CAMARRA Jean-Jacques

27 novembre 2007

Tintin en Espagne

La Direction régionale de l’environnement MIDI-PYRENEES (Service sites, paysages et nature) à organisé, dans le cadre de l'évaluation à mi-parcours du "Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009", une "Mission d’inspection générale de l’Environnement" et plus précisément, du 26 au 29 novembre 2007, un voyage d'étude avec une délégation française dans les Asturies, en Espagne.

Ce voyage n'a pas été simple à organiser, les opposants à l'ours ayant dès le départ annoncé que leur participation ne pouvait être interprétée comme "la remise d'un chèque en blanc". Mais pour une fois, à la place du boycott, il sont du voyage, remontés pour critiquer la cohabitation avec l'ours en Espagne.

Composition de la délégation qui est partie en Espagne

  1. Madame Marie-Lise BROUEILH, présidente de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen – Hautes Pyrénées
  2. Madame Sylvie SALAÜN, présidente de l’Association pour la Cohabitation Pastorale
  3. Monsieur François ARCANGELI, maire d’Arbas et président de l’association Pays de l’Ours
  4. Madame Magali BONIFACE, représentante de l’Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénées
  5. Monsieur Augustin BONREPAUX, président du Conseil Général de l’Ariège
    Monsieur Sébastien PAULY, représentant de la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Ariège
  6. Monsieur Jean-Jacques CAMARRA, Équipe Technique Ours – Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
  7. Monsieur Claude CARRIERE, Co-Président de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées
  8. Monsieur Rolland CASTELLS, maire de Bagnères de Bigorre et conseiller général des Hautes-Pyrénées,
  9. Monsieur Fernand ESTEREZ, secrétaire général de la Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques
  10. Monsieur Thierry GALIBERT,  Adjoint au directeur régional de l’environnement de Midi-Pyrénées
  11. Monsieur  Denis LAURENS, inspecteur général de l’environnement
  12. Monsieur Marcel MINVIELLE, maire d’Etsaut
  13. Monsieur Jérôme OUILHON, directeur du Fonds d’Intervention Eco Pastoral – Groupe Ours Pyrénées
  14. Monsieur Georges RIBIERE, inspecteur général de l’environnement
  15. Monsieur Jean-Luc TRONCO, Sous-Préfet d’Oloron Sainte-Marie

Les antis ont fait pression sur les organisateurs du voyage

Fidèles à leurs habitudes, les associations pastorales opposées à la survie des ours dans les Pyrénées ont "négocié pied à pied" le nombre de leurs représentants jugé "déséquilibré" et ont modifié le programme afin d'avoir la possibilité de rencontrer sur place "des interlocuteurs locaux alternatifs de ceux imposés par le programme."

Programme du voyage dans les Asturies

Lundi 26 novembre 2007

  • Trajet TOULOUSE - MONTREJEAU - TARBES - PAU – PROAZA
  • Déjeuner durant le trajet
  • Hébergement à PROAZA

Mardi 27 novembre 2007

  • 9 h 00 - 12 h 00 : Présentation de la province des Asturies : population, activités économiques. Présentation du plan de restauration : législation sur la faune, répartition des ours, les dommages, la chasse et le tourisme par rapport à l'ours. Discussion.
  • 12 h 00 : Rencontre avec le conseiller à l’Environnement et au Développement Rural, responsable de l'Environnement dans la Communauté Autonome de la Principauté des Asturies. Conférence de presse
  • 12 h 30 - 13 h 00 : Visite du parc des ours.
  • 14 h 00 – 15 h 30 : Déjeuner à PROAZA - Restaurant "le Castañeo du Sabil" Villanueva (Saint Adriano)
  • 15 h 30 - 16 h 00 : Visite de la maison de l'ours à PROAZA et présentation des travaux de la Fondation Ours d'Asturies en matière d’éducation à l’environnement.
  • 16 h 00 : Transfert à POLA DE SOMIEDO.
  • 17 H 15 – 18 h 00 : Présentation du suivi des ours : Province des Asturies, FOP et FAPAS.
  • 18 h 00 – 20 h 30 : Réunion avec les chasseurs, la FOP et la FAPAS
  • 20 h 30 :Dîner à POLA DE SOMIEDO – Restaurant Parrilla-Sidrería "Carión".
    Hébergement à POLA DE SOMIEDO

Mercredi 28 novembre 2007

  • 9 h 30 – 10 h 00 : Visite du centre d'information du parc naturel de POLA DE SOMIEDO.
  • 10 h 00 – 12 h 00 : Réunion avec des représentants d'entreprises du secteur du tourisme de SOMIEDO et de PROAZA
  • 12 h 00 : Transfert à VILLAR DE VILLAS.
  • 13 h 00 – 14 h 00 : Rencontre avec des éleveurs.
  • 14 h 00 – 16 h 00 : Déjeuner à VILLAR DE VILLAS - Restaurant "la Pornacal".
  • 17 h 00 – 20 h 00 : Rencontre avec les maires de SOMIEDO, de PROAZA et d'autres villes et villages, des députés, des représentants du Gouvernement de la Principauté des Asturies.
  • 20 h 00 : Dîner à POLA DE SOMIEDO - Hostal-Restaurante "le Parador". Hébergement à POLA DE SOMIEDO.

Jeudi 29 novembre 2007

  • Trajet POLA DE SOMIEDO - PAU - TARBES - MONTREJEAU – TOULOUSE
    Déjeuner durant le trajet

Voilà du temps passé ensemble et des déjeuners qui pourraient permettre aux avis opposés de se rapprocher. On peut rêver.

Un retour très "Communication" pour les éleveurs

L'ADDIP de Philippe Lacube a ainsi déjà appelé les opposants à venir "nombreux" pour assister à la conférence de presse simultanée qui sera organisée àu retour, invitant "la presse, les adhérents des associations, les éleveurs et usagers de la montagne, les acteurs des territoires, les élus locaux, départementaux, régionaux, nationaux et européens, les élus des Chambres d'agriculture, les syndicats professionnels, les associations et professionnels de loisirs en montagne, les gestionnaires d'estives, l'Association Nationale des Elus de la Montagne". Tout le banc et l'arrière banc des anti-ours sont donc convoqués le mardi 4 décembre 2007 à 11h simultanément à la chambre d'Agriculture à Foix et à Tarbes. "Une synthèse de nos connaissances et de nos interrogations sur la présence ursine dans les Asturies, ainsi qu'une présentation de notre vision globale du développement durable pour les Pyrénées vous seront adressés avant la conférence de presse."

04 mai 2007

ORSO en Pyrénées occidentales: peu d’indices d’ours

ORSO en Pyrénées occidentales: peu d’indices d’ours

Le réseau ours brun a procédé à une campagne de relevés d’indice la semaine dernière. Peu d’indices

Maigres pistes

« On n’a jamais été aussi pauvre depuis 30 ans ! Depuis que Papillon n’est plus là et que Cannelle a été tuée, on n’a plus d’indices d’ours. » Charles Gerbet, le chef du secteur Ossau, a participé à l’opération de recherche simultanée d’ours (ORSO) organisée chaque printemps depuis 1983 par le réseau ours brun, pilotée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

La semaine dernière, du 23 au 26 avril, une vingtaine de personnes ont parcouru quatre fois le même itinéraire, simultanément, sur les secteurs d’Aspe, Ossau, Navarre et Aragon. En tout, 75 itinéraires ont été passés au peigne fin, afin de recueillir des poils, des crottes, des empreintes. « La campagne n’a pas été très fructueuse » confirme Jean-Jacques Camarra, technicien à l’ONCFS. « Nous avons cependant relevé des empreintes et des poils. Ces derniers seront analysés dans un laboratoire à Grenoble. »

L’ONCFS, l’office national des forêts, la fédération des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, le FIEP ont participé à l’opération. Pour la première fois, cette année, l’IPHB était absente. Elle organise sa propre recherche d’indices les 9, 10 et 11 mai.

