ASPAP

04 novembre 2008

Les ours et les gens, une nouvelle manipulation de l'ASPAP

Les ours et les gens - Un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers, information pour les rencontres hommes ours

Le Parc national du Canada des Lac-Waterton a publié une brochure d'information aux visiteurs intitulée "Les ours et les gens", un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers.

La buvette avait publié cette brochure le 10 novembre 2007 parce qu'elle reprenait les "bons conseils" que les canadiens sont habilités à nous donner en cas de rencontre avec un ours. C'est en effet plus courant chez eux que chez nous.

Dernièrement, l'ASPAP l'a publiée aussi. Bien me dis-je, ils désirent éviter les ennuis et conseillers les promeneurs. Mais non, leur but est différent ...

"La liste des recommandations appelle de nombreuses questions : les habitants des Pyrénées doivent t-ils au quotidien se soumettre aux mêmes règles de sécurité ? Nous invitons tous les vacanciers et amoureux des Pyrénées à consulter ce document, et à nous donner leur sentiment par mail (aspap.contact@gmail.com), à la fois sur ce que vous attendez de votre séjour dans les Pyrénées, sur ce que vous inspire une rencontre potentielle avec l'ours." Le but est clair, à nouveau rependre la peur et la diffuser. Un appel à l'aide aux peureux.

On y voit 2 photos d'un sentier, prises à quelques heures d'intervalle par un appareil fixé à un arbre. Premier passage : un promeneur et son chien, deuxième passage : une ourse et un ourson de probablement deux ans.

Omissions de l'ASPAP

Par contre l'ASPAP ne reprend pas le contenu complet de cette brochure. Certains textes dérangent. Passons en revue les extraits que l'ASPAP ne publie pas :

  • Dans le titre : "un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers" : eux préfèrent parler du danger de l'ours et la conservation de l'ours n'est même pas le dernier de leur soucis, c'est ce qu'ils combattent. On gomme.
  • Dans le sous-titre : "Votre comportement influera sur la survie des animaux sauvages". Inutile d'expliquer. L'ASPAP n'a pas envie d'influer positivement sur la survie des ours qui sont responsables, malgré leur antériorité historique, de "l'ensauvagement" des Pyrénées.

Au printemps, dans les villages

"Après l'hibernation, les ours émergent de leur tanière émaciés, et les sources de nourriture sont encore rares. La neige recouvrant encore les hauts sommets, les ours se rassemblent dans le fond des vallées pour trouver des pousses printanières. Les grizzlis optent pour les pentes avalancheuses ensoleillées et exposées pour y extraire avec leurs griffes des racines et des bulbes. Avec un peu de chance, ils y trouveront peut-être la carcasse d'un animal qui a succombé aux rigueurs de l'hiver...un regain d'énergie crucial, surtout pour les femelles qui viennent de mettre bas."

En France, il n'est pas "pastoralement" correct d'avaliser la normalité de la descente des ours dans les vallées pour chercher de la nourriture. C'est un comportement déviant des ours importés pour les adeptes de la biodiversité à visage humain. On a plutôt droit à «Quelles dispositions l'Etat envisage t-il de prendre pour que ces fauves soient cantonnés loin des villages, dans des zones plus appropriées à leur présence afin que de restituer aux zones habitées leur quiétude [Lettre de Yvon Saint-Martin, maire de Saint-Mamet, Henri Denard, conseiller général du canton de Bagnères-de-Luchon et Francis Ader, président de l'association de défense de l'identité pyrénéenne au sous-préfet. La Dépêche].

Magali Boniface : "Aujourd'hui, les équipes de suivi de l'ours courent dans la montagne pour tenter d'empêcher les ours de rentrer dans les villages. Nous mettons l'Etat en face de ses responsabilités." (Dans Libé Toulouse).On efface.

Le territoire de l'ours

"Les mâles se mettent à la recherche d'une compagne. Parfois, il leur faut parcourir de très grandes distances. Pour trouver de la nourriture et une compagne, les mâles ont parfois besoin d'un territoire de la superficie du Grand Vancouver." Il n'est pas bon de dire que l'ours ne peut pas être cantonné dans un parc. On oublie ce passage. Magali Boniface aborde le territoire de l'ours : "Si on travaille sur l'idée de créer une réserve pour les ours, nous sommes d'accord. Nous sommes prêts à y contribuer et à amener notre expertise. Dans cette perspective, nous travaillons sur un cahier des charges. Et nous sommes prêts à aller plus loin avec l'Etat. C'est le seul interlocuteur que nous reconnaissons." (Dans Libé Toulouse).

Les ours se défendent

"Les femelles sont des mères dévouées. Ici, dans les Rocheuses, les oursons grizzlis peuvent demeurer avec leur mère pendant cinq ans, période pendant laquelle ils apprennent à survivre en montagne. Les femelles défendent farouchement leur progéniture contre les mâles dominants et les autres menaces."

Mais non, messieurs les canadiens, en France, les ours bruns sont différents. Les femelles attaquent les chasseurs, voyez dans le Val d'Aran : "Cette attaque sans précédent l'amènera-t-elle l'Etat à reconnaître que les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? "(Site de l'ASPAP) et les mâles ont une force impressionnante, une détermination et un instinct de tuer, pas comme vos tapettes de grizzly. Informez-vous sur le site de l'ASPAP : "Attaque "infanticide" d'un ours mâle sur trois oursons dans les Asturies. Des images rares d'un évènement qui l'est moins, étonnamment bien  moins médiatisé que les naissances ou les lâchers d'ours. La force impressionnante, la détermination et l'instinct tueur de l'ours brun ne seraient-ils pas bons pour l'image édulcorée et idéalisée du plantigrade ? Des images exceptionnelles dont la violence déchaîne les passions." Tremblez montagnards et touristes, ils descendent dans les villages, devant les écoles. Que vont devenir nos d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? Tout le monde fuit les Pyrénées à cause de ces ours différents de nos bons, chers, et placides ours herbivores disparus. On n'en parle pas.

Régime alimentaire automnal

"Les ours doivent absorber jusqu'à 35 000 calories par jour. Les ours à la recherche de nourriture se fraient un chemin en creusant, en poussant, en frottant et en arrachant ce qui se trouve sur leur passage. Ils laissent dans leur sillage d'importants indices....de gros trous creusés dans (la terre spermophiles et racines), des pierres et des troncs d'arbre retournés (insectes) et des arbustes complètement dénudés de leurs feuilles et de leurs fruits (jusqu'à 250 000 baies par jour, en saison). Que ce soit dans les clairières longeant la forêt, sur les sentiers, le long des routes ou dans les campings, qu'il fasse jour ou qu'il fasse nuit, peu importe : l'essentiel, c'est de se nourrir."

Vous rigolez ou quoi ? Au Canada, oui, pas en France ! Ecoutez Laurent Fabius (ministre d'Etat) : «J’ai toujours été frappé par le fait qu'on avait, importé des ours qui étaient carnivores alors qu'il existe des espèces d’ours brun qui sont herbivores et donc je trouve que là on est dans une absurdité totale ! » et l'ASPAP d'enchaîner : «En Slovénie, on entretient constamment 8 places de nourrissage (une pour 5000 ha en moyenne), (...) au total : 80 tonnes de charogne et 35 de maïs par an (...) Le nourrissage des ours bruns est une des activités régulières dans les méthodes de conservation des ours bruns en République de Slovénie.»

Pour l'ASPAP, habitués à la viande rouge saignante, les ours importés, sélectionnés sur base de leurs mauvais comportements (les slovènes exporteraient leurs ours voyous, comme à Cayenne!), deviendraient carnivores et se jetteraient sur les pauvres brebis non gardées et ... bientôt sur les hommes ! Voyez Hvala qui a sauvagement attaqué sans raison un pauvre chasseur avec de petits chiens ! «L'ours, c’est connu, n’attaque les humains que dans les fantasmes des associations refusant l’ensauvagement du massif qu’elles font vivre, les Pyrénées.» Tremblez montagnards et touristes, vous allez passer à la casserole. Hvala a besoin de calories. Inutile de reprendre cette partie.

Naissances en hiver

"Les ourses mettent bas au milieu de l'hiver....à condition d'être assez grasses. Les femelles de l'ours noir et du grizzli sont toutes deux capables d'implantation différée, c'est-à-dire que l'oeuf fécondé ne s'attache à la paroi de l'utérus que si la femelle a suffisamment de réserves de graisse pour allaiter ses petits. Minuscules et aveugles, les oursons (il y en a habituellement deux) naissent dans le confort d'une tanière sûre, où ils se nourrissent du lait riche de la maman qui dort."

Allez, allez, amis canadiens, pas de sentimentalisme avec ces sales bêtes. Les oursons sont des futurs monstres qui sont responsables de l'ensauvagement de nos belles montagnes sculptées par des décennies de pastoralisme. On a très bien compris la reproduction des ourses. C'est même pour cette raison que nous traquons Hvala. Sans doute gestante, nous nous efforçons de l'obliger à puiser dans ses réserves de graisse. Nous la poursuivons avec un hélicoptère ! Poursuivie, elle ne peut se nourrir ! Si on l'attrape, hop! On la met dans un "parc", comme à Borce, si on n'y parvient pas, avec un peu de chance sa graisse aura fondu, et deux oursons de moins pour l'année prochaine, deux ! Pas con hein le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne.  Faudra penser à lui envoyer de quoi remplir son congélateur avec du Barèges-Gavarnie AOC ! Pas d'anthropomorphisme, on néglige ce passage.

La survie de l'espèce

Conservation_oursImage Parc national du Canada des Lac-Waterton : "La conservation, ce n'est pas une stratégie pour protéger uniquement les ours; c'est une philosophie destinée à protéger l'écosystème tout entier. Les espaces sauvages peuvent survivre, à condition que nous en devenions les intendants, et non les consommateurs."

Les ours peuvent vivre 25 ans à l'état sauvage. Malheureusement, sous l'action de l'être humain, un grand nombre d'entre eux meurent bien avant cet âge, réduisant ainsi les chances de perpétuation de l'espèce. Pour qu'une population puisse assurer sa survie, les naissances doivent contrebalancer les mortalités. Or, le grizzli a l'un des taux de reproduction les plus faibles de toutes les espèces de mammifères de l'Amérique du Nord.

Impossible qu'ils sont les cousins ! "Sous l'action de l'être humain, un grand nombre d'entre eux meurent bien avant cet âge" alors que nous crions sur tous les toits que si Palouma est tombée d'une falaise, la maladroite, que si Franska s'est payée une voiture, que si Boutxy "percute un minibus", que si Balou prend un pet, c'est parce que les ours "estrangers" ne sont pas adaptés aux Pyrénées qui elles, d'ailleurs ne sont plus adaptées aux ours, pleines d'éleveurs et d'agriculteurs qui entretiennent la biodiversité à visage humain et sculptent la montagne propre à grand renfort de feux pastoraux. Ils l'a font vivre avec un pastoralisme vivant, rentable et source d'emploi nombreux et durables. Faut tout leur dire à ces mangeurs de poutine ! Pas question, on gomme à nouveau.

L'habitat d'aujourd'hui : une course à obstacles

"Pendant des millions d'années, l'ours noir et le grizzli se sont progressivement adaptés à leur habitat. Ils sont pourvus d'une intelligence qui leur donne une chance raisonnable de survivre dans ce milieu. Mais les temps changent. Rapidement. Croissance démographique, prolifération des lieux aménagés, activités d'extraction des ressources et activités récréatives... les espaces sauvages sont envahis de toutes parts.

Plus que jamais, les ours ont besoin de l'habitat des parcs nationaux des Rocheuses. Mais leur territoire ressemble aujourd'hui à une course à obstacles. Pour comprendre les difficultés que doivent rencontrer les ours, imaginez-vous en plein coeur de l'été, en train d'errer dans les parcs nationaux de montagne : vous devez tenter d'éviter les foules qui s'assemblent partout sur votre chemin ...dans les villes, dans les campings, sur la route, sur la voie ferrée, sur les sentiers... mais vous devez quand même trouver le moyen d'obtenir suffisamment de nourriture pour survivre.

L'air des montagnes est pour l'ours une carte géographique invisible, qu'il lit avec habileté. Doté d'un puissant sens de l'odorat, il parcourt son territoire en se laissant guider par l'odeur de la nourriture et en s'éloignant des dangers qui se présentent sur sa route."

