Ours Boutxy

07 septembre 2006

Yves Guillot, préfet de l'Ariège remonte les bretelles de l'ASPAP

Communiqué de la Préfecture de l'Ariège

Yves Guillot, préfet de l’Ariège a publié un communiqué à propos des 8 veaux morts dans  l’élevage de monsieur Lagarde sur l’Estive d’Aston. La préfecture a envoyé sur l’estive un docteur vétérinaire afin de procéder à des constats complémentaires et évaluer l’état de santé des bêtes qui y sont présentes.

Un deuxième veau de cette estive vient de mourir à l’école nationale vétérinaire de Toulouse et sera autopsié aujourd’hui. Hier un autre jeune bovin de cet élevage avait été découvert mort dans les locaux de transit de Pamiers. Ce lot en attente d’exportation va être ramené chez l’éleveur et placé sous surveillance vétérinaire. Une antibiothérapie a été effectuée sur ce lot par les services vétérinaires.

M. Yves Guillot, Préfet de l’Ariège a réagit à l’exploitation de ces pertes par les éleveurs : «Pour l'heure, rien n'indique que les veaux d'Aston aient été tués par un ours, affirme Yves Guillot. Je lance un appel au calme et assure que le dossier est instruit de façon contradictoire. La première expertise effectuée sur l'une des bêtes a conclu à une septicémie. Depuis, deux autres broutards du même troupeau conduits à l'abattoir à Pamiers semblent être morts de la même façon. Nous avons mis en œuvre les moyens scientifiques des Services vétérinaires pour éclaircir cette situation. Aujourd'hui, ma principale préoccupation ne concerne pas l'ours mais l'aspect sanitaire du troupeau.» (La Dépêche 06/09/06)

«L’aspect sanitaire est primordial dans cette affaire. Intervention de l’ours ou maladie d’origine infectieuse, l’enquête en cours le dira.» M. Lagarde avait déjà observé des faits anormaux concernant certaines de ses bêtes: boiteries et mauvais état général.

Après une première expertise en Ariège les deux broutards ont été expédiés à l’Ecole Vétérinaire de Toulouse pour des compléments d’expertise. «Les bonnes décisions ne peuvent être prise qu’à partir d’analyses vétérinaires scientifiques

M. Yves Guillot a souligné qu’en juin, il avait demandé à la Fédération Pastorale, la mise en place d’un diagnostic de vulnérabilité de certaines estives et un financement possible de la DIREN. «Les manifestations d’hostilité  [NDLB : envers les responsables du suivi] sont inacceptables. Il faut se respecter les uns les autres. Les dossiers seront instruits.» Le préfet à précisé qu’il fallait «certes sensibiliser, mais aussi qu’il était nécessaire d’éviter les amalgames

Zut alors, si cela ne marcha pas pour les veaux, pour les tracteurs, c’est compromis.

04 septembre 2006

Le Dérapage du Midi

Tentatives de remboursement: après les moutons, les veaux !

Ariège. Un éleveur chercherait à se faire indemniser huit jeunes bovins morts pour une cause encore inconnue dans le massif de l'Aston. Puisque en cas de doute, cela passe pour les brebis, pourquoi ne pas essayer avec les veaux. L'ours a bon dos.

La Dépêche du midi, dans son édition de ce matin publie un article rempli de conditionnels. Malgré qu'ils publient l'avis des représentants du comité de suivi qui ne reconnaissent pas une attaque d'ours, le titre de la Dépêche ne laisse guère de doute : «Après les moutons, les veaux.» Oui après le remboursement des moutons, les éleveurs essaient de se faire rembourser les veaux sur le dos de l'ours. En effet…

Une multitude de conditionnels

  1. « ...Un ours aurait tué huit jeunes bovins…»
  2. « ... Après l’attaque qu’aurait subie jeudi un troupeaux…»
  3. «Selon Philippe Lacube, porte-parole de l'association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées – ASPAP - [dont on connait l’implication personnelle dans la lutte anti-ours. Ce n’est donc pas une source neutre] huit bovins auraient été tués.» [même lui n’ose rien affirmer].
  4. «Après que l’ours, peut-être Boutxy [peut-être, il n'en sait rien], eut semé la panique…» [pas sûr non plus!]

Les experts sont pourtant formels

Et la Dépêche raconte l’intervention des experts...

«Les représentants du Comité de suivi se sont rendus sur place, une première fois vendredi, mais aussi samedi et dans la journée d'hier, pour conclure que ce massacre ne pouvait être l'œuvre du plantigrade.» Trois fois: ils ont pris leur boulot au sérieux et sont revenus trois fois sur place!

Après 3 études, le Comité de suivi affirme d'une manière claire, sans exprimer de doutes, et visiblement réfléchie: «ce massacre ne pouvait être l'œuvre du plantigrade.» CE N’EST PAS L’OURS (Je parle fort pour la Dépêche!) et ils rajoutent : «Nous n'avons trouvé aucune trace de prédation, ni coups de grippe, ni hématomes, ni perforations», souligne Pierre-Yves Quénette, du comité.

La prudence des experts, la réponse viendra des vétérinaires

Cherchant une réponse à cette énigme, le Comité de suivi devient prudent quand il s'agit de soulever une hypothèse : Cependant, «les experts auraient relevé des traces d'hémorragie qui pourraient laisser penser à autre chose», ajoute M. Quenette qui rappelle «que les experts ne sont pas formés pour identifier les causes de la mort».

Les experts «en ours» ont donc décelé une anomalie sur ces veaux morts et n’étant pas vétérinaires – ils reconnaissent en bons professionnels leurs limites - ils ne sont pas habilités à identifier la cause de la mort. La réponse viendra donc des vétérinaires qui diront si une maladie, peut-être contagieuse, vu le nombre de victimes, à touché ce troupeau.

D’un côté l’éleveur et Philippe Lacube ne sont sur de rien, ni pourquoi les veaux sont morts, ni même si c’est un ours. De l’autres les experts sont formels.

Le but de la manoeuvre: dénigrer le Comité de suivi et charger le compteur des ours

Malgré cela la Dépêche en fait un grand titre et charge l’ours au conditionnel. Je continue à penser comme je l’affirmais hier dans «Après la mort de Palouma: Franska, la nouvelle cible» que  «Si le prédateur est mis hors cause, l’éleveur peut alors critiquer celui qui juge l'origine de la mort des brebis et déclarer que le gouvernement cherche à diminuer l’impact des prédateurs sur le pastoralisme. C’est ainsi qu’on dénonce ceux qui doivent établir la véracité des déclarations [NDLB: Le Comité de suivi]: Ils sont trop proche des institutions ou organismes chargés du renforcement de la population d'ours dans les Pyrénées. Cela permet aussi de se plaindre des mauvais remboursements, des dégâts collatéraux colossaux, pas bien remboursés et d’espérer de nouvelles subventions. »

Il s’agirait donc d’une manœuvre destinée à décrédibiliser le comité de suivi. Manœuvre que la Dépêche du Midi accompagne et amplifie par son titre racoleur. Une stratégie globale pour toucher plus de prîmes, et charger le compteur des ours. Plus le compteur individuel de chaque ours sera chargé, plus les opposants pourront «exiger le retrait» des ours à problèmes.

