ACP Association Cohabitation Pastorale

27 novembre 2007

Tintin en Espagne

La Direction régionale de l’environnement MIDI-PYRENEES (Service sites, paysages et nature) à organisé, dans le cadre de l'évaluation à mi-parcours du "Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009", une "Mission d’inspection générale de l’Environnement" et plus précisément, du 26 au 29 novembre 2007, un voyage d'étude avec une délégation française dans les Asturies, en Espagne.

Ce voyage n'a pas été simple à organiser, les opposants à l'ours ayant dès le départ annoncé que leur participation ne pouvait être interprétée comme "la remise d'un chèque en blanc". Mais pour une fois, à la place du boycott, il sont du voyage, remontés pour critiquer la cohabitation avec l'ours en Espagne.

Composition de la délégation qui est partie en Espagne

  1. Madame Marie-Lise BROUEILH, présidente de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen – Hautes Pyrénées
  2. Madame Sylvie SALAÜN, présidente de l’Association pour la Cohabitation Pastorale
  3. Monsieur François ARCANGELI, maire d’Arbas et président de l’association Pays de l’Ours
  4. Madame Magali BONIFACE, représentante de l’Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénées
  5. Monsieur Augustin BONREPAUX, président du Conseil Général de l’Ariège
    Monsieur Sébastien PAULY, représentant de la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Ariège
  6. Monsieur Jean-Jacques CAMARRA, Équipe Technique Ours – Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
  7. Monsieur Claude CARRIERE, Co-Président de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées
  8. Monsieur Rolland CASTELLS, maire de Bagnères de Bigorre et conseiller général des Hautes-Pyrénées,
  9. Monsieur Fernand ESTEREZ, secrétaire général de la Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques
  10. Monsieur Thierry GALIBERT,  Adjoint au directeur régional de l’environnement de Midi-Pyrénées
  11. Monsieur  Denis LAURENS, inspecteur général de l’environnement
  12. Monsieur Marcel MINVIELLE, maire d’Etsaut
  13. Monsieur Jérôme OUILHON, directeur du Fonds d’Intervention Eco Pastoral – Groupe Ours Pyrénées
  14. Monsieur Georges RIBIERE, inspecteur général de l’environnement
  15. Monsieur Jean-Luc TRONCO, Sous-Préfet d’Oloron Sainte-Marie

Les antis ont fait pression sur les organisateurs du voyage

Fidèles à leurs habitudes, les associations pastorales opposées à la survie des ours dans les Pyrénées ont "négocié pied à pied" le nombre de leurs représentants jugé "déséquilibré" et ont modifié le programme afin d'avoir la possibilité de rencontrer sur place "des interlocuteurs locaux alternatifs de ceux imposés par le programme."

Programme du voyage dans les Asturies

Lundi 26 novembre 2007

  • Trajet TOULOUSE - MONTREJEAU - TARBES - PAU – PROAZA
  • Déjeuner durant le trajet
  • Hébergement à PROAZA

Mardi 27 novembre 2007

  • 9 h 00 - 12 h 00 : Présentation de la province des Asturies : population, activités économiques. Présentation du plan de restauration : législation sur la faune, répartition des ours, les dommages, la chasse et le tourisme par rapport à l'ours. Discussion.
  • 12 h 00 : Rencontre avec le conseiller à l’Environnement et au Développement Rural, responsable de l'Environnement dans la Communauté Autonome de la Principauté des Asturies. Conférence de presse
  • 12 h 30 - 13 h 00 : Visite du parc des ours.
  • 14 h 00 – 15 h 30 : Déjeuner à PROAZA - Restaurant "le Castañeo du Sabil" Villanueva (Saint Adriano)
  • 15 h 30 - 16 h 00 : Visite de la maison de l'ours à PROAZA et présentation des travaux de la Fondation Ours d'Asturies en matière d’éducation à l’environnement.
  • 16 h 00 : Transfert à POLA DE SOMIEDO.
  • 17 H 15 – 18 h 00 : Présentation du suivi des ours : Province des Asturies, FOP et FAPAS.
  • 18 h 00 – 20 h 30 : Réunion avec les chasseurs, la FOP et la FAPAS
  • 20 h 30 :Dîner à POLA DE SOMIEDO – Restaurant Parrilla-Sidrería "Carión".
    Hébergement à POLA DE SOMIEDO

Mercredi 28 novembre 2007

  • 9 h 30 – 10 h 00 : Visite du centre d'information du parc naturel de POLA DE SOMIEDO.
  • 10 h 00 – 12 h 00 : Réunion avec des représentants d'entreprises du secteur du tourisme de SOMIEDO et de PROAZA
  • 12 h 00 : Transfert à VILLAR DE VILLAS.
  • 13 h 00 – 14 h 00 : Rencontre avec des éleveurs.
  • 14 h 00 – 16 h 00 : Déjeuner à VILLAR DE VILLAS - Restaurant "la Pornacal".
  • 17 h 00 – 20 h 00 : Rencontre avec les maires de SOMIEDO, de PROAZA et d'autres villes et villages, des députés, des représentants du Gouvernement de la Principauté des Asturies.
  • 20 h 00 : Dîner à POLA DE SOMIEDO - Hostal-Restaurante "le Parador". Hébergement à POLA DE SOMIEDO.

Jeudi 29 novembre 2007

  • Trajet POLA DE SOMIEDO - PAU - TARBES - MONTREJEAU – TOULOUSE
    Déjeuner durant le trajet

Voilà du temps passé ensemble et des déjeuners qui pourraient permettre aux avis opposés de se rapprocher. On peut rêver.

Un retour très "Communication" pour les éleveurs

L'ADDIP de Philippe Lacube a ainsi déjà appelé les opposants à venir "nombreux" pour assister à la conférence de presse simultanée qui sera organisée àu retour, invitant "la presse, les adhérents des associations, les éleveurs et usagers de la montagne, les acteurs des territoires, les élus locaux, départementaux, régionaux, nationaux et européens, les élus des Chambres d'agriculture, les syndicats professionnels, les associations et professionnels de loisirs en montagne, les gestionnaires d'estives, l'Association Nationale des Elus de la Montagne". Tout le banc et l'arrière banc des anti-ours sont donc convoqués le mardi 4 décembre 2007 à 11h simultanément à la chambre d'Agriculture à Foix et à Tarbes. "Une synthèse de nos connaissances et de nos interrogations sur la présence ursine dans les Asturies, ainsi qu'une présentation de notre vision globale du développement durable pour les Pyrénées vous seront adressés avant la conférence de presse."

05 juin 2007

Catherine Brunet : Que sommes nous devenus, nous paysans, pour affirmer que la cohabitation est impossible

Catherine Brunet de l' Association Cohabitation Pastorale (ACP)
Une association favorable à la cohabitation que les autres associations pastorables favorables à la "défense du patrimoine pyrénéen" et à l'éradication de l'ours veulent réduire au silence parce qu'elle ne comporte qu'un faible nombre de membres (vu les pressions) et reçoit des subsides pour placer des patous (chiens de protection) dans les élevages.

