Arbas

05 février 2008

François Arcangeli : à Arbas, nous voulons un écomusée pour mieux faire connaître l’ours

Interview de François Arcangeli
Maire d’Arbas, président de l’association Pays de l’Ours-Adet

« La maison du pays de l’ours » de Fos a fermé ses portes en décembre dernier. Mais votre commune s’est portée candidate pour accueillir un nouveau lieu. Où en est ce projet?
Il faut préciser que notre projet se veut très différent de la Maison qui se trouvait à Fos. Nous sommes plutôt sur l’idée d’une structure muséographique abordant les questions de l’ours et des activités humaines.

Nous avons d’ailleurs étudié et observé d’autres réalisations similaires, dans les pays voisins, qui nous donnent des idées. A l’heure actuelle, nous en sommes à la phase d’étude de faisabilité du projet. Nous avons prévu de la boucler durant le premier semestre 2008. Les études de réalisation viendront par la suite.

Quel serait l’objectif d’un tel écomusée?
Nous le savons, l’ours constitue une question complexe. Mais nous pensons qu’il faut le décharger de problèmes qui ne sont pas les siens. Certes, sa présence interfère avec d’autres activités, mais elle révèle surtout bon nombre de dysfonctionnements. L’ours n’est tout de même pas responsable de tous les problèmes du pastoralisme ! Notre objectif est donc de répondre aux multiples questions et de recadrer certaines choses. Il faut expliquer qui est l’ours, comment il vit et comment il cohabite avec l’homme. Et nous avons l’ambition d’ouvrir ce lieu aux touristes bien évidemment, mais aussi aux populations locales, aux scolaires ou encore aux associations.

A votre avis, l’ours peut-il devenir un produit d’appel touristique ?
Oui, si on considère qu’il intéresse un très grand nombre de personnes. De nombreuses études viennent le confirmer. Nous avons l’exemple de ce qui se fait en Espagne ou en Italie, où l’ours a contribué à améliorer l’attractivité de ces territoires. Sa présence peut permettre de mieux faire connaître un pays. Hélas, dans les Pyrénées, nous connaissons les inerties qui freinent le processus.

Avez-vous bon espoir de voir la situation évoluer ?
Oui, car je reste convaincu que l’ours est une grande opportunité pour notre région, mais la vraie question, c’est le temps. Combien de temps nous faudra-t-il pour aller au-delà de la polémique ? Je pense que sur les dix dernières années, les uns et les autres ont toutefois acté une notion fondamentale : l’ours fait partie du patrimoine pyrénéen.

Source : Empreinte Ours n°4. Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

21 décembre 2007

M..., le paradoxe ursin

par Etienne Hugues BOYER
Lundi 6 novembre 2006

Etienne Hugues Boyer : Je n'ai pas la prétention d'avoir la science infuse, et je suis prêt à accepter tous les arguments possibles sur tous les sujets pour lesquels j'ai une opinion tranchée. Après, je ne garantis pas que je changerai de point de vue à chaque coup. Là, pour le sujet qui nous intéresse, j'ai mis longtemps à me décider. Je ne vais pas me positionner en tant que partisan ou réfractaire à l'ours (même si je suis pour une réintroduction raisonnée et raisonnable), mais je voulais juste tenter de réveiller la polémique, et river son clou à M.

Vendredi 3 novembre 2006, je suis tombé sur un article du Sud-Ouest. Je ne pouvais pas passer à côté vu mon passif pour le moins houleux avec la protagoniste principale, M., une bergère ossaloise de ma connaissance s'y plaignait de ne pas avoir pu parler à la télé dans une émission de Stéphane Bern sur son sujet de prédilection : l'ours. (Lire l'article de Sud-Ouest et la prose pyréniaise de Louis Dollo à ce sujet). Elle y était invitée avec entre autre, Nelly Olin, la ministre UMP de l'écologie.

La bergère soupçonnait la ministre d'avoir fait pression auprès de la production ou du journaliste afin de l'empêcher de s'exprimer, car elle l'avait, il y a quelques temps, interpelée sévèrement sur le sujet. (NDLB: lire le compte-rendu de la rencontre M. / Nelly Olin lors des automnales du Pays de l'ours à Arbas ci dessous).

Stéphane Bern a furieusement démenti l'accusation. Et probablement dit-il la vérité (moi qui, à mon humble niveau, connais bien les pressions dont sont capables les politiques de tous poils, je me permets d'émettre un petit doute, quand même); mais si toutefois la bergère ne faisait pas une crise de paranoïa aigüe (tout est possible paraît-il...), je pense que Mme Olin a raté une bonne occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Pourquoi donc ? Tout simplement parce que si je conçois que certains bergers en colère soient vraiment et régulièrement en contact avec l'ours (ils sont relativement peu nombreux, et sont quand même bien indemnisés par l'Europe en cas d'attaque ursine avérée; ils peuvent aussi recevoir des aides afin de prévenir ces attaques, etc.), je ne conçois pas qu'on puisse se présenter comme la Jeanne d'Arc des anti-ours tout en vivant (très bien) de sa renommée fauvesque séculaire.

En effet, comment peut-on passer son temps à cracher sur la réintroduction de cette pauvre bête (je parle de l'ours des Pyrénées) en voie d'extinction alors qu'on ne l'a jamais vue de sa vie, ni même rencontré l'ombre d'une de ses crottes? Comment peut-on dans le même temps tout faire pour attirer les touristes sur les lieux d'estives avec des images d'Epinal et de vraies fausses expériences personnelles impliquant l'animal ?

Le voilà le paradoxe ursin, l'incohérence flagrante, (l'hypocrisie ?) de certains militants anti-ours; et encore, je ne parle pas de la virulence des propos de leurs homologues hauts-souletins, dont les brebis n'ont pourtant pas vu un poil de cul d'ours depuis plus de 50 ans !

Le voilà l'argument qui tue, que Mme Olin aurait pu utiliser pour remettre cette bergère agressive comme un essaim de frelons en rut à sa vraie place, au lieu de lui faire couper la chique par la technique. Si tant est que l'ossaloise ait sciemment été censurée...

Etienne Hugues BOYER
Brevet professionnel responsable d'exploitation agricole
Etés 1998 et 1999 : Estives en montagne en vallée d'Ossau, AFARPA
Correspondant local de presse, journal Sud-Ouest Béarn et Soule

Maddé Maylin et Nelly Olin aux Automnales du Pays de l'Ours 2005

Par Baudouin de Menten

Aux automnales du Pays de l'ours à Arbas, j'ai assisté de très près aux manœuvres effectuées par M.M. pour infiltrer la "garde rapprochée" de Nelly Olin, alors que les ultra pastoraux chantaient des chansons "pastorales" et faisaient faire fortune au tenancier de la buvette installée sur la place.

Sous une pluie battante, les auteurs dédicaçaient leurs livres sur l'ours dans une tente installée devant la mairie : Farid Benhammou présentait "Vivre avec l'ours" et "L'ours, les 4 vérités", Yves Salingue "La quête de l'Ours" et Stéphane Carbonnaux "Le cercle rouge", son livre sur le gypaète barbu.

Maddé Maylin, la "Brigitte Bardot" du pastoralisme faisait mine de s'intéresser aux livres sur l'ours. Surpris mais aimable, Farid Benhammou à discuté de longues minutes avec Maddé Maylin, toute sucre. Nous n'avons pas compris de suite pourquoi la farouche opposante à l'ours s'intéressait longuement à ses auteurs et à leurs livres favorables aux plantigrades et à la cohabitation. A la table d’à côté, je discutais avec Yves Salingue de sa quête de l'Ours et m'occupait comme bénévole du réapprovisionnement du stand en livres.

Maddé Maylin et Nelly Olin aux Automnales du Pays de l'Ours 2005 à Arbas

Nelly Olin en grande discussion avec Maddé Maylin et Farid Benhammou dans la tente "livres" des Automnales du Pays de l'Ours, Arbas 2005 (Photo ADET)

En réalité, Maddé Maylin ne s'intéressait pas du tout aux livres sur l'ours. Elle s'était positionnée là, devant la table en attendant de se retrouver nez à nez avec la ministre qui passait de stand en stand. Quand Madame Nelly Olin est entrée, on a compris de suite, mais trop tard. Nous avons cru naïvement que Maddé Maylin cherchait à se cultiver sur le plantigrade !

La douce bergère en manque de lecture s'est transformée en militante sauvage, bondissant sur la ministre de l'Ecologie qui s'est demandée qui était cette femme qui l'agressait verbalement. Je ne serais pas étonné que Nelly Olin s'en soit souvenue sur le plateau de l'émission de Stéphane Bern à Paris et aie rendu à Maddé Maylin la monnaie de sa pièce. A maline, maline et demi.

La bergère en question, Maddé Maylin est "secrétaire générale" du "Comité de défense contre la réintroduction de l'ours" (siège social à la mairie de Laruns) qui est membre de la "Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne des Pyrénées-Atlantiques" elle même membre de l'ADDIP "Association pour le développement durable de l’Identité des Pyrénées". Les Pyrénées sont pleines de poupées russes.

27 novembre 2007

Les éleveurs casseurs d'Arbas condamnés

Les dix éleveurs et membres des associations opposées à la survie de l'ours dans les Pyrénées qui avaient violement manifestés à Arbas le 1er avril 2006 ont été condamnés à 6.796 € pour dégradation de biens publics.

Les éleveurs anti ours condamnés pour dégradation de biens publics à Arbas Dix éleveurs ont été condamnés lundi 26 novembre par la cour d'appel de Toulouse à payer 6.796 euros en réparations des dégradations commises dans la commune d'Arbas (Haute-Garonne), le 1er avril 2006, lors d'une violente manifestation contre le lâcher dans les Pyrénées d'ours slovènes. Les éleveurs condamnés devront également payer 2.000 euros de frais de justice.

Les dix prévenus avaient été condamnés en première instance, en septembre 2006, à verser solidairement 4.300 euros de dommages et intérêts à la commune d'Arbas, dont le maire est François Arcangeli, président de l'ADET, l'association qui a favorisé la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées centrales. Les éleveurs avaient à l'époque déclaré que les associations paieraient les frais et amendes. L'ASPAP est majoritairement financée par un "don" de 20000 € d'Augustin Bonrepaux, président du conseil général de l'Ariège.

Philippe Lacube, porte parole des antis ours de l'ASPAP est satisfait "Pour nous, la somme d'environ 6.700 euros reste importante, mais nous avons la satisfaction de savoir qu'elle ne représente que 10 à 11% des demandes du maire d'Arbas". Philippe Lacube a ajouté que les éleveurs n'engageraient pas de pourvoi en cassation. Il a aussi critiqué l'attitude du maire d'Arbas qui les poursuit en justice et "se répand néanmoins dans la presse pour enterrer la hache de guerre". François Arcangeli réclamait comme en première instance 17.844 euros au titre de réparations des dégradations et 20.000 euros pour le préjudice lié à l'image du village. Pour lui, "c'est un jugement mesuré même si pour eux c'est une somme pas négligeable". "Le premier jugement était très en deçà d'un équilibre et là, on s'y est approché".

