ANEM

26 octobre 2008

Opposition ville /campagne

Henri Nayrou vient d'être élu à Saint-Flour à la tête de l'Association nationale des élus de la montagne (ANEM) en remplacement de Martial Saddier.

Pensée urbaine dominante

Michel Barnier et Nathalie Kosciusko-Morizet ayant été retenus à Paris, Henri Nayrou est allé à la rencontre d'agriculteurs auvergnats qui manifestaient contre le fièvre catarrhale ovine. Il a «lancé un avis de gros temps sur les massifs où la désertification a fait son œuvre.» Une manière plus humide sans doute de mettre le feu à la montagne ? La désertification serait-elle aussi présente dans les massifs où les prédateurs sont absents ? ceux-ci n'y seraient donc pour rien ?

Soucieux d'entretenir la stupide opposition ville/campagne Henri Nayrou s'est inquiété «de la pensée urbaine dominante qui entend concentrer l'argent sur la ville où il fait si mal vivre». Un débat de fond que l'ANEM situe désormais à l'échelle de la Communauté européenne.

La démocratie a du mal à passer dans les républiques bananières que sont les coins reculés de la montagne. Va falloir penser à emmener jean Lasalle et Augustin Bonrepaux pour un petit voyage tout frais payés dans les Balkans et les Carpates, deux chaines de montagnes qui portent l'espace montagne à 37 % du territoire communautaire. De plus ils pourront y fédérer les agriculteurs opposés à la présence de prédateurs. De nouveaux membres pour l'ADDIP.

Pour Augustin Bonrepaux, le dernier comte de Foix « la RGPP » (révision générale des politiques publiques) «est un poison violent pour emporter tout ce qu'il reste dans nos montagnes en matière de collectivités locales, cartes scolaires, hospitalières, militaires.» Henri Nayrou souhaite «Un renversement de tendance et l'invention d'un partenariat avec la ville.»

Pour un partenariat il faut un contrat gagnant/gagnant. Quand les agriculteurs de montagne traitent ceux qui respirent plus d'oxygène qu'eux et financent leur agriculture déficitaire "d'opposants écologistes citadins", un raccourci aussi stéréotypé qu'imbécile, le partenariat est mal parti.

"De francs buveurs bouzeux et viandards"

Autre exemple de va t-en guerre : un lecteur de la Dépêche du Midi, sans doute un abonné vu le niveau et le contenu de sa diatribe contre ceux qui ne pensent pas comme lui : «Un tas de pauvres émasculés qui n'ont jamais vu un animal autre que le chienchien de sa mémère et le chat gras nourris de croquettes. Des censeurs qui, de leur triste vie, n'on jamais respiré l'air frais du matin dans une forêt ou entendu les aboiements d'un chien de chasse. Des bobos-écolos- bien au chaud dont la grande passion reste le franchouillard tiercé au bistrot du coin. Et que je bavasse, et que je condamne, et que je me fends de grandes idées politiquement correctes en croyant qu'hors de leur minable cercle de tourneur en rond il n'existe que de francs buveurs bouzeux et viandards.

Pauvres types qui n'ont de la nature que des arbres rachitiques et les moineaux des villes, si vous saviez comme vous êtes ridicules et vains dans votre immense ignorance et votre orgueil mal placé. Jouez avec vos nounours en peluche, tirez sur des machins en celluloides dans vos foires poussiéreuses, regardez à la télé les reportages animaliers, mais surtout, surtout, lorsqu'il s'agit de chasse, d'animaux sauvages, de nature, d'hommes... par pitié fermez vos petites bouches méprisantes et pincées, vous nous faites penser irrésistiblement aux précieuses ridicules

J’espère qu’après cela il va mieux. Est-ce de la bêtise ou du racisme ? Il représente très bien les extrémistes écolophobes du monde agricole.

31 octobre 2007

Ours : à quoi joue l'Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM)

le pétard mouillé de l'ANEM

par Patrick Pappola

En titrant son article "Un été agité pour les ours", l'ANEM (Association Nationale des Elus de la Montagne) tire des conclusions pour le moins hâtives sur la vingtaine d'ours désormais présente dans les Pyrénées (contre 6 à 8 il y a 12 ans) ainsi que sur le plan de renforcement qui a permis l'accroissement de cette population animale sévèrement menacée de disparition dans notre pays.

Ainsi, cet article (extrait du mensuel de l'ANEM "Pour la Montagne" n°175 de septembre 2007, page 5), commence par annoncer que : "Tout au long de l'été, les vallées pyrénéennes ont été le théatre de multiples attaques de la part des ours." Certes, mais on serait tenté de dire, comme depuis toujours et pas beaucoup plus que chaque année. Et puis, toujours de façon très minoritaire par rapport à toutes les sources de disparition et de destruction du bétail en estive (attaques de chiens errants et d'autres prédateurs, foudre, mouches infectant les plaies, parasites, maladies, dérochements etc.) Faut-il rappeler que l'ours représenterait de moins de 1 à 3% des pertes annuelles en estive !

ANEM: Jugements sans objectivité

Mais l'ANEM poursuit en indiquant que l'on trouve désormais dans les Pyrénées, depuis "la réintroduction de l'an dernier, (...) cinq ours slovènes qui (...) semblent difficilement s'adapter à leur nouveau territoire". Certes aussi ? Et bien non : d'une part, à l'échelle des Pyrénées, d'où l'ours n'a jamais disparu complètement, on ne peut pas parler de "réintroduction" mais de "renforcement" d'une population menacée et pas encore disparue. D'autre part, comment l'ANEM peut-elle juger que ces ours ne se sont pas "adaptés" à leur nouveau territoire ?

Les ours slovènes lâchés en 1996 et 1997 se sont tellement bien adaptés aux Pyrénées qu'ils s'y sont reproduis au-delà de toute espérance faisant passer la population d'ours de 6-8 à une quizaine en 10 ans ! Quoi mieux que des reproductions réussies témoigne mieux de l'adaptation d'une espèce à son milieu de vie ? Tout laisse entendre que ce sera aussi le cas pour les 5 ours lâchés en 2006 puisque l'ourse femelle Hvala est sortie de sa tanière ce printemps 2007 avec deux oursons en pleine santé (que l'on peut voir gambader avec leur mère sur le site de l'ADET Pays de L'ours car Philippe TONELLI a eu la chance de pouvoir faire une vidéo des oursons de l'ourse Hvala).

