Ourse Franska

12 juillet 2008

Le comportement de l’ours « Francka »

Rapport sur la consultation des experts internationanux concernant le comportement de l'ours Francka et le protocole d'ours à problèmes utilisé en France

Le comportement de l’ours « Francka »

L'ourse FranckaL'ourse Francka, photo prise le jour de son lâcher.

Contexte : Suite au courrier du 23 août 2007 de la Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, l’Office Nationale de la Chasse et de la Faune sauvage a organisé une mission d’évaluation auprès d’experts européens pour évaluer le comportement de l’ours « Francka » réintroduite en 2006 et examiner le protocole « d’ours à problème » utilisé en France.

Un document détaillant l’ensemble des aspects comportementaux de la femelle Francka et le protocole « d’ours à problème » ont été distribués aux experts accompagnés des questions suivantes :

  1. Concernant les principaux aspects du comportement (utilisation de l’habitat, comportement spatial, comportement alimentaire, hibernation, comportement social) de l’ours Francka présentés dans le document joint, considérez vous qu’ils sont comparables à ceux que vous connaissez dans les populations d’ours que vous suivez? Quel(s) aspect(s) vous semble(nt) atypique(s) ou en marge de l’étendue des variations comportementales que vous observez (ou connus sur l’ours) ?
  2. Concernant le comportement de prédation envers les troupeaux domestiques de l’ours Francka présenté dans le document joint, avez vous observé des situations comparables dans le cadre des programmes de renforcement auxquels vous êtes associés ou dans les populations d’ours que vous suivez ? Si oui, dans quel contexte (conditions d’élevage, types d’habitats, etc.) la prédation se réalise-t-elle ? Quelles solutions ont été mises en place pour réduire la prédation due à de tels individus ?
  3. Quelles remarques ou suggestions concernant le protocole français de gestion d’ours à problème feriez-vous ?

Liste des experts contactés

  • M. Jonozovic, Institut Forestier de Slovénie, Responsable du département Faune Sauvage, Ljubljana, Slovénie.
  • P. Genovesi, Institut national pour la faune Sauvage, Bologne, Italie. Vice-président pour l’Europe de l’International Bear Association.
  • G. Palomero, consultant pour le Ministère espagnol de l’Environnement, Fondation Oso Pardo, Santander, Espagne
  • J. Rauer, Institut de Recherche d’Ecologie, Université de médecine vétérinaire à Vienne, Autriche.
  • J. Swenson, Departement d’Ecology et de Gestion des Ressources Naturelles, Université de Norvège, Responsable du projet scandinave ours.

Bilan des réponses

Les réponses littérales des experts sont annexées à ce document. Parmi les experts contactés seul M. Jonozovic n’a fourni aucune réponse.

Expertise du comportement de l’ours Francka

P. Genovesi : l’ensemble des données comportementales présentées sur l’ours Francka est conforme à ce que l’on observe dans la province du Trentin, en Italie. Il souligne également qu’à partir des ours réintroduits dans le Trentin, il n’y a pas de corrélation entre les déplacements des ours et le nombre de dommages. Donc l’ours Francka n’a pas de raison d’être classé comme « un ours à problème ».

Il estime qu’une enquête périodique sur les opinions de la population est un outil indispensable pour mieux évaluer l’acceptation sociale des ours.

G. Palomero : Les éléments dont il dispose au regard de son expérience sur la population d’ours dans les Monts Cantabrique ne lui permettent pas de répondre sur le comportement de l’ours Francka. Il met en relation l’amplitude des déplacements du seul ours mâle suivi par télémétrie en Espagne avec le peu de femelles reproductrices disponibles pendant la période de suivi sur le noyau oriental de la population des Monts Cantabriques.

J. Rauer : Il conclut que l’ours Francka n’a pas eu un comportement atypique. On a observé, dans une moindre mesure en Autriche où la densité d’ovins est plus faible que dans les Hautes-Pyrénées, le même phénomène de forte prédation sur des troupeaux d’ovins en estive. Il émet l’hypothèse que l’augmentation de victime par attaque observé sur Francka pourrait être reliée à l’amplitude des déplacements.

Francka n’est pas un ours à problème, mais un ours qui pose des problèmes. C’est avant tout le contexte local de l’élevage ovin qui est à l’origine de ce type de comportement. Toute mesure de conditionnement aversif dans ce contexte est illusoire. Seule les méthodes d’élevage doivent être adaptées si l’objectif est de maintenir l’ours dans cette partie des Pyrénées.

J. Swenson : Le comportement spatial de Francka après le lâcher est comparable à ce que l’on observe dans d’autres pays d’Europe. Seuls les déplacements en 2007 peuvent paraître « inhabituels ». Il est possible que cet aspect du comportement soit lié à la recherche de partenaires sexuels, phénomène observé dans les populations à faible densité en Scandinavie (Dahle & Swenson 2003. J. Anim. Ecol.,72 : 660667). Son comportement de prédation n’est pas anormal compte tenu que les troupeaux ne sont par gardés, phénomène souvent observé quand on compare la prédation d’individus entre la Suède, où les troupeaux sont gardés et la Norvège, où ils ne sont pas gardés.

Conclusion : Le comportement de Francka ne dénote aucune anomalie par rapport aux autres cas de figure d’ours nouvellement lâchés dont certains se déplacent beaucoup et peuvent selon les cas occasionner plus de dégâts que les autres, notamment sur des troupeaux non protégés.

Expertise du protocole d’ours à problème

P. Genovesi : Les principes généraux du protocole sont proches de ceux adoptés en Italie. Il considère aussi qu’il faut effectuer une analyse au cas par cas. Il est crucial de détailler clairement les rôles et les responsabilités de chacun dans ce type de document pour améliorer le processus de prise de décision, et pour réduire autant que possible la part de subjectivité dans la décision.

Il présente 2 tableaux qui présentent d’une part les comportements par degré de dangerosité croissante et d’autre part les mesures à prendre en fonction de différentes situations.

J. Swenson : Il considère que le protocole est excellent et similaire aux protocoles appliqués en Norvège et Suède. Conclusion : le protocole élaboré en France est similaire à celui préconisé en Italie, Norvège et Suède et aucune modification n’est suggérée.

P.Y. Quenette
M. Catusse
F. Decaluwe
ONCFS – CNERA PAD, Equipe technique ours.

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Le rapport sur le comportement de Franska a été publié dans le cadre de l'Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009

26 juin 2008

Expédition Francka : 2 artistes belges rendent hommage à l'ourse et à la cohabitation à travers une exposition

FRANCKA, l'ourse n'est pas tout à fait morte. Pendant que les associations de "sauvegarde du patrimoine pyrénéen" boycotte la concertation et refusent de participer au "Groupe National Ours", Filip Van Dingenen et Annelies Vaneycken, des jeunes artistes flamands rendent hommage au patrimoine que représente l’ourse Francka et à la cohabitation dans une exposition "Expédition Francka".

L’exposition Expédition Francka vient de se terminer au Centre-culturel de Stroombeek-Bever à Grimbergen (à quelques kilomètres du centre de Bruxelles). Filip Van Dingenen et Annelies Vaneycken ont entrepris cet hiver un voyage sur les routes des Pyrénées, pour y relever et photographier les inscriptions en faveur ou en défaveur de l’Ours. Ils sont revenus avec une quantité de photographies et de reproductions de tags qu’ils ont utilisés pour créer une œuvre qui est retournée… en Slovénie, dans la région d’origine de l'ours Francka. La boucle est ainsi bouclée.

Un article sur la mort de l’Ourse Francka en avril 2006, une des quatre ourses importées de Slovénie dans les Pyrénées a servi de point de départ d’une réflexion commune entre Filip Van Dingenen et Annelies Vaneycken sur des concepts tels que la migration, l’écologie opposé à l’économie ou au tourisme.

Expédition Francka Filip Van Dingenen et Annelies VaneyckenIls ont décidé ensemble d'entreprendre une expédition dans la région où l’ours brun Francka a été relâchée, pour découvrir les inscriptions et les tags qui expriment le mécontentement et la haine à l'égard des ours bruns qui ont mangés des moutons et des myrtilles au lieu d'assurer la la continuation de l’espèce – ce qui était l’objectif initial de leur délocalisation de Slovénie en France.

Les inscriptions anti Francka sur les routes telles que «Morts aux ours» ont révélés les différences et le choc culturel qui sépare les éleveurs ultrapastoraux et les militants de la cause de la sauvegarde du plantigrade ou les écologistes. Les artistes ont fait des modèles des "tags" sur une route en épingles à cheveux et les ont déplacés, ré-exportés sur une route... de Slovénie, dans la région d’origine de Francka et des quatres autres ours "importés".

Expédition Francka Filip Van Dingenen et Annelies VaneyckenFilip Van Dingenen et Annelies Vaneycken  parlent à cet égard d’une "reconstitution" ; un concept plus contemporain que l’on retrouve dans des émissions de télévision populaires. Prendre des faits qui se sont déroulés dans un lieu et les reproduire dans un autre, lié au premier par l'histoire.

Le contraste du déplacement d'un tag pyrénéen «agressif» dans la « généreuse » région d’origine de l’ourse Francka peut aussi être considéré comme une prise de position politique qui se réfère au fait divers Francka, mais aussi comme une œuvre d’art journalistique.

Ce projet de Filip Van Dingenen et Annelies Vaneycken peut être interprété comme une fable, un «exemple animal» de la problématique de l’émigration, dans nos états laïques, de réfugiés d'autres religions, avec les aspects de nationalité, d'identité, de différences et de peur générée par tout ce qui est différent : «l'autre», l’étranger.

L’œuvre d’art se compose entre autres, de deux grands panneaux muraux qui montrent d'une part, un beau paysage idyllique des Pyrénées, comme une carte postale qui feraient rêver à la terre promise. Une image où seul, discret, mais bien présent, le tag anti ours est comme une piqure, un appel au respect de la pureté de la race; et de l'autre la reproducion du tag sur une route qui s'enfonce dans une colline slovène.

