BESCHE-COMMENGE Bruno

27 août 2008

Ces chiens errants qui déciment les troupeaux d'ovins et caprins en Corse

CORSE - Avant, on prenait des chiens pour protéger le cheptel des renards. Aujourd'hui, ce sont les chiens qui sont devenus les principaux prédateurs pour les troupeaux d'ovins». (NDLB: Un cheptel de renards? ;-)

Eleveur de brebis sur la commune de Montegrossu, en Balagne, Jean-Marie Agostini sait de quoi il parle. Cette semaine encore, il a retrouvé vingt-quatre femelles adultes et quatre béliers, morts ou agonisants, égorgés par des chiens errants. Ce n'est pas la première fois que cela arrive et il sait très bien qu'il aura encore à subir des pertes comme beaucoup de ses confrères, en Balagne ou dans d'autres microrégions de l'île.

Face à un problème qui devient récurrent, les éleveurs ovins tirent la sonnette d'alarme. Las d'en appeler à la responsabilité des propriétaires de chiens, ils entendent aujourd'hui demander aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour enrayer ce fléau, car ces chiens qualifiés d'errants ne sont pas pour autant des animaux sauvages. Tous ou presque ont des maîtres, aimants le plus souvent, qui les laissent divaguer à leur guise, principalement dans le monde rural. Livrés à eux mêmes jour et nuit, les chiens se regroupent et forment de petites meutes qui s'en prennent quasi systématiquement aux troupeaux. Si certaines races (husky, bergers allemands, beaucerons et autres chiens de gros gabarits) ont un instinct de chasse plus prononcé, d'autres animaux, totalement dociles et inoffensifs, peuvent devenir agressifs dès lors qu'ils se déplacent en bande.

Attaques traumatisantes pour l'ensemble du cheptel

«La loi existe. Il suffit de la faire respecter. Nous ne pouvons plus tolérer que nos troupeaux soient ainsi décimés», s'indigne le berger. Outre les pertes animales, ces attaques à répétition laissent des traumatismes sur les troupeaux. Les bêtes, sous l'effet du stress, changent totalement de comportement. Parfois de manière définitive. C'est principalement le cas des ovins (voir les explications du vétérinaire par ailleurs); les chèvres, quoique également exposées, sont plus méfiantes, plus agiles et plus agressives. Et même si dans la plupart des cas, les assurances indeminsent les éleveurs, les dommages sont conséquents. Et la récurrence du phénomène peut générer des réactions de rejet vis à vis de la race canine. Même s'ils savent que ce n'est pas une solution, beaucoup de bergers avouent qu'ils n'hésiteraient pas à tuer des chiens pour protéger leur troupeau. «Souvent , lorsque nous découvrons nos bêtes égorgées le matin, les chiens sont déjà loin. Et même si on sait pertinement de quel animal il s'agit, il est difficile d'apporter des preuves formelles. Souvent aussi les propriétaires refusent d'admettre la réalité

Il faut savoir aussi qu'un chien, même le plus inoffesnsif à la base, conservera son instinct prédateur après une première attaque. Et y reviendra quasi systématiquement. «Le renard peut nous prendre un agneau ou deux parce qu'il a faim. Les chiens tuent ou blessent les brebis pour rien. En moyenne, nous perdons au minimum 3 ou 4 brebis par trimestre. C'est beaucoup !» conclut Jean-Marie Agostini.

Isabelle VOLPAJOLA

Source : Corse matin, 20/04/2008

Un correspondant de presse local, membre d'une association de défense du patrimoine et de l'identité pyrénéenne déclare à propos des chiens errants : «Comme nous l'avons vu en avertissement, manipulations et mensonges sont la règle dans le domaine de la prédation afin de coller avec les théories et idéologies des groupuscules écologistes militants et plus particulièrement de quelques associations qui ont pour fond de commerce l'introduction / réintroduction / importation de grands prédateurs. Des revues (NDLB: Une cabale!) n'hésitent pas à procéder de la même manière pour coller au politiquement correct d'écologistes de salon constituant l'essentiel de leur lectorat. Ce genre de manipulation des chiffres (NDLB: sur la prédation des chiens errants) a été exercé par Sciences et Avenir et Alpes Magazine.»

Selon laurent Garde du CERPAM (Le CERPAM, le SIME et l'Ecole Nationale d'Ingénieurs des Travaux Agricoles de Clermont-Ferrand (ENITAC) se sont associés pour élaborer une base de données concernant les dégâts de chiens errants ou divagants sur les troupeaux ovins dans le Luberon) :

«Les premiers résultats concernant 5 territoires et 163 troupeaux montrent un taux de prédation annuel moyen variant entre 0,1 et 0,3 % selon le territoire. (...) Les chiens sont un réel souci pour les éleveurs, qui sont vigilants en raison d’approches fréquentes des troupeaux. Par contre, le "passage à l’acte" est rare, 70 % des éleveurs n’ayant subi aucune attaque sur la période considérée. Mais un très petit nombre d’éleveurs subissent des attaques récurrentes qu’ils ne parviennent pas à enrayer en raison de conflits de voisinage. En effet, l’un des résultats remarquables de cette étude est que les chiens sont repérés à l’attaque dans la plupart des cas (80 %), et leur propriétaire le plus souvent identifié. Il s’agit de chiens divagants de résidents de proximité, rarement des chiens de touristes, exceptionnellement des chiens abandonnés et réellement errants (1 seule attaque en 4 ans).» (Source : Lettre du CERPAM n°10)

Dans une autre étude, dans le Jura cette fois, selon le professeur Brunschwig (professeur de zootechnie au département «agriculture et espace» de l’Enitac de Clermont-Ferrand) : «le massif du Jura enregistre la plus forte prédation canine recensée, avec 0,41 attaque par élevage et par an (soit une attaque tous les deux ans et demi environ)». Pour lui, «le chien attaque généralement de jour, est vu à l’attaque dans 90% des cas, et n’hésite pas à s’approcher des fermes. Le loup n’est vu que dans 5% des cas, ses attaques sont nocturnes et territorialisées, rarement près des fermes

«En matière de savoir-faire des éleveurs», le professeur Gilles Brunschwig note aussi «que dans toutes les zones où le loup a fait son apparition, des mesures de protection ont été prises rapidement, ce qui a réduit le nombre de victimes par attaque du loup.  Après le pic de 1999, à six victimes par attaque, les mesures de protection ont permis de revenir en 2005 à 3,8 ce qui est un premier indicateur d’efficacité.» (Source Bruno Besche Commenge : "Des Alpes au Jura, attaques de chiens : les faux chiffres des associations pro-ours et pro-loups. OU quand l’invention remplace la connaissance.")

Dans Le droit des brebis, Mathieu Erny écrit : "le problème des chiens errants est réel et mérite d'être traité sérieusement. Car il faut savoir que si un éleveur va à la gendarmerie se plaindre d'un problème de chiens errants, l'agent pragmatique lui répond souvent: "Eh bien ... tâchez de ne pas vous faire prendre!" Sachant pertinemment qu'une intervention légale est généralement impossible à pratiquer. L'éleveur ne se vantera donc pas." (Source : Le droit des brebis)

Ce phénomène des pertes dues aux chiens errants ou divaguants non déclarées est récupéré par Louis Dollo, le correspondant de presse local précité, quand il écrit : «Personne n'en parle ! Pourquoi donc ? Peut être qu'il n'y en a pas ou si peu… Mais alors comment se fait-il que seuls les défenseurs de l'ours nous avancent des statistiques oratoires en disant : "il y a plus de prédations par chiens errants que par ours". Comment le savent-ils puisque personne n'en parle et qu'ils sont eux-mêmes incapables de fournir des chiffres précis comme il en existe pour l'ours ?» (Source : Pyrénées-pyréniais)

Télécharger l'étude "Attaques de chiens sur les troupeaux ovins dans le Luberon et comparaison avec la prédation en territoires à loups" par Laurent GARDE du Centre d’Études et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée.

C'est bien connu, les corses sont des menteurs, mais là où il n'y a ni ours ni loup, on en parle, malgré la loi du silence. Etonnant, non?

18 août 2008

La position ultrapastorale en matière de biodiversité

Nous appelons ultrapastoraux les groupes d’éleveurs, rejoints par d’autres catégories socio-économiques, qui excluent toute nature réellement sauvage dans les Pyrénées. Ils agissent pour voir reconnaître l'incompatibilité entre la présence des prédateurs et le maintien d'un pastoralisme qu’ils appellent durable, rejettent par conséquent le renforcement de la population d’ours d’origine slovène, refusent par avance le retour naturel des loups, s’inquiètent de l’abandon des terres cultivées ou labourées qui s’enfrichent et reviennent à la forêt. Face à cet «ensauvagement» mortifère à leurs yeux, ils défendent une nouvelle alliance entre l’homme et la montagne où l’animal domestique primera toujours sur le sauvage. Une lecture de leur prose indique une forte proximité avec les thèmes chers au nouveau Chasse Pêche Nature Traditions (CPNT) de M. Frédéric Nihous, établi dans les Pyrénées-Atlantiques, tout comme son maître à penser, Jean Saint-Josse. On les reconnaît aussi à leur forte propension de qualifier leurs adversaires de Talibans !

Les principaux groupes ultrapastoraux des Pyrénées

  • l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (A.S.P.A.P.), Foix, présidée par Philippe Lacube, animée par Magali Boniface,
  • l'Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen (A.S.P.P. 65), Argelès-Gazost, présidée par Marie- Lise Broueilh,
  • l'Association de défense de l'identité pyrénéenne (A.D.I.P.), Haute-Garonne, dont le président est Francis Ader,
  • la Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne des Pyrénées-Atlantiques (Laruns, 64), présidée par Jean-Pierre Pommiès, et
  • le comité de défense contre la réintroduction d’ours (Laruns, 64), dont la secrétaire générale est Madé Maylin.

Ces groupes sont fédérés au sein de l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées. L’ADDIP, créée en 2000, a son siège à la Fédération pastorale de l‘Ariège à foix. Elle est présidée par Philippe Lacube. Son vice-président est Pierre Cazassus Lacouzatte de la Fédération des éleveurs transhumants (64), son secrétaire Francis Ader et elle dispose d’une chargée de mission en la personne de Marie-Lise Broueilh. Ajoutons que la Fédération pastorale de l’Ariège est présidée par M. Jean Rouch, par ailleurs maire de la commune ariégeoise d’Alzen, président de la communauté de communes du Séronnais, conseiller général de La Bastide de Sérou, président du Syndicat de préfiguration du Parc naturel régional d’Ariège et, bien évidemment, proche d’Augustin Bonrepaux, homme politique très influent de l’Ariège, ancien député (1981-2007) et président du conseil général. Le directeur de la Fédération pastorale est Jean-François Rummens qui nous accompagnait lors du séjour officiel en Trentin (Italie du Nord) organisé par l’Etat au mois de décembre 2007. M. Rummens est également directeur du service «Espace rural» au conseil général.

On aura donc compris que ces groupes ultrapastoraux sont tout sauf miséreux et bénéficient d'appuis politiques de poids.

Pourquoi les groupes ultrapastoraux défendent la biodiversité?

On s’étonnera peut-être que de tels groupes défendent la biodiversité. C’est sans compter sur le caractère plastique du terme qui autorise d’y mettre n’importe quoi et d’abuser l’opinion. Bref, à l’auberge espagnole dépeinte par Jean-Claude Génot les ultrapastoraux ne sont pas les moins malins. La question est devenue si importante qu’elle figure d’ailleurs en très bonne place dans les statuts de l’ADDIP L’objet de cette coordination est : «le développement durable et la promotion des activités d’élevage et de pastoralisme caractéristiques de l’identité des Pyrénées et créatrices de biodiversité. (…) La représentation des Pyrénéens auprès des départements, des régions, des Etats français et espagnol pour affirmer l’impossible cohabitation entre prédateurs et pastoralisme et prôner la défense du pastoralisme, principal outil de conservation de la biodiversité de ce massif » (c’est nous qui soulignons).

Sur la question de la biodiversité, ces groupes s’appuient essentiellement sur les écrits de Bruno Besche-Commenge, ancien enseignant et chercheur au centre de linguistique et de dialectique de Toulouse et connaisseur de l’histoire des techniques agropastorales.