Alors bien sûr, il y a eu le dérochement de l'ourse "Palouma"en aout 2006. Mais toute espèce montagnarde (isards ou bouquetins inclus) connait ce genre d'accident et les ours slovènes dans leur pays aussi. Précisons d'ailleurs que le relief karstique des réserves slovènes d'où proviennent ces ours est aussi fortement accidenté. Rien, si ce n'est de la mauvaise foi, ne permet de laisser entendre que l'ourse Palouma est morte parcequ' inadaptée aux Pyrénées.

Et Franska ? De l'avis de spécialistes, les multiples dérangements qu'elle à subie à cause des battues illégales, exactions des ultrapastoraux anti-ours, sont fortement responsables du fait qu'elle se soit retrouvée sur une route nationale. Les anti-ours l'avaient dit : ils voulaient sa mort et avaient décidé de repousser Franska en plaine et donc vers la route. L'Etat a même ouvert une enquête pour trouver les responsables. certains s'en vantaient sur la toile !

Christian PUYO, responsable de la FDSEA des Hautes Pyrénées n'avait-il pas déclaré fin juillet :"Notre dernière cartouche, c'est Sarkozy, avant qu'une vraie cartouche ne soit adressée à l'ourse " (Canard Enchaîné du 25/07/07). Et effectivement, plusieurs dizaines de plombs de fusil de chasse ont été retrouvé dans le corps de l'ourse.

Association d'idées ultras

Mais dans sa collusion avec les "nervis" ultrapastoraux, l'ANEM va plus loin encore dans l'article sus-cité en décidant que "les errements imputables à Franska (...) ont montré l'inadaptation et la dangerosité des ours réintroduits, n'hésitant pas à s'approcher des lieux habités, et même à s'introduire nuitamment dans les villages." Problème de mémoire et de jugement pour l'ANEM : d'une part, les ours pyrénéns se sont toujours approchés des villages et des lieux habités (lire des témoignages d'anciens pyrénéens est à ce titre sans appel : c'était très fréquent) et d'autrepart, cela n'a jamais fait aucune victime et aucun blessé sérieux depuis un siècle au moins ! Présents depuis 10 ans dans les Pyrénées, les 15 ours d'origines slovènes ont agi comme les ours pyrénéens et n'ont jamais blessé personne. Pourquoi ceux de 2006 agiraient différemment subitement ?

Enfin, l'ANEM conclue sur la nécesité "d'envisager une sortie de crise qui tire les conclusions de l'échec désormais démontré des réintroductions." "Renforcement" et non pas "réintroduction" serait-on inlassablement tenté de corriger. Mais surtout, comment l'ANEM peut-elle préjuger du succès ou de l'échec de ce plan de renforcement dont l'évaluation ne commence qu'à peine ? Mieux : l'ANEM se félicite que cette évaluation soit prévue par le ministère de l'écologie pour début 2008, mais l'ANEM, nullement qualifiée pour cela, sans connaître les tenants et les aboutissants du dossier, donne sa conclusion avant même l'étude. Où est l'objectivité ?

Passer de 6-8 ours en 1996 à près de 20 en 2007, est-ce vraiment un "échec" ? Les deux oursons nés dès la première sortie de tannière de "Hvala" lâchée en 2006, est-ce là un "échec" ? Les mesures de protection mises en place par l'Etat et dont l'efficacité est désormais démontrée par des éleveurs et des bergers eux-même est-ce un échec ?

Pour l'ANEM, l'ours est un bouc émissaire juteux

Alors pourquoi l'ANEM, en l'occurence parfaitement incompétente en matière d'ours et d'écologie :

  • cherche-t-elle à manipuler l'opinion ?
  • Pourquoi l'ANEM calque-telle son discours sur les pires mensonges des nervis ultrapastoraux anti-ours ?
  • Pourquoi ne fait-elle au contraire pas preuve de pédagogie pour calmer les ardeurs violentes de certains en informant réelement et en cherchant des pistes d'ententes ?

Certains élus ont-ils intérêts à ce que 20 ours soient instrumentalisés comme le bouc-émissaire de toute la filière ovine pyrénéenne, eux qui ne prélèvent que 300 à 350 brebis par an sur des dizaines de milliers en estive chaque année dans les Pyrénées ?

La réponse se trouve peut-être un peu plus loin, en page 10 du même bulletin de l'ANEM, à propos des engagements de la secrétaire d'Etat à l'écologie après une entrevue avec les éleveurs anti-ours : "(...)  le préfet de région (...) a été mandaté pour faire des propositions de renforcement des aides au pastoralisme, en concertation étroite avec les acteurs de terrain. Et c'est probablement sur ce point que les attentes de ces derniers sont les plus fortes (...)." 

Précisons que ces aides sont indépendantes de l'ours mais qu'elles sont réclamées grâce au rapport de force que l'opposition à l'ours permet de créer vis à vis de l'Etat. Eternelle histoire de l'ours bouc-émissaire. Dommage qu'élus et représentants agricoles aient choisi de se servir d'une espèce menacée, véritable "âme des Pyrénées",  comme d'un vulgaire "fusible" pour faire entendre leur difficultés. C'est hélas ce que risquent de retenir les générations futures en terme de recul face à des responsabilités d'hommes du XXIème siècle. Attitude peu glorieuse hélas.

Collusions extrèmes

Enfin, pour insister sur les relations problématiques sur le plan purement moral qu'entretient l'ANEM avec les ultrapastoraux, n'oublions pas les propos d'un Philippe Lacube triomphant car accueilli en grande pompe avec son association anti-ours par les élus de l'ANEM réunis l'an dernier en Ariège en octobre 2006. Après la superbe photo des élus de l'ANEM derrière les banderolles anti-ours !, Lacube déclara : "Nous utilisons aujourd'hui la symbolique de la guerre des Demoiselles (...) : des hommes déguisés en femmes, le visages maquillé, allaient molester voire tuer des techniciens de l'office national des forêts." Appel à la violence (si ce n'est au meurtre !) bien mal déguisé...

Pour conclure, on peut répondre à la question qui était le titre de ma note : "A quoi joue l'ANEM ?" A préparer les municipales sur le dos de l'ours et sans reculer devant des alliances extrêmes puisque quoi qu'il en soit, seule la nature en pâtira, comme toujours.

