ARCANGELI François

14 octobre 2008

François Arcangeli répond à Jean Bonnard

François Arcangeli
Maire d’Arbas (31)
Président de l’association pour le développement durable des Pyrénées “Pays de l’Ours - Adet”

Monsieur,

Je ne souhaite pas entrer dans cette nouvelle polémique que vous semblez vouloir initier, mais il me semble utile toutefois de vous apporter quelques éléments d’information qui semblent échapper à votre analyse.

Vous qualifiez d’intégristes ceux qui ne partagent pas votre opinion, mais vous vous faites simultanément le porte-voix de l’association Aspap, dont les excès et les actes extrêmes ont conduit dix de ses membres à être tous lourdement condamnés, notamment à de la prison avec sursis. Le ton excessif de vos propos vous donne d’ailleurs assez peu de crédit pour juger les excès de vos contradicteurs.

Vous opposez les citadins et les montagnards sur la question de l’ours, et affirmez que ces derniers «n’en veulent pas». C’est une absurdité ! Toutes les études d’opinion ont montré un fort attachement des pyrénéens à la cause de l’ours. Pour exemple, le sondage réalisé par l’IFOP en 2005 montrait que 71% des montagnards pyrénéens était favorable à l’ours.

Vous opposez aussi les uns et les autres d’un point de vue économique. Ainsi donc pour vous, protéger l’environnement est contraire au développement et à la valorisation d’un territoire.  Vous êtes entrés dans le 21° siècle avec les idées du 19° !

Le développement durable, au lieu d’opposer les gens comme vous le faites, cherche à concilier des intérêts parfois divergents, qu’ils relèvent du social, de l’économique et de l’environnemental.

Allez donc demander aux habitants de Somiédo, dans les Asturies en Espagne, si la politique environnementale a été contraire au développement économique de ce territoire ! Discutez avec ceux du Trentin dans le Nord de l’Italie ! Venez donc dans les Pyrénées rencontrer les professionnels, du tourisme notamment, qui développent leur activité en valorisant la qualité de cet environnement symbolisé par la présence de l’ours. Plus d’une centaine d’emplois ont été créés ces dernières années du fait du retour de l’ours. Ont-ils moins de valeur que d’autres ?

Il y a ici, dans notre montagne pyrénéenne, comme partout en France, une forte majorité de la population qui est attachée à la présence de ces ours, élément majeur de notre patrimoine naturel et culturel.

Maire d’une commune de montagne, je mesure combien votre argumentation est erronée et passéiste. Quand arrêterez-vous arrêter de monter les gens les uns contre les autres ?

François Arcangeli
Maire d’Arbas (31)
Président de l’association pour le développement durable des Pyrénées “Pays de l’Ours - Adet”

05 février 2008

François Arcangeli : à Arbas, nous voulons un écomusée pour mieux faire connaître l’ours

Interview de François Arcangeli
Maire d’Arbas, président de l’association Pays de l’Ours-Adet

« La maison du pays de l’ours » de Fos a fermé ses portes en décembre dernier. Mais votre commune s’est portée candidate pour accueillir un nouveau lieu. Où en est ce projet?
Il faut préciser que notre projet se veut très différent de la Maison qui se trouvait à Fos. Nous sommes plutôt sur l’idée d’une structure muséographique abordant les questions de l’ours et des activités humaines.

Nous avons d’ailleurs étudié et observé d’autres réalisations similaires, dans les pays voisins, qui nous donnent des idées. A l’heure actuelle, nous en sommes à la phase d’étude de faisabilité du projet. Nous avons prévu de la boucler durant le premier semestre 2008. Les études de réalisation viendront par la suite.

Quel serait l’objectif d’un tel écomusée?
Nous le savons, l’ours constitue une question complexe. Mais nous pensons qu’il faut le décharger de problèmes qui ne sont pas les siens. Certes, sa présence interfère avec d’autres activités, mais elle révèle surtout bon nombre de dysfonctionnements. L’ours n’est tout de même pas responsable de tous les problèmes du pastoralisme ! Notre objectif est donc de répondre aux multiples questions et de recadrer certaines choses. Il faut expliquer qui est l’ours, comment il vit et comment il cohabite avec l’homme. Et nous avons l’ambition d’ouvrir ce lieu aux touristes bien évidemment, mais aussi aux populations locales, aux scolaires ou encore aux associations.

A votre avis, l’ours peut-il devenir un produit d’appel touristique ?
Oui, si on considère qu’il intéresse un très grand nombre de personnes. De nombreuses études viennent le confirmer. Nous avons l’exemple de ce qui se fait en Espagne ou en Italie, où l’ours a contribué à améliorer l’attractivité de ces territoires. Sa présence peut permettre de mieux faire connaître un pays. Hélas, dans les Pyrénées, nous connaissons les inerties qui freinent le processus.

Avez-vous bon espoir de voir la situation évoluer ?
Oui, car je reste convaincu que l’ours est une grande opportunité pour notre région, mais la vraie question, c’est le temps. Combien de temps nous faudra-t-il pour aller au-delà de la polémique ? Je pense que sur les dix dernières années, les uns et les autres ont toutefois acté une notion fondamentale : l’ours fait partie du patrimoine pyrénéen.

Source : Empreinte Ours n°4. Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

20 décembre 2007

Vivre avec l'ours

Pyrénées magazine et le Museum d'histoire naturelle de Toulouse vous invitent. Nature & Découvertes et Terre sauvage présentent dans le cadre des présentations et conférences "Grands témoins de la nature, pour mieux comprendre la nature, des rencontres publiques avec des personnalités et des scientifiques"

Vivre avec l'ours 

  • Avec François Arcangeli, maire d'Arbas et président de l’association Pays de l'ours-ADET
  • Gines Rayé, universitaire, président de la FRAPNA Savoie, spécialiste des grands prédateurs
  • Samuel Baunée, journaliste et éleveur en Ariège
  • Michel Tonelli, réalisateur
  • Farid Benhammou, géographe, doctorant en sciences de l’environnement, ENGREF,
    Ecole nationale du génie rural, des eaux et des forêts

Organisé en partenariat avec Pyrénées Magazine et le muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
Samedi 23 février 2008, de 14h30 à 17h, au muséum d'histoire naturelle de Toulouse
35, allées Jules-Guesde à 31000 Toulouse.

"Vivre avec les ours" est un film écrit et réalisé par Michel Tonelli.

Vivre avec l'ours de Michel Tonelli Texte de présentation de la jaquette du DVD "Vivre avec l'ours".
Il était une fois, un autre monde, une autre vie, dans la douceur automnale d’une forêt pyrénéenne. Il était une nature sauvage où vivaient paisibles, une ourse et son ourson. Mais les hommes arrivèrent, et avec eux : leur chiens, leurs fusils et la mort…

En moins de dix années, deux ourses accompagnées de leurs oursons furent tuées lors d’une battue aux sangliers dans les Pyrénées, où vivent les derniers ours français. Et les hommes de ces montagnes, qui jadis se servaient d’eux pour survivre, semblent désormais ne plus pouvoir accepter leur présence, alors, qu’en Europe occidentale, plusieurs pays ont relevé les défis de la protection et de la conservation de l’ours.

Néfaste pour les uns, l’ours est l’espoir des autres.

Ce film est un étonnant voyage dans l’Europe des ours et nous mène des vallées pyrénéennes aux forêts de Slovénie, des sierras espagnoles des Asturies aux montagnes autrichiennes, en passant par les cimes du Trentin Italien. À partir de l’exception française, écoutez ces peuples nous parler des ours, de leurs combats pour les sauver, de leur volonté à les réintroduire pour ne pas perdre cet héritage naturel unique.

Au-delà du témoignage de ces « gens de l’ours » à travers le vieux continent, ce film est aussi une initiation aux secrets de la biologie de cet animal si méconnu. Avec des images exceptionnelles et rares, il nous fait pénétrer dans l’intimité de la vie des ours : de la naissance des oursons dans la chaleur douillette de la tanière, aux différents comportements des ours en totale liberté dans la nature.

Une coproduction Blizzard Productions, France 3 Sud, France 3 Aquitaine avec la participation de France 5 et Planète avec le soutien du Ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement Durables du Centre National de la Cinématographie de la Région Midi-Pyrénées.

Durée 52 min. Ce DVD est en vente sur les sites de FERUS et du Paysdelours et dans les magasins Nature & Découverte. Un double DVD reprend les 2 films "Vivre avec l'Ours " et "L'ours, histoire d'un retour."

Le film événement

Pyrénées magazine Janvier-février 2008
Avec le très beau film Vivre avec les ours, le réalisateur Michel Tonelli explore les rapports complexes entre L'homme et le plantigrade dans les Pyrénées mais aussi à travers L'Europe. À découvrir et à méditer.

«Le temps fort d'un tournage, c'est le moment où je suis seul, dans la forêt, face à un ours. C'est égoïste, car un film se fait en équipe, mais c'est dans ces instants que l'on peut véritablement comprendre le comportement de l'animal.» Michel Tonelli a vu son premier ours en 1973 dans les Pyrénées, tout près de l'étang d'Ayès (09). Il n'était pas encore question de réintroductions. Commingeois de cœur, Michel Tonelli n'a jamais vécu loin des Pyrénées.

Architecte passionné par l'observation de la nature, l'homme s'est rapidement dirigé vers le documentaire. Des charges d'éléphants en Afrique aux conflits rwandais, du chant du tétras aux cimes des Pyrénées, il a parcouru le monde caméra au poing pour la télévision. En 1996, les premières réintroductions d'ours slovènes dans le massif sont l'occasion d'un documentaire très remarqué, L'ours: histoire d'un retour, qui scelle une passion pour le plantigrade née vingt ans plus tôt. Vivre avec les ours, le second volet de l'histoire, semblait donc une évidence.

Ce cinquante-deux minutes, réalisé avec le soutien du ministère du Développement durable, de la Région Midi-Pyrénées et du Centre national de la cinématographie, a nécessité pas moins de seize mois de tournage entre Pyrénées, Slovénie, monts Cantabriques, Autriche et Trentin, les territoires où vivent les derniers ours bruns d'Europe. «J'ai eu la chance d'être en rapport direct avec les professionnels qui gèrent l'ours dans leur pays, et notamment avec les Slovènes. Ce sont des gens extraordinaires qui ont une réelle connaissance de l'espèce

Le résultat de ces rencontres est une mise en perspective de la question de l'ours dans les Pyrénées au regard des expériences de nos voisins européens. Le film débute par une reconstitution, celle de la mort d'une ourse tuée par des chasseurs pyrénéens. Puis, ce sont les images violentes du saccage d'Arbas en avril 2006. Alors que les Pyrénéens semblent ne plus accepter la présence de l'ours, nos voisins européens ont, quant à eux, pris à bras-le-corps sa préservation.