La Dépêche du Midi: Faute ou naïveté?

Tous les moyens sont bons pour se débarrasser des ours. La Dépêche :

  • au mieux, si on met cela sur le compte de la naïveté ne se rend pas compte qu’elle est manipulée,
  • au pire si  J. M.-D. (qui signe l’article?) est parfaitement au courant que son information ne repose sur rien se rend coupable d’une désinformation complète pour épauler le militant anti-ours Philippe Lacube et l’ASPAP.

Les professeurs de journalisme ne doivent pas en croire leurs yeux. Une fois de plus, la Dépêche pêche par le manque de professionnalisme et d’objectivité de son journaliste. Qu’en on a rien à dire de crédible sur un sujet, on la ferme. (Celà me fait penser à un sketch de Coluche, mais j'ai un trou...).

Quel est la part d'information dans ce brouillon?

La vraie information est la suivante :

  1. Huit jeunes bovins sont tués et quatres sont déclarés disparus par l’éleveur.
  2. L’équipe de suivi est venus 3 jours de suite analyser les carcasses et les lieux et n’a pas trouvé de signe de prédation ni de trace d’ours. N’étant pas habilité à dire de quoi les veaux sont morts, c’est aux vétérinaires de déclarer pourquoi ces huits veaux sont morts.

Le reste n’est que conjectures et manipulation.

Et maintenant, le show …

Qui te rend si hardi de troubler mon broutage? «Le climat est d'autant plus exacerbé qu'en juillet, trois attaques d'ovins ont été authentifiées dans cette montagne. Depuis, les éleveurs ont retiré leurs brebis, ce qui explique, selon eux, que l'ours s'en prenne aujourd'hui à des veaux.»  Le journaliste hésite visiblement entre «Faute de grives on mange du merle» ou «Si ce n’est lui, c’est donc son frère.» ou même encore «Il n'y a pas de fumée sans feu.» Que voilà du travail qu'il est bon. Des grands classiques au secours d'une manipulation.

La Dépêche poursuit: «Interrogé hier, Jean Lassalle, maire d'Aston, n'a pas directement suivi les dernières péripéties, mais veut rencontrer le préfet pour l'attribution d'indemnisations : « Ces bêtes venaient d'être vendues. C'est une perte pour cet éleveur », indique-t-il.» Il y a donc deux Jean Lassalle ? Misère, et moi qui critique le premier. Mille excuses Monsieur, à l’avenir je préciserai toujours de qui je parle! De l'autre, du Don Quichotte béarnais! Rien à redire à ces déclarations. Ce monsieur dit vrai et fait preuve d’une prudence qui l’honore.

Vient ensuite un petit couplet sur les vautours. Ces oiseaux font leur métier. Ils découvrent des carcasses, appellent les copains et nettoient la montagne. Sans eux, les Pyrénées avec les 20 000 brebis qui y meurent chaque année seraient une chaine puante et les bergers devraient au mieux conduire les cadavres aux endroits prévus pour les traiter, au pire, les éparpiller dans les buissons, les falaises ou les grottes.

Pas une bribe d’info supplémentaire. Qui est surpris que les vautours sont attirés par des carcasses ? Heureusement qu’ils sont là!

Et malgré cette pleine page de non information, pleines de doutes, de conditionnels et d’affirmations claires qui affirment que l’ours n’y est pour rien, le journaliste J.M.D. termine son mauvais papier par : «Excédés, les opposants à l'ours ont décidé de manifester ce mardi, à 15h30, devant la préfecture de Foix.».

Mauvaise foi

Lamentable travail qui n'a rien de journalistique de la Dépêche du Midi. Qui va remonter les bretelles à ce journaliste de pacotille et à son supérieur qui le laisse publier un papier aussi mal ficelé.

Faut-il encore convaincre quelqu’un que ce journal quand il parle de l’ours est absolement non crédible et bourré de mauvaise foi ? Faut-il encore convaincre quelqu’un que les opposants et Philippe Lacube sont prêt à toutes les manipulations pour faire disparaître a tout jamais les ours dans les Pyrénées?

Vite les vétérinaires !

Maintenant, il nous reste à attendre l’avis des vétérinaires et l’annonce des conclusions de leurs observations. S’il s’agit d’une maladie, je parie que cela ne fera qu’une ligne en page intérieure de la Dépêche du Midi. Et les opposants auront été beugler comme des veaux devant la préfecture de Foix. Il en restera toujours quelques choses. La crédibilité du pastoralisme est aussi grande que l’espérance de vie de ces pauvres veaux. Pour ce papier, mon titre à moi: Tentatives de remboursement, après les moutons, les veaux.

Douce France, j’ai envie de vômir.

Pour Lourdes-Infos, La Dépêche c'est de l'eau bénite

Et oui, malheureusement il y a encore plus mauvais que La Dépêche du Midi. Pour Lourdes-Infos et son journaliste qui ne signe pas cette dépêche encore plus ridicule, que dis-je, exemplaire: les conditionnels prudents qu'affichait La Dépêche-du-Midi sont atomisés et remplacés par des affirmations tapageuses.

Encore plus fort que Palouma: l'autopsie selon Louis Dollo. C'est bien simple, je n'ai pas besoin de rajouter de commentaire, lisez vous même: la stratégie dénoncée par la Buvette est écrite ici noir sur blanc...

Rassemblement anti-ours à Foix

Communiqué de l'ASPAP : "Suite aux dernières attaques des ours sur les troupeaux en estive, l'ASPAP (Association de Sauvegarde du Patrimoine Ariège-Pyrénées) organise un rassemblement devant la préfecture de Foix, ce mardi 5 septembre à 14h30.

La dernière attaque enregistrée à ce jour a notamment suscité beaucoup d'émotion : En Haute Vallée d'Ariège (estive de Calvière - vallée d'Aston), le 30 août, 8 veaux ont été tués lors d'une violente attaque ; par ailleurs, 4 veaux sont toujours portés disparus. Le mépris de l'équipe technique ours, qui refuse d'attribuer ce drame au passage évident de l'ours, contribue au désespoir des exploitants concernés.