Catherine Brunet - De nouveau l'ours refait parler de lui en Haute Ariège. Hé oui, l'hibernation est terminée depuis plusieurs semaines, ici et là, où il peut, il prédate.

Comme tout bon chasseur, il attend la faille de l'homme pour pouvoir atteindre sa proie, se régale, laissant derrière lui « la polémique ». A Siguer, il est venu plusieurs fois, nous le savons car nos patous (chiens de protections), ont aboyé très souvent depuis 2 mois. Par ailleurs nous avons eu une brebis qui est revenue à la bergerie avec son pi (mamelle) mangé. (Pas morte, elle a été remboursée, car elle est perdue pour la production). Un rucher à eu des dégâts comme tous les ans car n'ayant pas assez de ruches (minimum 10), les propriétaires n'ont pu bénéficier d'aides pour la protection. Ils sont seulement indemnisés. Par contre les 2 autres ruchers plus importants ayant bénéficié des moyens de protection n'ont pas eu de prédation cette année.

Pour le cas de notre exploitation, aucune brebis prédatée en bergerie ou en parc la nuit, car nos patous font leur travail. Seulement, en début de saison, ayant peu d'herbe, les brebis sont gardées plus largement et certaines ne rentrent que le lendemain matin faire téter leurs agneaux. Le boisement étant important, sur et autour de l'exploitation, l'ours à facile à atteindre sa proie, les patous perdant de leur efficacité, dans ces cas là. Jusqu'au 1 er juin, nous nous doutions que c'était l'ours qui faisait aboyer nos patous, mais cela restait une incertitude. Aujourd'hui nous pouvons affirmer sa présence sur notre exploitation, car un de nos garçons, en allant rejoindre ses frères qui gardaient le troupeau, a trouvé de belles traces que nous avons photographiées.

Hier au journal de 20 heures à la télévision, un gros titre « un ours a prédaté dans une bergerie en Haute Ariège ». Attention, le débat se réveille!

Pourtant, quoi d'extraordinaire qu'un prédateur fasse des dégât sur des troupeaux non protégés, que du bétail domestique fasse des dégâts dans des jardins mal clôturés, qu'un renard où un rapace entre dans une cour de ferme pour prendre poulets, canetons, que des ongulés sauvages fassent des dommages dans les champs de céréales non protégés. Les exemples ne manquent pas.

Que sommes nous devenus, nous paysans, pour affirmer que la cohabitation est impossible, être incapable de faire face à ce genre de problèmes et seulement proposer comme solution l'enfermement ou l'éradication de la faune sauvage ?

Catherine BRUNET
conjointe d'éleveur ovin en Haute Ariège

25 février 2007

Lancement du Programme National Chiens de protection des troupeaux

L'Utilisation du chien Montagne des Pyrénées

par Cyprien Zaïre et Pascal Cacheux, animateurs chien patou à l' Association Cohabitation Pastorale

Utilisation des Montagnes des Pyrénées - Dans le cadre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun, une des mesures de prévention contre les dommages d’ours proposées aux éleveurs de bétail consiste en la mise en place de chiens de protection.

Disposant d’une race locale, le Montagne des Pyrénées, il a semblé tout naturel de concentrer cette action autour de ce chien. Si la raréfaction des grands prédateurs avait amené les éleveurs à délaisser le patou, la réapparition du lynx dans le Jura, du loup dans les Alpes, le renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées ainsi que les nombreux dégâts occasionnés par les chiens divagants, entraînent un regain d’intérêt pour l’aide précieuse apportée par ces chiens pour la protection des troupeaux.

Historique de l’utilisation des Montagne des Pyrénées comme chien de protection

Le chien de protection est un moyen utilisé pour la sauvegarde des biens et des troupeaux domestiques, vraisemblablement depuis plusieurs millénaires. Les experts s’accordent à dire que cette technique trouve son origine dans l’Himalaya et que les différentes races de chiens de protection proviennent du Dogue du Tibet. Ce type originel aurait essaimé lors des grandes migrations humaines vers l’occident. On retrouve d’ailleurs un certain nombre de races, de l’Himalaya à l’Europe en passant par l’Asie Centrale, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, qui comme le Montagne des Pyrénées ont été sélectionnées et adaptées au terroir local.

Le travail mené en France dans le cadre de la protection des troupeaux, sur ce type de chien et plus spécifiquement sur le Montagne des Pyrénées, a pu notamment se faire grâce à M. Schmitt, technicien de l’institut technique de l’élevage ovin et caprin dans la Drôme (de 1985 à 1989), et à quelques éleveurs ovins et caprins.

Ainsi a-t-on pu créer un noyau de Montagne des Pyrénées sélectionnés de façon empirique en complément de la population de chien déjà existante dans les Pyrénées. Suite aux premières attaques de loup sur des troupeaux d’ovins au cours de l’été 1993, le parc national du Mercantour initie une expérimentation de mise en place de chiens de protection.

Les premiers résultats sont assez concluants

Chien Montagne des PyrénéesEntre 1994 et 1996, un suivi de l’intégration pastorale des chiens est effectué par Joël Pitt de l’APAP (Association pour la Promotion des Animaux de Protection) et Pascal Wick de l’association ARTUS.

Dans les Pyrénées, le regain de l’utilisation des chiens de protection débute en 1995 sous l’influence de l’association ARTUS dans le cadre du programme Life – ours. En 1997 un «coordinateur local chien de protection», Gilbert Guillet, est recruté par l’Association des Pâtres de l’Ariège de façon à disposer d’une personne présente en permanence sur le terrain. En juin 2001, l’association des pâtres se retire du dispositif et l’action est reprise par l’Association pour la Cohabitation pastorale (ACP). En 2002, un poste d’animateur chien de protection (Cyprien ZAIRE) vient compléter le travail de Guilbert Guillet. Aujourd’hui, l’ACP dispose de quatre animateurs chiens de protection (2,5 temps plein) couvrant ainsi l’ensemble du massif pyrénéen.

Mise en place et utilisation du chien Montagne des Pyrénées

Avant l’introduction du chien de protection dans un troupeau ovin, de nombreux éléments sont à prendre en compte, comme l’environnement de l’exploitation, le style de conduite du troupeau, les autres chiens de la ferme, le type de milieu (boisé, accidenté…). Le placement d’un Montagne des Pyrénées est un investissement à long terme, la motivation et la formation de l’éleveur sont donc primordiales.

Il est essentiel que le chiot soit au contact des brebis dès son plus jeune âge, donc d’origine pastorale et de parents reconnus pour leurs aptitudes à la protection.

La socialisation, une phase fondamentale

Chiots Montagne des Pyrénées en phase de socialisationL’âge idéal pour placer un chien de protection se situe entre la 7e et 8e semaine. À cet âge, le chiot Montagne des Pyrénées séparé de sa fratrie se retrouve seul avec le troupeau pour lequel il développe un attachement. Pour que cet attachement aux animaux soit fort, il faut alors limiter les contacts humains pendant cette période d’échanges inter-espèces en évitant également la présence d’autres chiens.

