Opposants au renforcement

31 octobre 2007

Ours : à quoi joue l'Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM)

le pétard mouillé de l'ANEM

par Patrick Pappola

En titrant son article "Un été agité pour les ours", l'ANEM (Association Nationale des Elus de la Montagne) tire des conclusions pour le moins hâtives sur la vingtaine d'ours désormais présente dans les Pyrénées (contre 6 à 8 il y a 12 ans) ainsi que sur le plan de renforcement qui a permis l'accroissement de cette population animale sévèrement menacée de disparition dans notre pays.

Ainsi, cet article (extrait du mensuel de l'ANEM "Pour la Montagne" n°175 de septembre 2007, page 5), commence par annoncer que : "Tout au long de l'été, les vallées pyrénéennes ont été le théatre de multiples attaques de la part des ours." Certes, mais on serait tenté de dire, comme depuis toujours et pas beaucoup plus que chaque année. Et puis, toujours de façon très minoritaire par rapport à toutes les sources de disparition et de destruction du bétail en estive (attaques de chiens errants et d'autres prédateurs, foudre, mouches infectant les plaies, parasites, maladies, dérochements etc.) Faut-il rappeler que l'ours représenterait de moins de 1 à 3% des pertes annuelles en estive !

ANEM: Jugements sans objectivité

Mais l'ANEM poursuit en indiquant que l'on trouve désormais dans les Pyrénées, depuis "la réintroduction de l'an dernier, (...) cinq ours slovènes qui (...) semblent difficilement s'adapter à leur nouveau territoire". Certes aussi ? Et bien non : d'une part, à l'échelle des Pyrénées, d'où l'ours n'a jamais disparu complètement, on ne peut pas parler de "réintroduction" mais de "renforcement" d'une population menacée et pas encore disparue. D'autre part, comment l'ANEM peut-elle juger que ces ours ne se sont pas "adaptés" à leur nouveau territoire ?

Les ours slovènes lâchés en 1996 et 1997 se sont tellement bien adaptés aux Pyrénées qu'ils s'y sont reproduis au-delà de toute espérance faisant passer la population d'ours de 6-8 à une quizaine en 10 ans ! Quoi mieux que des reproductions réussies témoigne mieux de l'adaptation d'une espèce à son milieu de vie ? Tout laisse entendre que ce sera aussi le cas pour les 5 ours lâchés en 2006 puisque l'ourse femelle Hvala est sortie de sa tanière ce printemps 2007 avec deux oursons en pleine santé (que l'on peut voir gambader avec leur mère sur le site de l'ADET Pays de L'ours car Philippe TONELLI a eu la chance de pouvoir faire une vidéo des oursons de l'ourse Hvala).

Alors bien sûr, il y a eu le dérochement de l'ourse "Palouma"en aout 2006. Mais toute espèce montagnarde (isards ou bouquetins inclus) connait ce genre d'accident et les ours slovènes dans leur pays aussi. Précisons d'ailleurs que le relief karstique des réserves slovènes d'où proviennent ces ours est aussi fortement accidenté. Rien, si ce n'est de la mauvaise foi, ne permet de laisser entendre que l'ourse Palouma est morte parcequ' inadaptée aux Pyrénées.

Et Franska ? De l'avis de spécialistes, les multiples dérangements qu'elle à subie à cause des battues illégales, exactions des ultrapastoraux anti-ours, sont fortement responsables du fait qu'elle se soit retrouvée sur une route nationale. Les anti-ours l'avaient dit : ils voulaient sa mort et avaient décidé de repousser Franska en plaine et donc vers la route. L'Etat a même ouvert une enquête pour trouver les responsables. certains s'en vantaient sur la toile !

Christian PUYO, responsable de la FDSEA des Hautes Pyrénées n'avait-il pas déclaré fin juillet :"Notre dernière cartouche, c'est Sarkozy, avant qu'une vraie cartouche ne soit adressée à l'ourse " (Canard Enchaîné du 25/07/07). Et effectivement, plusieurs dizaines de plombs de fusil de chasse ont été retrouvé dans le corps de l'ourse.