Quatre ours dont trois certains. Les empreintes relevées permettent tout de même à Jean-Jacques Camarra de noter la présence d’au moins quatre individus dont trois certains. Les ours présents sont sans doute Néré, dont la taille est connue, qui se balade entre Aspe et Aragon ; Camille, de taille moyenne, basé en Navarre. Pour le troisième et le quatrième, le spécialiste penche pour Aspe-Ouest ou le petit de Cannelle qui a maintenant trois ans. « C’est un ours en pleine croissance. On ne peut donc certifier si une empreinte lui appartient. Seules les analyses génétiques des poils seront fiables. » D’autres sorties sur le terrain de recherche d’indices, effectuées une fois par semaine jusqu’à l’été, puis un suivi mensuel, complèteront ces données.

Une crotte de

200 grammes

. Xavier Piro, passionné de l’ours, est le seul à avoir pu photographier l’ourson de Cannelle à l’automne dernier, grâce à ses appareils automatiques. Il y a quelques jours, il a trouvé une crotte de

200 grammes

sur le territoire de la commune d’Accous. Seul regret pour tous les spécialistes et amoureux de l’ours, l’absence de femelle dans le secteur Béarn. Pour Gérard Caussimont, du Fonds d’intervention éco-pastoral : «Franska est repartie dans le Luchonnais. Si rien n’est fait, les ours partiront ou s’éteindront. »

Source : Sud-Ouest, 4 mai 2007

27 novembre 2006

Natura 2000, la bête noire de Jean Lassalle : "Il est urgent de lâcher des ourses en Béarn"

Pourquoi Jean Lassalle fait-il un "caca nerveux" dès qu'il entend parler de "Natura 2000" ?

Que dit "Natura 2000" a propos de l'ours brun des Pyrénées (Ursus arctos). Les textes sont clairs : Il est urgent de lâcher des ourses en Béarn, le fief et la chasse gardée du seigneur béarnais, grand patron de l'usine à gaz qu'est L'IPHB, cette institution pas très morale, grosse mangeuse de subventions mais très peu productive en résultats autres qu'électoraux.

Pas touche au Béarn de l'élu béarnais. Le seigneur désire rester maître de ses terres. Alors Natura 2000, cette invention d'écologistes parisiens en mal de sauvage, Jean Lassalle n'en veut pas. Mais son château de cartes est sur le point de s'effondrer : les subventions fondent comme la banquise sous les pieds des ours polaires; les soutiens politiques fondent comme le gras d'un cochon qu'on ne nourrit que de salades. La fin d'un règne. Il pourra toujours chanter.

Natura 2000 et l'ours

* Ursus arctos (L., 1758) : L’Ours brun
Mammifères, Carnivores, Ursidés

Description de l’espèce

L’Ours brun est le plus gros carnivore terrestre de France. Son corps se montre massif et rehaussé d’une bosse proéminente à l’épaule. Sa corpulence peut varier considérablement selon les individus. Il atteint en général une hauteur au garrot de 0,80 m à 1 m et une longueur de 1,25 m à 1,60 m. Il est pourvu d’une queue de 10 cm de long. Son poids se situe entre 70 et 200 kg. Les mâles sont plus gros que les femelles.

Le pelage est brun mais peut présenter des nuances allant du fauve clair au brun obscur. Il comprend des poils de duvet et de jarre, crantés, de 7-8 cm de long. Le pelage est habituellement très sombre en milieu d’automne. Il s’éclaircit en été.

Les pattes, larges, comprennent 5 doigts prolongés de puissantes griffes d’environ 7 cm de long aux antérieures et 4 cm aux postérieures. L’ours est plantigrade ce qui lui permet de se dresser sur ses membres postérieurs.

Les yeux sont petits et réputés peu performants. Le squelette comporte des os robustes et est dépourvu de clavicule.

La dentition se rapproche de celle d’un omnivore. La formule dentaire est la suivante : I 3/3, C1/1, PM (3/3), M 2/3 ; le nombre de prémolaires peut varier selon les individus, de 1 à 3.

L’espèce est le plus souvent décelable dans la nature par ses empreintes de pattes d’apparence humaine, ses poils à la pointe blanchâtre, ses arbres griffés à hauteur d’homme et ses fèces volumineux en forme de courts boudins compacts.

Confusions possibles

L’autosuggestion du témoin est forte du fait du caractère mythique et emblématique de l’espèce et des confusions se sont révélées possibles, par exemple, entre Ours et Marmotte (Marmotta marmotta).

Par ailleurs, les dimensions des empreintes de pattes de l’ourson de 6-8 mois sont à peine supérieures à celles du Blaireau (Meles meles). La distinction avec les fèces de Sanglier (Sus scrofa) n’est pas évidente en automne du fait d’un régime alimentaire proche. La présence de poils (de léchage) caractéristiques et l’odeur peuvent la faciliter.

Caractères biologiques

L’Ours brun est une espèce dont la biologie est particulièrement bien connue.

Reproduction

La maturité sexuelle est atteinte à 4-5 ans. Le rut a lieu courant mai-juin et demeure très discret ; en présence de densités normales, ce sont les mâles dominants qui participent le plus à la reproduction. La mise bas a lieu sept mois plus tard, en janvier février, après une ovo-implantation différée de cinq mois. La tanière hivernale, qui est aussi le lieu de mise bas, est choisie dans une cavité rocheuse ou creusée tel un terrier. L’animal en tapisse le fond avec une litière de végétaux. La taille moyenne des portées varie de 1 et 4, selon l’individu, la région et la disponibilité en nourriture. La périodicité de mise bas est de 2-3 ans. L’allaitement dure six mois et l’émancipation des jeunes intervient entre 1,5 et 2,5 ans. L’espérance de vie en nature est estimée à 25-30 ans.

Activité

L’Ours brun est une espèce sédentaire, à large domaine vital : il exploite une superficie comprise selon les individus entre 10 000 et 100 000 ha, incluant la zone qui l’a vu naître, surtout chez les jeunes femelles.

Une population d’ours est constituée d’individus solitaires entretenant des rapports épisodiques (rut, élevage des jeunes, concentrations saisonnières, etc.) très fortement hiérarchisés. Les grands mâles dominent le groupe, ils sont suivis par les femelles suitées de l’année, puis par les autres mâles adultes. Les subadultes récemment émancipés occupent le bas de l’échelle. Plusieurs individus peuvent cohabiter au sein d’un même espace à condition qu’ils soient de rangs sociaux différents, mais ils tâchent de s’éviter.

