Ariège

08 novembre 2008

Le cacique de l'Ariège

Congrès du PS : "les caciques ariégeois gardent la main" titre Ariègenews ; un vocabulaire judicieux qui permet une lecture à deux niveau. Finement écrit ! L'ariègeois de base suit-il ? Il doit suivre !

Les caciques ariégeois gardent la main

Il y avait incontestablement un parfum de bataille d'Hernani, anciens contre modernes, appareil contre base, dans la lutte fratricide que se sont livrés, ces dernières semaines, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, sous le regard de Martine Aubry aux soutiens hétéroclites, et de Benoit Hamon, héraut de la gauche du parti.

L'Ariège est assez représentative de cette dualité puisque la grande majorité des élus, avec à leur tête Augustin Bonrepaux, Jean-Pierre Bel et Henri Nayrou, avaient appelé à voter pour la motion soutenue par Delanoë, Hollande et Jospin, tandis que celle de l'ex-candidate à la fonction présidentielle était portée par la jeune garde ariégeoise, représentée entre autres, par Michel Teychenné et Kamel Chibli.

Contrairement au plan national qui a vu la vague «Ségolène» balayer le maire de Paris, pourtant favori, les socialistes locaux sont restés fidèles à la ligne incarnée depuis plus de dix ans par François Hollande en plaçant la motion A en tête avec 393 voix, soit un peu plus de 40% du millier de votants ariégeois.

Par contre, si la motion «E» sauve la mise en se plaçant à seulement 71 voix du premier, regroupant 32,89 % de votes, Martine Aubry et Benoit Hamon ne décollent pas vraiment avec respectivement 13,28% et 12,77% des voix.

Comme prévu, «Pôle écologie» et «Utopia» se contentent d'exister avec moins de 1% des voix à eux deux.

A noter la participation, que l'on peut qualifier de massive, des adhérents ariégeois qui ont été 70,93% à participer au vote contre 55% au plan national, prouvant ainsi que la démocratie participative fonctionne particulièrement bien dans le département réputé le plus socialiste de France. (fin de l'article)

le Caciquisme ariègeois

Ubu roi : Augustin Bonrepaux, cacique ariégeois, gestion politique despotique, potentat local, souverain absoluUn cacique, mot emprunté au taïno (ethnie amérindienne qui occupait les grandes Antilles (une réserve d'indiens ? - On cultive bien des bananes aux antilles ?), est le chef d'une tribu des Caraïbes ou d'Amérique centrale.

Par extension, ce mot a été utilisé par les chroniqueurs espagnols du XVIe siècle pour traduire le terme nahuatl «tecuhtli» servant à désigner l'aristocratie aztèque et, d'une manière plus générale, pour désigner les souverains absolus des civilisations précolombiennes.

En politique, le terme renvoie à un mode de gestion politique despotique de notables puissants et potentats locaux. En particulier, le Caciquisme désigne le système politique mis en place en Espagne entre 1874 et 1931.

"Une participation massive, signe d'une démocratie participative qui fonctionne particulièrement bien", c'est la première lecture, apte à plaire au Grand maître de l'Ariège. Je préfère le sens caché : une participation massive signe d'un despotisme extrème. Si tu ne votes pas comme Saint-Augustin, t'es mort, tu perds ton poste, la machine à broyer s'enclenche ! "Augustin le Ballotté, vingt huitième Comte de FOIX", en bon cacique, veille sur ses ouailles (Je ne sais pas si je doit mettre le "sur" avant ou après "veille"...

"Soyez indulgents envers moi :  une obsession peut en cacher une autre" écrit Léon-Pierre Galy-Gasparou en terminant sa note "Attention, un Augustin peut en cacher un autre". Obsession partagée à la buvette et en Ariège, le profond de la France où vit UBU roi.

Cette note a été envoyée à Ariègenews qui s'est empressée de ... ne pas la publier. Silence, il n'y a rien à dire.

Baudouin de Menten

16 octobre 2008

La FCO en Ariège

Communiqué de la préfecture de l’Ariège

Fièvre Catarrhale - FCO - Les mortalités d’animaux relevées sont de l’ordre de 1 à 2 % chez les bovins et 15 à 20 % chez les ovins, voire supérieures lorsque les animaux sont en mauvais état initial ou affaiblis par des maladies intercurrentes. Elles ont été à l’origine d’un engorgement du service de l’équarrissage durant les semaines 38 et 39 (augmentation de 800% des ovins), entrainant des retards de plus de 48 heures ouvrées du ramassage des cadavres et l’appel en renfort d’une autre société d’équarrissage. Un dispositif d’indemnisation des mortalités à concurrence maximale de 100€ par ovin et 600 € par bovin a été mis en place pour les mortalités constatées jusqu’au 15 novembre 2008 dans les cheptels infectés.

FCO Fièvre Catarrhale en AriègeAu 14 octobre 2008, le bilan de la progression de la fièvre catarrhale en Ariège était de 1181 déclarations de suspicions enregistrées par les services vétérinaires dont 600 concernent des suspicions ovines, 22 suspicions caprines, 558 suspicions bovines (dont 3 suspicions ovines et bovines et 3 suspicions ovine et caprine), 2 suspicions Yacks et 3 suspicions Lamas, 1 suspicion Mouflon et 1 suspicion Chevreuil.

1119 élevages ont déjà fait l’objet d’une confirmation par analyse virologique du sang ou des organes des animaux atteints et 264 communes sont concernées.

Cette situation marque un tassement de la progression de la maladie suivie depuis le 23 septembre 2008. Actuellement environ un cheptel sur deux se trouve contaminé en Ariège.

La majorité des cas observés concerne toujours le piémont, car les conditions d’altitude semblent de nature à freiner le développement de la maladie ; Seules trois estives sur 115 ont été jusqu’alors déclarées infectées sur les sept suspectées. Tous ces cas correspondent à une infection virale BTV1, sauf deux élevages récemment contaminés par le séro-type BTV8, correspondant à cinq animaux sans symptômes cliniques introduits depuis la Haute-Saône.

Les mesures de lutte contre la FCO sont identiques quelque soit le sero-type concerné : + Vaccination des animaux : seule la vaccination BTV1 est obligatoire actuellement pour tous les bovins et ovins, la vaccination BTV8 n’étant à l’heure actuelle exigée que pour les échanges intra-communautaires (elle deviendra obligatoire en 2009). + Désinsectisation des animaux : rendue obligatoire sur tout le département de l’Ariège depuis le 22 août 2008, car c’est la seule mesure efficace pour protéger les animaux tant que non valablement vaccinés, sur un rythme d’intervention conseillé de trois semaines.

La campagne de vaccination est bien avancée, malgré une situation très tendue sur les stocks vaccinaux disponibles, obligeant à de multiples re-répartitions. A ce jour, 849 troupeaux ovins ont été primo vaccinés (soit sur 1500 troupeaux, une estimation d’une vaccination des 4/5 des troupeaux professionnels) et 907 cheptels bovins (¾ des troupeaux commerciaux). Dans la majorité des cas, la vaccination a été faite concomitamment contre les séro-types BTV1 et BTV8. Sachant que la priorité de vaccination a été donnée aux broutards, les premières exportations devraient pouvoir intervenir comme prévu dès la mi-novembre.

Au plan régional, la FCO-BTV1 connaît également une expansion de même ampleur en Haute-Garonne (1074 cas) et dans une moindre mesure dans le département de l’Aude (240 cas), du Tarn (210 cas) et du Tarn et Garonne (140 cas). La zone réglementée (1-8) concerne maintenant 25 départements du Sud-Ouest, pour tout ou partie (voir carte ci-dessous), dans laquelle les conditions de circulation des animaux ont été durcies, en exigeant une vaccination en cours de validité pour tous les animaux quittant une exploitation infectée, ainsi que pour tous les animaux passant d’une zone réglementée 1-8 à une zone indemne BTV1. Ces mesures ont été reprises par arrêté préfectoral du 2 septembre 2008 (modifié) pour être rappelées à la vigilance des personnes concernées. Parallèlement, comme en Ariège, quelques cas positifs en séro-type BTV8 ont été signalés dans l’Aveyron, le Tarn, le Tarn et Garonne, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées. Cette descente vers le sud de la FCO-BTV8 répond au schéma épidémiologique prévisionnel annoncé en début d’année, justifiant de fait la mise en place concomitante d’une campagne de vaccination contre le BTV8.

Les services vétérinaires rappellent que la fièvre catarrhale ne touche que les ruminants. Elle n’affecte pas l’homme et n’inspire donc aucune inquiétude pour la population. Les produits animaux, viandes et lait, ne présentent pas de risque pour le consommateur.

01 octobre 2008

Le guide du Touriste en Ariège

Comment doit se comporter un touriste en Ariège. A savoir avant de partir aux Sports d'Hiver et à diffuser largement pour qu'il n'y ait pas de problèmes !

Guide de survie pour les touristes en Ariège

  • N'oubliez jamais que vous n'êtes pas chez vous.
  • Cessez de mettre des Moon Boots avec vos jeans
  • Laissez toujours un pourboire, quelques centimes suffisent parfois pour vous maintenir en vie.
  • Comparer les remontées mécaniques au métro peut vous coûter cher.
  • Ne dites surtout pas "A Paris, c'est moins cher".
  • Ne branchez jamais en boite, contentez-vous de danser.
  • Même immatriculée 09, une voiture de location reste une voiture de location.
  • Arrêtez de dire « oh, comme c'est beau », on le sait.
  • Ne vous ridiculisez pas en parlant de ski.
  • Ne roulez pas à 40 km/h sur les routes de montagne, nos routes ne sont pas dangereuses, c'est vous qui ne savez pas conduire.
  • Ici le Klaxon n'est là que pour dire bonjour. Vous ne connaissez personne, ne klaxonnez pas.
  • Vous n'avez rien à faire au comptoir, il nous est réservé.
  • Sachez qu'un Ariégeois n'est jamais seul.
  • Ne branchez pas les habitantes des stations, même nous, nous n'y arrivons pas.
  • Ne nous lancez jamais de défis stupides sur notre capacité à tenir l'alcool. Vous avez perdu.
  • Ici, on vous appelle les Gaulois, et vous n'êtes pas nos ancêtres.
  • Enfin, n'oubliez pas que vous n'êtes pas partout chez vous, surtout chez nous.

A part ça, vous êtes les bienvenus !

La belle ourse, chambres et table d'hôtes en Haute-Ariège

Bienvenue au Pays de l'Ours. Si vous êtes de passage en Haute-Ariège, au milieu du bastion anti-ours, ne manquez pas de passer à "La Belle Ourse", chambres et table d'hôte en Ariège, chez Chrystel et Eric au village de Perles-et-Castelet à 5 minutes d'Ax-les-Thermes. 