Bien plus qu'un inventaire de témoignages parfois cocasses, comme celui de cette agricultrice autrichienne venue en vacances dans notre massif et surprise par la peur qu'inspire le plantigrade dans les Pyrénées, ce voyage à travers l'Europe des ours est aussi un moyen de mieux comprendre la biologie de l'animal et donc son comportement. Des images magnifiques et rares, comme celles fournies par une caméra infrarouge filmant la naissance de trois oursons dans la tanière d'une ourse slovène, mais aussi le quotidien d'ours en liberté. Reflet de la difficulté de faire cohabiter l'homme et le sauvage, ce film, volontairement engagé, témoigne que d'autres sentiments que la terreur et la colère sont possibles et existent.

La peur de l'ours, Michel Tonelli ne l'a jamais éprouvée. "Pour le tournage du premier film, j'ai passé quinze jours seul dans la forêt avec une ourse et ses trois petits. Je suis resté trois jours sur un mirador, puis je suis descendu en parlant à l'ourse pour lui signaler ma présence. Je lui ai parlé tous les jours, cela peut sembler idiot mais elle m'a accepté, sans aucune crainte, ni de mon côté ni du sien." Aujourd'hui, de sa maison d'Aventignan, d'où il voit chaque jour les forêts pyrénéennes habitées par le plantigrade, Michel Tonelli, à travers son film, parle aux hommes pour leur dire qui est l'ours.

Vivre avec l'ours est la suite du film  "L'ours, histoire d'un retour" de Michel Tonelli.

L'ours, histoire d'un retour

Après l'avoir chassé et quasi exterminé, la population pyrénéenne tente, depuis 1996, de réintroduire l'ours brun dans son habitat naturel. Récit d'une expérience qui a déchaîné les passions, et fait couler beaucoup d'encre.

Les Pyrénées. Une magnifique chaîne de montagnes dressée entre la France et l'Espagne. c'est ici, au c¿ur des forêts de feuillus et de conifères, que vit depuis la nuit des temps l'ours brun. La cohabitation de cet animal singulier et solitaire avec l'homme a failli conduire à l'extinction de l'espèce. Victime d'une traque sans merci, l'ours a en effet disparu du paysage pyrénéen au fil du temps sans que personne ne s'en aperçoive.

Les chiffres sont pourtant éloquents : 200 animaux en 1930, 70 en 1954, 36 en 1970, à peine une quinzaine en 1980. l'ours est en passe de devenir un vieux souvenir, lorsqu'en 1982 François Mitterrand lance un vibrant appel pour sauver l'espèce. Seule solution : renforcer la population relique par la réintroduction d'animaux venus d'ailleurs. c'est ce que va faire l'Association pour le développement économique et touristique (ADET) créée sous l'impulsion du maire de Melles, l'une des quatre communes associées au projet.

Ennemis d'hier, chasseurs et écologistes travaillent de concert pour accueillir au mieux deux femelles et un mâle, soigneusement choisis en Slovénie. Car pour que les ours s'adaptent à leur nouvel environnement, encore faut-il que celui-ci leur convienne et que les animaux soient génétiquement proches de leurs congénères pyrénéens et en bonne santé.

Lâchés courant 1996, Jiva, Melba et Pyros ont vite trouvé leurs repères. Le printemps suivant, les deux femelles sortent d'ailleurs d'hibernation accompagnées de petits oursons, pour le plus grand bonheur des biologistes.

Mais la présence des ours va perturber l'existence des bergers qui ne tardent pas à manifester leur mécontentement. Il faudra encore des années à l'homme pour réapprendre à partager la montagne avec ces animaux sauvages et libres

27 novembre 2007

Les éleveurs casseurs d'Arbas condamnés

Les dix éleveurs et membres des associations opposées à la survie de l'ours dans les Pyrénées qui avaient violement manifestés à Arbas le 1er avril 2006 ont été condamnés à 6.796 € pour dégradation de biens publics.

Les éleveurs anti ours condamnés pour dégradation de biens publics à Arbas Dix éleveurs ont été condamnés lundi 26 novembre par la cour d'appel de Toulouse à payer 6.796 euros en réparations des dégradations commises dans la commune d'Arbas (Haute-Garonne), le 1er avril 2006, lors d'une violente manifestation contre le lâcher dans les Pyrénées d'ours slovènes. Les éleveurs condamnés devront également payer 2.000 euros de frais de justice.

Les dix prévenus avaient été condamnés en première instance, en septembre 2006, à verser solidairement 4.300 euros de dommages et intérêts à la commune d'Arbas, dont le maire est François Arcangeli, président de l'ADET, l'association qui a favorisé la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées centrales. Les éleveurs avaient à l'époque déclaré que les associations paieraient les frais et amendes. L'ASPAP est majoritairement financée par un "don" de 20000 € d'Augustin Bonrepaux, président du conseil général de l'Ariège.

Philippe Lacube, porte parole des antis ours de l'ASPAP est satisfait "Pour nous, la somme d'environ 6.700 euros reste importante, mais nous avons la satisfaction de savoir qu'elle ne représente que 10 à 11% des demandes du maire d'Arbas". Philippe Lacube a ajouté que les éleveurs n'engageraient pas de pourvoi en cassation. Il a aussi critiqué l'attitude du maire d'Arbas qui les poursuit en justice et "se répand néanmoins dans la presse pour enterrer la hache de guerre". François Arcangeli réclamait comme en première instance 17.844 euros au titre de réparations des dégradations et 20.000 euros pour le préjudice lié à l'image du village. Pour lui, "c'est un jugement mesuré même si pour eux c'est une somme pas négligeable". "Le premier jugement était très en deçà d'un équilibre et là, on s'y est approché".

Il est surprenant de voir que Monsieur Lacube oublie que le maire d'Arbas a aussi pour mission de représenter les habitants de sa commune qui ont été choqués par les violences et les dégâts causés par l'ASPAP et ses militants. N'ont-ils pas le droit de remettre en état le mobilier urbain détruit, de nettoyer la façade et l'intérieur de la mairie ? François Arcangeli, maire d'Arbas a estimé le montant des dégradations (façade souillée, jardinières piétinées, etc.) à 10% du budget de la commune. Les arbasiens ont donc dû y aller de leur poche, mais justice est rendue.

Tintin en Espagne

La Direction régionale de l’environnement MIDI-PYRENEES (Service sites, paysages et nature) à organisé, dans le cadre de l'évaluation à mi-parcours du "Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009", une "Mission d’inspection générale de l’Environnement" et plus précisément, du 26 au 29 novembre 2007, un voyage d'étude avec une délégation française dans les Asturies, en Espagne.

Ce voyage n'a pas été simple à organiser, les opposants à l'ours ayant dès le départ annoncé que leur participation ne pouvait être interprétée comme "la remise d'un chèque en blanc". Mais pour une fois, à la place du boycott, il sont du voyage, remontés pour critiquer la cohabitation avec l'ours en Espagne.

Composition de la délégation qui est partie en Espagne

  1. Madame Marie-Lise BROUEILH, présidente de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen – Hautes Pyrénées
  2. Madame Sylvie SALAÜN, présidente de l’Association pour la Cohabitation Pastorale
  3. Monsieur François ARCANGELI, maire d’Arbas et président de l’association Pays de l’Ours
  4. Madame Magali BONIFACE, représentante de l’Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénées
  5. Monsieur Augustin BONREPAUX, président du Conseil Général de l’Ariège
    Monsieur Sébastien PAULY, représentant de la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Ariège
  6. Monsieur Jean-Jacques CAMARRA, Équipe Technique Ours – Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
  7. Monsieur Claude CARRIERE, Co-Président de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées
  8. Monsieur Rolland CASTELLS, maire de Bagnères de Bigorre et conseiller général des Hautes-Pyrénées,
  9. Monsieur Fernand ESTEREZ, secrétaire général de la Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques
  10. Monsieur Thierry GALIBERT,  Adjoint au directeur régional de l’environnement de Midi-Pyrénées
  11. Monsieur  Denis LAURENS, inspecteur général de l’environnement
  12. Monsieur Marcel MINVIELLE, maire d’Etsaut
  13. Monsieur Jérôme OUILHON, directeur du Fonds d’Intervention Eco Pastoral – Groupe Ours Pyrénées
  14. Monsieur Georges RIBIERE, inspecteur général de l’environnement
  15. Monsieur Jean-Luc TRONCO, Sous-Préfet d’Oloron Sainte-Marie

Les antis ont fait pression sur les organisateurs du voyage

Fidèles à leurs habitudes, les associations pastorales opposées à la survie des ours dans les Pyrénées ont "négocié pied à pied" le nombre de leurs représentants jugé "déséquilibré" et ont modifié le programme afin d'avoir la possibilité de rencontrer sur place "des interlocuteurs locaux alternatifs de ceux imposés par le programme."

Programme du voyage dans les Asturies

Lundi 26 novembre 2007

  • Trajet TOULOUSE - MONTREJEAU - TARBES - PAU – PROAZA
  • Déjeuner durant le trajet
  • Hébergement à PROAZA

Mardi 27 novembre 2007

  • 9 h 00 - 12 h 00 : Présentation de la province des Asturies : population, activités économiques. Présentation du plan de restauration : législation sur la faune, répartition des ours, les dommages, la chasse et le tourisme par rapport à l'ours. Discussion.
  • 12 h 00 : Rencontre avec le conseiller à l’Environnement et au Développement Rural, responsable de l'Environnement dans la Communauté Autonome de la Principauté des Asturies. Conférence de presse
  • 12 h 30 - 13 h 00 : Visite du parc des ours.
  • 14 h 00 – 15 h 30 : Déjeuner à PROAZA - Restaurant "le Castañeo du Sabil" Villanueva (Saint Adriano)
  • 15 h 30 - 16 h 00 : Visite de la maison de l'ours à PROAZA et présentation des travaux de la Fondation Ours d'Asturies en matière d’éducation à l’environnement.
  • 16 h 00 : Transfert à POLA DE SOMIEDO.
  • 17 H 15 – 18 h 00 : Présentation du suivi des ours : Province des Asturies, FOP et FAPAS.
  • 18 h 00 – 20 h 30 : Réunion avec les chasseurs, la FOP et la FAPAS
  • 20 h 30 :Dîner à POLA DE SOMIEDO – Restaurant Parrilla-Sidrería "Carión".
    Hébergement à POLA DE SOMIEDO

Mercredi 28 novembre 2007

  • 9 h 30 – 10 h 00 : Visite du centre d'information du parc naturel de POLA DE SOMIEDO.
  • 10 h 00 – 12 h 00 : Réunion avec des représentants d'entreprises du secteur du tourisme de SOMIEDO et de PROAZA
  • 12 h 00 : Transfert à VILLAR DE VILLAS.
  • 13 h 00 – 14 h 00 : Rencontre avec des éleveurs.
  • 14 h 00 – 16 h 00 : Déjeuner à VILLAR DE VILLAS - Restaurant "la Pornacal".
  • 17 h 00 – 20 h 00 : Rencontre avec les maires de SOMIEDO, de PROAZA et d'autres villes et villages, des députés, des représentants du Gouvernement de la Principauté des Asturies.
  • 20 h 00 : Dîner à POLA DE SOMIEDO - Hostal-Restaurante "le Parador". Hébergement à POLA DE SOMIEDO.

Jeudi 29 novembre 2007

  • Trajet POLA DE SOMIEDO - PAU - TARBES - MONTREJEAU – TOULOUSE
    Déjeuner durant le trajet

Voilà du temps passé ensemble et des déjeuners qui pourraient permettre aux avis opposés de se rapprocher. On peut rêver.