Association d'idées ultras

Mais dans sa collusion avec les "nervis" ultrapastoraux, l'ANEM va plus loin encore dans l'article sus-cité en décidant que "les errements imputables à Franska (...) ont montré l'inadaptation et la dangerosité des ours réintroduits, n'hésitant pas à s'approcher des lieux habités, et même à s'introduire nuitamment dans les villages." Problème de mémoire et de jugement pour l'ANEM : d'une part, les ours pyrénéns se sont toujours approchés des villages et des lieux habités (lire des témoignages d'anciens pyrénéens est à ce titre sans appel : c'était très fréquent) et d'autrepart, cela n'a jamais fait aucune victime et aucun blessé sérieux depuis un siècle au moins ! Présents depuis 10 ans dans les Pyrénées, les 15 ours d'origines slovènes ont agi comme les ours pyrénéens et n'ont jamais blessé personne. Pourquoi ceux de 2006 agiraient différemment subitement ?

Enfin, l'ANEM conclue sur la nécesité "d'envisager une sortie de crise qui tire les conclusions de l'échec désormais démontré des réintroductions." "Renforcement" et non pas "réintroduction" serait-on inlassablement tenté de corriger. Mais surtout, comment l'ANEM peut-elle préjuger du succès ou de l'échec de ce plan de renforcement dont l'évaluation ne commence qu'à peine ? Mieux : l'ANEM se félicite que cette évaluation soit prévue par le ministère de l'écologie pour début 2008, mais l'ANEM, nullement qualifiée pour cela, sans connaître les tenants et les aboutissants du dossier, donne sa conclusion avant même l'étude. Où est l'objectivité ?

Passer de 6-8 ours en 1996 à près de 20 en 2007, est-ce vraiment un "échec" ? Les deux oursons nés dès la première sortie de tannière de "Hvala" lâchée en 2006, est-ce là un "échec" ? Les mesures de protection mises en place par l'Etat et dont l'efficacité est désormais démontrée par des éleveurs et des bergers eux-même est-ce un échec ?

Pour l'ANEM, l'ours est un bouc émissaire juteux

Alors pourquoi l'ANEM, en l'occurence parfaitement incompétente en matière d'ours et d'écologie :

  • cherche-t-elle à manipuler l'opinion ?
  • Pourquoi l'ANEM calque-telle son discours sur les pires mensonges des nervis ultrapastoraux anti-ours ?
  • Pourquoi ne fait-elle au contraire pas preuve de pédagogie pour calmer les ardeurs violentes de certains en informant réelement et en cherchant des pistes d'ententes ?

Certains élus ont-ils intérêts à ce que 20 ours soient instrumentalisés comme le bouc-émissaire de toute la filière ovine pyrénéenne, eux qui ne prélèvent que 300 à 350 brebis par an sur des dizaines de milliers en estive chaque année dans les Pyrénées ?

La réponse se trouve peut-être un peu plus loin, en page 10 du même bulletin de l'ANEM, à propos des engagements de la secrétaire d'Etat à l'écologie après une entrevue avec les éleveurs anti-ours : "(...)  le préfet de région (...) a été mandaté pour faire des propositions de renforcement des aides au pastoralisme, en concertation étroite avec les acteurs de terrain. Et c'est probablement sur ce point que les attentes de ces derniers sont les plus fortes (...)." 

Précisons que ces aides sont indépendantes de l'ours mais qu'elles sont réclamées grâce au rapport de force que l'opposition à l'ours permet de créer vis à vis de l'Etat. Eternelle histoire de l'ours bouc-émissaire. Dommage qu'élus et représentants agricoles aient choisi de se servir d'une espèce menacée, véritable "âme des Pyrénées",  comme d'un vulgaire "fusible" pour faire entendre leur difficultés. C'est hélas ce que risquent de retenir les générations futures en terme de recul face à des responsabilités d'hommes du XXIème siècle. Attitude peu glorieuse hélas.