Il est surprenant de voir que Monsieur Lacube oublie que le maire d'Arbas a aussi pour mission de représenter les habitants de sa commune qui ont été choqués par les violences et les dégâts causés par l'ASPAP et ses militants. N'ont-ils pas le droit de remettre en état le mobilier urbain détruit, de nettoyer la façade et l'intérieur de la mairie ? François Arcangeli, maire d'Arbas a estimé le montant des dégradations (façade souillée, jardinières piétinées, etc.) à 10% du budget de la commune. Les arbasiens ont donc dû y aller de leur poche, mais justice est rendue.

22 octobre 2007

Procès d'Arbas, les casseurs en appel au tribunal à Toulouse

Condamnés à 4 300 euros d’amende en première instance en septembre 2006, les anti-ours sont poursuivis par le maire d’Arbas, qui leur réclame 17 000 euros pour le nettoyage de la façade de la mairie, et 20 000 euros de dédommagement pour atteinte à l’image de la commune.

C’est à 14 heures aujourd’hui que les dix militants anti-ours qui ont saccagé des bâtiments publics, le 1er avril 2006 à Arbas, ont été jugés par la cour d’appel de Toulouse. Dix-huit mois plus tard, le dialogue est toujours aussi difficile entre les pro et les anti-ours.

Nous espérions beaucoup avec le changement de gouvernement, mais nous avons été déçus”, explique Magali Boniface, porte-parole de l’Aspap, principale association anti-ours. Elle dénonce l’importance des moyens financiers et logistiques des pro-ours : “Cela nous inquiète beaucoup. La population des ours augmente dans les Pyrénées. Cet été, il y a des secteurs en Ariège qui ont été touchés pour la première fois.”

La pérennité des ours dans les Pyrénées passe par la présence d’une cinquantaine d’individus. Il y en a vingt-deux aujourd’hui”, constate Alain Reynes, de l’association Pays de l’ours. Ce dernier se félicite néanmoins de l’arrêt des violences des anti-ours : “Prochainement, un voyage à l’étranger réunissant pro et anti-ours va se dérouler pour étudier le comportement des ours.”

Un important dispositif policier a été déployé devant la cour d’appel de Toulouse, à l’occasion du procès des anti-ours. Seuls les éleveurs condamnés en première instance et des représentants d’associations ont été autorisés à assister à l’audience.

Dès la fin des débats, Gérard Dubuc, opposé à l’introduction de l’ours et maire de Saint-Lary, commune ariégeoise de 150 habitants, a interpellé François Arcangeli, le maire d'Arbas : “Accepteriez-vous une rencontre avec des éleveurs dans un esprit d’apaisement ?” “J’ai toujours été pour un dialogue”, a répondu le maire d’Arbas, en lui donnant rendez-vous. François Arcangeli "ne s’est pas dit opposé" à ce que sa commune soit candidate pour de nouveaux lâchers d’ours.

Pour l'ASPAP : "François Archangéli réclame aujourd'hui 40.000 euros. La hauteur des exigences financières du maire d'Arbas, également président de l'ADET – outil de promotion et d'importation des ours slovènes - ne laisse aucun doute sur sa volonté, au-delà d'aggraver les peines individuelles, d'atteindre l'ASPAP qui n'a jamais caché son soutien aux ariégeois traduits en justice." déclare un communiqué de l'association du 9 octobre.

"S'en prendre à  l'ASPAP, c'est attenter à la liberté d'expression que les Pyrénéens, longtemps privés de parole, ont chèrement gagnée. Des Pyrénéens qui dénoncent la casse de l'outil de travail de milliers d'éleveurs, les coûts exorbitants de ces programmes, les dangers d'ours peu farouches pour les populations, l'ensauvagement programmé des estives. Et qui dérangent."

A la sortie du tribunal, près de 80 ultrapastoraux de l'ASPAP, l'association financée par Augustin Bonrepaux dont sont issus les casseurs d'Arbas étaient là pour "soutenir" les accusés et "crier" leur colère.

La cour d'appel de Toulouse a mis en délibéré son jugement au 26 novembre. A suivre.

15 octobre 2007

Procès des casseurs de l'ASPAP, on reporte

Le procès au civil de dix opposants à l'ours reporté au 22 octobre à Toulouse.
Chronique d'octobre (4)

La cour d'appel de Toulouse a reporté au 22 octobre le procès au civil de dix opposants à l'ours, condamnés en 2006 à verser 5.000 euros de dommages et intérêts à la commune d'Arbas (Haute-Garonne) pour des dégradations lors d'une manifestation contre le lâcher d'ours slovènes dans les Pyrénées. François Arcangeli, maire d'Arbas avait fait appel des dispositions civiles du jugement de septembre 2006. Il réclame 35.000 euros de dommages et intérêts considérant que l'indemnisation proposée était très éloignée du montant des réparations effectuées dans cette commune et qui s'élèvent 17.000 euros. Le 1er avril 2006 , 200 à 300 personnes avaient souillé la façade de la mairie de ce village de la Haute-Garonne par des jets de sang et brulé la statue d'un ours en bois,une oeuvre d'un artiste disparu depuis.

Les dix opposants à l'ours avaient demandé jeudi le report de l'audience civile, leurs avocats étant "dans l'impossibilité d'organiser leur défense avant l'audience" faute d'avoir reçu les éléments du pourvoi du maire d'Arbas. Agés de 19 à 53 ans, ces neuf hommes et une femme avaient également été condamnés en septembre 2006 à des peines allant d'un à quatre mois de prison avec sursis. M. Arcangeli n'avait pas fait appel des condamnations pénales.

"Grande solidarité" des ultras, pastoraux ou Nemrods

Le parti des chasseurs (CPNT Chasse Pêche Nature et Traaaditions) soutient les casseurs d'Arbas.

"Au nom de la défense du pastoralisme et de la revendication d'une vraie politique de développement de la montagne par opposition à l'écologie paillettes et gadget symbolisée par les lâchers d'ours, CPNT son soutien et annonce sa participation à la Manifestation de soutien aux éleveurs et bergers s'opposant aux réintroductions d'ours dont un certain nombre passent en jugement pour leur action "anti lâchers d'ours" le lundi 22 octobre 2007, à 14 heures.

Rien de bien neuf sous le soleil : conservatisme et privilèges, irresponsabilités et traditions, violences et impunités, les hommes d'abord. "Petits esprits, petit pays" a dit le jour un de mes ex roi. Personne n'est content et la terre fout le camp.

Notre gazette pastorale lourdaise préfèrée a oublié une petite chose qu'elle n'a pas trop envie de communiquer : le 22 octobre, c’est aussi le jour où l’avocat des opposants à l’ours (Maître Stéphane Fabbri) passe lui aussi devant la cour d’appel pour ses hauts-faits de braconnage. Il a déjà été condamné au pénal (prison avec sursis et forte amende, retrait du permis de chasse). Ce sont les associations qui le poursuivent en appel au civil car elles n’ont pas obtenu grand-chose en dommages et intérêts. Son ami Bonrepaux va le défendre, soyez en sur; entre collègues...

09 février 2007

Les trophées de la Nature 2006

Les trophées de la Nature 2006 sont décernés par l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Ces trophées récompensent le meilleur (trophée de plume) et le pire (trophée de plomb) en matière de protection de la nature.

Dans un pays où les lois de protection de la nature sont quotidiennement bafouées, certains s'efforcent pourtant de défendre efficacement la nature et les animaux sauvages.

Trophée de plume 2006 : François Arcangeli

Pour l'édition 2006, c'est à François Arcangeli, maire d'Arbas en Haute-Garonne qu'a été décerné le positif « trophée de plume » : cheville ouvrière du programme de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. « François Arcangeli a fait preuve de persévérance et de sang-froid face aux pressions et menaces des anti-ours de sa région », souligne l'Aspas, faisant référence aux violences et dégradations commises par les anti-ours le 01 avril 2006 sur la mairie d'Arbas, et aux menaces de mort adressées par la suite au maire de la petite commune du pays de l'ours.

En avril 2006, les opposants à la réintroduction, accompagnés de conseillers généraux et de maires, avaient investi la ville d'Arbas pour manifester, avec violence, leur opposition à l'accueil d'ours slovènes sur leur commune. Proférant
insultes et menaces, les anti-ours en sont venus à jeter des bouteilles, des pétards et du sang sur les murs de la mairie. François Arcangeli avait immédiatement porté plainte contre ces détracteurs avant de démissionner du Parti Socialiste en réaction à la présence de politiques au sein des agitateurs.

Trophée de plomb 2006 : Jean-Pierre Jouffrey

Si pour son « trophée de plomb », qui condamne « les actes écologiquement dommageables », l'association a couronné Jean-Pierre Jouffrey, un opposant virulent « qui milite à coup de carabine pour l'éradication du loup » dans les Alpes. Jean-Pierre Jouffrey s'est d'ailleurs vanté d'en avoir abattu un en 2000. Si ce braconnier ne sera jamais jugé, faute d'une application crédible de la législation, l'ASPAS le condamne aujourd'hui par ce trophée de plomb, un trophée qu'il pourrait d'ailleurs partager avec Denis Duperier, son collègue savoyard qui a tué un loup en 2005 et a été relaxé récemment par le tribunal de Chambéry. Face à cette lâcheté juridique, l'ASPAS se demande si la notion d'espèce protégée a encore un sens en France ?

L'ASPAS avait également répertorié dans sa sélection finale la castafiore du Béarn : le député chanteur UDF des Pyrénées Atlantiques, le gréviste de la faim Jean Lassalle, grand orateur aux envolées lyriques : "Viol des Pyrénées", "La réintroduction doit être un acte d'amour" et "blanchiment des consciences" qualifié de « député anti-écolos. ». Nicolas Vanier, le trappeur superstar qui croit sauver les animaux sauvages en les tuant a aussi été nominé.

Puisque les représentants politiques engagés pour défendre la nature sont rares, les associations telles que l'ASPAS se doivent de dénoncer les atteintes à la biodiversité, à notre environnement et ce dans l'intérêt de tous.

Sources : La Dépèche, ASPAS, FERUS

23 novembre 2006

Appel des élus socialistes et républicains de l’Ariège contre la violence

Les élus socialistes du Conseil Général de l'Ariège : la honte des Pyrénées " Mercredi 19 Avril dernier, dix personnes parmi les 400 participants à la manifestation du 1er Avril à Arbas contre l’introduction d’ours slovènes dans les Pyrénées ont été convoquées par le Procureur de la République à la Gendarmerie de Saint-Gaudens.

