15 novembre 2008

La lettre de la Pastoral Pyrénéenne n° 0

juin 2008

La Pastorale Pyrénéenne est le nouveau nom de l'ex ACP : Association pour la Cohabitation Pastorale.

Téléchargez la lettre de la Pastorale Pyrénéenne de juin 2008

La Pastorale Pyrénéenne

Beaucoup d’entre vous connaissaient l’Association pour la Cohabitation Pastorale. Aujourd’hui l’ACP n’existe plus et c’est la Pastorale Pyrénéenne qui prend son relais.

La Pastorale Pyrénéenne ne milite pas pour la réintroduction de l’ours mais néanmoins considère que la présence de l’ours et plus largement de la faune constituent une composante comme le tourisme ou la chasse avec lesquelles il faut compter.

Nous considérons que les engagements pris par l’Etat sur la question de l’ours sont tels, qu’il n’y aura pas de retour en arrière et que de ce fait il vaut mieux se positionner comme force de propositions et de négociations dans l’intérêt du pastoralisme.

La Pastorale Pyrénéenne souhaite s’engager fortement pour contribuer à ce que le pastoralisme conserve toute sa place dans nos montagnes sans pour autant négliger le fait que nous ne sommes pas les seuls utilisateurs de cet espace.

Nous pensons qu’au moment où on nous annonce la disparition des primes à la production, et que le cours de la viande, notamment celle de l’agneau, poursuit sa chute amorcée il y a déjà longtemps, une alternative est indispensable pour garantir le maintien et le développement des structures pastorales.

Ainsi, la Pastorale Pyrénéenne s’engage par ses actions (information, formation, mise en place de chiens de protection, élaboration d’analyses sur l’optimisation des moyens de protection, aide à la constitution de dossiers) à accompagner les éleveurs, les bergers, les vachers et les apiculteurs dans la mise en oeuvre de moyens de protection. L’association s’attache également à établir une concertation avec les services administratifs concernés par la cohabitation, en vue de définir les actions à entreprendre et les moyens à mettre en oeuvre.

Dans ce cadre, la Pastorale Pyrénéenne constitue une entité importante au service du pastoralisme, capable de défendre au mieux les intérêts des éleveurs, des bergers, des vachers et des apiculteurs.

La Pastorale Pyrénéenne est avant tout une association d’éleveurs, de bergers, d’agriculteurs. Quelle que soit nos diverses opinions concernant la présence des grands prédateurs sur les zones montagneuses, nous considérons qu’il est de notre intérêt, et de notre devoir d’éleveurs, de tout mettre en oeuvre pour assurer la protection de nos troupeaux. C’est le sens de toutes les actions que nous tendons à mettre en oeuvre et à développer.

Pour enrichir nos réflexions, confronter nos points de vue, faire progresser les moyens de protection, nous espérons que vous nous rejoindrez à La Pastorale en apportant vos expériences, vos idées ou plus simplement votre soutien afin de contribuer à pérenniser le pastoralisme pyrénéen.

Si la Pastorale Pyrénéenne est utile pour faire valoir vos intérêts, sachez qu’il est également nécessaire que l’association repose sur un socle toujours plus représentatif et toujours plus solide.

Les fruits du travail effectué par la Pastorale Pyrénéenne sont aussi à récolter en dehors des frontières des Pyrénées. En l’occurrence, le travail que nous effectuons en matière de chiens de protection, par exemple, (recensement, production de chiots de qualité, technique de mise en place, formation, évaluation des chiens,…) est au service de tous. Nous profitons donc de cette lettre pour dire aux éleveurs des autres régions de France que nous avons aussi besoin de leur solidarité.

Pour terminer, nous comptons sur vous pour relayer ce message et inviter le plus grand nombre à nous rejoindre.

Gilles MOUNIC
Président de la Pastorale Pyrénéenne

Les actions de La Pastorale Pyrénéenne

Chiens de protection : Sélection, mise en place et suivi des chiens de protection sur l’ensemble du massif pyrénéen, conseils et formation auprès des éleveurs, bergers.

Echanges agricoles : La Pastorale Pyrénéenne organise des rencontres, des réunions de travail, afin de réfléchir sur les moyens de protection pour qu’ils soient adaptés à nos estives et exploitations. Des groupes de travail sont à votre disposition : pastoralisme, chien de protection, clôtures, communications.