Un retour très "Communication" pour les éleveurs

L'ADDIP de Philippe Lacube a ainsi déjà appelé les opposants à venir "nombreux" pour assister à la conférence de presse simultanée qui sera organisée àu retour, invitant "la presse, les adhérents des associations, les éleveurs et usagers de la montagne, les acteurs des territoires, les élus locaux, départementaux, régionaux, nationaux et européens, les élus des Chambres d'agriculture, les syndicats professionnels, les associations et professionnels de loisirs en montagne, les gestionnaires d'estives, l'Association Nationale des Elus de la Montagne". Tout le banc et l'arrière banc des anti-ours sont donc convoqués le mardi 4 décembre 2007 à 11h simultanément à la chambre d'Agriculture à Foix et à Tarbes. "Une synthèse de nos connaissances et de nos interrogations sur la présence ursine dans les Asturies, ainsi qu'une présentation de notre vision globale du développement durable pour les Pyrénées vous seront adressés avant la conférence de presse."

15 octobre 2007

Procès des casseurs de l'ASPAP, on reporte

Le procès au civil de dix opposants à l'ours reporté au 22 octobre à Toulouse.
Chronique d'octobre (4)

La cour d'appel de Toulouse a reporté au 22 octobre le procès au civil de dix opposants à l'ours, condamnés en 2006 à verser 5.000 euros de dommages et intérêts à la commune d'Arbas (Haute-Garonne) pour des dégradations lors d'une manifestation contre le lâcher d'ours slovènes dans les Pyrénées. François Arcangeli, maire d'Arbas avait fait appel des dispositions civiles du jugement de septembre 2006. Il réclame 35.000 euros de dommages et intérêts considérant que l'indemnisation proposée était très éloignée du montant des réparations effectuées dans cette commune et qui s'élèvent 17.000 euros. Le 1er avril 2006 , 200 à 300 personnes avaient souillé la façade de la mairie de ce village de la Haute-Garonne par des jets de sang et brulé la statue d'un ours en bois,une oeuvre d'un artiste disparu depuis.

Les dix opposants à l'ours avaient demandé jeudi le report de l'audience civile, leurs avocats étant "dans l'impossibilité d'organiser leur défense avant l'audience" faute d'avoir reçu les éléments du pourvoi du maire d'Arbas. Agés de 19 à 53 ans, ces neuf hommes et une femme avaient également été condamnés en septembre 2006 à des peines allant d'un à quatre mois de prison avec sursis. M. Arcangeli n'avait pas fait appel des condamnations pénales.

"Grande solidarité" des ultras, pastoraux ou Nemrods

Le parti des chasseurs (CPNT Chasse Pêche Nature et Traaaditions) soutient les casseurs d'Arbas.

"Au nom de la défense du pastoralisme et de la revendication d'une vraie politique de développement de la montagne par opposition à l'écologie paillettes et gadget symbolisée par les lâchers d'ours, CPNT son soutien et annonce sa participation à la Manifestation de soutien aux éleveurs et bergers s'opposant aux réintroductions d'ours dont un certain nombre passent en jugement pour leur action "anti lâchers d'ours" le lundi 22 octobre 2007, à 14 heures.

Rien de bien neuf sous le soleil : conservatisme et privilèges, irresponsabilités et traditions, violences et impunités, les hommes d'abord. "Petits esprits, petit pays" a dit le jour un de mes ex roi. Personne n'est content et la terre fout le camp.

Notre gazette pastorale lourdaise préfèrée a oublié une petite chose qu'elle n'a pas trop envie de communiquer : le 22 octobre, c’est aussi le jour où l’avocat des opposants à l’ours (Maître Stéphane Fabbri) passe lui aussi devant la cour d’appel pour ses hauts-faits de braconnage. Il a déjà été condamné au pénal (prison avec sursis et forte amende, retrait du permis de chasse). Ce sont les associations qui le poursuivent en appel au civil car elles n’ont pas obtenu grand-chose en dommages et intérêts. Son ami Bonrepaux va le défendre, soyez en sur; entre collègues...

14 septembre 2007

Bruno Besche-Commenge et Français Arcangeli sont dans la montagne

Interview de François Arcangeli

Alors que Franska, l’ourse slovène introduite dans les Pyrénées l’an dernier, est sur le point d’être capturée pour être déplacée plus en altitude, la polémique continue dans les Hautes-Pyrénées sur la cohabitation entre l’ours et l’homme. Président de l’association du Pays de l’Ours-Adet, François Arcangeli fait le point sur la situation actuelle.

TV Agri : Pensez-vous que la capture de Franska, pour l’amener plus en altitude, soit utile ?
François Arcangeli : Le déplacement de l’ourse, sur pression des éleveurs, ne règle en rien le problème. Les ours (comme Papillon, Méré…) évoluent dans le massif et c’est toujours dans les Hautes-Pyrénées que des incidents sont relevés et que des brebis sont attaquées. Le problème est propre à ce département. C’est le pastoralisme tel qu’il est pratiqué actuellement qui est inadapté à la montagne. L’ours est un bouc émissaire. Il n’est la cause que de 1% de la mortalité des brebis.

TV Agri : Existent-ils des mesures de protection des troupeaux ? Sont-elles efficaces ?
François Arcangeli : On devrait profiter de l’acalmie qui va suivre le déplacement de Franska pour mettre en place des mesures. Lors d’un colloque européen sur les prédateurs qui a eu lieu en Italie, les représentants des autres pays présents ont expliqué leurs mesures de protection : présence de bergers, de chiens, ou clôtures. Avec des chiens de protection, les pertes sur les troupeaux diminuent de 92% ! Ils ne protègent donc pas uniquement des ours. De plus, les mesures de protection sont financées par les fonds ours. Les éleveurs français ne l’acceptent pas car ce serait accepté l’ours.

Source : Terre-net

Bruno Besche-Commenge furieux de cette interview coule une bielle

"Je suis étonné qu'un site agricole professionnel publie à sens unique les propos de M. Arcangeli sous le titre "l'ours est un bouc émissaire", sans au moins analyser la validité de son discours ... où presque tout est faux. Trop long, ici, de reprendre en détail mais à votre disposition si vous le souhaitez, et ça me paraît quand même un peu nécessaire vu l'aspect mensonger des propos : simple exemple: pas un seul mais les 3 départements des Pyrénées-centrales sont concernés aujourd'hui par les prédations.

Un point important de l'ignorance, volontaire, d'Arcangeli concerne les mesures de protection. Ce sont les mêmes que contre les loups dans les Alpes. Or le CERPAM (structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA) a publié les actes d'un colloque à ce sujet qu'Arcangeli ne peut pas ignorer (ces actes sont référencés sur les sites pro-ours et loups). Résultats de ces mesures: incertains, catastrophiques pour les bergers, les brebis, le milieu, travail de Sysyphe à reprendre chaque année: les prédateurs s'adaptent et si effectivement il y a UN PEU moins de brebis bouffées par troupeau, c'est aussi qu'ils étendent leur champ d'action !

A votre disposition, si vous m'indiquez adresse mail pour expédier pdf : recession en 3 pages des actes de ce colloque avec les références. Vous pouvez aussi contacter de ma part le responsable scientifique du CERPAM, Laurent Garde.

Quand même ce "détail" à propos des mesures financées : savez-vous ce que le plan-ours propose pour un éleveur qui resterait en continu sur la montagne pour garder nuit et jour son troupeau : 155 euros par mois! Dur, dur avec ça ne serait-ce que d'acheter le foin qu'il n'aura pas pu faire pendant ce temps! Faut pas se moquer des gens qui travaillent, surtout quand, ici, ils travaillent plus pour gagner moins.

Bruno Besche-Commenge

La protection, une mesure catastrophique pour les bergers ?

Bruno Besche-Commenge oublie volontairement les nombreuses autres mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours pour qu'on pleure sur le sort des éleveurs découragés et affamés. Un petit tour à la buvette s'impose pour lire "Comment l'argent de l'ours aide le pastoralisme" :

  • 770 €/mois et par berger pour l'aide au gardiennage avec regroupement nocturne
  • 1 760 €/mois et par berger si pas d'aides agricole.
  • 765 € pour l'achat d'un chien
  • 305 €/chien présent sur l'estive
  • 105 € par agneau de - de 6 mois prédaté (120 s'il est inscrit)
  • 140 € par agneau de 6 mois à un an (155 s'il est inscrit)
  • 126 à 180 € pour une brebis
  • de 300 à 500 e pour un bélier
  • 140 € par attaque de prime de dérangement
  • + 10% de la valeur de la bête pour le "manque à gagner" par bête prédatée

Je continue ? Pour toutes les mesures, voici un aide mémoire...

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007Télécharger le document de synthèse des mesures d'aide ours-elevage 2007
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document de synthèse des mesures ours-elevage 2007mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours 2007
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Exemple de prédation

  • Carrefour_prix_agneau_2Lors d'une attaque, un ours tue 2 brebis : 126 € + 50 € + 126 € + 50 € + 140 € = 492 € payés dans les 2 semaines.
  • Sur le marché : les brebis de réforme (celles qui ont produit du lait ou des agneaux pour la viande) se vendent 1.5 à 2 euros/kg. Les brebis de boucherie de 3 ou 4 ans) : 4.5 Euros environ.
  • 492 € représente donc au minimum 61,5 kg de viande par brebis ! Pas mal.
  • Christophe Bally, acheteur viandes de l'enseigne Casino a indiqué lors des travaux de la commission des affaires économiques au Sénat qu'un agneau anglais ou irlandais était de 12 à 15% moins cher qu'un agneau français dont le prix varie en fonction des parties : 5 à 6 euros le kilo de navarin, 12 ou 13 € pour le gigot et 14 €/kg pour les côtes d'agneau.
  • Le gigot d'agneau de Nouvelle Zélande se vend entre 4,20 € et 5,50 € le kilo.
  • Dans la vallée, pour le prix des primes pour 2 brebis prédatées, le voisin du berger a de quoi acheter 93 kg d'agneau de Nouvelle-Zélande !

Puisqu'on vous dit que c'est l'ours qui est responsable de la crise du pastoralisme ! Voilà pourquoi il y a lieu de charger l'ours au maximum, les veaux d'Aston, celà vous dit quelque chose ?

BBC présente le CERPAM comme une "structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA". Qu'est ce que le CERPAM ? Alons voir sur leur site : "Le CERPAM (Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée) a été créé en 1977 à l’initiative des Chambres d’Agriculture de la Région Provence Alpes Côte d’Azur. Service spécialisé en pastoralisme, il répond à la demande de la profession agricole et plus spécialement des éleveurs d’oeuvrer par la voie pastorale au développement des activités d’élevage et à leur intégration dans la gestion des espaces naturels." Le CERPAM annonce clairement dans quel camp il se trouve.

D'un côté des propos de colloque pastoral, de l'autre, la réalité...