Lors de ce rassemblement, nous entendons soutenir ces éleveurs et poursuivre les démarches auprès de l'Etat afin que le préjudice soit indemnisé comme il se doit.

Ce jour-là, nous comptons sur la rencontre prévue avec le préfet de l'Ariège pour que l'administration reconnaisse la responsabilité de l'ours. Cette journée sera aussi l'occasion de faire un point sur la problématique de l'ours: les attaques sur bovins sont de plus en plus fréquentes et meurtrières. Nous rappelons qu'il n'existe aucune mesure de protection des troupeaux bovins et équins contre les prédateurs. Est-ce pour cela que l'Etat, contre toute évidence, a du mal à admettre les attaques sur ce type de troupeaux ?

L'ours belge exagère dira encore Louis Dollo, cet opposant notoire qui me traite de terroriste intellectuel écologiste et menace La Buvette des alpages de procès en diffamation.

Si vous avez encore le courage de lire ce bel article de la Dépêche du Midi à l'origine de cette bafouille...

Lire la suite "Le Dérapage du Midi " »

27 avril 2006

Gérard Caussimont : L’ours brun, un craintif parfois

Proche de l'homme

Gerard CaussimontLà où on a l’habitude de vivre avec l’ours, on sait que c’est tout à fait normal ou même habituel qu’en début de printemps ou en fin d’automne on puisse avoir des ours présents à basse altitude et donc non loin de certains quartiers ou hameaux de villages de montagne.

L’ours (Ursus arctos) utilise, au cours de son cycle annuel, la totalité de son territoire, du fond des vallées au estives, en fonction de la poussée de la végétation, de la fructification, bref de la nourriture disponible.

Au printemps, c’est le fond des vallées, les quartiers de grange, là où la végétation a démarré en premier lieu. En ce moment, depuis 4 semaines, nous suivons un ours qui se trouve souvent en fond de vallée en Ossau (Béarn), il descend brouter l'herbe très bas (800m), on a trouvé des traces et des crottes d'herbe.

Nous avons beaucoup d'exemples montrant que l'ours fréquente normalement, au printemps des zones basses de fond de vallée à la recherche d'herbe verte à brouter. Nous avons observé ce phénomène en Béarn ( plateau de Lhers, Lescun, Hameau d’Aubise (Borce), hameau de Seberry (Etsaut) Gabas, parfois non loin des habitations. Cela a été le cas il y a quelques jours en Aragon,à quelques centaines de mètres du village d'Anso, et en Navarre, non loin du village de Garde. Il n’y a rien d’exceptionnel à cela.

Cela est observé régulièrement dans les populations d’ours plus importantes : dans les monts Cantabriques, près des villages, dans les Asturies.Les gesn les observent parfois à la tombée de la nuit, en train de brouter dans les prés. Dans les Abruzzes j’ai observé une ourse et ses oursons en dessous d'un village, en train de brouter, etc.

Boutxi

Il n’y a donc rien d’ étonnant à ce que Boutxi, comme d’autres ours, fréquente des zones de basse altitude, non loin de zones habitées. S'il tombe sur des brebis, en bon opportuniste qu’est l’ours, il en profite pour refaire ses réserves de graisse après le sommeil hivernal. A partir du moment où il sort la nuit et qu’il ne se laisse approcher par personne, il semble qu’il n’y ait rien d’anormal.

Plus on connaît l’ours, moins on le craint

Il faut arrêter la rumeur disant que le renforcement va entraîner des risques pour les humains. Depuis que l’on a accès à des archives fiables, on n’a pas de cas d’attaque d’ours sur un humain dans les Pyrénées, y compris depuis les réintroductions de 1996 et 1997 dont sont issu la plupart des ours bruns pyrénéens actuels. Tous les ans des bergers, des randonneurs, des pêcheurs, des naturalistes, des gardes, rencontrent fortuitement des ours et il ne se passe rien, l’ours s’enfuit. Par contre en 1994, 1997, 2004, des rencontres avec des chasseurs ont mal fini pour trois ourses.

Gérard Caussimont
Naturaliste, président du FIEP Groupe ours Pyrénées, membre du réseau ours brun et du Comité scientifique du Parc National des Pyrénées.

23 avril 2006

Opérations d’effarouchement de Boutxy

Communiqué de la Préfecture de l'Ariège
Des opérations d’effarouchement seront organisées à compter du mercredi 26 avril jusqu’au 30 juin 2006, si besoin, à titre de précaution, compte-tenu de la fréquentation de proximité constatée dernièrement par l’ours Boutxy, afin de le dissuader de se rapprocher des habitations.

Après avis du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN), et de la DIREN, cette opération est déclenchée par le préfet de l’Ariège.

A l’issue de ces opérations d’effarouchement qui vont durer plus de deux mois, une nouvelle analyse de la situation sera réalisée.

L’effarouchement correspond à la mise en œuvre par le personnel de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) de tirs non létaux de diverses natures à l’encontre ou en direction de l’animal, pour corriger un comportement inadéquat.

La surveillance du ou des sites d’interventions sera effectuée par des équipes de l’ONCFS et maintenue dans le temps après les effarouchements de façon à pouvoir répéter le stimulus aversif si l’animal se manifeste à nouveau.

A l’issue de ces opérations, un compte-rendu sera adressé au Préfet de l’Ariège.

Le protocole de gestion d'un ours à problème

Si l'ours brun est un animal discret qui évite la présence de l’homme, il peut présenter parfois des comportements inhabituels. Ainsi certains individus au sein d'une population peuvent être amenés à attaquer, de façon excessive, des troupeaux d'animaux domestiques.

De même certains individus peuvent présenter parfois un comportement familier et ne plus manifester de crainte par rapport à l’homme. Ce comportement se traduit par une absence de fuite à courte distance, voire une difficulté à faire fuir l’animal. Enfin, dans certains cas l’ours peut se montrer agressif envers l’homme. Ces exemples illustrent la nécessité de disposer d’un protocole d'intervention afin de gérer de telles situations de conflit entre l'ours et l'homme.

