Actualités loups Alpes 2004

12 mars 2005

Wolf howling : suivi estival des loups 2004 par hurlements

La méthode du hurlement provoqué ou « Wolf howling », est une méthode qui permet de confirmer la présence de loups dans des zones de territoire en imitant le hurlement du loup.

Débutée à titre expérimental en été 2003, cette méthode «du hurlement de loup» a de nouveau été reconduite en 2004, dans 10 zones de présence permanente (présences du loup pendant au moins 2 hivers)

  • Queyras (05), Clarée (05),
  • Vésubie (06), Moyenne Tinée (06), Haute Tinée (06),
  • Vercors hauts plateaux et Vercors Ouest (26/38), Belledonne (38/73), Taillefer (38)
  • Canjuers (83).
  • La ZPP du haut Verdon-Ubaye a également été prospectée,

Les prospections ont eu lieu du 15 juillet au 15 septembre, période pendant laquelle il est possible de différencier la voix des jeunes de celles des adultes. Les hurlements d’appel sont lancés par des hommes. Les moyens de reproduction audio n’ont pas été convaincants.

Meutes transfrontalières ou meutes distinctes ?

Hurlement_1 Certaines zones transfrontalières ont été prospectées en simultané avec les équipes italiennes pour déterminer s’il existait des meutes différentes de part et d’autre de la frontière ou s’il s’agissait des mêmes animaux. Si des réponses avec des jeunes sont obtenues de chaque côté au même moment, la thèse de meutes différentes est fortement probable. Ce qui n’est pas le cas s’il s’agit d’adultes, les animaux pouvant ne pas être ensemble à ce moment là contrairement aux louveteaux qui sont regroupés au même endroit.

Ont ainsi été prospectées en simultané :

  • le Queyras et le Val Pellice : réponse avec des jeunes uniquement du côté français
  • la Clarée et Bardonnechia : réponse avec des jeunes uniquement du côté italien
  • Vésubie et Guercha : réponse avec des jeunes des 2 côtés donc existence de 2 meutes distinctes
  • Haute Tinée et Alta Val Stura : réponse avec des jeunes uniquement du côté italien
  • Le Vercors hauts plateaux et le Vercors Ouest ont également été prospectées en simultané. Une réponse avec des jeunes a été obtenue du côté Vercors Ouest et une réponse sans jeunes du côté Hauts Plateaux : l’hypothèse de 2 meutes distinctes n’est donc pas confirmée.

9 reproductions confirmées en 2004

La méthode du hurlement provoqué permet également de déceler les reproductions au sein des groupes. Zone italienne comprise, 10 groupes ont été contactés parmi lesquelles 9 indiquaient la présence de jeunes dans les zones du Queyras, de Bardonneche, de Vésubie, de Guercha, de Moyenne Tinée, de Alta Val Stura, du Vercors Ouest (reproduction pour la première année), Belledonne et haut Verdon/Ubaye.

Pendant les prospections, un groupe de 4 loups a été observé dans le Vercors (2 à 3 individus avaient été recensés en hiver 2003/2004). Dans le Taillefer, 3 loups ont été observés et les traces de 4 individus ont été relevées (2 individus recensés en hiver 2003/2004).

Source : Bulletin d'Information du réseau Loup n° 12

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© image www.reportage.loup.org

06 janvier 2005

Office National de la Chasse : Reviens Gamin ! C'est pour rire.

Onc_gouv Nous avons appris le 14 décembre que les agents de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage des Alpes Maritimes (04) ont acheté une dizaine de brebis vivantes destinées à servir d'appât dans le but de tirer un loup dans le cadre du quota de quatre loups valable jusqu'au 31 décembre 2004.

Sur la commune du Beuil, à 1630 m d'altitude en zone périphérique du Parc National du Mercantour, les agents de l'ONCFS ont monté un affût dans une grange et parqué les brebis vivantes à proximité. À l'aube du vendredi 17 décembre, nos bénévoles, accompagnés d'une équipe de télévision, ont pris en flagrant délit les agents de l'ONCFS en pleine embuscade.

Ces méthodes sont peu orthodoxes. L'arrêté du 13 août 2004 précise que les tirs ne peuvent être menés que sur les territoires où "les dommages sont importants malgré la mise en place des mesures de prévention", ou dans les cas où "des moyens de protection efficaces contraindraient fortement les conditions d'exploitation au point de remettre en cause le fonctionnement des systèmes pastoraux les plus adaptés". Certes, sauf qu'à la mi-décembre, les brebis sont depuis longtemps en bergerie et le loup ne menace donc plus ni les brebis ni les systèmes pastoraux.

On ne peut que regretter ces pressions mises sur l'ONCFS à quelques jours de la fin de l'autorisation de tir. On peut regretter également que l'État utilise sa police de protection de la nature dans le but de contrevenir à un arrêté qu'il a lui même promulgué.

Nous sommes restés vigilants sur le terrain jusqu'au 31 décembre. Un grand merci à tous nos bénévoles qui se sont investis à nos côtés pour parcourir la montagne dans tous les sens par tous les temps. Sans eux, les abus dans cette procédure de tir n'auraient pu être dénoncés de façon aussi flagrante.

France Nature Environnement

Test de la méthode du hurlement de loup provoqué - Compte rendu du suivi estival pour la reproduction du loup 2004

Objectifs et méthode

En 2003 un test de suivi systématique estival des loups a été initié dans un cadre expérimental (Réseau loup 2003 : Compte rendu du suivi du loup 2003 : bilan de l’hiver 2002/2003 et été 2003) par la méthode du hurlement de loup provoqué. Basé sur la technique classique du «rappel» utilisé chez d’autres espèces (oiseaux notamment), les loups répondent à la provocation artificielle selon un mécanisme de défense territoriale.

Ce plan expérimental portait sur l’évaluation des possibilités de détecter les épisodes de reproduction au sein des meutes au travers de l’estimation des taux de réponse. De même était évaluée la faisabilité de mise en place effective sur le terrain comme le choix des sites de prospections, le type d’échantillonnage et l’évaluation de l’effort de terrain à fournir.

Mise en place et plan d’expérience

En 2004 les opérations ont été reconduites, toujours dans un cadre expérimental, sur 10 zones de présence permanente «test » déjà prospectées en 2003, avec les caractéristiques suivantes :

  • 10 zones de présence permanente (ZPP) prospectées sur plan expérimental (sélectionnées parmi les 13 ZPP identifiées durant l’hiver 2003/2004) : Le Queyras (05), Belledonne (38 – 73), Taillefer (38), Vésubie-Tinée (06), Moyenne Tinée (06), Haute - Tinée (06), La Clarée (05), Le Vercors Hauts Plateaux et Ouest (38 – 26), Canjuers (83), + 1 ZPP hors plan d’expérience : Haut Verdon-Ubaye (04).
  • Les groupes de suivi locaux du réseau incluant tous les partenaires ont mis en place et réalisé cette opération de la même manière que les sorties systématiques hivernales.
  • Certaines zones, pour lesquelles on ne connaissait pas la nature des individus qui les occupent, ont été prospectées en simultané pour mettre en évidence l’existence de meutes distinctes. C’est le cas notamment des zones transfrontalières ou du Vercors pour lesquelles aucune preuve matérielle ne laissait transparaître l’existence de 2 meutes distinctes. En effet, si des réponses avec des jeunes de chaque côté permettent d’accréditer la présence de 2 groupes distincts, en revanche, la détection d’un épisode de reproduction d’un seul côté ne permet pas de conclure même s’il y a réponse d’adulte des 2 côtés (les adultes peuvent ne pas être ensemble à l’instant T). Ainsi, une collaboration a été effective avec les équipes italiennes en simultané sur les zones frontalières de la Clarée, du Queyras, de la Vésubie et de la Haute Tinée (provinces de Turin et de Cuneo).

L’échantillonnage par point a été utilisé pour les différents sites, classés a priori dans 3 catégories pour lesquelles les taux de réponses étaient suspectés variables de part la nature du site :

  • Catégorie I : ZPP d’une meute où la reproduction a déjà été montrée pour l’année considérée (par des observations visuelles ou des hurlements antérieurs à l’expérience). Le hurlement provoqué peut-il mettre en évidence la présence des jeunes (sachant qu’ils sont présents), et si oui avec quelle régularité ? (site témoin).
  • Catégorie II : ZPP d’une meute sans connaissance a priori de l’existence d’une reproduction pour l’année en cours. Quelle est la possibilité de rentrer en contact avec un groupe de loups installé sur un territoire ? (site expérimental)
  • Catégorie III : ZPP avec peu de connaissance (un seul individu ou recherche hivernale difficile). Le hurlement provoqué peut-il être une méthode de prospection de la présence de l’espèce, alternative au suivi hivernal ?

Hurlements de loups Chaque site a été prospecté avec 2 à 4 points d’émission de hurlements de loups répétée 3 à 7 fois selon les sites. La période du 15 juillet au 15 septembre a été retenue, période pour laquelle les jeunes sont localisés sur des sites de rendez-vous et où il est possible de différencier un jeune d’un adulte à la fréquence sonore de sa voix. Un protocole identique à ceux décrits dans la littérature internationale et déjà utilisé par les équipes italiennes, a été mis en oeuvre.

L’émission à la voix humaine a été choisie suite aux expériences peu onvaincantes d’utilisation de systèmes plus élaborés testés en 2003 (mini-disc, ampli…). La consultation des spécialistes internationaux confirme que le type d’émission n’a pas d’influence significative sur le taux de réponse (Harrington, comm. pers.) dans la mesure où une certaine gamme de fréquence et une séquence modulée sont respectées.