Communiqué de Frédérique Massat, présidente des élus socialistes et républicains de l'Ariège

Les élus socialistes et républicains, condamnent avec force les violences urbaines qui appellent des sanctions fermes et proportionnées et dénoncent la responsabilité du gouvernement dans cette situation.

Un an après les émeutes dans les quartiers, rien ou presque n’a changé : abandon de la police de proximité, insuffisance des crédits de la politique de la ville et pour l’aide aux associations, fermetures de nombreux services publics, explosion de la précarité, renforcement des ghettos…

Source : Arrière-News

Le contexte est différent, mais avec un tel discours, je crois rêver! Impossible de ne pas faire le lien avec le soutien des élus socialistes ariègeois en écharpe aux casseurs d'Arbas. Double language. Les élections approchent.

Lire

07 septembre 2006

Saccage d’Arbas : les dix éleveurs condamnés, les vrais responsables épargnés

Les dix éleveurs poursuivis pour avoir participé au saccage d’Arbas le 1er avril 2006 ont tous été déclarés coupables aujourd’hui par le Tribunal de Saint Gaudens. Tous sont condamnés notamment à de la prison avec sursis, allant jusqu’à quatre mois, et à une interdiction de manifester pendant 6 mois sur le territoire des communes de lâcher des ours ce printemps (Arbas, Burgalays, Luchon et Bagnères de Bigorre).

Le saccage de la mairie d'Arbas par les éleveurs de l'ASPAP Ce jugement confirme la gravité des violences et dégradations commises à Arbas ce jour-là, que les manifestants avaient cherché à minimiser depuis.

S’il est normal que ces personnes aient eu à répondre de leurs actes, nous considérons que les organisateurs de la manifestation, notamment l’association ASPAP, mais aussi les élus présents, sont aussi responsables des exactions d’Arbas.

Ce jugement devrait faire réfléchir les élus en écharpe qui ont soutenu et encouragé les violences par leurs propos ou leur présence. Il éclaire également d’un jour nouveau les propos de Monsieur Augustin Bonrepaux, qui, au lendemain du saccage d’Arbas avait déclaré qu’il regrettait « de n’avoir pu se joindre à cette manifestation » et annonçait « d’autres incidents, plus graves ».

En finançant largement l’opposition à l’ours via le Conseil Général de l’Ariège et l’association ASPAP, Augustin Bonrepaux apparaît personnellement comme le vrai responsable de ce climat de violence, bloquant concertation et dialogue, et empêchant la mise en œuvre d’une cohabitation élevage – ours pourtant possible et souhaitée par la majorité des Pyrénéens et des Français.

Communiqué de l'ADET - 07-09-2006

22 juillet 2006

Arbas : dix casseurs anti-ours poursuivis

Arbas : Dix personnes ont comparus le 20 juillet devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens pour dégradations de biens publics et privés et violences aggravées après la manifestation des anti-ours le 1er avril dernier à Arbas (Haute-Garonne).

Arbas : L'ASPAP soutient ses casseurs

à Arbas, ils étaient 400, à Saint-Gaudens une cinquantaine de membres des associations opposantes à la réintroduction des ours se sont rassemblés devant la gendarmerie, dont quelques maires ceints de leur écharpe tricolore. Après le saccage d'Arbas, un imposant dispositif de sécurité était en place : policiers, gendarmes, escadron de gendarmerie mobile.

Les militants anti ours comptaient ainsi soutenir les dix participants à la manifestation d'Arbas qui sont convoqués pour s'expliquer sur les dégradations commises dans la localité commingeoise où doit être lâché le premier des cinq ours slovènes avant l'été. Ils ont été entendus dans le cadre de l'enquête diligentée par le procureur de la République, Dominique Alzeari. Les personnes entendues sont originaires essentiellement de l'Ariège et des Hautes-Pyrénées.

Neuf hommes et une femme, parmi les manifestants les plus actifs, avaient été identifiés par les gendarmes lors de la manifestation hostile à la réintroduction de l'ours, qui s'était déroulée dans le village pyrénéen pro-ours d'Arbas le 1er avril 2006.

Les casseurs d'Arbas convoqués minimisent les faits

Gérard Pons, éleveur à Bepmale, vice-président de la chambre d'agriculture de l'Ariège est arrivé  muni de sa convocation et minimisant les faits :  « Les arguments de la plainte sont exagérés : participation à un attroupement armé, menaces de mort, dégradations volontaires, violences volontaires… »

Hélène Huez, éleveuse, prestataire de service, convoquée elle aussi, a lancé : « On est des militants. Nous ne sommes pas intimidés par une convocation devant la gendarmerie. La pression monte sur nous. On défend notre outil de travail. »

Arbas : une manifestation pacifique !

A Arbas, de nombreuses dégradations avaient eu lieu sur des bâtiments publics (mairie, statue d'un ours arrosée d'essence et brûlée...) et privés (habitations), et deux habitants avaient également été agressés. Après la manifestation, cinq plaintes ont été déposées, quatre par des particuliers, une par le maire, François Arcangeli, au nom de la commune. Les manifestants avaient bombardé la mairie de bouteilles remplies de sang d'agneau, incendié une sculpture emblématique d'Arbas, peinturluré les routes de slogans injurieux et jeté des pétards dans divers locaux et une bergerie.

Les enquêteurs devront établir si deux jeunes veaux ont bien été tués à la suite de ces jets de pétards dans l'étable où ils se trouvaient. Parmi les plaignants figure une personne qui affirme souffrir d'un déficit auditif important depuis le 1er avril, toujours à la suite de jets de pétards.

Convoqués mercredi à la gendarmerie de Saint-Gaudens, les dix suspects ont été entendus sur les faits avant de se voir signifier les poursuites judiciaires. Si certains seulement sont des éleveurs, tous résident en Ariège et sont membres de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), qui avait appelé à la manifestation.

Commence alors une longue attente qui va durer près de six heures. La tension à l'extérieur monte un peu quand maires et membres de l'ASPAPA réclament vouloir déposer devant les gendarmes. « À Arbas on était 400. Pourquoi en convoquer que 10 ? Dans ce mouvement, il n'y a pas de leader. » A 15 heures, sous les applaudissements les dix convoqués sortent. Gérard Pons parle « d'une journée éprouvante. Les auditions se sont très bien passées. » Hélène Huez précise : « On est convoqué le 20 juillet devant le tribunal correctionnel pour dégradations de biens publics dont il n'est résulté qu'un dommage léger et pour cinq d'entre nous pour violences volontaires sans interruption de temps de travail. »

Après Arbas, Bagnères-de-Bigorre ?

Les militants anti-ours, particulièrement remontés du fait du plan de réintroduction dans les prochaines semaines dans les Pyrénées de cinq nouveaux plantigrades capturés en Slovénie, ont prévu de nouvelles actions, début mai à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), commune qui s'est déclarée favorable à accueillir un lâcher d'ours.

Louis Dollo invite à une nouvelle "manifestation pacifique"

Sur Ossau.net, Louis Dollo, l' omiprésent posteur des forums pyrénéens et reponsable du site pyréniais annonce que les éleveurs et bergers s’organisent : « Alors que la capture des ours de prépare en Slovénie, qu’un référé suspension est déposé au Conseil d’Etat, les bergers et éleveurs des Hautes-Pyrénées préparent une manifestation à Bagnères de Bigorre pour le samedi 13 mai à partir de 10 h. Cette manifestation se veut pacifique et festive où chacun pourra venir en famille de toutes les Pyrénées que l’on soit du milieu agricole, sportif, touristique ou autre. Des précisions sur l’organisation devraient être fournies la semaine prochaine. Tout le monde est invité surtout Ossau.net ».

Tagnères-de-Bigorre

Un nouveau pic-nic sanglant en perspective ? Des éleveurs ont transformés les panneaux indicateurs de la ville. Bagnères-de-Bigorre est devenu «Tagnères-de-Bigorre». Inutile de dire que le 13 mai, la ville de Bagnères-de-Bigorre sera transformée en camp retranché. Les caméras seront là pour immortaliser le pacifisme habituel des militants, bergers et éleveurs de l'ASPAP. Louis Dollo en sera-t-il ?

Pour suivre le saccage d'Arbas

Sources : Le nouvel Observateur et La dépèche des Pyrénées 

La peur de rencontrer un ours dans les Pyrénées

Régulièrement, des lecteurs postent des messages à la buvette sur: reçoit

  • « le danger de la rencontre avec un ours »,
  • « la probable et prévisible prochaine victime »,
  • « l’irresponsabilité de la ministre » etc.

Il s'agit toujours de messages inspirés par la peur d'une rencontre avec le plantigrade.

Ainsi Monsieur Jacques Sartori poste le message suivant : « Qui sera responsable d'une attaque incontrôlée d'un ours sur une personne et en particulier sur un enfant qui souvent, n'est pas plus gros qu'une brebis. Le fait de mettre en liberté un prédateur sans une surveillance constante doit être considéré :

  • comme une mise en danger de la personne. Délit reconnu par le Code Pénal Art. 223-
  • comme des atteintes involontaires à la vie. Délit reconnu par le Code Pénal Art. 221-6

Il me semble qu'il devrait y avoir foule de "pas Coupable et pas Responsable" le jour où il faudra rendre des comptes ! ».

Louis Dollo ou Jacques Sartori ?
Même peur de l'ours ou même homme?

Ce texte ressemble furieusement à ce message de Louis Dollo (bas de la page) sur un forum de Bielle-en-Ossau bien connu pour ses accointances avec la mairie de Jean Baylaucq. Je cite Louis Dollo : «L'IPHB est composée essentiellement d'élus locaux qui sont pénalement et civilement responsables sur leurs territoires respectifs. Or, le fait de mettre en liberté un prédateur sans une surveillance constante doit être considéré :

  • comme une mise en danger de la personne. Délit reconnu par le Code Pénal Art. 223-1
  • comme des atteintes involontaires à la vie . Délit reconnu par le Code Pénal Art. 221-6

Par ailleurs, lorsqu'on lit page 8 d'Empreinte Ours N°1 du Ministére de l'écologie "Quelles responsabilités en cas d'accident ? " Ces élus sont quand même en droit de se poser des questions (…)Le jours (sic), toujours possible, où il arrivera un probléme à des humains il me semble qu'il devrait y avoir foule de "pas Coupable et pas Responsable" lorsqu'il faudra rendre des comptes !.
Mais je me trompe surement. » (Louis Dollo)

Je profite de cette double identité ou de cette transmission de pensée pour ressortir une actualité non publiée du fond de mon comptoir...