Sur la commune de Melles (Haute-Garonne) que Hvala fréquente principalement, elle cause des dégâts importants en 2006, sur les troupeaux non protégés de la commune : 29 brebis sont tuées en 14 attaques. Heureusement, les éleveurs de cette commune ont décidé de se protéger pour l'année 2007. Le trio "bergers, chiens de protection et regroupement nocturne" marche à merveille et le résultat est criant de vérité. Lisez ces 3 notes...

CQFD à BBC. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre. Mais BBC n'en est pas à son coup d'essai. A chacun sa spécialité ! Les chiens de protection italiens seraient-ils plus efficaces que les patous des Pyrénées ? François Arcangeli est-il un menteur où est-ce Bruno Besche-Commenge et les bergers français qui sont de mauvaise foi ? Qu'en pense l'ASPP ?

Le programme de l'ASPP : refus des gardes de troupeaux, des embauches de bergers et des chiens patous

Sur le site de son copain Louis Dollo, Bruno Besche-Commenge pourrait relire les «principes généraux» (pas généreux) prônés par l’ASPP, Association de «sauvegarde du patrimoine» quant à la forme de pastoralisme qu’ils souhaitent :

  1. «Refus de garde des troupeaux au profit de surveillance de l'ours : « les éleveurs n'ont rien demandé, à l'Etat d'assumer ses responsabilités et de garder les animaux qu'il importe.
  2. Refus d'embaucher des bergers ou des gardiens de troupeaux pour un motif juridique assez clair: il n'existe pas de cabanes aux normes de la législation sociale, certaines n'ayant même pas de possibilité d'avoir de l'eau.
  3. Pas de Patous pour des raisons de sécurité des randonneurs. Plusieurs procès ont eu lieu dans les Alpes où les éleveurs et bergers ont été condamnés. Certaines communes des Alpes auraient même interdit les Patous et paient directement les dégâts causés par les loups.»

Bien sûr, dans ces conditions, la protection, celà ne marche pas et la cohabitation non plus ! Mauvaise foi disais-je.

11 août 2007

François Arcangeli et Jean Lassalle à propos du plan de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées

Pour ou contre l'ours ? Jean Lassalle, député Modem des Pyrénées-Atlantiques, et François Arcangeli, maire d'Arbas, s'opposent sur le plan ours. A chacun ses arguments. Une interview réalisée par Jean-Pierre Deroudille et Thomas Longué de « Sud Ouest » où la Castafiore revient sur sa commisssion d'enquête parlementaire et tente de sauver l'IPHB. On échappe au "viol des Pyrénées"!

Quel est l'avenir de l'ours dans les Pyrénées ?

François Arcangeli : La mort de Franska ne change pas fondamentalement la donne. Nous sommes dans une opération de reconstitution d'une population viable, et on savait qu'il faudrait reprendre des lâchers. Cela ne peut que rendre la suite plus urgente, il faudra donc enrichir cette population de nouvelles femelles.

Jean Lassalle : Je n'en sais rien, mais la boucle est bouclée : l'Etat français a introduit Franska avec 300 gardes mobiles (sic) pour faire face aux dangereux Pyrénéens et c'est un engin de l'armée française qui l'a tuée... Je ne considère pas le gouvernement actuel impliqué dans cette sinistre farce. Mais je me pose la question : l'Etat reste-il un Etat indépendant ou est-il pieds et poings liés à un lobby écologiste qui nous fait vivre dans une monde virtuel très éloigné du monde réel ?

Certains commencent à dire que l'opération coûte cher. Jusqu'où peut-on aller ?

François Arcangeli : C'est un faux débat. La protection et la restauration du patrimoine coûte cher, quel que soit le sujet : monuments historiques, tableaux, etc. Aujourd'hui, on paie le prix d'une responsabilité collective des Pyrénéens qui ont laissé décroître cette population pendant des années. Il faut regarder ensuite à quoi sert l'argent qui est mis sur l'ours depuis une dizaine d'années. Les ours ne sont pas payés, cet argent crée de l'emploi, aide le pastoralisme, aide à la restructuration des élevages. De plus, 1 million d'euros par an pour que la France respecte ses engagements internationaux et puisse intervenir dans d'autres débats comme l'interdiction de la chasse à la baleine, ce n'est pas grand-chose.

Jean Lassalle : J'espère, c'est la seule façon d'y voir clair, que le président de l'Assemblée nationale va enfin donner suite à la commission d'enquête parlementaire que j'ai demandée dès les premières réintroductions (2006). A-t-on la certitude de sauver l'ours ? A-t-on pris toutes les précautions en matière de responsabilité ? Car aujourd'hui, les maires restent les seuls responsables en cas d'accident.

Qu'attendez-vous aujourd'hui du gouvernement ?

François Arcangeli : L'objectif de restauration de l'ours dans les Pyrénées est clair. Si cet objectif est partagé, il faut ensuite discuter sur les moyens d'y arriver. La ministre a commencé à le faire en mettant tout le monde autour d'une même table. Il n'y a guère que Jean Lassalle qui ait boycotté la réunion de Toulouse. Nous devons y arriver comme les pays voisins qui ont des ours et des loups, qui ont aussi de l'élevage, sans que ce soit la révolution chez eux.

Jean Lassalle : Qu'il mette un terme immédiat à son plan de réintroduction. On a déjà fait assez de mal comme ça. Qu'on s'interroge sur les véritables motivations qui ont pu conduire à désavouer d'une manière aussi violente l'Institution patrimoniale du Haut Béarn (IPHB), qui était la
seule instance à faire travailler l'ensemble des protagonistes de ce dossier, pour lui substituer le lobby écologiste, largement financé par les sociétés les plus polluantes de la planète.

Source : Sud-Ouest

Toutes les notes sur/de François Arcangeli et sur/de Jean Lassalle

09 février 2007

Les trophées de la Nature 2006

Les trophées de la Nature 2006 sont décernés par l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Ces trophées récompensent le meilleur (trophée de plume) et le pire (trophée de plomb) en matière de protection de la nature.

Dans un pays où les lois de protection de la nature sont quotidiennement bafouées, certains s'efforcent pourtant de défendre efficacement la nature et les animaux sauvages.

Trophée de plume 2006 : François Arcangeli

Pour l'édition 2006, c'est à François Arcangeli, maire d'Arbas en Haute-Garonne qu'a été décerné le positif « trophée de plume » : cheville ouvrière du programme de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. « François Arcangeli a fait preuve de persévérance et de sang-froid face aux pressions et menaces des anti-ours de sa région », souligne l'Aspas, faisant référence aux violences et dégradations commises par les anti-ours le 01 avril 2006 sur la mairie d'Arbas, et aux menaces de mort adressées par la suite au maire de la petite commune du pays de l'ours.

En avril 2006, les opposants à la réintroduction, accompagnés de conseillers généraux et de maires, avaient investi la ville d'Arbas pour manifester, avec violence, leur opposition à l'accueil d'ours slovènes sur leur commune. Proférant
insultes et menaces, les anti-ours en sont venus à jeter des bouteilles, des pétards et du sang sur les murs de la mairie. François Arcangeli avait immédiatement porté plainte contre ces détracteurs avant de démissionner du Parti Socialiste en réaction à la présence de politiques au sein des agitateurs.

Trophée de plomb 2006 : Jean-Pierre Jouffrey

Si pour son « trophée de plomb », qui condamne « les actes écologiquement dommageables », l'association a couronné Jean-Pierre Jouffrey, un opposant virulent « qui milite à coup de carabine pour l'éradication du loup » dans les Alpes. Jean-Pierre Jouffrey s'est d'ailleurs vanté d'en avoir abattu un en 2000. Si ce braconnier ne sera jamais jugé, faute d'une application crédible de la législation, l'ASPAS le condamne aujourd'hui par ce trophée de plomb, un trophée qu'il pourrait d'ailleurs partager avec Denis Duperier, son collègue savoyard qui a tué un loup en 2005 et a été relaxé récemment par le tribunal de Chambéry. Face à cette lâcheté juridique, l'ASPAS se demande si la notion d'espèce protégée a encore un sens en France ?

L'ASPAS avait également répertorié dans sa sélection finale la castafiore du Béarn : le député chanteur UDF des Pyrénées Atlantiques, le gréviste de la faim Jean Lassalle, grand orateur aux envolées lyriques : "Viol des Pyrénées", "La réintroduction doit être un acte d'amour" et "blanchiment des consciences" qualifié de « député anti-écolos. ». Nicolas Vanier, le trappeur superstar qui croit sauver les animaux sauvages en les tuant a aussi été nominé.

Puisque les représentants politiques engagés pour défendre la nature sont rares, les associations telles que l'ASPAS se doivent de dénoncer les atteintes à la biodiversité, à notre environnement et ce dans l'intérêt de tous.

Sources : La Dépèche, ASPAS, FERUS

20 juillet 2006

A l'occasion du procès des membres de l'ASPAP suite au saccage d'ARBAS, Stéphane Lessieux vous invite à un walking dinner

Le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens en Haute-Garonne attend ce jeudi 20 juillet, dix militants anti-ours (9 hommes et une femme). L’ASPAP (bien disctrète depuis un mois) organise un «barbecue géant» et une marche sur le palais de justice pour défendre ses «citoyens responsables». La justice va juger leurs responsabilités dans le saccage d’Arbas.

Suite à la manifestation d'opposants au renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées,  Arbas, le 1er avril de cette année, cinq manifestants sont accusés de «dégradations de biens publics et privés» tandis que les cinq autres comparaîtront pour «violences sur une personne».

La gendarmerie avaient, au préalable, convoqué le 19 avril dix casseurs anti-ours pour être poursuivis pour «participation à un attroupement armé, menaces de mort et violences volontaires». Hélène Ménal à recueilli les propos de Stéphane Lessieux, porte parôle de l’ASPAP à  Toulouse.

Stéphane Lessieux: «Depuis les manifs d'Arbas, les anti-ours sont écoutés»

Pourquoi soutenir sans réserve les dix anti-ours jugés aujourd'hui à Saint-Gaudens pour dégradations ?
Stéphane Lessieux: Pour montrer qu'il y a un mouvement de solidarité derrière ces dix opposants.

[ C’est pour cela qu’il vous invite à venir manger une côte d’agneau, vous venez manger, vous êtes comptabilisé pour les statistiques de ce grand mouvement de solidarité nationale envers les joyeux éleveurs pacifistes. ]

Dix sur les quatre cents personnes présentes aux manifestations d'Arbas le 1er avril. Les faits ont été largement déformés. [ Voir les photos truquées du pic-nic d’Arbas ] Nous ne sommes pas une poignée d'excités mais des citoyens responsables, opposés à des mesures injustes et très dures à vivre au quotidien. [ Arrête Stéphane, ta vie de porte parole est tellement pénible... Quand je pense que c’est le Liban qui fait la une de l’actualité, ces journalistes quand même, ils n’ont pas le sens des priorités. Passe moi un klenex.]

Vous assumez donc le saccage du village ?
Stéphane Lessieux: Je n'appelle pas ça un saccage. Nous avons eu besoin de faire un geste spectaculaire pour montrer que nous étions à bout.

