ETO Equipe technique ours

14 novembre 2008

Résultats des analyses génétiques ours – 1ère session 2008. Analyse de Mathieu Krammer

L’Equipe Technique Ours a reçu le résultat des analyses génétiques effectuées par le Laboratoire d’Ecologie Alpine basé à Grenoble. Les analyses traitent des échantillons prélevés sur le terrain entre mi-mars et début septembre 2008.

Sur les 80 échantillons envoyés :

  • 5 n’avaient pas d’ADN amplifiable,
  • 9 comportaientt de l’ADN illisible ou appartenant à une autre espèce et
  • 66 ont été exploitables.

10 individus différents ont été identifiés, dont 2 animaux encore équipés d’un émetteur, mais aucun nouveau génotype n’a été repéré.

Noyau Occidental

Les échantillons du noyau occidental ont permis d’identifier 2 ours mâles (M) :

  • Néré (M) possible [* L’échantillon permet de connaître l’individu avec certitude si l’ADN extrait est de bonne qualité, avec une bonne probabilité s’il est de qualité moindre et seulement la souche (slovène ou pyrénéenne) s’il est de mauvaise qualité.] grâce à des poils sur Etsaut, Laruns et les Eaux-Chaudes (64) début juillet puis avec certitude grâce à des poils prélevés en Espagne, sur la commune d’Anso, mi-juillet. On retrouve également de l’ADN de souche slovène sur Estaing (65) début juin et sur Laruns et Cette-Eygun (64) fin juillet, mais la qualité de l’échantillon ne permet pas d’identifier l’individu.
  • Aspe-Ouest (M) est identifié plusieurs fois en Espagne. D’abord sur la commune D’Anso en mars et juin (poils) et sur la commune de Garde en avril (poils et crotte). Ces échantillons font suite aux observations d’un ours pelé et permettent de l’identifier avec certitude. Il est ensuite localisé à Etsaut (64) début juillet pour finalement revenir en Espagne, à Anso, fin juillet. D’autres échantillons ont mis en évidence de l’ADN de souche pyrénéenne à Estaing (65) début août et à Anso mi-juillet, mais la qualité de l’échantillon ne permet pas d’identifier l’individu.

Noyau Central

Les échantillons du noyau central ont permis d’identifier 6 individus dont 5 femelles :

  • Hvala (F) suite à une prédation sur la commune de Bagnères-de-Luchon (31) au début du mois de mai, puis à plusieurs reprises pendant l’été sur les communes de Melles et Boutx (31). Des poils ont été prélevés à Boutx en juin et sur Melles en juillet.
  • Pollen (F) suite à une prédation sur la commune de Bagnères-de-Luchon (31) au début du mois de mai, puis à Melles (31) vers la fin du mois de juin.
  • Bambou (F) suite à une prédation sur la commune de Bagnères-de-Luchon (31) au début du mois de mai.
  • Ziva (F) possible [* même remarque] sur la commune de Melles (31) grâce à plusieurs échantillons de poils anciens et récents en avril sur un sapin, puis avec certitude avec des poils récoltés au mois de juillet.
  • Pyros (M) possible [* même remarque] grâce à une crotte récoltée sur la commune de Couflens (09) le 25 juin.
  • Caramelles (F) est identifiée à Couflens (09) grâce à des poils estimés de la deuxième quinzaine de juin.

D’autres échantillons ont permis de mettre en évidence de l’ADN de souche slovène, mais dont la qualité n’était pas suffisante pour identifier l’animal : une crotte et des poils lors d’une prédation début mai à Bagnères-de-Luchon (31) et des poils datés de la deuxième quinzaine d’avril à Melles (31)

Noyau Oriental

Les échantillons du noyau oriental ont permis d’identifier 2 mâles :

  • Boutxy (M) grâce à des poils prélevés en mai à Siguer et Caussou (09), puis à Mérens et Mijanes (09) fin juin. Il est également identifié à Ascou et Siguer en juillet avant de l’être à nouveau sur Mérens et Orlu (09) en août et début septembre.
  • Balou est identifié grâce aux échantillonnages effectués après l’accident de chasse survenu à Prades (09) le 7 septembre.

D’autres échantillons de poils ont révélé de l’ADN d’ours de souche slovène, mais sans pouvoir identifier l’individu par manque de qualité de l’indice :

  • des poils prélevés sur la commune de Mérens (09) en avril,
  • des poils à Gestiès et Siguer (09) en juin,
  • des poils à Ascou (09) en juillet,
  • des poils à Siguer (09) en août et enfin
  • des poils estimés du 1er septembre à Mérens (09).
  • Des échantillons de poils et une crotte prélevés à Comus, St Martin Lys et Marsa (11) en juin et juillet n’ont pas permis de connaître l’individu mais il s’agissait vraisemblablement de Balou, suivi avec son émetteur intra abdominal.

L'ours Hvala est arrivée gravide

L’analyse de la paternité des oursons Pollen et Bambou permet d’exclure tous les mâles dont le génotype a déjà été déterminé dans les Pyrénées. Le père de ces oursons serait très certainement un ours slovène, avant la capture de Hvala en mai 2006.

Les échantillons prélevés après le début du mois de septembre ne seront analysés qu’au printemps 2009, lors de la prochaine session génétique.

Détails des échantillons envoyés pour analyses génétiques OURS - 1ère session 2008 Détails des échantillons envoyés pour analyses génétiques OURS - 1ère session 2008
(PDF -619 ko - 7 pages) : Ce document comprend également les cartes des échantillons génétiques d'ours brun relevés dans les 3 noyaux : le noyau occidental (Navarre, Béarn, Aragon, Hautes-Pyrénées), le noyau central (Haute Garonne, Catalogne, Ariège), le noyau oriental (Ariège, Aude) ainsi que la liste et les analyses détaillées des échantillons.

Analyse de Mathieu Krammer

Les analyses génétiques 2008 n’apportent malheureusement rien de bien nouveau…

En 2008 (au moins jusqu’en septembre), 10 ours déjà connus ont donc été individualisés par la génétique dans les Pyrénées françaises. L’année dernière, au même moment, 7 génotypes connus avaient été découverts (Néré, «Aspe Ouest » et Cannelito dans les Pyrénées occidentales ; Hvala, une de ses oursonnes et Ziva dans les Pyrénées centrales et Boutxy en Haute-Ariège).

Bien que la pression d’échantillonnage semble faible dans les Pyrénées (bien plus que pour d’autres populations beaucoup mieux suivis génétiquement, comme celle du Trentin, dans les Alpes italiennes), force est de constater que depuis 2004, aucun nouveau génotype n’a été découvert sur le versant français des Pyrénées.
Difficile d’imaginer que plusieurs individus puissent passer si longtemps à travers les mailles du filet, même si les mailles sont très larges !

Toutefois, il est quand même important de rappeler que les analyses génétiques complètent le suivi de terrain, mais ne s’y substitue pas. Pour preuve, en 2007, 7 ours ont été individualisés génétiquement comme rappelé plus haut. Mais l’ensemble des données du suivi (cumulant génétique, observations simultanées et à distance, relevés d’empreintes, photos…) indiquait la présence minimale de 14 à 19 ours sur l’ensemble de la chaîne :

  • 3 animaux ont été individualisés dans les Pyrénées occidentales franco-espagnoles : Néré, «Aspe Ouest» et Cannelito.
  • 9 ours au minimum dans les Pyrénées centrales franco-espagnoles. On est moins sûr pour 4 autres.
  • 2 autres individus dans la partie orientales des Pyrénées : l’ours mâle Boutxy et un autre de taille moyenne.

L’ensemble des données du suivi 2008 devraient être connues durant l’hiver ou au tout début du printemps 2009. Elles permettront de connaître l’effectif réel comptabilisé – en 2008 – par l’Equipe Technique Ours, le Réseau Ours Brun et les équipes espagnoles.

Enfin, on ne peut que regretter que depuis 2006, nous n’ayons aucun résultat d’analyses génétiques d’échantillons collectés dans les Pyrénées centrales espagnoles, alors qu’au moins la moitié des zones à ours pyrénéennes se trouvent précisément en Espagne et que sans doute au moins (si ce n’est plus de) la moitié de la population d’ours des Pyrénées se trouve en Espagne…

Mathieu Krammer

02 octobre 2008

Suivi de l'ours Balou, le point au 2 octobre 2008

A la suite du tir par balle sur un ours par un chasseur dimanche 7 septembre lors d’une battue au sanglier sur la commune de Prades en Ariège (à la limite du département de l’Aude), des moyens ont été mobilisés pour retrouver l’animal, déterminer la gravité de ses blessures et intervenir si nécessaire. Des poils et une esquille d’os de 2cm ont été retrouvés sur place. L’examen des poils prélevés sur les lieux de l’accident a confirmé qu’il s’agissait bien d’un ours et les indications de télémétrie ont montré la présence de l’ours Balou aux alentours. L’identité de l’ours blessé a été confirmée le 26 septembre avec le résultat des analyses génétiques des échantillons prélevés sur place. L’ours Balou a été lâché en 2006 dans les Pyrénées dans le cadre de la mise en oeuvre du plan de restauration et de conservation de la population d’Ours brun.

Après une intervention sur place dans les heures qui suivaient, le 8 septembre, une équipe de 10 agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) était sur la commune de Comus dans l’Aude où l’ours Balou avait été localisé à proximité de son gîte : des membres de l’Équipe Technique Ours et des services départementaux ariégeois et audois de l’ONCFS, accompagnés par deux vétérinaires. L’objectif était de localiser précisément l’animal à l’aide de l’émetteur intraabdominal encore actif dont il est équipé, de tenter de l’apercevoir afin de diagnostiquer son état et éventuellement d’effectuer une intervention vétérinaire pour le soigner.

Dans l’après-midi, alors que l’ours avait été localisé précisément, l’équipe a tenté une approche : l’animal détectant cette présence humaine a quitté son gîte avant d’avoir pu être vu. L'observation de la zone n’a pas montré de traces de sang ou d’autres signes manifestes de blessure. Le suivi effectué grâce à son émetteur a indiqué qu’il a effectué alors un déplacement sur un à deux kilomètres.