Dans le cas de la population actuelle d’ours brun dans les Pyrénées, le protocole d'intervention sur un ours à problème repose sur 5 étapes successives :

  1. mise en évidence et identification de l'ours au comportement atypique,
  2. mise en place, si nécessaire, de mesures de protection préventives adaptées à la situation (clôtures électriques, surveillance nocturne...) et assistance humaine par l’équipe technique ours et les membres du réseau ours brun,
  3. tentative d’effarouchement de l’animal vis à vis des situations où il manifeste un comportement atypique (l’effarouchement consiste à associer le comportement atypique avec une expérience douloureuse pour l’animal grâce à des tirs de balles en plastique),
  4. capture de l’ours pour équipement télémétrique et renforcement de l’effarouchement si celui-ci ne peut être obtenu sans le marquage de l’ours. Le but recherché par la capture et son équipement par un émetteur est de faciliter le repérage ultérieur de l’animal pour mener des interventions répétées plus efficaces,
  5. élimination (par capture ou destruction directe) de l'animal de la population d’ours si le comportement atypique se maintient et dans le cas où l’animal serait particulièrement dangereux ou impossible à isoler. En cas de danger immédiat par rapport à l’homme, il est prévu de pouvoir passer directement de l’étape 1 à l’étape 5.

Source : Les Pyrénées avec l'Ours

AVES réagit à l'omniprésence des bergers ariégeois dans les médias

mercredi 19 avril 2006 par Christophe CORET

Comme tous les ans au sortir de l’hivernation, les ours font parler d’eux car malgré leur régime omnivore composé à près de 80% par des végétaux, il leur arrive d’attaquer le bétail pour répondre à leurs besoins au sortir du repos hivernal. Systématiquement s’en suivent bon nombre d’articles de presse anti-ours, expliquant que l’ours est incompatible avec le pastoralisme... et il semble qu’en cette année 2006 qui marque le début des opérations de réintroductions d’ours dans les Pyrénées, cette tendance s’accentue.

L’ours est un animal opportuniste qui effectivement peut s’attaquer aux troupeaux lorsqu’ils ne sont pas protégés, mais cela ne doit absolument pas remettre en cause le programme de réintroductions. La cohabitation est possible !

Ces dernières semaines, plusieurs ovins ont été tués par des ours, ce qui n’est absolument pas exceptionnel en ce moment « car c’est la période la plus difficile pour lui pour trouver de la nourriture depuis la fin de l’hibernation », a expliqué Etienne Dubarry, de l’équipe technique ours.

Aussi, un bélier et un agneau ont été retrouvés morts lundi à Aston (Ariège), tués par un ours (probablement Boutxy) dans un parc en bordure de forêt, à proximité du village. Deux autres brebis ont été tuées et des ruches ont été détruites dans les communes de Luzenac, Perles-et-Castelet, Orgeix, et Mérens-les-Vals.

Certains éleveurs, les quelques élus qui surfent sur la vague anti-ours pour se faire un nom et les médias, avides de sensationalisme et de guerrillas (urbaine ou rurale, peu importe du moment que ça fasse vendre l’info) se sont vite emparrés de ce dossier pour tenter de faire avorter le programme de réintroduction actuellement en cours.

Certains journalistes n’hésitent pas à utiliser des mots violents « un ours mâle, vraisemblablement Boutxy, serait responsable de cette tuerie » ou à tenter d’installer la peur en disant que l’ours est près des villages, dangereux pour l’homme. De grâce, un ours qui mange une brebis est-il plus un tueur qu’un rapace qui se saisit d’un lapin, qu’un homme ventripotent qui dévore sont steak saignant ? L’ours est-il plus violent et condamnable que le groupe d’extrémistes qui n’a pas hésité à saccager la mairie d’Arbas le 1er avril dernier, soutenu par quelques z’élus en écharpe ? Je ne crois pas !

Il me semble d’ailleurs que ces personnes, qui sont les premières à se plaindre de l’ours ne refusent pas les avantages qui leurs sont octroyés de par sa présence :

  • héliportage du matériel,
  • restauration des cabanes d’alpage

et le plan de restauration de l’ours dans les Pyrénées 2006-2009 insiste sur ces points :

  • un soutien (en complément des aides agricoles) sera donc apporté, y compris en Béarn, pour la réalisation d’un gardiennage permanent par un berger salarié, un éleveur prestataire sur troupeau collectif ou encore un éleveur sur son propre troupeau. Sur des troupeaux importants, le recours à un second berger pourra également être soutenu.
  • A celà s’ajoute le financement du portage du matériel de première nécessité des bergers... En Béarn (Pyrénées-Atlantiques), l’action est complétée, pour lutter contre un pastoralisme de bêtes taries, par la prise en charge, à la montée comme à la descente d’estive, du matériel nécessaire à la traite.
  • Le financement de moyens de communication (téléphones portables, radio-téléphones)
  • Incitation au regroupement nocturne du troupeau
  • La protection effective du troupeau passe par l’utilisation d’un ou de plusieurs chiens patous et / ou de clôtures électriques... Une aide sera attribuée aux gestionnaires d’estive pour leur permettre de s’équiper d’une clôture électrique pour le regroupement nocturne et la protection des troupeaux. Ce financement prend en charge le matériel ainsi que sa livraison. (matériel mobile, matériel fixe ou parcs de sécurité électrifiés, couplés avec des systèmes d’alerte et de déclenchement de dispositifs d’effarouchement lumineux).

Des aides sont allouées pour compenser le temps de travail nécessaire à l’installation de ce matériel, mais aussi en cas d’utilisation de patous... Ce plan est une véritable incitation à la cohabitation et il me semble que la mauvaise volonté dont font preuve certains éleveurs devrait être dénoncée dans la presse plutôt que relayée, la larme à l’oeil !

Les opérations de suivi et de capture des ours ont actuellement lieu en Slovénie, depuis le 15 avril 2006. 5 ours (4 femelles et un mâle) seront relâchés en Pyrénées Centrales cette année. sur les territoires des communes suivantes, qui se sont portées volontaires pour les lâchers :

  • Arbas en Haute-Garonne
  • Bagnères de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées
  • Burgalays en Haute-Garonne
  • Luchon en Haute-Garonne

Ces réintroductions ne pourront être un succès que si tout le monde en accepte les règles. Que ceux qui les refusent rejettent aussi les avantages que l’ours leur apporte !

Christophe CORET
Président de l’association AVES FRANCE
65 rue des bons enfants
76000 ROUEN
Tél. : 02.76.00.82.68

http://www.aves.asso.fr/article.php3?id_article=129

22 avril 2006

Boutxy en Ariège

Boutxy :  les bergers ne parlent que de lui. Depuis que Boutxy a rangé son pyjama dans sa tannière, l'actualité pyrénéenne ne parle que de cet ours. A quelques jours du lâcher de la première ourse slovène à Arbas, la presse écrite et télévisuelle est friande de tout ce qui concerne l'ours,  Toute information classée « ours » fait la une de l’actualité.