Deux rencontres homme/ours en Autriche

L’histoire « L’ours brun sur ses talons » a été publié dans le journal suisse «Le matin» avant d’être reprise sans analyse ni commentaire sur kairn.com. Cette reprise cherche à prouver la «dangerosité de l’ours» alors que 150 années d’histoire pyrénéenne et de rencontres fortuites avec l’ours ne permettent pas de compter un cas d’humain blessé ou tué par un ours. Au contraire, quand l’homme est un chasseur, les rencontres se terminent bien souvent par la mort de l’animal. L'histoire récente nous l'a montré plusieurs fois.

La peur est un puissant générateur d’adrénaline; la gachette devient très légère ou est-ce la main qui tremble? La peur est aussi génératrice de subjectivité et d’exagération, comme si le « survivant » désirait agrandir son mérite et le danger qu’il a côtoyé.

L'ours brun sur ses talons

NAUDERS (Autriche) - Une bouchère en balade avec sa chienne se retrouve nez à nez avec le plantigrade qui vient de quitter les Grisons. La bête décide de les suivre Christine Kröll, 53 ans.

Une bouchère autrichienne de Nauders (A) dans le Tyrol, a connu vendredi la frayeur de sa vie. Au cours d'une balade qu'elle a effectué vendredi dernier avec sa chienne, Ulysse, elle s'est retrouvée à moins de trente mètres d'un ours, selon toute vraisemblance, l'animal qui s'est baladé récemment en Suisse, à proximité du Parc national.

Comme chaque jour après la fermeture de la boutique, révèle la Neue Zeitung für Tirol, l'épouse du boucher local, va promener sa chienne près du Schwarzer See, situé à proximité de la frontière suisse. Soudain, elle se retrouve presque nez à nez avec la bête. «Je ne crois pas que l'ours en avait après moi mais après mon chien

Sans demander son reste, la promeneuse tente de regagner sa voiture. Mais le plantigrade la suit et se rapproche de plus en plus. «Impossible de marcher vite, Ulysse a été opérée récemment et elle a encore deux plaques de métal dans une patte qui l'empêchent de courir.» Enfin, elle réussit à gagner son véhicule avec la chienne après un quart d'heure de marche, la bête dans son dos. «L'ours a encore fait le tour de la voiture. J'ai été prise d'une peur panique. Entre l'animal et moi, il n'y avait que l'épaisseur de la vitre

Enfin, l'ours disparaît et la bouchère rentre au village avertir les autorités locales. Peu après, des chasseurs découvrent l'ours en train de se repaître d'un cerf.

Dimanche, un autre promeneur, allemand celui-ci, s'est retrouvé nez à nez avec le plantigrade, heureusement sans conséquence.

«Je connais très bien la région de Nauders (A), explique Thierry Walther, 45 ans, un chasseur grison expérimenté et amoureux de la nature, elle fourmille de randonneurs et de champignonneurs.» Pour cet homme qui est persuadé que l'ours «suisse» a en fait vécu en captivité avant d'être relâché au bord d'une route, les dernières aventures du plantigrade ne font qu'étayer sa thèse. «L'ours "suisse" n'a pas peur de l'homme, ce qui le rend particulièrement dangereux car son comportement est imprévisible.» La seule issue, selon le Grison: «Il faut l'endormir et le transporter dans une vallée inaccessible à l'être humain. Comme dans le Parc national. C'est la seule solution pour éviter une catastrophe annoncée.» (Source : Le matin)

Deux rencontres homme/ours sans conséquences

Il n’est pas surprenant que les promeneurs aient eu peur. Analysons les faits avec un peu de recul :

  • Une dame de 53 ans qui ne sait pas courir se promène avec son chien et tombe nez à nez avec un ours, à 30 mètres.
  • L’ours se comporte en curieux. «Je ne crois pas que l'ours en avait après moi mais après mon chien.» Elle marche lentement pendant 15 minutes.
  • L’ours possède une vitesse de pointe bien supérieure à l'homme et à une dame agée qui ne sait pas courrir. Son intention est clairement de suivre la dame à distance, sinon les conséquences auraient été toutes autres. L’ours a fait le tour de la voiture.
  • L’ours adopte un tout autre comportement avec un cerf. Il l’attaque et le mange.
  • L’ours a donc adopté une attitude curieuse et prudente envers l’homme dans les deux cas de rencontre, sans jamais attaquer.
  • Les 2 humains indemnes, n’ont pas été attaqués en sont quitte pour une grosse frayeur qui joue sur leur imagination. Cette peur pousse le second à développer une « théorie de dangerosité », théorie qui est juste le contraire des évènements qu’il narre.

Deux exemples supplémentaires de rencontres homme/ours sans incidents.

Entretenir la peur par une argumentation solide

la peur de l'ours est soigneusement entretenue par ses opposants. De multiples communiqués des "anti-ours" reprennent ces arguments éculés. Augustin Bonrepaux à même insinué que l'ours slovène pouvait être porteur du virus H5N1 de la grippe aviaire avant de devoir manger son chapeau

Jean-Claude Lagarde, un autre lecteur de la buvette plein de finesse, craint lui, la radioactivité des ours slovènes!

De solides arguments à mettre en parallèle avec les déclarations de Philippe lacube : « Le collectif (L’ASPAP) veut montrer un nouveau visage de la lutte anti-ours que celui caricatural du vieux berger pyrénéen avec son béret et son air peu affable. L'idée est de devenir une association représentative en fédérant toutes les approches du mouvement », ou encore (...) le «collectif au nouveau visage de la lutte anti-ours» et toujours Philippe Lacube : «Nous prônons la réflexion plus que la manifestation»,

Jean-Claude Lagarde, un opposant plein de finesse et de réflexion

« Des ours radioactifs (…) creusez des pièges (…) empoisonnez-les»
« La montagne doit être gérée par ceux qui en vivent et y vivent et non par les citadins des grandes villes notament les Parisiens qu'ils soient chanteur ou ministre. Les bergers veulent protéger leurs moutons (fruit de leur travail et leur gagne pain) ce qui est tout à fait normal. Pourquoi ne pas écouter leurs revendications? au lieu de les provoquer en introduisant des ours radioactifs sur leur territoire. De plus de par la multiplication des ours il y aura de plus en plus de moutons tués. Si les bergers lassés pointent au chômage il n'y aura plus de moutons et les ours se tourneront vers les humains et commenceront par les plus faibles, enfants, femmes, personnes âgées qu'ils dévorreront. Donc Messieurs les berbers ne vous laissez pas faire faites parler la poudre, creusez des piéges à ours avec pieus, empoisonnez les. »
(voir ce message) Jean Claude LAGARDE

«J’espère que les chasseurs feront des cartons sur les ours et aussi sur ceux qui sont responsables de son introduction »
« Bientôt inévitablement il y aura des humains tués par des ours j'espère que ces personnes feront partie d'Arbas et non pas d'une autre commune. Soyez fiers vous serez responsables de la mort d'humains et vous serez des assassins. J'éspèreque les chasseurs feront des cartons avant et pas seulement sur les ours mais aussi sur ceux qui sont responsables de son introduction. Quelqu'un qui a du bon sens ce qui ne semble pas être le fort de vos associations de trous du culs. »
(voir ce message) Jean Claude LAGARDE

« Qui nous dit… »
« Qui nous dit que les ours slovènes introduits sur notre territoire ne sont pas radioactifs, contaminés par l'ingestion de végétaux et animaux eux même contaminés par TCHERNOBYL). »
(voir ce message) Jean Claude LAGARDE

Lire à propos des rencontres hommes/ours

Rencontre avec un oursRecommandations en cas de rencontre avec un ours (PDF 2 pages)

Rencontre avec un patou

Recommandations en cas de rencontre avec un patou (PDF 2 pages)

Lire à propos des responsabilités

Lire d’autres récits où la peur génère une déformation du réel proche de l'hystérie

20 juillet 2006

A l'occasion du procès des membres de l'ASPAP suite au saccage d'ARBAS, Stéphane Lessieux vous invite à un walking dinner

Le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens en Haute-Garonne attend ce jeudi 20 juillet, dix militants anti-ours (9 hommes et une femme). L’ASPAP (bien disctrète depuis un mois) organise un «barbecue géant» et une marche sur le palais de justice pour défendre ses «citoyens responsables». La justice va juger leurs responsabilités dans le saccage d’Arbas.

Suite à la manifestation d'opposants au renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées,  Arbas, le 1er avril de cette année, cinq manifestants sont accusés de «dégradations de biens publics et privés» tandis que les cinq autres comparaîtront pour «violences sur une personne».

La gendarmerie avaient, au préalable, convoqué le 19 avril dix casseurs anti-ours pour être poursuivis pour «participation à un attroupement armé, menaces de mort et violences volontaires». Hélène Ménal à recueilli les propos de Stéphane Lessieux, porte parôle de l’ASPAP à  Toulouse.

Stéphane Lessieux: «Depuis les manifs d'Arbas, les anti-ours sont écoutés»

Pourquoi soutenir sans réserve les dix anti-ours jugés aujourd'hui à Saint-Gaudens pour dégradations ?
Stéphane Lessieux: Pour montrer qu'il y a un mouvement de solidarité derrière ces dix opposants.

[ C’est pour cela qu’il vous invite à venir manger une côte d’agneau, vous venez manger, vous êtes comptabilisé pour les statistiques de ce grand mouvement de solidarité nationale envers les joyeux éleveurs pacifistes. ]

Dix sur les quatre cents personnes présentes aux manifestations d'Arbas le 1er avril. Les faits ont été largement déformés. [ Voir les photos truquées du pic-nic d’Arbas ] Nous ne sommes pas une poignée d'excités mais des citoyens responsables, opposés à des mesures injustes et très dures à vivre au quotidien. [ Arrête Stéphane, ta vie de porte parole est tellement pénible... Quand je pense que c’est le Liban qui fait la une de l’actualité, ces journalistes quand même, ils n’ont pas le sens des priorités. Passe moi un klenex.]

Vous assumez donc le saccage du village ?
Stéphane Lessieux: Je n'appelle pas ça un saccage. Nous avons eu besoin de faire un geste spectaculaire pour montrer que nous étions à bout.

[ L’ASPAP a un sens très poussé du spectacle. Le CIO pense à eux pour organiser la cérémonie d’ouverture des prochains JO. 40 000 berêts et batons dans le stade pour un grand concert de « Les montagnards sont là ». Il y aura des grilles et des fosses. Au fond des fosses, des ours slovènes, histoires d’éviter les débordements.]

