Petite comparaison entre le «Manifeste du Val d’Aran» et le programme «Attention ours» du "Ministère des richesses naturelles" en Ontario.
L'exception française
En France, au lieu de «nature» ou de «richesses naturelles» on parle d' «environnement». L’environnement c’est ce qui environne l'homme qui lui est «au centre», par exemple, les paysages de campagne ou de montagnes, les champs cultivés et les prairies où paissent les animaux de la ferme, les jardins entretenus, les haies et les taillis, les bois et les routes, tout ce qui constitue les «paysages que nous aimons tant», soigneusement "entretenus" par les agriculteurs et les collectivités. Tout ce qui est entretenu par l'agriculture devient pour vous la «biodiversité à visage humain» ou plutot «la biodiversité à USAGE humain» comme a judicieusement corrigé un lecteur de la buvette.
Au diable les «mauvaises herbes», les épineux qui envahissent, les plantes non cultivées et inutiles : tous ces bruyères qui envahissent les herbes tondues par les ovins, prémices à l'arrivée de ligneux et à l'infâme ensauvagement du «patrimoine entretenu» par des troupeaux de tondeuses grégaires. Il faut avoir peur, la forêt gagne du terrain !
Au diable tout ce qui vit et se reproduit sans intervention de l'homme, les bêtes «nuisibles» ou «sauvages» (non gibier évidement) qui «ensauvagent» votre montagne, surtout si elles se situent au sommet de la chaine alimentaire. Le sommet de la chaine, c’est la place de l’Homme. D'ailleurs l'agriculteur montagnard ne partage pas, il exploite et est à l’origine du «progrès», de la «richesse», de la «vie» et est le garant des «traditions» chères au journal de 13h de TF1.
Richesse ? Quelles richesses ? Qui vous fait vivre? Bien souvent les subventions payées par les de ceux qui ont trouvé une occupation génératrice de revenus et bien mieux, de bénéfices ! Tous ces parisiens ou ces citadins planqués dans des bureaux, ces écologistes qui vous empêchent d'exploiter et de «vivre». Malgré cela, vous sombrez économiquement. A cause de quoi, de qui ? A cause de l'ours, pardi.
Il faut signer le « Manifeste du Val d’Aran»
Dans deux jours, les plus motivés de tous les gens qui sont «contre» quelque chose : la nature, les bêtes sauvages, les touristes, les intellectuels, vont se déplacer à Les, dans le Val d’Aran pour entendre et signer votre manifeste.
Parmi eux, beaucoup d'éleveurs ovins qui sont contre beaucoup de choses mais pour l’argent. Les éleveurs ont besoin des aides, qu'elles soient syndicales, communales, départementales, régionales, nationales, ou européennes pour survivre.
Pourvu que leurs déficits chroniques, immuables, éternels soient comblés. Pourvu que les petits chefs syndicaux parviennent à redistribuer un peu des aides destinées aux céréaliers. Pourvu que les politiciens locaux se mettent en grève de la faim, qu'ils gueulent dans les assemblées, se couchent au milieu de la route, montent sur les estrades pour entonner des cantiques arrosés, des chants pastoraux, des agricoles et traditionnels.
Qu'ils soient français ou espagnols, éleveurs au bord de la faillite, régionalistes bon teint, politiciens locaux incapables de gérer autres choses que leur réélection, chasseurs paniquant devant l’éventuelle perte d’une once de liberté et volant au secours du «pobre Luis», ils seront tous là. Et parmi eux, dans son village, le pauvre Luis, sauvagement mordu par une ourse pour ne pas avoir voulu concéder une journée de chasse, alors que l'ourse était là. (Photo : Luis Turmo, "pobre Luis")
Tous les adeptes de ce «manifeste» pompeux vont se réunir dans le Val d'Aran à l’invitation de l’ASPAP pour, lors d'une journée que le «guide de pays» multi-forums annonce «Enorme», «colossale» et «internationale», pour signer ensemble, avec du sang de brebis sans doute, un nouveau document, une énième «déclaration des Pyrénées» intitulé «Manifeste du Val d'Aran» et contenant toutes «leurs vérités» et leurs griefs. Le Manifeste du Val d’Aran a été écrit en catalan, en aranais et en français. Les idéologues ultrapastoraux ont couché sur papier leur haine de «l'autre homme debout», de cet «autre semblable».
Ce manifeste du Val d'Aran sera lu sans doute par un grand tribun, un «politique» d'une petite contrée, qui électrisera la foule tout acquise à sa noble cause : l'extermination du prédateur prétendument responsable de la misère agricole pyrénéenne.
