Béarn

12 novembre 2008

La parole donnée de Jean Lassalle

Jean Lassalle parle de l'ours en Béarn

«Tous les experts sont d’accords. Le petit cheptel d’Ours qui nous restait (NDLB : En Béarn) est entrain de disparaître. Il en reste 5 ou 6 spécimens. Ils sont pratiquement dans l’incapacité de se reproduire et s’il n’y a pas une intervention humaine, ils disparaitront. Cela les pyrénéens ne le veulent pas. Ils ne le veulent pas.

C’est la raison pour laquelle, nous avons décidés de renforcer. Et il faut faire revenir des femelles. D’où voulez-vous que nous les fassions venir ? Nous ne sommes pas raciste pour les hommes, nous n’allons pas l’être pour les ours, hein, vous le comprenez bien. D’autant que ramener un peu de sang extérieur, cela à toujours fait du bien à un peuple, et je pense que pour les ours, ce sera pareil.

Donc nous allons aller chercher "une belle fille", probablement du côté de la Slovénie, mais cela, je laisse le soin aux experts de nous dire qui sont les mieux adaptés pour s’accoupler avec les ours des Pyrénées »

Paroles du Député Maire Jean Lassalle,
Président de l'IPHB, Institution Patrimoniale du Haut Béarn

Il ne reste que 3 ours mâles en Béarn

Jean Lassalle : "C’est la raison pour laquelle, nous avons décidés de renforcer. Et il faut faire revenir des femelles."

"Parce que les hommes et les ours peuvent vivre ensemble. Ce n'est pas un pari. C'est la volonté de tous" (page d'accueil du site de l'IPHB).

"La présente charte constitue un contrat, à l’échelle des vallées béarnaises, par lequel les signataires s’engagent à partir d’une stratégie commune, à mener un certain nombre d’actions concourant au développement durable des vallées béarnaises ainsi qu’à la protection et dans une deuxième phase éventuelle au renforcement de la population d’ours."
(Article 1er de la Charte de Développement Durable des Vallées Béarnaises et de Protection de l’Ours, signée en janvier 1994 )

"La parole donnée" de Jean Lassalle

Présentation de l'éditeur 
Jean Lassalle Parole donnée "Le 7 mars 2005, la France entière découvre la silhouette longiligne et le visage émacié de Jean Lassalle. Il entreprend à l'Assemblée nationale, dans la mythique salle des Quatre-Colonnes, une grève de la faim qui aura un retentissement mondial, contre la délocalisation de l'usine de sa vallée. Il s'était levé quelques mois auparavant dans l'Hémicycle, entonnant le fameux "Se Canto", l'hymne des Pyrénées en langue béarnaise, pour couper la parole à Nicolas Sarkozy et rappeler à l'État sa démission sécuritaire au tunnel du Somport.

(...) Cette autobiographie, rédigée dans son style inimitable, plonge ses racines dans sa famille de bergers unie et solidaire, un univers modelé par l'âpreté des lieux et du temps, comme par les codes de vie des communautés montagnardes. "La Parole donnée", à la mesure de sa démesure, délivre le message d'un combattant d'ici et d'ailleurs aux hommes d'aujourd'hui et à leurs dirigeants, à l'heure où l'humanité vit une des plus grandes mutations de tous les temps."

Dalida

Encore des mots toujours des mots
les mêmes mots
Je n'sais plus comment te dire,
Rien que des mots
Parole, parole, parole ...

06 novembre 2008

IPHB : du gaz dans l'eau

L'AAPPMA "La Gaule Aspoise" - Association de défense de l'environnement réclame elle son dû à l'IPHB.

Depuis le début août 2007, quatre personnes forment l'équipe de salariés de l'association "La Gaule aspoise" dont trois techniciens de terrain, (BTS gestion et protection de la nature, deux diplômés du BTA gestion de la faune sauvage. Le financement de leurs emplois est couvert par l'opération de l'entretien des rives du gave d'Aspe et de ses affluents (30 % Agence de l'eau et Conseil général, 20 % syndicat mixte et Conseil régional).

Cette mission comportant quarante-deux fiches d'actions définies par le syndicat mixte, a été confiée à la maîtrise d'oeuvre de l'AAPPMA selon un plan quinquennal, mais qui est déjà financé sur deux ans.

Financé, sauf que l'IPHB traine à payer...

Dépossédée par l'Etat pour sa gestion catastrophique et scandaleuse du dossier ours en Béarn, l'institution "usine à palabre", le grand machin cher à Jean Lassalle et à Didier Hervé avait décidé de placer "son expertise" (?) dans le domaine de l'eau.

Là aussi, l'IPHB lave plus blanc et fait des vagues. Quant on est doué sur un dossier, on le reste sur les autres. l'IPHB n'est-elle pas qu'une pompe à subsides ?

Autre pierre dans le jardin de l'Institution patrimoniale, on sait depuis hier que la SEPANSO Béarn réclame à l'IPHB trois cent mille euros pour la mort de l'ourse Cannelle et l'échec de l'IPHB fac à sa mission.

Les explications données par le journal Sud-Ouest...

L'eau fait des vagues

ACCOUS. La gestion du contrat de l'eau induit des dysfonctionnements préoccupants pour la Gaule aspoise.

En 2006, la maîtrise d'ouvrage du contrat de l'eau avait été attribuée à l'IPHB pour une période transitoire de deux ans, et devait permettre à la Gaule aspoise de maintenir ses deux emplois jeunes pour poursuivre le travail déjà engagé depuis 2001.

«Il ne faut pas oublier que, depuis dix ans, notre idéologie, c'est d'être garants de la qualité de l'eau, donc de la vie du poisson, par l'entretien des berges des cours d'eau. L'IPHB veut faire croire que c'est elle qui a tout fait pour la qualité de l'eau. Je ne veux pas qu'on retire le bénéfice moral des actions entreprises par la Gaule aspoise»: Louis Pedebidou, président de l'AAPPMA de la vallée d'Aspe ne cache pas sa colère.

Les problèmes budgétaires connus de l'IPHB révèlent notamment une dette de 61000 € envers la Gaule aspoise, ce qui a conduit son trésorier à contracter un emprunt pour payer les salaires en juillet 2008. Il a été remboursé par le versement du montant dû par l'IPHB fin août, mais il reste le complément d'ici la fin de l'année.

Le schéma avait été quasi identique en 2007. «Il n'est pas question d'enlever à l'IPHB sa compétence sur l'eau. Son rôle est d'inciter les trois vallées à faire un contrat de l'eau. Sa maîtrise d'ouvrage est une opération valléenne (NDLB: Parlez-vous IPHB ? ) qui concerne les maires des communes aspoises. Avec ces dysfonctionnements, nous vivons dans l'inquiétude, nous souhaitons que cette maîtrise d'ouvrage passe désormais à la Communautés des Communes», poursuit le président.

La Gaule aspoise est soutenue par six maires (Accous, Bedous, Cette-Eygun, Escot, Etsaut, Lées-Athas) qui ont adressé un courrier en ce sens à René Rose, président de la Communautés des Communes, qui a mis à l'ordre du jour du Conseil communautaire de samedi 8 novembre l'analyse des possibilités et modalités de cette demande, suivies de délibérations.

03 septembre 2008

Chasse et ours : l’histoire moderne

Puis vint le projet de Parc national des Pyrénées occidentales, créé en mars 1967. Malheureusement, en raison d’un découpage fondé sur des considérations politiques et non biologiques, le Parc national ne contiendra qu’une infime partie des territoires habités par les ours. Après la création du FIEP en 1975, les demandes de réglementer la chasse se font plus pressantes. Ainsi, en 1981, lors de la réunion sur l’ours des Pyrénées à la DNP la question de la réglementation de la chasse en battue est bien évidemment abordée. Il est même retenu le principe de l’interdire sur l’ensemble de la zone à ours entre le 15 octobre et le 1er décembre. Rien de cela ne sera mis en pratique. Deux ans plus tard, en 1983, le FIEP avait étudié avec la Fédération des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques des mesures qu’elle avait acceptées, et faisait des propositions constructives aux sociétés de chasse (modification des limites des réserves, des modes de chasse, déclaration téléphonique des battues, limitation de la circulation sur les pistes). Les sociétés de chasse acceptaient une seule modification de limite de réserve, organisent des battues supplémentaires en temps de neige (pour lutter contre les dégâts des sangliers, air connu…), modifiaient à peine leur pratique de circulation [« Territoires protégés pour l’ours des Pyrénées », Groupe Ours, FIEP, SPNMP, 1989]. Les populations d’isard diminuent tellement devant la pression de chasse que la Fédération devra mettre le holà et organiser la réintroduction dans plusieurs massifs…

Les propositions du FIEP et des associations nationales n’avaient pour but que de réaliser chez nous ce que nos voisins les plus proches ont su faire avec succès. En France, à la différence de l’Espagne ou de l’Italie, dont les populations d’ours sont faibles, les territoires ursins ne sont en effet que très peu recouverts par des aires protégées. Après l’échec du "Plan Ours", les associations réunies dans le "Groupe Ours" lançaient avril 1989 une grande campagne nationale, avec ce préambule : «Aucun pays n’a réussi la restauration de l’ours brun sans un territoire protégé, sans une structure territoriale pérenne

Pour les Pyrénées occidentales, c’est une grande réserve naturelle de 60 000 hectares couvrant la zone à ours qui avait les faveurs des associations. Cette réserve devait s’adosser aux deux réserves espagnoles, une réserve nationale de chasse, Los Valles en Aragon (1966, 38 535 hectares), et la réserve naturelle de Larra en Navarre (1987, 2 353 hectares), et constituer un vaste ensemble de 100 000 hectares.

Pour les Pyrénées centrales, si on évoquait la création de telles réserves, on poussait plus à la «mise en concordance des réserves de chasse et réserves forestières avec les biotopes potentiels afin qu’entre les principaux noyaux de protection existe un réseau d’espace de tranquillité permettant la circulation des animaux et leur repli éventuel.»

Existaient alors :

  • Réserve domaniale du Mont Valier (Ariège) sur environ 9 000 hectares (1937), et une réserve de chasse domaniale sur 8 815 hectares (arrêté ministériel du 27/11/1975). Seule la chasse accompagnée à l’isard est permise.
  • Réserve de chasse domaniale de Luchon (Haute-Garonne) sur 1 038 hectares (arrêté du 27/08/1985) et réserve biologique domaniale dirigée sur 333 hectares (arrêté ministériel du 30/08/1988).
  • Projets d’une réserve de chasse domaniale et d’une réserve biologique sur le massif de Burat (communes de Cierp-Gaud et de Marignac, Haute-Garonne).