Collusions extrèmes

Enfin, pour insister sur les relations problématiques sur le plan purement moral qu'entretient l'ANEM avec les ultrapastoraux, n'oublions pas les propos d'un Philippe Lacube triomphant car accueilli en grande pompe avec son association anti-ours par les élus de l'ANEM réunis l'an dernier en Ariège en octobre 2006. Après la superbe photo des élus de l'ANEM derrière les banderolles anti-ours !, Lacube déclara : "Nous utilisons aujourd'hui la symbolique de la guerre des Demoiselles (...) : des hommes déguisés en femmes, le visages maquillé, allaient molester voire tuer des techniciens de l'office national des forêts." Appel à la violence (si ce n'est au meurtre !) bien mal déguisé...

Pour conclure, on peut répondre à la question qui était le titre de ma note : "A quoi joue l'ANEM ?" A préparer les municipales sur le dos de l'ours et sans reculer devant des alliances extrêmes puisque quoi qu'il en soit, seule la nature en pâtira, comme toujours.

Traditions sans courage

Malheureusement, l'ANEM nous avait habitué déjà depuis des années à cette absence de clairvoyance en sacrifiant si souvent la protection de la nature derrière des "impératifs d'ordre économiques" : cette association compte un nombre ahurissant d'élus dont les responsabilités dans la transformation de la montagne en "usine à ski" sont écrasantes. Il n'y a qu'à voir la fuite en avant actuelle face au manque de neige que le réchauffement climatique va aggraver : le suréquipement en canons à neiges dévoreurs d'eau, d'energie et de paysages se poursuit comme jamais ! On savait donc l'ANEM malade de l'aménagite aigüe, on la sait maintenant capable de sacrifier l'ours des Pyrénées.

Patrick PAPPOLA

Données techniques :

26juillet 2007, Toulouse, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie rencontre éleveurs, élus et associations de protection de la nature au sujet de l'ours des Pyrénées. Quatre engagements s'ensuivent (lettres de mission signées le 6 aout 2007) :

  1. "Evaluation rapide" du plan de renforcement (mission confiée à l'IGE, Inspection Générale de l'Environnement et au Conseil Général de l'agriculture, de l'alimentation et des espaces ruraux), conclusions attendues au 1er trimestre 2008. N.B : cette évaluation était prévue dès l'idée du plan de renforcement puisqu'elle figure dès la première page de ce plan publié en 2006 et qu' elle y est détaillée page 140 du tome I.
  2. Réalisation d'une expertise sur le comportement de l'ours Franska (prévue pour le 31 aout 2007) par l'équipe de suivi de l'ours sur le terrain (l'ETO). N.B : l'objectif des ultrapastoraux étant de laisser entendre que l'ourse Franska était une ourse dite "à problème" quand ce sont eux qui ont créé les problèmes en la traquant sans relâche comme l'affirme le professeur Claude GUIRAUD, vétérinaire cité ci-dessous. Un ours dit "à problème" est en effet encadré par un protocole prédéfini et pouvant aboutir à la capture voir à l'abattage de l'animal. Voilà l'enjeu pour les ultras...
  3. Identification des moyens de renforcer le suivi de l'ours avec possibilité de voyage d'étude à l'étranger (mission confiée à l'IGE). N.B : c'est justement un suivi rendu public de l'ours qui a permis aux anti-ours de pister et traquer Franska et les autres ours lâchés en 2007. Il y aurait beaucoup à dire sur l'utilisation contre les ours de ces suivis qui devraient au contraire se faire dans la discrétion puisque les anti-ours ne jouent pas le jeu...
  4. Mandat préfet de région coordinateur du massif pour faire des propositions de renforcement des aides au pastoralisme. N.B : certes, ces aides sont indépendantes de l'ours officiellement. Mais officieusement (et même un enfant de 10 ans l'aura compris), voilà aussi ce que l'ours apporte au pastoralisme. C'est l'une des explications concernant l'énergie considérable que le plantigarde a mobilisé contre lui ces derniers mois.

L’ourse Franska n’a cessé d’être traquée : ceci explique sa consommation de brebis.

Interview du Dr Claude Guiraud, vétérinaire et président du groupe d’étude européen d’Éco-pathologie de la faune sauvage de montagne. (GEEFSM). Les questions sont de H. Dubarry.