Le manifeste précédent a été rédigé par un gourou décrit pas son collègue comme «pas que sympa et intellectuel, mais aussi compétent et qui sait de quoi il parle en matière de pastoralisme et de son histoire». Un suivant viendra après, les étagères croulent sous les manifestes inutiles…
Alors que l'agriculture est au repos et les ours dans leurs tuttes, il faut mobiliser les fonds de paniers, récurer les comices, les GAEC, mobiliser dans les vallées, au bord des zincs, dans les forums spécialisés et partout où ils le peuvent pour amener, sous une pluie que j'espère battante, sous une neige que j'espère mouillée, dans un froid que j'espère de canard, sous une bise que j'espère perçante, tout ce que les Pyrénées comportent de conservateurs rétrogrades, de bouffeurs d'écolos, d’exploiteurs de nature, d'inconscients des besoins des générations futures, de défenseurs des «traditions» (pastorales), du «patrimoine» (pastoral aussi), et de militants agricoles aux abois.
Je cite l’aboyeur public de service s’adressant aux Nemrods : «pour info, et tous les chasseurs y sont invités, notamment ceux de sangliers, mais aussi les randonneurs, les éleveurs et tous les acteurs du tourisme, une manifestation aura lieu à Lès dans le Val d'Aran en Espagne (5km de la frontière) le samedi 6 décembre (…)». Viendez ! Viendez manifester dans le Val d'Aran ! Un projet de manifeste sera soumis à la "signature populaire" de tous les antis présents sous la pluie et la neige.
Le 6 décembre, la montagne va accoucher d'une souris. Comme aux «Pastoralies», où parti 500, ils se virent 10000 en arrivant au port, on peut déjà être sûr que la journée sera «énorme», la mobilistion «grandiose», le manifeste «incontournable», le message «révélation», le gouvernement «obligé de tenir compte du cri de tous les pyrénéens, de cette ferveur populaire».
En fait, il s’agira de la même colère de quelques poignées de braillards minoritaires, toujours les mêmes mais avec leurs collègues espagnols cette fois. Ce seront les seuls qui, motivés par la haine de la nature de l’ours, seront capables de tenir à flan de montagne pour entendre dans le froid ces discours de haine de la nature. Le 6 décembre à Les, les Pyrénées seront délivrées des grognons et des mauvais coucheurs, tous rassemblés à se les geler.
Les autres, la majorité silencieuse, espèrent au printemps une nouvelle descendance pour l'ourse Hvala. Deux ou trois nouveaux oursons pour cette ourse «étrangère» rapidement adaptée aux Pyrénées puisque déjà mère, qui non seulement a "giflé" son agresseur en lui laissant la vie, mais en plus a fait la nique à tous ses poursuivants à pied, à cheval ou en hélicoptère sous les harangues de Francis Boya, le nouveau leader populiste aranais.
Les autres, les silencieux, ce sont des «escrolos», des «intellectuels» (suprême injure jetée à la tête des scientifiques comme Farid Benhammou qui sont «pour», lui en plus, il cumule!), des «écolos de salon», des «bobos», des «fachos de gauche» (Il ne faut pas tout vouloir comprendre), des «verdaches», des «générateurs de coups fourrés» avec qui il ne faut pas discuter, des «talibans de l’écologie», la liste des injures est sans fin, enfin tout ceux qui sont juste bons à être bousculés sur les sentiers étroits et escarpés et avec qui il faut être «intraitables!»
Peu importe si certains militants ultrapastoraux racontent n'importe quoi, comme un de leurs e-porte-parole, un grand lécheurs de bottes qui …
- devient ancien pasteur de quelques brebis avec les bergers : «l'ours ou le loup, ils s'en foutent. Ce qui les intéresse c'est la gestion des territoires pour retourner au sauvage comme il y a 2000 ans. Ils veulent imposer leur vision de la nature sauvage dont la philosophie est tirée du National Socialisme.», Slurp fait la langue.
- devient ancien traqueur avec les chasseurs : «Les escrolos ont effectivement l'intention de demander l'arrêt de la chasse aux sangliers. Par la suite, ce sera celle des chevreuils. Vu les dégâts occasionnés dans les estives et prairies de fauche, il faudrait plutôt accroitre le nombre de chasseurs. Pour ceux qui voudraient manifester contre l'ensauvagement des Pyrénées et pour également la liberté de chasser, cela se passera… ». Slurp.