Aux yeux de ces éleveurs, le pastoralisme serait incompatible avec la présence des grands prédateurs, qui eux-mêmes menaceraient la biodiversité. C’est même une forme d’Internationale, non du socialisme à visage humain, mais des montagnes à visage humain, qui se met en place, avec d’autres éleveurs asturiens et alpins essentiellement opposés aux loups. Dans notre pays, le mouvement est soutenu par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), les Jeunesses agricoles (JA), l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA.), la Fédération nationale ovine (FNO) et la Fédération
nationale des éleveurs de chèvres (FNEC) qui ont signé ensemble un manifeste pour «le maintien de la biodiversité en zone d’élevage» en octobre 2007. Ces organisations exigent l’arrêt de la réintroduction de l’ours, le retrait des loups en zone d’élevage et la régulation des populations de vautours et de lynx. L’installation durable des prédateurs est pour elles incompatible avec l’activité agricole et menacerait la biodive rsité, dont ils sont devenus en quelques années à peine les hérauts.

C’est ainsi que nous avons vu apparaître ce concept bien étrange : «la biodiversité à visage humain», presque trente ans après le «socialisme à visage humain» du Tchécoslovaque Dubcek. Certes, il est très rassurant d’être entouré par les siens, d’animaux domestiques, d’évoluer dans un paysage partout marqué de l’empreinte humaine. Mais nous jugeons qu’il est impossible, chimérique de vouloir une biodiversité, c’est-à-dire un ensemble de formes de vie sauvages, non contrôlées, à «visage humain». Plus extrémiste encore que ses collègues français, Carlos Barrera Sanchez du Sindic du Val d’Aran, déclamait à Bagnères-de-Bigorre le 13 mai 2006 lors de la manifestation de refus des lâchers d’ours : «la véritable biodiversité du massif et des pays pyrénéens, c’est notre culture, notre histoire, nos traditions, et ce sont les personnes qui habitent les Pyrénées. Avec notre travail et tout notre respect, nous avons fait des Pyrénées une merveille, notre maison commune où nous vivons tous. (…) Des Pyrénées déshumanisées ne sont rien» (sic !).

On appréciera le caractère profondément narcissique d’une telle envolée. Non, la biodiversité ne se réduit pas à la culture humaine, si élevée soit elle, aux chèvres, aux moutons et aux vaches, quand bien même nous pouvons prendre du plaisir à manger leur viande, un crottin de bique ou un fromage de brebis.

Quid de la biodiversité domestique ?

La convention de Rio a ajouté à la biodiversité originelle une biodiversité dite domestique. Cette dernière doit être défendue d’autant qu’elle est menacée par les processus de sélection modernes.

Le pas est vite franchi par les ultrapastoraux d’affirmer que les races domestiques, et particulièrement les races autochtones, font partie intégrante de la biodiversité pyrénéenne. Rappelons que les races de moutons ont été sélectionnées au fil du temps à partir d’un ancêtre sauvage originaire d’Asie et se rattachent à la même espèce. Les chèvres actuelles descendent également d’un ancêtre asiatique. La souche des bovins, elle, remonte à l’aurochs.

M. Besche-Commenge ou Mme Violaine Bérot, vice-présidente depuis 2007 de l’Association La chèvre pyrénéenne, par exemple, défendent ces races qui seraient menacées par la présence de l’ours et le retour du loup, deux animaux qui, eux, ne seraient pas menacés. Rappelons que si quelques races de moutons ou la chèvre des Pyrénées ont de si faibles effectifs, elles le doivent à des choix agro- industriels décidés par les syndicats agricoles qui soutiennent les groupes ultrapastoraux, mais en aucun cas à l’ours ou au loup. Nous connaissons des éleveurs de brebis castillonaise et de chèvre des Pyrénées qui n’adhèrent pas au discours des deux personnes précitées. Un des éleveurs de chèvres pyrénéennes, rencontré en Béarn, nous disait toute son admiration pour l’ours, qu’il appelait respectueusement «Le Monsieur». S’il appelait même de ses voeux le retour du lynx dans les Pyrénées, il n’en était pas de même avec le loup, rejeté sans discussion. En outre, la position officielle de l’association La chèvre pyrénéenne était manifestement favorable aux lâchers d’ours de 2006. Malheureusement, en raison des liens claniques du monde pastoral et d’un climat violent qui règne dans ces milieux, il est très difficile aux éleveurs de témoigner ouvertement.

Vache béarnaisePrenons aussi l’exemple de la vache béarnaise si belle avec ses cornes en forme de lyre. Présente par milliers jusqu’aux années 1960, lorsqu’il y avait encore une trentaine d’ours dans les Pyrénées occidentales, elle a cédé la place à la Blonde d’Aquitaine, à la Holstein ou la Pie noire sélectionnées pour leur meilleur rendement. La politique officielle ne voulait plus de races dites mixtes, à la fois laitière et à viande. L’intérêt des béarnaises était de donner du lait en fin de printemps et de début d’été et donc de permettre la fabrication importante du fromage mixte vache-brebis.

Bernard Cimorra, un des sauveurs de cette race, n’a jamais eu le moindre problème avec les ours, alors que ses bêtes estivent depuis onze ans, notamment dans la montagne d’Arrioutort fréquentée de tous temps par le plantigrade. Par contre, M. Cimorra, qui détient le plus grand troupeau [B. Cimorra possède 17 têtes, sur un cheptel de 150 individus répartis entre 36 éleveurs.] , nous confie qu’il ne reçoit aucune aide sérieuse de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques qui a même refusé de mener le recensement annuel de son troupeau. En revanche, alors que cette race n’est pas suffisamment reconnue, elle est la mascotte d’un festival de musique bien connu en Béarn, et ce sont des blondes d’Aquitaine que certains guides touristiques montrent aux touristes en les nommant béarnaises…

Nous ferons une analogie évidente avec ces représentations d’ours dont certains abusent à des fins strictement commerciales dans les Pyrénées (notamment occidentales), les mêmes refusant le renforcement de la faible population existante.

Revenons à nos moutons, toutes races confondues. Le nombre de moutons écrase celui des ours : un milliard de têtes contre 2 à 300 000, qui peuvent très vite, et nous insistons sur ce point, se trouver menacés par l’expansion économique et démographique exponentielle de l’humanité. Insistons aussi sur l’extrême faiblesse des populations d’ours d’Europe occidentale (Cordillère cantabrique, Pyrénées, Trentin et Abruzzes) qui totalisent environ 200 individus.

En outre, que vaut ce discours des associations ultrapastorales selon lequel l’homme a enrichi la nature en créant des races de moutons ou de vaches, quand il a exterminé la souche de toutes les races de moutons ou de bovins… Nous faisons nôtres la réflexion suivante de François Moutou : «La domestication n’est pas une forme de conservation des espèces car de nombreux "ancêtres" et non des moindres ont déjà disparu (aurochs, chevaux, ânes, dromadaires) ou sont au bord de l’extinction (buffle, yack, chameau), pour ne prendre que quelques exemples chez les mammifères. Il faut ajouter que si chaque espèce sauvage possédait le potentiel génétique qui a permis de donner naissance à toutes les races et variétés actuelles (je ne parle pas des hybridations interspécifiques volontaires comme le mulet), il semble très aléatoire d’imaginer que des espèces ancêtres sauvages perdues pourraient être reconstituées à partir de quelques unes de ces races ou variétés qui justement en descendent. » [(« Biodiversité », La Gazette des grands prédateurs, revue de l’association Ferus, n°26, hiver 2007-2008, p. 17.] »

L’homme éleveur, présenté comme si prévoyant par nos adversaires, a été assez intelligent pour perdre les souches de ses propres troupeaux. Là est la vraie catastrophe, pas celle de la raréfaction de quelques races de moutons sélectionnées dans les Pyrénées. Allons même encore plus loin en puisant dans les travaux passionnants de Jean-Denis Vigne sur les effets importants de la société néolithique sur la nature. Dans son ouvrage Les origines de la culture. Les débuts de l’élevage [Edité par Le Pommier, 2004. Un petit ouvrage vivement recommandé !], ce directeur de recherches au C.N.R.S., par ailleurs directeur d’un laboratoire d’archéozoologie au Muséum national d’histoire naturelle, évoque la disparition de l’aurochs dont le dernier individu meurt en 1627 dans un zoo sur le territoire de l’actuelle Pologne. L’ultime population sauvage jalousement conservée par des gardes du roi de Pologne, Ladislas Ier, est alors décimée par les conséquences des guerres et… une épidémie transmise par les bovins domestiques qui vivaient à leur contact dans la forêt de Jaktorow. Ceci pourrait apparaître comme une vieille affaire sans grand intérêt. Il n’en est rien ! Laissons Jean-Denis Vigne : «Ce qui est intéressant à retenir dans cette histoire de la disparition de l’aurochs qui s’est étendue sur 5 000 ans, ce sont les différentes étapes qui l’ont jalonnée et la multiplicité de ses causes : la concurrence avec l’élevage, la réduction de la niche écologique - les aurochs ayant été contraints de reculer dans les zones restées à l’écart des déforestations - qui a induit la réduction des populations et leur fragilisation - l’occupation d’écosystèmes diversifiés permet une meilleure résistance à l’extinction-, la chasse demeurée intense et les maladies transmises par le bétail. Ces différents éléments sont d’autant plus intéressants à faire ressortir qu’on les retrouve à l’oeuvre dans les extinctions qui sont actuellement en cours de par le monde. »

Comme l’avait si bien montré Robert Hainard dans ses essais [Voir la bibliographie générale.], nous nous comportons encore comme des hommes néolithiques aux réflexes d’exploitation intégrale. Voilà une des raisons de cette attitude ultrapastorale, en apparence paradoxale, à défendre l’authentique, l’autochtone, le "racé pyrénéen" quand justement l’autochtone est l’ours ou le loup, et l’exotique, la chèvre ou le mouton.

Qui gèle vraiment la montagne ?

Ce qui est bien cocasse aujourd’hui est de voir les groupes ultrapastoraux s’accrocher aux relevés faunistiques et floristiques des sites Natura 2000 (qui ne sont ni pas des preuves absolues d’une riche biodiversité, mais la photographie à l’instant "t" de l’état du milieu) pour exiger le maintien de leurs activités garantes de la biodiversité de la montagne. Or, qui dit maintien d’un pastoralisme pour préserver une biodiversité, dit mise sous cloche d’un milieu qui ne connaît plus les processus écologiques dynamiques. Les mêmes qui reprochent la sanctuarisation de la nature au moyen des parcs et des réserves (une sanctuarisation bien relative en France), s’acharnent à geler la montagne pyrénéenne sous la dent des bêtes domestiques et du fe u. Plus que d’un gel, il s’agit d’une infantilisation permanente de la végétation qui ne doit surtout pas aller jusqu’au stade effrayant de la broussaille.

D’autres sources collectées par M. Besche-Commenge Pyrénées : pastoralisme et biodiversité, dans l’histoire et aujourd’hui », février 2008.] voudraient nous faire croire que sans les moutons, bien des graines de plantes ne seraient plus disséminées, que les herbivores sauvages ne sont pas suffisamment nombreux pour soit disant maintenir la biodiversité végétale et empêcher le sinistre embroussaillement, que la valeur nutritive des pâturages est améliorée par les brebis et qu’elle est plus favorable aux isards, que sans pastoralisme les autres ongulés l’emportent sur l’isard, etc.

