IPHB Institution Patrimoniale du Haut-Béarn

25 avril 2009

l'IPHB ne maitrise plus son destin

L'institution patrimoniale du Haut Béarn n'ayant pu boucler son budget à temps, le préfet a saisi la Chambre régionale des comptes.

Et un, et deux, et trois passages consécutifs devant la Chambre régionale des comptes (CRC). Sauf que cette fois, le président de l'Institution patrimoniale du Haut Béarn Jean Lassalle ne s'attendait peut être pas à ce que l'organe de contrôle des actes de gestion des collectivités locales soit saisi aussi vite.

l'IPHB ne maitrise plus son destinLe député avait rendez-vous lundi après midi avec le préfet Philippe Rey. Il pensait évoquer la construction du budget 2009. Et notamment, on imagine, une éventuelle participation de l'État. Mais le préfet a d'emblée prévenu ses interlocuteurs : il venait de saisir la Chambre régionale des comptes. Motif : Le budget de l'IPHB n'a pas été voté dans les délais impartis.

Le budget d'une collectivité locale doit en effet être approuvé en assemblée délibérante avant le 31 mars de chaque exercice, sauf dérogation. Or, l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn cherche toujours des partenaires pour boucler un budget de fonctionnement de 650.000 euros. A ce jour, seul le Conseil général est aux cotés de l´IPHB. Et il reste encore, selon nos informations, 350.000 euros à trouver. Ces difficultés ne sont pas nouvelles. Elles trouvent leur source dans la décision de l'ex-ministre de l'Écologie Nelly Olin, durant l´été 2006, de ne plus financer une Institution opposée à son plan de réintroduction d´ours. Mais lors des deux dernières années, si le budget avait été déféré devant la CRC, au moins l'IPHB avait-elle pu présenter une première mouture.

Cette fois-ci, la chambre est saisie, avant même que le budget ne soit voté. Conséquence l'IPHB ne maîtrise plus son destin. En clair, son budget lui sera imposé par la CRC qui a un délai de 30 jours pour rendre un avis public qui comportera des propositions. Et ce sera au préfet de régler le budget. S'il peut s'écarter de l'avis de la CRC, il le suit en général.

Quelles seront les propositions ? Réduction des dépenses,augmentation de la participation des communes, participation des partenaires historiques de l'Institution que sont le Département, l'État et la Région? Contacté hier, Jean Lassalle affichait une relative confiance : "J´ai senti chez le préfet une réelle volonté d´aboutir. Si les partenaires veulent participer à hauteur de ce qu´ils mettaient quand cela marchait bien, cela peut être réglé en quelques jours. Mais si tel ou tel fait des difficultés, cela peut durer longtemps." Or, le temps presse sacrément alors que la montée en estive approche à grand pas. La structure sera-t-elle en mesure de monter ses habituelles actions d´accompagnement? Si ce n´était pas le cas, voilà qui viderait encore un peu plus la coquille IPHB, déjà au régime sec depuis 3 ans.

Source : La République des Pyrénées

Jean Lassalle positive : la méthode Coué ?

Le journal Sud Ouest précisait à propos de l'IPHB : Le 24 mars 2009 le tribunal administratif de Pau a rejetée la requête de l´IPHB en annulation de la décision de la ministre du 7 juillet 2006 de ne plus financer la structure. Lors de l´audience du 10 mars, le rapporteur public estimait que l'État était dans son droit au vu de la "faible efficacité" de l´IPHB dans ses missions de protection de l´ours.

L' IPHB réunissait le 9 avril 2009 hier son conseil de gestion. "Un dossier ours et faune était à l'ordre du jour de la dernière réunion de l'IPHB. A l'issue de quatre heures de débat, il n'a finalement pas été abordé, de même que le dossier Natura 2000." "Nous n'avons pas eu le temps de parler de l'ours" a déclaré Jean Lassalle avant d'expliquer "être en négociation positive" avec les plus hautes instances de l' Etat pour que son budget soit bouclé. Il manque 200.000 euros. L'optimisme de Jean Lassalle est plus  une tentative de manipulation de l'Etat que de la naiveté. On voit aujourd'hui que la ficelle était trop grosse.

"Le dossier vautour n'a pas non plus été évoqué... Jean Lassalle s'étant contenté de diffuser une projection de la vidéo tournée Lundi dernier par des éleveurs dont une vache et son veau on été tués par des vautours à Eysus ... Et de commenter ce film par cette phrase assassine , nous dit la République " Et voilà vers quoi nous nous dirigeons avec Natura 2000 ". L'ours, les vautours, Natura 2000, les bêtes noires de Jean Lassalle voient leur ennemi numéro un perdre peu à peu les ficelles qu'il tenait en main. La fin d'une grande manipulation se profile. A force de critiquer l'Etat, ses ministres, ses représentants, Jean Lassalle a fini à scier la branche sur laquelle in avait construit son Institution pas très morale du Haut-Béarn.

l'IPHB ne maîtrise plus son destin et je m'en réjouis : "faible efficacité" est pour le moins un euphémisme. L'article 1 de la Charte de l'IPHB précise : "La présente charte constitue un contrat, à l’échelle des vallées béarnaises, par lequel les signataires s’engagent à partir d’une stratégie commune, à mener un certain nombre d’actions concourant au développement durable des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection et dans une deuxième phase éventuelle au renforcement de la population d’ours." Cette charte, pas plus que les statuts ou que le mode de fonctionnement n'ont été respectés. La parole donnée de Jean Lassalle, malgré le titre de son livre, n'a jamais été respectée.

Aux faibles résultats, à la faible crédibilité, au manque de démocratie, à la manipulation, au soutien qui fond s'ajoute maintenant l'illégalité.

L'outil électoral du député Jean Lassalle, gros mangeur de budgets va tout de suite marcher beaucoup moins bien ! Qui s'en plaindra, à part les éleveurs qui, arrosés par la mane financière publique destinée à la sauvegarde de l'ours en Béarn, sont en fait les seuls à en bénéficier. L'IPHB ne maitrise plus son destin, j'espère qu'il est scellé, mais il reste les vautours...

L'IPHB restera l'exemple d'un outil détourné de sa fonction première, au service de la prise de pouvoir d'un responsable politique local à des fins partisanes (la caste pastorale) et électoralistes. Est-ce là le début de la fin du grand machin, le début d'un espoir pour la réintroduction d'ourses en Béarn ? A suivre.