La mort de Franska vous a t-elle surpris ?
Dr Claude Guiraud : « Non, pas vraiment. C’était une mort programmée, à partir du moment où l’ourse n’avait ni territoire, ni tranquillité, ni sécurité. Pour qu’un renforcement d’espèce soit réussi, il faut supprimer les causes qui ont provoqué la diminution : garantir la paix de l’animal et sa possibilité de se nourrir. » (...)

De plus, depuis l’instant de son lâcher jusqu’à sa mort, Franska n’a bénéficié d’aucune tranquillité. Elle n’a cessé d’être traquée, dérangée ; elle n’a pas pu se familiariser avec son nouveau territoire et ses possibilités de nourrissage. Elle est restée erratique et ça explique ses grands déplacements en quête de nourriture. »

On a prêté à Franska un comportement anormal d’agressivité, d’hyper prédation ?
Dr Claude Guiraud : « Ça s’explique tout à fait. Un ours est à 80% végétarien. Le milieu où a été lâchée Franska est riche, mais fallait-il qu’elle puisse l’exploiter. Ramasser des végétaux, tubercules, des fruits exige du temps et donc de la tranquillité. Traquée sans arrêt, l’ourse a paré au plus pressé pour se nourrir efficacement, d’où des prédations animales. Plus on gêne les ours, plus ils deviennent carnivores, se nourrissant à la sauvette. Quant à « l’hyper agressivité » de Franska, elle est normale : on la retrouve chez les humains qu’on importune sans arrêt et «mal dans leur peau».

Faut-il reprendre les réintroductions et avec des ours slovènes ?
Dr Claude Guiraud : « Oui, à condition que les ours soient accueillis et non imposés. Une fois encore, il leur faut la tranquillité. Cela se passe bien en Val-d’Aran, en Haute-Garonne ou en vallée d’Aspe où il n’y a pas ou peu de dégâts. Quant au «problème» de l’origine slovène des ours, c’est ridicule : selon les lois de Mendel, le gêne slovène est du même caractère que le pyrénéen…

Propos recueilli par H. Dubarry. (La dépêche du Midi du 11 août 2007)

22 octobre 2007

Procès d'Arbas, les casseurs en appel au tribunal à Toulouse

Condamnés à 4 300 euros d’amende en première instance en septembre 2006, les anti-ours sont poursuivis par le maire d’Arbas, qui leur réclame 17 000 euros pour le nettoyage de la façade de la mairie, et 20 000 euros de dédommagement pour atteinte à l’image de la commune.

C’est à 14 heures aujourd’hui que les dix militants anti-ours qui ont saccagé des bâtiments publics, le 1er avril 2006 à Arbas, ont été jugés par la cour d’appel de Toulouse. Dix-huit mois plus tard, le dialogue est toujours aussi difficile entre les pro et les anti-ours.

Nous espérions beaucoup avec le changement de gouvernement, mais nous avons été déçus”, explique Magali Boniface, porte-parole de l’Aspap, principale association anti-ours. Elle dénonce l’importance des moyens financiers et logistiques des pro-ours : “Cela nous inquiète beaucoup. La population des ours augmente dans les Pyrénées. Cet été, il y a des secteurs en Ariège qui ont été touchés pour la première fois.”

La pérennité des ours dans les Pyrénées passe par la présence d’une cinquantaine d’individus. Il y en a vingt-deux aujourd’hui”, constate Alain Reynes, de l’association Pays de l’ours. Ce dernier se félicite néanmoins de l’arrêt des violences des anti-ours : “Prochainement, un voyage à l’étranger réunissant pro et anti-ours va se dérouler pour étudier le comportement des ours.”

Un important dispositif policier a été déployé devant la cour d’appel de Toulouse, à l’occasion du procès des anti-ours. Seuls les éleveurs condamnés en première instance et des représentants d’associations ont été autorisés à assister à l’audience.