Traditions sans courage

Malheureusement, l'ANEM nous avait habitué déjà depuis des années à cette absence de clairvoyance en sacrifiant si souvent la protection de la nature derrière des "impératifs d'ordre économiques" : cette association compte un nombre ahurissant d'élus dont les responsabilités dans la transformation de la montagne en "usine à ski" sont écrasantes. Il n'y a qu'à voir la fuite en avant actuelle face au manque de neige que le réchauffement climatique va aggraver : le suréquipement en canons à neiges dévoreurs d'eau, d'energie et de paysages se poursuit comme jamais ! On savait donc l'ANEM malade de l'aménagite aigüe, on la sait maintenant capable de sacrifier l'ours des Pyrénées.

Patrick PAPPOLA

Données techniques :

26juillet 2007, Toulouse, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie rencontre éleveurs, élus et associations de protection de la nature au sujet de l'ours des Pyrénées. Quatre engagements s'ensuivent (lettres de mission signées le 6 aout 2007) :

  1. "Evaluation rapide" du plan de renforcement (mission confiée à l'IGE, Inspection Générale de l'Environnement et au Conseil Général de l'agriculture, de l'alimentation et des espaces ruraux), conclusions attendues au 1er trimestre 2008. N.B : cette évaluation était prévue dès l'idée du plan de renforcement puisqu'elle figure dès la première page de ce plan publié en 2006 et qu' elle y est détaillée page 140 du tome I.
  2. Réalisation d'une expertise sur le comportement de l'ours Franska (prévue pour le 31 aout 2007) par l'équipe de suivi de l'ours sur le terrain (l'ETO). N.B : l'objectif des ultrapastoraux étant de laisser entendre que l'ourse Franska était une ourse dite "à problème" quand ce sont eux qui ont créé les problèmes en la traquant sans relâche comme l'affirme le professeur Claude GUIRAUD, vétérinaire cité ci-dessous. Un ours dit "à problème" est en effet encadré par un protocole prédéfini et pouvant aboutir à la capture voir à l'abattage de l'animal. Voilà l'enjeu pour les ultras...
  3. Identification des moyens de renforcer le suivi de l'ours avec possibilité de voyage d'étude à l'étranger (mission confiée à l'IGE). N.B : c'est justement un suivi rendu public de l'ours qui a permis aux anti-ours de pister et traquer Franska et les autres ours lâchés en 2007. Il y aurait beaucoup à dire sur l'utilisation contre les ours de ces suivis qui devraient au contraire se faire dans la discrétion puisque les anti-ours ne jouent pas le jeu...
  4. Mandat préfet de région coordinateur du massif pour faire des propositions de renforcement des aides au pastoralisme. N.B : certes, ces aides sont indépendantes de l'ours officiellement. Mais officieusement (et même un enfant de 10 ans l'aura compris), voilà aussi ce que l'ours apporte au pastoralisme. C'est l'une des explications concernant l'énergie considérable que le plantigarde a mobilisé contre lui ces derniers mois.

L’ourse Franska n’a cessé d’être traquée : ceci explique sa consommation de brebis.

Interview du Dr Claude Guiraud, vétérinaire et président du groupe d’étude européen d’Éco-pathologie de la faune sauvage de montagne. (GEEFSM). Les questions sont de H. Dubarry.

La mort de Franska vous a t-elle surpris ?
Dr Claude Guiraud : « Non, pas vraiment. C’était une mort programmée, à partir du moment où l’ourse n’avait ni territoire, ni tranquillité, ni sécurité. Pour qu’un renforcement d’espèce soit réussi, il faut supprimer les causes qui ont provoqué la diminution : garantir la paix de l’animal et sa possibilité de se nourrir. » (...)

De plus, depuis l’instant de son lâcher jusqu’à sa mort, Franska n’a bénéficié d’aucune tranquillité. Elle n’a cessé d’être traquée, dérangée ; elle n’a pas pu se familiariser avec son nouveau territoire et ses possibilités de nourrissage. Elle est restée erratique et ça explique ses grands déplacements en quête de nourriture. »

On a prêté à Franska un comportement anormal d’agressivité, d’hyper prédation ?
Dr Claude Guiraud : « Ça s’explique tout à fait. Un ours est à 80% végétarien. Le milieu où a été lâchée Franska est riche, mais fallait-il qu’elle puisse l’exploiter. Ramasser des végétaux, tubercules, des fruits exige du temps et donc de la tranquillité. Traquée sans arrêt, l’ourse a paré au plus pressé pour se nourrir efficacement, d’où des prédations animales. Plus on gêne les ours, plus ils deviennent carnivores, se nourrissant à la sauvette. Quant à « l’hyper agressivité » de Franska, elle est normale : on la retrouve chez les humains qu’on importune sans arrêt et «mal dans leur peau».

Faut-il reprendre les réintroductions et avec des ours slovènes ?
Dr Claude Guiraud : « Oui, à condition que les ours soient accueillis et non imposés. Une fois encore, il leur faut la tranquillité. Cela se passe bien en Val-d’Aran, en Haute-Garonne ou en vallée d’Aspe où il n’y a pas ou peu de dégâts. Quant au «problème» de l’origine slovène des ours, c’est ridicule : selon les lois de Mendel, le gêne slovène est du même caractère que le pyrénéen…

Propos recueilli par H. Dubarry. (La dépêche du Midi du 11 août 2007)

27 octobre 2007

Congrès de l'ANEM 2007

Congrès de l’ANEM dans le Bas-Rhin

Pour le Dauphiné libéré : "La montagne est prête à faire sa révolution culturelle". Pas si sûr...

Antoine Chandellier (DL) - Et si, en 2012, les stations qui auront fermé leurs portes, faute de neige, se reconvertissaient en centres climatiques d’été pour les personnes âgées fuyant la canicule des villes ? La moyenne montagne aurait une place à prendre sur le marché des séniors au fort pouvoir d’achat.

Fantaisiste ? Non, c’est l’une des 21 propositions rendues publiques par l’association nationale des élus de la montagne, hier lors du 23ème congrès qui se tient à Plaine, joli coin perdu des Vosges. Parfois taxée d’antiécologisme, l’ANEM semble prête à faire sa révolution culturelle, “rendue impérative par les forces naturelles”, selon la formule de son président, le député haut-savoyard, Martial Saddier.