Et le sang sur la mairie ?
Stéphane Lessieux: C'était un symbole du sang qui coule dans les Pyrénées et dont ne nous voulons pas. Celui de nos brebis égorgées. Et celui de victimes potentielles, si on continue à réintroduire des ours.

[Et c’est reparti : Pas fatigué Stéphane Lessieux de ressasser ton mensonge favori afin de répandre la peur parmi les touristes et les valléens courageux? Il y a 150 ans, les Pyrénées (très peuplées à l’époque) avaient 10 à 20 fois plus d’ours qu’aujourd’hui, résultat? Aucune victime. Aujourd’hui l’Ariège, un des départements les moins peuplés de France a encore quelques ours et tu va nous faire croire que vous vivez dans un climat de terreur à cause des ours et des risques qu’ils font courir à la population! Quel statisticien de l’ASPAP va publier ses travaux sur les riques encourus.

Vous êtes ridicule avec vos « victimes potentielles ». J’ai plus de chance de gagner au loto que de devenir le touriste bouffé par l’ours. Je vais me plonger dans les récits anciens et vais te sortir des témoignages de rencontres homme/ours, et aussi des récits d’ours qui visitent les fermes, déjà à l’époque. Ce sera pour une prochaine note...]

Vous n'avez pas peur que l'épisode d'Arbas parasite votre image ?
Stéphane Lessieux: C'est fort possible, malheureusement. Mais dans le monde d'aujourd'hui, si on ne mène pas des actions de ce type, on reste enfermé dans un tiroir. Depuis ce jour-là, nous sommes écoutés et médiatisés. 

[ L’ASPAP après le « Che » va-t-elle sortir le petit guide à l’usage des contestataires minoritaires? Comment tout casser pour vous faire entendre qu’en vous êtes dans l’illégalité la plus totale.

Les discours haineux, les actes violents, les propos racistes et le non respect des lois, voilà le quotidien de l’ASPAP qui a poussé leur avocat à rajouter dans les statuts : « L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association », sage précaution pour ce type de « citoyens responsables ».

Rappelons aussi que désireux de mieux passer dans la presse où on les prend pour des bourrus gueulards et violents, ils se présentés lors de la présentation de la création de l'ASPAP comme des diplomates parfumés et sobres. Le loup se déguise en brebis en quelque sorte. Ainsi Philippe Lacube avait déclaré à la presse : « Le collectif (L’ASPAP) veut montrer un nouveau visage de la lutte anti-ours que celui caricatural du vieux berger pyrénéen avec son béret et son air peu affable. L'idée est de devenir une association représentative en fédérant toutes les approches du mouvement». ]

Les élus socialistes du Conseil Général de l'Ariège : la honte des PyrénéesLe 1er avril, 200 à 300 manifestants anti-ours, dont des élus ceints de leurs écharpes tricolores, ont occupé Arbas suite à l'appel de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP). La manifestation a rapidement dégénéré, avec jets de pétards, de sang et de bouteilles, dégradation de jardinières et tags vengeurs sur les murs de la mairie, dans laquelle le maire était retranché sous la protection des gendarmes mobiles. Ils entendaient ainsi dénoncer «une écologie de salon » et rappeler que « la cohabitation entre l'ours et une activité agropastorale ou touristique est impossible ».

Cette violente action avait d’ailleurs choquée des élus et associations. Le maire socialiste, François Arcangeli, avait décidé de démissionner du parti en raison de la présence d'élus PS dans la manifestation. Il avait, par ailleurs, assuré qu'il engagerait des poursuites judiciaires collectives et individuelles contre l'ASPAP, ses membres et des élus, notamment du conseil général de l'Ariège, présents à la manifestation. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) avait également condamné ces violences. « Une partie de ces manifestants, à peu près une centaine, s'est sentie légitimée à mener des opérations violentes, car plusieurs élus socialistes qui les accompagnaient les ont laissé faire sans s'opposer à ces actes illégaux et violents. »

« C'est incompréhensible et inacceptable », avait dénoncé à l'Associated Press Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours-ADET. « Si les gendarmes mobiles n'avaient pas été là pour protéger certains bâtiments et certaines personnes comme le maire ou le président de l'ADET, le bilan aurait pu être bien plus lourd », avait-t-il ajouté, parlant d'un moment de « terreur » dans le village.
La ministre de l'Ecologie Nelly Olin s'était aussi déclarée « choquée » par ces violences. « Si je peux comprendre l'inquiétude des éleveurs et des bergers, bien qu'il y ait beaucoup de dispositions qui ont été prises et de nouveaux dispositifs mis en place, on ne peut pas accepter cela », avait-t-elle prévenu. Mme Olin avait tenu à apporter son « soutien au maire d'Arbas et à la population », jugeant «franchement choquant de voir que des élus soient présents, cautionnent ces actes et que des adultes se livrent à de tels saccages et de telles menaces ».

Stéphane Lessieux vous invite à un walking dinner

Stéphane Lessieux vous invite à venir « soutenir en masse, avec l’ensemble des départements pyrénéens » les « collègues » qui ont participé à la « spectaculaire manifestation d’Arbas » ou ils « reconnaissent et assument avoir utilisé des moyens spectaculaires ». Afin de faire pression sur la justice, une petite marche sera organisée, après les côtes d’agneaux offertes aux passants (histoire de paraître très nombreux et très populaires), vers le palais de justice, car il est possible que ces juges citadins ne soient pas au fait des réalités des estives et qu’ils aient été influencés par les discours et les thèses utopistes des « écolos de salons » qui noyautent la presse internationale.

Venez nombreux, ce pic-nic va être très sympatique et promis, ils vont bien se tenir, au moins au début. Quand la justice aura jugé les « collègues », ce sera autre chose car ils auront « besoin de faire un geste spectaculaire pour montrer que nous sommes à bout ». Comme il fait chaud, laissez les enfants à la maison, c’est préférable.

La buvette espère que la justice fera sereinement son travail et que les estives ne vont pas devenir un Etat dans l'Etat ou des zones de non droit. L'ASPAP aurait touché 20.000 euros du Conseil Général de l'Ariège présidé par Augustin Bonrepaux, le "parrain" de l'association qui mérite d'être dissoute. Dissoute, ce qui n'est pas bien cher.

Verdict cet après-midi

En cas de condamnation des 10 activistes de l'ASPAP cet après-midi, j'entends deja les paroles outragées de Stéphane Lessieux : «Injustice contre des éleveurs», «L'humiliation continue», «Les Pyrénées baffouées», «Un jugement conforme à la pensée dans l'air du temps», «le terrorisme écologique récompensé», «On veut la mort du pastoralisme», «Il va falloir prendre le maquis».

L'ASPAP, si elle n'est pas dissoute continuera de répendre la théorie du grand complot et son discours de peur : «Attendez la première victime de l'ours», «Plus personne n'osera aller en montagne », «Ils viennent jusque dans les villages».

Louis Dollo grand reporter?

Il est plus que probable que Louis Dollo, en bon envoyé spécial de Lourdes Infos se présente encore devant le tribunal en «vrai pyrénéen, adopté par le clan». Le journaliste web officieux des «citoyens responsables» sera en première ligne pour effectuer un reportage photo pour son grand journal local et pour son site pyréniais. La presse deLourdes et tarbes réunis est sur les dents pour ne pas manquer ce "mouvement de foule", ce "grand soulèvement populaire" : les Pyrénées sont en marche vers le palais de justice pour défendre le pastoralisme violent.

Allons-nous y revoir les mêmes élus en écharpe qu'à Arbas, la fine fleur des politiciens des montagnes: Augustion Bonrepaux, Jean Lassalle, Robert Zonch ou autre Jean Baylaucq? Tremble France, tremblez juges, les montagnards sont là et Louis Dollo est à leurs basques pour la suite de «l'affaire du collier de Balou», un des scoops de notre grand reporter tarbais qui seul contre tous prétend que le vol du collier est une invention d'écologistes, que ces «mensonges, manipulations et non-dits constituent le fond de commerce de quelques associations en mal d’exister sur des territoires où elle sont absentes» et que faute de communiqué officiel du ministère,  « le collier volé de Balou n'a probablement jamais existé.» Pour rappel : lire le courrier adressé au Ministre de l'Ecologie, Madame Nelly Olin le 20 février 2006 par le syndicat National de l'environnement FSU, syndicat majoritaire représentant les personnels du Ministère de l'Ecologie.

Un grand complot que je vous dit. Qui a intérêt à saccager les locaux de l'équipe de suivi? Qui a intérêt à voler le matériel de suivi? Qui possède en son sein assez d'activistes (qui ont deja fait leurs preuves) capables d'attaquer des locaux officiels? Faut-il rappeler les arbres abattus sur les lignes électriques de Massat, privant la vallée et l'hopital d'éléctricité, dans le seul but de perturber la fête des automnales du pays de l'ours? Nous n'avons que des présomptions, aucunes preuves (une enquête est en cours), mais la concordance d'objectifs, de moyens et de méthodes est troublante. Louis Dollo préfère défendre les "vrais pyrénéens". La buvette défend la justice et la cohabitation. Chacun appréciera ;-)

Après le jugement au procès des memebres de l'ASPAP, nous attendons du ministère de l'écologie, la décision qui sellera l'avenir de l'IPHB. L'été de tous les dangers pour les opposants à la présence et à la survie d'ours dans les Pyrénées.

14 juillet 2006

Baudouin de Menten: l’ASPAP se présente comme victime

Suite au saccage de la mairie et du village d’Arbas le 1er avril, 10 membres de l’ASPAP (Association de Sauvegarde du Patrimoine Ariège Pyrénées) passeront devant le tribunal correctionnel le 20 juillet. L’ASPAP organise le soutien aux casseurs.

Les anti-ours organisent un samedi de terreur à ARBAS

Retour sur les faits: Le Samedi 1 avril, 2006, des manifestants extrêmement violents ont investi le petit village d’Arbas en réaction à la future réintroduction de 4 ours dans les Pyrénées. Ils ont saccagé tout ce qui leurs tombait sous la main, violenté des habitants, arrosé de sang la façade de la mairie et menacé le maire de mort (voir les images du saccage d'Arbas).

L’intervention de la gendarmerie mobile a été nécessaire pour protéger des voyous, les bâtiments publics et les personnes. Des élus socialistes, bardés de leurs ceintures tricolores ont même assisté à ces exactions. Par dégout, le maire d’Arbas, lui même socialiste avait donné sa démission à ce parti. Cette manifestation avait été « organisée » par l’association dite pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées !

Les 10 casseurs de l’ASPAP qui ont été identifiés passent bientôt devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens. Le seul patrimoine que cherche à sauvegarder l’ASPAP est l’impunité de ses membres. C’est ainsi que vous pouvez lire sur AriègeNews, un site internet « d’information » qui semble de plus en plus être la tribune officielle d’Augustin Bonrepaux, un communiqué destiné à soutenir ses membres en jugement.

