Actualités loups Alpes 1998-2003

01 janvier 2007

Premiers résultats des analyses génétiques des excréments et poils de loup en 2003

Entre 1997 et mars 2003, 242 échantillons d'excréments de loup, d'urine ou de poils de loups ont été récoltés et soumis aux analyses génétiques. Comment sont réalisées ces analyses génétiques et sont-elles fiables ?

Après exclusion des échantillons de Vulpes vulpes, ou Canis familiaris et des échantillons qui n'ont pu aboutir au séquençage de l'ADNm, 99 échantillons ont été diagnostiqués comme étant Canis lupus, tous provenant de lignée Italienne. La 2éme étape de détermination individuelles a pu aboutir sur 83 d'entre eux.

Suite à ces analyses, réalisées par le laboratoire d'écologie alpine de Grenoble, entre 10 et 20 individus par an ont été identifiés dans les Alpes en dehors du Mercantour. En réunissant toutes les données disponibles hors Mercantour durant les 5 dernières années cumulées, 50 animaux différents ont été détectés (ce qui ne signifie absolument pas que tous étaient présents une année donnée). Seuls 7 animaux ont pu être détectés plusieurs fois d'une année sur l'autre ou d'un massif à l'autre. Cette faible proportion de «recapture génétique» s'explique probablement par les effets combinés de :

  1. une pression d'échantillonnage trop faible pour espérer retrouver les excréments d'un même animal plusieurs fois,
  2. un renouvellement peut-être important des animaux (notion de «turn over» résultante des grandes capacités de dispersion de l'espèce et d'un fort taux de mortalité associé aux populations en expansion et
  3. un nombre d'animaux erratiques inconnu pouvant « diluer » le taux de ré-échantillonage.

Quelques échantillons hors Mercantour restent à analyser (Cantal, Puy de dôme). Les résultats des analyses de plus de 500 échantillons récoltés dans le Mercantour depuis 1994 devraient apporter de nombreux éléments supplémentaires sur l'historique de la colonisation.

Les différentes étapes des analyses : des pertes en ligne incontournables

Les analyses génétiques comportent 2 étapes indépendantes :

  1. la détermination de l'espèce et de sa lignée et
  2. l'identification des individus.

La détermination de l'espèce et de sa lignée fait l'objet d'une extraction et amplification de l'ADN mitochondrial, et d'un sondage pour trouver ou non une séquence caractéristique de la lignée italienne, séquence qui n'est retrouvée nulle part ailleurs dans le monde. Si cette séquence n'est pas décelée, une lecture du code génétique permet d'identifier l'espèce et la lignée d'appartenance de l'échantillon par comparaison aux données issues d'une banque mondiale de dépôt de séquences d'ADN.

L'identification des individus repose sur le même principe, mais extrait et amplifie 6 portions, dites hypervariables (les microsatellites), de l'ADN du noyau de la cellule, ainsi qu'un marqueur du chromosome Y (s'il est extrait c'est un mâle, sinon c'est une femelle).

Chacune de ces 2 étapes comportent toute une série de procédures au cours desquelles peuvent survenir des pertes d'ADN, notamment au moment des différentes étapes d'amplifications et purifications. L'amplification peut fonctionner sur l'ADN mitochondrial et pas sur l'ADN du noyau. Les causes de ces pertes sont dues principalement aux très faibles quantités d'ADN retrouvées dans les crottes (cellules épithéliales du rectum collées sur les excréments). De plus, les cellules d'un échantillon ayant subit plusieurs cycles froid/chaud sont dégradées. Ainsi actuellement 1/4 des échantillons ne sont pas utilisables.

Suivi hivernal et suivi génétique : 2 méthodes aux objectifs complémentaires

Sequençage de l'ADN mitochondrial du loup Les analyses génétiques ne se substituent en aucun cas aux relevés hivernaux de traces. Chaque méthode nous renseigne sur des questions différentes : les traces servent à estimer les tailles de groupes instantanées, les analyses génétiques permettent la distinction entre 2 meutes différentes mais voisines, et d'identifier les voies de colonisation à l'échelle de l'arc alpin.

En aucun cas, les analyses génétiques ne sauraient être en l'état un dénombrement exhaustif des animaux. L'objectif est de «re-capturer » les crottes d'un même animal sur plusieurs années, pour appliquer des méthodes dites de Capture-Recapture, qui, elles, permettent d'estimer des tailles de populations. Cette démarche s'inscrit donc sur le long terme et la récolte continue des excréments (y compris dans les zones de présence connues) reste plus que jamais d'actualité.

Les résultats des profils génétiques identifiés dans les Alpes Hors Mercantour

Résultats des profils génétiques de loups identifiés dans les Alpes hors Mercantour Le tableau ci-dessus (*) (cliquez dessus pour l'agrandir) présente la répartition des différents animaux détectés par massif et par saison, avec un découpage calé sur la période de reproduction (1er juin au 31 mai).

Dans le Vercors, les 2 éléments remarquables sont qu'une même femelle (F13) est présente depuis 4 ans sur les hauts plateaux, et qu'au moins 4 animaux différents y séjournaient en 1999-2000 (reproduction, immigration ? ces 2 hypothèses seront testées avec l'établissement génétique des liens de filiations à venir). Le seul échantillon Canis lupus récolté à l'ouest du Vercors (Omblèze-Bouvante) n'est malheureusement pas exploitable au niveau de sa détermination individuelle. Les nouveaux échantillons de cette zone seront prioritaires pour savoir s'il s'agit d'animaux autres que ceux des hauts plateaux.

En Belledonne, jusqu'à 5 animaux différents ont été échantillonnés entre juin 2000 et Mai 2001 (même remarque que pour le Vercors). Les mêmes animaux sont retrouvés à Presle (73) et à la Ferrière (38), confirmant l'existence d'une seule et même meute en Belledonne. Aucun échantillon n'était disponible sur l'Oisan au 1er décembre 2001. Autre point remarquable, le loup M20 tué à Allevard était en Vanoise (Aussois) en 1999.

Sept Animaux différents étaient présents dans le Béal Traversier (05) en 2000-2001. En 2000, les sites du Queyras et du Béal n'étaient qu'une seule et même zone de présence. L'hypothèse d'une meute qui se serait scindée en 2 groupes distincts en 2001 (comme suspecté par le suivi hivernal) n'est ici pas vérifiable étant donné le faible nombre de profils génétiques individuels identifiés dans le Queyras après 2001 (pour mémoire, le suivi des traces donnait au moins 4 animaux dans le Queyras et 3 dans le Béal en 2001 et respectivement 8 et 2 animaux en 2002).

Six animaux différents ont fréquentés le massif de Monges (04) depuis 1998 (2 chaque année). Un mâle et une femelle étaient encore présents en 2001-2002.
Le même mâle M33 a été identifié à plusieurs reprises sur le plateau de Canjuers (83).

En dehors du cadre du réseau loup, des échantillons ont été collectés dans les Pyrénées Orientales et confiés à l'ONCFS : 3 animaux différents tous de lignée génétique italienne ont été identifiés sur les 4 ans de suivi (IF et lM en 1999 et lM en 2000) dans le massif de Madres (66). Un autre échantillon, envoyé par les autorités espagnoles, identifie un autre mâle, italien lui aussi. En 2002, Après 1 année d'absence d'information, une photo prise en 2002 identifie la présence de l'espèce dans les Pyrénées Orientales cette dernière année.

Globalement, 82 % des animaux n'ont été retrouvés génétiquement qu'une seule fois. Ainsi que mentionné précédemment, interpréter ce faible taux de ré-échantillonnage n'est pas chose aisée. Les populations en voie de colonisation sont souvent caractérisées par un plus fort renouvellement des individus que celles bien installées (les paramètres démographiques de fécondité, de mortalité, de dispersion étant différents). Mais avant tout, il faut s'interroger sur l'influence du dispositif d'échantillonnage, illustrée par exemple avec le cas les animaux en dispersion (exemple : M20 non retrouvé en 99-00).