Si certains ne veulent pas verser dans le catastrophisme ambiant, tous sont d’accord sur l’urgence à anticiper l’évolution du climat prophétisée. Et si ce rapport, intitulé “Au-delà du changement climatique, les défis de l’avenir de la montagne”, sortait hier, concomitamment avec les conclusions du Grenelle, le hasard rejoignait le symbole car, voilà déjà un an qu’il était en gestation. Les territoires de montagnes, plus vulnérables face à ce phénomène, leurs élus se devaient d’être forces de propositions.

Repenser la politique du territoire

Ainsi la création d’un observatoire du changement climatique en montagne répond à ce souci d’avoir plus de moyens d’expertise pour réfléchir à la manière de repenser la politique du territoire. Le marché du ski est mature et la montagne l’été en chute libre ? L’ANEM préconise de relancer la demande orientée vers les jeunes, les scolaires dans le cadre de classes découvertes. Sur la question des canons à neige, l’association opte pour la troisième voie pragmatique du ni-ni : ni condamnation ni soutien systématique à ce soin palliatif, avec la nécessité d’une étude environnementale préalable à chaque installation.

L’eau étant une ressource dont le volume retenu en altitude diminue, une gestion concertée avec les acteurs du pastoralisme est préconisée, au moyen des retenues collinaires pour un meilleur stockage. Mais les élus montagnards ne songent pas seulement à s’adapter au changement climatique. Il leur faut contribuer à son enrayement.

Contribuer à la diminution de l’effet de serre

La généralisation des transports collectifs dans les sites touristiques serait une contribution légitime à la diminution de l’effet de serre. Pour être entendus à Paris ou Bruxelles, les territoires de montagne doivent faire la preuve de leur esprit de concert. D’où l’idée d’un fonds neige impliquant l’ensemble des prestataires touchés par les variations d’enneigement. En 1985, la loi montagne reconnaissait la spécificité des territoires d’altitude. En 2007, leurs élus élaborent leur propre doctrine pour préparer l’avenir.

Hivers plus humides

Selon Météo France, le site de mesure du col de Porte (Isère), à 1320 m d’altitude, a révélé une déperdition d’enneigement d’un tiers depuis 1960 et une hausse de la température moyenne de1,5°. Les perspectives d’une hausse de température d’1,8° équivaudraient à un mois d’enneigement en moins dans la saison.

Phénomènes récurrents

Si le RTM (Restauration des terrains de montagne) ne redoute pas l’apparition de nouveaux phénomènes liés au climat, en revanche, inondations, glissement de terrains, débordements torrentiels risquent d’avoir une fréquence plus importante.

Source : Le dauphiné libéré.

L’ANEM et l’Ecologie

Ainsi «L’ANEM serait parfois taxée d’anti-écologisme ?». Voilà des termes biens modérés pour qualifier la dialectique anti-environnementale habituelle de l’ANEM. Faut-il rappeler que lors du précédent congrès de l’ANEM à Ax-les-Thermes en octobre 2006, les élus de montagne ont votés «à l'unanimité» une motion contre la réintroduction des prédateurs et ont posé sur une photo officielle avec une «délégation d'opposants» pyrénéens «habillés en demoiselles».

Les élus de l'ANEM posent avec les militants de l'ASPAP déguisés en demoisellesSur la photo, autour d'Augustin Bonrepaux, les militants de l’ASPAP d'où sont issus ceux qui sont aujourd’hui devant les tribunaux pour les exactions et les violences commises à Arbas.

Bonrepaux à la tête de l’ANEM et du Conseil Général de l’Ariège qui finance l’ASPAP

Ce partenariat avec les ultrapastoraux était organisé par Augustin Bonrepaux, député, président du Conseil Général de l’Ariège qui a financé l’Association de "sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées" à la hauteur de 20 000 € (puisés dans les caisses du CG ?) contre l'avis majoritaire des pyrénéens, favorables à la survie des ours.

FERUS dénonçait en juillet 2006 les liens entre Augustin Bonrepaux et l’ASPAP : «Il est vrai que les statuts de l’ASPAP comprennent en objet (hormis la fonction "s’opposer à toutes les mesures antagonistes au pastoralisme (grands prédateurs entre autres ours, loups, lynx) ") des fonctions qui peuvent correspondre, de loin certes, aux initiatives propres du Conseil Général de l’Ariège.

Compte tenu de l’activité de l’ASPAP ces derniers mois [NDLB: saccage d’Arbas entre autres], on peut à juste titre considérer que cet argent, dans l’hypothèse où vous l’auriez versé à cette association, a servi uniquement à financer des actions contre le plan de renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées ; et tant pis pour la majorité des contribuables ariégeois qui aiment les ours (sondage réalisé en février 2005 pour l’association Pays de l’ours-ADET). Le Conseil Général de l’Ariège a cautionné ainsi par avance les agressions portées à la commune d’Arbas. Compte tenu de l’importance de la somme en question, il eut été plus pertinent de construire plutôt que de détruire.» (Source : FERUS)

Outre son soutien moral et financier à l'ASPAP, Augustin Bonrepaux descend aussi dans l’arène. C’est ainsi que, vautré au milieu de la route, il a été embarqué manu-militari lors de l’arrivée de l’ourse Palouma à Arbas. Lors du congrès de l’ANEM 2006 dans sa ville d’eau, Augustin Bonrepaux était revenu sur le côté non démocratique de la réintroduction et sur la chasse à l’ours en Slovénie.

L’ASPAP, un modèle pour la démocratie ?

Ratifiée en 1989, la convention de Berne stipule que l’introduction ne peut être réalisée sans l’acceptation des populations concernées. Augustin Bonrepaux avait parlé devant les éleveurs déguisés en demoiselles «d’apprentissage de la démocratie de proximité». Il n’est pas évident que l’ASPAP soit un modèle de démocratie : refus et boycott de la concertation, rejet des sondages d’opinion défavorables, actions violentes, campagnes de communications basées sur la génération d'un sentiment de peur… Il suffit pour s’en convaincre de lire les statuts de L’ASPAP : «L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association», sage précaution pour ce type de «démocrates».

L’ours vadrouilleur devrait être abattu, comme en Slovénie

D’après Bonrepaux, en Slovénie, «Quand l’animal (l’ours) s’éloigne de l’endroit où il est « consigné », il est éliminé et quand il y en a trop, on les supprime.» Bonrepaux n’a pas tord, mais il oublie volontairement de dire que les ours slovènes sont en liberté totale dans un territoire plus petit que les Pyrénées.

