IPHB Institution Patrimoniale du Haut-Béarn

12 novembre 2008

La politique pastorale des associations dans les Pyrénées occidentales

Stephan_carbonnauxpar Stéphan Carbonnaux,
Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées"  commandé par FERUS.


De la révolution à la désillusion

Dominique Boyer nous raconte que le berger ou le paysan de Lescun des années 1970 qui avait rencontré l’ours de près redescendait de la montagne les «cheveux hérissés, et s’enfermait muet chez lui». Cependant, il n’y avait nulle trace de haine comme on le constate aujourd’hui auprès d’éleveurs et de bergers. François Merlet, en septembre 2005, lui qui avait connu les mêmes bergers et paysans lescunois à partir des années 1960, nous disait la même chose.

On l’a vu, c’est en 1975 que Joël Tanguy-Le-Gac, Claude Dendaletche et quelques autres créent le Fonds d’intervention éco-pastoral (FIEP), première association de protection de l’ours qui entend assurer la coexistence du pastoralisme et de l’ours, et montrer aux bergers qu’ils peuvent avoir intérêt à ce que l’ours fréquente leurs estives, alors qu’il est le gêneur voire l’ennemi héréditaire. On pense d’ailleurs que le berger peut devenir le meilleur défenseur de l’ours par intérêt bien compris. La plupart des bergers vivent alors pendant la saison d’estive au sein de cabanes assez voire très rustiques, sans liaison radio et le plus souvent sans accès routier. Il subsiste 25 ours dans les Pyrénées, la démarche est présentée comme révolutionnaire et elle est justifiée par l’inaction presque totale du Parc national en matière de protection de l’ours.

Cette politique est soutenue alors par l’ensemble des associations nationales, au premier plan le WWF France, Artus puis Ferus, et les grandes fédérations régionales telles que la SEPANSO ou Nature Midi-Pyrénées. Le FIEP part du principe qu’on ne peut isoler un animal de son milieu de vie, des paysages végétaux où il évolue, pas plus que du cadre humain dans lequel il s’insère. Elle se veut une nouvelle approche que celle du simple paiement des dégâts organisé dès les années 50 par l’Association des chasseurs de montagne, qui n’a malheureusement pas empêché la chute des effectifs d’ours. Certains citent la création du Parc en 1967 comme source de crispation et de nouvelles destructions.

Pourtant, dès l’origine, des voix discordantes se font entendre. Ainsi, en 1976, à Pau, lors d’un colloque international sur la grande faune des Pyrénées, le biologiste allemand Peter Röben estime que les Français se trompent à encourager le pastoralisme. «Le pacage ne devrait pas être encouragé. Il faudrait même favoriser l'abandon des fermes et exploitations agricoles dans toute la zone fréquentée par l'ours. [...] Rabâcher que le pâturage est absolument nécessaire au maintien du milieu et du paysage montagnard est une erreur et une contrevérité fondamentale. [...] En conclusion, permettez-moi une remarque quelque peu amère : il serait bon que le Parc National ne s'occupe pas exclusivement de développer le tourisme et d'assurer le bien-être des bergers, mais - il me semble que c'est même sa vocation prioritaire - qu’il s'occupe également de la protection des espèces animales et végétales et de leur milieu de vie.»

C’est aussi la position de Robert Hainard notamment exprimée lors d’un colloque analogue au mois de novembre 1981, qui entraîna une discussion franche avec Claude Dendaletche et Louis Espinassous, ce dernier alors agent du Parc. Voilà ce que pouvait écrire Robert Hainard à Michel Terrasse deux ans auparavant, au sujet des fiers montagnards qui refusent la réserve d’Indiens mais poussent au grand programme immobilier du Soussouéou en vallée d’Ossau : «Ces sont des sous-développés et ils le restent en se précipitant (comme le Tiers-Monde) sur ce "Progrès", ce "développement" auquel nous ne croyons plus.» Ou encore, alors que la tentation pastorale est forte chez les naturalistes : «Vas-tu abandonner la photo pour élever des moutons, seule communion vraie avec la nature ?»

Ces voix très singulières furent écoutées mais pas comprises, tant elles sont en opposition avec la culture pastorale des Pyrénées. Il est vrai aussi qu’un pastoralisme bien conduit et plus limité dans l’espace est compatible avec la présence de l’ours et même du loup. Une telle réalité s’observe dans de nombreux pays dits modernes.

L’idée généreuse de venir en aide aux bergers, fut celle de Joël Tanguy-Le-Gac, naturaliste pyrénéen très doué et créateur par ailleurs en 1979 avec Jean-François Terrasse d’Organbidexka Col Libre. Figure incontournable de la protection de la nature dans les Pyrénées occidentales, décédé en 2006, Joël Tanguy-Le-Gac fut aussi un des piliers de la première Société d’Etudes, de Protection et d’Aménagement de la Nature en Sud-Ouest, section du Béarn (SEPANSO Béarn), à l’occasion notamment du grand conflit autour des lourds projets immobiliers dans le Soussouéou (vallée d’Ossau). Claude Dendaletche, qui fut président du FIEP de sa création en 1975 jusqu’au 31 décembre 1985, constate aujourd’hui que «l’argent n’a pas suffit» et que ce concept était au fond très «urbain».

En 1979, le FIEP verse les premières indemnités de dérangement aux bergers. L’argent provient du Fonds mondial pour la nature (WWF) puis viendra de l’État. Le témoignage de Dominique Boyer, naturaliste et photographe alors membre du FIEP, qui signa les premiers chèques aux bergers, illustre toute l’ambiguïté des actions de ces naturalistes sincères. Son grand-père, berger basque, à qui il explique leur démarche répond : «Ils vont se moquer mais ils te prendront l’argent.» Pour l’essentiel, c’est bien ce qui est arrivé.

Une autre politique aurait pu voir le jour mais elle fut sans lendemain. À la charnière des années 70 et 80, D. Boyer avait proposé à l’association d’acheter une coupe de bois dans un secteur de Lescun très favorable à l’ours qui y séjournait la journée (couches diurnes). Une majorité des membres ayant refusé cette idée pour se consacrer à sa politique pastorale, il quitta le FIEP Un des rares projets de conservation directe de l’espace ursin fut mené en 1985. Un projet d’allongement d’une piste dans un secteur très favorable de la commune d’Etsaut mobilise alors les associations. Une solution audacieuse est même imaginée et mise en pratique par la Fédération SEPANSO qui, avec l’aide d’associations nationales et régionales, achète une propriété qui permettrait de bloquer le projet de piste. La piste ne vit pas le jour.

Très tôt, les élus, et le tout jeune conseiller général de la vallée d’Aspe, Jean Lassalle, comprirent l’intérêt de récupérer ces actions, comme ils récupérèrent par exemple la station de ski de fond du Somport, d’abord de taille modeste et de fonctionnement associatif, pour en faire ce que nous savons en parfaite violation des lois.

Un héliportage du matériel des bergers réalisé par le FIEP en début de saison d’estive le 2 juillet 1983 sur les communes d’Etsaut et de Cette-Eygun avait fait grand bruit dans la vallée. Immédiatement, Jean Lassalle écrit au FIEP, évoque un flot d’appels pressants venant de bergers demandant à en bénéficier aussi, souhaite des renseignements et remercie l’association de cette initiative tout en regrettant de ne pas avoir été informé avant [Archives de Claude Dendaletche].

Quid aujourd’hui ? Le quotidien Sud Ouest a fait paraître un article ce 5 juin 2008 : «L’hélico, le bâton des bergers». Les bergers qui répondent aux critères d’isolement et de avec son frère à l’estive de Lapassa (Aspe), déclare : «"Pour nous, c’est super ! On ne pourrait plus s’en passer. C’est bien et… c’est grâce à l’IPHB" dit-elle presqu’en s’excusant.»

A la question du journaliste : «Les héliportages étaient au départ une compensation par rapport à la présence de l’ours… », Didier Hervé, directeur de l’IPHB répond : «Au départ, oui. Puis, il y a eu un basculement parce que l’économie pastorale s’est développée. Les contraintes par rapport aux ours existent toujours, mais c’est surtout la nécessité du berger qui est là et à laquelle il faut répondre. Les bergers ont besoin de matériel pour fabriquer le fromage

Voilà une bonne illustration de la récupération par l’IPHB qui réalise des missions autrefois créées par le FIEP, et qui les détournent complètement de leur raison première. Rappelons qu’il ne reste que trois ou quatre ours dans toutes les Pyrénées occidentales.

Le vrai problème n’a jamais été l’ours

«Il serait bon de rappeler que le kilo de viande de mouton produit en France est acheté 22 francs au producteur. Le même kilo de mouton néo- zélandais arrive en France à 13 francs. Huit ours en plus ou en moins ne changeront pas le fait que la production française ne couvre plus que 50% de la consommation nationale contre 75% il y a 20 ans» Ainsi s’exprime François Moutou dans une lettre de janvier 1994 adressée au cabinet du ministère de l’Environnement, au moment de la signature de la "Charte du développement durable des vallées béarnaises et de protection de l’ours". Cette question est toujours aussi brûlante.

Une autre question tabou est celle des maladies du bétail. Le 8 avril dernier, nous apprenions que le Premier Ministre annonçait un déblocage de 6 millions d’euros d’aide aux éleveurs pour faire face à la gravité de l’épizootie de fièvre catarrhale ovine. Le 20 mars, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture annonçait que le plan de vaccination en cours était le plus important jamais mis en place en France. Dans les seules Pyrénées-Atlantiques, sont concernés 330 000 bovins et 600 000 ovins! [Source Sud-Ouest Béarn et Soule.]

Pour occulter ce problème de fond, les responsables politiques et syndicaux ont toujours attisé la haine de l’ours, avec la complicité de nombreux médias qui raffolent de titres vendeurs. Ainsi, les attaques d’ours ont toujours été surestimées. En nombre d’une part. De 1968 à 1991, le prélèvement de l’ours représente en moyenne 0,1% du cheptel présent dans la zone à ours des Pyrénées occidentales (1039 attaques pour 1681 bêtes tuées en 24 ans) [FIEP, L. Nédelec, op.cit., 1994.] Il est très inférieur à la mortalité par accident, maladie et attaques des chiens. En intensité d’autre part. Comme pour tous les prédateurs, l’homme exagère ce qui est reproché au sauvage pour pardonner ce qui revient au domestique, son chien par exemple. Combien d’histoires qui nous sont rapportées de bonnes sources, toujours orales, où l’ours a le bon dos et le chien est oublié ou puni discrètement.

