ETO Equipe Technique Ours

06 février 2009

Suivi de l'ours brun dans les Pyrénées françaises - Rapport annuel 2007

Par le réseau Ours Brun et l’Equipe Technique Ours (ONCFS)

Sommaire

Introduction

  • Objectifs 2007
  • Méthodes d’étude
  • Contexte 2007

Zone d’étude, échantillonnage

  • Pression d’observation (Noyau occidental / Noyau centro-oriental)
  • Activité du Réseau Ours Brun
  • Collaboration franco-hispano-andorrane
  • Formation

Suivi de la population d'ours des Pyrénées en 2007

  • Les indices indirects (Suivi d’itinéraires – Stations de suivi / Suivi photographique / Observations visuelles / Données espagnoles)
  • Tailles des empreintes de pattes
  • Typages génétiques
  • Mise en relation avec les manifestations simultanées (Noyau occidental / Noyau centro-oriental)
  • Tendance démographique par le calcul de l’ Indice d’Abondance
  • Suivi télémétrique

Prédation de l'ours des Pyrénées en 2007

  • Bilan des dommages d’ours bruns sur le versant français des Pyrénées
  • Evolution de la prédation de l’ours brun sur le versant français des Pyrénées depuis 1996 (rûchers, bétail domestique)

Aire de distribution
Effectifs
Comportements individuels, observations particulières
Conclusions
Annexes cartographiques

Tous les graphiques, images, tableaux, illustrations et annexes cartographiques sont dans le rapport complet. Télécharger le rapport complet.

Rédigé par J.J. CAMARRA, D. COREAU et P. TOUCHET, ONCFS ETO
DIRECTION DES ETUDES ET DE LA RECHERCHE
Centre National d'Etudes et de Recherches Appliquées sur les Prédateurs et Animaux Déprédateurs
Réseau Ours Brun – Equipe Technique Ours
14, rue Marca, 64 000 Pau – France
Impasse de La Chapelle, 31 800 Villeneuve de Rivière – France

ETO : Rapport d'activités des techniciens pastoraux itinérants 2008

L'Equipe des techniciens pastoraux itinérants de l'Equipe Technique Ours a publié son rapport d'activités 2008.

Introduction

L'association Pays de l'Ours - ADET a organisé le Symposium Life Coex: Des ours, des loups et des hommes: initiatives européennes pour la cohabitation et la valorisation à Luchon au mois de mai. Or, plusieurs prédations d'ours avaient été constatées précisément sur la commune de Luchon peu de temps avant la tenue de cette rencontre.

Des dégradations ont eu lieu sur la voie publique et les tensions développées en 2006 et 2007 lors des lâchers d'ours et des prédations de Franska se sont ravivées. Toutefois, le colloque a eu lieu et le travail des 12 années d'existence des Techniciens Pastoraux Itinérants a pu être présenté.

Nous avons souligné que les missions principales des Techniciens Pastoraux Itinérants visent à apporter une aide concrète et efficace aux professionnels agricoles évoluant en zone à ours. Leurs interventions concernent toute la chaîne des Pyrénées mais se concentrent souvent sur les zones subissant des prédations récurrentes en Pyrénées centro-orientales.

Les techniciens ont finalement travaillé dans un contexte apaisé pendant toute la saison 2008 car la tension développée est très vite retombée, en partie du fait de la baisse du nombre de prédations. Ainsi, l'ensemble de l'équipe a continué à s'investir pour aider les éleveurs transhumants, les bergers et les apiculteurs à travailler sur les 6 départements concernés par la présence de l'ours brun dans les Pyrénées.

Le personnel a même été conforté grâce à la reconduction des 2 techniciens embauchés par la Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt des Pyrénées-Atlantiques.

Le niveau de prédation est retombé à des valeurs nettement inférieures à 2006 et 2007 et le plus souvent sur des secteurs déjà touchés les années antérieures aux lâchers de 2006. Les protections de nuit ont été limitées d'une manière générale, ce qui a permis de redéployer des moyens sur l'appui technique, les visites d'estives et la formation.