La prise de contact du chiot avec son troupeau se fait de préférence en bâtiment, avec des ovins accueillants. Pour cela, on préférera un lot d’agnelles à un lot de brebis suitées. Il est nécessaire d’aménager à l’intérieur de la bergerie une case réservée au jeune chien pour qu’il puisse se protéger des ovins agressifs, s’alimenter et se reposer. Durant cette période clé, le chiot doit aussi reconnaître un maître et apprendre quelques rudiments de dressage.

Les comportements attendus d’un Montagne des Pyrénées

Un chien de protection idéal est constamment avec les moutons, son territoire est celui où le troupeau évolue. Il sait faire la distinction entre ce qui est une menace ou non et n’agit qu’en cas d’agression. C’est un chien calme, paisible et sûr de lui, attentif aux moutons. Il ne les dérange pas
inutilement.

Par son gabarit, ses aboiements puissants et son placement, le Montagne des Pyrénées décourage la plupart des prédateurs et n’a nul besoin d’être agressif. Il accepte le travail du chien de conduite, sous les ordres de l’éleveur. Le chien de protection Montagne des Pyrénées est utile sur l’exploitation comme en estive.

Un soutien technique et financier dans les Pyrénées

Dans le cadre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées, quatre animateurs (2,5 temps plein) sont disponibles pour assister techniquement les éleveurs et bergers dans le choix du chien, son éducation et son utilisation. Des aides financières publiques sont également mobilisables pour le soutien à l’achat et à l’utilisation de chien de protection.

Les animateurs chiens de protection 2007 de l'Association cohabitation pastorale, (Équipe technique ours) :

  • CACHEUX Pascal Animateur secteur Ariège et coordonnateur chien de protection massif Pyrénées Tél. : 06 78 86 16 17
  • PUYSSEGUR Maurice Animateur secteur Hautes-Pyrénées – Haute-Garonne Tél. : 06 25 03 23 74
  • SALVADOR Olivier Animateur secteur Pyrénées Orientales – Aude Tél. : 06 71 52 20 72
  • Poste vacant : Animateur secteur Pyrénées-Atlantiques Tél. : 06 25 07 08 83

Association pour la Cohabitation Pastorale
Maison des associations – 09420 Vicdessos Tél. : 05 61 05 83 73 - Courriel

Équipe Technique Ours
Impasse de La Chapelle 31800 Villeneuve de Rivière
Tél. : 05 62 00 81 08 / Fax. : 05 62 00 81 09 - Courriel

Les chiens placés dans le cadre du programme ours

Evolution du nombre de Montagne des Pyrénées placés en exploitation, du nombre de chiens en estive et du nombre d'estives équipées.Evolution du nombre de Montagne des Pyrénées placés en exploitation, du nombre de chiens en estive et du nombre d'estives équipées.

Le nombre de chiots placés en 2006 est de 47. On enregistre donc une forte poussée de la demande par rapport aux années précédentes.

Cette augmentation s’explique d’une part parce que l’utilisation des chiens de protection entre dans les moeurs, d’autre part l’effet «renforcement de la population d’ours» a également incité à un équipement des exploitations par crainte de dégâts.

Repartition_patous_departementsRépartition départementale des chiens Montagne des Pyrénées en 2006.

Le niveau de soutien aux chiens utilisés en estive dans les Pyrénées-Atlantiques augmente largement en 2006, dans la mesure où l’information a été mieux relayée.

Ceci a tout naturellement des répercussions sur l’augmentation du nombre d’aides attribuées pour l’utilisation des chiens Montagne des Pyrénées en estive à l’échelle du massif. Le nombre d’aides pour l’achat et l’éducation de chiots augmente en 64 pour les mêmes raisons, les éleveurs ont accès à l’information. Il faut s’attendre à une progression de la demande dans ce département en 2007.

Chiens Montagne des Pyrénées en estive. Evolution du soutien par départementChiens Montagne des Pyrénées en estive. Evolution du soutien par département.

En dehors du fait que des chiens sont morts ou sortis du programme, l’écart constaté entre le nombre de chiens utilisés en estive et le nombre de chiens placés chez les éleveurs s’explique essentiellement par le fait que certains chiens sont encore trop jeunes pour être utilisés pendant la période d’estive. De plus, des patous adultes ne montent pas sur les pâturages utilisés collectivement pour cause de non-acceptation par les autres éleveurs non propriétaires du chien. Tous les chiens sont par contre utilisés à l’exploitation et peuvent également servir en zone intermédiaire.

Lancement du Programme National «Chiens de protection des troupeaux»

Un chien de protection Montagne des Pyrénées face à un ours attaquant son troupeau.Un chien de protection Montagne des Pyrénées face à un ours attaquant son troupeau.

Depuis une dizaine d’années, on enregistre, partout en France, un développement exponentiel du nombre de chiens de protection placés dans les troupeaux pour prévenir les différentes prédations dont ils sont ou pourraient être victimes (chiens errants, loups, ours, lynx, petite faune sauvage).

Afin d’accompagner techniquement cette évolution, pour conserver aux chiens de protection toute leur efficacité et leur crédibilité notamment aux yeux du grand public, un programme de travail, de dimension nationale, a été lancé fin 2006.

Ce programme s’articule autour de deux points essentiels à la réussite de cette technique de protection : la maîtrise de la qualité génétique des chiots introduits dans les troupeaux et la formation des éleveurs à la mise en place et au suivi de ces chiens.

Trois actions sont prévues :

  • le recensement le plus exhaustif possible des chiens de protection au travail en France;
  • l’évaluation de la qualité des chiens de protection au travers de tests de caractère et de tests de comportement «Troupeau ». Ces tests viseront à détecter les vices rédhibitoires (agressivité vis-à-vis de l’homme…) et à mettre en évidence les comportements recherchés (attachement aux animaux, loyauté envers les animaux, aptitude à la protection) chez les chiens de protection ;
  • la formation des éleveurs (programme de formation, documents techniques) et l’information des autres usagers des espaces pastoraux afin de leur expliquer le rôle et le fonctionnement des chiens de protection et de leur inculquer les bons comportements à adopter face à l'un eux.

À l’initiative de l’Institut de l’Élevage, bénéficiant de financements du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, ce programme rassemble de nombreux partenaires intéressés par le sujet : la Société Centrale Canine, les quatre techniciens «Chiens de protection» employés par l’Association pour la Cohabitation Pastorale et intervenant sur le Massif Pyrénéen, les neuf techniciens «Mesures de protection des troupeaux» dépendant des DDAF du Massif Alpin, des chercheurs, éthologues et vétérinaires, la Fédération Nationale Ovine, des associations nationales d’éleveurs utilisateurs de chiens de troupeaux…

Prévu sur deux ans, le programme entame une première phase de travail jusqu’à fin mai 2007. Durant ces six mois, il sera procédé au recensement des chiens de protection et à la mise au point de la méthodologie d’évaluation de leurs caractère et comportements.