La peur fantasmatique de l’ours d’origine slovène est également nourrie par les adversaires de l’ours. Les plus acharnés sont même devenus des défenseurs des ours des Pyrénées qu’ils contribuèrent à faire éliminer ! Ainsi, l’ancien maire de Bielle, ex-conseiller général du canton du Haut-Ossau et ex-président du puissant Syndicat du Haut Ossau, Baylaucq écrivait : «L'ours brun des Pyrénées est fin, très élégant, la robe claire et la tête fine. L'ours slovène est énormément massif et grand, la tête ronde et le pelage presque noir. L'ours brun des Pyrénées est presque totalement herbivore ; il tue pour son équilibre hormonal. Son organisme lui réclame de la viande à la pousse de l'herbe excessivement azotée, en juin en montagne ; et fin septembre, gavé de fruits d'une flore riche d'été il éprouve un besoin de consommation de viande. Les pertes occasionnées par les 7 ours des Pyrénées peuvent s'évaluer à une moyenne de 44 brebis par an. L'ours slovène tue en permanence ; c'est ainsi que 4 ours ont tué en un an 269 brebis en en ont fait disparaître 1066, soit un total de 1335 / 4 = 333 brebis par ours. L'ours brun des Pyrénées est peu chasseur. L'ours slovène est un carnassier. De par sa puissance il est à même d'éliminer les mâles pyrénéens et donc de détruire l'ours des pyrénées.» Fichtre ! Le Béarn : les vallées d'Aspe, d'Ossau et Barétous où des hommes et des femmes s'aventurent dans la danse des Ours», mars 2001.]

Ce fantasme n’atteint pas simplement les pires adversaires de Lou Moussu, mais certains bergers plutôt favorables. Ainsi, sur le marché biologique de Pau, nous avions en 2003 ou 2004 eu cette conversation assez sidérante avec une productrice de fromage sympathique et sincère originaire de la vallée d’Ossau :

- Que pensez-vous de l’ours dans nos montagnes ?
- Celui des Pyrénées ne nous pose pas de problèmes, mais celui de Slovénie c’est pas pareil…
- Avez-vous subi des dégâts ?
- Non, mais des amis ariégeois nous ont envoyé des photos, et ce n’est pas joli.
- Je veux bien vous croire car un cadavre d’animal n’est pas joli à regarder, mais ici en Béarn, l’ours Néré qui est d’origine slovène, après avoir commis pas mal de dégâts là où les troupeaux ne sont pas gardés, eh bien il est très calme. Alors que l’ours "Papillon" qui était bien béarnais, lui il a tué pas mal de moutons à la fin de sa vie quand il était très diminué physiquement.
- silence…
- Oui, mais l’ours slovène il est pas pareil…

Même constat sous la plume du journaliste Txomin Laxalt en 2005 : «La réintroduction de l’ours, qui alimente les conversations sur la place et dans les cafés de Laruns, nourrissant des peurs ancestrales, inquiète plus que les perspectives économiques. "L’ours pyrénéen, à la limite, on le connaît, et il connaît son environnement, on pourrait faire avec. Mais pas avec l’ours slovène, sa réintroduction serait une catastrophe", affirme-t-il catégorique. L’heure sonne du changement de pâture dans ce pré, au pied des premiers lacets du Pourtalet. Il endosse son blouson et se saisit du bâton. Baptiste trotte-menu, fait de même. Dans cette famille, on est berger de père en filsLe berger, l’âme des estives», Pyrénées Magazine, juillet-août 2005.]

On ajoutera que les perspectives économiques, elles, inquiètent sérieusement la population non pastorale qui est très majoritaire dans les vallées, et dont certains disent officieusement toute leur colère face aux attitudes du monde pastoral choyé par les autorités quand les autres souffrent en silence. On remarquera cette volonté, «à la limite», de faire avec les ours des Pyrénées alors qu’il ne reste plus que trois ou quatre mâles depuis la mort de l’ourse "Cannelle".

La dernière doctrine à la mode : le «risque zéro» !

On sait tous que la vie suppose le risque et la mort, mais aux ours on ne veut plus rien pardonner. C’est ainsi qu’est née une doctrine du fameux et impossible «risque zéro».

Dominique Boyer, lui, nous dit que la première des choses serait d’accepter que l’ours mange de temps à autre des brebis, à l’opposé du «risque zéro». Cette réflexion n’est pas neuve mais elle passe très mal auprès des autorités. Il est donc temps de s’emparer de cette évidence qu’on lisait en 1964 dans Le Courrier de la nature : «En admettant que de temps à autre, une ourse suitée ou un ours âgé tue des bêtes domestiques, la contre-valeur argent de quelques moutons ne représentent rien à côté de la valeur scientifique, esthétique, culturelle et touristique que représente la survivance des ours dans notre pays.» [«Il faut sauver nos derniers ours», n°12, 1964.]

Revenant d’une sortie sur une estive de la haute vallée d’Aspe, autrefois très réputée pour les observations d’ours qu’on pouvait y faire, le même Dominique Boyer nous dit : «aujourd’hui, on dirait Alcatraz !» Les clôtures et autres systèmes de protection fleurissent comme jamais. Un berger qui fut longtemps sur cette estive nous confiait un jour, dans une discussion à bâtons rompus en pleine montagne, que l’ours n’avait jamais commis de dégâts sur son troupeau, car il prenait les précautions qui s’imposaient. Il est arrivé à ce berger de voir l’ours à l’orée du bois alors qu’il trayait ses brebis. Peut-être ce berger répond-il à cette réflexion du sénateur Bailly, grand défenseur de l’élevage, notant que l’élevage se caractérise par des conditions de travail difficiles, qui supposent une grande disponibilité, notamment pour assurer le gardiennage, et des compétences techniques qui ne s’improvisent pas [Rapport précité, page 93]. En termes moins diplomatiques, nous dirons que l’élevage est un métier. Entre le véritable élevage et une quasi divagation, il existe un gouffre.

Ce fumeux «risque zéro», qui part d’un bon sentiment (mais on ne fait rien de bon avec de bons sentiments…) sert en réalité la vraie doctrine, dangereuse, développée chez les grands élus du Haut Béarn, gauche et droite confondus. Pour ces élus proches du lobby agropastoral, pas le berger qui fabrique du fromage sur l’estive, non celui des grandes usines à lait, le pastoralisme s’étant développé ces dernières décennies (faut-il rappeler et marteler que c’est en partie grâce à l’ours et sur son dos), il ne faut plus aujourd’hui ajouter de contraintes, comme l’apport de nouveaux ours d’origine slovène.

Nous combattons farouchement une telle manière de voir les choses, d’ailleurs à l’opposé des volontés de bergers fromagers qui souhaitent cohabiter avec l’ours mais qui doivent se taire aujourd’hui. Ils représentaient un tiers de la profession au début de la décennie 80, cinq ans après les débuts du FIEP [Jean-Pierre Farthouat, Rapport de synthèse sur le problème de ma sauvegarde de la population d’ours bruns (Ursus arctos) des Pyrénées occidentales, janvier 1981, page 11 (enquête de M. Dalla Rosa).] Ils sont bien plus nombreux qu’on ne l’imagine mais, excepté deux d’entre eux en Béarn, les autres se taisent sous la pression sociale et sous celle des maires et responsables des commissions syndicales qui détiennent le pouvoir de louer les estives. Combien nous disent qu’ils ne peuvent s’exprimer librement. Un visiteur trop pressé ne s’en rendra pas compte : cette société est clanique avec tout ce qu’elle suppose de solidarité et de… persécution. Un berger emblématique comme Joseph Paroix, qui a travaillé avec le FIEP, a écrit de superbes pages sur son métier et sur l’ours, est même devenu un opposant aux réintroductions et a d’ailleurs réclamé le retrait du Béarn de l’ours "Néré". C’est le retour au clan pour bien des raisons d’angoisse devant l’avenir ou de manipulations diverses et variées [On lira notamment Vivre avec l’ours de Farid Benhammou, Editions Hesse, 2005.]

L’ultime hypocrisie

De la révolution de 1975, il reste de très bonnes mesures mais aussi d’amères désillusions. L’ultime hypocrisie des responsables politiques et syndicaux agricoles est de maintenir la fiction d’une population d’ours, en réalité un dernier carré peut-être bien constitué d’un seul mâle d’origine pyrénéenne, désigné sous le nom d’"Aspe Ouest", du mâle "Néré", d’origine slovène et de "Cannelito" ou "Mohican", fruit de "Cannelle" et de "Néré".

Une empreinte d’ours comme logo de l’office de tourisme de la vallée d’Aspe et un zoo abritant désormais six ours à Borce [Dans un espace ridicule (lire sur le site de Ferus et dans La Gazette des grands prédateurs, n°17, automne 2005 : S. Carbonnaux «En Béarn, même morts, les ours rapportent !»] suffiront-elles longtemps à faire croire aux touristes et donc à une partie de la France que l’ours est sauvegardé en Béarn et dans les Pyrénées occidentales ?

Osons cette dernière remarque subversive en pays pastoral : On ne dit jamais assez que ce sont les moutons qui envahissent en fin de printemps le domaine de l’ours, et non l’inverse.

Griffures d'ours Il est devenu très urgent de renforcer l’ultime tribu de Mohicans du Béarn ! Toute inaction aurait les conséquences les plus graves pour la survie des derniers ours et la préservation de la richesse naturelles des montagnes béarnaises.

Griffades d’ours en haute vallée d’Aspe. Sans apport de sang neuf, ce sera bientôt une découverte impossible, septembre 2007. (S. Carbonnaux).

La parole donnée de Jean Lassalle

Jean Lassalle parle de l'ours en Béarn

«Tous les experts sont d’accords. Le petit cheptel d’Ours qui nous restait (NDLB : En Béarn) est entrain de disparaître. Il en reste 5 ou 6 spécimens. Ils sont pratiquement dans l’incapacité de se reproduire et s’il n’y a pas une intervention humaine, ils disparaitront. Cela les pyrénéens ne le veulent pas. Ils ne le veulent pas.

C’est la raison pour laquelle, nous avons décidés de renforcer. Et il faut faire revenir des femelles. D’où voulez-vous que nous les fassions venir ? Nous ne sommes pas raciste pour les hommes, nous n’allons pas l’être pour les ours, hein, vous le comprenez bien. D’autant que ramener un peu de sang extérieur, cela à toujours fait du bien à un peuple, et je pense que pour les ours, ce sera pareil.

Donc nous allons aller chercher "une belle fille", probablement du côté de la Slovénie, mais cela, je laisse le soin aux experts de nous dire qui sont les mieux adaptés pour s’accoupler avec les ours des Pyrénées »

Paroles du Député Maire Jean Lassalle,
Président de l'IPHB, Institution Patrimoniale du Haut Béarn

Il ne reste que 3 ours mâles en Béarn

Jean Lassalle : "C’est la raison pour laquelle, nous avons décidés de renforcer. Et il faut faire revenir des femelles."

"Parce que les hommes et les ours peuvent vivre ensemble. Ce n'est pas un pari. C'est la volonté de tous" (page d'accueil du site de l'IPHB).