Concernant la faisabilité des opérations de terrain, le choix des points d’émission a été déterminé grâce aux connaissances des correspondants locaux du Réseau, des contraintes d’accessibilité de nuit, des surfaces maximales prospectées, des propagations des signaux et des possibilités d’écoute des réponses potentielles.

Tests d’enregistrement pour individualiser les signatures acoustiques des loups

Au cours de l’été 2004, Frédéric SEBE, étudiant en thèse à l’INRA sur la communication animale (SEBE F. (2004) : Le wolf howling : un outil pour le recensement et la conservation des loups : possibilités et limites de cette méthode. – colloque Orléans « La cohabitation hommes/grands prédateurs en France »), a apporté son concours au Réseau pour réaliser des enregistrements et analyser les sonagrammes avec du matériel adapté de prise de son. L’objectif du test était de mesurer l’apport de cet outil appliqué en nature dans la différenciation louveteaux / adultes par rapport à celle pratiquée à l’oreille humaine.

Récapitulatif des résultats du test d'évaluation du suivi estival du loup (2004) réalisé par les groupes de suivi locaux du Réseau loup/lynx Tableau  : Récapitulatif des résultats du test d'évaluation du suivi estival du loup (2004) réalisé par les groupes de suivi locaux du Réseau loup/lynx.

Résultats

Au total, 231 points ont été prospectés sur les 2 années. Pour l’année 2004, les résultats sont portés dans le tableau 1. Dix groupes de loups ont été contactés (Zone italienne comprise) parmi lesquels 9 groupes avec présence de jeunes de l’année en 2004 (un contact d’adultes mais pas de jeunes sur Vercors Hauts plateaux).

Des taux de réponses variables selon la catégorie des sites prospectés

L’expérience met en évidence des taux de réponses assez bons (par rapport à la littérature sur le sujet en nature) sur les zones de présence bien connues. Ces taux de réponses restent cependant très variables (identiques pour les 2 années de suivi). La source de variation dépend :

  • de la catégorie du site de prospection ;
  • des antécédents de reproduction connus ou non dans la meute les années précédentes.

Ainsi, on a entre 38% et 74% de chance de détecter les animaux sur le secteur témoin (présence de jeune connue) si on avait connaissance d’un site de rendez-vous les années précédentes. Cette probabilité tombe entre 4% et 43% de chance de contacter les animaux sur un secteur de la même catégorie mais sans connaissance les années antérieures de site de rendez-vous.

En revanche, la technique s’avère peu rentable comme outil de suivi classique du loup (catégorie 3) sachant que la probabilité de détecter la présence de (ou des) animaux est faible.

La mise en évidence des jeunes de l’année dans les chorus est moins évidente qu’il n’y paraît

(Chorus : Hurlement produit par l’ensemble des animaux) En général, les hurlements d’adultes sont structurés, durent plusieurs secondes et sont facilement reconnaissables. Les jeunes ne sont pas encore capables de structurer leurs hurlements et produisent plutôt des jappements qui sont couverts par les émissions des adultes. Cependant les modulations de fréquences des adultes ne sont pas rares et la confusion avec des jeunes est notable. Associée à la pollution sonore de l’environnement (bruit des rivières, du vent…) et la distance de réception, la distinction entre jeunes et adultes doit faire l’objet de toutes les attentions. Aussi lorsqu’une réponse est entendue, il convient de faire répéter le chorus (hurlements produits en même temps par l’ensemble des animaux ) autant de fois que nécessaire pour discriminer les hurlements dans une réponse simultanée des adultes et des jeunes.

Des signatures acoustiques enregistrées très dépendantes des contraintes environnementales et un dénombrement des individus difficile

Des enregistrements exploitables ont pu être réalisés sur seulement 3 sites (Queyras, Vercors, Moyenne Tinée). Les contraintes environnementales et la distance de réception sont les principales causes limitantes (voir SEBE, 2004 (2) ). A l’oreille, il devient difficile (voir impossible) de dénombrer les animaux au-delà de 3 individus répondant. Sur les enregistrements exploitables, il s’avère que la plus-value reste faible par rapport à ce que peut détecter une oreille bien entraînée, en l’absence de maîtrise des contraintes environnementales. Cependant, cet outil peut s’avérer utile pour confirmer (avec le son et l’image) un nombre minimum d’adultes et la présence de jeunes, et surtout pour archiver et ré-analyser les sons. Cet outil devra faire l’objet d’amélioration en matière d’étude et recherches avant généralisation de son application.

Une période d’échantillonnage à recaler

Rappelons que les opérations se sont déroulées entre le 15 juillet et le 15 septembre, période la plus propice pour détecter la voix des louveteaux par rapport à celle des adultes. Cependant, il semble que le mois de juillet soit encore précoce pour détecter les sites de rendez-vous. Un échantillonnage basé sur 2 séances par site, une entre le 25 juillet et le 15 août (3 nuits) et l’autre entre le 25 août et le 15 septembre (3 nuits) devra être employé les années futures.

Une pression d’observation et une organisation soutenue nécessaires

L’organisation d’un protocole sur des séries de points d’échantillonnage bien identifiés pour couvrir le maximum de terrain et répétés dans le temps est un point essentiel pour la réussite d’interprétation des résultats. Aussi, le nombre de journée-agent est important et il est nécessaire d’impliquer tous les partenaires du Réseau encadré par un opérateur technique responsable des opérations. Ce rotocole suscite aussi l’intérêt de beaucoup de tiers souhaitant participer. Pour limiter les égarements, les tiers seront autorisés à participer pour doubler un correspondant sur un point dans la mesure des besoins et s’ils sont inscrits dans le plan d’organisation auprès du responsable des opérations.

Révision de la fiche de terrain

Suite aux remarques des utilisateurs, une nouvelle version de la fiche de terrain sera réalisée pour la rendre plus lisible et en ajoutant des éléments supplémentaires sur la qualité d’écoute et les comportements des loups faces aux émissions.

Wolf-Howling : conclusions

  • Au total, 10 groupes de loups ont été contactés (zone italienne comprise) avec apparition d’une nouvelle meute coté italien entre la Haute Tinée et la Vésubie.
  • Mise en évidence de 9 meutes reproductrices en 2004 parmi ces 10 groupes, dont une reproduction pour la 1ère année dans le Vercors.
  • Fidélité significative aux sites de rendez-vous identifiés en 2003.
  • Des taux de réponse encourageant pour une application de la méthode aux activités de suivi conduites par le Réseau (conditionnés néanmoins à la connaissance des meutes par les suivis hivernaux).
  • Investissement en journées-agents important qui ne peut être réalisé uniquement par des tiers (connaissance du site et historique nécessaire par des professionnels).
  • Exploitation des enregistrements avec peu de plus-value pour l’instant, nécessitant un investissement méthodologique supplémentaire, notamment sur la propagation des signaux sonores.

En conclusion, il est intéressant de poursuivre le hurlement provoqué grâce auquel on obtient des informations sur un des paramètres essentiels de la dynamique de population : le succès reproducteur, que l’on avait du mal à mettre en évidence sans investissement supplémentaire en été. La méthode pourra être étendue à l’ensemble des zones de présence permanente l’été prochain dans la procédure Réseau. Il s’avère indispensable que les équipes qui suivent les meutes supposées trans-départementales ou transnationales réalisent ces opérations en simultané. L’organisation sera discutée dans les réunions annuelles de restitution en juin prochain 2005.

Remerciements

Ces opérations n’auraient pu se dérouler sans la participation des membres du réseau et de bénévoles, qu’ils en soient remerciés. Sandrine et Frédéric tiennent à remercier l’ensemble des équipes pour l’accueil qui leur a été réservé pendant cette période de stage sur les différents sites, ainsi que pour leurs conseils et leur aide dans l’organisation de cette mission sur le terrain.

Sandrine LONGIS, Yannick LEONARD,
Frédéric SEBE, Christophe DUCHAMP.
Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 12

Grands prédateurs : un pré-examen de la structure des poils précède les analyses génétiques

Avant les analyses génétiques auxquelles un poil peut être soumis, une pré-analyse par microscopie peut s’avérer intéressante pour isoler une espèce ou au moins un groupe d’espèces. Cette technique est utilisée pour l’analyse du régime alimentaire des restes de proies trouvés dans les excréments.

Une fourrure est composée de plusieurs variétés de poils. Dans le cas d’une détermination d’espèce c’est le poil de jarre (poil long généralement pigmenté de la partie visible de la fourrure) qui permet d’obtenir des résultats. L’examen est réalisé avec un microscope binoculaire à grossissement variable et se fait sur 4 critères : - l’examen de la forme générale, de l’organisation des cellules de la médulla (partie interne du poil), de la forme des écailles recouvrant celui-ci et de l’organisation cellulaire interne par la coupe transversale. Les échantillons sont ensuite comparés à des collections de référence et atlas.

Ainsi par exemple, un poil ondulé, indique un poil d’artiodactyle permettant d’écarter les carnivores. Le cas le plus simple reste le sanglier où l’aspect général du poil, épais et fourchu, peut suffire à la détermination.

Coupe_poil_loup La structure de la médulla est un des critères majeurs dans l’identification. A titre d’exemple (voir photo) la médulla dans un poil de loup est fragmentée et réticulée à proximité du bulbe puis noire et opaque ensuite. L’examen de l’empreinte des écailles du poil sur un vernis permet en général de compléter la première identification.

Enfin, la coupe transversale s’avère bien souvent nécessaire pour distinguer les poils de différentes espèces d’ongulés.