En plus de ces deux belles affiches murales, une brochure reprend le journal du projet unique en son genre de ces deux artistes  co-lauréats d'un prix provincial (Prijs beeldende kunst en vormgeving 2007). Le journal a été distribué gratuitement au public. De cette façon, les deux artistes bousculent le cliché qui consiste à penser que l’art visuel n’est accessible qu’à une élite. Les visiteurs peuvent ainsi s’approprier les images des Pyrénées et de Slovénie pour se faire leurs idées de la générosité de l’homme.

Un ours Francka se cache peut-être en chacun de nous.

23 octobre 2007

Franska dans la lettre de la SECAS

Lorsqu'on parle "d'espèces en voie de disparition" ou au statut précaire, notre pensée va immédiatement à la faune des continents lointains. On songe au tigre, au panda, au dindon ocellé du Mexique, rarement à la marmotte des Alpes ou à l'ours des Pyrénées. La lettre de la SECAS crée une nouvelle rubrique qui traitera désormais de cette par­tie de la sauvegarde des espèces qui devrait nous importer au premier point.

La mort de Franska

L'actualité pyrénéenne a été marquée cet été par la mort de l'ourse Franska, renversée par une voiture le 9 août 2007 à 6h30 du matin sur la voie rapide proche de la commune de Vigère, à environ 5 kilomètres au sud de Lourdes. Elle venait du massif du Pibeste, longeait le gave de Pau, et se dirigeait vers le massif de Hau­tacam. Franska avait déjà été aperçue traversant cet axe routier et sa présence était signalée. On peut alors se poser certaines questions. Qu'attendait-on pour aider cette pauvre bête, apparemment déboussolée, à retrouver un territoire qui lui convienne? Cela faisait plusieurs semaines qu'elle alimentait les conversations et que la tension des anti-ours s'exacerbait à son endroit. Pourquoi les décisions pour intervenir ont-elles pris autant de temps ? Est-ce dû à de la bureaucratie ? Lorsqu'on gère une population animale, le temps de réaction doit être rapide et on ne peut se permettre, quand on a face à nous des extrémistes, à laisser traîner les choses.

Car on a bien l'impression que Franska, après avoir été introduite en 2006, a été quelque peu abandonnée à son sort ! Preuve: les plusieurs dizaines de plombs retrouvés dans le corps lors de son autopsie ! Ceci démontre le harcèlement dont elle a été l'objet et qui sont certainement la cause de son comportement atypique. Pourquoi un animal sauvage qui recherche habituellement le calme et la distanciation vis-à-vis de l'homme, se serait mis à traverser et retraverser une route très fréquentée si ce n'est qu'il était sans cesse dérangé, pourchassé, blessé, stressé ?

N'oublions pas les dépôts de miel contenant du verre pilé, les battues illégales et la mort des autres ours dans des conditions, à chaque fois, plus que douteuses ! La secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, a demandé un complément d'enquête au procureur de la République: "Il m'apparait important que l'enquête que vous conduisez suite à la mort de l'ourse Franska puisse s'intéresser à l'ensemble de ces circonstances et que les responsabilités pénales en découlant, qu'elles relèvent de l'application des textes sur les espèces protégées ou de la police de la chasse, puissent être recherchées par vos soins."

Il est à rappeler que la Directive Européenne "Habitats, Faune, Flore", plus communément appelée Directive Habitats, s'applique aux pays de l'Union Européenne depuis le 5 juin 1994 et qu'elle a pour objet d'assurer le maintien de la diversité biologique par la conservation des habitats naturels, ainsi que de la faune et de la flore sauvages. Il y est dit en substance :

  • "que, eu égard aux menaces pesant sur certains types d'habitats naturels et certaines espèces, il est nécessaire de les définir comme prioritaires afin de privilégier la mise en œuvre rapide de mesures visant à leur conservation;
  • qu'il convient d'encourager, dans les politiques d'aménagement du territoire et de développement, la gestion des éléments du paysage qui revêtent une importance majeure pour la faune et la flore sauvages;
  • qu'il importe d'assurer la mise en place d'un système de surveillance de l'état de conservation des habitats naturels et des espèces visées par la présente directive" ...

Dans ce sens, Mme Nathalie Kosciusko ­Morizet a souligné que le renforcement de la population d'ours brun dans les Pyrénées répond aux obligations communautaires de la France en matière de préservation de la biodiversité et répond à la directive Habitats. La sauvegarde de notre patrimoine faunistique ne doit donc, en aucun cas, être orientée et régentée par des groupuscules aussi extrémistes que dangereux qui n'hésitent pas à mettre à sac la Mairie d'Arbas, à menacer les enfants d'un défenseur de la nature et à vouloir organiser la Montagne comme bon leur semble en défiant l'Etat!

On ne sait encore quelle sera la suite des évènements et si d'autres ours seront réintroduits. Nous espérons, quant à nous, que les "nuisibles" seront désormais empêchés de perpétrer leurs exactions, poursuivis et punis. Et que l'on puisse enfin gérer nos derniers lambeaux de nature qui subsistent en France de manière la plus appropriée et la plus saine.

Viviane Tytelman
Rédactrice en chef

Mauvaise foi des éleveurs

Début juillet, 94 brebis sont mortes d'une chute en montagne en Ariège, et immédiatement, les opposants à l'ours ont crié "Haro sur l'ours !" Or, l'expertise réalisée sur place par les techniciens est pourtant formelle: Aucun élément relevé sur le terrain ne permet de mettre l'ours en cause. Aucune trace de prédation sur les brebis, aucun indice de présence d'ours sur l'estive.

Les dérochements de troupeaux en montagne ont malheureusement toujours existé, y compris avant le retour de l'ours. La cause d'un tel évènement peut très bien être l'orage, un chien ou même un sanglier. Mais voilà: de toutes les causes possibles, seuls les dégâts d'ours sont indemnisés, parfois "au bénéfice du doute". Ceci pousse donc les éleveurs à tout faire pour incriminer l'ours, y compris mentir et faire pression sur l'administration de manière scandaleuse. N'ont-ils pas organisé une manifestation l'an dernier devant la Préfecture de Foix, pour se faire payer des veaux dont une expertise vétérinaire a révélé qu'ils étaient morts de maladie?

De même, de sérieux doutes planent sur l'indemnisation d'un autre dérochement en Ariège en 2006, qui aurait été, en réalité, provoqué par des chiens appartenant aux éleveurs eux-mêmes ... Paradoxalement, c'est donc la souplesse du système d'indemnisation des dégâts d'ours qui se retourne contre lui. Et les éleveurs font ainsi d'une pierre deux coups : ils sont indemnisés et ils chargent injustement l'ours de tous les maux de l'élevage pyrénéen.

Nous, qui avons milité pour l'instauration de cette mesure d'indemnisation "au bénéfice du doute" dénonçons aujourd'hui les manipulations malhonnêtes de certains éleveurs, qui provoquent une dérive du système d'indemnisation et des effets pervers se retournant contre la protection de l'espèce! Nous ne manquerons pas de saisir l'administration de ce problème et demanderons si nécessaire la suppression de cette clause détournée.

Farid BENHAMMOU
Géographe

Source : La lettre de la SECAS (Société d'Encouragement pour la conservation des Animaux sauvages)

14 septembre 2007

Bruno Besche-Commenge et Français Arcangeli sont dans la montagne

Interview de François Arcangeli

Alors que Franska, l’ourse slovène introduite dans les Pyrénées l’an dernier, est sur le point d’être capturée pour être déplacée plus en altitude, la polémique continue dans les Hautes-Pyrénées sur la cohabitation entre l’ours et l’homme. Président de l’association du Pays de l’Ours-Adet, François Arcangeli fait le point sur la situation actuelle.

TV Agri : Pensez-vous que la capture de Franska, pour l’amener plus en altitude, soit utile ?
François Arcangeli : Le déplacement de l’ourse, sur pression des éleveurs, ne règle en rien le problème. Les ours (comme Papillon, Méré…) évoluent dans le massif et c’est toujours dans les Hautes-Pyrénées que des incidents sont relevés et que des brebis sont attaquées. Le problème est propre à ce département. C’est le pastoralisme tel qu’il est pratiqué actuellement qui est inadapté à la montagne. L’ours est un bouc émissaire. Il n’est la cause que de 1% de la mortalité des brebis.

TV Agri : Existent-ils des mesures de protection des troupeaux ? Sont-elles efficaces ?
François Arcangeli : On devrait profiter de l’acalmie qui va suivre le déplacement de Franska pour mettre en place des mesures. Lors d’un colloque européen sur les prédateurs qui a eu lieu en Italie, les représentants des autres pays présents ont expliqué leurs mesures de protection : présence de bergers, de chiens, ou clôtures. Avec des chiens de protection, les pertes sur les troupeaux diminuent de 92% ! Ils ne protègent donc pas uniquement des ours. De plus, les mesures de protection sont financées par les fonds ours. Les éleveurs français ne l’acceptent pas car ce serait accepté l’ours.

Source : Terre-net

Bruno Besche-Commenge furieux de cette interview coule une bielle

"Je suis étonné qu'un site agricole professionnel publie à sens unique les propos de M. Arcangeli sous le titre "l'ours est un bouc émissaire", sans au moins analyser la validité de son discours ... où presque tout est faux. Trop long, ici, de reprendre en détail mais à votre disposition si vous le souhaitez, et ça me paraît quand même un peu nécessaire vu l'aspect mensonger des propos : simple exemple: pas un seul mais les 3 départements des Pyrénées-centrales sont concernés aujourd'hui par les prédations.

Un point important de l'ignorance, volontaire, d'Arcangeli concerne les mesures de protection. Ce sont les mêmes que contre les loups dans les Alpes. Or le CERPAM (structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA) a publié les actes d'un colloque à ce sujet qu'Arcangeli ne peut pas ignorer (ces actes sont référencés sur les sites pro-ours et loups). Résultats de ces mesures: incertains, catastrophiques pour les bergers, les brebis, le milieu, travail de Sysyphe à reprendre chaque année: les prédateurs s'adaptent et si effectivement il y a UN PEU moins de brebis bouffées par troupeau, c'est aussi qu'ils étendent leur champ d'action !

A votre disposition, si vous m'indiquez adresse mail pour expédier pdf : recession en 3 pages des actes de ce colloque avec les références. Vous pouvez aussi contacter de ma part le responsable scientifique du CERPAM, Laurent Garde.