Le cycle d’activité annuel comprend une période d’immobilité hivernale passée à l’abri au fond d’une tanière. Pour cet homéotherme les fonctions vitales sont à peine ralenties (elles sont comparables à celles d’un mammifère marin en plongée) ce qui lui permet de survivre aux pénuries alimentaires en période de grand froid : rythme cardiaque à 10 battements/minute, circulation sanguine cloisonnée, température à 32°C dans les organes vitaux. Ce « pseudo-hibernant » reprend progressivement un rythme d’activité normal en avril lequel s’intensifie jusqu’en juillet pour décroître de nouveau en automne, période d’abondance.

C’est contraint par l’homme qu’il est devenu nocturne. Deux pics d’activité ont été mis en évidence, respectivement entre 6 et 8 h et entre 18 et 23 h ; la nuit comprend des phases de repos. La couche, utilisée pour le repos diurne en période d’activité, consiste en une dépression d’environ 1 m de diamètre souvent creusée au sein de fourrés impénétrables. L’ours consacre la majorité de son temps actif à quêter une nourriture très dispersée ce qui l’oblige à de perpétuels déplacements, aidé en cela par un odorat et une ouïe très performants. Un ours adulte parcourt quotidiennement en moyenne entre 3 et 5 km. Des déplacements de plus grande envergure sont régulièrement notés.

Il est dépourvu de glandes de marquage, ce qui ne l’empêche pas de griffer et se frotter sur certains arbres aisément repérables de ses congénères et d’y laisser des indices perceptibles de son passage.

Régime alimentaire

L’Ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore.

Il a rarement l’occasion de consommer des protéines d’origine animale que lui procurent les carcasses d’ongulés domestiques (ovins, caprins) ou sauvages (Sanglier, Chevreuil, Capreolus capreolus, Cerf élaphe, Cervus elaphus...). En pratique, il satisfait sa ration protéique printanière par la consommation de végétaux herbacés ; les racines lui procurent les nécessaires oligo-éléments. Dès le début de l’été il s’intéresse aux fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), pour ensuite se reporter sur les fruits secs (glands, faines, châtaignes, etc.), en début d’automne dès leur apparition.

La prédation n’est pas un recours systématique, elle se manifeste à l’occasion de la présence des troupeaux d’ovins et caprins domestiques sur les estives. Entre 1968 et 1991, le nombre annuel moyen d’ovins tués par ours est estimé entre 3,4 et 5,1 (fiables et douteux). Dans le cas de conditions particulières (ovins non gardés par exemple, « ours à problèmes »), ce nombre peut s’accroître considérablement, comme dans les Pyrénées centrales. Parfois certains sujets, immatures surtout, peuvent développer un comportement excessivement prédateur, voire perdre toute peur de l’homme (1969, 1991-1992 et 1998-1999), on les qualifie d’« ours à problèmes ».

Sa légendaire gourmandise pour le miel, ou plutôt le couvain, se vérifie quelque peu chez les ours réintroduits dans les Pyrénées centrales.

Caractères écologiques

L’Ours brun passe le plus clair de son temps sous le couvert forestier mais n’est pas inféodé à un habitat particulier. Vivant à l’origine autant en plaine qu’en montagne, il occupe aujourd’hui les massifs montagneux boisés les plus isolés d’où l’homme n’a pu totalement l’extirper.

En Europe tempérée, son optimum biotique se situe à l’interface des étages collinéen et montagnard, dans les chênaies, châtaigneraies et hêtraies, où il trouve une nourriture riche et variée et surtout des fruits secs à forte valeur énergétique. En été, il fréquente les pelouses alpines et subalpines, à la recherche de myrtilles et plus occasionnellement d’ovins ou caprins domestiques.

Les ours autochtones pyrénéens se rencontrent généralement sur des terrains particuliers :

  • vallons boisés difficiles d’accès à l’homme, marqués par une forte déclivité et une grande diversité végétale, utilisés comme zone refuge ;
  • landes d’altitude comprenant des myrtilles (Vaccinium myrtillus) et du Conopode élevé (Conopodium majus) et versants boisés de basse altitude, parcourus de nuit pour s’alimenter ;
  • cols d’altitude et corridors boisés de fond de vallée, pour transiter si nécessaire.

Quelques habitats de l’annexe I susceptibles d’être concernés

La plupart des habitats forestiers de l’annexe I présents dans les Pyrénées sont susceptibles d’être fréquentés par l’Ours. Parmi les habitats les plus représentatifs, il est possible de citer :

  • 4060 - Landes alpines et boréales (Cor. 31.4)
  • 5110 - Formations stables xérothermophiles à Buxus sempervirens des pentes rocheuses (Berberidion p.p.) (Cor. 31.82)
  • 6230 - * Formations herbeuses à Nardus, riches en espèces, sur substrats siliceux des zones montagnardes (et des zones submontagnardes de l’Europe continentale) (Cor. 35.1) : habitat prioritaire
  • 6520 - Prairies de fauche de montagne (Cor. 38.3)
  • 9260 - Forêts de Castanea sativa (Cor. 41.9)
  • 9410 - Forêts acidophiles à Picea des étages montagnard à alpin (Vaccinio-Piceetea) (Cor. 42.21)
  • 9430 - Forêts montagnardes et subalpines à Pinus uncinata (Cor. 42.4)

L’Ours brun est présent sur de vastes régions situées entre 30 et 70° de latitude Nord, en Asie, Europe et Amérique du Nord. Dans les Pyrénées, on trouve deux populations sans contact entre elles :

  • la première, constituée d’ours bruns autochtones, subsiste dans les Pyrénées occidentales, en France dans le Haut-Béarn et dans une moindre mesure sur les vallées aragonaises de Sallent de Gallego, Aragues, Hecho, Anso et navarraise de Roncal. On note des incursions sporadiques dans la vallée de Cauterets en Hautes-Pyrénées ;
  • la seconde, expérimentale et constituée de six individus, est issue de trois spécimens slovènes adultes réintroduits en 1996 et 1997. En France, elle fréquente les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l’Ariège, l’Aude et les Pyrénées-Orientales ; en Espagne, la Catalogne et l’Aragon.

Les habitats fréquentés par les ours autochtones pyrénéens sont répartis entre 450 et 2 600 m d’altitude.

Statuts de l’espèce

  • Directive « Habitats-Faune-Flore » : annexes II (espèce prioritaire) et IV
  • Convention de Berne : annexe II, résolution n° 10 (1988)
  • Convention de Washington : annexe II
  • Espèce de mammifère protégée au niveau national en France (art. 3 ter)
  • Cotation UICN : France : en danger

Présence de l’espèce dans des espaces protégés

Dans les Pyrénées occidentales, les ours bénéficient peu de la protection du parc national des Pyrénées qui inclut moins de 5% de l’aire de répartition.

Évolution et état des populations, menaces potentielles

Évolution et état des populations

Au cours de l’Antiquité, l’Ours brun était présent sur l’ensemble du territoire national. Plus tard, au cours de la période historique, la destruction massive des habitats et des individus ont conduit à une forte régression des effectifs. Au XVIIIe siècle on ne le trouvait plus que dans les massifs montagneux ; les populations des Pyrénées et des monts Cantabriques (Espagne) se séparent alors. Peu avant la dernière guerre mondiale, on ne le trouvait plus que dans quelques vallées alpines et sur la majeure partie des Pyrénées où COUTURIER (1954) estimait alors les effectifs à 72 individus. Le minimum de population viable, d’abord atteint dans la partie centro-orientale des Pyrénées, devait rapidement conduire à des fragmentations successives de l’aire de distribution et ainsi précipiter sa disparition de cette partie de la chaîne vers la fin des années 1980.