Compte tenu de ces éléments et après avis des experts présents, il a alors été décidé de ne pas prendre le risque d’une nouvelle approche, qui pouvait se révéler dangereuse pour l’animal, ainsi que pour l’équipe.

Jusqu’à la fin du mois de septembre une équipe de 4 personnes était présente sur le terrain et chargée d’observer l’évolution du comportement spatial de l’animal. L’ours Balou a régulièrement montré des signes d’activité nocturne avec des déplacements parfois conséquents et accompagnés de fortes variations d’altitude dans des terrains accidentés. Son passage sur des terrains meubles a permis de relever ses traces et de confirmer qu'il se déplace en ne posant pas la patte avant-droite.

Des pièges à lacet à patte (inoffensifs) et des appâts ont été installés dans le secteur que Balou fréquente (Comus en Aude, Montségur en Ariège), de façon à essayer de le capturer à la fois pour lui retirer son collier GPS qui a cessé de fonctionner et également pour lui prodiguer des soins, si nécessaire. En cas de capture, une fois ces interventions réalisées, l’animal sera relâché sur place. 3 appareils photos automatiques ont également été installés sur des pistes fréquentées par Balou pour tenter de le photographier et visualiser la patte blessée.

Etant donnée l’abondance de nourriture disponible dans le secteur forestier qu’il occupe (baies, insectes, fruits secs…) et peut-être parce qu’il est devenu très méfiant, cet ours n’a pas été attiré par les appâts positionnés à côté des pièges.

Depuis le 1er octobre, le dispositif de suivi de l’animal est allégé. Deux personnes assurent cette mission sur le terrain. Les pièges ne sont plus tendus mais les appareils photos restent en place. Selon les opportunités, les pièges seront réactivés ou une téléanesthésie de l’animal libre sera tentée.

Source : Le site de l'Etat sur l'ours, ETO 

23 septembre 2008

L'ETO essaie de capturer l'ours Balou

Des pièges inoffensifs pour capturer et soigner Balou, l'ours blessé par un chasseur

FOIX (Ariège) - Des pièges inoffensifs ont été mis en place pour capturer et soigner Balou, l'ours slovène blessé par un chasseur le 10 septembre dernier lors d'une battue au sanglier près de Prades (Ariège) et localisé dans la région, a-t-on appris mardi auprès de l'équipe du suivi de l'ours.

Balou, qui porte un émetteur radio placé dans l'abdomen permettant de le suivre à distance, se déplace chaque nuit toujours dans des zones très escarpées entre Prades, commune voisine de Comus (Aude) et des villages limitrophes, a indiqué Frédéric Decaluwé, un des membres de l'équipe.

Malgré sa blessure à la patte avant droite, "il a un comportement normal, simplement ses déplacements nocturnes à la recherche de nourriture ont désormais une amplitude légèrement inférieure", a-t-il ajouté.

Les pièges, dont le nombre n'a pas été précisé, sont constitués d'un appât et d'un câble en acier relié à une alarme et attaché à un arbre, qui enserre une patte de l'animal et le retient sans le blesser. Ils ont été disposés dans des zones moins escarpées où l'animal risque de venir chercher de la nourriture.

La possibilité d'endormir à distance cet ours dont le poids est estimé entre 100 et 150 kilos a été écartée car il risque de chuter et de se blesser dans ces zones escarpées, le produit anesthésiant faisant effet avec un décalage.

"C'est un animal qui craint la présence de l'homme et qui se repose dans des endroits très retirés dans la journée: il ne présente aucun danger pour l'homme", a indiqué M. Decaluwe.

L'équipe de suivi technique, qui dépend de la Direction régionale de l'environnement (Diren), comprend également des membres de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et deux vétérinaires.

Balou, un mâle de 6 ans, a été lâché le 2 juin 2006 dans les Pyrénées dans le cadre d'un plan d'introduction de cinq ours slovènes contesté par de nombreux éleveurs pyrénéens et des élus locaux.

Source : Romandie

12 septembre 2008

Tir de l'ours Balou en Ariège : les chasseurs de l'ACCA de Prades savaient

Un corresponant de presse local proche des éleveurs se répand sur son site pyréniais et sur un forum qui parle de la chasse aux sangliers où il dénonce les manquements de l'Etat et des ses services (DIREN, ETO, ONCFS) qui n'auraient pas informés les chasseurs de l'ACCA de Prades de la présence de l'ours Balou. L'Etat aurait également fauté en oubliant de prévenir les chasseurs qu'un ours pouvait être confondu avec un sanglier.

C'est faux. Ce n'est qu'une manipulation de plus pour ce pseudo-spécialiste de l'ours qui pollue le dossier depuis plusieurs années. La buvette des alpages en apporte la preuve : les chasseurs savaient !

Le chasseur qui a tiré sur Balou était informé par l'ETO

Le 9 septembre, un lecteur de «La Buvette des Alpages», visiblement bien informé postait le message suivant : «Les chasseurs de cette battue ne savait pas que l'ours avait été localisé le matin même là où ils ont fait la battue. Par contre ils étaient prévenus de la présence de Balou dans la zone, et une réunion avec l'ETO a eu lieu à Belesta (09) le 13 août 2008 pour leur rappeler de bien identifier le sanglier avant de tirer pour être sur de ne pas le confondre avec un ours. Le tireur de Balou était présent à cette réunion qui n'a visiblement pas était assez pédagogique. Peut-être faudrait-il un permis de chasser spécial pour zone à ours avec mise en situation. On a maintenant malheureusement assez de cas d'accident de chasse sur ours

J’ai bien évidement sursauté à la lecture de cette info inédite. Comme par ailleurs il m’a donné d’autres informations qui ne sont sorties que deux jours plus tard dans la presse, où elles se sont révélées exactes, j’ai  eu tendance à le croire. Il ne me restait plus qu’à vérifier l’information et à la confirmer par une autre source. J’en ai maintenant la preuve.

La DIREN m’a officiellement confirmé que «Il y a bien une réunion d'info avec les chasseurs où la personne qui a tiré été présente

Le chasseur qui a tiré sur Balou a assisté à une réunion de mise en garde

Après quelques recherches, la buvette des alpages peut affirmer que cette réunion a été organisée par l'ETO à la salle derrière la mairie de Belesta (Ariège) le soir du 13 août 2008 à 20h00.

L'intervenant était Sébastien Pauly de l'ETO (également employé de la Fédération Départementale de la Chasse d'Ariège FDC 09). Il n'a pas était fait un compte-rendu de cette réunion mais l'ETO a une liste des participants. Etaient présent : les présidents d'ACCA de PRADES : Thierry BERGEAUD, BELESTA, FOUGAX ET BARRINEUF, MONTFERRIER, MONTSEGUR étaient présents ainsi qu' André LANNES chasseur de MERENS et administrateur de la Fédération départementale des chasseurs de l'Ariège.

Hier soir 11 septembre, une réunion semblable (tous les chasseurs audois avaient été prévenus oralement avant l'ouverture de la chasse de la presence de l'ours dans la zone, et de faire attention a bien identifier le gibier avant de tirer) a été faite à ESPEZEL (11) filmée par l'équipe de TF1 "Sept à huit". Les journalistes ont également filmé le travail de l'équipe de suivi de l'ours. L'émission sera retransmise dimanche soir à 18H45.

Ainsi donc une Thierry Bergeaud a assisté à une réunion où des membres de l’ETO ont prévenu les chasseurs de la présence de l’ours Balou et les ont mis en garde de ne pas tirer sans avoir préalablement identifié la cible afin de ne pas confondre un ours et un sanglier. Voilà que toute la machination de Louis Dollo et sa crédibilité s’écroule. Ces éléments importants ont été transmis au procureur de la République de Foix pour enquête.

© La Buvette des Alpages

10 septembre 2008

Mise en place d’un suivi continu de l’ours Balou

Communiqué de presse
Mercredi 10 septembre 2008
Préfecture de Région Midi-Pyrénées

Suite au tir par balle sur un ours par un chasseur dimanche 7 septembre lors d’une battue au sanglier sur la commune de Prades en Ariège, d’importants moyens ont été mobilisés pour retrouver l’ours, déterminer la gravité de ses blessures et intervenir si nécessaire. Dès dimanche, l’examen des poils prélevés sur les lieux de l’accident confirmait qu’il s’agissait d’un ours et les indications de télémétrie montraient la présence de l’ours Balou aux alentours.

Lundi 8 septembre, une équipe de 10 personnes était sur la commune de Comus dans l’Aude où l’ours Balou avait été localisé à proximité de son gîte : des membres de l’Équipe Technique Ours et des services départementaux ariégeois et audois de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, accompagnés par deux vétérinaires. L’objectif était de localiser précisément l’animal à l’aide de l’émetteur dont il est équipé, de tenter de l’apercevoir afin de diagnostiquer son état et éventuellement d’effectuer une intervention vétérinaire pour le soigner.

Dans l’après-midi, alors que l’ours avait été localisé précisément, l’équipe a tenté une approche : l’animal détectant cette présence humaine a quitté son gîte avant d’avoir pu être vu. L'observation de la zone n’a pas montré de traces de sang ou d’autres signes manifestes de blessure. Le suivi effectué grâce à son émetteur a indiqué qu’il a effectué alors un déplacement sur un à deux kilomètres.

Compte tenu de ses éléments et après avis des experts présents, il a alors été décidé de ne pas prendre le risque d’une nouvelle approche.

Depuis, une équipe de cinq personnes reste sur le terrain et est chargée d’observer l’évolution de son comportement ; cette équipe de garde suit l’animal avec attention par télémétrie de proximité en évitant toute perturbation qui pourrait le mettre en danger.

Pendant la nuit de lundi à mardi, son émetteur a montré qu’il était actif.Dans la nuit de mardi à mercredi, l’ours a effectué un circuit d’environ deux kilomètres. Son passage sur une zone de terrain plus meuble a permis de relever ses traces et de confirmer qu'il se déplace en ne posant pas la patte avant-droite.

Ces dernières informations confirment que c'est bien l’ours Balou qui a été touché par un tir et qu'il serait blessé à une patte avant sans que cela ne l'empêche de se mouvoir.