Cette saison a également été marquée par le transfert de la plupart des mesures d'accompagnement du Ministère en charge de l'Ecologie vers le Ministère en charge de l'Agriculture. Les Directions Départementales de l'Agriculture et de la Forêt ou de l'Equipement et de l'Agriculture vont désormais traiter ces mesures avec leur Ministère de tutelle et les agriculteurs pourront passer par des prestataires de service pour établir leur dossier. Cela présente l'avantage de mobiliser les professionnels agricoles sur cette thématique.

Cette année est donc une année de transition sur de nombreux points et il est intéressant de voir comment elle peut inclure le travail des TPI dans un programme où les mesures pastorales sont gérées par le monde agricole et où les ours n'auront plus d'émetteurs faute de batterie.

Pour cela, il convient d'évoquer la composition et l'organisation de l'équipe avant de détailler le bilan des interventions réalisées en 2008. Cela permettra de replacer l'action des TPI dans un cadre plus large de réorganisation au niveau ministériel.

Conclusion

Les missions effectuées en 2008 ne se sont pas concentrées sur la protection de nuit, contrairement aux années 2006 et 2007. C'est un aspect positif car ce type d'intervention n'est pas viable, ne fonctionne pas ou peu sur des ours non équipés d'émetteurs et surtout cela ne participe au développement des mesures de protection et aux changements de pratiques.

La grande majorité des prédations de cette année est localisée sur des secteurs déjà touchés les années précédentes (exceptions de Luchon (31); Lapège (09) et Comus (Il)) sans que les professionnels agricoles ne mettent en place des mesures d'accompagnement. On peut tout de même souligner l'initiative isolée de l'estive ovine d'Orlu qui a mis en place des filets pour le regroupement nocturne de son troupeau en présence de chien de protection.

Jusqu'en 2008, le Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire (MEEDDAT) a concentré ses efforts financiers pour une meilleure cohabitation entre pastoralisme et ours, en développant la prévention pour limiter le nombre d'attaques sur les troupeaux. Les mesures les plus souscrites sont l'aide au gardiennage et l'utilisation de chiens de protection sur les estives (voir bilan DIREN sur le site Ours de l'Etat)  mais les parcs de nuit, les clôtures et les portages ont également été financés.

A partir de cette année, ces mesures seront portées, pour la plus grande partie, par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche avec un cofinancement européen dans le cadre du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne (arrêté du 10 avril 2008 consultable sur Légifrance). Ce transfert est positif et permettra peut-être de faciliter l'acceptation des mesures par la profession agricole. Les engagements se font désormais dans le cadre de contrats sur 5 ans avec des cahiers des charges stricts et des conditions d'éligibilité qui ont évolué par rapport à 2007. Des contrôles sur place seront également effectués pour vérifier l'application effective des mesures souscrites.

L'avenir nous dira si la modification du montant des aides financières influencera le nombre de souscripteurs. L'aide au gardiennage par un berger connaît probablement la plus grosse modification avec la mise en place de 3 catégories selon que des mesures de protection existent ou non et que l'estive soit en zone Natura 2000 (ou liée à la directive sur l'eau) ou pas. Enfin, des plafonds ont été instaurés pour la plupart des mesures.

Certaines initiatives sont encore prises en charges par le MEEDDAT et le soutien au portage du matériel des bergers et les mesures de protection destinées aux ruchers restent financés à hauteur de 100 %. L'appui technique apporté aux éleveurs, bergers et apiculteurs par les TPI ou les animateurs chiens de protection est gratuit et l'indemnisation des dommages d'ours constatés demeure financée sur des crédits du Ministère en charge de l'écologie.

L'année 2009 sera probablement une année sans organisation d'héliportages ou de portages et probablement sans ours équipés d'émetteurs la seconde moitié de l'année. Les TPI devront se recentrer sur les missions effectuées entre 2001 et 2005. A ce titre, l'année 2008 a servi de transition et a démontré que l'équipe de TPI est une équipe d'intervention capable d'aider les éleveurs en dehors d'un contexte de prédations importantes et sans ours équipés d'émetteurs.

