Japon

29 mars 2007

Un chercheur sud-coréen affirme avoir cloné deux loups

Le vétérinaire sud-coréen Lee Byeong-chun a annoncé lundi avoir obtenu deux loups par clonage. Snuwolf et Snuwolffy sont nés les 18 et 26 octobre 2005, a affirmé cet ancien collaborateur du chercheur Hwang Woo-suk, tombé en disgrâce après le scandale des cellules souches humaines.

Des analyses ADN ont prouvé que les deux animaux, qui appartiennent à une espèce en voie d'extinction, sont bien des clones, a assuré le Bureau des recherches de l'Université nationale de Séoul, où travaille Lee Byeong-chun en tant que professeur. Les résultats devraient être publiés dans la revue Cloning and Stem Cells (Clonage et cellules souches), a ajouté la faculté.

L'équipe de recherche n'a pas fourni dans l'immédiat de vérification indépendante des analyses ADN. L'équipe de Lee Byeong-chun avait créé en 2005 le premier clone de chien, baptisé Snuppy.

AP - Kim Ju-sung

25 juillet 2006

Chine: traitements cruels des ours

Rapports d’extraction de bile des ours vivant en Chine.

Selon un rapport du Jianghuai Morning News, un habitant du bourg de Mingjiang de la ville de Dujiang, dans la province du Sichuan, garde plusieurs ours noirs prisonniers pour en extraire la bile à tous les jours.

«Cette scène est vraiment cruelle. Parfois, la nuit, on peut même entendre les plaintes misérables des ours noirs», explique un villageois des alentours, Li, qui a été le premier à dévoiler ces informations.

La bile d’ours est très recherchée en Asie pour son utilisation en médecine traditionnelle. Elle est utilisée pour traiter des maladies comme la fièvre et les maladies du foie. Depuis qu’on a découvert qu’on peut extraire plus de bile de la vésicule biliaire d’un ours vivant que de celle d’un ours mort, certains producteurs d’ours en Chine extraient périodiquement de la bile des ours en insérant un cathéter (tige médicale) dans leur corps. Cependant, cette méthode cause souvent la mort aux animaux à la suite d’infections attribuables aux blessures.
Pour vérifier les déclarations de M. Li, un reporter de Jianghuai Morning News s’est fait passer pour un client et a eu accès à la ferme. Le journaliste a donc été témoin du processus d’extraction de bile à partir d’ours vivants.

Selon lui, l’usine d’extraction de bile était obscure, humide et dégageait une odeur désagréable. La place était remplie de cages métalliques et plus d’une douzaine d’ours noirs y étaient prisonniers Après avoir entendu les voix humaines, certains ours frappaient les cages avec leur tête tandis que d’autres déplaçaient les barres métalliques avec leurs pattes. Certains poussaient même des cris perçants, ils étaient tous agités.

Trois travailleurs sans chemise se sont préparés à extraire la bile d’un ours, ils ont lavé des tenailles, des cathéters et d’autres outils sous l’eau du robinet. Un des travailleurs a donné de l’eau sucrée à l’ours tandis que l’autre se posait en dessous de la cage pour insérer un cathéter dans le ventre de l’ours. Ensuite, l’ours s’est soudainement levé, a commencé à crier et à courir à l’intérieur de sa cage, frappant sa tête sur la cage alors que le tube pendait hors de son ventre. Afin de dompter l’ours, les travailleurs l’ont battu avec des bâtons en métal. Finalement, l’ours a été maté et il s’est couché dans sa cage.

Devant la difficulté à entrer le cathéter avec succès dans le ventre d’un autre ours pour en extraire la bile, un travailleur a suggéré d’utiliser un tube métallique si celui en plastique ne fonctionnait pas.

Les travailleurs ont ensuite essayé d’extraire la bile d’un bébé ours en utilisant les mêmes méthodes que sur le premier. Aussitôt que le conduit est entré dans son corps, l’ourson a cessé de respirer. Il a ensuite regardé le reporter et il semblait impuissant et apeuré. Plus tard, l’ourson a bu de l’eau sucrée et le travailleur en dessous de la cage a, en même temps, continué d’insérer le tube. Après l’insertion du tube, de la bile vert foncé coulait dans le vaisseau que le travailleur tenait. Quelques secondes plus tard, le flux s’est arrêté. Le travailleur a retiré le cathéter et a stérilisé la blessure sur le ventre de l’ours avec de l’iode.