16 avril 2009

Le Développement Durable du pastoralisme en Béarn passe par l'IPHB

Le Syndicat Mixte du Haut-Béarn (l'IPHB) prépare l'opération "muletage 2009". Cette opération de muletage pour les transhumants des vallées béarnaises entre dans le cadre général de ... (vous allez rire) "la Charte de développement Durable des Vallées Béarnaises et de la Protection de l'Ours." A sa tête, Didier Hervé, très occupé à rassembler les témoignages les plus abracadabrans sur les méfaits des sanguinaires vautours...

Jean Lassalle et Didier Hervé font du Développement Durable et protègent l'ours !

« Le Développement Durable est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Il s’agit, en s’appuyant sur des valeurs (responsabilité, participation, partage et éthique, principe de précaution, débat, innovation …) d’affirmer une approche double :

  • Dans le temps : nous avons le droit d’utiliser les ressources de la Terre mais le devoir d’en assurer la pérennité pour les générations à venir ; (L'IPHB utilise l'Ours, c'est sûr, quant à en assurer la pérennité...)
  • Dans l’espace : chaque terrien a le même droit aux ressources de la Terre.

Plusieurs composantes sont nécessaires pour un vrai développement durable : une composante économique au service d'une composante sociale, une composante environnementale et une composante éthique.

Cherchez l'erreur dans le charte de l'IPHB : environnement, éthique ? Circulez, il n'y a rien à voir sinon du "blanchiment écologique", terme utilisé pour désigner un procédé de marketing utilisé par une organisation dans le but de donner à l'opinion publique une image écologique responsable, alors que plus d'argent a été investi en publicité verte qu'en de réelles actions en faveur de l'environnement. Lisez l'analyse de l'IPHB par Laurent Mermet : "L’Institution Patrimoniale du Haut Béarn ou comment, sous couvert de réforme et d’innovation affichée, contrôler les partisans d’une gestion plus écologique de l’ours et préserver le statu quo et les intérêts économiques en jeu."

"Charte de la Protection de l'Ours en Béarn" : Que reste-t-il des ours du Béarn? Que reste-t-il de la parole donnée? Jean Lassalle, président de l'IPHB, protégeait-il l'ours quand il manifestait et défendait le chasseur qui a tué l'ourse Cannelle? Que reste-t-il des procédés dit démocratique de la prise de décision au sein de l'IPHB? La charte est-elle respectée? Non ! Il ne reste que du vent, de belles paroles vertes et un oxymore.

25 mars 2009

Confirmation par une décision de justice de l'échec total de la politique de conservation de l'Ours par l'IPHB

Communiqué de Presse
SEPANSO-Béarn 


La SEPANSO-Béarn tient à réagir au rejet de la requête de l’IPHB.

Mardi 24 mars le Tribunal Administratif de Pau a rejeté la requête de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB) qui demandait l’annulation du retrait par l’Etat de son soutien financier.

Dans cette affaire notre association a déposé un recours en intervention en soutien de Monsieur le Ministre de l’Ecologie du Développement et de l’Aménagement Durable dans la procédure qui l’opposait au Syndicat Mixte du Haut Béarn et tendant à l’annulation d’une décision en date du 31 juillet 2006 qui consistait au retrait du financement de l’Etat.

Sur le fond, le syndicat mixte et l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn ont totalement failli dans la mission qui était la leur qui était le maintien et le renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées. La volonté délibérée de l’IPHB de ne pas procéder au renforcement a précipité notre départ de l’IPHB en 2004, en dénonçant le non respect des engagements pris :

  • non seulement le maintien spontané de la souche pyrénéenne d’ours bruns dans la zone couverte par l’IPHB a été un échec avec l’aboutissement qui est la mort de Cannelle en 2004. A noter que dans les Pyrénées-Atlantiques on est passé de 5à 6 ours en 1995 à 2 individus mâles issus de cette souche aujourd’hui,
  • mais également échec total du maintien de l’espèce : 4 mâles en tout, aucune femelle remettant en question la viabilité de l’espèce et vouant l’ours brun à disparaître à court terme de la zone couverte par l’IPHB. L’Etat étant obligé de se substituer à l’IPHB en procédant au renforcement de 5 ours dont 4 femelles dans les Pyrénées en 2006.

Le bilan de l’action confirmé par une décision de justice est donc désastreux. La concertation mise en place en 1995 a donc tourné court. D’autres modalités d’action de restauration de la population d’ours seront nécessaires pour assurer la viabilité de l’espèce dans les Pyrénées.

Il est important de rappeler qu’il est impératif pour la France de ne pas laisser disparaître l’ours des Pyrénées, notamment en raison de ses engagements internationaux résultant de la convention de Berne mise en place pour assurer la conservation des espèces, de la conférence de Rio sur la biodiversié, de la Directive européenne du 21 mai 1992.

Pour la SEPANSO-Béarn

Jacques Mauhourat
Président

05 mars 2009

Cannelle, l'IPHB et la SEPANSO Béarn

PYRÉNÉES. Pour les écologistes de la Sepanso, la mort de la dernière ourse de souche locale pouvait être évitée. Ils attaquent l'État et l'Institution patrimoniale du haut Béarn

Le fantôme de Cannelle hante les tribunaux

Le 2 novembre 2004, la dernière ourse de souche béarnaise trouvait la mort en Aspe, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce jour-là, la partie de chasse au sanglier avait mal tourné. Un habitant du village d'Urdos, René Marquèze, s'était retrouvé nez à nez avec l'animal. Se sentant menacé, il avait tiré. Un coup en l'air. Un autre fatal.

Dans un dernier souffle, Cannelle abandonnait l'ourson mis au monde deux mois auparavant. Si l'on en croît la légende, les cris du petit sans sa mère avaient résonné toute la nuit dans la haute vallée. L'émotion avait été ressentie jusqu'au plus haut niveau de l'État.