Télécharger le rapport complet. (PDF 6 Mo, 37 pages)

19 décembre 2008

Suivi : sur la trace des ours dans les Pyrénées

Frédéric Decaluwe,
Équipe Technique Ours de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

Qui assure le suivi des ours dans les Pyrénées françaises ?

Le suivi de la population d’ours a été confié par le ministère en charge de l’écologie à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) en 1983. Il repose sur un réseau de correspondants bénévoles répartis sur l’ensemble de la chaîne, le Réseau Ours Brun (ROB). Ce réseau est animé par l’Equipe Technique Ours (ETO) de l’ONCFS qui centralise les données, en effectue la synthèse et diffuse les résultats.

Quelles méthodes sont employées pour réaliser le suivi des ours lorsqu’ils ne sont pas équipés d’un émetteur ? Empreintes, poils, crottes, griffades, dégâts… permettent de connaître la population d’ours présente dans ce massif. Comment les hommes chargés de ce suivi s’y prennent-ils ?

Il existe deux types de suivi : le suivi indirect basé sur les indices laissés par les ours et le suivi direct des animaux équipés d’émetteur. Ce dernier est rare car les ours sont des animaux sauvages : ils n’ont pas vocation à être équipé d’un émetteur en permanence.

L'équipement d’un ours peut être envisagé à titre provisoire et exceptionnel, notamment pour un suivi scientifique, ce qui était le cas des cinq ours relâchés en 2006 dans les Pyrénées (pour plus d’information sur le suivi des ours par GPS, voir Empreinte Ours N°1).

Aujourd’hui sur les 15 à 19 ours présents dans les Pyrénées, seuls trois sont équipés d’un émetteur. La connaissance de cette population repose donc principalement sur le suivi indirect.

Le suivi au cas par cas, dit extensif

Tout un chacun peut être amené à observer des indices de présences d’ours. Il est important de les signaler à l’ETO ( tél. : 05 62 00 81 08). Ainsi un membre de l’ETO ou du ROB peut contacter l’observateur pour recueillir son témoignage et valider ou non l’information. Les vérifications concernent souvent des observations visuelles ou des empreintes.

Les dégâts sur les troupeaux domestiques ou les ruchers occasionnés par les ours pour se nourrir font l’objet d’une expertise de terrain par les agents de l’ONCFS ou du Parc National des Pyrénées. L’expertise des dommages et des témoignages renseigne sur la présence d’ours et participe ainsi à la connaissance de l’espace occupé par l’espèce (aire de répartition).

Le suivi systématique

Au printemps quand le sol est humide - donc favorable au relevé d’empreintes - et quand les ours se déplacent beaucoup, des itinéraires sont parcourus toutes les semaines afin de relever des indices sur des zones du massif fréquentées habituellement par les ours. Des appareils photos automatiques peuvent aussi être installés sur ces itinéraires.

A la même période, des opérations de recherche simultanée d’ours sont menées dans le noyau occidental pour estimer le nombre minimal d’individus. Cette technique permet de détecter la présence de plusieurs ours au même moment en parcourant des itinéraires simultanément pendant plusieurs jours sur une zone déterminée.

Les stations de suivi ou pièges à poils sont constitués d’un appât alimentaire (maïs ou viande) suspendu à un arbre et d’un appât odorant placé dans un petit enclos de fil barbelé. L’ours doit passer sous le fil pour atteindre l’appât et y laisse généralement des poils que l’on recueille. Ce dispositif permet un suivi systématique sur une vaste zone.

Le suivi indirect permet de récolter du matériel génétique (les poils et les crottes contiennent de l’ADN). Leur analyse détermine l’espèce (est-ce bien des poils ou des crottes d’ours ?), la lignée (souche pyrénéenne ou slovène), le sexe et dans certains cas l’identité de l’animal.