Quand même ce "détail" à propos des mesures financées : savez-vous ce que le plan-ours propose pour un éleveur qui resterait en continu sur la montagne pour garder nuit et jour son troupeau : 155 euros par mois! Dur, dur avec ça ne serait-ce que d'acheter le foin qu'il n'aura pas pu faire pendant ce temps! Faut pas se moquer des gens qui travaillent, surtout quand, ici, ils travaillent plus pour gagner moins.

Bruno Besche-Commenge

La protection, une mesure catastrophique pour les bergers ?

Bruno Besche-Commenge oublie volontairement les nombreuses autres mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours pour qu'on pleure sur le sort des éleveurs découragés et affamés. Un petit tour à la buvette s'impose pour lire "Comment l'argent de l'ours aide le pastoralisme" :

  • 770 €/mois et par berger pour l'aide au gardiennage avec regroupement nocturne
  • 1 760 €/mois et par berger si pas d'aides agricole.
  • 765 € pour l'achat d'un chien
  • 305 €/chien présent sur l'estive
  • 105 € par agneau de - de 6 mois prédaté (120 s'il est inscrit)
  • 140 € par agneau de 6 mois à un an (155 s'il est inscrit)
  • 126 à 180 € pour une brebis
  • de 300 à 500 e pour un bélier
  • 140 € par attaque de prime de dérangement
  • + 10% de la valeur de la bête pour le "manque à gagner" par bête prédatée

Je continue ? Pour toutes les mesures, voici un aide mémoire...

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007Télécharger le document de synthèse des mesures d'aide ours-elevage 2007
(PDF 2 pages)

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours 2007
(PDF 22 pages)

Exemple de prédation

  • Carrefour_prix_agneau_2Lors d'une attaque, un ours tue 2 brebis : 126 € + 50 € + 126 € + 50 € + 140 € = 492 € payés dans les 2 semaines.
  • Sur le marché : les brebis de réforme (celles qui ont produit du lait ou des agneaux pour la viande) se vendent 1.5 à 2 euros/kg. Les brebis de boucherie de 3 ou 4 ans) : 4.5 Euros environ.
  • 492 € représente donc au minimum 61,5 kg de viande par brebis ! Pas mal.
  • Christophe Bally, acheteur viandes de l'enseigne Casino a indiqué lors des travaux de la commission des affaires économiques au Sénat qu'un agneau anglais ou irlandais était de 12 à 15% moins cher qu'un agneau français dont le prix varie en fonction des parties : 5 à 6 euros le kilo de navarin, 12 ou 13 € pour le gigot et 14 €/kg pour les côtes d'agneau.
  • Le gigot d'agneau de Nouvelle Zélande se vend entre 4,20 € et 5,50 € le kilo.
  • Dans la vallée, pour le prix des primes pour 2 brebis prédatées, le voisin du berger a de quoi acheter 93 kg d'agneau de Nouvelle-Zélande !

Puisqu'on vous dit que c'est l'ours qui est responsable de la crise du pastoralisme ! Voilà pourquoi il y a lieu de charger l'ours au maximum, les veaux d'Aston, celà vous dit quelque chose ?

BBC présente le CERPAM comme une "structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA". Qu'est ce que le CERPAM ? Alons voir sur leur site : "Le CERPAM (Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée) a été créé en 1977 à l’initiative des Chambres d’Agriculture de la Région Provence Alpes Côte d’Azur. Service spécialisé en pastoralisme, il répond à la demande de la profession agricole et plus spécialement des éleveurs d’oeuvrer par la voie pastorale au développement des activités d’élevage et à leur intégration dans la gestion des espaces naturels." Le CERPAM annonce clairement dans quel camp il se trouve.

D'un côté des propos de colloque pastoral, de l'autre, la réalité...

Sur la commune de Melles (Haute-Garonne) que Hvala fréquente principalement, elle cause des dégâts importants en 2006, sur les troupeaux non protégés de la commune : 29 brebis sont tuées en 14 attaques. Heureusement, les éleveurs de cette commune ont décidé de se protéger pour l'année 2007. Le trio "bergers, chiens de protection et regroupement nocturne" marche à merveille et le résultat est criant de vérité. Lisez ces 3 notes...

CQFD à BBC. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre. Mais BBC n'en est pas à son coup d'essai. A chacun sa spécialité ! Les chiens de protection italiens seraient-ils plus efficaces que les patous des Pyrénées ? François Arcangeli est-il un menteur où est-ce Bruno Besche-Commenge et les bergers français qui sont de mauvaise foi ? Qu'en pense l'ASPP ?

Le programme de l'ASPP : refus des gardes de troupeaux, des embauches de bergers et des chiens patous

Sur le site de son copain Louis Dollo, Bruno Besche-Commenge pourrait relire les «principes généraux» (pas généreux) prônés par l’ASPP, Association de «sauvegarde du patrimoine» quant à la forme de pastoralisme qu’ils souhaitent :

  1. «Refus de garde des troupeaux au profit de surveillance de l'ours : « les éleveurs n'ont rien demandé, à l'Etat d'assumer ses responsabilités et de garder les animaux qu'il importe.
  2. Refus d'embaucher des bergers ou des gardiens de troupeaux pour un motif juridique assez clair: il n'existe pas de cabanes aux normes de la législation sociale, certaines n'ayant même pas de possibilité d'avoir de l'eau.
  3. Pas de Patous pour des raisons de sécurité des randonneurs. Plusieurs procès ont eu lieu dans les Alpes où les éleveurs et bergers ont été condamnés. Certaines communes des Alpes auraient même interdit les Patous et paient directement les dégâts causés par les loups.»

Bien sûr, dans ces conditions, la protection, celà ne marche pas et la cohabitation non plus ! Mauvaise foi disais-je.

07 septembre 2007

Franska : le passage sous la route a 4 bandes était obstrué

Roland Castells, maire Modem de Bagnères-de-Bigorre : « Jamais je n’aurais imaginé tant de haine. » Le passage réservé aux animaux sauvages était obstrué par des planches. Ce n’est sûrement pas un hasard. L’ourse a ainsi été contrainte d’emprunter la route à quatre voies.

Que dire de l’attitude des éleveurs face à la réintroduction de l’ours ?
Rolland Castells : Jamais je n’aurais imaginé tant de haine et de violence. Ils ont tout fait pour que cette réintroduction se passe mal, notamment par des tentatives d’effarouchement répétées. Ils l’ont même délibérément fait descendre dans la vallée pour faire peur aux habitants, espérant ainsi soulever la population.

Trouvez-vous la mort de Franska suspecte ?
Rolland Castells : Le passage réservé aux animaux sauvages était obstrué par des planches. Ce n’est sûrement pas un hasard. L’ourse a ainsi été contrainte d’emprunter la route à quatre voies.

Les éleveurs entre eux sont très solidaires ?
Rolland Castells : Individuellement, ce sont des agneaux, mais en groupe, ils se sentent forts et sont convaincus d’avoir tout les droits. Et en effet, ils sont très solidaires. En 2006, lors de leur manifestation anti-ours, ils sont parvenus à monter le bourrichon à tout le monde. Ils ont réussi ç faire participer des cultivateurs de maïs, absolument pas concerné par les prédations de l’ours. Ce jour là, par crainte des débordements, six gendarmes étaient postés à mon domicile.

Avez-vous été victime d’exactions venant des bergers ?
Rolland Castells : J’ai reçu deux lettres anonymes à la mairie. L’une d’elle contenait du verre pilé, l’autre des hameçons. Ils s’en sont pris aussi à mes adjoints. Un soir, alors que je m’apprêtais à tenir une réunion publique à 21 heures, j’ai été encerclé par un groupe d’éleveurs bien décidés à m’intimider. On est resté là sous la pluie. Ça a duré plus d’une heure. Bien entendu, personne n’a rien vu. En mai 2006, un groupe d’une petite cinquantaine d’éleveurs a déposé un cadavre de brebis et une autre blessée, agonisante, dans le hall d’entrée de la mairie. C’est révélateur d’un certains état d’esprit.

Que pensez-vous de cette vidéo ?
Rolland Castells : Elle est choquante. On comprend mal les motivations d’un tel acharnement. Mais il est vrai que tous les éleveurs ne sont pas respectueux de leurs bêtes. L’hiver, il n’est pas rare que nous soyons contraints de prévenir la gendarmerie pour sauver une bête blessée abandonnée dans les hauteurs. Outre la cruauté, les éleveurs font surtout preuve d’un certain laxisme. Certaines brebis sont parfois oubliées sur un piton rocheux, où elles n’ont rien à manger et courent donc vers la mort.

Roland Castells

Source : Choc

Lettre de FERUS à Madame Nathalie KOSCIUSKO MORIZET (MEDAD)

Lettre de FERUS à Madame Nathalie KOSCIUSKO MORIZET
Secrétaire d'Etat à l'Ecologie
MEDAD - Paris

Madame la Ministre,

Tout d'abord, l'association FERUS vous remercie pour votre demande d'un complément d'enquête sur la mort de l'ourse Franska. Vous trouverez en annexe I une chronologie retraçant le harcèlement dont a été victime cette ourse ; bien évidemment, nous pouvons supposer que d'autres événements du même genre ont eu lieu sans que nous en soyons à ce jour informés.

Dans l'attente des conclusions du bilan à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours dans les Pyrénées Françaises 2006-2009, nous vous demandons de prendre très rapidement des mesures préventives.

L'ourse Franska est morte et l'opposition à l'ours se concentre désormais sur l'ourse Hvala, suitée de deux oursons. Après avoir demandé le déplacement de cette ourse, les anti-ours menacent par voie de presse, La Dépêche du Midi du 25 08 07 : «Si l'Etat ne fait aucun signe d'ici à quinze jours, on va durcir le mouvement», annonce Gérard Dubuc, maire de Saint-Lary. Pour l'ASPAP, «On repart sur le même schéma que pour Franska».

Le communiqué de l'ASPAP du 24 08 07 présente cette ourse comme agressive : «Le comportement agressif de cette ourse qui approche les troupeaux malgré la présence permanente du berger» ; rappelons que Hvala n'a fait aucune attaque sur la commune de Melles où les mesures de protection (bergers / chiens de protection / regroupement nocturne) ont fait leurs preuves ; nous sommes donc de nouveau proche de la désinformation orchestrée contre l'ourse Franska, avec l'issue que nous lui connaissons.

