ASPAP

17 mai 2009

Une défaite de taille pour Henri Nayrou et l'ANEM

Communiqué de presse de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie

En recevant le président et des membres de l’association nationale des élus de la montagne, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, a réaffirmé l’engagement de la France à protéger la biodiversité sur tout le territoire national et l’ambition d’y parvenir dans une logique de développement durable.

Elle considère que pour l’ours brun, espèce emblématique du massif pyrénéen, le plan national élaboré en 2005, évalué à mi-parcours en 2008, qui prévoyait notamment la réintroduction de cinq ours, doit être mené à bien, en donnant le temps à la concertation de se poursuivre, aux dispositifs d’accompagnement pastoral de s’ajuster et au groupe national créé en juin 2008 de lui faire des propositions.

Le «Groupe national ours dans les Pyrénées» (GNOP), présidé par le préfet de la région Midi- Pyrénées, rassemble l’ensemble des acteurs – services de l’Etat, élus, professionnels de l’agriculture, de la forêt et du tourisme, chasseurs, associations de protection de la nature et de l’environnement - et des départements concernés.

Ce groupe doit, en effet, remettre dans les semaines à venir ses premières conclusions sur l’évolution du plan de restauration de la population d’ours bruns sur le massif pyrénéen et sur les améliorations envisageables. Chantal Jouanno attend beaucoup de ce cadre de concertation spécifique et invite tous les acteurs à s’y retrouver à nouveau pour partager les diagnostics et formuler des propositions.

La secrétaire d’Etat à l’écologie reste très attentive à la dynamique des populations d’ours brun en Pyrénées centrales comme en Pyrénées occidentales et se préoccupe, en étroite collaboration avec son collègue, Michel Barnier, ministre de l’agriculture du développement des filières de l’élevage sur le massif.

Les deux naissances constatées ce printemps et les sorties d’hibernation incitent à conduire le plan de restauration jusqu’à son terme et à préparer le plan suivant en 2010 sur la base des propositions du groupe national.

Secrétariat d’Etat à l’écologie

Henri Nayrou décrédibilisé

Henri Nayrou, président de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) et député de l’Ariège a pris ses rêves pour la réalité. Son "Scoop", fidèlement relayé par la presse locale ariégeoise n'était qu'un coup médiatique pour attirer, une fois de plus, l'attention des médias sur les revendications de l'ASPAP et sur "une brebis tuée par un ours entre Albiès et Verdun" : "le 28 avril dernier, une délégation de l’ANEM a été reçue par Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie. L’association a toujours considéré que prédateurs et pastoralisme étaient incompatibles, et que l’élevage n’avait pas besoin de ce fardeau supplémentaire. J’ai donc demandé à Mme Jouanno de prolonger sine die le gel du plan de réintroduction". Ce à quoi, d’après le député ariégeois, la ministre a répondu que "le mariage n’avait pas été réussi, et qu’il ne serait pas convenable de poursuivre la réintroduction de l’ours".

Voilà le scoop d'Henri Nayrou démenti. Cette mauvaise communication le décrédibilise une fois de plus. L'ANEM avait déjà dans le passé posé sur des marches avec les membres de l'ASPAP déguisés en "demoiselles". Gérard DUBUC, coprésident, un autre opposant au plantigrade ne manque aucune occasion pour plaider pour le disparition de l'ours. La politique de la défense de la biodiversité passe derrière le soutien au pastoralisme.

L'ASPAP présentait deux "nouveautés" : son chien de Carélie "pas tendre avec les prédateurs", déjà présent l'an dernier lors de l'assemblée générale de l'association. Quelle est son utilité puisque le réseau ours brun en utilise deja un? Vont-ils traquer l'espèce protégée, au risque une fois de plus de se mettre hors la loi ? Après avoir récolté des fonds pour payer les amendes des casseurs d'Arbas, vont-ils organiser une nouvelle souscription si René Marquèze est condamné à payer pour avoir tuer l'ourse Cannelle? Deuxième nouveauté, le "contre-répondeur" pour annoncer les localisations des ours. Rien de nouveau ; depuis des années, les ultra-pastoraux se refilent leurs observations pour traquer les ours, qu'ils s'approchent des estives ou qu'ils en soient éloignés.

"Il faudra, bien sûr, attendre une déclaration publique du ministère pour confirmer la chose." avait écrit le journaliste de La Gazette ariégeoise, sans vérifier lui même l'information. A la place de la confirmation, Henri Nayrou a eu droit à son démenti. Le même journaliste poursuivait : "le cas échéant, la nouvelle serait une victoire pour les opposants à la réintroduction - et bien sûr une défaite de taille pour les partisans de celle-ci." Va-t-il maintenant titrer sur la défaite de taille du député anti-ours? J'en doute, la pression des politiciens locaux sur la presse est trop forte en Ariège, un arrière-pays ou un pays arriéré ?

- Elle l'a dit!
- Je n'ai rien dit!
- Si tu l'as dit!

Lire : la Ministre contredit le député Nayrou


16 mai 2009

Henri Nayrou annonce la fin de la réintroduction d'ours dans les Pyrénées

Le gouvernement Sarkozy signera-t-il l’arrêt de mort des ours dans les Pyrénées ?

par Christophe CORET (AVES France)

Méfiance, c’est le maître mot lorsque de telles nouvelles sont relatées par la presse locale, mais les propos prêtés à la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie, Chantal Jouanno, ne seraient pas étonnants... et annonceraient la fin programmée de l’ours dans les Pyrénées.

Alors que nous dénoncions cette semaine le braconnage des loups organisé par l’Etat français (lire l’article "Quand l’Etat français braconne les loups"), la gazette Ariégeoise vient de publier ce qu’elle appelle un scoop. Et si nous devons prendre ces rumeurs avec des pincettes, nous ne pouvons pas les ignorer devant la politique clientéliste du Ministère de l’Environnement.

Le 28 avril 2009, une délégation de l’ANEM (Association Nationale des Elus de Montagne) a été reçue par Chantal Jouanno. Henri Nayrou, député de l’Ariège et président de l’ANEM (association qui pense que la présence des prédateurs est incompatible avec le pastoralisme) a donc profité de ce rendez-vous pour réaffirmer ses positions anti-ours.

Ce 15 mai, à Luzenac, devant un auditoire composé en large majorité par des opposants aux prédateurs, Henri Nayrou a apporté la Sainte Parole : la Secrétaire d’Etat lui aurait confié que ""le mariage n’avait pas été réussi, et qu’il ne serait pas convenable de poursuivre la réintroduction de l’ours".

Il ne serait pas convenable de poursuivre la réintroduction de l’ours ? Autant dire, si ces propos sont confirmés par l’intéressée, qu’il n’y aura bientôt plus d’ours dans les Pyrénées !

Cette décision ne serait pas étonnante de la part du gouvernement Sarkozy, bien qu’il ait initié un Groupe National Ours. Depuis son arrivée au Ministère de l’Ecologie, l’équipe de Jean-Louis Borloo n’a cessé de manipuler les associations de protection de l’environnement. On grenelle, on communique, on donne des leçons à tous les pays du Monde... pour mieux faire oublier ce qui se trame en France. Aujourd’hui, on affaiblit les associations de protection de l’environnement pour donner le pouvoir aux chasseurs, aux éleveurs, ou à tout autre lobby puissant qui peut apporter des électeurs... est-ce cela le développement durable ?

AVES France espère simplement que ces propos seront démentis par le Ministère.

Nous espérons également que notre plainte contre l’Etat français auprès de la Commission Européenne pour sa gestion désastreuse du dossier ours (qui a récemment été complétée avec les actualités) aura un effet positif.

Si seulement les ours et les loups pouvaient voter...

Christophe CORET

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02 mars 2009

Grand bal à l'AG de l'ASPAP

L'ASPAP (association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées) a tenu son assemblée générale "une nouvelle démonstration de force, d'unité et de fidélité." On en pleurerait tellement c'est émouvant.

Une nouvelle : l'ASPAP va créer un "nouveau machin" transfrontalier avec les anti-ours espagnols des Asturies et du Val d'Aran, une «structure de coopération pour mettre en commun des  structures viables et vivantes».

Lors de cette AG annuelle, des têtes ont roulés : Philippe Lacube, l'ex trésorier bavard et médiatique depuis qu'il est passé dans l'émission du vert YAB (Yann Arthus-Bertrand), sans doute fatigué de balancer ces "mensonges d'Etat" à la tête des préfets et de ne pas être félicité cède sa place. Olivier Ralu, une vielle connaissance, Gérard Dubuc, le maire de Saint-Lary  et Rémi Denjean (un des dix condamnés après le saccage du village d'Arbas), deviennent ultrapastoral le père, ultrapastoral le fils et ultrapastoral le saint-esprit.

Les Ultrapastoralies de Beille, "l'hénaurme fête de la montagne vivante et bien décidée à le rester" seront reconduites en 2009 à Guzet, dans le Couserans. Merci à Augustin Bonrepaux pour son financement 2008, mais qui va payer pour organiser la grand messe des anti-ours en 2009 ?

Hélène Huez, toujours secrétaire a déclaré, satisfaite : «Certains ont cru qu'on n'existait plus et on pensait que l'on ne viendrait pas nous contester la terre sur laquelle nous vivons. Le vent du boulet on l'a senti passer avec cette histoire d'ours, qui n'est pas une histoire d'écologie mais de territoire qu'on accapare. Car certains rêvent de nature sauvage… ». On le voit, l'auto-satisfaction était de mise, tandis que le porteur de cloche d'Arbas rappelait pourquoi l'ASPAP refuse de siéger  au Groupe National Ours tout en dénonçant le manque de concertation (on n'est pas à une contradiction près à l'ASPAP) :  «Nous n'en attendions rien et cela aurait été une erreur que d'y siéger. Car nous y étions minoritaires et le GNO n'avait pas d'autre objectif que d'arrêter les modalités d'application du plan ours. Il n'y avait pas de remise en cause de celui-ci. C'était cadré d'avance et c'est d'ailleurs comme cela que les gens des Alpes se sont fait piéger avec le plan loups. Mais le GNO a du plomb dans l'aile car les élus n'y siègent pas. Il reste des fonctionnaires et des associations pro-ours. Ils n'ont pas de légitimité. Les décisions ne viennent pas de la base. C'est devenu ubuesque

Francis ADER avait déja tenu le même discours de refus du dialogue lors de la réunion du GNOP du 18 décembre poussant le préfet à rappeler "les règles républicaines qui consistent à débattre ensemble et de manière sereine dans le cadre proposé par l'Etat qui a pris en compte les remarques formulées pour le définir." L'Etat est le seul partenaire fréquentable selon l'ASPAP, mais cela dépend des jours et de l'humeur des Dieux. C'était un nouveau jour sans...

Toujours pas de publicité autour de la comparaison entre les dégâts causés par l'ours et la mortalié ovine causée par la Fièvre catarrhale ovine (FCOInfo) et ses conséquences micro et macro-économiques. Une comparaison à nouveau soigneusement passée sous silence lors de cette assemblée générale. Faut dire qu'avec 163 brebis à son passif, l'ours est bien moins gourmand en brebis que le virus transmis par un moucheron : "plusieurs dizaine de milliers d'animaux dans les Pyrénées, sans compter les effets indirects durables de la FCO sur les troupeaux : affaiblissement des bêtes, baisse de la fécondité ..." écrit l'ADET en attendant les chiffres officiels du ministère de l'Agriculture.

A part cela, rien de neuf : "succès d'ambiance", "salle beaucoup trop petite", bal traditionnel et le buffet bien arrosé; rien que de bonnes traditions pastorales...

Pour ceux qui n'ont pas encore fait du dossier "Les mensonges de l'Etat, on ne nous a pas tout dit" leur livre de chevet, il est téléchargeable sur le site de l'Association ultrapastorale. Pour s'endormir, lire du BBC, c'est plus efficace que de compter les moutons. Et cette fois-çi, il y a même des présentations powerpoint! Tout arrive dans les estives a qui sait attendre.

04 décembre 2008

Le manifeste du Val d’Aran

Petite comparaison entre le «Manifeste du Val d’Aran» et le programme «Attention ours» du "Ministère des richesses naturelles" en Ontario.