Devant le refus de l’Etat de créer des réserves, plusieurs associations déposeront des recours devant les T.A. de Pau et de Toulouse au printemps de 1990 [Le Conseil d’Etat rendra un arrêt le 26 mai 1995, rejetant les recours des associations. Il rappelle la liberté de choix du gouvernement entre les divers modes de protection, et juge que le Premier ministre pouvait, sans erreur manifeste d’appréciation, estimer que les mesures de protection déjà prises sur le fondement de la police de la chasse et du code rural ne rendaient pas nécessaires la création d’une réserve naturelle.] La même année, après d’âpres et longues négociations, le 5 septembre, le secrétaire d’Etat chargé de l’Environnement, Brice Lalonde, prend un arrêté créant des réserves pour protéger l’ours en période de chasse. Cet arrêté qui fixe des mesures prises pour prévenir la destruction et favoriser le repeuplement des ours des Pyrénées, prévoit des interdictions de chasse et de circulation de véhicules à moteur. C’est la première décision du genre dans les Pyrénées.

Si un climat violent s’installe alors dans les vallées béarnaises, tous les intéressés témoignent qu’au fil des mois les réserves ainsi créées furent respectées (Jean-Jacques Camarra, Dominique Boyer notamment). C’est ce que révèle aussi un travail sur la chasse et l’ours dans le Haut-Béarn : «d’après tous les entretiens réalisés avec les gardes de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage de l’époque, les réserves Lalonde ont été assez rapidement respectées ; à partir de novembre-décembre 1990, les gardes affirment qu’il n’y avait plus de chasse dans ces zones. [Elodie Bonnemaison, «Pratiques cynégétiques en présence de l’ours brun dans le Haut-Béarn», Master 1 Société, Aménagement, Territoires, U.P.P.A., janvier 2006, page 15.]» Notons que des chasseurs tel que Claude Berducou n’était pas favorables à ces réserves, n’y voyant pas d’intérêt et craignant qu’elles n’anéantissent la fonction sociale de la chasse dans les vallées. Las, sensible aux arguments de MM. Lassalle, Bayrou et Saint-Josse [Jean Saint-Josse, présenté par certains chasseurs des Pyrénées-Atlantiques comme « un chasseur improvisé à 25 ans, après une carrière déçue au R.P.R. »], le ministre de l’Environnement Michel Barnier abroge le 9 décembre 1993 l’arrêté du 5 septembre 1990.

C’est l’ère de la déréglementation. Un G.I.C. "Montagne" est ainsi créé en 1993 avec 44 sociétés de chasse du Béarn et de la Soule sur 160 000 hectares. À la place des réserves ministérielles, on a créé d’autres réserves dont la limitation de chasse est fondée sur un cadre conventionnel et non sur la législation de la chasse. Ces zones sont appelées "réserves tournantes", car les battues y sont tantôt interdites tantôt autorisées (du 1er octobre au 20 novembre et du 20 novembre au 25 décembre), et couvrent une superficie de 5 950 hectares. Les sociétés de chasse se sont alors engagées à ne pas chasser lorsque la présence de l’ours est signalée, surtout s’il s’agit d’une femelle suitée.

Les juristes qui ont analysé la charte de développement durable des vallées béarnaises et de protection de l’ours ont conclu, tel Philippe Landelle ou Maître Sylvie Godard, qu’il ne s’agissait manifestement pas d’un contrat. « Il s’agirait plutôt d’une convention, c’est-à-dire d’un simple accord de volontés sur le développement durable des vallées béarnaises et de la protection de l’ours, sans que cela se traduise par des obligations sanctionnables. [Aspects juridique de la conservation de l’ours brun en France, op.cit., page 74]»

«La responsabilité de l’organisation des activités cynégétiques dans les zones à ours a été laissée aux chasseurs…» conclut de son côté Olivier Patrimonio. Comme si les automobilistes rédigeaient eux-mêmes le code de la route ! C’est vraiment le sentiment que les protecteurs de la nature ont lorsqu’ils rencontrent des chasseurs dans la montagne et qu’ils discutent avec eux. Dominique Boyer, naturaliste, photographe et très bon connaisseur de l’ours et de la montagne, déclare à ce sujet : «Je suis un mec de 68, on parlait d’autogestion. Tu as vu un endroit où ça a marché ?» André Etchelecou, professeur à l’Université de Pau, et lui aussi grand connaisseur de la montagne et de sa faune, y voit, lui, une stratégie d’ «appropriation» de la montagne par certains chasseurs tout du moins.

Le résultat de la déréglementation est accablant : les deux dernières femelles des Pyrénées occidentales sont tuées en 1994 et 2004 ! [Une troisième est peut-être aussi morte sous les balles, sans preuve absolue.]

En novembre 1994, une équipe de chasseurs de Borce, dont le fameux André Apiou, part chasser le sanglier en battue sur le secteur de la Cristallère sur la commune de Borce. Au cours de cette partie de chasse, l’ourse "Claude" sera abattue. Ce n’est que bien plus tard, dénoncés, que les chasseurs avoueront. André Apiou et Alain Cédet seront ainsi condamnés par le Tribunal correctionnel de Pau le 16 février 1999. Ces hommes avaient légalement chassé dans une ancienne réserve dite "Lalonde"…

Dix ans plus tard, le 1er novembre 2004. Une équipe de chasseurs du village voisin d’Urdos part chasser le sanglier en battue dans un secteur où l’ourse "Cannelle" était présente avec son ourson depuis deux mois. La dernière ourse de la lignée pyrénéenne est abattue par un des chasseurs, René Marquèze. Ce secteur jouxtait une ancienne réserve dite "Lalonde"…

Stéphan Carbonnaux

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Lire la suite : "Chasse et ours : aujourd’hui"

Extrait du "Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées"  commandé par FERUS à Stéphan Carbonnaux.

13 mai 2008

Etienne Boyer

Etienne H. BOYER

Mauvais berger par Etienne Hughes Boyer, les aventures d'un aspirant berger chez M..., bergère béarnaise et militante ultra-pastoraleEtienne H. BOYER est né en 1971 à Cognac, en Charente, de parents professeurs d’anglais. Ceci pour dire que rien ne le prédestinait à devenir berger dans les Pyrénées…

Il ne l’est d’ailleurs toujours pas aujourd’hui ! L’auteur de cette nouvelle autobiographique illustrée (dont une première version écourtée a été publiée sur son blog "CLP64" en mars 2007), est toujours à la recherche de la profession qui saura éveiller son intérêt, et surtout qu’il saura garder un peu plus de 2 ou 3 ans…

Etienne H. BOYER a occupé le poste de correspondant local de presse pour le journal Sud-Ouest, édition Béarn et Soule depuis octobre 2001 jusqu'à mars 2008. En décembre 2003, il a co-créé le webdo des basques d’ici et d’ailleurs "Euskobizia", dont il est toujours directeur de publication aujourd’hui. Preuve qu’il n’est pas si inconstant qu’il n’y paraît !

Dans "Mauvais berger", son premier livre, Etienne H. BOYER, qui revendique son appartenance aux Verts du Pays Basque, livre sa vision très subjective d’un certain milieu agricole pyrénéen, et règle des comptes avec des fantômes de son passé, mais aussi-et surtout- avec lui même...

Où trouver le livre "Mauvais berger" ?

  • A Mauléon (64), chez Allande Etxart au magasin des produits régionaux,
  • A Bayonne (64), à Elkar Megadenda, et à la "Librairie de la rue en pente",
  • A Oloron Ste Marie (64), au centre E. Leclerc Loisirs, et à "la Petite Librairie",
  • A Pau (64), au Centre E. Leclerc "Parvis 3", dans le rayon "régionalisme",
  • A Saint Jean Pied de Port-Garazi (64), Maison de la Presse Carricart (en ville), et librairie Kukuxka, rue de la citadelle,
  • A Cognac (16), Maison de la presse, rue d'Angoulème,
  • A Saint-Palais (64), boutique Amikuze...

Vous pouvez aussi directement vous le procurer auprès d'Etienne Hugues Boyer à Ordiarp, ou de Laurent Lurbeltz Caudine à Moncayolle. Et bientôt à Navarrenx, à Orthez, à Tardets, à Biarritz, à Anglet...

Lire aussi à la buvette :

21 décembre 2007

Mauvais berger

Mauvais berger ! C'est le titre de la nouvelle autobiographique illustrée que finalise Etienne Hugues Boyer à partir des notes publiées en 2006 sur son blog et qui raconte son expérience d'aide berger lors de plusieurs saisons en estives en Haut-Béarn (1998, 1999 ...). Un récit polémique qui trace un portrait peu flatteur du milieu pastoral.

Etienne Hugues Boyer : « L'intrigue restera la même, puisque c'est une histoire vraie, mais vue de mon point de vue entièrement subjectif (au sens où les protagonistes de l'histoire auront certainement un point de vue différent du mien). Depuis, il y a eu et aura encore quelques rajouts de bribes éparses d'ici sa publication officielle, qui non seulement étofferont un peu le tout, mais surtout donneront à mon histoire un cadre "naturaliste" un peu plus en phase avec le ton que je donne au récit, et ma façon de voir le monde aujourd'hui.M. la bergère du Béarn

Mais le plus important, dans tout ça, c'est que ce livre, qui n'est dans un premier temps pas destiné à la vente, et pour cause - je n'ai pas réfléchi sérieusement à un quelconque mode de commercialisation ou de distribution - contiendra des illustrations qui sont actuellement en cours d'élaboration.

Pour vos beaux yeux, et pour vous faire patienter, voici mon personnage principal "M." La caricature est plus vraie que nature! Ceux qui la connaissent comme je l'ai connue n'en douteront pas ! Je pense que je rajouterai aussi quelques pages de photographies "d'époque", pour le blues, et pour ancrer le récit dans la réalité.»

Etienne Hugues BOYER
Brevet professionnel responsable d'exploitation agricole
Etés 1998 et 1999 : Estives en montagne en vallée d'Ossau, AFARPA
Correspondant local de presse, journal Sud-Ouest Béarn et Soule

Ma vie de berger en vallée d'Ossau

20 décembre 2007

Le FIEP lance une pétition pour remplacer les ourses Cannelle, Palouma et Franska

Le FIEP, Fonds d'intervention Eco-Pastoral Groupe Ours-Pyrénées lance une pétition «Il faut remplacer les ourses Canelle, Palouma et Franska.»

Cette pétition demande la reprise immédiate du renforcement de la population d’ours pour remplacer les ourses Cannelle, Palouma et Franska. «Nous demandons notamment le renforcement de la population en Béarn afin d’éviter l’extinction de l’espèce dans cette région. L’ours n’a jamais disparu en Béarn, là où il existe depuis toujours une culture du gardiennage des troupeaux et des habitats privilégiés

Après Claude, Mellba, Papillon, Cannelle, Franska, combien d'autres ours (espèce protégée !) devront prendre du plomb dans leur corps pour que cela change enfin ? L'extinction de l'ours est là, sous nos yeux ! Qu'a-t-on fait en Béarn depuis 3 ans ?