En cette période d'ouverture de la chasse, l'association FERUS craint que l'ourse Hvala soit victime d'un simulacre d'accident de chasse. Nous estimons comme indispensable la mise en oeuvre urgente de deux mesures :

  • l'arrêt de la diffusion des localisations des ours lâchés en 2006 ;
  • la mise en place d'une mesure garantissant qu'aucune battue avec chien n'aura lieu sur le territoire fréquenté par l'ourse Hvala et ses oursons.

En annexe II, vous trouverez un exemple qui montre que les opposants à l'ours utilisent très certainement contre les ours la diffusion des localisations. On peut espérer que les risques de voir les individus malintentionnés reproduire la chaîne des comportements qui a conduit au harcèlement de l'ourse Franska seraient déjà réduits par cette première mesure.

FERUS demande une mesure garantissant qu'aucune battue n'aura lieu sur les lieux fréquentés par Hvala et ses oursons. Des limitations ou des interdictions de chasse – ou plus précisément les battues avec chiens – sur les zones occupées par Hvala et ses oursons sont primordiales ; FERUS fait pleinement confiance à l'Equipe Technique Ours pour trouver une solution, mais cette mesure doit être mise en oeuvre très rapidement pour que l'ourse Hvala ne connaisse pas le sort de l'ourse Mellba. Sinon, compte tenu de la volonté des opposants d'abattre tous les ours l'un après l'autre, on peut tout de suite faire une croix sur cette ourse avec un possible déguisement d'accident de chasse à l'horizon.

Il va de soi que les présidents de sociétés de chasse et d’ACCA qui prendraient l’initiative d’interroger l’Equipe Technique Ours pour savoir s’ils peuvent organiser une battue dans tel ou tel secteur devraient se voir communiquer tous les éléments disponibles hormis la localisation exacte d’animaux. La plupart des ours actuellement présents dans les Pyrénées ne sont pas équipés de dispositifs de repérage et il est donc fondamental que les chasseurs apprennent systématiquement les bons comportements ; la diffusion des localisations n'est pas garante d'une absence de rencontre avec l'ours (voir annexe III).

Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos respects les plus profonds.

Po/ le conseil d'administration - le président - J F Darmstaedter

Chronologie d’une mort annoncée
Annexe I

  • Le 28 avril 2006 : Franska, ourse baptisée ainsi par les slovènes en hommage à la France, est lâchée à Bagnères de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées. 6 ans, 110 kg, équipée d’un collier émetteur et d’un émetteur intra-abdominal.
  • Le 30 avril 2006 : un premier pot rempli de miel et de morceaux de verre est retrouvé sur les hauteurs de Bagnères de Bigorre par un randonneur.
  • Le 1er mai 2006 : la zone est ratissée par les gendarmes et les gardes ONCFS, 11 autres gobelets marqués «attention, poison anti-ours» sont retrouvés. Franska est repérée sur Gazost puis refoulée lors d’une battue des anti-ours sur la zone de Bagnères.
  • Le 2 mai 2006 : dans la Dépêche du Midi : «Pour nous, le but c’est que l’ours reparte chez lui» ajoute le maire de Betpouey (Hautes-Pyrénées). En guise d’avertissement, il rappelle : «La montagne, c’est notre terrain de jeu
  • Le 13 mai 2006 : manifestation des anti-ours à Bagnères de Bigorre. Slogans : "Ours en liberté, montagne en danger", "Rendons la peau de l'ours avant de l'avoir tué", "Les ours en Slovénie, au zoo Nelly", "Franska retourne en Slovénie".
  • Mai 2006 : Franska a été énormément mobile. Elle est d’abord allée vers l’est (commune de Campan). Puis elle a réalisé un grand déplacement vers l’ouest jusqu’à la limite des Pyrénées-Atlantiques (commune d’Arrens Marsous). Puis elle a effectué une incursion en Aragon. Elle est revenue ensuite plein nord en passant par Cauterets puis vers l’est en passant par Saint Savin où des traces d’ours ont été observées par la population locale, pour aboutir dans la vallée d’Aure vers le 23 mai.
  • Le 2 juin 2006 : le Conseil Général des Hautes-Pyrénées vote une motion se prononçant contre les réintroductions d’ours et demandant l’abandon du plan de renforcement.
  • Le 9 juin 2006 : Franska est arrivée en Béarn depuis quelques jours. Elle s’installe entre la vallée d’Ouzoum (64), le massif de l’Estibète (65) et celui du Pibeste (65), entre Béarn et Bigorre.
  • Le 29 juillet 2006 : Monsieur Pierre Casassus-Lacouzatte au nom de la Fédération Transpyrénéenne des Eleveurs de Montagne, dont le siège est basé à la mairie de Laruns (Pyrénées-Atlantiques) organise une traque d’effarouchement contre l’ourse Franska en coordination avec les éleveurs des Hautes-Pyrénées. Battue et participants très médiatisés.
  • Le 1er août 2006 : point sur les dégâts de Franska : 44 ovins classés «imputables», 26 ovins classés «incertains». Nous sommes loin des chiffres annoncés par voie de presse par les opposants à l’ours.
  • Le 5 août 2006 : une nouvelle battue a lieu contre l’ours Franska.
  • Hiver 2006/2007 : Franska dort, quelque part dans l’ensemble Pibeste-Estibète (65), où elle est cantonnée depuis début juin 2006.
  • Dès le 2 avril 2007 : l’ourse Franska montre les premiers signes d’activités autour de sa tanière. Pas d’ourson.
  • Dès le 16 avril 2007 : alors qu’elle était sédentarisée depuis près de 10 mois, elle file subitement vers l’est, d’abord sur Hautacam, puis Bagnères et la vallée d’Aure (est des Hautes-Pyrénées).
  • Fin avril 2007 : Comme prévu, le collier de localisation GPS de Franska se décroche. Elle est encore suivie par le biais d’un émetteur radio. Elle vadrouille entre Haut-Adour, Nistos et Barousse.
  • Le 9 juillet 2007 : les éleveurs des Hautes-Pyrénées se lancent dans une véritable traque à l’ourse Franska afin de la repousser dans la plaine. Le présentateur du JT de 19/20 sur France 3 Midi-Pyrénées parle de Franska et indique mot pour mot : "Les éleveurs de la Barousse et du Nistos ont annoncé cette après-midi leur intention d'abattre l'ourse Franska. [...] On parlera demain de cette importante décision dans nos éditions locales et régionales."
  • Le 10 juillet : le présentateur du JT du 12/13 sur France 3 Midi-Pyrénées parle de la battue organisée la veille et indique mot pour mot : «Un certain nombre d’éleveurs de la Barousse et du Nistos est exaspéré par les attaques de l’ours sur leurs troupeaux. Hier, ils ont donc annoncé leur intention, je cite, d’éradiquer le problème et pour commencer, ils ont organisé une battue afin d’effrayer le plantigrade».
  • Les 9 et 10 juillet 2007 : La chasse à l’ours est ouverte. Extrait de la Dépêche du Midi du 11 juillet 07 : «Ils ont pris les sentiers de montagne et une dizaine de fusils. Ils ont tiré en l'air dans la forêt où ils pensaient trouver Franska. « Si on voit l'ourse, on tournera le canon vers elle » avertissent 70 éleveurs des Hautes-Pyrénées et du Comminges. Lundi soir et hier, ils ont lancé des battues à l'ours dans la vallée du Nistos, à l'est des Hautes-Pyrénées. Ils ont d'abord voté. À la quasi-unanimité, ils ont décidé de se mettre dans l'illégalité en se débarrassant par eux-mêmes de la prédatrice Franska. (…)L'effarouchement a réussi. Hier à l'aube, Richard Sassus, ouvrier à l'usine d'eau de Ferrére, a suivi l'ourse pendant 200 m sur la route, près de la grotte de Gargas et de la cathédrale Saint-Bertrand de Comminges. Dans la journée, l'animal a été signalé dans un bois près de Montréjeau, à 400 m d'altitude. Hier soir, les éleveurs occupaient ce secteur et repoussaient la bête à coups de pétards vers l'autoroute. (…) Si elle reste en plaine, Franska sera capturée, comme avant elle Balou et Sarousse. Ils ont été relâchés en montagne par la suite. Joëlle Fortassin prévient : « On préfère cette issue à une autre plus définitive. Mais qu'elle ne soit pas relâchée dans les Pyrénées».
  • Le 10 juillet 2007 : sur France 3 (édition des régions) un reportage montre des hommes parcourant la montagne, fusils en main, et tirant en l'air pour "faire peur" à Franska. Le maire de Générest était présent, ainsi qu'un éleveur (M. Campan) qui dit maintenant garder son troupeau nuit et jour avec son fusil...
  • Le 12 juillet 2007 : Le ministère envisage de déplacer l’ourse Franska loin des zones habitées. Des éleveurs mettent sur pied en fin d'après-midi, une traque, avec balles à blanc, dans le secteur de Tuzaguet, proche de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées, où Franska a été repérée.
  • Le 16 juillet 2007 : Franska a finalement retrouvée toute seule le chemin de la montagne. Franska est vue vers 13h près du Bas Nistos (65). Une traque est immédiatement organisée.
  • Le 26 juillet 2007 : Louis Dollo annonce sur son site: «Franska et le plan ours plombés ! ». [NDLB: lire FERUS porte plainte ; Louis Dollo bien informé !]
  • Le 9 août 2007 : Franska est tuée par une voiture près de Lourdes.
  • Le 13 août 2007 : Dépêche AFP: "Les clichés radiographiques réalisés préalablement à l’autopsie mettent aussi en évidence la présence de plusieurs dizaines de plombs de petit calibre ayant atteint l’animal sur l’arrière-train, il y a environ un mois selon l’expert, qui exclut formellement que ces plombs puissent être à l’origine de la mort de l’ourse", ajoute le communiqué.