En 1999, la population d’Ours brun des Pyrénées, subsistant uniquement à l’ouest de la chaîne, comprenait six spécimens : une femelle adulte, trois mâles adultes, un subadulte et enfin un ourson de sexe indéterminé. Même si des cas de reproduction sont encore observés (un ourson tous les trois ans), les effectifs sont estimés en deça du minimum de population viable dont les scientifiques situent le seuil entre 100 et 120 individus. La conservation de cette souche d’ours bruns, identifiée comme la plus ancienne au monde, revêt un caractère patrimonial exceptionnel.

La population expérimentale des Pyrénées centrales est issue du lâcher d’un mâle et de deux femelles d’origine slovène (dont l’une a été abattue en 1997). Ces deux dernières ont donné naissance à cinq oursons, dont un a disparu en bas âge en 1997. En 1999, on estimait que la population ainsi créée comprenait cinq ou six individus : un mâle adulte, une femelle adulte et trois ou quatre subadultes de deuxième année.

En conclusion, en 1999, les Pyrénées françaises abritent 11-12 ours bruns ; on estime que trois ou quatre d’entre eux franchissent fréquemment la frontière pour séjourner de façon plus ou moins longue sur le versant espagnol.

Menaces potentielles

Menaces pesant sur la population

La faible taille des effectifs constitue la menace la plus objective puisqu’elle ne permet pas à la population de se maintenir de façon spontanée. La présence d’une femelle unique rend les causes de mortalité événementielles particulièrement importantes (mort accidentelle par exemple, comme ce fut le cas en 1983 en vallée d’Aspe). La perte de diversité génétique est perceptible entre un spécimen né en 1971 (« Jojo ») et ceux nés depuis (perte d’allèles).

Par le passé, l’autodéfense des bergers vis-à-vis des ours trop prédateurs se traduisait par des actions de destruction directe (poison, pièges, armes de chasse). Actuellement de nombreuses aides au pastoralisme, en particulier l’indemnisation des dégâts et les aides à un meilleur gardiennage, réduisent considérablement les risques de conflit (dégât, « ours à problèmes ») mais ne les éliminent pas. Seules les vallées d’Aspe et d’Ossau où survivent les derniers ours autochtones sont attachées à des traditions pastorales fortes. Ailleurs, les troupeaux d’ovins évoluent sans gardiennage ce qui est l’occasion de problèmes de cohabitation.

Le tir de l’animal, soit de façon délibérée, soit par erreur, lors d’actions de chasse est exceptionnel mais reste encore d’actualité. Deux femelles ont été récemment abattues, l’une en vallée d’Aspe en 1994, l’autre dans la haute vallée de la Garonne en 1997. (NDLB : Depuis la date de parution de ce texte, in peu rajouter l’ourse Cannelle à la liste des femelles tuées par des chasseurs.)

● Menaces pesant sur les habitats

L’aire potentielle susceptible d’abriter une population viable dans les Pyrénées occidentales est estimée à 200 000 ha. Les deux tiers de cette zone s’étendent au-delà de l’aire de répartition actuelle de l’espèce et aucune règle de gestion particulière n’y est observée. Elles peuvent donc être le théâtre de modifications paysagères défavorables et irréversibles.

La fragmentation des habitats, phénomène habituel des zones comportant des fonds de vallées fortement humanisés, est une des principales menaces. Elle conduit au cloisonnement des massifs montagneux et donc à des isolats. Ce phénomène pourrait s’intensifier en vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) et dans une moindre mesure dans celle de la Garonne (Haute-Garonne) avec l’accroissement du trafic routier.

L’accès motorisé au réseau de pistes et routes forestières accroît la fréquentation humaine et donc la perturbation des sites. Ce phénomène est particulièrement préjudiciable dans les zones refuges et d’élevage des jeunes.

Les feux courants constituent une menace constante pour certaines zones de sécurité à Buis (Buxus sempervirens) et d’alimentation à myrtille. La quasi absence du Châtaignier (Castanea sativa) dans la zone à ours actuelle du Haut-Béarn renvoie les ours, pour s’alimenter, aux fluctuations capricieuses des cycles de fructification du Hêtre (Fagus sylvatica) et surtout du Chêne (Quercus petraea, Q. robur), ce qui réduit les taux de reproduction de l’unique femelle et de survie des jeunes. Au printemps et en automne, on note des similitudes d’ordre alimentaire avec le Sanglier, ce qui pourrait avoir un effet négatif sur les ours subadultes plus sensibles. Les grands ongulés sauvages (Cerf élaphe surtout) dont les carcasses intéressent habituellement les ours, subsistent en très faibles densités voire sont totalement absents.

Dans les Pyrénées centrales, les données radiotélémétriques (DIREN Midi-Pyrénées) ne permettent pas de montrer l’évidence d’un impact négatif de l’activité humaine sur les déplacements des ours.

Propositions de gestion

La délimitation d’une zone de restauration pour l’Ours brun est plus aisée avec des individus autochtones sédentarisés (Pyrénées occidentales) qu’avec des animaux exogènes plus mobiles au cours des premières années (Pyrénées centrales).

Lorsqu’elles ne sont pas cadrées, les activités humaines (infrastructures lourdes, présence régulière, pastoralisme, chasse, tourisme) peuvent, dans certaines conditions, agir négativement sur les populations d’Ours, jusqu’à même constituer des facteurs limitants.

Les résultats scientifiques obtenus à partir du suivi indirect de la population (aire de répartition, taille des effectifs) et du suivi radiotélémétrique individuel (utilisation des habitats) constituent la base scientifique incontournable pour l’élaboration d’une politique de gestion.

L’étendue des domaines vitaux individuels des ours nécessite une action transfrontalière. Dans les Pyrénées, les États français et espagnol doivent s’accorder sur des orientations générales susceptibles d’être appliquées à large échelle : suivi scientifique, gardiennage des troupeaux domestiques, gestion des ours à problèmes, conservation des sites vitaux...

L’amélioration trophique des habitats (apports complémentaires de nourriture naturelle, dégagement en faveur d’espèces à baies, plantations, etc.) doit être renforcée car elle est susceptible de réduire fortement la dispersion des ours, de limiter le nombre de dégâts sur les troupeaux domestiques et enfin d’augmenter le taux de reproduction des ours.

Plus pratiquement, dans les Pyrénées-Atlantiques, le dispositif mis en place par l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn doit le plus rapidement possible conduire au nécessaire renforcement de la population. Dans les Pyrénées centrales, la situation est inverse puisqu’avec la réintroduction l’avenir biologique de l’espèce semble assuré mais que les rapports avec le pastoralisme sont problématiques.