"La présente charte constitue un contrat, à l’échelle des vallées béarnaises, par lequel les signataires s’engagent à partir d’une stratégie commune, à mener un certain nombre d’actions concourant au développement durable des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection et dans une deuxième phase éventuelle au renforcement de la population d’ours."
(Article 1er de la Charte de Développement Durable des Vallées Béarnaises et de Protection de l’Ours, signée en janvier 1994 )

"La parole donnée" de Jean Lassalle

Présentation de l'éditeur 
Jean Lassalle Parole donnée "Le 7 mars 2005, la France entière découvre la silhouette longiligne et le visage émacié de Jean Lassalle. Il entreprend à l'Assemblée nationale, dans la mythique salle des Quatre-Colonnes, une grève de la faim qui aura un retentissement mondial, contre la délocalisation de l'usine de sa vallée. Il s'était levé quelques mois auparavant dans l'Hémicycle, entonnant le fameux "Se Canto", l'hymne des Pyrénées en langue béarnaise, pour couper la parole à Nicolas Sarkozy et rappeler à l'État sa démission sécuritaire au tunnel du Somport.

(...) Cette autobiographie, rédigée dans son style inimitable, plonge ses racines dans sa famille de bergers unie et solidaire, un univers modelé par l'âpreté des lieux et du temps, comme par les codes de vie des communautés montagnardes. "La Parole donnée", à la mesure de sa démesure, délivre le message d'un combattant d'ici et d'ailleurs aux hommes d'aujourd'hui et à leurs dirigeants, à l'heure où l'humanité vit une des plus grandes mutations de tous les temps."

Dalida

Encore des mots toujours des mots
les mêmes mots
Je n'sais plus comment te dire,
Rien que des mots
Parole, parole, parole ...

06 novembre 2008

IPHB : du gaz dans l'eau

L'AAPPMA "La Gaule Aspoise" - Association de défense de l'environnement réclame elle son dû à l'IPHB.

Depuis le début août 2007, quatre personnes forment l'équipe de salariés de l'association "La Gaule aspoise" dont trois techniciens de terrain, (BTS gestion et protection de la nature, deux diplômés du BTA gestion de la faune sauvage. Le financement de leurs emplois est couvert par l'opération de l'entretien des rives du gave d'Aspe et de ses affluents (30 % Agence de l'eau et Conseil général, 20 % syndicat mixte et Conseil régional).

Cette mission comportant quarante-deux fiches d'actions définies par le syndicat mixte, a été confiée à la maîtrise d'oeuvre de l'AAPPMA selon un plan quinquennal, mais qui est déjà financé sur deux ans.

Financé, sauf que l'IPHB traine à payer...

Dépossédée par l'Etat pour sa gestion catastrophique et scandaleuse du dossier ours en Béarn, l'institution "usine à palabre", le grand machin cher à Jean Lassalle et à Didier Hervé avait décidé de placer "son expertise" (?) dans le domaine de l'eau.

Là aussi, l'IPHB lave plus blanc et fait des vagues. Quant on est doué sur un dossier, on le reste sur les autres. l'IPHB n'est-elle pas qu'une pompe à subsides ?

Autre pierre dans le jardin de l'Institution patrimoniale, on sait depuis hier que la SEPANSO Béarn réclame à l'IPHB trois cent mille euros pour la mort de l'ourse Cannelle et l'échec de l'IPHB fac à sa mission.

Les explications données par le journal Sud-Ouest...

L'eau fait des vagues

ACCOUS. La gestion du contrat de l'eau induit des dysfonctionnements préoccupants pour la Gaule aspoise.

En 2006, la maîtrise d'ouvrage du contrat de l'eau avait été attribuée à l'IPHB pour une période transitoire de deux ans, et devait permettre à la Gaule aspoise de maintenir ses deux emplois jeunes pour poursuivre le travail déjà engagé depuis 2001.

«Il ne faut pas oublier que, depuis dix ans, notre idéologie, c'est d'être garants de la qualité de l'eau, donc de la vie du poisson, par l'entretien des berges des cours d'eau. L'IPHB veut faire croire que c'est elle qui a tout fait pour la qualité de l'eau. Je ne veux pas qu'on retire le bénéfice moral des actions entreprises par la Gaule aspoise»: Louis Pedebidou, président de l'AAPPMA de la vallée d'Aspe ne cache pas sa colère.

Les problèmes budgétaires connus de l'IPHB révèlent notamment une dette de 61000 € envers la Gaule aspoise, ce qui a conduit son trésorier à contracter un emprunt pour payer les salaires en juillet 2008. Il a été remboursé par le versement du montant dû par l'IPHB fin août, mais il reste le complément d'ici la fin de l'année.

Le schéma avait été quasi identique en 2007. «Il n'est pas question d'enlever à l'IPHB sa compétence sur l'eau. Son rôle est d'inciter les trois vallées à faire un contrat de l'eau. Sa maîtrise d'ouvrage est une opération valléenne (NDLB: Parlez-vous IPHB ? ) qui concerne les maires des communes aspoises. Avec ces dysfonctionnements, nous vivons dans l'inquiétude, nous souhaitons que cette maîtrise d'ouvrage passe désormais à la Communautés des Communes», poursuit le président.

La Gaule aspoise est soutenue par six maires (Accous, Bedous, Cette-Eygun, Escot, Etsaut, Lées-Athas) qui ont adressé un courrier en ce sens à René Rose, président de la Communautés des Communes, qui a mis à l'ordre du jour du Conseil communautaire de samedi 8 novembre l'analyse des possibilités et modalités de cette demande, suivies de délibérations.

04 novembre 2008

Ours : la Sepanso attaque l'IPHB et l'Etat

L'Association Sépanso-Béarn réclame 300 000 euros d'indemnités à l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn et un million d'euros à l'État

Le prix de la disparition de l'ours pyrénéen

Voilà quatre ans, la mort de l'ourse Cannelle marquait l'extinction de la souche locale d'ursus arctos. La Sepanso, une association de protection de l'environnement, ne compte pas tourner la page. Elle se prépare à attaquer en justice dans l'objectif d'obtenir des indemnités en rapport avec le préjudice.

La procédure se concrétisera devant le tribunal administratif. Pour l'heure, deux mises en demeure ont été envoyées. Il est peu probable qu'elles provoquent des réponses spontanément favorables.

La première vise le syndicat mixte du Haut-Béarn, la structure juridique qui porte l'Institution patrimoniale présidée par le député Jean Lassalle. La Sepanso lui demande 300 000 euros.

Evolution du nombre d'ours dans les Pyrénées

Un échec

La seconde missive concerne directement l'État. Cette fois, la demande d'indemnisation porte sur un million d'euros. «L'IPHB n'a pas respecté la charte du développement durable signée en 1994. Un certain nombre d'actions visait pourtant la protection de l'ours. Force est de constater que c'est un échec. L'IPHB est devenue une pompe à financements sans efficacité», observe l'avocat libournais de la Sepanso, François Ruffié.

«Quant à l'État, il a failli dans sa mission sur une période bien plus longue. Il a repris la main depuis peu en mettant fin à sa politique de délégation vers l'IPHB mais c'est trop tard. Il était pourtant possible de sauver l'espèce ursine indigène notamment avec le maintien des réserves Lalonde.»

Pour sa part, Jean Lassalle, président de l'IPHB s'étonne : «On nous reproche de ne pas avoir fait assez de choses. C'est un démenti cinglant pour tous ceux qui pensent que l'IPHB ne sert à rien. Le moment venu, pour notre défense, il sera bon de faire le point sur le financement et les résultats de la Sepanso et des associations de protection de l'environnement».

L'IPHB et l'État ont deux mois pour faire connaître leur position. Sans réponse, la Sepanso pourra considérer leur silence comme une décision implicite de rejet de la demande. Dans cette hypothèse, la juridiction administrative sera appelée à trancher.

Source: Patrice Sanchez, Sud-Ouest

16 octobre 2008

Didier Hervé, le guide, exporte le savoir de l'IPHB au Kirghizstan et au Tadjikistan

Décriée, ridiculisée par des études scientifiques qui la prend en exemple de ce qu’il ne faut pas faire, mise sur la touche pour sa gestion catastrophique du dossier ours en Béarn et pour son appétit en fonds publics, l’IPHB essaie d’exporter ses méthodes de patrimonialisation et son inexpérience sur le toit du monde. Les kirghizes et les tadjiks vont-ils apprendre à parler ipéhachebé ? On est en droit de le penser après le passage de quelques représentants asiatiques entre les mains spécialisées de Didier Hervé, directeur du grand machin inutile qu’est l’IPHB.

La gestion environnementale du parc des Pyrénées, minée par la politique locale, bien incapable de faire quoi que ce soit pour l’ours des Pyrénées utilisée comme modèle ? Lecture d’un article paru ce jeudi 16 octobre 2008 dans Sud-Ouest où on apprend que, "pour la préservation de la biodiversité du Toit du monde, cinq Kirghizes et Tadjiks ont visité le Parc national, guidé par Didier Hervé de l’IPHB."

Inspirés par le Parc

par Martine Lacout-Loustalet, Sud-Ouest

Vendredi après-midi, une équipe venue de Kirghizstan et Tadjikistan a découvert Lescun, le plateau de Lhers et la zone de haute montagne (1400 et 3000m) du Parc national aspois. Les cinq acteurs dans la création de l'aire de conservation transfrontalière du Pamir Alaï étaient menés par les guides du Parc secteur Aspe et Pierre Gascouat. Ils ont pu y lire les explications données le matin par Didier Hervé, de l'IPHB, et Pierre Gascouat, professeur au lycée des métiers de la montagne à Soeix.

Connaissance du milieu

Les préoccupations de ces cinq visiteurs alliaient la connaissance du milieu et la façon dont a été créé le Parc national. Les considérations liées à l'agro-pastoralisme, l'exploitation forestière et tout le volet lié à la formation ont été traitées par des interventions au lycée agricole de Soeix. La profession pastorale, les formations complémentaires (initiateur de randonnées, services en milieu rural...), la visite sur l'exploitation (fabrication du fromage, observation des races locales) ont été autant d'apports. «Tout ce que nous avons vu va nous aider. Mais on ne peut pas agir de la même façon que vous», a annoncé Kylyehbek Jundubaev, responsable du département de zones protégées et de la biodiversité au ministère de l'environnement du Kirghizstan.

De grandes différences existent en effet entre les Pyrénées et ces deux pays qui bordent la Chine et l'URSS, situés dans une zone grande comme l'Aquitaine, avec une altitude comprise entre 2200 et 7500m et un climat continental. La sortie des cinquante ans de communisme a lancé les populations dans la surexploitation des forêts comme combustibles, le surpâturage et la dégradation du couvert végétal, la surexploitation des grands mammifères. (sic)

Avec l'appui de l'Union européenne, le bureau d'études bruxellois Agreco, en lien avec l'agence régionale pour l'environnement Arpe (65) a établi le programme de ce séjour d'une semaine : le passage en Aspe a juste précédé le retour sur le cirque de Gavarnie, avant le retour vers les cimes himalayennes. »

Martine Lacout-Loustalet

De quoi ont-ils parlés d’après cet article : "préservation de la biodiversité", "considérations liées à l’agro-pastoralisme", "exploitation forestière", "formation des bergers", "profession pastorale", "fabrication de fromages" ».  Le Parc des Pyrénées est bien devenue une réserve naturelle de ...moutons !

