ANEM

17 mai 2009

Une défaite de taille pour Henri Nayrou et l'ANEM

Communiqué de presse de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie

En recevant le président et des membres de l’association nationale des élus de la montagne, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, a réaffirmé l’engagement de la France à protéger la biodiversité sur tout le territoire national et l’ambition d’y parvenir dans une logique de développement durable.

Elle considère que pour l’ours brun, espèce emblématique du massif pyrénéen, le plan national élaboré en 2005, évalué à mi-parcours en 2008, qui prévoyait notamment la réintroduction de cinq ours, doit être mené à bien, en donnant le temps à la concertation de se poursuivre, aux dispositifs d’accompagnement pastoral de s’ajuster et au groupe national créé en juin 2008 de lui faire des propositions.

Le «Groupe national ours dans les Pyrénées» (GNOP), présidé par le préfet de la région Midi- Pyrénées, rassemble l’ensemble des acteurs – services de l’Etat, élus, professionnels de l’agriculture, de la forêt et du tourisme, chasseurs, associations de protection de la nature et de l’environnement - et des départements concernés.

Ce groupe doit, en effet, remettre dans les semaines à venir ses premières conclusions sur l’évolution du plan de restauration de la population d’ours bruns sur le massif pyrénéen et sur les améliorations envisageables. Chantal Jouanno attend beaucoup de ce cadre de concertation spécifique et invite tous les acteurs à s’y retrouver à nouveau pour partager les diagnostics et formuler des propositions.

La secrétaire d’Etat à l’écologie reste très attentive à la dynamique des populations d’ours brun en Pyrénées centrales comme en Pyrénées occidentales et se préoccupe, en étroite collaboration avec son collègue, Michel Barnier, ministre de l’agriculture du développement des filières de l’élevage sur le massif.

Les deux naissances constatées ce printemps et les sorties d’hibernation incitent à conduire le plan de restauration jusqu’à son terme et à préparer le plan suivant en 2010 sur la base des propositions du groupe national.

Secrétariat d’Etat à l’écologie

Henri Nayrou décrédibilisé

Henri Nayrou, président de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM) et député de l’Ariège a pris ses rêves pour la réalité. Son "Scoop", fidèlement relayé par la presse locale ariégeoise n'était qu'un coup médiatique pour attirer, une fois de plus, l'attention des médias sur les revendications de l'ASPAP et sur "une brebis tuée par un ours entre Albiès et Verdun" : "le 28 avril dernier, une délégation de l’ANEM a été reçue par Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie. L’association a toujours considéré que prédateurs et pastoralisme étaient incompatibles, et que l’élevage n’avait pas besoin de ce fardeau supplémentaire. J’ai donc demandé à Mme Jouanno de prolonger sine die le gel du plan de réintroduction". Ce à quoi, d’après le député ariégeois, la ministre a répondu que "le mariage n’avait pas été réussi, et qu’il ne serait pas convenable de poursuivre la réintroduction de l’ours".

Voilà le scoop d'Henri Nayrou démenti. Cette mauvaise communication le décrédibilise une fois de plus. L'ANEM avait déjà dans le passé posé sur des marches avec les membres de l'ASPAP déguisés en "demoiselles". Gérard DUBUC, coprésident, un autre opposant au plantigrade ne manque aucune occasion pour plaider pour le disparition de l'ours. La politique de la défense de la biodiversité passe derrière le soutien au pastoralisme.

L'ASPAP présentait deux "nouveautés" : son chien de Carélie "pas tendre avec les prédateurs", déjà présent l'an dernier lors de l'assemblée générale de l'association. Quelle est son utilité puisque le réseau ours brun en utilise deja un? Vont-ils traquer l'espèce protégée, au risque une fois de plus de se mettre hors la loi ? Après avoir récolté des fonds pour payer les amendes des casseurs d'Arbas, vont-ils organiser une nouvelle souscription si René Marquèze est condamné à payer pour avoir tuer l'ourse Cannelle? Deuxième nouveauté, le "contre-répondeur" pour annoncer les localisations des ours. Rien de nouveau ; depuis des années, les ultra-pastoraux se refilent leurs observations pour traquer les ours, qu'ils s'approchent des estives ou qu'ils en soient éloignés.

"Il faudra, bien sûr, attendre une déclaration publique du ministère pour confirmer la chose." avait écrit le journaliste de La Gazette ariégeoise, sans vérifier lui même l'information. A la place de la confirmation, Henri Nayrou a eu droit à son démenti. Le même journaliste poursuivait : "le cas échéant, la nouvelle serait une victoire pour les opposants à la réintroduction - et bien sûr une défaite de taille pour les partisans de celle-ci." Va-t-il maintenant titrer sur la défaite de taille du député anti-ours? J'en doute, la pression des politiciens locaux sur la presse est trop forte en Ariège, un arrière-pays ou un pays arriéré ?

- Elle l'a dit!
- Je n'ai rien dit!
- Si tu l'as dit!

Lire : la Ministre contredit le député Nayrou


16 mai 2009

Henri Nayrou annonce la fin de la réintroduction d'ours dans les Pyrénées

Le gouvernement Sarkozy signera-t-il l’arrêt de mort des ours dans les Pyrénées ?

par Christophe CORET (AVES France)

Méfiance, c’est le maître mot lorsque de telles nouvelles sont relatées par la presse locale, mais les propos prêtés à la secrétaire d’Etat chargée de l’écologie, Chantal Jouanno, ne seraient pas étonnants... et annonceraient la fin programmée de l’ours dans les Pyrénées.

Alors que nous dénoncions cette semaine le braconnage des loups organisé par l’Etat français (lire l’article "Quand l’Etat français braconne les loups"), la gazette Ariégeoise vient de publier ce qu’elle appelle un scoop. Et si nous devons prendre ces rumeurs avec des pincettes, nous ne pouvons pas les ignorer devant la politique clientéliste du Ministère de l’Environnement.

Le 28 avril 2009, une délégation de l’ANEM (Association Nationale des Elus de Montagne) a été reçue par Chantal Jouanno. Henri Nayrou, député de l’Ariège et président de l’ANEM (association qui pense que la présence des prédateurs est incompatible avec le pastoralisme) a donc profité de ce rendez-vous pour réaffirmer ses positions anti-ours.

Ce 15 mai, à Luzenac, devant un auditoire composé en large majorité par des opposants aux prédateurs, Henri Nayrou a apporté la Sainte Parole : la Secrétaire d’Etat lui aurait confié que ""le mariage n’avait pas été réussi, et qu’il ne serait pas convenable de poursuivre la réintroduction de l’ours".

Il ne serait pas convenable de poursuivre la réintroduction de l’ours ? Autant dire, si ces propos sont confirmés par l’intéressée, qu’il n’y aura bientôt plus d’ours dans les Pyrénées !

Cette décision ne serait pas étonnante de la part du gouvernement Sarkozy, bien qu’il ait initié un Groupe National Ours. Depuis son arrivée au Ministère de l’Ecologie, l’équipe de Jean-Louis Borloo n’a cessé de manipuler les associations de protection de l’environnement. On grenelle, on communique, on donne des leçons à tous les pays du Monde... pour mieux faire oublier ce qui se trame en France. Aujourd’hui, on affaiblit les associations de protection de l’environnement pour donner le pouvoir aux chasseurs, aux éleveurs, ou à tout autre lobby puissant qui peut apporter des électeurs... est-ce cela le développement durable ?

AVES France espère simplement que ces propos seront démentis par le Ministère.

Nous espérons également que notre plainte contre l’Etat français auprès de la Commission Européenne pour sa gestion désastreuse du dossier ours (qui a récemment été complétée avec les actualités) aura un effet positif.

Si seulement les ours et les loups pouvaient voter...

Christophe CORET

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03 mars 2009

Compte-rendu de la réunion du Groupe National Ours dans les Pyrénées du 18 decembre 2008

Direction régionale de l'Environnement Midi-Pyrénées
Service sites, paysages et nature

Toulouse, le 11 février 2009
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Introduction

Le 18 décembre 2008, M. BUR, préfet de la région Midi-Pyrénées, coordonnateur pour le massif des Pyrénées, a réuni le Groupe National Ours dans les Pyrénées (GNOP) dont la composition, ayant fait l'objet de souhaits de modifications, a été élargie et remaniée en liaison avec le cabinet de la Secrétaire d'État chargée de l'Ecologie. Le groupe est désormais composé de quatre collèges suivant la logique retenue dans le Grenelle de l'Environnement afin que chaque type de structure et chaque territoire concerné puisse être représenté. Ainsi, les représentants des élus, des professionnels, des responsables associatifs et de l'Etat de la chaîne des Pyrénées ont été invités à participer au dialogue. Il reste à trouver les modalités permettant aux cellules d'animation pastorales et aux représentants des forestiers de l'ensemble de la chaîne de participer aux travaux qui seront menés.

Avant l'ouverture de la séance, une courte intervention de représentants des associations opposées à la présence de l'ours refusant «de cautionner le principe de la présence de l'ours dans les Pyrénées» par leur participation au GNOP, a amené M. le Préfet à souligner les règles républicaines qui consistent à débattre ensemble et de manière sereine dans le cadre proposé par l'Etat qui a pris en compte les remarques formulées pour le définir.

Après avoir remercié les élus, les représentants des associations, des chambres consulaires, des organisations professionnelles et de l'administration présents, M. le Préfet rappelle à l'attention des nouveaux membres les objectifs des quatre missions que la Secrétaire d'État à l'écologie avait demandées et dont les rapports constituent la base des réflexions à mener pour améliorer et faire évoluer le plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises.

M. Ader, membre du bureau de la Chambre départementale d'Agriculture de Haute-Garonne, vice-président de l'association des Chambres d'Agriculture Pyrénéenne, s'exprimant au nom des Chambres du Massif des Pyrénées, informe les participants que les présidents des six Chambres d'Agriculture pyrénéennes ont décidé de ne pas participer à la présente réunion. Il réaffirme la position de la profession agricole exprimée dans le manifeste pour le maintien de la biodiversité en zones d'élevage, co-signé le 10 octobre 2007 par les présidents de l'assemblée permanente des Chambres d'agriculture et les présidents des syndicats agricoles.

Dans un contexte économique fragile, il souligne que la profession a la volonté de travailler au développement durable de la zone montagne pyrénéenne mais refuse de s'investir dans un programme qui génère des tensions et s'avère contreproductif pour le développement du territoire. Il indique que les activités agricoles et pastorales doivent être considérées dans leur globalité car elles représentent des enjeux économiques, sociaux et environnementaux importants.

En invoquant l'incompatibilité du pastoralisme et de la poursuite de l'augmentation des effectifs de la population d'ours qui cependant ne constitue pas sa principale difficulté, il demande, au nom de la profession agricole, l'arrêt de toute réintroduction d'ours dans les Pyrénées, des solutions efficaces pour stopper des nuisances provoquées par la population d'ours actuelle et une anticipation dans la gestion de la population de loups.

Les deux représentants des Chambres d'Agriculture quittent la séance.