L'exception française

En France, au lieu de «nature» ou de «richesses naturelles» on parle d' «environnement». L’environnement c’est ce qui environne l'homme qui lui est «au centre», par exemple, les paysages de campagne ou de montagnes, les champs cultivés et les prairies où paissent les animaux de la ferme, les jardins entretenus, les haies et les taillis, les bois et les routes, tout ce qui constitue les «paysages que nous aimons tant», soigneusement "entretenus" par les agriculteurs et les collectivités. Tout ce qui est entretenu par l'agriculture devient pour vous la «biodiversité à visage humain» ou plutot «la biodiversité à USAGE humain» comme a judicieusement corrigé un lecteur de la buvette.

Au diable les «mauvaises herbes», les épineux qui envahissent, les plantes non cultivées et inutiles : tous ces bruyères qui envahissent les herbes tondues par les ovins, prémices à l'arrivée de ligneux et à l'infâme ensauvagement du «patrimoine entretenu» par des troupeaux de tondeuses grégaires. Il faut avoir peur, la forêt gagne du terrain !

Au diable tout ce qui vit et se reproduit sans intervention de l'homme, les bêtes «nuisibles» ou «sauvages» (non gibier évidement) qui «ensauvagent» votre montagne, surtout si elles se situent au sommet de la chaine alimentaire. Le sommet de la chaine, c’est la place de l’Homme. D'ailleurs l'agriculteur montagnard ne partage pas, il exploite et est à l’origine du «progrès», de la «richesse», de la «vie» et est le garant des «traditions» chères au journal de 13h de TF1.

Richesse ? Quelles richesses ? Qui vous fait vivre? Bien souvent les subventions payées par les de ceux qui ont trouvé une occupation génératrice de revenus et bien mieux, de bénéfices ! Tous ces parisiens ou ces citadins planqués dans des bureaux, ces écologistes qui vous empêchent d'exploiter et de «vivre». Malgré cela, vous sombrez économiquement. A cause de quoi, de qui ? A cause de l'ours, pardi.

Il faut signer le « Manifeste du Val d’Aran»
 
Manifeste du Val d'Aran -Luis TurmoDans deux jours, les plus motivés de tous les gens qui sont «contre» quelque chose : la nature, les bêtes sauvages, les touristes, les intellectuels, vont se déplacer à Les, dans le Val d’Aran pour entendre et signer votre manifeste.

Parmi eux, beaucoup d'éleveurs ovins qui sont contre beaucoup de choses mais pour l’argent. Les éleveurs ont besoin des aides, qu'elles soient syndicales, communales, départementales, régionales, nationales, ou européennes pour survivre.

Pourvu que leurs déficits chroniques, immuables, éternels soient comblés. Pourvu que les petits chefs syndicaux parviennent à redistribuer un peu des aides destinées aux céréaliers. Pourvu que les politiciens locaux se mettent en grève de la faim, qu'ils gueulent dans les assemblées, se couchent au milieu de la route, montent sur les estrades pour entonner des cantiques arrosés, des chants pastoraux, des agricoles et traditionnels.

Qu'ils soient français ou espagnols, éleveurs au bord de la faillite, régionalistes bon teint, politiciens locaux incapables de gérer autres choses que leur réélection, chasseurs paniquant devant l’éventuelle perte d’une once de liberté et volant au secours du «pobre Luis», ils seront tous là. Et parmi eux, dans son village, le pauvre Luis, sauvagement mordu par une ourse pour ne pas avoir voulu concéder une journée de chasse, alors que l'ourse était là. (Photo : Luis Turmo, "pobre Luis")

Tous les adeptes de ce «manifeste»  pompeux vont se réunir dans le Val d'Aran à l’invitation de l’ASPAP pour,  lors d'une journée que le «guide de pays» multi-forums annonce «Enorme», «colossale» et «internationale», pour signer ensemble, avec du sang de brebis sans doute, un nouveau document, une énième «déclaration des Pyrénées» intitulé «Manifeste du Val d'Aran» et contenant toutes «leurs vérités» et leurs griefs. Le Manifeste du Val d’Aran a été écrit en catalan, en aranais et en français. Les idéologues ultrapastoraux ont couché sur papier leur haine de «l'autre homme debout», de cet «autre semblable».

Ce manifeste du Val d'Aran sera lu sans doute par un grand tribun, un «politique» d'une petite contrée, qui électrisera la foule tout acquise à sa noble cause : l'extermination du prédateur prétendument responsable de la misère agricole pyrénéenne. 

Le manifeste précédent a été rédigé par un gourou décrit pas son collègue comme «pas que sympa et intellectuel, mais aussi compétent et qui sait de quoi il parle en matière de pastoralisme et de son histoire».  Un suivant viendra après, les étagères croulent sous les manifestes inutiles…

Alors que l'agriculture est au repos et les ours dans leurs tuttes, il faut mobiliser les fonds de paniers, récurer les comices, les GAEC, mobiliser dans les vallées, au bord des zincs, dans les forums spécialisés et partout où ils le peuvent pour amener, sous une pluie que j'espère battante, sous une neige que j'espère mouillée, dans un froid que j'espère de canard, sous une bise que j'espère perçante, tout ce que les Pyrénées comportent de conservateurs rétrogrades, de bouffeurs d'écolos, d’exploiteurs de nature, d'inconscients des besoins des générations futures, de défenseurs des «traditions» (pastorales), du «patrimoine» (pastoral aussi), et de militants agricoles aux abois.

Je cite l’aboyeur public de service s’adressant aux Nemrods : «pour info, et tous les chasseurs y sont invités, notamment ceux de sangliers, mais aussi les randonneurs, les éleveurs et tous les acteurs du tourisme, une manifestation aura lieu à Lès dans le Val d'Aran en Espagne (5km de la frontière) le samedi 6 décembre (…)».  Viendez ! Viendez manifester dans le Val d'Aran ! Un projet de manifeste sera soumis à la "signature populaire" de tous les antis présents sous la pluie et la neige.

Le 6 décembre, la montagne va accoucher d'une souris. Comme aux «Pastoralies», où parti 500, ils se virent 10000 en arrivant au port, on peut déjà être sûr que la journée sera «énorme», la mobilistion «grandiose», le manifeste «incontournable», le message «révélation», le gouvernement «obligé de tenir compte du cri de tous les pyrénéens, de cette ferveur populaire».

En fait, il s’agira de la même colère de quelques poignées de braillards minoritaires, toujours les mêmes mais avec leurs collègues espagnols cette fois. Ce seront les seuls qui, motivés par la haine de la nature de l’ours, seront capables de tenir à flan de montagne pour entendre dans le froid ces discours de haine de la nature. Le 6 décembre à Les, les Pyrénées seront délivrées des grognons et des mauvais coucheurs, tous rassemblés à se les geler.

Les autres, la majorité silencieuse, espèrent au printemps une nouvelle descendance pour l'ourse Hvala. Deux ou trois nouveaux oursons pour cette ourse «étrangère» rapidement adaptée aux Pyrénées puisque déjà mère, qui non seulement a "giflé" son agresseur en lui laissant la vie, mais en plus a fait la nique à tous ses poursuivants à pied, à cheval ou en hélicoptère sous les harangues de Francis Boya, le nouveau leader populiste aranais.

Les autres, les silencieux, ce sont des «escrolos», des «intellectuels» (suprême injure jetée à la tête des scientifiques comme Farid Benhammou qui sont «pour», lui en plus, il cumule!), des «écolos de salon», des «bobos», des «fachos de gauche» (Il ne faut pas tout vouloir comprendre), des «verdaches», des «générateurs de coups fourrés» avec qui il ne faut pas discuter, des «talibans de l’écologie», la liste des injures est sans fin, enfin tout ceux qui sont juste bons à être bousculés sur les sentiers étroits et escarpés et avec qui il faut être «intraitables!»

Peu importe si certains militants ultrapastoraux racontent n'importe quoi, comme un de leurs e-porte-parole, un grand lécheurs de bottes qui …

  • devient ancien pasteur de quelques brebis avec les bergers : «l'ours ou le loup, ils s'en foutent. Ce qui les intéresse c'est la gestion des territoires pour retourner au sauvage comme il y a 2000 ans. Ils veulent imposer leur vision de la nature sauvage dont la philosophie est tirée du National Socialisme.», Slurp fait la langue.
  • devient ancien traqueur avec les chasseurs : «Les escrolos ont effectivement l'intention de demander l'arrêt de la chasse aux sangliers. Par la suite, ce sera celle des chevreuils. Vu les dégâts occasionnés dans les estives et prairies de fauche, il faudrait plutôt accroitre le nombre de chasseurs. Pour ceux qui voudraient manifester contre l'ensauvagement des Pyrénées et pour également la liberté de chasser, cela se passera… ». Slurp.
  • est parano avec les comploteurs : «ils appartiennent à une véritable mafia internationale. Les plus dangereux ce sont ceux du WWF.» Slurp.
  • reste toujours ferme pour refuser le dialogue : «toute compromission avec eux conduit de toute manière à un conflit. D'où la position des Pyrénéens de refuser de siéger avec ces personnes qui n'ont aucune parole, aucune morale.» Le seul interlocuteur valable étant l'état. D'ailleurs, les lieux d'échange avec les «pour» n'existent pas, aucun forum ou site opposé à l'ours, sauf celui du Grand Charnier n’est ouvert à la contradiction. L’argumentation est-elle trop difficile? Il convient de suivre la parole de l'ASPAP, sans dévier. Slurp.
  • devient inventeur de grandes théories sans queue ni tête : «Il y a moins de 2000 ans, il y avait sur toute l'Europe, dont la France et la Belgique (ca c'est pour moi), une multitude d'animaux sauvage tel que ours et loups. Il serait donc légitime de faire des réintroductions dans ce pays si lointain des Pyrénées.» Et il se marre.
  • est partisan de l'exclusion. Qui suis-je moi, celui qu'il appelle «le belge» ou «l'honorable (on le dit...) sujet de sa majesté le roi des belges», originaire d'un petit village de campagne pour lui tenir tête, pour ne pas avoir peur des menaces de procès, aussi fausses qu'incessantes. Qui suis-je, à plus de 1000 km des Pyrénées pour militer pour la sauvegarde de l'ours et défendre la faible population résiduelle, en partie privée de femelles dans le Béarn. Cette exclusion kilométrique, cet ostracisme national pour ne pas dire plus est aussi valable entre les vallées. Un jour, Stephan Carbonnaux est traité de «Taliban», un autre «d'adepte de la philosophie du National Socialisme.» (nazi sans langue de bois). Quel mélange de genres!
  • fait pression, ne se privant d'écrire au journaliste qui met en ligne un témoignage compromettant pour un éleveur pour qu'il retire sa vidéo et dire « Il faut vraiment être minable pour se prêter à de telles vidéos assez grossières avec très probablement un faux témoignage d'un faux habitant et d'un faux éleveur. Pour tromper (surtout en Ariège) la vigilance des techniciens (et non des experts) faisant les constats de prédation. Ce n'est surement avec la méthode décrite que c'est possible. » Une telle vidéo nuirait à la crédibilité des techniciens de l'ETO, alors que par ailleurs, il les couvre de mépris et les traite « d'incompétents à la disposition des écolos ». Au diable les contradictions.

Mais que dit ce «Manifeste du Val d'Aran» ?

«Ce projet de manifeste élaboré par les élus du Conseil Général d'Aran sera soumis à la signature de l'ensemble des participants élus aranais et français qui se rendront à la manifestation du 6 décembre 2008.

Nous, qui vivons dans les Pyrénées, nous adoptons ce manifeste :

1) - Depuis des centaines d'années les éleveurs et les habitants de ces montagnes ont modelé le paysage : vallées dessinées par les prés, forêts façonnées depuis des temps immémoriaux par le travail anonyme de nos ancêtres. Ils nous ont légué cet héritage : une biodiversité qui est le fruit de la culture pastorale, et du travail des femmes et des hommes de ces montagnes.»

(NDLB : Une biodiversité fruit d'une culture pastorale et d'un travail humain ? Quelles espèces animales et végétales avez-vous créé ? A comparez avec celles que les pratiques pastorales ont détruites)

2) – «Dans le premier Manifeste des Pyrénées, signé à Vielha le 31 mars 2006, nous avons déjà dénoncé les plans de réintroduction de l'ours et autres grands prédateurs qui nous ont été imposés sans aucune concertation, ni le moindre respect pour la volonté des habitants de ces vallées. Depuis leur lancement en 1996, ces plans ont entraîné la réintroduction d'espèces animales qui ont affecté gravement l'activité dans ces montagnes. Ce faisant, on a oublié de prendre les mesures réelles et concrètes pour assurer la survie de secteurs d'activité qui sont, eux, aujourd'hui, les grands menacés de disparition dans les Pyrénées.»