Informations : Edition d’une lettre d’information et création d’un site internet, autant d’outils de communication pour vous tenir informé de notre travail et des actualités pastorales

En 2007

Chiens de protection

  • 35 nouveaux chiens placés, 143 montés sur 61 estives
  • Participation au Programme National des Chiens de Protection des troupeaux, coordonné par l’Institut de l’Elevage
  • Troisième participation à Tech’Ovin, salon national du mouton
  • Diverses démonstrations sur l’utilisation des chiens de conduite et de protection

Pastoralisme

  • Mise en place d’analyses sur l’optimisation des moyens de protection sur différentes estives

Echanges agricoles

  • 10 réunions de travail avec les adhérents
  • Participation à diverses manifestations agricoles
  • Concertation avec les différentes administrations : Comité de gestion de l’espace montagnard, commission dégâts ours…

La lettre de la Pastoral Pyrénéenne n° 0

Mesures de soutien au pastoralisme et prévention des attaques de prédateurs

Le Plan de soutien à l’économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2007-2013 constitue un programme ambitieux en faveur du développement du pastoralisme sur la chaîne des Pyrénées. Les axes principaux qui structurent ce plan sont :

  • l’accroissement de la présence humaine dans les estives par l’augmentation significative de bergers, avec comme double objectif :
    • d’améliorer les conditions de gestion des estives et donc
    • d’accroître la compétitivité des exploitations utilisatrices,
    • de garantir un cadre d’emploi plus attractif,
  • le renforcement des moyens d’animation pour aider les associations et les groupements pastoraux dans leur action,
  • l’aide à des investissements d’équipement pour le logement des bergers et la gestion des troupeaux.

Le montant des opérations à financer en 2008 s’élève à 5 850 000 €. L’État et l’Union Européenne ont d’ores et déjà dégagés plus de 50% de cette enveloppe. La mobilisation de tous les financeurs (Fonds européens, fonds du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, Fonds National pour l’Aménagement et le Développement du Territoire, crédits du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire, les 3 Conseils régionaux et 6 conseils généraux) permettra d’assurer le financement de ces actions.

La protection des troupeaux contre les attaques de prédateurs fait partie intégrante des mesures de gestion des estives prévues par le plan de soutien à l’économie agro-sylvo pastorale pyrénéenne dans le cadre de l’arrêté concernant le dispositif intégré en faveur du pastoralisme, signé le 10 avril 2008 conjointement par les Ministres en charge de l’écologie, de l’agriculture et du budget.

Le gardiennage permanent est subventionné avec des taux différents selon les engagements souscrits. Il est prévu un taux maximal (80 %) lorsque la gestion pastorale assure la mise en oeuvre des dispositifs de protection et de prévention des prédations. Le portage par bât et par hélicoptère est subventionné à 100 %. L’achat des chiens patous et des clôtures électriques pour le regroupement est subventionné à 80 %. Le dispositif de soutien à l’utilisation de chien patou en zone intermédiaire et en estive est remplacé par un dispositif de soutien annuel à l’entretien du chien. Les analyses de vulnérabilité sont financées à 100 %.

Le ministère en charge de l’Ecologie continue à financer l’appui technique aux éleveurs pour la prévention des dommages, les mesures de protection des ruchers ainsi que l’indemnisation des dommages causés par les ours ou les loups.

Evelyne Sanchis
Direction régionale de l’environnement de Midi-Pyrénées

Pour plus de détails sur le dispositif intégré en faveur du pastoralisme :
Téléchargez la lettre de la Pastorale Pyrénéenne de juin 2008
publiée à la Buvette : La lettre de la Pastoral Pyrénéenne n° 0

Programme National « Chiens de Protection des Troupeaux »

par Marie-Catherine Leclerc de l'Institut de l'Elevage

Le chien de protection des troupeaux : une technique en plein développement

Depuis une quinzaine d’années, le chien de protection des troupeaux connaît un fort développement et représente désormais le moyen de protection privilégié dans les zones où la pression de prédation est forte. Cela est vrai aussi bien dans les Pyrénées et dans l’arc Alpin (où sévissent respectivement ours et loups) que dans toutes autres zones moutonnières de France, confrontées aux attaques de chiens errants, de lynx, de renards, de sangliers, de corbeaux.