M. Nayrou, Président de l'ANEM indique le souhait des élus qu'il représente d'être présents dans le GNOP, qui correspond à une volonté de concertation de l'Etat, confirmée par les évolutions de sa composition. Il rappelle la position de l'ANEM qui est pour le pastoralisme et contre «le plan de réintroduction de l'ours» qui sont incompatibles, et souligne comme raisons conjoncturelles de cette position l'inanité de l'opération de réintroduction de 2006 (2 ours décédés sur 5 relâchés), l'espace non adapté à une espèce venue de l'extérieur, le coût de l'opération et les difficultés permanentes et terribles des éleveurs d'ovins particulièrement affectés par la fièvre catarrhale ovine. Il rajoute que la preuve de l'intérêt scientifique de l'opération de réintroduction n'étant pas apportée, la décision d'une telle opération sans véritable concertation (lâchers de nuit), l'opposition farouche des montagnards, la question de la sécurité des citoyens et de la responsabilité des maires, et le fait que la biodiversité des Pyrénées ne nécessite pas cette espèce supplémentaire, sont autant d'autres raisons pour asseoir cette position.

M. Arcangeli, Président de Pays de l'Ours-ADET, maire d'Arbas exprime son regret d'une part de voir que la plupart des opposants a fait le choix, une nouvelle fois, de ne pas participer à la concertation malgré la demande qu'ils en avaient fait et d'autre part que le plan de restauration de l'ours et le plan de soutien à l'économie montagnarde aient été dissociés. Il émet la possibilité que le choix de traiter ces deux problématiques de façon distincte, non globale, explique peut-être l'attitude des opposants qui participent aux réunions sur le plan de soutien mais boycottent le volet ours. Cette approche constitue aussi la négation du principe même du développement durable. Il demande au nom des associations que celles-ci soient à l'avenir associées aux travaux menés dans le cadre du plan de soutien à l'économie de montagne et que des passerelles entre la gestion des deux plans soient créées.

M. Placé, Président de Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, remet à M. le Préfet un document consignant la position des chasseurs français sur l'ours brun dans les Pyrénées. Au nom des Fédérations du Massif, il se déclare favorable à la conservation de l'ours brun dans les Pyrénées, mais défavorable à la réintroduction de spécimens originaires d'Europe de l'Est, trop familiers avec l'homme, générateurs de nuisances et de dommages excessifs. Il indique que le seul critère génétique, retenu jusque-là pour le choix de l'origine des ours à lâcher, doit être relativisé et que le comportement, les conditions de vie dans les pays d'origine et l'imprégnation ou non par l'homme doivent être pris en compte. Il est aussi opposé à des zonages d'exclusion mutuelle de la présence de l’ours et de la chasse car un tel système, interdisant de façon permanente toute chasse dans les secteurs à ours, particulièrement dans les secteurs de tanière, conduira à la création de réservoirs à cervidés et à sangliers qui occasionneront dégâts forestiers et agricoles. Il ajoute que le sanglier est le plus grand compétiteur de l'ours par la concurrence alimentaire, voire le dérangement, et que la chasse au grand gibier peut donc être utile à l'ours. Par ailleurs, une trop grande concentration de sangliers constitue un risque pour une autre espèce emblématique des Pyrénées, le Grand tétras, dont les nids peuvent être consommés. M. Placé souligne l'importance du rôle socio-¬économique de la chasse dans les Pyrénées et précise que ce paramètre doit peser dans l'organisation de la coexistence entre l'ours et l'homme.

Conformément à l'ordre du jour, la lettre de mission sur le plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises, adressée à M. le Préfet par la Secrétaire d'Etat, est présentée. Elle lui demande d’assurer le pilotage stratégique du plan ours, le directeur régional de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement étant chargé du pilotage opérationnel. Elle lui confie l'animation du groupe afin que les suites à donner aux propositions des missions soient étudiées, que des propositions soient formulées pour le mois de juin 2009 et que les conditions d'application locale des propositions nationales soient analysées.

Les dispositions des rapports de missions concernent tout d'abord l'organisation interne de l'Etat. Il est demandé à M. le Préfet :

  • de définir les relations entre les différents services et établissement publics d'État et leur rôle, de façon à assurer une action de l'Etat la plus réactive et la plus lisible possible;
  • de clarifier les missions confiées à l'ONCFS et particulièrement à l'Equipe Technique Ours afin de déterminer précisément la nature des travaux à mener sur l'ours;
  • de conduire en liaison avec la direction de l'eau et de la biodiversité les actions nécessaires à une bonne coordination technique entre l'Espagne, Andorre et la France;
  • de s'appuyer sur les services du ministère, notamment la direction de l'eau et de la biodiversité, pour toute analyse des questions juridiques et de sécurité publique liées à l'ours;
    de considérer la poursuite éventuelle de la mission de l'un des inspecteurs.

M. Nayrou, Président de l'ANEM, estime que les 5 points de la lettre de mission portent sur des sujets généraux et ne reflètent pas les problèmes actuels tels que la fièvre catarrhale ovine.

M. le Préfet explique qu'il reprend les orientations fixées par la Ministre mais que d'autres sujets peuvent venir interférer. TI précise que les thématiques à travailler dans le cadre du groupe peuvent être complétées et ajustées.

Les conclusions des rapports de missions conduisent également à la constitution d'ateliers de travail où la réflexion sera menée selon trois thématiques à mettre en œuvre.

Il est proposé que le premier groupe de travail réfléchisse sur la solution de répartition de l'espace préconisée dans leur rapport par les inspecteurs D. Laurens et G. Ribière. Cette solution, qui s'appuie sur la biologie de l'ours, consiste à déterminer les territoires qui conviennent le mieux à l'ours et à améliorer leur attractivité pour l'ours. L'atelier doit examiner l'intérêt de la définition de ces zones et définir la méthodologie à utiliser le cas échéant pour les délimiter. Il doit réaliser le travail technique nécessaire à cette délimitation et à l'amélioration de l'attractivité de ces zones. L'animation de cet atelier, intitulé «Zones de présence préférentielle et habitat de l'ours», sera assurée par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Midi-Pyrénées et par l'office national des forêts.

Le second atelier concerne les propositions formulées dans les deux rapports de MM. les inspecteurs D. Laurens et G. Ribière d'une part et A. Escafre et E. Binet d'autre part, pour améliorer la cohabitation entre les activités humaines et la présence de l'ours. Il est proposé que les réflexions du groupe de travail portent sur les mesures techniques à mettre en œuvre pour :

  • préserver la quiétude de l'ours dans les sites vitaux et les zones de pré-hivernage dans la gestion forestière et les activités de loisirs. A cette fin, il est envisagé de poursuivre la révision du «guide de gestion forestière en zone à ours» engagée par l'ONF et d'intégrer les derniers éléments de jurisprudence en matière de chasse;
  • améliorer la cohabitation avec le pastoralisme et apporter des solutions aux difficultés rencontrées;
  • développer la valorisation économique et touristique de l'ours et du pastoralisme. L'atelier peut contribuer au pilotage d'une étude exploratoire dans ce domaine.

Intitulé «Compatibilité entre les activités humaines et la pérennité de la population d'ours», l'atelier sera animé par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Midi-Pyrénées et la direction départementale de l'équipement et de l'agriculture des Pyrénées-Atlantiques.

La troisième thématique identifiée à partir des rapports des inspecteurs concerne les questions liées au suivi de la population, à la gestion de crise et à la médiation sociale. TI est ainsi proposé que le troisième atelier mène ses réflexions sur:

  • l'amélioration de l'efficacité et de la pertinence du réseau d'observation de l'ours brun et les modalités de partage de l'information recueillie;
  • la gestion des situations difficiles et la notion de «protocole ours à problème» afin d'améliorer les modalités d'intervention;
  • les actions de proximité et de médiation sociale qu'il convient d'organiser entre les différents acteurs de terrain, le rôle des sous-préfets étant renforcé par la lettre de mission de la secrétaire d'État au préfet.

L'atelier intitulé «Gestion de la présence de l'ours» sera piloté conjointement par M. le sous-préfet de Saint-Gaudens, le délégué régional sud-ouest de l'ONCFS et la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Midi-Pyrénées.

Chacun des ateliers se réunira deux ou trois fois, sur des sujets précis, pour aboutir à des conclusions et des propositions qui seront finalisées lors d'une réunion de synthèse du groupe national ours avant remise à Mme la Secrétaire d'Etat à l'écologie au mois de juin 2009.

M. le Préfet souligne que les trois ateliers sont ouverts à tous les membres du groupe qui souhaitent y participer et qu'il pourra être fait appel à des experts sur des sujets spécifiques en tant que de besoin.

M. Barbelanne, Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Ariège, demande des précisions sur la première thématique car il déclare être totalement contre la recherche d'habitats où l'ours se sentirait le mieux. Rappelant qu'il est très difficile de faire admettre la présence d'ours aux chasseurs, il affirme que choisir un territoire et y cantonner l'ours n'est pas acceptable et qu'il faut respecter la liberté des chasseurs. Il souhaite participer à cet atelier à condition que la question de la présence d'ours sur ces habitats soit orientée différemment.

M. Galibert, adjoint au directeur régional de l'environnement de Midi-Pyrénées, indique que l'objectif de l'atelier est d'identifier les zones qui biologiquement sont les plus favorables à l'ours sans notion d'exclusivité, de cantonnement ou d'interdiction de fréquentation. Il s'agit d'atteindre un consensus sur la définition de ces zones et les activités qu'il est possible d'y exercer, la terminologie utilisée étant suffisamment large pour préserver la liberté des chasseurs.

M. Placé, Président de Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, déclare qu'il est utopique de vouloir maintenir les ours dans des zones et que l'avenir réside plus dans des mesures simples de cohabitation et d'information des chasseurs.

M. Ouilhon, représentant du FIEP, estime que l'avenir des Pyrénées concerne tous les acteurs et regrette l'absence de certains d'entre eux à cette réunion de dialogue et d'échange d'idées. Il se déclare très inquiet que les recommandations des inspecteurs sur la nécessité de renforcer la population d'ours, notamment l'apport de femelles en Béarn, n'aient pas eu d'effet à ce jour. Il manifeste également son inquiétude face aux moyens octroyés à l'IPHB alors qu'aucun renforcement n'a été effectué par cette institution. Il s'interroge sur l'avenir des mesures assurant la cohabitation entre l'ours et la chasse après le début d'application en Pyrénées-Atlantiques en 2008. Il déclare que le plan de restauration ne doit pas être remis en cause et qu'il attend aujourd'hui un signe fort de l'Etat pour le mener à terme et mettre en place des mesures concrètes telles que le renforcement de femelles en Béarn.

M. Chaire, représentant les propriétaires forestiers, fait observer que le thème de la forêt est traité dans deux ateliers différents et que cela peut gêner à leur efficacité.

M. Galibert, adjoint au directeur régional de l'environnement de Midi-Pyrénées, propose de mettre à la discussion le choix de travailler sur la question de la forêt dans un seul atelier.