Aucun des signataires de la charte de 1994 (communes, chasseurs, éleveurs, Région, Département) qui prévoyait le renforcement si nécessaire n'a vraiment honoré sa signature, malgré un comptage «patrimonial» des femelles en 2004 et la mort de la seule reproductrice, Cannelle, la même année.

Face aux manquements à la parole donnée, l'Etat a essayé de sauvegarder l'ours dans notre région en lâchant une ourse en Hautes Pyrénées pensant qu'elle arriverait jusqu'au noyau occidental existant. Mais ce lâcher, dans un habitat peu favorable où on ne cohabite plus avec l'ours depuis longtemps, n'a pas eu l´effet escompté.

A l'occasion de l´anniversaire de la mort de Cannelle, le FIEP Groupe Ours Pyrénées lance un appel pour que, dans l'esprit du Grenelle de l'environnement, se mettent autour d'une table  tous ceux qui veulent faire du développement durable (respectueux de l´environnement) et de la conservation de la biodiversité  concrets, en évitant l'extinction de l´ours (par un renforcement limité) et du berger.

C'est en Béarn qu'il faut relâcher 2 femelles pour remplacer celles qui y ont été abattues. C'est là que des habitats favorables existent et qu'une culture de vie avec l'ours n´a jamais disparu.

La cohabitation ours - berger est une réalité dans les vallées où vivent les ours depuis toujours de façon sédentaire (Aspe-Ossau) : les dommages aux troupeaux sont en général très limités (une quarantaine de brebis/an) ; la grande majorité des bergers cohabite avec l'ours sans problèmes majeurs, bénéficiant de mesures de compensation (héliportages, radiotéléphones, muletage, etc). Certains se sont prononcés publiquement en faveur de la cohabitation.

La mise en place dans notre département, au cours des étés 2006 et 2007, grâce au plan de restauration de l'ours, d'aides en faveur du gardiennage, de bergers salariés, de chiens et de moyens  de protection (35 bénéficiaires), démontrent que sur le terrain on arrive à du concret et qu'ours et berger peuvent cohabiter quoi qu'en disent certains leaders dont le seul projet est de rassembler les gens «contre» quelque chose.

C'est un enjeu d'avenir, qui bien au-delà de l'ours, doit mobiliser dans le Département et la Région pour démontrer que l'on est capables localement de relever les défis d'un développement respectueux de l'environnement qui permette aux hommes et aux espèces sauvages de vivre dans une nature qui est notre «or vert» et notre patrimoine à léguer aux générations futures.

FIEP- Groupe Ours Pyrénées

09 octobre 2007

Du tigre indien à l'ours du Haut-Béarn

"C'est comme entrer dans la maison d'un mort" : du tigre indien à l'ours du Haut-Béarn. Ce titre, il traduit exactement l'impression grave et lourde qui vient gâcher chacunes de mes visites dans ces Pyrénées si magistralement Atlantiques du Haut-Béarn, en particulier dans les hautes vallées d'Aspe et d'Ossau.

Terrible sentiment depuis la trahison de l'IPHB (Institution Patrimoniale du Haut Béarn) qui a dilapidé à des fins peu avouables de clientélisme politique le trésor que notre pays entier lui avait confié, le dernier noyau d'ours pyrénéens originels, ces 6 à 8 ours auxquels cet organisme s'est obstiné pendant plus de 12 ans à refuser tout espoir. Depuis que seuls 4 mâles, groupe stérile sans femelle, errent dans ce massif comme des moribonds en perdition privés de futur jusqu'à nouvel ordre, c'est cette triste impression qui prévaut lorsque la gorge nouée, je passe le défilé d'Esquit juste après Bedous désormais balafrée de son sinistre couloir à camions cher à Jean Lassalle, le vrai fossoyeur de l'ours, de la vallée et ...  président de l'IPHB qui a bel et bien eu la peau de l'ours et les grasses subventions qui alaient avec.

Depuis les années pleines d'espoirs de la formidable lutte ratée contre le béton et l'asphalte pour laquelle Eric Pétetin laissa généreusement tant de plumes, presque 20 ans, beaucoup d'eau est passée sous le pont de Lescun ainsi qu'hélas la soupe toxique de soude des camions qui chutent dans le gave et les rejets de White Spirit de l'usine Toyal dont l'extension est si chère à Jean Lassalle. Encore lui, toujours lui...

Comme dans les Pyrénées, ailleurs dans le monde, alors que les années passent, certaines espèces risquent fort de connaître le sort peu enviables de nos ours béarnais. C'est le cas d'un élément très fort du bestiaire ... on serait tentés d'écrire ... "de l'humanité". Je veux parler du tigre, oui, le tigre, le summum de l'idée du félin, le tigre qui hélas pourrait connaitre en ce moment les dernières decennies de son existence sauvage ! Inconcevable mais bien réel car il ne reste que 3000 (fourchette officielle) à 800 tigres (fourchette officieuse) en Inde. Comme en "zone IPHB", c'est la guerre des chiffres tandis que le temps presse...

Chasse_tigre_inde Le titre de cette note, avec lequel j'ai osé un rapprochement avec ce Haut-Béarn qui m'est cher, je le dois à Armand FARRACHI, écrivain militant pour la protection de la faune sauvage et qui va publier prochainement "l'Adieu au tigre". Cet Adieu fait froid dans le dos... et c'est pourtant l'état du monde aujourd'hui...

Je voudrai vous livrer quelques lignes de cet homme pour pousser un peu plus loin la comparaison Haut-Béarn/Inde et ours/tigre. Voilà un mince extrait des informations et réflexions que cet écrivain nous livre dans le magazine l'Ecologiste du mois dernier. On peut le lire en remplaçant "tigre" par "ours" et en pensant à Canelle, Papillon et leur rejeton Mohican que l'IPHB a sacrifié dans une politique de communication cynique qui dure depuis 1994. Toute similitude avec ...

« [...] Il faut le dire franchement. Continuer d'appeler Tiger Reserves des sites où il n'y a plus un seul tigre ne relève pas de l'ignorance, mais de la publicité mensongère. (...) Il existe pourtant des sites où la rencontre reste possible (...). Mais pour combien de temps encore? Car il va de soi que plus l'espèce se raréfie, plus la pression s'accroît sur les rescapés, et sans qu'on attribue de moyens supplémentaires à leur protection.(...)


Certaines réserves ou ex-réserves de tigres sont peut être parmi les plus beaux endroits du monde, riches d'une végétation splendide, d'une faune variée qui mériteraient à elles seules le déplacement (...) Bah ! diront certains, un de plus, un de moins... Mais non. Qu'on le voie ou non, savoir que le tigre peut surgir à tout moment ou, au contraire, qu'il ne le fera plus jamais, ce n'est plus seulement qu'il en manque un à l'appel, ni même, comme tous les amoureux et les lycéens le savent, qu'"un seul être vous manque et tout est dépeuplé". L'écosystème en est bouleversé, notre perception profondément modifiée. C'est comme vivre dans un monde désenchanté. Comme entrer dans la maison d'un mort quand ses affaires y sont toujours
.»

Les ours des Pyrénées sont nos tigres! Chaque passage en Aspe et Ossau, vallées et sommets pyrénéens privés d'espoir pour l'ours, me glace un peu plus. Imaginer ces quatres derniers mâles qui végètent en attendant la mort m'est insupportable. Combien sommes nous à le penser, à le vivre quasiment dans notre chair? La solution est pourtant simple : lâcher deux femelles d'origine slovène en Haut-Béarn. Au plus vite.

Patrick PAPPOLA

Extrait cité provenant de "L'Ecologiste n° 23 de Juillet-Septembre 2007".

Armand FARRACHI est écrivain et milite pour la protection de la faune sauvage. Il prépare l'ouvrage "l'Adieu au tigre".

14 septembre 2007

Ovalours

Jean_lassalle_montreur_oursJean lassalle en montreur d'ours.

De Pascal Labadie à Monein, ce texte inspiré par la situation chaotique de l'ours en Béarn et la Coupe du monde de rugby. À l'approche de la Coupe du monde de rugby, je m'en vais vous raconter une partie d'ovalie qui dure depuis plus de dix ans et qui met en scène une sélection régionale des plus incongrues. Le capitaine et seconde ligne de cette escouade n'est autre qu'un célèbre Aspois qui anime nos troisièmes mi-temps en entonnant « Aqueros Mountagnos » à répétition pour éviter les bilans d'après matches douloureux et l'âpreté de son jeu.

Le ballon est représenté par un ours qui se dégonfle depuis longtemps en Béarn. Dans les vestiaires, notre meneur d'hommes répète son discours bien rodé : « En avant les petits, nous sommes les petits poucets, opprimés mais soudés.....»

C'est le début du match. Le coup d'envoi est donné pour l'occasion par un représentant de l'IERN (International Europe Rugby Nature), M. Marc Natura 2000. Nos avants composés par les urnes d'Ossau, Aspe et Barétous récupèrent rapidement le ballon mais se font pénaliser pour sa conservation au sol. Notre seconde ligne, grand pourvoyeur de ballons en touche, s'en donne à cœur joie. Cependant, à chaque mouvement de jeu, il dégage d'un énorme coup de pied en touche, et ce malgré les combinaisons spectaculaires annoncées avant match.

Le demi d'ouverture, issu du monde pastoral, réalise en avant sur en avant malgré un équipement tout neuf et renouvelé à chaque saison et accuse un ballon glissant. L'arrière, chasseur de son état, tape d'improbables chandelles en annonçant un «Pool» caractéristique. Les esprits s'échauffent et l'homme en noir venant de Paris sévit enfin en infligeant des cartons jaunes puis rouges.

Mais les avants du cru restent sur le terrain, le bousculent... Il n'est pas à la hauteur de l'événement. Les ailiers, au maillot vert, décident alors de quitter le terrain, fatigués d'attendre la « béchique » (ballon en Gascogne) en trépignant d'impatience, voulant franchir la ligne, signe de la survie du ballon. Mais voilà, le jeu est terne, uniquement basé sur la défense. Le jeune public des vallées quitte à son tour les tribunes pour regagner des terrains plus productifs et ambitieux. Les sponsors locaux et régionaux de l'équipe se posent des questions sur les réelles motivations et tournures de cette partie. D'âpres discussions sont en cours au centre de la pelouse, mais plus personne ne se soucie du ballon réduit en peau de chagrin à force d'être piétiné. Il jonche le sol, inerte. « Vite, chantons ! », s'écrie le capitaine. Le spectacle continue...