Un communiqué sournois

Dans ce communiqué, l’ASPAP appelle pudiquement le carnage organisé par Philippe Lacube le 1er juin « une spectaculaire manifestation » et décide « avec l'ensemble des départements pyrénéens de venir soutenir en masse » les casseurs qui deviennent pour l’occasion leurs « collègues ». Ils « reconnaissent et assument avoir utilisé des moyens spectaculaires ». En fait ils en perdent toutes notions de justice et de droit. Les casseurs des banlieues, les brûleurs de voitures utilisent-ils aussi des « moyens spectaculaires » pour s’exprimer? La belle affaire !

Ronronnant comme une chatte, Stéphane Lessieux, le porte parole de l’Association, semble-t-il financée à hauteur de 20.000 € par le Président du Conseil Général de l’Ariège, continue sur un ton mielleux à essayer d’endormir les juges du tribunal et à présenter les casseurs comme des victimes écrasées par une justice qui broie tout sur son passage : « Ces gestes ont été choisis, pour signifier symboliquement des préoccupations douloureuses - le sang des animaux tués par les ours et demain peut-être le sang de la première victime humaine - que nos discours pacifiques et nos démarches auprès des autorités depuis de nombreuses années n'avaient, jusque là, pas réussi à faire entendre».

Répendre la peur

On croit rêver en lisant ces arguments infâmes. Stéphane Lessieux reconnait avoir «choisis les gestes», ce qui veut dire si l’on comprend bien que vous les avez prémédités. Et cette hypothétique «première victime humaine» qui revient dans la boule de cristal des anti-ours comme un épouvantail destiné à répandre la terreur dans l’esprit des français moyens et crédules.

Qui va vous croire, encore ? Vous avez beau agiter vos prévisions aussi ignobles que peu crédibles, les Pyrénées sont traversées en tout sens par des gens qui - sont-ils fous, aveuglés par leur bêtise - n’ont pas plus peur de rencontrer un ours que vous de la justice.

Ainsi, dans la Dépêche du 12 juillet (lire) : Christelle et Thierry, des touristes - inconscients et simple d'esprit - de La Baule en vacances à Luchon déclarent : « La réintroduction de l'ours n'est pas un problème. C'est même plus excitant. Pour le tourisme, cela peut apporter un plus… ». Votre discours négatif et farfelu et ne convainc personne. Vous passez pour de dangereux personnages utilisant la terreur (vous voyez, je contrôle encore mes mots, pour ne pas en utiliser d’autres malheureusement galvaudés et présent dans l’information de tous les jours). J’aurais préféré écrire « rigolos », mais ne me faites pas rire. Faut-il tout casser pour des chimères d’illuminés qui utilisent la haine et la violence comme moyen d’action et la terreur et le mensonge comme langage journalier. Quel beau programme que la « sauvegarde » de ce « patrimoine » là. Il n’y pas eu depuis plus de 150 ans d’accident entre un homme et un ours. En prévision de cela, vous vous saccagez Arbas !

L’ASPAP transforme les victimes en bourreaux 

Stéphane Lessieux cherche ensuite à déplacer les écrasantes responsabilités de l’ASPAP sur ceux qui sont à l’origine de la réintroduction : « (…) les faits ont été déformés et grossis par l'ADET qui aime se faire passer pour le très gentil martyre (sic) afin de toujours éviter le débat de fond ». L’ADET responsable du saccage d’ARBAS ? Ridicule.

L’ADET évite t’elle le débat de fond ?

Sur son site, dans son forum, dans ses communiqués, lors des automales, l’ADET n’arrête pas de défendre les réintroductions par des développements construits, des arguments justifiés par des sources scientifiques ou par des faits historiques. Elle vous accepte aux automnales et vous donne la parole. L’ADET publie, distribue des documents.

L'ASPAP et ses oeillères

Par contre les membres de l’ASPAP continuent de considérer l’ours comme LE responsable des difficultés du pastoralisme. L’ours est l’arbre qui cache la forêt. Faut-il encore et toujours rappeler les chiffres des brebis tuées par l’ours et celui des pertes annuelles ? C’est vous éleveurs qui, aveuglés par des politiciens irresponsables, n’arrêtez jamais d’éviter le vrai débat de fond : l’Ours vous finance, l’ours pourrait vous sauver, l'ours est un cache misère, un mythe. Il n’y pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

L’ASPAP est une assemblée de moutons innocents et grégaires

Stéphane Lessieux qui n’a vraiment pas peur du ridicule poursuit tel un tribun romain : « Convoqués à la gendarmerie pour les graves accusations de «participation à un attroupement armé, menaces de mort, violences volontaires», les 10 prévenus en sont ressortis avec des accusations infiniment plus modestes: dégradations de biens publics (façade de la mairie, jardinières, statue en bois) et violences sur personnes dont nous prouverons qu’elles sont inexistantes. » C’est parfait, des avocats vont défendre ces 10 casseurs, et la justice tranchera.

Vous désirez « rétablir la vérité » sur ce qui s'est passé le 1er avril, vous aurez les images contre vous ! « Ces 10-là doivent-ils payer pour tous les affronts que l'Etat a du subir ces derniers mois ? » Non, ils doivent payer pour les actes de violences qu’ils ont commis, pour les menaces formulées et pour les dégradations du 1er avril. Ne transformez pas un procès pour des faits précis en un procès pour une cause. C’est les faits qui seront jugés.

Oui, vos 10 « collègues » casseurs auront, je l’espère, besoin de vous. Vous pourrez bientôt leur apporter des oranges ! Vous êtes bien les seuls à croire que vous formez « un beau rassemblement, pacifique et festif ». Vous prenez vos rêves pour des réalités : « Montrons à nouveau que ce mouvement n'est pas celui de casseurs et de délinquants mais bien celui de citoyens responsables qui ne veulent pas se faire imposer des décisions injustes. Nous souhaitons que cette journée soit l'occasion de faire entendre des chants, des contes, des histoires, des témoignages. Chanteurs, conteurs, musiciens, paysans, pyrénéens, vacanciers... venez faire entendre votre voix ».

Extraits des statuts fondateurs de l’ASPAP « L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association. » Prémonitoire, intentionnel et prémédité disais-je.

Pour les détails pratiques de votre petite sauterie amicale :

  • 11 h 00 : rendez-vous sur le grand parking de la chambre d'agriculture de Saint-Gaudens.
  • 12 h 00 à 13 h 30 : barbecue géant offert aux participants.
  • 13 h 30 : démarrage du cortège vers le Palais de Justice.
  • 14 h 00 : début du procès.

Départ en car pour ceux qui le souhaitent.

L’ASPAP est une association indéfendable qui mériterait d’être dissoute.

Les citations sont extraites du communiqué de Stéphane Lessieux, porte parole de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Ariège-Pyrénées publié sur Ariègenews

02 juillet 2006

Lâchers d'ours 2006 : En dépit des difficultés rencontrées, les maires sont satisfaits des lâchers

Les 4 ours capturés en Slovénie ont été relâchés sur le territoire des communes candidates. Pourquoi se sont-elles prononcées en faveur de l’ours ? Comment ont-elles vécu ces lâchers ? Réactions et retours d’expérience des maires des communes concernées : François Arcangeli, maire d’Arbas, Rolland Castells, maire de Bagnères-de-Bigorre, Alain Ladévèze, maire de Burgalays, René Rettig, maire de Bagnères-de-Luchon.

François Arcangeli, maire d’Arbas - “Les habitants d’Arbas ont toujours vécu avec la mémoire de l’ours. Notre massif a été l’un des derniers à avoir abrité cette espèce dans les Pyrénées centrales. L’idée de l’accueillir à nouveau et de participer à sa renaissance a remporté une forte adhésion au sein du village” explique François Arcangeli, maire d’Arbas et Président de l’association “Pays de l’ours-ADET”.

Rolland Castells, maire de Bagnères-de-Bigorre - À Bagnères-de-Bigorre, le maire, Rolland Castells estime que “sa commune, porteuse d’une image environnementale forte se devait logiquement de se porter candidate au lâcher”.

Alain Ladévèze, maire de Burgalays - Même sentiment, de la part d’Alain Ladévèze, maire de Burgalays : “la restauration de l’ours s’inscrit dans une démarche de qualité de la montagne que nous avons toujours défendue”.

Dans tous les cas, la décision des lâchers a été votée en conseil municipal. Ce qui n’a pas empêché les opposants de se manifester avec virulence au cours des lâchers successifs. “Face à un tel climat d’hostilité, les habitants ont été choqués et déçus de n’avoir pas pu assister au lâcher du premier ours Palouma” déplore François Arcangeli.

Rolland Castells et Alain Ladévèze, les maires de Bagnères-de-Bigorre et de Burgalays ont, eux, volontairement joué la carte de la discrétion pour ne pas risquer d’attiser la colère des opposants.

René Rettig, maire de Bagnères-de-Luchon - À Bagnères-de-Luchon, le maire, René Rettig, fervent défenseur de la biodiversité rappelle que ces lâchers sont indispensables à la survie de l’animal dans notre massif. "C’est un devoir de responsabilité et d’humanité que de les accepter", insiste René Rettig, qui analyse la fronde anti-ours comme “le signe du mal être profond qui ronge un monde pastoral en péril”.

Écouter, apaiser, convaincre

Passés les lâchers, les maires se montrent aujourd’hui plus confiants. “Je suis convaincu que ce renforcement est bénéfique à l’économie touristique du massif et va dans le sens de l’histoire” souligne François Arcangeli. Un constat
partagé par Alain Ladévèze: “Le maintien de l’ours est un facteur de développement du pastoralisme pyrénéen, sans lui, l’État se désintéresse de l’économie montagnarde. Nous devons profiter des aides de l’État pour rouvrir les estives, renforcer le gardiennage, relancer l’agriculture et valoriser nos atouts”. “Ces nouveaux lâchers nous obligent à réfléchir sur l’avenir du pastoralisme et des activités susceptibles de survivre dans nos régions, reprend en écho René Rettig, nous devons évoluer et ne pas craindre de nous affronter à la réalité économique.”

À Bagnères-de-Bigorre, Rolland Castells s’attelle à renouer le dialogue avec la cinquantaine d’éleveurs opposants que compte sa commune : “l’ours vient s’ajouter à leurs difficultés économiques, les éleveurs se plaignent de n’être pas entendus et redoutent de nouveaux lâchers dans les prochaines années. Il faut savoir entendre leurs inquiétudes et mettre en place une concertation sur l’avenir du pastoralisme”.