Dans le cadre des poils récoltés directement sur site par les correspondants, l’objectif est, dans un premier temps, de faire un tri avant les envois pour analyse génétique pour exclure tous les poils autres que ceux de carnivores.

Les différents poils collectés ont fait l’objet, cet automne, d’une pré-analyse. Les résultats sont présentés dans le listing ci-après. (Voir : Bulletin d'information du réseau loup n°12 )

Dès lors qu’il s’agit d’un poil de carnivore, ou qu’un doute subsiste, l’échantillon, s’il est entier avec le bulbe, fera l’objet d’une analyse génétique.

Yannick LEONARD
Source : Bulletin d'information du réseau loup n°12

Grands prédateurs : le point sur les analyses génétiques

Comme annoncé dans le bulletin du réseau loup n° 11,  le marché passé avec le laboratoire de génétique de Grenoble est opérationnel avec un contrat de 3 ans depuis mars 2004 et concerne les deux espèces «loup» et «ours ». Ce marché permet aujourd’hui d’absorber environ 4 fois plus d’échantillons qu’il n’était possible auparavant, soit environ 300 échantillons loups par an. Les échantillons sont préparés à l’ONCFS et remis au laboratoire avec une périodicité de 2 mois, les résultats étant restitués (détermination de l’espèce, lignée et individus) selon cette même périodicité.

Pour le mois d’octobre, une «session loup » a été cédée au profit d’une session «ours» face à l’urgence des derniers événements. (La mort de Cannelle, tuée par un chasseur.) Les analyses «loup » ont repris au 20 novembre avec la livraison de 100 nouveaux échantillons. Les premières sessions ont concerné les sites situés en dehors des Alpes Maritimes pour des raisons de disponibilité d’échantillons prêt à l’emploi. Aussi, les autres sessions jusqu’en mars 2005 seront dédiées principalement aux analyses des Alpes Maritimes (sauf exception ou cas d’urgence) sur la base d’un sous-échantillonnage par site et par an ainsi que tous les nouveaux secteurs en marge des zones connues.

Vous trouverez en annexe les listings des analyses génétiques réalisées depuis mars 2004 à ce jour. Sur ce listing figurent l’espèce et le sexe de l’animal typé. Cependant, le profil génétique individuel diffère sous sa forme actuelle par rapport aux résultats précédents du fait d’un changement de séquenceur au laboratoire de Grenoble. En effet, ce nouveau matériel possède des caractéristiques différentes du premier et les résultats qu’il fournit sur les génotypes doivent faire l’objet d’un développement méthodologique pour pouvoir les relier aux analyses des années précédentes. Cette opération, qui nécessite des tests en aveugle est longue mais l’acquisition, par le laboratoire, de ce nouvel outil plus performant permet d’absorber le flux important d’échantillons à analyser.

Christophe DUCHAMP

Source : Bulletin d'information du réseau loup n°12

04 janvier 2005

Bulletin d'information du réseau loup n°12 de décembre 2004

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

La buvette publie tous les bulletins d'information du réseau loup. En voici l'exemplaire suivant et son sommaire.

Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°12
31 pages - PDF 808 ko décembre 2004

  • Le plan d'action loup 2004-2008 est paru : Le 8 novembre 2004 la version définitive du plan d’action sur le loup a été diffusée. Ce plan trace les grandes lignes de la gestion de la problématique loup / élevage pour la période 2004 - 2008 dans le respect des engagements internationaux et pour tenir compte des spécificités pastorales françaises.
    Ce plan prévoit de réduire l’impact du loup en accompagnant les éleveurs (application de la mesure T, prise en compte de la vulnérabilité des exploitations), et de gérer les populations de loups (efforts de suivi, connaissance et études, régulation annuelle limitée). Il envisage un renforcement de la coopération transalpine et une poursuite des efforts
    d’information et d’échanges entrepris au travers de la communication.
  • Près de chez nous : un loup colonisateur suivi pas à pas.
  • Le loup dans l'Ain : Une observation récente. En octobre 2004, un nouvel élément, en l’occurrence une observation visuelle, relance la possibilité de la présence du loup dans l'Ain.
  • Patrick Rouand quitte ses fonctions d'animateur du réseau Grands Carnivores Rhône-Alpes-Jura.
  • Collecte des excréments : rappel sur quelques précautions nécessaires.
  • Test de la méthode du hurlement de loup provoqué - Compte rendu du suivi estival pour la reproduction du loup 2004 : Au total, 10 groupes de loups ont été contactés (zone italienne comprise) avec apparition d’une nouvelle meute coté italien entre la Haute Tinée et la Vésubie.
  • Un pré-examen de la structure des poils précède les analyses génétiques.
  • Le point sur les analyses génétiques.
  • Résultat de l'analyse de la structure de 52 échantillons de poils
  • Bilan provisoire des dommages aux troupeaux domestiques au 31 octobre 2004
  • Listing des indices avril 2004 à novembre 2004
  • Listing des analyses génétiques réalisées du 1 mars 2004 au 01 décembre 2004

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29 décembre 2004

Le loup de Nohèdes : Analyse stratégique et territoriale du retour du loup dans les Pyrénées : modalité, réalité et perspectives (Farid Benhammou)

Farid Benhammou, géographe, doctorant en Sciences de l’Environnement - ENGREF

Résumé - Le loup a fait son retour dans les Pyrénées dans la plus grande discrétion. Cet événement s'est produit dans le massif du Madres-Coronat (Pyrénées-Orientales) où se posent la plupart des enjeux des territoires ruraux qui connaissent la recolonisation par les grands prédateurs : transformation des écosystèmes et des paysages, encouragement et dénonciation à la fois de la conservation de la nature, mutation socio-économique des activités humaines et principalement du pastoralisme.

Cette étude de cas montre que le retour du loup ne se réduit pas à une opposition entre des protecteurs idéalistes du loup et des éleveurs figés dans leurs pratiques ancestrales. En effet, malgré un contexte médiatique, socio-professionnel et politique difficile, des acteurs de l'Agriculture et des acteurs de l'Environnement ont oeuvré ensemble pour favoriser la coexistence pastoralisme / loup dans un espace montagnard. Dans la mesure où de plus en plus de territoires, y compris dans les Pyrénées, vont être concernés par cette présence, il paraît intéressant et urgent de tirer quelques enseignements.

  • Des acteurs agricoles pragmatiques de terrain, associés aux acteurs d’environnement sont des leviers cruciaux de résolutions des difficultés et des conflits
  • Une structure « aire protégée » est un dispositif qui offre également des marges de manoeuvre
  • La réactivité et la vigilance sur la communication sont nécessaires
  • De la flexibilité doit être encouragée pour réagir au plus vite à une situation qui risque de se généraliser non seulement aux Pyrénées (dont une partie du territoire est indirectement et partiellement préparée grâce aux mesures Ours) mais aussi à toute une série de territoires ruraux marginaux.

Le loup a fait son retour dans les Pyrénées

Le loup a fait son retour dans les Pyrénées-orientales reproduisant et annonçant les difficultés de gestion de la problématique des grands prédateurs sauvages en territoires ruraux marginaux. Cependant, même si des maladresses ont pu avoir lieu en raison du caractère hautement sensible du dossier, il s’agira de souligner ici les originalités qui ont pu et qui pourront améliorer le traitement local du retour du loup. Certes, le caractère géopolitique du grand prédateur n’a pas été absent. Autrement dit, il y a eu des tentatives politiques, syndicales et médiatiques qui ont pu avoir pour effet d’attiser des conflits entre opposants et protecteurs du loup. En effet, l’animal prédateur sauvage est communément utilisé pour critalliser des malaises socio-territoriaux et des réticences à la conservation de la nature (Benhammou, 2003 ; Benhammou et Laurent Mermet, 2003 ; Degeorges, 2004).

Néanmoins, les objectifs de notre propos sont de montrer que la grande particularité dans le retour du loup dans les Pyrénées-Orientales a été un partenariat étroit entre des acteurs d’environnement et des acteurs agricoles pour favoriser la coexistence pastoralisme / loup, de faire une analyse critique de la gestion du dossier à tous les niveaux et d’aborder les perspectives alors que la Catalogne vient de reconnaître officiellement (début 2004) la présence de loup sur son territoire. [ Par « acteurs d’environnement », nous entendons le sens défini par Mermet (1992 ; 2004 à paraître) : « La tentation est forte en effet de considérer comme acteurs d’environnement tous ceux qui sont impliqués dans le problème environnemental que l’on considère, ou bien tous ceux qui mènent des actions à objectif environnemental affiché. Nous lui donnons un sens beaucoup plus étroit : le ou les acteurs qui dans une situation donnée, jouent effectivement (à la fois dans le discours et par les actions constatées) un rôle d’agent de changement vis-à-vis des acteurs régulateurs (élus territoriaux, préfet…) » (in Mermet, à paraître)]

Ce travail est le rendu d’enquêtes de terrain, régulièrement actualisées, menées en étroite collaboration avec les acteurs directement en prise localement avec le dossier [Un article plus complet traite de la même question dans la Revue Sud Ouest Européen ( n°16 de 2003 paru en 2004 qui porte sur « Pastoralisme et environnement »)].

Carte du massif de Madres Coronat Carte du massif de Madres Coronat

1. L’arrivée du loup dans les Pyrénées-Orientales

Un jeu d’acteur particulier sur le massif du Madres-Coronat.