Non, pas bon, pas bon ! Il ne faut pas faire passer les ours pour des animaux aux capacités d'adaptation élevées. On s'efforce de faire croire aux français le contraire, qu'ils viennent d'un pays plat et qu'ils sont juste bon à faire les poubelles dans les villages.

On est parvenu à avoir un parc sans ours et des ours sans parc ! Merci Jean ! On taille des routes, on exploite la forêt, nos chasseurs ne les lâchent pas, toujours sur leur dos, près des tanières, dans les lieux de repos, avec des chiens. Mon Dieu, ça à l'air encore pire chez vous : dans les villes, les campings et les parcs ! Que Saint-Augustin nous en préserve ! Dès qu'ils s'approchent des fermes, on gueule déjà ! On oublie aussi, heureusement que vous aviez écrit avant un texte que l'on peut récupérer pour foutre la frousse à ces emmerdeurs de touristes citadins !

Qu'arrive-t-il lorsqu'un ours rencontre des êtres humains ?

"Deux choix et un moyen d'adaptation s'offrent à l'ours. Il peut modifier son parcours ou abandonner carrément le secteur, ce qui le prive d'un habitat important. Il peut se montrer agressif : il n'adopte généralement ce comportement que lorsqu'il est surpris de près et qu'il se sent menacé."

Non, ils sont agressifs bien plus souvent que cela ! Ils vont croire que si Hvala a attaqué, c'est à cause du comportement des chasseurs. Des chasseurs qui lâchent les chiens sur l'ours qui se repose, ce n'est pas grave quand même ? En France, c'est la norme en tout cas. On passe

"Lorsqu'il y a affrontement grave, l'unique solution consiste parfois à éliminer la bête, ce qui représente une perte pour l'écosystème."

Ca c'est bon, enfin, le début de la phrase. La fin là, sur l'écosystème, c'est dépassé. Nous on a progressé, on parle de biodiversité à visage humain, d'entretien de la montagne et de sauvegarde des espèces domestiques menacées, de pastoralisme durable/ Pouvez pas comprendre, fait trop froid chez vous pour avoir des brebis.

"Il s'accoutume : à force de rencontrer des humains, l'ours en vient à perdre sa crainte naturelle et se montre de plus en plus audacieux. Il est alors beaucoup plus susceptible de s'introduire dans un camping ou dans des lieux habités, là où il a le plus de chances de trouver de la nourriture ou des déchets qui traînent. Diverses études révèlent que les grizzlis ainsi dénaturés sont trois fois plus susceptibles de mourir de causes liées à l'activité humaine."

Ah enfin, vous commencez à comprendre. Chez nous on en est là ! Si Hvala s'est retrouvé face à face avec ce "Pobre Luis" c'est parce qu'elle n'a plus peur de l'homme, ni des gentils chiens. La preuve ? Au lieu de s'enfuir face au chiens de chasse, elle a fait face et à mis une raclée au "pobre Luis". Quelle agressivité, quel manque de respect des activités humaines ! C'est une dénaturée ! Bruno, Bruno, un nouvel adjectif à utiliser : dénaturée, cela changera de "ours à problèmes". Merci les gars, merci.

"Si encore il n'y avait qu'une seule menace. Les effets cumulatifs de l'activité humaine sur les ours :

  • Construction de maisons et de centres de villégiature
  • Enlèvement et élimination des ours dénaturés
  • Collisions sur les routes et la voie ferrée
  • Croissance démographique
  • Extraction des ressources
  • Abattage du bois d'oeuvre
  • Construction de routes
  • Activités récréatives
  • Braconnage
  • Chasse"

Ah, vous voyez, vous aussi vous avez des "montagnes vivantes" ! Ah non, merde, on ne peut pas l'utiliser. On dit partout que les Pyrénées n'ont plus de grands espaces sauvages comme au Canada, que "les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs". Si c'est la même chose chez vous, alors notre argument ne tient plus. On passe.

"Vos décisions sont importantes. Il suffit de trois secondes pour envisager les répercussions de vos actes sur les ours et pour faire un choix qui contribue à protéger l'espèce. "

Là les cousins, vous êtes lourds à la fin : nous NE DESIRONS PAS PROTEGER l'espèce Ursus arctos. D'ailleurs les ours de chez nous sont des étrangers maintenant. N'allez surtout pas faire croire que tous les ours bruns sont de la même espèce. Les nôtres Môôssieurs sont des ours gaulois, petits, clairs, végétariens, calmes... en fin étaient, René à flingué la dernière femelle, merci René. As-tu un congélateur ? Faut trier, faut trier, ils disent n'importe quoi les canadiens, ils n'y connaissent rien aux ours brun. Hein Magali ?

Magali Boniface  "Nous sommes prêts à amener notre expertise. Dans cette perspective, nous travaillons sur un cahier des charges. Et nous sommes prêts à aller plus loin avec l'Etat. C'est le seul interlocuteur que nous reconnaissons." Ah l'expertise ours des ultrapastoraux, une expertise ours à la Sarah Palin !

Consultez le texte intégral de cette brochure qui est téléchargeable en pdf et consultez la version expurgée de "ce qui gêne" l'ASPAP sur leur site. Lamentable manipulation de l'ASPAP.

Cyber action

La buvette vous invite à une nouvelle cyber action. Répondez à l'ASPAP qui "invite tous les vacanciers et amoureux des Pyrénées à consulter ce document, et à donner leur sentiment par mail (aspap.contact@gmail.com), à la fois sur ce que vous attendez de votre séjour dans les Pyrénées, sur ce que vous inspire une rencontre potentielle avec l'ours." Mais mettez en copie la buvette (contact at buvettedesalpages point org), sinon, si vous n'avez pas la même opinion que l'ASPAP, on n'en saura jamais rien !

De l'envie, du respect et de l'admiration

De mon côté, les réponses sont claires. Le Canada est probablement un des plus beau pays pour ceux qui aiment la nature. Les canadiens ne sont pas plus "sauvages" que nous. Avec l'ours, ils ont beaucoup plus d'expériences et je prends note de leurs bons conseils.

Quand je "descends" dans les Pyrénées, c'est pour le côté "sauvage" que je ne retrouve plus dans les Alpes. C'est pour "l'émotion" que j'éprouve quand je me ballade là où vivent aussi quelques ours. Ils ne sont plus très nombreux, et malgré mon envie, je n'en ai jamais vu dans les Pyrénées, juste des traces, des poils et des arbres griffés, aucune fèces d'ours. Savoir qu'ils sont là, en liberté (car ils n'ont pas la paix) me suffit et me donne envie de les défendre contre l'atavisme pyrénéen qui s'efforce de les faire disparaître.

J'ai bien essayé d'en observer en Slovénie. Je me suis déplacé, j’ai dépensé une partie de mon budget vacances pour y passer une semaine dans une cabane en pleine forêt, loin de tout, au milieu des ours. Ce tourisme là n'est plus possible dans les Pyrénées, alors je vais voir là où il reste des ours. Tant pis pour les gîtes pyrénéens, pour le "guide de Pays" et autres marchands locaux. Je retournerai encore en Slovénie car je n'ai pas encore vu l'ours, juste des milliers de traces. Pourtant ils étaient partout autour de nous.

Moins peureux, plus féroces les Ursus arctos de là bas ? Des blagues, de mauvais arguments d'opposants ! On a tout vu, des sangliers, des cerfs et biches, des chevreuils, des renards, des blaireaux, des martres, des pics, des aigles..., pour certains de jour comme de nuit. Les Pyrénées pourront-elles encore proposer cela à mes petits enfants ? Je fais tout pour, mais la partie n'est pas gagnée.

Une rencontre potentielle avec l'ours ne m'inspire pas la peur : de l'envie, du respect et de l'admiration, rien de plus. Inutile pour moi d'écrire à l'ASPAP, ce n'est pas ce qu'ils désirent lire, ce n'est pas ce qu'ils vont publier. Leur réponse à "Paroles d'ours" sera teintée de bleu, de peur bleue.

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03 novembre 2008

Une attaque sans précédent ?

Un ours blesse un chasseur dans le Val d’Aran. Pour l'ASPAP : «Cet accident n'est pas une surprise : il s'inscrit dans l'escalade "évènements exceptionnels, hautement improbables" (nous disent l'Etat et les associations pro-ours) qui se multiplient depuis les introductions d'ours. L'actualité en témoigne :  Août 2008, collision ours contre minibus sur la 4 voies d'Andorre.»

Un chauffeur de minibus qui refuse de s’arrêter

Un ours percute un minibus publiait la presse. Le monde à l’envers ! Le chauffeur a déclaré : «Il était de l'autre coté de la barrière de sécurité. Lorsque je l'ai aperçu, j'ai eu le temps de freiner. De 90 km/h, je suis passé à 40. Mais l'ours a sauté la barrière centrale.» Le plantigrade se retrouve deux à trois mètres devant le minibus. «La route était mouillée. Si je donnais un coup de volant à droite, on risquait de se rétamer». Le chauffeur décide de ne pas s'arrêter. «Si je freinais d'un seul coup et que l'ours était énervé, on risquait notre peau.» Il continue donc d'avancer, au ralenti. Le choc est inévitable. L'ours, de taille adulte, percute le côté avant gauche du minibus. Personne n'est blessé. Pas de mouvement de panique à bord. Pour le conducteur, passer de 40 km/h à zéro devant un ours, c’est risquer sa peau, alors il ne freine pas et…c’est l’ours qui percute le minibus !

Toutes les associations demandent des passages à gibier afin d’éviter les accidents. Pas l’ASPAP, pour eux, un accident avec un ours, c’est la possibilité d’avoir un ours blessé, voire tué et c’est aussi l’occasion de dénoncer la présence d’ours dans les Pyrénées. L’ASPAP dénonce l’ours, c’est lui qui attaque le minibus ! L’ASPAP jette le bébé avec l’eau du bain. C’est à l’Etat de proposer la construction d' «oursoducs» pour éviter les accidents. L’ASPAP pourra alors dénoncer le coût de l’ours qui oblige les français à payer pour de telles constructions. L’ASPAP essaie de gagner sur les deux tableaux. 

«Septembre 2008 : un chasseur blesse un ours en Ariège»

Pour l’ASPAP, les associations pro-ours classeraient l'évènement d'un chasseur qui tire sur un ours comme un fait exceptionnel, hautement improbables. L'Etat dirait la même chose ? C’est faut. Toutes les associations dénoncent la chasse au sanglier en battues qui est la première cause d’accident pour les ours. Un chasseur qui panique devant un ours utilise son arme. La mort récente de trois ourses femelles est là pour le rappeler.

Le côté répétitif, prévisible de ces morts d’ours est justement dénoncé. Les associations demandent la réglementation de la chasse en battue et la mise en place de zones de protection pour que l’ours puisse disposer de zones de quiétudes.

«Octobre 2008 : un ours blesse un chasseur en Espagne»

«Nous savions que Sarousse et Hvala, ainsi que ses deux oursons se trouvaient dans le secteur de Les» a déclaré Magali Boniface de l'ASPAP. Le chasseur qui lâche les chiens dans une zone où il connaît pertinemment la présence de l’ours sait que l’ours se défend et charge. Le chasseur qui le sait et chasse l’ours se met en danger.

«Une attaque sans précédent»

L’ASPAP espère de nouvelles rencontre ours / chasseurs car elle est à nouveau gagnante sur les deux tableaux : soit la mort de l’ours (un de moins et les chasseurs sont relaxés, état de nécessité oblige!), soit elle peut dénoncer «l'attaque sans précédent» de l’ours (qui se défend) sur le pauvre chasseur, «pobre Luis» et ainsi demander le retrait de l’ours qui ne fait que se défendre : «Cette attaque sans précédent l'amènera-t-il (NDLB : L’Etat) à reconnaître que les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? » Le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne «rappelle que jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en liberté».

Une battue organisée en dépit de la présence de l’ours, un ours qui réagit à l’attaque des chiens, des fautes humaines qui permettent aux anti-ours de réclamer le retrait de la bête dangereuse! Un comble. Ce n’est pas l’ours qui a attaqué le chasseur, mais le contraire, l’ours lui se défend contre les chiens et charge. «Hvala devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un» a déclaré Juan Bares, un des chasseurs. La battue au sanglier à dérangé l’ours qui a eu une réaction normale. Qui est responsable des blessures du chasseur, l’ours ou les organisateurs de la battue ?