La belle ourse, chambres et table d'hôte en AriègeA l'intérieur, un salon avec feu ouvert, internet sans fil et ADSL, des jeux, une machine à laver, un lit parapluie, une chaise haute pour les petits. Les chambres d'hôte s'appellent Mellba, Pyrène, Cannelle, Papilllon, celà donne le ton.

A l'extérieur, le jardin, la rivière, des parties de pêche.

Sur la table de La belle ourse, des produits frais, de saison, de production locale et essentiellement biologique, pains, patisseries et confitures maison. Ils cumulent les tares ma parole.

Chrystel et Eric sont accompagnateurs en montagne, diplômés d'Etat. Ils proposent des randonnées d'une demi journée, d'une journée ou des séjours à thèmes:

  • Séjour Pastoral (été) : Une journée avec un berger ! Découvrez la vie pastorale au cours d'une randonnée en montagne avec un berger de chez nous. Montée en estive, fabrication du pain, conception d'un baton de marche, visite de l'étable, possibilité d'une veillée autour d'un feu avec une nuit en cabane. Passez une journée et une nuit en montagne, au coeur du pastoralisme pyrénéen.
  • Séjour Fleurs et saveurs (été) : Parcourez les montagnes de fleurs en fleurs ! Ils vous apprendrons à les reconnaitre et vous ferons découvrir leurs différentes saveurs.

Tous les séjours d'été comprennent : les nuitées avec petits déjeuners, les casse-croûtes de midi, les dîners en table d'hôtes, les encadrements en randonnée.

En hiver, Eric propose des sorties en raquettes hors des sentiers battus. Chrystel, monitrice de ski, vous initie au ski de randonnée et aux joies de la glisse sur des pentes vierges.

  • Séjour "Sentiers sauvages en raquettes" : Loin des secteurs fréquentés, découvrez les vallées d'Ax en toute quiétude. La raquette peut être très ludique et accessible à tous...
  • Séjour "Ski de randonnée" : Initiation au ski de rando et perfectionnement de votre technique de descente sur toutes neiges...hors domaines skiables en pleine nature. Utilisation de l'ARVA, règles de sécurité, état du manteau neigeux.
  • Séjour "Sur les traces de l'ours" : Comme des trappeurs, suivez les traces des différents animaux, batissez un igloo tout en vous initiant aux plaisirs de la raquette. (Enfants/famille). Du débutant au plus sportif, les raquettes permettent d'accéder à des territoires vierges de toutes traces.  Découvrez la nature et ses petits secrets (faune, lacs et rivières)
  • Séjour "Nuit blanche" : Arrivée à 16h en chambre d'hôtes, départ de la balade nocturne en raquettes au clair de lune et repas autour d'un feu de bois. Retour vers 22h. Le ou les jours suivants : randonnée en raquettes.

Le yoga est en préparation à la belle ourse...

Tous les séjours d'hiver comprennent :les nuitées avec petit déjeuner, les casse-croûtes de midi, les dîners en table d'hôtes, l'encadrement raquette / ski, prêt des raquettes.

Pour contacter "La belle ourse"

Chambres et Table d’hôtes «La Belle Ourse»
3 épis au Gîtes de France
Chrystel et Eric
5, Roc de la Gadibe
09110 Perles et Castelet
Tél : 05.61.05.32.96
Email - Site internet La belle ourse  - Photos des séjours

18 septembre 2008

Le procureur de Foix est en pétard

Deux jeunes agriculteurs poursuivis par le parquet de Foix

En marge de la manifestation des éleveurs du jeudi 11 septembre à Foix, deux jeunes agriculteurs ont été cités à comparaître le 18 novembre prochain au TGI.

Ils auraient blessé deux fonctionnaires de police et deux agents du SDIG (Service Departemental d'Information Générale, les anciens Renseignements Généraux) en envoyant «des dispositifs explosifs (communément appelés pétards) à l’intérieur de la préfecture lors de la manifestation du 11 septembre 2008 à Foix»

Deux des fonctionnaires auraient subi des blessures physiologiques qui auraient occasionné plusieurs jours d’ITT. Antoine Leroy Procureur de la République a estimé que «ces faits étaient regrettables et répréhensibles…» Il s’en est expliqué devant la caméra d'Ariègenews :

«C'est une manifestation qui s'est passé au départ en toute légalité, jusqu'au moment notamment ou deux des manifestants ont eu la mauvaise idée de lancer, ce que dans le langage commun on appelle des pétards, mais qui est en fait plus qu'un pétard, contenu de ses dimensions dans, en direction et à l'intérieur de l'étage de la préfecture de l'Ariège et dans le bâtiment d'à côté qui est le bâtiment du SDIG, anciennement "renseignements généraux".

Il y avait dans ces étages, fenêtres ouvertes parce qu'ils faisaient leur métier de surveillance tout à fait habituelle de cette manifestation, qui encore une fois au départ était "bonne enfant", deux fonctionnaires des renseignements généraux et deux fonctionnaires de police qui étaient dans la préfecture, chacun de ces deux groupes de fonctionnaires ont reçus un pétard qui avait été lancés par les deux personnes dont vous connaissez l'identité.

Il s'avère que l'explosion de ces pétards, de ces dispositifs, ont causés des blessures relativement importantes pour les fonctionnaires de police (...) puisqu'ils ont plusieurs jours d'incapacités totale de travail (...). Et puis, il y a deux fonctionnaires des renseignements généraux qui eux aussi ont été blessés, moins grièvement puisqu'il n'y a pas d'ITT. Il s'agit bel et bien d'un acte volontaire commis par des personnes qui n'ignoraient pas qu'en explosant dans ces pièces, inévitablement il y aurait des blessés.

En l'espèce, ce sont des blessures physiologiques liées à l'ouïe de ces personnes. Nous avons affaire à des violences en réunion, parce qu'ils étaient deux, avec une arme puisque, lancer un tel engin explosif dans ces circonstances, c'est une arme par destination. Ils sont cités à comparaitre devant le tribunal correctionnel de Foix, le mardi 18 novembre à 14h. Ils s'en expliqueront tout à fait naturellement. Ils seront jugés, comme il se doit. Ce sera une audience parfaitement normale.

Ce sont des peines d'emprisonnement ferme évidement qui sont encourues puisque la loi prévoit que des violences avec une ITT de moins de 8 jours et deux circonstances aggravantes sont punissables de 5 ans d'emprisonnement. C'est ce que la loi prévoit, il est évident que le tribunal adapte la sanction à la gravité des faits et à la personnalité de leurs auteurs ; mais enfin ce sont des faits qui sont répréhensibles.

Alors, moi j’entends ici ou là, qu'on reproche à la justice d'exercer des poursuites contre ces personnes. On a le droit de manifester, on est dans une démocratie, et il n'y a pas de raison qu'on ait moins le droit de manifester en Ariège qu'ailleurs. Mais quand on manifeste, ce ne peut pas être en causant des victimes comme cela a été le cas et comme cela a été le cas volontairement. Il y a eu des blessés, des blessures attestées par des médecins (...) surtout dans ces circonstances : en réunion, en lançant un engin explosif comme celui là. Donc ils vont rendre des comptes à la justice qui va statuer tout à fait légitimement.

Alors, qu'ils aient le soutien d'autres personnes, c'est naturel, qu'il conteste ma décision de poursuivre ces faits, c'est leur droit le plus strict et ils seront jugés tout à fait naturellement le 18 novembre prochain. »

Source : Ariègenews

Foix: Les éleveurs ariégeois dans le désarroi

Plus de quatre cents manifestants et une quarantaine de tracteurs sur les pavés de la cité comtale jeudi matin pour soutenir l’agriculture ariégeoise dans la tourmente.

La cause de cette crise agricole majeure se résume en trois lettres «FCO» qui pourraient bien sonner le glas des espoirs de centaines d’éleveurs ariégeois tous persuadés, après une vaccination contre le sérotype 8, sortir indemne de l’épidémie de la fièvre catarrhale ovine.

C’était sans compter sur le sérotype1 pourtant présent dans le Sud-Ouest (Landes, Pyrénées Atlantiques…) qui dissémine depuis le mois d’août la région Midi-Pyrénées (1500 cas comptabilisés dont 700  dans le département de l’Ariège).

Aujourd’hui tous se mobilisent, élus, responsables des coopératives agricoles, éleveurs, syndicats et associations agricoles pour faire entendre un message unitaire et en appeler à la solidarité nationale «car cette crise pourrait conduire à la disparition de nombreuses exploitations si de rapides et importantes mesures de soutien n’étaient pas mises en œuvre rapidement»

La brusque propagation du virus génère au-delà des conséquences sanitaires et financières pour les élevages directement touchés par la maladie (baisse de production, frais vétérinaires, mortalité, avortements, stérilité…) une grave crise économique liée à l’interdiction de circulation des animaux.

FCO : La manifestation des éleveurs à Foix a mal tourné Comme l’a rappelé Hervé Péloffi, président de la FDSEA: «cette crise économique est amplifiée par la nature même des systèmes d’exploitation de montagne où la production est orienté majoritairement vers des animaux maigres (bovins et ovins) destinés a la vente à des ateliers d’engraissement.

Pour les bovins, les broutards âgés de 7/8 mois à leur descente d’estive sont exportés vers l’Italie et pour les ovins, l’exportation de nombreux agneaux légers au début de l’automne a lieu vers l’Espagne… C’est un spécificité de l’agriculture de montagne qui doit rentrer en considération pour repenser les procédures et le niveau des indemnisations»

Les reports des ventes occasionnés par la vaccination contre le sérotype 8 avaient acculé financièrement les éleveurs qui subissent à présent une interdiction sanitaire pour le sérotype 1.

Cette nouvelle situation engendre d’importants problèmes annexes. Peu ou pas de bâtiments disponibles, des stocks de fourrage limités au cheptel de souche et souvent de piètre qualité du fait de la forte pluviométrie des mois de juin et juillet, une repousse longue (3 à 6 mois) des broutards réalisée souvent dans de mauvaises conditions.

Le président de la chambre d’agriculture, François Toulis a exhorté les éleveurs à: «sevrer correctement les animaux, soignez-les car une repousse longue réalisée souvent dans de mauvaises conditions sur des animaux de moindre qualité, conduirait à vouloir commercialiser cet hiver des animaux pour lesquels il n’existerait pas de marché. Ne gardez pas vos problèmes de trésorerie, faites-nous en part, ensemble on peut agir sur les banquiers, la MSA, les coopératives agricoles et trouver des solutions

De plus les éleveurs ont pour la plupart réalisé d’importants investissements (foncier, matériel, bétail) et sont amenés à rembourser des crédits substantiels qui grèvent déjà leur trésorerie…

Sans réelle marge de manoeuvre, cette épidémie tombe comme un couperet.
«Nous sommes surendettés explique un éleveur du Pays d’Olmes touché par la FCO, les banques nous appellent plusieurs fois par semaine pour nous signaler les problèmes que nous connaissons déjà. Elles nous proposent un peu d’oxygène contre l’hypothèque de la maison d’habitation ou celle du matériel … mais nous ne sommes pas dupes, nous sommes voués à disparaître à court terme, à grossir le nombre des Rmistes du département !»