En Slovénie, l’ours est particulièrement présent dans le sud du pays, dans une zone rurale agricole où l’élevage ovin domine. Sa densité varie entre 0,28 à 0,98 ours/10km². Si les ours slovènes quittent ces lieux, c’est parce que la densité est telle qu’elle ne permet pas aux jeunes mâles de se trouver un territoire propre. Toutes les zones «où ils sont consignés» [NDLB: par qui ?] sont occupées. La seule possibilité pour les ours subadultes est de conquérir de nouveaux territoires en sortant de la forêt vers les zones plus densément peuplées. C’est là qu’ils sont éliminés.

La situation de l’ours en Slovénie est donc vraiment très différente de celle des Pyrénées. Si la densité était identique, il y aurait entre 150 et 500 ours dans les 5060 km2 des forêts pyrénéennes françaises en zone à ours. Aujourd’hui la densité d’ours est de 0,039 ours/10 km2, 16 fois moins qu’en Slovénie ! (chiffres ONCFS)

La guerre de l’ASPAP contre l’Etat

Philippe Lacube, l’homme sorti du bois lors du lâcher de Palouma à Arbas, avait déclaré lors du colloque de l’ANEM en 2006 (Dépêche du Midi du 28/10/06) : «Nous utilisons aujourd'hui la symbolique de la guerre des Demoiselles (...) : des hommes déguisés en femmes, le visage maquillé, allaient molester voire tuer des techniciens de l'office national des forêts. (...) Disons que la guerre des Demoiselles renaît dans ce département.» Pas étonnant donc de lire les critiques formulées par l’ASPAP envers tous les fonctionnaires de l’Etat, ceux qui sont chargés de suivre les ours, ceux qui sont chargés de l’estimation des dégâts etc.

l’ANEM version 2007 est-elle prête à faire sa révolution culturelle ?

Comment faut-il interpréter ce «certains ne veulent pas verser dans le catastrophisme (climatique) ambiant» ? Comme Claude Allègre ? Certains membres de l’ANEM semblent considérer que le réchauffement climatique est de la foutaise. Ils seront dans le futur en première ligne. «Une hausse de température d’1,8° équivaudrait à un mois d’enneigement en moins dans la saison.» Alors vous imaginez si la hausse est de 2 à 3°, les stations n’auront plus qu’à se reconvertir. Sont-ce les personnes agées qui vont remplir la montagne ? Non bien sûr. Mais l’ANEM ne s’intéresse qu'à leur pouvoir d’achat.

Dans le programme 2007 du 23ème congrès de l’ANEM, on peut lire «En montagne, la vitalité économique et sociale est particulièrement dépendante du tourisme, et fortement marquée par la saisonnalité. La fréquentation touristique connaît une réelle érosion depuis quelques années dont les causes sont diverses : volatilité de la clientèle, coût du séjour, relative désaffection de la clientèle française et étrangère pour la montagne l’été... Dans ce contexte, il est crucial de relancer le tourisme de montagne, tant d’hiver que d’été.» L'obscurantisme et la violence du milieu ultrapastoral n'est-il pas aussi une cause de l'érosion touristique, en Ariège notamment ? A voir les messages de touristes outrés, c'est sûr.

Qu’est ce qui pourrait donner envie aux touristes de redécouvrir la montagne ? Qu’est ce qui va donner aux citadins l’envie de visiter la nature sauvage des Pyrénées et la beauté de la montagne, de ses paysages et de sa faune ? N’y a-t-il pas un symbole fort et naturel, sauvage et historique, rare et précieux qui pourrait faire cela ? J’ai bien une idée… l’ours bien sûr. C'est comme ça que celà se passe en Espagne, en Italie, en Suisse, en Slovénie où les touristes affluent pour découvrir les montagnes aux ours, pour un trace dans la boue, un poil sur un fil barbelé ! L'apercevoir ? Un rêve qui leur fait faire des centaines de kilomètres. L'ours est une poule au oeufs d'or, mais Bonrepaux n'y voit qu'un vecteur de la grippe aviaire.

Il n’est pas étonnant qu’avec de tels visionnaires, l’ANEM n’y ait pas songé. Incompétence politique et conservatisme partisant, fanatisme agricole. Pour l’ANEM et ses dirigeants, comme pour l’ASPAP, le patrimoine pyrénéen c’est le pastoralisme, la biodiversité pyrénéenne c’est la tarasconnaise, les écologistes sont des talibans. L’ours c’est l’ennemi qui empêche d’élever et de produire en rond.

La création d’un observatoire du changement climatique en montagne servirait à repenser la politique du territoire ? Cela me fait penser à l’IPHB qui en Béarn est obsédé par le comptage et le recomptage des ours, 3, 4 ou 5 ours. Il est urgent de ne rien faire.

L’observatoire scientifico-bureaucratique va montrer ce que les glaciers reculent, que l’absence de neige se répète. Le changement de destination des touristes montre que les Pyrénées s’aplatissent et perdent de leur intérêt, sans ours, sans neige, mais pleine de fanatiques en bérêt prêt à chanter avec Jean Lassalle. Et pendant ces gesticulations médiatiques, la neige fond. Pas besoin d’un observatoire, le bon sens suffit, mais il est inégalement réparti chez les responsables politiques de l’ANEM. Si la neige fond, elle se transforme en eau, d’où la recherche de nouvelles compétences pour l’IPHB et le nouvel intérêt pour l’eau de l’ANEM ; pour en faire quoi ? Des stocks pour les canons à neige, je n’en serais pas surpris.

Espoir ?

Pas de demoiselles cette année. Est-ce l'éloignement des Pyrénées et de la zone d'influence d'Augustin Bonrepaux ?  Le discours de l'ANEM ne devient pas vraiment plus vert pour autant "Pas de nouvelles expériences de réintroduction de l’ours et une remise à plat du plan loup avec des outils de régulations efficaces, des zones d’exclusion et un véritable inventaire."

L'avenir nous dira si une "révolution culturelle est en marche. L'ANEM semble se mettre dans le sens du vent du Grenelle de l'environnement et de l'opinion publique. S'agit du même pseudo discours écologiste que celui des associations qui soutiennent la "bonne" biodiversité des espèces domestiques contre la "mauvaise" biodiversité responsable de "l'ensauvagement" des terres que leurs grands parents bergers avaient nettoyés de tous les gêneurs et rendues dociles à l'exploitation pastorale.