En recoupant ces informations avec les indices de présences simultanées, les tailles d’empreintes et les photos, il est possible de déterminer un effectif minimum d’ours détectés au cours de la saison, d’estimer certains paramètres démographiques de la population (survie, natalité) et la zone de présence de l’espèce sur le massif pyrénéen. Plus de 600 indices, essentiellement des empreintes, des dégâts et des poils, sont validés chaque année.

Source : Empreinte ours n°5 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées - Décembre 2008.

16 décembre 2008

Des patrouilles ours dans les Pyrénées

Ours, rapprochement entre la France et le Val d'Aran

«Casser la frontière et offrir les meilleurs services aux Espagnols, comme aux Français, c'est la volonté affichée hier à Viella. Le consul général de France à Barcelone, Pascal Brice, s'est rendu dans le Val d'Aran, accompagné du sous-préfet de Saint-Gaudens, Nicolas Honoré, à l'invitation du président du conseil général, Francisco Javier Boya. « Le Val d'Aran est pour nous un territoire particulier qui nous intéresse directement », constate le consul général de France. » (...)

« Nous souhaitions redire au syndic la volonté du gouvernement français de préserver la concertation, confie Pascal Brice. Le sous-préfet et le syndic travaillent en ce moment à un protocole qui permettra aux experts de collaborer sur la question de la faune sauvage ». Ce protocole devrait faciliter l'échange d'informations entre l'ONCFS et leurs homologues aranais. Et Francisco Boya de conclure : « Ces relations entre le Comminges et le Val d'Aran existent depuis longtemps, entre les hommes. Il nous faut un cadre légal pour les pérenniser ».

Des patrouilles ours dans les Pyrénées?

Rappelons que le 13 novembre s’est tenue à Barcelone une réunion de Groupe de Travail Technique de l’ours brun dans les Pyrénées réunissant les gouvernements français, espagnol et aragonais, la Generalitat et le Conseil Général d’Aran.

Les participants avaient proposé de créer des « patrouilles ours » dans les Pyrénées comme celles qui existent dans les Cantabriques afin de mieux connaître l’espèce (dispersion, reproduction, occupation du territoire). Ainsi, une meilleure information pourra être fournie aux citoyens comme l’a indiqué le Ministère de l’Environnement espagnol.

Tous les participants de la réunion pensaient d’ailleurs nécessaire de favoriser l’information, la formation et la connaissance de l’ours auprès des Pyrénéens.

De plus, diverses mesures avaient été proposées pour renforcer la cohabitation entre les activités humaines, notamment l’élevage et la chasse, et les ours. Les mesures de soutien à l’élevage et à l’apiculture ont également été évaluées et montrent une réduction au minimum des dégâts dus à la prédation de l’ours.

Sources : DDM, Europa Press, Terra Actualidad, WebMurcia

Bernard Allegre, l'éleveur de Bruges ne sera pas indemnisé

Rebondissement hier dans l’affaire de Bernard Allègre, cet éleveur de Bruges dont le troupeau avait été victime, début octobre, de plusieurs attaques d’animaux non identifiés…
Bilan : 10 brebis mortes, sept blessées et une disparue. Philippe Jamet, le sous-préfet d’Oloron dit non au "bénéfice du doute".

De là à voir la patte de l’ours, il n’en fallait pas plus pour qu’une demande en indemnisation soit établie auprès de la commission départementale des dégâts des ours. Laquelle, malgré l’avis des spécialistes et scientifiques de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) affirmant formellement qu’il ne pouvait s’agir dans ce cas précis ni d’un ours, encore moins d’un loup ou d’un lynx comme certains se plaisaient à le faire croire (NDLB : Lire «Bons baisers de l’ours de Bruges» et  «Louis Dollo, le générateur de rumeurs»), préférait malgré tout admettre «au bénéfice du doute» le principe de l’indemnisation au cours de sa réunion du 5 décembre.