J’imagine volontiers Didier Hervé vantant son action : la construction de cabanes, l'héliportage de matériels puis soulignant l’intérêt des feux pastoraux et du pastoralisme pour luter contre la fermeture des paturâges et participer au maintien des paysages créés par des siècles de séjours de troupeaux en estives. L’ours n’ayant sans doute été abordé qu’en termes de "problème en voie de disparition" et de "politique gouvernementale centralisée menée sans l’accord des valléens". Le «viol des Pyrénées» cher à son président, Jean Lassalle.

Le bureau d’étude bruxellois AGRECO est un des partenaire du projet. Ce bureau se présente comme un bureau «d’Environnement et de gestion des ressources naturelles

«En Belgique, la société emploie une équipe de 25 personnes comprenant des experts en agronomie, en génie rural, en économie, en logistique et en gestion.Parmi les principaux domaines d'activité :

  • Agriculture et développement rural (Appui aux organisations professionnelles agricoles; organisation des exploitants; stratégies de développement régional; politiques agricoles et études sectorielles; études de filières; lutte contre la pauvreté et sécurité alimentaire; restructuration et gestion d’exploitations agricoles et d’industries agro-alimentaires; élevage, pêche et aquaculture; propriété foncière et réforme agraire; décentralisation et appui aux collectivités locales; infrastructures rurales (y compris E.I.E.); aménagements hydro-agricoles, irrigation et drainage.)
  • Conservation et gestion rationnelle des ressources naturelles (Etudes du patrimoine naturel et de la biodiversité; plans d'aménagement et de gestion d'aires protégées; programmes de conservation; inventaires; politiques, aménagement et gestion forestiers; participation des populations à la conservation; gestion et utilisation rationnelle des ressources naturelles; gestion d'aires protégées; études d’incidence et d'impact sur l'environnement)
  • Appui administratif et logistique
  • Conseil en économie et en gestion

La buvette a contacté Madame Muriel Vives du bureau Agreco. "Ce projet entre dans le cadre de la création d’un parc transfrontalier entre le Kirghistan et le Tadjikistan. Agreco les aidant à préparer ce plan d’aménagement."

"L’équipe a passé une semaine avec les représentants du parc et des collectivités locales. Ils ont rencontrés le maire Tarbes et de plusieurs villages du Parc, une représentante du Conseil général et Didier Hervé, responsable de l’IPHB."

Ceux qui connaissent l’histoire de la naissance du Parc des Pyrénées en 1967 (avec la protection de l’ours comme un de ces objectifs affichés), la vision de l’environnement de certains maires, et le scandale de la gestion du dossier ours en Haut-Béarn par l’IPHB doivent comme moi s’étonner du choix des interlocuteurs et même du Parc des Pyrénées.

C’est vrai que ce parc est frontalier de celui d’Ordesa, créé en 1918 et agrandi en 1982 pour protéger le dernier noyau de bouquetins des Pyrénées, dont la dernière femelle s’est éteinte en 1996. Plus de femelles bouquetin dans un parc, plus de femelle ourse dans l'autre. Deux réussites exemplaires du respect des chartes initiales !

Interrogée sur la gestion du dossier ours, Madame Vives «n’a pas eu l’impression qu’il y avait de problème particulier pour l’ours, juste des différences d’appréciations», avant de souligner «avoir été marquée par l’effort qui est fait justement que tout le monde discute pour arriver à des solutions communes.» 

Le discours de l’IPHB est bien passé : Le contrat plutôt que la contrainte ou est-ce la sélection des interlocuteurs qui est orientée ? 

Muriel Vives semblait surprise d'apprendre que le Conseil de l’Europe avait averti le Parc de ses manquements envers la protection de l’ours en 1981 et en 1986 avant, fait unique dans l’histoire, de lui retirer son diplôme en 1992 pour non respect des recommandations. Par contre, Muriel Vives n’ignorait pas la solitude des quatre (d’après elle) ours mâles du Béarn. «Autant être précis

«Ce qui les intéressait dans ce voyage, c’est comment on associe des collectivités locales à la gestion d’un espace. Un effort énorme a été fait pendant plusieurs années en Béarn.»

Agreco ignorait également semble t-il les travaux de Laurent Mermet et de Farid Benhammou sur l’IPHB ; travaux que je me suis chargé de leur transmettre et que je vous conseille de relire :

Ainsi que la thèse de Farid Benhammou :

14 septembre 2007

Ovalours

Jean_lassalle_montreur_oursJean lassalle en montreur d'ours.

De Pascal Labadie à Monein, ce texte inspiré par la situation chaotique de l'ours en Béarn et la Coupe du monde de rugby. À l'approche de la Coupe du monde de rugby, je m'en vais vous raconter une partie d'ovalie qui dure depuis plus de dix ans et qui met en scène une sélection régionale des plus incongrues. Le capitaine et seconde ligne de cette escouade n'est autre qu'un célèbre Aspois qui anime nos troisièmes mi-temps en entonnant « Aqueros Mountagnos » à répétition pour éviter les bilans d'après matches douloureux et l'âpreté de son jeu.

Le ballon est représenté par un ours qui se dégonfle depuis longtemps en Béarn. Dans les vestiaires, notre meneur d'hommes répète son discours bien rodé : « En avant les petits, nous sommes les petits poucets, opprimés mais soudés.....»

C'est le début du match. Le coup d'envoi est donné pour l'occasion par un représentant de l'IERN (International Europe Rugby Nature), M. Marc Natura 2000. Nos avants composés par les urnes d'Ossau, Aspe et Barétous récupèrent rapidement le ballon mais se font pénaliser pour sa conservation au sol. Notre seconde ligne, grand pourvoyeur de ballons en touche, s'en donne à cœur joie. Cependant, à chaque mouvement de jeu, il dégage d'un énorme coup de pied en touche, et ce malgré les combinaisons spectaculaires annoncées avant match.

Le demi d'ouverture, issu du monde pastoral, réalise en avant sur en avant malgré un équipement tout neuf et renouvelé à chaque saison et accuse un ballon glissant. L'arrière, chasseur de son état, tape d'improbables chandelles en annonçant un «Pool» caractéristique. Les esprits s'échauffent et l'homme en noir venant de Paris sévit enfin en infligeant des cartons jaunes puis rouges.

Mais les avants du cru restent sur le terrain, le bousculent... Il n'est pas à la hauteur de l'événement. Les ailiers, au maillot vert, décident alors de quitter le terrain, fatigués d'attendre la « béchique » (ballon en Gascogne) en trépignant d'impatience, voulant franchir la ligne, signe de la survie du ballon. Mais voilà, le jeu est terne, uniquement basé sur la défense. Le jeune public des vallées quitte à son tour les tribunes pour regagner des terrains plus productifs et ambitieux. Les sponsors locaux et régionaux de l'équipe se posent des questions sur les réelles motivations et tournures de cette partie. D'âpres discussions sont en cours au centre de la pelouse, mais plus personne ne se soucie du ballon réduit en peau de chagrin à force d'être piétiné. Il jonche le sol, inerte. « Vite, chantons ! », s'écrie le capitaine. Le spectacle continue...

13 septembre 2007

Sursis pour l'IPHB qui désire garder jalousement son incompétence Ours

Sursis pour l'IPHB

Des nouvelles de Jean Lassalle

Nième rebondissement dans le feuilleton de l'Institution patrimoniale du haut Béarn. Alors que le drapeau noir était hissé depuis plusieurs mois, il a été décroché hier. La Chambre régionale des comptes a fini par valider le budget 2007.

Le préfet avait saisi l'instance, du fait des finances largement déficitaires de l'organisme (moins 140 000 euros). En juillet, ladite chambre émet un avis défavorable octroyant un mois pour redresser la barre. La conséquence du bras de fer engagé entre Jean Lassalle, président de l'IPHB, et Nelly Olin, la ministre de l'écologie en 2006, à propos du plan de réintroduction d'ours. L'État, et par ricochet la région Aquitaine (dans le cadre du contrat état-Région), suspendaient alors les subventions.

Le Département au soutien. Pour rendre une copie équilibrée, l'IPHB s'est lancée cet été dans une course aux financements. Jean Lassalle a pu compter sur le soutien financier du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Il a débloqué 22 400 euros au titre de diverses subventions. La Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale), a versé 11 509 euros. De quoi muscler les recettes.

Parallèlement, les dépenses ont été revues à la baisse. Charges de fonctionnement, indemnités des élus, plusieurs actions suspendues (équipement de sécurité de troupeaux, évacuation de bétail accidenté et suppression de la lettre d'information, abandon du programme de valorisation des produits de montagne?). « Une bouffée d'oxygène, se félicite Jean Lassalle, cela va nous permettre de maintenir les sept emplois et de continuer l'aventure. Malgré l'acharnement mis à nous détruire, l'institution fonctionne. » L'IPHB entend désormais recentrer ses actions sur le terrain : aide au pastoralisme, gestion de la forêt et travail entrepris sur l'eau. Sans oublier la compétence ours, « que nous allons jalousement garder », précise le député aspois. « Si l'institution disparaissait, il n'y aurait qu'une urgence : en créer une autre. Nous tiendrons, comme nous l'avons toujours fait, et retrouverons l'ensemble de nos prérogatives. »

«Étape décisive»

Jean Lassalle considère la décision comme « une étape décisive ». C'est en tout cas un sursis, car il faut désormais songer à 2008. Ce que n'a pas manqué de relever la Chambre régionale des comptes, en invitant l'IPHB à « engager pour l'avenir une réflexion sur ses perspectives de financements ».

Il n'est en effet pas évident qu'en 2008 l'État et la Région consentent un effort financier qu'ils ont refusé en 2007. Aussi, René Rose, président de la Communauté de communes de la vallée d'Aspe prévient : « Il nous faudra à nous, les collectivités locales, mettre la main au portefeuille pour bénéficier de l'ingénierie de l'IPHB. Mais je compte également sur le Conseil régional et le Conseil général », explique-t-il. Des soucis que Jean Lassalle a bien en tête, voulant continuer à avancer : « Le troisième contrat de charte (signé avec l'état, NDLR) est prêt. » Reste à trouver un partenaire pour le parapher.

Source : Xavier Sota, Sud-Ouest

28 août 2007

Jean Lassalle et le Syndrome du Somport

Démocratie et hérésie économique : Je viens de lire un courrier qui vaut son pesant d'or : la lettre de Jean Lassalle à Jean-Louis Borloo datée du 12 août dernier. Depuis maintenant près de 15 ans, Jean Lassalle se débat contre la cacophonie, l'anarchie et in fine l'inertie des pouvoirs publics quant à l'usage du tunnel du Somport.

Je cite particulièrement ce passage de la note écrite par Jean Lassalle ; éclairant...