(Lire à ce sujet "Les bergers font la une des journaux de Tf1 - Ours la grande manipulation ". En voici quelques exemples :

Boutxy a faim

La Dépèche du Midi, 19 avril 2006.
« Il fallait s'en douter, Boutxy a encore faim. Le plantigrade qui sévit depuis plusieurs semaines en haute Ariège, a croqué son agneau pascal, dans la nuit de dimanche à lundi dans un enclos situé au milieu du village d'Aston, tout près des maisons. En fait, après les vérifications effectuées par les personnes chargées du suivi de l'ours, il s'avère que l'animal a tué deux bêtes, une brebis et un agneau appartenant à Mme Morget.

Ce forfait qui renforce l'inquiétude des habitants de la vallée et surtout l'exaspération des éleveurs, est le quatrième dans le secteur depuis le début du mois. L'association pour la sauvegarde du pastoralisme en Ariège-Pyrénées [ l'ASPAP qui à saccagé le village d'Arbas (NDLB)] rappelle, à cette occasion, dans un communiqué « que si ses demandes formulées auprès du ministre de l'Ecologie et du préfet de l'Ariège dans le sens d'une vraie concertation et de réelles mesures de sécurité pour les populations ne sont pas prises en compte, cela entraînera inévitablement une vraie révolte des Pyrénéens. »

[La buvette : Remarquez le choix du vocabulaire. Le journaliste ne cache pas son camp. De son côté, l'ASPAP, dont 10 membres sont poursuivis pour le saccage du village d'Arbas profère encore des menaces et des appels à la violence.]

L'ours a-t-il encore sévi à Axiat ?

La dépèche du Midi, 20 avril 2006
Le cadavre de la brebis trouvé hier sera expertisé aujourd'hui. Hier, Colette Rolet, lieutenant de louveterie dans la haute Ariège a été appelée par l'équipe de suivi de l'ours pour vérifier si une nouvelle brebis retrouvée morte, sur le massif de Tabe entre Axiat et Appy avait été tuée par l'ours (Boutxy pour les bergers, mais personne ne l'a vu.)

« Comme j'étais dans ce secteur, je me suis rendue sur les lieux et j'ai découvert le cadavre. Comme je ne suis pas spécialiste, il faut attendre l'expert qui vient aujourd'hui pour savoir si cette brebis a vraiment été tuée par l'ours. Car son état montre qu'elle est morte depuis plusieurs jours, et il peut, dans ce secteur, y avoir d'autres animaux, comme des sangliers ».

L'information sur cet animal mort avait été donnée par le propriétaire du troupeau, Guy Nôtet, qui était à Saint-Gaudens, à la manifestation des anti-ours hier matin.

[La buvette : Voilà qui donne une image claire et nette du but de cette communication : diaboliser l'ours et défendre les pauvres bergers pacifistes et non violent de l'ASPAP ]

Un propriétaire particulièrement en colère dans le Comminges hier matin et qui affirmait haut et fort sa volonté de combattre le projet de renforcement de la population d'ours dans les Pyrénées. Nous saurons aujourd'hui si la brebis d'Axiat est, ou non, une victime de Boutxi, voire d'un second ours qui pourrait être dans le secteur, comme le laissaient entendre hier certains éleveurs.

La dépèche ménage l'ours et le berger

Etrangement, la dépèche du Midi publie le 21 avril 2006, le lendemain un article qui montre l'efficacité du patou dans sa tâche de chien de protection du troupeau. Une volonté de ménager la chèvre et le chou, tous deux des lecteurs potentiels ? En tous cas un manque de clarté dans la ligne éditoriale, s'il y en a une dans ce dossier?

Le patou, une arme efficace

Pyrénées : Les mesures pour la protection des troupeaux contre l'ours et autres prédateurs ont démontré leur efficacité. Des moyens renforcés pour protéger les troupeaux.

Alors qu'en Slovénie, les pièges à ourses sont posés en vue de capturer une bête à transporter dans les Pyrénées, une étude de l'association Pays de l'Ours -Adet confirme l'efficacité des chiens de protection des troupeaux. L'étude confirme que le plantigrade ne représente que 1 % des prédations sur les estives des Pyrénées et 3 % des pertes sur les zones dites sensibles où les fameux patous ont été mis à disposition des éleveurs. Mieux : les chiens de protection mis en place dans le cadre du programme ours ont permis de réduire la prédation sur les troupeaux de 92 %.

Un chien de protection permet en moyenne de sauver 7 brebis par an et par troupeau, soit une économie de 1 221 € pour l'éleveur. Sur l'échantillon de 37 éleveurs enquêtés, plus de 300 brebis sont ainsi sauvées chaque année, soit plus de bêtes que n'en tuent les ours sur le massif. TF1 n'en a pas parlé.

Boutxy est-il déviant ?

Le Journal de l'Ariège lance, cette semaine, une espèce de "référendum" sur l'opportunité de capturer Boutxi pour l'empêcher de nuire, et ramener ainsi la paix dans nos montagnes. Pouquoi Boutxy serait-il déviant, et le sondage d'opinion est-il le meilleur moyen de l'affirmer ?

les études du régime alimentaire de l'ours brun des Pyrénées montrent que l'ours à la sortie de l'hibernage à "la dalle". Pas de myrtilles, de faines ni de pommes. Une partie des plantes qu'il aime ne sont pas encore sorties. L'ours a donc tendance, pendant une courte période à se retourner vers les ruches et les brebis. C'est comme celà depuis des siècles, mais TF1 et quelques journalistes viennent de le découvrir. Certains manifestant de l'ASPAP leur ont suggéré l'idée du scoup ! Evidement, si les brebis sont abandonnées la nuit, sans patou pour aboyer ou le poursuivre, c'est comme si les bergers de l'ASPAP sortaient le soir en criant "A table et offrant le verre de Jurançon !" Bien sûr le lendemain, ils appellent TF1 pour dire dque Boutxi a vidé la cave et pillé la bergerie.

Une question de chiffres

Chaque année entre avril et novembre, les ours mangent les tripes de 300 à 350 brebis (12 par semaine en moyenne, en 3 ou 4 attaques). Entre 10 000 et 20 000 brebis meurent chaque année en Pyrénées. L'ours n'est donc responsable que d'une part dérisoire de ce carnage. L'absence de surveillance cause la mort de milliers de brebis : les mouches viennent pondre des oeufs dans les plaies et les vers dévorent les brebis vivantes. La foudre met fin à la vie des ovins d'une manière instantannée. Les chiens en villégiature et en manque de chasse et de canigou sont responsables de carnages, parfois même les chiens de berger. Les passants en manque de méchoui coursent les brebis pour se procurer la pitance du soir. TF1 ignore celà car c'est bien moins médiatique que l'ours.

Télé réalité : la montagne de la tentation !

A quand une émition de télé réalité avec sur le plateau : un ours, affamé de préférence, un berger et ses protégées, un écolo et un patou. L'audimat va exploser !