C’est dans ce climat de désarroi que les manifestants se sont rendus devant la préfecture de l’Ariège.

Une délégation a été reçue par le préfet, Jean-François Valette, le directeur départemental de l’équipement et de l’agriculture, Jean-François Desbouis et le directeur départemental des services sanitaires et vétérinaires, Pierre Jabert.

Tous se sont mis autour de la table pour évoquer les problèmes que rencontraient les agriculteurs ariégeois et François Toulis a remis au préfet une lettre dans laquelle il demandait la mise en place de mesures d’urgences:

  1. «la revalorisation des indemnités de mortalité à un niveau décent qui permette aux éleveurs touchés par la maladie de reconstituer leur cheptel. Le Conseil Régional pourrait venir abonder cette ligne et participer à une augmentation du Fonds Avance Cheptel régional qui permet de financer l’achat d’animaux à taux bonifiés.
  2. la prise en charge de la totalité du coût des vaccinations, sérotypes 1 et 8, à l’instar des décisions prises par les départements voisins.
  3. le déblocage d’une aide exceptionnelle à la repousse qui nous permette de soigner les broutards pendant la durée de leur immobilisation sur nos exploitations ; Le Nord de la France avait l’an passé, dans des systèmes d’élevage très différents, obtenu une aide de 60 euros par broutard, nous demandons, compte-tenu des caractéristiques  de nos élevages, que ce montant soit porté à 120 euros.
  4. le déblocage d’une aide exceptionnelle à l’engraissement pour les agneaux qui ne pourraient pas être commercialisés. Compte-tenu de l’état général de la filière ovine, cette aide doit couvrir l’intégralité des dépenses d’engraissement et doit être de 30 euros par agneau.
  5. la mise en place d’un financement relais (600 euros par broutard et 60 par agneau) à taux bonifié pour financer le pied et la repousse de nos animaux, les banques doivent se mobiliser sur ce volet en proposant des prêts à prix coûtant qui doivent être ensuite bonifiés.
  6. la compensation des pertes de revenu subies par les éleveurs laitiers touchés par la maladie (bovins, caprins, ovins)
  7. la prise en charge de la totalité du coût des virologies qui devront être pratiquées pour faire partir rapidement nos animaux lorsqu’ils seront vaccinés. Le Conseil Général prend déjà en charge 50% du coût, nous demandons une prise en charge complète.
  8. la suppression de la taxe foncière pour tous nos éleveurs
  9. le report des cotisations MSA sans pénalités
  10. l’anticipation du versement des aides PAC (ICHN, PMTVA, DPU, PHAE…)
  11. le report d’annuités en fin de tableau pour les éleveurs endettés»

Et le président de la chambre d’agriculture de terminer sa lettre par une remarque faisant référence à l’ours: «l’ensemble de ces aides reste inférieur au coût annuel du programme de réintroduction de l’ours, nos éleveurs ne comprendraient pas que l’ensemble de ces revendications, légitimes, ne reçoivent par une suite favorable» (NDLB: 1,8 millions d'euros)

Après une heure de réunion, malgré les agitations à l’extérieur de la préfecture, la délégation a donné ses impressions et restitué les propos tenus par les représentants de l’Etat.

«D’après le préfet, le gouvernement est fortement mobilisé par cette crise majeure et conscient du désespoir des éleveurs. Le ministre de l’agriculture insiste sur la rigueur dans la prévention. On ne s’attendait pas à des miracles, commente François Toulis car nous sommes conscients que les décisions seront prises au niveau national et européen…»

Laurence Cabrol
Ariègenews

Réaction de la buvette

L'ours n'a strictement rien à voir avec la crise ovine et le fièvre catarrhale ovine, mais comparer le coût de leurs demandes avec celui d'une année du programme de sauvegarde de l'ours n'est pas innocent. Peut-être est ce que cette crise va leur apprendre à gérer la filière ovine avec plus de talent : Avec l'Iitalie comme seul client pour leurs broutards, ils ont mis tous leurs oeufs dans le même pannier et ce client est perdu jusque décembre, d'où leurs difficultés financières actuelles. En continuant à nourrir les bêtes bloquées sur les exploitations, Ils sont donc obligés de  devenir aussi des "engraisseurs".

Voilà qui ne va pas diminuer la dépendance et le déficit chronique de la filière ovine de montagne qui coûte, rappelons le 36,56 € par français et par an, à savoir 1219 fois plus que l'ours qu'ils critiquent tant, qui ne représente lui que 0,030 € par français et par an dont 0,015 € (la moitié), retourne au pastoralisme ! Ce que bien sûr, ils omettent de préciser...

Philippe Lacube, président de l'ASPAP, présent à cette manifestation à déclaré (dans la vidéo d'Ariègenews : «La fierté, c’est de se retrouver aujourd’hui tous syndicats confondus. L’ASPAP s’était donné cette mission de dire : « le sujet est suffisamment grave, urgent et destructeur pour arriver à fédérer tout le monde. » A mon avis, il aurait été dommageable pour la profession de partir en division et donc la fierté aujourd’hui, c’est que quelque part, grâce à l’ASPAP, on a réussi à fédérer tous les syndicalistes ariégeois

Philippe Lacube, qui présentait à Arbas "le nouveau visage du pastoralisme", aimerait bien ramener toute l'Ariège sous son drapeau. L'influence de l'ASPAP est, il faut le reconnaître, importante et mauvaise puisque la manifestation de FOIX à mal tourné, avec des violences qui ne resteront sans doute pas sans conséquences.

L'ASPAP comporte dans ses statuts une clause "déchargeant l'association de ses responsabilités pour des actes délictueux commis par ses membres." En est-il de même pour les statuts de la FDSEA ? Peut-être que Philippe Lacube n'a pas eu le temps d'expliquer aux syndicalistes présents, les finesses statutaires de l'ASPAP.

08 septembre 2008

Tir de l'ours Balou en Ariège : AVES réagit

Suite au tir d'un ours en Ariège le 7 septembre 2008 par le chasseur Thierry Bergeaud, l'AVES réagit par la voix de Christophe CORET.

"Ce nouvel incident est inacceptable et il est temps d’identifier les responsables. Depuis la création de l’association AVES FRANCE, nous demandons l’interdiction des battues dans les zones où l’ours est signalé. Un ours avait été observé la veille de cet incident par l’équipe technique ours !

Qui a autorisé cette battue ? Pourquoi l’Etat français n’a toujours pas légiféré sur la protection des zones à ours ? Pourquoi les tueurs d’ours ne sont-ils jamais condamnés ? Y a-t-il encore un avenir pour l’ours dans les Pyrénées ?

A plusieurs reprises, et encore récemment (le 27 août 2008), AVES FRANCE a envoyé un courrier au Ministère de l’Ecologie afin de demander des comptes sur la gestion du dossier ours : "Dans le cadre du nouveau Groupe National Ours et à l’occasion des prochaines tables rondes sur la chasse, l’association AVES France réitère sa demande de création de zones protégées intégrales sur le territoire des ours.

Le dérangement causé par certaines activités (touristiques, forestières, création de routes…) et l’opposition systématique des ultra-pastoraux sont autant de menaces pour la survie des ours pyrénéens. La chasse est une autre source de nuisances non négligeable. (...)

Pour AVES France, il semble indispensable aujourd’hui de créer des zones de réserves intégrales sur le domaine vital de l’ours, comme le furent les réserves Lalonde en leur temps.

Ces zones sur lesquelles la chasse doit être prohibée et les activités humaines contrôlées permettront aux populations d’ours de se développer et limiteront les perturbations liées aux hommes.

L’ours est un animal fragile. Son avenir passe aussi par la protection de son environnement. Ces zones de protection intégrale devront être soigneusement délimitées de façon à prendre en compte les domaines vitaux des ours. Nous insistons particulièrement sur l’activité de chasse, qui est extrêmement dommageable pour les plantigrades. Notamment les battues aux sangliers. L’expérience a hélas montré que les fédérations de chasse se sont montrées incapables de prendre des décisions adéquates dans les zones à ours. Il convient donc de leur interdire de pratiquer cette activité dans ces lieux."

Ce n’est pas le premier courrier que nous envoyons à M. Sarkozy et à Mme Kosciusko-Morizet. Dans la lettre que la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie nous a adressée en réponse, le 30 octobre 2007, elle souhaitait nous rassurer sur son engagement sur ce dossier. Et pourtant !

Depuis, aucune de nos plaintes n’a abouti ! Depuis, rien a changé ! Depuis, on continue de persécuter l’ours sans être inquiété...

Nous avons donc décidé, le 26 avril 2008, d’envoyer une plainte au Conseil de l’Europe contre l’Etat français, pour sa mauvaise gestion du dossier ours. La protection de l’ours est un engagement européen ! L’Etat français doit trouver le courage de mettre en place quelques mesures (protection intégrale du domaine vital des ours, interdiction de la chasse en battue, limitation des activités humaines sur les zones de protection intégrale, mise en place d’un contrat obligeant les éleveurs à protéger leurs troupeaux dans ces zones de protection...), ou avoir la franchise d’annoncer qu’il renonce à la conservation de l’ours dans les Pyrénées lors de la prochaine réunion du Groupe National Ours.

Christophe CORET

13 août 2008

Un refuge sur le plateau de Beille?

D'après la "Gazette Ariégeoise" : bientôt un refuge au plateau de Beille : L’implantation d’un refuge sur le plateau de Beille, en tant qu’"Unité Touristique Nouvelle", est apparue pertinente sous bien des aspects et opportune au regard des résultats de nombreuses consultations préalables. La réalisation d’une étude s’avère indispensable au montage de ce projet et a fait l’objet d’une délibération prise à l’unanimité, donnant suite à celle qui avait déjà été adoptée en conseil communautaire du 13 Novembre 2007. Le coût de cette étude s’élèvera à 40 000 euros, dont 70% devraient être absorbés par des subventions de l’Etat, de la Région et du Département.

Ultrapastoralies

Bonjour, aujourd’hui, réouverture de la buvette après un séjour pyrénéen. Au programme : randonnées en forêt sur les traces de l’ours, séjours en estives, visites pastorales en zones à ours...

Retour d’estives

Les Pyrénées possèdent un pastoralisme unique!

Première estive : Le premier berger rencontré «garde» un troupeau très, mais alors très éclaté. La question que je me pose : N'est ce pas le troupeau qui garde le berger? D’après lui, il manquait ce jour là entre quatre-vingt et cent vingt bêtes. Il les retrouvera s’il a le temps!