M. Cabé, représentant l'Union régionale des communes forestières, maire d'Artigue, indique que la thématique de la forêt doit être considérée dans son ensemble car elle est essentielle, les forestiers étant les plus concernés par la question de l'ours avec les éleveurs. Il signale que D. Laurens a su prendre l'avis des personnes concernées sur le terrain et qu'il a bien rapporté dans son rapport la problématique de la forêt actuelle du sud-ouest et les importantes difficultés économiques qu'elle rencontre aujourd'hui.

M. Egré, représentant l'Union régionale des exploitants forestiers, partage l'inquiétude des chasseurs de voir des sanctuaires à ours se créer car il n'est pas possible d'empêcher un ours de circuler. Ilest prêt à participer aux ateliers mais redoute que de nouvelles contraintes liées à l'ours ne viennent s'ajouter à celles déjà nombreuses qui pèsent sur l'exploitation de la forêt de montagne.

M. Sagnol, Président de la Fédération Communautaire des Accompagnateurs en Montagne Pyrénéens, se déclare très satisfait de participer au groupe. Avec 600 professionnels, sans compter les collègues espagnols, et 270 à 300 000 personnes au minimum emmenées en montagne, il estime important de prendre en compte la réalité économique et l'impact de la profession sur le massif par rapport à la présence de l'ours. II précise en effet que les accompagnateurs, qui travaillent été comme hiver et particulièrement dans les zones où il y a des ours, sont autant d'observateurs. Il donne la position de la fédération qui n'est ni pour ni contre l'ours mais insiste sur la nécessité de concerter les accompagnateurs directement sur le terrain au titre des loisirs et de travailler sur le problème de la diffusion de l'information. Il est intéressé par les ateliers 2 et 3.

M. Nayrou, Président de l'ANEM, constate que les difficultés apparaissent dès que l'on aborde les thématiques retenues et il s'interroge sur la décision du gouvernement à adopter le principe de renforcement. Selon lui, le groupe marquerait une véritable avancée s'il y était décidé clairement de ne pas effectuer de nouvelles réintroductions. Il demande s'il s'agit de gérer l'existant qui débouche sur un échec programmé des opérations de réintroduction des ours slovènes ou si transparait, derrière les ateliers, la volonté de réintroduire de nouveaux sujets.

M. le Préfet indique que ce travail est mené dans le cadre qu'a tracé la Ministre et qu'il porte en effet sur l'existant, ce qui sous-entend que la Ministre aura des décisions à prendre. Il rappelle que la parole est libre au sein des ateliers et que toutes les positions particulières qui auront été exprimées, figureront dans les rapports finaux qui seront remis à la Ministre.

Mme Sourd, représentante du WWF, assure que le WWF entend contribuer, au sein du groupe, à une meilleure gestion du plan de restauration d'une population qui n'est pas encore viable et non pas à la gestion de son extinction.

M. le Préfet répond qu'au-delà du plan qui existe bien, la mission du groupe est aujourd'hui de travailler sur les thèmes qui résultent des quatre rapports que la Ministre a commandés.

M. Casteras, Président de la Confédération pyrénéenne du tourisme indique que le tourisme est un élément fort et déterminant de l'économie montagnarde dans les Pyrénées et qu'il faut surtout tenir compte de la place qui y est faite à l'homme, tout en étant respectueux du cadre naturel. Il explique que les professionnels du tourisme ont pour objectif de refaire des Pyrénées une destination estivale à part entière et que leur image particulière ne doit pas être dégradée mais valorisée, la notion de destination étant la base du tourisme aujourd'hui.

M. le Préfet revient sur la question de la forêt et propose qu'elle soit regroupée dans son ensemble avec la première thématique concernant l'habitat de l'ours.

M. Galibert, adjoint au directeur régional de l'environnement de Midi-Pyrénées, explique que ce choix avait préalablement été fait avant de regrouper l'ensemble des interactions homme - ours dans un même atelier.

Les représentants des forestiers approuvent la proposition.

M. Arcangeli, Président de Pays de l'Ours-ADET, rappelle qu'il est également le maire d'Arbas pour les personnes qui ont pu s'étonner que dans le collège des élus, il n'y ait pas de place réservée aux élus et aux maires qui comme lui ont pris une part active dans le dossier.

A l'instar de M. Casteras, il considère la problématique touristique comme extrêmement importante et regrette qu'elle n'ait pas davantage de représentation dans le collège des professionnels. Il évoque les voyages organisés par l'Etat qui ont permis de constater les actions menées en Espagne, en Italie et aux Etats-Unis où un vrai développement est possible autour de la richesse du patrimoine naturel symbolisé par la présence de l'ours. Il se réjouit de travailler au sein de l'atelier au développement des vallées qui passe aussi par le tourisme.

Sans vouloir contredire M. le Maire d' Artigue qui demande un groupe forêt, il estime qu'il faut éviter une démarche trop catégorielle et que, au contraire, les différentes activités humaines doivent pouvoir échanger entre elles comme nous l'apprend le développement durable avec l'horizontalité des problématiques. Pour rebondir sur les propos du Président Placé, il dit que ce que nous demande l'ours, c'est d'arriver à partager un même espace et à cohabiter. Pour lui, malgré la difficulté que cela représente, l'objectif présent n'est pas de juxtaposer des activités humaines mais de les organiser entre elles, de les superposer afin de partager un même espace.

M. Cabé, représentant l'Union régionale des communes forestières, Maire d'Artigue, répond que la forêt ne veut pas s'isoler mais que les élus des communes forestières sont des élus de petites communes, avec beaucoup d'éleveurs qui prennent aussi part au tourisme avec les chambres d'hôtes et que le groupe de travail forêt sera en mesure de traiter la question du tourisme.

M. le Préfet résume les propositions d'ateliers:

  • un premier atelier qui traite de l'habitat de l'ours et des questions liées à la forêt;
  • un second atelier qui traite de la compatibilité des activités humaines avec la présence de l'ours et notamment les aspects des loisirs dont la chasse et le tourisme, le pastoralisme et les questions économiques sans exclure la forêt si un éclairage lié à ce sujet est nécessaire ;
  • et un troisième groupe sur la gestion de l'ours proprement dit qui traite de l'information, de l'observation, de la gestion des situations difficiles et des aspects de la médiation sociale.

M. le Préfet rappelle une nouvelle fois que ces travaux sont ouverts à chacun des membres du groupe et qu'il est prévu deux ou trois séances par atelier afin de déboucher sur une réunion d'ensemble qui se tiendra vers la fin du mois de mai, la remise du rapport à la Ministre étant fixé pour le mois de juin.

Les membres du groupe ont d'ores et déjà la possibilité de s'inscrire aux ateliers. Un message électronique leur sera néanmoins adressé pour leur permettre de le faire.

A la demande de Mme Portier, représentante de Nature Midi-Pyrénées, il est confirmé que des comptes-rendus des ateliers seront diffusés à l'ensemble des membres et qu'il sera possible de consulter ces documents sur le site Internet  www.ours.ecologie.gouv.fr.

M. Rouffet, représentant d'ODIT France, demande si, dans le cadre du travail mené dans les ateliers, il pourra être fait appel à des moyens extérieurs pour réaliser des enquêtes ou mener des investigations.

M. le Préfet indique que la matière des quatre rapports d'inspection constitue les éléments qui doivent alimenter la réflexion mais que, toutefois, la nécessité d'une étude pour éclairer une approche peut très bien constituer une des propositions issues des travaux des ateliers.

M. Cabé, représentant l'Union régionale des communes forestières, maire d'Artigue, demande s'il est possible que soient levées certaines contradictions qui existent entre les rapports des inspecteurs, au demeurant fort bien faits, du type de celle qu'il a évoqué précédemment entre le Grenelle de l'Environnement et le rapport de D. Laurens en matière de forêt.

M. Galibert, adjoint au directeur régional de l'environnement de Midi-Pyrénées, répond que l'assemblée plénière n'a pas vocation à régler cette question mais qu'il est possible de faire parvenir des contributions sur certains éléments, en amont des ateliers, de façon à servir de base de discussion lors des séances de travail. Toute matière préparatoire aux ateliers rendra le travail plus rapide et efficace.

M. Arcangeli, Président de Pays de l'Ours-ADET, maire d'Arbas, souhaite qu'un travail sur l'évolution du cadre législatif de protection de l'ours en tant qu'espèce protégée soit mené au sein d'un des ateliers, vraisemblablement le troisième.

M. le Préfet déclare que les textes sont généralement travaillés par les ministères mais que rien n'interdit qu'un atelier formule une proposition pour corriger ou ajouter un élément complémentaire pour palier à la défaillance d'un texte.

M. Nayrou, Président de l'ANEM, déclare qu'on ne peut pas exciper de la disparition de l'ours brun compte tenu du nombre d'ours présents dans l'hémisphère nord. Concernant l'arsenal législatif, il rappelle qu'en raison de la réforme constitutionnelle du 21 juillet, il y aura co-production entre le gouvernement et le Parlement en matière législative et que M. Arcangeli ne peut pas compter sur sa propension à suivre sa proposition.

M. le Préfet signale que chacun des 577 députés peut émettre une proposition.

M. Nayrou, Président de l'ANEM, avant de quitter la séance pour des obligations, émet ses plus vives réserves quant à l'opportunité, la qualité et les conclusions des ateliers car ils partent du principe que les ours sont là et que l'objectif est de trouver un moyen pour régler les problèmes de sécurité dus à leur présence. Compte tenu de la forte opposition des personnes qui vivent des terrains sur lesquels vivent les ours, il renouvelle ses réserves sur l'esprit et les thématiques des ateliers, les véritables problèmes n'ayant pas été abordés dans cette réunion du groupe, à savoir J'avenir de l'espèce ursine dans les Pyrénées, l'avenir du plan de réintroduction de 1996 et celui de 2006. Il annonce que l'ANEM aura l'occasion de faire savoir sa position en fonction de ce qui sera dit.

M. le Préfet répond que l'ambition du groupe est de travailler sur des sujets à un niveau modeste, conformément aux responsabilités de chacun, à la seule fin d'alimenter la réflexion de la Ministre.

M. Placé, Président de Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, souhaite revenir sur le problème du zonage de l'ours, approche qui conduit à Natura 2000 et donc pour laquelle les chasseurs ont la plus grande méfiance. Il accepte de travailler sur les activités humaines mais pas sur la question du zonage.

M. le Préfet convient que chacun est libre de ses choix mais qu'il avait cru comprendre que les chasseurs avaient une approche positive vis à vis de la faune sauvage.

M. le Préfet propose de passer aux questions diverses et signale le point important que constitue l'avis rendu par le Conseil d'Etat sur la question de la responsabilité des élus en matière de sécurité. Il invite M. Perret du MEEDDAT à présenter ce point.