L’ours Balou a été lâché en 2006 dans les Pyrénées dans le cadre de la mise en oeuvre du plan de restauration et de conservation de la population d’Ours brun.

Source 

03 septembre 2008

Pour un ours libre, sans puce ni collier électronique

"Dans notre société de plus en plus normalisée, l’animal sauvage doit être fermement défendu pour la liberté qu’il incarne. N’oublions pas que les animaux sont des bancs d’essai de futurs traitements pour les hommes…"

par Stéphan Carbonnaux

«Mais l’existence de l’ours pyrénéen aurait-elle un sens, si on savait tout ?»
Office national de la chasse, 1985

La tentation toujours plus grande de contrôler l’animal sauvage a des racines profondes. Elle se niche au carrefour des volontés de dominer la nature, de démontrer que l’animal ne peut se passer de l’aide de l’homme, elle se nourrit sans doute d’un vieux fond de jalousie pour la bête sauvage souveraine et libre.

Dans les Pyrénées, en vallée d’Aspe, il avait été imaginé en 1977 d’attraper un des derniers ours, au moyen de fosses et de cages trappes, et de lui placer un radio émetteur. C’est ainsi qu’un journaliste d’Eclair-Pyrénées annonce une première insolite au Parc national en octobre de la même année : «L’expérience est séduisante, car si un jour, cet ours s’attaque à une brebis, nous aurons un enregistrement authentique de cet acte criminel ! (…) Bientôt viendra le temps où la radio nous mettra "en direct" avec l’antre intime… Pour la télévision, il faudra patienter davantage car l’approche restera toujours difficile, à moins que l’ours devienne cabotin à la vue de la caméra, et se laisse… croquer ! [Jean Bruno, « Pour "trahir l’ours" un poste radio-émetteur ? », Eclair-Pyrénées, 8-9 octobre 1977 (archives de J.-P. Raffin).]»

Le directeur du Parc national, Bernard Glass, réagit aussitôt par courrier du 10 octobre auprès de la rédaction du quotidien :

« (…) En tout état de cause, le projet concernant les mesures télémétriques qui seraient projetées pour suivre l’ours à la trace, pour séduisant qu’il soit, n’est pas susceptible d’être engagé à court terme car cette méthode peut présenter quelques inconvénients alors que les ours survivants se comptent sur les dix doigts de la main.

Par contre, le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage envisage de procéder, sous le contrôle de la Direction de la protection de la nature, à une importante investigation portant sur l’ours en vue de mieux protéger cette espèce dont le biotope, chacun le sait, ne se situe pas pour majorité dans le Parc national, mais en zone périphérique. [Archives de J.-P. Raffin]»

Dans leur rapport scientifique de 1978, Claude Dendaletche et Jean-Jacques Camarra font alors état de leur opposition à cette «méthodologie», proposée par le professeur Röben de l’Université de Heidelberg et soutenue un temps par la direction du Parc national. «Il est en effet délicat d’envisager, du point de vue éthique et technique, l’implantation de radioémetteurs sur le dos d’un animal préalablement capturé

Une douzaine d’années plus tard, la pression sur l’animal se fa it plus forte à l’occasion d’attaques répétées commis par un ours dit "familier", une femelle, en vallées d’Aspe et d’Ossau. Assez vite, il sera question de le capturer pour lui poser un collier émetteur aux fins de le suivre et d’anticiper les dégâts qu’il pourrait commettre. Alors directeur du Centre de biologie des écosystèmes de montagne (Université de Pau et des Pays de l’Adour) et président du Comité scientifique du Parc national, Claude Dendaletche, donne le 20 novembre 1991 un avis sur la gestion des ours des Pyrénées franco-espagnoles après décision de capturer l’ours "familier", et de l’équiper d’un collier émetteur. Il rappelle les risques jugés inadmissibles pour une population d’ours si faible et estime que cette ce projet accrédite «l’idée (fausse) qu’on ne dispose pas assez de connaissances pour protéger efficacement les biotopes de l’ours. Elle conforte une sorte de fuite en avant technique qui reporte à toujours plus tard la résolution des vrais problèmes (biologiques, sociologiques, économiques) d’aménagement de l’espace.» En outre, il juge nécessaire une équipe scientifique comprenant des spécialistes de diverses disciplines et constate qu’elle manque aux Pyrénées.

En juillet 1992, cette ourse est finalement capturée au lacet mais se libère faute d’avoir été anesthésiée à temps. La porte est désormais bien ouverte pour d’autres expérimentations et dérives. C’est ainsi que durant les gesticulations organisées autour de l’IPHB, il avait été décidé du principe de capturer un des derniers ours autochtones aux seules fins de rassurer certains responsables échaudés par le raté de 1992. Il y eut un débat vif au sein des associations de protection de la nature à qui l’on présentait cette capture comme un des préalables à un futur renforcement de la population d’ours en Béarn.

La réintroduction de l’ours dans les Pyrénées centrales en 1996 et 1997 et l’avancée considérable des techniques de suivi des animaux, ont banalisé le contrôle des ours. Certains furent capturés dans les Pyrénées. Dans une note personnelle à Alain Reille, en qualité de membre du CNPN, Roland Guichard, alors directeur d’Artus, exprime alors ses craintes après la capture d’un ourson de 14 mois de la femelle Živa, sur demande du directeur de la protection de la nature de Catalogne. Au seul motif de changer le collier de la mère, l’équipe espagnole, avec l’aide de D. Huber, avait piégé le jeune ours dont la vie avait été mise en danger par une importante chute de neige et la fuite de sa mère, finalement revenue le chercher. Roland Guichard cite alors le berger Pascal Wick pour qui la mortalité peut atteindre 21% des cas, et prétend que les biologistes minimisent ou cachent le risque. Les animaux risquent un choc après anesthésie, perdent l’équilibre au réveil et risquent une noyade en cherchant à s’abreuver. [NDLB : La soeur de l’ours "JJ3" s’est noyée dans un lac après avoir été anesthésiée à l’aide de fléchettes par des gardes-chasses (L’ours est-il encore sauvage ?)]

D’autres cas mériteraient des commentaires et nous y reviendrons. Dans les années 1990, un ours est mort pendant l’opération de capture dans les Cantabriques parce qu’il avait attendu trop longtemps qu’on vienne l’endormir. Cette affaire a laissé de profondes blessures entre les Espagnols chargés du suivi et de la conservation de l’ours. L’ours "Papillon" fut également capturé en 2004 sur décision de l’État qui céda aux pressions de certains éleveurs ultrapastoraux du Pays Toy (Hautes-Pyrénées). Très âgé, il fut très affecté par sa capture et mourut quelques semaines après. Les ours lâchés en 2006 furent enfin l’objet de diverses captures dont l’objet est très contestable. (NDLB : lire "Les secrets volés de Papillon" par Stéphan Carbonnaux ou regarder les photos de la capture de l'ours Papillon)

Nous plaidons une défense inconditionnelle du sauvage par respect pour l’animal libre et pour regagner le terrain perdu par une société de plus en plus sécurisée, mortifère, hantée par le risque zéro.

Stéphan Carbonnaux

Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées"  commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.

09 mars 2008

Rapport d'activités des techniciens pastoraux itinérants (TPI) - saison 2007

L'année 2007 a permis de poursuivre le travail amorcé par les techniciens pastoraux les années passées. Ainsi, l'ensemble de l'équipe présente en 2006 a souhaité se réinvestir pour aider les éleveurs transhumants, les bergers et les apiculteurs à travailler en zone à ours.

Le personnel a même été renforcé grâce à l'embauche de 2 nouveaux techniciens par la Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt des Pyrénées-Atlantiques.

Cette saison présente des points communs avec 2006 car 4 ours étaient encore équipés d'émetteurs, avant la mort de Francka, ce qui facilite les actions ciblées sur certaines estives. Le contexte du début de saison était aussi plus facile à appréhender que l'an passé car nous n'étions plus dans une période de lâchers d'ours. L'objectif était alors d'accentuer le travail de fond et les prospections pour initier une dynamique positive sur le terrain.

Les mesures de protection se sont concrétisées sur la commune de Melles, les héliportages se sont déroulés dans les temps malgré une météo difficile et la zone couverte par les techniciens s'est très largement étendue. Des actions ont également pu être menées sur des secteurs jusqu'alors peu parcourus, comme la Barousse ou la Bigorre.

Mais dans le même temps, la situation a été critique dans les Hautes-Pyrénées où l'ourse Francka a commis beaucoup plus de prédations qu'en 2006. Un second foyer de prédation, plus restreint, avec l'ourse Hvala, s'est développé sur l'extrême Ouest de l'Ariège. Le personnel s'est alors investi dans les mêmes proportions que sur Melles en 2006.

Le contexte dans lequel le personnel a évolué s'est alors nettement complexifié et cela pose la question du rôle à jouer par les techniciens pastoraux lorsque certains ours sont suivis par télémétrie. Le prochain enjeu sera d'adapter les méthodes de travail et d'assurer la continuité des missions de l'équipe dans des conditions où aucun ours ne sera équipé d'émetteur. Ces modifications passent-elles par une restructuration ou une nouvelle définition des objectifs de l'équipe? Il est important de l'anticiper car cela pourrait se présenter dès 2008 et au plus tard en 2009.

Pour répondre à cette question, il convient d'évoquer la composition et l'organisation de l'équipe avant de détailler la localisation des interventions réalisées au cours de l'été 2007. Ensuite, le bilan des missions pourra être détaillé par grands thèmes afin de mieux appréhender les enjeux et les perspectives pour 2008.

Le bilan de la saison d'estive 2007 présente des aspects positifs à plusieurs titres. En effet, la zone couverte par l'action des techniciens pastoraux itinérants s'est très nettement étendue et ils ont pu effectuer des interventions efficaces sur de nombreuses estives gardées, y compris sur des montagnes où les techniciens pastoraux itinérants ne pouvaient pas intervenir précédemment.

Les secteurs les plus concernés ont subi des prédations de la part des ours équipés Francka et Hvala mais les techniciens se sont également déployés sur d'autres estives, visitées par des ours non équipés d'émetteurs. Les techniciens pastoraux itinérants sont toujours très bien acceptés et leur présence était même vivement souhaitée sur plusieurs montagnes. Cela souligne leur légitimité et leurs compétences.