Mais Philippe Jamet, le nouveau sous-préfet d’Oloron, a prévenu M. Allegre par courrier en date du 9 décembre, que «conformément aux dispositions du Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées», il ne pouvait suivre l’avis de ladite commission «qui contredit les conclusions sans ambiguïtés des analyses des dégâts subis par (son) troupeau», analyses corroborées par les spécialistes de l’ONCFS et par les experts du centre CNERA de Gières (38).

M. Jamet affirme donc à l’éleveur être « ainsi conduit à donner une suite défavorable à votre demande d’indemnisation. »

Source : La république des Pyrénées du 16/12/08

Une décision courageuse et logique

Louis Dollo avait raison de titrer : "Les prédations des estives de Bruges : une affaire pas nette!", mais le flou ne venait pas de l'ETO, mais des éleveurs...

Les indemnisations « au bénéfice du doute » ont été nombreuses. Pour « faire plaisir » aux éleveurs et « apaiser » la situation, le processus d’indemnisation a été dévoyé, l’Equipe Technique Ours injustement attaquée la barque de l’ours injustement « chargée ».

A ces indemnisations douteuses, il y a lieu de rajouter plusieurs manipulations maladroites de la part des éleveurs, qui bizarrement ont été très médiatisées sur le web (plus le mensonge est gros, plus il a des chances de passer) et où le refus justifié des indemnisations est utilisé par les mêmes pour dénigrer les spécialistes chargés de juger la réalité des dégâts et demander leur remplacement par des personnes plus proches des éleveurs et plus favorables à leurs intérêts : leurs vétérinaires ou des responsables de syndicats agricoles.

14 novembre 2008

Résultats des analyses génétiques ours – 1ère session 2008. Analyse de Mathieu Krammer

L’Equipe Technique Ours a reçu le résultat des analyses génétiques effectuées par le Laboratoire d’Ecologie Alpine basé à Grenoble. Les analyses traitent des échantillons prélevés sur le terrain entre mi-mars et début septembre 2008.

Sur les 80 échantillons envoyés :

  • 5 n’avaient pas d’ADN amplifiable,
  • 9 comportaientt de l’ADN illisible ou appartenant à une autre espèce et
  • 66 ont été exploitables.

10 individus différents ont été identifiés, dont 2 animaux encore équipés d’un émetteur, mais aucun nouveau génotype n’a été repéré.

Noyau Occidental

Les échantillons du noyau occidental ont permis d’identifier 2 ours mâles (M) :

  • Néré (M) possible [* L’échantillon permet de connaître l’individu avec certitude si l’ADN extrait est de bonne qualité, avec une bonne probabilité s’il est de qualité moindre et seulement la souche (slovène ou pyrénéenne) s’il est de mauvaise qualité.] grâce à des poils sur Etsaut, Laruns et les Eaux-Chaudes (64) début juillet puis avec certitude grâce à des poils prélevés en Espagne, sur la commune d’Anso, mi-juillet. On retrouve également de l’ADN de souche slovène sur Estaing (65) début juin et sur Laruns et Cette-Eygun (64) fin juillet, mais la qualité de l’échantillon ne permet pas d’identifier l’individu.
  • Aspe-Ouest (M) est identifié plusieurs fois en Espagne. D’abord sur la commune D’Anso en mars et juin (poils) et sur la commune de Garde en avril (poils et crotte). Ces échantillons font suite aux observations d’un ours pelé et permettent de l’identifier avec certitude. Il est ensuite localisé à Etsaut (64) début juillet pour finalement revenir en Espagne, à Anso, fin juillet. D’autres échantillons ont mis en évidence de l’ADN de souche pyrénéenne à Estaing (65) début août et à Anso mi-juillet, mais la qualité de l’échantillon ne permet pas d’identifier l’individu.