Dans l’Eclair des Pyrénées du 16 juillet 1657 on pouvait lire : «Il sera facile, si on tue un ours dans ces conditions de plaider la légitime défense » (Source: Les dernières chasse à l’ours dans les basses Pyrénées, René Arripe)

L’ours qui lors d’une battue poursuit le chien jusqu’au chasseur, ce n’est pourtant pas nouveau. Quelques exemples tirés de «Le loup, l’ours et le pastou» de Louis Espinasous, : «Rencontres presque banales» écrit l’auteur :

  • J. Gay, un chasseur de 50 ans de Lescun raconte une battue au sanglier «Dia la chienne entre les jambes. Elle te me pisse sur les bottes ! Arrivé au sentier, je vois la tête de l’ours ; pas gros, mais beau. On s’est regardé (…)» 
  • J.B. Gavin, 80 ans de Bilhères : «le chien nous revient pas dans les pattes ! L’ours ? Mais alors nez à nez !» [page 51]

Dans une autre histoire, en Aspe, «l’ours passe entre le chasseur « occupé »… et son fusil !» [page 53]

Dans ce livre, de multiples histoires montrent aussi que quand l’homme n’a pas de fusil, l’ours s’enfuit. Louis Espinassous termine son chapitre par un vibrant : «Quelques ours survivent dans les montagnes d’Aspe et d’Ossau. Avec eux survit une culture vivante. Pouvoir rencontrer l’ours ! Vivre,  en parcourant la montagne, toutes les émotions, toute la culture accumulée entre ours et homme pendant des siècles ! Ce patrimoine là, cette émotion là, peuvent-ils être rayés d’un coup, parce que l’homme veut toute la place, absolument toute la place ? » 

dans «Les dernières chasses à l’ours dans les basses Pyrénées» de  René Arripe, d’autres témoignages révélateurs montrent bien que les ours actuels ne sont pas différentes des ours anciens : ils préfèrent fuire, mais quand cela s'avère nécessaire, ils se défendent.

Une exemple où l’homme attaque : Cette- Eygun : «Vers deux heures de l’après-midi, ils aperçurent une ourse et deux oursons  qui se dirigeaient paisiblement de leur côté. Lacourrège, qui ne se trouvait plus qu’à quelques mètres de cette intéressante famille, fit feu sur la mère. Celle-ci  atteinte au défaut de l’épaule, poussa un rugissement épouvantable (…) Lacourrège voulut tirer de nouveau sur le fauve, mais il se trompa de gâchette et le coup ne partit pas. Comme il appelait ses camarades, l’ourse, à ses cris se retourna, et se précipitant d’un bon sur son adversaire, lui prit le bras dans sa gueule et lui enfonça dans la cuisse droite ses énormes et puissantes griffes. L’ourse et Laccourrège, ne formant qu’un bloc, roulèrent dans la neige (…)». A la fin de l’histoire, l’ours meurt. (Glaneur d’Oloron du 25 décembre 1899)

Une autre où la confrontation homme / chasseur se passe bien : Béost-Bagès – «Son fusil sur le dos, il suivait tranquillement le sentier, lorsque à un tournant du sentier une masse informe se cabre, les pattes de devant en l’air et tirant la langue : notre chasseur se trouva face à face avec celui qu’il cherchait, mais tellement près, à un mètre, qu’il n’eut pas la présence d’esprit de décrocher son fusil et d’(épauler notre Martin ; plus sage, il fit demi tour, tandis que de son côté l’ours en faisait de même et s’échappa vers des ravins où il le perdit de vue. Revenu de sa stupeur, le chasseur Fondecave se promit bien de lui jouer un tour un de ces matins.» (Le Glaneur d’Oloron, 15 septembre 1928.)

Qu’a dit Luis Turmo, une fois revenu de sa peur d’avoir été baffé par l’ourse Hvala ? «Et dire que je devais prendre le permis pour l'isard ce vendredi. Ce sera pour l'année prochaine. Quant à la chasse au sanglier, je compte bien y retourner dans quelques semaines. Et là, si je tombe sur l'ours, je le tue.»

Rien ne change dans les Pyrénées, ni les ours : pas plus sombres ou plus agressifs qu’avant, seulement plus rares ; ni les chasseurs : toujours aussi lents à la détente, si j'ose dire, pour ne pas dire toujours aussi c.., ils veulent toujours absolument toute la place.

Allié de l’ASPAP sur la demande de retrait des ours, le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne rappelle que «jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en libertéVous pouvez réagir.

Les ours brun ne deviennent pas plus sauvages, pas plus dangereux, pas plus carnivores, qu'ils soient "de chez nous", qu'ils soient "étrangers". Ce sont des Ursus arctos. Les hommes politiques locaux et les éleveurs n'évoluent pas. Un atavisme pyrénéen ? «Des ânes et des imbéciles» avait lançé Nelly Olin.

31 octobre 2008

"L'instinct tueur de l'ours brun"

L'ASPAP, Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d'Ariège-Pyrénées dénonce l'anthropomorphisme des défenseurs du plantigrade : donner des noms aux ours c'est participer à une  "peoplelisation" du dossier ours. Mais quand cela l'arrange, l'ASPAP est à première à jouer sur l'aspect affectif plutôt que sur l'aspect scientifique.

L'instinct tueur de l'ours brun"Attaque infanticide d'un ours mâle sur trois oursons. Des images rares d'un évènement qui l'est moins, étonnamment bien moins médiatisé que les naissances ou les lâchers d'ours. La force impressionnante, la détermination et l'instinct tueur de l'ours brun ne seraient-ils pas bons pour l'image édulcorée et idéalisée du plantigrade ?

21/10/2008 Espagne. Asturies. El Comercio Digital publie une vidéo inédite de l'attaque infanticide d'un ours adulte male face à une femelle défendant sa portée de trois oursons. Des images exceptionnelles dont la violence déchaîne les passions de nos voisins ibériques, et dont l'épilogue se jouera ... dans l'estomac du mâle infanticide".

Le but de l'ASPAP n'est bien évidement pas de faire "pleurer dans les chaumières" sur le sort des oursons mais de répendre la peur, de faire passer l'ours pour un tueur d'enfant sans pitié. Sous entendu : après les leurs, ce sera le tour des vôtres. Si ce n'est pas de l'anthropomorphisme !

Pour l'ASPAP, ce serait "Un évènement bien moins médiatisé". Les associations chercheraient à cacher le côté sauvage de l'ours, la dangerosité du "fauve". Dans "Ours : L’émancipation des jeunes oursons", Frédéric Decaluwe de l'ETO raconte "Il est fréquent que les jeunes femelles aient des domaines vitaux qui chevauchent celui de leur mère alors que les mâles subadultes auront tendance à se disperser sur des distances beaucoup plus importantes, ce qui favorise également le brassage génétique. Cela leur permet aussi de ne pas entrer en compétition avec le mâle dominant, plus âgé, et déjà présent sur le secteur." D'autre part, l'AVES écrit "Rares sont les jeunes qui arrivent à l'âge adulte car la mortalité juvénile est très élevée, malgré la vigilance des mères. Il y a une forte mortalité chez les oursons qui sont victimes de malnutrition et de certains mâles adultes. Un mâle ne tue les oursons que s'il a décidé de séduire leur mère, et comme elle refuse l'accouplement tant qu'elle est suitée, l'ours se débarrasse des oursons-gêneurs, afin de persuader la femelle de lui accorder ses faveurs..."

Un ours en liberté : des vies en danger

Le vocabulaire utilisé par l'ASPAP a pour but de réveiller la peur ancestrale du "prédateur" : La protection de l'ours devient "l'ensauvagement des Pyrénées", Les associations de défense du plantigrade deviennent "la secte du sauvage". "Un ours en liberté : des vies en danger" dans leurs "Pyrénées vivantes".

Opposée à ce monde sauvage, la montagne ou la campagne civilisée : «Le paysage, c'est les prairies, les vallons, la couleur des saisons, les oiseaux qu'on entend, les vaches sous les arbres. C'est aussi notre lieu de travail. Tous les jours on vit, avec, on l'entretient» déclare Martine Jardin, éleveuse de vaches allaitantes en Sarthe dans "Le lien entre éleveurs et paysage décrypté". Les Pyrénées vivantes se réduisent à une image digne du royaume des témoins de Jéhovah.

L'ours, l'élément sauvage du patrimoine des Pyrénées devient dangereux comme la peste, exclu du patrimoine comme des dépliants touristiques puisqu'il doit disparaître de la nature.

Dans leur communication les éleveurs et les agriculteurs deviennent les "bons bergers", les brebis formant la "biodiversité à visage humain". Le sauvage, lui est inhumain, bestial, dangereux, nuisible, il doit disparaitre. Et ils agissent en conséquence. Après avoir participé aux battues contre Franska, Hvala et ces oursons sont la nouvelle cible. Dérangée par des chiens lors d'une battue alors qu'elle était au repos sous un rocher, elle devient l'agresseur du chasseur...

"L’instinct tueur de l'ours brun ne seraient-ils pas bons pour l'image édulcorée et idéalisée du plantigrade ?" Le fait que les ours mâles tuent des oursons n'a jamais été caché. La mortalité des oursons est élevée la première année. Les mères connaissent ce danger et protègent leurs petits en conséquence. Rien de nouveau, mais pour l'ASPAP, cette vidéo violente est le moyen de médiatiser le danger de l'ours, de rendre leur message haineux plus "people".

Pourtant, dans les Pyrénées, ce phénomène est rare. La compétition entre mâles est faible. Vu la faiblesse de la population, les rencontres mâles / femelles sont plutôt rares. Les deux oursons de la Sierra del Cadi ont survécu aux "terribles mâles", tous comme les oursonnes de Hvala et l'ourson né en 2005  dans le massif de l'Aneto.

L'infanticide sexuellement sélectionné (SSI), que l'ASPAP appelle "l'instinct tueur de l'ours brun" est un phénomène connu de tout ceux qui s’intéressent à l'ours. "C'est pour cela qu'aux annonces de naissances d'oursons de l'année, les amis de l'ours en général insistent souvent sur le fait que rien n'est joué avant que ces oursons atteignent 1 ou 2 ans. Ce comportement, assez typique de l'ours, a une réalité biologique : les mâles veulent assurer un maximum de LEUR descendance. Ainsi, ils n'hésitent pas à tuer des oursons qui ne sont pas les leurs pour s'accoupler avec l'ourse et ainsi avoir "leurs" descendants." déclare Mathieu Krammer, étudiant en Biologie.

"L’intérêt majeur de cet article est le film qui l’accompagne et montre l’un de ces infanticides.  Il vaut mieux le visionner en première page, le format est plus grand, l’image de meilleure qualité que  celle qui accompagne l’article." déclare Bruno Besche-Commenge. Plus saignant en quelque sorte. «Elle s’est produite en juin 2000, dans le Parc Naturel de Fuentes del Narcea, où il fut possible de vérifier "l’obsession et la minutie" que mettait l’ours mâle à rechercher et tuer un à un les trois petits de la portée, et cela malgré les réactions violentes et désespérées de la femelle pour l’en empêcher » déclare le journaliste de "El Comercio Digital".

L'ours n'a pas le monopole de ce type de comportement. Les lions dévorent les lionceaux dont ils ne sont pas le père. Dans nos jardins, les chats le font également. Par ailleurs, cette pratique d'extermination de la descendance ou de l'apparentement a été (et est peut être toujours) une pratique humaine. Chez nombre de civilisations, et pas forcément les plus réputées barbares, cela était pratiqué couramment. Lors des querelles de grandes familles, royales ou pas, lorsqu'on tuait le membre visé, il était fréquent aussi d'exterminer toute la famille pour éviter les représailles. C'était le cas dans l'Egypte des pharaons comme en France à l'époque mérovingienne. Les Arabes en faisaient de même, comme en témoigne le massacre au moyen-âge de la dynastie des Omeyyades par celle des Abbassides pour la domination du Califat de Bagdad. Sans parler des nombreux mythes : le massacre des innocents par le roi Hérode, le dieu grec Cronos qui dévorait ses enfants de peur qu'un d'eux ne le détrône (ce qui arriva avec Zeus), le sacrifice d'Iphigénie, la fille du roi Agamemnon (qui commandait les grecs pendant la guerre de Troie) pour satisfaire les Dieux et disposer ainsi d'un "vent favorable".  De nombreuses civilisations sont truffées de ce type de légendes révélatrices des mentalités. L'homme comme l'ours est un prédateur.