Jean Lassalle : «La vallée d'Aspe prise en otage»

«Pendant plusieurs années, l'absence d'un réel arbitre au-dessus des parties, à contraint notre région à vivre au rythme des manifestations de plus en plus nombreuses et sous l'éclat des projecteurs. On vient à ce moment là de très loin lutter contre le tunnel du Somport comme on partait jadis libérer le tombeau du Christ. Tout est mélangé dans un salmigondis invraisemblable : pour ou contre la ligne de chemin de fer Pau-Canfranc ; pour ou contre le tunnel du Somport ; pour ou contre l'aménagement d'une autoroute en Vallée d'Aspe (dont il n'a jamais été question, cette dernière devant entraîner aux dires de ceux qui en propagèrent et firent vivre la rumeur, la fin des derniers ours des Pyrénées) ; pour ou contre la bretelle autoroutière Pau-Oloron ; pour ou contre les Ours, et enfin pour ou contre la biodiversité...

Bref, il y en eut pour tous les goûts. La malheureuse Vallée d'Aspe et ses 2700 habitants, totalement pris en otage par les tenants des différents partis d'aménagement ou de non-aménagement, ont essuyé un véritable déluge de communication, de manifestations, de contre-manifestations.

Avec les «moyens du bord», en l'occurrence la vigueur de son histoire et le sang froid de ses habitants, la Vallée fit face, attendant que les «grands esprits» qui animaient cette mascarade  consentent enfin à s'apaiser. A l'heure actuelle, un semblant de calme est revenu.

Pour autant, le débat dit «du Somport» (avec son  autoroute tueuse d'ours, sa ligne de chemin de fer Pau-Canfranc noyée dans la montagne), a fait jurisprudence, au point qu'aujourd'hui plus aucun dossier n'avance en partie montagneuse.»

Pauvre Vallée d'Aspe... Il faut ajouter que Dominique Perben, ex-ministre de l'équipement, a autorisé le transport de produits dangereux à travers le tunnel en février 2005, ce contre quoi Jean Lassalle a essayé en vain de lutter. Dans sa lettre, il interpelle Jean-Luis Borloo afin qu'il interdise, en signe de bonne volonté, le transport de tels produits à travers la vallée.

«Compte tenu de l'état actuel de la RN 134 où, vous le savez, certains tronçons sont très dangereux, de son passage devant les collèges et lycées d'Oloron-Sainte-Marie, cette décision est l'une des plus irresponsables que j'ai jamais vu prendre par le gouvernement de mon pays tout au long de ma carrière. Bonjour le combat pour le maintien de la biodiversité ! C'est la raison pour laquelle une interdiction immédiate de ces véritables « bombes roulantes » sous le tunnel du Somport apparaîtrait comme un signe de bonne volonté marquant la résolution de l'Etat Français à revenir à une attitude responsable.»

Voilà, à mon sens, une occasion de tester ce que vaut Borloo comme ministre du développement durable. De Lassalle, en tout cas, on peut dire que voilà un député dont les deux pieds ne restent pas dans le même sabot ! Chapeau, Monsieur le Député !

La buvette : Jean Lassalle oublie qui est à l'origine du tunnel du Somport. Et une veste en mouton retourné de plus pour le gréviste de la faim qui a pris Sarkozy en otage dans l'affaire Toyal ; qui au dernières nouvelles parle de délocalisation, mais bien loin de la France maintenant. Jean Lassalle arrive à faire le vide autour de lui.

Source : Démocratie et hérésie économique, l'actualité politique et économique commentée par un disciple de Schumpeter

Toyal en rade

Les négociations butent sur un désaccord financier dans l'application d'un protocole d'accord signé en 2006 entre l'entreprise et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, à la fin du jeûne de M. Lassalle.  Le groupe japonais attend désormais la réponse de l'Etat français à une nouvelle contre-proposition écrite qu'il a soumise le 5 juillet dernier. Le responsable de Toyo a indiqué que « le groupe a déjà commencé à étudier les différentes possibilités » de se développer hors de France, évoquant l'hypothèse de l'Inde. « Cela coûte plus cher de s'étendre à Accous à cause de cette mise aux normes. L'Etat français devrait prendre en charge cette dépense supplémentaire », a réaffirmé M. Hayashi.

Les représentants de l'Etat français ont récemment assuré avoir été au bout de ce qu'ils pouvaient offrir au groupe japonais, conformément à la législation européenne en matière de concurrence. La question est donc : le chantage exercé par Jean Lassalle sur Nicolas Sarkosy alors ministre de l'Intérieur, donnera t-il envie à Nicolas Sarkosy, président de la République de ne pas respecter la législation européenne pour satisfaire le fantasque député béarnais ? Pas sûr. Le chantage risque donc bien de se retourner, comme les vestes de Jean Lassalle, contre son auteur et contre la vallée d’Aspe. Mais avec Jean Lassalle, plus c’est gros, plus cela marche, alors méfions-nous.

L’IPHB en panne sèche

D’autre part, le député chanteur, aussi président de l’IPHB aux poches désormais vides est entrain de faire les yeux doux à Michel Barnier, le Ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Sur son site, Jean Lassalle relate sa version de l’entrevue : «L'entretien entre les deux hommes fut des plus chaleureux ». Il parle de lui comme Alain Delon, faut s’habituer ! Jean Lassalle espère que celui qui a participé à la création de l’IPHB, renfloue son grand machin en oubliant les casseroles que traine l’IPHB : les dépenses qui n’ont servi à rien, la disparition des ours en Béarn… L’IPHB sert de modèle universitaire pour montrer aux étudiants ce qu’il ne faut pas faire !

Michel Barnier est aussi l’homme qui a signé la première réintroduction d’ours en 1996-1997. La partie n’est donc pas gagnée. Mais avant de s’opposer bille en tête, Jean Lassalle vient ronronner à Paris. Au sortir du ministère de l'Agriculture, « le député Jean Lassalle s'est félicité (Il parle toujours de lui à la 3ème personne sur son site) de cette rencontre qu'il a qualifié « d'extrêmement encourageante pour l'agriculture de montagne, pour les montagnards et l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn .»

25 août 2007

Des vautours vivants ou la sérénité des Pyrénées mortes ?

Dans son numéro de septembre, Pyrénées magazine publie un dossier "Faune, le vautour attaque". Le vautour fauve, pour sa couleur, est-il devenu un vautour fauve, pour son comportement ? Le fauve n'est pas celui qu'on croit.

Extraits de Pyrénées magazine

«A la suite de ces premiers témoignages, l'Observatoire des dommages au bétail a été créé en 2002, dans le but de collecter un maximum d'informations sur les vautours. Réunissant l'Etat, la profession agricole (les éleveurs), le Parc national des Pyrénées et les associations de protection de la nature, cet observatoire à recueilli une trentaine de dossiers en moyenne par an...»

«(...) "L'association pour la sérénité à la campagne" voit le jour pour porter la parole des éleveurs et faire circuler des pétitions demandant de "pouvoir défendre le bétail avec des moyens persuasifs et efficaces" et de "prendre des mesures de gestion et de régulation de l'espèce protégée". Le président de l'association, Alain Laralde prévient "Si l'on ne fait rien, il y aura des personnes attaquées en montagne, j'en suis convaincu."»

La controverse est survenue en pleine période électorale, [NDLB : Jean Lassalle, président de l’IPHB était dans une situation difficile, sa réélection n'étant pas du tout confortable.] quand la tension est maximale, et, à cause du droit de réserve du préfet, aucune réunion de l'observatoire n'a pu être tenue au printemps, ce qui n'a pas apaisé les esprits. L'IPHB a pris les devants en réunissant les éleveurs le 31 mai dernier pour «qu'ils puissent s'exprimer». [NDLB: Après avoir fait disparaitre l'avenir de l'ours en Béarn, Jean Lassalle a saisi l'occasion de montrer que malgré la perte d'influence de l'IPHB et le rabotage de son budget, son grand machin reste indispensable pour défendre le pastoralisme en danger et en crise.]

Avec la perte des subventions liées à l'ours depuis l'an dernier, son directeur, Didier Hervé, s'exaspère: «L'IPHB n'a pas touché un sou depuis un an, et les seuls qu'on appelle pour aller au charbon, c'est nous!». Mais certains rendent son institution responsable du déferlement médiatique lié au vautour, l'accusant de vouloir se rendre de nouveau indispensable pour faire le lien entre les éleveurs et l'État. Le rôle des médias n'est pas négligeable ... «Dans les quarante-huit heures qui ont suivi la diffusion du reportage sur TF1, on a reçu un appel toutes les heures signalant des attaques», affirme Bertrand Eliotout, responsable de la Ligue pour la protection des oiseaux dans les Grands Causses. Le directeur de l'IPHB nie avoir alimenté la polémique : «Il faut apaiser la situation, aller voir les éleveurs et faire observer les vautours». Dans ce contexte tendu, établir avec précision les actes réellement commis par les vautours fauves reste donc une priorité. C'est bien la difficulté majeure du moment.

Des analyses histologiques

«On ne peut pas déterminer avec certitude que le vautour est à l'origine de la mort», concède Jean-Luc Tronco, sous-préfet des Pyrénées-Atlantiques et codirecteur de l'observatoire. Pour trancher la question, il faut donc des outils d'expertise fiables. Un réseau de vétérinaires a ainsi été mis en place début juillet. «Ils procéderont à une autopsie pour déterminer les causes de la mort. Puis, quand ce sera possible, ils effectueront une analyse histologique pour tenter de voir s'il y a des lésions inflammatoires dans les tissus, signe que la bête était vivante au moment des faits», explique Laurent Bonneau, directeur adjoint du parc national des Pyrénées et vétérinaire de formation.

Pour Augustin Médevielle, «il faut des expertises très précises pour écarter les cas douteux. On va ainsi dégonfler le nombre de témoignages. On devra ensuite indemniser les très rares cas que l'on trouvera et ce sera fini, on tuera dans 1 'œuf une polémique stérile». Car, pour le moment, à part quelques cas avérés sur des mises bas difficiles, on ne dispose pas d'éléments objectifs pour valider la transformation du vautour fauve de charognard en prédateur. On ne sait d'ailleurs pas quels vautours cela concerne, d'où ils viennent, ni leur nombre. Quelles que soient les conclusions, cette polémique remet sur la table le problème d'un élevage montagnard qui puisse coexister avec son environnement sauvage.

Réaction de La buvette

Après l'ours, le vautour, une espèce protégée, elle aussi est en danger face aux gesticulations médiatiques du milieu agropastoral. Voici quelques exemples du traitement de l'information :

L'observatoire départemental des dommages du bétail est hébergé dans les locaux de ... l'IPHB à Oloron-Sainte-Marie. Tiens donc, nous retrouvons ici aussi Jean Lassalle et Didier Hervé de l’IPHB qui cherchent à redevenir iremplacables.