Notons aussi une sexe-ratio globalement équilibrée, les hasards d'échantillonnage et/ou d'installation des individus pouvant faire apparaître quelques déséquilibres locaux.

Les identifications des animaux ayant fréquenté le Mercantour seront disponibles d'ici l'été prochain, et constitueront autant de nouveaux éléments pour mieux comprendre la dynamique de colonisation du loup dans les Alpes.

Quelle est la puissance et la fiabilité de ces analyses ?

Deux années ont été nécessaires au Laboratoire de Biologie des populations d'Altitude de Grenoble pour la mise au point méthodologique de cet outil moléculaire applicable spécifiquement au loup. L'objectif était de trouver suffisamment de marqueurs qui, combinés, rendaient maximale la probabilité de discrimination entre 2 individus, aussi proches soient-ils (frère-sœur par exemple), et ce avec un risque d'erreur minimal.

Au départ, 42 marqueurs ont été testés. Puis 6 ont été retenus, plus un marqueur situé sur le chromosome Y pour la détermination du sexe. A partir de simulations, l'ensemble de ces 7 microsatellites donne un risque de se tromper (carte d'identité similaires pour 2 animaux différents) inférieur à 1/10000 pour une population sans relation de parentés, et à l'autre extrémité, de 1/100 pour une population qui serait constituée uniquement de frères et sœurs (individus très apparentés donc très similaires dans leur composition ADN).

En moyenne, le risque d'identité entre 2 profils, alors que les animaux seraient effectivement différents, est estimé inférieur à 1 « chance» sur 1000. Ce travail de mise au point a d'ailleurs fait l'objet d'une thèse de doctorat par Nathaniel Valière au sein des Laboratoire de biologie des populations d'Altitude dirigé par P. Taberlet et de Biométrie et biologie évolutive de Lyon dirigé par D. Pontier.

Sachant qu'en génétique des populations, les normes standard de risque acceptables sont de 1 %, les résultats présents obtenus à 0,1% de risque sont donc largement fiables pour distinguer parfaitement les individus.

Encore du travail en méthodologie à l'échelle internationale

Pour toutes les raisons méthodologiques et biologiques évoquées précédemment, la probabilité de retrouver un individu à 2 endroits différents reste faible. Il faut donc essayer de retracer les relations de parenté entre individus (en remontant une, voire deux générations) pour reconstruire le scénario de la colonisation et les relations entre meutes. La détermination de ces liens de filiations nécessite un pouvoir de discrimination encore plus grand que celui dont nous disposons actuellement. Plus le degré d'apparentement entre les animaux est important, plus la carte d'identité génétique doit reposer sur un nombre de marqueurs moléculaires importants.

Aussi, les laboratoires de Grenoble (Fr), Bologne (It) et de Lausanne (Ch) travaillent actuellement sur la mise au point d'une méthodologie commune avec 12 marqueurs. Ce procédé présentera également l'avantage de pouvoir établir les liens de filiation entre les différents animaux qui vivent actuellement dans chacun des trois pays de l'Arc Alpin. Cette démarche nécessitera au moins une année de travail méthodologique avant de pouvoir donner des résultats concrets.

Extrait du Bulletin d'information du réseau loup n°10 de mars 2003

(*) Source des échantillons : Réseau loup - Analyses moléculaires : CNRS 5553 labo d'écologie alpine de Grenoble - F=femelle, M=mâle, n°= identifiant de l'individu. Total : nombre de "cartes d'identités" de loup différentes identifiées au cours du cycle biologique (juin à mai) dans un massif donné. - Attention, aucune correspondance ne peut être faite avec le suivi hivernal car des animaux peuvent être morts (ou en phase de sispersion d'automne) avant l'hiver. L'échantillonnage de la saison 2001-2002 s'arrête en décembre 2001.

30 décembre 2006

Observation de loups, témoignage de Samuel MICHEL

Témoignage et récit d'observation de loups de Samuel Michel, membre du réseau loups. Queyras, mai 2002

Enfin

Ce vendredi 22 février 2002, Ristolas, 7 h du matin, le jour se lève, il fait beau et froid (-15°). Je commence mes observations par suivre la trace d’un randonneur à skis, je l’aperçois à mi-pente à la sortie d’un mélézin. Sept chevreuils le précèdent dans la montée, visiblement dérangés par cette présence humaine.

A 7h35, mon cœur s’arrête. J’aperçois à l’orée d’un jeune mélézin, un canidé que j’identifie très facilement pour être un loup tant la différence me paraît grande avec un chien. J’en hurlerais (de loup) presque de joie ! Fébrilement j’installe ma longue vue mais je ne le retrouve pas sur l’instant. Par contre je trouve deux loups dans le mélézin. Ils disparaissent derrière les arbres et je dois me déplacer pour essayer de mieux les suivre. Je retrouve un individu dans un vallon. Il est un peu plus gros avec une queue plus fournie et le pelage est peut être un peu plus foncé. En fait c’est certainement le premier que j’ai entraperçu.

Observations_loups Photo Samuel MICHEL

En suivant ses traces je retrouve effectivement les deux autres qui progressent de concert. Ces loups me semblent imposants, loin de l’image de petit loup de trente cinq kilos que j’avais dans la tête, le pelage d’hiver bien fourni y est peut être pour quelque chose. Je pense néanmoins être en présence d’un adulte et deux jeunes. L’adulte sort complètement des bois et gravit tranquillement les pentes enneigées. A 8h15 il s’arrête et par son mouvement de tête je me rends compte qu’il doit aboyer ou japper en direction des deux jeunes.

A la sortie du bois les jeunes rejoignent l’adulte et au contact ils s’abaissent sur leurs pattes, les oreilles couchées et la queue battant très fort. L’adulte les a accueillis en remuant la queue bien haute puis ils ont repris leur progression. Arrivé sur la crête, l’adulte a regardé un coup à gauche, un coup à droite puis à disparu derrière la crête. Les plus jeunes sont arrivés cinq minutes plus tard puis ont à leur tour disparu sur le versant italien. Il est 8h45, mon observation aura duré 1h15.

Un chevreuil tué par les loups

Je décide alors d’atteindre leur piste en me dirigeant vers le secteur de ma première observation. Après une heure de montée, un renard s’enfuit à mon approche; en croisant sa piste je m’aperçois qu’elle est ponctuée de tâches de sang. J’arrive alors sur un chevreuil mort que le renard avait tiré sur une dizaine de mètres. Effectivement plus haut il y a du sang de partout, des poils des morceaux d’entrailles et d’excréments.

Là par contre, les traces de pattes n’ont plus rien à voir avec celle du Renard mais correspondent au Loup. Les loups sont arrivés par le haut ; il y a eu une poursuite sur dix mètres en pente raide, un premier accrochage avec quelques poils et du sang, puis un peu plus bas une véritable prise avec beaucoup de sang et enfin le chevreuil a été tiré cinq mètres vers un replat pour être mangé. Le chevreuil était encore mou avec des traces de sang encore très frais. Il présentait des traces de consommation partielle : les entrailles avaient été attaquées ainsi que le museau, il manquait une patte et deux cuisseaux avaient été mangés. J’ai pensé que les loups avaient pu être dérangés en début de festin par le skieur de randonnée qui est effectivement passé à moins de trois cent mètres de là.

Cette journée fut suivie, quinze jours après, par une observation encore plus formidable d’un trio pendant plus de trois heures, certainement les mêmes. Après avoir attaqué et mangé un chevreuil, ils sont repartis pour s’installer sur un replat, bien au soleil où ils ont commencé une sieste de plus d’une heure. De temps en temps un des jeunes se déplaçait en s’amusant avec un morceau de viande. Les photos que j’ai pu faire (à travers la longue vue) pendant ces trois heures sont pour moi les plus belles.

D’autres observations ont suivi parfois sur un temps très court mais aussi très intéressant sur le plan comportemental, comme ce jour où j’ai contacté un individu seul à 9 h du matin à 400 m devant moi alors que je scrutais le versant depuis 6h du matin ! Il était certainement couché, invisible. Ensuite je l’ai à nouveau contacté à 14h en limite supérieure de forêt et j’ai pu assister pendant plus de dix minutes à l’attaque d’un Aigle royal sur ce Loup qui ne semblait pas trop inquiété mais qui devait parfois esquiver l’attaque en sautant de côté ! Il a continué de progresser dans la même direction en portant sa queue en panache. Je ne sais si l’aigle voulait le saisir, c’était plutôt une attaque d’intimidation pour éloigner un intrus.