- est parano avec les comploteurs : «ils appartiennent à une véritable mafia internationale. Les plus dangereux ce sont ceux du WWF.» Slurp.
- reste toujours ferme pour refuser le dialogue : «toute compromission avec eux conduit de toute manière à un conflit. D'où la position des Pyrénéens de refuser de siéger avec ces personnes qui n'ont aucune parole, aucune morale.» Le seul interlocuteur valable étant l'état. D'ailleurs, les lieux d'échange avec les «pour» n'existent pas, aucun forum ou site opposé à l'ours, sauf celui du Grand Charnier n’est ouvert à la contradiction. L’argumentation est-elle trop difficile? Il convient de suivre la parole de l'ASPAP, sans dévier. Slurp.
- devient inventeur de grandes théories sans queue ni tête : «Il y a moins de 2000 ans, il y avait sur toute l'Europe, dont la France et la Belgique (ca c'est pour moi), une multitude d'animaux sauvage tel que ours et loups. Il serait donc légitime de faire des réintroductions dans ce pays si lointain des Pyrénées.» Et il se marre.
- est partisan de l'exclusion. Qui suis-je moi, celui qu'il appelle «le belge» ou «l'honorable (on le dit...) sujet de sa majesté le roi des belges», originaire d'un petit village de campagne pour lui tenir tête, pour ne pas avoir peur des menaces de procès, aussi fausses qu'incessantes. Qui suis-je, à plus de 1000 km des Pyrénées pour militer pour la sauvegarde de l'ours et défendre la faible population résiduelle, en partie privée de femelles dans le Béarn. Cette exclusion kilométrique, cet ostracisme national pour ne pas dire plus est aussi valable entre les vallées. Un jour, Stephan Carbonnaux est traité de «Taliban», un autre «d'adepte de la philosophie du National Socialisme.» (nazi sans langue de bois). Quel mélange de genres!
- fait pression, ne se privant d'écrire au journaliste qui met en ligne un témoignage compromettant pour un éleveur pour qu'il retire sa vidéo et dire « Il faut vraiment être minable pour se prêter à de telles vidéos assez grossières avec très probablement un faux témoignage d'un faux habitant et d'un faux éleveur. Pour tromper (surtout en Ariège) la vigilance des techniciens (et non des experts) faisant les constats de prédation. Ce n'est surement avec la méthode décrite que c'est possible. » Une telle vidéo nuirait à la crédibilité des techniciens de l'ETO, alors que par ailleurs, il les couvre de mépris et les traite « d'incompétents à la disposition des écolos ». Au diable les contradictions.
Mais que dit ce «Manifeste du Val d'Aran» ?
«Ce projet de manifeste élaboré par les élus du Conseil Général d'Aran sera soumis à la signature de l'ensemble des participants élus aranais et français qui se rendront à la manifestation du 6 décembre 2008.
Nous, qui vivons dans les Pyrénées, nous adoptons ce manifeste :
1) - Depuis des centaines d'années les éleveurs et les habitants de ces montagnes ont modelé le paysage : vallées dessinées par les prés, forêts façonnées depuis des temps immémoriaux par le travail anonyme de nos ancêtres. Ils nous ont légué cet héritage : une biodiversité qui est le fruit de la culture pastorale, et du travail des femmes et des hommes de ces montagnes.»
(NDLB : Une biodiversité fruit d'une culture pastorale et d'un travail humain ? Quelles espèces animales et végétales avez-vous créé ? A comparez avec celles que les pratiques pastorales ont détruites)
2) – «Dans le premier Manifeste des Pyrénées, signé à Vielha le 31 mars 2006, nous avons déjà dénoncé les plans de réintroduction de l'ours et autres grands prédateurs qui nous ont été imposés sans aucune concertation, ni le moindre respect pour la volonté des habitants de ces vallées. Depuis leur lancement en 1996, ces plans ont entraîné la réintroduction d'espèces animales qui ont affecté gravement l'activité dans ces montagnes. Ce faisant, on a oublié de prendre les mesures réelles et concrètes pour assurer la survie de secteurs d'activité qui sont, eux, aujourd'hui, les grands menacés de disparition dans les Pyrénées.»
(NDLB : sans concertation ou avec une large concertation que les ultrapastoraux ont boycottée? L'ours aurait affecté gravement l'activité des montagnes : expliquez moi où et comment ? D'ou vient la crise du pastoralisme ? De l'ours ? Mensonges !)