Source

17 juin 2006

Au Vietnam ou dans les Pyrénées : liberté pour les ours (Baudouin de Menten)

Un règlement très nébuleux

par Baudouin de Menten

Vietnam: Une ordonnance doit restreindre l'autorisation d'élevage d'ours.

"Seuls les ours enregistrés dans les dossiers de gestion et portant une puce électronique sont autorisés à être élevés". Voici un des contenus peu clair du règlement de gestion des ours d'élevage récemment rendu public par le ministère de l'Agriculture et du Développement rural. Il suffit donc de faire enregistrer ses ours en graissant un peu la patte d'un fonctionnaire et le tour est joué. L'ours noir est devenu un ours blanc.

Ce règlement est appliqué aux organisations, foyers et particuliers vietnamiens résidant à l'intérieur du pays ou à l'étranger, ainsi qu'aux organisations et particuliers étrangers ayant des activités liées à l'élevage d'ours sur le territoire vietnamien.

" Les éleveurs doivent être responsables de l'animal jusqu' à sa mort. L'État ne reconnaît pas le droit de propriété de l'éleveur sur son animal ". Je suis responsable, je maltraite mes ours et exploite au maximum la bile. Mes ours meurent et je ne suis plus responsable, simple comme bonjour.

Exploitation des ours en cage au Vietnam " Tous les animaux élevés en infraction à ces réglementations seront confisqués ". Que fait-on au Vietnam d'un ours confisqué ? Quel comportement à un ours confisqué, quelle chance de survie? " En outre, l'éleveur doit se charger de nourrir les bébés nés d'un ours déjà inscrit dans le dossier et portant une puce pendant une durée maximale d'un an à compter de leur naissance. Puis ces petits seront remis aux garde-forestiers qui les remettront au Centre de sauvetage des ours ". Un bébé ours reste un an dans une cage de 2 m2 et après on le sauve. Les vietnamiens responsables du centre de sauvetage doivent être vraiment des spécialistes de la psychologie des ursidés!

" Ce règlement énonce qu'il est interdit de commercialiser, de faire de la publicité, d'importer, d'exporter ou d'importer provisoirement et de réexporter des ours et leurs produits dérivés, ainsi que de tuer, de transporter et de commercialiser la bile et autres organes de l'ours. Le changement de lieu d'abri de l'ours n'est possible que dans les cas où l'animal est géré par dossier, porte une puce et est confirmé par l'organisme des garde-forestiers ou le Service de l'agriculture et du développement rural. Lors de l'acheminement, l'éleveur doit prendre en charge la sécurité pour de la population et de l'animal, ainsi que de l'hygiène de l'environnement". S'ils ne peuvent rien faire de leurs ours et des produits dérivés, qu'elle est l'utilité d'élever des ours, pas de déplacements, pas de commerce. A quoi servent les ours vietnamiens en cage? Qui peut m'expliquer?

"Les statistiques du Département des gardes-forestiers du ministère de l'Agriculture et du Développement rural montrent que ce projet de mettre des puces aux ours est réalisé au Vietnam depuis août 2005. Environ 4.300 animaux en sont bénéficiaires". Bénéficiaires ?

Le modèle vietnamien?

Les éleveurs pyrénéens ne veulent pas des ours en liberté. Cela ne sert à rien un ours. Il n'y a rien à en tirer puisque les français ne consomment pas de la bile d'ours. Alors il faudrait mettre les ours dans des clôtures. Est-ce ce modèle qu'ils veulent ? Sûrement pas, ils préfèrent un zoo, avec des touristes, des entrées payantes et des marchandes de souvenirs, comme à Borce.