Les premiers résultats sont attendus pour fin juin 2007 : une photographie précise des chiens de protection utilisés en France sera alors disponible (nombre, races, sexe et âge, localisation géographique, lignées en présence, prédateurs contre lesquels ils sont utilisés, caractéristiques des exploitations détentrices de ces chiens…).

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter Marie-Catherine Leclerc
Institut de l’Élevage - 149, rue de Bercy – 75595 Paris cedex 12
Tél : 01 40 04 49 81 / Fax : 01 40 04 49 60

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

10 septembre 2006

Ultrapastoralisme violent ou pastoralisme du XXIème siècle ?

Texte d'Abdesselam Lagrissy, envoyé à la Buvette des Alpages par Patrick Pappola (Papours)

Abddesselam Lagrissy, président de l'Association pour la Cohabitation Pastorale (ACP) , association d'éleveurs, de bergers et d'apiculteurs pyrénéens, analyse et trace le sillon d'un avenir apaisé, loin des positions artificielles et surfaites d'un ultrapastoralisme (1) violent et rigide incarné par l'ASPAP ou l'ADIP. Pour y voir plus clair, il est intéressant de laisser la parole à un homme du terrain rural, pyrénéen, professionnel du pastoralisme.

Texte extrait de la revue "Espaces Naturels" n°15 de juillet 2006

Pastoralisme: choisir la cohabitation

Abddesselam Lagrissy : «Le mode de fonctionnement pastoral actuel est incompatible avec l'évolution économique des marchés, avec les attentes des citoyens, avec certains impératifs environnementaux. Du reste, l'agriculture de montagne est dépendante des aides européennes et nationales et l'avenir des exploitations est compromis.

Pourtant, dans le même temps, le développement des loisirs, le brassage culturel qui s'opère dans les vallées pyrénéennes, ainsi que les nouvelles attentes de nos concitoyens, nous interrogent sur le rôle du pastoralisme. Doit-il rester figé ou bien s'adapter, changer de vision, de modes de production ?

Pendant des décennies, le monde pastoral a façonné la montagne. A cette époque, il y avait des petites exploitations et des hommes aux côtés de leurs bêtes, mais ce travail sur  la montagne se trouve radicalement bouleversé. La forêt regagne du terrain ; les estives, faute d'une conduite guidée sont surpâturées sur les zones les plus riches et sous-pâturées sur les pentes les plus pauvres ; la taile des troupeaux augmente et il devient impossible d'assurer un gardiennage correct sur certaines zones.

Par aileurs, le renforcement de la populations d'ours dans les Pyrénées ajoute de nouvelles contraintes. L'histoire pourrait s'arrêter là. Les bergers éleveurs pourraient, par exemple, se battre contre l'ours. Ils tiendraient enfin un coupable. Et derrière les leaders, chacun prêcherait pour son exploitation en vantant les mérites d'un monde pastoral qu'une poignée d'hommes, silencieux eux, s'évertuent à maintenir par leur travail quotidien. L'ours finirait peut-être par disparaître. Mais rien n'aurait vraiment changé.

Alors oui, un autre avenir est possible. Il nécesite de concevoir la montagne comme un tout, où les résidents pastoraux cohabitent avec les forestiers, les chasseurs, les randonneurs, les citadins, et avec une montagne sauvage en équilibre avec leur activité.

En choisissant cette voie, le monde pastoral pourra retrouver ses valeurs. En s'ouvrant et non en s'opposant aux évolutions inéluctables de la société, il passerait outre le clivage ville-campagne qui certains revendiquent pour justifier intolérance et immobilisme.

En s'adaptant aux impératifs de préservation de la biodiversité, le monde pastoral, les communes propriétaires des estives et toutes les autres composantes de la montagne y trouveraient également leur compte.

Les troupeaux seraient de nouveau gardés, les bêtes mieux suivies et soignées, grâce à l'emploi supplémentaire de bergers. Leur travail de conduite guidée contribuerait à un meileur entretien de la montagne.

Et avec la réhabilitation du chien de protection "Montagne des Pyrénées", c'est une part de l'identité pyrénéenne qui serait sauvée.

La cohabitation, cela ne signifie nullement de prendre position en fonction de l'ours, mais d'appréhender l'ensemble du système montagnartd, lequel, pour avancer, doit compter sur toutes ses composantes.»

Abddesselam Lagrissy

Patrick Pappola : (1) Ultrapastoralisme :  le terme d' «ultrapastoraux» désigne ceux qui, au nom de leurs pratiques, à ne surtout pas faire évoluer, même avec beaucoup d'aides, souhaitent par tous les moyens, l'éradication de l'ours brun des Pyrénées (et de toute autre espèce sauvage) qui les gênent dans la défense de leur immobilisme.

On sait en effet que refuser les lâchers d'ours de cet été, c'est condamner obligatoirement l'espèce dans les Pyrénées. Prêcher que l'on n'est pas contre l'ours mais contre ces lâchers, c'est faire preuve, soit de manipulation, soit d'une grande confusion, soit d'un obscurantisme qui nie les évidences telles que la viabilité de la population d'ours dans les Pyrénées.

Which future for the French Pyrenean brown bear

Analyse de la viabilite de la population d'ours dans les Pyrénnées

01 juin 2006

Catherine Brunet : un exemple de cohabitation Pastorale

Les éleveurs anti-ours de l'Ariège ont encore essayés d'affirmer que la cohabitation est impossible en déposant un cadavre de brebis et en abandonnant une brebis blessée dans la mairie de Bagnères-de-Bigorre. Une adjointe au maire avait défendu la décision de réintroduire des ourses sur sa commune en rappelant que pour les politiciens de la ville, l'ours et les bergers peuvent cohabiter dans les Pyrénées. Lire à ce sujet " La mairie de Bagnères transformée en clos d'équarrissage".

Dans une longue interview de Catherine Brunet de l'Association Cohabitation Pastorale (ACP) signée Gilbert Laval, le journal libération apporte une nouvelle preuve que la cohabitation entre les bergers et l'ours est possible, contrairement aux affirmations répétées de l'ASPAP.

L 'ours, le berger et la bergère

Catherine, 165 brebis, considère que l'ours a toute sa place dans les Pyrénées. Elle partage sa vie et son métier avec Arsène, opposant au plantigrade.