M. Perret, Ministère de l'écologie, rappelle que le ministère avait publié en 2007 une circulaire sur la responsabilité des élus. IlI explique que suite aux questions redondantes des élus, la Ministre chargée de l'écologie a saisi, au début de l’année, le Conseil d’Etat. Puis il expose les questions sur lesquelles portait cette saisine et les réponses du Conseil d'Etat :

  • il s'agissait d'une part d’obtenir la position du Conseil d'Etat sur les marges de manœuvre dont disposent les maires face à un risque présenté potentiellement par l'ours et plus particulièrement son interprétation de la disposition de la directive habitats qui traite de la perturbation intentionnelle et de l'effarouchement de l'ours eu égard aux pouvoirs de police des autorités de l'Etat.
  • il était question d'autre part de clarifier la responsabilité des agents de l'Etat et des maires en cas de dommages causés par l'ours et de savoir si la constitution permettait la création d'un régime visant à limiter le risque d'engagement de cette responsabilité.

Les conclusions du Conseil d'Etat sur le premier sujet rappellent que les pouvoirs de police générale du maire s’exercent en matière d’ours mais qu'ils sont très fortement limités par les pouvoirs de police spéciale du Ministre en charge de l'environnement ou du préfet. Ainsi le maire peut agir en matière d'information du public sur les risques éventuels dans des situations très particulières, par exemple l'accès limité à certains chemins. Concernant l'effarouchement, il est dit que le maire peut faire état de son pouvoir de police générale dans des circonstances exceptionnelles, tel que la présence d'un ours dans le village. En dehors de cette circonstance exceptionnelle, l'effarouchement d'un ours relève strictement des autorités de l'Etat.

Concernant le deuxième point, le Conseil d'Etat fait une analyse des responsabilités administrative et pénale des agents publics ou des maires. Il considère que dans une situation normale, eu égard à la nature sauvage de l'ours, le lien entre un dommage et une responsabilité des agents publics ou du maire serait extrêmement difficile à démontrer et qu'en conséquence l'implication pénale des agents publics ou des maires est quasi inexistante. Le Conseil d'Etat considère, par ailleurs, qu'écarter la responsabilité des agents publics ou des élus ne serait pas constitutionnel et que la création d'un régime spécial, définissant des responsabilités minimales des agents publics ou des maires, aurait plus d'effets négatifs sur cette responsabilité que les dispositions actuelles en vertu desquelles le lien juridique entre dommage et action des agents publics ou des maires reste difficile à établir.

M. Perret termine en indiquant que l'arrêt du Conseil d'Etat doit être prochainement adressé à M. le Préfet sous forme de circulaire.

M. le Préfet souligne l'aspect clair et rassurant de l'avis du Conseil d'Etat qui répond aux préoccupations légitimes des élus quant à leur responsabilité dans des situations qui présentent des dangers. Il rappelle que la part de responsabilité de l'Etat, dans le cadre de sa police spéciale dans ce domaine, étant très importante, la responsabilité locale de l'élu est réduite d'autant et que sur le plan pénal, elle est quasi inexistante, mis à part le cas impossible d'une faute personnelle grave.

Mme Sanchis, direction régionale de l'environnement de Midi-Pyrénées, présente le bilan des dommages et indique qu'ils sont en très nette diminution par rapport à 2007 à la même période sur la chaîme des Pyrénées. En effet, au 30 novembre 2008, on comptabilise 152 animaux imputés à l'ours et 78 devant encore passer en commission d'ici la fin de l'année. En 2007, à la même date, 318 animaux étaient imputés à l'ours et 520 avaient été indemnisés.

Elle fait ensuite un point d'éclairage sur les accidents de chasse intervenus à l'automne. Elle confirme que Balou, blessé à la patte avant droite le 7 septembre lors d'une battue, effectue des déplacements réguliers signifiant qu'il ne se trouve donc pas dans une situation critique par rapport à sa survie et qu'il se trouve actuellement sur la commune d'Orlu. Concernant l'accident du 23 octobre dans le Val d'Aran, elle rappelle le témoignage du chasseur concerné: il aurait crié pour tenter d'effrayer l’ourse Hvala qui serait passée à 3 mètres de lui. L'animal l'aurait alors chargé puis mordu à la jambe et griffé au bras. L'homme aurait donc tiré en l'air en tombant et l'ourse serait partie. Elle indique qu'à l'occasion de la réunion du groupe de coopération franco-espagnole-andorrane organisée le 13 novembre à Barcelone pour examiner la situation, il a été estimé que, compte tenu du contexte décrit par le chasseur, le comportement de l'animal n'était ni agressif ni anormal. En conséquence, il a été recommandé de ne pas procéder à une capture et de ne pas déplacer l'animal.

M. Quenette, responsable de l'Equipe Technique Ours, présente à son tour les résultats de la première session d'analyses génétiques réalisée à partir de prélèvements de crottes et de poils récoltés sur le terrain, sur le versant français des Pyrénées et 4 ou 5 échantillons recueillis sur le versant espagnol, côté Aragon. TI précise que ces résultats ne donnent pas l'effectif de la population d'ours des Pyrénées mais indiquent le nombre minimum d'individus détectés sur le versant français entre le mois de mars et le mois de septembre. Il déclare qu'ainsi 11 ours différents ont été identifiés avec au moins deux mâles répartis sur le noyau Pyrénées-Atlantiques et les autres répartis sur les noyaux centro-oriental.

Mme Sanchis, direction régionale de l'environnement de Midi-Pyrénées, termine en communiquant les résultats d'un sondage effectué cet été par l'Ifop sur la population française, les 6 départements pyrénéens avec un focus sur les montagnards :

  • l'ours est l'animal emblématique des Pyrénées pour les français, les 6 départements pyrénéens et les montagnards, ce qui est intéressant par rapport à un attrait touristique potentiel;
  • l'adhésion au maintien d'une population d'ours est majoritaire pour les français, des 6 départements pyrénéens et des montagnards ;
  • les perceptions sont, par contre, différenciées en ce qui concerne de nouveaux lâchers d'ours avec une opinion majoritairement favorable des français et des habitants des 6 départements pyrénéens mais minoritaire pour les montagnards (39% pour).

Elle indique que les résultats figurent dans le nouveau numéro d'Empreinte Ours, la publication de l'Etat sur le programme, qui sera distribué à la fin de la réunion.

M. Arcangeli, Président de Pays de l'Ours-ADET, déclare qu'il est très difficile d'accéder aux informations concernant les dégâts causés par la fièvre catarrhale ovine sur les troupeaux pyrénéens. Il demande que le bilan de ces dommages soit communiqué. S'agissant de l'accident de chasse du Val d'Aran, il regrette l'absence d'expertise et d'éléments objectifs permettant d'attester de la réalité de la rencontre entre le chasseur et l'ourse, fait suffisamment rare dans les Pyrénées depuis des décennies. Il estime qu'un tel manque jette la suspicion sur les faits.

M. Pélissié, directeur régional de l'agriculture et de la forêt de Midi-Pyrénées, lui répond que les mortalités dues à la fièvre catarrhale ovine faisant l'objet d'indemnisation, les chiffres pourront être donnés lorsque le bilan sera achevé. Il insiste sur le fait qu'il ne comprend toutefois pas la question, ni le lien qu'elle peut avoir avec le groupe car tous les troupeaux atteints par la FCO n'ont pas vocation à fréquenter la montagne pyrénéenne.

M. Arcangeli, Président de Pays de l'Ours-ADET, fait observer, en réponse, qu'une parfaite transparence et donc une certaine publicité sont faites sur les dégâts d'ours et que l'on constate une certaine opacité sur les dégâts de la FCO. Il déclare que bien qu'il ne s'agisse pas forcément des mêmes zones ni des mêmes troupeaux, l'échelle des dégâts est de 150 animaux liés à l'ours pour des dizaines de milliers pour la FCO. Il ajoute que lorsque l'indemnisation est de 90 € pour la FCO, elle est le double pour un dégât d'ours. Il précise que la FCO fait partie des multiples difficultés du monde pastorale et qu'elle peut, par incidence, avoir une répercussion sur la perception de l'ours par les éleveurs. C'est pourquoi, s'agissant de l'argent public, il demande que le nombre de bêtes indemnisées en 2008 du fait de la FCO soit communiqué.

M. le Préfet déclare que les éléments chiffrés des effets malheureux et importants de la FCO seront produits et disponibles lors de la réunion de bilan des ateliers au mois de mai. Il propose de clore la réunion et remercie les participants de leur présence.

Le Préfet de la Région Midi-Pyrénées
Préfet coordonnateur pour le massif

Dominique Bur


Participants

  • M. Francis ADER, Chambre Départementale d'Agriculture de la Haute-Garonne,
  • M. François ARCANGELI, Président de l'Association Pays de l'Ours - ADET, 
  • M. André BACHOC, Directeur Régional de l'Environnement de Midi-Pyrénées,
  • M. Etienne-Jean BARBELANNE, Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Ariège, 
  • M. Hervé BENOIT, Association Nationale des Elus de Montagne, 
  • M. Henri BONNAFE-CLAUSS, Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Haute-Garonne, 
  • M. Robert CABÉ, Président de l'Union Régionale des Communes Forestières de Midi-Pyrénées,
  • M. Raül CANDEIRAS PIMENTA, Association Sensibilisation Ours, 
  • M. Pierre CASTERAS, Président de la Confédération Pyrénéenne du Tourisme 
  • M. Jean-Louis CHAIRE, Centre Régional de la Propriété Forestière de Midi-Pyrénées, 
  • M. François CHOLLET, Direction Territoriale sud-ouest de l'Office National des Forêts, 
  • M. Antoine CHRYSOSTOME, Chambre d'Agriculture des Pyrénées-Orientales, 
  • M. Pierre CORON, Sous-Préfet de Limoux, 
  • M. Patrick DEGEORGES, Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire, 
  • Mme Marie-Thérèse DELAUNAY, Sous-Préfète de Saint-Girons, 
  • M. Augustin DOUILLET, Association des Chambres d'Agriculture Pyrénéenne, 
  • M. Daniel ÉGRÉ, Union Régionale des Syndicats d'exploitants forestiers scieurs de Midi-Pyrénées
  • M. Eric FOUQUET, Délégué Régional sud-ouest de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, 
  • M. Joël FRAYSSE, Secrétariat GénéraI aux Affaires Régionales - Préfecture de la Région Midi¬- Pyrénées, 
  • M. Thierry GAUBERT, Direction Régionale de l'Environnement de Midi-Pyrénées, 
  • Mme Dominique GENTIER, Direction Régionale de l'Environnement de Midi-Pyrénées, 
  • M. Stéphane GIPOULOUX, Direction Départementale de l'Agricultme et de la Forêt des Pyrénées-Atlantiques, 
  • M. Gilbert GUllLLET, Association La Pastorale Pyrénéenne, 
  • M. Nicolas HONORÉ, Sous-Préfet de Saint-Gaudens, 
  • M. Philippe JAMET, Sous-Préfet d'Oloron-Sainte-Marie, 
  • M. Laurent JOANNY, Association La Pastorale Pyrénéenne, 
  • M. Christian JOUVE, Commissaire à l'Aménagement des Pyrénées – DIACT
  • M. Roger JUMEL, Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, 
  • Mme Sabine MATRAIRE, Association FERUS, 
  • M. Loïc MATRlNGE, Direction Régionale de l'Environnement d'Aquitaine 
  • Mme Blandine MEUNIER, Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, 
  • Mme Christine MEUTELET, Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt de l'Aude, 
  • M. Bernard MOULINÉ, Sous-Préfet de Prades, 
  • M. Henri NAYROU, Président de l'Association Nationale des Elus de Montagne, 
  • M. Philippe OSPlTAL, Parc National des Pyrénées, 
  • M. Jérôme OUILHON, Fonds d'Intervention Eco-Pastoral, Groupe Ours Pyrénées, 
  • M. Dominique PELISSIE, Directeur Régional de l'Agriculture et de la Forêt de Midi-Pyrénées, 
  • M. Michel PERRET, Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire, 
  • M. Bernard PLACÉ, Président de la Fédération départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, 
  • Mme Dominique PORTIER, Association Nature Midi Pyrénées, 
  • M. Pierre-Yves QUENNETTE, responsable de l'Equipe Technique Ours, ONCFS, 
  • M. Alain REYNES, Association Pays de l'Ours - ADET, 
  • M. Michel ROUFFET, ODIT France, Agence publique de développement et d'ingénierie touristique,
  • Mme Hélène ROULAND-BOYER, Sous-Préfète d' Argelès-Gazost, 
  • Mme Carme RUSET FONT, Association Sensibilisation Ours, 
  • M. Michel SAGNOL, Président de la Fédération Communautaire des Accompagnateurs en Montagne Pyrénéens, 
  • Mme Evelyne SANCHIS, Direction Régionale de l'Environnement de Midi-Pyrénées, 
  • Mme Christine SOURD, Association WWF France, 
  • M. Jean-François VALETTE, Préfet de l'Ariège.