La zone montagnarde des Pyrénées-Orientales se caractérise par des territoires à forte biodiversité qui résultent d’éléments biogéographiques divers, des conséquences des activités humaines pluriséculaires et d’une dynamique de reconquête des milieux naturels suite à une certaine déprise agricole. Dans ce contexte, cette partie des Pyrénées est une des plus riches en réserves naturelles fédérées au sein d’une confédération (la Confédération des Réserves Catalanes).

Le parc naturel, qui est en cours d’installation, mise à la fois sur un patrimoine culturel et naturel riche. Le territoire, qui a été concerné au premier chef par le loup dans la seconde partie des années 1990, se situe au sein de la Réserve de Nohèdes, elle-même base du site Natura 2000 sur le Massif du Madres-Coronat qui s’étend sur 25 000 ha. Le jeu d’acteur y est particulier. Les chasseurs sont intégrés à la gestion de la réserve [La chasse est autorisée sur te territoire de la réserve. A noter également que le conservateur de la réserve siège à l’ACCA de Nohèdes.] tout comme les acteurs du tourisme (accompagnateurs de montagne principalement) et les acteurs pastoraux. La gestion et la promotion du site Natura 2000 sont fréquemment mises en avant comme un modèle puisque nous n’y retrouvons pas les tensions courantes liées à ce dossier en milieux ruraux (AGRNN, 2004).

L’activité pastorale et les premières difficultés liées à la prédation

Le territoire de Nohèdes et des Pyrénées-Orientales ont connu historiquement des fluctuations de la présence du pastoralisme. Après une grande tendance d’abandon des territoires pastoraux liée à l’exode rurale et à la réorganisation moderne des systèmes agricoles, une reconquête modérée a été amorcée à partir des années 1980 (Salvador, 2003). Elle est principalement le fait de néo-éleveurs [Le terme de néo-éleveur nous semble plus précis que le terme de néo-rural communément employé dans ce contexte. Or ce terme nous paraît plus vaste puisque rural n’est pas synonyme d’agricole. Le terme de néo-paysan paraît également tout à fait approprié.] et l’élevage bovin pour la viande tend de plus en plus à être majoritaire.

Les éleveurs ovins, principalement pour la viande, à l’activité généralement la moins rentable, ont souvent eu les terroirs les plus difficiles. C’est le cas pour l’éleveur travaillant sur le territoire de la Réserve de Nohèdes. N’ayant pas reçu les meilleurs conseils et les soutiens techniques au moment de son installation (Lambert in Salvador, 2003), le système d’élevage en question a pâti d’emblée de difficultés d’exploitation liées à l’inadaptation des équipements pastoraux et à l’insuffisance de main d’oeuvre.

En raison d’un climat qui pouvait s’y prêter, ces handicaps ont été compensés par la possibilité de laisser les brebis en pacage libre. La réserve de Nohèdes a d’ailleurs encouragé la présence de l’élevage sur son territoire car cela entrait bien dans la prise de conscience et dans le discours sur la portée agri-environnementale de certaines activités. Cependant, quelques années après son installation, le troupeau commence à subir une prédation chronique.

Evolution de la prédation sur l'estive de Nohèdes depuis 1992 Tableau : Evolution de la prédation sur l'estive de Nohèdes depuis 1992. Tableau extrait de Salvador (2003)

Jusqu’au milieu des années 1990, tout montre qu’il s’agit d’une prédation de chien. Cette question est depuis longtemps soulignée comme un vrai problème pastoral par les organismes agricoles régionaux [En cela ils se distinguent des organismes alpins qui, maintenant, suite au retour du loup dans les Alpes, se crispent et parlent de faux problèmes quand cette question de prédation de chien est abordée (Garde et Vors, 2001).] (Pistolesi, 1998). Cependant à partir de 1997, plusieurs soupçons évoquent la présence d’un prédateur sauvage qui s’est spécialisé. Un suivi de terrain se met en place et très vite, on s’aperçoit que les soupçons de l’éleveur sont fondés, ce grand canidé doit être un loup.

La récupération médiatique et socio-professionnelle

La question de l’origine du loup

Le résultat des analyses génétiques paru en 1999 confirme qu’il s’agit bien d’un loup et la souche identifiée est italienne, Canis lupus italicus. Au premier abord, ces conclusions sont étonnantes. Dès l’été 1999, la presse locale et surtout nationale se saisit de l’affaire. La question des grands prédateurs est un marronnier [Dans le domaine journalistique, un marronnier est un sujet que l’on traite régulièrement et dont on sait qu’il sera systématiquement payant sur un plan éditorial.] dans le domaine des médias et bénéficie toujours dans son traitement de sensationnalisme et de simplisme.

L'origine du loup de Nohèdes : venu des Abruzzes aux Pyrénées Photo : Loups des Abruzzes aux Pyrénées. Le retour du loup dans les Pyrénées vu par Paris-Match, une vision déformante.

Ainsi Paris Match (9 septembre 1999) fait un reportage choc sur le « loup de Nohèdes » et publie une carte extravagante montrant « l’itinéraire surprenant » du loup depuis le coeur des Abruzzes aux Pyrénées-Orientales.

Plus étonnant le journal Le Monde publie la même carte. Il est clair qu’avec une telle carte se fondant sur une origine italienne des loups, la thèse d’un lâché humain s’éveille. Cependant, certains éléments permettent de recadrer cette présence. Comme l’Espagne est à proximité et que ce pays compte une population de près 2000 loups, l’hypothèse d’un loup espagnol semblait la plus logique.

Il faut rappeler néanmoins que les premières populations viables de loups se situent bien plus à l’ouest de l’Espagne et que la distance qui les sépare des Pyrénées-Orientales est du même ordre que celle qui sépare les Alpes du sud aux Pyrénées-orientales. De plus, ce qui a poussé les concepteurs de la carte de Paris-Match à figurer un trajet partant des Abruzzes est que les loups italiens sont communément appelés « loups des Abruzzes » puisque c’est de cette région qu’est repartie la recolonisation de l’Italie.

Dans la mesure où l’on trouve maintenant du Canis lupus italicus dans les territoires alpins français et suisses, on peut également parler de loups italo-alpins. Même si une intervention humaine ne peut jamais être exclue à 100 %, bien qu’elle paraisse très difficile, la présence de loup de cette souche peut s’expliquer.

Plusieurs études ont montré que des infrastructures types routes, autoroutes, ponts… peuvent être utilisées et traversées par des loups (Mech, 1996 ; Mech and Boitani, 2003). La vallée du Rhône a donc pu être franchie. En outre, deux individus ont été retrouvés morts dans le Massif Central en 1997 et 1999 (Cantal et Puy-de-Dôme) montrant également la colonisation par bond et les grandes distances que les loups peuvent parcourir. Cela nous mène d’ailleurs à l’hypothèse suivante : il est fort probable que depuis déjà plusieurs années des loups erratiques parcourent des zones rurales françaises dans la discrétion la plus totale. Cependant, la diffusion d’informations tronquées et la cartographie parue dans la presse contribuent à diffuser la rumeur de lâchers clandestins récupérée par une partie de la profession agricole.

Mobilisation syndicale et interférences sur le terrain

Alors que l’éleveur est en pleine détresse face à cette situation de prédation qu’il a du mal à gérer jusqu’en 1998, plusieurs représentants professionnels essaient de tirer profit de la situation pour faire parler d’eux. Au premier titre, certains représentants agricoles départementaux (Syndicat Ovin Catalan, Confédération Paysanne des Pyrénées-Orientales.), sollicités par l’éleveur qui a besoin d’aide, mobilisent les médias. Ils convoquent des journalistes, rappellent :

  • qu’ils sont hostiles à tous les grands prédateurs,
  • que la cohabitation entre le loup et le pastoralisme est impossible,
  • qu’ils refuseront toutes les aides,
  • la seule solution demeurant le retrait pur et simple des prédateurs.

Très vite, le porte-parole de la section locale de la Confédération Paysanne, surpassant le syndicat majoritaire, récupère et contribue à la médiatisation d’une hostilité ouverte aux prédateurs sauvages (Benhammou 2001, De Bellefon et Benhammou, 2004). Le syndicaliste « alternatif » fait tout pour se montrer actif sur la question et pousse l’éleveur de Nohèdes à adopter des positions sans concessions. Néanmoins, l’influence du syndicaliste a des effets catastrophiques sur le terrain puisqu’il incite l’éleveur à ne pas se protéger et ne pas travailler différemment car « ce serait être d’accord avec la présence du loup ». Ces initiatives débouchent sur peu de choses concrètes concernant l’amélioration de la situation de l’éleveur face à la prédation. La mobilisation contre le loup fait même un certain tort à l’éleveur. En effet, elle freine considérablement le travail technique d’aide qu’essaient de mettre en place certains acteurs pragmatiques au sein de la Chambre d’Agriculture locale notamment. (Voir le graphique de prédation de l'estive de Nohèdes).

Partenariat entre acteurs d’environnement et acteurs agricoles

Le rôle des acteurs locaux d’environnement dans la résolution du problème. Dès 1998, l’équipe de la Réserve de Nohèdes est renforcée par un chargé de mission qui a une compétence de suivi «ours». Avec l’aide d’un agent de l’ONF mais surtout de l’ONCFS très à l’écoute des problèmes de l’éleveur, ils renforcent un suivi empirique qui leur permet de mettre au jour qu’un grand canidé parcourt la montagne. Leur conviction se dirige de plus en plus vers la piste loup. Or ils savent pertinemment que s’ils arrivent à montrer qu’un loup est responsable des attaques sur le troupeau, alors et seulement alors une série d’aides concrètes peuvent être débloquées.