[ L’ASPAP a un sens très poussé du spectacle. Le CIO pense à eux pour organiser la cérémonie d’ouverture des prochains JO. 40 000 berêts et batons dans le stade pour un grand concert de « Les montagnards sont là ». Il y aura des grilles et des fosses. Au fond des fosses, des ours slovènes, histoires d’éviter les débordements.]

Et le sang sur la mairie ?
Stéphane Lessieux: C'était un symbole du sang qui coule dans les Pyrénées et dont ne nous voulons pas. Celui de nos brebis égorgées. Et celui de victimes potentielles, si on continue à réintroduire des ours.

[Et c’est reparti : Pas fatigué Stéphane Lessieux de ressasser ton mensonge favori afin de répandre la peur parmi les touristes et les valléens courageux? Il y a 150 ans, les Pyrénées (très peuplées à l’époque) avaient 10 à 20 fois plus d’ours qu’aujourd’hui, résultat? Aucune victime. Aujourd’hui l’Ariège, un des départements les moins peuplés de France a encore quelques ours et tu va nous faire croire que vous vivez dans un climat de terreur à cause des ours et des risques qu’ils font courir à la population! Quel statisticien de l’ASPAP va publier ses travaux sur les riques encourus.

Vous êtes ridicule avec vos « victimes potentielles ». J’ai plus de chance de gagner au loto que de devenir le touriste bouffé par l’ours. Je vais me plonger dans les récits anciens et vais te sortir des témoignages de rencontres homme/ours, et aussi des récits d’ours qui visitent les fermes, déjà à l’époque. Ce sera pour une prochaine note...]

Vous n'avez pas peur que l'épisode d'Arbas parasite votre image ?
Stéphane Lessieux: C'est fort possible, malheureusement. Mais dans le monde d'aujourd'hui, si on ne mène pas des actions de ce type, on reste enfermé dans un tiroir. Depuis ce jour-là, nous sommes écoutés et médiatisés. 

[ L’ASPAP après le « Che » va-t-elle sortir le petit guide à l’usage des contestataires minoritaires? Comment tout casser pour vous faire entendre qu’en vous êtes dans l’illégalité la plus totale.

Les discours haineux, les actes violents, les propos racistes et le non respect des lois, voilà le quotidien de l’ASPAP qui a poussé leur avocat à rajouter dans les statuts : « L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association », sage précaution pour ce type de « citoyens responsables ».

Rappelons aussi que désireux de mieux passer dans la presse où on les prend pour des bourrus gueulards et violents, ils se présentés lors de la présentation de la création de l'ASPAP comme des diplomates parfumés et sobres. Le loup se déguise en brebis en quelque sorte. Ainsi Philippe Lacube avait déclaré à la presse : « Le collectif (L’ASPAP) veut montrer un nouveau visage de la lutte anti-ours que celui caricatural du vieux berger pyrénéen avec son béret et son air peu affable. L'idée est de devenir une association représentative en fédérant toutes les approches du mouvement». ]

Les élus socialistes du Conseil Général de l'Ariège : la honte des PyrénéesLe 1er avril, 200 à 300 manifestants anti-ours, dont des élus ceints de leurs écharpes tricolores, ont occupé Arbas suite à l'appel de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP). La manifestation a rapidement dégénéré, avec jets de pétards, de sang et de bouteilles, dégradation de jardinières et tags vengeurs sur les murs de la mairie, dans laquelle le maire était retranché sous la protection des gendarmes mobiles. Ils entendaient ainsi dénoncer «une écologie de salon » et rappeler que « la cohabitation entre l'ours et une activité agropastorale ou touristique est impossible ».

Cette violente action avait d’ailleurs choquée des élus et associations. Le maire socialiste, François Arcangeli, avait décidé de démissionner du parti en raison de la présence d'élus PS dans la manifestation. Il avait, par ailleurs, assuré qu'il engagerait des poursuites judiciaires collectives et individuelles contre l'ASPAP, ses membres et des élus, notamment du conseil général de l'Ariège, présents à la manifestation. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) avait également condamné ces violences. « Une partie de ces manifestants, à peu près une centaine, s'est sentie légitimée à mener des opérations violentes, car plusieurs élus socialistes qui les accompagnaient les ont laissé faire sans s'opposer à ces actes illégaux et violents. »

« C'est incompréhensible et inacceptable », avait dénoncé à l'Associated Press Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours-ADET. « Si les gendarmes mobiles n'avaient pas été là pour protéger certains bâtiments et certaines personnes comme le maire ou le président de l'ADET, le bilan aurait pu être bien plus lourd », avait-t-il ajouté, parlant d'un moment de « terreur » dans le village.
La ministre de l'Ecologie Nelly Olin s'était aussi déclarée « choquée » par ces violences. « Si je peux comprendre l'inquiétude des éleveurs et des bergers, bien qu'il y ait beaucoup de dispositions qui ont été prises et de nouveaux dispositifs mis en place, on ne peut pas accepter cela », avait-t-elle prévenu. Mme Olin avait tenu à apporter son « soutien au maire d'Arbas et à la population », jugeant «franchement choquant de voir que des élus soient présents, cautionnent ces actes et que des adultes se livrent à de tels saccages et de telles menaces ».

Stéphane Lessieux vous invite à un walking dinner

Stéphane Lessieux vous invite à venir « soutenir en masse, avec l’ensemble des départements pyrénéens » les « collègues » qui ont participé à la « spectaculaire manifestation d’Arbas » ou ils « reconnaissent et assument avoir utilisé des moyens spectaculaires ». Afin de faire pression sur la justice, une petite marche sera organisée, après les côtes d’agneaux offertes aux passants (histoire de paraître très nombreux et très populaires), vers le palais de justice, car il est possible que ces juges citadins ne soient pas au fait des réalités des estives et qu’ils aient été influencés par les discours et les thèses utopistes des « écolos de salons » qui noyautent la presse internationale.

Venez nombreux, ce pic-nic va être très sympatique et promis, ils vont bien se tenir, au moins au début. Quand la justice aura jugé les « collègues », ce sera autre chose car ils auront « besoin de faire un geste spectaculaire pour montrer que nous sommes à bout ». Comme il fait chaud, laissez les enfants à la maison, c’est préférable.

La buvette espère que la justice fera sereinement son travail et que les estives ne vont pas devenir un Etat dans l'Etat ou des zones de non droit. L'ASPAP aurait touché 20.000 euros du Conseil Général de l'Ariège présidé par Augustin Bonrepaux, le "parrain" de l'association qui mérite d'être dissoute. Dissoute, ce qui n'est pas bien cher.

Verdict cet après-midi

En cas de condamnation des 10 activistes de l'ASPAP cet après-midi, j'entends deja les paroles outragées de Stéphane Lessieux : «Injustice contre des éleveurs», «L'humiliation continue», «Les Pyrénées baffouées», «Un jugement conforme à la pensée dans l'air du temps», «le terrorisme écologique récompensé», «On veut la mort du pastoralisme», «Il va falloir prendre le maquis».

L'ASPAP, si elle n'est pas dissoute continuera de répendre la théorie du grand complot et son discours de peur : «Attendez la première victime de l'ours», «Plus personne n'osera aller en montagne », «Ils viennent jusque dans les villages».

Louis Dollo grand reporter?

Il est plus que probable que Louis Dollo, en bon envoyé spécial de Lourdes Infos se présente encore devant le tribunal en «vrai pyrénéen, adopté par le clan». Le journaliste web officieux des «citoyens responsables» sera en première ligne pour effectuer un reportage photo pour son grand journal local et pour son site pyréniais. La presse deLourdes et tarbes réunis est sur les dents pour ne pas manquer ce "mouvement de foule", ce "grand soulèvement populaire" : les Pyrénées sont en marche vers le palais de justice pour défendre le pastoralisme violent.

Allons-nous y revoir les mêmes élus en écharpe qu'à Arbas, la fine fleur des politiciens des montagnes: Augustion Bonrepaux, Jean Lassalle, Robert Zonch ou autre Jean Baylaucq? Tremble France, tremblez juges, les montagnards sont là et Louis Dollo est à leurs basques pour la suite de «l'affaire du collier de Balou», un des scoops de notre grand reporter tarbais qui seul contre tous prétend que le vol du collier est une invention d'écologistes, que ces «mensonges, manipulations et non-dits constituent le fond de commerce de quelques associations en mal d’exister sur des territoires où elle sont absentes» et que faute de communiqué officiel du ministère,  « le collier volé de Balou n'a probablement jamais existé.» Pour rappel : lire le courrier adressé au Ministre de l'Ecologie, Madame Nelly Olin le 20 février 2006 par le syndicat National de l'environnement FSU, syndicat majoritaire représentant les personnels du Ministère de l'Ecologie.

Un grand complot que je vous dit. Qui a intérêt à saccager les locaux de l'équipe de suivi? Qui a intérêt à voler le matériel de suivi? Qui possède en son sein assez d'activistes (qui ont deja fait leurs preuves) capables d'attaquer des locaux officiels? Faut-il rappeler les arbres abattus sur les lignes électriques de Massat, privant la vallée et l'hopital d'éléctricité, dans le seul but de perturber la fête des automnales du pays de l'ours? Nous n'avons que des présomptions, aucunes preuves (une enquête est en cours), mais la concordance d'objectifs, de moyens et de méthodes est troublante. Louis Dollo préfère défendre les "vrais pyrénéens". La buvette défend la justice et la cohabitation. Chacun appréciera ;-)

Après le jugement au procès des memebres de l'ASPAP, nous attendons du ministère de l'écologie, la décision qui sellera l'avenir de l'IPHB. L'été de tous les dangers pour les opposants à la présence et à la survie d'ours dans les Pyrénées.

05 juillet 2006

Grandes manoeuvres autour de Nelly Olin

Une commission d'enquête sur la réintroduction d'ours dans les Pyrénées. Lasalle et Bonrepaux fourbissent leurs armes. La cible est clairement Nelly Olin.

Les grandes manoeuvres sont commencées

Il y a presque un mois, l'Institution Patrimoniale du Haut Béarn (IPHB) recevait une lettre recommandée de Nelly Olin. L'heure des comptes pour l'IPHB est arrivée. « Les grandes manoeuvres sont commencées » avait annoncé un Jean Lassalle aux abois. L’IPHB avait un délai d’un mois pour communiquer les chiffres de l'Institution Patrimoniale du Haut Béarn au ministère. Nelly Olin a en effet annoncé qu’elle comptait se pencher cet été sur la manière dont l’IPHB dépensait l’argent destiné à la protection de l’ours.

La charte de l’IPHB

La charte de l’IPHB stipule en effet dans son article 7 : « La protection des derniers ours français constitue un enjeu local, national et international. Il s’agira d’assurer, à terme, au mieux le maintien spontané de la souche d’ours Pyrénéen, au pire de l’espèce, en permettant simultanément le développement des vallées. L’objectif à terme serait de reconstituer une population viable au niveau du massif Pyrénéen dans des conditions de vie aussi naturelles que possible. »

Au vu du bilan de sa "pas très morale Institution" et de l’étau qui se resserre sur la gestion catastrophique du dossier ours en vallées d’Aspe d’Ossau et de Barétous, Jean Lassalle : " le mystique béarnais", " le Toyal gréviste", " l'ascète patrimonial ", " le défenseur de la montagne violée ", "le concertationiste chanteur ", " le roi du tunnel " et j'en passe se devait de réagir. En fin stratège, " la Castafiore " sort un lapin de son maigre giron pour faire diversion et essaie de noyer le poisson.( L'enquête sur l'IPHB est pour lui un "poison ministériel"). Jean Lassalle va donc essayer de mettre la ministre de l’écologie et du développement durable en patrimoniale difficulté. 