Les caravanes de journalistes et de photographes ont quitté la montagne depuis longtemps. Mais deux procès en correctionnelle plus tard, l'affaire n'en finit pas d'alimenter la polémique. Aujourd'hui, les écologistes de la Sepanso lancent une nouvelle procédure judiciaire. Pour eux, alors que le chasseur a été blanchi, les «responsabilités collectives» n'ont toujours pas été sanctionnées. Dans leur ligne de mire cette fois : l'État et l'Institution patrimoniale du haut Béarn, l'IPHB, dont la charte prenait en compte la protection de l'ours. Le tribunal administratif de Pau est saisi.

«L'État a été pris en otage dans cette affaire. La Sepanso et les plus grands naturalistes tiraient la sonnette d'alarme depuis les années 1970», observe François Ruffié, l'avocat du barreau de Libourne en charge du dossier. «Sous le prétexte d'une politique contractuelle, les élus locaux et les chasseurs ont trouvé, au sein de l'Institution patrimoniale, une pompe à subventions. On voit le résultat. L'humanité triomphante était la gardienne d'une grande espèce menacée qui a maintenant totalement disparu. Ce n'est même pas la peine d'en réintroduire, ils vont encore les tuer.»

Le conseil de la Sepanso réclame 1 million d'euros à la France en réparation du préjudice. Notre pays est notamment engagé, à travers plusieurs conventions internationales, dans la conservation de la faune en péril.

Réserves Lalonde

François Ruffié constate, par ailleurs, que tous les moyens dont dispose l'État n'ont pas été mis en oeuvre pour accomplir sa mission. Créées en 1990, les «réserves Lalonde» ont été abrogées trois ans plus tard face à la levée de boucliers des montagnards. Ont alors repris les battues au chevreuil et au sanglier, principales causes d'activité de nature à déranger l'animal et à provoquer sa mort au cours d'accidents de chasse.

Ainsi, en 1994, l'ourse Claude se fera abattre par des chasseurs de Borce dans une ancienne zone réglementée. Cette année-là, un nouvel acteur apparaît : non sans difficultés, l'IPHB réunit autour de la même table les amis de la nature, les élus des communes concernées et les partenaires institutionnels. Ils signent une charte de développement des vallées et de protection de l'ours. L'objectif est de calmer les esprits et de trouver des solutions.

«À cette époque, on s'aperçoit que la responsabilité de l'organisation des activités cynégétiques dans les zones à ours est laissée aux chasseurs. Comme si les automobilistes rédigeaient eux-mêmes le Code de la route », regrette François Ruffié.

Le président de l'IPHB, Jean Lassalle, n'est pas encore le député Modem que l'on connaît pour avoir chanté à l'Assemblée nationale et mené une grève de la faim d'un mois contre la délocalisation de Toyal. Mais sa personnalité charismatique va permettre de calmer le jeu pendant un certain temps.

Quelques mois avant la mort de Cannelle, il se dit favorable à des réintroductions d'ours.(NDLB: Lire La parole donnée de Jean Lassalle Ses amis bergers lui claquent la porte au nez. Jean Lassalle change son fusil d'épaule et s'engage dans un nouveau bras de fer avec l'État. A leur tour, les associations de protection de l'environnement abandonnent l'IPHB. Le feu n'est toujours pas éteint.

Capital génétique

La Sepanso demande à la justice administrative de condamner l'IPHB à lui verser la somme de 300 000 euros. Elle souligne plusieurs carences, dont celle relative à l'incapacité de l'IPHB, membre d'un dispositif de surveillance de l'ours, de suspendre une battue en cas de présence d'ours...

De son côté, Jean Lassalle ne comprend pas : «La Sepanso siégeait à l'IPHB jusqu'en janvier 2005. Elle a activement participé à la politique qu'elle dénonce. Quand elle attaque l'IPHB, elle s'attaque elle-même. Quant à la souche pyrénéenne, elle n'a pas disparu. Nous touchons à un débat raciste qui ne m'intéresse pas. Mais nous avons encore des mâles. Du côté espagnol, il y a encore des femelles. On pourrait même reconstituer le capital génétique de Cannelle. C'est une question de volonté et de moyens.»

Source : Sud-Ouest

Un ami du Béarn, spécialiste de la problématique de l'ours me confie : "C'est dommage que les journalistes même lorsqu'ils semblent animés des meilleures intentions, fassent toujours autant de coquilles. Je relève entre-autre le fait que Marquèze aurait tiré une fois en l'air avant de tirer sur Cannelle. On sait hélas que ce pauvre chasseur qui a pourtant eu trois quart d'heure pour réfléchir avant de quitter son abris n'a même pas pensé à un tir de sommation. Dommage que tous les articles sur l'ours soient ainsi entâchés d'erreurs qui n'aide pas à la compréhension du dossier."

Il est temps que l'IPHB paie pour sa responsabilité dans la gestion catastrophique du dossier ours en Béarn. La stratégie est pourtant claire depuis longtemps : discuter, palabrer, compter, laisser faire le temps et les chasseurs, user les gens, tromper les français, puiser l'argent jusqu'à ce que les ours disparaissent définitivement et élever gentiment les moutons dans et hors du Parc National sensé protéger la nature et la faune, dont l'ours...

Jean Lassalle déplacé, mal inspiré, amnésique et généticien

Jean Lassalle est déplacé au Club du cochon

Interrogé par l’équipe du “Petit Journal Actu” de Yann Barthès sur Canal+ le jeudi 26 janvier, le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle, membre du "Club du Cochon" s’est permis une petite phrase choc.

Le Journaliste : "C'est qui votre cochon préféré ?"
Jean Lassalle : "Mon cochon préféré ? C'est une petite cochonne, ... c'est mon épouse."

La réponse, quelque peu déplacée, n’est pas vraiment étonnante de la part de Jean Lassalle. Ce député Modem, s’est déjà fait connaître par quelques actions plutôt surprenantes. En 2003 il entonna spontanément l’hymne béarnais dans l’hémicycle afin d’obtenir le maintien du tunnel du Somport. Trois ans plus tard il entama une grève de la faim au Palais Bourbon pour défendre l’usine Toyal Europ alors menacée de délocalisation. Cette fois-ci, c’est l’industrie du porc que Jean Lassalle est venu défendre, à sa façon.

Source : Nouvel Obs


Jean Lassalle, le sauveur de Toyal?

La crise du marché automobile frappe de plein fouet le site aspois de Toyal Europe.