14 octobre 2008

Marc Laffont répond à Jean Bonnard : Méfiez-vous de l'ours blessé

Marc Laffont répond aux Jean bons. (Ouaih, c'est facile je sais, mais je manquais d'illustration)

Réponse de Marc Laffont à Jean Bonnard

Jambon_de_bayonneLa France a des devoirs en matière de préservation de la biodiversité auxquels elle ne peut se soustraire, sans perdre le peu de crédibilité qu’elle possède encore dans ce domaine. Et effectivement, cela a un coût.

Le grand hamster, le vison d’Europe, l’ours brun, l’esturgeon, le râle des genêts, pour ne citer qu’eux. Autant d’espèces pas nécessairement au bord de l’extinction dans le monde, mais très menacées chez nous.

On ne peut pas à la fois dénoncer ceux qui continuent la chasse à la baleine, massacrent les gorilles ou les derniers tigres, et se dispenser de protéger les espèces en voie de disparition sur son sol. Que d’autres pays abritent des populations en meilleur état de conservation ne nous dégage pas de nos obligations.

Près de la moitié du budget-ours bénéficie au pastoralisme et plusieurs centaines de milliers d’ours-€uros participent au développement local. Tout cela est très positif. Mais il faudrait que ceux qui en bénéficient aient l’honnêteté de le reconnaître, plutôt que de crier à l’inflation budgétaire.Seraient-ils disposés à se passer de ces subsides si on éradiquait l’ours ? Ces crédits ont notamment permis le placement de 180 bergers en 2007.

Berger, voilà un emploi que l’évolution de l’élevage de montagne façon anti-ours a pratiquement éradiqué, encore plus efficacement que l’ours.

Globalement, l’activité autour de l’ours représente une centaine d’équivalents temps plein, dont l’économie locale a bien besoin. Les emplois générés par de l’argent public associé à des mesures environnementales ne sont pas plus honteux que ceux induits par des subventions agricoles.

  • En Espagne vivent 2000 à 2500 loups, 120 à 150 ours et 23 millions d’ovins sont élevés. Dont deux tiers pour la viande, animaux les plus exposés, et plusieurs millions de têtes en zone de contact avec ces prédateurs.
  • En Italie, vivent 600 à 800 loups, près d’une centaine d’ours en 2 populations, et on y élève à peu près autant d’ovins qu’en France, soit environ 8 millions.

Par quel prodige serait-il impossible de réaliser collectivement en France ce que nos 2 voisins parviennent à faire avec davantage de prédateurs ?

Les vrais problèmes de la filière ovine sont ailleurs :

  1. Faible rentabilité de l’activité : selon les derniers chiffres présentés à la Commission des Comptes de l’Agriculture et de la Nation du 1er juillet 2008, l’élevage ovin était en 2007 le secteur le plus faiblement rémunérateur de toute l’agriculture française avec un revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié de 9 200 €/an. Soit la moitié du revenu moyen agricole. Et ce, malgré des subventions s’élevant à 24 300 €/an et par exploitation ovine de l’échantillon (près de 22 000 exploitations). C’est même pire si on cible sur la filière ovins-viande, les laitiers s’en sortant bien mieux.
  2. Concurrence de la viande étrangère : une publication de l’Institut de l’Elevage d’octobre 2008, rappelle que 56 % de la viande ovine consommée en France en 2006 était d’origine étrangère (Royaume-Uni, Irlande, Nouvelle-Zélande…).
  3. Baisse de la consommation : selon la même source, la consommation de viande ovine était passée en France de 5,5 à 3,9 kg/an/personne entre 1990 et 2007. Dont 43 % d’origine française, soit 1,7 kg/an/personne. Contre 2,7 kg en 1990, époque où la part d’origine française atteignait 50 %. Et la tendance n’a que peu de chances de s’inverser, les jeunes boudant particulièrement ce type de viande, toujours selon cette publication de l’Institut de l’Elevage.
  4. Baisse du nombre d’éleveurs, en partie conséquence logique des point précédents : celui-ci a baissé de 60 % en 20 ans, le nombre d’ovins diminuant du quart dans le même temps. Du tiers même, si on cible les ovins allaitants.

Un si faible revenu couplé à une telle dépendance aux subventions, n’est-ce pas là, avec la concurrence britannique ou néo-zélandaise et la baisse de la consommation, le véritable problème de la filière ovine, bien plus que la prédation (indemnisée) par l’ours de 0,07 % des 620 000 brebis qui estivent dans les Pyrénées ?

Les éleveurs ne seraient-ils pas mieux inspirés, sur le long terme, de faire de l’ours un allié qui valoriserait leur activité, plutôt que d’en faire le bouc‑émissaire d’une situation à laquelle sa disparition, au mieux, ne changerait rien ?

Car s’il n’y avait pas d’ours dans les Pyrénées, quels médias s’intéresseraient au pastoralisme ?

Je pense qu’il y a de la place pour les ours et pour les hommes dans les Pyrénées. Il suffit seulement que les extrémistes cessent de mettre de l’huile sur le feu. Ceux qui prônent la cohabitation doivent pouvoir s’entendre. Que leur sensibilité soit davantage pastorale ou naturaliste.

Marc Laffond

Commentaires de Jean Fanchon

L’avis des populations des communes d’Ariège ou les ours introduits vivent et font le gros de leurs prédations, en particuliers Haute Ariege et Couserans, n’est simplement pas pris en compte. Pourquoi ne pas autoriser ces consultations communales demandées par plusieurs communes ? Pourquoi l’état passe t’il au-dessus de l’avis des collectivités élues, une grande majorité des conseils municipaux de ces zones et le conseil général ? L’ours est une affaire d’état, une affaire européenne, et surtout pas l’affaire des populations. pourquoi ? La question est sans réponse officielle.

(NDLB : L'avis de toute la population ? Ou seulement des éleveurs et de certains responsables politiques désireux de satisfaire ceux qui crient (ou cassent) le plus fort ?)

Alors lorsque médias et administration centrale coopèrent, les opposants ont du soucis à se faire : enquètes d’opinions biaisées et dénigrement médiatique systématique dont les réponses ci-dessus n’ont plus qu’à se faire l’echo.

(NDLB : L'ASPAP écrivait "Au-delà de la rétrospective, le montage met en évidence la manière dont les médias ont traité ce sujet, et montre comment peu à peu nous avons gagné, ce que même nos adversaires reconnaissent, la bataille médiatique." Le vent aurait-il tourné ? (pour reprendre une expression chère à leur correspondant de presse qui voit des ourses partout. Pour qui roule la majorité des journalistes de La Dépêche du Midi, de Sud-Ouest etc... Source : ASPAP)

Presque tous les points soulevés ci-dessus sont sujets à caution :

  • Les 71% de Mr Archangeli.
  • Les opposants méprisent l’écologie.. ( c’est la plus belle, vu que justement ce sont ceux qui, souvent par amour de la montagne ont choisi soit de rester, soit de s’installer dans ces vallées difficiles, et les faire VIVRE.) (NDLB : Suffit-t-il se s'installer quelque part pour avoir un comportement écologique correct ? Si oui, on n'en serait pas là ? Tous les agriculteurs sont "installés", les pieds dans la terre, par définition. Celà n'en fait pas des modèles de respect de la biodiversité : mauvaises herbes, animaux nuisibles, emploi de pesticides (parfois interdits) et j'en passe)
  • Les opposants sont des ultras pastoraux, motivés par l’appat du gain, la frustration, la bétise, l’idéologie. (NDLB : Les opposants arrivent-ils à classer les causes de leurs problèmes par ordre d'importance réelle ou sont-ils aveuglés par leurs responsables politiques et syndicaux, occupés à soigner leurs résultats électoraux ? Il a fallu une crise majeure de FCO pour que l'ours passe au second plan de leurs discours. (Voir le vide médiatique des communiqué depuis l'apparition de la FCO, un peu après "l''énorme journée" des "Pastoralies" ou les Lacube te Bonrepaux jouaient les cigales.)
  • Sans compter les perles : "Car s’il n’y avait pas d’ours dans les Pyrénées, quels médias s’intéresseraient au pastoralisme ?"

Les nombreuses fonctions du pastoralisme et ses bienfaits méritent l’attention de toute personne ou media ouvert et intéressé à la vie des gens, indépendamment de l’ours. C’est le contraire qui se passe : l’ours et sa médiatisation partisanne sont en train de le tuer. (NDLB : Alleluya, le pastoralisme est vivant. Que le bon pasteur prie pour nous . Les bienfaits du pastoralisme font débat et pour savoir qui tue l'ours, il suffit de relire Christopher Servheen et son rapport AScA en 1996. Rapport trop brulant pour l'IPHB qui s'est dépéché de le mettre au placard, malgré son côté visionaire. L'IPHB est aussi aveuglé que l'ASPAP. Est-ce parce que l'ASPAP et l'IPHB sont dirigés par des chanteurs ? Voir la vidéo)

je renvoie aux sites de l’ASPAP et de Louis Dollo. Le gouffre est toujours ouvert, certaines déclarations et comportements donnent à penser qu’entre l’ours et l’habitant certains ont choisi l’ours. Quidams ou responsables, ils sont deja dans l’abominable. (NDLB : Le retour de la Biodiversité à visage humain chère à Bruno Besche-Commenge)

Espérons que tous ceux qui se sont trouvés pris dans la polémique puissent reprendre un peu de bon sens et de respect d’autrui. La réalité du comportement de l’ours slovène contredit chaque jour un peu plus les hypothèses et les prérequis qui avaient justifié sa réintroduction.

Réponse de Marc Laffont à Jean Fanchon

Le pastoralisme mériterait certainement “l’attention de toute personne ou média ouvert et intéressé à la vie des gens, indépendamment de l’ours”. Mais la réalité est toute autre.

Lorsque le pastoralisme (ou l’élevage ovin) arrive dans les discussions et les médias, c’est dans l’écrasante majorité des cas dans les pas des grands prédateurs. Le sujet n’aurait la plupart du temps pas été abordé, si l’ours ou le loup n’avait pas été les sujets initiaux. C’est sans doute regrettable, mais c’est ainsi. Cet article en est d’ailleurs la parfaite illustration.

En fait, en dehors des prédateurs, c’est lorsqu’il y a une crise sanitaire (fièvre aphteuse, tremblante, FCO…) que les médias s’intéressent à l’élevage ovin. Une fois retranchés prédateurs et crises sanitaires, la couverture est sensiblement en phase avec ce que représente la viande ovine française dans l’alimentation : 1,7 des 90 kg de viande consommés annuellement par chaque français. A peine 2%. Et l’intérêt qu’y portent les syndicats agricoles est du même ordre, depuis très longtemps. Ils ne semblent s’y intéresser depuis quelques années que parce que loup et ours leur donnent une exposition médiatique exceptionnelle. Et l’occasion de taper sur les "zécolos" irresponsables, les technocrates, Bruxelles etc. Car sans cela, s’il y a un secteur dont les représentants  syndicaux agricoles n’ont pas eu grand chose à faire jusqu’au milieu des années 90, c’est bien l’élevage ovin viande.

Quand aux sites mentionnés par M. Fanchon comme fournisseurs d’arguments crédibles, je suppose que c’est de l’humour…que j’apprécie, par ailleurs.

Il est possible de faire vivre la montagne autrement qu’en misant tout sur le mouton. Il y a sa place, comme le ski. Mais considérer que tout devrait tourner autour de ces 2 seuls domaines serait une faute.
Ce n’est de toutes façons pas avec des troupeaux de plus en  plus gros et de moins en moins surveillés qu’on dynamisera ces régions en créant de l’activité.

Le nombre de brebis peut, à la très grande rigueur et à très grand renfort de subventions, à peu près se maintenir. Mais le nombre d’éleveurs allaitants a déjà baissé des 2/3 en 20 ans. Et, que ce soit en zone de prédateurs ou pas, je doute que la tendance change.