Excusés

  • M. Georges FRËCHE, Président du Conseil Régional de Languedoc-Roussillon, 
  • M. François MAÎTlA, Président de la Commission Permanente du Comité de Massif, 
  • M. Martin MALVY, Président du Conseil régional de Midi-Pyrénées, 
  • Mme Frédérique MASSAT, Députée de l'Ariège, Représentant ANEM 
  • Mme Chantal ROBIN-RODRIGO, Députée des Hautes-Pyrénées, Représentant ANEM

N'ayant pas souhaité siéger à la réunion du groupe

  • M. Augustin BONREPAUX, Président du Conseil Général de l'Ariège, 
  • M. Philippe LACUBE, Président de l'ADDIP

12 janvier 2009

Henri Nayrou : "La montagne a un rôle à jouer"

Henri Nayrou, député de l’Ariège, vient d’être élu président de l’Association nationale des élus de montagne (ANEM). Interview par J.P. Bobin (Pyrénées-magazine)

La montagne incarne encore des vraies valeurs inexistantes en ville

Pyrénées Magazine: Pyrénées Magazine fête ses vingt ans en 2009. Qu'est ce qui a changé pour la montagne en vingt ans ?
Henri Nayrou : En 1985, la loi montagne répondait à un besoin d'ordre, vingt-cinq ans plus tard, il y a un nouvel ordre montagnard à mettre en place. Nous n'avons pas su saisir l'opportunité des vingt ans de cette loi pour la revisiter. La montagne a subi de grandes mutations, parfois contradictoires. Elle n'a jamais été aussi fréquentée, mais entre le vendredi soir et le dimanche soir, et du 14 juillet au 15 août; et elle n'a jamais été aussi désertifiée le reste du temps. Sur cette période, on a surtout vu se développer deux sentiments antinomiques. Ceux qui vivent en montagne veulent qu'elle demeure, malgré toutes les difficultés, un territoire de développement; d'autres, notamment les urbains, souhaiteraient qu'elle reste un territoire figé, une cour de récréation, une réserve de chlorophylle et d'oxygène.

P. M.: Est-elle encore un territoire de développement ?
Henri Nayrou : Je le crois. Rien que le poids économique des sports d'hiver représente six milliards d'euros. Ce développement repose sur un triptyque: emploi, services et, notamment, les services publics, et logement. La montagne, avec ses particularités naturelles, sa rudesse, exige qu'il y ait une vraie communauté sociale. Elle incarne encore de vraies valeurs que l'on ne retrouve plus en ville. Je ne crois pas aux oppositions mais bien plutôt aux vertus d'un partenariat entre la ville et la montagne.

P. M.: Dans les Pyrénées, l'avenir des sports d'hiver n'est pas serein; d'une part. il y a les effets du réchauffement climatique, d'autre part, la question polémique entre neige de culture et respect de l'environnement.
Henri Nayrou : Je suis président de la station de Guzet, en Ariège, qui est une jolie station de moyenne altitude, et qui a attiré entre deux mille cinq cents et trois mille lits, avec des chalets perdus dans la forêt. Et s'il est vrai qu'il y a eu deux dernières mauvaises années, à l'inverse, en 2005-2006, nous avons fait sauter tous les records. On ne peut pas dire qu'il n'y a plus de neige; l'an dernier, nous en avons eu, mais pas toujours au bon moment, c'est-à-dire pendant les vacances. Les aléas climatiques, nous les connaissons depuis toujours. Il faut anticiper tout cela.

P. M.: La montagne peut-elle exister en dehors de l'hiver ?
Henri Nayrou : Économiquement, il n'existe pas d'activité aussi porteuse que les sports d'hiver. L'hiver avec les remontées, il y a un impact direct. J'aime bien le mot de Laurent Reynaud, directeur du SNTF (Syndicat national des téléphériques de France), qui dit: "Le tout ski est peut-être fini, mais sans le ski tout est fini" Vous ne ferez pas monter des familles entières à la montagne s'il n'y a pas de neige. Si l'on trouve des solutions de substitution aux stations de sports d'hiver, capables de créer soixante-dix emplois directs et deux cents emplois cumulés, dans une vallée comme la mienne, je suis preneur, mais aujourd'hui on ne les a pas.

Quant à la question de la neige de culture, à condition de ne pas mettre d'adjuvant, et il n'yen a pas; c'est juste un prélèvement de ressource restitué au milieu plus tard. J'ai vu, cette année, l'impact sur le chiffre d'affaires des stations en manque d'équipement, en matière de neige de culture. L'ANEM a lancé l'an dernier une mission sur le changement climatique, dont le titre est déjà un acte de foi: "Au-delà du changement climatique". La question que nous posons est de savoir, au delà de ces changements climatiques, quels rôles peut jouer la montagne en faveur de la société?

P. M. : Lesquels, par exemple ?
Henri Nayrou : Déjà c'est un château d'eau, ensuite il y a tout ce qui fait travailler l'imaginaire, et puis les bienfaits naturels des cures de montagne; c'est pourquoi, comme la balnéothérapie et la thalassothérapie, j'aimerais qu'on puisse mettre en avant un jour, y compris médicalement, les vertus de la "montagno¬thérapie" .

P. M.: Le maintien de la grande faune en montagne fait partie de cette contribution à la fabrique de l'imaginaire collectif que vous invoquiez, et pourtant on a l'impression que les montagnards ne sont pas prêts à la cohabitation ... Concrètement, êtes-vous contre la réintroduction de l'ours ?
Henri Nayrou : Je ne suis pas contre l'ours, je suis pour l'espèce humaine, et je suis convaincu que le prédateur ne peut pas cohabiter avec l'espèce humaine. Quant au pseudo-argument de la biodiversité, il ne tient pas. Pour défendre la biodiversité on n'a pas besoin de l'ours; elle n'est pas en danger dans les Pyrénées. Maintenant, je comprends très bien que si on habite le Calvados on peut être pour l'ours.

P. M. : Dans le même esprit, l'Unesco risque de déclasser Gavarnie-Mont Perdu des grands sites du patrimoine mondial, ce qui serait une première. N'est-ce pas dommageable pour l'image des Pyrénées ?
Henri Nayrou : Ce serait en effet préjudiciable à l'image des Pyrénées, parce que c'est l'Unesco, parce que c'est le patrimoine mondial.

P. M. : On annonce une réforme de la PAC, quelle place sera laissée à l'agriculture de montagne ?
Henri Nayrou : Il faut une politique spécifique pour la montagne qui tienne compte de nos handicaps naturels. Je défends le principe d'une dotation spécifique pour des communautés de montagne qui vont se voir imposer des contraintes venant du Grenelle de l'environnement. C'est heureux pour l'avenir, mais il faut des contreparties, et il faut, notamment, sauver le pastoralisme. Acceptons l'idée que la montagne a un rôle à jouer dans l'avenir et pas seulement comme cour de récréation et acceptons d'en payer le coût.

Source : Pyrénée-Magazine janvier-février 2009

Réaction de "Ricky" sur le forum du Paysdelours

Dans le numéro de Pyrénées Magazine de ce mois et sans faux semblant, comme son digne acolyte le comte de Foix (NDLB: Augustin Bonrepaux), Henri Nayrou parle de l'ours.

A vrai dire pas de réelle surprise dans les propos d'une grande franchise (il faut le reconnaître) du président actuel de l'ANEM (Association nationale des élus de montagne) qui en préambule de toute explication sur le sujet déclare "je ne suis pas contre l'ours , je suis pour l'espèce humaine" ... Et plus particulièrement sans doute pour l'espèce humaine qui est contre l'ours (ASPAP, ADDIP, Le grand charnier ..), parce que l'autre espèce humaine qui est pour, apparemment elle n'existe pas. D'ailleurs poursuit le député socialiste, "le prédateur ne peut pas cohabiter avec l'espèce humaine (la vraie, pas l'autre)", en France ? 

Et ailleurs, car on voit mal après cette brillante démonstration, comment l'ours pourrait désormais cohabiter avec l'espèce humaine dans les Abruzzes, dans les Monts Cantabriques, en Slovénie, dans les Carpates et même quand on poursuit ce raisonnement l'extrême Sibérie où l'espèce humaine est présente. Vite que l'on agisse enfin pour le bien de l'espèce humaine, préoccupation majeure des humanistes ariégeois.

La biodiversité Henri Nayrou s'en occupe, "elle n'est pas en danger dans les Pyrénées" (sic) et d'ailleurs "pour défendre la biodiversité on n'a pas besoin de l'ours".

Entre autres considérations, une charge en catimini contre le Grenelle ("des contraintes"), une apologie de l'industrie du ski ("sans le ski tout est fini") et une appréciation tout personnelle sur la montagne qui "incarne encore les vraies valeurs que l'on ne retrouve plus en ville". Les doryphores urbains apprécieront.

Mais Henri en bon représentant (tout de même) de la nation persiste à croire aux vertus d'un partenariat entre la ville et la montagne, posant même le principe sacré d'une politique spécifique pour la montagne avec cependant des contre parties (?), et de plaider plus loin pour l'acceptation "d'en payer le coût" (question : qui doit payer ?), dernière phrase lapidaire qui termine en fait l'entretien. Comme on dit en ville, on n'est jamais mieux servi que par soi même.

Ricky (sur le forum du Pays de l'Ours)

(NDLB : Henri Nayrou est aussi président du syndicat mixte en charge de la gestion de la station de sports d'hiver de Guzet-neige, une station de sport d'hiver de moyenne altitude (de 1100 m à 2100 m) en Ariège.)

