l'IPHB ne maitrise plus son destin
L'institution patrimoniale du Haut Béarn n'ayant pu boucler son budget à temps, le préfet a saisi la Chambre régionale des comptes.
Et un, et deux, et trois passages consécutifs devant la Chambre régionale des comptes (CRC). Sauf que cette fois, le président de l'Institution patrimoniale du Haut Béarn Jean Lassalle ne s'attendait peut être pas à ce que l'organe de contrôle des actes de gestion des collectivités locales soit saisi aussi vite.
Le député avait rendez-vous lundi après midi avec le préfet Philippe Rey. Il pensait évoquer la construction du budget 2009. Et notamment, on imagine, une éventuelle participation de l'État. Mais le préfet a d'emblée prévenu ses interlocuteurs : il venait de saisir la Chambre régionale des comptes. Motif : Le budget de l'IPHB n'a pas été voté dans les délais impartis.
Le budget d'une collectivité locale doit en effet être approuvé en assemblée délibérante avant le 31 mars de chaque exercice, sauf dérogation. Or, l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn cherche toujours des partenaires pour boucler un budget de fonctionnement de 650.000 euros. A ce jour, seul le Conseil général est aux cotés de l´IPHB. Et il reste encore, selon nos informations, 350.000 euros à trouver. Ces difficultés ne sont pas nouvelles. Elles trouvent leur source dans la décision de l'ex-ministre de l'Écologie Nelly Olin, durant l´été 2006, de ne plus financer une Institution opposée à son plan de réintroduction d´ours. Mais lors des deux dernières années, si le budget avait été déféré devant la CRC, au moins l'IPHB avait-elle pu présenter une première mouture.
Cette fois-ci, la chambre est saisie, avant même que le budget ne soit voté. Conséquence l'IPHB ne maîtrise plus son destin. En clair, son budget lui sera imposé par la CRC qui a un délai de 30 jours pour rendre un avis public qui comportera des propositions. Et ce sera au préfet de régler le budget. S'il peut s'écarter de l'avis de la CRC, il le suit en général.
Quelles seront les propositions ? Réduction des dépenses,augmentation de la participation des communes, participation des partenaires historiques de l'Institution que sont le Département, l'État et la Région? Contacté hier, Jean Lassalle affichait une relative confiance : "J´ai senti chez le préfet une réelle volonté d´aboutir. Si les partenaires veulent participer à hauteur de ce qu´ils mettaient quand cela marchait bien, cela peut être réglé en quelques jours. Mais si tel ou tel fait des difficultés, cela peut durer longtemps." Or, le temps presse sacrément alors que la montée en estive approche à grand pas. La structure sera-t-elle en mesure de monter ses habituelles actions d´accompagnement? Si ce n´était pas le cas, voilà qui viderait encore un peu plus la coquille IPHB, déjà au régime sec depuis 3 ans.
Source : La République des Pyrénées
Jean Lassalle positive : la méthode Coué ?
Le journal Sud Ouest précisait à propos de l'IPHB : Le 24 mars 2009 le tribunal administratif de Pau a rejetée la requête de l´IPHB en annulation de la décision de la ministre du 7 juillet 2006 de ne plus financer la structure. Lors de l´audience du 10 mars, le rapporteur public estimait que l'État était dans son droit au vu de la "faible efficacité" de l´IPHB dans ses missions de protection de l´ours.
L' IPHB réunissait le 9 avril 2009 hier son conseil de gestion. "Un dossier ours et faune était à l'ordre du jour de la dernière réunion de l'IPHB. A l'issue de quatre heures de débat, il n'a finalement pas été abordé, de même que le dossier Natura 2000." "Nous n'avons pas eu le temps de parler de l'ours" a déclaré Jean Lassalle avant d'expliquer "être en négociation positive" avec les plus hautes instances de l' Etat pour que son budget soit bouclé. Il manque 200.000 euros. L'optimisme de Jean Lassalle est plus une tentative de manipulation de l'Etat que de la naiveté. On voit aujourd'hui que la ficelle était trop grosse.
"Le dossier vautour n'a pas non plus été évoqué... Jean Lassalle s'étant contenté de diffuser une projection de la vidéo tournée Lundi dernier par des éleveurs dont une vache et son veau on été tués par des vautours à Eysus ... Et de commenter ce film par cette phrase assassine , nous dit la République " Et voilà vers quoi nous nous dirigeons avec Natura 2000 ". L'ours, les vautours, Natura 2000, les bêtes noires de Jean Lassalle voient leur ennemi numéro un perdre peu à peu les ficelles qu'il tenait en main. La fin d'une grande manipulation se profile. A force de critiquer l'Etat, ses ministres, ses représentants, Jean Lassalle a fini à scier la branche sur laquelle in avait construit son Institution pas très morale du Haut-Béarn.
l'IPHB ne maîtrise plus son destin et je m'en réjouis : "faible efficacité" est pour le moins un euphémisme. L'article 1 de la Charte de l'IPHB précise : "La présente charte constitue un contrat, à l’échelle des vallées béarnaises, par lequel les signataires s’engagent à partir d’une stratégie commune, à mener un certain nombre d’actions concourant au développement durable des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection et dans une deuxième phase éventuelle au renforcement de la population d’ours." Cette charte, pas plus que les statuts ou que le mode de fonctionnement n'ont été respectés. La parole donnée de Jean Lassalle, malgré le titre de son livre, n'a jamais été respectée.
Aux faibles résultats, à la faible crédibilité, au manque de démocratie, à la manipulation, au soutien qui fond s'ajoute maintenant l'illégalité.
L'outil électoral du député Jean Lassalle, gros mangeur de budgets va tout de suite marcher beaucoup moins bien ! Qui s'en plaindra, à part les éleveurs qui, arrosés par la mane financière publique destinée à la sauvegarde de l'ours en Béarn, sont en fait les seuls à en bénéficier. L'IPHB ne maitrise plus son destin, j'espère qu'il est scellé, mais il reste les vautours...
L'IPHB restera l'exemple d'un outil détourné de sa fonction première, au service de la prise de pouvoir d'un responsable politique local à des fins partisanes (la caste pastorale) et électoralistes. Est-ce là le début de la fin du grand machin, le début d'un espoir pour la réintroduction d'ourses en Béarn ? A suivre.
















Les commentaires récents