
** Le protocole de 2 série de 3 soirées n’a pas été mis en place en Haute-Maurienne pour raison de contexte local.
*** Des soirées complémentaires ont été effectuées dans le Vercors Hauts-Plateaux pour confirmer la présence de jeunes.

En région Rhône Alpes, sur les 6 zones de présence permanente du loup, les hurlements provoqués ont permis de contacter l’espèce sur 4 d’entre elles et de déceler une reproduction sur 2 sites.

En effet, la reproduction a clairement été identifiée sur la ZPP du Thabor-Galibier (73) où la présence de jeunes a été établie lors des hurlements provoqués et où de nombreuses observations visuelles ont permis de confirmer cette information avec à chaque fois 2 louveteaux observés.

Les Haut-Plateaux du Vercors est le deuxième site où la reproduction a été identifiée, avec la présence d’au moins 2 adultes accompagnés de jeunes. Les hurlements provoqués ont eu lieu en simultané avec le site du Vercors Ouest où aucun contact auditif n’a été établi. Néanmoins, une observation visuelle d’un louveteau a été faite sur la commune de Vassieux. L’absence de réponse en simultané sur les deux sites ne permet toujours pas de valider l’hypothèse de la présence de 2 meutes dans le Vercors. De plus, la présence d’un jeune dans la zone supposée entre les 2 meutes hypothétiques, renforce l’hypothèse d’un seul et même groupe (les sites de rendez-vous des jeunes ne sont généralement pas situés dans ces zones de confrontations inter-meute). Un effort important de prospection lors du prochain suivi hivernal est nécessaire afin de pouvoir apporter des éléments de réponse.

Concernant les massifs du Taillefer et de Belledonne, un gros point d’interrogation subsiste. En effet, hormis un contact très douteux entendu dans la ZPP du Taillefer, la présence de l’espèce n’a pas été clairement identifiée dans ces 2 massifs et le très peu d’indices de présence récoltés au cours de l’année 2005 laisse supposer un déplacement des individus. Une prospection a également été effectuée en marge de la ZPP de Belledonne, mais également sans succès. A confirmer éventuellement lors du suivi hivernal.

En région PACA, les opérations se sont déroulées sur 9 zones de présence permanente et 2 zones de présence temporaire (Haut Var 06 et Laverq 04). Chaque site a été prospecté au total de 2 à 4 fois. La présence de loups a été détectée sur 6 de ces zones et la réussite de la reproduction sur 5 d’entre-elles, dont 3 zones transfrontalières italiennes (Bardonnechia-Clarée, Haute Stura-Hte Tinée, Vésubie-Tinée). Les prospections de la meute du Queyras se sont révélées infructueuses comparativement aux années précédentes. Les sites de rendez-vous habituels n’ont pas répondu à l’appel. Cette nouvelle donnée va dans le même sens que celles du suivi hivernal, avec l’hypothèse d’un glissement du territoire côté italien en même temps que le glissement de la meute du Béal-Traversier dans la basse vallée du Guil.

Dans la zone du val Varetta italienne (transfrontalier à l’est avec le Queyras) n’a pas été mise en évidence la réussite de la reproduction. Suite à une observation visuelle de louveteaux dans le Laverq, site contigu à la ZPP Haut Verdon-Bachelard (04), une opération menée fin septembre a permis de constater la réussite de la reproduction. Une opération simultanée entre le vallon du Laverq et le vallon du Bachelard, menée peu après, n’a malheureusement pas permis, par l’absence de réponse, d’obtenir une information sur la présence d’un ou deux groupes de loups.

La situation est identique à celle observée dans le Vercors et des investigations sont à mener en simultané (aussi bien dans les prospections hivernales et estivales, que dans les analyses génétiques) dans ces 2 sites, pour savoir si l’on a à faire aux mêmes individus. Enfin, la poursuite du hurlement provoqué en périphérie des Monges n’a apporté aucun résultat malgré la présence probable d’encore au moins un animal dans cette ZPP (une observation visuelle réalisée en septembre a été retenue comme probable).

Globalement, en 2004, parmi les 13 ZPP prospectées, dont 10 étaient des meutes, la reproduction avait été détectée sur 7 zones, dont 4 non transfrontalières. En 2005, parmi les 15 Zones de présences permanetes du loup prospectées dont 11 sont des meutes, la méthode des hurlements provoqués a donné des reproductions (réponses des loups) sur 7 zones dont 4 non transfrontalières (Thabor Galibier, Vercors Hauts Plateaux, Béal-Traversier, Haut-Verdon-Bachelard).

L’interprétation des non-réponses est délicate dans la mesure où il faut au minimum tenir compte des hétérogénéités d’échantillonnage (pression globalement plus faible en région PACA qu’en région RA), et du fait que la méthode fournit dans le meilleur des cas, 60 % de chance d’obtenir une réponse (Cf Quoi de neuf N°11).

Y. LEONARD, J. BOYER, C. DUCHAMP

Hurlements_provoques_2 Localisation schématique des résultats du suivi estival 2005 par hurlements provoqués pour
l’identification des épisodes de reproduction dans les alpes Franco-Italienne
Source FR : Réseau Loup / Source IT : Progetto Lupo Regione Piemonte.

Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf ? n° 14

Bilan intermédiaire des dommages aux troupeaux domestiques 2005

Le bilan des attaques (nombre de constats rédigés, indépendant des résultats d’instruction) fait apparaître une augmentation pour 2005 à la date du 10 octobre. En effet 852 attaques (dommages constatés, hors conclusion technique) sont enregistrées contre 661 l’an passé à la même date, et surtout, beaucoup d’autres dossiers sont encore en cours d’instruction ce qui ne permet pas de comparaison des attaques indemnisées au titre du loup pour cet état transitoire. Il apparaît cependant déjà quelques zones de nouvelles concentrations d’attaques, notamment en Savoie où le nombre de constats a doublé à la faveur de l’extension de l’aire de distribution (entre autres, deux nouvelles zones de présence permanente à l’issue du précédent hiver). Dans une moindre mesure, cette tendance est aussi observée en Haute Savoie où au moins un loup est installé depuis 1 an dans le massif des Bornes.

Les informations recueillies entre mi-octobre et fin novembre, non incluses ici, vont sans doute notablement confirmer cette augmentation, d’autant plus qu’une météo très clémente cet automne a entraîné une prolongation de la durée de pâturage, notamment dans les Alpes du sud.

Enfin, le barème d’indemnisation a fait l’objet d’une renégociation entre l’état et les syndicats ovins des Alpes, dans un objectif de simplification des classes d’âge de victimes et de prise en compte supplémentaire des animaux disparus. Ainsi, le nouveau barème distingue les animaux « à viande », des animaux «reproducteurs», avec un nombre de classes d’âge diminué. Le barème brut a été revu à la hausse, et a été adjointe, en plus de la compensation des pertes indirectes (plafonnée à 300 têtes) déjà existante et revalorisée, une prime «prévention» de 0,40 € par bêtes supplémentaires au-delà de 300 têtes (et plafonnée à 600 têtes) si le troupeau est pourvu de mesures de prévention. De plus, une prime forfaitaire de +15% de la valeur des animaux constatés a été créée pour tenir compte des animaux disparus.

Le nouveau barème est disponible dans votre DDAF pour la distinction des nouvelles classes d’animaux dans la rédaction des constats.

Le prochain QDN fera état d’une analyse des dommages par massif, similaire à celle déjà réalisée dans le rapport final LIFE en 2004, plus représentative de la diversité des situations.

Bilan intermédiaire des dommages constatés 2005 Tableau 1 : Bilan intermédiaire des dommages constatés (nombre de constats) en 2005 (au 10 Oct 2005) et comparatif
du nombre de constats rédigés à la même période en 2004

C. DUCHAMP

Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf ? n° 14

24 décembre 2005

Monitoring du loup dans les Alpes et répartition des meutes de loups

Carte de la présence du loup dans les Alpes (France, Italie, Suisse) - Hiver 2003-2004)

Carte de la présence du loup dans les Alpes (France, Italie, Suisse) - Hiver 2003-2004) IVème réunion du Groupe Loup Alpin à St Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes)

Le groupe loup alpin s’est réuni les 7, 8 et 9 novembre pour la quatrième année consécutive à St Martin Vésubie (Alpes-Maritimes). Ces ateliers annuels de travail ont pour objectif de permettre aux responsables techniques des différentes équipes impliquées dans le monitoring du loup dans les Alpes suisses, italiennes et françaises, de se rencontrer pour des séances de travail, d’échanger des informations et d’harmoniser les protocoles.

Ces réunions techniques permettent en particulier :

  • de fixer les objectifs de connaissances minimales communes à atteindre pour la population de loups présente dans les Alpes et son évolution,
  • de mettre en place des méthodologies communes permettant de répondre à ces objectifs (concernant notamment le suivi de terrain et les analyses génétiques),
  • de réaliser ensemble les interprétations et présentations des données ainsi recueillies.

Le terme « population » est employé ici au sens d’unité de gestion, cette population ayant des liens avec la population des Apennins.