Dans ce combat contre les vautours, on retrouve aussi les mêmes associations pastorales :

  • L'association pour la sérénité à la campagne au Pays Basque - un nouveau slogan du genre des Pyrénées tranquilles et vivantes, alors que meurt le pastoralisme ET les ours - situé dans la Maison Tholonie à Ilharre et dont le président est Alain Larralde. Une énième association pastorale proche de ...
  • L'Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénées (ADDIP), elle-même coordination de divers groupuscules ultra pastoraux pyrénéens. L’ADDIP est présidée par Marie-Lise Broueilh, celle qui a déclaré : «Si les autorités décident de réintroduire des ours, alors nous mettrons le feu à la montagne».

Les éleveurs sont invités à sortir avec appareils photos, magnétoscopes et téléphones portables pour immortaliser les attaques des fauves (les vautours). C'est ainsi que Louis Dollo, notre irremplacable porte-souris des ultra pastoraux et de "Lourd d'Infos" publie une vidéo sur le oueb pour prouver les attaques. On y voit dans un flou artistique et un montage approximatif une brebis dévaler la pente, poursuivie par des vautours. Il est impossible, vu la qualité désatreuse du film et le zoom à fond, de voir si la brebis est vivante - ce que le texte rajouté en surimpression cherche à induire - ou si elle roule, froide et raide comme une ourse dans un congélateur, jusqu’à un creux où elle s’arrête, pour la curée.

Lire aussi à la buvette

Les ours et les vautours ne sont pour ces associations et politiciens ultra pastoraux que des sales bêtes à exterminer pour rendre la montagne propre, tranquille, vivante, débarassée du patrimoine animal qui les dérange ! Il va y avoir du travail pour le Grenelle de l'Environnement.

Vautours dans les Pyrenees : scènes d'horreur ?

Editorial de Pyrénées Magazine - Septembre-octobre 2007

Pyrenées magazine vautours“Psychose”, c’est sous ce titre terrifiant que nous vous proposons dans ce numéro de Pyrénées magazine, un long article consacré aux vautours, qui font la une de l’actualité pyrénéenne. À quelques volées du Béarn, où se jouent ces épisodes terribles, c’est l’ourse slovène Franska “la sanguinaire” qui faisait des siennes en croquant les troupeaux sur son passage. Il aura fallu l’intervention de l’Élysée pour faire capturer la serial killer des estives tout en profitant de l’occasion pour critiquer ouvertement les méthodes de concertation de l’ex-ministre de l’Écologie.

Drôle d’été dans les Pyrénées. Drôle d’image laissée aux visiteurs... Heureusement, il y a eu aussi de jolies rencontres, comme celle de ce promeneur dont l’objectif a croisé les pas de l’ours Néré, en vallée d’Aspe. Ou encore cette mise au point musclée, observée par un pêcheur, entre deux patous et un ours, probablement Boutxy, sur les estives ariégeoises. Mais ces exemples ne semblent pas être entendus, ni dans les Pyrénées, ni à Paris, ni à Bruxelles. C’est la colère qui prévaut, et les décisions hâtives pour calmer les esprits.

L’Élysée et le fameux grand ministère du Développement durable ont du travail dans les Pyrénées. Il serait grand temps, après cette période de tractations électorales, de retrousser ses manches et de proposer enfin des solutions pour que ces scènes d’horreur ne se reproduisent plus dans nos montagnes.

“Le paysage appartient à celui qui le regarde”, nous disait Jean-Claude Escarain, habitant de la paisible vallée de Barétous. Les éleveurs, les vautours, les ours, font partie du paysage des Pyrénées.

Florence Garès
Rédactrice en chef de Pyrénées magazine

15 juin 2007

Jean Lassalle perd ses voix

«Jean Lassalle : la voix qui porte commence à nous porter sérieusement sur les nerfs.»

Par Jenofa Cuisset, candidate écologiste dans la de la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Député sortant : Jean Lassalle.
Jeudi 14 juin

Ce soir,entre la poire et le fromage, la sonnerie du téléphone a retenti dans nombre de nos demeures basques et béarnaises. A vrai dire, au début, on croit à une blague d'un vieux pote : «Bonsoir Madame, Bonsoir Monsieur, je suis Jean Lassalle, votre député. Je voudrais vous délivrer un message. Si vous êtes d'accord, tapez 1.Si non, tapez 2.» Là, on hésite : euh… c'est une blague de Marcel ou de René ou bien c'est vraiment la Castafiore?

Bon, on tape 1 ... «Chers amis basques et béarnais, nos cultures et langues basques et béarnaises, bla bla bla, l'élection la plus difficile de ma vie, et bla bla bla, les pièges que l'on me tend, et bla bla bla, je suis comme vous un homme libre et bla bla bla »

Ah non, chère Castafiore ! Vous, je ne sais pas ce que vous êtes exactement, mais moi, je ne suis pas un homme libre, je suis une femme libre. Dites, Monsieur Lassalle, pour en arriver là, vous avez vraiment si peur que ça? La place est vraiment si bonne? Vous allez me faire regretter amèrement mon 1,9% qui ne m'avait pas tant chagrinée que ça jusqu'à cette minute. Pitoyable et pathétique, votre démarche dispendieuse et pétocharde!

Je vous souhaite à vous et votre faux ennemi Hervé Lucbereilh, une bonne veste bien coupée. J'espère l'élection de Monsieur Domecq, candidat de la gauche. Et si mon espoir est déçu, j'entre en résistance encore plus intensément que je n'y suis entrée à ce jour.

Jenofa Cuisset 

Pendant ce temps, dans la même circonscription..

Une pétition demandant le déclassement des Vautours Fauves de la liste des espèces protégées a été affichée dans les salles de votes lors du premier tour des législatives. Les vautours, sont aussi la nouvelle cible de Didier Hervé et de l’IPHB de Jean Lassalle.

Quatorzième accident de camion en vallée d’Aspe. Ce jeudi à la sortie du tunnel du Somport – le deuxième en 8 jours – Un camion transportant du tournesol concassé est tombé 30 mètres en contrebas, dans le gave où le tournesol est allé rejoindre la citerne de lessive qui a tué toute vie sur 5 km de ruisseau. Plus même une truite à appater.

Le sort s’acharne entre ces 2 tours sur le député chanteur en ballotage qui use ses cordes vocales au téléphone pour essayer de sauver son siège de député. Misère de misère, voilà que le sort est insensible aux arguments populistes de ce triste (mâitre)chanteur.

12 juin 2007

Jean Lassalle en ballotage

Jean Lassalle n'est pas assuré de retrouver son siège de parlementaire. Le bouillant député béarnais a obtenu 29,54 % dans la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques.

UMP Hervé LUCBEREILH 31,36 % 17 009 voix
UDFD Jean LASSALLE 29,54 % 16 020 voix 
SOC Jean-Pierre DOMECQ 19,86% 10733 voix

Jean Lassalle se retrouve en ballottage au deuxième tour. En 2002, Jean Lassalle était sorti victorieux d'une triangulaire PS-UMP-UDF, après le désistement du candidat de l'UMP. François Bayrou a obtenu un bon score dans cette circonscription à l'élection présidentielle mais cette fois Jean Lassalle ne devrait pas bénéficier du soutien de l'UMP.

De son côté, le jouet et la boite à outils politiques de Jean Lassalle, l'IPHB a financièrement bien du mal à maintenir la tête hors de l'eau et la préfecture a décidé de mettre son nez dans les comptes de l'institution.

Les vautours du Béarn ont du soucis à se faire, avec l'iphb, ils ont un concurrent vorace. Après les coups de pubs cacaphoniques de Jean Lassalle (chant à l'assemblée, grêve de la faim) et après les camions qui se renversent dans le gave à la sortie de SON tunnel du somport, 2007 pourrait bien être une année horibilis pour Jean Lassalle, la Castafiore du Béarn.

03 juin 2007

L'IPHB est favorable à l'éradication des vautours

IPHB Oloron - Des vétérinaires proposent leur méthode pour établir qu'une bête est morte ou non du fait des vautours : Le test « vautour »

« L'analyse nous dit si l'animal était vivant ou mort quand il a été mordu par les vautours » : Véronique Zénoni, du Groupement technique vétérinaire des Pyrénées-Atlantiques, a détaillé jeudi soir, à la Maison des vallées d'Oloron, à la demande de l'IPHB, le protocole qui permet de répondre à la question cruciale, au centre de la polémique entre éleveurs et environnementalistes, ces derniers soutenant formellement que les vautours ne s'attaquent qu'à des bêtes mortes.

Fiable, cette autopsie in situ l'est sous certaines conditions : « L'idéal est que le vétérinaire intervienne le jour même, sur un cadavre non déplacé et protégé », souligne le Dr Zénoni. Cette méthode proposée depuis deux ans par les « vétos » du Groupement reprend celle utilisée sur les animaux tués par la foudre. Elle fait procéder à une analyse des tissus (examen histologique) : « Il faut bien cerner l'endroit du corps de l'animal que les vautours ont attaqué en premier. Si la bête était encore vivante, on le verra au microscope, car le sang circulait encore à ce moment-là. »

La part du vautour

Le Groupement propose une convention, et sur le plan pratique un numéro d'appel unique : « On pourrait ainsi faire la part de ce qui est réellement dû aux attaques des vautours. » Pour Didier Hervé, directeur de l'IPHB, l'étude de rentabilité est vite faite : « Avec le déplacement du véto, chaque intervention coûterait entre 200 et 250 euros. Ce n'est pas rien, mais quand un éleveur perd une vache ou un veau, il perd 2 500 euros ! » Systématisées aux cas de l'année dernière, ces analyses auraient coûté 5 000 euros, extrapole M. Hervé. Plus: en fonction des attaques avérées (60 à 70 % selon lui) et sur la base du barème d'indemnisation des dégâts d'ours, il aurait fallu payer aux éleveurs 20 000 euros. Serait-ce si cher payé pour la paix des vallées béarnaises et des pacages du Pays basque ? On en est à ce jour à 27 témoignages de dommages en 2007.

«Respecter les témoignages des éleveurs »

« L'inquiétude monte ». Didier Hervé, le directeur de l'Institution patrimoniale du haut Béarn a pu le constater, jeudi soir, à l'occasion de la réunion qu'il organisait à Oloron. On y croisait des agriculteurs, les représentants du centre ovin et d'un groupement de vétérinaires, le président de la Chambre d'agriculture et des élus locaux. Une trentaine d'éleveurs ont des dégâts imputés aux vautours. Le secteur le plus touché se situe entre Saint-Palais, Bidache et Saint-Jean-Pied-de-Port. Les cas sont moins nombreux en zone de montagne.

« Les éleveurs présents souhaitaient des mesures. Et avant tout qu'on respecte leurs témoignages. Puis l'organisation d'une surveillance et la mise en place d'expertises. Ils sont favorables à une gestion de la population. La question est de savoir si le statut de cette espèce protégée depuis 1976 doit être adapté. Mais ils se montrent prudents face aux indemnisations. Nous sommes un peu dans la même problématique que l'ours. »

Source : Thomas Longué, Sud-Ouest

Vautours et IPHB : qui est charognard, qui est prédateur?
L'IPHB est favorable à "l'éradication" des emplumés!