Un encadrement et une gestion à l’échelle nationale

Si l’efficacité des chiens de protection a été largement démontrée, ce moyen de protection peut néanmoins présenter des risques tant pour son utilisateur (éleveur) et son troupeau que pour les usagers des espaces pastoraux (promeneurs, chasseurs, VTTistes…).

Face à l’explosion du nombre de ces chiens et la nécessité de voir le développement de cet «outil» rester entre les mains de la profession agricole, le Ministère de l’Agriculture et les responsables professionnels de l’élevage, notamment ovin (FNO), ont considéré que la gestion à l’échelle nationale de la population des chiens de protection et l’accompagnement technique raisonné des éleveurs intéressés par ce moyen de protection, était une priorité, afin de garantir à cette technique une totale fiabilité.

En conséquence, le Ministère de l’Agriculture a chargé l’Institut de l’Elevage, en collaboration avec la Société Centrale Canine et d’autres partenaires techniques, dont la Pastorale Pyrénéenne, de conduire un programme de travail visant à garantir au mieux la qualité des chiens utilisés et à assurer la maîtrise par les éleveurs de la technique d’introduction de ces chiens dans les troupeaux.

Les objectifs du Programme National «Chiens de Protection des Troupeaux»

Ce programme d’une durée de 2 ans, démarré en décembre 2006, comprend trois actions complémentaires :

Le recensement des chiens de protection au travail en France

Recensement des chiens de protectionsCe recensement permettra à terme de dénombrer le plus exhaustivement possible et de localiser les chiens de protection au travail en France (toutes races confondues), de les identifier et de les caractériser (sexe, âge, race…), de connaître leurs origines et liens de parenté, de repérer les lignées, de connaître contre quel(s) type(s) de prédateur(s) ils sont utilisés.

Lancée en avril 2007, cette action a permis de recenser à ce jour 568 chiens (voir carte ci-dessous). Pour cela, les éleveurs ovins et caprins de tous les départements à forte densité ovine ont été destinataires de fiches de recensement à compléter (1 fiche / chien) et à renvoyer à l’Institut de l’Elevage. Le recensement étant toujours en cours, les éleveurs qui n’auraient pas encore rempli ces fiches sont invités à le faire dès à présent.

Les données de recensement sont centralisées dans un fichier «généalogie », géré par la Société Centrale Canine et les données seront accessibles à tous les partenaires du programme. Elles permettront notamment aux techniciens « Chiens de protection » de la Pastorale Pyrénéenne de bien gérer les accouplements.

L’évaluation des chiens de protection

Il s’agit de mettre au point des tests simples visant à évaluer le caractère et les comportements «troupeau» recherchés chez un chien de protection (attachement aux animaux, loyauté, aptitude à la protection) et à mettre en évidence les défauts rédhibitoires (agressivité vis à vis de l’homme).
Cette évaluation permettra à terme d’attribuer aux chiens évalués un «indice de performance», témoin de leur efficacité, qui sera intégré au fichier «généalogie» créé dans le cadre du recensement. Cet indice de performance permettra d’orienter le choix des reproducteurs, de mieux connaître les points forts et faibles des lignées, de faciliter le choix des chiots.

Les 5 tests retenus sont actuellement en cours de validation auprès de 30 chiens «témoins» pour s’assurer de leur fiabilité et faisabilité sur le terrain.

La formation des éleveurs et l’information des autres usagers des espaces pastoraux

Cette action sera lancée au cours du second semestre 2008. Il s’agira d’une part de transmettre aux éleveurs intéressés par cette technique de protection, toute l’information nécessaire à sa bonne mise en place (choix du chiot, conditions d’introduction du chiot dans le troupeau, bases de dressage, points à surveiller et comportements à corriger) par le biais de formations et de documents techniques et, d’autre part, d’élaborer une communication vers tous les acteurs et usagers des espaces pastoraux sur les comportements à adopter face aux chiens de protection présents dans les troupeaux pour éviter tout incident.