Dès la fin des débats, Gérard Dubuc, opposé à l’introduction de l’ours et maire de Saint-Lary, commune ariégeoise de 150 habitants, a interpellé François Arcangeli, le maire d'Arbas : “Accepteriez-vous une rencontre avec des éleveurs dans un esprit d’apaisement ?” “J’ai toujours été pour un dialogue”, a répondu le maire d’Arbas, en lui donnant rendez-vous. François Arcangeli "ne s’est pas dit opposé" à ce que sa commune soit candidate pour de nouveaux lâchers d’ours.

Pour l'ASPAP : "François Archangéli réclame aujourd'hui 40.000 euros. La hauteur des exigences financières du maire d'Arbas, également président de l'ADET – outil de promotion et d'importation des ours slovènes - ne laisse aucun doute sur sa volonté, au-delà d'aggraver les peines individuelles, d'atteindre l'ASPAP qui n'a jamais caché son soutien aux ariégeois traduits en justice." déclare un communiqué de l'association du 9 octobre.

"S'en prendre à  l'ASPAP, c'est attenter à la liberté d'expression que les Pyrénéens, longtemps privés de parole, ont chèrement gagnée. Des Pyrénéens qui dénoncent la casse de l'outil de travail de milliers d'éleveurs, les coûts exorbitants de ces programmes, les dangers d'ours peu farouches pour les populations, l'ensauvagement programmé des estives. Et qui dérangent."

A la sortie du tribunal, près de 80 ultrapastoraux de l'ASPAP, l'association financée par Augustin Bonrepaux dont sont issus les casseurs d'Arbas étaient là pour "soutenir" les accusés et "crier" leur colère.

La cour d'appel de Toulouse a mis en délibéré son jugement au 26 novembre. A suivre.

16 août 2007

On va tuer les ours !

Inscription sur la route : On va tuer les ours Bonjour,

de retour de vacances dans la région de Tarascon/Ariège nous nous permettons de vous adresser une photo prise sur la départementale 8 entre Tarascon et Vicdessos au niveau du lieu-dit "la ramade".

Cette inscription "On va tuer les ours" nous parait une menace d'une agressivité intolérable qui nous laisse dubitatifs sur les réponses apportées par les pouvoirs publics. Il existe une gendarmerie à Tarascon et à Vicdessos ! Ce sentiment d'impunité ne peut qu'exacerber les passions et conduire à des actes inadmissibles et intolérables dans un état de droit qui semble ici bafoué. D'autres inscriptions hostiles à l'ours jalonnent le parcours mais celle-ci est un appel direct à l'acte criminel.

Nous espérons que vous apporterez considération à nos propos et décision appropriée.
O.C. et J.C. B.

15 août 2007

L'ADDIP demande audience à Nicolas Sarkozy

L'ADDIP, Coordination Pyrénéenne, communique

Foix, le 14 Août 2007
La mort accidentelle de Franska, l'ourse slovène dont nous avions en vain demandé le retrait, donne raison à tous ceux, de plus en plus nombreux, qui pensent que cette ourse et ses congénères n'auraient jamais du être importés de Slovénie. C'est d'abord un peu de répit pour des centaines de familles d'éleveurs éreintés par des mois de veille et d'angoisse la nuit, et de visions d'horreur le jour, ils vont pouvoir simplement vivre, et travailler. La fin prévisible de Franska est surtout une démonstration supplémentaire, cinglante, de l'absurde entêtement à poursuivre ce plan de réintroduction sans aucune justification écologique, utopique, coupé des réalités et grand fossoyeur de fonds publics.

Les dernières propositions de la Secrétaire d'Etat, (qui n'exclut pas d'aller chercher 2 nouveaux volontaires désignés à l'importation en Slovénie !) ne peuvent que provoquer déception et colère : le plan d'action présenté obéit une fois de plus aux 4 volontés des quelques associations encore favorables aux introductions d'ours slovènes, celles-là même qui vivent aux crochets du plan ours : expertises variées, commerce divers autour des chiens patous, commissions en tout genre … tout un chapelet de mesures destinées uniquement à gagner du temps, et dont la facture est comme toujours envoyée aux contribuables !