06 septembre 2007

Ouverture chasse : Gare à la chute de «prunes»

Ouverture de la chasse - Les gardes manquent sans doute de moyens techniques et humains, mais leur action muselle les actions des chasseurs-prédateurs.

Xavier Horgassan, parmi les dix-huit gardes nationaux du département (cinq en Béarn, sept en haut Béarn, six en Pays basque), rappellera à chacun le nouveau principe légal : «Avant, on s'en tenait à la maxime: ce qui n'est pas interdit, est admis. Désormais, on bascule l'expression et elle devient : tout ce qui n'est pas autorisé est interdit». Voici donc le principe pour l'ouverture du 9 septembre (dimanche).

La mission est immense, notamment pour la palombe :

  • 1 600 postes,
  • 140 kilomètres de frontières,
  • 10 filets verticaux.

Le tableau de tir 2006 aboutissait à 15 500 oiseaux prélevés. Autre tableau de prise, celui des gardes, mais en une semaine :

  • 33 usages d'engins prohibés,
  • 10 chasseurs sans permis,
  • 19 ne le portant pas sur eux (timbre-amende inévitable cette année),
  • 2 chasses en territoire d'autrui,
  • 5 infractions au plan de chasse,
  • un dépassement de quota,
  • 6 infractions sur la sécurité.
  • Bilan des saisies : 15 talkie-walkie, 39 fusils, 4 interphones, 4 magnétophones (pour imiter les appels des oiseaux), 15 cages à appelants.

« Avant la règle était : ce qui n'est pas interdit, est admis. Désormais, ce sera : tout ce qui n'est pas autorisé est interdit »

Xavier Horgassan et ses hommes appliqueront la loi, comme cela découle de la fermeté du Parquet et des magistrats du siège depuis 2005 : « A chaque infraction, une prune ! ».

Braconnage

En plus des infractions susnommées, on trouve aussi le fusil à 4 coups ou l'oubli du marquage d'une bécasse après le tir et l'inscription sur le carnet. Une audience mémorable eut lieu le 27 avril dernier au tribunal de Bayonne.

Les ministères de l'Écologie et du Développement durable ou de l'Agriculture imposent des contrats d'objectifs, pas seulement sur les actions de police, mais également sur les observations des faunes et flores ; toutefois, la particularité de la région suppose une vigilance particulière contre le braconnage (tétras, isards, chevreuils, migrateurs), ou les ventes prohibées (ramiers) ; aux gardes également de veiller particulièrement aux secteurs transfrontaliers entre Sare et Echalar.

à poils

Le travail des gardes consiste également à enregistrer les prises. En 2006-2007, ont été prélevés 7 400 chevreuils, 5 000 sangliers, 95 cerfs et 250 isards. Pour ce dernier, l'ouverture est cette année prévue dimanche 9 septembre en Aspe et Ossau, et le 11 novembre en secteur du massif de Jaout (Port de Castet).

Les propositions préfectorales pour la nouvelle saison toucheront 7 800 chevreuils, 100 cerfs, 4 140 sangliers. Pour les lièvres et lapins, effectifs stables.

à plumes

Pour le tétras, la possibilité de prélèvement doit être définie par l'observatoire de montagne ; la décision préfectorale sera prise à la mi-septembre. Quant aux alouettes, les quotas ne sont pas encore fixés, mais cela tournera autour des 40 000 pour 240 pantes.

Contrôles en tous genres

Les gardes nationaux quittent aussi la « lorgnette » visant les chasseurs ; la mission touche à un problème sanitaire très actuel : la surveillance des migrateurs, notamment dans le cadre de la prophylaxie contre la grippe aviaire : « Nous avons récemment trouvé des cadavres de cygnes et une cigogne ». Les oiseaux ont été relevés et expertisés. Les pompiers appellent aussi Xavier Horgassan pour des gibiers blessés à la suite de collision avec des voitures : « J'ai même euthanasié un rorqual sur la plage de Bidart ». Tristes nécessités ou découvertes : « C'est mon chien qui a retrouvé Cannelle ».

Les vautours occupent aussi une belle part de l'emploi du temps (350 jours/agent) : « Nous avons relevé entre le 5 mars et la fin août, 55 dommages, la plupart des enquêtes sur des bovins et des ovins. » Xavier Horgassan se méfie des imputations agressives à ces charognards: « On entend tout et n'importe quoi. On met en cause le vautour sur une mise bas, mais cela peut être lié à une pathologie. »

Des faits précis dans la narration en cas de présumée attaque peuvent aussi buter sur une toute autre réalité: bête déjà accidentée ou mourante, etc. Après cela, Xavier Horgassan et ses hommes n'en auront pas fini pour traquer les poseurs de « cédades », ces multi-collets pour capturer les oiseaux. Lui-même en possède une collection quasi-ethnologique.

Source : SudOuest

Jean Lauzet : Etat des lieux de la chasse en Haut-Béarn

Par Jean Lauzet
Société pour l'Etude la Protection et l'Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest (SEPANSO-Béarn)

Jean Lauzet - 7 septembre 1996, Vallée d'Ossau. L'après-midi se termine, et notre périple aussi. Partis depuis quatre jours, nous achevons demain le tour du massif de Sesques. La tente est plantée et l'affût dînatoire commence. Mais au lieu des chevreuils ou des sangliers attendus, c'est un homme qui sort du bois, bientôt suivi de plusieurs autres.

La surprise est semble-t-il réciproque puisque l'un d'eux, lance à la cantonade «qu'est-ce qu'ils foutent ici ces zigotos ?» Eux, c'est clair, sont là pour chasser. Mais en plus des fusils, le pain et les bouteilles débordent des sacs. Toute la soirée, la troupe installée à proximité va d'ailleurs célébrer l'ouverture de la chasse.

Vers 11 heures du soir, le vallon résonne des chants béarnais. Au petit matin, le réveil est moins glorieux. Nous sommes déjà en marche lorsque les premiers nemrods se lèvent pour aussitôt se reposer contre un rocher afin de jumeler vers les sommets trois isards qui devraient, aujourd'hui, échapper aux balles. Pour nous qui avions randonné tranquillement durant trois jours, le contraste est saisissant : les chasseurs sont partout et à la sérénité de la montagne estivale a succédé une ambiance fébrile entretenue par les coups de feu.

Cette anecdote, certes caricaturale, (quoique rigoureusement exacte) illustre l'un des aspects de la chasse en Haut-Béarn. Loisir et plaisir, elle est pour la plupart des chasseurs un moment clé de l'année, et souvent une passion qui occupe une grande partie de son temps. La préoccupation de gestion de la faune, si souvent mise en avant par les dirigeants est comparativement tout à fait secondaire.

En réalité, la gestion cynégétique en Béarn obtient des résultats très limités, surtout si on la compare à celle menée en d'autres pays. L'organisation de la chasse en Association Communale de Chasse Agréée (ACCA) ou Société de Chasse (SC) fragmente le territoire au niveau communal. Chacun décide donc de ses réserves de chasse, chacun décide ou non de chasser telle ou telle espèce. Aux bons élèves qui placent en réserve des territoires riches, correspondent ceux qui n'en mettent aucun au prétexte fallacieux que le Parc National des Pyrénées leur a déjà «pris» suffisamment de terres.

Si certains chasseurs font l'effort de ne plus tirer le grand tétras, d'autres, sur la commune voisine continuent de harceler cette espèce si menacée. Les animaux pourtant se moquent des limites communales, et une gestion digne de ce nom devrait pouvoir les dépasser. Un Groupement d'intérêt cynégétique (GIC) regroupant 45 ACCA et SC a bien été créé, mais l'intercommunalité reste toujours un vœu pieux.

On trouve par contre au titre des actions du GIC une succession de lâchers de sangliers de 93 à 96. Mesure absolument ubuesque quant on écoute les discours officiels des dirigeants qui présentent le chasseur comme l'indispensable régulateur de cette espèce si dévastatrice des estives et peut-être même des couvées de grand tétras !

Mort de l'ourse Canelle, tuée par un chasseur en BéarnLa gestion cynégétique est pourtant un enjeu déterminant pour la richesse faunistique d'une région. L'impact de la chasse est, à cet égard, de deux natures. D'une part, le chasseur tue et porte ainsi une atteinte directe aux populations de gibiers. Pour certaines espèces, le prélèvement est supportable et la gestion, lorsqu'elle est raisonnable, permet d'entretenir un cheptel convenable.

Photo : L'ourse Canelle, tuée par René Marquèze est emportée par hélicoptère

L'isard fait partie de cette catégorie, même s'il faut déplorer les excès qui ont parfois conduit à sa quasi disparition de certains secteurs où il dû ensuite être réintroduit. Par contre pour le grand tétras, la mort de quelques coqs peut suffire à faire disparaître une place de chant mettant à mal sa reproduction. Les effectifs ayant considérablement chuté (25% en 10 ans sur l'ensemble de la chaîne pyrénéenne selon l'Observatoire des Galliformes de Montagne (OGM)) il est incompréhensible de voir les chasseurs réclamer encore chaque année de pouvoir tirer quelques oiseaux.

Pour justifier cette position extrémiste, ils avancent leur participation à l'OGM qui dénombre les coqs chanteurs au printemps et estime le succès de la reproduction en fin d'été. Pour peu que le nombre de petits par poule soit suffisant, ils estiment avoir ainsi légitimement le droit de tuer «l'excédent». L'idée que ce petit plus puisse participer au maintien d'une population en chute libre ne semble pas les effleurer.

Pourtant, une expérience vaine de réintroduction menée dans les Cévennes, a montré que l'on ne pouvait pas «gérer» le grand tétras comme l'isard ou les faisans. Qu'importe ! Les autorités cynégétiques prétendent secourir l'espèce en entretenant quelques clairières. Des chasseurs ont aussi participé au suivi d'un coq équipé d'un émetteur, mais un braconnier a hélas mis fin prématurément à l'existence du volatile et à l'expérience…

L'autre préjudice porté à la faune par les chasseurs est le dérangement généré par cette activité. Dans ce domaine tout dépend du mode de chasse. Un tireur posté dans une palombière a une influence très faible sur le milieu, tout comme un chasseur d'isard à l'approche. Il en va tout autrement de la chasse en battue, dont le principe est d'affoler toutes les bêtes d'un secteur à l'aide de chiens et de traqueurs, afin de les faire fuir vers des passages tenus par les tireurs. Cette technique occasionne un dérangement d'autant plus grand qu'elle débusque les animaux dans leurs retraites. L'ours est ici la première victime collatérale. En effet, à l'époque où il a le plus besoin de calme pour engraisser et se préparer à hiverner, les endroits les plus riches, également fréquentés par les sangliers, sont régulièrement parcourus par des meutes de chiens hurlants. Les plantigrades délogés courent alors le risque d'être pris pour cible par des chasseurs opportunistes ou pris de panique. C'est ainsi qu'ont péri les deux dernières ourses pyrénéennes en vallée d'Aspe.