Les perspectives du fabricant de pâte d'aluminium (elle entre dans la composition de la peinture métallisée), sont mauvaises : «Je viens d'adresser un courrier à l'inspecteur du travail pour lui signaler que les mesures de chômage partiel sont prolongées jusqu'au mois de septembre», reconnaît Patrick Auboin, directeur financier et DRH de Toyal Europe.

Les premières mesures de cette nature ont été prises au mois de novembre dernier. C'est donc une année noire qui se profile.

- 65 % de chiffre d'affaires

«Le site tourne à 10 % de ses capacités », note Patrick Auboin. Cela se ressent sur les livres de comptes. L'entreprise perd environ 600 000 ? par mois. «La baisse de notre chiffre d'affaires est aux alentours des 60-65 %», ajoute-t-il.

Pour l'expliquer : le grand plongeon du marché automobile. «Nous faisons 80 % de notre chiffre d'affaires à l'export. Sur nos marchés, les chiffres des commandes d'automobiles atteignent parfois 40 %. La priorité du moment est d'écouler les stocks. La dépression que nous subissons est énorme et inattendue».

Cela augure-t-il d'une réduction d'effectifs ? Toyal est en effet le plus gros employeurs de la vallée, avec 140 salariés.

Pas de plan social

«À ce jour, aucun plan social, officiel ou officieux, n'est envisagé pour l'instant», assure le DRH. Reste que l'avenir est pour le moins incertain.

De fait, la visibilité de l'entreprise sur le marché ne dépasse pas les quinze jours. En période normale, «nous voyons très clair à trois mois. Et clair à six mois. La priorité c'est tenir, résister à cette crise. Nous sommes en phase de survie

Il y a quelque temps de cela, Hervé Lelièvre, PDG de Toyal Europe, actuellement auprès de la maison mère au Japon, avait annoncé un gel des investissements. Le temps où l'on parlait de l'extension du site Toyal semble désormais bien lointain. Aussi, l'information parue dans les colonnes de «La Tribune» a le don d'agacer le directeur financier. Le quotidien économique faisait état de l'implantation d'une nouvelle usine du groupe dans un avenir proche, sur un lieu encore tenu secret, mais également d'une réorientation de l'activité vers les produits cosmétiques «à Accous ou ailleurs en France».

«Je démens formellement ces informations. Ce type de projet, ces investissements, ce serait du luxe. Or, nous ne sommes pas dans une telle situation. Actuellement, nous nous situons dans l'épicentre du tremblement de terre.»

En sismologie, il s'agit de la zone la plus critique...

Source : Xavier Sota

Cannelle ne serait pas la dernière ourse de souche pyrénéenne!

Jean Lassalle amnésique, ne comprend pas pourquoi l'association SEPANSO Béarn réclame 300 000 € en justice à l'IPHB.  Extrait d'une interview du  fossoyeur de l'ours en Béarn par le journal Sud-Ouest : «La Sepanso siégeait à l'IPHB jusqu'en janvier 2005. Elle a activement participé à la politique qu'elle dénonce. Quand elle attaque l'IPHB, elle s'attaque elle-même. Quant à la souche pyrénéenne, elle n'a pas disparu. Nous touchons à un débat raciste qui ne m'intéresse pas. Mais nous avons encore des mâles. Du côté espagnol, il y a encore des femelles. On pourrait même reconstituer le capital génétique de Cannelle. C'est une question de volonté et de moyens.»

Comment jean Lassalle peut-il dire qu'il reste des ourses femelles de souche pyrénéenne en Espagne? Cannelle ne serait pas la dernière ourse de cette vieille souche ! Aurait-il des infos nouvelles? Les enquêteurs de l'IPHB ont-ils visités les tannières durant l'hiver pour effectuer des prises de sang aux ourses endormies? Les ourses supportent-ils l'odeur des cochonnes durant leur hibernation? Après avoir été chanteur, gréviste de la faim, le voici spécialiste en génétique et clôneur d'ours (sur le budget de l'IPHB?) C'est vraiment n'importe quoi, comme toujours....


12 novembre 2008

La politique pastorale des associations dans les Pyrénées occidentales

Stephan_carbonnauxpar Stéphan Carbonnaux,
Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées"  commandé par FERUS.


De la révolution à la désillusion

Dominique Boyer nous raconte que le berger ou le paysan de Lescun des années 1970 qui avait rencontré l’ours de près redescendait de la montagne les «cheveux hérissés, et s’enfermait muet chez lui». Cependant, il n’y avait nulle trace de haine comme on le constate aujourd’hui auprès d’éleveurs et de bergers. François Merlet, en septembre 2005, lui qui avait connu les mêmes bergers et paysans lescunois à partir des années 1960, nous disait la même chose.

On l’a vu, c’est en 1975 que Joël Tanguy-Le-Gac, Claude Dendaletche et quelques autres créent le Fonds d’intervention éco-pastoral (FIEP), première association de protection de l’ours qui entend assurer la coexistence du pastoralisme et de l’ours, et montrer aux bergers qu’ils peuvent avoir intérêt à ce que l’ours fréquente leurs estives, alors qu’il est le gêneur voire l’ennemi héréditaire. On pense d’ailleurs que le berger peut devenir le meilleur défenseur de l’ours par intérêt bien compris. La plupart des bergers vivent alors pendant la saison d’estive au sein de cabanes assez voire très rustiques, sans liaison radio et le plus souvent sans accès routier. Il subsiste 25 ours dans les Pyrénées, la démarche est présentée comme révolutionnaire et elle est justifiée par l’inaction presque totale du Parc national en matière de protection de l’ours.

Cette politique est soutenue alors par l’ensemble des associations nationales, au premier plan le WWF France, Artus puis Ferus, et les grandes fédérations régionales telles que la SEPANSO ou Nature Midi-Pyrénées. Le FIEP part du principe qu’on ne peut isoler un animal de son milieu de vie, des paysages végétaux où il évolue, pas plus que du cadre humain dans lequel il s’insère. Elle se veut une nouvelle approche que celle du simple paiement des dégâts organisé dès les années 50 par l’Association des chasseurs de montagne, qui n’a malheureusement pas empêché la chute des effectifs d’ours. Certains citent la création du Parc en 1967 comme source de crispation et de nouvelles destructions.