La première partie de la réunion a permis de faire le point sur l’état des projets et des connaissances dans les trois pays concernés. La situation française étant présentée par ailleurs dans ce bulletin, seules les situations de la Suisse et de l’Italie sont présentées ici.

Ainsi, coté italien, il faut noter une extension du réseau d’observation dans le Val d’Aoste. Toutes les meutes ont été retrouvées ce dernier hiver, et elles sont quasiment toutes reproductrices.

D’un point de vue des dommages relevés sur les troupeaux, on peut noter que le nombre d’attaques, et surtout le nombre de victimes est à la baisse entre 2000 et 2004 pour la province de Cuneo malgré la stabilisation voire l’augmentation de la population de loups. En moyenne, les dommages se chiffrent à moins de 100 victimes par an dans la province de Cuneo et 115 pour celle de Turin au cours de cette période.

Concernant la Suisse, au moins trois individus (deux males et une femelle) étaient encore présents dans trois secteurs géographiques distincts au cours de l’année 2005. La femelle présente au sud de la Suisse fait probablement toujours des déplacements transfrontaliers avec l’Italie.

La présence récente de loups en Autriche est maintenant attestée, les individus ayant pour origine la population slovène.

La 2ème journée a été consacrée aux discussions relatives à l’acquisition et aux traitements des données. Ainsi, le groupe a décidé de conserver, de par leur pertinence, 3 indicateurs démographiques pour le suivi de l’espèce à l’échelle transfrontalière, à savoir :

  • le nombre de meutes,
  • le nombre de meutes se reproduisant,
  • le nombre minimum de loup par meute durant l’hiver.

Sur le plan géographique, l’objectif fixé l’an dernier de production d’une carte transfrontalière a été atteint et elle est publiée (voir ci-contre) sur le site Internet du Large Carnivore Initiative for Europe (LCIE) ainsi que tous les résultats et les compterendus de ce groupe de travail international. Le groupe a étudié toutes les possibilités de représentations cartographiques et a conclu à l’utilisation d’une méthode standard de cartographie déjà utilisée au niveau international pour les carnivores. Elle fera apparaître l’aire de répartition brute avec les différentes qualités d’indices, en superposant les zones constituées en meutes de celles qui ne le sont pas. Une mise à jour bi-annuelle semble suffisante au regard du recul nécessaire pour acquérir les données de manière homogène.

Enfin, la réalisation d’un modèle de validation des aires potentielles qui avait déjà été effectué en 2000 sera un des objectifs pour l’année à venir.

B. LEQUETTE , C. DUCHAMP

Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf n° 14 - Décembre 2005

23 décembre 2005

Analyses génétiques : le point sur le suivi des loups

Analyses génétiques loups - Entre 1997 et 2002, plusieurs phases de développement des techniques moléculaires nécessaires au typage individuel des loups ont été réalisées. Celles ci ont consistées notamment à sélectionner les «gènes», à améliorer la qualité discriminante des différents micro-satellites et à harmoniser les typages entre les équipes françaises, italiennes et suisses. Ces travaux étaient réalisés sous convention «études et recherches » entre l’ONCFS et le laboratoire d’écologie alpine de Grenoble (LECA) au sein des 2 programmes LIFE.

Analyses génétiques loups - préparation des échantillons Depuis Avril 2004, et suite à un appel d’offre international, le Laboratoire d'écologie alpine de Grenoble (LECA) réalise aujourd’hui les analyses génétiques dans le cadre d’un contrat financé par le MEDD et produit annuellement le typage ADN d’environ 450 échantillons de fécès de loups et d’ours en 5 sessions (3 sessions d’analyses génétiques loup, 2 sessions d’analyses génétiques ours).

Pendant la construction de ce dossier, un retard conséquent a été pris de fin 2002 à Avril 2004, période durant laquelle aucune analyse génétique n’a été réalisée. Nous avons choisi de combler progressivement ce retard, plutôt que de sous-échantillonner dans la récolte de données de l’année 2003, tout en maintenant des possibilités d’analyses génétiques en temps quasi-réel sur les nouveaux secteurs de présence.

Etant donné le volume d’analyses génétiques actuel, et les reliquats en cours de résorption, un fonctionnement « normal » du rythme des allers-retours entre collectes de terrain et résultats d’analyse devrait être obtenu à la fin de l’année 2006 (i.e. échantillons de l’année «n» analysés l’année «n+1»).

La synthèse des derniers résultats concernent les échantillons de 2002, 2003 et une partie de 2004. Ils sont présentés dans le tableau ci-dessous. L’ordre de priorité d’analyse des crottes favorise les échantillons en provenance des nouveaux secteurs afin de pouvoir y certifier ou non la présence de l’espèce Canis lupus. Ensuite les analyses génétiques sont réalisées sur la base de la date de récolte des crottes sur tous les échantillons hors Mercantour et sur la base d’un échantillonnage au sein des massifs du Mercantour avec un surplus en Haute-Tinée (site sur lequel une étude approfondie est réalisée sur les relations entre prédateur et proies).

Etat d’avancement des analyses génétiques loups par massifs (tous résultats confondus) Tableau 1 : Etat d’avancement des analyses génétiques par massifs (tous résultats confondus)

Les résultats des 3 sessions d'analyses génétiques comprises entre avril 2004 et avril 2005 permettent notamment d’illustrer l’organisation spatiale des différentes meutes de loups ainsi que quelques points marquants identifiés dans les départements ci-dessous lors des toutes dernières sessions de septembre et novembre 2005 :

Alpes de Haute Provence - 04
Les mêmes animaux évoluent ensemble sur Allos et le Bachelard en 2003 et en 2004, comme suspecté préalablement, et d’autres animaux évoluent ensemble entre Villar-Colmars, Colmars et Revel-Méolans (fécès de 2003). La confirmation de l’existence de 2 groupes distincts n’a pas pu être réalisée par les opérations de hurlements provoqués de 2005 qui n’ont révélé la présence de jeunes que d’un seul côté.

Hautes Alpes - 05
Les excréments (et 1 poil) trouvés dans le Dévoluy début 2005 étaient des échantillons de chien et renard, ou impossibles à analyser (pas de signature génétique détectée). L’analyse génétique d’un nouvel excrément récolté à St Etienne en Dévoluy a enfin livré le typage individuel d’un loup mâle, qui fréquentait également le Valgaudemar 3 mois plus tôt. On observe également un mouvement de dispersion d’une femelle depuis le Queyras vers le massif du Taillefer entre janvier 2002 et novembre 2003. Les typages disponibles du Béal-Traversier sont malheureusement trop peu nombreux en 2002 et 2003 pour conclure quant à la composition et l ’organisation spatiale de cette meute.

Drôme 26
Le groupe évoluant sur les Hauts Plateaux possède un territoire minimum incluant les communes de St Agnan, Gresse, Chichilianne, Creyers, jusqu'à La Chapelle en Vercors. Les analyses génétiques précédentes tendaient à montrer les premiers éléments tangibles de l’existence de 2 meutes : on avait ainsi pu distinguer 2 individus dans le Vercors Ouest différents de ceux détectés sur les Hauts Plateaux. Cependant, un même animal a été détecté à Bouvante et à St Agnan durant l’hiver 2003/2004, ce qui n’est donc pas un élément plaidant en faveur d’une séparation totale entre les deux groupes précédemment cités.

De même, le hurlement provoqué (wolf howling) ne confirme toujours pas l’une ou l’autre de ces hypothèses. Par contre, les animaux présents autour de la montagne du Jocou sont identifiés comme 2 autres loups, aux signatures génétiques différentes de celles identifiées ci-dessus évoluant ensemble entre Treschenu - Glandage - Lus la Croix Haute (1 M et 1 F). Cette donnée conduit à penser à la constitution en meute sur ce site de ces animaux déjà détectés les années précédentes par les attaques sur les troupeaux.

Isère - 38
Les analyses génétiques des excréments de 2002, 2003 et 2004 montrent que la meute de loups Belledonne évoluait toujours entre les départements de la Savoie et de l’Isère, ainsi qu’au sud de la réserve des Sept Laux. Le loup mâle prélevé dans le cadre de l’arrêté interministériel en Valdaine est bien celui identifié par l’analyse génétique d’une crotte récoltée à St Sulpice de Rivoire 2 mois plus tôt. Cet animal n’avait jamais été identifié ces 3 dernières années. Par contre, le loup prélevé en octobre 2004 dans le Taillefer, aurait déjà été identifié 2 ans avant, dans le massif des Monges (04), mais cette donnée reste à confirmer de part le typage génétique de faible qualité.

Savoie - 73
Les loups de la meute du Thabor-Galibier ont été identifiés pour l'hiver 2004-2005. Le hurlement provoqué confirme la reproduction cette année (au moins deux jeunes entendus), et les dernières analyses génétiques réalisées sur des excréments de loups trouvés sur les sites de rendez-vous font état de 2 nouveaux loups qui pourraient être les louveteaux de cette année (1M + 1F). Cette identification va permettre de suivre le devenir de ces individus potentiellement disperseurs. La louve percutée par un véhicule à Montailleur début 2005, de même que le mâle braconné dans les Bauges cet été, sont des animaux jamais identifiés auparavant ces 3 dernières années. Le constat est le même, pour une femelle identifiée en Basse Maurienne (Montsappey), ainsi qu’un nouveau mâle en Vanoise (Seez). Par contre, le loup présent en Haute Maurienne est une femelle identifiée à 3 reprises à Bramans et Sollière-Sardière entre juillet 2003, et février 2004.