Le 26 juillet à Toulouse, tous les députés, sénateurs, présidents de conseils généraux, de chambres d'agriculture, l'association nationale des élus de montagne, les responsables professionnels et syndicaux, les associations d'éleveurs et d'usagers de l'espace montagnard *, ont parlé à la ministre d'une même voix. Ils ont défendu le rôle irremplaçable de l'élevage transhumant : sa dynamique économique, son impact positif sur le tourisme, sur la biodiversité, sur l'accès de la montagne à tous, sur la beauté des paysages Pyrénéens. Ils ont dénoncé avec force, unanimement, 10 années d'impossible coexistence sur le terrain entre l'homme et l'ours. Sans être entendus.

Comme ses prédécesseurs, la nouvelle Secrétaire d'Etat semble incapable d'échapper à l'influence désastreuse de cette poignée d'associations, complètement désavouées par le fiasco écologique, humain, social et financier de 10 ans de cohabitation manquée. Parce qu'elles en portent la responsabilité, l'Etat ne doit plus leur concéder le moindre rôle dans le nouveau volet de discussions qui s'ouvre aujourd'hui.

Dans un climat social détestable, où l'aveuglement et l'immobilisme font le lit des réactions les plus radicales, il est urgent d'agir. Des solutions existent. L'ADDIP, Coordination Pyrénéenne**, demande audience au Président de la République pour les envisager de façon claire, concrète et objective.

Quant à la population d'ours, en persistant dans leur utopie de Pyrénées slovènes, couvertes de forêts, sans routes ni activités humaines, sans troupeaux ni bergers, sans touristes ni stations d'hiver et d'été … les intégristes de l'écologie la conduisent eux-mêmes aussi sûrement et radicalement qu'ils l'ont fait pour Franska à une fin proche, et certaine.

* Des 4 départements : Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques.
** Des 4 départements : ASPAP (09), ADIP31, ASPP65 , et FTEM (64).

NDLB: La buvette des alpages est allée en Slovénie au printemps. Vu les conneries racontées ci-dessus par l'ADDIP, une petite galerie de photos est en préparation ! Non la Slovénie n'est pas un pays plat, sans routes, sans habitations ni habitants, sans activités humaines... 

14 août 2007

Fabien Gruhier, apprenti chimiste

Drôle d’époque: on veut plein d’ours (à 76 000 € pièce) dans les Pyrénées, mais plus un seul taureau dans les arènes.

par Fabien Gruhier, journaliste au service "Notre Epoque" du Nouvel Observateur

On nous l’assure, l’ourse Franska – introduite dans les Pyrénées au printemps 2006 avec quatre autres congénères slovaques - est morte «par accident». Percutée par un véhicule automobile, sur une voie rapide proche de Lourdes. Amer miracle: la Vierge Marie n'aime pas les ours? Morte «par accident», cela signifie qu’il s’agit d’un pur manque de pot (d’échappement) - en somme un truc conjoncturel et non pas structurel. Mais que, normalement, les Pyrénées constituent – depuis toujours, et pour toujours, qu’on se le dise! - un terroir propice aux ours. Dans ces conditions, on se demande bien pourquoi les ours pyrénéens autochtones ont disparu. Au point d’obliger les intégristes de la fausse nature immuable à en reconstituer artificiellement la population, avec quelques spécimens arrachés à grands frais aux lieux où ils ont encore la chance de s’épanouir librement.

Si elle a une âme, alors, dans son paradis des ursidés, Franska doit se demander pourquoi on ne l’avait pas laissée tranquille dans sa montagne de Slovénie. Sont-ce vraiment des «amis des bêtes», ces idéologues de la nature bidonnée qui s’en vont capturer au loin des animaux innocents, les anesthésient, leurs collent des antennes satellites et autres affreux colliers GPS, et les transportent par avion jusqu’aux abords d’une voie rapide pyrénéenne? Ceci pour la modeste somme de 76000 euros la tête d’ours: accepterait-on de dépenser le centième d’un tel pactole pour secourir un immigrant humain?