Un second point fort reste l'installation des mesures de protection sur la commune de Melles. Hvala et ses 2 oursons sont passés régulièrement sur le secteur pendant l'été et seule 1 attaque sur 3 brebis a été relevée après la saison d'estive, lorsque les ovins étaient en pacage libre. Cela contraste nettement avec l'été 2006 où près de 20 attaques sur presque 40 animaux avaient été comptabilisées. Mais ce bilan n'est qu'intermédiaire et il est indispensable de confirmer ces actions dans le temps pour qu'il ait une valeur réelle.

Toutefois, sur plusieurs autres estives le bilan est plus lourd. Ainsi, les prédations de Hvala se sont décalées vers l'est, en Ariège. Les estives du Barestet et de la Chapelle de l'Izard ont été plus lourdement touchées que les années précédentes, même si l'action des techniciens pastoraux itinérants a permis de limiter le nombre d'ovins prédatés. Rappelons que 91% des brebis classées imputables sur le Barestet ont été prédatées en l'absence des techniciens pastoraux itinérants alors que ces derniers ont passé une très grande partie de la saison sur cette montagne.

Les attaques de Francka dans les Hautes-Pyrénées entre mi-mai et début août (avant sa mort) ont très largement souligné les limites du système. Les techniciens pastoraux itinérants ne peuvent pas intervenir dans des zones où le gardiennage est totalement absent et où les lots de brebis sont trop dispersés pour espérer les protéger efficacement. Ce constat est vrai que l'ours soit équipé d'un émetteur ou non.

De plus, malgré l'acceptation des techniciens pastoraux itinérants, il nous semble que peu d'éleveurs ou de bergers souhaitent changer leurs méthodes de travail suite aux prédations. Il est bien évident que de tels changements sont très lourds à mettre en œuvre et souvent plus contraignants que l'existant. Mais les techniciens pastoraux itinérants n'ont pas vocation à se substituer aux mesures de protection et surtout pas à remplacer les bergers ou éleveurs-gardiens déjà en place. L'objectif est bien d'appuyer et d'accompagner les professionnels agricoles confrontés à la présence de l'ours en zone d'élevage transhumant.

Enfin, les diagnostics de vulnérabilité n'ont pas donné les résultats escomptés, ni en Ariège, ni en Haute-Garonne. Mais le travail réalisé par l'Association pour la Cohabitation Pastorale, appuyée par les techniciens pastoraux itinérants, sur la commune d'Orlu, permet d'envisager des perspectives intéressantes. Les mesures de protection prévues sur ce secteur en 2008 ont pour objectif de faire diminuer de façon significative les prédations et augmenteront la connaissance dans ce domaine. Il faudra ensuite accentuer les efforts de sensibilisation et de communication en 2008 afin de développer ce genre d'initiatives.

29 février 2008

Déplacements et comportement spatial d’ours bruns réintroduits en Europe

Scientifiques d’Allemagne, d’Autriche, de Croatie, d’Espagne, de France, d’Italie et de Slovénie ont travaillé de concert pour comparer les déplacements des ours transportés dans un autre pays et de ceux relâchés sur site de capture, afin d’évaluer l’impact de ces translocations sur le comportement spatial des ours.

Entre 1989 et 2006, 3 régions d’Europe ont été concernées par des opérations de lâchers dans le cadre de programmes de renforcement de populations d’ours brun : 3 ours en Autriche, au nord-est des Alpes ; 8 ours dans les Pyrénées centrales, versant français ; et 10 ours au nord de l’Italie, dans le Parc naturel Adamello-Brenta ; soit un total de 21 ours (6 mâles et 15 femelles). Pendant cette période, 28 ours (16 mâles et 12 femelles) ont été capturés en Slovénie et Croatie, équipés de colliers émetteurs et relâchés sur leur site de capture. Nous avons comparé les déplacements des ours relâchés dans un autre pays avec ceux relâchés sur place afin d’évaluer l’impact des opérations de renforcement sur le comportement spatial des ours.

Les ours réintroduits se déplacent plus la première année.

A partir du calcul de la distance entre localisations télémétriques successives espacées d’environ 24 h, on constate que les ours réintroduits se déplacent plus la première année et montrent une plus forte variabilité dans les déplacements quotidiens que les ours non déplacés. L’évolution des déplacements au cours de la première année après la réintroduction montre une phase d’instabilité après le lâcher comprise entre 1 et 2 mois selon les individus qui ne s’observe pas chez les ours relâchés sur leur site de capture en Slovénie et Croatie.

Cette phase se caractérise par de grands déplacements, dans des directions variables d’un jour sur l’autre et par l’utilisation de secteurs géographiques différents au cours du temps. Concernant les ours réintroduits, la distance entre le point de lâcher et la localisation la plus éloignée est très variable selon les individus. Elle varie entre 12,3 et 105,8 km (la moyenne est de 48 km) et on ne relève pas de différence significative entre les mâles et les femelles.

La deuxième année, leurs déplacements sont comparables à ceux des ours relâchés sur place.

La valeur moyenne des déplacements quotidiens est similaire à celle observée sur les ours suivis en Slovénie et Croatie. On constate également une nette diminution de la surface du domaine vital la deuxième année pour tous les ours réintroduits : en moyenne de 1000 km2 la première année, elle descend en moyenne à 600 km2. Néanmoins les ours réintroduits maintiennent un domaine vital supérieur à celui des ours restés en Slovénie ou Croatie. Cette différence peut être, en partie, liée aux habitats plus fragmentés et plus anthropisés (modifié par l’action de l’homme) dans les Alpes et les Pyrénées, qu’en Slovénie et Croatie.

Si on calcule, pour chaque ours suivi au moins deux années, la proportion de recouvrement du domaine vital annuel entre années successives, on n’observe pas de différence entre les ours réintroduits et les ours non déplacés, avec respectivement des proportions moyennes de 78,5% et 77,9% de taux de recouvrement entre domaines vitaux successifs. Toutes les femelles accompagnées d’oursons de l’année, qu’elles soient délocalisées ou non ont un fort recouvrement (>90%) avec le domaine vital précédent les naissances. Quelque soit la région géographique, la présence d’oursons constitue une forte contrainte sur les déplacements de la femelle.

En conclusion, il est fondamental d’intégrer lors des programmes de renforcement que les espaces fréquentés par les ours réintroduits sont vastes. Le choix du site de lâcher est également important car il conditionne en partie les déplacements ultérieurs.

L’analyse de la dynamique du comportement spatial continue à être approfondie dans le cadre de la collaboration entre les différents pays concernés.

Pierre-Yves Quenette,
Équipe technique ours – Office national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte ours n° 4 - Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

Ours : L’émancipation des jeunes oursons

Les oursons naissent en tanière au cours du mois de janvier et passent également l’hiver suivant avec leur mère. Ce n’est donc qu’à l’âge d’un an et demi qu’ils s’émancipent, permettant ainsi à la femelle adulte de s’accoupler à nouveau. Il peut arriver que jeunes et femelle passent un hiver supplémentaire dans la même tanière, mais cela est assez rare. On a pu l’observer avec la femelle Ziva pendant l’hiver 1997-1998. Il est par contre fréquent que les oursons d’une même portée passent leur deuxième hiver ensemble, sans leur mère.

Les oursons d’un an et demi quittent donc leur mère au printemps, mais tous n’auront pas le même comportement. Il est fréquent que les jeunes femelles aient des domaines vitaux qui chevauchent celui de leur mère alors que les mâles subadultes auront tendance à se disperser sur des distances beaucoup plus importantes, ce qui favorise également le brassage génétique. Cela leur permet aussi de ne pas entrer en compétition avec le mâle dominant, plus âgé, et déjà présent sur le secteur. A titre d’exemple, les ours Kouki et Boutxy (issus respectivement de Ziva et Mellba) se sont déplacés du Couserans jusqu’en Haute-Ariège au cours de l’année 1999 alors qu’ils étaient âgés de 2 ans et demi. Néré (issu de Ziva), quant à lui, a quitté le Val d’Aran en Espagne pour se rendre sur le massif du Pibèste en Hautes-Pyrénées en 2000, au cours de sa troisième année, puis a poursuivi son périple dans le Béarn en Pyrénées-Atlantiques. A contrario, l’ourse Caramelles s’est peu dispersée et restait localisée dans le Couserans en 2006.

Il est à noter que des jeunes séparés de leur mère avant leur première hibernation peuvent néanmoins survivre après la mort de celle-ci. C’est le cas par exemple des ours Boutxy et Caramelles en 1997 ou
Cannellito en novembre 2004.

Frédéric Decaluwe
Équipe technique ours – Office national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte ours n° 4 - Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

21 août 2007

Comment l'argent de l'ours aide le pastoralisme

Programme de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées. Mesures d'accompagnement - Année 2007

Les mesures du programme ours, développées par le ministère de l’écologie et du développement durable, visent à limiter les dégâts d’ours sur les troupeaux et les ruchers par la mise en place de moyens de protection, et parallèlement à indemniser les dommages d’ours constatés.

Protection des troupeaux en estive

Diagnostic de vulnérabilité

Afin de soutenir les éleveurs concernés dans le choix des mesures de protection les mieux adaptées à leur estive et à leur gestion pastorale, le financement d’un diagnostic de vulnérabilité à la prédation du troupeau et de l’estive leur est proposé.

  • Montant de la mesure : 100% du coût du diagnostic de vulnérabilité, plafonné à 1 500€.

Soutien au gardiennage et au regroupement

Aide au gardiennage permanent et au regroupement
Un troupeau dispersé est plus vulnérable aux attaques d’ours car il peut difficilement être protégé. Un appui financier est proposé pour la mise en place d’un gardiennage permanent du troupeau ainsi que sa conduite diurne «par quartier» avec regroupement géographique des animaux, et son regroupement nocturne quotidien. L’objectif est de répondre à la fois à une demande de gestion fine des estives, une gestion de qualité du troupeau, ainsi qu’une protection de celui-ci contre les attaques d’ours.