« Il est passé juste là, au-dessus du muret, derrière la cabane. Il a aussi ravagé les ruches de Dominique, plus bas, à Embessal. Mais bon... » Catherine Brunet enfile ses sabots de jardin et remonte ses lunettes sur le nez. Plus que l'ours, c'est le gypaète barbu qui l'ennuie : « Pas moyen d'avoir une basse-cour avec ce rapace-là. Il bouffe tout, les poussins et les canetons. Faut construire un poulailler. » L'éleveuse de brebis est frustrée de ne pas pouvoir élever de la volaille. Elle se baisse sur son semis de radis pour y arracher une mauvaise herbe. Elle se relève, la main gauche sur les reins, l'autre qui décrit un arc de cercle montant vers les chênes, puis les mélèzes, puis les rhododendrons sur les alpages des sommets : « Et pourquoi est-ce qu'il n'aurait pas sa place, l'ours, dans toute cette montagne ? »

Siguer, village encaissé à 1 000 mètres d'altitude sous le pic du Taïchou. Des pieds de tomates dans le potager de Catherine et une maison de bois posée au-dessus de la bergerie, seule construction habitée du hameau des Centraus. « On y a un peu d'eau chaude, l'été. Quand le soleil tape sur le tuyau noir qui arrive de la source. » L'hiver, c'est le poêle à bois qui fait l'affaire. Arsène, son compagnon, rentre les165 bêtes pour la dernière vaccination avant la transhumance. Il rit : « Le matin en janvier, il fait ­ 10 °C ici. » Elle lève les yeux au ciel : « Y a que trois mois de neige et puis c'est le printemps... » D'ailleurs, un pétunia a déjà mis ses fleurs sur la terrasse à l'entrée. « Non, celui-là, je viens de l'acheter au Super U de Tarascon-sur-Ariège », corrige la jardinière.

Catherine Brunet n'enjolive rien. Elle raconte sa vie telle qu'elle la vit. Elle milite pour la présence de l'ours dans les Pyrénées. Oui, mais elle peut « avoir la trouille » aussi. Le chemin sous la forêt qui amène au hameau n'est pas carrossable, sinon pour les tracteurs, à peine pour les 4x4. Il s'agit de garer son véhicule au bout de la route, 200 mètres en contrebas et de finir à pied. Elle rit. « Samedi soir en rentrant d'une réunion au village, je savais que l'ourse Boutxy traînait dans les parages. Qu'est-ce que je fais dans ces cas-là ? Eh bien, de la voiture jusqu'à la maison, je chante. » Elle hausse les épaules comme pour signifier que c'est là son lot de montagnarde.

«S'il est menaçant, je me sers du fusil»

Cette fille de paysan normand a choisi les Pyrénées. Et toutes les petites misères qui vont avec. C'est aux hommes, pense-t-elle, de se plier à leur milieu. L'ours était là avant elle. « Je n'ai jamais aimé vraiment les chasseurs, dit-elle encore. Mais ici, j'ai été obligée de me faire à leur présence. Les touristes en ballade dans la montagne non plus, c'est pas mon truc, mais je m'y suis faite aussi. »

Catherine Brunet s'est habituée à tout. Elle a du caractère. Il en faut pour combiner l'élevage et le militantisme pro-ours dans un pays régulièrement fréquenté par Boutxy qui tue des brebis, casse les ruches de sa voisine, fait hurler les chiens la nuit et la pousse à chanter le soir. Il lui en faut aussi pour partager avec Olivier, un éleveur voisin, les 2 000 hectares d'estives loués en montagne à la saison des transhumances. Olivier est un militant anti-ours de la première heure. A la saison d'hiver, c'est son syndicat, la Confédération paysanne, qu'elle partage avec lui. Tant qu'à faire, elle s'est aussi habituée à partager sa vie avec Arsène, qui se range dans le camp des anti-ours. « Il ne peut pas faire autrement, l'excuse Catherine. Tous nos voisins sont anti. » Arsène l'écoute parler, puis indique à ses visiteurs qu'il ne faut pas gober tout ce qu'elle dit : « C'est comme ça avec les politiques... » Les deux, bientôt quinquagénaires, se sont rencontrés en 1980 à l'école de bergers de Salon-de-Provence. Ils se taquinent plus ou moins rudement depuis.

Catherine prend le café dehors ce matin, en attendant Graham, le vétérinaire anglais de Tarascon-sur-Ariège, qui doit piquer ses bêtes contre la bruxellose. Didier est venu de Sem, commune accrochée sur l'autre versant, pour donner un coup de main. Il est antiours lui aussi. Il explique qu'il est opposé au plan de réintroduction de la bête, mais qu'il n'en veut pas à la bête elle-même : « La Politique agricole commune, la PAC, fait plus de ravages que l'ours chez les éleveurs. Il n'y a plus assez de monde dans la montagne pour garder les troupeaux », rumine-t-il. « Tiens, regarde : la forêt arrive maintenant jusqu'aux habitations, reprend Arsène. Ce n'est plus entretenu. Normal que l'ours vienne roder près des villages. » Il désigne d'un geste les toits d'ardoise qui disparaissent sous la friche. « Il n'y a plus que nous maintenant, quand il y avait des dizaines de familles en 1920. J'ai des photos. » Les éleveurs de brebis sont effectivement les seuls à empêcher la broussaille de gagner sur la terre des hommes. « J'ai en horreur le terme de jardinier du paysage, frémit soudain Catherine. Je préfère dire que les éleveurs entretiennent la montagne, qu'ils sont d'utilité publique. »

L'ours, parfois, bouleverse les positions attendues. « Moi, je ne tirerai jamais sur lui », annonce Arsène, l'antiours, dans un grand moment de paix. « Faut être fou ! S'il est menaçant, moi, je me sers du fusil », répond paradoxalement Catherine. « L'ours n'est jamais menaçant, rectifie Didier. C'est seulement l'ourse suivie de ses oursons qui peut l'être. » La contradiction n'est qu'apparente. Didier est un anti qui peut défendre la vie sauvage. Graham, le vétérinaire, qui dit « ne rien comprendre à ces histoires d'ours », n'est pas sûr de mieux comprendre les histoires d'Ariégeois. « C'est pourtant simple, résume Catherine. L'ours, ce n'est qu'une bête de plus dans la montagne. Quand il est derrière les brebis dans les estives, il n'est plus dans les vallées. Mais les chiens n'y sont plus non plus. Ils sont avec les troupeaux, là-haut. Et du coup, ce sont les renards et les sangliers qu'on retrouve dans les jardins... Il faut accepter la vie telle qu'elle est. Sans cela, il n'y a plus de Pyrénées. » Elle ne conçoit pas qu'on puisse ne pas comprendre que « la nature est un tout, et pas seulement le bien des éleveurs ». Didier la relance sur le projet de parc fermé pour les ours que viendraient visiter les touristes. « Mais tu te rends compte de ce que tu dis ? réagit Catherine. Des bêtes sauvages enfermées pour que les brebis puissent aller en toute liberté dans la montagne ! Mais où va le monde des éleveurs ? Il marche sur la tête. »

«ça lui apprendra à être anti-ours»

Les brebis sont vaccinées, Arsène les marque d'un trait bleu, Didier enregistre leur numéro d'identité. Le chat de la maison a chapardé le reste de beignets sur la table de la terrasse. Catherine regarde ses mails dans son bureau. Elle travaille à mi-temps pour le compte du ministère de l'Ecologie, en tant que coordinatrice de l'Association pour la cohabitation pastorale (ACP). Ce qui lui a valu de retrouver parfois sa voiture les quatre pneus crevés ou taguée du mot «salope».