Haute-Savoie - 74
L'analyse génétiques des urines trouvées début 2005 confirme la présence de la même femelle déjà identifiée par les excréments de l'hiver 2004-2005.

Var - 83
Un mâle était toujours présent en 2004 mais le typage individuel de mauvaise qualité ne permet pas de connaître son identité.

Alpes Maritimes - 06
Les analyses génétiques du Mercantour permettent de délimiter les 4 groupes présents en France (dont 3 transfrontaliers avec l’Italie), avec notamment une identification des mêmes individus dans le Haut Var et la Moyenne Tinée en 2002 et 2003. On note également le mouvement d’une des femelles présente en 2002 en Moyenne-Tinée qui pourrait être une des femelles fondatrices de la meute du Haut-Verdon-Bachelard en 2004.

C’est maintenant au tour de l’ours et la prochaine session d'analyses génétiques loup est prévue en décembre 2005, et sera consacrée aux analyses des échantillons du Mercantour (et aux échantillons prioritaires dans les nouveaux secteurs) afin de compléter les jeux de données et réaliser de nouvelles estimations d’effectifs par CMR avec l’équipe du CNRS Montpellier. Les passerelles entre les anciens et nouveaux typages sont en voie d’achèvement. Une fois cette «grosse» formalité technique accomplie, un listing complet, échantillon par échantillon, sera publié dans un prochain QDN.

C. DUCHAMP, E. MARBOUTIN

Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf ? n° 14

22 décembre 2005

Sur les traces du loup dans le Vercors

Hervé CHIROUZE

En janvier 1997, sur les Hauts Plateaux du Vercors je découvre un mouflon mort dans la neige fraîche. Il présente des morsures au cou mais n’a pas été consommé, il est en bordure d’un sentier fréquenté et le prédateur a du être dérangé. Je pense au lynx, la rumeur signale sa présence, mais l’examen des traces alentour montre des empreintes de grands canidés : « encore des chiens errants ».

La présence du lynx est attestée depuis quelques années dans le massif voisin de Grande Chartreuse et sa venue est attendue dans le Vercors. D’ailleurs, il y a depuis quelques temps des choses bizarres sur les Hauts plateaux : davantage de carcasses d’ongulés et surtout des attaques inexpliquées sur les troupeaux d’ovins.

Je signale ma trouvaille, le technicien de la DDAF mis au courrant veut en avoir le coeur net et, deux jours plus tard, nous remontons à trois, équipés, chose nouvelle pour un forestier, de matériel chirurgical. Encore inexpérimentés au bistouri nous apprenons à prélever la peau du cou. L’examen du diamètre et de l’écartement des perforations nous amène toujours à penser à un chien de grande taille. Dans les mois qui suivent, je renouvelle cette désagréable opération sur un autre mouflon et deux chevreuils avec le même résultat. Ce ou ces chiens sont décidément bien discrets !

L’analyse génétique d’une crotte trouvée sur les Hauts Plateaux ne donnera la solution qu’à l’automne 1998 : c’était bien du loup.

Depuis lors, la présence va se confirmer d’année en année et, surtout l’hiver, je rencontre régulièrement des traces dans la neige. Petit à petit, je m’habitue à différencier chien et loup, à estimer le nombre de loups sur une piste, à déterminer le responsable près d’une dépouille d’ongulé et à récolter des crottes.

En janvier 2002, le protocole de suivi hivernal est institué, une dizaine de circuits sont à parcourir, à ski de fond. Le premier hiver, seulement sur les Hauts Plateaux où se concentrent alors toutes les observations, puis l’hiver suivant, la surface prospectée est élargie car les observations s’étendent dans le Vercors et le nombre de circuits est porté à 14 puis à 19.

Je suis chargé avec Jean Cogne, garde de la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux, du déclenchement de ces opérations 48 h après une chute de neige, et ce parfois, après bien des interrogations météorologiques pour déterminer le bon jour. Nous informons du déclenchement du protocole les personnes des organismes impliqués (pour les deux départements : DDAF, ONCFS, ONF, Fédération des Chasseurs, Techniciens des services environnementaux des conseils généraux, Réserve, association Mille Trace, etc).

Depuis le début, le suivi des pistes nous montre parfois un loup, le plus souvent deux, très rarement trois. Cependant une observation visuelle de 4 animaux a été réalisée à l’automne 2004.

Les opérations de hurlement provoqué mises en place depuis trois ans, sont réalisées simultanément sur les Hauts Plateaux et sur le Vercors ouest. Elles n’ont pas encore pu montrer qu’ils étaient plus nombreux ni qu’éventuellement il y avait plusieurs meutes. Les analyses génétiques apportent pour l’instant des données superficielles.

En tant que correspondant, je collecte les fiches d’indices venant essentiellement des forestiers de mon «Unité Territoriale », des chasseurs en forêts domaniales et de bûcherons. Je vais régulièrement vérifier des informations signalées sur le terrain. Ces informations sont transmises à la DDAF.

Les espaces fréquentés par les loups s’étendent aujourd’hui à des zones plus vastes et aussi plus habitées ; les indices et notamment les observations visuelles, sont plus fréquents. Davantage d’organismes sont susceptibles de recueillir des indices, de ce fait à l’ONF nous n’avons qu’une connaissance fragmentaire des indices.

A défaut de consensus sur la présence du loup, le réseau grands prédateurs permet de faire se côtoyer des personnes d’horizons divers et de sensibilité différente sur le sujet et même de travailler de concert pour en apprendre d’avantage sur cet animal emblématique. Au fait je n’ai toujours pas croisé de traces de lynx …

H. CHIROUZE / ONF - Correspondant Réseau GC 26

Hervé CHIROUZE est entré à l’ONF en 1982, il occupe son premier poste 2 ans en Lorraine dans la Meuse, puis migre vers le sud et reste 3 ans à St Raphaël dans le Var. Il rejoint St Agnan en Vercors dans la Drôme en 1987, pour un poste d’agent patrimonial dans L’Unité territoriale (UT) du Vercors. L’UT recouvre le Canton de La Chapelle en Vercors : communes de la Chapelle, St Agnan, St Julien en Vercors, St Martin en Vercors et Vassieux. Hervé a collecté à peu près 150 indices sur le massif.

Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf ? n° 14

20 décembre 2005

Naturalisation d'un loup : des consignes à respecter

Naturalisation d'un loup

Naturalisation de loups : Il est important de ne pas faire n'importe quoi. Depuis le retour de l’espèce, un certain nombre d’animaux ont été soit tués accidentellement, soit prélevés dans le cadre de dispositions réglementaires. Le devenir de ces animaux est, dans la mesure du possible, orientée vers la naturalisation et l’exposition dans différents musées.

Dès lors qu’on est en face d’une mort récente, et si vous désirer naturaliser un loup, il convient de prendre certaines dispositions afin de ne pas altérer l’état du cadavre.

  1. Prise en charge immédiate par un agent assermenté (SD ONCFS ou Parc National) de la carcasse du loup qui prendra contact avec le LDV le plus proche.
  2. Le correspondant remplit sans délai la fiche dépouille de loup (1ère partie)
  3. L’animal est acheminé au LDV dans les 12h.
  4. Si l’autopsie est réalisable sous 48 h, le loup sera conservé en chambre froide, sinon, il sera congelé pour une autopsie ultérieure. Il faut agir rapidement afin de concilier en moins de 48h l’autopsie du loup, les demandes de communication ou des médias avant la congélation.

Par ailleurs, avant d’être congelé, le pelage du loup devra être nettoyé à l’eau et essuyé. Un séjour prolongé en chambre froide (72 h) dans des conditions néfastes (cadavre plein de sang enfermé dans un sac) peut conduire à une altération définitive qui rendra toute naturalisation du loup impossible. Cela a notamment été le cas pour 2 animaux qui ne pourront malheureusement pas être naturalisés.

YL.

Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf n° 14 - Décembre 2005

19 décembre 2005

Le suivi hivernal loups 2005/2006 : de nouveaux secteurs à prospecter

Au cours de cet automne, les responsables régionaux ont réactivé le suivi hivernal. La collaboration entre services est maintenant routinière et les agents de l’ONCFS, des parcs nationaux, parcs naturels régionaux, de l’ONF et de différentes associations se retrouvent sur le terrain. A nouveau, l’objectif sera de prospecter les 16 zones de présence permanente ZPP.

Pour chacune d’elles, des itinéraires sont établis par un groupe de travail au sein duquel un «pilote» est nommé. Son rôle est d’assurer la veille météo et de déclencher les opérations de suivi, 48 h après une chute de neige (pas toujours simple de concilier les conditions météo, les exigences du terrain et la disponibilité des agents…). Enfin il doit transmettre les fiches de synthèse aux responsables de réseau (toutes les fiches, même en cas de résultat négatif).