Berger salarié :

  • Gardiennage par un berger – Montant de la mesure : 385 €/mois/berger (minimum 3 mois - maximum 5 mois)
  • Gardiennage par un berger et regroupement – Montant de la mesure : 770 €/mois/berger (minimum 3 mois - maximum 5 mois)
  • Gardiennage par un deuxième berger et regroupement – Montant de la mesure : 1 760 €/mois/ berger (minimum 3 mois – maximum 5 mois)

Prestation effectuée par un éleveur :

  • Remplacement du berger par un éleveur pendant son repos hebdomadaire – Montant de la mesure : 155 €/mois/berger remplacé (minimum 3 mois - maximum 5 mois)
  • Prestation de gardiennage – Montant de la mesure : 230 €/mois/prestataire (minimum 3 mois - maximum 5 mois)
  • Prestation de gardiennage et regroupement – Montant de la mesure : 460 €/mois/prestataire (minimum 3 mois - maximum : 5 mois)

Auto-gardiennage :

  • Présence permanente de l'éleveur – Montant de la mesure : 155 €/ mois (minimum : 3 mois - maximum 5 mois)
  • Présence permanente de l'éleveur et regroupement – Montant de la mesure : 310 €/mois (minimum 3 mois - maximum 5 mois)

Héliportage et portage par bât
Le portage du matériel des bergers représente, outre le gain de temps et d'effort, une amélioration des conditions de vie et de gardiennage en estive. Cette mesure permet également d'assurer une desserte facilitée sans construction de pistes pastorales nouvelles.

  • Héliportage ou portage par bât du matériel pour le berger – Montant de la mesure : jusqu’à 100% du coût TTC

Mise en place de moyens de communication
Le financement de téléphones portables ou radio-téléphones permet aux bergers de disposer d'une liaison utilisable en estive en cas d'attaque d'ours sur le troupeau qu’ils gèrent. Ils peuvent ainsi prendre contact avec l’expert pour la réalisation du constat de dommage en vue de l’indemnisation. Ils peuvent également demander de l’aide aux techniciens pastoraux itinérants de l’équipe technique ours. Ce moyen de communication est également un outil pour la sécurité, puisqu’il permet au berger
de disposer d’une liaison utilisable en cas d’accident.

  • Moyens de télécommunication – Montant de la mesure : jusqu’à 100% du coût TTC

Système de protection des troupeaux en estive (chiens patous et parcs de nuit)

La protection effective du troupeau passe par l’utilisation d’un ou de plusieurs chiens patous et / ou de clôtures électriques. L’utilisation du chien doit se faire sur troupeau regroupé. On obtient une efficacité accrue si le troupeau est en parc durant la nuit. Une protection par clôtures électriques seules est possible à condition d’installer un parc spécifique de protection.

Clôtures électriques
L’utilisation d’un parc de nuit facilite la conduite du troupeau renforçant l’instinct grégaire des brebis, en permettant de choisir le lieu de la couche (loin des zones dangereuses) et de rassembler les brebis en cas de problème, en facilitant l’intégration du chien de protection au sein du troupeau.

  • Achat de clôtures – Montant de la mesure : jusqu’à 100% du coût TTC
  • Utilisation des parcs de nuit – Montant de la mesure : 765 € pour la saison d'estive

Chiens de protection
Les chiens de protection permettent une protection active des troupeaux contre les prédateurs éventuels et contribuent ainsi à la diminution des dommages d'ours.

  • Achat d'un chien patou et éducation – Montant de la mesure : 765 €/chien
  • Présence d'un patou sur l'estive – Montant de la mesure : 305 €/chien pour la saison d’estive
  • Rééducation d'un patou – Montant de la mesure : 80 €/mois/chien
  • Castration d’un patou – Montant de la mesure : 190 €/femelle et 70 €/mâle

Protection de troupeaux en zones intermédiaires

En zone intermédiaire, un gardiennage permanent des bêtes est difficile à mettre en oeuvre, étant donné la taille du cheptel concerné. Par contre une intervention journalière de l’éleveur pour regrouper chaque nuit les bêtes dans une clôture électrique ou une grange avec l’utilisation de chiens de protection permet une protection active des troupeaux contre les prédateurs éventuels et contribue
ainsi à la diminution du risque d’attaques d’ours.

  • Achat de clôtures – Montant de la mesure : jusqu’à 100 % du coût TTC
  • Achat d’un chien patou et éducation – Montant de la mesure : 765 €/chien
  • Regroupement nocturne et utilisation de chien patou – Montant de la mesure : 200 €/mois (minimum 1 mois – maximum 5 mois)

Protection des ruchers

La protection des ruchers contre les attaques d’ours passe par l’installation de clôtures électriques fixes (pour les ruchers non transhumants), ou mobiles (pour les ruchers transhumants).

  • Achat de clôtures – Montant de la mesure : jusqu’à 100 % du coût TTC
  • Mise en oeuvre des clôtures mobiles pour les ruchers transhumants – Montant de la mesure : 80 € / rucher / apiculteur

Appui technique

Techniciens pastoraux itinérants
Les techniciens pastoraux itinérants peuvent apporter un appui aux éleveurs et bergers pour mettre en oeuvre des mesures de protection (déplacement et montage des parcs de nuit - regroupement du troupeau sur un point choisi, éventuellement clos, le temps que les brebis s’habituent à ce changement de conduite - gestion du troupeau en présence d’un patou – assistance aux bergers débutants…). Ils peuvent assurer une surveillance nocturne des troupeaux concernés par des attaques d’ours afin d’apporter une protection supplémentaire. Ils coordonnent les portages de matériel et peuvent fournir des informations sur le pastoralisme, le programme ours, le comportement et la biologie de l’ours et la localisation des ours.

  • Intervention gratuite

Animateurs chiens patous
L’appui technique apporté par les animateurs « chiens patous » de l’Association pour la cohabitation pastorale permet d’aider les maîtres pour une éducation adaptée de leurs chiens.

  • Intervention gratuite

Où s’adresser ?

  • A la direction départementale de l’agriculture et de la forêt.
  • A l’ETO, équipe technique ours : Impasse de la chapelle - 31 800 VILLENEUVE DE RIVIERE - Tel : 05 62 00 81 08 - Fax : 05 62 00 81 09 - Répondeur (localisations des ours) : 05 62 00 81 10

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007Télécharger le document de synthèse des mesures d'aide ours-elevage 2007

Lles moyens financiers pour accompagner le renforcement en 2006

2,2 millions d’euros ont été prévus pour la mise en oeuvre des opérations du plan de restauration en 2006 (hors dépenses nécessaires aux opérations techniques et scientifiques spécifiques au renforcement), soit une augmentation 45 % par rapport aux 5 dernières années. Dans ce budget, 950 000 € (43%) ont été prévus pour la mise en oeuvre des mesures favorisant la cohabitation entre l’exercice du pastoralisme et l’ours (en moyenne 655 000 € étaient consacrées à ces actions les années précédentes).

Barème 2006 pour l’indemnisation des dommages occasionnés par l'ours sur le massif pyrénéen

Et si malgré les moyens de protection, il y a des dommages, voici le barême de compensation pour les dégâts d'ours 2006.

Barème 2006 pour l’indemnisation des dommages occasionnés par l'ours sur le massif pyrénéenTélécharger le Barême de compensation des dommages d'ours 2006

02 juillet 2007

Une vingtaine d’ours présents sur le massif pyrénéen

Grâce aux indices d’ours récoltés sur l’ensemble de la chaîne des Pyrénées au cours de l’année 2006, un état des lieux de la population d’ours bruns sur le massif peut être dressé. L’examen de la simultanéité de certains indices, couplé à l’analyse génétique et aux mesures des empreintes trouvées, permet de distinguer les individus et ainsi de déterminer un nombre minimum d’ours présents.

Le noyau occidental reste bien délimité avec 5 individus, 4 mâles (3 adultes et 1 subadulte) et 1 femelle, si l’on inclut la femelle Franska qui a passé plus de la moitié de l’année 2006 sur le massif du Pibeste / Estibète, répartis entre le département des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Les mâles Néré et Aspe-Ouest ont été identifiés grâce à des échantillons de poils et deux autres ours (Camille et le jeune de Cannelle) ont pu être individualisés. Ce sont principalement les vallées d’Aspe et d’Ossau qui sont parcourues côté français par ces quatre mâles mais une incursion a eu lieu sur l’Ouest du département des Hautes-Pyrénées (vallée d’Arrens Marsous). La zone couverte par ce noyau côté français représente 650 km2 pour les ours non équipés d’émetteurs.

Le noyau central quant à lui s’est trouvé renforcé avec les lâchers de 2006 en Haute-Garonne. Ce sont au minimum 8 animaux qui ont pu être individualisés, dont les ours Hvala, Balou, Sarousse et Pyros, ainsi que 2 femelles suitées côté espagnol repérées grâce à des observations visuelles. L’une était accompagnée d’un ourson de l’année, l’autre d’un ourson d’un an et demi. Caramelles a été identifiée à l’automne, grâce à la génétique, mais sans savoir si elle était une des deux femelles observées en Espagne. Le noyau central est donc le noyau qui comporte le plus de femelles en âge de se reproduire puisqu’elles sont au moins au nombre de 4 : Hvala, Sarousse et les 2 femelles observées en Espagne et au moins 2 mâles adultes (Balou, Pyros). Les ours lâchés en 2006 ont prospecté régulièrement une zone de plus de 2000 km2 dont une partie couvre le noyau central, notamment dans le Luchonnais.

Enfin, l’analyse du noyau oriental démontre la présence de 2 individus : l’ours Boutxy et un autre de taille moyenne. Les 2 animaux couvrent un vaste territoire de l’ordre de 1200 km2 qui s’étend du Vicdessos jusqu’au Pyrénées-Orientales. Ce noyau s’est étendu vers l’ouest du Vicdessos, de tel sorte qu’il est désormais possible de parler de noyau centro-oriental. Ce noyau est presque continu de l’Est du département des Hautes-Pyrénées jusque dans les Pyrénées-Orientales. Le suivi de la population ursine met donc en évidence un effectif minimum de 15 ours, de part et d’autre de la frontière avec l’Espagne, dont 13 ont été repérés côté français.