Sacré mouton ! Si le Bon Dieu ne l’avait pas inventé, il aurait fallu le créer ! (NDLB : lire le texte "le mouton") Naturaliste de terrain reconnu, Gilbert Cochet est agrégé de sciences naturelles, correspondant au Muséum d’histoire naturelle et expert auprès du Conseil de l’Europe. Voici ce qu’il déclarait dans un entretien [La Voie du Loup (Mission Loup, France Nature Environnement), n°19, octobre 2004.] :

Selon vous, il n’est pas utile, voire même néfaste, de vouloir entretenir à tout prix des " milieux ouverts", en y faisant pâturer des moutons ?
«À mon avis, le mouton, c’est bon pour nous donner de la laine, de la viande, du lait et de bons fromages et puis, pourquoi pas, des paysages de pelouses mais c’est tout. C’est une espèce exotique et je ne vois pas comment il pourrait, en France, gérer des milieux naturels, ça n’a pas de sens. Autant utiliser le lama ou le kangourou ! On comprend certaines personnes qui ont connu une période où l’agriculture était encore relativement respectueuse de l’environnement et où on avait des milieux un peu nouveaux, pâturés par le mouton, mais il faut bien imaginer et c’est peut-être dur à entendre pour certains qu’une pelouse rase, sèche, pâturée par les moutons, ça n’existe pas naturellement en France. C’est un milieu créé par l’homme et son cheptel domestique, on peut le garder pour des raisons ethnologiques, culturelles mais que l’on ne vienne pas dire qu’il s’agit de milieux naturels intéressants ! L’homme, même avec son mouton, n’a jamais créé la moindre orchidée. »

Quelques écrits ultrapastoraux

Nous avons disséqué quelques textes pour pénétrer plus en avant le credo ultrapastoral. Nous assurons le lecteur que nous faisons là un commentaire sérieux, et ne tronquons aucune phrase de manière à faire dire le contraire de ce qui a été écrit. Prévenons que nous n’avons pas exercé une critique intégrale de ces textes ; cela viendra un jour.

Le pastoralisme et la biodiversité vus par l’A.S.P.A.P.

Dans sa lettre, mise en ligne, Vivre en Pyrénées, de septembre 2007, cette association déroule son credo dans un texte intitulé : «Ruralité, biodiversité, développement durable : des Pyrénées à visage humain

«À partir de travaux scientifiques et de directives politiques qui, depuis la Conférence de Rio, envisagent de façon liée biodiversité, développement durable, et ruralité, nous avons pu recueillir des éléments irréfutables qui démontrent comment l’avenir des Pyrénées, montagnes humaines depuis le néolithique, ne peut être ni l’ensauvagement, ni le conservationnisme patrimonial.

Cette approche met en évidence comment, entre ces deux écueils semblablement réducteurs, les Pyrénées ont aujourd’hui un rôle à jouer au croisement des voies qui ont toujours été les leurs : assurer à la fois - production agricole pour nourrir les hommes, -création et maintien de paysage et de biodiversité, - offre de sites et d’activités de loisir pour ceux qui les visitent, - emplois et plaisir de vivre pour ceux qui y habitent. »

Sous la rubrique «Pastoralisme et biodiversité» on lit : «le pastoralisme, patrimoine vivant des Pyrénées» (le reste est- il mort ?)

Présentée comme une activité venue de la nuit des temps, le pastoralisme aurait un «rôle moteur de la biodiversité» ! Nous n’avions jamais encore repéré l’utilisation du terme très connoté de «moteur» dans un texte traitant de la biodiversité. Une conséquence de la mécanisation de l’agriculture sans doute et du goût de certains pour de puissants 4x4. Notons aussi que la nature n’est que très rarement définie par les ultrapastoraux (et pas souvent par les défenseurs de la nature non plus) qui préfèrent aujourd’hui le terme fourre-tout de biodiversité. Ce dernier a l’avantage d’épater le chaland et de noyer le poisson.

L’abandon de la transhumance est relié à un «appauvrissement de la diversité végétale, qui se traduit par une grande sensibilité à ces incendies dont les télévisions ont montré les désolantes images» (sic !). Nous apprécierons la rapidité dialectique de la conclusion : c’est vrai puisque c’est « vu à la télévision » !

D’après l’A.S.P.A.P. la présence des ovins en montagne a «contribué à créer et continue à maintenir la biodiversité végétale des montagnes, jusqu’à haute altitude.» Bref, dit l’A.S.P.A.P., «la biodiversité ça se cultive

La biodiversité, ça se cultive(NDLB: Photo ahoutée, issue de La montagne et alpinisme n°3 2006)Le paradis terrestre selon l'ASPAP?)

Nous traduisons : si l’homme, en l’occurrence l’éleveur, n’était pas apparu dans nos montagnes il y a 5 000 ans, la biodiversité végétale ne se serait pas maintenue. Sans doute qu’elle était entrée dans un processus dégénératif que la dent d’animaux exotiques a inversé. Mieux, les chèvres et moutons ont créé des plantes ! Lesquelles ? Vite, ces noms que nous n’avons jamais encore lu dans une flore. Au fond, la seule biodiversité admise par les ultrapastoraux est celle qui entre en conjonction avec les hommes et leurs cultures. Ils repoussent la nature qui vit par et pour elle-même. L’homme doit lui aussi, pour reprendre les mots de M. Besche-Commenge, être reconnu comme un créateur de biodiversité.

En poursuivant, nous trouvons enfin une phrase très explicite : «Ainsi la nature est belle parce qu’elle est entretenue, parce que les prairies sont fauchées.» On mesure ici ce que la nature culturelle peut bien être. Libre aux membres de l’A.S.P.A.P. de ne trouver «belle» la nature que lorsqu’elle est jardinée, libre à d’autres de la trouver belle aussi quand elle ne porte aucune marque humaine.

Après l’étalage de science, viennent les scénarios des catastrophes annoncées, contre lesquelles les éleveurs, qualifiés d’ «acteurs de la biodiversité», seraient les seuls à pouvoir lutter. «Aussitôt l’espace déserté par les troupeaux, il suffit de quelques saisons aux ligneux et fougères, au gispet, espèces végétales dominantes, pour coloniser définitivement des pelouses abandonnées, les versants, les prés. Dans tous les cas, s’ensuivra un recul de la biodiversité de ces espaces, que buissons et ronces envahiront bientôt. En aucun cas, la forêt originelle ne reviendra.» Ainsi parle Madame Soleil ! Adieu écologues, paléoécologues, naturalistes (des branches diverses de la talibanerie internationale), on vous le dit, la forêt ne reviendra pas !

Nul conte de fées sans le Papé. L’ASPAP en a déniché un, un vrai, un «ancien» qui a fatalement toujours raison : «Quand les troupeaux seront tous partis, nous dit un ancien, pour que la montagne soit belle on fera venir des engins à moteur, des broyeurs, des faucheuses. Dans le bruit et l’odeur d’essence, ils racleront, arracheront, piétineront ces espaces que les troupeaux entretenaient pour nous tous. Les loups tueront aussi les marmottes, les isards. Les ours feront les poubelles des villages. Les touristes regretteront les troupeaux, on regardera des photos, des films et des livres sur la transhumance. Il sera trop tard.»

Le Papé y va si fort qu’il nous faudrait des pages de commentaires. On notera l’emploi fondamental de l’expression «pour que la montagne soit belle», preuve une nouvelle fois que la question est culturelle et surtout pas écologique. Parmi les énormités, on félicitera cet «ancien» qui n’a jamais connu les loups dans les Pyrénées (les meutes ont disparu avant sa naissance, à moins que ce monsieur n’ait plus de 120 ans), qui ne sait sans doute rien de leur biologie, de prévoir un tel avenir sombre à la faune de nos montagnes, que toutes les situations étrangères et des Alpes du Mercantour viennent contredire.

Mais l’ASPAP n’ayant peur de rien, continue : «Cette vision d’avenir fait froid dans le dos. Elle est déjà le présent de la région des Picos de Europa, en Espagne dans les Asturies, où en dix ans les loups ont vidé les montagnes des troupeaux, puis de la petite et grande faune, jusqu’à transformer les paysages en friches. Au point que les associations pro-loup tirent la sonnette d’alarme, démunies devant les résultats catastrophiques de leur expérience d’apprentis sorciers

Nous mettons au défi l’ASPAP de prouver ce qu’elle affirme là par des données scientifiques sérieuses, pas au moyen de fantasmes ou d’histoires récoltées chez Papé. Jamais des loups, ni aucun autre prédateur, n’a entraîné la disparition de ses proies. Pour ce qui est de la faune domestique, allochtone ou autochtone, c’est elle qui a entraîné la disparition, par éradication, des prédateurs sauvages autochtones, et pas l’inverse.

Aujourd’hui, grâce à l’évolution des moeurs et des lois, il est difficile aux éleveurs d’éliminer les espèces qui les gênent. Notons l’emploi de l’image des «paysages en friches», hantises diurnes et nocturnes des membres de l’ASPAP. Deux clichés accompagnent d’ailleurs cette «vision d’avenir» dont on cherche vainement la logique : un ours derrière les barreaux d’une cage et un milieu en voie de reboisement. Ces clichés sont ainsi légendés : «Asturies : de la biodiversité… à l’ensauvagement.» On s’y perd vraiment : la biodiversité est réduite à une bête captive d’un cul-de-basse-fosse et l’ensauvagement est justement représenté par un milieu riche de vie et de biodiversité. Le confusionnisme est roi chez les ultrapastoraux !

Aspap_biodiversiteVous croyez que nous avons livré là un commentaire trop facile. Allez voir ! (www.aspap.info, rubrique "Pastoralisme et biodiversité", page "un patrimoine à sauvegarder"

La fiche «Pastoralisme» sur Wikipédia

Voici quelques extraits de la fiche "Pastoralisme" sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Le rédacteur est un guide de pays très proche des ultrapastoraux (NDLB: Louis Dollo) qui adoucit ici son discours pour tenter de lui donner un ton neutre et objectif. Mais patatras…

«L’abandon des zones intermédiaires conduit à leur fermeture progressive. Contrairement à une opinion répandue, le retour du boisement sauvage ne conduit pas à une réapparition de la forêt initiale. On voit au contraire taillis et broussailles reconquérir ces sites abandonnés par les troupeaux. Les bergers disent: la montagne est salie. Cette évolution est difficilement réversible car les bêtes refusent de pacager sur des prairies embroussaillées, l’herbe y est moins abondante et l’ombre inquiète les animaux.

Les conséquences environnementales ne sont pas négligeables. La plus visible est la modification des paysages ancestraux de la montagne, avec une densification de la zone de moyenne montagne qui étouffe progressivement les villages, accentuant la pression menaçante de la forêt et dégradant l’équilibre visuel des paysages.

L’absence de l’entretien assuré par les troupeaux induit une fragilisation du milieu : réduction de la diversité végétale et animale (et non l’inverse comme on le suppose à tort en constatant un retour à l’état sauvage d’un paysage), car les espèces vivant dans un milieu ouvert disparaissent. Les zones fermées et embroussaillées sont plus vulnérables aux incendies, les risques d’avalanches y sont également plus nombreux. Les voies d’accès, inutilisées, deviennent inaccessibles aux randonneurs. »

Remarquons tout d’abord l’emploi de mots et d’expressions très connotés, qui trahissent la peur d’une sauvagerie propre à ensevelir le monde humain : la "montagne salie", "étouffer", "pression menaçante", "l’ombre" qui inquiète. C’est une constante dans tous ces textes. Cette vision d’une nature qui reprend ses droits ne mène ni au chaos ni à la pauvreté biologique. Nous avons affaire ici à une personne inculte sur le sujet, qui déverse ses phobies après avoir recopié des conclusions grossières et mensongères.

(NDLB: Wikipédia prévient d'ailleurs : "Cet article ou cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Son contenu est donc sujet à caution. Wikipédia doit être fondée sur des informations vérifiables." Sur cette fiche les apports et les liens apportés par Louis Dollo sont régulièrement retirés par des internautes vigilants. Mais il revient.)