Pour la région PACA, l’organisation du suivi est conforté dans les Alpes de Haute Provence par l’appui du service départemental de l’ONF et dans les Hautes-Alpes par l’appui du parc national des Ecrins . La Haute Ubaye (04), en connexion avec le massif du Parpaillon (05) souffre du faible nombre de données récoltées et l’identification des loups fréquentant ce massif reste encore à préciser. A la limite des Alpes de Haute Provence et des Alpes Maritimes, le massif du Grand Coyer (04) est également un nouveau secteur au moins temporaire sur lequel de nouveaux circuits de prospection ont été mis en place.

Dans les Alpes-Maritimes, le PN Mercantour va poursuivre le suivi dans les ZPP déjà existantes et particulièrement dans le Haut Var. Le massif du Cheiron Esteron sera prospecté par le service départemental de l’ONCFS afin d’acquérir de nouvelles données pour établir le statut de cette zone de présence du loup.

Concernant la région Rhône-Alpes, deux nouvelles zones sont venues s’ajouter à celles déjà mises en place les années précédentes :

  • La première est celle du Thabor-Galibier (73), nouvelle ZPP en 2005. Quatre itinéraires ont été définis, basés essentiellement sur les connaissances de terrain acquises par les correspondants actifs du réseau dans ce secteur.
  • La deuxième zone, le massif de la Chartreuse (38), a la particularité ne pas être une ZPP, mais la volonté locale d’anticiper avant son éventuelle installation permanente ont conduit à la mise en place d’un suivi systématique pour cet hiver. De ce fait, 9 itinéraires ont été définis avec une mobilisation importante de la part de l’ONF. En Vercors, les deux secteurs du site (Hauts Plateaux et Ouest) verront la reconduction des opérations réalisées précédemment avec un nombre de circuits porté à 19 et toujours piloté par le PN du Vercors et le SD ONCFS 26 et l’ONF 26. En Haute Savoie, pas de circuits définis mais un renforcement du suivi de la présence du loup dans le cadre de sorties réseau classiques.

Concernant les autres zones, Belledonne, Haute-Maurienne et Taillefer, les groupes de suivi ont été réactivés avec comme faits marquants, la modification de quelques itinéraires.

Source : YL - JB. - Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf n° 14 - Décembre 2005

17 décembre 2005

Valdaine : Dans le cadre des dipositions réglementaires, un loup est prélevé (Isère)

Application de l’arrêté interministériel en Isère : le prélèvement d'un loup en Valdaine

Le loup prélevé en Valdaine Début mai 2005, le service départemental de l’Isère (SD) est contacté pour effectuer un constat d’attaque sur deux génisses dans la zone naturelle de La Valdaine (Contrefort Nord du massif de la chartreuse). Même si nous n’avions pas une grande expérience, la quantité de viande consommée nous a rapidement interpellés, de même qu’ une trace dans un labour fraîchement semé qui ne laissait que peu de doute sur l’identification de l’espèce responsable de ce premier dommage.

Par la suite, la responsabilité du loup étant avérée, le S D s’est vite retrouvé au centre des actions menées dans la gestion de ce dossier, celui-ci étant désigné par le Préfet pour conduire les diverses opérations dans le cadre de l’application de l’arrêté inter-ministériel.

C’est ainsi que l’ensemble des agents, appuyés techniquement par d’autres structures de l’établissement, les Lieutenants de louveterie de l’Isère, des Gardes particuliers, et des chasseurs, se sont lancés dans des missions d’effarouchement puis de prélèvement.

Ces actions ont été menées de jour (affûts, battues) comme de nuit (recherche au phare, affûts) avec une présence quasi-permanente sur le terrain. Début septembre, trois agents ont effectué une surveillance à quelques centaines de mètres d’un troupeau attaqué la veille. L’animal repéré, alors qu’il tentait une nouvelle fois d’attaquer un veau, a été approché à l’aide de matériel de vision nocturne et de phares portatifs, et prélevé la nuit du 1er au 2 septembre 2005 à St Sulpice de Rivoire (Isère). Il s’agissait d’un mâle adulte pesant 35 kilos, typé de lignée italienne par la génétique, celui là même qui avait été identifié par la génétique sur un excrément trouvé en juillet 2005 sur une commune avoisinante. La signature génétique de cet animal n’avait jamais été identifié les années antérieures dans un autre secteur.

P. CORNET
(chef du SD ONCFS 38)

Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf n° 14 - Décembre 2005

16 décembre 2005

Un loup braconné dans le massif de Bauges

Entre 2003 et début 2005, la louve tuée par collision aux portes du massif des Bauges constituait un premier élément de présence possible du loup. Seules deux observations visuelles ponctuelles et une trace renseignaient de manière probable la présence de l’espèce, mais sans aucune récurrence ni autres indices venant confirmer ces données. De même, deux carcasses de mouflons avaient été retrouvées début 2005 sans pouvoir relever aucun élément technique pour identifier la cause de la mort. Ces premières indications avaient conduit à la fin de l’hiver 2004/2005, à identifier le massif des Bauges comme potentiel à la présence du loup (Cf Bulletin du réseau QDN N°13, mai 2005).

Le 02 juillet 2005, le cadavre d’un loup mâle adulte est retrouvé dans un sac poubelle déposé au village d’Ecole en Bauge. L’identification immédiate de la cause de la mort a été déterminée : tir par balle. Une enquête a immédiatement été diligentée par les services compétents, qui est actuellement en cours d’instruction pour acte de braconnage.

Un échantillon de tissu de ce mâle de 31,5 kg a fait l’objet des analyses génétiques d’usage : son ADN révèle son appartenance à la lignée italienne. Sa carte d’identité montre que cet animal n’avait jamais été identifié auparavant, comme c’est souvent le cas si les animaux sont des disperseurs nés à l’intérieur d’une meute dans un autre massif, dans la mesure où il est très difficile de les détecter dans leur première année de vie avant leur phase d’émancipation.

CD.

Source : Bulletin d'information du réseau loup - Quoi de neuf n° 14 - Décembre 2005

17 novembre 2005

Questions parlementaires sur le loup : Nely Olin répond à Monsieur Grosdidier

Francois_grosdidierM. François Grosdidier appelle l'attention de Mme la ministre de l'écologie et du développement durable sur le caractère incompréhensible de sa décision d'accroître de 50 % le quota d'abattage des loups alors qu'ils ne sont que quelques dizaines en France.

Il lui paraît anormal que ceux-ci soient moins supportables en France que 700 loups en Italie et 2 000 en Espagne. Il souhaite savoir s'il ne conviendrait pas plutôt d'adapter nos méthodes pastorales sur les exemples voisins, afin de les rendre compatibles avec la coexistence de l'espèce protégée qu'est le canis lupus.

Il s'étonne d'ailleurs que les méthodes pastorales sans limite et sans clôture, avec lesquelles ont renoué des « soixante-huitards » revenus à la nature et animés de l'esprit « peace and love » aboutissent à l'extermination d'une espèce protégée.

Enfin, il souhaite savoir quelle peut être la crédibilité de la France dans son combat pour la biodiversité quand elle demande aux peuples du tiers-monde de préserver des animaux autrement plus dangereux pour l'homme (grands fauves, grands singes, requins...), alors qu'elle condamne chez elle le loup, qui ne présente pas de danger pour l'homme, comme l'a confirmé récemment le ministre de l'agriculture, de l'alimentation et de la pêche

Journal officiel :QE n° 49643 - réponse publiée au JO le 11 janvier 2005

Réponse de Nelly Olin

L'honorable parlementaire a appelé l'attention de la ministre de l'écologie et du développement durable sur l'entrée en vigueur de l'arrêté du 17 juin 2005 relatif aux prélèvements de loups pour l'année 2005. Cet arrêté est fondé sur les travaux approfondis conduits depuis deux ans par le «groupe national loup » où sont représentés en particulier les élus, les éleveurs du massif alpin et les associations de protection de la nature.

Même si beaucoup de points demeurent en discussion entre les différents représentants présents dans ce groupe, il a permis d'incontestables progrès et fortement contribué à une reconnaissance mutuelle et à un dialogue, difficile mais réel, fort éloigné des jugements abrupts et à l'emporte-pièce qui prévalent trop souvent sur ces questions. Cet arrêté a pour objectif d'organiser une réponse graduée à des situations de prédation des troupeaux subies par les éleveurs qui ont mis en oeuvre des moyens de protection de leur troupeau.

Le tir de prélèvement constitue la réponse ultime après que les autres moyens, et notamment l'effarouchement, se sont révélés insuffisants. Autorisant un prélèvement très limité d'animaux au regard des données scientifiques relatives à la dynamique de l'espèce en France, ces dispositions ne nuisent en aucun cas à l'état de conservation de la population de loups, point dont la ministre s'est en premier lieu préoccupée, ce qu'est venu récemment confirmer le Conseil d'État.