(NDLB : sans concertation ou avec une large concertation que les ultrapastoraux ont boycottée? L'ours aurait affecté gravement l'activité des montagnes : expliquez moi où et comment ? D'ou vient la crise du pastoralisme ? De l'ours ? Mensonges !)

3) – «Aux portes du XXI° siècle, à l'entrée du troisième millénaire, nous, habitants des Pyrénées, nous manifestons notre ferme conviction de vouloir continuer à exister dans des montagnes où l'homme, comme il l'a fait pendant des siècles, occupera toute sa place dans un projet de vie digne et respectable. Nous ne voulons pas disparaître.»

(NDLB : Vous ne voulez pas disparaitre ? Vous avez raison, mais c'est mal parti. Vous ne voulez pas cohabiter, vous désirez éliminer et détruire. Ce ne sont pas ces méthodes qui vous sauveront et vous rendront populaires auprès de vos... clients amateurs de produits sains ou "bio".)

4) – «Nous voulons continuer à œuvrer à la conservation de nos montagnes, mais nous voulons que cette conservation soit aussi celle de notre façon de vivre, celle de notre culture et de nos traditions. Car en effet, sans la présence active de leurs habitants, de leurs éleveurs, de leurs troupeaux, de leur culture, les Pyrénées seraient irrémédiablement conduites à perdre leurs caractéristiques essentielles.»

(NDLB: Les montagnes vont-elles se niveler et disparaître à cause de l'ours? Quand ? Quelles sont les causes profondes qui sont à l'origine de la disparition du pastoralisme ? Vous ne dites pas un mot sur les causes réelles de votre banqueroute. Vous continuez à être aveugle, à refuser de voir la vérité et les vraies causes de vos échecs qui se situent ailleurs. Les prédateurs s bien les boucs émissaires. Triste bêtise de ceux qui foncent à toute vitesse dans le mur en demandant aux autres de payer les dégâts.)

5) – «Depuis des temps immémoriaux, là où on trouvait un berger et son troupeau, le loup et l'ours sont arrivés. Mais jusqu'à l'apparition de l'actuelle législation moderne de l'environnement, les bergers ont toujours su et pu défendre leurs bêtes contre les attaques des ours et des loups. Les règles actuelles nous laissent les mains liées pour contrer ces attaques, et le paiement des dommages, unique alternative que l'Administration Publique nous propose, ne peut devenir une solution définitive. Si son action se limite simplement au paiement des dommages, alors l'Administration aura contribué à transformer l'ours et le loup en prédateurs exclusifs des troupeaux.»

(NDLB : Ce qui vous dérange c'est la «législation moderne de l'environnement», l'éveil de la conscience que l'homme scie la branche sur lequel il trône et détruit la planète empruntée à ses enfants. Cette politique vous dérange ? Remettez vos œillères, foncez tout droit, exploitez les ressources naturelles comme au bon vieux temps du «profit» et du «progrès». Vous nous entrainez vers un suicide collectif. Après-vous le déluge.)

«D'autre part, les incessants dommages de ces grands prédateurs sur le bétail, non seulement déstructurent les troupeaux et rendent invivable le travail pastoral du berger, mais ils découragent les éleveurs. Aussi nous demandons que l'Etat français et ses complices des gouvernements espagnol, catalan et andorran, mettent un terme à ces programmes de réintroduction de grands prédateurs, car ils sont incompatibles avec notre élevage extensif.»

(NDLB: Quels bergers? La plupart des troupeaux sont non gardés. Ceux qui acceptent les moyens de protection obtiennent de meilleurs résultats, cela vous le niez, vous le refusez : les animaux sauvages en captivité, les animaux domestiques (la biodiversité à visage ou usage humain) en liberté. Le bon sens «pastoral» en quelque sorte, l'intelligence complètement déviée !)

6) –«Pour exister, les Pyrénées ont besoin de leurs éleveurs et de leurs habitants, elles doivent alors continuer à être une montagne vivante, dynamique, capable d'intégrer la modernité sous tous ses aspects.
Transformer les Pyrénées en un sanctuaire de quelques espèces animales en éradiquant des montagnes bergers et activités humaines, est une agression contre toute une culture vieille de milliers d'années qui a contribué à ce qu'un équilibre s'établisse assurant la biodiversité de la flore. Cette culture a créé les pâturages et les paysages qui, aujourd'hui, permettent le développement d'une industrie touristique devenue vitale pour de nombreux secteurs économiques de nos territoires.»

(NDLB: Ah, le concept novateur de «la montagne vivante». Avec des ours, la montagne se meurt ? Depuis des millénaires, l'ours est présent. La montagne est-elle déjà morte et depuis quand ? Ou bien est-elle toujours entrain d'agoniser, alors qu'il n'y a presque plus d'ours. Contradictoire, non? Depuis le temps, c'est qu'elle se meurt à tout petit, tout petit feu. Puis les bergers sont arrivés avec leurs "feux pastoraux", le rythme des destructions (des nettoyages, pardon) s'est accéléré jusqu'à créer, comme dans les Pyrénées atlantiques, des montagnes à brebis, pelées comme des golfs. Est-ce cela vos «montagnes vivantes» ? Quelle tromperie gigantesque, quelle pauvreté aussi.) Lire le message publié par Alexis, un pyrénéen, hier...)

7) – «En ce début de XXI° siècle, après des décennies d'oubli, alors que l'ensemble de nos sociétés modernes montre de l'intérêt pour des modes de production agroalimentaire plus sains, les Pyrénées offrent la possibilité de produire ces aliments de qualité, à partir d'une relance de leurs races autochtones, de leurs produits, et de leurs savoirs.»

(NDLB: Les produits de qualité, les «escrolos», ceux qui achètent «bio» sont preneurs, ce sont vos futurs clients que vous injuriez ! Mais ne nous faites pas croire que les agneaux «finis en plaine» sont plus sains, que vos pratiques agricoles sont «propres ». Faut-il tirer ou empoisonner les vautours et les ours pour cela?

Croyez-vous qu'une couche de «Green washing» suffit à faire tout gober? Croyez vous que le marketing léché de Bruno Besche-Commenge suffit pour donner à l'opinion publique, une image écologique responsable de vos associations et de vos objectifs? Croyez vous qu'il suffit de peindre superficiellement en vert vos belles paroles pour dissimuler votre discours profondément anti-environnemental? Vos clients, les «escrolos» deviennent difficiles et plus exigeants.

Marc Laffont a écrit : «Le seul moyen durablement plausible de maintenir une production, indépendamment de sa stricte rentabilité, sera d'être en phase avec un haut niveau de préservation environnementale. L'éradication d'espèces aussi emblématiques, et surtout, indicatrices de la  qualité d'écosystèmes, comme le sont les grands prédateurs, est-elle compatible avec une forme de labellisation environnementale ? »

La réponse est non. Vous essayez de tromper le monde. Quant aux races autochtones, sauvez les, je n'ai rien contre, mais à partir de décennies de sélection, vous ne referez jamais l'ancêtre du mouton. Vous n'êtes à la source d'aucune biodiversité. La «biodiversité à visage humain» n'est qu'une biodiversité à «usage» humain. La biodiversité qui, pour vous, n'a pas d'usage, de rentabilité, vous vous en moquez. Elle peut ou doit disparaître. A quoi est-ce que cela sert un ours? A rien, il a juste le droit d’exister. C’est sa sauvegarde qui sert à quelque chose. Avec lui disparaitra la forêt, le grand-tétras et tout «le sauvage», il ne restera de «beaux paysages entretenus et cultivés» dans des montagnes vides, vides d'ours et de pastoralisme, car le pastoralisme n'a pas besoin de l'ours pour disparaître et pour se suicider.)

«Nous savons entretenir nos forêts, nos prés, éviter l'embroussaillement qui prolifère et génère les incendies, nous voulons continuer à le faire pour maintenir nos montagnes et nos pâturages d'altitude dans de bonnes conditions, et pour cela nous demandons l'appui des Administrations publiques.»

(NDLB: Garder la montagne «propre» sans mauvaises herbes ni animaux «nuisibles». Toujours la notion de rentabilité de la biodiversité à USAGE humain. L'homme au centre, l'environnement contrôlé autour, la nature libre au diable ! Et vive les feux pastoraux pour luter contre la forêt, cet habitat mystérieux et sombre où vivent les «bestes sauvages » effrayantes et mangeuses d'hommes. Regardez le «pobre Luis», le rescapé de l'ensauvagement des Pyrénées ! Non à la domestication de ce qui nous reste de sauvage. Le sauvage et le domestique peuvent cohabiter. Votre e-porte parole a dit des défenseurs du plantigrade : «Ce qui les intéresse c'est la gestion des territoire pour retourner au sauvage comme il y a 2000 ans. Ils veulent imposer leur vision de la nature sauvage dont la philosophie est tirée du National Socialisme.» Suivez le chef ; en allemand, le fuhrer.

8) – «Comme nous l'avons prouvé (NDLB : où?) pour la préservation d'autres espèces, nous nous sommes toujours impliqués dans la conservation de la montagne, depuis toujours cette attitude caractérise notre façon de vivre. Mais nous ne voulons pas vivre en permanence comme de simples survivants. Nous voulons, dans les Pyrénées, un avenir pour nos enfants. Nous voulons continuer à voir des éleveurs et des troupeaux, mais pas dans les conditions actuelles d'abandon ni avec le manque de considération dont nous sommes l'objet. Nous voulons contribuer à maintenir vivantes et à conserver les Pyrénées, parce que, plus que tout, c'est le paysage de nos ancêtres et, aujourd'hui, le nôtre.»

(NDLB: Ce à quoi vous êtes attachés, ce n'est pas la nature, c'est le passé, les traditions, la «beauté des paysages de votre enfance», la rentabilité. Or votre activité, vous ne parvenez pas à lui donner une once de rentabilité, vous êtes sur la même branche que l'ours. En cherchant à le faire disparaître, vous disparaîtrez avec lui. Les subsides auront une fin, peut-être pas demain, mais après-demain. N'importe quel indépendant français ferme boutique s'il n'est pas rentable. Plutôt que de réfléchir aux causes de votre marasme économique et aux solutions à apporter pour en sortir, vous êtes obnubilés par les prédateurs dont l'ours qui n’est responsable que d'un peu plus de 300 pertes sur les +-30000 pertes annuelles en estives. Supprimez l'ours, continuez, et après, à quoi allez-vous vous attaquer à la place de prendre à bras le corps les vrais problèmes?)

Analysons ce « manifeste du Val d’Aran » rétrograde, aveugle et suicidaire :

Dans son livre Green Backlash Green backlash - Global subversion of the environmental movement» ; Routledge, Londres, 1996], Andrew Rowell dresse, à partir de nombreux exemples, une synthèse des mouvements de réaction anti-environnementale dans le monde, et décrit les méthodes utilisées par les acteurs qui combattent la protection de l’environnement. Votre manifeste est conçu exactement sur le «schéma type de la rhétorique anti-environnementale» des années 90. Ce discours est articulé autour de quatre volets.

1) Il commence par installer les populations locales dans la position de victimes et les protecteurs de l’environnement en position de persécuteurs, faisant porter à ces derniers toute la responsabilité des problèmes sociaux et économiques rencontrés par les populations rurales. Puis il s'attache à récuser les constats scientifiques et à déconsidérer les experts.

2) Ensuite, il propose un concept «nouveau» de gestion des ressources. Par exemple la notion de «Montagne vivante» (ou est la montagne morte, sur la lune?) ou «la Biodiversité à visage humain» (Angel face) qui consiste à partager les espaces protégés avec les acteurs qui veulent les exploiter économiquement, ou l’utilisation rationnelle, qui revient à ne pas laisser des ressources économiques se perdre pour des motifs de protection de l'environnement.

3) Ces concepts sont affichés comme «éclairés» dans la mesure où ils reposent sur un principe auquel il est difficile de s’opposer, et «équilibrés» en ce sens qu’ils considèrent la poursuite de la dégradation de l’écosystème à un rythme raisonnable comme le bon compromis entre ceux qui veulent stabiliser la situation de conservation et ceux qui veulent continuer à exploiter ou transformer les écosystèmes concernés.

4) Sur cette base, enfin, les partisans d’une politique claire de conservation, qui rende compte de ses résultats, sont présentés comme des extrémistes auxquels on attribue souvent des visées cachées, marxistes ou mondialistes, par exemple. (d'après Andrew. Rowell)

Après le manifeste du Val d’Aran, vos exigences

«Pour cela, nous voulons et nous demandons :

1) - Nous voulons et demandons que les Administrations publiques utilisent les ressources publiques pour mettre en œuvre des projets garantissant la présence des éleveurs et des activités traditionnelles dans nos montagnes, en tenant compte des facteurs sociaux et humains qui en dépendent.»