La complainte de Violaine Bérot

Éleveuse de chèvres et de chevaux, romancière et éducatrice d’enfants en difficulté, Violaine Bérot a exprimé ses idées dans un essai dont voici un extrait :

«Et aux petits paysans pyrénéens on impose l’ours, comme pour mieux les aider à disparaître d’un paysage agricole qui ne veut plus d’eux. Or, c’est le paysan pyrénéen qui entretient la montagne. C’est lui qui fait le paysage que le touriste trouve si "naturellement" beau. Les troupeaux en pâturant l’herbe d’estive empêchent la fougère de tout envahir. Pourtant, rares sont les randonneurs qui s’imaginent ce que seraient leurs beaux sentiers de promenade s’il n’y avait plus ni vaches ni brebis pour pacager les alentours. Dans les vallées c’est le même paysan qui fauche, qui nettoie, qui empêche la ronce et la forêt de tout recouvrir. (…) Veut-on que la montagne pyrénéenne devienne un no man’s land inaccessible à l’homme, où le feu de forêt pourra tout anéantir en quelques heures, où il ne restera plus grand-chose de cette biodiversité si chère à ceux qui se targuent d’écologie. [Violaine Bérot, L’ours : les raisons de la colère, éditions Cairn, 2006.] »

Misérabilisme, fantasme très occidental de la forêt sombre et dangereuse, inversion des rôles (c’est quand même l’éleveur qui met le feu…), manipulation de réalités inconnues (la fameuse et trop fumeuse "biodiversité"), tout y est chez cette égérie d’un pastoralisme incapable d’accepter la présence du monde sauvage. Excellent connaisseur de la nature, ancien professeur de biologie à l’Université de Lyon, ingénieur chimiste, docteur ès sciences naturelles, naturaliste, précurseur de la protection de la nature en France et à ce titre fondateur de la FRAPNA, auteur de nombreux ouvrages [Parmi lesquels, La nature en crise, Sang de la terre, 1988.], Philippe Lebreton écrivait ces lignes très indiquées pour Madame Bérot :

« L’Homme, le méditerranéen surtout, animal de savane, psychiquement prédisposé aux activités pastorales et agricoles, voit dans la forêt l’ennemi "à abattre" (c’est le cas de le dire). Loin des espaces ouverts où la vue et l’ouïe, sens humains prédominants, assurent la sécurité, notre espèce se sent confusément menacée par les ombres et les murmures de la forêt cachant l’approche du fauve dévorant ! [Le Courrier de la Nature, revue de la Société nationale de protection de la nature (S.N.P.N.), n°22, 1972.]»

La FNSEA s’intéresse à la biodiversité !

La presse régionale, et agricole bien entendu, se fait malheureusement très souvent l’écho des fantasmes ultrapastoraux, sans analyse sérieuse de la situation et sans grand respect de la contradiction. C’est ainsi qu’on a pu lire dans l’hebdomadaire Le Sillon du 21 décembre 2007 ces propos de Jean-Marc Prim, président de la section montagne de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles des Pyrénées-Atlantiques, qui donnait les raisons de la création d’un groupe spécialisé sur les prédateurs au sein des organisations agricoles :

«Les acteurs de l’agropastoralisme sont en train de se décourager à cause des prédateurs. Si nous ne faisons pas quelques chose rapidement, nous aurons perdu une civilisation entière. Nous aurons perdu ce qui reste souvent la dernière activité économique dans les vallées. Nous aurons détruit ce qui est la source de l’entretien de l’espace et de la biodiversité. Donc nous disons stop!»

Et Jean-Marc Prim d’énoncer que pour ce qui est de l’ours, les organisations agricoles exigent l’arrêt du principe de la réintroduction et la gestion de la prédation des ours dits «à problème». Ce dernier membre de phrase est lourd de sens, car on constate que tous les ours et surtout les femelles deviennent chacune leur tour, aux yeux des ultrapastoraux, des ours « à problème » dont il faut d’une manière ou une autre se débarrasser…

Sans faire de longs commentaires, on notera l’audace de présenter la présence de 15 à 20 ours sur toute la chaîne des Pyrénées, la présence de quatre ou six loups et d’infimes dégâts causés par des vautours fauves (des centaines de couples nichent en versant nord, des milliers au sud), comme la raison unique de l’éventuelle chute d’une civilisation. Curieusement, pas un mot sur la crise des prix de l’agneau ni sur les effets existants et attendus de la fièvre catarrhale ovine. Nous sourions également d’entendre le mot de biodiversité dans la bouche de M. Jean-Marc Prim qui s’illustre fréquemment dans les Pyrénées-Atlantiques, avec ses amis, par ses demandes de destruction des animaux dits «nuisibles», sans jamais s’impliquer dans la défense des milieux naturels menacés.

Stéphan Carbonnaux

Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées"  commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.

13 août 2008

Ultrapastoralies

Bonjour, aujourd’hui, réouverture de la buvette après un séjour pyrénéen. Au programme : randonnées en forêt sur les traces de l’ours, séjours en estives, visites pastorales en zones à ours...

Retour d’estives

Les Pyrénées possèdent un pastoralisme unique!

Première estive : Le premier berger rencontré «garde» un troupeau très, mais alors très éclaté. La question que je me pose : N'est ce pas le troupeau qui garde le berger? D’après lui, il manquait ce jour là entre quatre-vingt et cent vingt bêtes. Il les retrouvera s’il a le temps!

C., un de mes compagnons de randonnée, est berger lui aussi et formateur sur un autre massif, il m’assure qu’il n’y a que dans les Pyrénées que l’on rencontre cela. (Ce sera un commentaire constant durant les différentes visites d’estives.) Plusieurs groupes de brebis sont déjà disséminée sur les quartiers d’automne : gestion pour le moins aléatoire des ressources aux derniers jours de juillet. Une brebis crevée abandonnée à moins de 30 m d’un petit ruisseau, normal.

Le soir les brebis sont dispersées, C. ne comprend pas qu’on puisse laisser un troupeau aussi dispersé et qu’on ne le regroupe pas à proximité de la cabane le soir.  Selon lui, c’est tout à fait possible et permettrai de prodiguer le soin aux bêtes malades, d’éviter que l’ours ne s’attaque aux lots isolés et de le dissuader d’agir par la proximité des hommes et des patous.

Après une nuit sous tente 900m sous la cabane, en bordure de forêt, nous montons vers la crête. Nous passons a côté d’une seconde carcasse de brebis.

Selon C., les brebis malades seraient en meilleur état si le troupeau avait pris l’habitude dès la montée en estive d’un regroupement à la cabane le soir : le travail du berger en serait soulagé à moyen terme car il ne s’agirait plus de pallier aux urgences de façon trop tardive mais de prévenir ou du moins, de soigner dès le départ les différentes maladies.

Inutile selon lui de faire partir le troupeau trop tôt le matin : si les brebis se nourrissent mieux et cheminent moins, elles sont plus grasses en fin d’estive et il est plus facile de gérer les différents quartiers d’estive donc de garder de bonnes ressources en herbe jusqu’à l’automne. Inutile de les laisser paître jour et nuit, il en est certain pour en avoir fait l’expérience. De même, laisser paître les bêtes par petits lots où bon leur semble (selon la méthode de « l'escabote » chère à Lacube) ne leur permet pas nécessairement de s'engraisser davantage puisque elles marchent beaucoup. Au contraire, quand c'est possible comme ici, leur donner la « virade » (le parcours à suivre) groupées (de façon quand même assez lâche pour qu'elles puissent manger à leur guise) permet selon son expérience d'obtenir des bêtes bien nourries. Mieux qu'en « escabote » m'a-t-il assuré.

Deuxième estive : Après 36 heures sur place et de longues discussions pour amadouer l’éleveur (qui monte chaque soir), les langues se délient en fin de repas : l’éleveur se plaint des difficultés que produit le nouveau marquage aux oreilles : beaucoup plus difficile d’écouler des agneaux au noir. Il parle de l’excellent marché (noir bien sûr) constitué par les «arabes » pour les moutons de l’aïd ; mais se plaint des contrôles et avoue qu’il mettra cette année une dizaine de brebis fictives «sur le compte de l’ours», mais que ce sera difficile de le faire pour davantage de bêtes, l'ours est tellement discret cette année. Un de mes accompagnateurs connait bien ce berger pour l’avoir vu lors de différentes manifestation de l’ASPAP, notamment à la manif de soutien des 10 inculpés d’Arbas.

C. se demande pourquoi l’éleveur monte chaque soir pour donner les soins aux bêtes alors que le berger pourrait le faire chaque soir et/ou chaque matin s’il regroupait les bêtes. Une bête est morte. C. a été un peu surpris par le manque de ménagement avec lequel l’éleveur enfonce le couteau dans l’abcès à la patte de la brebis malade : l’infection est telle que seule la manière forte semble convenir.

Le soir, C. nous raconte son expérience. Quand les bêtes sont rassemblées chaque soir, elles prennent l’habitude de cheminer ensemble selon un vaste circuit qui facilite le gardiennage par le berger et par les patous. Quand il « tient les choses en main », il habitue ses bêtes au gardiennage.

Une fois cette chose acquise, le travail du berger n’en est que plus reposant. Dans ses formation, C. montre qu’avec un peu de rigueur et d’ambition affichée dès la préparation du séjour en alpages, on peut garder (et non seulement surveiller) son troupeau et ainsi faciliter grandement la cohabitation avec les prédateurs. Mais le tout est de le vouloir réellement : ici, les consignes de laxisme données par l’éleveur à son berger ne facilitent rien en termes de « possibles ». Anti-ours, l’éleveur songe quand même à protéger son troupeau.

Troisième estive - Après une longue montée en forêt et l’observation de poils d’ours et de griffures sur les arbres qui longe le sentier visiblement très peu fréquenté, on profite d’un repas pour mettre plusieurs fois sur la table la question des mesures à prendre pour protéger le troupeau : regroupement nocturne, mise en place d’un parc, utilisation de patous. Cela ne marche pas parait-il. C. explique que pour lui, agir dans l’urgence et le stress des attaques nocturnes ne donne pas toujours de bons résultats. Si le berger anticipe la présence de l’ours, il peut faire monter son troupeau avec des patous dressés, l’adaptation des uns et des autres est alors progressive. Les solutions sont là, encore faut-il se donner le minimum de moyens pour qu’elles fonctionnent.

Quatrième estive - Pas de patous et pas de regroupement nocturne. En soirée, la bergère de regroupe pas ses bêtes et les laisse sans surveillance pour la nuit. A midi, elle avait rencontré les techniciens « porteur d’antenne » qui lui ont annoncé qu’un ours a été localisé à proximité. Pas de patous, pas de regroupement nocturne, pas de parc, le buffet est servi. Un lot de plusieurs dizaines de bêtes est resté du côté le plus exposé aux attaques potentielles. Mais l’ours n’est pas passé se servir cette nuit là.

Les Ultrapastoralies

Pastoralies Je ne suis pas passé le 8 août 2008 sur le plateau de Beille aux «Pastoralies», cette organisation largement financée par le conseil Général de l’Ariège d’Augustin Bonrepaux, soit disant "fête de la montagne vivante et bien décidée à le rester" n’allait être qu’un prétexte pour manifester contre l’ours, des "ultrapastoralies" en quelque sorte. Elles aurait pu être une vraie fête comme la fête de la transhumance à Die dans la Drôme, mais l'ASPAP n'a pas les talents d'organisateurs du regretté André Pitte.

D’autres sont passés aux Pastoralies : Des talibans! Ils racontent que de nombreux touristes montés pour voir les troupeaux et pour participer à la fête du pastoralisme sont redescendus déçus et dégoutés. Ils se sont sentis manipulés par les antis ours et sont redescendus fâchés d’avoir apporté par leur présence un soutien relatif à cette manifestation. Trop tard, ils seront comptabilisés par l'ex-comptable Louis Dollo comme de fervents défenseurs de la politique anti ours de l'ASPAP et grandiront le chiffre "des manifestants".

2000 personnes parait-il, dont la moitié de touristes, le reste c'est l'ASPAP. Le plateau de Beille s’est parrait-il vidé rapidement l'après-midi. Les touristes (ceux qui seraient apeurés à l'idée de s'aventurer sur un sentier de montagne de peur de se faire bouffer?) n’auraient-ils pas supporté la lourdeur de la manipulation et de l'idéologie des troupes pastorales financées par le Seigneur de Foix avec l’argent de ses administrés ariègeois?

Avec Eldorando, le Haut-Béarn et Jean Lassalle ont eu leur grande messe anti-ours avec le sous fifre de l'IPHB, Didier Hervé, tout surpris de la résistance issue dans la salle (Qui c'est c'eux-là? D'où viennent-ils? Il n’est pas facile d’abrutir les masses quand elles ont un peu de cervelle). Avec ces pastoralies, le Cardinal Augustin Bonrepaux, pasteur de l'Ariège s’est offert sa première grand messe au frais de l’Ariège, pour convertir les brebis perdues de sa paroisse : "L'ours tu craindras mon fils".