Pourtant, dès l’origine, des voix discordantes se font entendre. Ainsi, en 1976, à Pau, lors d’un colloque international sur la grande faune des Pyrénées, le biologiste allemand Peter Röben estime que les Français se trompent à encourager le pastoralisme. «Le pacage ne devrait pas être encouragé. Il faudrait même favoriser l'abandon des fermes et exploitations agricoles dans toute la zone fréquentée par l'ours. [...] Rabâcher que le pâturage est absolument nécessaire au maintien du milieu et du paysage montagnard est une erreur et une contrevérité fondamentale. [...] En conclusion, permettez-moi une remarque quelque peu amère : il serait bon que le Parc National ne s'occupe pas exclusivement de développer le tourisme et d'assurer le bien-être des bergers, mais - il me semble que c'est même sa vocation prioritaire - qu’il s'occupe également de la protection des espèces animales et végétales et de leur milieu de vie.»

C’est aussi la position de Robert Hainard notamment exprimée lors d’un colloque analogue au mois de novembre 1981, qui entraîna une discussion franche avec Claude Dendaletche et Louis Espinassous, ce dernier alors agent du Parc. Voilà ce que pouvait écrire Robert Hainard à Michel Terrasse deux ans auparavant, au sujet des fiers montagnards qui refusent la réserve d’Indiens mais poussent au grand programme immobilier du Soussouéou en vallée d’Ossau : «Ces sont des sous-développés et ils le restent en se précipitant (comme le Tiers-Monde) sur ce "Progrès", ce "développement" auquel nous ne croyons plus.» Ou encore, alors que la tentation pastorale est forte chez les naturalistes : «Vas-tu abandonner la photo pour élever des moutons, seule communion vraie avec la nature ?»

Ces voix très singulières furent écoutées mais pas comprises, tant elles sont en opposition avec la culture pastorale des Pyrénées. Il est vrai aussi qu’un pastoralisme bien conduit et plus limité dans l’espace est compatible avec la présence de l’ours et même du loup. Une telle réalité s’observe dans de nombreux pays dits modernes.

L’idée généreuse de venir en aide aux bergers, fut celle de Joël Tanguy-Le-Gac, naturaliste pyrénéen très doué et créateur par ailleurs en 1979 avec Jean-François Terrasse d’Organbidexka Col Libre. Figure incontournable de la protection de la nature dans les Pyrénées occidentales, décédé en 2006, Joël Tanguy-Le-Gac fut aussi un des piliers de la première Société d’Etudes, de Protection et d’Aménagement de la Nature en Sud-Ouest, section du Béarn (SEPANSO Béarn), à l’occasion notamment du grand conflit autour des lourds projets immobiliers dans le Soussouéou (vallée d’Ossau). Claude Dendaletche, qui fut président du FIEP de sa création en 1975 jusqu’au 31 décembre 1985, constate aujourd’hui que «l’argent n’a pas suffit» et que ce concept était au fond très «urbain».

En 1979, le FIEP verse les premières indemnités de dérangement aux bergers. L’argent provient du Fonds mondial pour la nature (WWF) puis viendra de l’État. Le témoignage de Dominique Boyer, naturaliste et photographe alors membre du FIEP, qui signa les premiers chèques aux bergers, illustre toute l’ambiguïté des actions de ces naturalistes sincères. Son grand-père, berger basque, à qui il explique leur démarche répond : «Ils vont se moquer mais ils te prendront l’argent.» Pour l’essentiel, c’est bien ce qui est arrivé.

Une autre politique aurait pu voir le jour mais elle fut sans lendemain. À la charnière des années 70 et 80, D. Boyer avait proposé à l’association d’acheter une coupe de bois dans un secteur de Lescun très favorable à l’ours qui y séjournait la journée (couches diurnes). Une majorité des membres ayant refusé cette idée pour se consacrer à sa politique pastorale, il quitta le FIEP Un des rares projets de conservation directe de l’espace ursin fut mené en 1985. Un projet d’allongement d’une piste dans un secteur très favorable de la commune d’Etsaut mobilise alors les associations. Une solution audacieuse est même imaginée et mise en pratique par la Fédération SEPANSO qui, avec l’aide d’associations nationales et régionales, achète une propriété qui permettrait de bloquer le projet de piste. La piste ne vit pas le jour.

Très tôt, les élus, et le tout jeune conseiller général de la vallée d’Aspe, Jean Lassalle, comprirent l’intérêt de récupérer ces actions, comme ils récupérèrent par exemple la station de ski de fond du Somport, d’abord de taille modeste et de fonctionnement associatif, pour en faire ce que nous savons en parfaite violation des lois.

Un héliportage du matériel des bergers réalisé par le FIEP en début de saison d’estive le 2 juillet 1983 sur les communes d’Etsaut et de Cette-Eygun avait fait grand bruit dans la vallée. Immédiatement, Jean Lassalle écrit au FIEP, évoque un flot d’appels pressants venant de bergers demandant à en bénéficier aussi, souhaite des renseignements et remercie l’association de cette initiative tout en regrettant de ne pas avoir été informé avant [Archives de Claude Dendaletche].

Quid aujourd’hui ? Le quotidien Sud Ouest a fait paraître un article ce 5 juin 2008 : «L’hélico, le bâton des bergers». Les bergers qui répondent aux critères d’isolement et de avec son frère à l’estive de Lapassa (Aspe), déclare : «"Pour nous, c’est super ! On ne pourrait plus s’en passer. C’est bien et… c’est grâce à l’IPHB" dit-elle presqu’en s’excusant.»

A la question du journaliste : «Les héliportages étaient au départ une compensation par rapport à la présence de l’ours… », Didier Hervé, directeur de l’IPHB répond : «Au départ, oui. Puis, il y a eu un basculement parce que l’économie pastorale s’est développée. Les contraintes par rapport aux ours existent toujours, mais c’est surtout la nécessité du berger qui est là et à laquelle il faut répondre. Les bergers ont besoin de matériel pour fabriquer le fromage

Voilà une bonne illustration de la récupération par l’IPHB qui réalise des missions autrefois créées par le FIEP, et qui les détournent complètement de leur raison première. Rappelons qu’il ne reste que trois ou quatre ours dans toutes les Pyrénées occidentales.