L'objectif principal du ministère de l'écologie et du développement durable est de rendre pérenne la population de loups présente à l'heure actuelle sur notre territoire. Pour ce faire, et compte tenu de l'effectif aujourd'hui atteint par cette population, il importe avant tout que la présence du loup soit compatible avec les activités pastorales. C'est pourquoi les efforts conjugués du ministère de l'écologie et du développement durable et du ministère de l'agriculture et de la pêche visent tout particulièrement à accélérer la mise en place des moyens de protection des troupeaux.

12 novembre 2005

Gare au loup : Une exposition à Longueau en mars 2006

A bien des époques, les qualités du loup (la fidélité pour la vie entière dans le couple, la tendresse des parents envers ses petits, la grande sollicitude au sein de la meute) n'ont pas suffi à le sauver de la vindicte populaire.

Réputé cruel et sanguinaire, il est massacré sans pitié, ridiculisé (c'est un animal sot et lourdaud dans les fables) et diabolisé (le loup-garou des contes fantastiques, la Bête de Gévaudan).

Le long de ses 20 panneaux richement illustrés, l'exposition explore les ressorts de cette peur ancestrale bien présente dans l'inconscient collectif, pour nous aider à la chasser sans se prendre trop au sérieux !

Quand : du 06/03/2006 au 17/03/2006
: Espace culturel Picasso à 80330 Longueau (Amiens), rue Anatole France
Contact : Richard Bertrand - Tél : 0322503434 - Fax : 0322503432

01 novembre 2005

Un amendement anti loup "ainsi que tout employé "

28 octobre 2005
Amandement présenté par MM. DOMEIZEL, REPENTIN, BESSON, BOULAUD, CHARASSE, COLLOMBAT et DREYFUS-SCHMIDT, Mme HUREL, MM. KRATTINGER, MARC, PIRAS, SUTOUR, TODESCHINI et les membres du Groupe Socialiste et apparentés

Après l'article 22 quater, insérer un article additionnel ainsi rédigé :
Dans l'article L. 427‑9 du code de l'environnement, les mots : « tout propriétaire ou fermier peut repousser ou détruire, même avec des armes à feu, mais à l'exclusion du collet et de la fosse, les bêtes fauves qui porteraient dommages à ses propriétés », sont remplacés par les mots : « tout propriétaire ou fermier, ainsi que tout employé agissant pour leur compte, peut repousser ou détruire, même avec des armes à feu, mais à l'exclusion du collet et de la fosse, les bêtes fauves et les loups et les chiens errants qui porteraient dommages à ses propriétés ».

Objet

La relation conflictuelle entre l'Homme et le Loup est une histoire ancienne. La littérature française est là pour le prouver. « Le loup et l'agneau », « La chèvre de Monsieur Seguin » ou « Le petit chaperon rouge » ont pu parfois alimenter les peurs ; mais ils sont surtout le reflet d'une confrontation difficile notamment dans le monde du pastoralisme. La peur, parfois excessive, et les dégâts bien réels, ont amené les bergers à chercher une protection par tous les moyens possibles.

C'est ainsi que le loup disparu de nos contrées au début du XXème siècle. Pendant un peu plus de 70 ans, les éleveurs ont pu développer leur pratique agricole notamment dans les montagnes alpines en toute tranquillité.

Depuis 1992, le développement de la population de loups est venu interrompre cette période. Les attaques de troupeaux en constante progression rendent la cohabitation douloureuse. Afin de défendre les intérêts économiques et écologiques de l'élevage ovin dans les Alpes, les commissions d'enquêtes parlementaires et les mesures prises par le gouvernement se sont multipliées sans que l'on puisse espérer des résultats satisfaisants. Il est temps de redonner confiance aux éleveurs.

Le code de l'environnement dans son article L. 427-9 dit : « … tout propriétaire ou fermier peut repousser ou détruire, même avec des armes à feu, mais à l'exclusion du collet et de la fosse, les bêtes fauves qui porteraient dommages à ses propriétés… ». La jurisprudence pourrait permettre de considérer le loup comme une bête fauve. Cependant, afin de permettre aux bergers de défendre leurs troupeaux, il est utile de clarifier les textes en inscrivant dans le code de l'environnement que le loup doit être considéré comme une bête fauve.

Le but de la présente proposition, sans mépriser les règles internationales comme la directive « habitats » ou la convention de Berne, tend à donner les moyens de protéger les troupeaux et à donner confiance à des bergers souvent isolés. Par conséquent, il est nécessaire d'inscrire dans le code de l'environnement la possibilité de repousser ou détruire un loup en cas d'agression d'un troupeau.

C'est fou ce que c'est pratique l'e-mail pour envoyer son avis à ceux qui font de la démagogie. Cet ammendement de toute façon, ne changera rien au problème, sauf pour les éleveurs trop vieux pour tenir un fusil. A J-4 de la manif à Paris, c'est plein de diplomatie... C'est pour nous chauffer?

Rejet à l'Assemblée Nationale

Le 9 novembre, à minuit trente, l'amendement a été rejeté. Fin de parcours pour cette manoeuvre électoraliste. Quel Dommage s'est écrié Monsieur Domeizel...

10 octobre 2005

Spagnou quitte le Groupe National Loup !

Daniel Spagnou a décidé le 28 septembre de ne plus siéger au sein du Groupe national loup "par solidarité envers les éleveurs, dont beaucoup craignent d’abandonner leur activité face à une situation devenue incontrôlable et insoutenable".

M. Spagnou, dont on connaît les positions extrémistes sur le loup, a précisé qu’il reviendrait au sein du groupe national loup uniquement si "les bergers sont autorisés à défendre leurs troupeaux par tirs à balles réelles". Il souhaite d’ailleurs que la France quitte la Convention de Berne qui protège les loups.

Si l'Etat ne cède pas à ce claquage de porte enfantin, nous voilà débarassé de ce député sensible de la gachète.

14 septembre 2005

Des poisons sont utilisés pour faire disparaître les loups, 3 indices différents le confirment

Les caves de la buvette contiennent de bonnes bières belges habiles à délier les langues : les bergers utilisent des poisons pour faire disparaitre les loups. Récit et argumentation.

Après quelques jours de vacances dans le sud et quelques prises de contact avec « les clients de la Buvette » et oui, tous les bergers ne sont pas des extrémistes! Il semble que durant cette estive, dans les vallées du Haut Verdon et de l’Issole, le nombre d’attaque de loups sur des troupeaux domestiques a considérablement chuté par rapport à l’année passée.

Par ailleurs, les vallées de la Vaïre, de l’Ubaye et le Val d’Allos ont connu cette année des modifications importantes dans la façon de procéder des loups dans la gestion de leurs attaques sur les troupeaux. Par contre, la plupart des attaques ont été beaucoup plus meurtrières.

1 - La chute du nombre des attaques

A la grande et heureuse surprise des bergers, une partie de la Vallée du Haut Verdon, très exposée l'année dernière, a été complètement épargnée cette année (entre Villars-Colmars, Thorame-Basse, Lambruisse et Chaluffi).

Quelles pourraient être les raisons de cette diminution des attaques ?

Une mise en pratique plus scrupuleuse des mesures de prévention modifie les comportements du prédateur. D'une part, l'intensification de la protection et des mesures de prévention :

  • présence permanente du berger ou d'un aide (mesure prescrite),
  • regroupement en parc de nuit (mesure prescrite),
  • présence de patous (mesure prescrite),
  • éffarouchement par le tir de sommation (mesure découragée par l’administration),
  • présence régulière d’étrangers « invités » auprès du troupeau (mesure inédite)

à modifié le comportement du prédateur. Il attaque moins souvent, comme si le danger potentiel l'incitait à économiser les risques.

Mais les attaques sont sans doute plus fortes, le nombre de victimes par attaque semble plus élevé (à confirmer par les chiffres officiels). Il semble que les attaques du loup se focalisent notamment sur les parcs de nuit. La conséquence est une opportunité de fuite très réduite pour les bêtes. Il en est de même pour le loup ou pour le berger : Il lui est plus facile d’attraper les brebis dans un parc qu'en liberté sur la montagne.

Peut-être que les longues périodes qui séparent deux attaques sont propices à faire grandir la volonté de chasse chez l’animal: la faim ferait sortir le loup du bois en quelque sorte. Peut-être se rattrape-t-il de son attente ? Dans certains endroits, sans doute dans des zones périphériques au territoire d’une meute, les attaques se répètent pendant plusieurs jours de suite au petit matin comme si des loups exploitaient une zone du territoire voisine de leurs zones habituelles. Après quelques jours, les attaques cessent aussi brusquement qu’elles ont commencé.

La discrétion de certains éleveurs déterminés mais un peu bavards

D'autre part, après avoir palabré plus longtemps au coin du bar de la Buvette, les langues se délient plus facilement. Ah la Kriek Lambic et la Duvel sont fortes!

Nettoyage de printemps ?