(NDLB: peu importe si nous sommes chroniquement déficitaire, si nous boycottons les réunions destinées à nous aider, si nous ne cherchons aucune solution à nos problèmes, l'Etat, les français doivent être là pour payer et nous entretenir, uniquement parce que nous prenons soin «des paysages cultivés» et de la «biodiversité à usage humain», la bonne,celle des brebis)

2) – «Nous voulons et demandons qu'à l'avenir les principes de la biodiversité soient abordés dans une perspective globale de la réalité de nos montagnes, en tenant compte des facteurs environnementaux, sociaux, et économiques, afin d'assurer un développement durable sous tous ses aspects, et pas uniquement sous l'angle d'espèces emblématiques.»

(NDLB : Veuillez m'expliquer quels patrimoines sont en voie de sauvetage grâce aux actions de l'ASPAP ? L'ours, le desman, le grand tétras, le bouquetin, les isards ? Rien de tout cela, pas même le pastoralisme car vous vous suicidez. La seule chose que vous sauvez, ce sont les «fêtes pastorales», mais elles ne sont plus du tout sympathiques, uniquement militantes. Quel résultat ! Les objectifs de ces fêtes, comme "Les Pastoralies" est le même que pour la battue dans le mythe de l’ours, décrit par Gérard Caussimont : «La battue à l'ours va canaliser l'émotion, les réactions instinctives des bergers et des valléens bien au-delà de la simple vengeance contre le mangeur occasionnel de quelques brebis. Le mythe est un élément stabilisateur qui joue le rôle de « soupape de sûreté» de l'esprit humain dans un système social donné. Dans la société pastorale, c'est la poursuite d'un animal s'attaquant au bétail qui joue ce rôle

Belle manière de cacher votre politique anti-environnementale basée uniquement sur l'exploitation et la recherche de «l'utile» derrière un nouveau concept obscur et abscons : «aborder la biodiversité dans une perspective globale de la réalité de nos montagnes, en tenant compte des facteurs environnementaux, sociaux, et économiques, afin d'assurer un développement durable sous tous ses aspects, et pas uniquement sous l'angle d'espèces emblématiques.» C'est votre linguiste qui pond des tirades aussi opaque et vides de sens ?

Ce que voulez c'est qu'à l'avenir l'Etat ne vous emmerde plus avec cette biodiversité qui vous gêne et qui pour vous se limite aux animaux domestiques, que tous les gêneurs et contradicteurs en tout genre soient rayés de la carte, que toutes les personnes étrangères à VOS montagnes vous foutent la paix et que les pyrénéens qui ne pensent pas comme vous continuent à la fermer sous le poids des pressions physiques morales ou politiques. Voilà exactement vos souhaits, mais exprimés sans langue de bois dans un langague politiquement incorrect.

3) – «Nous voulons et demandons qu'au lieu des groupes de travail spécialisés "ours et loups", soit créé un groupe de travail qui envisage comme une totalité le problème de la conservation de nos montagnes : en tenant compte des aspects environnementaux, économiques, professionnels, et sociaux ; en associant des chercheurs et spécialistes de ces divers domaines et des acteurs représentatifs de l'ensemble du territoire.»

(NDLB: traduction : Non aux groupes "ours et loups" où nous ne sommes pas entièrement majoritaire, où les autres ont aussi droit à la parole et où on va nous forcer à négocier, or nous n'aimons pas cela parce que tous ces merdeux d'intellectuels «verts» et «gauchistes» sont bien meilleurs que nous. BBC ne peut pas être partout. Et surtout, des acteurs représentatifs de l'ensemble du territoire (surtout pas du «territoire français», malheureux, le «territoire pyrénéen, sans la plaine» : des bergers, des éleveurs, des maires de petites communes, membres de l'ASPAP pour bien faire, des chasseurs, des valléens respectueux des traditions capables de chanter «Se Canto» d'une traite. C'est ceux là que vous voulez, pas les «escrolos de salon.») Vous désirez un «groupe de travail efficace, rapide, bien géré, économe...» un peu comme l'IPHB quoi, ce que Bonrepaux a toujours rêvé d'avoir...)

4) – «Nous voulons et demandons que, compte tenu de l'échec social du programme Life, les Administrations responsables récréent dans nos montagnes les conditions qui prévalaient avant le début des opérations initiées en 1996, afin que, de façon définitive, soient écartés les effets négatifs qui pèsent actuellement sur nos économies et sur le développement durable de nos territoires.»

(NDLB: L'échec du programme LIFE ? Dès demain, je travaille à la publication des résultats, promis. Qu'avez-vous fait avec tous le pognon investis en pure perte dans le pastoralisme à part boucher des trous. Comment se porte votre activité ? Merci à Marc Laffont qui me fournit des textes exactement au moment où j'en ai besoin. Je le cite :

"Pour la filière ovins viande en Midi-Pyrénées en 2006, et par exploitation :

  • Valeur ajoutée de l'exercice hors fermage : 2 400 € (elle était carrément négative en 2005, - 600€)
  • Subventions d'exploitation : 34 900 €
  • Résultat courant avant impôts : 13 100 €
  • Ratio Subvention/Résultat courant : 266 %
  • Revenu annuel par Unité de Travail Annuel (1,6 UTA): 8 187 €, soit 682 €/mois. Toutes subventions comprises.

Et 2007, puis 2008, sont annoncées comme pire. Pourtant faible est la proportion de ces éleveurs concernés par la prédation par grands prédateurs. Qui peut croire sérieusement que la disparition d'une petite population d'ours changera quoi que ce soit au problème ? "

Dans le communiqué «Sauver le pastoralisme dans les Pyrénées» qui annonce que l'ASPAP organise une grande rencontre pour défendre le pastoralisme et pour faire signer le «manifeste du Val d'Aran», publié sur le blog du «Grand Charnier» Marc Laffont relève une perle : «(...) le pastoralisme est le garant(...) d´un espace montagnard préservé et sûr.» Alors que la randonnée en montagne en France fait de 50 à 60 morts chaque été. Et à peu près autant de décès pour les loisirs hivernaux (ski, avalanches ou autres), sans compter les accidents de chasse.

La mort du pastoralisme à grande échelle ne viendra pas des grands prédateurs, mais de l'économie de marché et de l'incapacité à évoluer de ceux qui l'organisent.» Est-ce le poids des traditions, du patrimoine, de l'identité pyrénéenne ou la peur du changement ?)

« Institutions publiques, représentants élus des populations, éleveurs, groupements économiques et associations, signataires de ce manifeste, nous le portons devant les diverses autorités de l'Union Européenne, de l'Etat espagnol, de l'Etat français, de la Généralité de Catalogne, du Gouvernement d'Andorre, et devant toutes les personnes et institutions concernées

(NDLB: Faites, faites, cela ne sauvera en rien le pastoralisme. Votre « manifeste du Val d'Aran » est une belle supercherie.)

Source : ASPAP

Que ce passe t-il en Ontario pendant ce temps ?

« Attention, Ours »

En Ontario, Le ministère des Richesses naturelles s’est engagé à réduire les causes évitables de conflit entre l’être humain et les ours. Le programme «Attention ours» informe le public sur les ours et sur ce qu’on doit faire pour ne pas attirer les ours dans les zones urbaines ou semi-urbaines. Le ministère collabore avec les dirigeants communautaires dans le but d’instaurer des programmes de prévention à l’échelle locale. Il propose de nombreux outils d’information et de sensibilisation sur les ours, notamment un site web. Le ministère dispose d’une ligne pour s’informer sur les ours et signaler les incidents. Le ministère collabore avec les services de police en cas d’incident impliquant des gens et des ours.

Un guide sur l'Écologie de l’ours à été créé à l'attention des enseignants. Ce programme d’enseignement fournit aux enseignants un outil prêt à l’emploi en salle de classe :

  • Des renseignements de base sur les ours d’Amérique du Nord; l’hibernation et les interactions entre les ours et les humains;
  • Un aperçu de l’unité d’enseignement;
  • Plans de leçon et diverses activités;
  • Diverses ressources, dont un glossaire, une liste de livres et de sites web ainsi que des feuilles d’information sur les ours noirs.

Le programme vise à sensibiliser les élèves aux ours – leurs besoins biologiques; leur comportement et les effets de l’activité humaine sur les ours. Il donne des explications sur ce que les gens peuvent faire pour vivre "en harmonie" avec les ours, bien plus nombreux qu'en France : dissuader les ours de s’approcher des propriétés ou des collectivités en sachant ce qui les attire et en prenant les moyens nécessaires pour éliminer ou limiter les tentations. "Cela ne prend pas beaucoup de temps et ne coûte pas cher" (c’est facile en somme, pas comme en France) :

  • Renseignez-vous sur les ours et sachez ce qui les attire
  • Tenez votre propriété propre et exempte de tout ce qui attire les ours
  • Ne nourrissez les oiseaux qu’en hiver
  • Faites plus attention à la façon dont vous entreposez et jetez vos ordures
  • Mettez sur pied un programme communautaire de prévention contre les ours

"Ce genre de programme contribuera énormément à faire participer et à éduquer le public de manière à éviter le plus possible de tuer des ours inutilement en empêchant les rencontres humain-ours de se produire. Cela contribuera aussi à la sécurité des humains." (Stephen Herrero, expert en matière d’ours et professeur à l’Université de Calgary)

Source : « Ministère des richesses naturelles » de l'Ontario

«Ministère des richesses naturelles», quelle simplicité par rapport à «Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire». Quelle leçon ! En Ontario, les ours sont plus nombreux, plus proches et plus familiers qu’en France. Au lieu d'écrire des «manifestes», des «déclarations», les canadiens acceptent, informent et respectent leurs richesses naturelles !

04 novembre 2008

Les ours et les gens, une nouvelle manipulation de l'ASPAP

Les ours et les gens - Un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers, information pour les rencontres hommes ours

Le Parc national du Canada des Lac-Waterton a publié une brochure d'information aux visiteurs intitulée "Les ours et les gens", un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers.

La buvette avait publié cette brochure le 10 novembre 2007 parce qu'elle reprenait les "bons conseils" que les canadiens sont habilités à nous donner en cas de rencontre avec un ours. C'est en effet plus courant chez eux que chez nous.

Dernièrement, l'ASPAP l'a publiée aussi. Bien me dis-je, ils désirent éviter les ennuis et conseillers les promeneurs. Mais non, leur but est différent ...

"La liste des recommandations appelle de nombreuses questions : les habitants des Pyrénées doivent t-ils au quotidien se soumettre aux mêmes règles de sécurité ? Nous invitons tous les vacanciers et amoureux des Pyrénées à consulter ce document, et à nous donner leur sentiment par mail (aspap.contact@gmail.com), à la fois sur ce que vous attendez de votre séjour dans les Pyrénées, sur ce que vous inspire une rencontre potentielle avec l'ours." Le but est clair, à nouveau rependre la peur et la diffuser. Un appel à l'aide aux peureux.

On y voit 2 photos d'un sentier, prises à quelques heures d'intervalle par un appareil fixé à un arbre. Premier passage : un promeneur et son chien, deuxième passage : une ourse et un ourson de probablement deux ans.

Omissions de l'ASPAP

Par contre l'ASPAP ne reprend pas le contenu complet de cette brochure. Certains textes dérangent. Passons en revue les extraits que l'ASPAP ne publie pas :

  • Dans le titre : "un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers" : eux préfèrent parler du danger de l'ours et la conservation de l'ours n'est même pas le dernier de leur soucis, c'est ce qu'ils combattent. On gomme.
  • Dans le sous-titre : "Votre comportement influera sur la survie des animaux sauvages". Inutile d'expliquer. L'ASPAP n'a pas envie d'influer positivement sur la survie des ours qui sont responsables, malgré leur antériorité historique, de "l'ensauvagement" des Pyrénées.

Au printemps, dans les villages

"Après l'hibernation, les ours émergent de leur tanière émaciés, et les sources de nourriture sont encore rares. La neige recouvrant encore les hauts sommets, les ours se rassemblent dans le fond des vallées pour trouver des pousses printanières. Les grizzlis optent pour les pentes avalancheuses ensoleillées et exposées pour y extraire avec leurs griffes des racines et des bulbes. Avec un peu de chance, ils y trouveront peut-être la carcasse d'un animal qui a succombé aux rigueurs de l'hiver...un regain d'énergie crucial, surtout pour les femelles qui viennent de mettre bas."