D’un point de vue biologique, la gestion des habitats à ours pourrait s’appuyer sur quelques principes très généraux :

  • aire de distribution au sens large : zones sans contrainte particulière, à condition d’éviter les perturbations à caractère irréversible préjudiciables à l’espèce en question ;
  • sites d’activités : maintien des activités humaines traditionnelles ;
  • zones tampon : accès motorisé réglementé ;
  • sites vitaux : règles de gestion compatibles avec les activités essentielles des ours (reproduction, hibernation, repos, alimentation automnale) ;
    corridors potentiels : préserver ou permettre la circulation des spécimens entre massifs montagneux afin de faciliter le brassage génétique entre sous-populations (passages de faune).

Les activités touristiques souvent sources de perturbation des habitats doivent être identifiées et faire l’objet d’un suivi soutenu compte tenu de leur essor brutal. Il convient d’ores et déjà, pour certaines d’entre elles (canyoning, chasse photographique), de mettre en oeuvre des réglementations ponctuelles particulières (site, saison). Il est à signaler que dans de nombreux pays le tourisme naturaliste en zone à ours est une activité en plein essor.

Le suivi de population par des techniques indirectes légères est à développer sur le long terme.

L’impact direct de l’Ours sur l’homme ou ses activités est surtout visible par les dégâts causés au pastoralisme. Le gardiennage joue ici un rôle primordial, comme le montre le cas des Pyrénées-Atlantiques où la présence permanente du berger et de chiens patous réduisent considérablement les pertes. Depuis peu, des outils modernes de sécurisation pastorale (clôtures électrique, systèmes d’effarouchement) complètent la panoplie.

En revanche, des mesures analogues devraient être prises dans les zones à ours où les habitudes de gardiennage se sont perdues (Pyrénées centrales) du fait de la disparition du grand prédateur.

Expérimentations et axes de recherche à développer

Dans le cas de l’Ours brun, espèce emblématique et concurrente de l’homme (espace, bétail), les aspects politiques et sociaux sont prépondérants et constituent le socle incontournable de toute politique de restauration dans les Pyrénées.

L’État doit, en préalable, opter pour une politique de gestion à moyen-long terme qui s’accorde avec les objectifs internationaux préalablement pris. Il se doit ensuite d’accompagner les actions d’initiative locale. Un bon exemple est fourni en Haut-Béarn par l’IPHB (1998). Bien qu’elle n’ait pas encore abouti de façon définitive dans son oeuvre de restauration de l’Ours pyrénéen, son action doit être poursuivie.

En matière de population, l’objectif est de constituer une population viable sur l’ensemble des Pyrénées mais là encore le pragmatisme prévaut. Le lâcher d’individus exogènes ne peut être envisagé qu’à dose homéopathique, un à deux individus par an. Dans le Béarn il s’agit d’une intervention particulièrement urgente.

D’un point de vue pratique, l’expérience acquise depuis 20 ans sur les ours autochtones a permis de dégager des priorités d’actions ciblées en faveur de la cohabitation avec le prédateur, que sont surtout le suivi comportemental des spécimens, une sécurisation pastorale mesurée, la gestion des ours à problèmes (1969, 1991, 1998, 1999) et l’impact de certains modes de chasse et de tourisme.

Les facteurs limitants des populations d’ours sont assez bien connus, mais en Béarn la promiscuité avec l’homme pyrénéen est telle que plusieurs zones d’ombre subsistent en particulier à propos de l’utilisation fine de l’espace par l’ours. Quant aux ours réintroduits, dont le comportement semble quelque peu différer de celui des ours autochtones, les incertitudes sont nombreuses. En l’occurence, quelles sont les influences respectives d’une part de l’origine des animaux, d’autre part des facteurs environnementaux présents sur la zone de lâcher ?

Globalement, deux situations contrastées sont visibles dans les Pyrénées, l’une relevant de comportements de cohabitation humains et ursins acquis depuis le néolithique, l’autre où tout doit être réinventé et s’imprégner de façon durable chez les deux protagonistes, l’homme et l’ours. Outre le patrimoine génétique exceptionnel que représente l’ours brun des Pyrénées, le réel enjeu ne réside-t-il pas d’abord dans la sauvegarde de cette « culture » conjointe forgée par le temps.

Le succès de la gestion de ce bien patrimonial commun qu’est l’ours repose sur une politique d’information, de dialogue et de responsabilités partagées entre l’Union européenne, l’État et les acteurs locaux. C’est à ce prix que l’on sera en mesure de dresser les bases d’une gestion durable des activités humaines compatible avec les besoins d’une population d’ours bruns sauvages.

Bibliographie

  • CAMARRA J.-J., 1994.- Aire de répartition et fréquentation saisonnière de l’habitat de l’ours brun dans le département des Pyrénées-Atlantiques, de 1989 à 1993. Document interne Groupe Ours Administratif, ONC/DNP, 7 cartes au 1/150 000, 10 p.
  • CAMARRA J.-J., 1997.- Investigations en vue de la connaissance scientifique d’une population relictuelle d’ours bruns dans les Pyrénées, France. Diplôme École pratique des hautes études, laboratoire de biogéographie et écologie des vertébrés, université de Montpellier 2, 185 p.
  • CAMARRA J.-J., 1999.- Suivi de la population d’ours brun des Pyrénées occidentales françaises. Rapport annuel 1998. Office national de la chasse, Cnera Pad, 14 p.
  • CAMARRA J.-J., 1999.- The brown bear in France: status, threats, management. Bear Action Plan, IUCN SSC Bear Sp. Group. Iucn Publ. Services Unit : 68-71.
  • CAMARRA J.-J. & DUBARRY E., 1996.- The brown bear in the french Pyrenees: distribution, size and dynamics of the population from 1988 to 1992. Proceedings International Conference on Bear Research and Management, 9 : 51-59.
  • CAMARRA J.-J. & RIBAL J.P., 1989.- L’Ours Brun. Hatier, Paris, 213 p.
  • CAUSSIMONT G., 1997.- L’ours brun des Pyrénées. Éd. Loubatières, 208 p.
  • CAUSSIMONT G. & HERRERO J., 1996.- L’ours brun dans les Pyrénées espagnoles : statut actuel et propositions de protection. Proceedings International Conference on Bear Research and Management, 9 : 26-35
  • COUTURIER M., 1954.- L’ours Brun. Artaud, Grenoble, 1003 p.
  • DUBARRY E. & CAMARRA J.-J., 1999.- Contribution du réseau Ours brun pour le suivi des ours réintroduits en Pyrénées Centrales, d’août 1997 à décembre 1998. ONC Cnera Pad, 19 p.
  • INSTITUTION PATRIMONIALE DU HAUT-BÉARN, 1998.- Panorama des actions de l’IPHB menées depuis 1994. 36 p.
  • NEDELEC L., gardes moniteurs du parc national des Pyrénées, 1995.- L’ours et le berger dans les Pyrénées : le prix de la cohabitation. Documents scientifiques du parc national des Pyrénées, 30 : 72 p.
  • PARDE J.M. & CAMARRA J.-J., 1992.- L’ours. Encyclopédie des carnivores de France, 5. Société française pour l’étude et la protection des mammifères. Bohallard, Puceul, 43 p.
  • PUYO F., 1999.- L’évaluation des impacts économiques liés à la protection de l’habitat des espèces menacées. Évaluation des coûts de protection de l’ours brun des Pyrénées Françaises. DEA éco. publ. Envir., lab. analyse rech. éco., université de Bordeaux, 106 p.
  • QUENETTE P.Y., CHAYRON L., CLUZEL P., DUBARRY E., DUBREUIL D., ALONSO M. & PALAZON S., 1998.- First transplantation of brown bear in the Pyrenees: the results. Proceedings International Conference on Bear Research and Management, 11 (in print).
  • TABERLET P., CAMARRA J.-J., GRIFFIN S., UHRES E., LANOTTE O., WAITS L.P., DUBOIS-PAGANON C., BURKE T. & BOUVET J., 1997.- Noninvasive genetic tracking of the endangered Pyrenean brown bear population. Molecular Ecology, 6 : 869-876.