En Midi-Pyrénées en 2006, le constat est simple : créer un emploi avec de l’argent public ne revenait pas plus cher au contribuable que de préserver un emploi dans la filière ovins viande (34 900 € par exploitation pour 1,6 équivalent temps plein, soit 21 800 € par ETP). Et avec une rémunération annuelle d’environ 8 000 €, contre 12 000 € pour un SMIC. Ce qui est logique : la valeur ajoutée (au sens comptable) de cette activité est proche de zéro.Cela ne veut pas dire que ce n’est pas intéressant de soutenir la filière. Mais au moment de réviser la PAC ou d’utiliser les deniers publics, c’est le genre de détail que les technocrates incompétents, coupés des réalités, et honnis du monde agricole regardent aussi.

Les politiques n’auront d’ailleurs besoin d’être trop durs pour accompagner le déclin : le papy boom va faire son oeuvre, avec 58 % des éleveurs ovins qui ont plus de 50 ans. Il leur suffira de faire comme pour l’administration : ne remplacer qu’une fraction des départs en retraite.

Dans d’autres pays, comme l’Italie (Abruzzes) ou l’Espagne (Cantabriques), on a su développer de l’écotourisme autour des prédateurs et d’un environnement préservé, sans pour autant abandonner l’élevage ovin, qui garde tout son intérêt. Les espagnols en élèvent même presque 3 fois plus que les français, et notamment en zone de contact avec des loups.

Je ne sais pas si, entre l’Homme et l’ours, certains ont choisi l’ours. Ce qui est acquis, en revanche, c’est qu’entre l’Homme et le mouton, certains ont choisi le mouton. Et c’est le développement des zones de montagne et les populations locales qui en pâtiront rapidement le plus. Pas les “zécolos-citadins de salon”. Eux ne souffriront qu’au titre de contribuable, le temps que les associations auto-proclamées dépositaires de l’identité pyrénéenne n’aient conduits le pastoralisme ovin au fond du gouffre.

C’est dommage, il y avait certainement mieux à faire en relevant le challenge de la cohabitation.
C’était possible, d’autres l’ont fait ailleurs. Les ultra-pastoraux auront peut être la peau de l’ours, mais ils auront celle du pastoralisme en même temps. Le seul suspense porte en fait sur la durée de l’agonie.
Et le seul gagnant à peu près acquis, quoi qu’il advienne, sera le loup. Les ursophiles pleureront peut être, les ovinophiles sûrement, et les lycophiles peuvent eux déjà se réjouir.

Marc Laffont

Et toute cette discussion a démarré parce que Jean Bonnard, quel bon alors, a déclaré : «Jusqu’à quand les contribuables électeurs accepteront que leurs impôts soient consacrés aux ours importés de Slovénie ?». L'ASPAP ne voilant pas en rester là a surenchérit : « (...) la parution (NDLB: de son communiqué) dans lenouvelliste.fr, en suisse, qui titre "ras le Balou !" remet les pendules à l'heure lors d'une passe d'armes salée dont l'élite ursophile n'est pas sortie indemne

L'élite ursophile est touchée, argh ! Mais elle se défend bien, comme Balou. Méfiez vous de l'ours blessé.

25 septembre 2008

Conseil d'administration de l'Aspap

Un membre de l'ASPAP, pas content du show anti-ours des Pastoralies nous a communiqué le programme du conseil d'administration élargi de l'ASPAP :

Chers adhérents, chers amis,

Nous vous invitons au CONSEIL D'ADMINISTRATION "élargi" de l'ASPAP qui se tiendra
Lundi 29 septembre 2008 à 21h00 à la chambre d'agriculture de Foix.

Voici l'ordre du jour  :

  • bilan des attaques et actualité des vallées,
  • point sur la fièvre catarrhale ovine,
  • Balou blessé : l'ETO tente de le capturer : réactions ?
  • actions des pro-ours cet été,
  • Présence de l'ASPAP à la foire de Tarascon du 30 septembre et à la Rencontre des transhumants d'Europe le 3/4/5 octobre à Seintein,
  • Etat des lieux du plan ours. Motion de l'ADDIP "pour des Pyrénées actives et vivantes",
  • Les Pastoralies, bilan complet : une nouvelle page dans la vie de notre association ?
  • L'après-Pastoralies : quelles perspectives pour l'ASPAP ? Quelles actions à mener ?
  • questions diverses ...

Nous vous espérons nombreux pour ce rendez-vous important : toutes les idées sont les bienvenues, c'est la force de l''ASPAP, tout spécialement dans ce moment où nous allons tracer les grandes lignes de nos actions à venir.

Et pour revivre ensemble le 8 août à Beille, nous commencerons la soirée par la projection du film "Pastoralies, la fête de la montagne vivante" réalisé par Luc Joulé : c'est un véritable concentré (en 15mn) de fête, d'énergie militante, d'amitié et d'émotion, à ne pas manquer ...

A très bientôt donc,
Salutations amicales,

Pour le bureau de l'ASPAP,
Magali boniface

Réaction de la buvette

Relisez..

Aquelhas montanhas, que tan nautas son,
M'empechon de veire...
Baissatz-vos montanhas, planas aussatz-vos,
Per que posca veire...

Ces montagnes, qui sont si hautes,
M'empêchent de voir...
Abaissez-vous montagnes, plaines haussez-vous,
Que je puisse voir ...

27 août 2008

Les cigales de l'ASPAP

Conséquences de la fièvre catarrhale ovine en 2007-2008
La déstabilisation de la filière broutards

Privés d’exportations pendant plusieurs mois, les broutards français trouvent difficilement preneurs en 2007-2008. Les prix de vente sont peu rémunérateurs.

Une campagne 2007-2008 difficile pour les éleveurs de broutards. La fièvre catarrhale ovine (FCO) fait son apparition en France dès l’automne 2006 et s’étend progressivement. Le bassin allaitant est touché par la maladie à l’automne 2007. Le respect des règles européennes de protection sanitaire impose une restriction des mouvements des animaux. Dans les zones concernées, ces jeunes bovins vendus habituellement maigres pour être finis dans des ateliers d’engraissement spécialisés, sont interdits d’exportation pendant plusieurs mois. La filière est déstabilisée. Chute des ventes à l’exportation, prix réduits de 20 % sur les transactions qui subsistent. Un grand nombre d’animaux doivent être maintenus à la ferme et y être engraissés.

Le marché italien essentiel

Comment se passer de son principal marché ? C’est le dilemme auquel ont été confrontés les éleveurs de broutards pendant la campagne 2007-2008. Le commerce des broutards est fortement dépendant de l’exportation. Sur les 1 350 000 animaux envoyés d’août 2006 à avril 2007 vers un atelier d’engraissement, plus de 840 000 l’étaient à l’étranger. Environ 730 000 soit 87 % sont partis en Italie. Le marché espagnol en représentait 12 %. L’interruption des échanges pénalise également les éleveurs de la péninsule car aucune autre source d’approvisionnement n’existe en Europe. Les broutards français représentent aujourd’hui 87 % des importations
italiennes. Le solde est assuré pour 4 % par l’Irlande, pour 2,5 % par la Pologne, pour 2 % par l’Autriche ainsi que par la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.

Un quart d’exportations en moins pour 2007-2008

D’août 2007 à avril 2008, les exportations françaises de broutards reculent de 191 000 têtes, soit un quart des exportations assurées pour la même période pendant la campagne de référence 2005-2006. Les pertes étaient de 6 % en 2006-2007 au démarrage de l’épizootie en France. À l’automne 2007, la crise frappe les plus gros départements producteurs : Saône-et-Loire, Allier, Nièvre et Creuse. La moitié sud du Massif central bénéficie d’un sursis, mais est également gravement touchée fin décembre 2007.

Les exportations victimes de la fièvre catarrhale ovine en 2007-2008Les exportations victimes de la fièvre catarrhale ovine en 2007-2008.

Plus au sud, la Haute-Garonne, le Gers, la Dordogne et les départements pyrénéens restent plus longtemps en marge de l’épizootie et profitent d’un report d’activité. (NDLB: On va voir dans la note suivante que le répit est terminé.) Avec l’assouplissement de la réglementation, les exportations reprennent en janvier et surtout en février 2008. Elles augmentent de 8 et 27 % par rapport aux mêmes mois de l’année précédente. Les opérateurs tentent aussi d’anticiper les sorties, suite à l’annonce italienne de fermeture des frontières à compter du 3 mars 2008. De fait, l’activité des mois de mars et avril recule de 77 et 63 % par rapport à mars et avril 2006.

Les animaux conservés sur les exploitations

Dans le même temps, les achats des ateliers d’engraissement français ne compensent pas les pertes d’exportations. Au contraire, les sorties d’animaux maigres de moins de deux ans à destination d’autres élevages en France chutent de 112 000 têtes entre les campagnes 2006-2007 et 2007-2008. Privés d’exportations et maintenus dans leur zone de production, les jeunes bovins restent dans les élevages. L’effectif des animaux de moins de deux ans augmente de 5 % e n t r e mai 2007 et mai 2008. La progression atteint 117 000 têtes pour les bovins mâles de moins d’un an et 86 000 têtes pour les génisses et les bovins mâles de type viande d’un à deux ans.

Les abattages progressent

Palliatif pour des animaux devenus trop lourds pour les engraisseurs, les abattages des jeunes bovins pour la boucherie s’accroissent de 39 000 bêtes entre août 2007 et avril 2008. Il s’agit essentiellement de jeunes animaux d’un à deux ans, qui n’ont pu être commercialisés en broutards suite aux restrictions d’échanges et qui ont été plus ou moins bien engraissés sur place. Devant leur nombre, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche met en place début 2008 un dispositif de soutien auprès des éleveurs-engraisseurs. Il les incite, de la fin avril jusqu’à septembre 2008, à prendre en charge des jeunes bovins plus lourds et plus vieux quitte à raccourcir la période
d’engraissement pour satisfaire les besoins du marché.

La mortalité en hausse

Sur les neuf premiers mois de la campagne 2007-2008, la mortalité des troupeaux s’élève de 31 000 cas soit une augmentation de 16 % par rapport à 2006-2007. Elle est de 9 % supérieure à celle de 2005-2006. Les trois quarts des pertes concernent des veaux de moins de six mois peu résistants à la maladie. Mais la surmortalité concerne également les animaux plus âgés. Aux effets de la maladie, pourrait s’ajouter la mauvaise qualité des fourrages de la récolte 2007.

Des prix bas

Très élevés en 2005-2006, les cours des broutards baissent tout au long de la campagne suivante. Celle de 2007-2008 commence donc sur de bas niveaux. Avec l’extension de la maladie à l’automne 2007, et la fermeture du marché italien, les cotations cessent pendant deux mois. À la reprise, les cours des bovins maigres charolais sont inférieurs de 20 % à ceux de la même période en 2006. Ils restent bas tout au long de la campagne, à des niveaux jamais atteints depuis 2001.

Nadine Loirette-Baldit
SSP – Bureau des statistiques animales

Méthodologie

Les dénombrements d’animaux élevés ou détenus dans les exploitations agricoles françaises, ainsi que leurs mouvements, sont issus de la base de données nationale d’identification bovine (BDNI). Créée à la suite de la crise de la «vache folle» et répondant aux exigences de la réglementation communautaire, la BDNI est suivie par la direction générale de l’Alimentation du ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Elle est un élément important pour assurer la traçabilité de la filière bovine.

Dans la BDNI, les sorties d’élevage des bovins, mâles et femelles de 0 à 24 mois de race à viande sont identifiées selon les cinq catégories suivantes : sortie vers un autre élevage (type E), mise en pension ou prêt (type H), sortie vers un abattoir pour la boucherie (type B), autoconsommation (type C) ou mort (type M).

Les exportations de broutards de la BDNI comptabilisent les animaux maigres de race à viande, mâles et femelles de 6 à 18 mois, dont la dernière cause de sortie est le départ vers un autre élevage ou une mise en pension, et qui ne sont pas réapparus ultérieurement dans une exploitation française. Ces données sont disponibles par département et sont cohérentes avec les statistiques douanières.