J’ai eu beaucoup de chance mais j’ai pu retirer quelques indications de toutes ces observations. Il ne sert pas à grand chose de pénétrer dans le milieu. Avec une paire de jumelles et une longue vue, depuis le fond de la vallée vous avez beaucoup plus de chance de les contacter et sans déranger la faune. Et il faut surtout de la patience !…

Samuel MICHEL
Molines en Queyras, mai 2002

29 décembre 2006

Face à face avec un loup

Gilles Pullino raconte sa surprenante rencontre en face-à-face avec un loup des Abruzzes.

Le 17 juin 2001 à l’aube, au cours d’un voyage naturaliste dans le parc national des Abruzzes (Italie), j’effectue un affût en bordure d’une prairie, dans un site propice à l’observation de l’Ours brun et du Loup. Je reste en place jusqu’à 8h30, au moment où les premiers randonneurs arrivent.

Sangliers, chevreuils et renards observés le matin ont maintenant regagnés le couvert forestier. A 10h30, un peu déçu, je rejoins mon véhicule. Je m’assois un instant pour contempler encore une fois le panorama. Tout à coup mon attention est attirée par un animal qui se déplace dans la prairie, prés de la lisière du bois, à environ 300 m. Un rapide coup de jumelles confirme ma première impression : il s’agit bien d’un loup !

Face à face avec un loup, rencontre avec un loup des Abruzzes Photo Gilles Pullino ONCFS

Immédiatement, je lance un hurlement

Immédiatement, je lance un hurlement. Cette technique, que j’ai plusieurs fois utilisée lors de mes précédents contacts avec l’espèce, me permet généralement de faire arrêter l’animal et prolonger ainsi la durée de l’observation. Souvent il s’assoit, oreilles dressées, parfois il répond.

Le loup de ce matin quant à lui, va adopter un comportement pour le moins inattendu. Après avoir marquer un léger temps d’arrêt, il quitte sa trajectoire initiale et, sans hésitation, il bifurque pour venir dans ma direction. La topographie des lieux nous permet de nous approcher l’un vers l’autre sans nous voir.

Au moment où il disparaît dans une dépression du terrain, j’avance à mon tour, craignant qu’il ne reste au fond de cette cuvette pour écouter mes appels, hors de mon champ de vision. Je me déplace silencieusement en me dissimulant, tant bien que mal, derrière les petits affleurements rocheux qui parsèment la prairie. Je parcours ainsi quelques dizaines de mètres, lorsque je l’aperçois arrivant sur moi au petit trot, à environ trente mètres ! Je m’agenouille aussitôt tout en saisissant mon appareil photographique.

Simultanément, il me repère lui aussi et s’arrête derrière un rocher. Seuls son cou et sa tête dépassent. Il me fixe d’un air surpris. Tout en hurlant pour faire diversion, je me positionne pour prendre la photo, mais dans ma précipitation, j’oublie de retirer le cache du téléobjectif ! D’un geste lent, je l’enlève en continuant à hurler. Par chance j’ai encore le temps de faire la mise au point et de prendre un cliché avant que le déclic de l’appareil ne provoque sa fuite. Il traverse le pré au galop. D’après sa morphologie et sa corpulence, il s’agit probablement d’un individu jeune, ce qui pourrait expliquer son comportement.

Un dernier hurlement le fait stopper brièvement à l’orée du bois. Il me lance un regard furtif avant de disparaître définitivement sous les arbres...

Gilles Pullino
ONCFS, Service Départemental du Var
Source : Bulletin d'information du Réseau loup n° 8

18 octobre 2005

L'univers parallèle de l'écologie rampante (Jean Lassalle)

Jean_lassalle_2Créée en novembre 2002, la Commission loup : " Commission d'Enquête Parlementaire sur les conditions de la présence du loup en France et l'exercice du pastoralisme dans les zones de montagne " était chargée de "faire la lumière " sur le retour du loup en France et de trouver des moyens pour valoriser le pastoralisme ovin ". Les auditions n'étaient pas ouvertes à la presse, l'affaire menaçant de toute évidence de toucher à des secrets " Défense Nationale ".

A la veille de la manifestation du 5 novembre à Paris, il m'a semblé amusant de revenir sur quelques déclarations savoureuses et très instructives sur la pensée et l'état mental de certains politiciens. Extraits du débat sur la création de la Commission loup à l'assemblée nationale :

Christian Estrosi, UMP
- " Vous connaissez la cause des larmes et de la détresse de tant de nos éleveurs et d'habitants de ces zones de montagne au cours de ces dix dernières années : la présence du loup. Aucune des mesures prises n'a permis de mettre fin à ce drame humain ".
- " Pour mémoire rappelons que le nombre d'attaques s'établissait à dix en 1993 et qu'en 2001 on a dénombré 250 attaques soit 1 152 brebis mortes et que le dernier comptage qui remonte au 10 octobre fait état de prés de 2000 brebis massacrées."
Michel Bouvard, UMP
" Merci Voynet ".
Christian Estrosi, UMP
" Tout un faisceau d'événements accrédite la thèse d'une réintroduction artificielle à commencer par l'absence totale du loup entre Gênes et les Alpes Maritimes alors que la thèse officielle fait état d'une provenance des Abruzzes en Italie. Aucune trace de sa présence entre le parc des Abruzzes et le Mercantour pourtant de plusieurs centaines de kilomètres. "
Michel Bouvard, UMP
" Tout à fait ! Il a du faire du stop. "
Jean Launay, PS
" Pour avoir une compréhension affinée des problèmes posés et mieux saisir la détresse des éleveurs il convient en plus des bêtes tuées ou blessées par le prédateur - qui, rappelons-le ne tue pas pour manger- de prendre en compte les nombreux avortements subis par les brebis et l'allongement fréquent la période d'agnelage, le stress ou encore l'amaigrissement des animaux ".
Jean Lassale, UDF, ex-président du Parc des Pyrénées
" Il faut savoir comment ces loups sont revenus. Et puisque l'on a opportunément retenu d'élargir le sujet à l'ensemble de la filière pastorale il serait bon tant qu'on y est d'en faire autant sur le retour des nouveaux ours dans les Pyrénées centrales. "
Augustin Bonrepaux, PS
" Ceux-là on sait comment ils sont revenus ! "
Michel Bouvard, UMP
" En avion et sous les caméras ! Et dire aussi combien cela a coûté aux contribuables ".
Jean Lassale
" Je souhaite simplement, chers collègues, que l'on en profite aussi pour fouiller un peu et voir ce qu'il y a derrière cet univers parallèle de l'écologie rampante qui s'est instituée non seulement dans notre pays… "
Lionel Luca, UMP
" Rampante ça oui ! Comme les ronces et la broussaille. »
Jean Lassale
" … mais dans toute l'Europe, je peux en témoigner "
André Chassaigne, PC
" Je ne me reconnais guère dans la vision du monde rural qui vient d'être exposée. Je dis tranquillement en me fondant sur une expérience ancienne, sur un vécu quotidien, cette approche me paraît un peu caricaturale."
François Sauvadet, UDF
" Il n'a pas écouté ! "
André Chassaigne
" Il est légitime de s'interroger sur les conséquences économiques et environnementales de la présence du loup. Mais eu égard à la partialité de certains motifs avancés par la résolution et rappelés à cette tribune il nous semble indispensable de rappeler que le loup de peut pas être responsable de la mise en péril de l'économie montagnarde. "
- " La résolution affirme que les mesures de protection des troupeaux sont inopérantes pourtant les expériences menées dans les pays étrangers et les derniers chiffres français donnent des indications plus nuancées. Les résultats obtenus concernent deux départements, les Hautes-Alpes où les
mesures de protection sont généralisées et les Alpes Maritimes où elles sont très peu appliquées. En 2001, pour des populations similaires de loups, les pertes qui leur sont attribuées ont été de 97 brebis pour 9 loups et de 1 152 brebis pour les 12 loups des Alpes-Maritimes"
Henriette Martinez, UMP
" Je viens des Hautes-Alpes il y en a plus que cela. "
André Chassaigne
" Le loup peut être aussi un facteur de développement touristique non négligeable. "
(protestation sur les bancs de l'UMP et de l'UDF). (L'ouverture des parcs ?)
Patrick Ollier
" Ce n'est pas sérieux ! "
Augustin Bonrepaux
" on a d'autres atouts, heureusement ".
Michel Bouvard
" Les touristes vont dans des parcs à loups fermés ! "
André Chassaigne
" Comme dans le parc des Abruzzes qui accueille un million de touristes chaque année ".
Xavier de Roux, UMP
" Le loup est un loup pour l'homme "

Parions, que certains de ces grands orateurs vont remonter à la tribune à l'occasion de cette démonstration piétonne de l'univers parallèle de l'écologie rampante!