Dans la mesure où les méthodes utilisées ne permettent pas un inventaire exhaustif, il est probable que l’effectif global soit supérieur à 15 individus. Il est vraisemblablement légèrement inférieur à 21 individus. En effet, 6 animaux n’ont pu être clairement individualisés ou n’ont été identifiés par la génétique qu’une fois les années précédentes, sans être repérés de nouveau en 2006. Un de ces individus serait dans le noyau occidental et les 5 autres dans le noyau central dont 2 femelles et 1 mâle identifiés par la génétique uniquement en 2003 et 2004. On estime donc la population d’ours actuelle à une vingtaine d’individus.

Frédéric Decaluwe,
Équipe technique ours - Office national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte ours n° 3

01 juillet 2007

Parcs de regroupement nocturnes, quelques conseils

Les parcs de regroupement nocturne liés à la protection des troupeaux sont d’une utilisation récente et les informations qui suivent ne sont que des préconisations. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions techniques définitives. Il existe 3 types de parc : le parc mobile, le parc fixe - qui doivent être associés à d’autres mesures pour atteindre leur pleine efficacité de protection - et la clôture électrique de protection en tant que telle, qui assure seule cette fonction.

Quel matériel utiliser pour les parcs ?

Pour un parc de regroupement nocturne mobile, le matériel doit être :

  • léger et facile à monter, puisqu’il faut le déplacer durant la saison,
  • souple pour permettre aux bêtes de sortir en cas de nécessité (en cas de panique générale due à un événement extérieur),
  • facile à entretenir et robuste,
  • adapté aux brebis présentes sur l’estive (grégaires ou pas, avec ou sans cornes).

Les parcs mobiles disposant d’au moins 4 fils à pose rapide, voire 5, présentent les caractéristiques adaptées. Les fils en inox et cuivre haute conductibilité seront privilégiés pour leur légèreté et leur souplesse. Les piquets les plus adaptés sont en fibre de verre car ils sont souples, légers et solides.

Il est conseillé pour le poste électrique une batterie 12 V avec panneau solaire et dispositif antivol. En fonction de la taille du troupeau, l’ensemble du parc couvre une surface maximale de 1 ha pour un coût total de moins de 1 000 euros.

Pour un parc de regroupement nocturne fixe, le matériel doit être :

  • robuste car il sera utilisé au même endroit toute la saison,
  • facile à monter car les conditions d’installation sont souvent difficiles (et il faut le remonter tous les ans),
  • grand pour permettre aux bêtes de se déplacer à l’intérieur de l’enceinte en cas de perturbation par un élément extérieur.

Les piquets d’angles doivent être robustes et solidement arrimés au sol alors que les piquets intermédiaires seront en fibre et espacés de quelques mètres. Le parc doit comporter au moins 4 fils alimentés par une batterie reliée à un panneau solaire pour assurer son autonomie. Enfin, plusieurs terres doivent être installées autour du parc. L’ensemble du parc peut couvrir 3 à 4 ha pour 2 000 ovins. Il est indispensable de prévoir 2, voire 3 parcs fixes par estive pour s’adapter aux différents quartiers utilisés au cours de la saison. Les parcs expérimentaux installés en 2006 couvrent une surface de 3 à 4 ha pour un coût proche
de 2 000 euros par parc.

Comment mettre en place un parc de nuit ?

Le choix de l’emplacement doit intégrer le confort des animaux : couche à l’abri du vent, secteur sain à l’écart des cuvettes et des barres rocheuses comprenant une partie forestière pour protéger les bêtes lors des intempéries. Il doit également tenir compte de l’emplacement de la cabane, du quartier utilisé, du relief et des habitudes des troupeaux.

Le parc de nuit doit être déplacé régulièrement s’il est de petite taille :

  • pour limiter les problèmes sanitaires (problème de piétin, problèmes respiratoires…),
  • pour éviter le piétinement et la transformation de l’herbage concerné par accumulation de matière azotée (développement de l’ortie…).

Pour une bonne gestion du système électrique, il est nécessaire de :

  • contrôler régulièrement la batterie et la recharger si besoin est (en début de saison puis tous les 3 mois environ),
  • tester l’efficacité du circuit au cours de la saison (vérifier la mise à terre, la circulation effective du courant dans les fils…),
  • maîtriser la végétation qui pourrait venir en contact avec les fils.

Avantages et inconvénients du parc de nuit

Le recours à un parc de nuit facilite la conduite du troupeau :

  • il renforce l’instinct grégaire des brebis,
  • il permet de choisir le lieu de la couche (loin des zones dangereuses),
  • il permet de rassembler les brebis en cas de problème,
  • il facilite l’intégration du chien de protection au sein du troupeau.

Cependant cette utilisation nécessite un investissement en temps pour le montage du parc, ainsi que pour la modification de la conduite du troupeau.

  • Les parcs mobiles ont l’inconvénient de devoir être déplacés régulièrement tout au long de la saison, en assurant une maintenance des piquets et des fils. De plus, le terrain doit se prêter à cette pratique.
  • Les grands parcs fixes demandent un fort investissement lors de l’installation et du démontage en fin de saison (notamment pour la descente du matériel à la cabane ou en fond de vallée) mais ils ne sont pas déplacés pendant l’été.

Frédéric Decaluwe, Gérard Rolland
Équipe technique ours
Source : Empreinte ours n° 3

Parc de nuit : une aide technique et financière

Les techniciens pastoraux itinérants de l’Équipe technique ours (Office national de la chasse et de la faune sauvage) peuvent apporter leurs conseils quant au choix du matériel et de l’emplacement du parc de regroupement nocturne. Ils peuvent également appuyer les éleveurs lors de l’installation du parc et aider les bergers à initier une nouvelle conduite du troupeau (contact téléphonique : 05-62-00-81-08). Les gardes moniteurs du parc national des Pyrénées peuvent également apporter leur soutien pour l’utilisation de ces parcs.

Le programme ours prévoit une aide financière pour l’achat et l’utilisation de parcs. Les dossiers de demande de subvention sont à retirer auprès des directions départementales de l’agriculture et de la forêt.

Source : Empreinte ours n° 3

27 mai 2007

Comment travaille L'Equipe Technique ours ? Une journée avec Etienne Dubarry de l'ETO à Saint-Lary en Ariège.

Suivi des ours: une journée sur la piste de Hvala et de ses oursons avec l'ETO

Etienne Dubarry est réputé pour son flair à l'équipe technique ours. C'est lui qui, le premier, a pu vérifier que Hvala était effectivement suivie par deux petites boules de poils depuis sa sortie de l'hibernation, à Melles, dans le Comminges. Il faut dire que le bonhomme connaît bien le terrain.

Jeudi 24 mai, 10 heures, à Saint-Lary en Ariège. Etienne Dubarry passe dans le village en jetant un œil à gauche, vers la vallée. Il pense que la jeune mère a trouvé refuge par là mais hésite entre le vallon d'Autrech et le vallon de Rouech. Pour en avoir le cœur net, Etienne Dubarry file tout droit dans son Nissan pick-up, direction le col du Portet-d'Aspet, puis emprunte un sentier chaotique jusqu'au point le plus haut des environs.

Là, Etienne Dubarry déplie l'antenne qui lui permet de capter les ondes VHF dégagées par le collier de Hvala.

Bip- bip-bip fait le récepteur. Le signal faiblit derrière la branche édentée du gros sapin à gauche. Etienne regarde sa boussole. Elle indique 130° par rapport au nord. A droite, le signal faiblit à 270°. Conclusion, Etienne Dubarry positionne le nord sur sa carte, et trace une droite sur l'axe des 200°. Seulement voilà, les deux vallons sont dans l'axe.

4 heures de planque

Trois relevés, un pique-nique en altitude et bien des kilomètres plus tard, Etienne Dubarry a acquis une certitude. Les plantigrades sont dans le vallon d'Autrech. Il téléphone à la secrétaire de l'équipe pour qu'elle actualise la localisation sur le répondeur, raccroche, puis regarde sa montre. « C'est à peu près ça, quatre heures pour faire une localisation. Sans compter la route. »

Etienne Dubarry pourrait s'arrêter là et rentrer au bureau, à Villeneuve-de-Rivière, en Haute-Garonne. Mais Etienne aimerait bien vérifier de visu que les deux oursons sont encore vivants. Et pour cause, « il y a 50 à 80 % de mortalité accidentelle chez les petits de moins de 2 ans ». Plutôt gênant quand on cherche à réintroduire une espèce dans un biotope.

15 h 20 - Etienne Dubarry décide de monter en voiture jusqu'à l'estive de l'Herbe Soulette. Là, il prend le temps de dégager un cheval coincé dans une clôture, attrape son matériel d'observation, libère sa chienne Oso, s'aventure sur des pentes qu'aucun randonneur n'oserait emprunter. Et c'est parti pour quatre heures de planque.

Le froid qui lui hérisse les poils n'a pas l'air de l'atteindre. Etienne Dubarry reste le plus souvent silencieux, les jumelles en alerte dès que le bip-bip s'accélère. C'est la preuve que Hvala est bien là, dans une zone qu'il situe entre 300 et 500 mètres autour de lui. Manque de chance, le tonnerre n'encourage pas Hvala à sortir du couvert.

En plus, la maline a du flair elle aussi. Elle peut renifler un homme à 500 m. Nouveau point sur sa montre. Il est 19 heures. Tant pis, Etienne Dubarry reviendra demain pour en avoir le cœur net. Il est temps de prévenir les bergers dans la vallée.

Le berger: « Et qui c'est qui va les surveiller nos brebis ? »

19 h 15. Étienne Dubarry redescend de l'estive de l'Herbe Soulette. À la première ferme, il croise René et Carole qui sont en train de rentrer les brebis du groupement de Loubers et de l'Izard. La conversation s'engage.

Etienne Dubarry, poli : « Bonjour, je voulais vous prévenir que Hvala est au vallon d'Autrech. »

Carole, souriante : « Je m'en doutais. Je vous ai vu passer ce matin. »

René, énervé : « Et ça va être cette musique tout l'été ? Et qui c'est qui va les garder les brebis ? Je dois justement les amener à l'estive. Qu'est-ce que je dois faire ? Y coucher ? Ah ça, ne me demandez pas d'être content. Mon avis, il est pas favorable à l'ours. L'autre jour à l'Izard, Balou il a mangé trois brebis, et il y en a une quatrième qui est morte d'épuisement ! » Étienne a l'habitude de ce type de réaction. Il laisse passer l'orage.