Les partenaires associés et financeurs

Outre l’Institut de l’Elevage qui en assure l’animation et le pilotage, et la Société Centrale Canine, ce programme national rassemble le Ministère de l’Agriculture, le Ministère de l’Ecologie, la Pastorale Pyrénéenne, les techniciens chargés de la «Prévention des prédations» des Alpes. Il associe également à ses réflexions des représentants français et étrangers de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur agronomique et vétérinaire, des associations nationales d’utilisateurs de chiens de troupeaux et des clubs de race.

Ce programme est financé par le Ministère de l’Agriculture, l’Office de l’Elevage et le Casdar.

Marie-Catherine Leclerc
Institut de l’Elevage

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter :

  • Marie-Catherine LECLERC
    Institut de l’Elevage - 149, Rue de Bercy – 75595 Paris cedex 12
    Tel : 01 40 04 49 81 / Fax : 01 40 04 49 60
    Email :
  • Cyprien Zaïre
    La Pastorale Pyrénéenne - Maison des associations - 09220 Vicdessos
    Tel : 06 79 47 86 88 Email :

Vous pourrez aussi vous procurer :

  • «Le dressage du Border Collie»  Cassette ou DVD de Pascal CACHEUX et Jean PIACENTINO
    Evolution d’un chien de conduite de l’acquisition à la mise au troupeau.
    Conseils d’éducation, mise en place du dressage (nombreux exemples sur l’exploitation).
    Prix : 23,00 €uro - A.F.B.C. – 9, rue de Chanzy – 87300 Bellac
  • «Le Patou, chien de protection» DVD de Michel TONELLI
    Ce documentaire nous présente la méthodologie à suivre pour une bonne mise en place d’un chien de protection dans un troupeau d’ovins.A partir d’expériences vécues par des éleveurs ou des bergers des Pyrénées, il nous montre l’efficacité du Patou, chien de protection.
    Prix : 30 €uro (30 % de remise) soit 21 €uro net. Frais de port : 1 €uro
    La Pastorale Pyrénéenne - Maison des associations – 09220 Vicdessos

La lettre de la Pastoral Pyrénéenne - juin 2008 - N° 0

La protection des troupeaux est-elle instinctive ?

Les races de protection possèdent les mêmes instincts que les autres races

Le chien de protection, comme les autres races de chiens (canis familiaris), le loup (canis lupus) ou encore le chacal (canis aureus) a ceci de particulier, il appartient à l’espèce des canis, c’est un canidé. Ainsi, comme tout canidé, c’est un animal sociable qui vit en meute. Il possède un certain nombre d’instincts tels que : la poursuite, utile pour l’apprentissage de la chasse (recherche de nourriture, survie de l’individu et de la meute) ; la reproduction (permet de perpétuer de l’espèce), la protection du territoire (où vit la meute).

Dans les trois cas, le chien n’a pas à apprendre ces comportements, ils sont innés, leur transmission est héréditaire. En est-il de même pour la protection des troupeaux ? On a coutume d’entendre : «Mon Patou, il a ça dans le sang, il protège les bêtes par instinct !». Alors, les races de protection auraient-elles un instinct supplémentaire ? Ont-elles l’instinct de protection des troupeaux ? Au risque de déplaire la réponse est NON !

En effet, dans la nature, en dehors de l’homme et pour des raisons particulières, les prédateurs ne protègent pas de manière naturelle leurs proies, les carnivores ne protègent pas les herbivores. Ainsi, les chiens de protection ne protègent pas de façon innée les brebis.

La meilleure preuve est l’introduction dans un troupeau d’un jeune chien de 6 mois n’ayant jamais côtoyé d’ovins auparavant. 99 fois sur 100, ce jeune chien ne montrera pas d’intérêt pour les brebis et ne restera pas avec les bêtes, il ne pourra pas assurer de fonction de protection. Bien sûr, des exceptions peuvent exister, mais ce ne sont pas les exceptions qui font la règle.

Si les chiens de protection ne possèdent pas l’instinct de protection des troupeaux alors pourquoi utilise-t-on des races de protection ?

Si ce qui différencie les races de protection des autres chiens n’est pas l’instinct de protection des troupeaux, il n’en demeure pas moins qu’elles ont leurs spécificités et, ce n’est pas le fruit du hasard si ces races sont affectées à cette tâche.