Les exportations de broutards sont aussi mesurées par les statistiques douanières pour l’ensemble de la France. Elles concernent les animaux maigres : de 6 à 12 mois, les génisses et les gros bovins mâles non castrés. Ces données sont du même ordre de grandeur que celles mesurées dans la BDNI.

Les phases pour l’épizootie de fièvre catarrhale

La fièvre catarrhale ovine (FCO) est signalée pour la première fois en 1943 à Chypre, puis au Portugal (1956), en Espagne (1957) et en Grèce (1980). Depuis sa réapparition européenne en 1998, cinq sérotypes (1,2,9,4 et 16) sur vingt-quatre sont recensés dans de nombreux pays méditerranéens.

Aux mois d’août et septembre 2006, le virus de sérotype 8 émerge brusquement aux Pays-Bas. Il se répand en Allemagne et en Belgique, et affecte particulièrement la filière bovine. Fin août 2006, la France renforce son dispositif de surveillance sanitaire et adopte un plan d’urgence. Il définit trois zones sanitaires, d’un rayon de 150 kilomètres autour des foyers, où les sorties d’animaux vivants sont interdites. Dixsept départements figurent en zone réglementée pour tout ou partie de leur territoire en novembre 2006, avec l’impossibilité d’exporter les broutards.

Des dérogations sont accordées en décembre 2006 pour faciliter les abattages et certains mouvements essentiellement à l’intérieur de la zone. À la mi-février 2007, un protocole d’accord conclu avec l’Italie autorise la reprise des exportations de broutards. Mais avec le retour en Italie de l’activité du moucheron vecteur de la maladie, les échanges sont interrompus au bout d’un mois. Après une accalmie hivernale, la maladie réapparaît en août. Elle s’étend rapidement avec 7 274 cas confirmés au 26 octobre 2007. Ils provoquent la reprise des restrictions de mouvements, et quelques adaptations permettant les mouvements pour abattages.

L’Union européenne renforce son plan d’action le 3 octobre 2007. Elle développe la vaccination au premier semestre 2008, simplifie le zonage français, et autorise les exportations d’animaux. Les ventes de broutards en Italie ne reprennent cependant que mi-novembre alors que près de 60 départements sont réglementés.

Mi-janvier 2008, plus de 15 300 cas de FCO sont recensés dans 77 départements au titre du sérotype 8. Deux départements le sont pour le sérotype 1. Un plan de vaccination de l’ensemble des cheptels français, bovins, ovins et caprins, est annoncé à partir d’avril. Mais en février 2008, les autorités italiennes décident d’une clause de sauvegarde pour tous les animaux sensibles à la FCO. À compter de la reprise de l’activité vectorielle en Italie, estimée au 4 mars 2008, elles bloquent les frontières aux animaux non vaccinés issus de zones réglementées.

Les gros départements producteurs touchés les premiers - Exportations de broutardsLes gros départements producteurs touchés les premiers - Exportations de broutards.

Le premier lot de vaccins n’est disponible que le 6 mars 2008. Il est dédié aux premiers départements du Nord-Est de la France victimes de l’épizootie en 2006, et vise en priorité les animaux destinés à l’Italie. Progressivement des doses vaccinales sont réparties sur l’ensemble du territoire. Les sorties d’animaux destinés aux échanges communautaires sont toutefois autorisées, s’ils ont été vaccinés selon le protocole en vigueur plus de 60 jours avant la date du mouvement. Les échanges avec l’Italie s’annoncent ainsi bloqués jusqu’à juin.

Un protocole technique conclu début mai 2008 entre la France et l’Italie autorise les exportations 30 jours après la seconde injection. Il concerne les bovins de plus de 90 jours, s’ils ont été vaccinés contre le sérotype 8 dans la période du 21 décembre 2007 au 30 avril 2008. Les exportations reprennent progressivement vers le 15 mai 2008. Beaucoup d’éleveurs ayant débuté la vaccination tardivement ne remplissent pas ces conditions. Ils doivent donc toujours respecter le délai de 60 jours
entre le rappel du vaccin et l’exportation.

Source : Ageste Primeur n°214 juillet 2008 Agreste, la statistique agricole.
Secrétariat général. SERVICE DE LA STATISTIQUE ET DE LA PROSPECTIVE

Puis dans les Pyrénées, celà va se gâter

La fièvre catarrhale a tué sur les 9 premiers mois 77 fois plus de brebis et d'agneaux que tous les ours des Pyrénées en un an !

"L'ours, c'est une goutte d'eau" a dit Philippe Lacube, l'animateur en chef des Pastoralies. Ils le savent, ce qui ne les empêchent pas de laisser croire, qu'à part l'ours, tout était top génial à cette manifestation de l'ASPAP, un rassemblement grandissime, où même le président du Conseil Général a joué à la fourmi et à chanté tout l'été. La pastoralisme, à par l'ours, c'est un tableau grandiose de bonheur et de candeur. Malheureusement, il y a l'ours qui fait à lui seul tout le mal à la filière ovine!

Ne manquez pas le reportage lénifiant d'AriègeNews (Dépendent-ils des subsides de Bonrepaux à ce point ? Ils sont visiblement tenus par les corones.) "Pastoralies 2008, plusieurs milliers de visiteurs sur le plateau de Beille". Mon dieu que "la montagne vivante qui désire le rester" est belle, insouciante, irresponsable et subsidiée.

Philippe Lacube : «Depuis les dernières Pastoralies dans les années 96, il y a eu les réintroductions des ours slovènes dans les montagnes ariégeoises […] aussi avons-nous décidé d’inscrire cette manifestation dans la démarche militante de notre association. Nous allons expliquer le sens profond de notre action, raconter pourquoi la montagne telle que nous la connaissons est aujourd’hui menacée par les grands prédateurs […] ainsi que notre métier par voie de conséquence […] les Pastoralies c’est avant tout la fête de la montagne vivante et qui entend bien le rester […] Je suis heureux que les gens aient répondu à l’invitation, près de 8000 personnes sont sur le plateau de Beille aujourd’hui»

Augustin Bonrepaux : «Le département soutient le pastoralisme car il fait partie de nos traditions et de nos racines […] nous avons été les précurseurs en créant il y a 20 ans la Fédération Pastorale qui permet aux éleveurs de poursuivre leur travail dans de bonnes conditions (entretien des pâturages, gestion de l’espace, conservation des vestiges du passé) […] Nous voulons faire vivre la montagne. […] la réintroduction de l’ours slovène en France est inadmissible […] elle porte préjudice aux éleveurs qui sont obligés de surveiller davantage leurs troupeaux […] ils travaillent plus pour gagner moins.

Dans les Pyrénées, la fièvre n'était pas encore là, mais sa venue était prévisible. Pourtant l'ASPAP a chanté tout l'été, une grande fête ont donnés ...

Se canto, que cante, canta pas per ièu,
Canta per ma mia, qu'es al luènh de ièu.
...

Ces montagnes, qui sont si hautes,
m'empêchent de voir, où sont mes amours
Montagnes baissez-vous, plaines levez-vous,
Pour que je puisse voir, où sont mes amours

La Cigale ayant chanté tout l'été
Se trouva fort dépourvue
Quand la fièvre fut venue
Pas plus de dédommagement
Qu'avant les évènements
Elle alla crié famine
Chez Carla sa voisine
La priant de lui avancer
Quelques subsides pour subsister

Pari perdu pour l’Aspap. Qui vaccinait les brebis pendant que les membres de l'ASPAP participaient à un concours de fléchettes lors de la "journée énorme" des Pastoralies sur le plateau de Beille? Et bien dansez maintenant, et essayez de voir au delà des montagnes, au delà de l'ours, les vrais problèmes du pastoralisme. «L’assaladou est un moment important pendant lequel le pâtre peut se rendre compte de l’état de santé du bétail laissé sur l’estive l’été». Il va être chouette L'assaladou...

Lire la suite : Panique dans les estives

13 août 2008

Magali Boniface porte la bonne parole

Dans Libération Toulouse, Jean-Manuel Escarnot interview Magali Boniface porte parôle de l'ASPAP et de l'ADDIP dans la rubrique Biodiversité (on y reviendra). L'article porte un titre destiné à attirer les lecteurs assidus de la presse people de plage, ce n'est pas la première fois. Allons-y. La rubrique ..

Réintroduction: "Les équipes chargées du suivi de l'ours courent après lui pour l'empêcher de rentrer dans les villages"

L'asssociation pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège Pyrénées (ASPAP) regroupe la majorité des éleveurs opposés à la réintroduction de l'ours. Malgré le brouillard, "les Pastoralies", l'évènement qu'ils ont organisé ce vendredi sur le plateau de Beille (Ariège), a rassemblé plus de 8000 visiteurs. En marge des dégustations, la bio-diversité et le développement durable était au centre des débats auxquels s'est invité le grand prédateur slovène. Les équipes chargées de son suivi auraient de "plus en plus de mal", à le cantonner hors des zones habitées. Entretien avec Magali Boniface, permanente de l'ASPAP.

Libé Toulouse : Pourquoi la majorité des éleveurs est-elle opposée à la réintroduction de l'ours?
Magali Boniface : Ce n'est pas un "non à l'ours" bête et brutal. Derrière l'ours il y a un enjeu dramatique pour les Pyrénées. Soit on fait le choix de faire des Pyrénées une réserve, soit on garde l'équilibre de ce territoire en préservant les emplois et les productions durables. Si on continue comme cela on empêche les habitants de travailler. Avec la réintroduction de l'ours, on fiche un dernier coup au pastoralisme en montagne.

Libé Toulouse : La biodiversité selon vous?
Magali Boniface : Elle ne se résume pas à des espèces emblématiques comme l'ours et le loup. Bien sûr, la biodiversité c'est aussi la faune sauvage. Mais ce n'est pas en faisant revenir à marche forcée un gand prédateur de Slovénie que l'on contribue à la biodiversité. On sait que si l'on fait le choix de la réintroduction des grands prédateurs, c'est la biodiversité dans sa globalité qui recule autant au niveau végétal qu'animal. L'exemple du site des "Picos de Europa" en Espagne, dans les Asturies, est révélateur. Il y a 10 ans, le choix de la réintroduction des ours et des loups a été privélégié. En 10 ans, les troupeaux sont passés de 500 000 têtes à 500. Résultat : il n'y a plus d'élevage. Et lorsqu'il n'y a plus d'élevage, cela a une incidence sur la moyenne et la petite faune. Aujourd'hui, ces espaces sont embroussaillés. Cela crée des incendies. C'est une vision d'apprenti sorcier. Nous ne laisserons pas faire cela dans les Pyrénées. Par ailleurs, il faut signaler que, selon les normes européennes définies par le programme "Natura 2000", les hauts-lieux de la biodiversité dans les Pyrénées sont ceux où l'activité pastorale a été maintenue.

Libé Toulouse : Quelles sont vos perspectives de développement durable?
Magali Boniface : Nous y sommes en plein avec la filière viande que nous développons. C'est une production durable respectueuse de l'environnement, sans pesticide, avec très peu d'énergie consommée, et qui tient compte du territoire, du troupeau, et de l'homme. Désormais, les veaux naissent sur les propriétés, ensuite ils estivent à 15km et sont abattus sur place. Les circuits de production sont raccourcis dans un respect de qualité environnementale.

Libé Toulouse : L'ours est parfois présenté comme le révélateur de la crise de l'agriculture en montagne.
Magali Boniface : L'ours n'est pas le révélateur. C'est plutôt la goutte d'eau. Bien sûr la filière viande connait des difficultés. Pour y parer, nous travaillons sur un label Indication Géographique de Provenance (IGP) "Agneau des Pyrénées". Le dossier a été déposé au ministère de l'Agriculture. Sans vouloir rentrer dans des querelles sur la qualité de la production des uns et des autres, cette valorisation du travail des éleveurs ne passe pas par une patte d'ours posée sur une viande ou un fromage. Elle s'inscrit dans une labellisation répondant à des normes très strictes soumises à un contrôle permanent. Ensuite, c'est au consommateur de faire son choix et d'être intelligent.