Liberté pour les ours

John Irving : Liberté pour les oursJe préfère l'ours en liberté. C'est drôle, depuis qu'on a mis des puces à nos ours, tout le monde désire savoir où ils sont et où ils vont en temps réel. On s'abonne à une newsletter pour recevoir l'itinéraire dessiné sur une carte du parcours de chaque ours. Plus moyen, pour un ours d'aller faire la sieste sous un pin, de croquer une brebis ou de retourner une fourmilière sans avoir le GPS qui positionne, le téléphone portable qui transmet, les spécialistes qui interprètent, les éleveurs qui traquent, les écologistes qui commentent, les télés qui feuilletonnent. Balou n'émet plus et c'est l'alerte générale :

  • panique au ministère,
  • l'équipe de suivi est sur les dents,
  • les avions radar décollent,
  • les gardes ratissent et quadrillent, relèvent les empruntes, analysent les poils de chat
  • les communiqués de presse pleuvent.

Du côté de l'ASPAP, c'est la grande moquerie, les "huiles" pastorales ou pseudos pastorales" se gaussent. Stéphane Lessieux ouvre les boutons de son col depuis qu'il est devenu le porte parole de la milice en chemise noire et que son discours machiavélique et opportuniste lubrifie les journalistes complaisants d'Ariège-news, de La dépêche ou de Libération. Quelle opportunité : Balou disparait et c'est justement ce qu'ils désirent : voir les ours disparaître à tout jamais. Et de un.

Forêt refuge dans une zone à ours en Béarn - Photo Baudouin de MentenPyrénées, terre des ours

Bientôt, on se souviendra avec nostalgie de l'époque ou les ours étaient quelque part dans les Pyrénées, dans une forêt, sous une barre rocheuse, on n'en savait rien. Personne ne se souciait de l'itinéraire journalier de Cannelle, de Papillon et de tous leurs ancêtres, sauf peut-être l'équipe de suivi qui était parfois la seule à savoir. Les bergers les voyaient bien parfois ou subissaient la faible portion "carnivore" du régime de l'ours. L'ours était un mystère, maintenant il devient une star poursuivie par une meute de journalistes, de techniciens, de chroniqueurs. Même un journaliste du Monde spécialisé en musique classique pond un article fort mal inspiré sur les plantigrades ! Balou est un candidat parfait pour "Je suis une star, sortez moi de là."

Baudouin de Menten

Réactions et analyses à partir de l'article de Giang Ngân/CVN

12 novembre 2005

Soutenez la campagne de sauvegarde des ours à collier chinois

Animals_asia_foundation_1_1

Découverte des ours en cages en 1993 par Jill Robinson

Animals_asia_foundation_2 Jill Robinson avec un ours
Animals_asia_foundation_3_1 Arrivée de 5 ours au centre de réhabiliatation de l'association.
Animals_asia_foundation_4Soins vétérinaires et bilan sanitaire complet.
Animals_asia_foundation_5Jasper retrouve la liberté. Plus de bile à se faire.
Animals_asia_foundation_6Il reste encore des ours à délivrer et à soigner.
Animals_asia_foundation_7Soutenez financièrement l'Animals Asia Foundation pour sauver des ours à collier.

Naissance d’un projet

En 1993, la fondatrice de « Animals Asia Foundation », Jill Robinson MBE, visite une ferme à ours destinée à la production de  bile d'ours. Voici son commentaire après la visite : « C'est une chambre de torture, l’enfer pour les animaux : les ours ne peuvent pas se déplacer, ni même se lever ou tourner en rond. Ils ont juste un bidon pour s’alimenter ».

Jill était témoin de l’exploitation des ours noirs asiatiques (ours à collier) dans des cages métalliques minuscules et rouillées. Plusieurs  cathéters rouillées sont piquées dans le ventre de chaque ours à collier pour en extraire la bile, utilisée en médecine traditionnelle chinoise. Cette médication peut parfaitement être remplacée par des produits à base de molécules végétales ou chimiques, de plus, meilleur marché.

Jill Robinson effectue un travail inlassable en Chine : rapports, pourparlers avec les services gouvernementaux. Tout est fait pour supprimer ces pratiques cruelles. Son travail est payant. En juillet 2000 l’ Animals Asia Foundation a signé un accord avec les autorités chinoises pour sauver 500 ours encagés dans la province de Sichuan. Le but est de fermer toutes les « fermes à ours » et de favoriser les médications alternatives à la bile d’ours à partir de plantes médicinales.  Cet accord historique est le premier entre le gouvernement chinois et une organisation de protection animale étrangère.