3) – «Aux portes du XXI° siècle, à l'entrée du troisième millénaire, nous, habitants des Pyrénées, nous manifestons notre ferme conviction de vouloir continuer à exister dans des montagnes où l'homme, comme il l'a fait pendant des siècles, occupera toute sa place dans un projet de vie digne et respectable. Nous ne voulons pas disparaître.»
(NDLB : Vous ne voulez pas disparaitre ? Vous avez raison, mais c'est mal parti. Vous ne voulez pas cohabiter, vous désirez éliminer et détruire. Ce ne sont pas ces méthodes qui vous sauveront et vous rendront populaires auprès de vos... clients amateurs de produits sains ou "bio".)
4) – «Nous voulons continuer à œuvrer à la conservation de nos montagnes, mais nous voulons que cette conservation soit aussi celle de notre façon de vivre, celle de notre culture et de nos traditions. Car en effet, sans la présence active de leurs habitants, de leurs éleveurs, de leurs troupeaux, de leur culture, les Pyrénées seraient irrémédiablement conduites à perdre leurs caractéristiques essentielles.»
(NDLB: Les montagnes vont-elles se niveler et disparaître à cause de l'ours? Quand ? Quelles sont les causes profondes qui sont à l'origine de la disparition du pastoralisme ? Vous ne dites pas un mot sur les causes réelles de votre banqueroute. Vous continuez à être aveugle, à refuser de voir la vérité et les vraies causes de vos échecs qui se situent ailleurs. Les prédateurs s bien les boucs émissaires. Triste bêtise de ceux qui foncent à toute vitesse dans le mur en demandant aux autres de payer les dégâts.)
5) – «Depuis des temps immémoriaux, là où on trouvait un berger et son troupeau, le loup et l'ours sont arrivés. Mais jusqu'à l'apparition de l'actuelle législation moderne de l'environnement, les bergers ont toujours su et pu défendre leurs bêtes contre les attaques des ours et des loups. Les règles actuelles nous laissent les mains liées pour contrer ces attaques, et le paiement des dommages, unique alternative que l'Administration Publique nous propose, ne peut devenir une solution définitive. Si son action se limite simplement au paiement des dommages, alors l'Administration aura contribué à transformer l'ours et le loup en prédateurs exclusifs des troupeaux.»
(NDLB : Ce qui vous dérange c'est la «législation moderne de l'environnement», l'éveil de la conscience que l'homme scie la branche sur lequel il trône et détruit la planète empruntée à ses enfants. Cette politique vous dérange ? Remettez vos œillères, foncez tout droit, exploitez les ressources naturelles comme au bon vieux temps du «profit» et du «progrès». Vous nous entrainez vers un suicide collectif. Après-vous le déluge.)
«D'autre part, les incessants dommages de ces grands prédateurs sur le bétail, non seulement déstructurent les troupeaux et rendent invivable le travail pastoral du berger, mais ils découragent les éleveurs. Aussi nous demandons que l'Etat français et ses complices des gouvernements espagnol, catalan et andorran, mettent un terme à ces programmes de réintroduction de grands prédateurs, car ils sont incompatibles avec notre élevage extensif.»
(NDLB: Quels bergers? La plupart des troupeaux sont non gardés. Ceux qui acceptent les moyens de protection obtiennent de meilleurs résultats, cela vous le niez, vous le refusez : les animaux sauvages en captivité, les animaux domestiques (la biodiversité à visage ou usage humain) en liberté. Le bon sens «pastoral» en quelque sorte, l'intelligence complètement déviée !)
6) –«Pour exister, les Pyrénées ont besoin de leurs éleveurs et de leurs habitants, elles doivent alors continuer à être une montagne vivante, dynamique, capable d'intégrer la modernité sous tous ses aspects.
Transformer les Pyrénées en un sanctuaire de quelques espèces animales en éradiquant des montagnes bergers et activités humaines, est une agression contre toute une culture vieille de milliers d'années qui a contribué à ce qu'un équilibre s'établisse assurant la biodiversité de la flore. Cette culture a créé les pâturages et les paysages qui, aujourd'hui, permettent le développement d'une industrie touristique devenue vitale pour de nombreux secteurs économiques de nos territoires.»