26 février 2006

Boulevard des Ours par Jean-Jacques Camarra

Vingt ans sur les traces des derniers grands fauves de France

Jean-Jacques Camarra

Jean-Jacques Camarra est né à Maubourguet, dans les Hautes-Pyrénées, il y a 42 ans. Chercheur au Centre national d'étude et de recherche appliquée sur les prédateurs et animaux déprédateurs (Office national de la chasse), il coordonne, depuis 1983, les recherches menées sur l'ours brun, au sein des Réseaux de correspondants ours-brun franco-espagnols. Il est l'auteur de nombreux articles scientifiques ainsi que d'un livre sur l'ours, primé par l'Académie française.

Le libre " Boulevard des ours " présenté par l'éditeur

Jeanjacques_camarra_1La rencontre d'un plantigrade, déambulant sur un pâturage de la vallée d'Aspe un beau jour de juin 1976, amena Jean-Jacques Camarra, alors jeune biologiste, à conduire un long travail de recherche sur cette espèce, d'abord de façon privée, puis au sein d'organismes officiels. Cette longue quête, sur la trace des ours, l'a conduit à séjourner longuement au sein des montagnes les plus sauvages, à côtoyer en solitaire les plus grands ours du monde.

Le présent récit relate les expériences vécues au contact de ces majestueux plantigrades. Les Pyrénées, dont l'auteur est originaire, occupent ici une place de choix. Au fil de ses pérégrinations, il nous fait entrer discrètement, sur la pointe des pieds, dans l'univers feutré du fauve. Et au fil du texte, on découvre une démarche originale, celle d'un scientifique à la fois naturaliste de terrain et chercheur de laboratoire dont le souci majeur est de préserver la « paix de l'ours », basée sur les règles d'une cohabitation homme-ours multimillénaire.

Vingt ans après ses premiers pas dans la vallée d'Aspe, malgré les conflits, Jean-Jacques Camarra garde espoir. Il sait que la sauvegarde de cette espèce en voie de disparition est un formidable défi que l'homme se lance à lui-même.

Extraits choisis

L'exploitation de le forêt

[...] « Les spécialistes sont formels sur la nocivité de ces coupes fores­tières qui dégradent l'habitat des ours pour plu­sieurs siècles. La construction de routes affecte peu les plantigrades adultes.  En revanche, leurs habitudes perturbées, ils se montrent plus irascibles et intolérants vis-à-vis des jeunes ours et des oursons. Les biologistes proposèrent alors de créer des sanctuaires sur les zones comprenant des sites à forte concentration d'ours. Partout ailleurs, le réseau routier devrait se limiter au minimum et son accès interdit au public » ...

L'accès aux derniers sanctuaires

[...] « En quelques années, les routes ont étouffé la quiétude, à jamais perdue, de ces coins de paradis. On voit s'écrouler la « dernière frontière » de notre pays, celle qui magnifiait voici peu encore l'identité locale, le dernier rempart contre la banalisation. Pour­tant, bon nombre d'habitants n'ont eu de cesse de mesurer, admiratifs, les coups portés aux pentes verti­gineuses.

Comme ce vieux berger, s'accrochant encore à sa maison natale discrètement nichée en haut du ver­sant, qui m'avoue sans ambages: « Depuis l'âge de douze ans, je rêve de voitures stationnant sur le pas de la porte. »

[...] « L’autarcie, qui fit longtemps la force des béarnais, a bel et bien vécu, tuée par l'exode massif et le progrès industriel. Mais le mouvement oscillatoire du balan­cier amorce un retour, puisque les candidats d'une vraie vie aux valeurs simples se pressent maintenant aux portes de ce petit coin de paradis »...

La perception de la nature

[...] « Il ne sera pas aisé, pour ces esprits vifs mais qui traînent le boulet de siècles d'immobilisme et d'inquisition, de franchir les portes d'une perception nouvelle de la nature. »

La prédation de l'ours

Photo_de_lours_papillon_par_jeanjacques_[...] « Au petit matin, sur le sentier, je croise un homme aux traits tirés. Il n'a de cesse de pester contre l'ours malveillant qui lui a rendu visite cette nuit. Chiens et berger veillaient pourtant mais rien ne put arrêter le fauve dans sa détermination. Jusqu'aux premières lueurs de l'aube, personne ne s'était d'ailleurs rendu compte du méfait.

Depuis le lever du jour, les grands molosses, trompés par le plantigrade, s'affairent à rechercher le moindre indice. Maintenant, à l'ap­proche de la lisière, leur état d'excitation grandit. On s'avance pour faire glisser le regard entre les branches basses des hêtres de bordure. La carcasse est là ! Une corne et une patte émergent d'un tumulus de débris végétaux.

Après avoir traîné la bête sur trois cents mètres, puis traversé le ruisseau, le carnivore s'est enfin posé pour la consommer en paix sous le couvert forestier. Repu, il a pris soin d'enterrer les restes dans l'espoir, peut-être, de s'en régaler encore ...

Le plantigrade est loin maintenant. Au terme de son périple nocturne, il s'est sûrement endormi dans sa retraite isolée, intouchable et sans remords, mais vigilant, car il sait de sa mère que l'homme ainsi « blessé » est terrible. Aujourd'hui, fatigué des ses pérégrinations nocturnes, le berger doit malgré tout assurer le quoti­dien, traire et soigner ses bêtes, surveiller le pacage et enfin accueillir l'expert du Parc national des Pyrénées pour constater les dégâts. Le soir, l'homme se couche en priant le ciel de lui accorder, cette fois, un sommeil paisible ».

Le montagnard et l'autre, le biologiste

« Dans la vallée, peu de villageois comprennent ma présence, et la méfiance gagne du terrain. Les plus retors attendent impatiemment l'hiver pour me voir regagner mes pénates citadines. Des bruits courent sur les bancs de la place de l'église. Lors d'une soirée ora­geuse, je n'aurais pas hésité à me chauffer avec le mobilier d'une cabane pastorale. Mon sang ne fait qu'un tour, mais la raison prend le dessus, me rappe­lant l'esprit indépendant et narquois qui a toujours prévalu chez ces fiers montagnards. Je décide donc d'afficher une sérénité à toute épreuve, que certains jugent arrogante. Le chemin de mon intégration, à l'égal de celui du « pédescaous », sera très long et par­semé d'embûches.