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02 avril 2007

Les animaux sauvages menacés par les sports d'hiver

Pour la première fois, les effets physiologiques des sports d'hiver alpins sur la faune sauvage ont pu être quantifiés. D'après une étude menée par les universités de Berne en Suisse, de Vienne en Autriche, et par la station ornithologique suisse de Sempach, les sports d'hiver à la mode tels que le ski et le snowboard hors-piste, le ski de randonnée et les raquettes mettent en danger la vie de la faune sauvage.

Le groupe de chercheurs a étudié les réactions des tétras lyre aux dérangements engendrés par l'homme : ils ont analysé des échantillons d'excréments d'oiseaux sauvages dans différentes régions soumises de manière plus ou moins intensive au tourisme d'hiver. Dans les échantillons, on peut retrouver et quantifier les traces de corticostérone, la principale hormone de stress chez les oiseaux. Les résultats démontrent un stress environ 20% plus élevé dans les zones à pression humaine modérée ou forte que dans les zones où la pression humaine est très faible. Par conséquent, même des perturbations minimes provoquées par les activités de loisir hivernales sont problématiques pour les tétras lyres. C'est la raison pour laquelle les chercheurs revendiquent la création de zones de refuge hivernal.

Source : vogelwarte.ch

Des mesures urgentes pour... les stations

Pendant ce temps, Christian Estrosi reçoit les élus de l'ANEM. Conduite par leur président et secrétaire général, une délégation de parlementaires de l’Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM) a été reçue le 28 mars 2007 par Christian ESTROSI, ministre délégué à l’aménagement du territoire, pour évoquer les mesures urgentes en faveur de des entreprises dans les stations et communes touchées par le déficit d’enneigement. Les investissements des stations de basse et de moyenne altitude sont menacés, en attendant les autres...

05 décembre 2006

Intervention de Dominique BUSSEREAU à l'occasion du 22ème Congrès de l'Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM)

Ax-les-Thermes, le 27.10.2006 

Monsieur le Président (Martial SADDIER)
Mesdames et Messieurs les élus de la montagne,
Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis d'être avec vous pour ce 22ième congrès des élus de la montagne. Nous étions l'année dernière ensemble à Piedicroce, avec Brice HORTEFEUX et Christian ESTROSI, pour accompagner le développement agricole et l'aménagement des territoires de montagne. Depuis 20 ans, le Conseil national de la montagne joue un rôle essentiel pour aider le gouvernement à définir de manière partagée la politique de la montagne et pour encourager le développement de nos massifs.

L'espace montagnard français représente le quart du territoire national. Les sept massifs nationaux ont leurs particularité, mais les montagnards forment une communauté d'esprit et de cœur, une communauté qui partage les mêmes valeurs et les mêmes soucis.

Ensemble, nous avons construit un cadre législatif mieux adapté aux spécificités de la montagne, afin de faire de ces massifs des territoires dynamiques et attractifs. Les dispositions ont été rassemblés par Christian ESTROSI dans le Code de la montagne. 

Pour le développement des territoires de la montagne, les activités agricoles et sylvicoles ont un rôle déterminant, comme activités économiques à part entière, mais aussi comme outils pour valoriser et préserver les territoires de montagne.

I. Construire ensemble l'avenir de l'agriculture en montagne, c'est valoriser la qualité des productions.

Les actifs agricoles représentent 10% des emplois en zone de montagne, soit le double de la moyenne nationale. Ils doivent s'adapter à des conditions naturelles difficiles et ont souvent fait le choix de la diversification économique et de la pluriactivité.

L'action que nous avons conduite cette année a été guidée par des orientations claires, auxquelles la Loi d'orientation agricole a donné une force opérationnelle. Nous avons favorisé la performance économique, notamment la démarche d'entreprise et les allègements de charges. Nous avons mis l'accent sur la simplification, afin de recentrer le métier agricole sur le travail des exploitants. Les attentes de la société (sécurité sanitaire des produits, protection de l'environnement) ont été largement prises en compte.

Ensemble, nous avons bien avancé, et nous n'avons aucune intention de nous arrêter. Nous faisons un pari sur l'initiative, un pari sur le travail, un pari sur la qualité.

1. Dénomination « montagne »

La dénomination « montagne » fait partie des signes de qualité, des messages particuliers adressés au consommateur. Par cette dénomination, le consommateur est assuré que les étapes d'élaboration du produit, y compris la matière première utilisée et l'alimentation des animaux, sont bien situés en zone de montagne.

La montagne dispose d'atouts indéniables : les caractéristiques du territoire, les modes de production et les savoir faire locaux. Ceux-ci peuvent être valorisés, pourvu qu'il y ait un engagement collectif fort des producteurs et de la filière.

Depuis la loi d'orientation agricole du 5 janvier 2006, le cumul de la dénomination montagne avec une appellation d'origine contrôlée (AOC) est autorisé.

2. Productions de montagne : lait et porc 

La collecte du lait en zone de montagne en 2005 représente 13% de la collecte nationale laitière et 20.100 producteurs livreurs, soit 17% du nombre de producteurs laitiers en France. Pourtant, les entreprises qui collectent le lait en zone de montagne sont confrontées à des handicaps permanents. Les conditions de transport et de circulation sont particulièrement difficiles.

Le soutien en faveur de la production en montagne est légitime au regard des coûts de la collecte, mais aussi des avantages liés à l'aménagement du territoire. Pour ces raisons, la France a demandé à la Commission que les investissements pour l'amélioration de la qualité du lait en zone de montagne puissent bénéficier d'un cofinancement communautaire. Ces investissements nous permettraient d'accroître les aides à la collecte en zone de montagne.

Les pouvoirs publics accompagnent depuis 1988 la démarche « porc de montagne », à travers un dispositif d'aides attribuées aux éleveurs et aux structures d'aval, afin de renforcer les filières et les produits spécifiques à la montagne. Le dispositif actuel a reçu l'accord des autorités communautaires. Cependant, la Commission nous a fait savoir que le dispositif d'aide ne pourra être pérennisé au delà de 2006.

II. Le soutien à l'agriculture de montagne est poursuivi et renouvelé. Les aides spécifiques aux zones de montagne sont justifiées en raison des handicaps naturels et ne sauraient être remises en cause.