Pourtant, à l’évidence – pour toutes sortes de raisons qu’on a le droit de regretter -, les Pyrénées ne sont plus un terroir où les ours pourraient vivre heureux, en équilibre avec leur milieu. N’empêche, ces intégristes obstinés - aussi vieux dans leur tête que le pape avec sa messe en latin, ou naguère le général De Gaulle avec son retour à l’étalon or – ne veulent rien savoir de la réalité des choses, ni de l’évolution de la nature. Pour eux, il faut à tout prix rétablir le «bon vieux temps».

Tout comme les généticiens nazis, qui dépensèrent des fortunes pour prétendument reconstituer, par sélection inverse, le vieil aurochs des forêts de Charlemagne. Aujourd’hui, suite à la mort «accidentelle» de Franska, les amis des ours pyrénéens exigent le remplacement de tout plantigrade trouvé mort par DEUX spécimens importés de Slovénie. Leur bon vieux temps est toutefois revisité à la carte, en fonction des modes en vigueur: on veut plein d’ours à 76000 € pièce dans les Pyrénées. Mais plus un seul taureau dans les arènes. Drôle d’époque…

Source: Le tube à essais

Réponse de la buvette

Tube à essai. Un titre qui représente bien le degré de finition de cet article de journaliste apprenti chimiste. Avoir un avis, c'est bien. Raconter n'importe quoi par contre..., votre texte est rempli d'erreurs, d'oublis et d'imprécisions :

  1. "4 congénères slovaques". Slovènes, ils sont de Slovénie. Ces 2 pays ne se touche même pas. On en parle pourtant. Plongez-vous sur une carte d'Europe. C'est intéressant une carte pour un journaliste d'un grand journal national, et utile.
  2. "(...) les Pyrénées constituent – depuis toujours, et pour toujours, qu’on se le dise! - un terroir propice aux ours. Dans ces conditions, on se demande bien pourquoi les ours pyrénéens autochtones ont disparu." Les ours étaient dans les Pyrénées avant les hommes, puis les hommes sont venus et comme l'ours dérange l'homme et que l'homme qui se veut le sommet de la pyramide n'aime pas qu'on le dérange, alors il élimine. Les ours ont été exterminés presque jusqu'au dernier par les éleveurs et les chasseurs avec la bénédiction des autorités. Le terroir n'y est pour rien. Jusqu'au jour ou l'homme à commencer à réaliser qu'il tuait la terre sur laquelle il vivait (sciait la branche...). Une prise de conscience cela s'appelle, pour certains (à l'esprit jeune). Les éleveurs/chasseurs pyrénéens ont tout fait pour éradiquer l'ours et ils ne sont pas loin de la réussite bête et brutale, sauf qu'un village d'irréductibles gaulois résiste, ARBAS qui relâche des ours.
  3. Les ours slovènes n'allaient pas "s'épanouir librement" en Slovénie puisqu'ils ont été retirés d'un plan de chasse.
  4. Pas des "antennes satellites", mais des émetteurs (GPS et tél portable). Montrez moi une photo d'ours avec une antenne...... J'attends.
  5. Il ne s'agit pas de rétablir "le bon vieux temps", mais d'empêcher une extinction causée par l'homme.
  6. "les transportent par avion jusqu’aux abords d’une voie rapide pyrénéenne?" . Les ours ont voyagés dans un container aménagé, dans une camionnette, accompagné d'un vétérinaire.

Est-ce moi qui suis "un nazi" (Un autre journaliste bien connu a parlé de Zylon B à mon propos) ou "vieux dans ma tête" ou est ce vous qui êtes un anti-environnementaliste primaire. Je vous invite à Lire à ce propos les remarquables travaux (bien ficelés, eux) sur la rhétorique anti-environnementale dont vous êtes un spécimen splendide.

Vous êtes journaliste ? De la même école que Louis Dollo de "Lourd d'Infos"? Informez-vous avant d'écrire n'importe quoi, vérifiez vos sources et vous serez moins risible. C'est dingue ce que les personnes qui ne connaissent rien à l'ours, à son histoire, à sa biologie, à son mode de vie ont toujours un avis bien tranché sur la question. C'est vrai que Philippe Lacube aussi est sûr de lui.