L'effet néfaste des battues aux sangliers a pu être mesuré en Espagne, dans une vallée à ours des Monts Cantabriques où celles-ci ont été remplacées par des tirs à l'affût. Le constat a mis en évidence une diminution des populations de sanglier, et donc des dégâts qu'ils commettaient, et dans le même temps, l'ours s'est de nouveau reproduit dans la zone. Un autre exemple flagrant est donné par la Slovénie, où la chasse se pratique exclusivement à l'affût.

Les populations de chevreuil, cerf, sanglier et ours se portent bien et sont toutes l'objet d'une chasse qui permet d'en contrôler la densité. Malheureusement, la chasse en battue du chevreuil et du sanglier est la plus appréciée et la plus pratiquée en Haut-Béarn. Ceci n'est d'ailleurs pas sans lien avec la disparition de l'ours de ces montagnes. Les autorités, conscientes du problème ont bien tenté d'y remédier, mais ne se sont jamais donné les moyens de leur politique. Faute d'avoir tenté de modifier dans certaines zones les pratiques de chasse, la solution envisagée a donc été d'interdire la chasse dans les sites vitaux de l'ours. La création du Parc National des Pyrénées Occidentales en 1967 n'a pas permis d'atteindre cet objectif puisqu'il ne concerne qu'une infime partie du territoire de l'ours.

Il fallut attendre 1990 pour que soit instaurées des réserves de chasse (dites réserves Lalonde) sur 6500 ha de sites vitaux. Trois années de guérilla relayée par des élus complaisants ont finalement conduit à leur abrogation, au profit d'un contrat par lequel les chasseurs s'engageaient à ne pas chasser en battue dans certaines zones et durant certaines périodes ainsi qu'a suspendre les battues en cas de présence avérée d'ours. Lors de la première année d'application de ces dernières mesures, une ourse était abattue dans l'une des réserves Lalonde tout juste abrogées et 10 ans plus tard, des chasseurs traquaient et tuaient la dernière femelle dans un secteur où sa «présence avérée» leur avait été signalée la veille.

Ce dernier carnage provoqua la décision de remettre des ours dans les Pyrénées. Aucun n'arriva en Béarn, où ne subsistent plus que quelques mâles. La réglementation de la chasse fut aussi modifiée. Plus question désormais d'interdire les battues dans les secteurs sensibles durant certaines périodes. Tout juste exige-t-on des chasseurs qu'ils informent de leur décision d'aller traquer dans certaines de ces zones. On leur fait ensuite confiance pour suspendre les battues en cas de présence avérée d'ours. Vu leurs irréprochables antécédents, c'est bien le moins que l'on puisse faire !

Jean Lauzet
Société pour l'Etude la Protection et l'Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest (SEPANSO-Béarn)

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28 août 2007

Jean Lassalle et le Syndrome du Somport

Démocratie et hérésie économique : Je viens de lire un courrier qui vaut son pesant d'or : la lettre de Jean Lassalle à Jean-Louis Borloo datée du 12 août dernier. Depuis maintenant près de 15 ans, Jean Lassalle se débat contre la cacophonie, l'anarchie et in fine l'inertie des pouvoirs publics quant à l'usage du tunnel du Somport.

Je cite particulièrement ce passage de la note écrite par Jean Lassalle ; éclairant...

Jean Lassalle : «La vallée d'Aspe prise en otage»

«Pendant plusieurs années, l'absence d'un réel arbitre au-dessus des parties, à contraint notre région à vivre au rythme des manifestations de plus en plus nombreuses et sous l'éclat des projecteurs. On vient à ce moment là de très loin lutter contre le tunnel du Somport comme on partait jadis libérer le tombeau du Christ. Tout est mélangé dans un salmigondis invraisemblable : pour ou contre la ligne de chemin de fer Pau-Canfranc ; pour ou contre le tunnel du Somport ; pour ou contre l'aménagement d'une autoroute en Vallée d'Aspe (dont il n'a jamais été question, cette dernière devant entraîner aux dires de ceux qui en propagèrent et firent vivre la rumeur, la fin des derniers ours des Pyrénées) ; pour ou contre la bretelle autoroutière Pau-Oloron ; pour ou contre les Ours, et enfin pour ou contre la biodiversité...

Bref, il y en eut pour tous les goûts. La malheureuse Vallée d'Aspe et ses 2700 habitants, totalement pris en otage par les tenants des différents partis d'aménagement ou de non-aménagement, ont essuyé un véritable déluge de communication, de manifestations, de contre-manifestations.

Avec les «moyens du bord», en l'occurrence la vigueur de son histoire et le sang froid de ses habitants, la Vallée fit face, attendant que les «grands esprits» qui animaient cette mascarade  consentent enfin à s'apaiser. A l'heure actuelle, un semblant de calme est revenu.

Pour autant, le débat dit «du Somport» (avec son  autoroute tueuse d'ours, sa ligne de chemin de fer Pau-Canfranc noyée dans la montagne), a fait jurisprudence, au point qu'aujourd'hui plus aucun dossier n'avance en partie montagneuse.»

Pauvre Vallée d'Aspe... Il faut ajouter que Dominique Perben, ex-ministre de l'équipement, a autorisé le transport de produits dangereux à travers le tunnel en février 2005, ce contre quoi Jean Lassalle a essayé en vain de lutter. Dans sa lettre, il interpelle Jean-Luis Borloo afin qu'il interdise, en signe de bonne volonté, le transport de tels produits à travers la vallée.

«Compte tenu de l'état actuel de la RN 134 où, vous le savez, certains tronçons sont très dangereux, de son passage devant les collèges et lycées d'Oloron-Sainte-Marie, cette décision est l'une des plus irresponsables que j'ai jamais vu prendre par le gouvernement de mon pays tout au long de ma carrière. Bonjour le combat pour le maintien de la biodiversité ! C'est la raison pour laquelle une interdiction immédiate de ces véritables « bombes roulantes » sous le tunnel du Somport apparaîtrait comme un signe de bonne volonté marquant la résolution de l'Etat Français à revenir à une attitude responsable.»

Voilà, à mon sens, une occasion de tester ce que vaut Borloo comme ministre du développement durable. De Lassalle, en tout cas, on peut dire que voilà un député dont les deux pieds ne restent pas dans le même sabot ! Chapeau, Monsieur le Député !

La buvette : Jean Lassalle oublie qui est à l'origine du tunnel du Somport. Et une veste en mouton retourné de plus pour le gréviste de la faim qui a pris Sarkozy en otage dans l'affaire Toyal ; qui au dernières nouvelles parle de délocalisation, mais bien loin de la France maintenant. Jean Lassalle arrive à faire le vide autour de lui.

Source : Démocratie et hérésie économique, l'actualité politique et économique commentée par un disciple de Schumpeter

Toyal en rade

Les négociations butent sur un désaccord financier dans l'application d'un protocole d'accord signé en 2006 entre l'entreprise et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, à la fin du jeûne de M. Lassalle.  Le groupe japonais attend désormais la réponse de l'Etat français à une nouvelle contre-proposition écrite qu'il a soumise le 5 juillet dernier. Le responsable de Toyo a indiqué que « le groupe a déjà commencé à étudier les différentes possibilités » de se développer hors de France, évoquant l'hypothèse de l'Inde. « Cela coûte plus cher de s'étendre à Accous à cause de cette mise aux normes. L'Etat français devrait prendre en charge cette dépense supplémentaire », a réaffirmé M. Hayashi.

Les représentants de l'Etat français ont récemment assuré avoir été au bout de ce qu'ils pouvaient offrir au groupe japonais, conformément à la législation européenne en matière de concurrence. La question est donc : le chantage exercé par Jean Lassalle sur Nicolas Sarkosy alors ministre de l'Intérieur, donnera t-il envie à Nicolas Sarkosy, président de la République de ne pas respecter la législation européenne pour satisfaire le fantasque député béarnais ? Pas sûr. Le chantage risque donc bien de se retourner, comme les vestes de Jean Lassalle, contre son auteur et contre la vallée d’Aspe. Mais avec Jean Lassalle, plus c’est gros, plus cela marche, alors méfions-nous.

L’IPHB en panne sèche

D’autre part, le député chanteur, aussi président de l’IPHB aux poches désormais vides est entrain de faire les yeux doux à Michel Barnier, le Ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Sur son site, Jean Lassalle relate sa version de l’entrevue : «L'entretien entre les deux hommes fut des plus chaleureux ». Il parle de lui comme Alain Delon, faut s’habituer ! Jean Lassalle espère que celui qui a participé à la création de l’IPHB, renfloue son grand machin en oubliant les casseroles que traine l’IPHB : les dépenses qui n’ont servi à rien, la disparition des ours en Béarn… L’IPHB sert de modèle universitaire pour montrer aux étudiants ce qu’il ne faut pas faire !

Michel Barnier est aussi l’homme qui a signé la première réintroduction d’ours en 1996-1997. La partie n’est donc pas gagnée. Mais avant de s’opposer bille en tête, Jean Lassalle vient ronronner à Paris. Au sortir du ministère de l'Agriculture, « le député Jean Lassalle s'est félicité (Il parle toujours de lui à la 3ème personne sur son site) de cette rencontre qu'il a qualifié « d'extrêmement encourageante pour l'agriculture de montagne, pour les montagnards et l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn .»

25 août 2007

Des vautours vivants ou la sérénité des Pyrénées mortes ?

Dans son numéro de septembre, Pyrénées magazine publie un dossier "Faune, le vautour attaque". Le vautour fauve, pour sa couleur, est-il devenu un vautour fauve, pour son comportement ? Le fauve n'est pas celui qu'on croit.

Extraits de Pyrénées magazine

«A la suite de ces premiers témoignages, l'Observatoire des dommages au bétail a été créé en 2002, dans le but de collecter un maximum d'informations sur les vautours. Réunissant l'Etat, la profession agricole (les éleveurs), le Parc national des Pyrénées et les associations de protection de la nature, cet observatoire à recueilli une trentaine de dossiers en moyenne par an...»

«(...) "L'association pour la sérénité à la campagne" voit le jour pour porter la parole des éleveurs et faire circuler des pétitions demandant de "pouvoir défendre le bétail avec des moyens persuasifs et efficaces" et de "prendre des mesures de gestion et de régulation de l'espèce protégée". Le président de l'association, Alain Laralde prévient "Si l'on ne fait rien, il y aura des personnes attaquées en montagne, j'en suis convaincu."»