Libé Toulouse : Pourquoi l'ours et l'homme n'arrivent-ils plus à cohabiter?
Magali Boniface : La cohabitation de l'ours et de l'homme dans les Pyrénées est un mythe. Cela n'a jamais existé. Cela dit, si on travaille sur l'idée de créer une réserve pour les ours, nous sommes d'accord. Nous sommes prêts à y contribuer et à amener notre expertise. Dans cette perspective, nous travaillons sur un cahier des charges. Et nous sommes prêts à aller plus loin avec l'Etat. C'est le seul interlocuteur que nous reconnaissons.

Aujourd'hui, les équipes de suivi de l'ours ne peuvent pas cacher qu'elles sont dépassées. Nous les voyons courir dans la montagne pour tenter d'empêcher les ours, au nombre de 20 sur le seul secteur de l'Ariège, de rentrer dans les villages. Nous mettons l'Etat en face de ses responsabilités.

Libé Toulouse : Justement, qu'attendez-vous des pouvoirs publics?
Magali Boniface : Nous attendons qu'ils préconisent l'arrêt de la réintroduction. Il faut aussi qu'ils reconnaissent que ce territoire est durable. Et qu'ils encouragent les productions dont je vous ai parlées au lieu d'aller chercher des agneaux en Nouvelle-Zélande. L'écologie est un savoir-faire au quotidien que nous pratiquons depuis 24 siècles.

Propos recueillis par Jean-Manuel Escarnot.

La buvette

Ah, le discours de Magali Boniface et de l'ASPAP est maintenant bien rodé : biodiversité, durâbilité... les écologistes ont changés de camp, ce sont maintenant les bergers qui sont les vrais écologistes, les experts environnemeantaux. Le discours agropastoral anti environnemental est peind en vert pour mieux se camoufler et se confondre dans la tendance lourde qu'il regrette et doivent combattre. Les verts se sont parrait-il enturbanés et ne sont plus crédibles, prêts à tout vandaliser (Il n'y a qu'à voir les grafitis sur les mairies et ces pattes d'ours rouges envahissantes !)

Les ultra pastoraux cherchent à réunir le bon peuple de France (les agriculteurs, chasseurs, et les ruraux qui votent CPNT sont déjà conquis parait-il) derrière leur bannière laineuse pour combattre les "bobos" citadins qui cherchent à embrousailler (les mauvaises herbes qui dépassent l'herbe tondue) et à ensauvager (les bestes nuisibles zé voraces) la montagne, leur montagne que les ancètres ont rendu propre en se débarassant de toutes les sales bêtes qu'on importe des sombres forêts de l'Est où elles élevées à la viande, elles dévorent les petits enfants quanq ils apportent des gauffres à leur mère grand.

Magali Boniface, porte parole de l'ASPAP et de l'ADDIP, fédération des associations ultra pastoralesDessin de F'Murrr - Eloge de la Pentitude, Glénat.

Magali boniface reconnait enfin que l'ours est la goutte d'eau... Et si l'ASPAP s'occupait un peu maintenant du contenu du vase.

L'appellation "agneau des pyrénées" pourrait aussi, comme l'AOC Barèges-Gavarnie, contenir des points destinés à repousser les ours. Soyons vigilant.

Et comment réagissent les lecteurs de cette interview aux questions soigneusement dictées par l'ASPAP, ou bien est-ce un journaliste ignorant des problèmes pastoraux et peu motivé par son travail, j'en connais d'autres. Lisez, c'est rassurant.

Réactions

Et coté espagnol ? et en slovénie ? et en europe de l'est ? et aux états-unis ?
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Je suis désolé, mais je suis eleveur et parle à pas mal de bergers dans les Pyrénnées. Il y a dans les propos ci dessus un racourci peu scientifique.
+ Oui un troupeau sans berger nuit ce sont des ours qui attaquent les bêtes.
+ Non pour retrouver un équilibre il faut des bergers avec des chiens 24/24H . Et tous les bergers honnêtes reconnaissent que le probleme se resoud. La cohabitation est possible. En outre on cree de vrais emplois.
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Pour ceux qui ont du mal à comprendre ce que dit Mme Boniface, je traduis: "Nous souhaitons contribuer à la sauvegarde de la biodiversité, mais uniquement quand cela n'apporte aucune contrainte, c'est à dire jamais". A noter aussi : "L'écologie est un savoir-faire au quotidien que nous pratiquons depuis 24 siècles". En temoigne d'ailleurs l'extinction récente du bouquetin des Pyrénées - un autre grand mangeur de mouton introduit par les parisienssans doute ? Ah, c'est rassurant de savoir que la biodiversité est dans de bonnes mains!
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Il me semble qu'il manque un regard critique sur les propos tenus ou a minima la présentation d'autres points de vue. Par exemple : "Les Pyrénées, terre de pastoralisme et d’élevage, accueillaient en 1999 plus de 570 000 ovins, 100 000 bovins et 14 000 équins sur plus de 550 000 ha d’estives. En 2005, sur près de 684 000 bêtes présentes, les dommages attribués à l’ours ont représenté environ 400 bêtes. En 2002, les pertes par chiens errants (non indemnisées) ont été évaluées à près de 600 bêtes uniquement en Ariège, auxquelles il faut rajouter les pertes par la foudre (en partie indemnisées) et les pertes comme suite aux maladies et blessures traitées tardivement ou non traitées (et non indemnisées) en raison de l’absence de gardiennage. La montagne des Pyrénées doit rester une terre de pastoralisme et d’élevage transhumant. C’est une réalité quotidienne qu’il convient de garder en tête. Il n’y a pas antinomie entre une politique régionale pastorale qui a des retombées économiques, environnementales et sociales importantes et des difficultés très locales qui peuvent être rencontrées au niveau de l’économie de certains élevages par des interventions épisodiques éventuelles (foudre, chiens errants,ours, agnelages difficiles…)." (Source PN des Pyrénées)
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Je note cependant que la représentante de l'ASPAP prétend que la réintroduction d'un "grand" prédateur tend à diminuer la biodiversité d'un milieu, ce qui me semble être un argument dénué de tout fondement ! Par contre, je vis actuellement aux Etats-Unis et je sais à quel point la cohabitation entre l'ours et l'Homme (dans les parcs principalement) exige des précautions permanantes. Là où les ours vivent, l'Homme doit s'adapter (il ne faut pas s'attendre à ce que cela soit l'inverse). Veut-on cela pour les Pyérénées ?
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Selon Madame, la biodiversité, inclus la filière viande. Tiens tiens étonnante comme théorie. La vavache, le petit mouton et le porcelet ainsi que le chachat à mèmère de goutière c'est la biodiversité. Waouh bravo Madame. Sans rire à ceux qui se demandent comment font les slovènes, allez un peu dans les Abruzzes en Italie. J'y étais déjà il y a vingt ans et le loup et l'ours y étaient présent sans que cela ne fasse de pataques de cet ordre. Il y avait des bergers avec des "patous", des ânes, et ils rangeaient tous les soirs leurs brebis dans des bergeries, et il n'y avait pas de blem'. Oui je sais ça demande des efforts, et en France l'effort c'est liberticide. De plus le tourisme local se porte bien grâce à la présence de ces animaux. Après on dit que les italiens sont bordéliques.... J'ai dernièrement vu un reportage sur Anchorage ou les habitants sont habitués à co-habiter avec des Elans, des cerfs, des coyottes, des loups et des ours et s'en accomodent. Les banlieues de L.A. et des grandes villes de l'ouest vivent avec les coyotes. Les ricains, c'est vrai sont des cons, ils s'adaptent et laissent la nature leur dicter leur conduite, nous, non madame, on résiste, et on se défend contre cette invasion de sauvages.
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Les predateurs ont probablement un role biologique. Peut etre en limitant les epidemies chez les ruminants sauvages par elimination des plus faibles (maladie de lyme, TBE etc). C'est ce que nous decouvrirons sur le long terme. En attenant la biodiversite sauve par les pratiques pasturales contre la mechante broussaile, faut pas deconner. D'ailleurs la broussaille n'est qu'une etape intermediaire avant l'etablissement de la foret... Je suis en suede. Ici y'a des ours. Il fuie l'homme comme la peste (je fais de la rando en solo et dors dehors, vu que des traces). Pour une raison simple : ils est chasse et les suedois conssomme sa viande, parait il fort bonne. Du coups l'ours trouve des defenseurs parmis les chasseurs ce qui aide a digerer sa presence. Pourquoi pas faire de meme au pyrenee. Autoriser une battu durant laquel seul les bergers pourrait se defouler et se venger des quelques brebis croques. Comme cela il apprendrait a surveiller eux meme la presence de l'ours, a le connaitre et ne pas exagerer ou minimiser ses degats. Quid des chiens errant qui deciment des troupeaux. Doit on interdire le chien, espece tout a fait artificielle ?
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Je suis berger et je suis comme la majorité pour la cohabitation,les ours ont le droit de vivre autant que nous dans la nature,animaux sauvages,il s'attaquent peu et nous sommes indemnises et bien,omnivore ,il a faim car les territoires naturels réduits,alors entendre de tels habituelles inepties,les eleveurs touchent et ceux qui font de l'elevage en parc n'ont qu'à reflechir à comment ils font leur boulot,mal,moi je vis en montagne et mes chiens pas de patous mais des chiens de bergers locaux sont excellents,les ours attaquent peu et si ils le font c'est parce qu'ils crevent de faim, la majorité des bergers sont pour les Ours ,pourquoi les medias ne font t'ils parler que un infinité de types qui sont contre pour des raisons : elevage semi industriels!
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La buvette : Pas facile d'abrutir les masses. Magali Boniface devrait demander de nouveaux budgets communication à Augustin Bonrepaux. Il va falloir faire évoluer le nouveau site Internet créé pour l'occasion pastoralies.fr (Qui a payé?)

Ultrapastoralies

Bonjour, aujourd’hui, réouverture de la buvette après un séjour pyrénéen. Au programme : randonnées en forêt sur les traces de l’ours, séjours en estives, visites pastorales en zones à ours...

Retour d’estives

Les Pyrénées possèdent un pastoralisme unique!

Première estive : Le premier berger rencontré «garde» un troupeau très, mais alors très éclaté. La question que je me pose : N'est ce pas le troupeau qui garde le berger? D’après lui, il manquait ce jour là entre quatre-vingt et cent vingt bêtes. Il les retrouvera s’il a le temps!

C., un de mes compagnons de randonnée, est berger lui aussi et formateur sur un autre massif, il m’assure qu’il n’y a que dans les Pyrénées que l’on rencontre cela. (Ce sera un commentaire constant durant les différentes visites d’estives.) Plusieurs groupes de brebis sont déjà disséminée sur les quartiers d’automne : gestion pour le moins aléatoire des ressources aux derniers jours de juillet. Une brebis crevée abandonnée à moins de 30 m d’un petit ruisseau, normal.

Le soir les brebis sont dispersées, C. ne comprend pas qu’on puisse laisser un troupeau aussi dispersé et qu’on ne le regroupe pas à proximité de la cabane le soir.  Selon lui, c’est tout à fait possible et permettrai de prodiguer le soin aux bêtes malades, d’éviter que l’ours ne s’attaque aux lots isolés et de le dissuader d’agir par la proximité des hommes et des patous.

Après une nuit sous tente 900m sous la cabane, en bordure de forêt, nous montons vers la crête. Nous passons a côté d’une seconde carcasse de brebis.

Selon C., les brebis malades seraient en meilleur état si le troupeau avait pris l’habitude dès la montée en estive d’un regroupement à la cabane le soir : le travail du berger en serait soulagé à moyen terme car il ne s’agirait plus de pallier aux urgences de façon trop tardive mais de prévenir ou du moins, de soigner dès le départ les différentes maladies.

Inutile selon lui de faire partir le troupeau trop tôt le matin : si les brebis se nourrissent mieux et cheminent moins, elles sont plus grasses en fin d’estive et il est plus facile de gérer les différents quartiers d’estive donc de garder de bonnes ressources en herbe jusqu’à l’automne. Inutile de les laisser paître jour et nuit, il en est certain pour en avoir fait l’expérience. De même, laisser paître les bêtes par petits lots où bon leur semble (selon la méthode de « l'escabote » chère à Lacube) ne leur permet pas nécessairement de s'engraisser davantage puisque elles marchent beaucoup. Au contraire, quand c'est possible comme ici, leur donner la « virade » (le parcours à suivre) groupées (de façon quand même assez lâche pour qu'elles puissent manger à leur guise) permet selon son expérience d'obtenir des bêtes bien nourries. Mieux qu'en « escabote » m'a-t-il assuré.