29 avril 2005

Le retour du Loup en France (II) Revivez-le en direct !

Romuald mène l'enquète pour la Buvette

J'ai retrouvé Antoine Peillon, qui avec Geneviève Carbone, a rendu public la réapparition du loup via un article paru dans la revue « Terre Sauvage » en avril 1993...


« Cher Monsieur,

C'est avec grand plaisir que je vous autorise à utiliser les photos du "tombeau de Papillon". J'ai découvert, à l'occasion, votre site, La buvette des alpages. C'est remarquable, très riche en infos, graphiquement très plaisant et surtout du meilleur esprit. Bravo pour ce travail qui doit être considérable, mais qui est certainement très utile.

Je me permets de vous donner accès au rapport que j'avais rédigé, en mars 1993, pour le ministère de l'Environnement, sur l'arrivée des deux premiers loups en Mercantour..., deux mois avant que j'en fasse la révélation (très maîtrisée), avec mon amie Geneviève Carbone, dans "Terre sauvage".

Ce document permet de couper court à toutes les rumeurs qui continuent de courir sur une "réintroduction" des loups dans les Alpes-Maritimes, rumeur dont on retrouve l'écho jusque dans un certain rapport parlementaire qui est une honte pour la République.

Je vous autorise aussi, bien entendu, à l'utiliser comme bon vous semblera dans "La buvette", en citant la source, si vous le souhaitez.»

Voilà qui est fait.


Antoine Peillon
Le 13 mars 1993
A l'attention de M. P. Le Meignen
Directeur-adjoint du Parc National du Mercantour
 
                               STRICTEMENT PERSONNEL
 
Pour votre information
 
P. J. : Communiqué de presse de l'AFIRAC n° 556, du 12 mars.
 
(Copies du document suivant à Gilbert SIMON, directeur de la nature et des paysages au ministère de l'Environnement -même date-, à Pierre Pfeffer, à Geneviève Carbone et Elena Adam)


L'arrivée des loups en Mercantour

Le_loup_est_revenu Novembre 1992 - mars 1993

"Les Galoupiots" (*)
(*) Noms donnés, par les gardes-moniteurs du parc national du Mercantour, aux 2 premiers loups suivis à Molières et au Boréon (protocole de suivi).
Cartes :

  • "Massif et parc national du Mercantour, Haut-Pays Niçois : Tinée, Vésubie, Merveilles", 1/50.000, Editions Didier & Richard, Carte n° 9.
  • IGN Série bleue au 1/25.000 n° 3741 Ouest : "Saint-Martin-Vésubie, col de Turini".
  • IGN Série bleue au 1/25.000 n° 3640 Est : "Isola".
  • Carte-guide au 1/25.000, Alpes-Maritimes, "Vallée de la Vésubie, massif du Mercantour", IGN et Conseil général des Alpes-Maritimes.

Enregistré le jeudi 4 mars 1993, au siège du parc national du Mercantour, par Antoine Peillon.

Personnes présentes :

  • Patrick Le Meignen, directeur-adjoint du P N Mercantour;
  • Pierre Pfeffer, président du conseil scientifique du P N M, directeur de recherche CNRS-Muséum national d'histoire naturelle;
  • Roger Settimo, membre des conseils scientifique et d'administration du P N M, conseiller biologique des Alpes-Maritimes;
  • Thierry Houard, technicien scientifique du P N M (Vence);
  • Anne-Marie Issautier, garde-monitrice du P N M, secteur Haute-Tinée (Saint-Etienne);
  • Patrick Orméa, garde-moniteur du P N M, secteur Moyenne-Tinée (Saint-Sauveur);
  • Gilles Deluermoz, garde-moniteur du P N M, secteur Vésubie (Belvédère);
  • Geneviève Carbone, journaliste à "Terre Sauvage", finit une thèse d'éthologie sur le loup, attachée au laboratoire d'ethnobiologie-biogéographie du Muséum national d'histoire naturelle;
  • Antoine Peillon, journaliste à "Terre Sauvage".

Le document qui suit est long, c'est vrai. Mais vous aurez l'impression de vivre en direct le retour des loups dans le Mercantour... passionnant !

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28 avril 2005

Le retour du loup en France (I)

Le retour du loup en France a fait couler beaucoup d'encre. Je me suis amusé à comparer deux versions différentes de ce retour : naturel ou organisé? Surprise ou pas surprise ? La lecture en parallèle de ces deux documents est pour le moins... intéressante !

La version officielle

Rapport parlementaire publié le le 2 mai 2003.

Des réintroductions artificielles ne sont pas à exclure

(...) Disparu depuis plus d'un demi-siècle, c'est officiellement le 5 novembre 1992 que le loup fait sa réapparition sur le territoire français. C'est en effet à cette date que furent pour la première fois observés deux loups, à l'occasion d'un dénombrement des ongulés - chamois et mouflons - dans le parc national du Mercantour.

Problème controversé s'il en est, la question du retour naturel ou de la réintroduction du loup en France a suscité l'attention toute particulière de la commission. Celle-ci a entendu la plupart des scientifiques les plus renommés sur la question. Elle a également entendu les arguments des défenseurs de la thèse de la réintroduction, principalement la chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes qui, en réponse au document du ministère de l'environnement de 1996 « Premiers éléments d'enquête sur le retour du loup dans les Alpes françaises » qui tentait de démontrer un retour naturel, avait fourni un travail détaillé et très documenté soulignant les imprécisions, les incertitudes de la version officielle et concluait à la probable réintroduction du loup.

Des lâchers clandestins

La conviction de votre rapporteur, et, semble-t-il d'une majorité de la commission, est que la vérité se situe probablement entre les deux : au vu des connaissances scientifiques actuellement disponibles, un retour naturel du loup d'Italie (et non des Abruzzes, point sur lequel nous reviendrons) est tout à fait possible et les analyses génétiques effectuées depuis 1996 confirment cette possibilité, sans bien sur la prouver. De même, il est probable que des lâchers clandestins de loups ont eu lieu mais, encore une fois, sans qu'il soit possible de le prouver.

En tout état de cause, ces lâchers n'ont sans doute pas fait l'objet d'un complot impliquant le parc national du Mercantour et la direction de la nature et des paysages (DNP) du ministère de l'environnement. Ces lâchers ont probablement été le fait de particuliers passionnés de la nature et particulièrement irresponsables (...)

De nombreux textes écrits à la fin des années 80 et au début des années 90 évoquent des lâchers clandestins de loups. En premier lieu, une enquête réalisée en 1990 par la direction de la nature et des paysages (DNP) recense 42 opérations « d'introductions, réintroductions et renforcement de populations » en France entre 1950 et 1989, concernant diverses espèces, dont des lâchers clandestins de loups ...

Le mode d'expansion naturel du loup

... en revanche, le deuxième modèle d'expansion, qui est typique du loup, est le modèle en « tache de guépard », c'est-à-dire celui d'une population qui s'étend progressivement en colonisant de nouvelles régions, même très lointaines les unes des autres (...) Dans cette population, la distance moyenne entre un territoire et un autre est de 140 kilomètres, tout en vivant sur un milieu homogène. Le loup colonise donc une nouvelle région par « patch » - nous utilisons ce terme anglais. De nouvelles taches se constituent au fur et à mesure.