La controverse est survenue en pleine période électorale, [NDLB : Jean Lassalle, président de l’IPHB était dans une situation difficile, sa réélection n'étant pas du tout confortable.] quand la tension est maximale, et, à cause du droit de réserve du préfet, aucune réunion de l'observatoire n'a pu être tenue au printemps, ce qui n'a pas apaisé les esprits. L'IPHB a pris les devants en réunissant les éleveurs le 31 mai dernier pour «qu'ils puissent s'exprimer». [NDLB: Après avoir fait disparaitre l'avenir de l'ours en Béarn, Jean Lassalle a saisi l'occasion de montrer que malgré la perte d'influence de l'IPHB et le rabotage de son budget, son grand machin reste indispensable pour défendre le pastoralisme en danger et en crise.]

Avec la perte des subventions liées à l'ours depuis l'an dernier, son directeur, Didier Hervé, s'exaspère: «L'IPHB n'a pas touché un sou depuis un an, et les seuls qu'on appelle pour aller au charbon, c'est nous!». Mais certains rendent son institution responsable du déferlement médiatique lié au vautour, l'accusant de vouloir se rendre de nouveau indispensable pour faire le lien entre les éleveurs et l'État. Le rôle des médias n'est pas négligeable ... «Dans les quarante-huit heures qui ont suivi la diffusion du reportage sur TF1, on a reçu un appel toutes les heures signalant des attaques», affirme Bertrand Eliotout, responsable de la Ligue pour la protection des oiseaux dans les Grands Causses. Le directeur de l'IPHB nie avoir alimenté la polémique : «Il faut apaiser la situation, aller voir les éleveurs et faire observer les vautours». Dans ce contexte tendu, établir avec précision les actes réellement commis par les vautours fauves reste donc une priorité. C'est bien la difficulté majeure du moment.

Des analyses histologiques

«On ne peut pas déterminer avec certitude que le vautour est à l'origine de la mort», concède Jean-Luc Tronco, sous-préfet des Pyrénées-Atlantiques et codirecteur de l'observatoire. Pour trancher la question, il faut donc des outils d'expertise fiables. Un réseau de vétérinaires a ainsi été mis en place début juillet. «Ils procéderont à une autopsie pour déterminer les causes de la mort. Puis, quand ce sera possible, ils effectueront une analyse histologique pour tenter de voir s'il y a des lésions inflammatoires dans les tissus, signe que la bête était vivante au moment des faits», explique Laurent Bonneau, directeur adjoint du parc national des Pyrénées et vétérinaire de formation.

Pour Augustin Médevielle, «il faut des expertises très précises pour écarter les cas douteux. On va ainsi dégonfler le nombre de témoignages. On devra ensuite indemniser les très rares cas que l'on trouvera et ce sera fini, on tuera dans 1 'œuf une polémique stérile». Car, pour le moment, à part quelques cas avérés sur des mises bas difficiles, on ne dispose pas d'éléments objectifs pour valider la transformation du vautour fauve de charognard en prédateur. On ne sait d'ailleurs pas quels vautours cela concerne, d'où ils viennent, ni leur nombre. Quelles que soient les conclusions, cette polémique remet sur la table le problème d'un élevage montagnard qui puisse coexister avec son environnement sauvage.

Réaction de La buvette

Après l'ours, le vautour, une espèce protégée, elle aussi est en danger face aux gesticulations médiatiques du milieu agropastoral. Voici quelques exemples du traitement de l'information :

L'observatoire départemental des dommages du bétail est hébergé dans les locaux de ... l'IPHB à Oloron-Sainte-Marie. Tiens donc, nous retrouvons ici aussi Jean Lassalle et Didier Hervé de l’IPHB qui cherchent à redevenir iremplacables.

Dans ce combat contre les vautours, on retrouve aussi les mêmes associations pastorales :

  • L'association pour la sérénité à la campagne au Pays Basque - un nouveau slogan du genre des Pyrénées tranquilles et vivantes, alors que meurt le pastoralisme ET les ours - situé dans la Maison Tholonie à Ilharre et dont le président est Alain Larralde. Une énième association pastorale proche de ...
  • L'Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénées (ADDIP), elle-même coordination de divers groupuscules ultra pastoraux pyrénéens. L’ADDIP est présidée par Marie-Lise Broueilh, celle qui a déclaré : «Si les autorités décident de réintroduire des ours, alors nous mettrons le feu à la montagne».

Les éleveurs sont invités à sortir avec appareils photos, magnétoscopes et téléphones portables pour immortaliser les attaques des fauves (les vautours). C'est ainsi que Louis Dollo, notre irremplacable porte-souris des ultra pastoraux et de "Lourd d'Infos" publie une vidéo sur le oueb pour prouver les attaques. On y voit dans un flou artistique et un montage approximatif une brebis dévaler la pente, poursuivie par des vautours. Il est impossible, vu la qualité désatreuse du film et le zoom à fond, de voir si la brebis est vivante - ce que le texte rajouté en surimpression cherche à induire - ou si elle roule, froide et raide comme une ourse dans un congélateur, jusqu’à un creux où elle s’arrête, pour la curée.

Lire aussi à la buvette

Les ours et les vautours ne sont pour ces associations et politiciens ultra pastoraux que des sales bêtes à exterminer pour rendre la montagne propre, tranquille, vivante, débarassée du patrimoine animal qui les dérange ! Il va y avoir du travail pour le Grenelle de l'Environnement.

05 juin 2007

LEIA appelle à ne pas voter dimanche pour Lassalle, Lucbéreilh et Sicre

L’association a cessé l’occupation du bureau du Conseil général de St-Palais et a nommé ceux qui s’opposent à la transnavarraise.

Les membres de Leia ont quitté le bureau du Conseil général de St-Palais qu’ils occupaient depuis jeudi dernier, satisfaits d’avoir remis le projet de transnavarraise au centre de l’actualité. Ils ont d’ailleurs fait connaître hier les noms des candidats aux législatives de la quatrième circonscription qui « s’opposent fermement » au projet porté par l’exécutif palois.

Leia avait invité les candidats à venir lui rendre visite et à affirmer une position claire sur le brûlant dossier. Tour à tour, Léonie Aguergaray d’Euskal Herria Bai, Jenofa Cuisset des Verts, Jean-Pierre Domecq du Parti Socialiste, Jean Haïra de la LCR et Louis Labadot du Parti Communiste se sont rendus à St-Palais et ont signé le texte proposé par Leia. Ce dernier a même recueilli près de 130 signatures à cet effet lors de l’une de ses réunions publiques. Jean-Marie Puyau pour la France en action et Thierry Richard du Parti des Evidences Concrètes ont aussi signé.

Le texte affirme que le signataire « s’oppose fermement » au projet porté par le Conseil général. « Il est inadmissible que les promoteurs de ce projet poursuivent leurs études et aillent de l’avant, alors que la population locale a montré à plusieurs reprises et d’une manière massive son opposition à la réalisation d’un tel axe », poursuit le texte.

Hervé Lucbéreilh, candidat de l’UMP et Bernard Sicre de CPNT ne se sont pas déplacés mais ont envoyé un courrier aux manifestants. « Hervé Lucbéreilh préconise une voie rapide de Salies à St-Palais et un aménagement de l’existant avec des déviations de bourg de St-Palais à Arnéguy. Nous constatons qu’il propose le même projet que MM.Lasserre et Aguerre qui a conduit à la manifestation de 5000 personnes et à la délibération hostile de 83% des communes traversées », a commenté Christine Meynard de Leia. De son côté, le candidat de CPNT estime que la transnavarraise « est une opportunité de développement et de revitalisation des zones traversées ».

Enfin, un coup de fil du candidat du MoDem est aussi arrivé hier alors que l’occupation allait prendre fin. Jean Lassalle se positionne pour un moratoire sur le sujet vu l’opposition qu’il génère. Le député sortant prône la mise en place d’une Commission Nationale du Débat Public, à l’instar de ce qui s’est fait pour le projet de ligne LGV, pour s’occuper de ce projet.

« Lassalle n’a cessé de vanter et de soutenir le projet de son ami politique Lasserre ces dernières années. L’idée de moratoire nous paraît donc électoraliste et destiné à calmer artificiellement l’opposition » ont estimé les militants.

Leia a donc appelé « à ne pas voter pour les candidats qui n’ont pas signé son texte, soit Hervé Lucbéreilh, Jean Lassalle et Bernard Sicre ». L’association a appelé la population à se mobiliser à l’occasion des réunions publiques des candidats. « Face à ce projet, il n’y a que deux positions, celle de soutenir les promoteurs de la transnavarraise ou celle de respecter la volonté majoritaire et officiellement exprimée de la population et de ses élus pour qu’elle soit abandonnée », a déclaré Leia estimant que « tous les propos intermédiaires sont électoralistes et destinés à nous endormir ».

Les opposants ont enfin appelé à se mobiliser contre les médiateurs nommés par le Conseil général. « Nous avons lu ici des documents attestant que des négociations foncières sont en cours au moins dans la partie béarnaise. Les médiateurs ne sont donc pas là pour recueillir l’avis des gens mais bien pour négocier au cas par cas » selon Leia.

Le journal du Pays basque.

04 mai 2007

ORSO en Pyrénées occidentales: peu d’indices d’ours

ORSO en Pyrénées occidentales: peu d’indices d’ours

Le réseau ours brun a procédé à une campagne de relevés d’indice la semaine dernière. Peu d’indices

Maigres pistes

« On n’a jamais été aussi pauvre depuis 30 ans ! Depuis que Papillon n’est plus là et que Cannelle a été tuée, on n’a plus d’indices d’ours. » Charles Gerbet, le chef du secteur Ossau, a participé à l’opération de recherche simultanée d’ours (ORSO) organisée chaque printemps depuis 1983 par le réseau ours brun, pilotée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

La semaine dernière, du 23 au 26 avril, une vingtaine de personnes ont parcouru quatre fois le même itinéraire, simultanément, sur les secteurs d’Aspe, Ossau, Navarre et Aragon. En tout, 75 itinéraires ont été passés au peigne fin, afin de recueillir des poils, des crottes, des empreintes. « La campagne n’a pas été très fructueuse » confirme Jean-Jacques Camarra, technicien à l’ONCFS. « Nous avons cependant relevé des empreintes et des poils. Ces derniers seront analysés dans un laboratoire à Grenoble. »

L’ONCFS, l’office national des forêts, la fédération des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, le FIEP ont participé à l’opération. Pour la première fois, cette année, l’IPHB était absente. Elle organise sa propre recherche d’indices les 9, 10 et 11 mai.

Quatre ours dont trois certains. Les empreintes relevées permettent tout de même à Jean-Jacques Camarra de noter la présence d’au moins quatre individus dont trois certains. Les ours présents sont sans doute Néré, dont la taille est connue, qui se balade entre Aspe et Aragon ; Camille, de taille moyenne, basé en Navarre. Pour le troisième et le quatrième, le spécialiste penche pour Aspe-Ouest ou le petit de Cannelle qui a maintenant trois ans. « C’est un ours en pleine croissance. On ne peut donc certifier si une empreinte lui appartient. Seules les analyses génétiques des poils seront fiables. » D’autres sorties sur le terrain de recherche d’indices, effectuées une fois par semaine jusqu’à l’été, puis un suivi mensuel, complèteront ces données.