Strychnine Il semblerait aussi que « le ménage » ait été fait, qu’il y ait eu du « nettoyage » cet hiver ou ce printemps (extraits) :

  • « Je n'avais jamais observé ce phénomène et, une relative démobilisation des collègues bergers et des éleveurs, tous plus ou moins entré dans une logique de gestion-collaboration avec les administrations et les agents techniques, me laissaient penser qu'il n'en serait jamais rien. Je ne pensais pas que les paroles exprimées sous le coup de la colère seraient suivies d’actes. »
  • « Sans doute que les énormes pertes localisées dans ces vallées l'été passé ont suscité une réaction et que quelques personnes sont passées à l'acte. Très intelligemment, pour une fois, sans se vanter, mais efficacement, semble t-il. »
  • « Maintenant presque tous les bergers protègent leur troupeau. Certains appliquent les mesures T, d’autre se tiennent au troupeau en permanence et font tonner le fusil dès qu’ils soupçonnent la présence de loups, d’autres encore mettent au point des mesures de protection inédites et à leurs propres frais. »

2 - La volatilisation surprenante d'une meute

« Il y avait une meute importante entre les montagnes de Thorame-Basse et de Beauvezer, elle avait à son actif plus de 250 victimes l’année dernière et, rien n'expliquerait que la meute de Thorame-Basse ne soit plus présente, si ce n’est que des gens l'aient éliminée par le tir ou l’empoisonnement».

3 - La confirmation par les aigles

Plusieurs cas récents de destruction d’espèces protégées par ingestion d’appâts empoisonnés témoignent d’une recrudescence de l’usage du poison dans les Alpes du Sud.

Les aigles et les vautours se trouvent en fin de chaîne alimentaire. Il suffit d’une carcasse ou d’appâts empoisonnés pour occasionner des dégâts importants parmi les volatiles.

Les dommages colatéraux se multiplient

Une Rappel des quelques derniers faits d’empoisonnements et des espèces qui en ont été récemment victimes :

  • Novembre 2003 : un berger du parc national du Mercantour est condamné par le tribunal correctionnel de Nice à un mois de prison avec sursis pour "destruction d’espèce protégée", en l’occurrence pour avoir empoisonné des loups en 1997. Le procureur avait requis 7 500 euros d’amendes avec sursis.
  • Fin décembre 2004 : Un loup mâle de souche italienne, âgé de 7 ans, a été empoisonné dans l’enceinte du Parc Animalier des Monts de Guéret (voir l'article de loup.org)
  • Le 18 février 2005, un aigle royal mâle adulte est retrouvé mort empoisonné à Valensole (Alpes-de-Haute-Provence). Empoisonnement aux inhibiteurs des cholinestérases : insecticide dans une marmotte servant d'appât. (Info : LPO PACA)
  • Le 4 avril 2005, une femelle aigle royal adulte est retrouvée morte à Allos (Alpes-de-Haute-Provence). Très forte présomption d'empoisonnement mais la toxicologie n'avait pas été demandée à l'autopsie. (Info : LPO PACA)
  • Le 22 avril 2005, un loup est retrouvé mort dans les Alpes maritimes, tué par balle. (Lire à la Buvette : Le cinquième loup tué par balle, illégalement dans les Alpes Maritimes)
  • Le 10 mai dernier, c’est un chien qui est mort après avoir absorbé un appât badigeonné à la strychnine. (Info : Site de FERUS et Leisoursoun)
  • Le 28 juin 2005, un aigle royal mâle, appartenant à l’un des 10 couples de la région, a été retrouvé empoisonné dans le parc national du Mercantour, plus précisément dans la vallée de la Roya. L’autopsie a révélé des quantités importantes de méthiocarbe (insecticide). Un procès-verbal destiné au parquet de Nice a été dressé. (Info : Site de FERUS et Leisoursoun)
  • France Nature Environnement a également annoncé avoir eu connaissance d’autres cas de tentatives d’empoisonnements qui auraient pu avoir une issue gravissime (je n’en sais pas plus).

Les vautours sont en première ligne

De plus, dans cette région a été réintroduit un des trois noyaux de population de vautours fauves des Alpes du Sud (colonie de 80-100 individus dans les Gorges du Verdon) qui, à l'image de ce qui se passe dans les Pyrénées, estive dans les hautes vallées du Mercantour où ils trouvent des carcasses en nombre. Une curée sur un appât empoisonné pourrait être un carnage…

Les Centres de soins pour la faune sauvage estiment qu’environ 5 % des animaux tués sont retrouvés. Quand on sait qu’en plus le poison n’est pas sélectif et qu’un animal empoisonné peut à son tour être consommé par d’autres, cela laisse augurer du pire quant au nombre et à la diversité des espèces touchées.

L'objectif, se débarasser des loups

C'est bien sûr le loup qui est visé, quatre loups au moins ont été empoisonnés dans le Mercantour. Le danger existe pour l’homme aussi puisque certaines des substances utilisées sont hautement toxiques et interdites d’emploi en France (strychnine, cyanure). Les procès des éleveurs « pris sur le fait » d’autodéfense incitent certainement les autres à plus de discrétion.

Convergance d'indices ou hasard ?

La volatilisation d’une meute, la chute surprenante du nombre d’attaques dans une partie du Haut Verdon qui était très touchée l’été 2004 et les rapaces empoisonnés sont trois éléments concordants qui me poussent à dire que le poison est de retour.

Ce n'est pas un hasard. Les empoisonneurs agissent contre le loup. L’analyse des chiffres (dégâts et comptages) permettra peut-être de le confirmer. Merci de m'envoyer vos infos complémentaires ou témoignages par e-mail ou en commentaire de cette note.

Lire aussi : Mercantour, le poison est de retour pour le loup

03 septembre 2005

Le parc du Mercantour et les loups

Le projet de réforme de la loi sur les parcs nationaux, présenté par le gouvernement, suscite l'inquiétude des associations de protection de la nature.

Une immense forêt de mélèzes, des montagnes comme découpées au ciseau et un ciel bleu magnifique. L'entrée du parc national du Mercantour par la vallée de la Vésubie, dans les Alpes-Maritimes, charme d'emblée le visiteur. Mais depuis quelques semaines, les regards sont tournés ailleurs. Dans cette nature sauvage, c'est contre une vitre que l'on retrouve la plupart des touristes, l'appareil photo à la main et le regard impatient. Car ici, le loup a volé la vedette à la montagne.

Gaston Franco, maire de Saint-Martin de Vésubie a adopté une position pro-loup inédite

Le centre Alpha a ouvert ses portes le 11 juin et compte aujourd'hui 19 loups. A la fois parc animalier et espace muséographique dédié aux loups et aux hommes qui peuplent le même territoire, ce site touristique est symbolique à bien des égards. Il est situé à quelques kilomètres seulement de l'endroit où, en 1992, le retour en France des premiers loups sauvages avait été observé (on en compte aujourd'hui une quarantaine dans le secteur). Et il marque l'entrée de la zone centrale du parc du Mercantour, qui s'est discrètement associé à l'aventure. A l'origine de ce projet, un homme : l'incontournable Gaston Franco, maire de la commune de Saint-Martin-Vésubie et président du parc du Mercantour depuis juillet. Sa position pro-loup ­ inédite parmi les élus ­ et ses critiques envers les éleveurs, lui ont valu des menaces de mort, mais elles ne l'ont pas fait fléchir : «Puisque le loup était revenu de façon durable et qu'il était impossible de l'éradiquer, j'ai vite compris qu'il fallait faire avec. Après plusieurs voyages en Italie et une visite de la réserve de loups du Gévaudan, en Lozère, j'ai réalisé que le loup pouvait être un outil de développement pour ma commune. Ensuite, il m'a fallu dix ans pour sortir mon projet». Dix années durant lesquelles Franco s'est battu pour que le parc du Mercantour accepte la création d'un centre touristique dédié au loup. «Je veux réconcilier ma commune avec le parc», résume cet homme volubile d'une soixantaine d'années.

De fait, la création du parc en 1979 ne s'est pas faite en douceur. «Les élus l'ont vécue comme une spoliation, explique Gaston Franco. Du jour au lendemain, ils étaient dépossédés d'une partie de leur commune, sans qu'aucun terrain ne soit acheté. A partir de là, les relations avec le parc ont été très conflictuelles pour la plupart des élus». Dans les années 90, les relations s'amélioraient. Mais le retour du loup est venu tout détruire. «Son arrivée dans le Mercantour a marqué un recul dans les relations entre le parc et la population», raconte Benoît Lequette, responsable du service scientifique du parc depuis 1993.

Intégrisme écologique

Une mauvaise communication, une rumeur de réintroduction et un système de prévention inexistant ont stoppé net les progrès en termes d'acceptation du parc. Les éleveurs locaux, peu soutenus par leur chambre d'agriculture, tournée vers les activités côtières plus rentables , se sont sentis délaissés au profit d'un idéal de préservation de la nature qui ne correspond pas au leur.

«Le retour du loup a pointé du doigt une activité où les conditions de vie se rapprochaient de celles du XIXe siècle. Mais il a aussi mis en exergue les contradictions qui émergent souvent entre nos différentes missions : la protection de la nature et le développement local», analyse Benoît Lequette. Or, à ses débuts, le parc privilégiait clairement la protection de l'environnement. «Il existait, et existe encore, un certain intégrisme écologique, critique le nouveau président du parc, Gaston Franco. En tant que maire, je me suis battu plusieurs fois contre le parc parce qu'il refusait tous les travaux en zone centrale, même lorsque l'objectif était de reconstruire des cabanes de bergers !»