Arsène ne commente pas. Lui-même n'est pas toujours au mieux avec les opposants à l'ours. Il a accepté les financements du même ministère de l'Ecologie pour s'équiper en chien de garde patou. « Les anti pensent qu'accepter cet argent revient à se prostituer », se désole sa compagne. Catherine veut bien défendre son homme, mais elle ne veut pas pour autant de lui dans son association, « ça lui apprendra à être anti ».

En attendant, Arsène ne saurait plus se passer de Solar, son nouveau chien de troupeau. Il plisse les yeux et sourit sous le soleil de midi. Lui revient une scène vécue l'été dernier, en haute montagne, à Siguer-Neych : « Solar courait après l'ours qui glissait sur la pente en tentant de lui échapper. Comme, en cas de danger, les brebis tâchent toujours de coller à leur chien, elles le suivaient dans sa chasse. J'ai donc vu l'ours avec un troupeau de brebis à ses trousses. » L'image fait rire Didier, elle attendrit Catherine. Arsène se souvient avoir vu une autre fois le plantigrade s'amuser comme un gosse à faire des roulés-boulés sur les pentes : « Les antiours, comme Didier ou moi, c'est avec un caméscope qu'on préférerait chasser. » Il existe des militants antiours plus acharnés.

Un luxe écologique ?

Arsène fait des extras chez un boucher de Tarascon et Catherine chez Nelly Olin. Il faut faire bouillir la marmite et le troupeau n'y suffit pas toujours. Mais c'est cette vie-là qu'ils ont choisie, plutôt rustique. Franchement rustique, même : « On va se construire un poulailler, calcule encore Catherine. Et après le poulailler, j'espère qu'on se fera une salle de bains. » Mario, 16 ans, le dernier des trois enfants, prépare une mixture au savon de Marseille pour laver les bêtes avant la transhumance. « Avant, on leur passait un produit chimique espagnol pour les débarrasser de la gale. C'est plus naturel comme ça. Je suis pour coller à la nature, dit-elle. Pour le respect de ce qui nous entoure. »

Catherine voudrait être naturellement écologiste, en quelque sorte. Elle aurait préféré un âne pour transporter le ravitaillement des bergers l'été sur les estives. « Mais c'était trop dangereux sur certaines zones », explique-t-elle. Il y a 1 400 mètres de dénivelé entre la route dans la vallée et les cabanes. Du coup, le bois, le sel, la nourriture du berger et les croquettes de ses chiens y sont héliportés. Elle trouve que c'est plus pratique, tout compte fait. Elle, qui ne veut pas être qualifiée de jardinière de l'espace, remarque que l'héliportage, comme la formation des chiens de troupeau patou ou les clôtures électriques des estives, est financé par la direction régionale de l'Environnement ­ non par le ministère de l'Agriculture. Elle préférerait que le pastoralisme soit considéré comme une activité économique créatrice de richesse plutôt que comme un luxe écologique. « Il existera bientôt un office pour les éleveurs, comme il existe un département des affaires indiennes aux USA », répond, moqueur, un fonctionnaire pro-ours de l'Environnement. La paysanne du hameau des Centraus a le sourire défait : « Même au ministère de l'Agriculture, ils nous disent que l'élevage en montagne, de toute façon, ce n'est pas rentable. »

par Gilbert LAVAL

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20 mai 2006

Catherine Brunet : Ours, les moyens de protections

Conjointe d'éleveur sur siguer et possédant 150 brebis, depuis l'année 2000, année où nous avons apris que boutxi sévissait sur l'estive d'a côté, nous avons mis en place des moyens de protection : le fameux chien de montagne des pyrénées, appelé aussi patou. Le ministère de l'écologie nous a aidé pour l'acquisition de ces chiens. Nous avons réorganisé notre exploitation : nous mettons en place des parcs électrifiés et quand cela n'est pas possible, mon conjoint à repris la garde du troupeau l'aprés midi.

En estive, réputée difficile, nous avons préféré nous battre aupres du ministère de l'agriculte pour qu'il nous finance un 2 ème berger plutôt que de nous battre contre l'ours. C'est vrai que cela n'est pas facile de changer de pratique. mais je ne comprend pas pour certains éleveurs qui savent que l'ours traverse leur exploitation où leur estive ne mettent pas en place ces moyens de protections. Non ne me dites pas que cela n'est pas possible (beaucoups d'éleveur le font, plus que l'on ne le croit), que le gardiennage fait maigrir (le berger à quoi sert-il alors). ne me dites pas que sans gardiennage les bêtes ne disparaissent pas, connaissent la limite de votre exploitation ou de l'estive.

Tout le mois d'avril, et ce week end encore, boutxi est passé sur notre exploitation. Nous le savons car nos patous passent leur temps à " le" prévenir qu'il ne doit pas s'approcher de notre bergerie...et quand nous sortons voir de quel côtés nos chiens vont, nous savons que tel ou tel rucher aura des dégats car malheureusement les moyens de protections n'ont pas encore étaient installé.
Nous sommes en Ariège, en France, en 2006, pourquoi se battre contre l'ours plutôt que de vivre avec.

Catherine Brunet

[Romuald : Je n'ai rien à rajouter. C'est plein de bon sens]

17 mai 2006

Mangez de l'agneau Broutard du pays de l'Ours pour soutenir les bergers pour la cohabitation

Découvrir l'agneau Broutard du Pays de l'Ours : L'été arrive, mangez de l'agneau broutard élevé par des bergers favorables à la cohabitation avec l'ours.

Agneau Broutard du Pays de l'oursPour manger de l'agneau pyrénéen de qualité, élevé par des bergers qui sont favorable à la cohabitation, vous pouvez commander de l'agneau Broutard : un agneau naturel emballé sous vide en parts individuelles.

Le Broutard est découpé en morceaux libellés et sous vide. Le broutard est vendu uniquement sur commande et par correspondance, conditionné en caissette de broutard entier ou demi-broutard, la viande est découpée et emballée sous vide en parts individuelles prêtes à congeler. Le produit frais sous vide peut se conserver 10 jours au réfrigérateur.

  • Agneau Broutard naturel entier (12-20 kg) : 11,00 €/kg
  • Agneau broutard naturel demi (06-12 kg) : 12,00 €/kg
  • Agneau Broutard bio entier (12-20 kg) : 12,50 €/kg
  • Agneau broutard bio demi (06-12 kg) : 13,50 €/kg

Agneaux Broutard du Pays de l'oursLivraisons hors département de l’Ariège : supplément de 0.50 €/kg.