Il faudrait être fin stratège pour aboutir rapidement. Malheureusement, le biologiste de la faune sauvage n'a rien de cette race d'hommes. Il a l'esprit trop vagabond, contemplatif, et tend vers une marginalité totalement anachronique au sein de ces communautés montagnardes. Un type nouveau de confrontation vient de naître avec le monde moderne, avec l'étranger, ennemi de toujours. Deux façons d'ap­préhender la nature semblent ici s'opposer : l'une, archaïque, venant du fond des âges, l'autre, très récente, germant au cœur même de nos mégalopoles. De nombreux siècles les séparent, le prochain va peut ­être les réconcilier »

La chasse

[...] « Les discus­sions s'enflamment à l'évocation des personnalités publiques locales, s'enveniment lourdement autour du mot chasse. Un profond besoin d'identité incite cha­cun des chasseurs à remodeler le scénario de la cam­pagne passée. En effet, ici, la capture du gibier semble concrétiser l'accomplissement de l'homme adulte, un rituel majeur positionnant socialement l'individu. L'intérêt collectif, quant à lui, est comblé dans cet acte purificateur qui élimine les bêtes « malfaisantes », comme le sanglier ou le renard.

Lors d'une battue, chacun tient un rôle bien défini, souvent révélateur de sa position sociale, rabatteur, « maître chien », ou « tireur » posté. Cette organisation prend appui sur de petits clans indépendants, plutôt familiaux. Sur ce substrat codifié, l'évocation de l'ours ouvre un inter­mède salutaire ».

L'impérieuse nécessité de lâcher en val­lée d'Aspe quelques ours afin que la race survive

[...] « Ce jour-là, un ami m'en­trouvre son arrière-boutique. Elle est ornée de deux peaux d'ourses de petite taille tuées en avril et décembre 1959. Les robes sont incroyablement claires et plus épaisses au niveau du garrot. La première est armée de griffes plutôt longues. Sa robe est très four­nie. L'autre, plus petite, appartenait à un vieil animal qui porte les symptômes d'une jeunesse difficile.

Curieusement, je n'éprouve aucune gêne devant les dépouilles de ces « nounours ». Elles appartiennent à ce passé révolu que le vieil homme retrace rapidement avec nostalgie. Il me conduit chez l'un de ses voisins, grand chasseur et naturaliste passionné. Les preuves abondent sur les murs. Sa chambre recèle la peau d'une ourse de cent dix kilogrammes, tuée il y a bien longtemps au sortir de la tanière.

Une entrée en matière plutôt inattendue pour cet amoureux des Pyrénées et des monts Cantabriques qui termine son propos sur l'impérieuse nécessité de lâcher, ici en val­lée d'Aspe, quelques jeunes ours des Carpates afin que la race survive ».

Le dénombrement, cher à l'IPHB

[...] « L'opération de dénombrement, quoique véritable loterie, s'annonce comme une réussite. Au terme de cette grande première, neuf ours furent détectés. Les quatre semaines de prospection suivantes dévoilè­rent la présence d'au moins une quinzaine de planti­grades sur l'ensemble des Pyrénées occidentales. Pour la première fois en Europe, et peut-être au monde, une équipe venait de conduire avec succès le dénom­brement exhaustif d'une petite population d'ours.

À la suite de ces résultats, éclosent un peu partout des articles de presse dénonçant la situation drama­tique de nos plantigrades. L'Administration, quant à elle, fit contre mauvaise fortune bon cœur lorsqu'elle précisa que les études en cours conduiraient rapide­ment à une politique de conservation »...

La destruction de l'habitat

[...] « Mes bottes reprennent alors du service pour passer au peigne fin les meilleurs sites à ours visés par ces ter­ribles projet d'aménagements forestiers. On parle vaguement du projet d'une route traversant une zone abritant plusieurs plantigrades. Une page majeure de la longue cohabita­tion avec l'ours va être tournée. Jusqu'au plus haut des versants la désolation et le trouble viendront parache­ver plusieurs millénaires de civilisation montagnarde »...

Le pouvoir que le plantigrade procure

[...] « Il y a plusieurs années que le divorce est consommé entre « étrangers » et montagnards à propos de la conservation de l'ours. Les premiers somment l'État de tordre enfin le cou aux pratiques archaïques et projets destructeurs, les seconds pestent tout haut à l'encontre des « ayatollahs » pari­siens et écologistes de salon. Chaque année, de nou­veaux incidents viennent apporter leur lot de mauvaise foi et renforcer la haine de part et d'autre.

Ici, le malaise est quotidien. Les humains, aveuglés par leur anthropocentrisme, sombrent dans un débat réducteur alors que les témoins directs, qu'ils soient bergers ou ours, croupissent à l'écart de la furie médiatique. Ils deviennent peu à peu les otages oubliés de ce conflit où l'imaginaire et le mythe débordent le bon sens. Pendant ce temps, certains ont saisi avec empres­sement les parcelles de pouvoir que le plantigrade pro­cure, en oubliant bien vite le dur combat que Papillon et les autres livrent au jour le jour. Heureusement pour ces derniers, les ours des Pyrénées savent se faire oublier.

Tourner les innombrables pages des épisodes de la « guerre de l'ours », sans qu'un clin d'œil du destin n'émerge, laisse un goût amer. C'est bien le cas de ces profondes vallées sur lesquelles une malencontreuse fatalité semble s'acharner, tel un mauvais sort, jeté par « Lou Diablou ». Certains verront là un juste retour des choses après plusieurs siècles de persécution aveugle sur « la créature mythique » par excellence.

Dans cette région, nos protégés connaissent depuis longtemps le prix à payer à s'intéresser de trop près au bétail ou côtoyer sans retenue les humains » ...

La cohabitation de l'homme avec son ego

[...] « Tomber amoureux des Pyrénées n'est pas une gageure, mais peu savent reconnaître en ces reliefs accentués le plus insolite des « Pays de l'ours ». Les incrédules n'auront qu'à se fondre dans ce pays unique, terre d'excellence des hommes et des ours, pour s'en convaincre. Ici cha­cun d'eux a, par sa présence obstinée, marqué pâtu­rages et forêts dans les moindres détails, jusqu'à même graver la pierre du cuyala ou griffer les blocs erra­tiques.

Cette terre chargée d'histoire, tour à tour mise à mal par le sabot des brebis ou la large patte du dernier des grands fauves, illustre à merveille les pro­blèmes universels de la conservation des espaces natu­rels, ou plutôt de la cohabitation de l'homme avec son ego. Ici plus qu'ailleurs, au cœur de l'Europe latine, millénaire, protection de l'environnement et libèrté jouent à cache-cache dans les interstices culturels de deux mondes extrêmes, celui des montagnards et celui des citadins » ...

Extraits de « Boulevard des Ours » de Jean-Jacques Camarra.
La photo de l'ours Papillon est de Jean-Jacques Camarra
Les titres et intertitres sont de la Buvette des alpages.

25 octobre 2005

Ours des Pyrénées - Cannelle 1 an: Interviews de Camarra, Lassalle, Marquèze ...

Un petit besoin de vous remotiver? Vais-je oui ou non "monter à Paris"? Callez-vous dans un fauteil, pas loin de l'ordi et écoutez (à nouveau) l'émission de France Culture consacrée à Cannelle

Samedi 8 février 2005. 1h30 d'interviews et de commentaires
Irène Omélianenko et François Teste.