La Réserve, n’ayant pas de moyens particuliers mais devant à la fois accepter la présence d’une espèce protégée et favoriser le pastoralisme, laisse cette mission prendre de l’ampleur même si l’agent n’hésite pas à donner de son temps libre. Il en est de même pour l’agent de l’ONCFS. Ils essaient du mieux qu’ils peuvent d’entretenir le dialogue avec l’éleveur aux humeurs variables. Parfois il les associe à ceux qui sont responsables de la présence du prédateur et parfois, il a conscience qu’ils essaient de l’aider. La résolution des difficultés et du conflit fait un saut qualitatif lorsque les acteurs d’environnement et des structures techniques agricoles décident de travailler ensemble.

La mobilisation technique des acteurs locaux de l’agriculture

Le SIME, Service Inter Chambre d’Agriculture Montagne Elevage de Languedoc –Roussillon est une structure qui s’investit activement dans les politiques de sauvegarde et de reconquête pastorale. Elle a particulièrement oeuvré dans les Pyrénées-Orientales pour favoriser l’organisation foncière des usagers des territoires pastoraux. Le SIME est particulièrement actif grâce notamment à la présence d’un ingénieur pastoraliste basée à Prades à une quinzaine de km de Nohèdes. Dans la continuité du soutien technique à l’élevage et appuyé par son chef de service, il s’est énormément impliqué afin de trouver des solutions à l’éleveur confronté au loup. Il aide à la réorganisation du système d’exploitation et met en place de nouveaux équipements qui ont pu être financés, entre autre, par le groupement pastoral  [Le groupement pastoral est une structure visant à regrouper des éleveurs dans le but d’exploiter et de gérer collectivement des espaces de pacage. Le groupement pastoral de Nohèdes est principalement composé par l’éleveur directement confronté au loup, auquel s’ajoute pour l’estive des petits éleveurs ou des retraités possédant quelques brebis].

Le SIME collabore également très étroitement avec la Réserve de Nohèdes, notamment quand un de ses agents travaille au placement de chiens de protection. Il a également diligenté toute une série d’études afin d’améliorer la compréhension et la prévention de ce genre de situation de prédation (Pistolesi, 1998 ; SIME, 1999).

Un soutien institutionnel varié

D’autres structures conjuguent leur travail afin d’améliorer la cohabitation naissante. La mairie s’investit particulièrement par le biais de la secrétaire et du maire, lui-même éleveur bovin. Ce dernier, bien qu’ayant subi les critiques d’une partie de la profession et bien que ne voyant aucun intérêt au loup, a dès le début essayé d’aider l’éleveur en question. La mairie a monté tout une série de dossiers de demande d’aide et, une fois accordée, elle a fait une avance de frais. En effet, via Natura 2000 notamment, la DIREN Languedoc-Roussillon a dégagé des crédits pour payer des cabanes de chantiers préfabriquées dans le but de favoriser le gardiennage du troupeau dans les différents quartiers d’estives.

Des fonds ont permis également de financer une aide-bergère et la DIREN Midi-Pyrénées, qui gère le dossier de l’ours, a fourni une aide concernant les chiens de protection. Dans ce contexte, le groupement pastoral a décidé d’embaucher un berger salarié expérimenté à temps plein. Enfin, la sous-préfecture a poussé un certain nombre de dossiers car toutes ces aides ont mis un certain temps à se débloquer ce qui n’a pas été toujours pour le mieux dans l’apaisement des tensions.

Au total, suite aux efforts de l’éleveur, des acteurs d’environnement (la réserve de Nohèdes étant motrice) et des acteurs agricoles qui ont mobilisé autour d’eux pour obtenir des soutiens, la prédation a très fortement diminué (voir le tableau des prédations sur l'estive de Nohèdes). Certes, dès 2000, des rumeurs font état de la disparition naturelle ou de l’élimination de la présence de loup, cependant des éléments récents montrent qu’il y a encore des loups dans la région.

Remarques critiques

Les risques liés au temps perdus. Dès 1996-1997, l’éleveur est demandeur d’aide face à une situation qu’il a du mal à gérer. Or, les acteurs de terrain locaux n’ayant pas de «culture loup», ne savent pas ce qu’il faut rechercher et surtout, il n’y a pas de moyens pour cela. Ce n’est que fin 1998 avec principalement la motivation d’un nouvel agent de la Réserve de Nohèdes et d’un agent technique de l’environnement de l’ONCFS que des indices sont trouvés et récoltés. Les résultats mettent six mois à arriver, en plein été autrement dit en plein saison d’estive. Malgré cela, des aides ont leur aval pour être débloquées mais le groupement pastoral reproche toujours des investissements qu’il a financé et qu’il pensait, à tort, se faire rembourser.

Des dossiers délicats pour les administrations de l’Environnement et de l’Agriculture

Même si des acteurs d’environnement de terrain peuvent développer des synergie avec des acteurs agricoles, il en est autrement au niveau national. L’administration de l’Environnement est dépassée par le dossier des grands prédateurs jugé coûteux et polémique. Déjà affaiblie et attaquée de toute part, cette administration se méfie de l’irruption du loup à l’extérieur des Alpes. Elle n’est donc pas toujours à même d’apporter le soutien et la flexibilité (déblocage des moyens, cadres et objectifs) que l’action des agents de terrain nécessite. Quant aux administrations agricoles, elles ont longtemps délaissé ce dossier des grands prédateurs qui révélait la situation du pastoralisme dont les politiques publiques qu’elles ont soutenu sont grandement responsables. En outre, le poids de la profession a pu se faire sentir jusque dans le Ministère de l’Agriculture lorsque celui-ci a refusé un soutien sollicité par le SIME et la réserve de Nohèdes. Mais là-aussi, la situation tend à évoluer et l’action pragmatique des DDAF alpines ont souvent beaucoup oeuvré dans le sens de la résolution des conflits.

Le militantisme écologique : les accompagnateurs de montagne

Les agents de terrain de l’Environnement se contentent d’apporter des solutions techniques sans répondre à la polémique. Lors des présentations de Natura 2000 et des séances de rédaction du document d’objectif du site Madres-Coronat, la Réserve s’est bien gardée de parler du loup comme d’un animal prioritaire au titre de la Directive Habitat. Le loup a pu même être ressenti par les promoteurs de Natura 2000 comme une nuisance au dialogue entre la Réserve et certains acteurs du territoire.

Le rôle de militant actif pro-loup a donc été tenu par d’autres acteurs. Les accompagnateurs en montagne des Pyrénées-Orientales sont regroupés dans une association au positionnement écologiste et régionaliste très marqué. Tout en ayant une bonne connaissance des réalités du pastoralisme montagnard, cette catégorie d’acteurs se fait entendre dans les médias locaux et milite activement auprès des élus locaux afin de promouvoir la cohabitation et la protection des grands prédateurs.

Vu l’importance du tourisme et le charisme du président des accompagnateurs, ces acteurs locaux ont un certain poids : «Souvent nous avons des discussions âpres avec des représentants de la profession agricole qui disent qu’il s’agit d’une idée de technocrates ou d’écolos de Paris. Mais nous on dit que ce ne sont pas les seuls, nous qui vivons au pays, nous voulons entrer dans le débat et faire entendre notre voix favorable à la protection de ces espèces » (A. G., comm. pers.).

Perspectives : le loup dans les Pyrénées, une réalité, une actualité

Après le silence qui a suivi l’année 2000, une photographie prise sur le Massif du Carlit, toujours dans les Pyrénées-Orientales, en août 2002, apporte de nouveaux rebondissements. C’est suite aux pressions du Groupe Loup France-Ferus que l’information est livrée par l’ONCFS en mars 2003 [Ferus a publié cette photographie prise par un vacancier dans le Gazette des grands prédateurs].

Le réseau grands carnivores de l’ONCFS en profite pour livrer les informations qui apportent de récentes précisions sur les analyses génétiques des indices relevés dans les Pyrénées-Orientales entre 1998 et 2000. Il y aurait eu au moins trois loups différents sur cette période. En mai 2003, la Préfecture des Pyrénées-Orientales en profite pour publier un communiqué de presse officiel où elle présente tous ces éléments. L’information est alors uniquement reprise par la presse locale et elle ne parvient même pas aux organes de presse habituels qui couvrent la chaîne des Pyrénées. Ainsi, cette mise au point exhaustive sur l’état du loup dans les Pyrénées demeure dans la discrétion.

Peu de moyens et des volontés… à ne pas briser

Jusqu’à très récemment, tout concourait à montrer que l’on cherchait à accompagner cette présence de loup dans les Pyrénées-Orientales sans véritablement l’admettre. Cependant la Confédération des Réserves Catalanes (fédérant la Réserve de Nohèdes très en pointe sur la question), l’ONCFS, la DIREN Languedoc-Roussillon, la DDAF des Pyrénées-Orientales planchent et réfléchissent à un dispositif d’accompagnement pérenne.

Un des éléments de blocage se situe encore au niveau national car localement, des dispositions et des lignes de conduite générale sont attendues d’en haut. L’attentisme ne semble pas la meilleure solution pour autant. En effet, une communication mal maîtrisée peut avoir des effets catastrophiques sur le travail des agents de terrain d’environnement. Contrairement à la plupart des endroits des Pyrénées et des Alpes confrontés à une présence de grands prédateurs, des acteurs et des organismes agricoles compétents et pragmatiques sont prêts à s’investir efficacement sur le terrain afin de favoriser une cohabitation. Certains acteurs locaux, comme ceux du tourisme ont également une vision constructive de la question. Cependant, une mobilisation active radicale contre les grands prédateurs, minoritaire pour le moment, ne demande qu’à resurgir avec force si une crise de gestion du dossier éclate.