Lire aussi : Opposition ville /campagne

26 octobre 2008

Opposition ville /campagne

Henri Nayrou vient d'être élu à Saint-Flour à la tête de l'Association nationale des élus de la montagne (ANEM) en remplacement de Martial Saddier.

Pensée urbaine dominante

Michel Barnier et Nathalie Kosciusko-Morizet ayant été retenus à Paris, Henri Nayrou est allé à la rencontre d'agriculteurs auvergnats qui manifestaient contre le fièvre catarrhale ovine. Il a «lancé un avis de gros temps sur les massifs où la désertification a fait son œuvre.» Une manière plus humide sans doute de mettre le feu à la montagne ? La désertification serait-elle aussi présente dans les massifs où les prédateurs sont absents ? ceux-ci n'y seraient donc pour rien ?

Soucieux d'entretenir la stupide opposition ville/campagne Henri Nayrou s'est inquiété «de la pensée urbaine dominante qui entend concentrer l'argent sur la ville où il fait si mal vivre». Un débat de fond que l'ANEM situe désormais à l'échelle de la Communauté européenne.

La démocratie a du mal à passer dans les républiques bananières que sont les coins reculés de la montagne. Va falloir penser à emmener jean Lasalle et Augustin Bonrepaux pour un petit voyage tout frais payés dans les Balkans et les Carpates, deux chaines de montagnes qui portent l'espace montagne à 37 % du territoire communautaire. De plus ils pourront y fédérer les agriculteurs opposés à la présence de prédateurs. De nouveaux membres pour l'ADDIP.

Pour Augustin Bonrepaux, le dernier comte de Foix « la RGPP » (révision générale des politiques publiques) «est un poison violent pour emporter tout ce qu'il reste dans nos montagnes en matière de collectivités locales, cartes scolaires, hospitalières, militaires.» Henri Nayrou souhaite «Un renversement de tendance et l'invention d'un partenariat avec la ville.»

Pour un partenariat il faut un contrat gagnant/gagnant. Quand les agriculteurs de montagne traitent ceux qui respirent plus d'oxygène qu'eux et financent leur agriculture déficitaire "d'opposants écologistes citadins", un raccourci aussi stéréotypé qu'imbécile, le partenariat est mal parti.

"De francs buveurs bouzeux et viandards"

Autre exemple de va t-en guerre : un lecteur de la Dépêche du Midi, sans doute un abonné vu le niveau et le contenu de sa diatribe contre ceux qui ne pensent pas comme lui : «Un tas de pauvres émasculés qui n'ont jamais vu un animal autre que le chienchien de sa mémère et le chat gras nourris de croquettes. Des censeurs qui, de leur triste vie, n'on jamais respiré l'air frais du matin dans une forêt ou entendu les aboiements d'un chien de chasse. Des bobos-écolos- bien au chaud dont la grande passion reste le franchouillard tiercé au bistrot du coin. Et que je bavasse, et que je condamne, et que je me fends de grandes idées politiquement correctes en croyant qu'hors de leur minable cercle de tourneur en rond il n'existe que de francs buveurs bouzeux et viandards.

Pauvres types qui n'ont de la nature que des arbres rachitiques et les moineaux des villes, si vous saviez comme vous êtes ridicules et vains dans votre immense ignorance et votre orgueil mal placé. Jouez avec vos nounours en peluche, tirez sur des machins en celluloides dans vos foires poussiéreuses, regardez à la télé les reportages animaliers, mais surtout, surtout, lorsqu'il s'agit de chasse, d'animaux sauvages, de nature, d'hommes... par pitié fermez vos petites bouches méprisantes et pincées, vous nous faites penser irrésistiblement aux précieuses ridicules

J’espère qu’après cela il va mieux. Est-ce de la bêtise ou du racisme ? Il représente très bien les extrémistes écolophobes du monde agricole.

31 octobre 2007

Ours : à quoi joue l'Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM)

le pétard mouillé de l'ANEM

par Patrick Pappola

En titrant son article "Un été agité pour les ours", l'ANEM (Association Nationale des Elus de la Montagne) tire des conclusions pour le moins hâtives sur la vingtaine d'ours désormais présente dans les Pyrénées (contre 6 à 8 il y a 12 ans) ainsi que sur le plan de renforcement qui a permis l'accroissement de cette population animale sévèrement menacée de disparition dans notre pays.

Ainsi, cet article (extrait du mensuel de l'ANEM "Pour la Montagne" n°175 de septembre 2007, page 5), commence par annoncer que : "Tout au long de l'été, les vallées pyrénéennes ont été le théatre de multiples attaques de la part des ours." Certes, mais on serait tenté de dire, comme depuis toujours et pas beaucoup plus que chaque année. Et puis, toujours de façon très minoritaire par rapport à toutes les sources de disparition et de destruction du bétail en estive (attaques de chiens errants et d'autres prédateurs, foudre, mouches infectant les plaies, parasites, maladies, dérochements etc.) Faut-il rappeler que l'ours représenterait de moins de 1 à 3% des pertes annuelles en estive !

ANEM: Jugements sans objectivité

Mais l'ANEM poursuit en indiquant que l'on trouve désormais dans les Pyrénées, depuis "la réintroduction de l'an dernier, (...) cinq ours slovènes qui (...) semblent difficilement s'adapter à leur nouveau territoire". Certes aussi ? Et bien non : d'une part, à l'échelle des Pyrénées, d'où l'ours n'a jamais disparu complètement, on ne peut pas parler de "réintroduction" mais de "renforcement" d'une population menacée et pas encore disparue. D'autre part, comment l'ANEM peut-elle juger que ces ours ne se sont pas "adaptés" à leur nouveau territoire ?

Les ours slovènes lâchés en 1996 et 1997 se sont tellement bien adaptés aux Pyrénées qu'ils s'y sont reproduis au-delà de toute espérance faisant passer la population d'ours de 6-8 à une quizaine en 10 ans ! Quoi mieux que des reproductions réussies témoigne mieux de l'adaptation d'une espèce à son milieu de vie ? Tout laisse entendre que ce sera aussi le cas pour les 5 ours lâchés en 2006 puisque l'ourse femelle Hvala est sortie de sa tanière ce printemps 2007 avec deux oursons en pleine santé (que l'on peut voir gambader avec leur mère sur le site de l'ADET Pays de L'ours car Philippe TONELLI a eu la chance de pouvoir faire une vidéo des oursons de l'ourse Hvala).

Alors bien sûr, il y a eu le dérochement de l'ourse "Palouma"en aout 2006. Mais toute espèce montagnarde (isards ou bouquetins inclus) connait ce genre d'accident et les ours slovènes dans leur pays aussi. Précisons d'ailleurs que le relief karstique des réserves slovènes d'où proviennent ces ours est aussi fortement accidenté. Rien, si ce n'est de la mauvaise foi, ne permet de laisser entendre que l'ourse Palouma est morte parcequ' inadaptée aux Pyrénées.

Et Franska ? De l'avis de spécialistes, les multiples dérangements qu'elle à subie à cause des battues illégales, exactions des ultrapastoraux anti-ours, sont fortement responsables du fait qu'elle se soit retrouvée sur une route nationale. Les anti-ours l'avaient dit : ils voulaient sa mort et avaient décidé de repousser Franska en plaine et donc vers la route. L'Etat a même ouvert une enquête pour trouver les responsables. certains s'en vantaient sur la toile !

Christian PUYO, responsable de la FDSEA des Hautes Pyrénées n'avait-il pas déclaré fin juillet :"Notre dernière cartouche, c'est Sarkozy, avant qu'une vraie cartouche ne soit adressée à l'ourse " (Canard Enchaîné du 25/07/07). Et effectivement, plusieurs dizaines de plombs de fusil de chasse ont été retrouvé dans le corps de l'ourse.

Association d'idées ultras

Mais dans sa collusion avec les "nervis" ultrapastoraux, l'ANEM va plus loin encore dans l'article sus-cité en décidant que "les errements imputables à Franska (...) ont montré l'inadaptation et la dangerosité des ours réintroduits, n'hésitant pas à s'approcher des lieux habités, et même à s'introduire nuitamment dans les villages." Problème de mémoire et de jugement pour l'ANEM : d'une part, les ours pyrénéns se sont toujours approchés des villages et des lieux habités (lire des témoignages d'anciens pyrénéens est à ce titre sans appel : c'était très fréquent) et d'autrepart, cela n'a jamais fait aucune victime et aucun blessé sérieux depuis un siècle au moins ! Présents depuis 10 ans dans les Pyrénées, les 15 ours d'origines slovènes ont agi comme les ours pyrénéens et n'ont jamais blessé personne. Pourquoi ceux de 2006 agiraient différemment subitement ?

Enfin, l'ANEM conclue sur la nécesité "d'envisager une sortie de crise qui tire les conclusions de l'échec désormais démontré des réintroductions." "Renforcement" et non pas "réintroduction" serait-on inlassablement tenté de corriger. Mais surtout, comment l'ANEM peut-elle préjuger du succès ou de l'échec de ce plan de renforcement dont l'évaluation ne commence qu'à peine ? Mieux : l'ANEM se félicite que cette évaluation soit prévue par le ministère de l'écologie pour début 2008, mais l'ANEM, nullement qualifiée pour cela, sans connaître les tenants et les aboutissants du dossier, donne sa conclusion avant même l'étude. Où est l'objectivité ?

Passer de 6-8 ours en 1996 à près de 20 en 2007, est-ce vraiment un "échec" ? Les deux oursons nés dès la première sortie de tannière de "Hvala" lâchée en 2006, est-ce là un "échec" ? Les mesures de protection mises en place par l'Etat et dont l'efficacité est désormais démontrée par des éleveurs et des bergers eux-même est-ce un échec ?

Pour l'ANEM, l'ours est un bouc émissaire juteux

Alors pourquoi l'ANEM, en l'occurence parfaitement incompétente en matière d'ours et d'écologie :

  • cherche-t-elle à manipuler l'opinion ?
  • Pourquoi l'ANEM calque-telle son discours sur les pires mensonges des nervis ultrapastoraux anti-ours ?
  • Pourquoi ne fait-elle au contraire pas preuve de pédagogie pour calmer les ardeurs violentes de certains en informant réelement et en cherchant des pistes d'ententes ?

Certains élus ont-ils intérêts à ce que 20 ours soient instrumentalisés comme le bouc-émissaire de toute la filière ovine pyrénéenne, eux qui ne prélèvent que 300 à 350 brebis par an sur des dizaines de milliers en estive chaque année dans les Pyrénées ?

La réponse se trouve peut-être un peu plus loin, en page 10 du même bulletin de l'ANEM, à propos des engagements de la secrétaire d'Etat à l'écologie après une entrevue avec les éleveurs anti-ours : "(...)  le préfet de région (...) a été mandaté pour faire des propositions de renforcement des aides au pastoralisme, en concertation étroite avec les acteurs de terrain. Et c'est probablement sur ce point que les attentes de ces derniers sont les plus fortes (...)." 