Jean Lassalle désire une Commission d’enquête parlementaire ...
sur l’Ours


C’est ainsi qu’on peut lire sur le site de l’Assemblée nationale : « Proposition de résolution de M. Jean LASSALLE tendant à la création d'une commission d'enquête visant à faire toute la lumière sur la chaîne de décision ayant abouti à la réintroduction en 2006 de quatre ours dans les Pyrénées et à évaluer le coût et l'efficacité des dispositifs engagés par les pouvoirs publics et les associations de protection de la nature en faveur de l'ours depuis quarante ans, n° 3237, déposée le 28 juin 2006 et renvoyée à la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire. » A suivre.

Lire le texte complet de la demande de commission d'enquête de Jean Lassalle

Augustin Bonrepaux : "Rapporteur" !

Augustin Bonrepaux a gardé ses entrées à la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale. Il en a été le président pendant plusieurs années en remplacement d’Henri Emmanuelli. S’est-il porté candidat ? Toujours est-il qu’ Augustin Bonrepaux vient d’être nommé « Rapporteur » d’une « Mission d’information sur le coût administratif de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ». « La commission des Finances, de l'économie générale et du plan a nommé, en application de l'article 57 de la LOLF : - M. Augustin Bonrepaux, Rapporteur sur le coût administratif de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées.» Vaste programme.

Juge et partie mais impartial, Bonrepaux est très fort

Il est bon pour cerner l’impartialité du personnage de rappeler que le Président du Conseil Général de l’Ariège est aussi un des bailleurs de fonds de l’ASPAP, une association qu’il a porté sur les fonds baptismaux et qui lutte ouvertement contre la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées :

  • L’ASPAP a pour objet (entre autres) de « s’opposer à toutes les mesures antagonistes au pastoralisme (grands prédateurs entre autres ours, loups, lynx). »
    (article 2 des statuts de l'ASPAP)
  • L’ASPAP a pris soin de mettre dans ses statuts un texte inhabituel pour une association afin de se protéger de la violence de ses membres. Cet extrait prouve s’il en est encore besoin que les « débordements » étaient prévus dès la naissance de l’ASPAP : « L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association. » Des dérapages qui n’ont pas tardés à se produire.
  • Augustin Bonrepaux n’a pas que des bons souvenirs à Arbas, siège de l’ADET : couché au milieu de la route d’Arbas, Augustin Bonrepaux a essayé d’empêcher l’arrivée sur son lieu de lâcher de la première ourse (Palouma). Il a été emporté manu militari par les forces de l’ordre.
  • Augustin Bonrepaux a soutenu les manifestations violentes des anti-ours à Arbas.

Augustin Bonrepaux est clairement juge et partie dans le dossier ours. Après avoir laissé sous-entendre que l' ours slovène pouvait être porteur du virus H5N1 de la grippe aviaire, sa mission a toute les chances de tourner à la totale désinformation, ce qui n’est pas une surprise au vu de ses déclarations antérieures. D'autres ont aussi dit que les ours slovènes étaient radio-actifs ! Sauf Balou pendant quelques semaines !

Via les comptes de l'ADET, c'est Nelly Olin qui est visée

Le « rapporteur » a donc pris rendez-vous avec François Arcangeli, Président de l’ADET et maire d’Arbas pour retirer les comptes de l’association qui gère la réintroduction en Pyrénées Centrales. François Arcangeli, absent à cette date, tient absolument à accueillir « en personne » le député qui a soutenu ouvertement les membres de l’ASPAP qui sont venus saccager sa mairie et à lui remettre les documents « en main propre ». La DIREN à informé l’ADET qu’elle devait mettre à disposition d’Augustin Bonrepaux 10 années de comptabilité.

Nul doute que le député-président anti-ours et ex braconnier fera un bon usage de ces documents et qu’il mettra tout le zèle nécessaire pour éplucher les  comptes de l’ADET. Nul doute aussi que ce travail effectué par Augustin Bonrepaux, un opposant notoire, juge et partie sera tout sauf objectif. Voilà une mission de désinformation savamment orchestrée.

Alain Reynes, directeur de l’ADET a signalé que "les comptes de l'Association sont disponibles, que l’ADET n’a rien a cacher et que cette démarche était à rapprocher de l’enquête en cours sur les comptes de l’IPHB".  En fin de compte, c’est bien Nelly Olin qui est visée.

02 juillet 2006

Lâchers d'ours 2006 : En dépit des difficultés rencontrées, les maires sont satisfaits des lâchers

Les 4 ours capturés en Slovénie ont été relâchés sur le territoire des communes candidates. Pourquoi se sont-elles prononcées en faveur de l’ours ? Comment ont-elles vécu ces lâchers ? Réactions et retours d’expérience des maires des communes concernées : François Arcangeli, maire d’Arbas, Rolland Castells, maire de Bagnères-de-Bigorre, Alain Ladévèze, maire de Burgalays, René Rettig, maire de Bagnères-de-Luchon.

François Arcangeli, maire d’Arbas - “Les habitants d’Arbas ont toujours vécu avec la mémoire de l’ours. Notre massif a été l’un des derniers à avoir abrité cette espèce dans les Pyrénées centrales. L’idée de l’accueillir à nouveau et de participer à sa renaissance a remporté une forte adhésion au sein du village” explique François Arcangeli, maire d’Arbas et Président de l’association “Pays de l’ours-ADET”.

Rolland Castells, maire de Bagnères-de-Bigorre - À Bagnères-de-Bigorre, le maire, Rolland Castells estime que “sa commune, porteuse d’une image environnementale forte se devait logiquement de se porter candidate au lâcher”.

Alain Ladévèze, maire de Burgalays - Même sentiment, de la part d’Alain Ladévèze, maire de Burgalays : “la restauration de l’ours s’inscrit dans une démarche de qualité de la montagne que nous avons toujours défendue”.

Dans tous les cas, la décision des lâchers a été votée en conseil municipal. Ce qui n’a pas empêché les opposants de se manifester avec virulence au cours des lâchers successifs. “Face à un tel climat d’hostilité, les habitants ont été choqués et déçus de n’avoir pas pu assister au lâcher du premier ours Palouma” déplore François Arcangeli.

Rolland Castells et Alain Ladévèze, les maires de Bagnères-de-Bigorre et de Burgalays ont, eux, volontairement joué la carte de la discrétion pour ne pas risquer d’attiser la colère des opposants.

René Rettig, maire de Bagnères-de-Luchon - À Bagnères-de-Luchon, le maire, René Rettig, fervent défenseur de la biodiversité rappelle que ces lâchers sont indispensables à la survie de l’animal dans notre massif. "C’est un devoir de responsabilité et d’humanité que de les accepter", insiste René Rettig, qui analyse la fronde anti-ours comme “le signe du mal être profond qui ronge un monde pastoral en péril”.

Écouter, apaiser, convaincre

Passés les lâchers, les maires se montrent aujourd’hui plus confiants. “Je suis convaincu que ce renforcement est bénéfique à l’économie touristique du massif et va dans le sens de l’histoire” souligne François Arcangeli. Un constat
partagé par Alain Ladévèze: “Le maintien de l’ours est un facteur de développement du pastoralisme pyrénéen, sans lui, l’État se désintéresse de l’économie montagnarde. Nous devons profiter des aides de l’État pour rouvrir les estives, renforcer le gardiennage, relancer l’agriculture et valoriser nos atouts”. “Ces nouveaux lâchers nous obligent à réfléchir sur l’avenir du pastoralisme et des activités susceptibles de survivre dans nos régions, reprend en écho René Rettig, nous devons évoluer et ne pas craindre de nous affronter à la réalité économique.”

À Bagnères-de-Bigorre, Rolland Castells s’attelle à renouer le dialogue avec la cinquantaine d’éleveurs opposants que compte sa commune : “l’ours vient s’ajouter à leurs difficultés économiques, les éleveurs se plaignent de n’être pas entendus et redoutent de nouveaux lâchers dans les prochaines années. Il faut savoir entendre leurs inquiétudes et mettre en place une concertation sur l’avenir du pastoralisme”.

Pour l’heure, Rolland Castells  a préféré suspendre le second lâcher sur sa commune et savoure les bénéfices du premier. “De nombreux estivants m’ont écrit pour m’informer de leur venue cet été en signe de soutien et d’encouragement” se réjouit-il.

Dans la petite commune d’Arbas, “la population suit avec passion les pérégrinations des ours relâchés”. Alain Ladévèze a affiché en mairie la localisation de Palouma et informe les éleveurs sur la marche à suivre en cas de prédation. “J’ai reçu 150 courriels de soutien, constaté un afflux de touristes dans le village. Ce lâcher a un impact positif indéniable, à condition, précise le maire de Burgalays, de parvenir à convaincre les éleveurs d’adopter rapidement des mesures de protection de leurs troupeaux”.

Carina Louart, journaliste

Source : Empreinte Ours n° 1, lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les  Pyrénées

29 mai 2006

François Arcangeli : le bal des girouettes

Interview de François ARCANGELI par Gérard LARREY du Petit Journal.
29/05/06

G. L. : François Arcangeli, vous êtes Président de « Pays de l'Ours - Adet » et Maire d'Arbas. Trois ourses ont été relâchées ces dernières semaines, quel est votre sentiment ?

François Arcangeli : Ce plan de renforcement est mesuré : 5 ours après 10 ans d'attente, ce n'est pas excessif, surtout lorsqu'on pense aux ours qui sont morts depuis...

Palouma, Franska et Hvala sont venues renforcer la population existante d'ours présente dans les Pyrénées. De ce point de vue, c'est très satisfaisant, même si nous aurions préféré le faire dans un meilleur climat.

G.L. : Justement, les opposants au plan de renforcement disent qu'ils sont d'autant plus opposés qu'ils n'ont pas été consultés. Qu'en pensez-vous ?

François Arcangeli : Je crois qu'il faut être précis sur ce point. A commencer par les élus, tout le monde a été invité à participer aux réunions de concertation. Un courrier a été envoyé en ce sens dans toutes les mairies de la chaîne par les services de l'Etat. Mais c'est vrai qu'au même moment, des responsables politiques ont choisi d'appeler à ne pas participer à ces réunions. C'est une faute politique.

Cela a été le cas par exemple en Haute-Garonne avec Jean-Louis Idiart (Député PS, Conseiller Général -NDLR), qui avec quelques conseillers généraux ou régionaux, a demandé aux élus dans un courrier daté du 8 mars 2005 de boycotter ces réunions, au motif que des questions se posaient et n'avaient pas eu de réponse... comme si la concertation ne devait pas servir justement à poser des questions et à avoir des réponses !

G.L. : Et les élus mis à part ?