Pour commander, téléphoner au 61 66 86 83. En fonction des disponibilités, les éleveurs des Estives du Pays de l'ours vous informerons de la date de la prochaine livraison (autour du 20 du mois). Si votre commande est validée (fonction des disponibilités et de la production), votre colis sera alors disponible au point de vente que vous aurez choisi :

  • Magasin «La Fermière», 19, Bd de l’Europe - 31120 Portet sur Garonne - Tel : 05 61 72 33 31
  • David Cheuzeville éleveur- 3160 Arbas - Tel : 05 61 90 23 55 - Sur rendez vous, appeler après 19h
  • Société « Kerimel », Zone industrielle - 09600 Tabre - Tel : 05 61 03 23 70
  • Saint-Girons - Livraison sur rendez-vous: Contacter Francis après 19h
    Tel : 05 61 66 86 83

Estives du Pays de l’Ours - Esbintz - 09140 SEIX - Tel : 05 61 66 86 83

L'Association Cohabitation Pastorale (ACP), des éleveurs favorables à la cohabitation avec l'ours

Communiqué de l'Association Cohabitation pastorale (ACP)

ACP Association Cohabitation pastoraleL'ACP est une association d'éleveurs favorables à la cohabitation avec l'ours qui produit des agneaux " Broutards du Pays de l'ours ".

L'ACP, association pour la Cohabitation appelle tous les éleveurs, bergers, apiculteurs et tous autres sympathisants du monde pastoral et montagnard des Pyrénées à manifester le samedi 3 juin à Luchon à 14H 30 au Parking du Casino pour que la coexistence Agriculture-Environnement ne soit plus en opposition.

La cohabitation avec l'ours est possible

L’ACP dénonce :

  • Les mensonges énoncés lors des manifestations anti-ours sur la problématique de la coexistence ;
  • Le manque de démocratie au sein des divers syndicats et structures agricoles se positionnant contre l’ours ;
  • La violence utilisée pour intimider les éleveurs et bergers voulant participer à la construction d’un pastoralisme respectueux de l’environnement et de ses différents acteurs ;
  • Les contradictions des Associations telles que l’ASPAP et l’ADIP, qui parlent de défense d’identité et de patrimoine en s’opposant aux bergers et aux Patous (indispensables à la coexistence) et à l’ours, tous les trois faisant partie du passé et du présent patrimonial économique des Pyrénées.

L’ACP propose un débat médiatisé sur le devenir de nos activités, avec l’ASPAP, l’ADIP et toute autre structure agricole, afin de déterminer vers quelles pratiques nous devons nous orienter pour un pastoralisme «durable», et permettre la coexistence, non seulement avec la faune sauvage, mais également avec tous les autres utilisateurs de la montagne.

Le site de l'ACP et du Broutard du Pays de l'Ours

Lire aussi à propos de l'ACP

14 juin 2005

Association Cohabitation pastorale

Catherine Brunet, éleveuse, animatrice de Cohabitation pastorale, à propos de la réintroduction des ours dans les pyrénées

«Cette décision nous semble nécessaire pour la survie de l'ours. Nous sommes contents que les choses soient clairement énoncées, nous allons pouvoir faire passer ce message auprès des éleveurs et des apiculteurs: la cohabitation n'est pas facile, mais elle n'est pas impossible.

Qu'il y ait cinq, dix ou trente ours, c'est à nous de changer nos façons de travailler : être plus présents, installer des clôtures quand c'est possible, ne plus lâcher nos bêtes sans surveillance, travailler avec de plus petits troupeaux. L'ours n'est qu'un aléa parmi d'autres, ce n'est pas la peine de focaliser dessus. Il y a trois semaines, trois brebis ont été tuées par des chiens. En s'attelant au problème de l'ours, on s'attelle aussi aux autres : les loups, les chiens...

En surveillant mieux nos troupeaux, nous limitons les pertes dues aux autres prédateurs. Sa présence va nous pousser à mieux travailler. Le pastoralisme a évolué. La montagne se désertifie. Nous voulons redevenir paysans au sens noble du terme et offrir à nouveau un travail de qualité en montagne. Il n'y a pas à choisir entre l'homme et la faune sauvage. La faune sauvage est là, c'est à l'homme de vivre avec.»

L'association Cohabitation pastorale regroupe 46 éleveurs, bergers et apiculteurs."

17 mai 2005

Rencontres pastorales : coexistence avec la faune sauvage

L'Association Cohabitation Pastorale (ACP) organise à Gap, les premières rencontres pastorales sur les moyens de coexistence avec la faune sauvage. Cette année le thème sera :

Comparaisons des moyens de coexistence entre pastoralisme et prédateurs dans les massifs Alpin et Pyrénéen.

le vendredi 10 juin 2005 au foyer Saint-Louis - Gap

Aussi bien dans les Pyrénées que dans les Alpes, la présence de la faune sauvage dans nos montagnes fait débat.

Parallèlement à cela, notre culture paysanne empreinte de savoirs-faire, nos métiers de bergers et/ou d’éleveurs de montagne garants de la cohésion du tissu socio-économique de montagne, de l’entretien des paysages et du maintien de la biodiversité floristique et faunistique, continue à disparaître.

Convaincus que l’avenir du monde pastoral ne pouvait se faire au détriment des évolutions de la société, l’Association pour la Cohabitation Pastorale organisera un ensemble de rencontres professionnelles sur les différents massifs alpins et pyrénéens.

Plan_gap_acp_1Ces premières rencontres seront l’occasion d’échanger et de proposer des solutions pour permettre une meilleure suportabilité et ainsi amener le pastoralisme sur la voie du développement durable.

Si vous souhaitez participer à ces échanges, l'A.C.P sera heureuse de vous accueillir à Gap, le vendredi 10 juin  prochain.

Jean Muratet.

Programme

matinée du 10 juin

  • 8h30 Accueil des participants
  • 9h    Ouvertures des rencontres
  • 9h10 Présentation de la problématique alpine
  • 9h30 Présentation des Mesures T (Alpes)
  • 10h30  Présentation des Mesures Ours (Pyrénées)
  • 11h30  Echanges

après-midi du 10 juin

  • 13h00  Repas avec les produits du pays
  • 14h30 Table ronde : Avantages et limites des outils existants :  (Chiens de protection, Aides Bergers, Eco volontaires, Bergers itinérants, …)
  • 16h30  Table ronde : Echanges pour proposer des améliorations
  • 18h30   Clôture des rencontres

Rencontres organisées par L’Association Cohabitation Pastorale
Centraux 09220 SIGUER

Pour plus de renseignements concernant les rencontres, vous pouvez contacter Mr Jean Muratet ( Chargé de communication au sein de l’Association pour la Cohabitation Pastorale) ou par téléphone au 05 61 04 49 45

L'Association Cohabitation Pastorale

Pour une cohabitation pastorale 

Communiqué de l'A.C.P. du mercredi 9 Février 2005 

Cohabitation_acp_1Parce que l'on vit la fin du monde paysan, au profit d'une logique productiviste irraisonnée, nous voulons, tant qu'il en est encore temps, sauver l'avenir du pastoralisme et préserver ainsi les valeurs et la viabilité de nos métiers de bergers et /ou d'éleveurs en montagne.