Délivrance en cours

Depuis octobre 2000, plus de 40 fermes d'ours ont été fermés par le gouvernement et plus de 193 ours pris en charge par le centre de soin de l’Animals Asia Foundation de Sichuan. Les ours y arrivent dans une condition physique désastreuse, maigres, malades et terrifiés. Mais avec des soins affectueux et intensifs et avec l'attention de vétérinaires, la grande majorité d'eux récupèrent!

La réadaptation des ours prend beaucoup plus de temps. Ils ne peuvent pas être remis en liberté et beaucoup d’entre eux gardent des séquelles, sont handicapés ou mutilés. Ils ont perdus leur capacité à survivre dans des territoires sauvages. De ce fait l’Animals Asia Foundation de Sichuan construit un sanctuaire permanent, au milieu d'une belle forêt en bambou où ces ours peuvent vivre un nouvelle vie exempte de douleur et de crainte. Le sanctuaire et son centre de soins et d’information sont les clefs de voûte du travail de sensibilisation de la population et du changement des habitudes par l'éducation. D’autres projets  sont en préparation à l’échelle de la Chine.

Soutenez l'action "China Bear Rescue" de l'Animals Asia Foundation

Cbr_logoPlus d’informations sur le site de l’Association Animals Asia Foundation (news, liste des besoins, témoignages, pétitions, devenir membre etc.) Une petite version française de leur site de sauvegarde des ours à collier

17 mars 2005

Inde : réhabilitation de 2 oursons orphelins

C’est une première : deux ours noirs d’Asie (Ursus thibetanus) viennent d'être relâchés en Inde après avoir passé les deux premières années de leur vie dans un centre de réhabilitation destiné aux ours.

Ours_noir_inde_rehabilitation_1 Les deux orphelins, Lucky et Leela, avaient trois mois lorsqu’ils ont été récupérés par le personnel du Service des Forêts. Au centre de réhabilitation, CBRC, les oursons ont été pris en charge par une équipe d’experts dont faisaient partie le Dr V. Pazhetnov, reconnu en matière de réhabilitation d’ours, et des vétérinaires d’IFAW (fonds international pour la protection des animaux).

Au CBRC, l'objectif de tenter une réintroduction des ours noirs a rapidement été adopté. Ainsi, durant ces deux années de détention, les contacts avec l’homme ont été minimisés afin d’éviter des comportements anormaux et, avant d’être relâchés, les deux ours ont passé près de quatre mois dans une enceinte spécifique pour leur permettre de s’acclimater à leur habitat naturel.

Equipés d’un collier émetteur et de micropuces pour pouvoir être suivis à distance, sur le terrain, les ours ont été relâchés à 16 km du centre, au milieu de 800 km2 de forêt semi-tropicale luxuriante. Pour les responsables du centre, cette première opération doit fournir de précieuses indications pour les prochaines remises en liberté.

D’après le Dr Ian Robinson, Directeur des Secours d’Urgence IFAW, "C’est extraordinaire d’avoir pu, pour la première fois, relâcher ces ours dans la nature en Inde. Le processus de réhabilitation a été lent et laborieux. Savoir qu’ils sont maintenant en liberté récompense tous nos efforts."

Dans cette région de l'Inde, l'Arunachal Pradesh, subsistent des tribus qui vivent essentiellement des ressources de la forêt. Certains habitants chassent, malgré les lois de protection de la faune, non seulement les petits animaux, mais également les ours noirs d’Asie. Néanmoins, outre le braconnage, c'est principalement la destruction de son habitat qui menace l'ours noir.

Dans cette région de l'Inde, l'Arunachal Pradesh, subsistent des tribus qui vivent essentiellement des ressources de la forêt. Certains habitants chassent, malgré les lois de protection de la faune, non seulement les petits animaux, mais également les ours noirs d’Asie. Néanmoins, outre le braconnage, c'est principalement la destruction de son habitat qui menace l'ours noir.