(NDLB: Ah, le concept novateur de «la montagne vivante». Avec des ours, la montagne se meurt ? Depuis des millénaires, l'ours est présent. La montagne est-elle déjà morte et depuis quand ? Ou bien est-elle toujours entrain d'agoniser, alors qu'il n'y a presque plus d'ours. Contradictoire, non? Depuis le temps, c'est qu'elle se meurt à tout petit, tout petit feu. Puis les bergers sont arrivés avec leurs "feux pastoraux", le rythme des destructions (des nettoyages, pardon) s'est accéléré jusqu'à créer, comme dans les Pyrénées atlantiques, des montagnes à brebis, pelées comme des golfs. Est-ce cela vos «montagnes vivantes» ? Quelle tromperie gigantesque, quelle pauvreté aussi.) Lire le message publié par Alexis, un pyrénéen, hier...)
7) – «En ce début de XXI° siècle, après des décennies d'oubli, alors que l'ensemble de nos sociétés modernes montre de l'intérêt pour des modes de production agroalimentaire plus sains, les Pyrénées offrent la possibilité de produire ces aliments de qualité, à partir d'une relance de leurs races autochtones, de leurs produits, et de leurs savoirs.»
(NDLB: Les produits de qualité, les «escrolos», ceux qui achètent «bio» sont preneurs, ce sont vos futurs clients que vous injuriez ! Mais ne nous faites pas croire que les agneaux «finis en plaine» sont plus sains, que vos pratiques agricoles sont «propres ». Faut-il tirer ou empoisonner les vautours et les ours pour cela?
Croyez-vous qu'une couche de «Green washing» suffit à faire tout gober? Croyez vous que le marketing léché de Bruno Besche-Commenge suffit pour donner à l'opinion publique, une image écologique responsable de vos associations et de vos objectifs? Croyez vous qu'il suffit de peindre superficiellement en vert vos belles paroles pour dissimuler votre discours profondément anti-environnemental? Vos clients, les «escrolos» deviennent difficiles et plus exigeants.
Marc Laffont a écrit : «Le seul moyen durablement plausible de maintenir une production, indépendamment de sa stricte rentabilité, sera d'être en phase avec un haut niveau de préservation environnementale. L'éradication d'espèces aussi emblématiques, et surtout, indicatrices de la qualité d'écosystèmes, comme le sont les grands prédateurs, est-elle compatible avec une forme de labellisation environnementale ? »
La réponse est non. Vous essayez de tromper le monde. Quant aux races autochtones, sauvez les, je n'ai rien contre, mais à partir de décennies de sélection, vous ne referez jamais l'ancêtre du mouton. Vous n'êtes à la source d'aucune biodiversité. La «biodiversité à visage humain» n'est qu'une biodiversité à «usage» humain. La biodiversité qui, pour vous, n'a pas d'usage, de rentabilité, vous vous en moquez. Elle peut ou doit disparaître. A quoi est-ce que cela sert un ours? A rien, il a juste le droit d’exister. C’est sa sauvegarde qui sert à quelque chose. Avec lui disparaitra la forêt, le grand-tétras et tout «le sauvage», il ne restera de «beaux paysages entretenus et cultivés» dans des montagnes vides, vides d'ours et de pastoralisme, car le pastoralisme n'a pas besoin de l'ours pour disparaître et pour se suicider.)
«Nous savons entretenir nos forêts, nos prés, éviter l'embroussaillement qui prolifère et génère les incendies, nous voulons continuer à le faire pour maintenir nos montagnes et nos pâturages d'altitude dans de bonnes conditions, et pour cela nous demandons l'appui des Administrations publiques.»
(NDLB: Garder la montagne «propre» sans mauvaises herbes ni animaux «nuisibles». Toujours la notion de rentabilité de la biodiversité à USAGE humain. L'homme au centre, l'environnement contrôlé autour, la nature libre au diable ! Et vive les feux pastoraux pour luter contre la forêt, cet habitat mystérieux et sombre où vivent les «bestes sauvages » effrayantes et mangeuses d'hommes. Regardez le «pobre Luis», le rescapé de l'ensauvagement des Pyrénées ! Non à la domestication de ce qui nous reste de sauvage. Le sauvage et le domestique peuvent cohabiter. Votre e-porte parole a dit des défenseurs du plantigrade : «Ce qui les intéresse c'est la gestion des territoire pour retourner au sauvage comme il y a 2000 ans. Ils veulent imposer leur vision de la nature sauvage dont la philosophie est tirée du National Socialisme.» Suivez le chef ; en allemand, le fuhrer.