C., un de mes compagnons de randonnée, est berger lui aussi et formateur sur un autre massif, il m’assure qu’il n’y a que dans les Pyrénées que l’on rencontre cela. (Ce sera un commentaire constant durant les différentes visites d’estives.) Plusieurs groupes de brebis sont déjà disséminée sur les quartiers d’automne : gestion pour le moins aléatoire des ressources aux derniers jours de juillet. Une brebis crevée abandonnée à moins de 30 m d’un petit ruisseau, normal.

Le soir les brebis sont dispersées, C. ne comprend pas qu’on puisse laisser un troupeau aussi dispersé et qu’on ne le regroupe pas à proximité de la cabane le soir.  Selon lui, c’est tout à fait possible et permettrai de prodiguer le soin aux bêtes malades, d’éviter que l’ours ne s’attaque aux lots isolés et de le dissuader d’agir par la proximité des hommes et des patous.

Après une nuit sous tente 900m sous la cabane, en bordure de forêt, nous montons vers la crête. Nous passons a côté d’une seconde carcasse de brebis.

Selon C., les brebis malades seraient en meilleur état si le troupeau avait pris l’habitude dès la montée en estive d’un regroupement à la cabane le soir : le travail du berger en serait soulagé à moyen terme car il ne s’agirait plus de pallier aux urgences de façon trop tardive mais de prévenir ou du moins, de soigner dès le départ les différentes maladies.

Inutile selon lui de faire partir le troupeau trop tôt le matin : si les brebis se nourrissent mieux et cheminent moins, elles sont plus grasses en fin d’estive et il est plus facile de gérer les différents quartiers d’estive donc de garder de bonnes ressources en herbe jusqu’à l’automne. Inutile de les laisser paître jour et nuit, il en est certain pour en avoir fait l’expérience. De même, laisser paître les bêtes par petits lots où bon leur semble (selon la méthode de « l'escabote » chère à Lacube) ne leur permet pas nécessairement de s'engraisser davantage puisque elles marchent beaucoup. Au contraire, quand c'est possible comme ici, leur donner la « virade » (le parcours à suivre) groupées (de façon quand même assez lâche pour qu'elles puissent manger à leur guise) permet selon son expérience d'obtenir des bêtes bien nourries. Mieux qu'en « escabote » m'a-t-il assuré.

Deuxième estive : Après 36 heures sur place et de longues discussions pour amadouer l’éleveur (qui monte chaque soir), les langues se délient en fin de repas : l’éleveur se plaint des difficultés que produit le nouveau marquage aux oreilles : beaucoup plus difficile d’écouler des agneaux au noir. Il parle de l’excellent marché (noir bien sûr) constitué par les «arabes » pour les moutons de l’aïd ; mais se plaint des contrôles et avoue qu’il mettra cette année une dizaine de brebis fictives «sur le compte de l’ours», mais que ce sera difficile de le faire pour davantage de bêtes, l'ours est tellement discret cette année. Un de mes accompagnateurs connait bien ce berger pour l’avoir vu lors de différentes manifestation de l’ASPAP, notamment à la manif de soutien des 10 inculpés d’Arbas.

C. se demande pourquoi l’éleveur monte chaque soir pour donner les soins aux bêtes alors que le berger pourrait le faire chaque soir et/ou chaque matin s’il regroupait les bêtes. Une bête est morte. C. a été un peu surpris par le manque de ménagement avec lequel l’éleveur enfonce le couteau dans l’abcès à la patte de la brebis malade : l’infection est telle que seule la manière forte semble convenir.

Le soir, C. nous raconte son expérience. Quand les bêtes sont rassemblées chaque soir, elles prennent l’habitude de cheminer ensemble selon un vaste circuit qui facilite le gardiennage par le berger et par les patous. Quand il « tient les choses en main », il habitue ses bêtes au gardiennage.

Une fois cette chose acquise, le travail du berger n’en est que plus reposant. Dans ses formation, C. montre qu’avec un peu de rigueur et d’ambition affichée dès la préparation du séjour en alpages, on peut garder (et non seulement surveiller) son troupeau et ainsi faciliter grandement la cohabitation avec les prédateurs. Mais le tout est de le vouloir réellement : ici, les consignes de laxisme données par l’éleveur à son berger ne facilitent rien en termes de « possibles ». Anti-ours, l’éleveur songe quand même à protéger son troupeau.

Troisième estive - Après une longue montée en forêt et l’observation de poils d’ours et de griffures sur les arbres qui longe le sentier visiblement très peu fréquenté, on profite d’un repas pour mettre plusieurs fois sur la table la question des mesures à prendre pour protéger le troupeau : regroupement nocturne, mise en place d’un parc, utilisation de patous. Cela ne marche pas parait-il. C. explique que pour lui, agir dans l’urgence et le stress des attaques nocturnes ne donne pas toujours de bons résultats. Si le berger anticipe la présence de l’ours, il peut faire monter son troupeau avec des patous dressés, l’adaptation des uns et des autres est alors progressive. Les solutions sont là, encore faut-il se donner le minimum de moyens pour qu’elles fonctionnent.

Quatrième estive - Pas de patous et pas de regroupement nocturne. En soirée, la bergère de regroupe pas ses bêtes et les laisse sans surveillance pour la nuit. A midi, elle avait rencontré les techniciens « porteur d’antenne » qui lui ont annoncé qu’un ours a été localisé à proximité. Pas de patous, pas de regroupement nocturne, pas de parc, le buffet est servi. Un lot de plusieurs dizaines de bêtes est resté du côté le plus exposé aux attaques potentielles. Mais l’ours n’est pas passé se servir cette nuit là.

Les Ultrapastoralies

Pastoralies Je ne suis pas passé le 8 août 2008 sur le plateau de Beille aux «Pastoralies», cette organisation largement financée par le conseil Général de l’Ariège d’Augustin Bonrepaux, soit disant "fête de la montagne vivante et bien décidée à le rester" n’allait être qu’un prétexte pour manifester contre l’ours, des "ultrapastoralies" en quelque sorte. Elles aurait pu être une vraie fête comme la fête de la transhumance à Die dans la Drôme, mais l'ASPAP n'a pas les talents d'organisateurs du regretté André Pitte.

D’autres sont passés aux Pastoralies : Des talibans! Ils racontent que de nombreux touristes montés pour voir les troupeaux et pour participer à la fête du pastoralisme sont redescendus déçus et dégoutés. Ils se sont sentis manipulés par les antis ours et sont redescendus fâchés d’avoir apporté par leur présence un soutien relatif à cette manifestation. Trop tard, ils seront comptabilisés par l'ex-comptable Louis Dollo comme de fervents défenseurs de la politique anti ours de l'ASPAP et grandiront le chiffre "des manifestants".

2000 personnes parait-il, dont la moitié de touristes, le reste c'est l'ASPAP. Le plateau de Beille s’est parrait-il vidé rapidement l'après-midi. Les touristes (ceux qui seraient apeurés à l'idée de s'aventurer sur un sentier de montagne de peur de se faire bouffer?) n’auraient-ils pas supporté la lourdeur de la manipulation et de l'idéologie des troupes pastorales financées par le Seigneur de Foix avec l’argent de ses administrés ariègeois?

Avec Eldorando, le Haut-Béarn et Jean Lassalle ont eu leur grande messe anti-ours avec le sous fifre de l'IPHB, Didier Hervé, tout surpris de la résistance issue dans la salle (Qui c'est c'eux-là? D'où viennent-ils? Il n’est pas facile d’abrutir les masses quand elles ont un peu de cervelle). Avec ces pastoralies, le Cardinal Augustin Bonrepaux, pasteur de l'Ariège s’est offert sa première grand messe au frais de l’Ariège, pour convertir les brebis perdues de sa paroisse : "L'ours tu craindras mon fils".

Après l’autosatisfaction complaisante quelques peu stalinienne de Louis Dollo racontant la journée «hénaurme» (le coût sans doute!) publié sur l’aréopage des sites prônant «la biodiversité à visage humain» à grands coups de brebis sanguinolentes, il est intéressant de lire la face cachée de l’information officiellement matraquée par les ultra-pastoraux et par la presse qu'ils touchent (même en Belgique), Ils ont des relations!

  • Louis Dollo est faché avec Yvan Puntous de l'Amopyc. Yvan Puntous raconte la continuation de l’action "parole d’ours" qui se déroule cet été dans les Pyrénées; ce jour là aux Cabannes (voir les infos FR3) Mais avec qui Louis Dollo n’est-il pas fâché ?
  • "Pastoralies, un autre son de cloche" (FERUS) et
  • "Ferus raconte les pastoralies"
  • La haine de Louis Dollo (Menacé de poursuites -encore-, Louis Dollo a un peu épuré ses calomnies) Il s'en prend aux résistants, car en Ariège, montrer que l’on est pour la cohabitation, c’est comme faire un bras d’honneur au président en pleine réunion du Conseil Général de l'Ariège! En Ariège, il faut être pour l’ASPAP! Si vous êtes neutre, indécis ou pire favorable au plantigrade, il faut se taire et se planquer tellement les intimidations sont fortes et les sentiers vertigineux étroits. Aux pastoralies, sur les « forums », le guide de pays Louis Dollo, correspondant de la presse locale (Lourdes-Infos, Tarbes-Infos) est présenté par Philippe Lacube comme journaliste (journaliste et correspondant de presse locale, ce n’est pas la même chose!) et comme scientifique! (Il a fait ses études au Lycée Technique de la Cathédrale à Poitiers), spécialisé du «mensonge sur la toile» (Il faut lui reconnaitre celà !) et de la «biodiversité».
  • Le grand bal de prédateurs par L.P. Gary-Gasparrou, maire de Massat (Une commune de l’ADET, favorable à la cohabitation et située en pleine république bananière Ariègeoise), dont la tête (est-ce l’humour ou de la haine ?) servait de cible à un jeu de fléchettes sur un stand des Pastoralies!

Pas étonnant que les manipulés se sont cassés vite fait de ce 1er congrès du parti ultrapastoral de Saint-Augustin, qui généreux, aurait mis la main au panier en allongeant entre 30000 et 35000 euros pour l'organisation des Pastoralies. Chiffres à vérifier, mais ce n'aurait rien de surprenant après le financement de l'ASPAP, lors de sa création.

Maintenant que l’effet de surprise (pour les touristes innocents qui venaient pour participer à une fête familiale) ne jouera plus, quels touristes retourneront à cette grande messe noire déguisée en vert, comme les célèbres vestes noires et sang de l’ASPAP remplacée pour l’occasion par des t-shirt… verts ? De même, leurs discours extrémistes et sectaires se cachent derrière un pâle verni couleur estive de la «biodiversité à visage humain» et l’intérêt biologique des animaux domestiques !

Les Pastoralies se voulaient un enterrement de l’ours de première classe, ce n’a été qu’une messe basse. Qui se laissera encore avoir par les beaux parleurs Philippe Lacube, Louis Dollo et Bruno Besche-Commenge, à part la presse ariégeoise à la solde de son roi et celle où la rédaction des contenus est confiée à l’activiste de l’ASPP65 Louis Dollo? Quelle famille ira encore faire le plain de haine et se comporter comme des moutons face aux manipulations de la violente clique financée par Augustin Bonrepaux et déguisée en écologistes de montagne ?