En France, il n'est pas "pastoralement" correct d'avaliser la normalité de la descente des ours dans les vallées pour chercher de la nourriture. C'est un comportement déviant des ours importés pour les adeptes de la biodiversité à visage humain. On a plutôt droit à «Quelles dispositions l'Etat envisage t-il de prendre pour que ces fauves soient cantonnés loin des villages, dans des zones plus appropriées à leur présence afin que de restituer aux zones habitées leur quiétude [Lettre de Yvon Saint-Martin, maire de Saint-Mamet, Henri Denard, conseiller général du canton de Bagnères-de-Luchon et Francis Ader, président de l'association de défense de l'identité pyrénéenne au sous-préfet. La Dépêche].

Magali Boniface : "Aujourd'hui, les équipes de suivi de l'ours courent dans la montagne pour tenter d'empêcher les ours de rentrer dans les villages. Nous mettons l'Etat en face de ses responsabilités." (Dans Libé Toulouse).On efface.

Le territoire de l'ours

"Les mâles se mettent à la recherche d'une compagne. Parfois, il leur faut parcourir de très grandes distances. Pour trouver de la nourriture et une compagne, les mâles ont parfois besoin d'un territoire de la superficie du Grand Vancouver." Il n'est pas bon de dire que l'ours ne peut pas être cantonné dans un parc. On oublie ce passage. Magali Boniface aborde le territoire de l'ours : "Si on travaille sur l'idée de créer une réserve pour les ours, nous sommes d'accord. Nous sommes prêts à y contribuer et à amener notre expertise. Dans cette perspective, nous travaillons sur un cahier des charges. Et nous sommes prêts à aller plus loin avec l'Etat. C'est le seul interlocuteur que nous reconnaissons." (Dans Libé Toulouse).

Les ours se défendent

"Les femelles sont des mères dévouées. Ici, dans les Rocheuses, les oursons grizzlis peuvent demeurer avec leur mère pendant cinq ans, période pendant laquelle ils apprennent à survivre en montagne. Les femelles défendent farouchement leur progéniture contre les mâles dominants et les autres menaces."

Mais non, messieurs les canadiens, en France, les ours bruns sont différents. Les femelles attaquent les chasseurs, voyez dans le Val d'Aran : "Cette attaque sans précédent l'amènera-t-elle l'Etat à reconnaître que les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? "(Site de l'ASPAP) et les mâles ont une force impressionnante, une détermination et un instinct de tuer, pas comme vos tapettes de grizzly. Informez-vous sur le site de l'ASPAP : "Attaque "infanticide" d'un ours mâle sur trois oursons dans les Asturies. Des images rares d'un évènement qui l'est moins, étonnamment bien  moins médiatisé que les naissances ou les lâchers d'ours. La force impressionnante, la détermination et l'instinct tueur de l'ours brun ne seraient-ils pas bons pour l'image édulcorée et idéalisée du plantigrade ? Des images exceptionnelles dont la violence déchaîne les passions." Tremblez montagnards et touristes, ils descendent dans les villages, devant les écoles. Que vont devenir nos d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? Tout le monde fuit les Pyrénées à cause de ces ours différents de nos bons, chers, et placides ours herbivores disparus. On n'en parle pas.

Régime alimentaire automnal

"Les ours doivent absorber jusqu'à 35 000 calories par jour. Les ours à la recherche de nourriture se fraient un chemin en creusant, en poussant, en frottant et en arrachant ce qui se trouve sur leur passage. Ils laissent dans leur sillage d'importants indices....de gros trous creusés dans (la terre spermophiles et racines), des pierres et des troncs d'arbre retournés (insectes) et des arbustes complètement dénudés de leurs feuilles et de leurs fruits (jusqu'à 250 000 baies par jour, en saison). Que ce soit dans les clairières longeant la forêt, sur les sentiers, le long des routes ou dans les campings, qu'il fasse jour ou qu'il fasse nuit, peu importe : l'essentiel, c'est de se nourrir."

Vous rigolez ou quoi ? Au Canada, oui, pas en France ! Ecoutez Laurent Fabius (ministre d'Etat) : «J’ai toujours été frappé par le fait qu'on avait, importé des ours qui étaient carnivores alors qu'il existe des espèces d’ours brun qui sont herbivores et donc je trouve que là on est dans une absurdité totale ! » et l'ASPAP d'enchaîner : «En Slovénie, on entretient constamment 8 places de nourrissage (une pour 5000 ha en moyenne), (...) au total : 80 tonnes de charogne et 35 de maïs par an (...) Le nourrissage des ours bruns est une des activités régulières dans les méthodes de conservation des ours bruns en République de Slovénie.»

Pour l'ASPAP, habitués à la viande rouge saignante, les ours importés, sélectionnés sur base de leurs mauvais comportements (les slovènes exporteraient leurs ours voyous, comme à Cayenne!), deviendraient carnivores et se jetteraient sur les pauvres brebis non gardées et ... bientôt sur les hommes ! Voyez Hvala qui a sauvagement attaqué sans raison un pauvre chasseur avec de petits chiens ! «L'ours, c’est connu, n’attaque les humains que dans les fantasmes des associations refusant l’ensauvagement du massif qu’elles font vivre, les Pyrénées.» Tremblez montagnards et touristes, vous allez passer à la casserole. Hvala a besoin de calories. Inutile de reprendre cette partie.

Naissances en hiver

"Les ourses mettent bas au milieu de l'hiver....à condition d'être assez grasses. Les femelles de l'ours noir et du grizzli sont toutes deux capables d'implantation différée, c'est-à-dire que l'oeuf fécondé ne s'attache à la paroi de l'utérus que si la femelle a suffisamment de réserves de graisse pour allaiter ses petits. Minuscules et aveugles, les oursons (il y en a habituellement deux) naissent dans le confort d'une tanière sûre, où ils se nourrissent du lait riche de la maman qui dort."

Allez, allez, amis canadiens, pas de sentimentalisme avec ces sales bêtes. Les oursons sont des futurs monstres qui sont responsables de l'ensauvagement de nos belles montagnes sculptées par des décennies de pastoralisme. On a très bien compris la reproduction des ourses. C'est même pour cette raison que nous traquons Hvala. Sans doute gestante, nous nous efforçons de l'obliger à puiser dans ses réserves de graisse. Nous la poursuivons avec un hélicoptère ! Poursuivie, elle ne peut se nourrir ! Si on l'attrape, hop! On la met dans un "parc", comme à Borce, si on n'y parvient pas, avec un peu de chance sa graisse aura fondu, et deux oursons de moins pour l'année prochaine, deux ! Pas con hein le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne.  Faudra penser à lui envoyer de quoi remplir son congélateur avec du Barèges-Gavarnie AOC ! Pas d'anthropomorphisme, on néglige ce passage.

La survie de l'espèce

Conservation_oursImage Parc national du Canada des Lac-Waterton : "La conservation, ce n'est pas une stratégie pour protéger uniquement les ours; c'est une philosophie destinée à protéger l'écosystème tout entier. Les espaces sauvages peuvent survivre, à condition que nous en devenions les intendants, et non les consommateurs."

Les ours peuvent vivre 25 ans à l'état sauvage. Malheureusement, sous l'action de l'être humain, un grand nombre d'entre eux meurent bien avant cet âge, réduisant ainsi les chances de perpétuation de l'espèce. Pour qu'une population puisse assurer sa survie, les naissances doivent contrebalancer les mortalités. Or, le grizzli a l'un des taux de reproduction les plus faibles de toutes les espèces de mammifères de l'Amérique du Nord.

Impossible qu'ils sont les cousins ! "Sous l'action de l'être humain, un grand nombre d'entre eux meurent bien avant cet âge" alors que nous crions sur tous les toits que si Palouma est tombée d'une falaise, la maladroite, que si Franska s'est payée une voiture, que si Boutxy "percute un minibus", que si Balou prend un pet, c'est parce que les ours "estrangers" ne sont pas adaptés aux Pyrénées qui elles, d'ailleurs ne sont plus adaptées aux ours, pleines d'éleveurs et d'agriculteurs qui entretiennent la biodiversité à visage humain et sculptent la montagne propre à grand renfort de feux pastoraux. Ils l'a font vivre avec un pastoralisme vivant, rentable et source d'emploi nombreux et durables. Faut tout leur dire à ces mangeurs de poutine ! Pas question, on gomme à nouveau.

L'habitat d'aujourd'hui : une course à obstacles

"Pendant des millions d'années, l'ours noir et le grizzli se sont progressivement adaptés à leur habitat. Ils sont pourvus d'une intelligence qui leur donne une chance raisonnable de survivre dans ce milieu. Mais les temps changent. Rapidement. Croissance démographique, prolifération des lieux aménagés, activités d'extraction des ressources et activités récréatives... les espaces sauvages sont envahis de toutes parts.

Plus que jamais, les ours ont besoin de l'habitat des parcs nationaux des Rocheuses. Mais leur territoire ressemble aujourd'hui à une course à obstacles. Pour comprendre les difficultés que doivent rencontrer les ours, imaginez-vous en plein coeur de l'été, en train d'errer dans les parcs nationaux de montagne : vous devez tenter d'éviter les foules qui s'assemblent partout sur votre chemin ...dans les villes, dans les campings, sur la route, sur la voie ferrée, sur les sentiers... mais vous devez quand même trouver le moyen d'obtenir suffisamment de nourriture pour survivre.

L'air des montagnes est pour l'ours une carte géographique invisible, qu'il lit avec habileté. Doté d'un puissant sens de l'odorat, il parcourt son territoire en se laissant guider par l'odeur de la nourriture et en s'éloignant des dangers qui se présentent sur sa route."

Non, pas bon, pas bon ! Il ne faut pas faire passer les ours pour des animaux aux capacités d'adaptation élevées. On s'efforce de faire croire aux français le contraire, qu'ils viennent d'un pays plat et qu'ils sont juste bon à faire les poubelles dans les villages.

On est parvenu à avoir un parc sans ours et des ours sans parc ! Merci Jean ! On taille des routes, on exploite la forêt, nos chasseurs ne les lâchent pas, toujours sur leur dos, près des tanières, dans les lieux de repos, avec des chiens. Mon Dieu, ça à l'air encore pire chez vous : dans les villes, les campings et les parcs ! Que Saint-Augustin nous en préserve ! Dès qu'ils s'approchent des fermes, on gueule déjà ! On oublie aussi, heureusement que vous aviez écrit avant un texte que l'on peut récupérer pour foutre la frousse à ces emmerdeurs de touristes citadins !

Qu'arrive-t-il lorsqu'un ours rencontre des êtres humains ?

"Deux choix et un moyen d'adaptation s'offrent à l'ours. Il peut modifier son parcours ou abandonner carrément le secteur, ce qui le prive d'un habitat important. Il peut se montrer agressif : il n'adopte généralement ce comportement que lorsqu'il est surpris de près et qu'il se sent menacé."

Non, ils sont agressifs bien plus souvent que cela ! Ils vont croire que si Hvala a attaqué, c'est à cause du comportement des chasseurs. Des chasseurs qui lâchent les chiens sur l'ours qui se repose, ce n'est pas grave quand même ? En France, c'est la norme en tout cas. On passe

"Lorsqu'il y a affrontement grave, l'unique solution consiste parfois à éliminer la bête, ce qui représente une perte pour l'écosystème."

Ca c'est bon, enfin, le début de la phrase. La fin là, sur l'écosystème, c'est dépassé. Nous on a progressé, on parle de biodiversité à visage humain, d'entretien de la montagne et de sauvegarde des espèces domestiques menacées, de pastoralisme durable/ Pouvez pas comprendre, fait trop froid chez vous pour avoir des brebis.

"Il s'accoutume : à force de rencontrer des humains, l'ours en vient à perdre sa crainte naturelle et se montre de plus en plus audacieux. Il est alors beaucoup plus susceptible de s'introduire dans un camping ou dans des lieux habités, là où il a le plus de chances de trouver de la nourriture ou des déchets qui traînent. Diverses études révèlent que les grizzlis ainsi dénaturés sont trois fois plus susceptibles de mourir de causes liées à l'activité humaine."

Ah enfin, vous commencez à comprendre. Chez nous on en est là ! Si Hvala s'est retrouvé face à face avec ce "Pobre Luis" c'est parce qu'elle n'a plus peur de l'homme, ni des gentils chiens. La preuve ? Au lieu de s'enfuir face au chiens de chasse, elle a fait face et à mis une raclée au "pobre Luis". Quelle agressivité, quel manque de respect des activités humaines ! C'est une dénaturée ! Bruno, Bruno, un nouvel adjectif à utiliser : dénaturée, cela changera de "ours à problèmes". Merci les gars, merci.