Depuis 2002, l’éleveur, qui a été le premier confronté au loup, accepte le soutien technique des acteurs agricoles et des acteurs d’environnement sans pour autant accepter le prédateur. De plus, de jeunes éleveurs à proximité ont déjà commencé à se préparer par rapport à une prédation sauvage dans la mesure où depuis leur installation, ils subissaient une prédation chronique de chien.

L’annonce du gouvernement autonome de Catalogne (Espagne)

Le 12 février 2004, la Generalitat de Catalunya [Il s’agit du gouvernement autonome de Catalogne. L’Espagne est un pays très décentralisé où les régions (Autonomie) ont de larges prérogatives. La Catalogne est une des plus importantes, une des plus riches d’Espagne et la mise en avant de son particularisme culturel, politique et linguistique sont anciens.], par le biais de son Département de l’Environnement, annonce par un communiqué de presse très documenté le retour du loup [Generalitat de Catalunya, Departamente de Medi Ambient I Habitatdge, Detectat el Primer exemplar de llop salvatge a Catalunya des de fa de més de 70 anys, Dossier de Premsa, 12 de febrer de 2004, 6 p].

Plusieurs éléments sont mis en avant. Premièrement, ce loup est de souche italicus et les indices de présence ont été prélevé dans la Parc naturel du Cadi sur un territoire situé à quelques km des Pyrénées-Orientales françaises. Ensuite, les autorités catalanes se félicitent du retour du prédateur qui est vu comme un enrichissement de la biodiversité. Elle s’engage donc à mettre tout en oeuvre pour assurer sa protection et la cohabitation avec les activités humaines. Une politique d’aide est prévue pour subvenir aux éleveurs qui subiraient cette présence.

Politiquement, ces prises de positions sont révélatrices. Depuis novembre 2003, une alternance politique s’est produite à la tête de la Catalogne. Ainsi, une coalition de gauche comprenant des socialistes, écologistes et des Indépendantistes Catalans désirent rompre avec le pouvoir précédent. Au moment où en 2003, côté français, des analyses génétiques ont précisé le nombre de loups présents entre 1998 et 2000 (trois individus), un indice de présence provenant du Parc du Cadi avait également montré qu’à l’époque un quatrième individu était en Catalogne espagnole.

Les autorités catalanes avaient alors jugé qu’il ne fallait pas communiquer. Depuis, les élections ont remplacé les tenants de cette ligne. Tous les éléments montrent donc que d’un côté comme de l’autre de la frontière qui sépare les Pyrénées catalanes, quelques loups de même origine parcourent ces montagnes.

Et du côté français des Pyrénées ?

Quelle suite donner à l’accompagnement de la population de loup dans les Pyrénées françaises alors que côté espagnol catalan, une politique prend forme ? Avant toute chose, il s’agit bien de clarifier la situation. Suite au colloque repris dans ces mêmes actes, on a pu voir l’utilisation polémique que la presse et certains acteurs pyrénéens peuvent faire d’une information tronquée. Ainsi, l’Institution Patrimoniale du Haut Béarn a utilisé la Dépêche du Midi (31 mars 2004) afin de sous-entendre que "les écologistes étaient en train de réintroduire dans toutes les Pyrénées des loups italiens, que c’était bien la première fois qu’on en entendait parler et qu’encore une fois on mentait aux acteurs locaux des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées qui se doutent depuis longtemps des manipulations écologistes." Voici une des manipulations possibles de l’information lorsqu’un dossier si sensible est géré de manière un peu attentiste. Doit-on pour autant complètement condamner le silence des pouvoirs publics français ?

Les administrations, tant de l’Environnement et de l’Agriculture, tentent tant bien que mal à dénouer le problème au niveau national mais en ayant tout de même une vision très alpine du dossier. Nous avons évoqué précédemment l’hypothèse de l’existence de loup dans des zones rurales où cette présence n’est pas soupçonnée. Or, du jour au lendemain, cette présence peut se faire ressentir, principalement en interaction avec des activités d’élevage. C’est précisément ce qui s’est passé dans l’Ain au cours de l’été et de l’automne 2003. Le groupe de travail national loup, qui doit donner les orientations de gestion du loup en juin 2004, laisse encore transparaître un grand nombre d’incertitude.

D’ores et déjà, le contingentement, autrement dit l’élimination de loup va être une réalité de gestion. Pour des territoires comme les Pyrénées-Orientales, la présence d’une confédération d’espaces protégés et surtout la présence d’un site Natura 2000 ont permis dans un premier temps d’asseoir des dispositifs temporaires de gestion du dossier loup. Tout montre que c’est lorsque la présence de loup est connue et assumée que l’on peut réfléchir à un dispositif localement adapté. La présence de loup dans les Pyrénées est une réalité et la présence des mesures en zone à ours sont indirectement une bonne préparation à l’expansion du loup. Il ne faut pas pour autant ne rien faire et laisser le champ libre aux opposants aux efforts constructifs et pragmatiques. Sur ces territoires ruraux marginaux, il paraît nécessaire de prendre exemple sur la sérénité relative de la situation dans les Pyrénées-Orientales pour statuer sur les modalités de cohabitation sur les autres territoires ruraux marginaux, dans les Pyrénées et ailleurs.

Farid Benhammou

Paru dans : Benhammou F. et al. (eds), 2004. “ La cohabitation Hommes / Grands Prédateurs en France (Ours et Loup) : enjeux didactiques pour la conservation de la nature et le développement durable? ” Actes du colloque du 21 et 22 mars 2004 Muséum d’Orléans, Recherche Naturaliste n° 14, décembre 2004.

Bibliographie

Association Gestionnaire de la Réserve Naturelle de Nohèdes (AGRNN), 2004. « La Réserve Naturelle de Nohèdes et le site Natura 2000 du Madres-Coronat », Forêt Méditerranéenne, t. XXV, n°1,mars 2004 : 39-48.

Benhammou F., 2001. Rôles et dynamiques des porte-parole dans les débats sur l'ours dans les Pyrénées, analyse stratégique et géopolitique d'un problème d'environnement. Mémoire de DEA Aménagement-Développement-Environnement, IRD, Université d'Orléans-ENGREF de Paris, 131 p.

Benhammou F., 2003. « Les grands prédateurs contre l'environnement ? Faux enjeux pastoraux et débat sur l'aménagement des territoires de montagne », Courrier de l'Environnement de l'INRA, février 2003, 48 : 5-12.

Benhammou F. et Mermet L., 2003. « Stratégie et géopolitique de l’opposition à la conservation de la nature : le cas de l’ours des Pyrénées », in Nature, Sciences, Sociétés, 11 : 381-393.

Benhammou F., 2003-2004. "Le loup (canis lupus) dans les Pyrénées, 1998-2003 : cas d'école pour anticiper le retour des prédateurs sauvages dans les territoires ruraux marginaux ", Sud-Ouest Européen, PUM, Toulouse, 16 : 85-93.

De Bellefon R. et Benhammou F., 2004. « Les limites d’un discours environnementaliste : la Confédération paysanne et les prédateurs », Actes du colloque « La cohabitation Hommes / grands prédateurs », à préciser

Degeorges, 2004. « Le loup, une affaire d’Etat », à préciser

Garde L. et Vors E., 2001. La prédation par les loups et les chiens errants dans le massif des Monges (Alpes-de-Haute-Provence) : diagnostics pastoraux et approche statistique, CERPAM, Manosque, 26 p. + annexes.

Mech L. D., 1996.

Mech L. D. and Boitani L., 2003. Wolves : Behavior, Ecology, and Conservation, The University of Chicago Press, Chicago and London, 448 p.

Mermet L., 2004. « Analyse stratégique pour la gestion environnementale : un cadre théorique pour penser l'efficacité en terme d'environnement ». Soumis à Natures Sciences Société

Pistolesi J., 1998. La prédation des troupeaux domestiques dans les Pyrénées méditerranéennes françaises : dégâts de chiens en divagation et réflexion préalable au retour du loup (Canis lupus), ENSAM – SIME, Montpellier, 70 p

Salvador O, 2003. Le loup, le lynx et l’ours dans le massif du Madres-Coronat (Pyrénées-Orientales), cohabitation grands prédateurs et activités humaines en territoire de montagne : enjeux et perspectives, mémoire de DEA Aménagement-Développement-Environnement, Université d’Orléans, Réserve Naturelle de Nohèdes, 119 p.

SIME, Chambre d’Agriculture des P.-O., Association des AFP-GP et AGRNN, 1999. Schéma de prévention des prédations sur l’estive Gorg Estelat-Nohèdes, 10 p.

Sigles

ACCA : Association Communale de Chasse Agréée
AGRNN : Association Gestionnaire de la Réserve Naturelle de Nohèdes
DDAF : Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt
DIREN : Direction Régionale de l’Environnement
ONCFS : Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
ONF : Office National des Forêts
SIME : Service Inter-chambre d’agriculture Montagne Elevage

02 décembre 2004

Le loup reste une espèce strictement protégée

Convention de Berne - Strasbourg - 30/11/2004

Le loup l'a échappé belle lors de la réunion annuelle de la convention de Berne qui établit des bases de conservation des espèces. La demande suisse de déclasser le prédateur d’espèce « strictement protégée », (l’annexe II) en espèce « protégée », (l’annexe III) a été repoussée d’un an par le comité de la Convention. Le loup restera donc une espèce strictement protégée.