Les témoignages des familles descendant dès le début de l’après-midi devraient sonner comme un avertissement envoyé au cercle restreint des proches de Bonrepaux et de ses associations ultras pastorales. Mais faut dire que quand l’Augustin confie le service d’exploitation des sites touristiques de l’Ariège à Pascal Alard (un activiste anti ours, membre de l’ASPAP de la première heure) l’orientation du tourisme ariègeois est priée de suivre la ligne du chef de parti. C’est ainsi que les principaux prospectus touristiques ariégeois (Parc de la préhistoire, Grotte de Niaux, Château de Foix, Grotte du Mas d´Azil, Forges de Pyrène, prospectus généraux sur l'Ariège) sont priés d’éviter la moindre allusion au symbole des Pyrénées : l’ours, sujet tabou et interdit. Le syndrome de Pékin en Ariège ? Le festival Résistances portait bien son nom : pour avoir osé parler de l’Ours, le roi Augustin lui a coupé les vivres.La pensée unique ariégeoise qui étouffe sa population sous la loi du silence comme en Corse.

Ce sera plus dûr l'an prochain pour avoir du monde.

21 juillet 2008

Le camembert de l'Ours

L'ours fait partie du patrimoine ariégeois depuis bien longtemps. Ainsi en est-il du camembert de l'ours...

Petit camenbert de l'ours"Louis de Bardies a été président du comice agricole de Saint-Girons et lauréat du groupe d’arts des agriculteurs de France, membre du jury aux concours généraux de Paris. Il s’attachera, à la suite de son père, à la normalisation de la race Saint-Gironnaise, devenant membre à vie du herd-book départemental instauré au début du siècle pour cette race, créant avec de Terssac un syndicat d’élevage dès la parution du décret les instituant (1912), « pour l’achat et le placement de taureaux » Il créera une vacherie modèle à Soulan, mais surtout, il eut une influence non-négligeable sur les transformations de l’élevage bovin
et de la production laitière en reprenant de son gendre une fromagerie promise à un fort succès. En 1893, il fonde à Oust une usine «qui fabriqua pour la première fois, dans le Midi de la France, le fromage de camembert»!

Publicité pour le camenbert de l'ours - Ariège Ce « camembert de l’Ours » connu un grand succès, suivi par la création d’autres fromageries privées, alors même que ces initiatives relayaient la politique départementale de création de fruitières (coopératives beurrières et fromagères inspirées des Alpes) soutenue par l’administration forestière depuis le dernier quart du XIXème. L’importance grandissante des zones de collecte eut finalement et plus tard comme effet que «le ramassage conduisit à imposer une vie sédentaire aux vaches laitières», entamant un peu plus le système de production beurrière et fromagère en montagne (cabanes du Haut-Salat notamment)" – Chevalier 1956 .

Extrait de "LES TERRITOIRES DU PATRIMOINE" Réinvention du «terroir» et politiques de patrimonialisation en Couserans (Ariège-Pyrénées). Rapport de recherche remis à la Mission à l’ethnologie par Arnauld Chandivert (doctorant en ethnologie, CERCE –centre d’études et de recherches comparatives en ethnologie–, université Paul Valéry, Montpellier III.) Mars 2007.

J'y vois un petit air de famille avec un autre camembert, un fromage alpin celui-là : le vray camenbair des zalpes fabriqued in Belgia (extrait du Génie des alpages de F'Murrr)

17 janvier 2008

Mijanes : le Pla de Montpudou et les grands tétras

Dans "Mijanès-Donezan (Ariège) : le grand Tétras et la Forêt en danger immédiat", Thierry de Noblens nous demande d'écrire à Michel Barnier, ministre de l'Agriculture. La buvette a demandé au Comité Ecologique Ariégeois et au Comité Somport des Hauts Plateaux pourquoi ce projet d'extension de la station de ski de Mijanès-Donezan est désatreux.

Le projet

Mijanès-Donezan : le pla de montpudou, secteur fréquenté par le coq et destiné à recevoir l'arrivée du téléski et 3 pistes

Mijanès-Donezan : le pla de montpudou en hiver, secteur fréquenté par le coq et destiné à recevoir l'arrivée du téléski et 3 pistes. Voir le même endroit sans neige plus bas.

Il s’agit de prolonger un téléski jusqu’à un sommet (Monpudou) pour ouvrir au ski tout un domaine vierge exceptionnel : le Pla de Monpudou et la Vallée de la Maure. Cette augmentation de 40% du domaine skiable n’augmentera pas la clientèle exclusivement locale. Mijanès est isolée du reste de l’Ariège (Col de Pailhères à 2000 m fermé 7 mois/ an) et concurrencée par 18 autres stations sur 3 départements voisins (09,11,66). Par contre, les aménagements lourds :

mettent un terme à la vocation familiale de cette petite station pittoresque

  • saccagent le paysage de près comme de loin avec 5 km linéaires de terrassements dans la vallée de la Maure.
  • Compromettent la pérennité de tourbières abritant au moins 5 plantes de tourbières protégées en perturbant leur milieu.
  • Programment l’extinction d’une forte population en hiver de grand-tétras en diminuant sa zone vitale de plus de la moitié.
  • Exposent le public au danger d’avalanche en incitant à une pratique de ski « nature » hors piste.
  • Compromettent un équilibre financier fragile en faisant appel à 2,3 M€ de fonds publics qui pourraient servir à un autre développement (estival ?)

Un projet déjà refusé sur le même domaine

On a beau essayer de nous persuader qu’il ne s’agit pas du même projet qu’en 1998, la jonction des deux stations de ski Ascou et Mijanès, celle-ci devient automatique de fait si on réalise l’itinéraire Tarbezou (acheminement des engins et liaison naturelle à ski depuis le col de Pailhères). Si depuis 1998 le coût de l’opération passe de 12,5 M€ à 2,3 M€ en supprimant des remontées mécaniques, le domaine skiable convoité reste le même avec toute sa richesse écologique. Nous considérons que l’étude d’impact est encore insuffisante et que l’équilibre financier toujours instable est encore une fois mis en péril. Ce sont pourtant ces raisons qui avaient conduit l’Etat à refuser ce projet à l’époque. La convoitise de la vallée vierge de La Maure est si grande qu’elle a été sciemment exclue du site Natura 2000.

Un Impact désatreux pour le milieu naturel

Tourbières et fleurs protégées
Le relevé botanique n’est réalisé que sur l’emprise des aménagements alors que les espèces protégées dépendent d’un milieu plus vaste qui fait l’objet du chantier. Malgré cela pas moins de 5 plantes protégées interdites à la simple cueillette sont répertoriées. Il n’y a aucune étude concernant la circulation complexe de l’eau vitale pour ces milieux (des ponceaux ne traitent que les franchissements de certains talwegs et l’impact de terrassements linéaires omniprésents est sous-estimé).

Grand Tétras
Sa population hivernale est honteusement sous-estimée, alors que nous sommes en présence d’indices exceptionnels. C’est faire abstraction du rapport édifiant du spécialiste M. Ménoni (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage - ONCFS) qui parle de destruction à 67% de la seule zone d’hivernage et d’une contribution à la destruction de l’espèce au niveau pyrénéen en isolant les populations locales.

Mijanès-Donezan : le pla de montpudou, secteur fréquenté par le coq et destiné à recevoir l'arrivée du téléski et 3 pistes

Mijanès-Donezan : le même Pla de Montpudou sans neige, secteur fréquenté par le coq et destiné à recevoir l'arrivée du téléski et 3 pistes.

Paysage
L’image « petit Québec » vantée par la commune, c’est la Vallée de la Maure telle qu’elle est actuellement : vierge. Après un chantier nécessitant des terrassements linéaires, omniprésents et considérables, il serait inconvenant de parler d’environnement naturel protégé.

Un projet inintéressant et dangereux pour le ski

Le manque d’enneigement
Bien qu’au dessus de 2000 mètres, les pistes prévues sur les crêtes ne se prêtent pas au ski car elles sont balayées par le vent, et la neige résiduelle, transformée par le soleil, est souvent glacée. La partie basse de l’itinéraire pose aussi le problème d’absence rapide de neige et de pente nulle sur 100m (inenvisageable pour les enfants qui devraient pousser sur les bâtons ou pour les surfeurs qui n’ont pas de bâtons). Si l’on veut skier en haut, il faut de la neige en bas. C’est donc avec des infrastructures coûteuses et absentes du projet initial qu’on pallie ce défaut majeur : canons à neige alimentés on ne sait par quelles réserves d’eau (tourbières ?), fil neige etc…

Le risque d’avalanche
L’exposition au vent produit une instabilité du manteau neigeux au-dessus de l’itinéraire Tarbezou. Ce risque n’est pas traité,  mais seulement évité par l’éloignement de la piste de l’axe de la Vallée de la Maure. C’est faire abstraction de grosses avalanches possibles, et du danger encouru par les skieurs hors-piste dont on incite la pratique par des accès mécanisés. Malgré l’implantation linéaire de filets, cette mode est immaîtrisable. L’éloignement de la piste de l’axe du vallon en fait un produit inintéressant pour le ski, constamment en dévers, ressemblant davantage à une route forestière qu’à une piste de ski. Il oblige aussi à des terrassements considérables sur 5 km.

Un équilibre financier mal estimé, des emplois précaires

On affirme que ce projet serait le seul à sauver le Donezan sans en évoquer d’autres plus réalistes et moins coûteux (développement estival de la station). Le succès de l’extension part du principe erroné que 40% de domaine skiable supplémentaire doubleront le nombre de journées skieur. Il s’appuie sur un hébergement non encore réalisé dont on ne sait s’il arrivera à terme et s’il sera rentable.

Alors que plusieurs années sans neige s’avèrent plus que probables et insurmontables pour un équilibre budgétaire fragile, une seule est prise en compte et encore de façon optimiste.

D’une façon générale, les recettes sont optimisées et les charges minimisées, voire oubliées : les défrichements, les terrassements, les plantations sont sous-estimés.

Le rapport du Trésorier-Payeur général observe un déficit structurel dans le fonctionnement actuel de la station que viennent combler bien heureusement les subventions d’équilibre (nos impôts) annuelles (60000 € en 2005). Avec un investissement global de 2,3 M€, financé pour la moitié par des subventions (encore) et pour l’autre moitié par un emprunt sur 20 ans, cela revient à doubler l’endettement de la régie !

En matière d’emploi, seulement 2 pisteurs dameurs supplémentaires gèreraient le nouveau domaine. 10 autres emplois seraient induits par des bénéfices incertains. Il faut mettre en balance les 12 emplois projetés (la plupart saisonniers) et les 2,3 M€ d’investissements. Notons qu’avec cet hiver sans neige, le seul maintien des emplois existants dans les stations de ski ariégeoises a nécessité des appels à subvention par le Conseil Général pour financer le chômage technique des employés.