1. Revalorisation de l'Indemnité Compensatrice de Handicaps Naturels ICHN 

En 2007, est prévue une revalorisation de 5% de l'Indemnité Compensatrice de Handicaps Naturels (ICHN) : à ce titre le Gouvernement versera 523 M€, soit une augmentation de 15 M€ par rapport à 2006. Sur ce montant, 7 M€ proviennent du budget national et sont consacrés à la revalorisation des 25 premiers hectares en zone de montagne.

Nous approchons désormais de la limite de ce que permettent les règles du jeu communautaire. Je rappelle que nous avons obtenu le report à 2010 de la révision du zonage français, alors que Bruxelles souhaitait cette révision dès 2007.

Depuis 2002, l'augmentation de 35% du montant financier alloué aux 25 premiers hectares constitue un effort sans équivalent dans le domaine de la revalorisation des aides agricoles.

2. Maintien et évolution de la prime herbagère agro-environnementale (PHAE)

La prime herbagère agro-environnementale (PHAE) rémunère des manques à gagner, liés principalement à la gestion extensive de prairies. Les régions de montagne sont les plus concernées, puisqu'elles représentent plus de 55% des bénéficiaires et des paiements en 2005.

Pour la période 2007-2013, au plan national, la rétribution des engagements agro-environnementaux n'est pas remise en cause, et le principe de soutien aux systèmes herbagers extensifs est maintenu, dans le cadre de la politique nationale de développement rural.

Concrètement, en 2007, comme en 2006, les titulaires de contrats territoriaux d'exploitation (CTE) herbagers qui arrivent à échéance pourront renouveler leurs engagements. Ils seront rejoints, à partir de 2008, par les actuels bénéficiaires de PHAE.

Outre la garantie de financement, le nouveau cahier des charges a été largement discuté avec les professionnels. Il sera prochainement soumis à la Commission européenne, dans le cadre du Plan de Développement Rural Hexagonal (PDRH). Il harmonise certaines dispositions, entre les départements, et met davantage en évidence l'apport en faveur de la biodiversité.

3. Le Plan de Modernisation des Bâtiments d'Elevage (PMBE) est un plan doté d'une réelle ambition financière et qui s'inscrit dans la durée.

Mis en œuvre en 2005, le Plan de Modernisation des Bâtiments d'Elevage constitue pour le secteur de l'élevage l'axe principal de notre politique de soutien en faveur des investissements. Les moyens financiers mobilisés sur ce programme sont conformes aux engagements pris par le Premier Ministre et moi-même. Ainsi, ce sont près de 200 millions d'euros qui ont été consacrés à ce plan pour la période 2005-2006, et plus de 300M € si on ajoute la participation des collectivités. La dotation prévue pour l'année 2007 devrait nous permettre d'augmenter l'effort engagé.

Le plan se poursuivra dans le cadre du volet régional de la programmation 2007-2013 de développement rural. Je compte sur vous pour mettre en œuvre les mesures qui favorisent une transition sans heurt du dispositif actuel vers la nouvelle programmation.

Par ailleurs, la très forte demande qui s'est manifestée en faveur de ce plan a conduit à la constitution de files d'attente. C'est la rançon du succès. Je sais combien vous vous êtes impliqués afin de trouver des solutions acceptables par tous. Je vous demande de poursuivre l'effort engagé pour optimiser au mieux les différentes ressources budgétaires allouées au Plan, et gérer les enveloppes de droits en fonction des priorités locales. Je reste très attentif à réalisation de ce plan ambitieux, qui conduit à une forte augmentation des aides aux exploitations de montagne.

4. aide à la mécanisation 

L'intervention forte des pouvoirs publics en faveur de l'agriculture de montagne se manifeste aussi par la réouverture d'une aide à la mécanisation en zone de montagne. C'est une aide à l'acquisition de matériel agricole, qui compense les surcoûts liés aux difficultés d'un environnement spécifique.

Il était initialement prévu que l'Etat ne participe plus au financement de la mesure. J'ai entendu les objections des professionnels. J'ai décidé d'y répondre et j'ai annoncé en Savoie, le 14 septembre dernier, que l'engagement de l'Etat sera poursuivi dans la limite de 1 M€ pour 2007. Cette mesure sera bien inscrite dans le futur plan de développement rural. La participation de l'Etat est confirmée en 2007, ce qui permettra avec le cofinancement européen de maintenir l'enveloppe au même niveau qu'en 2006, à hauteur de 2 M€.

Par mesure de simplification, cette mesure sera adossée au Plan de Modernisation des Bâtiments d'Elevage (PMBE). Les exploitants auront la possibilité de déposer un dossier unique.

III. Faire vivre le pastoralisme, les massifs et la forêt

Les activités pastorales et la gestion des forêts ont construit ces espaces, qui contribuent de manière essentielle à la beauté des paysages et à la diversité biologique. Ces activités préservant les grands équilibres et contribuent à la prévention des risques.

1. Engagement fort du Ministère de l'Agriculture en faveur du pastoralisme. Au total, plus de 70 M€ de crédits publics, dont 22 M€ de FEADER et 14 du Ministère, seront consacrés au pastoralisme sur le territoire national.

Vous me faites part de votre inquiétude sur l'absence de crédits de mon ministère dans les futurs programmes contractualisés. Loin d'être absents, ces crédits sont renforcés sur la période 2007 2013 par rapport à l'actuelle programmation.

Je rappelle les changements intervenus, après décision du CIADT intervenue en fin d'année 2002, et traduite dans le budget du Ministère de l'Agriculture à compter de 2004.

Depuis 2004, le financement par le Ministère de l'Agriculture des actions contractualisées dans le cadre des conventions interrégionales de massif (CIM), sur le pastoralisme et le soutien aux activités agricoles et de diversification, a été transféré au Fonds national pour l'aménagement et le développement du territoire (FNADT). L'objectif était de simplifier, puisque ce fonds regroupe l'essentiel des interventions de l'Etat en faveur de la montagne. Ce transfert représente 3,8 M€ par an. Seuls les crédits de restauration de terrain en montagne (RTM) et des offices agricoles sont restés à la charge du ministère de l'Agriculture.

Pour la prochaine programmation 2007-2013, lors de l'élaboration des mandats de négociation aux Préfets coordonnateurs de massif, il a été tenu compte de ce transfert au FNADT. Ainsi, les actions de pastoralisme et celles liées à la diversification agricole et rurale continueront à être financées par le Fonds national pour l'aménagement (FNDAT).