François Arcangeli : D'autres personnes, en particulier des responsables agricoles, ont fait ce même choix du boycott. C'est dommage. Nous payons aujourd'hui un prix fort au sabotage de ce dialogue : il aurait permis de se dire les choses autour d'une table plutôt que dans la rue, de s'exprimer calmement et constructivement plutôt que par la violence. Et faut-il rappeler les conclusions du Conseil d'Etat sur la très bonne organisation de cette concertation ?

G.L. : Certes, mais certains qui se sont exprimés disent ne pas avoir été entendus.

François Arcangeli : Il y a une confusion sur l'objet de cette consultation, confusion savamment entretenue par différents responsables politiques et professionnels. La protection d'une espèce protégée, comme l'ours, n'est pas une compétence décentralisée. Il ne sert donc à rien de demander aux communes de délibérer contre l'ours. Dans mon conseil municipal, je n'invite pas les conseillers municipaux à délibérer sur l'impôt sur le revenu ou sur des questions militaires. Ce n'est pas de notre compétence ! Il en est de même sur l'ours qui relève d'une compétence de l'Etat, compétence exercée de plein droit par le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable. La question posée lors de la concertation portait sur la manière de procéder.

G.L. : D’accord, mais certains sont quand même contre !

François Arcangeli : J'entends bien, mais la sauvegarde de l'ours relève de la Loi et des engagements nationaux et internationaux de la France. Tout autre dispositif est illégal. Le Conseil d'Etat l'a rappelé par deux fois. La Loi s'applique à tous, et si certains jugent qu'elle n'est pas bonne, qu'ils la changent !

G.L. : Les parlementaires sont là pour ça, non ?

François Arcangeli : Justement, il faut en finir avec ces comportements de parlementaires qui votent des lois à Paris en semaine et qui reviennent sur le terrain en disant le contraire de ce qu'ils ont voté !

G.L. : Peut-être ont-ils changé d’avis ?

François Arcangeli : Sûrement !

  • Augustin Bonrepaux (Député PS, Président du Conseil Général de l'Ariège - NDLR) était pour l'ours lorsque François Mitterrand a lancé le dossier en 1982.
  • Chantal Robin-Rodrigo (Député PRG des Hautes-Pyrénées, Conseillère Générale - NDLR) soutenait notre association en 2000 lorsque Augustin Bonrepaux faisait voter son amendement prévoyant de capturer les ours réintroduits.
  • Jean Lassalle (Député UDF, Conseiller Général des Pyrénées-Atlantiques NDLR), avec l’IPHB (Institution Patrimoniale du Haut-Béarn), a bénéficié de plus de 10 millions d'euros en promettant jusqu'en décembre 2004 de lâcher deux femelles en Béarn.
  • Jean-Louis Idiart, fraîchement élu député se précipitait en 1993 à la signature de la charte prévoyant les lâchers de 1996 et 1997...

C'est le bal des girouettes ! Comment voulez-vous après ça que les gens sur le terrain y comprennent quelque chose ?

G.L. : Ces élus expriment l'avis de la population qu'ils représentent, non ?

François Arcangeli : Certainement pas ! Toutes les études d'opinion disent le contraire : 77% de la population des départements de montagne de Midi-Pyrénées sont favorables à de nouveaux lâchers (sondage 2005 IFOP / Pays de l'Ours - Adet - NDLR). 80% en Haute-Garonne. 77 % aussi en Pyrénées-Atlantiques selon un sondage réalisé par un quotidien de ce département. Même en ne prenant en compte que les communes de montagne, nous avons encore le soutien de 2 pyrénéens sur trois ! Alors, même en respectant les réserves d'usage sur les sondages, les chiffres sont suffisamment éloquents pour ne pas être contestés.

G.L. : Alors, pourquoi ce décalage entre certains élus et la population ?

François Arcangeli : Ce n'est pas la première fois que l'on peut constater un tel décalage... Mais je crois que certains élus font un calcul très simple : une élection se gagne avec les derniers pourcents qui font la différence. Ils pensent que les opposants à l'ours qui sont souvent virulents sanctionneront électoralement ceux qui prennent position pour, alors que les partisans de l'ours ne sanctionneraient pas ceux qui ont pris des positions contraires, voire même oublieraient que des élus ont retourné leur veste. Et je crois qu'ils se trompent...

G.L. : Que voulez-vous dire ?

François Arcangeli : Je veux dire que de nombreuses personnes dans nos vallées sont indignées que leur avis soit ainsi méprisé par leurs élus et ces personnes savent la part de responsabilité politique qui est celle de ces élus dans les violences que nous avons connues ces dernières semaines. Cette indignation se traduira certainement le moment venu dans l'isoloir. Cela dit, n'oublions pas que de nombreux élus ont eu le courage de se positionner favorablement, comme de nombreux parlementaires, conseillers généraux et régionaux, et bien sûr des maires, notamment de montagne, que l'on retrouve dans le comité de soutien au renforcement.

G.L. : On dit aussi que ce programme coûte cher. Quelle est votre opinion sur ce point ?

François Arcangeli : A quoi sert l'argent du « programme ours » ? Pas à payer les ours que je sache ! Sur les dix dernières années, le budget annuel a été de 1,4 millions d'euros dont la moitié, 700.000 euros a bénéficié directement au pastoralisme. Est-ce de l'argent dont l'agriculture de montagne n'a pas besoin ? Les autres 700.000 euros servent à financer essentiellement des emplois qui ont été créés grâce à ce programme. Est-ce inutile dans nos vallées de créer des emplois, fussent-ils liés à des mesures environnementales ?

G.L. : Combien d'emploi ont donc été créés ?

François Arcangeli : Nous étions il y a quelques mois à plus d'une centaine d'emplois directs, l'équivalent de 55 emplois à temps plein. Que disent les élus qui défilent contre l'ours à ceux dont l'emploi dépend du programme ours : «allez à l'ANPE ! » ? C'est bien la première fois que l'on voit des élus défiler pour la fermeture de l'équivalent d'une belle PME d'une centaine d'emplois ! Et je ne parle pas des emplois indirects...

G.L. : Alors, pourquoi cette question sur le coût de l'opération ?

François Arcangeli : Je crois tout simplement que lorsqu'on est contre une action, on en critique forcément son coût. A l'échelle d'une année, le «coût de l'ours » correspond à 15 minutes de subventions agricoles versées aux exploitations françaises ! Comment faire croire qu'il ne faut pas dépenser en France quelques centaines de milliers d'euros par an à la protection d'une espèce aussi emblématique que l'ours, alors que nous sommes suffisamment riche pour donner chaque jour 2 euros à chaque vache vivant sur notre territoire national ?

G.L. : Une espèce emblématique qui mange des brebis !

François Arcangeli : Parlons-en ! Sur les 600.000 brebis élevées dans les Pyrénées, 15.000 à 20.000 brebis meurent chaque année dans les Pyrénées de diverses causes. L'ours en tue 150 à 200, 300 si nous intégrons les bêtes indemnisées au bénéfice du doute. En quoi 1 % des dégâts liés à l'ours seraient insupportable, et en quoi les 99 autres seraient totalement assumés par la profession ?

G.L. : Parce que l'éleveur ne supporte pas que ses bêtes meurent sous les griffes de l'ours !

François Arcangeli : Certes, mais comment accepte-t-il alors que ses bêtes meurent dans d'atroces souffrances en estive, mangées par exemple par les asticots, tout cela parce qu'il n'y a personne pour les soigner ? Là, je parle de milliers de moutons qui meurent ainsi ! Ou à cause des chiens divagants?

G.L. : Oui, mais l'ours est un problème de plus !

François Arcangeli : C'est une remarque de bon sens qui est démentie par les faits, tout simplement parce que les actions de protection, qui sont utilisées partout dans le monde, et expérimentées à nouveau depuis 10 ans en Pyrénées Centrales, sont efficaces. Pour ne prendre qu'un exemple, les éleveurs qui ont mis en place les chiens de protection, le célèbre «Patou », le « Montagne des Pyrénées », ces éleveurs nous disent que la prédation sur leur troupeau a chuté de 92 % ! Le patou est efficace sur l'ours mais aussi sur les autres causes de perte : il agit aussi sur les 99 % dont je parlais tout à l'heure. Nous en sommes donc aujourd'hui à constater le paradoxe suivant : il y a moins de pertes sur les troupeaux en Pyrénées Centrales aujourd’hui qu'avant le retour de l'ours ! Tout simplement parce que les seuls éleveurs qui ont pris des patous nous disent avoir économisé plus de bêtes que n'en tuent les ours par ailleurs...

G.L. : Mais certains disent que le patou n'est pas toujours efficace ?

François Arcangeli : Je crois que son efficacité n'est plus à démontrer et puis l'ont-ils seulement essayé ? Peut-être dans certains cas le taux de 92% d'efficacité baisser a un peu. Mais il y a de la marge avant d'affirmer que le patou n'est pas efficace ! Si les actions de protection ne marchaient pas, alors pourquoi les dégâts sur les troupeaux auraient baissé ces dernières années alors que le nombre d'ours a augmenté ?

G.L. : Donc la prédation n'est pas un problème ?

François Arcangeli : Si, elle l'est pour les éleveurs à qui ça arrive. D'ailleurs, la plupart des dégâts se produit sur des troupeaux non protégés. Mais beaucoup d'éleveurs opposés à l'ours conviennent de toute façon que le problème n'est pas dans la prédation liée à l’ours.

G.L. : Il est où, alors ?

François Arcangeli : Nous avons entendu des opposants dirent qu'ils n’avaient rien contre les ours eux-mêmes mais contre ceux qui veulent en restaurer la population. Je trouve ces propos assez justes. Ils témoignent que l'ours est instrumentalisé dans une polémique dans laquelle il a finalement assez peu de place. En Haute-Garonne, il n'y a pas eu de dégât d'ours en 2005. L'usage était plutôt d'avoir 4 à 5 bêtes tuées chaque année, ce qui est très peu. Pourtant, nous avons aussi sur ce territoire des gens qui s'y opposent. En disant en vouloir aux hommes qui portent ce programme, ils s'opposent aux valeurs que nous défendons et aux questions que nous posons : quelle place sommes-nous prêts à faire à notre environnement dans nos stratégies de développement ? Quels efforts acceptons-nous de consentir pour préserver notre patrimoine naturel ? Quel partage de l'espace sommes-nous prêts à consentir à l'autre ? Des questions qui ne sont pas réglées, alors que le partage de l'espace a souvent fait l'objet de vifs conflits en montagne avec l'élevage, la chasse, et le tourisme aussi...

G.L. : Pourquoi poser de telles questions est-il à ce point insupportable ?

François Arcangeli : Parce que le système est en crise et que ceux qui ont en charge de s'occuper de ces problèmes regardent ailleurs depuis longtemps, et n'ayant pas réfléchi à ces questions, n'ayant pas de propositions, ils préfèrent faire chaise vide lorsqu'ils sont invités à y travailler... Parce que le système agricole est en pleine mutation, que progressivement nous passons d'une logique productiviste à des mesures agro-environnementales. Cette évolution, concomitante du déclin de l'agriculture de montagne, est culturellement refusée par les éleveurs et l'ours vient symboliser cette nouvelle demande sociale.