Danger de la diffusion des localisations d'ours
Annexe II

  • Dimanche 8 juillet : des dégâts ont lieu sur les communes de Seich et d’Ardengost (Actualités Ours 2007 – N°5 – Juillet), dans l’est des Hautes-Pyrénées, en Barousse, bien au sud de la commune de Générest.
  • Le week-end, le répondeur de l’Equipe Technique Ours (ETO) n’est pas mis à jour.
  • Les anti-ours l’ont bien compris : «Pendant le week-end, Franska n’est pas suivie. On ne peut pas savoir où elle risque d’attaquer […]» explique Joëlle Fortassin, représentante des éleveurs à la chambre d’agriculture. (La Dépêche du Midi – 11/07/2007)
  • Lundi 9 juillet, au soir : le répondeur de l'ETO est mis à jour (habituellement, entre 17 et 18h) et indique que Franska se trouve ce jour sur la commune de Générest.
  • Ce même jour, «les éleveurs de la Barousse et du Nistos se sont réunis et ont tenu une conférence de presse en début d'après-midi. Ils avaient à choisir entre plusieurs solutions d'actions pour manifester leur mécontentement face aux prédations de Franska. Ils ont opté pour la solution la plus radicale, à savoir d'engager une "chasse" afin d'éradiquer totalement cette ourse» (Site Lourdes-infos)
  • Les battues commencent le 9 juillet au soir sur la commune de Générest justement (France 3 Midi-Pyrénées – 10/07/2007 et La Dépêche du Midi – 11/07/2007).
  • Alors que les derniers agissements de l'ourse Franska ont eu lieu bien plus au sud de la commune de Générest, les anti-ours ont décidé le 9 au soir d'organiser une battue sur cette commune ; ils ont simplement écouté le répondeur de l’ETO mis à jour en fin d'après-midi qui indiquait la commune exacte où se trouvait Franska.
  • Ceci est confirmé dans un reportage du JT du 10 juillet (édition du 12-13h de France 3 Midi-Pyrénées), où la journaliste indique mot pour mot: «leur but [aux participants de la battue du 9]: arpenter la montagne avec pétards, fusils et cloches et effrayer Franska que le suivi de l’ours a localisé dans le secteur le matin même».
  • La battue du 9 juillet au soir a eu un impact réel sur Franska, puisque dans la nuit du 9 au 10 juillet, elle est aperçue à 3h du matin par un automobiliste (ayant lui-même participé à la battue), à basse altitude, du côté du Tibiran-Jaunac, dans la vallée de la Garonne (La Dépêche du Midi – 11/07/2007).
  • Les battues se sont poursuivies le 10 juillet.
  • A partir du 10 juillet, le répondeur n’est plus mis à jour en ce qui concerne Franska.
  • Mais les anti-ours, qui l’ont repoussée en plaine, arrivent encore à la repérer, à partir des témoignages de personnes l’ayant observée qui se multiplient, vu que l’ourse a été poussée dans des zones beaucoup plus fréquentées.

Rencontre entre un chasseur et l'ourse Sarousse
Annexe III

  • Le samedi 2 décembre 2006, Sarousse est localisée sur la commune de Bossost (Espagne), dans le Val d’Aran.
  • Le dimanche 3 décembre 2006, un chasseur la rencontre à une trentaine de mètres lors d’une battue aux sangliers et aux cervidés, sur la commune de Cierp-Gaud (Haute-Garonne), dans le Luchonnais.
  • Les chasseurs se sont déclarés surpris et inquiets de rencontrer Sarousse, alors qu’elle était signalée bien plus au sud la veille.
  • En fait, dans la nuit du 2 au 3 décembre 2006, Sarousse est passée de Bossost à Cierp-Gaud (soit une dizaine de kilomètres).

FERUS
Ours-Loup-Lynx-Conservation
Association loi 1901 sans but lucratif créée en 1993
Agréée au titre de l’art L-141-1 du code de l’environnement
Contact - Tel/FAX : 04 91 05 05 46

06 septembre 2007

L’ourse Franska n’a cessé d’être traquée

Le Dr Claude Guiraud est vétérinaire et président du groupe d’étude européen d’Éco-pathologie de la faune sauvage de montagne. (GEEFSM). Les questions sont de H. Dubarry.

La mort de Franska vous a t-elle surpris ?
Dr Claude Guiraud : « Non, pas vraiment. C’était une mort programmée, à partir du moment où l’ourse n’avait ni territoire, ni tranquillité, ni sécurité. Pour qu’un renforcement d’espèce soit réussi, il faut supprimer les causes qui ont provoqué la diminution : garantir la paix de l’animal et sa possibilité de se nourrir. »

Rien de tout cela n’a été fait ?
Dr Claude Guiraud : « Pas vraiment. La lâcher de Franska s’est fait à la sauvette, dans un lien inapproprié et hyper fréquenté, le Chiroulet. Il n’y avait aucun repère pour elle, pas de trace d’ours depuis des décennies. De plus, depuis l’instant de son lâcher jusqu’à sa mort, Franska n’a bénéficié d’aucune tranquillité. Elle n’a cessé d’être traquée, dérangée ; elle n’a pas pu se familiariser avec son nouveau territoire et ses possibilités de nourrissage. Elle est restée erratique et ça explique ses grands déplacements en quête de nourriture. »

On a prêté à Franska un comportement anormal d’agressivité, d’hyper prédation ?
Dr Claude Guiraud : « Ça s’explique tout à fait. Un ours est à 80% végétarien. Le milieu où a été lâchée Franska est riche, mais fallait-il qu’elle puisse l’exploiter. Ramasser des végétaux, tubercules, des fruits… exige du temps et donc de la tranquillité. Traquée sans arrêt, l’ourse a paré au plus pressé pour se nourrir efficacement, d’où des prédations animales. Plus on gêne les ours, plus ils deviennent carnivores, se nourrissant à la sauvette. Quant à « l’hyper agressivité » de Franska, elle est normale : on la retrouve chez les humains qu’on importune sans arrêt et « mal dans leur peau ».

Faut-il reprendre les réintroductions at avec des ours slovènes ?
Dr Claude Guiraud : « Oui, à condition que les ours soient accueillis et non imposés. Une fois encore, il leur faut la tranquillité. Cela se passe bien en Val-d’Aran, en Haute-Garonne ou en vallée d’Aspe où il n’y a pas ou peu de dégâts. Quant au « problème » de l’origine slovène des ours, c’est ridicule : selon les lois de Mendel, le gêne slovène est du même caractère que le pyrénéen…

Propos recueilli par H. Dubarry.
La dépêche du Midi du 11 août 2007

Et les suites ?

On se souvient des déclarations des éleveurs et bergers : « Les éleveurs ont l'intention d'abattre l'ourse Franska », « On tournera le canon vers elle » et les nombreuses actions d'effarouchement ont été largement relayées sur l'ensemble des médias. la secrétaire d'État chargée de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, vient de demander au procureur de la République un complément d'enquête sur l'ensemble des perturbations subies par l'animal. Le communiqué publié par ses services a le mérite d'être clair : « Les plombs de chasse retrouvés dans son cadavre attestent des actions hostiles… Il m'apparaît important que l'enquête que vous conduisez puisse s'intéresser à l'ensemble de ces circonstances et que les responsabilités pénales en découlant puissent être recherchées ».

Les traques à l'origine des prédations

Des témoignages de « gens travaillant toute la journée sur le terrain » dans les parcs nationaux sont arrivés à la buvette. Ils affirment que l'ourse Franska avait adapté son régime alimentaire à son style de vie, celui d'une ourse traquée constamment. «Pour ce qui concerne l'année 2007, elle mangeait très vite, au gré de ses rencontres avec les troupeaux.» avant de poursuivre : «Ce n'était pas le cas l'an dernier, nous l'avons observé dans le Rioumajou toute une après-midi en train de brouter l'herbe
tranquillement, en plein été.
»

Ainsi, les traques destinées à chasser l'ourse de son territoire seraient directement à l'origine du comportement « atypique » de l'ourse Franska et de ses attaques régulières, donc des dégâts. Une ourse boomerang en quelques sortes. Les comportements « à problèmes » sont bien ceux des éleveurs !

Les suites des plaintes des associations et les décisions gouvernementales pour éviter que celà ne recommence sont attendues avec impatience, car il est temps de mettre de l'ordre dans ces comportements hors la loi et irresponsables.

Qu'est ce que le GEEFSM ?

Le GEEFSM est une association loi 1901. Elle a pour objet de faciliter les relations des scientifiques intéressés par l’Éco-pathologie (écologie des maladies) des animaux sauvages de montagne, entre eux et avec les autres spécialistes de cette faune :

  • promouvoir et réaliser toutes enquêtes épidémiologiques, études et recherches en Éco-pathologie de la faune sauvage en zone de montagne,
  • organiser et participer à des réunions de recherche ou d’enseignement,
  • favoriser la publication des résultats des recherches ou des informations particulières concernant l’Éco-pathologie de la faune sauvage de montagne.

31 août 2007

Enquête sur la mort de l'ourse Franska, Louis Dollo en première ligne à l'insu de son plein gré

L'annonce prémonitoire faite par Louis Dollo a surpris tout le monde et a choqué à postériori : "En attendant que Franska reçoive du plomb dans les prochains jours (l'exaspération des éleveurs est à son comble !), nous pouvons déjà dire que le plan ours a du plomb dans l'aile."  Il n'a pas fallu attendre longtemps ! Fuite idiote, incapacité à garder pour lui l'information brûlante qui est arrivée jusqu'à ses oreilles avides de sensations sanglantes ou simple hasard ? Vu les relations suivies entre le journaliste de "Lourdes Infos" et de "Kairn" et le milieu pastoral, bien peu d'observateurs croient à un simple hasard. Comment l'a t-il su et qui est à l'origine de cette information sulfureuse ? Une maladresse peut-être lourde de conséquences ?

Les images des battues ont été diffusées sur les chaines de télévision nationales et signalées à la justice dans les plaintes déposées par les associations de défense de la nature.

L'annonce de la demande de complément d'enquête sème la panique dans le rang des éleveurs et des participants aux battues qui cherchent à se disculper, exactement comme l'on fait avant eux, les casseurs d'Arbas avec les suites en justice que l'on sait.