Source : Alex Belvoit

12 mars 2005

Interdiction des fermes d'ours au Vietnam

Berlin, 11 mars
(AVI Association Vietnamienne d'Information)

La Société mondiale pour la protection des animaux (SMPA) a applaudi à la décision du gouvernement vietnamien de faire fermer petit à petit les élevages privés d'ours dont on extrait la bile.

Ours_cage_exploitation Cette décision entre dans le cadre de la convention conclue fin février dernier entre la SMPA et le ministère de l'Agriculture et du Développement rural du Vietnam. Selon ce document, la partie vietnamienne s'engage à répertorier tous les ours enfermés, à interdire aux familles d'élever les ours en captivité et à intensifier le contrôle sur le braconnage d'animaux sauvages.

De son côté, la SMPA va, en coordination avec le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, superviser la fermeture des élevages d'ours et aider à édifier une réserve pour les ours dans le parc national de Cat Tien, où seront regroupés les ours chassées illégalement. La SMPA a félicité le gouvernement vietnamien pour cette décision constructive et souhaite aider à réaliser ce plan, a déclaré le directeur de la SMPA en Allemagne.

Source

22 janvier 2005

Japon : les japonais adorent leurs ours noirs, mais continuent à les abattre.

Alors que l'ours noir est accepté depuis toujours dans le pays, la chasse et le braconnage se sont intensifiés ces dernières années.

Libération : par Michel TEMMAN, envoyé spécial à Maruta - décembre 2004

Foret_japon_2 «Des ours peuvent apparaître. Faites attention !» Le long d'une route de montagne au paysage somptueux menant à Maruta, un hameau de vingt maisons isolées à la lisière d'une forêt de la préfecture de Yamanashi (à deux heures au nord-ouest de Tokyo), des panneaux rongés par la rouille mettent en garde les passants contre les ours rôdant aux alentours. A Maruta, on s'est depuis longtemps habitués à vivre non pas avec les ours mais avec l'idée qu'ils vivent tout près. Ici, le kuro kuma (ours noir de 50 à 80 kilos), descendant d'un illustre lignage d'Asie, fait partie du décor. «Quand j'étais enfant, la maîtresse d'école répétait qu'il fallait faire attention aux ours. Sur le chemin de l'école, on agitait une clochette pour leur faire peur, se rappelle Kobayashi-san, née à Maruta il y a quarante-six ans. Aujourd'hui, on dit qu'ils sont moins nombreux.» L'un de ses voisins, Hashimoto-san, un ouvrier de 52 ans au visage cireux, n'avait jamais vu d'ours jusqu'en juin dernier, quand, parti un dimanche à l'aube ramasser des légumes et des fruits des bois, il s'est retrouvé aux abords d'un chemin à quelques enjambées d'un imposant ours noir. «J'ai eu très peur, il était massif, plus d'un mètre à terre, armé de grosses griffes, témoigne Hashimoto-san. Je ne sais pas lequel des deux a eu le plus peur. J'ai chuté avant de fuir en courant.»

Rencontres

«Nous recevons sans cesse des rapports de témoins ayant vu un ours, dit Shigeru Omata, attaché à l'environnement à la mairie d'Otsuki. Ce sont des rencontres, pas des accidents.» Omata-san, 45 ans, est une figure parmi les petites gens du coin. C'est l'homme qui a vu l'ours ! «Dès que quelqu'un tombe sur un ours, c'est moi qu'on appelle, dit-il fièrement. Si l'ours pose un risque, je décide des mesures à prendre.» «En général, dit Katsuo Sato, un de ses collègues, l'ours est attrapé. Avant, certains étaient tués. Plus maintenant.» Le 30 avril dernier, à Maruta, d'ordinaire visité par des singes, des renards et des sangliers affamés, le sang de Noriko Hashimoto, 56 ans, n'a fait qu'un tour quand elle s'est retrouvée dans son jardin nez à museau avec un ourson brun égaré. Les services municipaux sont accourus. Le mammifère a été anesthésié et emmené dans un centre spécialisé pour animaux de la forêt. Si Noriko Hashimoto a depuis quitté le village, l'ours est resté en cage. Condamné à la captivité. Peut-être au zoo... «Il est peu probable qu'on le relâche, dit Takahiro Hamanaka, de la division Midori (verte) à la préfecture de Yamanashi. Il s'est habitué à l'homme et à recevoir ses rations de nourriture journalières. S'il regagnait la forêt, il ne survivrait peut-être pas au sein d'un groupe estimé dans notre commune à 400 ours.»