C'est ainsi qu'en ce qui concerne la répartition du loup sur les Apennins, nous trouvons des zones vides, qui ne témoignent pas de la présence du loup, alors que toutes les conditions de vie y sont réunies ».

Le trou entre Gênes et le Mercantour

(...) On peut dès lors se demander pourquoi une meute ne s'est pas installée dans cette zone. Comme l'explique le professeur Silvio Spano de l'institut de zoologie de l'université de Gênes dans une lettre du 21 octobre 1996 adressée à la chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes : « en se basant sur les données scientifiques, il est très difficile d'expliquer le « trou » entre Gênes et le Mercantour, c'est-à-dire l'absence de loups dans une longue bande de territoire située entre l'arrière-pays de Gênes et le Mercantour, suffisamment adaptée aux loups et riche de gros gibier pour sa nourriture. Les notices de présence ne sont pas suffisantes pour avoir la certitude du passage du loup dans cette zone »...

La politique du Parc du Mercantour

Une opacité délibérée est à l'origine des difficultés rencontrées aujourd'hui. La politique du parc du Mercantour et de la Direction de la protection de la nature : un déni de démocratie.

La version officielle : la surprise

Deux loups sont donc aperçus pour la première fois dans la zone centrale du parc du Mercantour au début du mois de novembre 1992. La réapparition du loup sur notre territoire n'est rendue publique que six mois plus tard par voie de presse via un article paru dans la revue « Terre Sauvage » en avril 1993.

Ce laps de temps a officiellement été utilisé pour s'assurer qu'il s'agissait bien de loups et non de chiens divagants.

Il s'agissait de mettre à profit la période hivernale pour recueillir le maximum d'indices et d'informations, à une époque où l'on ne disposait pas encore de l'outil génétique. Ainsi, un grand nombre d'agents s'est trouvé mobilisé pour tenter, sur le territoire le plus vaste possible, de localiser les secteurs occupés par les loups.

Dès le début du mois de décembre, un protocole de suivi systématique fut donc mis en œuvre en collaboration avec des partenaires du groupe loup italien venus reconnaître les secteurs a priori visités et dont les caractéristiques (altitude, couvert, ressource alimentaire) leur sont apparus favorables à l'installation des canidés.

Les déclarations des responsables locaux et nationaux de l'époque recueillies par la commission sont contradictoires : il s'agit parfois de savoir si ce sont bien des loups, parfois seulement (comme si la réponse à la première question était évidente), s'il s'agit de loups en phase de colonisation ou simplement en phase de prospection.

De même, chacun se renvoie la responsabilité de la publication de l'article paru dans « Terres sauvages », et semble regretter son caractère prématuré. Or, selon le témoignage de Mme Carbonne, ethnozoologue qui a travaillé pour le parc du Mercantour, cet article a été préparé, organisé, par la DNP et le parc national du Mercantour, en parfaite concertation, du moins au début.

On voit qu'on était davantage dans la mise en place d'une stratégie de communication que dans un processus scientifique de rassemblement des preuves destiné à vérifier l'identité des canidés repérés à l'automne 1992.

La réalité : le loup était attendu

Malgré les déclarations de M. Gilbert Simon, alors directeur de la DNP, la commission a pu établir que l'arrivée du loup dans le parc du Mercantour n'a été une surprise ni pour le parc national, ni pour la direction de la nature et des paysages.

L'un comme l'autre étaient tout à fait conscients de l'arrivée imminente du prédateur : comme l'explique M. Patrick le Meignen, alors directeur-adjoint du parc dans un document du 16 juillet 1993 faisant le bilan du suivi scientifique des deux canidés aperçus quelques mois auparavant, « cette découverte ne fut en fait qu'une relative surprise ». En effet au mois de septembre 1991, à l'occasion d'un colloque sur les ongulés qui se déroulait à Toulouse, des représentants de l'établissement avaient rencontré M. Alberto Meriggi de l'Université de Pavia. Ce chercheur qui travaille sur la prédation du loup dans la région de Gênes leur avait alors indiqué que l'expansion géographique des loups dans la partie nord-est des Appenins laissait supposer une possible arrivée de l'espèce à court terme dans les Alpes Ligures, et même dans les Alpes maritimes françaises.

De plus, l'attention du parc avait été attirée par la diminution, depuis plusieurs années, avant même 1992, de la fameuse population de mouflons de Mollières, qui était estimée à la fin des années quatre-vingt entre 300 et 350 individus. Cette population, particulièrement suivie par les équipes du parc, avait chuté assez rapidement en deux ans, pour des raisons inexpliquées, tant du point de vue sanitaire que du point de vue des conditions climatiques. Si le mouflon résiste assez mal à la neige, ces années-là étaient caractérisées par un déficit d'enneigement, de sorte que la réduction de cette population de mouflons ne s'expliquait pas clairement.

De son côté, la direction de la nature et des paysages, par un courrier daté du 27 août 1991, indiquait que « d'après les éléments en (sa) possession, les populations de loup italiennes se développaient suffisamment pour pénétrer dans ces prochaines années en France ». Elle demandait au parc de rentrer en contact avec ses homologues italiens afin de dresser « la situation actuelle précise de cette espèce et ses possibilités de colonisation du territoire ».

Le parc national prit donc contact avec M. Merrigi cité plus haut et en informa la direction de la nature et des paysages. M. Denis Grandjean, alors directeur du parc, conclut sa lettre (datée du 7 novembre 1991) ainsi : « Il me paraîtrait tout à fait opportun d'offrir un statut à l'espèce avant que sa présence soit effective sur le territoire français ».

Dans un courrier du 2 janvier 1992, le professeur Boscalgli du groupe-Loup Italie, indique : « Effectivement, depuis quelques années, le loup est occasionnellement présent dans la province de Cunéo, mais selon toute probabilité cette présence ne peut être considérée comme stable comme cela l'est plus à l'est, le long de la frontière de nos régions Piémont et Ligurie. Cela ne veut pas dire que quelques spécimens isolés, jeunes, en déplacement à la recherche de zone-refuge (selon une tendance naturelle à la recolonisation vérifiée dans des différentes zones d'Italie) ne puissent arriver jusqu'au parc du Mercantour ».

Fort de ses informations, le directeur du parc national prévient sa tutelle, la direction de la nature et des paysages, par un courrier du 14 avril 1992 de l'arrivée imminente du loup sur le territoire français et indique : « Il paraît nécessaire d'être préparé à l'éventualité de l'arrivée du loup et au cortège de difficultés notamment sociologiques qui l'accompagneront ». Et de poursuivre : « En l'état actuel des choses, il nous semble que c'est au niveau du pastoralisme que se situe le plus gros problème ». Un éclair de lucidité qui n'a malheureusement pas eu les conséquences espérées. Suite à ce constat, M. Granjean fixe un programme d'action pour faire face à l'arrivée du loup et établit une évaluation des besoins financiers (diagnostic pastoraux, missions à l'étranger, indemnisations, lâchers d'ongulés sauvages...) pour un montant total d'un million de francs (150 000 euros).

On voit donc très clairement que, tant la direction de la nature et des paysages que le parc étaient parfaitement au courant non seulement du retour imminent du prédateur sur le territoire national mais aussi de ses conséquences néfastes sur le pastoralisme ovin.

Pourquoi cette attente entre la réapparition en novembre 1992 et l'annonce « officielle » en avril 1993 ?

Comme l'explique M. Pierre Pfeffer, alors président du comité scientifique du parc, qui n'apprit la présence du loup que le 13 avril 1993, « le ministère de l'environnement n'a pas voulu ébruiter cette nouvelle, car le loup n'était pas encore inscrit sur la liste des espèces protégées ». En effet, comme cela sera détaillé plus loin, le loup ne figurait pas encore sur la liste des espèces protégées fixée par un arrêté de 1981, et ce malgré les demandes de M. Denis Grandjean.