Pour l’heure, Rolland Castells  a préféré suspendre le second lâcher sur sa commune et savoure les bénéfices du premier. “De nombreux estivants m’ont écrit pour m’informer de leur venue cet été en signe de soutien et d’encouragement” se réjouit-il.

Dans la petite commune d’Arbas, “la population suit avec passion les pérégrinations des ours relâchés”. Alain Ladévèze a affiché en mairie la localisation de Palouma et informe les éleveurs sur la marche à suivre en cas de prédation. “J’ai reçu 150 courriels de soutien, constaté un afflux de touristes dans le village. Ce lâcher a un impact positif indéniable, à condition, précise le maire de Burgalays, de parvenir à convaincre les éleveurs d’adopter rapidement des mesures de protection de leurs troupeaux”.

Carina Louart, journaliste

Source : Empreinte Ours n° 1, lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les  Pyrénées

29 mai 2006

François Arcangeli : le bal des girouettes

Interview de François ARCANGELI par Gérard LARREY du Petit Journal.
29/05/06

G. L. : François Arcangeli, vous êtes Président de « Pays de l'Ours - Adet » et Maire d'Arbas. Trois ourses ont été relâchées ces dernières semaines, quel est votre sentiment ?

François Arcangeli : Ce plan de renforcement est mesuré : 5 ours après 10 ans d'attente, ce n'est pas excessif, surtout lorsqu'on pense aux ours qui sont morts depuis...

Palouma, Franska et Hvala sont venues renforcer la population existante d'ours présente dans les Pyrénées. De ce point de vue, c'est très satisfaisant, même si nous aurions préféré le faire dans un meilleur climat.

G.L. : Justement, les opposants au plan de renforcement disent qu'ils sont d'autant plus opposés qu'ils n'ont pas été consultés. Qu'en pensez-vous ?

François Arcangeli : Je crois qu'il faut être précis sur ce point. A commencer par les élus, tout le monde a été invité à participer aux réunions de concertation. Un courrier a été envoyé en ce sens dans toutes les mairies de la chaîne par les services de l'Etat. Mais c'est vrai qu'au même moment, des responsables politiques ont choisi d'appeler à ne pas participer à ces réunions. C'est une faute politique.

Cela a été le cas par exemple en Haute-Garonne avec Jean-Louis Idiart (Député PS, Conseiller Général -NDLR), qui avec quelques conseillers généraux ou régionaux, a demandé aux élus dans un courrier daté du 8 mars 2005 de boycotter ces réunions, au motif que des questions se posaient et n'avaient pas eu de réponse... comme si la concertation ne devait pas servir justement à poser des questions et à avoir des réponses !

G.L. : Et les élus mis à part ?

François Arcangeli : D'autres personnes, en particulier des responsables agricoles, ont fait ce même choix du boycott. C'est dommage. Nous payons aujourd'hui un prix fort au sabotage de ce dialogue : il aurait permis de se dire les choses autour d'une table plutôt que dans la rue, de s'exprimer calmement et constructivement plutôt que par la violence. Et faut-il rappeler les conclusions du Conseil d'Etat sur la très bonne organisation de cette concertation ?

G.L. : Certes, mais certains qui se sont exprimés disent ne pas avoir été entendus.

François Arcangeli : Il y a une confusion sur l'objet de cette consultation, confusion savamment entretenue par différents responsables politiques et professionnels. La protection d'une espèce protégée, comme l'ours, n'est pas une compétence décentralisée. Il ne sert donc à rien de demander aux communes de délibérer contre l'ours. Dans mon conseil municipal, je n'invite pas les conseillers municipaux à délibérer sur l'impôt sur le revenu ou sur des questions militaires. Ce n'est pas de notre compétence ! Il en est de même sur l'ours qui relève d'une compétence de l'Etat, compétence exercée de plein droit par le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable. La question posée lors de la concertation portait sur la manière de procéder.

G.L. : D’accord, mais certains sont quand même contre !

François Arcangeli : J'entends bien, mais la sauvegarde de l'ours relève de la Loi et des engagements nationaux et internationaux de la France. Tout autre dispositif est illégal. Le Conseil d'Etat l'a rappelé par deux fois. La Loi s'applique à tous, et si certains jugent qu'elle n'est pas bonne, qu'ils la changent !

G.L. : Les parlementaires sont là pour ça, non ?

François Arcangeli : Justement, il faut en finir avec ces comportements de parlementaires qui votent des lois à Paris en semaine et qui reviennent sur le terrain en disant le contraire de ce qu'ils ont voté !

G.L. : Peut-être ont-ils changé d’avis ?

François Arcangeli : Sûrement !

  • Augustin Bonrepaux (Député PS, Président du Conseil Général de l'Ariège - NDLR) était pour l'ours lorsque François Mitterrand a lancé le dossier en 1982.
  • Chantal Robin-Rodrigo (Député PRG des Hautes-Pyrénées, Conseillère Générale - NDLR) soutenait notre association en 2000 lorsque Augustin Bonrepaux faisait voter son amendement prévoyant de capturer les ours réintroduits.
  • Jean Lassalle (Député UDF, Conseiller Général des Pyrénées-Atlantiques NDLR), avec l’IPHB (Institution Patrimoniale du Haut-Béarn), a bénéficié de plus de 10 millions d'euros en promettant jusqu'en décembre 2004 de lâcher deux femelles en Béarn.
  • Jean-Louis Idiart, fraîchement élu député se précipitait en 1993 à la signature de la charte prévoyant les lâchers de 1996 et 1997...

C'est le bal des girouettes ! Comment voulez-vous après ça que les gens sur le terrain y comprennent quelque chose ?

G.L. : Ces élus expriment l'avis de la population qu'ils représentent, non ?

François Arcangeli : Certainement pas ! Toutes les études d'opinion disent le contraire : 77% de la population des départements de montagne de Midi-Pyrénées sont favorables à de nouveaux lâchers (sondage 2005 IFOP / Pays de l'Ours - Adet - NDLR). 80% en Haute-Garonne. 77 % aussi en Pyrénées-Atlantiques selon un sondage réalisé par un quotidien de ce département. Même en ne prenant en compte que les communes de montagne, nous avons encore le soutien de 2 pyrénéens sur trois ! Alors, même en respectant les réserves d'usage sur les sondages, les chiffres sont suffisamment éloquents pour ne pas être contestés.

G.L. : Alors, pourquoi ce décalage entre certains élus et la population ?

François Arcangeli : Ce n'est pas la première fois que l'on peut constater un tel décalage... Mais je crois que certains élus font un calcul très simple : une élection se gagne avec les derniers pourcents qui font la différence. Ils pensent que les opposants à l'ours qui sont souvent virulents sanctionneront électoralement ceux qui prennent position pour, alors que les partisans de l'ours ne sanctionneraient pas ceux qui ont pris des positions contraires, voire même oublieraient que des élus ont retourné leur veste. Et je crois qu'ils se trompent...

G.L. : Que voulez-vous dire ?

François Arcangeli : Je veux dire que de nombreuses personnes dans nos vallées sont indignées que leur avis soit ainsi méprisé par leurs élus et ces personnes savent la part de responsabilité politique qui est celle de ces élus dans les violences que nous avons connues ces dernières semaines. Cette indignation se traduira certainement le moment venu dans l'isoloir. Cela dit, n'oublions pas que de nombreux élus ont eu le courage de se positionner favorablement, comme de nombreux parlementaires, conseillers généraux et régionaux, et bien sûr des maires, notamment de montagne, que l'on retrouve dans le comité de soutien au renforcement.

G.L. : On dit aussi que ce programme coûte cher. Quelle est votre opinion sur ce point ?

François Arcangeli : A quoi sert l'argent du « programme ours » ? Pas à payer les ours que je sache ! Sur les dix dernières années, le budget annuel a été de 1,4 millions d'euros dont la moitié, 700.000 euros a bénéficié directement au pastoralisme. Est-ce de l'argent dont l'agriculture de montagne n'a pas besoin ? Les autres 700.000 euros servent à financer essentiellement des emplois qui ont été créés grâce à ce programme. Est-ce inutile dans nos vallées de créer des emplois, fussent-ils liés à des mesures environnementales ?

G.L. : Combien d'emploi ont donc été créés ?

François Arcangeli : Nous étions il y a quelques mois à plus d'une centaine d'emplois directs, l'équivalent de 55 emplois à temps plein. Que disent les élus qui défilent contre l'ours à ceux dont l'emploi dépend du programme ours : «allez à l'ANPE ! » ? C'est bien la première fois que l'on voit des élus défiler pour la fermeture de l'équivalent d'une belle PME d'une centaine d'emplois ! Et je ne parle pas des emplois indirects...

G.L. : Alors, pourquoi cette question sur le coût de l'opération ?

François Arcangeli : Je crois tout simplement que lorsqu'on est contre une action, on en critique forcément son coût. A l'échelle d'une année, le «coût de l'ours » correspond à 15 minutes de subventions agricoles versées aux exploitations françaises ! Comment faire croire qu'il ne faut pas dépenser en France quelques centaines de milliers d'euros par an à la protection d'une espèce aussi emblématique que l'ours, alors que nous sommes suffisamment riche pour donner chaque jour 2 euros à chaque vache vivant sur notre territoire national ?

G.L. : Une espèce emblématique qui mange des brebis !

François Arcangeli : Parlons-en ! Sur les 600.000 brebis élevées dans les Pyrénées, 15.000 à 20.000 brebis meurent chaque année dans les Pyrénées de diverses causes. L'ours en tue 150 à 200, 300 si nous intégrons les bêtes indemnisées au bénéfice du doute. En quoi 1 % des dégâts liés à l'ours seraient insupportable, et en quoi les 99 autres seraient totalement assumés par la profession ?

G.L. : Parce que l'éleveur ne supporte pas que ses bêtes meurent sous les griffes de l'ours !

François Arcangeli : Certes, mais comment accepte-t-il alors que ses bêtes meurent dans d'atroces souffrances en estive, mangées par exemple par les asticots, tout cela parce qu'il n'y a personne pour les soigner ? Là, je parle de milliers de moutons qui meurent ainsi ! Ou à cause des chiens divagants?

G.L. : Oui, mais l'ours est un problème de plus !

François Arcangeli : C'est une remarque de bon sens qui est démentie par les faits, tout simplement parce que les actions de protection, qui sont utilisées partout dans le monde, et expérimentées à nouveau depuis 10 ans en Pyrénées Centrales, sont efficaces. Pour ne prendre qu'un exemple, les éleveurs qui ont mis en place les chiens de protection, le célèbre «Patou », le « Montagne des Pyrénées », ces éleveurs nous disent que la prédation sur leur troupeau a chuté de 92 % ! Le patou est efficace sur l'ours mais aussi sur les autres causes de perte : il agit aussi sur les 99 % dont je parlais tout à l'heure. Nous en sommes donc aujourd'hui à constater le paradoxe suivant : il y a moins de pertes sur les troupeaux en Pyrénées Centrales aujourd’hui qu'avant le retour de l'ours ! Tout simplement parce que les seuls éleveurs qui ont pris des patous nous disent avoir économisé plus de bêtes que n'en tuent les ours par ailleurs...