Une crotte de

200 grammes

. Xavier Piro, passionné de l’ours, est le seul à avoir pu photographier l’ourson de Cannelle à l’automne dernier, grâce à ses appareils automatiques. Il y a quelques jours, il a trouvé une crotte de

200 grammes

sur le territoire de la commune d’Accous. Seul regret pour tous les spécialistes et amoureux de l’ours, l’absence de femelle dans le secteur Béarn. Pour Gérard Caussimont, du Fonds d’intervention éco-pastoral : «Franska est repartie dans le Luchonnais. Si rien n’est fait, les ours partiront ou s’éteindront. »

Source : Sud-Ouest, 4 mai 2007

14 mars 2007

Sur les terres de François Bayrou

par Thomas Legrand (RTL)
François Bayrou, le candidat de l'UDF a maintenant au moins autant de chances d'être président en mai prochain que Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy ! Nous avons donc décidé d'aller voir sur ses terres, dans le Béarn, comment l'homme est perçu. Il revendique fortement d'être un homme enraciné. Thomas Legrand revient justement de la région d'origine du candidat centriste.

Enfance studieuse

C'est toujours un peu le même constat quand on se rend chez quelqu'un à qui est promis un destin glorieux... Il y a ceux qui l'aiment (et alors ils l'aiment vraiment) et puis il y a ceux qui le détestent et dans les deux cas on ne fait pas dans la mesure.

Commençons par l'amour. Chez lui à Bordère, un petit village aux pieds des Pyrénées. La grande ferme à coté de l'église c'est la maison Bayrou. Sa femme y vit toujours. Pas loin, la mère de François Bayrou, 88 ans est aussi là, respectée et aimée de tout le village. La famille Bayrou est une famille de paysans érudits avoue un voisin. Rencontre d'abord avec Marie-Gabrielle. Elle connaît François Bayrou depuis le collège. Il y a aussi une amie de la famille mais qui préfère ne pas dire son nom. Elles nous parlent de François Bayrou enfant.

"Un petit garçon pas très grand et très déluré. Il réussissait très bien à l'école mais on le voyait pas travailler", explique l'une d'elle. "Je sais qu'il lisait beaucoup la presse, son père laissait les journaux et les livres à disposition. Il était vraiment atypique". Quant à son problème d'élocution, "ce n'était pas vraiment un bégaiement, c'était plutôt une difficulté à dire certains mots sur lesquels il butait".

A quelques kilomètres de là, le marché de Bay un autre village, on retrouve l'ami de la famille avec Joël, charcutier et voisin de François Bayrou : "Je suis né à Bodère comme lui, moi je suis fils d'agriculteur comme lui, je l'ai vu sur son tracteur travailler la terre, je l'ai vu soigner les chevaux, c'est quelqu'un du village comme tout le monde", explique-t-il.

On nous décrit donc François Bayrou comme un paysan. Mais beaucoup ignorent qu'il est en train de devenir la coqueluche des bobos parisiens. Ils n'en reviennent d'ailleurs pas. "Ca veut dire que les bobos parisiens tout d'un coup ils se souviennent qu'ils ont eu de la boue dans les godasses", plaisante une habitante. "C'est super s'ils ont compris ça les bobos parisiens. Tant mieux".

Une unanimité de façade

Maintenant direction Pau. Là il y a d'autres sons de cloches. Pierre Pécastaing est un ancien du Front national, avocat, passé à l'UMP. Il n'aime pas François Bayrou mais il pense qu'il va gagner tout simplement parce qu'il est Béarnais et qu'il va trahir son camp. A droite c'est une coutume locale, selon lui, chez les grands hommes Béarnais. "D'abord Henri IV, l'apostasie, pour le trône de France, de protestant il est devenu catholique. Bernadotte qui a été fait général en chef par la vertu de Napoléon et qui pour le trône de Suède a trahi. Comprendre Bayrou c'est d'abord comprendre comment la politique se conçoit dans ce pays".

Justement; François Bayrou a été président du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques. A l'époque il était clairement à droite. C'est en tout cas ce que veut démontrer Pierre Cheret, le patron du PS du département. Il est bien embêté parce que François Bayrou chasse sur les terres de la gauche au niveau national. Alors il fourmille d'exemples dont celui-ci pour dénoncer ce qu'il considère comme une imposture : "Sous sa présidence nous étions le 92ème département en ce qui concerne l'investissement dans les collèges. On est remonté à la 50ème place aujourd'hui grâce à une offensive du groupe socialiste. L'éducation n'était pas une priorité quand il était président du Conseil Général".

Et puis il y a l'écrivain Christian Laborde, l'ami de Claude Nougaro et aussi le défenseur de la vallée d'Aspe. Il a beaucoup de mal à voir en François Bayrou un champion de l'écologie, signant le pacte de Nicolas Hulot. "Cette façon de parler des racines de sa terre béarnaise masque l'absence de feuillage. C'est un être sans aventures fortes. Alors il se dit paysan quand d'autres sont de la ville et de plus lorsqu'il s'est agit de défendre la terre, de lutter contre le tunnel qui massacrait la terre des ours, François Bayrou était du côté du lobby routier". Et il conclut, "je crois que François Bayrou est un pétochard".

Justement à propos d'ours, retour à Bay, au café de la Paix. Quatre bérets basques penchés sur leurs cafés et dessous, quatre pépés qui savent qu'on ne vend pas la peau de l'ours. "Quand on s'emballe on peut se casser la figure", professe l'un d'eux, prudent comme un centriste, le pépé du Béarn !

Thomas Legrand

25 février 2007

Attention, mesures de précaution!

  • Le jeudi 15 février, le tunnel du Somport était fermé par mesure de précaution.
  • Le vendredi 23 février, le tunnel du Somport était fermé par mesure de précaution.

Mais qu’est-ce que ça veut dire? Ils mesurent les précautions? Pour connaître leur taille, donc. Ils ne les connaissent pas, les précautions? Sans doute que non.

Nous, nous pensons en tous cas qu’elles ne sont pas assez grandes. Parce que les camions qui sont jugés dangereux pour traverser un tunnel désert (rappelons que lorsqu’un camion transportant des matières dangereuses traverse le tunnel, il est accompagné d’un véhicule de sécurité, que la circulation est interdite aux autres usagers) sont absolument inoffensifs lorsqu’ils traversent les villages, passent devant les lycées et collèges.

Ces 2 fois, il s’ agissait de fuites de matières dangereuses, constatées sur des camions ayant bien sûr traversé au moins la vallée d ‘Aspe dans ces conditions.

Le Comité des habitants pour le Vie en Vallée d’Aspe pense qu’un véhicule jugé dangereux dans un endroit désert, rectiligne, où personne ne risque traverser, où aucun arbre ne va tomber, ni cailloux, ni chien, ni chat... enfin un tunnel quoi, est vraisemblablement beaucoup plus dangereux dans une vallée vivante comme la Vallée d’Aspe.

C ‘est pourquoi, une fois de plus, le Comité des habitants pour le Vie en Vallée d’ Aspe demande l’ interdiction du transit des matières dangereuses, ainsi que la circulation de nuit des poids lourds dans les vallées de montagne.

Pour le Comité des habitants pour le Vie en Vallée d’ Aspe,
Treyture Jean-Rémy

23 janvier 2007

Comité des habitants pour la vie en vallée d'Aspe

Vallée d'Aspe : Le tunnel du Somport et les poids lourds, les habitants veulent maîtriser leur avenir.

La prévention routière a comme stratégie de mettre au bord des routes des silhouettes noires pour symboliser, matérialiser la douleur extrême entraînée par la violence  routière.

Nous avons fait ce mausolée et nous y affichons des silhouettes de camions pour matérialiser le nombre d‘accidents impliquant uniquement des poids lourds.

Pour le moment, nous avons eu la chance de ne pas nous poser le problème de mettre ou non une silhouette humaine. Bien sûr que nous souhaitons que cela continue. Mais nous savons et tout le monde le sait, que cela ne va pas durer. Les chiffres, les statistiques sont là. Et nous avons tous appris par empirisme que lorsqu’on fait du vélo, un jour ou l’autre, on finit par tomber. Et en vallée d’Aspe, on nous rajoute toujours plus de camions, qui sont de plus en plus gros, demandent à grandir encore, vont de plus en plus vite.

L’aménagement de la route ne va faire qu’aggraver la situation. Nous le vivons tous ici. Au fur et à mesure des aménagements, nous mettons plus de temps pour nous déplacer. Nous sommes de plus en plus en danger. La plupart des derniers accidents de poids lourds ont eu lieu là où la route est aménagée. Grande découverte, plus on va vite, plus c’est dangereux !

Pour l’instant, lorsqu’ils quittent la route, les poids lourds ont la bonne idée de le faire là où personne n’est présent à ce moment là. Mais attention, ils s’attaquent maintenant aux maisons.

Entre le village et le collège de Bedous, il n’y a  même pas un trottoir

Est-ce qu’un préfet accepterait d’aller à pied à son travail dans ces conditions là ? Et un conseiller général ? Tous prônent les comportements citoyens, le covoiturage. Mais comment aller à pied au collège de Bedous sans se mettre en danger vital ? Et tout ça pour transporter quoi ?

Alors, pour mettre un éclairage la dessus, nous allons organiser le concours du transport le plus absurde. Le dernier accident va être dur à détrôner. Il s ‘agit de farine de maïs arrivant d’Espagne. Le camion croisait un autre camion qui lui, dans l’autre sens, transportait du maïs encore. En grain, celui-là. Nous avons eu aussi un camion portugais arrivant vide de Lisbonne, pour venir en France charger des yaourts  afin de les livrer en Italie.

Nous entendons parler du réchauffement climatique. Nous faisons comme s’il ne s’il ne s‘agissait que de la banquise qui fond, là-bas, loin. Nous oublions les glaciers pyrénéens.

Nous entendons parler des délocalisations d’entreprises, là-bas loin, dans les cités industrialisées. Mais, les camions, que transportent-ils ? La Papeterie des gaves, à Orthez, a été rachetée par une usine située où ? A Saragosse.

Tout le monde sait que le transport routier pollue largement plus que les autres techniques, qu’en montagne les camions consomment de 3 à 5 fois plus qu’en plaine, que les gaz d’échappement stagnent ici dans les fonds de vallée. Des études le prouvent..