Qu'adviendra-t-il des espaces montagnards si le monde pastoral continue à suivre la logique qui a prévalu jusqu'ici ? Les milieux se refermeront et se banaliseront à cause de la diminution constante du nombre d'éleveurs et faute d'une conduite guidée des troupeaux.

Une grande partie de la biodiversité floristique et faunistique liée à ces modes de pratiques disparaîtra. Nos montagnes, par manque d'entretien, reprendront un caractère plus hostile et perdront de leur attrait au profit d'autres massifs encore gérés convenablement.

La volonté publique de renforcer la population d'ours dans le massif pyrénéen est pour nous une opportunité qu'il convient de saisir , afin de se remettre en cause pour arriver à assurer un avenir et une reconnaissance au métier de paysan, garant d'un écosystème montagnard de qualité.

Pour nous, éleveurs, apiculteurs, et bergers, une cohabitation est possible et a déjà fait ses preuves au sein de certaines structures. Les moyens dont nous disposons :

  • mesures d'accompagnement pour améliorer nos conditions de travail,
  • parcs de nuit,
  • chiens de protection,
  • gardiens itinérants,
  • aides bergers,
  • cabanes intermédiaires,
  • valorisation des produits comme le Broutard du pays de l'ours...

sont autant de mesures que nous testons et qui restent l'objet de concertations. Toutes ne remplissent pas leur rôle à la perfection et demandent à être améliorées ou adaptées aux caractéristiques du milieu naturel par exemple. Mais, nous restons résolument volontaires pour trouver ensemble les solutions afin que la cohabitation se passe au mieux.

Le Bureau de l'ACP (Association pour la Cohabitation Pastorale)

Pour tout renseignement
Association Cohabitation Pastorale 09220 Siguer Tel : 05.61.05.83.73

Bergers.cep@infonie.fr ou jmuratet.ACP@wanadoo.fr

Acp Life_coex_1 Natura_2000

Tous les bergers ne sont pas dans le même panier. La Buvette est heureuse de faire un peu de publicité à cette Association prônant la cohabitation entre pastoralisme et prédateurs. Il y a des .org qui se perdent (si vous voyez ce que je veux dire !)

02 novembre 2004

Francis Chevillon : berger et pro ours : qui a dit incompatible?

Une Interview de Francis Chevillon, éleveur et berger à Esbints

Francis CHEVILLON, pourquoi êtes-vous pour l'ours ? La question qui revient le plus souvent en ce moment c'est l'Ours. Que pensez-vous de l'ours? Pourquoi vous, berger, dîtes-vous que vous êtes pour l'ours?


Berger Francis CHEVILLON : Réponse difficile, il y a plusieurs niveaux.

Fondamentalement, profondément, en tant qu'être humain et pyrénéen je crois que nos montagnes ne seront plus les mêmes; qu'elles perdent un peu de leur magnificence à chaque fois qu'un ours meure. Il est mythe et symbole de notre pays, il en est partie intégrante depuis toujours. Plus concrètement, il est aussi la preuve que nos paysages restent naturels où une biodiversité est encore possible et pas simplement un semblant de nature fait pour et par l'homme.

De façon plus pragmatique: Il y est. Des personnes sur lesquelles moi, berger, n'ai aucun pouvoir ont décidé en 1994 de réintroduire trois animaux de Slovenie. Que faire sinon composer, tente de s'adapter?

Il est vrai que "Monseigneur Martin", bien que n'étant pas carnivore se permet à l'occasion de croquer quelques brebis (une quarantaine/ours/an) et j'aime trop mes animaux pour les perdre de cette façon, alors?

La vraie question qui reste posée est: "A-t-on les moyens d'éviter ces attaques? De tendre vers une prédation minimum acceptable? Maintenant, après cinq ans d'expérience et plusieurs visites de "Moussu", je crois que oui. Si 'on accepte de voir les choses en toute objectivité, au dessus de toutes passions et si tous les interlocuteurs acceptent - eux aussi - que le pastoralisme est un maillon essentiel de l'activité pyrénéenne et ne prônent pas le tout-nature-sauvage au détriment de nos activités quotidiennes d'éleveurs, de berger, de vacher.

Et puis, democracie et honnêteté oblige, il faut bien tenir compte des dizaines de milliers de signatures qui ont afflués sur les sites des "defenseurs de l'ours" quand bien même elles seraient citadines. Je ne vois pas ce que les éleveurs gagneront à se marginaliser encore plus.

Reste à résoudre -- et non à continuer de creuser! -- le fossé qui existe entre la position des politiques, des écologistes, des éleveurs ou des pâtres. Faut-il que ceux qui "savent" décident encore et toujours seuls? L'ours dans cette affaire n'est-il pas le symbole, la "goutte qui fait déborder le vase" des multiples problèmes qui se posent aux éleveurs montagnards: désertification, chute régulière des cours, mondialisation, évolution productiviste de l'agriculture qui entraînent un mal vivre dans les vallées, perte de culture, de références, assistance, primes diverses générant un sentiment de frustration sinon de culpabilité.

Une solution ne serait-elle pas une table ronde, des assises entre les différents interlocuteurs sur le thème "quel avenir pour les Pyrénées?" ou "Quel type de ruralité souhaitons-nous mettre en place?"

Le monde agricole a souvent été caracterisé par son immobilisme, son refus de changement. En cela aussi l'ours dérange. Il est difficile d'admettre l'idée de devoir changer ses pratiques pastorales, et pourtant les pratiques ont déjà plusieurs fois changées. Que de différences entre les fruitières d'antan et la gestion actuelle où l'on trouve un pâtre pour 1000 à 2000 brebis, un vacher pour 100 à 300 vaches! N'y a-t-il pas là matière à réflexion, d'imaginer un partage de la montagne avant que celui-ci soit imposé de l'extérieur avec tous les inconvénients que cela induira automatiquement. Apprendre à partager son lieu; avant il y avait un seul utilisateur: l'eleveur-berger. Maintenant il y a l'eleveur propriétaire des animaux, le pâtre de plus en plus souvent simple salarié, le chasseur quelque fois citadin, les différentes formes de tourisme, les différentes catégories de "techniciens" aux conceptions plus ou moins floues concernant les pratiques environnementales de gestion de l'espace, les écologistes plus ou moins integristes etc...

En guise de conclusion provisoire quelques questions: Un vrai débat est-il possible? A-t-il jamais eu lieu? C'est (me semble-t-il) de concertation dont on manque le plus. J'espère que ces quelques lignes feront progresser la réflexion, que l'on arrivera un jour à réunir de façon positive les naturalistes, les pastoraux, les représentants de l'Etat, les politiques et que les rêves commenceront à s'ancrer dans une réalité acceptable pour tous.

Juillet 2000

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