"Si encore il n'y avait qu'une seule menace. Les effets cumulatifs de l'activité humaine sur les ours :

  • Construction de maisons et de centres de villégiature
  • Enlèvement et élimination des ours dénaturés
  • Collisions sur les routes et la voie ferrée
  • Croissance démographique
  • Extraction des ressources
  • Abattage du bois d'oeuvre
  • Construction de routes
  • Activités récréatives
  • Braconnage
  • Chasse"

Ah, vous voyez, vous aussi vous avez des "montagnes vivantes" ! Ah non, merde, on ne peut pas l'utiliser. On dit partout que les Pyrénées n'ont plus de grands espaces sauvages comme au Canada, que "les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs". Si c'est la même chose chez vous, alors notre argument ne tient plus. On passe.

"Vos décisions sont importantes. Il suffit de trois secondes pour envisager les répercussions de vos actes sur les ours et pour faire un choix qui contribue à protéger l'espèce. "

Là les cousins, vous êtes lourds à la fin : nous NE DESIRONS PAS PROTEGER l'espèce Ursus arctos. D'ailleurs les ours de chez nous sont des étrangers maintenant. N'allez surtout pas faire croire que tous les ours bruns sont de la même espèce. Les nôtres Môôssieurs sont des ours gaulois, petits, clairs, végétariens, calmes... en fin étaient, René à flingué la dernière femelle, merci René. As-tu un congélateur ? Faut trier, faut trier, ils disent n'importe quoi les canadiens, ils n'y connaissent rien aux ours brun. Hein Magali ?

Magali Boniface  "Nous sommes prêts à amener notre expertise. Dans cette perspective, nous travaillons sur un cahier des charges. Et nous sommes prêts à aller plus loin avec l'Etat. C'est le seul interlocuteur que nous reconnaissons." Ah l'expertise ours des ultrapastoraux, une expertise ours à la Sarah Palin !

Consultez le texte intégral de cette brochure qui est téléchargeable en pdf et consultez la version expurgée de "ce qui gêne" l'ASPAP sur leur site. Lamentable manipulation de l'ASPAP.

Cyber action

La buvette vous invite à une nouvelle cyber action. Répondez à l'ASPAP qui "invite tous les vacanciers et amoureux des Pyrénées à consulter ce document, et à donner leur sentiment par mail (aspap.contact@gmail.com), à la fois sur ce que vous attendez de votre séjour dans les Pyrénées, sur ce que vous inspire une rencontre potentielle avec l'ours." Mais mettez en copie la buvette (contact at buvettedesalpages point org), sinon, si vous n'avez pas la même opinion que l'ASPAP, on n'en saura jamais rien !

De l'envie, du respect et de l'admiration

De mon côté, les réponses sont claires. Le Canada est probablement un des plus beau pays pour ceux qui aiment la nature. Les canadiens ne sont pas plus "sauvages" que nous. Avec l'ours, ils ont beaucoup plus d'expériences et je prends note de leurs bons conseils.

Quand je "descends" dans les Pyrénées, c'est pour le côté "sauvage" que je ne retrouve plus dans les Alpes. C'est pour "l'émotion" que j'éprouve quand je me ballade là où vivent aussi quelques ours. Ils ne sont plus très nombreux, et malgré mon envie, je n'en ai jamais vu dans les Pyrénées, juste des traces, des poils et des arbres griffés, aucune fèces d'ours. Savoir qu'ils sont là, en liberté (car ils n'ont pas la paix) me suffit et me donne envie de les défendre contre l'atavisme pyrénéen qui s'efforce de les faire disparaître.

J'ai bien essayé d'en observer en Slovénie. Je me suis déplacé, j’ai dépensé une partie de mon budget vacances pour y passer une semaine dans une cabane en pleine forêt, loin de tout, au milieu des ours. Ce tourisme là n'est plus possible dans les Pyrénées, alors je vais voir là où il reste des ours. Tant pis pour les gîtes pyrénéens, pour le "guide de Pays" et autres marchands locaux. Je retournerai encore en Slovénie car je n'ai pas encore vu l'ours, juste des milliers de traces. Pourtant ils étaient partout autour de nous.

Moins peureux, plus féroces les Ursus arctos de là bas ? Des blagues, de mauvais arguments d'opposants ! On a tout vu, des sangliers, des cerfs et biches, des chevreuils, des renards, des blaireaux, des martres, des pics, des aigles..., pour certains de jour comme de nuit. Les Pyrénées pourront-elles encore proposer cela à mes petits enfants ? Je fais tout pour, mais la partie n'est pas gagnée.

Une rencontre potentielle avec l'ours ne m'inspire pas la peur : de l'envie, du respect et de l'admiration, rien de plus. Inutile pour moi d'écrire à l'ASPAP, ce n'est pas ce qu'ils désirent lire, ce n'est pas ce qu'ils vont publier. Leur réponse à "Paroles d'ours" sera teintée de bleu, de peur bleue.

Lire la suite "Les ours et les gens, une nouvelle manipulation de l'ASPAP" »

03 novembre 2008

Une attaque sans précédent ?

Un ours blesse un chasseur dans le Val d’Aran. Pour l'ASPAP : «Cet accident n'est pas une surprise : il s'inscrit dans l'escalade "évènements exceptionnels, hautement improbables" (nous disent l'Etat et les associations pro-ours) qui se multiplient depuis les introductions d'ours. L'actualité en témoigne :  Août 2008, collision ours contre minibus sur la 4 voies d'Andorre.»

Un chauffeur de minibus qui refuse de s’arrêter

Un ours percute un minibus publiait la presse. Le monde à l’envers ! Le chauffeur a déclaré : «Il était de l'autre coté de la barrière de sécurité. Lorsque je l'ai aperçu, j'ai eu le temps de freiner. De 90 km/h, je suis passé à 40. Mais l'ours a sauté la barrière centrale.» Le plantigrade se retrouve deux à trois mètres devant le minibus. «La route était mouillée. Si je donnais un coup de volant à droite, on risquait de se rétamer». Le chauffeur décide de ne pas s'arrêter. «Si je freinais d'un seul coup et que l'ours était énervé, on risquait notre peau.» Il continue donc d'avancer, au ralenti. Le choc est inévitable. L'ours, de taille adulte, percute le côté avant gauche du minibus. Personne n'est blessé. Pas de mouvement de panique à bord. Pour le conducteur, passer de 40 km/h à zéro devant un ours, c’est risquer sa peau, alors il ne freine pas et…c’est l’ours qui percute le minibus !

Toutes les associations demandent des passages à gibier afin d’éviter les accidents. Pas l’ASPAP, pour eux, un accident avec un ours, c’est la possibilité d’avoir un ours blessé, voire tué et c’est aussi l’occasion de dénoncer la présence d’ours dans les Pyrénées. L’ASPAP dénonce l’ours, c’est lui qui attaque le minibus ! L’ASPAP jette le bébé avec l’eau du bain. C’est à l’Etat de proposer la construction d' «oursoducs» pour éviter les accidents. L’ASPAP pourra alors dénoncer le coût de l’ours qui oblige les français à payer pour de telles constructions. L’ASPAP essaie de gagner sur les deux tableaux. 

«Septembre 2008 : un chasseur blesse un ours en Ariège»

Pour l’ASPAP, les associations pro-ours classeraient l'évènement d'un chasseur qui tire sur un ours comme un fait exceptionnel, hautement improbables. L'Etat dirait la même chose ? C’est faut. Toutes les associations dénoncent la chasse au sanglier en battues qui est la première cause d’accident pour les ours. Un chasseur qui panique devant un ours utilise son arme. La mort récente de trois ourses femelles est là pour le rappeler.

Le côté répétitif, prévisible de ces morts d’ours est justement dénoncé. Les associations demandent la réglementation de la chasse en battue et la mise en place de zones de protection pour que l’ours puisse disposer de zones de quiétudes.

«Octobre 2008 : un ours blesse un chasseur en Espagne»

«Nous savions que Sarousse et Hvala, ainsi que ses deux oursons se trouvaient dans le secteur de Les» a déclaré Magali Boniface de l'ASPAP. Le chasseur qui lâche les chiens dans une zone où il connaît pertinemment la présence de l’ours sait que l’ours se défend et charge. Le chasseur qui le sait et chasse l’ours se met en danger.

«Une attaque sans précédent»

L’ASPAP espère de nouvelles rencontre ours / chasseurs car elle est à nouveau gagnante sur les deux tableaux : soit la mort de l’ours (un de moins et les chasseurs sont relaxés, état de nécessité oblige!), soit elle peut dénoncer «l'attaque sans précédent» de l’ours (qui se défend) sur le pauvre chasseur, «pobre Luis» et ainsi demander le retrait de l’ours qui ne fait que se défendre : «Cette attaque sans précédent l'amènera-t-il (NDLB : L’Etat) à reconnaître que les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d'activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? » Le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne «rappelle que jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en liberté».

Une battue organisée en dépit de la présence de l’ours, un ours qui réagit à l’attaque des chiens, des fautes humaines qui permettent aux anti-ours de réclamer le retrait de la bête dangereuse! Un comble. Ce n’est pas l’ours qui a attaqué le chasseur, mais le contraire, l’ours lui se défend contre les chiens et charge. «Hvala devait être à l'abri sous un rocher où l'on a trouvé des gâteaux de miel. L'herbe y était encore chaude. Ensuite, je crois que ce sont les chiens qui l'ont dérangé et fait lever. D'ailleurs, on en a perdu un» a déclaré Juan Bares, un des chasseurs. La battue au sanglier à dérangé l’ours qui a eu une réaction normale. Qui est responsable des blessures du chasseur, l’ours ou les organisateurs de la battue ?

Dans l’Eclair des Pyrénées du 16 juillet 1657 on pouvait lire : «Il sera facile, si on tue un ours dans ces conditions de plaider la légitime défense » (Source: Les dernières chasse à l’ours dans les basses Pyrénées, René Arripe)

L’ours qui lors d’une battue poursuit le chien jusqu’au chasseur, ce n’est pourtant pas nouveau. Quelques exemples tirés de «Le loup, l’ours et le pastou» de Louis Espinasous, : «Rencontres presque banales» écrit l’auteur :

  • J. Gay, un chasseur de 50 ans de Lescun raconte une battue au sanglier «Dia la chienne entre les jambes. Elle te me pisse sur les bottes ! Arrivé au sentier, je vois la tête de l’ours ; pas gros, mais beau. On s’est regardé (…)» 
  • J.B. Gavin, 80 ans de Bilhères : «le chien nous revient pas dans les pattes ! L’ours ? Mais alors nez à nez !» [page 51]

Dans une autre histoire, en Aspe, «l’ours passe entre le chasseur « occupé »… et son fusil !» [page 53]

Dans ce livre, de multiples histoires montrent aussi que quand l’homme n’a pas de fusil, l’ours s’enfuit. Louis Espinassous termine son chapitre par un vibrant : «Quelques ours survivent dans les montagnes d’Aspe et d’Ossau. Avec eux survit une culture vivante. Pouvoir rencontrer l’ours ! Vivre,  en parcourant la montagne, toutes les émotions, toute la culture accumulée entre ours et homme pendant des siècles ! Ce patrimoine là, cette émotion là, peuvent-ils être rayés d’un coup, parce que l’homme veut toute la place, absolument toute la place ? » 

dans «Les dernières chasses à l’ours dans les basses Pyrénées» de  René Arripe, d’autres témoignages révélateurs montrent bien que les ours actuels ne sont pas différentes des ours anciens : ils préfèrent fuire, mais quand cela s'avère nécessaire, ils se défendent.