La buvette des Alpages : Que désire faire l'IPHB des ours qui gênent? S'en débarasser. Maintenant qu'il ne reste que 3 pauvres ours mâles solitaires en Béarn et qu'e, sans nouvelles réintroductions de femelles, ils sont condamnés à s'éteindre, l'IPHB a perdu son gagne pain. Alors que faire? Il suffit d'écouter les éleveurs : ils se plaignent des vautours, et bien, il faut donc charger les vautours. L'IPHB s'occupe donc à transformer les oiseaux charognards en prédateurs et se propose pour prendre le dossier "vautours" en main.

L'IOHB va se charger de la population de vautours comme l'IPHB a géré la population d'ours en Béarn. Ca gêne, il faut s'en débarasser, contrôler, réguler, éradiquer. Y a qu'à demander aux éleveurs et aux chasseurs, ils sont d'accord avec l'IPHB (qui cherche toujours à retrouver un financement) pour ses actions "environnementales"...

16 mai 2007

L'IPHB sème la peur: les vautours attaquent!

La presse locale et l'IPHB se défoulent sur les vautours et les présentent comme les nouveaux nuisibles de la montagne. Comment nettoyer la montagne en se débarassant des géneurs pour l'agriculture.

"Des vautours affamés"

Les vautours de plus en plus nombreux selon l'IPHB, seraient en manque d'alimentation notamment du fait de changement des modes d'élimination des déchets animaux dans les abattoirs.

L'étape suivante sera sans doute la demande de "régulation" de la population de ces espèces de rapaces présentées comme nuisibles.

L'incompétence environnementale de l'IPHB

L'IPHB a l'habitude de pondre des notes techniques de grande qualité. Ainsi cette "Contribution à l’analyse de l’annonce de doubler la population pyrénéenne d’ours en 3 ans faite par le Ministre de l'Ecologie et du Développement Durable du le 13 janvier 2005."

Analyse biologique, technique, financière et Humaine : Point de vue biologique

"L’introduction de 5 ourses à l’automne 2005 signifie la présence de 15 ours de plus au printemps 2006. Les femelles à introduire à l’automne subiront, au moment de la capture, une batterie de tests sanitaires et d’observations, et notamment un test de gestation. Sous réserve que les animaux soient trop jeunes ou présentent des anomalies de reproduction (donc non retenus), les femelles seront gestantes de 2 ou 3 embryons. Au printemps et sauf accident, nous aurons 5 femelles adultes accompagnées d’une dizaine d’oursons !

Sur le plan comportemental, il n’est pas indifférent d’avoir 5 femelles adultes ou 5 femelles adultes suitées sur le territoire :

  1. les femelles suitées auront tendance à se disperser afin d’éviter les rencontres avec leurs congénères (mâles ou femelles) qui représentent une menace pour leurs oursons,
  2. les femelles suitées sont plus prédatrices sur les troupeaux domestiques et potentiellement dangereuses vis-à-vis des humains. (Exemple : Cannelle en 2004, avec 12 attaques de troupeaux sur 26 recensées en Béarn).
  3. A partir de 2007, ces 5 femelles auront généré une dizaine de subadultes qui seront repoussées par leurs mères et se répartiront sur le territoire. La période subadulte est la plus délicate en terme de relation avec les activités humaines."

Or seule Hvala a donné naissance à 2 oursons. On est loin de l'invasion, de la quinzaine d'oursons, des ours qui pulullent mais pour l'IPHB, il est toujours utile de répandre la peur dans la montagne. Les communiqués sur les vautours sont écrits dans le même but : répandre la peur dans l'opinion avec de la désinformation.

TF1 et l'IPHB : La presse dans le caniveau

TF1-LCI : "Les oiseaux" d'Hitchcock, ce n'est peut-être plus de la science-fiction... Si, au Pays basque, on ne parle pas encore de cas d'êtres humains attaqués par des volatiles, ceux d'animaux de ferme tués par des vautours sont en revanche de plus en plus pris au sérieux. Cas le plus impressionnant, celui, vendredi, d'une vache victime de ces rapaces dans le canton de Bidache."

Presque débarassés de l'ours en Béarn, l'IPHB a décidé de voler dans les plumes. Quelle belle Institution, quel beau panier de c..., la presse suit sans sourciller. Les "French Tabloid" veulent-ils aussi la peau des vautours?

Une fois de plus, quand l'homme essaie d'influencer ou de modifier un équilibre, il fait pire. La population de vautours survit/se développe sur le nettoyage de la montagne de ses carcasses. Enlever les carcasses, c'est leur retirer la charogne de la bouche pour les affamer. Homme affamé n'a point d'oreille. Le vautour affamé modifie t-il son comportement? Peut-être. Attaque-t-il des bestiaux en pleine forme ? J’en doute. Mais une chose est sure : il n'est pas responsable de la suppression des carcasses. C'est la décision politique qui est à combattre, pas l’oiseau. Rendre le vautour responsable est une nouvelle fois de la désinformation. L’origine de telles rumeurs ou récits est à chercher du côté des milieux agro-pastoraux. Ce qui gêne, il faut s’en débarrasser…

Descendre les carcases en camionnette blanche?

Que feraient les éleveurs sans les vautours pour se débarrasser des animaux morts ? L’obligation de descendre les bêtes mortes pour les remettre dans les lieux adéquats représente souvent une longue route, de long détours à faire plusieurs fois par semaine. La tentation est forte de s’en débarrasser discrètement dans la nature (bosquets, grottes, falaises). Le vautour n’est pas un animal nuisible et sa vitesse d’intervention a en été, beaucoup d’avantages.

Lire l'article (juillet 2006) de JP Choisy sur le traitement des carcasses en France. Voici ce que dit sur le même sujet actualites-news-environnement.com

Attention à l’information à sensation sur les vautours

Chaque année, la question des « attaques » de vautours ressurgit. Hier, quelques médias locaux et nationaux ont repris une information extrêmement accusatrice sans véritable travail d’investigation. La LPO demande un droit de réponse pour expliquer la réalité de la situation des vautours en France.
Un certain nombre de journaux, de radios et une télévision ont publié hier, sans contacter les organismes responsables de la protection des vautours en France (parc national des Pyrénées, LPO, etc.), des titres comme « Les vautours attaquent le Pays basque », sans aucune analyse de la situation ou investigation poussée concernant les faits. Ces informations, livrées brutes et sans recul au grand public, sont dévastatrices pour tout l’effort de conservation de cette espèce rare et menacée mené en France et en Europe depuis plus de trente ans.

Or en Espagne, (Navarre et Gipuzkoa), où les mêmes évènements ont été rapportés, on constate que dans 90 % des cas, les vautours étaient accusés bien trop vite. Dans seulement 10% des cas annoncés, il y avait effectivement eu un dégât sur le bétail mais il s’agissait de cas précis et isolés de bêtes laissées seules en difficulté (malades, coincées ou lors de mises bas difficiles). En effet, la majorité des témoignages fait par les éleveurs concerne des cas de mortalités constatés avec des vautours présents mais les attaques ne sont pas observées directement.

Il existe presque toujours un doute sur ce qu'il s'est réellement passé, en particulier lors des mises bas, même si les éleveurs sont de bonne foi et si leur douleur doit être prise en compte. La présence de vautours, toujours impressionnante visuellement, est la première chose qui saute aux yeux et les vautours sont systématiquement incriminés. L’imaginaire collectif négatif autour de cet animal a tôt fait de ressurgir, et il est accusé systématiquement de tous les méfaits, comme par le passé.

En fait, nous payons en France un changement de réglementation espagnol. La réalité actuelle de la situation en France est qu’il y a eu cet hiver davantage de vautours sur le versant français des Pyrénées, car les vautours espagnols meurent de faim depuis que l'Espagne a changé brutalement de réglementation sanitaire, en particulier en Aragon où toutes les carcasses sont collectées par une entreprise qui les soustrait aux vautours. A noter que cette entreprise effectue un service… payant (et, pour préciser, le directeur de cette entreprise est aussi le conseiller de l’environnement en Aragon !). Mais la situation espagnole devrait évoluer dans le bon sens car éleveurs et amis des vautours se sont alliés contre les administrations afin que les normes sanitaires récentes soient assouplies en faveur des rapaces (dont certaines espèces très menacées). En attendant que l’Espagne ait réglé le problème, la LPO recommande en effet qu'un effort de surveillance soit fait, en particulier sur les mises bas. Il faut savoir qu’il n'y a que 580 couples de vautours dans toutes les Pyrénées françaises, et plus de 5 000 dans les Pyrénées espagnoles. L'état de santé de la population espagnole influe donc beaucoup sur les évènements qui se produisent en France

Ce qu’on dit moins, parce que c’est moins sensationnel, c’est que les vautours génèrent des centaines de milliers d'euros d'économie dans les Pyrénées-Atlantiques (64) tant sur le plan touristique qu’en jouant le rôle d'équarrisseur naturel (700 000 brebis en extensif dans le département) et en nettoyant les montagnes et les collines des carcasses qui sinon poseraient un réel problème sanitaire pour les populations humaines. Et que dire de l’économie de CO² réalisé par l’équarrissage naturel et gratuit effectué par les vautours, en évitant le transport par camion et le brûlage des carcasses en usine ?

A l’heure actuelle, tous les cas sont enregistrés par l'Observatoire des dommages au bétail à la suite des constats réalisés par des gardes. Or les cas dénoncés ne sont pas encore analysés et il n'est donc pas possible de déterminer la part de cas certains, incertains ou douteux concernant ces témoignages. En 2005 et 2006, une trentaine de cas par an au total a été dénoncé. Mais combien d’entre eux concernent un réel accident, puisqu’en Espagne seul 1 cas sur 10 s’avère réel ?

Enfin, il faut noter un fait très important : les assurances agricoles ne remboursent pas les mortalités par retournement de matrice (mise bas se passant mal, avec retournement de l’utérus à l’extérieur du corps), alors qu'il s'agit de la première cause de mortalité des vaches. Et c’est essentiellement dans ces cas que des accusations contre les vautours sont portées. Or ce retournement peut intervenir jusqu'à une semaine après la mise bas ! Lorsqu'il advient, un éleveur peut ou non sauver sa vache, s'il arrive avant les vautours. Dans la plupart des cas, les vaches ne sont pas surveillées : les vautours sont alors découverts sur la vache et accusés de l'avoir tuée, alors qu'elle a pu mourir d'un retournement de matrice. La LPO demande à ce qu’un vrai travail d’investigation soit fait avant d’annoncer de telles informations, dont les conséquences sont dramatiques.

Source : actualités-news-environnement

17 février 2007

Financement de l'IPHB : Pour Alain Rousset et la région c'est non !

Le refus d'un engagement de 700 000 € de la Région dans l'Institution Patrimoniale du Haut Béarn a provoqué en rétorsion une réplique des élus centristes (UDF).