Ainsi, ni la direction de la nature et des paysages, ni le parc n'ont prévenu les élus ou les associations agricoles alors qu'il eut été indispensable que les éleveurs se préparent à cette contrainte qui devait tant modifier leurs pratiques pastorales. On peut très clairement parler de « chape de plomb » sur ce dossier, tant de la part de la DNP que du parc.

Encore plus scandaleux est le fait que la ministre de l'époque, Mme Ségolène Royal, n'ait pas même été mise au courant de cet évènement majeur, selon les propos qu'elle a elle-même tenus devant la commission !

Où sont la démocratie et le bon fonctionnement de l'Etat quand une décision d'une telle importance, qui a profondément bouleversé la vie de plusieurs départements français, est le fait d'une petite technostructure qui ne rend de comptes à personne ? ...

Romuald_signatureSi vous voulez lire l'entièreté du rapport parlementaire ... Voilà un texte qui ne fait pas que des heureux, ni chez les membres du Parc du Mercantour, ni chez ceux qui croient au retour naturel du loup. Ligabue, le loup italien équipé d'un gps nous a montré plus tard comment il avait traversé "le trou" pour arriver dans les alpes. Ligabue est mort, il n'y a pas longtemps.

Romuald mène l'enquète pour la Buvette

Je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin. J'ai retrouvé Antoine Peillon, qui avec Geneviève Carbone, a rendu public la réapparition du loup via un article paru dans la revue « Terre Sauvage » en avril 1993...

« Cher Monsieur,

C'est avec grand plaisir que je vous autorise à utiliser les photos du "tombeau de Papillon" (voir les galeries photos de la Buvette). J'ai découvert, à l'occasion, votre site, La buvette des alpages. C'est remarquable, très riche en infos, graphiquement très plaisant et surtout du meilleur esprit. Bravo pour ce travail qui doit être considérable, mais qui est certainement très utile.

Je me permets de vous donner, en lien, l'accès au rapport que j'avais rédigé, en mars 1993, pour le ministère de l'Environnement, sur l'arrivée des deux premiers loups en Mercantour..., deux mois avant que j'en fasse la révélation (très maîtrisée), avec mon amie Geneviève Carbone, dans "Terre sauvage". Ce document permets de couper court à toutes les rumeurs qui continuent de courir sur une "réintroduction" des loups dans les Alpes-Maritimes, rumeur dont on retrouve l'écho jusque dans un certain rapport parlementaire qui est une honte pour la République. Je vous autorise aussi, bien entendu, à l'utiliser comme bon vous semblera dans "la buvette" (en citant la source), si vous le souhaitez.»

La suite dans la prochaine note...

23 septembre 2004

Le retour naturel du loup

Au_loup_1 (Nice matin 1987)
Il y a près de 60 ans, le loup disparaissait du territoire français, victime des acharnements de l’homme à vouloir l’éliminer. Traqué depuis des siècles, la mort du loup est précipitée par l’utilisation massive des armes à feu et du poison dès le XIX ème siècle, une disparition conjuguée à la déforestation et la disparition des proies sauvages. Mais en Italie, le loup n’a pas disparu ; il a survécu...

Lire la suite "Le retour naturel du loup " »

10 mai 2004

Bulletin d'information du réseau loup n°10 - mars 2003

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

La buvette publie tous les bulletins d'information du réseau loup. En voici l'explaire suivant et son sommaire.

Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°10
34 pages - PDF 1.36 Mb Mars 2003

  • Un nouveau cas d'empoisonnement de loup dans les Alpes-Maritimes : Le 29 août 2002, un garde moniteur du Parc National du Mercantour découvre sur la commune de Valdeblore (Vésubie) le cadavre d'un louveteau au détour d'un chemin. L'autopsie du jeune loup effectuée au laboratoire départemantal vétérinaire de Gap, révélera un état de santé optimal de loveteau agé de 3-4 mois, sans traumatisme, ni blessure, faisant suspecter une mort rapide non naturelle. Les analyses toxicologiques détecteront la présence d'inhibiteurs de cholinestérase (un insecticide) associés à des trace de chloraloses. La conclusion de l'examen a révélé une mort survenue de façon brutale après ingestion d'un repas et confirme un cas d'empoisonnement intentionnel.
  • Un cas de dommage particulier dans une exploitation ovine à Chichilianne (Isère) : Mi-décembre 2002, deux attaques successives se sont produites à proximité immédiate du petit village de Chichilianne dans le massif du Vercors. Une observation de loup par un particulier a été signalée. L'animal a été décrit comme boitant d'un membre antérieur...
  • Le programme LIFE loup est prolongé d'un an.
  • Observation de 6 loups aux abords d'un village des Hautes-Alpes : Début décembre 2002, une famille de Ristolas (05) observe depuis son chalet 6 loups, sortant de la forêt toute proche (...) Une réunion organisée par la DDAF (Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt) en présence des maires de la zone à loups, pour exposer les divers cas de ce type enregistrés près des villages et la notion de risque quasi-nul (même si celles-çi peuvent exister comme avec n'importe quel animal sauvage ou domestique) entre un loup et un homme. (...) En chasse, les loups suivent les zones d'hivernage des ongulés, qui poussés par la neige, descendent dans les vallées. La louve tuée accidentellement à l'entrée du village d'Abriès (05) en témogne, de même que les d'autres observations effectuées ces 3 dernières années.
  • Les loups de Belledonne pris sur le vif : piège photographique : 2 loups sur un passage identifié par le suivi des traces.
  • La procédure de gestion administrative des constats de dommages a changé au 1er janvier 2003.
  • L'ONCFS se réorganise pour l'animation du réseau grand-carnivores.
  • Conseils et formations pour les correspondants du réseau loup-lynx.
  • Session de génétique pour détermination qpécifique et identification de nouveaux secteurs (octobre 2002) : 5 nouveaux secteurs de présence au moins temporaire du loup : Haut-Verdon (04), Haut-Var (06), Vercors Ouest (26), Taillefer (38) et Cheiron (06).
  • Les outils moléculaires donnent leurs premiers résultats : La lignée italienne de Canis lupus présente une séquence sur son ADN mitochondrial, qui n'est retrouvée nulle part ailleurs dans le monde. Sa caractérisation est donc unique. Les différentes étapes des analyses : des pertes en ligne incontournables. Suivi hivernal et suivi génétique : 2 méthodes aux objectifs complémentaires. Les résultats des profils génétiques identifiés dans les Alpes hors Mercantour. Quelle est la puissance et la fiabilité de ces analyses ? Encore du travail en méthodologie à l'échelle internationale.
  • Evènements et bibliographie.
  • Listing des indices hors Mercantour collectés dans le cadre du réseau loup (juin à décembre 2002).
  • Listing des indices trouvés dans le Parc National du Mercantour dans le cadre du réseau loup (juin à décembre 2002).
  • Liste des analyses génétiques effectuées dans le cadre du réseau loup au 13 février 2003.