Une exemple où l’homme attaque : Cette- Eygun : «Vers deux heures de l’après-midi, ils aperçurent une ourse et deux oursons  qui se dirigeaient paisiblement de leur côté. Lacourrège, qui ne se trouvait plus qu’à quelques mètres de cette intéressante famille, fit feu sur la mère. Celle-ci  atteinte au défaut de l’épaule, poussa un rugissement épouvantable (…) Lacourrège voulut tirer de nouveau sur le fauve, mais il se trompa de gâchette et le coup ne partit pas. Comme il appelait ses camarades, l’ourse, à ses cris se retourna, et se précipitant d’un bon sur son adversaire, lui prit le bras dans sa gueule et lui enfonça dans la cuisse droite ses énormes et puissantes griffes. L’ourse et Laccourrège, ne formant qu’un bloc, roulèrent dans la neige (…)». A la fin de l’histoire, l’ours meurt. (Glaneur d’Oloron du 25 décembre 1899)

Une autre où la confrontation homme / chasseur se passe bien : Béost-Bagès – «Son fusil sur le dos, il suivait tranquillement le sentier, lorsque à un tournant du sentier une masse informe se cabre, les pattes de devant en l’air et tirant la langue : notre chasseur se trouva face à face avec celui qu’il cherchait, mais tellement près, à un mètre, qu’il n’eut pas la présence d’esprit de décrocher son fusil et d’(épauler notre Martin ; plus sage, il fit demi tour, tandis que de son côté l’ours en faisait de même et s’échappa vers des ravins où il le perdit de vue. Revenu de sa stupeur, le chasseur Fondecave se promit bien de lui jouer un tour un de ces matins.» (Le Glaneur d’Oloron, 15 septembre 1928.)

Qu’a dit Luis Turmo, une fois revenu de sa peur d’avoir été baffé par l’ourse Hvala ? «Et dire que je devais prendre le permis pour l'isard ce vendredi. Ce sera pour l'année prochaine. Quant à la chasse au sanglier, je compte bien y retourner dans quelques semaines. Et là, si je tombe sur l'ours, je le tue.»

Rien ne change dans les Pyrénées, ni les ours : pas plus sombres ou plus agressifs qu’avant, seulement plus rares ; ni les chasseurs : toujours aussi lents à la détente, si j'ose dire, pour ne pas dire toujours aussi c.., ils veulent toujours absolument toute la place.

Allié de l’ASPAP sur la demande de retrait des ours, le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne rappelle que «jusqu’alors les ours réintroduits par l’administration française avaient attaqué essentiellement des brebis et des animaux de ferme. Mais aujourd’hui, il y a un grand changement, et cette attaque doit conduire à reconsidérer la poursuite de ces réintroductions, et à retirer les spécimens qui sont en libertéVous pouvez réagir.

Les ours brun ne deviennent pas plus sauvages, pas plus dangereux, pas plus carnivores, qu'ils soient "de chez nous", qu'ils soient "étrangers". Ce sont des Ursus arctos. Les hommes politiques locaux et les éleveurs n'évoluent pas. Un atavisme pyrénéen ? «Des ânes et des imbéciles» avait lançé Nelly Olin.

31 octobre 2008

"L'instinct tueur de l'ours brun"

L'ASPAP, Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d'Ariège-Pyrénées dénonce l'anthropomorphisme des défenseurs du plantigrade : donner des noms aux ours c'est participer à une  "peoplelisation" du dossier ours. Mais quand cela l'arrange, l'ASPAP est à première à jouer sur l'aspect affectif plutôt que sur l'aspect scientifique.

L'instinct tueur de l'ours brun"Attaque infanticide d'un ours mâle sur trois oursons. Des images rares d'un évènement qui l'est moins, étonnamment bien moins médiatisé que les naissances ou les lâchers d'ours. La force impressionnante, la détermination et l'instinct tueur de l'ours brun ne seraient-ils pas bons pour l'image édulcorée et idéalisée du plantigrade ?

21/10/2008 Espagne. Asturies. El Comercio Digital publie une vidéo inédite de l'attaque infanticide d'un ours adulte male face à une femelle défendant sa portée de trois oursons. Des images exceptionnelles dont la violence déchaîne les passions de nos voisins ibériques, et dont l'épilogue se jouera ... dans l'estomac du mâle infanticide".

Le but de l'ASPAP n'est bien évidement pas de faire "pleurer dans les chaumières" sur le sort des oursons mais de répendre la peur, de faire passer l'ours pour un tueur d'enfant sans pitié. Sous entendu : après les leurs, ce sera le tour des vôtres. Si ce n'est pas de l'anthropomorphisme !

Pour l'ASPAP, ce serait "Un évènement bien moins médiatisé". Les associations chercheraient à cacher le côté sauvage de l'ours, la dangerosité du "fauve". Dans "Ours : L’émancipation des jeunes oursons", Frédéric Decaluwe de l'ETO raconte "Il est fréquent que les jeunes femelles aient des domaines vitaux qui chevauchent celui de leur mère alors que les mâles subadultes auront tendance à se disperser sur des distances beaucoup plus importantes, ce qui favorise également le brassage génétique. Cela leur permet aussi de ne pas entrer en compétition avec le mâle dominant, plus âgé, et déjà présent sur le secteur." D'autre part, l'AVES écrit "Rares sont les jeunes qui arrivent à l'âge adulte car la mortalité juvénile est très élevée, malgré la vigilance des mères. Il y a une forte mortalité chez les oursons qui sont victimes de malnutrition et de certains mâles adultes. Un mâle ne tue les oursons que s'il a décidé de séduire leur mère, et comme elle refuse l'accouplement tant qu'elle est suitée, l'ours se débarrasse des oursons-gêneurs, afin de persuader la femelle de lui accorder ses faveurs..."

Un ours en liberté : des vies en danger

Le vocabulaire utilisé par l'ASPAP a pour but de réveiller la peur ancestrale du "prédateur" : La protection de l'ours devient "l'ensauvagement des Pyrénées", Les associations de défense du plantigrade deviennent "la secte du sauvage". "Un ours en liberté : des vies en danger" dans leurs "Pyrénées vivantes".

Opposée à ce monde sauvage, la montagne ou la campagne civilisée : «Le paysage, c'est les prairies, les vallons, la couleur des saisons, les oiseaux qu'on entend, les vaches sous les arbres. C'est aussi notre lieu de travail. Tous les jours on vit, avec, on l'entretient» déclare Martine Jardin, éleveuse de vaches allaitantes en Sarthe dans "Le lien entre éleveurs et paysage décrypté". Les Pyrénées vivantes se réduisent à une image digne du royaume des témoins de Jéhovah.

L'ours, l'élément sauvage du patrimoine des Pyrénées devient dangereux comme la peste, exclu du patrimoine comme des dépliants touristiques puisqu'il doit disparaître de la nature.

Dans leur communication les éleveurs et les agriculteurs deviennent les "bons bergers", les brebis formant la "biodiversité à visage humain". Le sauvage, lui est inhumain, bestial, dangereux, nuisible, il doit disparaitre. Et ils agissent en conséquence. Après avoir participé aux battues contre Franska, Hvala et ces oursons sont la nouvelle cible. Dérangée par des chiens lors d'une battue alors qu'elle était au repos sous un rocher, elle devient l'agresseur du chasseur...

"L’instinct tueur de l'ours brun ne seraient-ils pas bons pour l'image édulcorée et idéalisée du plantigrade ?" Le fait que les ours mâles tuent des oursons n'a jamais été caché. La mortalité des oursons est élevée la première année. Les mères connaissent ce danger et protègent leurs petits en conséquence. Rien de nouveau, mais pour l'ASPAP, cette vidéo violente est le moyen de médiatiser le danger de l'ours, de rendre leur message haineux plus "people".

Pourtant, dans les Pyrénées, ce phénomène est rare. La compétition entre mâles est faible. Vu la faiblesse de la population, les rencontres mâles / femelles sont plutôt rares. Les deux oursons de la Sierra del Cadi ont survécu aux "terribles mâles", tous comme les oursonnes de Hvala et l'ourson né en 2005  dans le massif de l'Aneto.

L'infanticide sexuellement sélectionné (SSI), que l'ASPAP appelle "l'instinct tueur de l'ours brun" est un phénomène connu de tout ceux qui s’intéressent à l'ours. "C'est pour cela qu'aux annonces de naissances d'oursons de l'année, les amis de l'ours en général insistent souvent sur le fait que rien n'est joué avant que ces oursons atteignent 1 ou 2 ans. Ce comportement, assez typique de l'ours, a une réalité biologique : les mâles veulent assurer un maximum de LEUR descendance. Ainsi, ils n'hésitent pas à tuer des oursons qui ne sont pas les leurs pour s'accoupler avec l'ourse et ainsi avoir "leurs" descendants." déclare Mathieu Krammer, étudiant en Biologie.

"L’intérêt majeur de cet article est le film qui l’accompagne et montre l’un de ces infanticides.  Il vaut mieux le visionner en première page, le format est plus grand, l’image de meilleure qualité que  celle qui accompagne l’article." déclare Bruno Besche-Commenge. Plus saignant en quelque sorte. «Elle s’est produite en juin 2000, dans le Parc Naturel de Fuentes del Narcea, où il fut possible de vérifier "l’obsession et la minutie" que mettait l’ours mâle à rechercher et tuer un à un les trois petits de la portée, et cela malgré les réactions violentes et désespérées de la femelle pour l’en empêcher » déclare le journaliste de "El Comercio Digital".

L'ours n'a pas le monopole de ce type de comportement. Les lions dévorent les lionceaux dont ils ne sont pas le père. Dans nos jardins, les chats le font également. Par ailleurs, cette pratique d'extermination de la descendance ou de l'apparentement a été (et est peut être toujours) une pratique humaine. Chez nombre de civilisations, et pas forcément les plus réputées barbares, cela était pratiqué couramment. Lors des querelles de grandes familles, royales ou pas, lorsqu'on tuait le membre visé, il était fréquent aussi d'exterminer toute la famille pour éviter les représailles. C'était le cas dans l'Egypte des pharaons comme en France à l'époque mérovingienne. Les Arabes en faisaient de même, comme en témoigne le massacre au moyen-âge de la dynastie des Omeyyades par celle des Abbassides pour la domination du Califat de Bagdad. Sans parler des nombreux mythes : le massacre des innocents par le roi Hérode, le dieu grec Cronos qui dévorait ses enfants de peur qu'un d'eux ne le détrône (ce qui arriva avec Zeus), le sacrifice d'Iphigénie, la fille du roi Agamemnon (qui commandait les grecs pendant la guerre de Troie) pour satisfaire les Dieux et disposer ainsi d'un "vent favorable".  De nombreuses civilisations sont truffées de ce type de légendes révélatrices des mentalités. L'homme comme l'ours est un prédateur.

14 octobre 2008

Marc Laffont répond à Jean Bonnard : Méfiez-vous de l'ours blessé

Marc Laffont répond aux Jean bons. (Ouaih, c'est facile je sais, mais je manquais d'illustration)

Réponse de Marc Laffont à Jean Bonnard

Jambon_de_bayonneLa France a des devoirs en matière de préservation de la biodiversité auxquels elle ne peut se soustraire, sans perdre le peu de crédibilité qu’elle possède encore dans ce domaine. Et effectivement, cela a un coût.

Le grand hamster, le vison d’Europe, l’ours brun, l’esturgeon, le râle des genêts, pour ne citer qu’eux. Autant d’espèces pas nécessairement au bord de l’extinction dans le monde, mais très menacées chez nous.

On ne peut pas à la fois dénoncer ceux qui continuent la chasse à la baleine, massacrent les gorilles ou les derniers tigres, et se dispenser de protéger les espèces en voie de disparition sur son sol. Que d’autres pays abritent des populations en meilleur état de conservation ne nous dégage pas de nos obligations.

Près de la moitié du budget-ours bénéficie au pastoralisme et plusieurs centaines de milliers d’ours-€uros participent au développement local. Tout cela est très positif. Mais il faudrait que ceux qui en bénéficient aient l’honnêteté de le reconnaître, plutôt que de crier à l’inflation budgétaire.Seraient-ils disposés à se passer de ces subsides si on éradiquait l’ours ? Ces crédits ont notamment permis le placement de 180 bergers en 2007.

Berger, voilà un emploi que l’évolution de l’élevage de montagne façon anti-ours a pratiquement éradiqué, encore plus efficacement que l’ours.

Globalement, l’activité autour de l’ours représente une centaine d’équivalents temps plein, dont l’économie locale a bien besoin. Les emplois générés par de l’argent public associé à des mesures environnementales ne sont pas plus honteux que ceux induits par des subventions agricoles.

  • En Espagne vivent 2000 à 2500 loups, 120 à 150 ours et 23 millions d’ovins sont élevés. Dont deux tiers pour la viande, animaux les plus exposés, et plusieurs millions de têtes en zone de contact avec ces prédateurs.
  • En Italie, vivent 600 à 800 loups, près d’une centaine d’ours en 2 populations, et on y élève à peu près autant d’ovins qu’en France, soit environ 8 millions.

Par quel prodige serait-il impossible de réaliser collectivement en France ce que nos 2 voisins parviennent à faire avec davantage de prédateurs ?