Le vrai problème n’a jamais été l’ours

«Il serait bon de rappeler que le kilo de viande de mouton produit en France est acheté 22 francs au producteur. Le même kilo de mouton néo- zélandais arrive en France à 13 francs. Huit ours en plus ou en moins ne changeront pas le fait que la production française ne couvre plus que 50% de la consommation nationale contre 75% il y a 20 ans» Ainsi s’exprime François Moutou dans une lettre de janvier 1994 adressée au cabinet du ministère de l’Environnement, au moment de la signature de la "Charte du développement durable des vallées béarnaises et de protection de l’ours". Cette question est toujours aussi brûlante.

Une autre question tabou est celle des maladies du bétail. Le 8 avril dernier, nous apprenions que le Premier Ministre annonçait un déblocage de 6 millions d’euros d’aide aux éleveurs pour faire face à la gravité de l’épizootie de fièvre catarrhale ovine. Le 20 mars, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture annonçait que le plan de vaccination en cours était le plus important jamais mis en place en France. Dans les seules Pyrénées-Atlantiques, sont concernés 330 000 bovins et 600 000 ovins! [Source Sud-Ouest Béarn et Soule.]

Pour occulter ce problème de fond, les responsables politiques et syndicaux ont toujours attisé la haine de l’ours, avec la complicité de nombreux médias qui raffolent de titres vendeurs. Ainsi, les attaques d’ours ont toujours été surestimées. En nombre d’une part. De 1968 à 1991, le prélèvement de l’ours représente en moyenne 0,1% du cheptel présent dans la zone à ours des Pyrénées occidentales (1039 attaques pour 1681 bêtes tuées en 24 ans) [FIEP, L. Nédelec, op.cit., 1994.] Il est très inférieur à la mortalité par accident, maladie et attaques des chiens. En intensité d’autre part. Comme pour tous les prédateurs, l’homme exagère ce qui est reproché au sauvage pour pardonner ce qui revient au domestique, son chien par exemple. Combien d’histoires qui nous sont rapportées de bonnes sources, toujours orales, où l’ours a le bon dos et le chien est oublié ou puni discrètement.

La peur fantasmatique de l’ours d’origine slovène est également nourrie par les adversaires de l’ours. Les plus acharnés sont même devenus des défenseurs des ours des Pyrénées qu’ils contribuèrent à faire éliminer ! Ainsi, l’ancien maire de Bielle, ex-conseiller général du canton du Haut-Ossau et ex-président du puissant Syndicat du Haut Ossau, Baylaucq écrivait : «L'ours brun des Pyrénées est fin, très élégant, la robe claire et la tête fine. L'ours slovène est énormément massif et grand, la tête ronde et le pelage presque noir. L'ours brun des Pyrénées est presque totalement herbivore ; il tue pour son équilibre hormonal. Son organisme lui réclame de la viande à la pousse de l'herbe excessivement azotée, en juin en montagne ; et fin septembre, gavé de fruits d'une flore riche d'été il éprouve un besoin de consommation de viande. Les pertes occasionnées par les 7 ours des Pyrénées peuvent s'évaluer à une moyenne de 44 brebis par an. L'ours slovène tue en permanence ; c'est ainsi que 4 ours ont tué en un an 269 brebis en en ont fait disparaître 1066, soit un total de 1335 / 4 = 333 brebis par ours. L'ours brun des Pyrénées est peu chasseur. L'ours slovène est un carnassier. De par sa puissance il est à même d'éliminer les mâles pyrénéens et donc de détruire l'ours des pyrénées.» Fichtre ! Le Béarn : les vallées d'Aspe, d'Ossau et Barétous où des hommes et des femmes s'aventurent dans la danse des Ours», mars 2001.]

Ce fantasme n’atteint pas simplement les pires adversaires de Lou Moussu, mais certains bergers plutôt favorables. Ainsi, sur le marché biologique de Pau, nous avions en 2003 ou 2004 eu cette conversation assez sidérante avec une productrice de fromage sympathique et sincère originaire de la vallée d’Ossau :

- Que pensez-vous de l’ours dans nos montagnes ?
- Celui des Pyrénées ne nous pose pas de problèmes, mais celui de Slovénie c’est pas pareil…
- Avez-vous subi des dégâts ?
- Non, mais des amis ariégeois nous ont envoyé des photos, et ce n’est pas joli.
- Je veux bien vous croire car un cadavre d’animal n’est pas joli à regarder, mais ici en Béarn, l’ours Néré qui est d’origine slovène, après avoir commis pas mal de dégâts là où les troupeaux ne sont pas gardés, eh bien il est très calme. Alors que l’ours "Papillon" qui était bien béarnais, lui il a tué pas mal de moutons à la fin de sa vie quand il était très diminué physiquement.
- silence…
- Oui, mais l’ours slovène il est pas pareil…

Même constat sous la plume du journaliste Txomin Laxalt en 2005 : «La réintroduction de l’ours, qui alimente les conversations sur la place et dans les cafés de Laruns, nourrissant des peurs ancestrales, inquiète plus que les perspectives économiques. "L’ours pyrénéen, à la limite, on le connaît, et il connaît son environnement, on pourrait faire avec. Mais pas avec l’ours slovène, sa réintroduction serait une catastrophe", affirme-t-il catégorique. L’heure sonne du changement de pâture dans ce pré, au pied des premiers lacets du Pourtalet. Il endosse son blouson et se saisit du bâton. Baptiste trotte-menu, fait de même. Dans cette famille, on est berger de père en filsLe berger, l’âme des estives», Pyrénées Magazine, juillet-août 2005.]

On ajoutera que les perspectives économiques, elles, inquiètent sérieusement la population non pastorale qui est très majoritaire dans les vallées, et dont certains disent officieusement toute leur colère face aux attitudes du monde pastoral choyé par les autorités quand les autres souffrent en silence. On remarquera cette volonté, «à la limite», de faire avec les ours des Pyrénées alors qu’il ne reste plus que trois ou quatre mâles depuis la mort de l’ourse "Cannelle".

La dernière doctrine à la mode : le «risque zéro» !

On sait tous que la vie suppose le risque et la mort, mais aux ours on ne veut plus rien pardonner. C’est ainsi qu’est née une doctrine du fameux et impossible «risque zéro».