Après l’autosatisfaction complaisante quelques peu stalinienne de Louis Dollo racontant la journée «hénaurme» (le coût sans doute!) publié sur l’aréopage des sites prônant «la biodiversité à visage humain» à grands coups de brebis sanguinolentes, il est intéressant de lire la face cachée de l’information officiellement matraquée par les ultra-pastoraux et par la presse qu'ils touchent (même en Belgique), Ils ont des relations!

  • Louis Dollo est faché avec Yvan Puntous de l'Amopyc. Yvan Puntous raconte la continuation de l’action "parole d’ours" qui se déroule cet été dans les Pyrénées; ce jour là aux Cabannes (voir les infos FR3) Mais avec qui Louis Dollo n’est-il pas fâché ?
  • "Pastoralies, un autre son de cloche" (FERUS) et
  • "Ferus raconte les pastoralies"
  • La haine de Louis Dollo (Menacé de poursuites -encore-, Louis Dollo a un peu épuré ses calomnies) Il s'en prend aux résistants, car en Ariège, montrer que l’on est pour la cohabitation, c’est comme faire un bras d’honneur au président en pleine réunion du Conseil Général de l'Ariège! En Ariège, il faut être pour l’ASPAP! Si vous êtes neutre, indécis ou pire favorable au plantigrade, il faut se taire et se planquer tellement les intimidations sont fortes et les sentiers vertigineux étroits. Aux pastoralies, sur les « forums », le guide de pays Louis Dollo, correspondant de la presse locale (Lourdes-Infos, Tarbes-Infos) est présenté par Philippe Lacube comme journaliste (journaliste et correspondant de presse locale, ce n’est pas la même chose!) et comme scientifique! (Il a fait ses études au Lycée Technique de la Cathédrale à Poitiers), spécialisé du «mensonge sur la toile» (Il faut lui reconnaitre celà !) et de la «biodiversité».
  • Le grand bal de prédateurs par L.P. Gary-Gasparrou, maire de Massat (Une commune de l’ADET, favorable à la cohabitation et située en pleine république bananière Ariègeoise), dont la tête (est-ce l’humour ou de la haine ?) servait de cible à un jeu de fléchettes sur un stand des Pastoralies!

Pas étonnant que les manipulés se sont cassés vite fait de ce 1er congrès du parti ultrapastoral de Saint-Augustin, qui généreux, aurait mis la main au panier en allongeant entre 30000 et 35000 euros pour l'organisation des Pastoralies. Chiffres à vérifier, mais ce n'aurait rien de surprenant après le financement de l'ASPAP, lors de sa création.

Maintenant que l’effet de surprise (pour les touristes innocents qui venaient pour participer à une fête familiale) ne jouera plus, quels touristes retourneront à cette grande messe noire déguisée en vert, comme les célèbres vestes noires et sang de l’ASPAP remplacée pour l’occasion par des t-shirt… verts ? De même, leurs discours extrémistes et sectaires se cachent derrière un pâle verni couleur estive de la «biodiversité à visage humain» et l’intérêt biologique des animaux domestiques !

Les Pastoralies se voulaient un enterrement de l’ours de première classe, ce n’a été qu’une messe basse. Qui se laissera encore avoir par les beaux parleurs Philippe Lacube, Louis Dollo et Bruno Besche-Commenge, à part la presse ariégeoise à la solde de son roi et celle où la rédaction des contenus est confiée à l’activiste de l’ASPP65 Louis Dollo? Quelle famille ira encore faire le plain de haine et se comporter comme des moutons face aux manipulations de la violente clique financée par Augustin Bonrepaux et déguisée en écologistes de montagne ?

Les témoignages des familles descendant dès le début de l’après-midi devraient sonner comme un avertissement envoyé au cercle restreint des proches de Bonrepaux et de ses associations ultras pastorales. Mais faut dire que quand l’Augustin confie le service d’exploitation des sites touristiques de l’Ariège à Pascal Alard (un activiste anti ours, membre de l’ASPAP de la première heure) l’orientation du tourisme ariègeois est priée de suivre la ligne du chef de parti. C’est ainsi que les principaux prospectus touristiques ariégeois (Parc de la préhistoire, Grotte de Niaux, Château de Foix, Grotte du Mas d´Azil, Forges de Pyrène, prospectus généraux sur l'Ariège) sont priés d’éviter la moindre allusion au symbole des Pyrénées : l’ours, sujet tabou et interdit. Le syndrome de Pékin en Ariège ? Le festival Résistances portait bien son nom : pour avoir osé parler de l’Ours, le roi Augustin lui a coupé les vivres.La pensée unique ariégeoise qui étouffe sa population sous la loi du silence comme en Corse.

Ce sera plus dûr l'an prochain pour avoir du monde.

08 juillet 2008

Carte postale de Slovénie à deux chasseurs de talibans

Par Stéphan Carbonnaux

Stephan CarbonnauxEn septembre 2007, j’ai écrit un texte en réponse à un article du berger Joseph Paroix, «Le renforcement de la désespérance» publié dans Laborari, journal d’E.L.B., la Confédération paysanne du Pays Basque. Mon texte, «Chacun a ses propres raisons d’exister», est paru sur le blog La Buvette des Alpages.

Il aurait pu paraître, avec celui de Joseph Paroix, dans L’Agulhada, le journal de la Confédération paysanne du Béarn, si ses responsables avaient le goût de la contradiction. Manifestement, ils ne l’ont pas et on m’a expliqué que mon texte ne serait pas publié pour ne pas gêner Julien Lassalle, que je citais, frère de Jean, le gréviste de la faim que l’on sait. J’en profite une nouvelle fois pour remercier Baudouin de Menten, créateur et rédacteur de La Buvette des Alpages, le seul qui a pris le texte de J. Paroix puis le mien, preuve s’il en fallait encore une que les ours belges, eux, savent créer des débats dans les Pyrénées.

Ce mois de mai 2008, Baudouin de Menten me prévient qu’un texte a été écrit par Bruno Besche-Commenge et publié dans L’Echo du Grand Charnier (tout un programme !) en réaction à mon texte de l’automne. Au mois d’octobre dernier, j’ai été justement embauché par Ferus comme chargé de mission "ours" (et non pas par «Ferus + A.D.E.T. + W.W.F.» comme il est avancé) et nous avons bien compris que mon travail au sein de l’association justifiait la charge de nos adversaires.

Stéphan Carbonnaux : Carte postale de Slovénie à deux chasseurs de talibansLe Grand Charnier est un site d’ultrapastoraux alpins qui bourrent leurs pages de clichés sanguinolents de bêtes domestiques et sauvages tuées par des loups. Tout récemment, ils donnent même à voir une image rarissime de la jambe d’un homme attaqué par un ours… blanc. J’en connais un autre, lui dans la médecine par les plantes, qui vous envoie ces photos de pauvres gens attaqués par les ours avec des commentaires hallucinants. Un jour, j’ai eu l’idée de lui envoyer des clichés de personnes écrabouillées sous les bombes de l’O.T.A.N. en Serbie (j’ai un ouvrage édifiant sur le sujet) en lui recommandant de concentrer ses efforts sur une espèce plus agressive que l’ours pour nous autres. Je le ferai un de ces quatre en lui conseillant des tisanes apaisantes.

M. Bruno Besche-Commenge, d’après Louis Dollo (lui, c’est la nouvelle Marianne Bernard [1]), est un ex-enseignant de l’Institut de linguistique et de dialectique de Toulouse, par ailleurs «spécialiste de l’histoire des techniques agrospastorales».

Il est en quelque sorte une ressource intellectuelle des groupes ultrapastoraux. Depuis des mois, j’ai lu de nombreux textes de M. Besche-Commenge qui renseignent fort bien sur les obsessions de la nébuleuse ultrapastorale. Oh, c’est pas X-Files tout de même, leur complot remonte chez eux au Plan agricole européen Mansholt des années 70, sans petits gris - pas les escargots, ceux de Roswell - mais avec de vrais méchants : les Talibans ! Besche-Commenge et ses amis, c’est Massoud dans le Panshir contre les vilains Talibans de l’écologie qui régissent les villes et s’apprêtent à fondre sur la montagne pour la conquérir.

Dénoncés comme une lèpre gauchiste par la droite d’affaires dans les années 70, suspectés de fascisme par les gauchistes dans les années 90, les écologistes naturalistes seraient devenus des Talibans. Chacun appréciera la portée dialectique d’une telle dénonciation. Si M. Besche-Commenge n’était pas à la retraite, je pourrais lui lancer : «C’est un peu court, jeune homme !» La correction et la bienséance me l’interdisent.

Maintenant, venons-en au fond du débat que M. Besche-Commenge n’aborde pas, lui préférant des pirouettes dialectiques. À la racine de tout, il y a justement la nature que M. Besche-Commenge et moi ne voyons ni ne sentons de la même manière. Quand j’adhère à la définition de Robert Hainard pour qui la nature est ce que nous n’avons pas créé et que nous ne contrôlons pas, M. Besche-Commenge nous parle de « la biodiversité à visage humain », très rarement de la nature elle-même. Sous nos latitudes, la forêt primaire est l’expression évidente de la nature, pour MM. Paroix et Besche-Commenge, c’est l’estive, la prairie de fauche qui sont la vraie nature. Je suis heureux de voir la forêt reprendre la place autrefois perdue dans les Pyrénées, nos adversaires invoquent un pays qui se meurt sous les broussailles.

Et puis, à côté de cette nature, il y a la civilisation, la société humaine qui a toujours existé (l’état de nature est un mythe), même quand les hommes vivaient aux temps préhistoriques. Le drame, c’est qu’Homo sapiens a envahi la quasi-totalité de l’espace à son profit, en éliminant quantité de magnifiques formes de vie qui n’ont pas demandé plus que lui à vivre sur Terre. C’est ainsi que la faune européenne s’est appauvrie assez récemment à l’échelle historique : chevaux sauvages, aurochs, bisons, grands prédateurs, rapaces, etc. ont disparu ou se sont considérablement raréfiés. Je ne vois pas en quoi cette évolution est positive. Je ne vois pas en quoi nous devrions aduler chèvres et moutons, qui associés au feu et à la hache suffisent à anéantir d’immenses écosystèmes.

Quand j’évoque le retour par libre évolution à une nature qui sur de grands espaces se rapprocherait de ce que nos ancêtres ont connu voici des siècles ou des millénaires, c’est par désir partagé avec un nombre sans cesse croissant de personnes, de rétablir un équilibre entre une nature aujourd’hui étriquée, souvent misérable (il faut aller en Slovénie, en Roumanie, en Pologne, en Biélorussie pour trouver de vraies forêts), et une civilisation urbaine ou rurale envahissante. L’allusion au projet des ingénieurs forestiers roumains, que M. Besche-Commenge enfermerait sans doute s’il le pouvait dans les anciens asiles d’aliénés de feu Ceaucescu, n’est qu’une illustration. Le projet du groupe "Forêts sauvages" (une talibanerie d’un nouveau genre!), que j’ai récemment rejoint, en est une autre. Dans tous les cas, il s’agit de laisser faire la nature, quitte parfois à lui donner un coup de pouce en réintroduisant une espèce, ce qui constitue évidemment une subversion des valeurs de contrôle et de domestication défendues par M. Besche-Commenge et ses amis.

Je comprends que notre amour de la nature vienne troubler les ultrapastoraux désireux de conserver une «biodiversité à visage humain». C’est si rassurant de vivre avec ses semblables, avec des animaux domestiques, d’exclure tout ce qui est par trop sauvage, d’évoluer dans un paysage où chaque élément porte la marque de l’homme, où même la nuit des cloches viennent vous rappeler que la civilisation est toute proche. Seul dans la nature, couché la nuit à la belle étoile dans la forêt, parfois habitée d’ours, de loups et de lynx, j’ai connu ce désir d’être entouré par un univers familier, quand l’orage ou le grand vent viennent sur vous. C’est si humain ! Mais un désir plus fort l’emporte et je me réveillerai une nouvelle fois changé par cette expérience extraordinaire. Pouvoir vivre un jour ou plus dans une nature sans trace de l’homme, la plus riche possible, en prenant bien sûr quelques risques assumés, n’est-ce pas un retour à la normale ? M. Besche-Commenge, lui, se moque et me, nous range dans la catégorie simpliste des illuminés. Monsieur le dialecticien, prenez garde, les "illuminés" se multiplient ! 