Une vocation familiale et naturelle mise en péril

Pour préserver l’avenir de cette sympathique petite station à vocation familiale et locale (éloignement géographique oblige), il convient de protéger son environnement naturel, image du Donezan, et d’économiser sur les dépenses inutiles. L’aménagement de ce site vierge serait une grave erreur qui pourrait avoir des conséquences dramatiques où l’Etat et l’Administration auraient leur part de responsabilité.

Le Comité Ecologique Ariégeois – 05 61 01 75 15
Le Comité Somport des Hauts Plateaux – 05 61 01 10 38

16 janvier 2008

Mijanès-Donezan (Ariège) : le grand Tétras et la Forêt en danger immédiat

par Thierry de Noblens

le Comité Ecologique Ariégeois et Nature Midi Pyrénées ont déposé deux requêtes au Tribunal Administratif pour demander l'annulation du Plan Local d'Urbanisme de la commune de Mijanès (Canton de Quérigut,Ariège) et de l'arrêté d'Unité Touristique Nouvelle signé par le Préfet de Région Midi-Pyrénées. Ceci afin d'éviter l'extension de la Station de Mijanès, dans un milieu sauvage remarquable, qui est de plus une zone vitale d'hivernage pour le Grand tétras.

Pourtant, les aménageurs de la Station ne veulent pas attendre que ces recours soient jugés. Pour forcer le destin, ils ont décidé de raser le plus vite possible la forêt qui est concernée par les aménagements et qui abrite bien évidemment le Coq de Bruyère en hiver.

Pour ce faire, ils ont besoin de la signature du Ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. Ils font donc pression auprès de lui de manière scandaleuse. Pour éviter un saccage environnemental,de nombreuses associations réagissent actuellement auprès du Ministre Barnier.

Cependant, il se trouve par ailleurs que le projet n'est absolument pas crédible au niveau économique. Le trésorier payeur général de l'Ariège a d'ailleurs été très sévère dans sa fiche de synthèse.

Cyberaction

Nous vous proposons donc, pour faire peser la balance du bon coté, d'envoyer un courrier, par voie postale, au ministre de l'Agriculture en tant que contribuable. Pour ce faire, vous trouverez ci-dessous un courrier-type, que vous pouvez reprendre tel quel ou bien le modifier si vous souhaitez rajouter des éléments personnels. Il vous faut au minimum rajouter votre nom, votre adresse et bien sur signer le courrier, une fois celui ci imprimé.

Si notre démarche vous motive, nous vous demandons d'envoyer ce courrier le plus rapidement possible, en tout les cas avant le 25 janvier.

Nous vous remercions mille fois par avance pour ce que vous ferez.

T. de Noblens
Comité Ecologique Ariégeois

Lettre à envoyer d'urgence à Michel Barnier

Votre nom  :
Votre adresse :
Date :

Monsieur Michel Barnier
Ministre de l'Agriculture et de la Pêche
78  rue de Varennes
75700 PARIS

Monsieur le Ministre,

Le 22 mars 2007, le Préfet de région Midi-Pyrénées autorisait la création d'une Unité Touristique Nouvelle, permettant l'extension de la station de ski de Mijanès Donezan (commune de Mijanès-Donezan). Or, je sais que cette extension impliquerait, entre autre, la destruction par "défrichement" de 67% d’une zone vitale d’hivernage pour le Grand Tétras. Des tourbières et cinq plantes protégées interdites à la cueillette seraient aussi menacées par ces travaux.

Votre signature est fortement  sollicitée  pour autoriser des travaux en Forêt Domaniale, à savoir le défrichement d'une zone stratégique pour le Grand Tétras, qui interviendrait avant tout examen sur le fond des recours engagés. La responsabilité de l'Etat est donc pleinement engagée dans la destruction potentielle de ce biotope exceptionnel.

Un cahier des charges est en cours de constitution, avec étude sur le terrain "en urgence" et sous la neige ! Ces jours-ci.

Cependant, il est maintenant largement démontré que toute ouverture  ou extension de station de ski, en Ariège comme dans le reste des massifs encore habités par le Coq de bruyère, a abouti à une réduction drastique ou à une disparition de zones d'hivernage et de places de chant pour cet oiseau.

Le cas le plus grave et le plus récent, dans ce département  a été l'ouverture de la Station de ski de fond du plateau de Beille en 1989, où pourtant des mesures de protection de l'espèce avaient été promises. (Promesses non tenues et mesures (?) inefficaces)  Ce plateau était une extraordinaire zone d'hivernage, sans doute la plus importante de toutes les Pyrénées, où l'on pouvait dénombrer 200 à 250 Tétras chaque hiver, dans les années 80, avant la création de la station. Après l'ouverture au ski de fond, raquettes et chiens de traîneaux, la population de galliformes hivernants s'est effondrée, littéralement pulvérisée par les dérangements dus à la pratique du ski de fond et autres sports. Les derniers chiffres connus pour l'hivernage du Grand Tétras à Beille n'atteignent pas 30 oiseaux et aucune remontée de la population ne semble en cours.

Pour en revenir à Mijanès-Donezan, des barrières girondines sont prévues pour la mise en défens de la zone à protéger. Cet équipement linéaire fort coûteux et qui constitue un obstacle malvenu au regard, n'est prévu que pour défendre l’accès aux habitats du coq qui ne seront pas directement détruits par le "défrichement" (67%). Les zones avalancheuses de la traversée du Tarbesou restent accessibles au hors-piste et le plan avalanche est toujours inexistant, puisque jugé inutile !

Ces barrières vont être soumises à rude épreuve; en effet le vent violent, les accumulations  et les coulées de neige qui caractérisent ce secteur font que ces aménagements risquent de se dégrader très rapidement dans le temps.

Or, les élus du canton de Quérigut et de sa communauté de communes ne sont pas plus motivés pour la défense du Grand tétras que les élus du canton des Cabannes  (station de ski de fond du plateau de Beille.) Le remplacement d'une barrière détruite ou dégradée nous semble, dans ce contexte, totalement exclu.

Au niveau économique, ce projet n'est absolument pas crédible.

Pour s'en convaincre, il suffit de se référer à la fiche de synthèse du trésorier payeur général de l'Ariège établie le 17 Janvier 2007. Notamment son chapitre IV : Impact Financier du projet U.T.N.

"Le recours à l'emprunt revient à doubler l'endettement de la régie. La prospective financière repose sur des hypothèses peu réalistes, notamment concernant l'évolution du taux de remplissage des hébergements et du chiffre d'affaire de la station.

Certes le village de vacances offrira 280 lits, mais il est situé en dehors de la station : d'une part, tous les hébergés ne skient pas et d'autre part, ils pourront aller skier sur d'autres stations peu éloignées. Dans le massif, tous les investissements menés l'ont été pour maintenir l'activité; aucun n'a réussi à doubler son chiffre d'affaires. La station ne présente pas un accès facile depuis les grandes métropoles et se trouve en concurrence avec des stations offrant un domaine skiable plus favorable et moins éloigné.

Enfin, les incertitudes relatives à l'enneigement doivent conduire à une attitude prudente sur les perspectives de croissance: les années d'enneigement moyennes ou faibles sont plus fréquentes à Mijanès-Donezan que dans la plupart des autres stations."

Enfin dans sa conclusion (chapitre V), le trésorier payeur général note : "En revanche, au cas où les recettes ne progresseraient pas à hauteur des espérances et notamment si plusieurs exercices sans neige se produisaient, le risque financier peut être décrit ainsi : les nouvelles charges de fonctionnement s'élèvent à 72 000 euros en annuités d'emprunt et à 120 000 euros de charges de fonctionnement courantes. Sur ces années, en prenant en compte comme hypothèse de recettes à hauteur des recettes actuelles d'une bonne année, il est généré un déficit annuel de 270.000 euros. Ces chiffres doivent être rapprochés de la surface financière de la communauté de communes de Mijanès; à titre de comparaison la totalité des recettes fiscales de la communauté se monte à 183 000 euros".

Peut-on être plus clair? Il est évident que le recours systématique au contribuable, notamment ariégeois, s'amplifiera si ce projet est réalisé.

Depuis la rédaction de cette fiche de synthèse, les chiffres pour la dernière saison de ski complète (hiver 2006-2007) de la station de Mijanès-Donezan sont connus et accablants pour la communauté de communes : 12129 euros (douze mille cent vingt neuf euros) de chiffre d'affaire, compensés par une subvention "exceptionnelle" du Conseil général de l'Ariège de 67.122 euros (délibération du 29/06/2007) soit tout de même 5,5 fois le chiffre d'affaire de la Station pour cet hiver là. On frise le grotesque.

Il n'y a donc aucune raison valable pour autoriser des travaux qui mettraient en péril une zone naturelle exceptionnelle.  Aucune utilité publique ne justifie ce projet.

D'autre part, le Comité Ecologique Ariégeois, association agrée dans le cadre du département et Nature Midi-Pyrénées, association agrée au niveau de la région ont attaqué conjointement au Tribunal Administratif de Toulouse le Plan Local d'Urbanisme de la commune de Mijanès-Donezan et l'arrêté d'autorisation de création d'Unité Touristique Nouvelle signé par le Préfet de Région.

Il  nous paraît très important de laisser la justice trancher avant d'entreprendre  un chantier forestier qui aurait des conséquences très graves pour le milieu, la faune et notamment bien sûr pour le grand tétras.

Aussi, Monsieur le Ministre, c'est avec la plus grande fermeté que je vous demande ne pas signer cette autorisation de défrichement, dont vous connaissez désormais les conséquences pour l'environnement.

En tant que contribuable, je suis parfaitement scandalisé qu'une subvention très importante (1.115.000 euros) soit prévue pour ce projet non viable économiquement et très préjudiciable pour le milieu.   

Le Grenelle de l'environnement étant maintenant passé, doit-on tirer comme conclusion, qu'une fois les  discours prononcés, la destruction des milieux sauvages reprend de plus belle?

Veuillez agréer, monsieur le Ministre, mes salutations respectueuses.

Votre signature

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26 septembre 2007

Extension de la station de Mijanès: le Grand Tétras peut enfin respirer

Communiqué du Comité Somport des Hauts Plateaux

M. Augustin Bonrepaux ne pourra pas comme il l’envisageait utiliser la trésorerie générale du département (notre argent) pour régler les déficits successifs du projet d’agrandissement de la station de ski de Mijanès, que par ailleurs personne à part quelques élus en mal de gloriole n’avait demandé.

Il a donc perdu l’occasion de poser sur la photo d’une piste de ski de la vallée de la Maure, enneigée artificiellement.

Soulignons au passage que le projet initial ne prévoyait pas de canon à neige, et qu’il s’était ajouté en cours de route, aggravant sensiblement l’impact sur cette vallée, en  ponctionnant la réserve d’eau sur des zones humides abritant des espèces protégées, sans parler de la facture énergétique à régler.