  • Revoir les battues dans les journaux télévisés de TF1 et FR3

Panique et tentatives de justification chez les ultra pastoraux

Louis Dollo : "Il fallait s'y attendre. Le Ministère de l'Ecologie recherche des responsables pour satisfaire les associations ultra environnementalistes dites écolos. C'est une habitude depuis 25 ans de jouer le rôle de la vierge outragée plutôt que de regarder la réalité en face et d 'en tirer les conséquences. Dans un communiqué de presse, il est demandé de s'intéresser à l'ensemble de ces circonstances ayant conduit à la mort de Franska.

Il va être intéressant de voir si l'affaire est instruite à charge et à décharge ou bien en sens unique. Car il faudra bien aussi s'intéresser à ce qui s'est passé dans la nuit précédent l'accident. (...) Peut-être que le Gendarmerie mènera une enquête molle comme c'est le cas depuis longtemps dans certains secteurs des Alpes lorsqu'il est question du loup. Qui sait ? "

[ NDLB: Faudrait savoir : le ministère de l'Ecologie, vierge outragée ou violeur des Pyrénées? Quel grand écart ! Remarquez aussi le côté impersonnel des témoignages qui suivent : nous, tous, ils, des observateurs, ils : plus question de parader ou de paraître à visage découvert. Au feu, les pandores ! ]

Louis Dollo : " Nous avons interrogé plusieurs habitants du Nistos ayant participé à des manifestations. Tous sont formels : "il n'y a jamais eu de battues !" Par contre, face au laxisme de l'administration "il y a bien eu des effarouchements lorsque l'ours était dans ou à proximité des villages." Et ils précisent "c'était pour notre sécurité et les gendarmes étaient souvent présents." "il n'y a jamais eu de débordement". Mieux encore, des observateurs présents sur le terrain nous disent "qu'il n'y avait pratiquement pas d'éleveurs mais surtout des habitants et des vacanciers." Ou encore : "je n'ai pas vu ni entendu de fusil." Un autre nous dit "on a fait une mise en scène pour la TV mais on n'était pas à côté de l'ours. De toute manière l'ETO ne savait pas où elle était. Nous l'avons vu à plusieurs reprises mais il n'y a jamais eu de personnes de l'ONCFS.

Mais déjà dans le Nistos et la Barousse, on s'attend à recevoir de la visite et à vivre des perquisitions pour rien nous précise-t-on. Voilà une affaire et une démarche de la part de la secrétaire d'Etat qui n'est pas faite pour apaiser les esprits. Bien au contraire. A croire que dans ce Ministère, tout est fait pour créer les conflits et le désordre public."

[NDLB : Les visites désagréables pourraient bien ne pas se limiter "dans le Nistos et la Barousse". Tarbes ou Lourdes pourraient bien être aussi sur le chemin des enquêteurs. Une certitude : Franska était bien plombée. Mais peut-être que pour Louis Dollo, le visionnaire, les responsables sont les écologistes, comme pour le miel piégé au verre brisé ! ]

Source : Louis Dollo sur son site pyréniais

30 août 2007

Le sang d’une ourse

jeudi 30 août 2007 par AYA

Repose en paix, Franska, si tu le peux. La justice des hommes, que nous nous étions mis en position de te devoir, par ta mort révèle ce qu’elle est, et d’abord pour eux-mêmes : iniquité systématique, à la fois dissimulée et flagrante.

Les animaux sauvages ont-ils un prénom ? On t’a enlevée à ta forêt natale, on t’a fait subir un long voyage par route, des opérations chirurgicales. Pour pouvoir te ficher, te surveiller, te suivre à la trace technologique ainsi que n’importe quel citoyen du monde moderne. On t’a ouvert le ventre pour y implanter un radio-émetteur. On t’a arraché une dent pour déterminer ton âge. Comme au chien de la fable, on t’a imposé un collier. Pour te maintenir attachée non par une laisse, mais par un GPS relié à plusieurs satellites. Ainsi kidnappée, déplacée, manipulée, triturée, trafiquée, ainsi informée de l’homme et de sa familiarité brutale, on t’a fait reprendre la route. Enfin, on t’a relâchée sur un territoire que tu ne connaissais pas, où tu n’as pu te fondre, et qui s’est vite révélé hostile : un mois avant ta mort, tu avais déjà des dizaines de plombs de petit calibre dans le corps.

Ils t’avaient appelé Franska, donc. Façon de marquer ta "naturalisation" française ? Le terme paraît bien cruel, quand on pense qu’il s’agissait d’une "domestication" forcée. Que le fait même de te gratifier d’un prénom signifiait ta réduction à l’état d’objet des hommes. D’objet propre à satisfaire les intérêts et les fantasmes obscurs des hommes. Car leur fascination pour le monde naturel n’a d’égale que leur haine secrète envers lui. C’est toute l’histoire de l’humanité : un incessant combat contre la nature. Qui prend parfois les traits de l’amour. D’un amour faux, irresponsable, aveugle. Au nom de l’amour de ton espèce, on t’a fait subir tous ces outrages. C’est une manoeuvre en laquelle les hommes sont maîtres. Ils la pratiquent beaucoup entre eux. Une puissance étrangère envahit un pays et y installe durablement la guerre, ou la dictature, sous prétexte de lui apporter la démocratie et la paix. Dans l’espace privé comme dans l’espace public, on insulte, on souille, on détruit couramment ce que l’on désire et voudrait honorer. Toujours au nom du bien, les peuples sont les dupes continuelles de ceux qu’ils élisent. Le mensonge d’Etat s’étend à tous les secteurs du pouvoir.

Justement, revenons à toi, Franska. Tu as causé bien des problèmes, dans ces Hautes-Pyrénées où tu erras, déracinée de ta Slovénie originelle. Comme bien d’autres ours avant toi, "réintroduits" pour le bien que vous veulent les bureaucrates européens et leurs idéologues écologistes, tu t’es, sans surprise, attaquée aux troupeaux des hommes. De tes pattes puissantes, tu as ouvert les côtes des brebis comme des portails, dévoré leur cœur ou pire encore, tu l’as délaissé. Le carnage apparut maints matins, dans maintes prairies, à maints bergers, qui en restèrent aussi tremblants et traumatisés que leurs bêtes survivantes.

Une nouvelle fois, la colère des éleveurs a monté. Une nouvelle fois, ils ont protesté bruyamment, soutenus par les élus locaux. Comme depuis des années, l’affaire n’en finissait pas. On a même tenté d’effrayer le touriste en plaçant çà et là sur le territoire de telle commune où tu étais passée, des panneaux avertissant le randonneur que le maire dégageait sa responsabilité en cas de rencontre avec le fauve. Et puis voici qu’en une bien triste aurore de ce mois d’août, un militaire basé sur cette même commune "menacée" écrasait, nous dit-on, l’ourse maudite, sur la route de Lourdes. Aussitôt fait, aussitôt réglé : une tente était dressée autour de l’accident afin de le rendre invisible, et la quatre voies bloquée par les gendarmes cinq heures durant, tandis que les hélicoptères assuraient la surveillance par le haut. Un peu plus tard on montrerait à la télévision la traînée de sang sur le bitume, et le sinistre cadavre de l’ourse éventrée. On expliquerait le scénario : une première voiture aurait, sans s’arrêter, heurté et blessé l’animal, qui aurait poursuivi sa traversée avant d’être frappée une deuxième fois par le véhicule de l’armée.

L’absence de témoins, hors cette mystérieuse conductrice qui n’a songé à se manifester à la police qu’après avoir appris la mort de l’ourse, ne doit bien sûr pas nous faire douter un instant de la véracité des faits. On voit mal les autorités, embarrassées par ce dossier, imaginer de fermer la route à six heures du matin, pour y monter un faux accident avec une ourse repérée, capturée la veille, et déjà sacrifiée. Ou bien poussée sur la voie... Evidemment on peut tout imaginer, pourquoi et comment croire tout ce que l’ «on» nous raconte ? Mais voyons, et la science ? Le rapport d’autopsie confirme, donc... Et puis, à qui aurait profité la mort de Franska ? Euh... A tout le monde ? Puisqu’elle ne se tenait pas bien, puisqu’elle n’avait pas sept ans comme on le croyait mais dix-sept ans, puisqu’elle ne servait ni les intérêts de la région ni les partisans de la réintroduction... ? Un moindre mal eût sans doute été de la ramener chez elle, mais l’homme n’aime pas se désavouer. Si la société est bien basée sur un crime en commun, ses meilleurs complices sont les sourds. Sourds que nous sommes, à force de bruit et d’onanisme audiovisuels.

L’après-midi même, dans le village du militaire qui, après ça, partait vite en vacances, on fêtait, à grands renforts de sono, l’arrivée de la Vuelta, course de vélos espagnole. Au stand de l’Armée de terre, un jeune soldat en treillis distribuait des brochures aux enfants désoeuvrés. Sur celui de la presse locale, on amusait le public avec des quizz sur les derniers vainqueurs du Tour de France. Toute question de dopage oubliée, les gagnants empochaient, ravis, de laids colifichets frappés de publicités. Et du côté des éleveurs, on se promettait d’alimenter à vie en gigot d’agneau l’exécuteur malgré lui d’une pauvre ourse.

Franska, fausse ou vraie victime d’un accident de la route, ourse des sourds, ne nous tends-tu pas un miroir, dans ta triste fin ? Ayant détruit la variété des peuples, réduit le chatoiement de notre humanité, sommes-nous devenus si seuls, sous nos universels tristes tropiques, qu’il nous faut désormais humaniser les bêtes en leur donnant un nom, avant de les détruire, non comme le chasseur tue sa proie, mais dans un réseau de responsabilités administratives et collectives ? Ta mort n’est-elle pas le reflet de la mort que nous nous donnons et nous promettons à nous-mêmes ? Je te vois, je te lis, signe de notre liberté et de notre dignité bafouées. Logique meurtrière d’une pensée calculatrice acharnée contre la pensée sauvage. Ton sang obscènement exposé sur le bitume, il crie de rage, et il est en moi.
Le sang d’une ourse

AYA
article original publié sur naturavox, avec l'autorisation de l'auteur

29 août 2007

NKM demande un complément d'enquête sur la mort de l'ourse Franska

Communiqué du Ministère de l’Ecologie

Mort de l’ourse Franska : Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie demande un complément d’enquête

NKM - Les premiers élèments de l’autopsie pratiquée sur l‘ourse franska à l’Ecole vétérinaire de Toulouse accréditent l’hypothèse de la mort accidentelle de cet animal à la suite d’une collision avec deux véhicules. Toutefois, les plombs de chasse retouvés dans son cadavre attestent des actions hostiles dont cette ourse a été victime depuis son introduction sur le territoire national. A cet égard, les «battues» organisées sur la commune de Generest (65) et les communes voisines durant la période du 8 au 10 juillet 2007 ont été largement relayées par les médias locaux et nationaux.