Noyau Central

Les échantillons du noyau central ont permis d’identifier 6 individus dont 5 femelles :

  • Hvala (F) suite à une prédation sur la commune de Bagnères-de-Luchon (31) au début du mois de mai, puis à plusieurs reprises pendant l’été sur les communes de Melles et Boutx (31). Des poils ont été prélevés à Boutx en juin et sur Melles en juillet.
  • Pollen (F) suite à une prédation sur la commune de Bagnères-de-Luchon (31) au début du mois de mai, puis à Melles (31) vers la fin du mois de juin.
  • Bambou (F) suite à une prédation sur la commune de Bagnères-de-Luchon (31) au début du mois de mai.
  • Ziva (F) possible [* même remarque] sur la commune de Melles (31) grâce à plusieurs échantillons de poils anciens et récents en avril sur un sapin, puis avec certitude avec des poils récoltés au mois de juillet.
  • Pyros (M) possible [* même remarque] grâce à une crotte récoltée sur la commune de Couflens (09) le 25 juin.
  • Caramelles (F) est identifiée à Couflens (09) grâce à des poils estimés de la deuxième quinzaine de juin.

D’autres échantillons ont permis de mettre en évidence de l’ADN de souche slovène, mais dont la qualité n’était pas suffisante pour identifier l’animal : une crotte et des poils lors d’une prédation début mai à Bagnères-de-Luchon (31) et des poils datés de la deuxième quinzaine d’avril à Melles (31)

Noyau Oriental

Les échantillons du noyau oriental ont permis d’identifier 2 mâles :

  • Boutxy (M) grâce à des poils prélevés en mai à Siguer et Caussou (09), puis à Mérens et Mijanes (09) fin juin. Il est également identifié à Ascou et Siguer en juillet avant de l’être à nouveau sur Mérens et Orlu (09) en août et début septembre.
  • Balou est identifié grâce aux échantillonnages effectués après l’accident de chasse survenu à Prades (09) le 7 septembre.

D’autres échantillons de poils ont révélé de l’ADN d’ours de souche slovène, mais sans pouvoir identifier l’individu par manque de qualité de l’indice :

  • des poils prélevés sur la commune de Mérens (09) en avril,
  • des poils à Gestiès et Siguer (09) en juin,
  • des poils à Ascou (09) en juillet,
  • des poils à Siguer (09) en août et enfin
  • des poils estimés du 1er septembre à Mérens (09).
  • Des échantillons de poils et une crotte prélevés à Comus, St Martin Lys et Marsa (11) en juin et juillet n’ont pas permis de connaître l’individu mais il s’agissait vraisemblablement de Balou, suivi avec son émetteur intra abdominal.

L'ours Hvala est arrivée gravide

L’analyse de la paternité des oursons Pollen et Bambou permet d’exclure tous les mâles dont le génotype a déjà été déterminé dans les Pyrénées. Le père de ces oursons serait très certainement un ours slovène, avant la capture de Hvala en mai 2006.

Les échantillons prélevés après le début du mois de septembre ne seront analysés qu’au printemps 2009, lors de la prochaine session génétique.

Détails des échantillons envoyés pour analyses génétiques OURS - 1ère session 2008 Détails des échantillons envoyés pour analyses génétiques OURS - 1ère session 2008
(PDF -619 ko - 7 pages) : Ce document comprend également les cartes des échantillons génétiques d'ours brun relevés dans les 3 noyaux : le noyau occidental (Navarre, Béarn, Aragon, Hautes-Pyrénées), le noyau central (Haute Garonne, Catalogne, Ariège), le noyau oriental (Ariège, Aude) ainsi que la liste et les analyses détaillées des échantillons.

Analyse de Mathieu Krammer

Les analyses génétiques 2008 n’apportent malheureusement rien de bien nouveau…

En 2008 (au moins jusqu’en septembre), 10 ours déjà connus ont donc été individualisés par la génétique dans les Pyrénées françaises. L’année dernière, au même moment, 7 génotypes connus avaient été découverts (Néré, «Aspe Ouest » et Cannelito dans les Pyrénées occidentales ; Hvala, une de ses oursonnes et Ziva dans les Pyrénées centrales et Boutxy en Haute-Ariège).