G.L. : Ce refus est accompagné d'un repli identitaire ?

François Arcangeli : Oui, très clairement. Certains montagnards voudraient décider seuls du devenir de leur vallée. Mais c'est une absurdité de vouloir opposer la montagne aux citadins ! Qui vient faire du ski ou se rend dans les stations thermales ? Qui achète les produits de la montagne ? Principalement pas les montagnards ! D'où vient l'argent des primes agricoles ? De la solidarité nationale et européenne. Il y aurait grand danger pour les éleveurs à se couper du soutien de l'opinion. L'agriculture de montagne reçoit des aides publiques, certainement pas assez. A l'heure des choix budgétaires, nous devrons être tous soudés si nous voulons que la société continue à soutenir cette agriculture et amplifie son aide. Le plan ours permet d'attirer l'attention de nos concitoyens sur le travail difficile et indispensable que produisent les éleveurs en montagne : il prépare les consciences à comprendre cette activité, à la respecter et à l'aider d'avantage.

G.L. : Puisque nous parlons du rôle indispensable que jouent les éleveurs en montagne, ceux-là disent que sans eux, les espaces vont se refermer.

François Arcangeli : Je le répète, nous sommes les militants d'une montagne moderne et dynamisée qui intègre le pastoralisme. Mais pas de n'importe quel type. Lorsque je regarde les paysages en me promenant d'un département à l'autre, je constate que la forêt gagne partout du terrain depuis des décennies. Et ce n'est pas la faute de l'ours qui avait disparu dans de nombreux secteurs ! C'est la faute à un modèle agricole dont les éleveurs sont victimes et qui a montré toutes ses limites autant d'un point de vue agricole qu'environnemental. Pendant qu'ils désignent l'ours comme le responsable de tous leurs maux, les responsables agricoles et politiques prennent bien soin de ne pas poser le débat sur leur propre responsabilité dans des choix qu'ils ont faits ou qu'ils n'ont pas faits dans le passé et qui ont conduit le pastoralisme là où il est aujourd’hui.

G.L. : On entend aussi que l'ours n'est pas en voie de disparition...

François Arcangeli : Dans les Pyrénées, si ! Comment pourrions-nous nous contenter de nous reposer sur nos pays voisins en leur demandant de faire les efforts de cohabitation que nous ne serions pas disposés à faire nous-mêmes ? Sur cette logique, l'Espagne pourrait aussi laisser disparaître ses derniers ours, puisqu'il y en a en Italie. Et l'Italie de même, puisqu'il y a des ours en Slovénie. Non, ce raisonnement ne tient pas. D'ailleurs le Conseil d'Etat a rappelé les obligations qui sont les nôtres. Nous avons déjà laissé disparaître le bouquetin des Pyrénées, avec ces logiques, demain, ce sera le tour de qui : du grand-tétras, du percnoptère, du desman ? Et je ne parle pas des efforts que nous demandons aux africains pour la protection d'autres espèces qui posent des problèmes autrement plus importants dans des pays qui ont des moyens financiers tellement moindres que les nôtres !

G.L. : Certains disent que le renforcement est artificiel, qu'en pensez-vous ?

François Arcangeli : Si l'on considère qu'il est naturel que l'homme détruise son environnement et que le protéger est artificiel, alors oui, c'est artificiel. J'aurais sûrement préféré travailler aujourd’hui à la protection d'une population d'ours de souche pyrénéenne, si ceux qui étaient là avant moi avaient tout fait pour le conserver, mais ce n'est pas le cas ! La protection de notre patrimoine naturel relève d'une responsabilité collective qui commence par des responsabilités individuelles. Je prends la mienne.

G.L. : Vous parliez tout à l'heure de nos pays voisins. Vous étiez en Slovénie il y a quelques semaines. Quel regard portent-ils sur nous ?

François Arcangeli : Ils sont à la fois amusés et indignés. La Slovénie est un pays émergeant qui regarde la France avec admiration. C'est un pays magnifique avec des gens formidables, très accueillants. Alors, lorsqu'ils voient une mairie attaquée comme cela à été le cas à Arbas le 1er avril, ils ne comprennent pas. Ces violences ont eu un large écho en Slovénie. Ils en ont été très choqués, tout comme ils sont irrités de toutes les âneries que l'on raconte sur eux.

Ils vivent avec les ours, ils en ont près de700 sur un territoire grand comme la zone montagne de l'Ariège et de Haute-Garonne. Ils n'ont pas de problème particulier avec les ours et sont même très fiers d'en avoir autant et de pouvoir les offrir à la France, ou comme il y a quelques années à l'Italie qui a lâché 10 ours en 3 ans sans aucune polémique...

Les slovènes chassent -beaucoup-, exploitent la forêt - très bien -, font de la randonnée, ramassent les champignons : tout cela avec 1 à 2 ours pour 1000 hectares. Avec autant d'ours, il n'y a pas eu de mort en Slovénie depuis près d'un siècle. Comme en France où on ne recense pas d'accident mortel du fait de l'ours depuis au moins 150 ans !

Par contre, le grand gibier fait des morts en France chaque année. Cerfs et sangliers ont eux aussi été réintroduits et personne ne prône leur éradication malgré les dégâts sans commune mesure qu'ils font sur les cultures, l'élevage ou la forêt ! Personne, que je sache, ne souhaite sérieusement non plus la disparition des abeilles, des guêpes, des frelons et des vipères. Il faut accepter de vivre avec une nature sauvage qui présente effectivement quelques risques. Mais sur la liste des risques, l'ours vient très loin derrière. Que ceux qui s'inquiètent de rencontrer un ours pensent plutôt à partir en randonnée avec un sérum pour les vipères !

G.L. : Vous évoquiez des «âneries » tout à l'heure, que pensez-vous des propos de Madame le Ministre le soir du lâcher de Palouma qui a traité « d'ânes et d'imbéciles » ceux qui avaient envahi le site de lâcher ?

François Arcangeli : Vous avez raison de bien préciser que ces propos ne concernaient que les sept anti-ours présents sur le site de lâcher, et qu'elle n'a jamais généralisé à l'ensemble des opposants comme voudraient le faire croire aujourd'hui certaines personnes pour « resserrer » les rangs. J'étais à ses côtés à ce moment-là. Je crois que ces propos sont à la mesure de l'inconscience dont ces gens ont fait preuve. On se plaint trop souvent de la langue de bois pour maintenant critiquer ce franc-parler...

G.L. : Pour finir, certains opposants ont appelé à une suspension des lâchers pour engager le débat. Qu'en pensez-vous ?

François Arcangeli : C'est vrai, ceux qui prônaient le boycott de la concertation voudraient aujourd'hui suspendre les lâchers pour pouvoir en discuter. Mais bon, acceptons ce paradoxe, il faudra bien qu'on se parle et considérer que ces demandes sont sincères. J'ai de mon côté multiplié les appels au dialogue ces dernières semaines. Si le moratoire est un préalable, pourquoi pas ! Mais à la seule condition que nous discutions de la conciliation des enjeux et non pour opposer telle ou telle activité : l'ours pose des problèmes au pastoralisme ? Discutons-en et voyons ce qu'il faut mettre en place pour les régler ! L'ours pose des questions sur les autres activités de la montagne ? Parlons-en ! Mais de grâce, ne retombons pas dans le débat stérile du bien fondé de la sauvegarde du plantigrade, je le rappelle, c'est la Loi ! Si les opposants sont disposés à venir sur ce débat, j'y suis prêt...

G.L. : Serez-vous à Luchon le 3 juin ?

François Arcangeli : Oui, bien sûr ! J'espère que nous serons très nombreux pour ce rassemblement de soutien que nous voulons festif, familial et joyeux.

Interview de Gérard Larrey

17 mai 2006

François Arcangeli réagit après la visite de l'ASPAP

François Arcangeli, maire d'Arbas réagit à la visite de l'ASPAP et de Philippe Lacube à Arbas le 13 mai

Stop à la violence

François Arcangeli
Ce samedi 13 mai, au retour de la manifestation anti-ours à Bagnères de Bigorre, l’ASPAP, association soutenue par le Conseil Général de l’Ariège et par son Président Augustin Bonrepaux,  a procédé à une nouvelle expédition punitive sur la commune d’Arbas.

Faut-il rappeler préalablement qu’Arbas ne se situe pas sur la route entre Bagnères et l’Ariège : 5 bus d’opposants, ainsi que différents véhicules de particuliers, ont donc délibérément choisi de détourner leur chemin pour aller punir Arbas.

Ce samedi ensoleillé, une vingtaine d’enfants et quelques parents se trouvaient donc paisiblement sur la place de la mairie lorsque la horde est arrivée.

Parfois le visage maquillé de noir, parfois même encagoulés, quelques dizaines de personnes ont donc investi la place de la mairie en jetant des explosifs au milieu même des enfants, en proférant des insultes, des menaces et en laissant des tracts (joint en annexe) non équivoques où l’on peut lire en titre « Et revoilà la guerre des Demoiselles en Ariège » et plus loin « Les Demoiselles sont des bandes d’ariégeois masqués, armés (…) le visage noirci. La tactique de cette guérilla locale est simple et adaptée au terrain. Les demoiselles opèrent par vagues pour susciter la peur en harcelant l’adversaire jusqu’au moment où les gardes et gendarmes abandonnent le terrain. (…) Les Demoiselles marchent devant vous, les Demoiselles sont de retour ».

Conformément à cette déclaration, c’est donc par surprise, alors que les forces de l’ordre étaient occupées ailleurs, que l’ASPAP, menée par Philippe Lacube, a procédé à une nouvelle « vague pour susciter la peur en harcelant » la population du village.

Les parents, venus protéger leurs enfants ont été pris à partie et deux mères de familles ont été frappées au visage, dont l’une par un coup de tête. Un jeune agriculteur de la commune, connu pour ses positions favorables à la cohabitation avec l’ours, a été roué de coups par six ou sept personnes. Des menaces, y compris de mort contre ma personne ont été réitérées. Promesse a également été faite de revenir pour d’autres exactions. Des plaintes seront à nouveau déposées.

Il est inutile de préciser à quel point la population du village, et plus encore les enfants, est excédée, choquée, meurtrie par ces violences répétées.

Dans un communiqué signé par Stéphane Lessieux, le bourreau veut se muer en victime : l’ASPAP dénonce que « les opposants à la réintroduction d'ours subissent régulièrement des agressions verbales et physiques de la part de pro-ours extrémistes » en prétextant avoir été agressés à Arbas alors que leur tract est particulièrement explicite et revendique même ces violences !

Devant ces faits d’une extrême gravité, et sans attendre l’irréparable, je demande instamment aux pouvoirs publics de dissoudre l’ASPAP, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger la population d’Arbas et les acteurs de ce programme de renforcement, et de cesser de tolérer des comportements qui ne relèvent pas de la liberté d’expression mais du terrorisme. Tout le monde, les pouvoirs publics comme la presse, doit bien prendre conscience qu’après les violences que nous avons connus à Arbas le 1er avril, l’ASPAP, persiste dans sa logique de haine, de menace, de mensonge et de terreur.