Fin 2004, après la mort de Cannelle, dernière ourse de lignage pyrénéen, tuée par un chasseur non loin d’Urdos, l’émotion a été vive. Un naturaliste, Stephan Carbonnaux écrivit "C’est donc à la Toussaint, la veille du jour des défunts, qu’une lignée vieille de cent mille ans a été condamnée à s’éteindre faute de femelles pour assurer sa survie. Si j’ajoute que l’ourse Cannelle est morte au-dessus des gorges d’Enfer, on ne sera pas autorisé à toutes les spéculations ésotériques cependant on jugera que le destin avait bien fait les choses en choisissant la date et le lieu.

Nous savions bien sur au fond de nous que cette tribu était condamnée, pourtant sa proche disparition constitue une rupture symbolique avec les Pyrénéens de nos vallées qui d’ailleurs eux aussi ne se portent pas très bien... »

Nous avons pour le Vif du Sujet voulu rencontrer quelques Pyrénéens appartenant à ce pays où trois vallées abritent depuis des siècles l’histoire de l’homme et de l’ours. Nous avons depuis le village de Borce contemplé les zones montagneuses où se côtoient ours et bergers. Nous avons remonté le temps pour saisir ce Haut Béarn avant la mort de Cannelle, différent de ce qu’il est aujourd’hui où sur les bornes kilométriques des pattes d’ours peintes en rouge ensanglantent le paysage.

Nous avons rencontré René Marquèze le chasseur qui a abattu Cannelle lors d’une battue aux sangliers. Enfin, nous avons interrogé la perception de la réintroduction d’ourses dans les Pyrénées, réintroduction confirmée par le ministre de l’Ecologie Serge Lepeltier le 13 janvier 2005.

Avec :

  • Eric Bely, journaliste pour La République des Pyrénées ;
  • René Arripe, écrivain ;
  • Jean-Jacques Camarra, de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) responsable du réseau ours ;
  • Gilbert Simon, vice président de l’association Ferus ;
  • Didier Hervé, Directeur de l’Institution Patrimoniale du Haut Béarn (IPHB) ;
  • Jean-Louis Laborde Boy, éleveur ;
  • Jean Lassalle, Député des Pyrénées Atlantiques ;
  • Jean Lauzet responsable de Sepanso Béarn ;
  • René Marquèze, fonctionnaire à la retraite ;
  • René Rose, Président de la communauté de communes de la vallée d’Aspe
  • Thierry Sagardoytho, avocat.

Radio Ecouter Cannelle, une ourse et des hommes (durée 1h30)

18 septembre 2005

L’Ours des Pyrénées, Les 4 vérités

Livre de Farid Benhammou, Sophie Bobbé, Jean-Jacques Camarra et Alain Reynes.

Ours_quatres_veritesPrésentation en avant –première au Salon du livre des Automnales du Pays de l’Ours à Arbas les 24 et 25 septembre 2005.

On a, à son propos, parfois même du mal à parler d’animal tant l’ours peut apparaître comme un double de l’homme. C’est donc le portrait par touches successives de cet autre qui nous est si proche que ce livre vous propose.

Avec Jean Jacques Camarra, vous découvrirez les chemins furtifs de l’ours, en Béarn et ailleurs, une approche inédite de l’éthologie de l’ours pyrénéen, en mêlant observations relatives aux derniers ours endémiques et acquis scientifiques hérités de la réintroduction. Les deux populations ursines, l’une autochtone, l’autre rapportée, se sont d’ailleurs mêlées pour ne constituer plus qu’une. Il n’y a plus d’ours slovènes et d’ours béarnais : il n’y a désormais plus que des ours pyrénéens !

Alain Reynes, livre ici un travail inédit qui met en perspective des siècles d’interrelations hommes-ours. Son travail, nourri de rigueur historique et validé par des années d’observations, nous montre un ours partenaire de la société pyrénéenne.

Farid Benhammou, dresse, avec une acuité et une clarté exemplaires, le tableau des petits et grands conflits liés à la présence de l’ours. Il éclaire les zones d’ombre, démasque les errements langagiers et les dérives de tous ordres. Avec lui, l’ours n’est pas l’ours « développeur » voulu par les concepteurs de la réintroduction, mais bien un ours révélateur des forces et faiblesses de la société pyrénéenne, et au-delà, de notre société tout entière.

Sophie Bobbé analyse la place prééminente dans l'imaginaire occidental de l'ours et du loup et questionne la place que notre société veut bien réserver au sauvage aujourd'hui. Mais de quel sauvage s'agit-il exactement ? De celui que l'on repousse au plus loin de nos frontières tant sa dangerosité est effective, de celui que l'on patrimonialise et que l'on protège ? L'analyse de la société, tant rurale qu’urbaine, ouvre de nouvelles perspectives, et nous montre à quel point notre monde, qui se veut policé et aseptisé, est loin de s'être départi de la part mythique qui entoure ce sauvage.

Ce livre, qui mêle réflexion et observation, manquait à la culture de celles et ceux qui se passionnent pour le massif pyrénéen, ses enjeux, son devenir. Lequel devrait, désormais, se faire avec l’ours…

13 janvier 2005

Réseau Ours brun : l'ourson de Cannelle en relative bonne forme

L'ourson de Cannelle repéré le jour de Noël, en relative bonne forme.

L'ourson de Cannelle, dernière ourse de souche pyrénéenne abattue le 1er novembre par un chasseur, a été repéré le 24 décembre et semble en "relative bonne forme", a indiqué mardi soir 11 janvier Jean-Jacques Camarra, coordinateur du Réseau ours brun de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

"Nous avons vu sa trace la dernière fois le 24 décembre, à 1.850 m sur un col enneigé, ce qui donne à penser qu'il est en relative bonne forme", a précisé Jean-Jacques Camarra lors d'un débat organisé par l'institut Paul Ricard.

Selon lui, le fait qu'il n'ait pas été repéré depuis le 24 décembre "n'est pas inquiétant", car il est en phase d'hibernation, où il se manifeste moins.

L'ourson a été repéré une dizaine de fois depuis le 1er novembre sur les zones qu'il fréquentait avec sa mère, en haute vallée d'Aspe (Pyrénées- atlantiques).

Un ourson sur deux meurt avant de devenir adulte

"Je précise que nous ne l'avons pas nourri", a expliqué Jean-Jacques Camarra. "Nous essayons de le garder dans les conditions naturelles". Le Réseau ours a constitué des réserves de nourriture, "au cas où l'enneigement deviendrait trop important pour qu'il se nourrisse seul", a toutefois indiqué Jean-Jacques Camarra.

Il y a heureusement cette année "beaucoup de nourriture naturelle": glands, faines etc.
L'ourson est un mâle d'un an. Il mesure 50 cm au garrot et pèse 25 kg. Sa survie est loin d'être acquise: un ourson sur deux meurt avant l'âge adulte.

Jean-Jacques Camarra avait "baptisé" en 1994 sa mère Cannelle. Il estime entre 14 et 18 le nombre total d'ours dans les Pyrénées françaises et espagnoles, dont 3 ou 4 mâles (mais aucune femelle) de souche pyrénéenne, les autres étant issus de la réintroduction d'ours slovènes en 1996/97. Le père de l'ourson est d'ailleurs d'origine slovène.

Le ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier a annoncé aujourd’hui la réintroduction de 15 nouveaux ours dans les Pyrénées.

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