Dominique Boyer, lui, nous dit que la première des choses serait d’accepter que l’ours mange de temps à autre des brebis, à l’opposé du «risque zéro». Cette réflexion n’est pas neuve mais elle passe très mal auprès des autorités. Il est donc temps de s’emparer de cette évidence qu’on lisait en 1964 dans Le Courrier de la nature : «En admettant que de temps à autre, une ourse suitée ou un ours âgé tue des bêtes domestiques, la contre-valeur argent de quelques moutons ne représentent rien à côté de la valeur scientifique, esthétique, culturelle et touristique que représente la survivance des ours dans notre pays.» [«Il faut sauver nos derniers ours», n°12, 1964.]

Revenant d’une sortie sur une estive de la haute vallée d’Aspe, autrefois très réputée pour les observations d’ours qu’on pouvait y faire, le même Dominique Boyer nous dit : «aujourd’hui, on dirait Alcatraz !» Les clôtures et autres systèmes de protection fleurissent comme jamais. Un berger qui fut longtemps sur cette estive nous confiait un jour, dans une discussion à bâtons rompus en pleine montagne, que l’ours n’avait jamais commis de dégâts sur son troupeau, car il prenait les précautions qui s’imposaient. Il est arrivé à ce berger de voir l’ours à l’orée du bois alors qu’il trayait ses brebis. Peut-être ce berger répond-il à cette réflexion du sénateur Bailly, grand défenseur de l’élevage, notant que l’élevage se caractérise par des conditions de travail difficiles, qui supposent une grande disponibilité, notamment pour assurer le gardiennage, et des compétences techniques qui ne s’improvisent pas [Rapport précité, page 93]. En termes moins diplomatiques, nous dirons que l’élevage est un métier. Entre le véritable élevage et une quasi divagation, il existe un gouffre.

Ce fumeux «risque zéro», qui part d’un bon sentiment (mais on ne fait rien de bon avec de bons sentiments…) sert en réalité la vraie doctrine, dangereuse, développée chez les grands élus du Haut Béarn, gauche et droite confondus. Pour ces élus proches du lobby agropastoral, pas le berger qui fabrique du fromage sur l’estive, non celui des grandes usines à lait, le pastoralisme s’étant développé ces dernières décennies (faut-il rappeler et marteler que c’est en partie grâce à l’ours et sur son dos), il ne faut plus aujourd’hui ajouter de contraintes, comme l’apport de nouveaux ours d’origine slovène.

Nous combattons farouchement une telle manière de voir les choses, d’ailleurs à l’opposé des volontés de bergers fromagers qui souhaitent cohabiter avec l’ours mais qui doivent se taire aujourd’hui. Ils représentaient un tiers de la profession au début de la décennie 80, cinq ans après les débuts du FIEP [Jean-Pierre Farthouat, Rapport de synthèse sur le problème de ma sauvegarde de la population d’ours bruns (Ursus arctos) des Pyrénées occidentales, janvier 1981, page 11 (enquête de M. Dalla Rosa).] Ils sont bien plus nombreux qu’on ne l’imagine mais, excepté deux d’entre eux en Béarn, les autres se taisent sous la pression sociale et sous celle des maires et responsables des commissions syndicales qui détiennent le pouvoir de louer les estives. Combien nous disent qu’ils ne peuvent s’exprimer librement. Un visiteur trop pressé ne s’en rendra pas compte : cette société est clanique avec tout ce qu’elle suppose de solidarité et de… persécution. Un berger emblématique comme Joseph Paroix, qui a travaillé avec le FIEP, a écrit de superbes pages sur son métier et sur l’ours, est même devenu un opposant aux réintroductions et a d’ailleurs réclamé le retrait du Béarn de l’ours "Néré". C’est le retour au clan pour bien des raisons d’angoisse devant l’avenir ou de manipulations diverses et variées [On lira notamment Vivre avec l’ours de Farid Benhammou, Editions Hesse, 2005.]

L’ultime hypocrisie

De la révolution de 1975, il reste de très bonnes mesures mais aussi d’amères désillusions. L’ultime hypocrisie des responsables politiques et syndicaux agricoles est de maintenir la fiction d’une population d’ours, en réalité un dernier carré peut-être bien constitué d’un seul mâle d’origine pyrénéenne, désigné sous le nom d’"Aspe Ouest", du mâle "Néré", d’origine slovène et de "Cannelito" ou "Mohican", fruit de "Cannelle" et de "Néré".

Une empreinte d’ours comme logo de l’office de tourisme de la vallée d’Aspe et un zoo abritant désormais six ours à Borce [Dans un espace ridicule (lire sur le site de Ferus et dans La Gazette des grands prédateurs, n°17, automne 2005 : S. Carbonnaux «En Béarn, même morts, les ours rapportent !»] suffiront-elles longtemps à faire croire aux touristes et donc à une partie de la France que l’ours est sauvegardé en Béarn et dans les Pyrénées occidentales ?

Osons cette dernière remarque subversive en pays pastoral : On ne dit jamais assez que ce sont les moutons qui envahissent en fin de printemps le domaine de l’ours, et non l’inverse.

Griffures d'ours Il est devenu très urgent de renforcer l’ultime tribu de Mohicans du Béarn ! Toute inaction aurait les conséquences les plus graves pour la survie des derniers ours et la préservation de la richesse naturelles des montagnes béarnaises.

Griffades d’ours en haute vallée d’Aspe. Sans apport de sang neuf, ce sera bientôt une découverte impossible, septembre 2007. (S. Carbonnaux).

La parole donnée de Jean Lassalle

Jean Lassalle parle de l'ours en Béarn

«Tous les experts sont d’accords. Le petit cheptel d’Ours qui nous restait (NDLB : En Béarn) est entrain de disparaître. Il en reste 5 ou 6 spécimens. Ils sont pratiquement dans l’incapacité de se reproduire et s’il n’y a pas une intervention humaine, ils disparaitront. Cela les pyrénéens ne le veulent pas. Ils ne le veulent pas.

C’est la raison pour laquelle, nous avons décidés de renforcer. Et il faut faire revenir des femelles. D’où voulez-vous que nous les fassions venir ? Nous ne sommes pas raciste pour les hommes, nous n’allons pas l’être pour les ours, hein, vous le comprenez bien. D’autant que ramener un peu de sang extérieur, cela à toujours fait du bien à un peuple, et je pense que pour les ours, ce sera pareil.