Il ne pourra pas non plus satisfaire les appétits gargantuesques des marchands de stations de ski, qui se frottaient déjà les mains en calculant les bénéfices escomptés, se tapant la panse de rigolade devant l’ineptie du projet.

Un télécorde pour rejoindre la station par une descente qui… montait, des tonnes d’enrochement, des kilomètres de filets de sécurité, une zone dangereuse impossible à surveiller correctement, un gouffre financier annoncé, des stations de ski autrement équipées à quelques encâblures de là, bref, ce projet de tartufe eût été le sujet de prédilection de nos futures causeries cantonales, médisantes comme il se doit: ça allait jaser dans les chaumières ! Et bien non !

Sur leurs chemins semés de gloire, il était dit que les élus du Donezan et le Président du Département  allaient trouver une embûche de taille, à savoir le Comité Écologique Ariégeois, épaulé par Nature Midi Pyrénées et le Comité Somport des Hauts Plateaux. Qui c’est ceux-là ? Quatre écolos qui n’ont pas encore trouvé l’Espagne, depuis 68 ?

Peut-être, et franchement ils exagèrent. Toujours est-il que les voilà partis dans l’information de la population et des médias, ce que s’étaient bien gardés des faire les porteurs du projet.

Et de communiqués en rassemblement (plus d’une centaine de personnes sur le site le 30 juin dernier), en passant par des dépôts de plainte et des distributions de tracts, ne voila t-y pas que le gouvernement, par l’intermédiaire de la Préfecture annonce son intention d’abandonner le projet, en invoquant le Grenelle de l’Environnement.

Il est vrai que prétendre lutter contre le réchauffement climatique et pour le développement durable  tout en massacrant une vallée entière dans un projet voué à l’échec, ressemblait fort à un grand écart digne des meilleurs acteurs de la commedia dell’arte. D’aucuns diront que nous en avons l’habitude, surtout en Ariège …

La deuxième raison invoquée est la protection du grand tétras, et elle mérite un petit temps d’arrêt. En effet, le grand tétras,  espèce réellement menacée est chassée en Ariège, il pourra ainsi cette année être «prélevé» 39 exemplaires de cette marque de luxe (ah, le coq au vin !).

Si on peut se féliciter de l’abandon du projet d’agrandissement de la station de Mijanès qui allait inéluctablement appauvrir l’espèce en Ariège, on peut se demander ce qu’attend le ministère de l’Environnement pour la déclarer espèce protégée, et interdire définitivement sa chasse.

La défense du coq de bruyère doit devenir dans les mois à venir un axe de revendication pour tous ceux qui en ont marre de voir les espèces disparaître les unes après les autres, d’autant lorsque l’origine de leur disparition est identifiée, et peut être facilement enrayée.

Ce n’est qu’un combat, continuons le début ! Allez, à présent tout est permis, abondance de rêve ne nuit pas. Imaginez l’Ariège à l’initiative de la suppression de la chasse au tétras, et pour fêter ça, tous ses habitants réunis dans une vallée d’Ax, pour une gigantesque photo de famille, vue d’avion, épanouie et souriante, quatre volailles à ses pieds, avec sur le côté un peu plus haut une ourse et son petit, et de l’autre côté un peu plus bas, un troupeau de brebis avec des patous,  tout ça un  peu comme un Lelouch en ralenti, et en arrière-plan le slogan, l’énorme slogan qui décoiffe les bérets inclinés:

«NOS MONTAGNES VALENT MIEUX QUE LEURS PROFITS»

Qu’est-ce que vous en dîtes ? Quelle puissance, quel élan pour le tourisme ariégeois ! Mais qu’est-ce qu’on attend ?

Par email, Comité Somport des Hauts Plateaux

13 septembre 2007

Ouverture de la chasse au grand tétras en Ariège

La chasse au grand tétras est ouverte du 16 au 30 septembre. Par arrêté en date du 12 septembre, le préfet de l'Ariège fixe un prélèvement maximal de coqs de Bruyère sur chacune des 12 unités naturelles du département. Cette nouvelle disposition "permet une gestion plus fine du grand-tétras répondant aux exigences requises par cette espèce fragile."

Grand-Tétras ou grand coq de bruyèreGrand tétras ou coq de bruyère

L’estimation de la population de grand-tétras présente ainsi que les conditions annuelles de reproduction ont été déterminées sur la base des comptages sur le terrain réalisés, pour une grande part, par la fédération départementale des chasseurs, selon un protocole défini sur l'ensemble de la chaîne pyrénéenne.

Ces éléments, validés par l'office national de la chasse et de la faune sauvage, ont permis de retenir un taux de prélèvement de 7,5% de l'effectif de coqs de bruyère, sauf le territoire du Donezan où l'indice annuel de reproduction est en deçà du seuil permettant la pratique de la chasse, ce qui interdit tout prélèvement. Il en est de même dans les terrains domaniaux où aucun prélèvement ne sera autorisé.

Le quota global de 39 coqs de bruyère ainsi défini sur l'ensemble du département correspond à un taux de prélèvement deux fois inférieur au maximum techniquement admis.

Source: DDAF

Le grand-tétras est une espèce fragile protégée : 39 "prélèvements", on pourrait s'en passer, non ?

06 septembre 2007

Philippe Serpault : Quand l’ours devient bouc (émissaire)

par Philippe Serpault, journaliste

La chronique pyrénéenne, et particulièrement ariégeoise, se nourrit d’une recrudescence annoncée d’une population ursine que l’on pensait vouée à la disparition et que l’on préparait déjà à la commémoration nostalgique. Mais voilà qu’après l’acte stupide d’un chasseur béarnais, supprimant d’un coup la dernière représentante femelle des ours bien de chez nous, on nous envoie par retour de manivelle, cinq immigrés slovènes, donc étrangers à nos pures montagnes.

Jusqu’alors, on n’osait pas trop mettre au pilori des ours dits “Pyrénéens”, car ils faisaient partie du patrimoine local. Le glissement sémantique des différents communiqués ne doit pas laisser indifférent. Ce n’est pas un hasard si, pendant la campagne présidentielle, un certain Philippe de Villiers, dont on connait les tendances xénophobes, clamait à qui voulait l’entendre : « Je préfère des bergers catalans aux ours slovènes », notons qu’il n’a pas parlé de bergers, ni d’éleveurs ariégeois, et d’ailleurs, ici, on ne parle plus d’ours, mais de fauve.

Par ailleurs, on murmure que dans la montagne, des reproductions de griffes d’ours circulent, permettant de signer une prédation par celui qui n’en serait pas forcément responsable. Mais on murmure tant de choses en présence d’un animal que l’on ne contrôle pas, et par conséquent, qui inquiète.

En présence de telles rumeurs, nous ne sommes plus très loin du syndrome de la bête du Gévaudan, et si quelque humain solitaire se faisait connaître dans la montagne, il aurait tôt fait de se voir acoquiné avec le prédateur, d’où serait engendré on ne sait quel monstre de légende. Rien de tel que la présence d’un animal insaisissable pour remettre en selle les fantasmes d’un autre âge. « On ne dispose d’aucun témoignage avéré de l’attaque d’un homme par un ours », note un accompagnateur des Hautes-Pyrénées qui souhaite garder l’anonymat. Par ces temps chargés de menaces physiques et d’insultes, on peut le comprendre, mais comment qualifier la partie d’une population qui réduit ses voisins au silence sous diverses pressions ?

Il semblerait que la majorité du monde de l’élevage pyrénéen, du moins ceux qui s’expriment, attribue à l’ours ses déboires. On peut donc penser que la solution raisonnable serait de supprimer le prédateur, afin que les brebis puissent gambader en paix sur les estives ; il est des responsables professionnels, et surtout des élus, qui tendent à agiter cette chimère. Et bien supprimons l’ours, et cela fera peut-être monter le prix de l’agneau néo-zélandais sur le marché mondial ! C’est un peu comme si les viticulteurs du Languedoc tenaient le sanglier pour responsable de la mévente de leur vin. Soyons sérieux, l’ours n’a aucune prise sur un marché aujourd’hui mondialisé où l’on négocie des produits agricoles contre des avions de combat. La réintroduction de cinq ours, qui n’ont rien demandé à personne, dans les Pyrénées n’est certes qu’une opération placebo pour ce qui est de la biodiversité, et ne fera sans doute que repousser l’échéance de sa disparition des Pyrénées françaises. La cause en est la fréquentation anthropique qui dérange l’animal, et celle-ci tend à progresser à la faveur de la prolifération des véhicules tout terrain, souvent payés par les subventions agricoles.

Sans peut-être le vouloir, le gouvernement aura réalisé une formidable opération de diversion. Combien d’élus et de responsables professionnels ont mis l’accent sur le problème structurel de l’élevage ? À aucun moment, on nous propose une remise à plat des conditions à la fois financières et matérielles de l’élevage dans les Pyrénées, sans oublier celle des trop rares bergers qui n’ont quasiment pas d’abri viable à leur disposition. Les rassemblements que nous avons connus au printemps 2006 étaient essentiellement dirigés contre l’ours, oubliant les effets d’une concurrence internationale qui déséquilibre le marché au détriment d’une économie de proximité. Peut-être que les Pyrénées viennent de donner des idées à un gouvernement machiavélique qui serait prêt à lâcher un ours afin de détourner une compréhensible exaspération. Du statut d’animal, l’ours est passé à celui d’instrument, nul doute que s’il avait eu le choix, il serait volontiers resté dans les Alpes slovènes, car contrairement à ce qui se dit dans les états-majors ariégeois, la Slovénie est un pays montagneux culminant à plus de 3500 mètres d’altitude, et doit à son économie touristique d’avoir intégré l’Europe aussi rapidement.

Mais voilà, l’être humain a besoin de symboles, quitte à les brûler ensuite. Que ceux qui crient haro sur l’ours n’oublient pas qu’en d’autres contrées du globe, des espaces gigantesques et une organisation économique différente permettent de produire des agneaux qui arriveront toujours en France à un prix inférieur au marché local. De plus, nos gouvernants préfèreront toujours exporter des avions, fussent-ils de combat, pour importer des produits agricoles, et cela, avec ou sans ours.

Philippe Serpault
Journaliste

Source : Aves.asso.fr

30 août 2007

Laurent Fabius, les ours herbivores et la biologie socialiste

France Inter 30/08/07 – Emission Le sept-neuf du 30 aout 2007
Interview de Laurent Fabius

Après une longue intervention de Laurent Fabius, une question d’un auditeur, un grand moment pour les pages insolites de la Buvette...

Question d’Alain (Reynes) des Pyrénées

« Bonjour M. Fabius, Bonjour France Inter, merci pour vos émissions... Monsieur Fabius, j’ai bien entendu tout à l’heure vos prises de position très fortes et claires sur les questions d’environnement et en particulier dans le domaine de la protection des espèces ; et je vous en remercie pour nous et pour les générations futures.