G.L. : Mais certains disent que le patou n'est pas toujours efficace ?

François Arcangeli : Je crois que son efficacité n'est plus à démontrer et puis l'ont-ils seulement essayé ? Peut-être dans certains cas le taux de 92% d'efficacité baisser a un peu. Mais il y a de la marge avant d'affirmer que le patou n'est pas efficace ! Si les actions de protection ne marchaient pas, alors pourquoi les dégâts sur les troupeaux auraient baissé ces dernières années alors que le nombre d'ours a augmenté ?

G.L. : Donc la prédation n'est pas un problème ?

François Arcangeli : Si, elle l'est pour les éleveurs à qui ça arrive. D'ailleurs, la plupart des dégâts se produit sur des troupeaux non protégés. Mais beaucoup d'éleveurs opposés à l'ours conviennent de toute façon que le problème n'est pas dans la prédation liée à l’ours.

G.L. : Il est où, alors ?

François Arcangeli : Nous avons entendu des opposants dirent qu'ils n’avaient rien contre les ours eux-mêmes mais contre ceux qui veulent en restaurer la population. Je trouve ces propos assez justes. Ils témoignent que l'ours est instrumentalisé dans une polémique dans laquelle il a finalement assez peu de place. En Haute-Garonne, il n'y a pas eu de dégât d'ours en 2005. L'usage était plutôt d'avoir 4 à 5 bêtes tuées chaque année, ce qui est très peu. Pourtant, nous avons aussi sur ce territoire des gens qui s'y opposent. En disant en vouloir aux hommes qui portent ce programme, ils s'opposent aux valeurs que nous défendons et aux questions que nous posons : quelle place sommes-nous prêts à faire à notre environnement dans nos stratégies de développement ? Quels efforts acceptons-nous de consentir pour préserver notre patrimoine naturel ? Quel partage de l'espace sommes-nous prêts à consentir à l'autre ? Des questions qui ne sont pas réglées, alors que le partage de l'espace a souvent fait l'objet de vifs conflits en montagne avec l'élevage, la chasse, et le tourisme aussi...

G.L. : Pourquoi poser de telles questions est-il à ce point insupportable ?

François Arcangeli : Parce que le système est en crise et que ceux qui ont en charge de s'occuper de ces problèmes regardent ailleurs depuis longtemps, et n'ayant pas réfléchi à ces questions, n'ayant pas de propositions, ils préfèrent faire chaise vide lorsqu'ils sont invités à y travailler... Parce que le système agricole est en pleine mutation, que progressivement nous passons d'une logique productiviste à des mesures agro-environnementales. Cette évolution, concomitante du déclin de l'agriculture de montagne, est culturellement refusée par les éleveurs et l'ours vient symboliser cette nouvelle demande sociale.

G.L. : Ce refus est accompagné d'un repli identitaire ?

François Arcangeli : Oui, très clairement. Certains montagnards voudraient décider seuls du devenir de leur vallée. Mais c'est une absurdité de vouloir opposer la montagne aux citadins ! Qui vient faire du ski ou se rend dans les stations thermales ? Qui achète les produits de la montagne ? Principalement pas les montagnards ! D'où vient l'argent des primes agricoles ? De la solidarité nationale et européenne. Il y aurait grand danger pour les éleveurs à se couper du soutien de l'opinion. L'agriculture de montagne reçoit des aides publiques, certainement pas assez. A l'heure des choix budgétaires, nous devrons être tous soudés si nous voulons que la société continue à soutenir cette agriculture et amplifie son aide. Le plan ours permet d'attirer l'attention de nos concitoyens sur le travail difficile et indispensable que produisent les éleveurs en montagne : il prépare les consciences à comprendre cette activité, à la respecter et à l'aider d'avantage.

G.L. : Puisque nous parlons du rôle indispensable que jouent les éleveurs en montagne, ceux-là disent que sans eux, les espaces vont se refermer.

François Arcangeli : Je le répète, nous sommes les militants d'une montagne moderne et dynamisée qui intègre le pastoralisme. Mais pas de n'importe quel type. Lorsque je regarde les paysages en me promenant d'un département à l'autre, je constate que la forêt gagne partout du terrain depuis des décennies. Et ce n'est pas la faute de l'ours qui avait disparu dans de nombreux secteurs ! C'est la faute à un modèle agricole dont les éleveurs sont victimes et qui a montré toutes ses limites autant d'un point de vue agricole qu'environnemental. Pendant qu'ils désignent l'ours comme le responsable de tous leurs maux, les responsables agricoles et politiques prennent bien soin de ne pas poser le débat sur leur propre responsabilité dans des choix qu'ils ont faits ou qu'ils n'ont pas faits dans le passé et qui ont conduit le pastoralisme là où il est aujourd’hui.

G.L. : On entend aussi que l'ours n'est pas en voie de disparition...

François Arcangeli : Dans les Pyrénées, si ! Comment pourrions-nous nous contenter de nous reposer sur nos pays voisins en leur demandant de faire les efforts de cohabitation que nous ne serions pas disposés à faire nous-mêmes ? Sur cette logique, l'Espagne pourrait aussi laisser disparaître ses derniers ours, puisqu'il y en a en Italie. Et l'Italie de même, puisqu'il y a des ours en Slovénie. Non, ce raisonnement ne tient pas. D'ailleurs le Conseil d'Etat a rappelé les obligations qui sont les nôtres. Nous avons déjà laissé disparaître le bouquetin des Pyrénées, avec ces logiques, demain, ce sera le tour de qui : du grand-tétras, du percnoptère, du desman ? Et je ne parle pas des efforts que nous demandons aux africains pour la protection d'autres espèces qui posent des problèmes autrement plus importants dans des pays qui ont des moyens financiers tellement moindres que les nôtres !

G.L. : Certains disent que le renforcement est artificiel, qu'en pensez-vous ?

François Arcangeli : Si l'on considère qu'il est naturel que l'homme détruise son environnement et que le protéger est artificiel, alors oui, c'est artificiel. J'aurais sûrement préféré travailler aujourd’hui à la protection d'une population d'ours de souche pyrénéenne, si ceux qui étaient là avant moi avaient tout fait pour le conserver, mais ce n'est pas le cas ! La protection de notre patrimoine naturel relève d'une responsabilité collective qui commence par des responsabilités individuelles. Je prends la mienne.

G.L. : Vous parliez tout à l'heure de nos pays voisins. Vous étiez en Slovénie il y a quelques semaines. Quel regard portent-ils sur nous ?

François Arcangeli : Ils sont à la fois amusés et indignés. La Slovénie est un pays émergeant qui regarde la France avec admiration. C'est un pays magnifique avec des gens formidables, très accueillants. Alors, lorsqu'ils voient une mairie attaquée comme cela à été le cas à Arbas le 1er avril, ils ne comprennent pas. Ces violences ont eu un large écho en Slovénie. Ils en ont été très choqués, tout comme ils sont irrités de toutes les âneries que l'on raconte sur eux.

Ils vivent avec les ours, ils en ont près de700 sur un territoire grand comme la zone montagne de l'Ariège et de Haute-Garonne. Ils n'ont pas de problème particulier avec les ours et sont même très fiers d'en avoir autant et de pouvoir les offrir à la France, ou comme il y a quelques années à l'Italie qui a lâché 10 ours en 3 ans sans aucune polémique...

Les slovènes chassent -beaucoup-, exploitent la forêt - très bien -, font de la randonnée, ramassent les champignons : tout cela avec 1 à 2 ours pour 1000 hectares. Avec autant d'ours, il n'y a pas eu de mort en Slovénie depuis près d'un siècle. Comme en France où on ne recense pas d'accident mortel du fait de l'ours depuis au moins 150 ans !

Par contre, le grand gibier fait des morts en France chaque année. Cerfs et sangliers ont eux aussi été réintroduits et personne ne prône leur éradication malgré les dégâts sans commune mesure qu'ils font sur les cultures, l'élevage ou la forêt ! Personne, que je sache, ne souhaite sérieusement non plus la disparition des abeilles, des guêpes, des frelons et des vipères. Il faut accepter de vivre avec une nature sauvage qui présente effectivement quelques risques. Mais sur la liste des risques, l'ours vient très loin derrière. Que ceux qui s'inquiètent de rencontrer un ours pensent plutôt à partir en randonnée avec un sérum pour les vipères !

G.L. : Vous évoquiez des «âneries » tout à l'heure, que pensez-vous des propos de Madame le Ministre le soir du lâcher de Palouma qui a traité « d'ânes et d'imbéciles » ceux qui avaient envahi le site de lâcher ?

François Arcangeli : Vous avez raison de bien préciser que ces propos ne concernaient que les sept anti-ours présents sur le site de lâcher, et qu'elle n'a jamais généralisé à l'ensemble des opposants comme voudraient le faire croire aujourd'hui certaines personnes pour « resserrer » les rangs. J'étais à ses côtés à ce moment-là. Je crois que ces propos sont à la mesure de l'inconscience dont ces gens ont fait preuve. On se plaint trop souvent de la langue de bois pour maintenant critiquer ce franc-parler...

G.L. : Pour finir, certains opposants ont appelé à une suspension des lâchers pour engager le débat. Qu'en pensez-vous ?

François Arcangeli : C'est vrai, ceux qui prônaient le boycott de la concertation voudraient aujourd'hui suspendre les lâchers pour pouvoir en discuter. Mais bon, acceptons ce paradoxe, il faudra bien qu'on se parle et considérer que ces demandes sont sincères. J'ai de mon côté multiplié les appels au dialogue ces dernières semaines. Si le moratoire est un préalable, pourquoi pas ! Mais à la seule condition que nous discutions de la conciliation des enjeux et non pour opposer telle ou telle activité : l'ours pose des problèmes au pastoralisme ? Discutons-en et voyons ce qu'il faut mettre en place pour les régler ! L'ours pose des questions sur les autres activités de la montagne ? Parlons-en ! Mais de grâce, ne retombons pas dans le débat stérile du bien fondé de la sauvegarde du plantigrade, je le rappelle, c'est la Loi ! Si les opposants sont disposés à venir sur ce débat, j'y suis prêt...

G.L. : Serez-vous à Luchon le 3 juin ?

François Arcangeli : Oui, bien sûr ! J'espère que nous serons très nombreux pour ce rassemblement de soutien que nous voulons festif, familial et joyeux.

Interview de Gérard Larrey