8) – «Comme nous l'avons prouvé (NDLB : où?) pour la préservation d'autres espèces, nous nous sommes toujours impliqués dans la conservation de la montagne, depuis toujours cette attitude caractérise notre façon de vivre. Mais nous ne voulons pas vivre en permanence comme de simples survivants. Nous voulons, dans les Pyrénées, un avenir pour nos enfants. Nous voulons continuer à voir des éleveurs et des troupeaux, mais pas dans les conditions actuelles d'abandon ni avec le manque de considération dont nous sommes l'objet. Nous voulons contribuer à maintenir vivantes et à conserver les Pyrénées, parce que, plus que tout, c'est le paysage de nos ancêtres et, aujourd'hui, le nôtre.»
(NDLB: Ce à quoi vous êtes attachés, ce n'est pas la nature, c'est le passé, les traditions, la «beauté des paysages de votre enfance», la rentabilité. Or votre activité, vous ne parvenez pas à lui donner une once de rentabilité, vous êtes sur la même branche que l'ours. En cherchant à le faire disparaître, vous disparaîtrez avec lui. Les subsides auront une fin, peut-être pas demain, mais après-demain. N'importe quel indépendant français ferme boutique s'il n'est pas rentable. Plutôt que de réfléchir aux causes de votre marasme économique et aux solutions à apporter pour en sortir, vous êtes obnubilés par les prédateurs dont l'ours qui n’est responsable que d'un peu plus de 300 pertes sur les +-30000 pertes annuelles en estives. Supprimez l'ours, continuez, et après, à quoi allez-vous vous attaquer à la place de prendre à bras le corps les vrais problèmes?)
Analysons ce « manifeste du Val d’Aran » rétrograde, aveugle et suicidaire :
Dans son livre Green Backlash [«Green backlash - Global subversion of the environmental movement» ; Routledge, Londres, 1996], Andrew Rowell dresse, à partir de nombreux exemples, une synthèse des mouvements de réaction anti-environnementale dans le monde, et décrit les méthodes utilisées par les acteurs qui combattent la protection de l’environnement. Votre manifeste est conçu exactement sur le «schéma type de la rhétorique anti-environnementale» des années 90. Ce discours est articulé autour de quatre volets.
1) Il commence par installer les populations locales dans la position de victimes et les protecteurs de l’environnement en position de persécuteurs, faisant porter à ces derniers toute la responsabilité des problèmes sociaux et économiques rencontrés par les populations rurales. Puis il s'attache à récuser les constats scientifiques et à déconsidérer les experts.
2) Ensuite, il propose un concept «nouveau» de gestion des ressources. Par exemple la notion de «Montagne vivante» (ou est la montagne morte, sur la lune?) ou «la Biodiversité à visage humain» (Angel face) qui consiste à partager les espaces protégés avec les acteurs qui veulent les exploiter économiquement, ou l’utilisation rationnelle, qui revient à ne pas laisser des ressources économiques se perdre pour des motifs de protection de l'environnement.
3) Ces concepts sont affichés comme «éclairés» dans la mesure où ils reposent sur un principe auquel il est difficile de s’opposer, et «équilibrés» en ce sens qu’ils considèrent la poursuite de la dégradation de l’écosystème à un rythme raisonnable comme le bon compromis entre ceux qui veulent stabiliser la situation de conservation et ceux qui veulent continuer à exploiter ou transformer les écosystèmes concernés.
4) Sur cette base, enfin, les partisans d’une politique claire de conservation, qui rende compte de ses résultats, sont présentés comme des extrémistes auxquels on attribue souvent des visées cachées, marxistes ou mondialistes, par exemple. (d'après Andrew. Rowell)
Après le manifeste du Val d’Aran, vos exigences
«Pour cela, nous voulons et nous demandons :
1) - Nous voulons et demandons que les Administrations publiques utilisent les ressources publiques pour mettre en œuvre des projets garantissant la présence des éleveurs et des activités traditionnelles dans nos montagnes, en tenant compte des facteurs sociaux et humains qui en dépendent.»
(NDLB: peu importe si nous sommes chroniquement déficitaire, si nous boycottons les réunions destinées à nous aider, si nous ne cherchons aucune solution à nos problèmes, l'Etat, les français doivent être là pour payer et nous entretenir, uniquement parce que nous prenons soin «des paysages cultivés» et de la «biodiversité à usage humain», la bonne,celle des brebis)
2) – «Nous voulons et demandons qu'à l'avenir les principes de la biodiversité soient abordés dans une perspective globale de la réalité de nos montagnes, en tenant compte des facteurs environnementaux, sociaux, et économiques, afin d'assurer un développement durable sous tous ses aspects, et pas uniquement sous l'angle d'espèces emblématiques.»