Donc nous allons aller chercher "une belle fille", probablement du côté de la Slovénie, mais cela, je laisse le soin aux experts de nous dire qui sont les mieux adaptés pour s’accoupler avec les ours des Pyrénées »

Paroles du Député Maire Jean Lassalle,
Président de l'IPHB, Institution Patrimoniale du Haut Béarn

Il ne reste que 3 ours mâles en Béarn

Jean Lassalle : "C’est la raison pour laquelle, nous avons décidés de renforcer. Et il faut faire revenir des femelles."

"Parce que les hommes et les ours peuvent vivre ensemble. Ce n'est pas un pari. C'est la volonté de tous" (page d'accueil du site de l'IPHB).

"La présente charte constitue un contrat, à l’échelle des vallées béarnaises, par lequel les signataires s’engagent à partir d’une stratégie commune, à mener un certain nombre d’actions concourant au développement durable des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection et dans une deuxième phase éventuelle au renforcement de la population d’ours."
(Article 1er de la Charte de Développement Durable des Vallées Béarnaises et de Protection de l’Ours, signée en janvier 1994 )

"La parole donnée" de Jean Lassalle

Présentation de l'éditeur
Jean Lassalle Parole donnée "Le 7 mars 2005, la France entière découvre la silhouette longiligne et le visage émacié de Jean Lassalle. Il entreprend à l'Assemblée nationale, dans la mythique salle des Quatre-Colonnes, une grève de la faim qui aura un retentissement mondial, contre la délocalisation de l'usine de sa vallée. Il s'était levé quelques mois auparavant dans l'Hémicycle, entonnant le fameux "Se Canto", l'hymne des Pyrénées en langue béarnaise, pour couper la parole à Nicolas Sarkozy et rappeler à l'État sa démission sécuritaire au tunnel du Somport.

(...) Cette autobiographie, rédigée dans son style inimitable, plonge ses racines dans sa famille de bergers unie et solidaire, un univers modelé par l'âpreté des lieux et du temps, comme par les codes de vie des communautés montagnardes. "La Parole donnée", à la mesure de sa démesure, délivre le message d'un combattant d'ici et d'ailleurs aux hommes d'aujourd'hui et à leurs dirigeants, à l'heure où l'humanité vit une des plus grandes mutations de tous les temps."

Dalida

Encore des mots toujours des mots
les mêmes mots
Je n'sais plus comment te dire,
Rien que des mots
Parole, parole, parole ...

Lire aussi "Jean Lassalle ou l'indignation hémiplégique" par Laurent Caudine dans Le journal du Pays basque

06 novembre 2008

IPHB : du gaz dans l'eau

L'AAPPMA "La Gaule Aspoise" - Association de défense de l'environnement réclame elle son dû à l'IPHB.

Depuis le début août 2007, quatre personnes forment l'équipe de salariés de l'association "La Gaule aspoise" dont trois techniciens de terrain, (BTS gestion et protection de la nature, deux diplômés du BTA gestion de la faune sauvage. Le financement de leurs emplois est couvert par l'opération de l'entretien des rives du gave d'Aspe et de ses affluents (30 % Agence de l'eau et Conseil général, 20 % syndicat mixte et Conseil régional).

Cette mission comportant quarante-deux fiches d'actions définies par le syndicat mixte, a été confiée à la maîtrise d'oeuvre de l'AAPPMA selon un plan quinquennal, mais qui est déjà financé sur deux ans.

Financé, sauf que l'IPHB traine à payer...

Dépossédée par l'Etat pour sa gestion catastrophique et scandaleuse du dossier ours en Béarn, l'institution "usine à palabre", le grand machin cher à Jean Lassalle et à Didier Hervé avait décidé de placer "son expertise" (?) dans le domaine de l'eau.

Là aussi, l'IPHB lave plus blanc et fait des vagues. Quant on est doué sur un dossier, on le reste sur les autres. l'IPHB n'est-elle pas qu'une pompe à subsides ?

Autre pierre dans le jardin de l'Institution patrimoniale, on sait depuis hier que la SEPANSO Béarn réclame à l'IPHB trois cent mille euros pour la mort de l'ourse Cannelle et l'échec de l'IPHB fac à sa mission.

Les explications données par le journal Sud-Ouest...

L'eau fait des vagues

ACCOUS. La gestion du contrat de l'eau induit des dysfonctionnements préoccupants pour la Gaule aspoise.

En 2006, la maîtrise d'ouvrage du contrat de l'eau avait été attribuée à l'IPHB pour une période transitoire de deux ans, et devait permettre à la Gaule aspoise de maintenir ses deux emplois jeunes pour poursuivre le travail déjà engagé depuis 2001.

«Il ne faut pas oublier que, depuis dix ans, notre idéologie, c'est d'être garants de la qualité de l'eau, donc de la vie du poisson, par l'entretien des berges des cours d'eau. L'IPHB veut faire croire que c'est elle qui a tout fait pour la qualité de l'eau. Je ne veux pas qu'on retire le bénéfice moral des actions entreprises par la Gaule aspoise»: Louis Pedebidou, président de l'AAPPMA de la vallée d'Aspe ne cache pas sa colère.

Les problèmes budgétaires connus de l'IPHB révèlent notamment une dette de 61000 € envers la Gaule aspoise, ce qui a conduit son trésorier à contracter un emprunt pour payer les salaires en juillet 2008. Il a été remboursé par le versement du montant dû par l'IPHB fin août, mais il reste le complément d'ici la fin de l'année.

Le schéma avait été quasi identique en 2007. «Il n'est pas question d'enlever à l'IPHB sa compétence sur l'eau. Son rôle est d'inciter les trois vallées à faire un contrat de l'eau. Sa maîtrise d'ouvrage est une opération valléenne (NDLB: Parlez-vous IPHB ? ) qui concerne les maires des communes aspoises. Avec ces dysfonctionnements, nous vivons dans l'inquiétude, nous souhaitons que cette maîtrise d'ouvrage passe désormais à la Communautés des Communes», poursuit le président.

La Gaule aspoise est soutenue par six maires (Accous, Bedous, Cette-Eygun, Escot, Etsaut, Lées-Athas) qui ont adressé un courrier en ce sens à René Rose, président de la Communautés des Communes, qui a mis à l'ordre du jour du Conseil communautaire de samedi 8 novembre l'analyse des possibilités et modalités de cette demande, suivies de délibérations.

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