Deuxième estive : Après 36 heures sur place et de longues discussions pour amadouer l’éleveur (qui monte chaque soir), les langues se délient en fin de repas : l’éleveur se plaint des difficultés que produit le nouveau marquage aux oreilles : beaucoup plus difficile d’écouler des agneaux au noir. Il parle de l’excellent marché (noir bien sûr) constitué par les «arabes » pour les moutons de l’aïd ; mais se plaint des contrôles et avoue qu’il mettra cette année une dizaine de brebis fictives «sur le compte de l’ours», mais que ce sera difficile de le faire pour davantage de bêtes, l'ours est tellement discret cette année. Un de mes accompagnateurs connait bien ce berger pour l’avoir vu lors de différentes manifestation de l’ASPAP, notamment à la manif de soutien des 10 inculpés d’Arbas.

C. se demande pourquoi l’éleveur monte chaque soir pour donner les soins aux bêtes alors que le berger pourrait le faire chaque soir et/ou chaque matin s’il regroupait les bêtes. Une bête est morte. C. a été un peu surpris par le manque de ménagement avec lequel l’éleveur enfonce le couteau dans l’abcès à la patte de la brebis malade : l’infection est telle que seule la manière forte semble convenir.

Le soir, C. nous raconte son expérience. Quand les bêtes sont rassemblées chaque soir, elles prennent l’habitude de cheminer ensemble selon un vaste circuit qui facilite le gardiennage par le berger et par les patous. Quand il « tient les choses en main », il habitue ses bêtes au gardiennage.

Une fois cette chose acquise, le travail du berger n’en est que plus reposant. Dans ses formation, C. montre qu’avec un peu de rigueur et d’ambition affichée dès la préparation du séjour en alpages, on peut garder (et non seulement surveiller) son troupeau et ainsi faciliter grandement la cohabitation avec les prédateurs. Mais le tout est de le vouloir réellement : ici, les consignes de laxisme données par l’éleveur à son berger ne facilitent rien en termes de « possibles ». Anti-ours, l’éleveur songe quand même à protéger son troupeau.

Troisième estive - Après une longue montée en forêt et l’observation de poils d’ours et de griffures sur les arbres qui longe le sentier visiblement très peu fréquenté, on profite d’un repas pour mettre plusieurs fois sur la table la question des mesures à prendre pour protéger le troupeau : regroupement nocturne, mise en place d’un parc, utilisation de patous. Cela ne marche pas parait-il. C. explique que pour lui, agir dans l’urgence et le stress des attaques nocturnes ne donne pas toujours de bons résultats. Si le berger anticipe la présence de l’ours, il peut faire monter son troupeau avec des patous dressés, l’adaptation des uns et des autres est alors progressive. Les solutions sont là, encore faut-il se donner le minimum de moyens pour qu’elles fonctionnent.

Quatrième estive - Pas de patous et pas de regroupement nocturne. En soirée, la bergère de regroupe pas ses bêtes et les laisse sans surveillance pour la nuit. A midi, elle avait rencontré les techniciens « porteur d’antenne » qui lui ont annoncé qu’un ours a été localisé à proximité. Pas de patous, pas de regroupement nocturne, pas de parc, le buffet est servi. Un lot de plusieurs dizaines de bêtes est resté du côté le plus exposé aux attaques potentielles. Mais l’ours n’est pas passé se servir cette nuit là.

Les Ultrapastoralies

Pastoralies Je ne suis pas passé le 8 août 2008 sur le plateau de Beille aux «Pastoralies», cette organisation largement financée par le conseil Général de l’Ariège d’Augustin Bonrepaux, soit disant "fête de la montagne vivante et bien décidée à le rester" n’allait être qu’un prétexte pour manifester contre l’ours, des "ultrapastoralies" en quelque sorte. Elles aurait pu être une vraie fête comme la fête de la transhumance à Die dans la Drôme, mais l'ASPAP n'a pas les talents d'organisateurs du regretté André Pitte.

D’autres sont passés aux Pastoralies : Des talibans! Ils racontent que de nombreux touristes montés pour voir les troupeaux et pour participer à la fête du pastoralisme sont redescendus déçus et dégoutés. Ils se sont sentis manipulés par les antis ours et sont redescendus fâchés d’avoir apporté par leur présence un soutien relatif à cette manifestation. Trop tard, ils seront comptabilisés par l'ex-comptable Louis Dollo comme de fervents défenseurs de la politique anti ours de l'ASPAP et grandiront le chiffre "des manifestants".

2000 personnes parait-il, dont la moitié de touristes, le reste c'est l'ASPAP. Le plateau de Beille s’est parrait-il vidé rapidement l'après-midi. Les touristes (ceux qui seraient apeurés à l'idée de s'aventurer sur un sentier de montagne de peur de se faire bouffer?) n’auraient-ils pas supporté la lourdeur de la manipulation et de l'idéologie des troupes pastorales financées par le Seigneur de Foix avec l’argent de ses administrés ariègeois?

Avec Eldorando, le Haut-Béarn et Jean Lassalle ont eu leur grande messe anti-ours avec le sous fifre de l'IPHB, Didier Hervé, tout surpris de la résistance issue dans la salle (Qui c'est c'eux-là? D'où viennent-ils? Il n’est pas facile d’abrutir les masses quand elles ont un peu de cervelle). Avec ces pastoralies, le Cardinal Augustin Bonrepaux, pasteur de l'Ariège s’est offert sa première grand messe au frais de l’Ariège, pour convertir les brebis perdues de sa paroisse : "L'ours tu craindras mon fils".

Après l’autosatisfaction complaisante quelques peu stalinienne de Louis Dollo racontant la journée «hénaurme» (le coût sans doute!) publié sur l’aréopage des sites prônant «la biodiversité à visage humain» à grands coups de brebis sanguinolentes, il est intéressant de lire la face cachée de l’information officiellement matraquée par les ultra-pastoraux et par la presse qu'ils touchent (même en Belgique), Ils ont des relations!

  • Louis Dollo est faché avec Yvan Puntous de l'Amopyc. Yvan Puntous raconte la continuation de l’action "parole d’ours" qui se déroule cet été dans les Pyrénées; ce jour là aux Cabannes (voir les infos FR3) Mais avec qui Louis Dollo n’est-il pas fâché ?
  • "Pastoralies, un autre son de cloche" (FERUS) et
  • "Ferus raconte les pastoralies"
  • La haine de Louis Dollo (Menacé de poursuites -encore-, Louis Dollo a un peu épuré ses calomnies) Il s'en prend aux résistants, car en Ariège, montrer que l’on est pour la cohabitation, c’est comme faire un bras d’honneur au président en pleine réunion du Conseil Général de l'Ariège! En Ariège, il faut être pour l’ASPAP! Si vous êtes neutre, indécis ou pire favorable au plantigrade, il faut se taire et se planquer tellement les intimidations sont fortes et les sentiers vertigineux étroits. Aux pastoralies, sur les « forums », le guide de pays Louis Dollo, correspondant de la presse locale (Lourdes-Infos, Tarbes-Infos) est présenté par Philippe Lacube comme journaliste (journaliste et correspondant de presse locale, ce n’est pas la même chose!) et comme scientifique! (Il a fait ses études au Lycée Technique de la Cathédrale à Poitiers), spécialisé du «mensonge sur la toile» (Il faut lui reconnaitre celà !) et de la «biodiversité».
  • Le grand bal de prédateurs par L.P. Gary-Gasparrou, maire de Massat (Une commune de l’ADET, favorable à la cohabitation et située en pleine république bananière Ariègeoise), dont la tête (est-ce l’humour ou de la haine ?) servait de cible à un jeu de fléchettes sur un stand des Pastoralies!

Pas étonnant que les manipulés se sont cassés vite fait de ce 1er congrès du parti ultrapastoral de Saint-Augustin, qui généreux, aurait mis la main au panier en allongeant entre 30000 et 35000 euros pour l'organisation des Pastoralies. Chiffres à vérifier, mais ce n'aurait rien de surprenant après le financement de l'ASPAP, lors de sa création.

Maintenant que l’effet de surprise (pour les touristes innocents qui venaient pour participer à une fête familiale) ne jouera plus, quels touristes retourneront à cette grande messe noire déguisée en vert, comme les célèbres vestes noires et sang de l’ASPAP remplacée pour l’occasion par des t-shirt… verts ? De même, leurs discours extrémistes et sectaires se cachent derrière un pâle verni couleur estive de la «biodiversité à visage humain» et l’intérêt biologique des animaux domestiques !

Les Pastoralies se voulaient un enterrement de l’ours de première classe, ce n’a été qu’une messe basse. Qui se laissera encore avoir par les beaux parleurs Philippe Lacube, Louis Dollo et Bruno Besche-Commenge, à part la presse ariégeoise à la solde de son roi et celle où la rédaction des contenus est confiée à l’activiste de l’ASPP65 Louis Dollo? Quelle famille ira encore faire le plain de haine et se comporter comme des moutons face aux manipulations de la violente clique financée par Augustin Bonrepaux et déguisée en écologistes de montagne ?

Les témoignages des familles descendant dès le début de l’après-midi devraient sonner comme un avertissement envoyé au cercle restreint des proches de Bonrepaux et de ses associations ultras pastorales. Mais faut dire que quand l’Augustin confie le service d’exploitation des sites touristiques de l’Ariège à Pascal Alard (un activiste anti ours, membre de l’ASPAP de la première heure) l’orientation du tourisme ariègeois est priée de suivre la ligne du chef de parti. C’est ainsi que les principaux prospectus touristiques ariégeois (Parc de la préhistoire, Grotte de Niaux, Château de Foix, Grotte du Mas d´Azil, Forges de Pyrène, prospectus généraux sur l'Ariège) sont priés d’éviter la moindre allusion au symbole des Pyrénées : l’ours, sujet tabou et interdit. Le syndrome de Pékin en Ariège ? Le festival Résistances portait bien son nom : pour avoir osé parler de l’Ours, le roi Augustin lui a coupé les vivres.La pensée unique ariégeoise qui étouffe sa population sous la loi du silence comme en Corse.

Ce sera plus dûr l'an prochain pour avoir du monde.

14 mai 2008

Chien de Carélie, une bonne idée?

Le chien d'ours de Carélie,une arme fatale contre l'ours ?

Lors de son assemblée générale, un éleveur de l'ASPAP (l'Association pour la sauvegarde du patrimoine ariégeois pyrénéen) a présenté son chien de Carélie, venu de Russie comme une arme fatale contre l'ours ? «Un chien courageux, qui n'a pas peur du plantigrade et capable de le faire fuir jusque dans la commune qui l'a voulu, Arbas ! » se sont amusés les anti-ours raconte la Dépêche du Midi. Cette surprise va-t-elle révolutionner les séjours en Estive. L'ours n'a t-il qu'à bien se tenir? Adressons nous à des spécialistes.

Françoise Bivel, que pensez-vous de cet éleveur pyrénéen qui compte protéger son troupeau avec un chien de Carélie ?
Françoise Bivel : Je pense que les bergers ont fait une erreur. En effet, le Chien de Carélie n'est pas un chien de protection de troupeau mais un chien de chasse, ce qui sous entend une recherche active. Ce n'est pas parce qu'un ours s'approcherait du troupeau qu'il reconnaîtrait là la proie d'origine de son nom. Je pense même que je vais le signaler dans mon site. Il peut y avoir de sérieux problèmes de cohabitation avec les moutons et avec les autres chiens.

La Carélie est situé à la frontière de la Russie et de la Finlande. Quelles sont les caractéristiques de ce chien venu du Nord ?

Chien d'ours de CarélieLe chien d’ours de Carélie a un physique séduisant, mais il peut-être infernal s'il n'a pas une grosse activité physique. C'est un chien de chasse à fort caractère, qui ne vous pardonnera pas d’erreur d’éducation, pouvant devenir indépendant et vivre sa vie de son côté s’il n’y a pas assez de relation basée sur une activité commune.

Le chien de Carélie est un chien chasseur d'ours. Il est très courageux, et quelques rares chasseurs au sanglier l’ont adopté avec bonheur. Il nécessite par contre un rapport étroit avec son maître, pas