Alain Rousset refuse les « marchandages » du groupe UDF

L'Institution patrimoniale du Haut Béarn (IPHB) ne figure pas au contrat de projets qui va lier l'État à la Région pour les sept prochaines années et constituer ainsi sa «feuille de route». L'IPHB, qui vient justement d'adopter son propre programme pour la même période, faisait pourtant partie du précédent contrat de plan.

Alain Rousset, président du conseil Régional (PS) l'aurait bien voulu, a-t-il expliqué, mais tous les crédits consacrés à l'ingénierie territoriale et à l'animation des pays ont été exclus de cette nouvelle génération de contrats, par la volonté expresse de l'État.

Partant, Jean Dionis du Séjour, président du groupe UDF, a réclamé que la Région vienne en relais et prenne en charge elle-même le reliquat de 2000-2006, soit 74 000 euros et s'engage à financer seule la période 2007-2013, soit 700 000 euros.

Alain Rousset a dit regretter cette position de l'État, mais surtout accusé Jean Dionis du Séjour d'«habiller de lambeaux un vote de fuite ». Denise Saint-Pé (UDF, de Sauveterre-de-Béarn), est alors montée au créneau. D'où la réplique d'Alain Rousset pour qui le dossier devrait être réexaminé avec le Conseil général et les maires des vallées concernées, mais «en dehors de la mousse médiatique». Le président de l'exécutif régional a précisé que son assemblée ne comptait pas se mettre aux abonnés absents.

François Maïtia, chargé de la politique de la montagne, a aussi proclamé que l'engagement du Conseil régional pour la montagne ne saurait être réduit. Au final, Jean Dionis a subordonné le vote de son groupe à un engagement précis de 700 000 euros en faveur de l'institution, qu'Alain Rousset a qualifié «de troc, de marchandage». Faute de réponse, le groupe UDF s'est démarqué une fois de plus en s'abstenant d'approuver le contrat de projets de la région Aquitaine. Au contraire de l'UMP qui a voté pour.

Le débat a rebondi un peu plus tard. Mais cette fois le Landais et vice-président Jean-Louis Carrère a pris moins de gants pour s'interroger quant à la véritable finalité de l'IPHB, en dehors d'être «l'outil de travail» de son président Jean Lassalle, par ailleurs député des Pyrénées-Atlantiques?

Source : Sud-Ouest

Baudouin de Menten : Après l'Etat, la région !  Le grand machin qu'est l'IPHB est mis en difficulté. Le retour du bon sens et peut-être un espoir de réintroduction de femelles pour les ours mâles du Béarn condamnés à disparaître sans cela.

28 décembre 2006

IPHB, la tournée des popotes

L’IPHB vient de terminer la tournée des popotes, histoire de mobiliser les troupes en ces temps difficiles. 28 réunions ont été organisées par la patrimoniale institution d’arrosage du haut-Béarn. Ces réunions ont rassemblés 500 à 600 personnes d’après Didier Hervé. A peine une vingtaine de personnes par réunion. C’est à peu près le nombre de personnes intéressées par les retombées financières des mannes de l’IPHB : le monde pastoral et les chasseurs. Un flop médiatique donc. La population du Béarn non pastorale n’en a rien à cirer de l’avenir de l’IPHB.

21 communes adhèrent à la Charte de Développement Durable des Vallées Béarnaises et de Protection de l’Ours qui regroupent 6 800 habitants (Recensement 1999) sur un territoire de 100 000 hectares.

Ainsi Thomas Longué et Martine Lacout-Loustalet relatent dans le journal Sud-Ouest, la réunion de propagande d’Urdos le 22 novembre 2006. (NDLB: Oui je sais, je suis en retard. Vieux moutard que j'aimais.)

Dans le sens du poil

A Urdos, village où a été tuée Cannelle, l'IPHB n'a pas donné de quoi froisser l'auditoire, chasseurs en particulier.

La réunion publique organisée mercredi soir à Urdos, comme l'IPHB (Institution patrimoniale du Haut-Béarn) en tient et en tiendra dans les vingt et une communes de son ressort, était forcément sous-tendue par le souvenir douloureux, le 1er novembre 2004, au vallon de Rouglan (Urdos), de la mort de l'ourse Cannelle. Dont l'auteur, René Marquèze, originaire du village mais qui demeure à Aubertin, était bel et bien présent, parmi la dizaine de personnes réunies, les chasseurs étant en majorité. René Marquèze ne s'est cependant exprimé à aucun moment sur le sujet.

On est au terme de l'instruction de l'affaire et Didier Hervé, directeur s'en est strictement tenu là : «La mort de Cannelle est un accident. Il n'y a rien à dire, et je ne dirai rien». Ce, proclamé en conclusion de propos sur l'effectif actuel des ours, qui serait en nombre équivalent à l'évaluation de 1997, entre le jeu des naissances et des morts.

Didier Hervé n'en avait pas moins donné acte aux gâchettes locales de l'entente totale que l'Institution entretient avec elles : «Les chasseurs ont déplacé les zones de chasse chaque fois qu'on le leur a demandé», a-t-il dit. On ne pouvait se montrer mieux intentionné. (NDLB; La salle ronronnait d'aise.)

« L'IPHB c'est nous »

De son côté, et sur le seul terrain de la gestion communale, le maire du village, Jacques Marquèze, s'est érigé en fervent avocat de l'organisme, qui vit les soucis de trésorerie que l'on sait : l'IPHB attend quelque 227 000 € bloqués par l'État et la Région, pour boucler le budget 2006 et «couvrir» non des projets futurs mais des actions agro-pastorales déjà conduites sur le terrain cet été. Or, seul le département est à jour de sa contribution.

«Chaque commune a des problèmes, a constaté le maire. Face aux services de l'État, grâce à l'IPHB, on ne se fait pas rouler». «L'IPHB, c'est nous», a dit par ailleurs l'élu de la haute vallée d'Aspe.

A Urdos, pour la douzième fois, aura défilé le diaporama de 150 vues validé par le Conseil de gestion, l'exécutif de l'IPHB, et également approuvé par le syndicat mixte. Exhaustif sur l'historique et les actions conduites. (NDLB : La surveillance de la communication et des messages officiels est verrouillée de l’intérieur, comme à Eldorando 2006, un autre gros flop financier organisé par le même responsable politique au grand cœur et à la dépense facile, tant qu'il s'agit de l’argent de l’Etat. Prochaine dépense espérée : Toyal.)

La réunion a fait le point sur les actions menées en matière de pastoralisme, d'eaux et forêts, et d'ours donc. Et preuve que l'institution ne désespère pas de l'avenir, la prochaine charte 2007-2013 a aussi été abordée. «Nous, on désire continuer», a soutenu Didier Hervé (NDLB : tiens donc, faut garder son salaire…), désignant les deux techniciens à ses côtés : Jean-Michel Mehl et Jean-Yves Arribe. «Il faut arriver à finir 2006».

Pour ce faire, l'IPHB bat donc le rappel. Avec l'espoir qu'un nouveau ministre de l'écologie, mieux disposé à son endroit que Nelly Olin, sortira des urnes en 2007. (NDLB : Voter, c’est utile : imaginez Lassalle ou Estrosi à l’écologie.) Même si l'expérience, depuis sa création, fin 1993, a suffisamment montré qu'aucune couleur politique, la gauche non plus que la droite, ne mettait à l'abri du psychodrame.

Source : Thomas Longué avec Martine Lacout-Loustalet dans Sud-Ouest

Propagande à la sauce béarnaise

La Buvette, comme à Eldorando, s’est glissée dans une de ses réunions. Son correspondant raconte. Ayant assisté à l'une des réunions du «CLEPTSR IPHB» (Pour les amateurs d'acronymes, il s’agit du «Comité de Lutte Eperdue pour Tenter de Sauver ce qu'il Reste de l'IPHB»), j''y ai entendu Didier Hervé, son directeur, dire que la principale cause du déclin de l'Institution provenait des associations de protection de l'environnement, citant FERUS mais arrêtant là l'énumération des groupements maudits qui nuisent à ce qui est pour le reste du monde «L’institut Pas Très Moral du Haut Béarn», bref de ces zécolos bénéficiant des largesses du Ministère de l'Environnement et du Développement Durable ou du programme LIFE. (NDLB : On attendait à l’époque le rapport soit disant sulfureux de l’intègre enquêteur Augustin Bonrepaux. (Lire "Coût de la réintroduction des ours. Augustin Bonrepaux gesticule dans l'indifférence générale.")

Didier Hervé a ajouté que ce les associations trouvaient leur motivation dans la «manne financière» qui les arrosent. L'ours ou la défense de l'environnement n'étant qu'un prétexte de façade, car selon lui l'ours est un fond de commerce fort rentable. (NDLB : Quant à moi, la buvette et iphb.org sont blanc comme neige. Mon budget annuel de 49 euros n’est financé par aucune association. Je résiste aux avances financières des associations felonnes et aux menaces de procès de Jean Lassalle.)

Béarn, chasse gardée

Le reste de l'exposé décrivant, diaporama à l'appui, les actions engagées et à engager pour les décennies à venir (NDLB ; L’espoir fait vivre), faisant leurs les actions initiées par le FIEP ou par le Parc National des Pyrénées, le Béarn étant leurs terres, leur chasse gardée. La volonté affichée est de toujours d’exploiter plus les ressources naturelles : l’eau, la forêt, la chasse, sans accepter de droits de regards extérieurs aux trois vallées. Touche pas à mon pactole !

Didier Hervé a annoncé que des actions sont et seront engagées pour obtenir pour l'IPHB des financements autres que ceux de l'Etat. Il n'a pas été précisé lesquels. Faut bien gratter les fonds de tiroir car, pour l’argent de l’Etat en 2007, l’IPHB sait qu’elle pourra se brosser, avant les élections en tout cas.

A noter que les professionnels du tourisme n'ont jamais été cités en tant qu'acteurs potentiels du développement économique, ni d'aucune manière d'ailleurs. Sont-ce-ce des gens à la morale douteuse, trop proches des pensées escrologistes maudites et de la rentabilité potentielle de l'image du Pays de l'ours ?

Cette réunion était une belle tentative de manipulation des populations volontairement tenues sous-informées avec en mot d'ordre : «Voyez tout ce que l'on a fait pour vous, alors soutenez nous». Avec un peu de persuasion, la manne financière tant espérée pourrait encore venir et cela sans avoir de nouvelles ourses en Béarn. Le beurre et l'argent du beurre, comme avant, le rêve va t-il continuer pour les 600 ipéhachebéistes irréductibles ?

L’IPHB, un vrai cas d’école

Pour tout comprendre du fonctionnement trouble de ce «grand machin» que souhaite tant possèder Bonrepaux en Ariège, relisez encore la remarquable étude de Laurent Mermet sur l'IPHB : L’Institution Patrimoniale du Haut Béarn : Comment, sous couvert de réf