Enfin, puisqu’il a une pensée affectueuse pour des enfants que j’aurais peut-être un jour, s’ils contractaient l’appendicite ou je ne sais quoi encore, je les ferai soigner comme les hommes le font depuis l’aube des temps.

Quel curieux fantasme de croire que l’existence à notre époque d’une nature primaire peuplée d’ours, de bisons, de loups, d’aigles, d’élans et de mille et une autres formes de vie, au sein de vastes forêts, entraînerait ipso facto la mort des enfants malades ! Dois-je lui apprendre que l’Europe balkanique a encore abrité des lions (et sans doute des tigres) après Jésus-Christ, quand les hommes avaient développé depuis des millénaires déjà des techniques de chirurgie très perfectionnées. Il y a mieux ! Autour de l’an 1 000, dans certaines steppes d’Asie centrale, cohabitaient des tigres, d’ultimes lions, des esturgeons centenaires longs de dix mètres et d’une masse de deux tonnes, des descendants des daims géants à large ramure, des rhinocéros à fourrure et des… hommes modernes qui ne supportèrent pas les "gêneurs" et exploitèrent les autres jusqu’au dernier [2].

Quelle misère de penser que le développement des techniques ("rassurons" M. Besche-Commenge, je ne possède pas de voiture, ni grand-chose d’ailleurs) doit s’accompagner de la régression de la nature ! Jusqu’où faudra-t-il aller ? Jusqu’à ne plus vivre qu’avec des bactéries et des virus ? Le grand défi du siècle est justement de résoudre l’apparente contradiction entre avancée technologique et protection de la nature. Décidément, vous manquez d’imagination, M. Besche-Commenge, comme tous ceux qui craignent la nature, ses ombres et sa force.

Puis j’ai découvert mon texte (dans un document pdf) reproduit sur le site Pyrénées-Pireneus, avec un préambule bâclé et pour tout dire visqueux. Louis Dollo ne s’est même pas donné la peine d’une recherche sérieuse de mon pedigree, jette une bibliographie erronée et incomplète, se permet de douter de ma qualité de naturaliste (de quel droit ? pour sa gouverne, je suis passionné par l’observation de la nature depuis l’enfance et membre actif d’associations naturalistes et écologistes depuis 25 ans), juge mes interventions publiques d’un intérêt assez primaire (que dirais-je alors de ses textes : l’œuvre d’un primate peu évolué ?). Mais enfin, il m’a fait rire avec cette remarque : «Au lieu de chercher à convaincre et de trouver des points de convergence avec lui (J. Paroix), Stéphane Carbonnaux le "casse" comme un traître au Parti comme dans les heures de gloire du Parti Communiste de l’ex-URSS (pas que là d’ailleurs).»  Diantre, quelle culture politique !

Au terme de mon texte, M. Dollo confie ses observations. Elles confirment ce que j’ai écrit plus haut. Marianne Bernard défendait noste Jean Lassalle, le guide de pays tarbais a pris la relève et sanctionne les crimes et délits de lèse-majesté. Je ne résiste pas à l’envie de le citer tant c’est drôle : «La correction et la bienséance auraient commandé que nous nous passions de commentaires désobligeants.» Mon délit ? Avoir écrit : «… aux côtés de Julien Lassalle, frère de la Castafiore de Lourdios… » ! Pas une ligne d’observation sur les questions de fond soulevées par mon texte !

J’attends, nous attendons de vrais dialecticiens, des contradicteurs, pas des gens qui plaisantent avec la mort de nos enfants ou qui cirent les pompes des puissants.

Stéphan Carbonnaux (FERUS) : Carte postale de Slovénie à deux chasseurs de talibans"Carte postale" de Slovénie, juin 2007. Les versants sous les falaises étaient pâturés par des moutons jusqu’à la deuxième guerre mondiale. La plupart des habitants sont partis pour des raisons politiques, militaires et économiques. La forêt est revenue, peuplée d’ours, de loups, de lynx et de quantité d’autres espèces. Dieu que cette montagne est vivante ! Bons baisers de l’ancienne Yougoslavie.

Stéphan Carbonnaux, 10 juin 2008

[1] Marianne Bernard fut à la charnière des années 80 et 90 une journaliste qui soutenait mordicus tous les élus bouffeurs d’ours. Elle aimait tant les ours qu’elle les préférait dans un cul-de-basse-fosse à Saint-Lary, où elle avait créé l’association Les Amis des ours… Depuis sa disparition on attendait son remplaçant.

[2] Je cite ici un article remarquable d’Alain Sennepin, « Un tigre européen oublié », qu’on lira avec grand profit sur le site passionnant animé par Alain et Michel Sennepin. Encore des amis pour M. Besche-Commenge !

Avec l'aimable autorisation de Stephan Carbonnaux et de Ferus
Photo Stephan Carbonnaux - Illustration de f'Murrr dans "Eloge de la Pentitude"

13 décembre 2007

Le voyage de Bruno Besche-Commenge dans les Asturies

Retranscription de l'interview vidéo de Bruno-Besche Commenge réalisée par Ariège News.
Les intertitres sont de la buvette.

Le développement durable à partir des races autochtones

Bruno-Besche-Commenge BBCBruno Besche-Commenge : Moi, je suis personnellement en contact avec les asturiens depuis bientôt 2 ans pour des problèmes qui ne concernent pas l'ours ni le loup (parce que pour eux, le gros problème, c'est le loup !) qui au delà de ce problème concerne qu'est ce qu'on peut faire en commun au niveau d'un véritable développement rural, en particulier autour des races locales.

Alors nous, il y a la gasconne en Ariège, la Castillonnaise, la Tarasconnaise, Merens. Eux ont aussi leurs propres races bovines, ovines et caprines. Et on essaie de regarder, on est en train de le mettre sur pied d'ailleurs, comment Asturies, Pyrénées, pourraient essayer de faire quelque chose au niveau du développement durable à partir des races autochtones.

Alors les problèmes de l'ours et du loup arrivent en second par rapport à ça. Ce n’est pas notre problème premier. Notre problème premier, je le répète, c'est qu'est ce qu'on peut faire pour que les gens vivent avec ces races et avec un élevage de type développement durable.

Asturies : un problème de loup

Eux sont confrontés à un problème de loup, qui amènent certaines zones entières des Asturies à ne plus avoir d'ovins ni de caprins, à ne plus pouvoir faire certains fromages parce que les brebis et les chèvres sont mangées par les loups. Ils n'ont pas vraiment de problèmes avec l'ours puisque, pour des raisons historiques, il y a toujours eu des ours dans des zones de réserves particulières, réserves de chasse en particulier, réserves de biosphère ensuite, et zones donc dans lesquelles il y a une dépopulation rurale absolument énorme et où les gens désespérés, un petit peu, utilisent, et on ne peut pas le leur reprocher du tout, l'image de l'ours comme produit touristique pour essayer qu'au moins, il y aie encore des jeunes qui restent un petit peu, ce qui ne se produit pas. Il y a encore un exode rural, il y a encore de grandes difficultés à garder ces populations dans ces vallées. Mais donc, à notre inverse, ils ont l'ours, en particulier dans des zones où il a toujours existé et où, aujourd'hui, ils le considèrent comme leur dernière chance économique. Donc on ne peut pas dire qu'il y a deux situations parallèles.

Des ours pyrénéens gras nourris à la viande

Nous pour l'ours, on se trouve confronté au fait qu'il n'y a plus d'ours pyrénéens; on le sait. L'ancien président du parc National, Etchélécou l'a dit cent fois. La souche pyrénéenne, elle est finie. Alors, on le regrette mais ... y en a plus ! On a été confronté à quelques chose qui sidère les asturiens eux-mêmes : c'est l'importation d'ours slovènes, dont des travaux récents fait par des écologues asturiens lors d'un colloque scientifique qui a eu lieu je crois en 2005; des chercheurs biologistes ont fait un travail sur le nourrissage des ours en Slovénie, dans lequel ils montrent que depuis deux siècles, les ours slovènes sont nourris avec des cadavres d'animaux domestiques : chevaux, bovins etc. A l'origine c'était pour faire des points de fixation pour que les chasseurs fortunés puissent venir tirer les ours. Cela a continué à être fait au niveau du mode de gestion.

Des ours asturiens faméliques qui ont du mal à survivre

Quand on montre cette situation aux éleveurs asturiens qui eux ont des ours qui ne sont pas en très bonne santé physiquement. Ils n'ont pas assez à manger. Ils descendent même aux portes des villes, on en a même vu passer sur les plages (C'est très proche de la montagne, 30 km entre les sommets et les plages), à la recherche de quoi se nourrir. Alors c'est des ours que les copains là bas me décrivent (moi je n'en ai jamais vu hein) comme un peu famélique, un peu maigre, qui ont du mal à survivre, mais c'est vrai que les éleveurs, dans les zones où il y en a n'ont pas de problèmes avec eux. Ils en ont avec les ruches ou accessoirement, mais c'est vrai aussi qu'ils n'y a plus d'élevages ovins ou caprins dans ces zones. A Somiedo, c'est simple, les quelques uns qui ont encore des brebis, c'est comme nous les poules au jardin : 5 brebis pour les quelques élevages où il y en a encore.

Donc on ne peut absolument pas comparer les deux situations. Par rapport à l'ours :

Vallée de Somiedo, désespoir des gens tout à fait compréhensible (c'est des gens remarquables), désespoir des gens par le fait que toutes les forces vives de Somiedo fichent le camp donc l'image de l'ours comme une sorte de bouée de secours auquel on se raccroche et personne ne peut le leur reprocher.

Nous, situation tout à fait différente, on a des brebis, il y a des jeunes qui se réinstallent, plusieurs centaines de milliers de brebis sur la chaîne et des ours carnivores depuis deux siècles qu'on nous importe. Donc c'est vrai que c'est, que sur ce plan là, il y aurait des millions de chose à dire, mais que sur ce plan là, on a des situations qui ne sont pas comparables. Voilà.

Bruno Besche-Commenge

Un problème d'hommes, pas d'ours

La biodiversité acceptable se limite pour Bruno Besche-Commenge aux races domestiques qui entretiennent (quand elles sont bien menées) les paysages ouverts. Les ours ce n'est pas la biodiversité, ce ne sont que des ennuis, comme la forêt qui progresse sur des terres défrichées par les ancètres éleveurs.

Il est surprenant de constater que les populations d'ours asturiens "faméliques" progressent et se rapprochent, dans l'acceptation populaire (Lire "Cantabrie, les ours des 2 noyaux se rapprochent") et que par ailleurs, dans les Pyrénées française, la population d'ours gras et carnivores, elle, tend à disparaitre au millieu d'une minorité d'éleveurs agressifs et prêts à tout pour les "aider" un peu.

Chasseurs et bergers sont parfois les mêmes ! René Marquèze est donc en quelque sorte le sauveur qui a fait sauté l'alibi de la sauvegarde de l'ours. Grace à lui, la défense du plantigrade est devenu «un luxe couteux, une lubie d'écolos parisiens et de nostalgiques en manque de sauvage et de retour au sources ». Le discours est bien rôdé.

Et si le problème ne venait pas des ours mais des hommes ?

  • D'un côté, des asturiens qui cohabitent et en tirent profit;
  • De l'autre, des pyrénéens bornés qui refusent la cohabitation, touchent les primes, profitent au maximum des failles du système, suppriment les ours illégalement et cherchent à détruire leurs territoires tout en se présentant comme de grand défenseurs de la nature, à grands coups de "biodiversité" et de "développement durable".

Nous retrouvons ici un cas exemplaire de la rhétorique anti-environnementale parfaitement décrite par Laurent Mermet dans son étude "L’Institution Patrimoniale du Haut Béarn" où le paragraphe " beaucoup de réaction anti environnementale, un peu d'intégration de l'environnement" décrit les méthodes utilisées par les acteurs qui combattent la protection de l’environnement. Plus c'est gros, plus cela marche. Je n'ai effectivement rien contre la protection des races "autochtones", pmais pas sur le dos de l'ours.