Précisons que ces aides sont indépendantes de l'ours mais qu'elles sont réclamées grâce au rapport de force que l'opposition à l'ours permet de créer vis à vis de l'Etat. Eternelle histoire de l'ours bouc-émissaire. Dommage qu'élus et représentants agricoles aient choisi de se servir d'une espèce menacée, véritable "âme des Pyrénées",  comme d'un vulgaire "fusible" pour faire entendre leur difficultés. C'est hélas ce que risquent de retenir les générations futures en terme de recul face à des responsabilités d'hommes du XXIème siècle. Attitude peu glorieuse hélas.

Collusions extrèmes

Enfin, pour insister sur les relations problématiques sur le plan purement moral qu'entretient l'ANEM avec les ultrapastoraux, n'oublions pas les propos d'un Philippe Lacube triomphant car accueilli en grande pompe avec son association anti-ours par les élus de l'ANEM réunis l'an dernier en Ariège en octobre 2006. Après la superbe photo des élus de l'ANEM derrière les banderolles anti-ours !, Lacube déclara : "Nous utilisons aujourd'hui la symbolique de la guerre des Demoiselles (...) : des hommes déguisés en femmes, le visages maquillé, allaient molester voire tuer des techniciens de l'office national des forêts." Appel à la violence (si ce n'est au meurtre !) bien mal déguisé...

Pour conclure, on peut répondre à la question qui était le titre de ma note : "A quoi joue l'ANEM ?" A préparer les municipales sur le dos de l'ours et sans reculer devant des alliances extrêmes puisque quoi qu'il en soit, seule la nature en pâtira, comme toujours.

Traditions sans courage

Malheureusement, l'ANEM nous avait habitué déjà depuis des années à cette absence de clairvoyance en sacrifiant si souvent la protection de la nature derrière des "impératifs d'ordre économiques" : cette association compte un nombre ahurissant d'élus dont les responsabilités dans la transformation de la montagne en "usine à ski" sont écrasantes. Il n'y a qu'à voir la fuite en avant actuelle face au manque de neige que le réchauffement climatique va aggraver : le suréquipement en canons à neiges dévoreurs d'eau, d'energie et de paysages se poursuit comme jamais ! On savait donc l'ANEM malade de l'aménagite aigüe, on la sait maintenant capable de sacrifier l'ours des Pyrénées.

Patrick PAPPOLA

Données techniques :

26juillet 2007, Toulouse, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie rencontre éleveurs, élus et associations de protection de la nature au sujet de l'ours des Pyrénées. Quatre engagements s'ensuivent (lettres de mission signées le 6 aout 2007) :

  1. "Evaluation rapide" du plan de renforcement (mission confiée à l'IGE, Inspection Générale de l'Environnement et au Conseil Général de l'agriculture, de l'alimentation et des espaces ruraux), conclusions attendues au 1er trimestre 2008. N.B : cette évaluation était prévue dès l'idée du plan de renforcement puisqu'elle figure dès la première page de ce plan publié en 2006 et qu' elle y est détaillée page 140 du tome I.
  2. Réalisation d'une expertise sur le comportement de l'ours Franska (prévue pour le 31 aout 2007) par l'équipe de suivi de l'ours sur le terrain (l'ETO). N.B : l'objectif des ultrapastoraux étant de laisser entendre que l'ourse Franska était une ourse dite "à problème" quand ce sont eux qui ont créé les problèmes en la traquant sans relâche comme l'affirme le professeur Claude GUIRAUD, vétérinaire cité ci-dessous. Un ours dit "à problème" est en effet encadré par un protocole prédéfini et pouvant aboutir à la capture voir à l'abattage de l'animal. Voilà l'enjeu pour les ultras...
  3. Identification des moyens de renforcer le suivi de l'ours avec possibilité de voyage d'étude à l'étranger (mission confiée à l'IGE). N.B : c'est justement un suivi rendu public de l'ours qui a permis aux anti-ours de pister et traquer Franska et les autres ours lâchés en 2007. Il y aurait beaucoup à dire sur l'utilisation contre les ours de ces suivis qui devraient au contraire se faire dans la discrétion puisque les anti-ours ne jouent pas le jeu...
  4. Mandat préfet de région coordinateur du massif pour faire des propositions de renforcement des aides au pastoralisme. N.B : certes, ces aides sont indépendantes de l'ours officiellement. Mais officieusement (et même un enfant de 10 ans l'aura compris), voilà aussi ce que l'ours apporte au pastoralisme. C'est l'une des explications concernant l'énergie considérable que le plantigarde a mobilisé contre lui ces derniers mois.

L’ourse Franska n’a cessé d’être traquée : ceci explique sa consommation de brebis.

Interview du Dr Claude Guiraud, vétérinaire et président du groupe d’étude européen d’Éco-pathologie de la faune sauvage de montagne. (GEEFSM). Les questions sont de H. Dubarry.

La mort de Franska vous a t-elle surpris ?
Dr Claude Guiraud : « Non, pas vraiment. C’était une mort programmée, à partir du moment où l’ourse n’avait ni territoire, ni tranquillité, ni sécurité. Pour qu’un renforcement d’espèce soit réussi, il faut supprimer les causes qui ont provoqué la diminution : garantir la paix de l’animal et sa possibilité de se nourrir. » (...)

De plus, depuis l’instant de son lâcher jusqu’à sa mort, Franska n’a bénéficié d’aucune tranquillité. Elle n’a cessé d’être traquée, dérangée ; elle n’a pas pu se familiariser avec son nouveau territoire et ses possibilités de nourrissage. Elle est restée erratique et ça explique ses grands déplacements en quête de nourriture. »

On a prêté à Franska un comportement anormal d’agressivité, d’hyper prédation ?
Dr Claude Guiraud : « Ça s’explique tout à fait. Un ours est à 80% végétarien. Le milieu où a été lâchée Franska est riche, mais fallait-il qu’elle puisse l’exploiter. Ramasser des végétaux, tubercules, des fruits exige du temps et donc de la tranquillité. Traquée sans arrêt, l’ourse a paré au plus pressé pour se nourrir efficacement, d’où des prédations animales. Plus on gêne les ours, plus ils deviennent carnivores, se nourrissant à la sauvette. Quant à « l’hyper agressivité » de Franska, elle est normale : on la retrouve chez les humains qu’on importune sans arrêt et «mal dans leur peau».

Faut-il reprendre les réintroductions et avec des ours slovènes ?
Dr Claude Guiraud : « Oui, à condition que les ours soient accueillis et non imposés. Une fois encore, il leur faut la tranquillité. Cela se passe bien en Val-d’Aran, en Haute-Garonne ou en vallée d’Aspe où il n’y a pas ou peu de dégâts. Quant au «problème» de l’origine slovène des ours, c’est ridicule : selon les lois de Mendel, le gêne slovène est du même caractère que le pyrénéen…

Propos recueilli par H. Dubarry. (La dépêche du Midi du 11 août 2007)

27 octobre 2007

Congrès de l'ANEM 2007

Congrès de l’ANEM dans le Bas-Rhin

Pour le Dauphiné libéré : "La montagne est prête à faire sa révolution culturelle". Pas si sûr...

Antoine Chandellier (DL) - Et si, en 2012, les stations qui auront fermé leurs portes, faute de neige, se reconvertissaient en centres climatiques d’été pour les personnes âgées fuyant la canicule des villes ? La moyenne montagne aurait une place à prendre sur le marché des séniors au fort pouvoir d’achat.

Fantaisiste ? Non, c’est l’une des 21 propositions rendues publiques par l’association nationale des élus de la montagne, hier lors du 23ème congrès qui se tient à Plaine, joli coin perdu des Vosges. Parfois taxée d’antiécologisme, l’ANEM semble prête à faire sa révolution culturelle, “rendue impérative par les forces naturelles”, selon la formule de son président, le député haut-savoyard, Martial Saddier.

Si certains ne veulent pas verser dans le catastrophisme ambiant, tous sont d’accord sur l’urgence à anticiper l’évolution du climat prophétisée. Et si ce rapport, intitulé “Au-delà du changement climatique, les défis de l’avenir de la montagne”, sortait hier, concomitamment avec les conclusions du Grenelle, le hasard rejoignait le symbole car, voilà déjà un an qu’il était en gestation. Les territoires de montagnes, plus vulnérables face à ce phénomène, leurs élus se devaient d’être forces de propositions.

Repenser la politique du territoire

Ainsi la création d’un observatoire du changement climatique en montagne répond à ce souci d’avoir plus de moyens d’expertise pour réfléchir à la manière de repenser la politique du territoire. Le marché du ski est mature et la montagne l’été en chute libre ? L’ANEM préconise de relancer la demande orientée vers les jeunes, les scolaires dans le cadre de classes découvertes. Sur la question des canons à neige, l’association opte pour la troisième voie pragmatique du ni-ni : ni condamnation ni soutien systématique à ce soin palliatif, avec la nécessité d’une étude environnementale préalable à chaque installation.

L’eau étant une ressource dont le volume retenu en altitude diminue, une gestion concertée avec les acteurs du pastoralisme est préconisée, au moyen des retenues collinaires pour un meilleur stockage. Mais les élus montagnards ne songent pas seulement à s’adapter au changement climatique. Il leur faut contribuer à son enrayement.

Contribuer à la diminution de l’effet de serre

La généralisation des transports collectifs dans les sites touristiques serait une contribution légitime à la diminution de l’effet de serre. Pour être entendus à Paris ou Bruxelles, les territoires de montagne doivent faire la preuve de leur esprit de concert. D’où l’idée d’un fonds neige impliquant l’ensemble des prestataires touchés par les variations d’enneigement. En 1985, la loi montagne reconnaissait la spécificité des territoires d’altitude. En 2007, leurs élus élaborent leur propre doctrine pour préparer l’avenir.

Hivers plus humides

Selon Météo France, le site de mesure du col de Porte (Isère), à 1320 m d’altitude, a révélé une déperdition d’enneigement d’un tiers depuis 1960 et une hausse de la température moyenne de1,5°. Les perspectives d’une hausse de température d’1,8° équivaudraient à un mois d’enneigement en moins dans la saison.

Phénomènes récurrents

Si le RTM (Restauration des terrains de montagne) ne redoute pas l’apparition de nouveaux phénomènes liés au climat, en revanche, inondations, glissement de terrains, débordements torrentiels risquent d’avoir une fréquence plus importante.

Source : Le dauphiné libéré.

L’ANEM et l’Ecologie

Ainsi «L’ANEM serait parfois taxée d’anti-écologisme ?». Voilà des termes biens modérés pour qualifier la dialectique anti-environnementale habituelle de l’ANEM. Faut-il rappeler que lors du précédent congrès de l’ANEM à Ax-les-Thermes en octobre 2006, les élus de montagne ont votés «à l'unanimité» une motion contre la réintroduction des prédateurs et ont posé sur une photo officielle avec une «délégation d'opposants» pyrénéens «habillés en demoiselles».

Les élus de l'ANEM posent avec les militants de l'ASPAP déguisés en demoisellesSur la photo, autour d'Augustin Bonrepaux, les militants de l’ASPAP d'où sont issus ceux qui sont aujourd’hui devant les tribunaux pour les exactions et les violences commises à Arbas.