Bien que la pression d’échantillonnage semble faible dans les Pyrénées (bien plus que pour d’autres populations beaucoup mieux suivis génétiquement, comme celle du Trentin, dans les Alpes italiennes), force est de constater que depuis 2004, aucun nouveau génotype n’a été découvert sur le versant français des Pyrénées.
Difficile d’imaginer que plusieurs individus puissent passer si longtemps à travers les mailles du filet, même si les mailles sont très larges !

Toutefois, il est quand même important de rappeler que les analyses génétiques complètent le suivi de terrain, mais ne s’y substitue pas. Pour preuve, en 2007, 7 ours ont été individualisés génétiquement comme rappelé plus haut. Mais l’ensemble des données du suivi (cumulant génétique, observations simultanées et à distance, relevés d’empreintes, photos…) indiquait la présence minimale de 14 à 19 ours sur l’ensemble de la chaîne :

  • 3 animaux ont été individualisés dans les Pyrénées occidentales franco-espagnoles : Néré, «Aspe Ouest» et Cannelito.
  • 9 ours au minimum dans les Pyrénées centrales franco-espagnoles. On est moins sûr pour 4 autres.
  • 2 autres individus dans la partie orientales des Pyrénées : l’ours mâle Boutxy et un autre de taille moyenne.

L’ensemble des données du suivi 2008 devraient être connues durant l’hiver ou au tout début du printemps 2009. Elles permettront de connaître l’effectif réel comptabilisé – en 2008 – par l’Equipe Technique Ours, le Réseau Ours Brun et les équipes espagnoles.

Enfin, on ne peut que regretter que depuis 2006, nous n’ayons aucun résultat d’analyses génétiques d’échantillons collectés dans les Pyrénées centrales espagnoles, alors qu’au moins la moitié des zones à ours pyrénéennes se trouvent précisément en Espagne et que sans doute au moins (si ce n’est plus de) la moitié de la population d’ours des Pyrénées se trouve en Espagne…

Mathieu Krammer

02 octobre 2008

Suivi de l'ours Balou, le point au 2 octobre 2008

A la suite du tir par balle sur un ours par un chasseur dimanche 7 septembre lors d’une battue au sanglier sur la commune de Prades en Ariège (à la limite du département de l’Aude), des moyens ont été mobilisés pour retrouver l’animal, déterminer la gravité de ses blessures et intervenir si nécessaire. Des poils et une esquille d’os de 2cm ont été retrouvés sur place. L’examen des poils prélevés sur les lieux de l’accident a confirmé qu’il s’agissait bien d’un ours et les indications de télémétrie ont montré la présence de l’ours Balou aux alentours. L’identité de l’ours blessé a été confirmée le 26 septembre avec le résultat des analyses génétiques des échantillons prélevés sur place. L’ours Balou a été lâché en 2006 dans les Pyrénées dans le cadre de la mise en oeuvre du plan de restauration et de conservation de la population d’Ours brun.

Après une intervention sur place dans les heures qui suivaient, le 8 septembre, une équipe de 10 agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) était sur la commune de Comus dans l’Aude où l’ours Balou avait été localisé à proximité de son gîte : des membres de l’Équipe Technique Ours et des services départementaux ariégeois et audois de l’ONCFS, accompagnés par deux vétérinaires. L’objectif était de localiser précisément l’animal à l’aide de l’émetteur intraabdominal encore actif dont il est équipé, de tenter de l’apercevoir afin de diagnostiquer son état et éventuellement d’effectuer une intervention vétérinaire pour le soigner.

Dans l’après-midi, alors que l’ours avait été localisé précisément, l’équipe a tenté une approche : l’animal détectant cette présence humaine a quitté son gîte avant d’avoir pu être vu. L'observation de la zone n’a pas montré de traces de sang ou d’autres signes manifestes de blessure. Le suivi effectué grâce à son émetteur a indiqué qu’il a effectué alors un déplacement sur un à deux kilomètres.