Ces dernières années, malgré la chasse intense et la traque de braconniers, la population d'ours noirs a progressé dans les vallées de Yamanashi. D'après Kazuhiko Maïta, 55 ans, biologiste et expert reconnu de l'ours brun (il le trace en forêt depuis trente ans), fondateur (en 2001 à Hiroshima) de l'Institut de préservation et de recherche sur l'ours noir d'Asie, «les ours sont en voie d'extinction dans l'ouest et le sud du Japon, à Kyushyu et à Shikoku. Mais leur population croît au nord, à Hokkaido, dans le Kanto et le Tohoku.» D'après son estimation «optimiste», le Japon abriterait près de 30 000 ours noirs, reconnaissables à leur tâche blanche en croissant de lune autour du cou.

Descentes

Ours_noir_japon_1 Ces derniers mois, les ours sont descendus des montagnes pour venir se nourrir dans les fermes et villages, pillant et détruisant sur leur passage ruches de miel, récoltes, champs, vergers et potagers. Deux raisons à cette dispute du territoire. «L'été très chaud a asséché les forêts et abîmé les fruits des bois, mûres, châtaignes, merises, devenus rares ou inconsommables, explique Kazuhiko Maïta. Puis les dizaines de typhons qui ont balayé le Japon en juin, septembre et octobre ont détruit des pans de forêt où se terraient les ours. Après leur hibernation, ils sont allés chercher de la nourriture là où il y en avait : chez l'homme.» Pour Toshiki Aoi, professeur de sciences de la terre à l'université d'Iwate, les ours, de nature timide, évitent les bois trop denses et sombres et «fuient des forêts longtemps négligées par l'homme».

Le bilan n'a jamais été aussi lourd : 90 attaques d'ours sur des humains (dont une mortelle) ont eu lieu depuis avril dans les fiefs de Toyama, Ishikawa, Fukui et Hokuriku. Un combat bien sûr inégal : 258 ours ont été abattus. Comme celui qui, fin juin, près d'Hiroshima, s'était immiscé dans l'usine d'un équipementier automobile et avait attaqué et grièvement blessé un jeune employé. Kazuhiko Maïta relativise. «Au Japon, on a toujours tué des ours. Depuis quarante ans, on en tue 1 000 à 2 000 par an en moyenne.» Une situation dénoncée par le WWF, Greenpeace Japan, le Japan Wildlife Research Center ou le Japan Bear Network (JBN). «En 2003, ajoute Maïta-san, 2 000 ours ont été tués. Environ 3 000 cette année. Rien qu'à Hiroshima où j'habite, 150 ours ont été abattus cette année. Dans ma région, l'espèce s'éteint. J'en suis très attristé. J'ai demandé maintes fois aux chasseurs de ne pas les tuer. Si les ours viennent à nous, il faut les attraper et les relâcher en montagne. Depuis 1990, c'est ce que j'ai fait 67 fois !»

Quota

Inquiet, le ministère en charge des Forêts a envoyé une missive aux régions leur priant d'étudier leurs ours de près et de collecter un maximum de données afin de réfléchir aux meilleures «contre-mesures.» Lesquelles ? Suffiront-elles ? A Yamanashi, pendant la saison de la chasse (du 15 novembre au 15 février), les 3000 chasseurs de la région ont le droit d'abattre 40 ours noirs - pas un de plus. Ailleurs, dans les contrées retirées de l'ouest et du nord du pays, l'ours est tué pour sa viande grasse, très appréciée. «Au Japon, on mange l'ours en ragoût ou en yakiniku (grillé)», indique Takahiro Hamanaka.

Dans l'Archipel, la paix avec l'ours noir des montagnes attend encore son heure.

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