Bonrepaux à la tête de l’ANEM et du Conseil Général de l’Ariège qui finance l’ASPAP

Ce partenariat avec les ultrapastoraux était organisé par Augustin Bonrepaux, député, président du Conseil Général de l’Ariège qui a financé l’Association de "sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées" à la hauteur de 20 000 € (puisés dans les caisses du CG ?) contre l'avis majoritaire des pyrénéens, favorables à la survie des ours.

FERUS dénonçait en juillet 2006 les liens entre Augustin Bonrepaux et l’ASPAP : «Il est vrai que les statuts de l’ASPAP comprennent en objet (hormis la fonction "s’opposer à toutes les mesures antagonistes au pastoralisme (grands prédateurs entre autres ours, loups, lynx) ") des fonctions qui peuvent correspondre, de loin certes, aux initiatives propres du Conseil Général de l’Ariège.

Compte tenu de l’activité de l’ASPAP ces derniers mois [NDLB: saccage d’Arbas entre autres], on peut à juste titre considérer que cet argent, dans l’hypothèse où vous l’auriez versé à cette association, a servi uniquement à financer des actions contre le plan de renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées ; et tant pis pour la majorité des contribuables ariégeois qui aiment les ours (sondage réalisé en février 2005 pour l’association Pays de l’ours-ADET). Le Conseil Général de l’Ariège a cautionné ainsi par avance les agressions portées à la commune d’Arbas. Compte tenu de l’importance de la somme en question, il eut été plus pertinent de construire plutôt que de détruire.» (Source : FERUS)

Outre son soutien moral et financier à l'ASPAP, Augustin Bonrepaux descend aussi dans l’arène. C’est ainsi que, vautré au milieu de la route, il a été embarqué manu-militari lors de l’arrivée de l’ourse Palouma à Arbas. Lors du congrès de l’ANEM 2006 dans sa ville d’eau, Augustin Bonrepaux était revenu sur le côté non démocratique de la réintroduction et sur la chasse à l’ours en Slovénie.

L’ASPAP, un modèle pour la démocratie ?

Ratifiée en 1989, la convention de Berne stipule que l’introduction ne peut être réalisée sans l’acceptation des populations concernées. Augustin Bonrepaux avait parlé devant les éleveurs déguisés en demoiselles «d’apprentissage de la démocratie de proximité». Il n’est pas évident que l’ASPAP soit un modèle de démocratie : refus et boycott de la concertation, rejet des sondages d’opinion défavorables, actions violentes, campagnes de communications basées sur la génération d'un sentiment de peur… Il suffit pour s’en convaincre de lire les statuts de L’ASPAP : «L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association», sage précaution pour ce type de «démocrates».

L’ours vadrouilleur devrait être abattu, comme en Slovénie

D’après Bonrepaux, en Slovénie, «Quand l’animal (l’ours) s’éloigne de l’endroit où il est « consigné », il est éliminé et quand il y en a trop, on les supprime.» Bonrepaux n’a pas tord, mais il oublie volontairement de dire que les ours slovènes sont en liberté totale dans un territoire plus petit que les Pyrénées.

En Slovénie, l’ours est particulièrement présent dans le sud du pays, dans une zone rurale agricole où l’élevage ovin domine. Sa densité varie entre 0,28 à 0,98 ours/10km². Si les ours slovènes quittent ces lieux, c’est parce que la densité est telle qu’elle ne permet pas aux jeunes mâles de se trouver un territoire propre. Toutes les zones «où ils sont consignés» [NDLB: par qui ?] sont occupées. La seule possibilité pour les ours subadultes est de conquérir de nouveaux territoires en sortant de la forêt vers les zones plus densément peuplées. C’est là qu’ils sont éliminés.

La situation de l’ours en Slovénie est donc vraiment très différente de celle des Pyrénées. Si la densité était identique, il y aurait entre 150 et 500 ours dans les 5060 km2 des forêts pyrénéennes françaises en zone à ours. Aujourd’hui la densité d’ours est de 0,039 ours/10 km2, 16 fois moins qu’en Slovénie ! (chiffres ONCFS)

La guerre de l’ASPAP contre l’Etat

Philippe Lacube, l’homme sorti du bois lors du lâcher de Palouma à Arbas, avait déclaré lors du colloque de l’ANEM en 2006 (Dépêche du Midi du 28/10/06) : «Nous utilisons aujourd'hui la symbolique de la guerre des Demoiselles (...) : des hommes déguisés en femmes, le visage maquillé, allaient molester voire tuer des techniciens de l'office national des forêts. (...) Disons que la guerre des Demoiselles renaît dans ce département.» Pas étonnant donc de lire les critiques formulées par l’ASPAP envers tous les fonctionnaires de l’Etat, ceux qui sont chargés de suivre les ours, ceux qui sont chargés de l’estimation des dégâts etc.

l’ANEM version 2007 est-elle prête à faire sa révolution culturelle ?

Comment faut-il interpréter ce «certains ne veulent pas verser dans le catastrophisme (climatique) ambiant» ? Comme Claude Allègre ? Certains membres de l’ANEM semblent considérer que le réchauffement climatique est de la foutaise. Ils seront dans le futur en première ligne. «Une hausse de température d’1,8° équivaudrait à un mois d’enneigement en moins dans la saison.» Alors vous imaginez si la hausse est de 2 à 3°, les stations n’auront plus qu’à se reconvertir. Sont-ce les personnes agées qui vont remplir la montagne ? Non bien sûr. Mais l’ANEM ne s’intéresse qu'à leur pouvoir d’achat.

Dans le programme 2007 du 23ème congrès de l’ANEM, on peut lire «En montagne, la vitalité économique et sociale est particulièrement dépendante du tourisme, et fortement marquée par la saisonnalité. La fréquentation touristique connaît une réelle érosion depuis quelques années dont les causes sont diverses : volatilité de la clientèle, coût du séjour, relative désaffection de la clientèle française et étrangère pour la montagne l’été... Dans ce contexte, il est crucial de relancer le tourisme de montagne, tant d’hiver que d’été.» L'obscurantisme et la violence du milieu ultrapastoral n'est-il pas aussi une cause de l'érosion touristique, en Ariège notamment ? A voir les messages de touristes outrés, c'est sûr.

Qu’est ce qui pourrait donner envie aux touristes de redécouvrir la montagne ? Qu’est ce qui va donner aux citadins l’envie de visiter la nature sauvage des Pyrénées et la beauté de la montagne, de ses paysages et de sa faune ? N’y a-t-il pas un symbole fort et naturel, sauvage et historique, rare et précieux qui pourrait faire cela ? J’ai bien une idée… l’ours bien sûr. C'est comme ça que celà se passe en Espagne, en Italie, en Suisse, en Slovénie où les touristes affluent pour découvrir les montagnes aux ours, pour un trace dans la boue, un poil sur un fil barbelé ! L'apercevoir ? Un rêve qui leur fait faire des centaines de kilomètres. L'ours est une poule au oeufs d'or, mais Bonrepaux n'y voit qu'un vecteur de la grippe aviaire.

Il n’est pas étonnant qu’avec de tels visionnaires, l’ANEM n’y ait pas songé. Incompétence politique et conservatisme partisant, fanatisme agricole. Pour l’ANEM et ses dirigeants, comme pour l’ASPAP, le patrimoine pyrénéen c’est le pastoralisme, la biodiversité pyrénéenne c’est la tarasconnaise, les écologistes sont des talibans. L’ours c’est l’ennemi qui empêche d’élever et de produire en rond.

La création d’un observatoire du changement climatique en montagne servirait à repenser la politique du territoire ? Cela me fait penser à l’IPHB qui en Béarn est obsédé par le comptage et le recomptage des ours, 3, 4 ou 5 ours. Il est urgent de ne rien faire.

L’observatoire scientifico-bureaucratique va montrer ce que les glaciers reculent, que l’absence de neige se répète. Le changement de destination des touristes montre que les Pyrénées s’aplatissent et perdent de leur intérêt, sans ours, sans neige, mais pleine de fanatiques en bérêt prêt à chanter avec Jean Lassalle. Et pendant ces gesticulations médiatiques, la neige fond. Pas besoin d’un observatoire, le bon sens suffit, mais il est inégalement réparti chez les responsables politiques de l’ANEM. Si la neige fond, elle se transforme en eau, d’où la recherche de nouvelles compétences pour l’IPHB et le nouvel intérêt pour l’eau de l’ANEM ; pour en faire quoi ? Des stocks pour les canons à neige, je n’en serais pas surpris.

Espoir ?

Pas de demoiselles cette année. Est-ce l'éloignement des Pyrénées et de la zone d'influence d'Augustin Bonrepaux ?  Le discours de l'ANEM ne devient pas vraiment plus vert pour autant "Pas de nouvelles expériences de réintroduction de l’ours et une remise à plat du plan loup avec des outils de régulations efficaces, des zones d’exclusion et un véritable inventaire."

L'avenir nous dira si une "révolution culturelle est en marche. L'ANEM semble se mettre dans le sens du vent du Grenelle de l'environnement et de l'opinion publique. S'agit du même pseudo discours écologiste que celui des associations qui soutiennent la "bonne" biodiversité des espèces domestiques contre la "mauvaise" biodiversité responsable de "l'ensauvagement" des terres que leurs grands parents bergers avaient nettoyés de tous les gêneurs et rendues dociles à l'exploitation pastorale.

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02 avril 2007

Les animaux sauvages menacés par les sports d'hiver

Pour la première fois, les effets physiologiques des sports d'hiver alpins sur la faune sauvage ont pu être quantifiés. D'après une étude menée par les universités de Berne en Suisse, de Vienne en Autriche, et par la station ornithologique suisse de Sempach, les sports d'hiver à la mode tels que le ski et le snowboard hors-piste, le ski de randonnée et les raquettes mettent en danger la vie de la faune sauvage.

Le groupe de chercheurs a étudié les réactions des tétras lyre aux dérangements engendrés par l'homme : ils ont analysé des échantillons d'excréments d'oiseaux sauvages dans différentes régions soumises de manière plus ou moins intensive au tourisme d'hiver. Dans les échantillons, on peut retrouver et quantifier les traces de corticostérone, la principale hormone de stress chez les oiseaux. Les résultats démontrent un stress environ 20% plus élevé dans les zones à pression humaine modérée ou forte que dans les zones où la pression humaine est très faible. Par conséquent, même des perturbations minimes provoquées par les activités de loisir hivernales sont problématiques pour les tétras lyres. C'est la raison pour laquelle les chercheurs revendiquent la création de zones de refuge hivernal.

Source : vogelwarte.ch

Des mesures urgentes pour... les stations

Pendant ce temps, Christian Estrosi reçoit les élus de l'ANEM. Conduite par leur président et secrétaire général, une délégation de parlementaires de l’Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM) a été reçue le 28 mars 2007 par Christian ESTROSI, ministre délégué à l’aménagement du territoire, pour évoquer les mesures urgentes en faveur de des entreprises dans les stations et communes touchées par le déficit d’enneigement. Les investissements des stations de basse et de moyenne altitude sont menacés, en attendant les autres...

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