Je voulais vous poser la question suivante : Dans les Pyrénées, j’observe que ce sont des élus socialistes qui mènent et financent le combat contre la protection d’une espèce symbolique pour la France qu’est l’ours des Pyrénées et je me demandais s’il n’y avait pas là un décalage ou une contradiction entre des prises de position d’élus nationaux, socialistes, comme vous l’êtes et vous n’êtes pas le premier à le faire,  et les actions d’élus, également socialistes, sur le terrain. Alors n’y a-t-il pas encore un travail de réflexion, un travail de cohérence à faire entre les idées et les actions sur le terrain ? Merci.»

Réponse de Laurent Fabius

Attention, Laurent Fabius sort de son hibernation et fait très fort, aussi fort qu'Augustin Bonrepaux (du même parti socialiste) avec la grippe aviaire des ours ! Une entrée fracassante dans le grand bétisier des déclarations d'hommes politiques dans le domaine de l'environnement.

Laurent Fabius : « Ah ben, certainement, mais là vous touchez un sujet sensible et en particulier à l’habitant de l’Ariège que je suis puisque vous savez que, enfin, j’ai une maison dans l’Ariège et c’est un sujet très sensible là bas comme dans les autres départements pyrénéens.

Alors, puisque vous parlez, il faut essayer d’être cohérant entre ce qu’on fait au niveau national et ce qu’on fait au niveau local. En ce qui concerne l’ours, moi j’ai toujours… et j’en ai beaucoup parlé avec mes collègues et amis là bas. J’ai toujours été frappé par le fait que euh, on avait, importé euh des ours euh qui étaient carnivores alors que… il existe des espèces d’ours qui sont herbivores et donc je trouve que là on est dans une absurdité totale !

Bon. Qu’il y aie des ours dans certaines… dans certains sites protégés, très bien, mais à condition qu’ils ne menacent pas l’homme. Bon. Or, ce qui a introduit la confusion absolue, c’est qu’on a été chercher des ours slovènes qui étaient réputés être herbivores et qui finalement ont mangé beaucoup euh de brebis et qui ont menacés, ca je l’ai vu concrètement, et ce n’est pas une invention, des villages avec évidement le, le, la peur que ca engendre.

Donc je crois qu’il faut revenir sur cette question d’aide spécifique en ce qui concerne l’ours herbivore et d’autres part de faire en sorte qu’il y aie une protection absolue de l’activité pastorale et qu’il n’y aie pas de menaces humaines. A partir de quoi, ce qui existe dans d’autres pays, parce que vous savez que cela existe en Espagne, pourra fonctionner en France. Mais là, je crois qu'on a pris le problème par le mauvais bout.…. »

Réaction de la buvette

Crâne dentition ours ursus arctos

Crâne d'Ursus Arctos. Admirez la dentition typique d'un herbivore. Archives biologiques du PS. On n'est pas trop sûr vu le bordel qui y règne.

Aussi fort que la grippe aviaire des ours d’Augustin Bonrepaux ! Les hommes politiques socialistes ont-ils des conseillers ? des dossiers ? la télévision ? des livres ? des encyclopédies ? Internet ?

Laurent Fabius a raté une belle occasion de se taire. Le parti socialiste possède en son sein un deuxième grand biologiste qui vient de découvrir une nouvelle espèce d'ours, transgénique sans doute, un effet secondaire du nuage de Tchernobyl ? Laurent Fabius semble issu de la même faculté de Biologie qu' Augustin Bonrepaux ? Qu'on me donne l'adresse, qu'on prèvienne Sciences.

Laurent Fabius assure "vouloir élever le débat au PS" et est candidat à la présidence du parti. Voilà qui ne manque pas de mordant. Qui va encore vouloir confier l'alternance éventuelle ou l'avenir de la biodiversité à un tel spécialiste, à partir d'aujourd'hui mondialement reconnu ? Est-il impossible pour Laurent Fabius de dire "Excusez-moi, c'est un sujet où je suis ignorant ?" ou "Je vous répête ce que m'a dit Augustin, seigneur de l'Ariège."

A trop fréquenter notre Augustin national, on fini par croire tout ce qu'il raconte. Il n'existe qu'un seul ours herbivore : Le panda ! Les autres sont des omnivores opportunistes. Et les troupeaux non gardés de l'Ariège sont pour les ours omnivores, une belle opportunité. Pas con l'ours slovène, lui. En fait la solution est, dans les Pyrénées comme dans les Alpes : protéger les troupeaux. L'Office Universitaire de Recherche Socialiste s'appelle... celà ne s'invente pas : OURS (www.lours.org). Laurent Fabius devrait y aller pour une remise à niveau.

Le régime alimentaire d'Ursus Arctos

L’Ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore. Il a rarement l’occasion de consommer des protéines d’origine animale que lui procurent les carcasses d’ongulés domestiques (ovins, caprins) ou sauvages (Sanglier, Chevreuil, Capreolus capreolus, Cerf élaphe, Cervus elaphus...). En pratique, il satisfait sa ration protéique printanière par la consommation de végétaux herbacés ; les racines lui procurent les nécessaires oligo-éléments.

Dès le début de l’été il s’intéresse aux fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), pour ensuite se reporter sur les fruits secs (glands, faines, châtaignes, etc.), en début d’automne dès leur apparition.

La prédation n’est pas un recours systématique, elle se manifeste à l’occasion de la présence des troupeaux d’ovins et caprins domestiques sur les estives. Entre 1968 et 1991, le nombre annuel moyen d’ovins tués par ours est estimé entre 3,4 et 5,1 (fiables et douteux). Dans le cas de conditions particulières (ovins non gardés par exemple, « ours à problèmes »), ce nombre peut s’accroître considérablement, comme dans les Pyrénées centrales. Parfois certains sujets, immatures surtout, peuvent développer un comportement excessivement prédateur, voire perdre toute peur de l’homme (1969, 1991-1992 et 1998-1999), on les qualifie d’« ours à problèmes ».

Sa légendaire gourmandise pour le miel, ou plutôt le couvain, se vérifie quelque peu chez les ours réintroduits dans les Pyrénées centrales.

Source : Ministère de l'Ecologie

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17 août 2007

OGM : les anti et les pro défilent dans un calme crispé

Ariège . Partisans et opposants aux cultures transgéniques ont manifesté, samedi à Saverdun. Un symbole de la tension que suscite le sujet dans la région.

En chiens de faïence, chacun de son côté de la ville. Sans heurts ni échanges, les militants pro-OGM ont défilé, dans un calme crispé, en même temps que les militants anti-OGM, samedi à Saverdun, en Ariège. Les premiers côté mairie, les seconds côté champ de Mars, séparés de 500 mètres par une haie de barrières métalliques, sous l’oeil attentif des gendarmes.

Deux groupes, constitués pareillement d’agriculteurs, d’élus et de citoyens lambda, les uns pour protester contre les fauchages des champs de maïs transgénique, les autres pour en dénoncer la multiplication et exiger un moratoire. Deux défilés concomitants, symptomatiques de la tension croissante que suscite le sujet dans une région où les plantations d’organismes transgéniques se développent en dehors de toute clarté.

Avec ses 736 hectares de parcelles transgéniques - 12 % du maïs OGM planté cette année en France -, l’Ariège se place en 3e position des départements les plus plantés en OGM. Le canton de Saverdun en cumule à lui seul 633 hectares. « Le gouvernement s’était engagé à assurer la transparence. Mais nous ne savons pas quelles parcelles sont concernées », explique François Calvet. Éleveur bio, membre de la Confédération paysanne, il nourrit ses bêtes au maïs et s’inquiète : « Personne n’est en mesure de contrôler la dissémination des OGM… Ils peuvent se transmettre via le pollen, mais aussi du matériel emprunté à un voisin… »

En Espagne, certains secteurs ont ainsi vu grimper leur taux de parcelle OGM à 50 %, rappelle-t-il. « Et deux agriculteurs bio ont été déclassés malgré eux. On en vient au principe du non-pollueur payeur : aujourd’hui, c’est aux filières non-OGM d’assumer l’effort de se protéger. »

Emmenés par la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), les pro-OGM se disent « agacés » par les destructions de certaines parcelles. « Les agriculteurs demandent le respect de leur profession, de leur travail, de leurs cultures », a ainsi déclaré François Toulis, président de la FDSEA et de la chambre d’agriculture de l’Ariège, au cours de la manifestation. « C’est la fin de la soumission à quelques individus qui mènent des exactions », affirmait pareillement Louis Marette, maire de la commune voisine de Mazères. Il faut dire que l’ambiance était singulièrement tendue de ce côté-là de la ville. Les obsèques de l’éleveur du Lot, qui avait semé du maïs transgénique et s’était suicidé le 5 août, la veille d’une manifestation près de son exploitation, ne dataient que de deux jours.

Afin d’éviter les heurts, la municipalité de Saverdun a même failli interdire le rassemblement des anti-OGM. « Nous avons finalement accepté de déplacer le lieu de notre manifestation », explique François Calvet. Et l’éleveur de rappeler que « la confédération paysanne de l’Ariège s’est engagée à ne détruire aucune parcelle d’ici la fin de l’été. De leur côté, beaucoup de ceux qui défendent aujourd’hui la culture transgénique ont signé, en 2003 et 2006, les appels pour une Ariège sans OGM »…

Marie-Noëlle Bertrand

Une fois de plus, l'agriculteur s'éloigne du citoyen et de ses préoccupations. La FDSEA déclare « Les agriculteurs demandent le respect de leur profession, de leur travail, de leurs cultures ». Le même repli sur soi et sur ses intérêts propres, sans se soucier le moins du monde de l’intérêt commun ou des risques de dissémination des OGM. « C’est la fin de la soumission à quelques individus qui mènent des exactions ».

Les ressemblances de comportement entre les agriculteurs « pro OGM » et les ultra-pastoraux de l’élevage pyrénéen sont frappantes, sauf que dans les Pyrénées, ce sont eux qui commettent les exactions. L’agriculture subventionnée qui consomme un budget colossal (180 € de subside par français et par an) irrite de plus en plus les français qui n’acceptent pas qu’en contre partie, celle-ci refuse d’améliorer ses pratiques, de respecter plus la terre et les demandes de plus en plus exigeantes des français au niveau du respect de la nature et de la … terre, l’outil de travail des uns mais le milieu de vie de tous

12 août 2007

La chasse en Ariège, un loisir ancestral

"Arrière News", ce sympathique site d'information ariégeois publie le 5 juin un article intitulé "Les chasseurs à l’honneur en Pays d’Olmes". Petit retour en arrière sur un communiqué "très très chasse" passé un peu inaperçu au milieu de la fièvre causée par les colères des éleveurs à propos de l'ourse Franska. Extraits :

Le département de l’Ariège compt