Boutxi respecte les habitudes de ses congénères et cherche à satisfaire son estomac. Seule la couverture médiatique est différente. Les conditions pour dire qu'un ours est déviant sont claires et écrites. On en est bien loin. Mais bien sûr, tant que les bergers refuseront de protéger leurs troupeaux parce que prendre un patou c'est accepter l'ours, le buffet de Boutxy (ou d'un autre ours) sera toujours servi au frais de l'ASPAP. Mauvaise foi, quand tu nous tiens!

C'est ainsi que des pyrénéens, de passage à la buvette lachent le morçeau. Témoignage d'un client de mon troquet...

Capturer Boutxy pour quoi faire ?

Le protocole de capture

Patrick Pappola
« Il existe un protocole très précis pour gérer les ours à problème et ceux qui deviendraient dangereux pour l'homme. L'ours Boutxy n'en fait pas partie et avant la capture, le protocole prévoit :

  1. la mise en place de mesures de protection dur les troupeaux (patous, aide bergers etc...)
  2. l'effarouchement (tir de balles en caoutchouc associées à un fort bruit) Précisons que dans ce protocole, la capture est destinée à équiper l'ours à problème d'un émetteur pour le suivre de plus près et pour faciliter la précision des mesures 1 et 2. Mesures qui n'ont pas été mises en place en Ariège avant de songer à une quelconque capture. Pourquoi ?

Un printemps comme les autres

Le comportement de l'ours Boutxy en fin d'hivernation est tout à fait normal et naturel : la végétation n'est pas assez débourrée en cette fin de mois d'avril, donc, comme tous les ours l'ont toujours fait dans les Pyrénées (les témoignages sur les ours originels ne manquent pas...) il descend un peu plus bas pour trouver sa pitance.

l'ASPAP : des méthodes violentes

Ce qui est par contre beaucoup moins acceptable, c'est d'une part les méthodes de l'ASPAP, association qui n'hésite pas à manier la violence (une personne âgée hospitalisée à Arbas) et à terroriser un village entier (toujours Arbas le 1er avril dernier).

L'ASPAP est en train de souffler sur les braises et de faire feu de tout bois pour dramatiser chaque attaque sur les brebis comme un fait extraordinaire. Chaque année, des milliers de brebis disparaissent dans les Pyrénées et l'ours n'est resposable que de 0,03 % de ces pertes !

Un refus de la cohabitation

Mais surtout, il aurait suffit d'un chien patou sur ces exploitations pour que Boutxy retourne d'où il venait, c'est à dire plus loin des hameaux isolés. L'autre jour sur France 3, j'ai vu le témoignage d'un vieux berger qui disait qu'avant, le berger sortait de la cabanne, criait un coup en lachant les chiens et l'ours s'en allait voir chez le voisin... qui fesait la même chose. Maintenant, plus de berger, plus de chien : A table !

Coincidences

Permettez moi aussi de constater qu'à l'heure où les opposants à l'ours ont déposé  une requête en conseil d'Etat pour faire capoter le plan de sauvetage de l'ours en France, ces attaques dramatisées à l'extrême tombent à pic. Comme elles se font sur des bêtes sans aucune protection, permettez moi de me poser des questions sur le sens de ce catastrophisme... comme par hasard très bien venu pour essayer d'étayer la requête en Conseil d'Etat et qui expliquerait le pourquoi de ce refus de protéger ses bêtes, comme si elles étaient offertes à l'ours Boutxy.

Quand on est capable de la violence qui s'est déchaînée à Arbas, on est capable de bien davantage, hélas pour se donner raison par la force et le mensonge.

En outre, je vous informe que 50% des subventions du plan ours sont destinées à aider le pastoralisme et qu' un très important plan national d'aide au pastoralisme va sortir dans quelques jours. Il expliquerait la surenchère de certains éleveurs qui font tout pour faire monter la pression en utilisant l'ours et obtenir le plus possible à travers ce plan.

Motion relative au Plan de Restauration de l'Ours Brun dans les Pyrénées françaises.

« La session de la Chambre d'Agriculture des Hautes-Pyrénées, réunie en session ordinaire le 14 avril 2006 soutient :

  • Les initiatives prises pour la défense du pastoralisme et du patrimoine montagnard et notamment l'action introduite devant le Conseil d'Etat par divers syndicats, collectivités et associations.
  • Demande l 'annulation pure et simple du plan d'introduction d'ours slovènes porté par le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable.
  • Prend acte par contre de la décision du Ministère de l'Agriculture de mettre en place un plan de soutien à l'économie de la montagne pyrénéenne en 2006 tout à fait indépendant tel que précisé dans le courrier du 25 août du Ministre, de toute politique de réintroduction de prédateurs.

Fait à Tarbes, le 14 avril 2006 »

Boutxi : aide financière du pastoralisme

C'est ce qu'on appelle un rapport de force, c'est peut-être de bonne guerre, mais de grâce, pas en sacrifiant l'ours qui est un élément incontournable du patrimoine naturel et culturel de nos montagnes. Si ce plan d'aide se veut indépendant de l'ours, c'est, comme le reconnaît l'Etat, à la demande de certains milieux agricoles. Mais il est évident que l'ours y est pour quelque chose, car comme le précise le chercheur en stratégies environnementales Farid Benhamou : « en règles générales, les prédateurs sont des dopants de la politique pastorale de notre pays »". Nous y sommes, mais Boutxy doit-il en faire les frais ?

Le plan de soutien au pastoralisme pyrénéen est lié à l'ours

Prétendre que le plan de soutien au pastoralisme pyrénéen est indépendant de l'ours, c'est un peu comme si le gouvernement nous expliquait qu'il avait renoncé au CPE de son propre chef, indépendamment de toute manifestation de la jeunesse du pays. On en rirait. Concernant le plan de sourien au pastoralisme soi disant indépendant de l'ours, voilà ce que le ministère de l'Ecologie en dit dant le document présentant le plan ours (page 77)

« La concertation (sur l'ours) conduite à l'hiver et au printemps 2005 a mis en évidence une attente très forte d'une réflexion sur l'avenir des activités et des territoires pyrénéens. Toutefois de nombreux interlocuteurs ont très nettement souhaité voir ces questions, et tout spécialement les questions de l'avenir de l'activité pastorale et de la production forestière traitées dans un cadre totalement différent du plan ours.