Compte tenu de ces éléments et après avis des experts présents, il a alors été décidé de ne pas prendre le risque d’une nouvelle approche, qui pouvait se révéler dangereuse pour l’animal, ainsi que pour l’équipe.

Jusqu’à la fin du mois de septembre une équipe de 4 personnes était présente sur le terrain et chargée d’observer l’évolution du comportement spatial de l’animal. L’ours Balou a régulièrement montré des signes d’activité nocturne avec des déplacements parfois conséquents et accompagnés de fortes variations d’altitude dans des terrains accidentés. Son passage sur des terrains meubles a permis de relever ses traces et de confirmer qu'il se déplace en ne posant pas la patte avant-droite.

Des pièges à lacet à patte (inoffensifs) et des appâts ont été installés dans le secteur que Balou fréquente (Comus en Aude, Montségur en Ariège), de façon à essayer de le capturer à la fois pour lui retirer son collier GPS qui a cessé de fonctionner et également pour lui prodiguer des soins, si nécessaire. En cas de capture, une fois ces interventions réalisées, l’animal sera relâché sur place. 3 appareils photos automatiques ont également été installés sur des pistes fréquentées par Balou pour tenter de le photographier et visualiser la patte blessée.

Etant donnée l’abondance de nourriture disponible dans le secteur forestier qu’il occupe (baies, insectes, fruits secs…) et peut-être parce qu’il est devenu très méfiant, cet ours n’a pas été attiré par les appâts positionnés à côté des pièges.

Depuis le 1er octobre, le dispositif de suivi de l’animal est allégé. Deux personnes assurent cette mission sur le terrain. Les pièges ne sont plus tendus mais les appareils photos restent en place. Selon les opportunités, les pièges seront réactivés ou une téléanesthésie de l’animal libre sera tentée.

Source : Le site de l'Etat sur l'ours, ETO 

23 septembre 2008

L'ETO essaie de capturer l'ours Balou

Des pièges inoffensifs pour capturer et soigner Balou, l'ours blessé par un chasseur

FOIX (Ariège) - Des pièges inoffensifs ont été mis en place pour capturer et soigner Balou, l'ours slovène blessé par un chasseur le 10 septembre dernier lors d'une battue au sanglier près de Prades (Ariège) et localisé dans la région, a-t-on appris mardi auprès de l'équipe du suivi de l'ours.

Balou, qui porte un émetteur radio placé dans l'abdomen permettant de le suivre à distance, se déplace chaque nuit toujours dans des zones très escarpées entre Prades, commune voisine de Comus (Aude) et des villages limitrophes, a indiqué Frédéric Decaluwé, un des membres de l'équipe.

Malgré sa blessure à la patte avant droite, "il a un comportement normal, simplement ses déplacements nocturnes à la recherche de nourriture ont désormais une amplitude légèrement inférieure", a-t-il ajouté.

Les pièges, dont le nombre n'a pas été précisé, sont constitués d'un appât et d'un câble en acier relié à une alarme et attaché à un arbre, qui enserre une patte de l'animal et le retient sans le blesser. Ils ont été disposés dans des zones moins escarpées où l'animal risque de venir chercher de la nourriture.

La possibilité d'endormir à distance cet ours dont le poids est estimé entre 100 et 150 kilos a été écartée car il risque de chuter et de se blesser dans ces zones escarpées, le produit anesthésiant faisant effet avec un décalage.

"C'est un animal qui craint la présence de l'homme et qui se repose dans des endroits très retirés dans la journée: il ne présente aucun danger pour l'homme", a indiqué M. Decaluwe.

L'équipe de suivi technique, qui dépend de la Direction régionale de l'environnement (Diren), comprend également des membres de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et deux vétérinaires.

Balou, un mâle de 6 ans, a été lâché le 2 juin 2006 dans les Pyrénées dans le cadre d'un plan d'introduction de cinq ours slovènes contesté par de nombreux éleveurs pyrénéens et des élus locaux.

Source : Romandie

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