Et aujourd'hui ? «Le parc doit évoluer. Il faut qu'il collabore avec les collectivités locales, qu'il devienne un véritable atout pour les communes, enchaîne Gaston Franco, qui cumule aussi la casquette de président du comité régional du tourisme. Je pense que la réforme des parcs nous permettra d'évoluer en ce sens».

Désillusions devant l'évolution du parc

Une vision des choses loin d'être partagée par tous les acteurs du parc. Sur ses terres de haute Tinée, qu'il connaît par coeur, Gérard Caratti, garde du parc du Mercantour depuis plus de vingt ans, ne cache pas ses craintes, ni ses critiques : «Si la loi passe telle qu'elle est, le parc ne sera plus qu'une coquille vide.

La dégradation de la nature va vite et nous, nous bricolons ! Nous sommes parvenus à faire du parc du Mercantour une réserve de chasse, guère plus». Sur les Crêtes rouges, au pied du col de la Bonnette, accroupi dans l'herbe, Gérard Caratti cherche des capteurs thermiques déposés il y a un an dans le cadre d'une étude sur le réchauffement climatique. Il raconte tout à la fois ses idéaux, qui l'ont amené à travailler pour la conservation de la nature, ses années difficiles à tenter de s'intégrer dans une collectivité hostile à sa fonction de garde, et ses désillusions devant l'évolution du parc. «Les parcs nationaux ne représentent que 0,7 % du territoire français, mais on est incapable d'y freiner l'activité humaine et de laisser la nature évoluer seule...» Son talkie-walkie l'interrompt : «J'ai deux clients, je les tiens en embuscade», annonce la voix. Traduction : son collègue, de l'autre côté de la vallée, vient de repérer deux touristes en train de cueillir du génépi, une plante protégée. Une illustration de plus, estime le garde, des rôles contradictoires que doit jouer le parc : accueillir des touristes et protéger la nature, informer sur la présence de plantes rares et les préserver...

«Il faut savoir faire la synthèse entre les deux positions extrêmes que sont, d'un côté, les partisans d'un sanctuaire inviolable et de l'autre, les marchands du temple», conclut Gaston Franco. Mais le grand écart n'est pas toujours évident. Le centre Alpha se voudrait une preuve que le parc peut rimer avec développement durable. Mais une louve échappée du parc lui a déjà fait perdre la confiance des gardes et des éleveurs locaux. A croire que les loups adorent semer la zizanie...

source Libération

09 août 2005

Permis de tuer un loup dans le Dévoluy

Une semaine après la suspension par le tribunal administratif de Marseille de deux arrêtés autorisant à tuer deux loups dans les Hautes-Alpes, la préfecture a publié lundi un nouvel arrêté autorisant le "prélèvement" d'un loup.

Le préfet des Hautes Alpes a pris lundi un arrêté autorisant à tuer un loup dans le Dévoluy, où des troupeaux ont subi plusieurs attaques, selon un communiqué de la préfecture. Cette décision a été prise après une réunion, le 4 août, du groupe restreint loup, qui a émis un avis favorable au "prélèvement" d'un animal, après "les attaques intervenues pendant les périodes d'effarouchement sur des exploitations où les éleveurs avaient mis en oeuvre des mesures de protection".

Les périodes d'effarouchement doivent durer un certain laps de temps et sont destinées à écarter l'animal, sans le tuer. Une mesure nécessaire avant toute décision d'abattage car loup est une espèce protégée par une directive européenne et la convention de Berne (cliquez ici pour découvrir notre dossier consacré au loup). Les attaques, précise-t-on à la préfecture, sont en nombre "suffisant au regard du protocole national". Le loup pourra être abattu sur les territoires des communes de Saint-Etienne en Dévoluy, Agnières en Dévoluy et Saint-Didier en Dévoluy.

La publication de cet arrêté intervient une semaine après la suspension, le 1er août par le tribunal administratif de Marseille, de deux arrêtés préfectoraux autorisant à tuer deux loups dans les Hautes-Alpes, un dans le massif du Dévoluy et l'autre dans le Queyras. Le tribunal avait été saisi en référé par l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), à laquelle l'Etat a été condamné à verser 500 euros par décision de suspension. Le tribunal avait notamment considéré que la procédure n'avait pas été respectée. Lors de l'audience, l'avocat de l'ASPAS, Me Benoît Candon, avait contesté la réalité du nombre d'attaques et du nombre de victimes du loup, évoquant la "concurrence" des chiens errants et "doutant des garanties de la réalité du gardiennage des troupeaux" et des mesures d'effarouchement.

Source : LCI

03 août 2005

Queyras, Devoluy, la loi : Pas de prélèvements

Des autorisations de prélèvement suspendues

Le tribunal administratif de Marseille avait ordonné lundi la suspension de deux arrêtés préfectoraux autorisant le prélèvement de deux loups dans les Hautes-Alpes, l'un, dans le massif du Dévoluy, et l'autre, dans le Queyras.

Saisi en référé par l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), le tribunal a notamment considéré que la procédure de prélèvement n'avait pas été respectée. Aucune attaque de loups n'a été enregistrée dans le Queyras et seulement deux (au lieu de trois prévues par la procédure) sont survenues dans le Dévoluy, après la mise en oeuvre de mesures d'effarouchement du loup.

Lors de l'audience, l'avocat de l'ASPAS, Me Benoît Candon, avait contesté la réalité du nombre d'attaques et du nombre de victimes du loup, évoquant la "concurrence" des chiens errants et "doutant des garanties de la réalité du gardiennage des troupeaux" et des mesures d'effarouchement. Le préfet avait fait valoir que l'urgence n'était pas établie dans la mesure où un "unique prélèvement" dans chacune des deux zones ne portait "pas atteinte à l'état de conservation de la population des loups". La loi est ainsi respectée.

02 août 2005

Europe : La France en infraction. Ah NON alors !

«La commission Européenne initie une procédure d’infraction contre la France pour non-respect des exigences de la directive 92/43/CEE concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, s’agissant de la protection du loup en France. »

Qu'est ce qui lui prend encore à l'Europe ?
Elle a pas compris que c'était NON ! ;-)

Baudouin de Menten : réponse à Nelly Olin qui prépare l'opinion et enfonce le coin

Nelly Olin prépare l'opinion. Maintenant que le tir de 6 loups est autorisé. On attend que celà se calme un peu et on distille discrètement l'info suivante, histoire de tester l'opinion des français (en vacances). On met le coin en bois dans la fente, on l'enfonce un peu. Et on verse de l'eau ... Vous connaissez le truc ! La preuve par l'AFP.

La ministre de l'Ecologie Nelly Olin a confirmé mardi qu'elle allait autoriser l'abattage de «six loups», estimant qu'il fallait «trouver d'autres protocoles» pour protéger les éleveurs.

«En abattant six loups aujourd'hui, nous maintenons l'espèce protégée par la Convention de Berne», a-t-elle expliqué sur RTL. Mais «ce qui est inquiétant, c'est que le loup fait des dégâts considérables».

«J'ai rencontré des éleveurs la semaine dernière et je peux vous dire que j'ai vu dans leurs yeux et leur discours une profonde détresse», a souligné Nelly Olin. «Il faudra qu'on arrive à trouver des protocoles autres que ceux que je viens de mettre en place».

La ministre de l'Ecologie a cependant précisé ne pas être «en mesure de dire si on peut abattre plus de loups» dans cette perspective.
On ravive le feu, puis on le couvre, deux pas en avant, un pas en arrière.

D'autre part, «le dernier comité de loup (...) permettra que les tirs d'effarouchement, à titre d'essai pour le moment soient avec de la grenaille, et non plus des balles en caoutchouc», a-t-elle ajouté.
L'étape suivante, c'est le plomb !

Quant à l'ours «autre sujet de grande préoccupation», Nelly OLin a évoqué un «rapport de comité scientifique disant qu'il est nécessaire de les réintroduire» mais «cela passera aussi avec la concertation des élus de la montagne».
Suivez mon regard, puisque je vous dit que la Castafiore fait la loi, c'est un vrai parrain (Ecoute Nelly, tu m'écoutes sinon ... avé l'accent)

«On ne va pas réintroduire en grand nombre: on s'arrêtera à cinq», a indiqué la ministre, même si elle n'est pas «sûre qu'on puisse ramener cinq ours de Slovénie au printemps».
Là elle calme d'un coup Chirac, les bergers, l'ADET, les défenseurs de l'ours, l'IPHB, Lassalle. Subtile la nana, faut la mettre aux affaires étrangères.