Carole, plus diplomate : « Il est là l'ours, qu'est-ce que tu veux y faire ! C'est bon pour le tourisme. Maintenant, il faut trouver des solutions pour pas que ça dégénère. » Puis, vers Étienne : « Il y a moyens d'avoir des subventions pour clôturer ? » René, avant qu'Étienne ait eu le temps de répondre : «Les touristes ils en ont peur de l'ours ! Et si on amène les brebis en montagne, c'est pas pour clôturer !»

Carole : « Je parle de les parquer juste la nuit. » Elle se tourne de nouveau vers Étienne. « Il y a un problème, quand même, avec le répondeur (05 62 00 81 10). L'autre jour, René a appris le lundi que le samedi, il était juste en dessous de l'ours avec les bêtes. C'est pas actualisé. Si ça l'était au moins, on pourrait choisir ! Elle est grande la montagne. Si on sait où il est l'ours, on va ailleurs ! »

Etienne Dubarry : « Le répondeur est actualisé tous les jours en semaine. Le week-end, ça dépend si le gars de permanence est sur le terrain ou pas. Mais vous savez, à terme l'objectif c'est quand même que les ours n'aient plus d'émetteurs. Il faut considérer qu'ils font partie de l'environnement. D'ailleurs, il y a une vingtaine d'ours dans les Pyrénées et la plupart ne sont pas équipés. »

René : « C'est pas contre vous que j'en ai. Au moins, on sait où il est l'ours maintenant. Mais quand même… Bon allez, il faut rentrer les bêtes. Bon soir ! »

Etienne Dubarry : « Bonsoir. Mais avant, je vous donne les portables de tous les membres de l'équipe. Si vous avez besoin, appelez ! Allez… ». Un salut de la main, et chacun repart de son côté. À Aucazein, Etienne Dubarry s'arrête à nouveau pour prévenir un éleveur qui monte souvent à l'estive de l'Herbe Soulette. C'est aussi ça son métier, informer.

Bons et mauvais souvenirs d'Etienne Dubarry

Au rayon des mauvais souvenirs, Etienne Dubarry se rappelle du jour où son petit Pipper a dû atterir en catastrophe alors qu'il était parti faire de la télémétrie en avion. "Une hélice s'est arrêté, le moteur aussi. On s'est posé dans les champs, en vol plané. On a cassé le train. On a fait les champs, les rigoles, les champs... mais heureusement, on est resté sur le ventre. On a rien eu."

Autre mauvais souvenir, quand il a dû aller faire une expertise dommage après une prédation dans un village. Trente éleveurs en colère l'attendaient. Mais il en connaissait certains. Ils ont pu s'expliquer sans casse.

Au rayon des meilleurs souvenirs, il range inévitablement sa rencontre de nuit avec Xiva. "C'était en 98 ou 99. Au départ, j'étais parti avec Pierre-Yves Quenette. On avait bossé comme des fadas dans la voiture du suivi. J'en ai eu marre. J'ai dit "je prends le sac à dos". Le soir, on a attrapé le signal de Xiva sans la localiser. Il y avait le clair de lune. On marchait sans lampe, à près de 2300 mètres d'altitude. On a changé de versant et on a attrapé le récepteur. Le temps qu'il branche l'antenne, je vois une masse marron et je me bloque. Il a compris de suite. Elle était à 35 pas, dans l'axe de marche, en train de fouiller sous un caillou. Le vent nous était favorable. Elle ne nous avait pas senti approcher. Elle s'est levée, elle a crié, et elle est arrivée plein pot vers nous pour protéger ses oursons. Et, à dix pas, elle a plongé dans la pente. On l'a suivie deux heures dans la nuit. A chaque fois qu'on passait sur des névés, il y avait les traces de la mère et des petits. Quand on a fini par poser le sac à dos, je me suis demandé: "j'ai crié ou pas". Je ne sais pas, mais on a pas eu une peur panique. J'ai juste levé le baton quand elle est arrivée et je lui ai parlé; ça a suffi. C'est un souvenir extraordinaire. On ne l'a pas eue à la télémétrie mais à l'expérience. On a bien joué. On était comme des pinsons."

Qui fait quoi dans l'équipe de l'ours ?

Pierre-Yves Quenette, l'ingénieur biologiste, en assume en quelque sorte la responsabilité. C'est un permanent de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), au même titre que Jean-Jacques Camarra, qui exerce la fonction de technicien supérieur, Etienne Dubarry, technicien de l'environnement, et Françoise, la secrétaire.

Tous les quatre reçoivent le renfort de trois CDD ONCFS et de trois techniciens de la Fédération des chasseurs, ou plutôt des fédérations départementales. Tous, hormis la secrétaire, se relaient sur le terrain pour suivre l'avancée des ours sauf mission particulière. La semaine dernière, deux techniciens sont allés dans les Alpes pendant deux jours pour participer à la mise au point des colliers GPS avec l'équipe "loup".

Comment joindre l'équipe technique ours

ETO
Impasse de la Chapelle, F-31800, Villeneuve-de-Rivière.
Téléphone: 05 62 00 81 08.
Fax: 05 62 00 81 09.
Répondeur "localisation ours": 05 62 00 81 10.
Email: stgaudens@oncfs.gouv.fr

B. D.

04 mai 2007

ORSO en Pyrénées occidentales: peu d’indices d’ours

ORSO en Pyrénées occidentales: peu d’indices d’ours

Le réseau ours brun a procédé à une campagne de relevés d’indice la semaine dernière. Peu d’indices

Maigres pistes

« On n’a jamais été aussi pauvre depuis 30 ans ! Depuis que Papillon n’est plus là et que Cannelle a été tuée, on n’a plus d’indices d’ours. » Charles Gerbet, le chef du secteur Ossau, a participé à l’opération de recherche simultanée d’ours (ORSO) organisée chaque printemps depuis 1983 par le réseau ours brun, pilotée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

La semaine dernière, du 23 au 26 avril, une vingtaine de personnes ont parcouru quatre fois le même itinéraire, simultanément, sur les secteurs d’Aspe, Ossau, Navarre et Aragon. En tout, 75 itinéraires ont été passés au peigne fin, afin de recueillir des poils, des crottes, des empreintes. « La campagne n’a pas été très fructueuse » confirme Jean-Jacques Camarra, technicien à l’ONCFS. « Nous avons cependant relevé des empreintes et des poils. Ces derniers seront analysés dans un laboratoire à Grenoble. »

L’ONCFS, l’office national des forêts, la fédération des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, le FIEP ont participé à l’opération. Pour la première fois, cette année, l’IPHB était absente. Elle organise sa propre recherche d’indices les 9, 10 et 11 mai.

Quatre ours dont trois certains. Les empreintes relevées permettent tout de même à Jean-Jacques Camarra de noter la présence d’au moins quatre individus dont trois certains. Les ours présents sont sans doute Néré, dont la taille est connue, qui se balade entre Aspe et Aragon ; Camille, de taille moyenne, basé en Navarre. Pour le troisième et le quatrième, le spécialiste penche pour Aspe-Ouest ou le petit de Cannelle qui a maintenant trois ans. « C’est un ours en pleine croissance. On ne peut donc certifier si une empreinte lui appartient. Seules les analyses génétiques des poils seront fiables. » D’autres sorties sur le terrain de recherche d’indices, effectuées une fois par semaine jusqu’à l’été, puis un suivi mensuel, complèteront ces données.

Une crotte de

200 grammes

. Xavier Piro, passionné de l’ours, est le seul à avoir pu photographier l’ourson de Cannelle à l’automne dernier, grâce à ses appareils automatiques. Il y a quelques jours, il a trouvé une crotte de

200 grammes

sur le territoire de la commune d’Accous. Seul regret pour tous les spécialistes et amoureux de l’ours, l’absence de femelle dans le secteur Béarn. Pour Gérard Caussimont, du Fonds d’intervention éco-pastoral : «Franska est repartie dans le Luchonnais. Si rien n’est fait, les ours partiront ou s’éteindront. »

Source : Sud-Ouest, 4 mai 2007

22 février 2007

Louis Dollo: Franska, morte ou vive

Après  "Louis Dollo se vautre dans les rumeurs", Lourdes Infos, par la plume de son "homonyme d’un belge spécialiste en dinosaures" trace dans un article intitulé "Franska, morte ou vive", le programme de l'ASPP 65 (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen) pour les mois à venir.

Ce programme a été dévoilé lors d'une réunion de l'ASPP organisée à Omex. (Lire : Marie Lise Broueilh, Louis Dollo et l'ASPP dans la Dépêche : l'hibernation des ultra-pastoraux est terminée.)

On y apprend que «durant près de trois heures de débat, de nombreuses idées ont été proposées dont celle d'éliminer Franska», les bergers ayant proposé de «l'envoyer en Pays Basque parce que les Basques ont un savoir faire» ou «d'en faire cadeau à l'IPHB puisque l'institution avait, en décembre 2004, donné son accord pour recevoir deux femelles». Sans succès. «Et pourtant, il faut trouver une solution ou abandonner l'élevage de montagne. Trouver une solution en maintenant la transhumance et le pastoralisme, c'est bien le but que se donne l'ASPP 65.»

Des solutions pour éliminer Franska ?

On y apprend que la cabane «du Pré du Roy» est à proximité de la «tute» de l’ourse Franska. Louis Dollo dans son style inimitable prudent et riche en conditionnels y va d’un : «Selon nos informations, il semble qu'une ou des solutions aient, en définitive, été trouvées mais les participants restent discrets sur la méthode ou les méthodes qui pourraient être adoptées selon les secteurs et la complexité des pratiques et surtout des droits exercés sur les terrains par les uns et les autres. L'ASPP 65 serait le «chef d'orchestre » de l'ensemble. Une réunion de travail pour la coordination des actions devrait avoir lieu en comité restreint en fin de semaine. Nous devrions en savoir plus à cette occasion

Que de mystère pour traquer à nouveau Franska, par une voie plus administrative ou terrienne semblerait-il ?

