Résultats des analyses génétiques ours – 2ème session 2008
Le Laboratoire d’Ecologie Alpine vient de nous envoyer le résultat des analyses génétiques effectuées sur les échantillons prélevés après le 10 septembre 2008 et sur certains qui n’avaient pu être envoyés lors de la première session.
Il est important de souligner que nous avons bénéficié d’un nombre important d’échantillons de nos collègues espagnols du Val d’Aran, en Catalogne. Ainsi, ce sont 22 prélèvements supplémentaires qui élargissent le champ d’action de ces analyses.
Sur les 45 échantillons envoyés, 10 n’avaient pas d’ADN amplifiable et 35 étaient exploitables, dont 26 ont donné l’individu ou l’individu possible.
8 animaux différents ont été identifiés, dont 1 équipé d’un émetteur, mais aucun nouveau génotype n’a été repéré.
Noyau Occidental
Les échantillons du noyau occidental ont permis d’identifier 2 ours mâles :
- Cannellito sur la commune de Viscos, dans les Hautes Pyrénées, grâce à des poils prélevés le 15 novembre 2008 et estimés de la veille.
- Néré possible (L’échantillon permet de connaître l’individu avec certitude si l’ADN extrait est de bonne qualité, avec une bonne probabilité s’il est de qualité moindre et seulement la souche (slovène ou pyrénéenne) s’il est de mauvaise qualité. ) sur la commune d’Anso, en Aragon, grâce à des poils prélevés le 19 juin 2008.
On retrouve également de l’ADN de souche slovène sur Estaing (65), Laruns (64) et Borce (64) à partir de poils prélevés respectivement les 19 septembre, 14 juillet et 25 juin 2008 mais estimés de fin juillet, de l’hiver et de fin juin. Enfin, de l’ADN pyrénéen est recueilli sur Estaing (65) et Anso (Aragon) grâce à 2 crottes prélevées respectivement début août et début juin.
Noyau Central
Les échantillons du noyau central ont permis d’identifier 5 individus dont 4 femelles :
- Caramelles est individualisée à 5 reprises sur Couflens (09) dont 1 fois grâce à une crotte récoltée suite à un dégât sur brebis début septembre et 4 fois via des poils prélevés sur des stations de suivi en septembre mais estimés de l’été.
- Pollen est individualisée sur la commune de St Lary (09) grâce à des poils prélevés sur une station de suivi la première quinzaine de septembre.
- Bambou est repérée sur Les et Canejan (Val d’Aran, Catalogne) fin août et début septembre grâce à des poils.
- 6 échantillons de poils ont permis de confirmer la présence de Hvala sur Les et Canejan (Val d’Aran, Catalogne) une grande partie de l’année 2008.
- Pyros est également détecté à plusieurs reprises (8 fois) sur le Val d’Aran : des poils et une crotte ont permis de le localiser sur les communes de Canejan, Arres, Vilamos, Arros, et Les tout au long de l’année. Pour mémoire, il avait aussi été repéré sur Couflens en juin 2008 (voir résultats de la première session 2008).
D’autres prélèvements ont mis en évidence de l’ADN d’ours slovène sur Couflens (09) fin septembre, Canejan (Val d’Aran) en avril et juillet et Les (Val d’Aran) en août, mais leur qualité n’a pas permis de déterminer les individus.
Noyau Oriental
Les échantillons du noyau oriental ont permis d’identifier 1 individu mâle :
- Boutxy grâce à des poils prélevés à Luzenac et estimés du 11 septembre 2008.
L’ensemble de ces données confirme les résultats de la première session mais aucun génotype nouveau n’est repéré. Notons que Pyros est détecté sur Couflens et une grande partie du Val d’Aran, ce qui confirme l’étendue de son domaine vital. Enfin, Cannellito est individualisé sur la partie Est du noyau Occidental, comme en 2007.
La génétique est un des outils qui contribue à déterminer l’effectif de la population ursine sur la chaîne pyrénéenne mais ce n’est en aucun cas exhaustif. En effet, la génétique est couplée à l’analyse des tailles d’empreintes, aux photos prises par déclenchement automatique et aux présences simultanées pour déterminer un effectif minimum sur le massif. Ces résultats seront communiqués via le prochain rapport sur le suivi de l’espèce pour l’année 2008.
De son côté, Louis Dollo déclare sur le site kairn que les éleveurs comptent les ours dans cette vallée espagnole : "Le décompte des éleveurs est assez précis et se base essentiellement sur des observations visuelles « croisées et totalement sûres en éliminant tout ce qui pourrait être un double comptage ». La plupart d’entre eux étant chasseurs, ils sont habitués au comptage de la faune sauvage. Sanglier, chevreuils, isards ou ours, la méthodologie ne diffère guère." C'est ainsi qu'il annonce que "Ce comptage des éleveurs relèvent entre 10 et 12 plantigrades relativement certains sans chercher à grossir le cheptel et sans faire de comptage systématique." des données "totalement sûres et il s’agit bien d’observations de bêtes différentes."
Dans le val d'Aran, les ours ne font donc aucune crotte et ne laissent aucun poil accroché aux arbres ou aux fils. "Douze, voire davantage, quelle que soit la réalité une chose est certaine, comme le précisait un éleveur, « en tous les cas c'est beaucoup" Et il termine sa démonstration scientifique par "Où est la vérité? (...) La simple comparaison entre les informations recueillies en Val d'Aran et celles fournies par le Ministère de l'Ecologie nous montre le niveau d'ignorance de la problématique par les services de l'Etat"
Sans commentaires.


















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