(NDLB : Veuillez m'expliquer quels patrimoines sont en voie de sauvetage grâce aux actions de l'ASPAP ? L'ours, le desman, le grand tétras, le bouquetin, les isards ? Rien de tout cela, pas même le pastoralisme car vous vous suicidez. La seule chose que vous sauvez, ce sont les «fêtes pastorales», mais elles ne sont plus du tout sympathiques, uniquement militantes. Quel résultat ! Les objectifs de ces fêtes, comme "Les Pastoralies" est le même que pour la battue dans le mythe de l’ours, décrit par Gérard Caussimont : «La battue à l'ours va canaliser l'émotion, les réactions instinctives des bergers et des valléens bien au-delà de la simple vengeance contre le mangeur occasionnel de quelques brebis. Le mythe est un élément stabilisateur qui joue le rôle de « soupape de sûreté» de l'esprit humain dans un système social donné. Dans la société pastorale, c'est la poursuite d'un animal s'attaquant au bétail qui joue ce rôle.»
Belle manière de cacher votre politique anti-environnementale basée uniquement sur l'exploitation et la recherche de «l'utile» derrière un nouveau concept obscur et abscons : «aborder la biodiversité dans une perspective globale de la réalité de nos montagnes, en tenant compte des facteurs environnementaux, sociaux, et économiques, afin d'assurer un développement durable sous tous ses aspects, et pas uniquement sous l'angle d'espèces emblématiques.» C'est votre linguiste qui pond des tirades aussi opaque et vides de sens ?
Ce que voulez c'est qu'à l'avenir l'Etat ne vous emmerde plus avec cette biodiversité qui vous gêne et qui pour vous se limite aux animaux domestiques, que tous les gêneurs et contradicteurs en tout genre soient rayés de la carte, que toutes les personnes étrangères à VOS montagnes vous foutent la paix et que les pyrénéens qui ne pensent pas comme vous continuent à la fermer sous le poids des pressions physiques morales ou politiques. Voilà exactement vos souhaits, mais exprimés sans langue de bois dans un langague politiquement incorrect.
3) – «Nous voulons et demandons qu'au lieu des groupes de travail spécialisés "ours et loups", soit créé un groupe de travail qui envisage comme une totalité le problème de la conservation de nos montagnes : en tenant compte des aspects environnementaux, économiques, professionnels, et sociaux ; en associant des chercheurs et spécialistes de ces divers domaines et des acteurs représentatifs de l'ensemble du territoire.»
(NDLB: traduction : Non aux groupes "ours et loups" où nous ne sommes pas entièrement majoritaire, où les autres ont aussi droit à la parole et où on va nous forcer à négocier, or nous n'aimons pas cela parce que tous ces merdeux d'intellectuels «verts» et «gauchistes» sont bien meilleurs que nous. BBC ne peut pas être partout. Et surtout, des acteurs représentatifs de l'ensemble du territoire (surtout pas du «territoire français», malheureux, le «territoire pyrénéen, sans la plaine» : des bergers, des éleveurs, des maires de petites communes, membres de l'ASPAP pour bien faire, des chasseurs, des valléens respectueux des traditions capables de chanter «Se Canto» d'une traite. C'est ceux là que vous voulez, pas les «escrolos de salon.») Vous désirez un «groupe de travail efficace, rapide, bien géré, économe...» un peu comme l'IPHB quoi, ce que Bonrepaux a toujours rêvé d'avoir...)
4) – «Nous voulons et demandons que, compte tenu de l'échec social du programme Life, les Administrations responsables récréent dans nos montagnes les conditions qui prévalaient avant le début des opérations initiées en 1996, afin que, de façon définitive, soient écartés les effets négatifs qui pèsent actuellement sur nos économies et sur le développement durable de nos territoires.»
(NDLB: L'échec du programme LIFE ? Dès demain, je travaille à la publication des résultats, promis. Qu'avez-vous fait avec tous le pognon investis en pure perte dans le pastoralisme à part boucher des trous. Comment se porte votre activité ? Merci à Marc Laffont qui me fournit des textes exactement au moment où j'en ai besoin. Je le cite :
"Pour la filière ovins viande en Midi-Pyrénées en 2006, et par exploitation :
- Valeur ajoutée de l'exercice hors fermage : 2 400 € (elle était carrément négative en 2005, - 600€)
- Subventions d'exploitation : 34 900 €
- Résultat courant avant impôts : 13 100 €
- Ratio Subvention/Résultat courant : 266 %
- Revenu annuel par Unité de Travail Annuel (1,6 UTA): 8 187 €, soit 682 €/mois. Toutes subventions comprises.