Les vrais problèmes de la filière ovine sont ailleurs :

  1. Faible rentabilité de l’activité : selon les derniers chiffres présentés à la Commission des Comptes de l’Agriculture et de la Nation du 1er juillet 2008, l’élevage ovin était en 2007 le secteur le plus faiblement rémunérateur de toute l’agriculture française avec un revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié de 9 200 €/an. Soit la moitié du revenu moyen agricole. Et ce, malgré des subventions s’élevant à 24 300 €/an et par exploitation ovine de l’échantillon (près de 22 000 exploitations). C’est même pire si on cible sur la filière ovins-viande, les laitiers s’en sortant bien mieux.
  2. Concurrence de la viande étrangère : une publication de l’Institut de l’Elevage d’octobre 2008, rappelle que 56 % de la viande ovine consommée en France en 2006 était d’origine étrangère (Royaume-Uni, Irlande, Nouvelle-Zélande…).
  3. Baisse de la consommation : selon la même source, la consommation de viande ovine était passée en France de 5,5 à 3,9 kg/an/personne entre 1990 et 2007. Dont 43 % d’origine française, soit 1,7 kg/an/personne. Contre 2,7 kg en 1990, époque où la part d’origine française atteignait 50 %. Et la tendance n’a que peu de chances de s’inverser, les jeunes boudant particulièrement ce type de viande, toujours selon cette publication de l’Institut de l’Elevage.
  4. Baisse du nombre d’éleveurs, en partie conséquence logique des point précédents : celui-ci a baissé de 60 % en 20 ans, le nombre d’ovins diminuant du quart dans le même temps. Du tiers même, si on cible les ovins allaitants.

Un si faible revenu couplé à une telle dépendance aux subventions, n’est-ce pas là, avec la concurrence britannique ou néo-zélandaise et la baisse de la consommation, le véritable problème de la filière ovine, bien plus que la prédation (indemnisée) par l’ours de 0,07 % des 620 000 brebis qui estivent dans les Pyrénées ?

Les éleveurs ne seraient-ils pas mieux inspirés, sur le long terme, de faire de l’ours un allié qui valoriserait leur activité, plutôt que d’en faire le bouc‑émissaire d’une situation à laquelle sa disparition, au mieux, ne changerait rien ?

Car s’il n’y avait pas d’ours dans les Pyrénées, quels médias s’intéresseraient au pastoralisme ?

Je pense qu’il y a de la place pour les ours et pour les hommes dans les Pyrénées. Il suffit seulement que les extrémistes cessent de mettre de l’huile sur le feu. Ceux qui prônent la cohabitation doivent pouvoir s’entendre. Que leur sensibilité soit davantage pastorale ou naturaliste.

Marc Laffond

Commentaires de Jean Fanchon

L’avis des populations des communes d’Ariège ou les ours introduits vivent et font le gros de leurs prédations, en particuliers Haute Ariege et Couserans, n’est simplement pas pris en compte. Pourquoi ne pas autoriser ces consultations communales demandées par plusieurs communes ? Pourquoi l’état passe t’il au-dessus de l’avis des collectivités élues, une grande majorité des conseils municipaux de ces zones et le conseil général ? L’ours est une affaire d’état, une affaire européenne, et surtout pas l’affaire des populations. pourquoi ? La question est sans réponse officielle.

(NDLB : L'avis de toute la population ? Ou seulement des éleveurs et de certains responsables politiques désireux de satisfaire ceux qui crient (ou cassent) le plus fort ?)

Alors lorsque médias et administration centrale coopèrent, les opposants ont du soucis à se faire : enquètes d’opinions biaisées et dénigrement médiatique systématique dont les réponses ci-dessus n’ont plus qu’à se faire l’echo.

(NDLB : L'ASPAP écrivait "Au-delà de la rétrospective, le montage met en évidence la manière dont les médias ont traité ce sujet, et montre comment peu à peu nous avons gagné, ce que même nos adversaires reconnaissent, la bataille médiatique." Le vent aurait-il tourné ? (pour reprendre une expression chère à leur correspondant de presse qui voit des ourses partout. Pour qui roule la majorité des journalistes de La Dépêche du Midi, de Sud-Ouest etc... Source : ASPAP)

Presque tous les points soulevés ci-dessus sont sujets à caution :

  • Les 71% de Mr Archangeli.
  • Les opposants méprisent l’écologie.. ( c’est la plus belle, vu que justement ce sont ceux qui, souvent par amour de la montagne ont choisi soit de rester, soit de s’installer dans ces vallées difficiles, et les faire VIVRE.) (NDLB : Suffit-t-il se s'installer quelque part pour avoir un comportement écologique correct ? Si oui, on n'en serait pas là ? Tous les agriculteurs sont "installés", les pieds dans la terre, par définition. Celà n'en fait pas des modèles de respect de la biodiversité : mauvaises herbes, animaux nuisibles, emploi de pesticides (parfois interdits) et j'en passe)
  • Les opposants sont des ultras pastoraux, motivés par l’appat du gain, la frustration, la bétise, l’idéologie. (NDLB : Les opposants arrivent-ils à classer les causes de leurs problèmes par ordre d'importance réelle ou sont-ils aveuglés par leurs responsables politiques et syndicaux, occupés à soigner leurs résultats électoraux ? Il a fallu une crise majeure de FCO pour que l'ours passe au second plan de leurs discours. (Voir le vide médiatique des communiqué depuis l'apparition de la FCO, un peu après "l''énorme journée" des "Pastoralies" ou les Lacube te Bonrepaux jouaient les cigales.)
  • Sans compter les perles : "Car s’il n’y avait pas d’ours dans les Pyrénées, quels médias s’intéresseraient au pastoralisme ?"

Les nombreuses fonctions du pastoralisme et ses bienfaits méritent l’attention de toute personne ou media ouvert et intéressé à la vie des gens, indépendamment de l’ours. C’est le contraire qui se passe : l’ours et sa médiatisation partisanne sont en train de le tuer. (NDLB : Alleluya, le pastoralisme est vivant. Que le bon pasteur prie pour nous . Les bienfaits du pastoralisme font débat et pour savoir qui tue l'ours, il suffit de relire Christopher Servheen et son rapport AScA en 1996. Rapport trop brulant pour l'IPHB qui s'est dépéché de le mettre au placard, malgré son côté visionaire. L'IPHB est aussi aveuglé que l'ASPAP. Est-ce parce que l'ASPAP et l'IPHB sont dirigés par des chanteurs ? Voir la vidéo)

je renvoie aux sites de l’ASPAP et de Louis Dollo. Le gouffre est toujours ouvert, certaines déclarations et comportements donnent à penser qu’entre l’ours et l’habitant certains ont choisi l’ours. Quidams ou responsables, ils sont deja dans l’abominable. (NDLB : Le retour de la Biodiversité à visage humain chère à Bruno Besche-Commenge)

Espérons que tous ceux qui se sont trouvés pris dans la polémique puissent reprendre un peu de bon sens et de respect d’autrui. La réalité du comportement de l’ours slovène contredit chaque jour un peu plus les hypothèses et les prérequis qui avaient justifié sa réintroduction.

Réponse de Marc Laffont à Jean Fanchon

Le pastoralisme mériterait certainement “l’attention de toute personne ou média ouvert et intéressé à la vie des gens, indépendamment de l’ours”. Mais la réalité est toute autre.

Lorsque le pastoralisme (ou l’élevage ovin) arrive dans les discussions et les médias, c’est dans l’écrasante majorité des cas dans les pas des grands prédateurs. Le sujet n’aurait la plupart du temps pas été abordé, si l’ours ou le loup n’avait pas été les sujets initiaux. C’est sans doute regrettable, mais c’est ainsi. Cet article en est d’ailleurs la parfaite illustration.

En fait, en dehors des prédateurs, c’est lorsqu’il y a une crise sanitaire (fièvre aphteuse, tremblante, FCO…) que les médias s’intéressent à l’élevage ovin. Une fois retranchés prédateurs et crises sanitaires, la couverture est sensiblement en phase avec ce que représente la viande ovine française dans l’alimentation : 1,7 des 90 kg de viande consommés annuellement par chaque français. A peine 2%. Et l’intérêt qu’y portent les syndicats agricoles est du même ordre, depuis très longtemps. Ils ne semblent s’y intéresser depuis quelques années que parce que loup et ours leur donnent une exposition médiatique exceptionnelle. Et l’occasion de taper sur les "zécolos" irresponsables, les technocrates, Bruxelles etc. Car sans cela, s’il y a un secteur dont les représentants  syndicaux agricoles n’ont pas eu grand chose à faire jusqu’au milieu des années 90, c’est bien l’élevage ovin viande.

Quand aux sites mentionnés par M. Fanchon comme fournisseurs d’arguments crédibles, je suppose que c’est de l’humour…que j’apprécie, par ailleurs.

Il est possible de faire vivre la montagne autrement qu’en misant tout sur le mouton. Il y a sa place, comme le ski. Mais considérer que tout devrait tourner autour de ces 2 seuls domaines serait une faute.
Ce n’est de toutes façons pas avec des troupeaux de plus en  plus gros et de moins en moins surveillés qu’on dynamisera ces régions en créant de l’activité.

Le nombre de brebis peut, à la très grande rigueur et à très grand renfort de subventions, à peu près se maintenir. Mais le nombre d’éleveurs allaitants a déjà baissé des 2/3 en 20 ans. Et, que ce soit en zone de prédateurs ou pas, je doute que la tendance change.

En Midi-Pyrénées en 2006, le constat est simple : créer un emploi avec de l’argent public ne revenait pas plus cher au contribuable que de préserver un emploi dans la filière ovins viande (34 900 € par exploitation pour 1,6 équivalent temps plein, soit 21 800 € par ETP). Et avec une rémunération annuelle d’environ 8 000 €, contre 12 000 € pour un SMIC. Ce qui est logique : la valeur ajoutée (au sens comptable) de cette activité est proche de zéro.Cela ne veut pas dire que ce n’est pas intéressant de soutenir la filière. Mais au moment de réviser la PAC ou d’utiliser les deniers publics, c’est le genre de détail que les technocrates incompétents, coupés des réalités, et honnis du monde agricole regardent aussi.

Les politiques n’auront d’ailleurs besoin d’être trop durs pour accompagner le déclin : le papy boom va faire son oeuvre, avec 58 % des éleveurs ovins qui ont plus de 50 ans. Il leur suffira de faire comme pour l’administration : ne remplacer qu’une fraction des départs en retraite.

Dans d’autres pays, comme l’Italie (Abruzzes) ou l’Espagne (Cantabriques), on a su développer de l’écotourisme autour des prédateurs et d’un environnement préservé, sans pour autant abandonner l’élevage ovin, qui garde tout son intérêt. Les espagnols en élèvent même presque 3 fois plus que les français, et notamment en zone de contact avec des loups.

Je ne sais pas si, entre l’Homme et l’ours, certains ont choisi l’ours. Ce qui est acquis, en revanche, c’est qu’entre l’Homme et le mouton, certains ont choisi le mouton. Et c’est le développement des zones de montagne et les populations locales qui en pâtiront rapidement le plus. Pas les “zécolos-citadins de salon”. Eux ne souffriront qu’au titre de contribuable, le temps que les associations auto-proclamées dépositaires de l’identité pyrénéenne n’aient conduits le pastoralisme ovin au fond du gouffre.

C’est dommage, il y avait certainement mieux à faire en relevant le challenge de la cohabitation.
C’était possible, d’autres l’ont fait ailleurs. Les ultra-pastoraux auront peut être la peau de l’ours, mais ils auront celle du pastoralisme en même temps. Le seul suspense porte en fait sur la durée de l’agonie.
Et le seul gagnant à peu près acquis, quoi qu’il advienne, sera le loup. Les ursophiles pleureront peut être, les ovinophiles sûrement, et les lycophiles peuvent eux déjà se réjouir.

Marc Laffont

Et toute cette discussion a démarré parce que Jean Bonnard, quel bon alors, a déclaré : «Jusqu’à quand les contribuables électeurs accepteront que leurs impôts soient consacrés aux ours importés de Slovénie ?». L'ASPAP ne voilant pas en rester là a surenchérit : « (...) la parution (NDLB: de son communiqué) dans lenouvelliste.fr, en suisse, qui titre "ras le Balou !" remet les pendules à l'heure lors d'une passe d'armes salée dont l'élite ursophile n'est pas sortie indemne

L'élite ursophile est touchée, argh ! Mais elle se défend bien, comme Balou. Méfiez vous de l'ours blessé.

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