Derrière cette interview de Bruno Besche-Commenge, ma foi conciliant et reconnaissant l'acceptation de l'ours en Asturies, se cache aussi le militant de l'ADDIP, celui qui cherche à faire capoter les démarches de conciliation du ministère. Ces voyages d'étude cherchent à rapprocher les points de vues et à dénouer la crise. Mais les ultras pastoraux de l'ADDIP ou Louis Dollo ont d'autres objectifs : la mort définitives des ours sauvages et le refus des contraintes liées à la protection des troupeaux.

La mort des ours ne changera pourtant rien au prix de l'agneau de Nouvelle-Zélande et à la crise du pastoralisme. Mais l'ours est un mythe unificateur qui permet aux éleveurs de se regrouper et de retrouver une énergie que la crise disout lentement.

L'ours n'est qu'un instrument, un animal manipulé par ses détracteurs comme par ses protecteurs d'ailleurs ; c'est bien loin d'être un animal sauvage, il est cantonné, déplacé, surveillé, suivi, pourchassé, empoisonné, plombé.

Si la France ne décide pas de protéger efficacement et rapidement ses derniers ours contre ceux qui cherchent à lui nuire mais aussi la tranquilité et l'étendue de ses territoires, ses lieux et périodes de repos, ses couloirs de passages, ses sources d'alimentation, la population du plus grand des mammifères français n'aura pas d'avenir. "L'ours brun n'est pas en danger, puisqu'il en reste ailleurs". Jolie manière de refiler le problème aux voisins et de se laver les mains pour de petits esprits rétrogrades et manipulateurs. Alors pourquoi chercher à sauver les races autochtones ? Il y a plein de brebis en Ecosse, en Irlande, en Nouvelle-Zélande et en Australie, pas besoin d'en avoir en France. De plus la progression de la forêt dans les territoires de montagne sera un puit d'oxygène pour lutter contre le réchauffement climatique. Nostalgique du bruit des sonnailles ? Il y a des CD en vente chez les disquaires. Les brebis ne sont pas plus précieuses que les ours. Au diable l'intérêt, la fonction et l'usage. A quoi cela sert un ours, une brebis ? A quoi cela sert un berger en déficit chronique ? L'ours, l'homme et les brebis ont le droit de vivre dans leur territoire, la montagne. Et si l'homme changeait ?

Bruno Besche-Commenge : L'Etat nous ont flanqué dans un piège

Bruno Besche Commenge est un "scientifique" qui argumente pour les associations ultra pastorales. Au lendemain du retour de voyage dans les Asturies, une source bien informée et digne de foi a envoyé à la buvette des alpages l'extrait d'un échange entre Bruno Besche-Commenge et quelques responsables d'associations de défense du patrimoine bien connues. Le sujet ? L'Etat, en préparant le voyage dans les Asturies aurait tanté de manipuler les éleveurs.

Le diable est partout ma bonne dame. Les fonctionnaires ne sont plus ce qu'ils étaient. Rappelez-vous les interventions dans les forums de Louis Dollo injuriant les fonctionnaires, les tentatives pour discréditer les responsables de l'Equipe Technique Ours, les veaux d'Aston, les tentatives pour discréditer les personnes chargées des constats de dégâts sur troupeux, Augustin Bonrepaux dénoncant le noyautage du ministère de l'Ecologie par les associations. L'Etat est le seul partenaire, mais il est corompu et contre les éleveurs, la théorie du grand complot continue. Que la FNSEA vienne à votre secours...

A., un des contacts espagnol de Bruno Besche-Commenge lui aurait dit après les dernières évolutions de ses relations téléphoniques avec le ministère asturien : "Una trampa, ils vous ont flanqué dans una trampa", un piège. Bruno Besche-Commenge ajoute "C'est comme si nous ils nous envoyaient à Yellowstone pour voir que tout va bien avec les loups! Heureusement que nos délégués sont affûtés et que A. est très bon !"

Bruno Besche-Commenge a découvert un article de "Nueva Espana" qu'il désire "mettre au chaud" pour le rapport final de l'ADDIP. "Je ne connaissais que la pré-visite de l'ADET or il y a eu aussi une visite de notre Ministère pour bien bétonner." Le linguiste et spécialiste en dialectique pense que deux acteurs sur trois (L'ADET et le Ministère de l'Ecologie) ont participé à la préparation du voyage selon des formes qui les arrangeait en excluant les représentants du monde pastoral qu'il nomme le 3ème partenaire. "Je ne vous dis pas le bordel que ça a été pendant que je faisais James Bond en Asturies pour essayer d'organiser une rencontre avec une autre voix."

Il se propose aussi de raconter aux différents responsables ultrapastoraux dispersés dans les diverses associations les pressions exercées par le ministère asturien de l'environnement et du développement rural (il précise bien "dans cet ordre") sur certains éleveurs pour qu'ils n'interviennent pas et ne témoignent pas lors du voyage de la délagation française dans les Asturies. "J'ai passé 2 jours un peu sauvages et j'ai encore moins dormi que d'habitude, je crois que j'étais un peu énervé!"

Le grand complot devant être dénoncé, Bruno Besche-Commenge ajoute que "cette inégalité dans la préparation devra être vigoureusement soulignée dans le rapport et rendue publique." Ce voyage est, me semble-t-il, organisé par l'Etat qui "invite" des participants. Il est normal que ce voyage aie été préparé. Le reste n'est qu'un délire paranoïaque de persécution. Suspectant la même préparation "orientée" pour les voyages à venir, suivants, Bruno Besche-Commenge invite ses partenaires à surveiller la presse italienne des Abruzzes pour voir "ce qui se mitonne" du côté du Trentin où il pense celà "fonctionne pareil". Il termine en se réjouissant "que le chemin sera long pour transformer les Pyrénées en une sorte de Somiedo".

Paranoïa pastorale ou pastoralisme aveugle ?

Voilà dans quel état d'esprit complètement paranoïaque les "délégués" du milieu pastoral ont fait le déplacement dans les Asturies. Alors que les autres associations prennent la gestion modèle espagnole en exemple, pour eux "Tous les participants au voyage se sont accordé à reconnaître que la restauration de la population d’ours en France a été une suite d’échecs successifs." et "Pour nous comme pour les autres membres de la délégation, l’évidence de l’impossible transposition du modèle asturien à nos Pyrénées".

Je t'aime moi non plus

Ai-je du mal à lire le français ou est-ce un nouvel épisode d'utilisation du langage ipéhachébé, une nouvelle version de "Je t'aime moi non plus" ? Relisons les communiqués respectifs :

Le FIEP dans "Pas d'anti ours dans les Asturies"

  • "Les rencontres avec les interlocuteurs espagnols (élus, éleveurs, chasseurs, associations, administrations, acteurs du tourisme…) ont souligné l'attachement unanime à l'ours dans cette région."
  • "La démonstration a été faite que  dans les Asturies, l'ensemble des acteurs a pris conscience de la richesse de leur patrimoine commun symbolisé par l'ours et de l´intérêt de sa préservation pour l'avenir de leur région."

L'ADET dans "L'ours, la démonstration espagnole"

  • "Pas un seul interlocuteur, pas un seul éleveur, n’a exprimé un début de contestation sur la question de l’ours. Au contraire, les espagnols ont insisté sur la nécessité de protéger cette espèce classée autant par la loi espagnole qu’asturienne comme en «danger d’extinction». Ils ont apporté une preuve supplémentaire, s’il le fallait, que l’existence d’autres populations d’ours bruns dans le monde n’exonère personne de ses obligations en matière de lutte contre l’érosion de la biodiversité."

L'intention des ultra-pastoraux est clairement de saboter ces tentatives de dialogue et de concertation et d'établir un vrai dialogue de sourd. D'un côté, exclure les associations pro-ours, de l'autre se présenter comme les seuls interlocuteurs valables :

  • Marie-Lise Broueilh : "Notre seul interlocuteur c'est l'état, nous n'avons rien à voire avec l'ADET ou une autre association environnementaliste."
  • Marie-Lise Broueilh : "Nous revenons légitimés par le ministère dans le rôle incontournable que nous avons à jouer pour sortir de 10 ans d’une crise préjudiciable à tous, dans lequel notre interlocuteur ne pourra être que l’Etat."
  • Louis Dollo : "Décidément, l'ADET n'est pas et ne pourra jamais être un interlocuteur des territoires de montagne tant cette association fait preuve d'un obscurantisme idéologique."

Dans le communiqué de l'ADDIP, il y a bien une lueur d'espoir : "Il nous appartient de faire des propositions concrètes d’avenir pour les Pyrénées qui, s’inscrivant dans ce triple cadre, porteront des projets concrets de développement durable dans les rôles qui ont toujours été les nôtres, adaptés aux spécificités territoriales des Pyrénées mosaïque de situations différentes : production agricole pour nourrir les hommes, - création et maintien de paysage et de biodiversité, - offre de sites et d’activités de loisir pour ceux qui les visitent, - emplois et plaisir de vivre pour ceux qui y habitent."

Mais dans ses perspectives, on ne trouve pas un mot sur la survie des ours, uniquement :

  • "nourrir les hommes" (comprendre vendre des agneaux et des fromages),
  • "maintenir le paysage" (les estives pastorales sont opposées à la forêt envahissante responsable de "l'ensauvagement du territoire")
  • "maintenir la biodiversité" dont l'ours est exclu; la seule bonne biodiversité étant la pastorale et celle des espèces domestiques autochtones chères à Bruno-Besche-Commenge.

Est-il utile de payer des voyages à ces opposants pour qui les mots "concession", "compromis" ou "dialogue" sont inutilisables et pour qui les objectifs consistent simplement à torpiller les démarches et le dialogue organisé par l'Etat, le seul interlocuteur qu'ils supportent encore en poussant des cris de vierges effarouchées.

Que vont être leurs propositions concrètes ? Un parc à ours et des grillages comme à Proaza. Ah, non c'est vrai, le modèle asturien n'est pas exportable dans les Pyrénées. Ouf !

14 septembre 2007

Crétins des Alpes ou ânes des Pyrénées ?

Tout le monde n'est pas aussi têtu que les éleveurs des Pyrénées ou des Alpes : des éleveurs suisses s'associent pour mieux gérer leurs troupeaux et pour une bonne protection du capital génétique des élevages ; pour faire leur métier de berger convenablement, en bon "père de famille" en quelque sorte. 

Côté pyrénéen, Bruno-Besche Commenge (le grand défenseur des "races à petit effectif" en Ariège et de la biodiversité domestique - lire Bruno Besche-Commenge: Où est la biodiversité à préserver ?) à une vision de la protection du capital génétique absolument opposée...

BBC : «Il paraît alors inquiétant (...) que l’on fasse aussi peu référence à un document essentiel par lequel la France s’est engagée, dans la droite ligne des réflexions que la FAO conduit au niveau planétaire. Il s’agit de la Charte du Bureau des Ressources Génétiques (...) qui parle de la juste protection des races ovines et bovines rares et bien sûr de l'intérêt de ne pas garder les troupeaux afin de les laisser profiter des terrains difficiles.» Ah que la Suisse est loin des Pyrénées ! Le bon sens n'est pas justement réparti chez les buveurs de Fendant et chez les buveurs de Jurançon.

Syndicat de menu bétail du Chablais

Suisse (Chablais) - Trois syndicats d'élevage ont fusionné en une seule organisation. Les organisations de la plaine du Rhône, de Panex-Plambuit et de Bex et environs constituent le syndicat du Chablais depuis le 1er août dernier.

Le regroupement vise à optimiser le travail administratif et à s'adapter à la tendance du recul du nombre de membres. Le nouveau syndicat couvre à présent tout le Chablais, à l'exception de la région des Ormonts qui a décidé pour le moment de rester indépendante, du fait qu'elle dispose encore de suffisamment d'éleveurs et d'animaux. Le syndicat du Chablais comprend aussi bien des moutons que des chèvres. L'effectif ovin, composé d'une grande majorité de Blancs des Alpes, atteint 1200 têtes dont 600 mères, pour un total de 29 éleveurs actifs. Quant aux chèvres, leur nombre atteint 300 sujets inscrits, pour 24 détenteurs. La race Chamoisée est de loin la plus répandue, suivie de la Gessenay et de la Grisonne. Huit éleveurs possèdent entre 30 et 50 laitières et fabriquent du fromage.