La majorité des pays membres de la Convention de Berne souhaite d'abord étudier plus précisément la situation du loup en Europe et son influence sur l'agriculture a indiqué l'Office fédéral de l'environnement (OFEFP) dans un communiqué.

Ces États veulent aussi examiner des questions juridiques avant de prendre position sur la demande helvétique. L’assemblée a reporté sa décision d’un an et désire d’avantage d’arguments scientifiques. Un rapport a été demandé à des experts indépendants.

La demande suisse pourrait être réexaminée à la fin de l'automne 2005. Si la demande suisse était validée, le statut du loup serait uniformisé dans toute l’Europe.

La convention de Berne, qui fête ses 25 ans, a établi la première liste d'espèces protégées en Europe : elle a été ratifiée par 44 pays, essentiellement l'Europe, moins la Russie, mais avec la Tunisie, le Maroc, le Sénégal et le Burkina Faso.

01 décembre 2004

Deux loups abattus dans la Drôme et dans l’Isère

Dans le cadre de l’arrété interministériel : Deux premiers loups prélevés dans la Drôme et dans l’Isère. L’objectif retenu «est de gérer l’expansion démographique de la population et la colonisation de nouveaux secteurs, en particulier sur les zones d’élevage ovin en limitant localement la pression du loup »

Le 8 novembre 2004 la version définitive du plan d’action sur le loup a été diffusée. Ce plan trace les grandes lignes de la gestion de la problématique loup / élevage pour la période 2004 - 2008 dans le respect des engagements internationaux et pour tenir compte des spécificités pastorales françaises. Ce plan prévoit de réduire l’impact du loup en accompagnant les éleveurs (application de la mesure T, prise en compte de la vulnérabilité des exploitations), et de gérer les populations de loups (efforts de suivi, connaissance et études, régulation annuelle limitée). Il envisage un renforcement de la coopération transalpine et une poursuite des efforts d’information et d’échanges entrepris au travers de la communication.

Le groupe national Loup, créé pour prendre en compte tous les aspects techniques, économiques ou sociaux, a estimé qu’il était de la responsabilité de l’Etat d’avoir une maîtrise minimale du développement territorial de l’espèce. Ainsi le principe de tirs de contrôle a été inscrit comme un élément du plan d’action par le groupe, l’objectif retenu «est de gérer l’expansion démographique de la population et la colonisation de nouveaux secteurs, en particulier sur les zones d’élevage ovin en limitant localement la pression du loup » (extrait Plan d’action loup 2004-2008 p 11)

Des opérations, mises en oeuvre dans trois départements de la région PACA (04, 05, 06), puis trois de Rhône-Alpes (26, 38, 73), ont ainsi été définies et appliquées par les Préfets en tant que mise en oeuvre d’un arrêté interministériel stipulant «qu’il ne peut être procédé aux tirs de prélèvement que sur des territoires où :

  • soit les dommages restent très importants malgré l’ensemble des mesures de protection mises en place,
  • soit la mise en place des moyens de protection efficaces contraint fortement les conditions d’exploitation, au point de remettre en cause le fonctionnement des systèmes pastoraux les plus adaptés ».

Deux tirs successifs ont été réalisés, l’un par le service départemental de la Drôme le 21 octobre, et l’autre par celui de l’Isère le 27 octobre.

Une louve a été prélevée sur la commune de Bouvante dans le Parc naturel régional du Vercors (zone Vercors ouest - département de la Drôme.) Elle était âgée de 18 mois et pesait 19,2 kg (gamme des petites tailles pour un sub-adulte de cette sous-espèce) Elle n’était ni gestante ni allaitante. Sur cette partie drômoise du Vercors 37 attaques pour 126 victimes ont eu lieu entre les mois de juin et octobre.

Un loup tué dans le Taillefer Le second loup a été prélevé sur la commune de Livet et Gavet. Agé d’environ deux ans, l’animal pesait 35 kg (gamme des grandes tailles d’adultes). Les dommages, sur ce massif du Taillefer (Lire : Un deuxième loup a été abattu le massif du Taillefer ), étaient en constante augmentation depuis le début de l’été. Cette zone a été classée en zone de présence permanente à la fin de l’hiver 2004.

Ces deux animaux ont fait l’objet d’autopsie par les services vétérinaires départementaux et des prélèvements ont été effectués à des fins d’analyses parasitologiques et génétiques, en autres. Leur condition physique a été considérée comme moyenne. Enfin, ils seront naturalisés et exposés à des fins culturelles et pédagogiques.

Florent FAVIER , Yannick LEONARD
Source : Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°12

Sur le même sujet

10 novembre 2004

Plan d'action loup 2004-2008

Voici le document qui a été présenté le 08 novembre 2004 au groupe de travail sur le loup lors d’une réunion au Ministère de l’écologie et du développement durable.

Indispensable pour comprendre de quoi on parle :

Télécharger le document Plan_action_loup (18 pages -204 kb)

27 octobre 2004

Un deuxième loup a été abattu le massif du Taillefer

Un deuxième loup a été abattu mercredi dans les Alpes, cette fois dans le massif du Taillefer, près de Livet-et-Gavet (Isère), dans le cadre du "Plan loup" destiné à rassurer les éleveurs ovins.

Loup_isere_1 Le loup, âgé de 2 ans environ et d'un poids de 35 kg, a été tué par un agent de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), a indiqué Yves Tachker, responsable départemental de l'agriculture et de la forêt, en précisant que les opérations de chasse ont été suspendues en Isère dans l'attente des directives du ministère de l'Environnement.

Une louve de 18 mois avait été tuée le 21 octobre à Bouvante (Drôme), dans le massif du Vercors.

Un arrêté ministériel avait autorisé l'abattage de quatre loups au maximum dans les Alpes en 2004 pour "contribuer à réduire la pression de ce prédateur sur les troupeaux".

Le ministère de l'Environnement a justifié l'abattage d'un deuxième loup en une semaine dans les Alpes en déclarant qu'il avait visé "une zone où les dégâts sont restés importants".

Selon Jean-Marc Michel, directeur de la Nature et des Paysages (DNP) au ministère de l'Ecologie, trois loups ont été vus l'hiver dernier dans le massif du Taillefer.

L'Association de protection des animaux sauvages (ASPAS) s'est dite "scandalisée" par cette nouvelle, rappelant que "le loup est une espèce protégée" et que par conséquent "son abattage est illégal".

"Ces opérations sont de plus inutiles, car ce n'est pas abattre des loups qui va régler les problèmes de la filière ovine, pas même les problèmes de prédation, dont l'immense majorité sont dus à des chiens errants", a rappelé Olivier Rousseau, porte-parole de l'ASPAS.

Les jours se suivent et se ressemblent. A ce rythme, la semaine prochaine, le quota sera atteint.

J'imagine le plaisir du chasseur qui ce soir, au coin du feu, va ouvrir son carnet de chasse, va prendre son stylo et va noter à Octobre en dessous de :
7 octobre : 1 lapin et 1 geai,
13 octobre : 2 poules, 1 coq, 1 grive
14 octobre : rien
21 octobre : 1 chat et 1 corneille
27 octobre : mon premier loup !

Au journal de TF1, l'info à duré 25 secondes. On a vu le loup couché sur de la mousse.

22 octobre 2004

A Vassieux-en-Vercors, le loup vit aux portes du village

VASSIEUX-EN-VERCORS (Drôme)
22 octobre 2004 (AFP)

Peur_brebis Dans le village de Vassieux, non loin de l'endroit où a été abattu jeudi une jeune louve, dans le massif du Vercors, les habitants disent vivre depuis plusieurs années sous la menace du loup. Signalé depuis 2000 dans les alpages, le prédateur s'aventure désormais jusqu'aux portes du village, s'attaquant parfois aux troupeaux, au grand désarroi des éleveurs, témoignent des habitants. Ainsi, le 28 septembre, un des quatre éleveurs ovins de Vassieux, Marc Fermond, a retrouvé quatre de ses brebis ensanglantées, deux avaient péri. Le troupeau de 400 bêtes paissait dans les landes à environ 200 mètres de sa bergerie, à proximité d'un hameau, et un loup a été vu, au moment de l'attaque, en fin d'après-midi, à hauteur de l'enclos. "C'était bien le loup, il n'y a pas de doute, c'est la quatrième fois que je le vois. Mais d'aussi près, c'est la première fois", raconte Sébastien Sagnal, l'ouvrier forestier qui a témoigné de cette rencontre auprès de la gendarmerie. "Ici, tôt ou tard, on le rencontre", observe-t-il. "Cela fait trois ans que les attaques se multiplient, mais en bas, à 150 mètres du village, ça fait désordre", s'émeut Marc Fermond. "Tous ceux qui l'ont vu disent que c'est impossible de le confondre" avec un chien", renchérit Sébastien Jallifier, un autre éleveur d'ovins de Vassieux, victime de trois attaques en 2003, dont une a été attribuée au loup. Dans ce petit village de 330 habitants, environ 10% des habitants affirment l'avoir rencontré au moins une fois au cours des trois dernières années, estime Jean-Michel Rey, premier adjoint au maire.

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Plan loup: premier loup tué

Louve_bouvante_3 Faune. Une louve de dix-huit mois a été abattue le 21 octobre dans la Drôme

Une louve a été prélevée par tir jeudi 21 octobre 2004 (9h30) dans le Vercors ouest (hors parc naturel régional et hors réserve des Hauts Plateaux) par les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de la Drôme. Le tir a eu lieu à une distance de 280 mètres, sur le lieu-dit du Serre de Montué, près de Bouvante, à l'est de Valence. Cette jeune louve, âgée d'environ 1 an et demi, pesait 19,2 Kg et n'était ni gestante, ni allaitante.