Compte tenu de ces élèments et afin de faire toute la lumière sur l’ensemble des perturbations subies récemment par l’animal, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, a demandé ce jour un complément d’enquête au procureur de la République. «Il m’apparaît important que l’enquête que vous conduisez suite à la mort de l’ourse Françka puisse s’intéresser à l’ensemble de ces circonstances et que les responsabilités pénales en découlant, qu’elles relèvent de l’application des textes sur les espèces protégées ou de la police de la chasse, puissent être recherchées par vos soins.» précise la secretaire d’Etat dans son courrier au procureur de la République.

Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET a également tenu à rappeler que le renforcement de la population d’ours brun dans les Pyrénées répond aux obligations communautaires de la France en matière de préservation de la biodiversité. A ce propos, la Commission européenne porte une attention particulière aux espèces protégées par la directive habitats.

Telecharger Télécharger le communiqué officiel Enquête sur la mort de l'ourse Franska

20 août 2007

Mémoire ou identité pyrénéenne ?

par Christian Laborde

Franska gît sur le bord de la route, couchée sur le flanc. La caméra du journal télévisé, après avoir filmé sa fourrure d’un roux semblable à celui que l’automne nous offre chaque année, s’attarde sur son pied, le dessous de son pied, les orteils, la voûte plantaire. C’est un pied comme le nôtre, en plus grand, plus grand que celui de Sébastien Chabal, le pied d’un de ces Géants, ces «Becuts» qui vivaient, il y a belle lurette, dans nos montagnes, le pied de «Cama Crusa», ce croquemitaine qui dévalait les pentes pour dévorer les enfants turbulents.

Avec Franska nous partageons le même pied, et je ne suis pas le premier à le dire. Les Lapons appellent l’ours «large pied»(laijalg), les Eskimos, «marcheur» (pissitocq), et les bergers de la vallée d’Aspe, «celui qui va pieds nus»(pèsdescaus).

Franska nous ressemblait et, comme certains d’entre nous, ne faisait pas son âge : on lui donnait sept ans, elle en avait dix-sept. Elle nous ressemblait beaucoup, comme si nous faisions partie de la même famille. C’est le cas, figurez-vous. En Europe centrale, dans les contes populaires, on appelle l’ours «grand-père».

Franska est morte. Les éleveurs de brebis disent leur soulagement : ils n’aspirent, comme tout un chacun, qu’à vivre de leur travail. L’éleveur de brebis que la camera filme, appartient, si j’en crois les mots qui s’inscrivent en bas de l’écran, à une association pour «L’identité pyrénéenne». Je n’aime guère le mot identité : il sent le repli sur soi. De plus, qui dit identité, dit papiers. Qui dit papiers dit police…

Franska est morte. Un jour, un conte de Noël commencera ainsi : «Il était une fois une ourse, nommée Franska, venue en stop d’un pays lointain faire la nouba chez nous…» Ce jour-là, Franska aura pris la place qui lui revient dans notre mémoire. Le mot mémoire est plus beau que le mot identité, et sans danger.

Christian Laborde
dans la Nouvelle République des Pyrénées, le 20/08/2007

15 août 2007

Franska criblée de plombs : AVES FRANCE porte plainte aussi

L’autopsie de Franska nous apprend que l’ourse avait reçu plusieurs dizaines de plombs de petit calibre dans l’arrière train avant de mourir "accidentellement". Devant ces faits, AVES FRANCE, première association à avoir porté plainte contre les organisateurs des battues illégales porte plainte pour tentative de destruction d’espèce protégée...

Quelques jours avant la mort "accidentelle" de Franska, AVES FRANCE avait envoyé une plainte contre les organisateurs des battues illégales d’effarouchement, qui auraient pu conduire l’ourse dans la zone où s’est produit l’accident de la circulation qui lui a été fatal.

L’autopsie de l’ours Franska, dont le compte rendu a été divulgué par le substitut du procureur de la République, nous apprend que « les clichés radiographiques réalisés préalablement à l’autopsie mettent aussi en évidence la présence de plusieurs dizaines de plombs de petit calibre ayant atteint l’animal sur l’arrière-train, il y a environ un mois selon l’expert ».

Cela prouve, s’il le fallait, que les battues d’effarouchement rapportées par la presse ont bien eu lieu et que les participants n’ont pas seulement essayé d’effrayer l’animal, mais se sont permis de lui tirer dessus.

Cet acte est pour nous une tentative de destruction d’espèce protégée et devant ces actes odieux, nous porterons plainte une nouvelle fois. Pour AVES FRANCE, les auteurs de ces battues sont responsables de la mort prématurée de Franska.

Christophe CORET
Président de l’association AVES FRANCE

Autres réactions

Francis Ader
Association de défense de l'identité pyrénéenne (Adip)

«Des traces de plomb sur l'animal, et alors ? Pour moi, ce n'est pas un événement. Ce qui m'intéresse, c'est le problème de fond, celui de la présence de l'ours.»

Marie-Lise Broueilh
Présidente de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen

«C'est une façon habile de l'État de détourner l'attention sur ses propres responsabilités. Quatre jours avant l'accident, l'ourse avait été observée au même endroit. Elle avait déjà traversé cette route. Qu'ont fait alors les services techniques ? »

Pour elle, parler de l'ourse Franska plombée... « C'est une diversion. Le vrai responsable de la mort de l'ours est le préfet qui a laissé faire cet effarouchement sans rien dire… » « Qu'on me prouve que ces plombs ont été lâchés il y a un mois. Comment peut-on être aussi précis ? »

La dépêche écrit le 14 août: "Excédés par ces dégâts, les éleveurs avaient manifesté devant la préfecture de Tarbes, le 11 juillet, avant d'entreprendre des battues dans la vallée du Nistos. La femelle avait été repoussée à coups de pétards sur le territoire de Montréjeau, non loin de l'autoroute. C'était il y a un mois justement. Les coups de fusil datent-ils de cet épisode ? L'hypothèse n'est pas écartée."

13 août 2007

FERUS porte plainte ; Louis Dollo bien informé !

Autopsie de l’ours Franska : l’association FERUS porte plainte pour tentative de destruction d’une espèce protégée

Dans le communiqué du substitut du procureur de la République, nous apprenons que « les clichés radiographiques réalisés préalablement à l'autopsie mettent aussi en évidence la présence de plusieurs dizaines de plombs de petit calibre ayant atteint l'animal sur l'arrière-train, il y a environ un mois selon l'expert ».

En août 2006, Ferus a déposé plainte contre les battues d’effarouchement de l’ourse Franska. Or, l’autopsie de l’animal prouve aujourd’hui que les anti-ours ne se sont pas contentés d’effaroucher mais ont tiré sur cette ourse avec du vrai plomb pour l’abattre.

FERUS porte plainte pour tentative de destruction d’une espèce protégée et porte également plainte contre tous les participants aux battues ayant eu lieu en 2007 dans la continuité de sa plainte déjà déposée en août 2006. Des milices d’autodéfense ne sauraient imposer leur loi sur le sol français !

Louis Dollo, visionnaire inspiré ou informé de ce qui se tramait avant la mort de Franska ?

Il est surprenant de constater que le 26 juillet 2007, soit 14 jours avant la mort de Franska", Louis Dollo, que tout le monde sait complice de l'ASPAP et de l'ASPP de Marie-Lise Broueilh, la pyromane des Pyrénées, publiait sur son site "Pyréniais" une page prémonitoire inspirée par "une source bien informée". Cette page, acerbe suite à la déception des résultats obtenus à la réunion avec Madame Nathalie Kosciusko-Morizet est intitulée : "Franska et le plan ours plombés ! "

On peut y lire actuellement, peut-être va-t-il corriger le tir après la plainte de FERUS : "En attendant que Franska reçoive du plomb dans les prochains jours (l'exaspération des éleveurs est à son comble !), nous pouvons déjà dire que le plan ours a du plomb dans l'aile." Un titre qui risque de lui valoir une visite désagéable. Or dans le compte-rendu de l'autopsie, l'expert a déclaré : "Les clichés radiographiques réalisés préalablement à l’autopsie mettent aussi en évidence la présence de plusieurs dizaines de plombs de petit calibre ayant atteint l’animal sur l’arrière-train, il y a environ un mois", soit aux alentours du 13 juillet. 13 jours plus tard, Louis Dollo en parle, lui qui parcitipe aux réunions stratégiques des ultra pastoraux. Une investigation du côté des amis du journaliste serait bien utile.

"Connaissant la finesse du bonhomme, pigiste à "Lourd d'Infos", je ne serais pas étonné qu'il distille ainsi un secret d'alcôve, tout heureux qu'il est de jouer au pyrénéen pure souche bien que d'adoption, bien intégré dans la mouvance pastorale. On ne le saura jamais.

Telecharger  Télécharger la Plainte de FERUS

Autopsie : On a tiré sur Franska

L'autopsie, effectuée vendredi dernier à l'école vétérinaire de Toulouse sur réquisition du parquet de Tarbes, a cependant également révélé que Franska avait été atteinte il y a un mois environ de plusieurs dizaines de plombs "sans lien avec la mort de l'animal". Mais est-ce moins grave?

"Les résultats de l'autopsie corroborent les constatations effectuées sur les lieux de l'accident le 9 août et les investigations menées. La mort de l'animal a une origine accidentelle", indique dans un communiqué le substitut du procureur de la République, Laurent Griffon.

Franska a été percutée tôt jeudi matin par deux voitures en traversant la RN21 qui longe, sur quatre voies, le gave de Pau, près de Viger, à 5 km au sud de Lourdes.