Le gouvernement partage l'idée que ces activités méritent une réflexion d'ensemble, la question du maintien de la présence des ours n'apparaissant effectivement que comme un angle d'attaque extrêmement limité au regard de l'ensemble des questions soulevées par ces sujets. »

On avoue néanmoins que c'est grâce et par lui que cette réflexion a lieu. Le ministre de l'agriculture et de la pêche, dans un cour rier en date du 25 août 2005 adressé aux organisations professionnelles agricoles, s'est engagé à séparer définitivement le plan agro–sylvo-pastoral du projet de confortement de la population ursine, engagé par la ministre de l'écologie et du développement durable. Ce plan est en effet élaboré pour des raisons économiques,sociales et environnementales indépendamment du renforcement de la population d'ours.»

Indépendamment de l'ours, mais grâce à l'ours, on ne peut être plus clair.

Baudouin de menten: les bergers et TF1, la grande manipulation

Ouest France publie un article intitulé : « Le retour de l'ours brun divise les Pyrénées ». Le retour, quel retour ? La buvette réagit.

Moins de vingt ours vivent dans les Pyrénées. Cinq spécimens venus de Slovénie doivent être introduits dans quatre communes. Pour les uns, sa présence fait partie de l'identité de la montagne. Pour les autres, la réintroduction de nouveaux animaux marque la fin du pastoralisme.

Larcat. Ne parlez pas de l'ours brun à Olivier Ralu, il voit rouge ! La réintroduction prochaine des quatre femelles et du mâle prélevés en Slovénie est un « non-sens, une aberration totale » dont se serait bien passé cet éleveur, installé à Larcat, dans la vallée de la Haute-Ariège.« Elle a été décidée par des gens qui ont une vision idéalisée de la nature. Qui voudraient que les choses se passent bien, alors que, ici, ça a toujours été un combat, » tonne-t-il dans la grande pièce de sa ferme-chalet, à 800 m d'altitude.

[ La buvette : Le renforcement a été décidé par le gouvernement après une longue période de concertation. Plusieurs associations d'éleveurs ont boycoté la concertation avant de sa plaindre... de ne pas avoir été entendu !] Une large majorité de français et de Pyrénéens dans différents sondages se sont prononcés en faveur de la réintroduction des ours.]

Avec sa compagne, Annie, une Bretonne native de Quimperlé, Olivier Ralu exploite un cheptel de 350 brebis qu'il emmène paître, à la belle saison, dans les estives, au sein d'un troupeau collectif de 2 500 têtes appartenant à onze propriétaires. Chaque année, plusieurs de ses bêtes passent sous les griffes du plantigrade. « Ici, on est en première ligne », dit-il. Ses grosses mains calleuses et ses pommettes enluminées portent les traces d'une existence rude. Il le reconnaît : « Au travail sept jours sur sept, pas de vacances et des grosses journées. Alors, l'ours... »

L'indemnisation de 160 € versée par l'État pour chaque bête tuée ? « Bien sûr, on prend l'argent. Mais cela ne compense pas ! Un troupeau, c'est la création de toute une vie. Et quand l'ours me mange une brebis, je vis ça comme un affront. »

[ La buvette : 2 500 brebis, 11 propriétaires, 1 seul berger. Voilà le problème ! Chaque propriétaire n'a comme frais qu'un onzième de salaire. Les brebis se répendent où elles veulent dans la montagne. La table du restaurant pour les Ours est dressée. Quand il se sert, c'est le scandale. ]

Le danger pour l'homme est faible

C'est en 1996 que les premiers ours slovènes ont été introduits dans les Pyrénées. Actuellement, la population compterait moins de vingt animaux. Omnivores, ils ne dédaignent pas de tâter de la côte de mouton, surtout « Boutxy », un mâle, gros consommateur de brebis et qui serait à l'origine de la moitié des dégâts imputés aux ours.

Pour calmer les éleveurs, une centaine de postes de bergers ont été créés à coups de subventions. On leur a aussi fourni des chiens patous qui font merveille pour éloigner le prédateur. « Mais, là-haut, l'été, il nous en faudrait quarante ! Rendez-vous compte : le troupeau est réparti sur 3 500 hectares, avec un seul berger qui met plus d'une journée pour aller d'un bout à l'autre. » Une réalité très éloignée de l'image du jeune pâtre gardant paisiblement un petit groupe d'animaux bêlant autour de lui.

[ La buvette : Boutxy devient la tête de turc. Les ours « croquent +- 300 à 350 brebis par an entre avril et début novembre : 28 semaines de non hibernation,  soit 12,5 brebis par semaine en moyenne. A la sortie d’hibernation, les ours ont moins la possibilité de manger des végétaux : plantes non encore sorties, baies absentes etc. La part carnée de leur alimentation ne représente que 10% de l’ensemble de leur menu. Cette part est un peu plus important en proportion à la sortie de l’hiver.

Les bergers ont réussis à faire la une des journaux de TF1 plusieurs jours de suite avec 1 ou 2 brebis croquées. Il ne s’agit pas d’un évènement inhabituel ou spécial. Boutxi a un comportement NORMAL, habituel, identique à celui des autres années. Il ne s’agit nullement d’un comportement déviant.

Les journalistes n'ont pas posé les questions importantes :

  • Que faisaient les brebis dehors, la nuit, sans protection en pleine zone à ours ? Pourquoi les brebis n’étaient pas à la bergerie ?
  • Utilisent-ils des chiens de protection? Si oui, où étaient-ils?

Leur comportement est identique à la maitresse de maison qui abandonne un bol de lait sur sa terrasse et la retrouve vidée par les chats le lendemain en les maudissant. Les bergers en chemises noires de l'Ariège utilisent les médias pour essayer de rallier le public à leur cause. De la désinformation et les TV à audimat tombent dans le panneau.

Tf1 va-t-elle faire la une de ses journaux 4 fois par semaine, chaque fois que 3 brebis seront croquées ? Sur les 620 000 têtes d’ovins dans les Pyrénées, 350 meurent à cause de l’ours, c’est un fait. Ces prédations ont lieux à plus de 80 % sur des troupeaux NON protégés. Les patous sont efficaces, mais pour les opposants à l’ours, utiliser un patou c'est accepter l’ours. Ceux qui désirent les utiliser subissent des pressions immondes.

Les bergers ont besoin de victimes pour appeler la presse et crier « A l'ours » ! La où les bergers utilisent des patous, on ne parle pas des ours. Les bergers équipés de patous ont vu leurs pertes diminuer fortement (moins de prédations de chiens errants, de voleurs d’agneaux, moins d’attaques de prédateurs loups et ours).