Nous entendons des élus dire qu’il faut changer les choses. En attendant, ils aménagent les routes. Ils ont des paroles vertes, et des actions noires, comme nos silhouettes. C’est nous qui les installons, c’est eux qui les fabriquent.

Nous avons décidé d’avoir raison

C’est pour cela que nous disons que développer les transports routiers est une absurdité. Ca tue sur les routes, ça tue socialement en favorisant les délocalisations, çà tue en polluant. Vous voulez des chiffres, nous les avons.

Les grandes entreprises de transport routier sont elles-mêmes délocalisées.

Pourquoi ? Pour salarier des exploités dans les endroits les plus avantageux  fiscalement. C’est légal. Ca s’appelle le cabotage.  On a le droit de ne faire que passer, sur le territoire français, avec des travailleurs qui répondent à d’autres lois sociales. On ne perd plus de points sur le permis. Pas de taxe professionnelle ici.

Avec l’ autonomie accrue des poids lourds, on fait le plein là où c’ est le moins cher. On peut rouler sans s’arrêter. Dans les bandes de séparation au milieu des autoroutes, regardez. Vous verrez des bouteilles à moitié pleines, remplies de thé ? Non. D’urine. Les forçats de la route n’ont plus le temps de pisser.

Le développement de la vallée d’Aspe ?

2 écoles fermées, 1 gendarmerie. Les postes, on ne sait pas, on n’a pas le temps de suivre.
Notre mausolée, il était fait pour rappeler ça. Pour compter les accidents et pour montrer que tout le monde n’est pas dupe. Nous disons qu’il faut trouver un autre mode de fonctionnement. Qu’il faut arrêter de transporter des marchandises dans tous les sens sans autre objectif que le profit de seulement ceux qui savent faire marcher la pompe à fric. Mais voilà.

Mausolee_vallee_aspe Des gens aussi clairvoyants et courageux que des taupes emasculées sont venus la nuit le détruire.
Ils ont décidé d’avoir tort. Ils n’ empêcheront pas les idées de vivre. Ils n’ empêcheront  pas hélas non plus les accidents prévisibles et inévitables. Nous avons porté plainte. La destruction nous redonne la parole dans la presse. Et croyez bien que nous ne sommes pas mort. Une nouvelle érection suivra !

Pour le Comité des habitants pour la vie en vallée d’Aspe
Jean-Rémy Treyture
64 490 Bedous
05 59 34 78 25 - 06 76 49 34 86

28 décembre 2006

IPHB, la tournée des popotes

L’IPHB vient de terminer la tournée des popotes, histoire de mobiliser les troupes en ces temps difficiles. 28 réunions ont été organisées par la patrimoniale institution d’arrosage du haut-Béarn. Ces réunions ont rassemblés 500 à 600 personnes d’après Didier Hervé. A peine une vingtaine de personnes par réunion. C’est à peu près le nombre de personnes intéressées par les retombées financières des mannes de l’IPHB : le monde pastoral et les chasseurs. Un flop médiatique donc. La population du Béarn non pastorale n’en a rien à cirer de l’avenir de l’IPHB.

21 communes adhèrent à la Charte de Développement Durable des Vallées Béarnaises et de Protection de l’Ours qui regroupent 6 800 habitants (Recensement 1999) sur un territoire de 100 000 hectares.

Ainsi Thomas Longué et Martine Lacout-Loustalet relatent dans le journal Sud-Ouest, la réunion de propagande d’Urdos le 22 novembre 2006. (NDLB: Oui je sais, je suis en retard. Vieux moutard que j'aimais.)

Dans le sens du poil

A Urdos, village où a été tuée Cannelle, l'IPHB n'a pas donné de quoi froisser l'auditoire, chasseurs en particulier.

La réunion publique organisée mercredi soir à Urdos, comme l'IPHB (Institution patrimoniale du Haut-Béarn) en tient et en tiendra dans les vingt et une communes de son ressort, était forcément sous-tendue par le souvenir douloureux, le 1er novembre 2004, au vallon de Rouglan (Urdos), de la mort de l'ourse Cannelle. Dont l'auteur, René Marquèze, originaire du village mais qui demeure à Aubertin, était bel et bien présent, parmi la dizaine de personnes réunies, les chasseurs étant en majorité. René Marquèze ne s'est cependant exprimé à aucun moment sur le sujet.

On est au terme de l'instruction de l'affaire et Didier Hervé, directeur s'en est strictement tenu là : «La mort de Cannelle est un accident. Il n'y a rien à dire, et je ne dirai rien». Ce, proclamé en conclusion de propos sur l'effectif actuel des ours, qui serait en nombre équivalent à l'évaluation de 1997, entre le jeu des naissances et des morts.

Didier Hervé n'en avait pas moins donné acte aux gâchettes locales de l'entente totale que l'Institution entretient avec elles : «Les chasseurs ont déplacé les zones de chasse chaque fois qu'on le leur a demandé», a-t-il dit. On ne pouvait se montrer mieux intentionné. (NDLB; La salle ronronnait d'aise.)

« L'IPHB c'est nous »

De son côté, et sur le seul terrain de la gestion communale, le maire du village, Jacques Marquèze, s'est érigé en fervent avocat de l'organisme, qui vit les soucis de trésorerie que l'on sait : l'IPHB attend quelque 227 000 € bloqués par l'État et la Région, pour boucler le budget 2006 et «couvrir» non des projets futurs mais des actions agro-pastorales déjà conduites sur le terrain cet été. Or, seul le département est à jour de sa contribution.

«Chaque commune a des problèmes, a constaté le maire. Face aux services de l'État, grâce à l'IPHB, on ne se fait pas rouler». «L'IPHB, c'est nous», a dit par ailleurs l'élu de la haute vallée d'Aspe.

A Urdos, pour la douzième fois, aura défilé le diaporama de 150 vues validé par le Conseil de gestion, l'exécutif de l'IPHB, et également approuvé par le syndicat mixte. Exhaustif sur l'historique et les actions conduites. (NDLB : La surveillance de la communication et des messages officiels est verrouillée de l’intérieur, comme à Eldorando 2006, un autre gros flop financier organisé par le même responsable politique au grand cœur et à la dépense facile, tant qu'il s'agit de l’argent de l’Etat. Prochaine dépense espérée : Toyal.)

La réunion a fait le point sur les actions menées en matière de pastoralisme, d'eaux et forêts, et d'ours donc. Et preuve que l'institution ne désespère pas de l'avenir, la prochaine charte 2007-2013 a aussi été abordée. «Nous, on désire continuer», a soutenu Didier Hervé (NDLB : tiens donc, faut garder son salaire…), désignant les deux techniciens à ses côtés : Jean-Michel Mehl et Jean-Yves Arribe. «Il faut arriver à finir 2006».

Pour ce faire, l'IPHB bat donc le rappel. Avec l'espoir qu'un nouveau ministre de l'écologie, mieux disposé à son endroit que Nelly Olin, sortira des urnes en 2007. (NDLB : Voter, c’est utile : imaginez Lassalle ou Estrosi à l’écologie.) Même si l'expérience, depuis sa création, fin 1993, a suffisamment montré qu'aucune couleur politique, la gauche non plus que la droite, ne mettait à l'abri du psychodrame.

Source : Thomas Longué avec Martine Lacout-Loustalet dans Sud-Ouest

Propagande à la sauce béarnaise

La Buvette, comme à Eldorando, s’est glissée dans une de ses réunions. Son correspondant raconte. Ayant assisté à l'une des réunions du «CLEPTSR IPHB» (Pour les amateurs d'acronymes, il s’agit du «Comité de Lutte Eperdue pour Tenter de Sauver ce qu'il Reste de l'IPHB»), j''y ai entendu Didier Hervé, son directeur, dire que la principale cause du déclin de l'Institution provenait des associations de protection de l'environnement, citant FERUS mais arrêtant là l'énumération des groupements maudits qui nuisent à ce qui est pour le reste du monde «L’institut Pas Très Moral du Haut Béarn», bref de ces zécolos bénéficiant des largesses du Ministère de l'Environnement et du Développement Durable ou du programme LIFE. (NDLB : On attendait à l’époque le rapport soit disant sulfureux de l’intègre enquêteur Augustin Bonrepaux. (Lire "Coût de la réintroduction des ours. Augustin Bonrepaux gesticule dans l'indifférence générale.")

Didier Hervé a ajouté que ce les associations trouvaient leur motivation dans la «manne financière» qui les arrosent. L'ours ou la défense de l'environnement n'étant qu'un prétexte de façade, car selon lui l'ours est un fond de commerce fort rentable. (NDLB : Quant à moi, la buvette et iphb.org sont blanc comme neige. Mon budget annuel de 49 euros n’est financé par aucune association. Je résiste aux avances financières des associations felonnes et aux menaces de procès de Jean Lassalle.)

Béarn, chasse gardée

Le reste de l'exposé décrivant, diaporama à l'appui, les actions engagées et à engager pour les décennies à venir (NDLB ; L’espoir fait vivre), faisant leurs les actions initiées par le FIEP ou par le Parc National des Pyrénées, le Béarn étant leurs terres, leur chasse gardée. La volonté affichée est de toujours d’exploiter plus les ressources naturelles : l’eau, la forêt, la chasse, sans accepter de droits de regards extérieurs aux trois vallées. Touche pas à mon pactole !

Didier Hervé a annoncé que des actions sont et seront engagées pour obtenir pour l'IPHB des financements autres que ceux de l'Etat. Il n'a pas été précisé lesquels. Faut bien gratter les fonds de tiroir car, pour l’argent de l’Etat en 2007, l’IPHB sait qu’elle pourra se brosser, avant les élections en tout cas.

A noter que les professionnels du tourisme n'ont jamais été cités en tant qu'acteurs potentiels du développement économique, ni d'aucune manière d'ailleurs. Sont-ce-ce des gens à la morale douteuse, trop proches des pensées escrologistes maudites et de la rentabilité potentielle de l'image du Pays de l'ours ?

Cette réunion était une belle tentative de manipulation des populations volontairement tenues sous-informées avec en mot d'ordre : «Voyez tout ce que l'on a fait pour vous, alors soutenez nous». Avec un peu de persuasion, la manne financière tant espérée pourrait encore venir et cela sans avoir de nouvelles ourses en Béarn. Le beurre et l'argent du beurre, comme avant, le rêve va t-il continuer pour les 600 ipéhachebéistes irréductibles ?

L’IPHB, un vrai cas d’école

Pour tout comprendre du fonctionnement trouble de ce «grand machin» que souhaite tant possèder Bonrepaux en Ariège, relisez encore la remarquable étude de Laurent Mermet sur l'IPHB : L’Institution Patrimoniale du Haut Béarn : Comment, sous couvert de réforme et d’innovation affichée, contrôler les partisans d’une gestion plus écologique de l’ours et préserver le statu quo et les intérêts économiques en jeu.