Enfin, l'ouverture précoce de la chasse au gibier d'eau en Manche et en Atlantique a été décidé en «s'appuyant sur les données scientifiques rendues par l'observatoire», a rappelé Mme Olin. Pour «la Méditerranée, nous allons lancer l'étude pour l'année prochaine».
Et un petit coup gratos pour les chasseurs, Chasse, pêche et traditions

«Je n'ai voulu faire plaisir à personne» (Ben tiens !) en avançant les dates de la chasse, a lancé la ministre de l'Ecologie. «Personne ne peut remplacer la science. La ministre de l'écologie est à genoux, bouche ouverte devant un comité de scientifiques . Pour le loup, l'ours, la chasse, c'est la science qui décide maintenant et y'a rien d'autre à dire. On attend avec impatience ses prochaines déclarations sur les OGM, la sécurité alimentaire, les produits phytos et tous le reste. Elle n'a plus qu'ouvrir un bureau dans le batiment scientifique de ... Monsanto. Ministre de l'Ecologie et du Développement durable elle est ! Les mots non donc pas le même sens en français et en belge.

Pas un mot sur les différents poisons utilisés dans les zones à loups et sur les rapaces retrouvés morts, faut pas froisser certains.

01 août 2005

Dévoluy, Queyras, non, pas de tirs de loups

Hautes-Alpes: la justice suspend l'autorisation d'abattre deux loups. Le tribunal administratif de Marseille a ordonné lundi la suspension de deux arrêtés préfectoraux autorisant le prélèvement de deux loups dans les Hautes-Alpes, un dans le massif du Dévoluy et l'autre dans le Queyras.

Le tribunal avait été saisi en référé par l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), à laquelle l'Etat a été condamné à verser 500 euros par décision de suspension.

Le tribunal a notamment considéré que la procédure de prélèvement n'avait pas été respectée. Aucune attaque de loups n'a été enregistrée dans le Queyras et seulement deux (au lieu de trois prévues par la procédure) sont survenues dans le Dévoluy, après la mise en oeuvre de mesures d'effarouchement du loup.

Dans son ordonnance, le juge estime également que l'association est fondée à demander une décision en référé. Les mesures de prélèvement portent une "atteinte suffisamment grave et immédiate aux intérêts" de l'ASPAS, le loup faisant "partie des espèces de faune sauvage protégées tant par la convention de Berne du 15 septembre 1979" que "par la directive européenne du 21 mai 1992", estime le tribunal.

Lors de l'audience, l'avocat de l'ASPAS, Me Benoît Candon, avait contesté la réalité du nombre d'attaques et du nombre de victimes du loup, évoquant la "concurrence" des chiens errants et "doutant des garanties de la réalité du gardiennage des troupeaux" et des mesures d'effarouchement.

Le préfet avait fait valoir que l'urgence n'était pas établie dans la mesure où un "unique prélèvement" dans chacune des deux zones ne portait "pas atteinte à l'état de conservation de la population des loups".

Le vent tourne, les infos sont contradictoires, c'est comme la roue de la fortune, on se demande sur quelle position elle va s'arrèter. Et la France est en vacances ! Bronsez messieurs dames, tout aura changé à votre retour. Un pas en avant, deux pas en arrière ...

Bientôt l'autodéfense : Au diable le quota de 6 loups !

Le Maire de La Mure - Argens (Alpes de Haute Provence) a reçu une circulaire issue de l'administration de l'agriculture et de celle de l'écologie. Elle indique qu'il faut commencer à préparer le public au fait que les bergers vont recevoir le droit pur et simple à l'auto-défense de leurs troupeaux.

L'autodéfense arrive à grand pas

Le droit sans condition ni protocole de tirer les loups qui attaquent les troupeaux. La convention de Bern ne l'empêche pas, la directive habitat non plus. Question d'interprétation. Je t'informe dès que j'ai du nouveau.

Source : un ami, détracteur habituel de la Buvette, modéré et chevelu, de passage à proximité d'une connexion Internet, ce qui est rare par les temps qui courent, puisque très proche de certains bergers, il passe beaucoup de temps en estives.

30 juillet 2005

Civet de loup au fromage de chèvre : indigeste

Dans son édition du 16 juillet, le magazine Libération publie l'interview de l'éleveur qui a tué un loup il y a deux semaines : "«J'aurais aimé que ça ne se sache pas» a t-il déclaré. C'est son frère qui a révélé le tir du loup. Ils vont pouvoir s'arranger entre eux maintenant.

Lise Barneoud l'a rencontré, en Savoie. L'éleveur se retrouve en mauvaise posture puisque son acte est hors la loi et que des plaintes ont été déposées, par la ministre de l'écologie et par des associations de défense de la nature. Mais il trouvera certainement une meute de défenseurs au fronts burinés par le soleil et à coupe-rose, et certainement pas les moins bruyants. La France profonde quoi.

Nelly Olin a déclaré que le loup tué portait de 6 à 5 le nombre de "prélèvement" qui pourraient être effectués.

J'aurais aimé que ça ne se sache pas

Massif des Bauges (Savoie). Avec cette ambiance de temps de pluie, des nuages accrochés aux télésièges, l'alpage rocailleux de Denis Dupérier, sur les flancs de la station de ski de Margeriaz, dans les Bauges (Savoie), n'apparaît pas très accueillant. Pour l'homme du moins. Car ce paysage quasi lunaire a tout pour plaire à un autre animal, ô combien redouté : le loup.

Ici, jusqu'au mois dernier, on ne se sentait pourtant pas concerné par le grand prédateur. Dans sa folle recolonisation de l'arc alpin, le loup avait comme «oublié» cette grande forteresse montagneuse. Mais, depuis une dizaine de jours, l'animal est dans toutes les conversations. Et pour cause : un loup de 30 kg a été tué, d'une balle dans le cou, à 106 mètres exactement de la bergerie de Denis Dupérier.

J'ai d'abord cru que c'était un chien !

«J'ai d'abord cru que c'était un chien. J'ai tiré en l'air pour le faire partir, mais une heure après, l'animal était de nouveau là à rôder autour de mes chèvres, raconte l'éleveur. Alors j'ai pris ma carabine et j'ai visé.» Il lui aura suffi d'une seule balle, «un coup de chance pour moi qui ne suis même pas chasseur» pour abattre l'animal et s'apercevoir qu'en fait de chien il s'agissait plutôt... d'un loup !

C'était le 2 juillet. La nouvelle ministre de l'Ecologie, Nelly Ollin, avait aussitôt condamné cet acte mené «sans que les procédures du protocole mis en place aient été préalablement respectées».

D'habitude, les bergers braconniers font des trous dans la montagne..

L'histoire aurait pu s'arrêter là et l'affaire être passée sous silence avec l'enfouissement de la dépouille du loup, comme cela se produit parfois en secret dans les montagnes.

C'était sans compter le frère du berger, maire d'une petite commune voisine, bien décidé à prouver la présence de la bête sur ses terres. Le lendemain du tir, il vient chercher l'animal et le transporte jusqu'à la porte de la maison du parc naturel régional des Bauges, où se trouve également l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Deux jours plus tard, tout le monde est au courant. Du loup abattu et de l'auteur du tir. «Personnellement, j'aurais préféré que personne ne sache jamais rien de cette histoire», confie le berger, qui risque 9 000 euros d'amende et jusqu'à six mois de prison pour avoir abattu une espèce protégée. «Mais là au moins on ne pourra plus dire qu'il n'y a pas de loup en Bauges !»

Sortie des violons

Tout en nourrissant un agneau au biberon, l'éleveur raconte ses vingt étés passés sur cet alpage, sa bataille permanente contre les chiens errants, son bouc dévoré l'an passé, «peut-être par le loup mais les gardes ne sont pas venus faire de constat». Lorsque des randonneurs s'arrêtent à la bergerie, il reprend en détail son histoire, insiste sur ce tir «de 106 mètres !», et assure que si c'était à refaire il tirerait à nouveau, sauf qu'on lui a confisqué sa carabine.

«Zéro loup». «On avait zéro loup dans les Bauges, maintenant on en a moins un», ironise-t-on dans les couloirs de l'ONCFS. Les gardes assurent en effet qu'aucun indice ne permettait de suspecter la présence du loup dans le massif : pas une empreinte, pas une carcasse et toujours autant de gibiers sauvages.

«Il suffisait pourtant d'observer la colonisation vers l'est de l'animal pour savoir qu'il allait arriver», reproche Isabelle Bouvier, qui possède, elle aussi, un troupeau de chèvres dans un immense parc situé plus au sud, sous la croix du Nivolet, juste au-dessus de Chambéry. Ici, pas de fusil à la cabane, juste un chien qui aboie mollement contre les intrus. «Il aurait fallu nous mettre en zone à loups avant qu'ils arrivent. Ç'aurait décrispé la situation et nous aurions pu recevoir des subventions pour nous protéger. C'est dommage que la prévention ne soit pas au programme du plan loup !»

Il y a quelques semaines, Isabelle avait justement décidé de se procurer des chiens de protection : «J'ai demandé s'il existait des subventions pour m'aider, on m'a dit non. Mais avec ce qui s'est passé, ça va peut-être changer...» Propriétaire de 70 chèvres, qu'elle trait deux fois par jour à la main avec son mari, Isabelle veut continuer de croire que des solutions existent. «Mais il faudrait que les éleveurs et le