"L’expert atteste que Franska a subi deux blessures. La première au niveau de l’arrière-train gauche : la patte arrière gauche a été totalement sectionnée, ainsi qu’une artère, causant une blessure hémorragique mortelle à très court terme. La seconde au niveau du thorax : les côtes et la colonne vertébrale ont été fracassées, ce qui a provoqué la mort immédiate de l’ourse", précise le texte.

"Les clichés radiographiques réalisés préalablement à l’autopsie mettent aussi en évidence la présence de plusieurs dizaines de plombs de petit calibre ayant atteint l’animal sur l’arrière-train, il y a environ un mois selon l’expert, qui exclut formellement que ces plombs puissent être à l’origine de la mort de l’ourse", ajoute le communiqué.

Le vétérinaire a constaté qu’avant son décès "l’animal était en bonne santé, sans doute âgé d’environ 17 ans pour un poids de 120 kg", indique-t-il.

Introduite au printemps 2006 dans les Pyrénées, en même temps que quatre autres ours slovènes, Franska avait attaqué depuis plusieurs troupeaux, tuant près de 150 brebis et attisant le mécontentement des éleveurs et des élus de la région, qui demandaient sa capture et son retrait des Pyrénées.

Le royaume de Pireneus

Après ...

  • la mort de Cannelle,
  • les plombs dans le coprs de Papillon,
  • les tirs sur l'ours Boutxi,
  • le miel mélangé avec des morceaux de verre,
  • le saccage d'Arbas,
  • les arbres et les lignes électriques coupées à Massat,
  • les pneus crevés, les menaces et intimidations,
  • les battues illégales à répétition, organisées sur un animal protégé avec invitation de la presse et des télévisions,
  • le port d'armes prohibées,
  • les menaces verbales publiques des éleveurs comme "On va mettre le feu à la montagne"
  • Franska a donc essuyé au moins un coup de feu.

Les tirs n'ont pas été que des tirs en l'air. "Nous n'avons rien contre l'ours, c'était jusque pour l'effrayer" vont-ils encore dire. Pireneus est-il un royaume bananier avec à sa tête le puissant roi ubuesque Louis Ipéhachebé XIV ?

Quand est-ce que la justice va poursuivre ces fauteurs de troubles qui dans la plus totale impunité dictent leurs propres règles au mépris du bien collectif ? Qui va poursuivre ? L'Etat va-t-il laisser faire ? Qu'en disent "Lourd d'Infos", l'ASPAP et "Dépêche toi, il est Midi" ?  Silence de mort, l'info ne va pas dans le sens de leur désinformation.

Impunité dégoutante

Des bruits courent. J'ai peur qu'un jour, quelques partisants de la sauvegarde de la population résiduelle d'ours pêtent les plombs devant la violence des anti ours et l'injustice criante de l'impunité. Il y a un risque croissant de voir certains prendre le maquis et les exactions s'équilibrer. Ce sera alors la guerre ouverte dans les estives et les bergeries, répondant à la guerre des demoiselles. Ce jour là, il sera trop tard, pour la paix, pour le pastoralisme, pour l'ours et pour les Pyrénées. Il est grand temps que l'Etat se reprenne. J'avais cru comprendre que le Président était pour l'ordre juste. On en est loin.

10 août 2007

L'ours slovène ne serait pas adapté aux Pyrénées

On assiste au comble de la mauvaise foi de la part des anti-ours : le fait que Franska a été renversée par une voiture serait la preuve qu'elle n'est pas adaptée aux Pyrénées. Ben voyons!

Pourquoi ne voit-on pas tant de sentimentalisme envers les centaines et les milliers de cerfs, chevreuils ou sangliers, qui meurent tous les ans de collisions routières ? Si l'on suit la même logique que pour Franska, ils n'auraient donc pas leur place dans nos campagnes?

Arrêtons le délire

Oui, un ours traverse les routes, comme tous les animaux sauvages, du campagnol au cerf, en passant par le blaireau ou le loup.

La seule différence, c'est qu'avec des effectifs de plusieurs centaines de milliers d'animaux, un chevreuil ou un sanglier qui se font renverser, c'est de l'ordre de l'anecdote (quand il n'y a pas de pertes humaines bien sûr), quand c'est un ours - dans une population réduite à une vingtaine - c'est une très lourde perte.

Arrêtons le Mythe

Lire : Gérard Caussimont : le mythe de l'ours des Pyrénées

L'ours, qui serait un animal d'une sauvagerie extrême et qui ne vivrait que dans les forêts vierges et reculées des plus profondes vallées montagnardes.

Henri Claverie, éleveur de brebis : « Nos ancêtres ont combattu l'ours, dit-il. En tant qu'éleveur on ne peut qu'être contre la réintroduction de l'ours, ou alors il faut qu'elle s'accompagne de mesures efficaces de protection des troupeaux. Il faudrait arriver à cantonner l'ours dans une zone définie, le nourrir. Cela semble impossible. Ce sont surtout les ours slovènes qui posent problème. Ils sont habitués à vivre près des habitations, se nourrissant parfois dans les poubelles. Ils n'hésitent pas à descendre des montagnes, alors que l'ours brun des Pyrénées, lui, reste dans les hauteurs. Et puis si nous pouvons admirer les pentes verdoyantes, c'est grâce aux troupeaux qui entretiennent les estives

L'ours vit en Slovénie dans des forêts traversées de pistes et de routes. Les Cantabriques ou les Abruzzes ne sont pas les Montagnes Rocheuses, mais des massifs où l'homme et ses activités sont bien présents.

Sentier de montagne en zone à ours dans le massif du Triglav - Slovénie

Slovénie - Massif du Triglav. Sentier de montagne en zone à ours.

L'ours a toute sa place dans le biotope pyrénéen, encore très favorable à l'ours. Pour preuve, 3 ours (Ziva, Mellba et Pyros) ont abouti à la formation, 10 ans plus tard, d'une petite population de 15 ours, par reproductions naturelles et non par lâchers.

Pour finir, je citerai M. Pajetnov, biologiste russe spécialiste de l'ours (mais sans doute moins connaisseur que Lacube et cie qui eux ont certainement une vraie connaissance de l'ours ! Humour bien sûr), disait il y a quelques années, de passage dans les Pyrénées, "la zone de Luchon est la zone la plus favorable que j'ai vue"...

Donc qu'on soit anti-ours, c'est un droit, une opinion qui doit être respectée. Mais qu'on n'utilise pas de faux arguments pour arriver à ses fins, notamment une supposée non adaptation des ours slovènes aux Pyrénées, car biologiquement, tout prouve le contraire. Et ce n'est pas des accidents épisodiques qui peuvent prouver le contraire : plusieurs ours sont tués tous les ans par les voitures en Slovénie...
Ne seraient-ils pas adaptés à la Slovénie, alors qu'ils sont plus de 500 à y vivre, bien plus que nos 20 malheureux plantigrades qui seraient responsables, selon certains, de tous les maux de la région?

Mathieu Krammer
Leis oursoun – Carnivores et rapaces

09 août 2007

Bernard Moules, FRSEA Midi-Pyrénées : Ours à problèmes ? Plus de problème !

Bernard MOULES
Secrétaire général FRSEA Midi-Pyrénées

Bernard MOULES - Nous apprenons la mort accidentelle de l'ourse Franska fauchée par un véhicule au lever du jour sur la quatre voies Lourdes - Argelès. Nous avions avec insistance auprès des pouvoirs publics dénoncé, au delà du ridicule de ce plan de réintroduction d'ours slovènes dans les Pyrénées, le caractère atypique de cette ourse à problèmes qui élisait domicile dans les villages et se promenait sur routes et autoroutes.

Bernard MoulesBernard Moules aurait pris cette photo d'ours se promenant sur les routes et autoroutes

Nous avions dénoncé avec force le danger qu'elle représentait en matière de prédation sur les troupeaux mais surtout pour la sécurité des citoyens. Il est heureux qu'il n'y ait pas eu de drame humain pour autant que notre niveau d'information puisse en témoigner.

Nous constatons néanmoins que l'entêtement du ministère de l'écologie, sous l'emprise des lobbies écologistes, à ne pas vouloir appréhender la réalité de la situation que décrivent depuis longtemps les responsables professionnels et politiques locaux, aurait pu conduire au pire.

Tout autant que nous constatons que sans cet entêtement Franska gambaderait encore en Slovénie si son retrait avait été effectif en début de saison.

Nous espérons que la disparition de Palouma et de Franska mettra un terme à ce plan de réintroduction utopique et fossoyeur d'argent public destiné simplement à faire rêver ceux qui n'ont pas à vivre avec l'ours et plus généralement avec les grands prédateurs.

Bernard MOULES
Secrétaire général FRSEA Midi-Pyrénées

Claude-Marie Vadrot : La fin annoncée de l'ourse Franska Franska

L'ourse, d'origine slovène, Franska, n'est pas morte à cause d'un ou deux automobilistes, mais parce que des bergers-chasseurs et des chasseurs de la région l'ont poussée à coups de fusils vers une plaine et une zone où elle n'avait rien à faire. Rien.

Je crois qu'il faut arrêter ce cirque: nous (Français) ne méritons pas de conserver une population d'ours bruns dans les Pyrénées. Il faut en tirer les conséquences et l'histoire de la protection de la nature et de la biodiversité, un jour, jugera. En rappelant, mais trop tard, que quelques excités n'ont pas voulu de cet aspect de la vie sauvage. Comme d'autres détruisent les nids d'hirondelles en ville "parce que c'est sale", comme d'autres racontent dans les journaux que les vautours "s'attaquent aux vaches vivantes" ou que "les renards s'attaquent aux vieilles dames".

La mort de Franska est la victoire des nuls et la défaite d'un pouvoir (gauche et droite) ayant toujours reculé devant quelques groupes de pression minoritaires puisque le sondage du journal régional récemment publié donnait prés de 80% de gens de la région en faveur du maintien et du renforcement des ours.

Et le Grenelle de l'Environnement n'a même pas prévu un groupe de travail sur les espèces et la vie sauvage. Ce qui n'empêche pas Nicolas (béni soit son nom) de dépenser des dizaines de tonnes de C02 pour venir enterrer un cardinal... Il ne reste plus qu'à emprisonner Bové et on sera tranquilles !

Claude-Marie Vadrot

Source : L'Horreur écologique