13 août 2007

Ca branle dans le manche

ÇA BRANLE DANS LE MANCHE ! Un coup de coeur de la buvette pour un de ses lecteurs. Allez-y voir ! Encore un ultra-environnementaliste de mes deux "corones". Je lui ai emprunté ceci...

Les opposants à l’ours ont perdu la partie et sont discrédités

On peut légitimement penser que le feuilleton Franska a tourné en eau de boudin pour les éleveurs excités qui veulent la peau de l’ourse et que désormais, la sérénité, la raison et le bon sens vont reprendre leur place.

Faisant suite aux décisions de la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, N.Kosciusko-Moriset, au sujet des problèmes posés par la réintroduction de ce plantigrade aux éleveurs/chasseurs des Pyrénées, le préfet J-F Carenco a apporté deux précisions importantes et a mis ensuite les choses au clair.

Tout d’abord, les spécialistes étrangers et indépendants qui seront missionnés pour conduire une expertise sur l’ourse Franska (sous la responsabilité de l’équipe ’ours’ de l’ONCFS) ont été choisis : il s’agit d’un… slovène, d’un espagnol et d’un américain.

Ensuite, comme prévu, le protocole ‘ours à problème’ va être retravaillé, dans la plus grande concertation, cette semaine, sous la direction d’Alain Auvé, conseiller technique au cabinet des Ministres.

J-F Carenco, préfet des Hautes-Pyrénées

Pour finir,J-F Carenco, le préfet qui n’a pas la langue dans sa poche, a balancé deux vacheries sur certains opposants à l’ours, notamment sur le leader de l’ADDIP : ”Monsieur Lacube, lui, ne doute jamais et il est sûr de ce qu’il affirme” (au sujet des dégâts et de leur fréquence, qualifiés presque d’hécatombes au quotidien par ce dernier).

Et le meilleur : ”En fait, le vrai sujet, c’est que cela fait  200 ans que les pères des éleveurs chassent l’ours et qu’ils restent boqués dans le même schéma”.

Savourons : cette fois, ce sont les chasseurs/éleveurs qui sont considérés, par l’un des plus hauts représentants de l’Etat, préfet de la région Midi-Pyrénées, préfet de la  Haute-Garonne, comme d’affreux réactionnaires, accrochés à des pratiques hors d’âge, décidés à agir au mépris de la loi (les battues d’effarouchement), incapables d’évoluer, énervés par pas grand-chose.

Symboles d’un vieux monde finissant, ou le blanc était blanc et le noir, noir. Ce monde utilisé par l’homme sans scrupules, sans états d’âme, avec son lot de gaspillages, de mépris, car en ces temps là, monsieur, l’homme pouvait soumettre la nature si ça lui plaisait, tuer les animaux qu’il voulait et quand il le désirait, sans ces foutues dates de chasse et ces emmerdeurs d’écolos…

Oui, les copains/copines, le préfet J-F Carenco vient de l’indiquer : les amis de l’ours, ceux qui se battent pour sa réintroduction (comme de celle des 2 autres grands prédateurs, loup et lynx), ceux qui subissent les sarcasmes des chasseurs, ceux-là sont du côté du progrès, de l’évolution, de la réflexion et de la sensibilité.

Source : ÇA BRANLE DANS LE MANCHE :

Cet endroit virtuel est réalisé pour les ami(e)s qui prennent les affaires de ce monde au sérieux mais qui ne se prennent pas au sérieux. Si, ils/elles ont constaté, comme moi, que ça branle dans le manche et que comme le dit la chanson "la semaine sanglante", les mauvais jours finiront, ils/elles sont les bienvenu(e)s. Ce blog se veut le témoin, l'acteur et le colporteur de toutes les inititiatives, les luttes et les sensibilités qui veulent construire un monde plus accueillant et plus juste pour tous les êtres vivants sans attendre que le soleil des puissants blanchisse les os des malheureux. L'accès à ce blog est fortement déconseillé aux viandards et autres chasseurs et en général, à tous ceux qui prennent leur pied en faisant couler le sang.

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