La Fédération Cynologique Internationale recense à travers le monde 24 races de protection différentes. La plupart sont originaires des pays de l’Europe de l’Est et beaucoup d’entre elles sont toujours utilisées à la protection des troupeaux. Toutes ces races présentent des caractéristiques communes. En effet, elles présentent toutes la particularité d’être de grandes tailles et puissantes, ce qui est un argument incomparable face à tout type de prédateur. De plus, les chiens de protection sont le plus souvent de couleur claire, ils sont de type molossoïde (angles arrondis, oreilles tombantes) et la nonchalance dans leurs déplacements leur permet de se faire accepter plus facilement que d’autres races de chiens plus actives et aux allures plus prédatrices.

Selon le Professeur Raymond COPPINGER, tous les canidés répondent à ce qu’il appelle des modèles moteurs (des règles). Il existe différents modèles moteurs tels que : la reproduction, l’évitement du risque, la recherche de nourriture… .
Prenons l’exemple du modèle moteur «recherche de nourriture»

Instinct_chienLes trois types de chiens présentés ci-dessus utilisent le même modèle moteur de recherche de nourriture. Mais, il s’exprime différemment selon les races. On s’aperçoit que chez le Montagne des Pyrénées (pour une forte proportion de la population) les séquences sont toutes peu exprimées, alors que chez le Chien d’Ours de Carélie (pour une forte proportion de la population) elles sont toutes fortement exprimées.

C’est la différence d’expression du modèle moteur qui fait la différence entre les races.

Au regard de ce tableau, on comprend aisément pourquoi, le Montagne des Pyrénées est mieux adapté à la protection des troupeaux que le Border Collie. En effet, il est évident dans la plupart des cas (On peut trouver des individus Montagne des Pyrénées qui expriment la poursuite par exemple, ce type de chien ne fait ni partie des éléments souhaitables à intégrer dans les troupeaux, ni des éléments à utiliser pour la reproduction.), qu’un Patou est moins perturbant pour un troupeau qu’un Border Collie ou un Husky dans la mesure où la position d’affût, la poursuite…, s’expriment faiblement ou pas du tout.

Si les chiens de protection ne possèdent pas l’instinct de protection des troupeaux, comment créent-ils l’attachement avec les animaux et comment se font ils accepter ?

Les races de protection ont des atouts pour se faire accepter qui les distinguent des autres races canines. Ces atouts sont morphologiques et comportementaux.

Mais ces avantages dont sont pourvus les races de protection ne suffisent pas pour devenir chien de protection. L’intervention de l’homme est indispensable pour qu’il y ait un attachement inter-espèce. C’est l’environnement dans lequel évolue le chiot qui conditionne ce que sera le chien adulte.

Comme nous l’avons plus haut, le chien est un animal sociable. Il est capable de se lier d’affection avec n’importe quel autre espèce, si cette mise en contact s’est effectuée au bon moment (ceci est vrai pour toutes les races canines).

En effet, le développement comportemental du chiot se divise en différentes phases, l’une d’entre elle est la socialisation. Elle dure de 3 semaines à 12 semaines (avec un renforcement de celle-ci jusqu’à 6 mois). Si le chiot est placé pendant cette phase de socialisation en contact avec des brebis par exemple, l’espèce ovine deviendra alors une espèce amie pour celui-ci.

Encore une fois, le chiot n’ira pas instinctivement vers les brebis, c’est bien l’éleveur qui va créer des conditions artificielles (naissance des chiots en bergerie, placement individuel du chiot à 7 semaines en bergerie) pour que l’attachement inter-espèce se produise.

Comme nous venons de le démontrer, les races de protection se distinguent parce qu’elles sont dotées de caractères morphologiques et comportementaux que n’ont pas les autres races, mais elles n’ont pas, à proprement parlé, d’instinct de protection des troupeaux. Ainsi, il faut s’enlever de l’esprit qu’une fois le chiot arrivé à la bergerie tout va se faire tout seul. L’éleveur a un rôle primordial dans la réussite de son futur chien de protection.

Cyprien ZAÏRE
La Pastorale Pyrénéenne

La lettre de la Pastoral Pyrénéenne - juin 2008 - N° 0

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