Il s’agit de mauvaise volonté, de refus de cohabitation. Pourquoi TF1 ne fait-elle pas la une de son journal pour les 15 000 brebis qui meurent chaque année pour d’autres raisons dans les Pyrénées. A raison d’une « une de journal »  pour 2 brebis, cela ferait les grands titres des journaux télévisés tous les midis et tous les soirs.  Voyez le ridicule de la situation et la manipulation médiatique des associations de bergers. ]

Aux Cabannes, un peu plus bas dans la vallée, Philippe Lacube mène la croisade anti-ours. Lui, élève des veaux de boucherie. Et s'est diversifié dans le tourisme avec des gîtes et la vente de produits régionaux. À la tête de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège et des Pyrénées, il est catégorique : « L'ours, c'est la mort de l'élevage ovin en Ariège. » Il cite les bêtes attaquées par l'ours - « Qu'on ne me parle pas de chiens errants. Que voulez-vous qu'ils aillent faire à 2500 m d'altitude ? »  Les « dérochements », quand un troupeau prend peur et tombe dans un ravin : « 150 brebis tuées l'été dernier à Aston. » Et s'interroge : « Je ne sais pas si un tourisme familial est adapté à la présence d'ours. »

[ La buvette : Pourquoi les chiens errants errent-ils? Pour assouvir leur instinct de chasse, qui n'est pas fonction de l'altitude. Les chiens errant chassent là ou se trouvent leur gibier, même à 2500m.

La stratégie de l'ASPAP, dont Lacube est le président est claire : Essayer de flanquer la frousse aux touristes pour pouvoir dire après : "Vous voyez, les touristes ont peur de l'ours. L'ours est incompatible avec le développement économique de la montagne ! Lacube, qui a des gîtes est en train de scier la branche de son business touristico-pastoral. Les touristes n'ont pas peur des ours. Ils ne les verront jamais, ils ont peur des bergers extrémistes et avinés qui saccagent les villages et jettent des bouteilles en verres pleines de sang sur les mairies et les villageois. Qui a envie d'aller dormir dans les gîtes de tels violents? Pas moi. ]

Sans problème, lui répond Philippe Cazes, 44 ans, accompagnateur en montagne diplômé d'État. Installé dans le pays du Couserans, c'est un partisan déclaré de la présence de l'animal. L'ours le fascine. Hier encore, il était dans la montagne à la recherche d'empreintes, de poils ou de griffades sur des troncs d'arbre. « Le jour où il n'y aura plus d'ours dans les Pyrénées, ce ne seront plus les Pyrénées ! », tranche-t-il. Des risques pour les touristes qu'il emmène en excursion ? « Le danger est très faible. L'ours fuit l'homme. Mais il faut faire attention si on rencontre une femelle suitée. »

«L'ours est ici chez lui»

Petite barbiche et cheveux longs, Abdesselam Lagrissy est l'un des éleveurs - minoritaires - favorables à la présence des plantigrades. « L'ours est ici chez lui au même titre que moi. Je ne vois pas ce qui me permettrait de dire qu'il n'a pas droit à l'existence. » À Seix, il gagne tant bien que mal sa vie avec un petit élevage d'une centaine de brebis en zone intermédiaire. Et préside l'Association de cohabitation pastorale. C'est un homme de bonne volonté qui s'exprime d'une voix douce et voudrait que tout le monde finisse par s'entendre. Y compris avec l'ours : « J'ai été berger, je le connais. C'est un animal intelligent. On peut instaurer avec lui les règles d'une cohabitation. »

[La buvette : La buvette n'est pas contre les bergers, elle prône la cohabitation.

  • Indemnisons les bergers qui acceptent de se protéger efficacement, pas ceux qui provoquent et cherchent à faire disparaître l'ours qui fait partie du patrimoine pyrénéen.
  • Finançons des boulots de bergers pour que des troupeaux importants ne soient pas abandonnés sans surveillance ou avec une surveillance tellement faible que la table de l'ours est servie.
  • Disposons, à la sortie d'hibernation sur des passages à ours, des cadavres de bêtes qui satisferont ses besoins en protéines et diminueront les prédations sur troupeux (non gardés !)
  • En regardant les informations annonçant les cartons de Boutxi, pausez vous la question : Le berger était-il protégé par un chien, un enclos gardé ou a-t-il donné à manger à l'ours pour faire la une de TF1 en sacrifiant une brebis ? La cohabitation est possible, si les bergers acceptent de se protéger.]

Marc MAHUZIER - Ouest-France

Rechercher


  • 2000 notes - 2500 commentaires - 350 catégories - Va le chien, cherche !

Photos - vidéos


  • Photos de loups, photo de loup, images de loups Photos d'ours bruns, photo d'ours brun
    Photos de pastoralisme, photos de troupeaux, photos de bergers, photos de chiens de bergers, moutons, brebis, estives Photos de transhumances, photos de troupeaux, photos de bergers, photos de chiens de bergers, moutons, brebis, estives, transhumances
    Photos de la faune des Alpes, photos de la faune des Pyrénées, vautours, izards Photos de montagnes, photos des Alpes, photos des Pyrénées, Drôme, Vercors
    BD Le génie des alpages Fmurrr Vidéos de la buvette, Videos d'ours, vidéos de loups, vidéos de lynx, vidéos de bergers, vidéos de pastoralisme, vidéos anti-ours

Actualités volées


  • Pays de l'ours

    FERUS

    LOUP.org

    AVES France

    Ça branle dans le manche

    IPHB.org

Récompenses


  • Best of blogs 2006 - Deutsche Welle Berlin - Meilleur blog en français - Prix du Jury - Prix du PublicMeilleur blog en français 2006
    Prix du Jury - Prix du Public
    BOBs - The Best of Blogs 2006 - 11 nov Berlin

    La buvette des alpages a été élu meilleur blog citoyen 2006 - Rencontres nationales du blog citoyen 2006Meilleur blog citoyen 2006!
    1ères Rencontres Nationales du blog citoyen

Devenez un Border Collie


Bannières

  • Les articles de la Buvette des Alpages sur Agoravox

Les notes récentes

Note

  • Europeans for Obama

Adhérez

  • Comme La buvette des Alpages, adhérez aux associations suivantes :

    Adhérez à Ferus




    Adhérez à Paysdelours -ADET




    Adhérez au Fiep




    Adhérez à Aves France




    Adhérez à la Sepanso Béarn




    Adhérez à l'Amopyc




    Adhérez à Loup.org




    Adhérez au WWF




    Adhérez à la LPO




    Devenez membre de Natagora




    Visitez le Pays des castors

Labels

  • Ce site est certifié par Green CO2Stats, qui a mesuré et compensé les émissions totales de CO2 dues à la consommation d'électricité des visiteurs du site, des serveurs fournissant le site, et des réseaux qui les relient entre eux.

    Wikio - Top des blogs - Environnement Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs Annuaire écologie
Blog powered by TypePad
Membre depuis 04/2004