L’ensauvagement serait-il le but des défenseurs de l’ours ?

«L’ensauvagement» est le nouveau terme à la mode des opposants du plantigrade. A rajouter au «viol des Pyrénées» au «blanchiment des consciences» et à «La réintroduction doit être un acte d'amour».

Ainsi Bruno Besches-Commenge dans un par ailleurs intéressant "Montagnes : l’histoire oubliée d’une biodiversité à visage humain" : «Il paraît alors inquiétant, dans les débats actuels autour de la montagne - ils concernent aussi on le sait son ensauvagement par les grands prédateurs- que l’on fasse aussi peu référence à un document essentiel par lequel la France s’est engagée, dans la droite ligne des réflexions que la FAO conduit au niveau planétaire. Il s’agit de la Charte du Bureau des Ressources Génétiques /BRG/ , dont le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement entre autres, furent cosignataires en 1998

Document qui parle de la juste protection des races ovines et bovines rares et bien sûr de l'intérêt de ne pas garder les troupeaux afin de les laisser profiter des terrains difficiles.»

Pour un responsable de l'ASPP 65 «l'abandon du pastoralisme c'est accélérer l'ensauvagement des Pyrénées avec toute les conséquences que cela peut avoir sur l'environnement et même le tourisme (…) Ce serait aussi un problème d'aménagement du territoire, un problème social et un problème économique, c'est-à-dire tous les ingrédients d'un développement durable. A cause de l'ours, les Pyrénées vont-elles perdre le bénéfice de toutes leurs qualités ? »

Voici maintenant que 4 ours relâchés mettraient en danger toutes les qualités des Pyrénées. Mais que font nos responsables politiques ? Que pensent-ils de l'ensauvagement des Pyrénées?

Le programme de l'ASPP : refus des gardes de troupeaux, des embauches de bergers et des chiens patous

Louis Dollo annonce alors les nouveaux «principes généraux» (très procéduriers) prônés par l’Association de «sauvegarde du patrimoine» quant à la forme de pastoralisme qu’ils souhaitent :

  1. «Refus de garde des troupeaux au profit de surveillance de l'ours : « les éleveurs n'ont rien demandé, à l'Etat d'assumer ses responsabilités et de garder les animaux qu'il importe.
  2. Refus d'embaucher des bergers ou des gardiens de troupeaux pour un motif juridique assez clair: il n'existe pas de cabanes aux normes de la législation sociale, certaines n'ayant même pas de possibilité d'avoir de l'eau.
  3. Pas de Patous pour des raisons de sécurité des randonneurs. Plusieurs procès ont eu lieu dans les Alpes où les éleveurs et bergers ont été condamnés. Certaines communes des Alpes auraient même interdit les Patous et paient directement les dégâts causés par les loups.»

Voilà leurs revendications clairement exprimées face à la présence de Canis lupus dans les Pyrénées. Le réchauffement du printemps s'annonce. Si froid il y a eu ?

L’Equipe Technique Ours et la DIREN, deux cibles fréquentes de Louis Dollo

Louis Dollo revient à nouveau à la charge (Lire Louis Dollo s'en prend à la DIREN dans Plaisir de la chasse») et annonce des «procédures judiciaires» (encore) contre les personnes qui s’occupent d’expertiser les dégâts des ours accusées d’avoir eu des «comportements» anormaux l’an passé ( comprendre d’avoir refusé de mettre sur le dos de l’ours des pertes en estives et d’être «juge et partie».)

Rappelons que les dégâts jugés «douteux» sont comptabilisés comme «dégâts des ours», même s’ils sont douteux ! Des comportements anormaux ... en faveur du pastoralisme, mais pas assez.

L'été 2006 a vécu un véritable feuilleton autour de l'histoire des veaux d’Aston. Episode grotesque qui a vu les éleveurs faire pression sur les autorités pour faire passer ce qui ressemblait plus à des manques de soins pour des dégâts d’ours. (lire les notes ci-dessous)

«Les éleveurs ne laisseront plus faire n'importe quoi par des gens dont la compétence et les méthodes sont pour le moins contestées. Des dispositions devraient  être prises à défaut de voir les services de l'Etat évoluer favorablement.» Pas un mot sur la justesse des diagnostics et la «compétence» des éleveurs et de la fine stratégie de l’ASPAP dans cette affaire délirante des veaux d’Aston soi-disant tués par des ours.

Source : Lourdes-Infos

Le feuilleton des veaux d'Aston

21 décembre 2006

Les ours en hibernation

Pierre-Yves Quenette - Pour l’ours (Ursus arctos), il vaut mieux parler de sommeil hivernal que d’hibernation. Contrairement à la marmotte ou au loir, l’ours peut montrer des signes d’activité pendant l’hiver. Cette période de léthargie, qu’il passe le plus souvent au fond de sa tanière, s’accompagne d’une série de modifications  physiologiques : baisse de la température corporelle, diminution du rythme cardiaque, arrêt de la prise alimentaire. L’animal n’urine plus, il réduit ainsi la perte d’eau et l’urée est recyclée par un mécanisme complexe. Certains individus peuvent se montrer actifs tout l’hiver. Pendant cette période, l’animal puisse sur les graisses accumulées durant l’automne. Une femelle, qui allaite pendant l’hiver, peut perdre jusqu’à 30 % de son poids.

La période d’entrée en tanière s’échelonne entre la mi-novembre et la fin décembre. La sortie varie en fonction du statut de l’animal : un mâle peut sortir dès le début du mois de mars, alors qu’une femelle accompagnée d’oursons nés pendant l’hiver ne quittera pas la tanière avant la mi-avril. Le plus souvent située au fond d’une cavité rocheuse, la tanière peut aussi être creusée dans la terre, sous une roche ou une souche d’arbre.

Pierre-Yves Quenette,
Équipe technique oursOffice national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

Le suivi génétique des ours des Pyrénées

Le suivi des ours par identification génétique - Les analyses génétiques apportent des éléments essentiels pour affiner la connaissance de la population ursine des Pyrénées : Pour assurer le suivi de la population d’ours des Pyrénées, plusieurs méthodes sont mises en oeuvre, dont les analyses génétiques effectuées par le Laboratoire d’Écologie Alpine de Grenoble, à partir de poils et de crottes d’ours. Ces échantillons sont collectés lors d’opérations ponctuelles de terrain et dans le cadre d’un réseau de stations de suivi.

Le typage génétique participe à estimer l’effectif de la population, à définir les sexes et les filiations des ours. Il contribue aussi au suivi dans le temps des individus. 3 niveaux de précision sont recherchés: la lignée (pyrénéenne ou slovène), le sexe et l’individu. En septembre, le Laboratoire d’Écologie alpine a rendu ses résultats concernant les échantillons prélevés entre les mois d’avril et d’août 2006.

Sur les 45 échantillons envoyés (essentiellement des poils), 34 ont pu être exploités pour déterminer au minimum la lignée, les autres étant de qualité insuffisante. Il faut noter le pourcentage élevé de résultats, ce qui n’est pas habituel sur les poils – les poils sont plus difficiles à analyser que les crottes du fait de la faible teneur en ADN qu’ils contiennent.

Premiers résultats 2006

Pour le noyau occidental, 2 ours mâles ont pu être individualisés :

  • Néré, grâce à des poils récoltés en juin sur Laruns (64) et Anso (Aragon), ainsi qu’en août sur Etsaut et Accous (64) ;
  • Aspe-Ouest, par des poils prélevés en avril sur Anso et en mai sur la commune de Cette-Eygun (64).

D’autres échantillons ont permis d’identifier les souches pyrénéenne et slovène mais leur qualité n’a pas été suffisante pour préciser le sexe ou le génotype individuel. Ainsi des poils relevés sur Urdos et Cette Eygun (64) au mois de mai ont permis d’identifier un ours de souche pyrénéenne - l’un des échantillons provient probablement de l’ours Aspe-Ouest. Des poils relevés sur Etsaut et Laruns (64) en juin ont révélé un ours de souche slovène mais sans plus de précision.

Enfin, deux échantillons de crotte ont prouvé la présence d’un ours de souche slovène sur la commune d’Arrens-Marsous (64) en juillet, mais la qualité des échantillons n’a pas permis de déterminer le sexe, ni l’identité de l’animal. À cette période, l’ourse Franska était localisée sur un autre secteur grâce à son émetteur.

Zones fréquentées par les ours brun dans les Pyrénées en 2006 Zones fréquentées par les ours brun dans les Pyrénées en 2006. Les ours non équipés d’émetteurs ont prospecté des zones comparables aux années antérieures. Les ours relâchés cette année ont parcouru de grands territoires, y compris sur des secteurs sans indices les années précédentes. (Cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Dans le noyau central, Pyros a été identifié grâce à des crottes relevées sur la commune de Seix (09) au début du mois d’avril. Plusieurs prélèvements dans le Luchonnais (31) n’ont pas été exploitables. Toutefois des poils prélevés sur une ruche à Luchon au mois de juin appartenaient à un ours slovène, sans plus de précisions.

À cette période, l’ourse Palouma était localisée sur un autre secteur grâce à son émetteur. Enfin, des crottes relevées sur la commune de Sost (65) ont permis d’identifier un ours slovène, probablement Balou, présent sur la zone à cette période.

Dans le noyau oriental, Boutxy a été déterminé avec certitude en Ariège sur les communes de Siguer et Aston en avril ainsi que sur Miglos au mois de mai. D’autres échantillons prélevés sur Siguer en avril ne permettaient pas d’identifier l’individu, mais étaient proches du génotype de Boutxy.

Plusieurs autres échantillons de qualité moindre, prélevés en Ariège, ont révélé de l’ADN d’ours de souche slovène, sans pouvoir identifier le sexe ou l’individu : des poils récoltés sur la commune de Perles et Castelet en avril, des crottes sur Auzat en mai et sur Aston en août et des poils sur Mijanes en juillet.

Frédéric Decaluwe,
Équipe technique ours
Office national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

10 novembre 2006

L'Assemblée Nationale rejette l'amendement Bonrepaux