L'autopsie de l'animal a eu lieu le vendredi après-midi suivant, au laboratoire du sevice vétérinaire départemental. La condition physique générale de la louve était bonne. Des prélèvements ont été effectués pour des tests ultérieurs.

Le département de la Drôme compte au moins une meute de loups installés sur le territoire du PNR du Vercors (population minimale estimée en hiver 2003-2004 : 2 à 3 individus minimum et attestation de reproduction en fin d'été 2004). Une inconnue subsiste quant à la fréquentation constatée dans ce secteur dit du Vercors Ouest : les données actuelles ne nous permettent pas encore de savoir s'il s'agit des mêmes individus constituant la meute du Vercors ou s'il s'agit d'individus distincts.

Le Préfet de la Drôme a autorisé à titre exceptionnel les journalistes à prendre des photos et à filmer au laboratoire vétérinaire départemental où a été analysé le cadavre de l'animal, ce jeudi 21/10 de 17h30 à 19h00

Les écologistes ne sont «pas surpris», ils sont «consternés». Une louve d'environ 18 mois a été abattue hier matin dans la Drôme, au coeur du massif du Vercors, par un agent de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). La distance de tir était de 280 mètres et la bête était seule. Après expertises, il a été établi qu'elle n'avait jamais mis bas. Ce premier abattage intervient quatre mois après l'entrée en vigueur dans l'Hexagone d'un Plan loup autorisant les agents de l'ONCFS à éliminer quatre loups (sur une population de 50 à 60) avant le 31 décembre, afin de calmer des éleveurs de plus en plus énervés par les attaques répétées de leurs troupeaux.

«Le pastoralisme a certainement besoin de soutien, mais ce type de mesure ne les aide en rien. Nous sommes face à une pure logique de tirs politiques des loups», s'indignait hier Jean-David Abel, un écologiste drômois, membre de France nature environnement. «Le monde associatif avait accepté certains dispositifs s'ils devaient défendre les troupeaux. Or dans ce secteur, les attaques de loups se sont produites surtout sur des troupeaux non protégés et, en plus, les troupeaux étaient redescendus des alpages depuis plusieurs semaines. Le but était juste de "se faire un loup".» Il y a quelques semaines, à Gap, le ministre de l'Agriculture avait poussé un coup de gueule devant des éleveurs ovins, réclamant une intensification de la chasse. «J'ai demandé à mon collègue (de l'Ecologie, ndlr) d'accélérer les prélèvements car il est intolérable qu'il n'y ait pas eu de résultats», avait déclaré Hervé Gaymard. Edicté en juillet pour les Alpes du Sud, le Plan loup avait été étendu aux Alpes du Nord, Drôme comprise, fin septembre.

Considérant que «le loup est protégé en droit européen», l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a déjà décidé de «rechercher, devant les tribunaux, la responsabilité du préfet et du fonctionnaire qui a tiré sur la louve». Pour elle, ces deux-là sont devenus ni plus ni moins «des braconniers». Cet abattage est «scandaleux», ont jugé de leur côté le WWF et la SPA.

Le loup : bouc émissaire d'une filière ovine en grande difficulté

Brebis_danger Le loup apparaît, aux yeux des écologistes et de certains élus, comme le "bouc-émissaire" d'une filière ovine en grande difficulté, en raison en particulier de la concurrence de la Nouvelle-Zélande. "On ne peut plus vivre rien que du mouton", explique Marc Fermond, éleveur depuis 1988 à Vassieux-en-Vercors (Drôme), dont le troupeau a été récemment victime d'une attaque par un loup.

"Entre l'agneau de Nouvelle-Zélande et l'agneau de France, il y a une grosse différence de prix", dit-il, soulignant que les éleveurs se tournent désormais vers des activités complémentaires pour "survivre". "On se plie à tout, on essaie de contourner les difficultés du marché", ajoute-t-il, "mais le loup, c'est ce qui va nous tuer, il décourage les meilleures volontés".

Pour l'association écologiste France Nature Environnement, "le loup est l'arbre qui cache la forêt, l'élevage ovin doit faire face à des difficultés bien plus importantes". "Sans les primes, qui représentent plus de la moitié du revenu des éleveurs, l'élevage ovin ne serait plus rentable", ajoute l'association. "On a artificiellement maintenu cet élevage, mais devant la concurrence de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie, il ne tient pas", poursuit Pierre Pfeffer, directeur de recherche au CNRS, ancien président du comité scientifique du parc du Mercantour. "Son seul débouché c'est la population musulmane pour l'Aïd. L'élevage ne survit que grâce à cela", ajoute-t-il. Pour lui, "les éleveurs ont des revenus très faibles, ils ont des aigreurs, des revendications sur tout et se sentent victimes, marginalisés, le loup c'est une tête de turc".

Le député-maire PRG de l'Argentière-la-Bessée (Hautes-Alpes), Joël Giraud, estime également que "le loup sert à masquer les vrais problèmes de la filière ovine". Cet été, cet élu a demandé aux ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie de se préoccuper en urgence de la sécheresse qui a sévi sur les Alpes et qui, selon lui "va faire disparaître plus d'éleveurs que le problème du loup".

LYON, 22 oct (AFP)

Tuer 4 loups : le prix de la sérénité?

Fusil_1 Le 19/07/2004, S. Lepeltier, le ministre de l'écologie, a rendu public un plan de gestion des populations de loups en France avec le souci de "... veiller à maintenir la population de loups sauvages dans un bon état de conservation et en même temps chercher à limiter la pression de ces animaux sur l'élevage ovin".

L'ambition affichée est de ménager éleveurs et écologistes, tout en accompagnant l'extension naturelle du loup et en garantissant aux professionnels une pression acceptable. Ainsi, il a été décidé de :

  • recréer les conditions d'une plus forte présence humaine auprès des troupeaux, en altitude;
  • autoriser les préfets des Alpes de Haute-Provence, des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes à procéder au tir de 4 loups maximum pour l'ensemble des 3 départements;
  • mettre en place un débat public sur l'extension du loup au-delà des Alpes.

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Un premier loup abbatu à Bouvante (Drôme)

Louve_bouvante_5Une louve d’environ 18 mois a été abattue jeudi par un agent de l’Office national de la chasse et de la faune sauvageà Bouvante (Drôme), dans le massif du Vercors, quatre mois après l’entrée en vigueur du "Plan loup", a-t-on appris auprès de la préfecture.

Le loup a été tué jeudi matin vers 09H15, en vertu d’un arrêté ministériel qui autorise l’abattage de quatre loups au maximum dans les Alpes en 2004. Edicté en juillet pour les Alpes du sud, l’arrêté a été étendu aux Alpes du nord, Drôme comprise, à la fin du mois de septembre.

La distance de tir était de 280 mètres et l’animal était seul, précise un communiqué du ministère de l’Ecologie. La louve a été transportée pour analyses et expertises au laboratoire départemental du Plateau de Lautagne à Valence, où il a déjà été établi qu’elle n’avait jamais mis bas.

Afin de "contribuer à réduire la pression de ce prédateur sur les troupeaux dans les Alpes françaises", le "Plan loup" autorise les agents de l’ONCFS à abattre quatre loups avant le 31 décembre. Si les trois premiers animaux tués sont des femelles, le quatrième sera épargné. Le 11 octobre, le ministre de l’Ecologie, Serge Lepeltier, avait réuni les préfets des six départements concernés par l’arrêté (Alpes Maritimes, Hautes-Alpes, Alpes-de Haute-Provence, Drôme, Isère et Savoie), pour faire le point sur les moyens mis en oeuvre pour appliquer le plan loup.

28 juillet 2004

Le Plan d'action loup, conférence de presse du Ministre de l'écologie

Le texte intégral de la conférence de presse du ministre de l'écologie appelé Plan d'action Loup dans un document PDF téléchargeable et les commentaires de FERUS sur cette conférence de presse.

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20 juillet 2004

Compte rendu du suivi hivernal 2003-2004

Loup_en_france La population de loup en France est suivie de très près. Chaque année, un rapport est rédigé sur les observations de l'année.

Voici le Compte rendu du suivi hivernal 2003-2004 ainsi que le rapport reprenant les dommages causés par les loups en 2003 (document PDF téléchargeable). Pour savoir où ils sont!

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19 juillet 2004

La pression sur le loup augmente. Un plan de tir est prévu.

Les préfets des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes pourront organiser le tir de 4 loups en 2004 en cas d'attaques récurrentes de troupeaux, a annoncé lundi le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier. PARIS (AFP) - 19/07/2004

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09 juillet 2004

Le ministère français de l’Ecologie pris en étau entre éleveurs et écologistes

Lepeltier_serge_1 Pour le ministère de l’Agriculture, l’autorisation du tir de quelques loups permettrait de "faire retomber la pression psychologique" sur le terrain, où les éleveurs ne décolèrent pas.

M. Lepeltier a indiqué jeudi aux éleveurs qu’il se donnait quelques jours de réflexion avant de trancher.

(Jeudi 8 juillet 2004 - AFP)

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30 juin 2004

Bulletin d'information du réseau loup n°11 de juin 2004

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation de loups sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

La buvette publie tous les bulletins d'information du réseau loup. En voici l'explaire suivant et son sommaire.

Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°11
40 pages - PDF 2,36 Mo - juin 2004

  • Editorial : Le réseau , 10 ans déjà; un outil pour la connaissance.
  • Chronique de la confirmation de la pr