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09 mai 2004

Bulletin d'information du réseau loup n°9 de juillet 2002

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

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Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°9
8 pages - PDF 299 ko juillet 2002

  • Les données recueillies sur la période octobre 2001 à mars 2002

Présence du loup sur l’arc alpin français : secteurs de présence permanente :

  • Mercantour : Vésubie-Roya, Vésubie-Tinée, Moyenne Tinée et Haute Tinée (-2 à -7 loups),
  • Monges (1),
  • Queyras (7 ou 8, 1 mort),
  • Béal-Traversier (au moins 2, 1 cas de braconnage),
  • Clarée (?, 2 morts côté italien par accident),
  • Vercors (2),
  • Belledonne (2 ou 3) -
  • carte de répartition des zones de présence du loup en 2001

Présence du loup sur l’arc alpin français : secteurs de présence temporaire :

  • Canjuers : 2 excréments
  • Ubaye (espace intersticiel entre Haute-Tinée et Queyras)
  • Cheiron (observation et poil)
  • Plus de trace en Taillefer (Isère) et Hauts-forts (Haute-Savoie)

Analyses génétiques spécifiques réalisées en mars 2002

  • Les dommages sur les troupeaux domestiques, bilan 2001 : En 2001, 455 constats de dommages ont été établis dans les huit départements concernés par le réseau loup. Parmi ces
    constats, 372 attaques, regroupant 1830 victimes, ont fait l’objet d’une indemnisation pour un montant d’un peu plus de 2 millions de francs (315 000 euros) - bilan 2001 des dommages sur les troupeaux domestiques.
  • Evolution des dommages depuis 1993

Fonctionnement du réseau

  • De l’utilisation des fiches réseau
  • Réactualisation de la base de données correspondants
  • Parole de correspondant - récit d'observation de loups par Samuel Michel : "(...) Je décide alors d’atteindre leur piste en me dirigeant vers le secteur de ma première observation. Après une heure de montée, un renard s’enfuit à mon approche; en croisant sa piste je m’aperçois qu’elle est ponctuée de tâches de sang. J’arrive alors sur un chevreuil mort que le renard avait tiré sur une dizaine de mètres. Effectivement plus haut il y a du sang de partout, des poils des morceaux d’entrailles et d’excréments. Là par contre, les traces de pattes n’ont plus rien à voir avec celle du Renard mais correspondent au loup..."
  • La peur du loup : une revue des attaques sur l'homme.

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08 mai 2004

Bulletin d'information du réseau loup n°8 de février 2002

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

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Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°8
7 pages - PDF 139 ko février 2001

  • Les données recueillies sur la période avril à septembre 2001
  • Bilan de l'année 2001 : En 2001, 865 fiches indices et 455 constats de dommages ont été établis par les correspondants du réseau.
  • Répartition par département des constats de dommages établis par les correspondants du réseau loup en 2001.
  • Répartition par département des constats de dommages établis par les correspondants du réseau loup en 2001.
  • Analyses spécifiques et nouveaux secteurs de colonisation : En 2001, La majorité des constats de dommages et indices ont été recueillis dans les secteurs de présence connue de l’espèce.
  • Répartition des données collectées par département et massif.
  • Analyses microscopiques réalisées sur les poils.
  • Analyses génétiques spécifiques réalisées en juillet 2001.
  • Mise en place du protocole de recherche systématique hivernal dans le Vercors.
  • Un fort investissement des correspondants dans le suivi hivernal systématique.
  • Répartition et organisation du protocole de recherche systématique engagé pendant l’hiver
    2001/2002.
  • Face à face avec un loup. Récit de Gilles Pullino (ONCFS, Service départemental du Var.) : "(...) Immédiatement, je lance un hurlement. Cette technique, que j’ai plusieurs fois utilisée lors de mes précédents contacts avec l’espèce, me permet généralement de faire arrêter l’animal et prolonger ainsi la durée de l’observation. Souvent il s’assoit, oreilles dressées, parfois il répond. Le loup de ce matin quant à lui, va adopter un comportement pour le moins inattendu...."
  • Le statut des populations de loups en scandinavie.
  • Les chiens de protection: efficaces ou pas ? Colorado : " Les 125 éleveurs ont estimés que leurs 392 chiens avaient permis d’épargner un montant de $891 440 pour la seule année de 1993. 96% d’entre eux recommande la mise en place de chien aux autres éleveurs..."

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07 mai 2004

Bulletin d'information du réseau loup n°7 d'août 2001

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

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Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°7
7 pages - PDF 484 ko - août 2001

  • Les données du réseau loup recueillies sur la période octobre 2000-mars 2001
  • Le suivi hivernal des meutes de loups sur l'arc alpin français, résultats de l'hiver 2000-2001 : Mercantour, Canjuers, Monges, Ubaye, Queyras, Béal-Traversier, Clarée, Vercors, Belledonne, Haute-Maurienne, Dévoluy, Chartreuse. L'effectif minimum de loups présents sur l'arc alpin français, à la fin de l'hiver 2000-2001 peut être estimé à 24-26 loups répartis en neuf zones de présence permanente.
  • Distribution du nombre minimum d'individus estimé par le suivi des pistes dans la neige dans les zones de présence permanente du loup Hiver 2000-2001.
  • Les dommages sur les troupeaux domestiques : 453 constats de dommages ont été établis, 371 attaques regroupant 1483 victimes indemnisées pour 1 826 375 francs. Quatre dérochements représentes 14% des victimes (contre 43% pour 5 dérochements en 1999).
  • Fonctionnement du réseau : Intégration du département du Var dans le réseau. Le plateau de Canjuers est surveillé maintenant par le réseau.
  • Réajustement des formulaires "réseau grands prédateurs"
  • Une nouvelle fiche urine
  • Etudes en cours : Etat d'avancement des études génétiques. Les analyses génétiques individuelles ont nécessité une longue phase de mise au point de la méthode (identifications des marqueurs moléculaires, calibrage des techniques  d'extraction et de séquencage, teste de répétabilité. Cette phase commencée en 1997 s'est achevée fin 2000.
  • Pour en savoir plus
  • Hybridation chien loup : Plusieurs travaux de généticiens confirment l'absence d'hybridation entre chiens et loups italiens. L'isolement de la population lupine italienne lui confère une perte de la diversité génétique pouvant à terme altérer son état de conservation. L'absence d'hybridation doit être maintenue en éradiquant systématyiquement les chiens errants.
  • Taux de croissance

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06 mai 2004

Bulletin d'information du réseau loup n°6 de septembre 2000

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

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Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°6
10 pages - PDF 102 ko - avril 1999 à septembre 2000

  • Les données recueillies par le réseau, bilan de l'année 2000 : 785 fiches indices (524 dans les Alpes Maritimes) et 453 constats de dommages ont été établis (279 dans les Alpes Maritimes). Répartition par département des constats établis par les correspondants du réseau loup en 2000. Répartition par département des indices collectés par les correspondants du réseau loup en 2000.
  • Trois nouveaux secteurs de présences des loups : "Névache" et "Ecrins/Champsaur" dans les Hautes-Alpes, "Omblèze" dans la Drôme. Répartition des données collectées par département et massif.
  • Fonctionnement du réseau loup : la part entre les missions courantes et les missions spécifiques.
  • Un protocole expérimental dans le massif du Queyras avec un suivi de parcours hebdomadaires. Ce protocole vise à quantifier la relation entre la présence d'ongulés selon les espèces et la fréquentation par les loups.
  • La récolte d'échantillons est plus que jamais d'actualités.
  • Mise à disposition de pièges photographiques pour photographier les loups : Le réseau vient de se doter de 10 pièges photographiques, 1 pour chaque département, 2 pour les Alpes Maritimes.
  • Un cas avéré de braconnage d'un loup (tir par balle) dans le massif de Belledonne (Isère) : Le 19 novembre 2000, un cadavre a été découvert pendu par les pattes à un arbre, accompagné d'une pancarte "ras le bol du loup"...
  • Un protocole de vision nocturne dans le Mercantour (Alpes Maritimes).Une caméra infra-touge a filmé un troupeau pendant 15 nuits d'affilée. Plus de 2 heures d'images d'interactions loups / troupeau / chiens de protection.
  • L'équipe LIFE-LOUP enfin complète.
  • Mise en oeuvre du protocole d'intervention anti loups : Un troupeau de 1300 ovins à subi 7 attaques rapprochées (27 bêtes tuées entre le 10 et le 29 novembre 2000. Un renforcement de la protection (gardiennage nocturne, 2 chiens de protection adultes) a été entrepris. Un affût a été placé pendant 7 nuits (casques de vision nocturene, phares, carabines à lunette. " Le renforcement des méthodes de protection a permis d'assirer la protection du troupeau sans qu'il soit besoin d'intervenir sur un animal de l'espèce Canis lupus." La conduite du troupeau en 4 lots distincts, source d'une mauvaise protection a été abandonnée.
  • Une louve tuée accidentellement dans le Queyras : collision avec un véhicule le 27 janvier 2001, la louve de 3 ans qui ne s'était jamais reproduit pesait 23 kg.