Et 2007, puis 2008, sont annoncées comme pire. Pourtant faible est la proportion de ces éleveurs concernés par la prédation par grands prédateurs. Qui peut croire sérieusement que la disparition d'une petite population d'ours changera quoi que ce soit au problème ? "
Dans le communiqué «Sauver le pastoralisme dans les Pyrénées» qui annonce que l'ASPAP organise une grande rencontre pour défendre le pastoralisme et pour faire signer le «manifeste du Val d'Aran», publié sur le blog du «Grand Charnier» Marc Laffont relève une perle : «(...) le pastoralisme est le garant(...) d´un espace montagnard préservé et sûr.» Alors que la randonnée en montagne en France fait de 50 à 60 morts chaque été. Et à peu près autant de décès pour les loisirs hivernaux (ski, avalanches ou autres), sans compter les accidents de chasse.
La mort du pastoralisme à grande échelle ne viendra pas des grands prédateurs, mais de l'économie de marché et de l'incapacité à évoluer de ceux qui l'organisent.» Est-ce le poids des traditions, du patrimoine, de l'identité pyrénéenne ou la peur du changement ?)
« Institutions publiques, représentants élus des populations, éleveurs, groupements économiques et associations, signataires de ce manifeste, nous le portons devant les diverses autorités de l'Union Européenne, de l'Etat espagnol, de l'Etat français, de la Généralité de Catalogne, du Gouvernement d'Andorre, et devant toutes les personnes et institutions concernées.»
(NDLB: Faites, faites, cela ne sauvera en rien le pastoralisme. Votre « manifeste du Val d'Aran » est une belle supercherie.)
Source : ASPAP
Que ce passe t-il en Ontario pendant ce temps ?
« Attention, Ours »
En Ontario, Le ministère des Richesses naturelles s’est engagé à réduire les causes évitables de conflit entre l’être humain et les ours. Le programme «Attention ours» informe le public sur les ours et sur ce qu’on doit faire pour ne pas attirer les ours dans les zones urbaines ou semi-urbaines. Le ministère collabore avec les dirigeants communautaires dans le but d’instaurer des programmes de prévention à l’échelle locale. Il propose de nombreux outils d’information et de sensibilisation sur les ours, notamment un site web. Le ministère dispose d’une ligne pour s’informer sur les ours et signaler les incidents. Le ministère collabore avec les services de police en cas d’incident impliquant des gens et des ours.
Un guide sur l'Écologie de l’ours à été créé à l'attention des enseignants. Ce programme d’enseignement fournit aux enseignants un outil prêt à l’emploi en salle de classe :
- Des renseignements de base sur les ours d’Amérique du Nord; l’hibernation et les interactions entre les ours et les humains;
- Un aperçu de l’unité d’enseignement;
- Plans de leçon et diverses activités;
- Diverses ressources, dont un glossaire, une liste de livres et de sites web ainsi que des feuilles d’information sur les ours noirs.
Le programme vise à sensibiliser les élèves aux ours – leurs besoins biologiques; leur comportement et les effets de l’activité humaine sur les ours. Il donne des explications sur ce que les gens peuvent faire pour vivre "en harmonie" avec les ours, bien plus nombreux qu'en France : dissuader les ours de s’approcher des propriétés ou des collectivités en sachant ce qui les attire et en prenant les moyens nécessaires pour éliminer ou limiter les tentations. "Cela ne prend pas beaucoup de temps et ne coûte pas cher" (c’est facile en somme, pas comme en France) :
- Renseignez-vous sur les ours et sachez ce qui les attire
- Tenez votre propriété propre et exempte de tout ce qui attire les ours
- Ne nourrissez les oiseaux qu’en hiver
- Faites plus attention à la façon dont vous entreposez et jetez vos ordures
- Mettez sur pied un programme communautaire de prévention contre les ours
"Ce genre de programme contribuera énormément à faire participer et à éduquer le public de manière à éviter le plus possible de tuer des ours inutilement en empêchant les rencontres humain-ours de se produire. Cela contribuera aussi à la sécurité des humains." (Stephen Herrero, expert en matière d’ours et professeur à l’Université de Calgary)
Source : « Ministère des richesses naturelles » de l'Ontario
«Ministère des richesses naturelles», quelle simplicité par rapport à «Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire». Quelle leçon ! En Ontario, les ours sont plus nombreux, plus proches et plus familiers qu’en France. Au lieu d'écrire des «manifestes», des «déclarations», les canadiens acceptent, informent et respectent leurs richesses naturelles !
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