Le syndicat assume la mise sur pied de trois commissions pour la vente des agneaux: une au printemps, les deux autres l'automne. Les concours, dont le nombre a pu être diminué par la fusion, ont lieu au printemps pour les chèvres et en automne pour les moutons.

La menace du loup

Auparavant, un alpage était exploité par les différents syndicats. Les incertitudes liées au loup et les problèmes de gardiennage ont amené la nouvelle structure à collaborer avec le moutonnier de l'alpage de l'Hongrin. L'estivage se fait ainsi sous la surveillance d'un berger et de chiens de protection. Une nécessité pour Georges Tribolet co-secrétaire du syndicat: «En sélectionnant des bêtes, il faut au moins dix à quinze ans pour extraire une bonne souche. Avec les dégâts du loup chez certains de nos collègues, on s'aperçoit que tout peut être anéanti en un instant. Nous préférons prévenir puisque notre élevage ne se remplace pas par une simple indemnisation financière».

[NDLB: Dans les Pyrénées, on préfère laisser divaguer les troupeaux de races "à petits effectifs", puis crier "à l'ours" devant les caméras et les micros, parce que les précieux effectifs diminuent encore suite à l'incohérence ultrapastorale et à la table dressée toute grande pour l'ours. Il est étrange de constater que les multiples "associations de sauvegarde du patrimoine", ne cherchent à sauver rien du tout, pas même le pastoralisme en crise, pas même leurs races de brebis rares ; leur seul et unique objectif : l'extinction de l'ours des Pyrénées pour laisser paître les troupeaux, sans berger et sans protection dans les terrains difficiles. Belle conception du devoir et du métier. Les bergers sont devenus des éleveurs industriels. Même les AOC divaguent. ]

L'organisation joue un rôle central pour le maintien des races, conformément à leurs standards respectifs, explique le président du syndicat Marcel Dévaud: «Les grands troupeaux sont parfois croisés à tel point qu'il leur arrive de perdre les caractéristiques spécifiques de la race d'origine. Même si la plupart des membres du syndicat sont de petits éleveurs, ceux-ci réalisent un précieux travail de sélection dont les grands élevages peuvent profiter».

Pour Roger Favre qui élève 120 brebis et exploite 27 hectares sur les pentes des Posses-sur-Bex, le fait d'avoir toutes ses bêtes inscrites au syndicat exige un travail conséquent de recensement des données et de sélection: «Je constate que la demande reprend pour des bêtes de race. Faire partie du syndicat est donc un avantage». Par rapport à l'effectif total élevé dans le Chablais, les animaux inscrits au syndicat ne représentent qu'une faible part. La différence de prix entre une agnelle d'élevage et une bête d'engraissement n'est plus aussi accentuée que par le passé, ce qui explique en partie que certains éleveurs rechignent à s'affilier au syndicat.

Michel Darbellay - agrihebdo

Bruno Besche-Commenge et Français Arcangeli sont dans la montagne

Interview de François Arcangeli

Alors que Franska, l’ourse slovène introduite dans les Pyrénées l’an dernier, est sur le point d’être capturée pour être déplacée plus en altitude, la polémique continue dans les Hautes-Pyrénées sur la cohabitation entre l’ours et l’homme. Président de l’association du Pays de l’Ours-Adet, François Arcangeli fait le point sur la situation actuelle.

TV Agri : Pensez-vous que la capture de Franska, pour l’amener plus en altitude, soit utile ?
François Arcangeli : Le déplacement de l’ourse, sur pression des éleveurs, ne règle en rien le problème. Les ours (comme Papillon, Méré…) évoluent dans le massif et c’est toujours dans les Hautes-Pyrénées que des incidents sont relevés et que des brebis sont attaquées. Le problème est propre à ce département. C’est le pastoralisme tel qu’il est pratiqué actuellement qui est inadapté à la montagne. L’ours est un bouc émissaire. Il n’est la cause que de 1% de la mortalité des brebis.

TV Agri : Existent-ils des mesures de protection des troupeaux ? Sont-elles efficaces ?
François Arcangeli : On devrait profiter de l’acalmie qui va suivre le déplacement de Franska pour mettre en place des mesures. Lors d’un colloque européen sur les prédateurs qui a eu lieu en Italie, les représentants des autres pays présents ont expliqué leurs mesures de protection : présence de bergers, de chiens, ou clôtures. Avec des chiens de protection, les pertes sur les troupeaux diminuent de 92% ! Ils ne protègent donc pas uniquement des ours. De plus, les mesures de protection sont financées par les fonds ours. Les éleveurs français ne l’acceptent pas car ce serait accepté l’ours.

Source : Terre-net

Bruno Besche-Commenge furieux de cette interview coule une bielle

"Je suis étonné qu'un site agricole professionnel publie à sens unique les propos de M. Arcangeli sous le titre "l'ours est un bouc émissaire", sans au moins analyser la validité de son discours ... où presque tout est faux. Trop long, ici, de reprendre en détail mais à votre disposition si vous le souhaitez, et ça me paraît quand même un peu nécessaire vu l'aspect mensonger des propos : simple exemple: pas un seul mais les 3 départements des Pyrénées-centrales sont concernés aujourd'hui par les prédations.

Un point important de l'ignorance, volontaire, d'Arcangeli concerne les mesures de protection. Ce sont les mêmes que contre les loups dans les Alpes. Or le CERPAM (structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA) a publié les actes d'un colloque à ce sujet qu'Arcangeli ne peut pas ignorer (ces actes sont référencés sur les sites pro-ours et loups). Résultats de ces mesures: incertains, catastrophiques pour les bergers, les brebis, le milieu, travail de Sysyphe à reprendre chaque année: les prédateurs s'adaptent et si effectivement il y a UN PEU moins de brebis bouffées par troupeau, c'est aussi qu'ils étendent leur champ d'action !

A votre disposition, si vous m'indiquez adresse mail pour expédier pdf : recession en 3 pages des actes de ce colloque avec les références. Vous pouvez aussi contacter de ma part le responsable scientifique du CERPAM, Laurent Garde.

Quand même ce "détail" à propos des mesures financées : savez-vous ce que le plan-ours propose pour un éleveur qui resterait en continu sur la montagne pour garder nuit et jour son troupeau : 155 euros par mois! Dur, dur avec ça ne serait-ce que d'acheter le foin qu'il n'aura pas pu faire pendant ce temps! Faut pas se moquer des gens qui travaillent, surtout quand, ici, ils travaillent plus pour gagner moins.

Bruno Besche-Commenge

La protection, une mesure catastrophique pour les bergers ?

Bruno Besche-Commenge oublie volontairement les nombreuses autres mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours pour qu'on pleure sur le sort des éleveurs découragés et affamés. Un petit tour à la buvette s'impose pour lire "Comment l'argent de l'ours aide le pastoralisme" :

  • 770 €/mois et par berger pour l'aide au gardiennage avec regroupement nocturne
  • 1 760 €/mois et par berger si pas d'aides agricole.
  • 765 € pour l'achat d'un chien
  • 305 €/chien présent sur l'estive
  • 105 € par agneau de - de 6 mois prédaté (120 s'il est inscrit)
  • 140 € par agneau de 6 mois à un an (155 s'il est inscrit)
  • 126 à 180 € pour une brebis
  • de 300 à 500 e pour un bélier
  • 140 € par attaque de prime de dérangement
  • + 10% de la valeur de la bête pour le "manque à gagner" par bête prédatée

Je continue ? Pour toutes les mesures, voici un aide mémoire...

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007Télécharger le document de synthèse des mesures d'aide ours-elevage 2007
(PDF 2 pages)

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours 2007
(PDF 22 pages)

Exemple de prédation

  • Carrefour_prix_agneau_2Lors d'une attaque, un ours tue 2 brebis : 126 € + 50 € + 126 € + 50 € + 140 € = 492 € payés dans les 2 semaines.
  • Sur le marché : les brebis de réforme (celles qui ont produit du lait ou des agneaux pour la viande) se vendent 1.5 à 2 euros/kg. Les brebis de boucherie de 3 ou 4 ans) : 4.5 Euros environ.
  • 492 € représente donc au minimum 61,5 kg de viande par brebis ! Pas mal.
  • Christophe Bally, acheteur viandes de l'enseigne Casino a indiqué lors des travaux de la commission des affaires économiques au Sénat qu'un agneau anglais ou irlandais était de 12 à 15% moins cher qu'un agneau français dont le prix varie en fonction des parties : 5 à 6 euros le kilo de navarin, 12 ou 13 € pour le gigot et 14 €/kg pour les côtes d'agneau.
  • Le gigot d'agneau de Nouvelle Zélande se vend entre 4,20 € et 5,50 € le kilo.
  • Dans la vallée, pour le prix des primes pour 2 brebis prédatées, le voisin du berger a de quoi acheter 93 kg d'agneau de Nouvelle-Zélande !

Puisqu'on vous dit que c'est l'ours qui est responsable de la crise du pastoralisme ! Voilà pourquoi il y a lieu de charger l'ours au maximum, les veaux d'Aston, celà vous dit quelque chose ?

BBC présente le CERPAM comme une "structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA". Qu'est ce que le CERPAM ? Alons voir sur leur site : "Le CERPAM (Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée) a été créé en 1977 à l’initiative des Chambres d’Agriculture de la Région Provence Alpes Côte d’Azur. Service spécialisé en pastoralisme, il répond à la demande de la profession agricole et plus spécialement des éleveurs d’oeuvrer par la voie pastorale au développement des activités d’élevage et à leur intégration dans la gestion des espaces naturels." Le CERPAM annonce clairement dans quel camp il se trouve.

D'un côté des propos de colloque pastoral, de l'autre, la réalité...

Sur la commune de Melles (Haute-Garonne) que Hvala fréquente principalement, elle cause des dégâts importants en 2006, sur les troupeaux non protégés de la commune : 29 brebis sont tuées en 14 attaques. Heureusement, les éleveurs de cette commune ont décidé de se protéger pour l'année 2007. Le trio "bergers, chiens de protection et regroupement nocturne" marche à merveille et le résultat est criant de vérité. Lisez ces 3 notes...

CQFD à BBC. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre. Mais BBC n'en est pas à son coup d'essai. A chacun sa spécialité ! Les chiens de protection italiens seraient-ils plus efficaces que les patous des Pyrénées ? François Arcangeli est-il un menteur où est-ce Bruno Besche-Commenge et les bergers français qui sont de mauvaise foi ? Qu'en pense l'ASPP ?

Le programme de l'ASPP : refus des gardes de troupeaux, des embauches de bergers et des chiens patous

Sur le site de son copain Louis Dollo, Bruno Besche-Commenge pourrait relire les «principes généraux» (pas généreux) prônés par l’ASPP, Association de «sauvegarde du patrimoine» quant à la forme de pastoralisme qu’ils souhaitent :

  1. «Refus de garde des troupeaux au profit de surveillance de l'ours : « les éleveurs n'ont rien demandé, à l'Etat d'assumer ses responsabilités et de garder les animaux qu'il importe.
  2. Refus d'embaucher des bergers ou des gardiens de troupeaux pour un motif juridique assez clair: il n'existe pas de cabanes aux normes de la législation sociale, certaines n'ayant même pas de possibilité d'avoir de l'eau.
  3. Pas de Patous pour des raisons de sécurité des randonneurs. Plusieurs procès ont eu lieu dans les Alpes où les éleveurs et bergers ont été condamnés. Certaines communes des Alpes auraient même interdit les Patous et paient directement les dégâts causés par les loups.»

Bien sûr, dans ces conditions, la protection, celà ne marche pas et la cohabitation non plus ! Mauvaise foi disais-je.

27 juillet 2007

Bruno Besche Commenge, abonné au gaz

Bruno Besche-Commenge est chercheur au Centre de Linguistique et de dialectique à Toulouse.
Il est un des scientifiques qui cautionnent les mouvements de "sauvegarde du patrimoine pyrénéen" et d'opposition à l'ours.

A MME LA SECRETAIRE D’ETAT A L’ECOLOGIE
A PROPOS DES EXPERTS INTERNATIONAUX SOLLICITES POUR LE PLAN-OURS DANS LES PYRENEES

Madame,