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Bulletin d'information du réseau loup n°5 de mars 2000

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

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Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°5
15 pages - PDF 317 ko Mars 2000

  • Harmonisation du suivi du lynx et du loup dans les Alpes : la fusion, dans les Alpes, du réseau lynx et du réseau loup en un seul réseau « grands carnivores » est prévu pour juillet 2000.
  • Répartition par département des indices collectés par les correspondants du « réseau loup » en 1999
  • Répartition par département des constats établis par les correspondants du « réseau loup » en 1999.
  • Bilan de l'expansion du loup sur l'arc alpin : Comment estimer l'effectif des meutes ? Le nombre de loups par meute (effectif) fluctue en cours d'année en fonction des naissances, des mortalités, de la dispersion ou de l'intégration de nouveaux loups dans la meute. C'est entre début décembre (soit après la dispersion d'automne) et fin février (avant la dispersion de printemps et la mise bas) qu'il est le plus stable. C'est aussi à cette période qu'il est le plus ajusté aux ressources alimentaires du territoire, rares et peu diversifiées à cette époque de l'année. C'est donc cette période (décembre-février) qui est retenue pour estimer, chaque année, l'effectif des meutes.
  • Présence permanente du loup sur l’arc Alpin : On peut donc considérer qu'une trentaine de loups, répartis dans cinq régions, sont présents de façon permanente au printemps 2000 dans les Alpes françaises.
    Les indices collectés de façon systématique et régulière par les correspondants du Réseau
    permettaient, fin 1999, de mettre en évidence la présence continue de loups au moins 18 mois (dont deux hivers) dans cinq secteurs des Alpes françaises: le Mercantour, les Monges, le Queyras-Beal Traversier, le Vercors et Belledonne. Au cours de l’hiver 1999-2000, Le Mercantour est le seul massif où les données sont suffisantes pour attester du nombre de loup et confirmer la présence de 4 meutes et d'une vingtaine de loups.
  • Bilan des dommages sur les troupeaux domestiques : En 1999, 396 constats de dommages ont été établis dans les sept départements concernés par le réseau loup. Parmi ces constats, 312 attaques, regroupant 1752 victimes, ont fait l’objet d’une indemnisation pour un montant total de 1 956 468 francs. Quatre attaques, avec des dérochements et/ou étouffements massifs, ont regroupées 659 victimes soit 38 % du total. Comme les années précédentes, l’essentiel des dommages (58 % des attaques) a été enregistré dans les Alpes Maritimes. Les départements de la Drôme et de la Haute Savoie sont restés peu ou pas concernés par les dommages.
  • Récapitulatifs des constats de dommages.
  • Indices collectés dans le Mercantour.
  • Indices collectés hors Mercantour

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Bulletin d'information du réseau loup n°4 de septembre 1999

Le bulletin d'information du réseau loup est publié par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup.

La buvette publie tous les bulletins d'information du réseau loup. En voici l'explaire suivant et son sommaire.

Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°4
14 pages - PDF 140 ko - avril à septembre 1999

  • Dommages et présence du loup sur l’arc alpin : 256 des 354 constats établis au 31/10/99 ont fait l’objet d’un classement en suspicion loup ou gros canidé indéterminé (contre 237 sur les 337 établis au 31/10/98).
  • Rappel sur les méthodes de prélèvement et de stockage des échantillons d'excréments.
  • Présence du loup dans le Vercors : les dernières analyses réalisées sur des indices relevés cet été sur le terrain ont, de nouveau, confirmé la présence du loup sur les Hauts Plateaux. Il ne s'agit ni de chiens, ni d'hybrides.
  • Brèves : En avril 1999, un cadavre de canidé dépouillé et décapité a été anonymement (!) déposé devant la maison du Parc National du Mercantour à St Martin Vésubie. En juin 1999, un autre cadavre de canidé a été découvert dans la vallée de la Tinée. Il s’agissait d’un chien.
  • Récapitilatif des constats de dommages.
  • Indices collectés dans le Mercantour.
  • Indices collectés par les correspondants.

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Bulletin d'information du réseau loup n°3 de mars 1999

L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup. L'ONCFS publie le bulletin d'information du réseau loup.

Bulletin d'information du réseau loup ONCFS

Quoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup n°3
10 pages - PDF 144 ko Mars 1999

  • Bilan des dommages 1998 : En, 1998, sur 390 dommages ayant fait l’objet d’un constat, 301 attaques ont été indemnisées. Elles regroupent 1208 animaux pour un montant total d’environ 1 450 000 F (dont environ 440 000 F pour la compensation de pertes indirectes). Comme pour les années précédentes, la majorité (73% N = 212) des attaques classées en "suspicion loup" ou "gros canidé indéterminé" ont été enregistrées dans le Mercantour dans, ou à proximité, des zones où la présence stable du loup est établie.
  • Réseaux loup et lynx : Vu le chevauchement des aires de présence de ces deux espèces, formation d’un groupe de travail sur l’harmonisation de la procédure de constats et sur le fonctionnement des réseaux loup et lynx.
  • Participation aux constats.
  • Recherche d'indices de présence hors Mercantour (Massif des Monges, du Queyras et de Belledonne).
  • Le devenir des excréments et poils collectés : Le professeur Taberlet effectue trois séries d’analyses par an, à période fixes. Les excréments collectés serviront également pour les études en cours sur la dynamique du processus de recolonisation et le régime alimentaire.
  • A propos des fiches.
  • Récapitulatif des constats de dommages.
  • Informations transmises par les correspondants du réseau Loup : Mercantour, Monges (présence de 2 loups), Queyras Béal Traversier (présence de 2 à 4 loups), Vercors (Au moins un loup et chiens en divagation), Belledonne (présence possible d'1 ou 2 loups (à confirmer) et de chiens en divagation), Maurienne (indices insuffisants), Divers (chiens, renards et indices douteux).

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Bulletin d'information du réseau loup n°2 septembre 1998

L'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage expertise les cas de prédation sur le cheptel domestique, organise la compensation financière des dommages de loup, collecte et vérifie les indices de présence et la répartition du loup. L'ONCFS publie le bulletin d'information du réseau loup.

Bulletin d'information du réseau loup ONCFSQuoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau loup 2
11 pages - PDF 172 ko Septembre 1998

  • La vie du réseau loup
  • Présence du loup hors Mercantour (Queyras / Béal Traversier, Maurienne / Tarentaise, Belledonne / Oisans, Vercors)
  • Réseau et génétique : "Les indices de présence relevés par les correspondants du réseau (dégâts sur ongulés domestiques, carcasses d’ongulés sauvages, excréments, observations) permettent de suivre l’expansion du loup sur l’arc alpin."
  • Les loups du Mercantour
  • liste des observations transmises par les correspondants
  • Récapitulatif des constats de dommages.

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Bulletin d'information du réseau loup n°1 de mars 1998

Suite à l'observation des premiers loups dans les Alpes maritimes en 1992, le réseau de correspondants "loups" de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage a été mis en place en 1993 à la demande du Ministère chargé de l'Environnement, pour expertiser les cas de prédation sur le cheptel domestique pour organiser la compensation financière des dommages de loup et pour collecter et vérifier les indices de présence pour étudier l'évolution de la répartition du loup. L'ONCFS publie également le bulletin d'information du réseau loup.

Bulletin d'information du réseau loup ONCFSQuoi de neuf ? Bulletin d'information du réseau Loup 1
Mars 1998
/ 3 pages - PDF 48,7 ko

  • La vie du réseau loup
  • Quoi de neuf du côté des loups : "Vingt loups répartis en quatre meutes sont présents dans le Mercantour..."
  • Brèves
  • A propos des dommages : "Dans les Alpes du sud, 271 cas de dommages ont fait l’objet d'un constat en 1997 : 95 ont été classés ''Loup" (tous ont systématiquement fait l'objet d'une compensation); 111 ont été classés gros canidés (90 % d'entre eux ont donné Lieu a des compensations."
  • Bilan mensuel des indices de présence de loups et des constats de dommages réalisés par les correspondants du Réseau Loup dans les Alpes Maritimes.
  • Données recueillies hors Alpes-Maritimes.

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