Pour renforcer la lisibilité des actions, la politique en faveur des activités pastorales est intégrée dans le programme de développement rural, au sein de l'axe de la gestion et de la valorisation des espaces naturels. Je vous confirme donc que les moyens consacrés au pastoralisme seront renouvelés et renforcés.

2. Mesures spécifiques pour le massif des Pyrénées

Pour le massif pyrénéen, le plan pastoralisme est particulièrement ambitieux, avec un financement de 46 M€. La part du Ministère sur le massif, qui s'élève à 10 M€ sur la période, est en très forte augmentation.

En effet, l'activité agro-pastorale et le secteur forestier présentent des signes de fragilité dans les Pyrénées. Le renouvellement des actifs n'y est pas assuré dans des conditions comparables à celles qui prévalent dans les Alpes ou le Jura. Sur la base d'analyses menées ces derniers mois, j'ai demandé que soit bâti en concertation avec les organisations professionnelles agricoles, un plan qui permette de remédier à cette situation. Ce plan devra permettre :

  • de conforter la maîtrise foncière ;
  • d'amplifier le soutien à la modernisation des exploitations et des infrastructures, au titre de l'amélioration des conditions de travail ;
  • d'inciter à une meilleure valorisation des productions, en identifiant des produits porteurs de valeur ajoutée, en dynamisant des outils de transformation et de commercialisation ;
  • de conforter l'exploitation forestière, en incitant une gestion plus rationnelle et une mécanisation plus aisée.

Le plan accompagnera les financements prévus pour le pastoralisme. Le préfet coordonnateur du massif présentera le plan d'action au Comité de massif, lors de sa prochaine réunion prévue fin novembre.

La bonne réalisation du plan suppose que les acteurs de terrain s'engagent et que les instances professionnelles départementales et régionales affichent une volonté claire et ambitieuse de travailler en ce sens. Le soutien des collectivités territoriales, qui sont d'ailleurs ici les principales propriétaires du domaine pastoral et forestier, est un atout nécessaire à la bonne marche des opérations.

Dans les Alpes, le Ministère de l'Agriculture apportera 3 M€ par an pour financer les actions de prévention contre les prédateurs. Les investissements pour le pastoralisme bénéficieront de 10 M€ du FEADER dans les Alpes.

2. Chartes forestières de territoire : l'importance de la montagne

Les chartes forestières de territoire (CFT) sont un outil au service des territoires de montagne. L'objectif poursuivi est la création de liens nouveaux entre la forêt et les politiques territoriales. En effet, l'éloignement des propriétaires forestiers, la spécialisation de l'agriculture, la diminution de l'autoconsommation de bois et la concentration des scieries sont autant de facteurs qui ont contribué à distendre les liens sur lesquels reposait l'activité forestière. Dans le même temps, les attentes des citoyens vis à vis des forêts sont largement confirmées. La forêt répond à la recherche de moments de loisirs, et au souci de préserver des biens relevant de l'intérêt général, comme la diversité biologique, la prévention des risques naturels, ou la lutte contre le réchauffement climatique.

L'approche territoriale se justifie tant par la nature des enjeux que par la nécessité d'impliquer les acteurs locaux, et en premier lieu les élus.

Aujourd'hui, la majorité des projets de chartes se trouvent en montagne. Ces chartes forestières de montagne ont mobilisé pour leur élaboration plus de 70 % des crédits alloués par le Ministère, soit près d'un 1,1 M€ sur une enveloppe de 1,5 M€. Ces chartes ont mis en œuvre des actions pour un montant de plus de 6 M€.

La 1ère charte signée est celle du Massif des Bauges, couvrant le territoire du Parc naturel régional du Massif des Bauges, à cheval sur la Savoie et la Haute-Savoie. Prochainement, trois chartes de montagne seront opérationnelles : celle des vallées de Thônes en Haute-Savoie, celle des pays du Haut Doubs, et celle des Garrotxes (prononciation : « Garotch ») dans les Pyrénées Orientales.

Cette politique dynamique de valorisation de la forêt est renforcée par les schémas stratégiques forestiers de massif. Le rôle de la filière sylvicole pour le développement de la montagne a été souligné par les pouvoirs publics, lors du Comité Interministériel d'Aménagement et de Développement du Territoire (CIADT) du 3 septembre 2003, ainsi que le rôle fédérateur de la politique de massif, notamment pour l'organisation des acteurs économiques. Il a été décidé d'expérimenter cette démarche sur le Massif Central et dans les Alpes.

L'impact des chartes se trouve d'ailleurs renforcé par l'articulation qui a su être trouvée dans de nombreux cas entre chartes et pôles d'excellence ruraux. Début 2006, 13 Pôles d'Excellence Rurale avaient été élaborés dans le cadre de Chartes Forestières Territoriales, dont 11 avec une thématique directement forestière. Cette tendance devrait se poursuivre, car l'articulation entre les conventions forestières et les pôles d'excellence recueille l'adhésion des propriétaires publics et privés.

Quelques exemples : dans le département de l'Ariège, le grand site forestier du Mont Valier verra la mise en valeur de son potentiel touristique. Le visiteur sera guidé dans la découverte des différents milieux. En Lozère, la production de lait des montagnes de Margeride sera valorisée au moyen d'investissements dans les outils de transformation locale, la création d'un atelier laitier « spécialités terroir » et l'équipement d'un atelier collectif de transformation de produits frais. En Haute-Loire, dans le Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche, le Massif du Mézenc et du Gerbier sera confirmé comme patrimoine spécifique. La reconnaissance d'une AOC est en cours pour la viande de bœuf Fin Gras. C'est le pays de toits de lauze, de genêt et de chaume, et c'est aussi la source de la Loire. Le site devra s'organisera pour mieux valoriser son offre touristique et se positionner à l'échelle européenne.

3. Restauration des Terrains en Montagne

L'utilité du service de Restauration des Terrains en Montagne (RTM) rattaché à l'Office national des forêts est unanimement reconnue. La compétence de ces agents a conduit le service à intervenir :

  • en matière de prévention et connaissance des risques (élaboration de plan de prévention des risques et suivi des risques d'avalanche),
  • comme expert auprès du préfet en situation de crise,
  • sur l'instruction des dossiers d'urbanisme,
  • en tant qu'expert et maître d'œuvre auprès des collectivités locales.

Le service RTM poursuivra ses activités conformément aux termes du contrat passé entre l'État et l'ONF pour la période 2007-2011. Le contrat d'objectifs a été signé le 24 juin dernier par les Ministres de l'Agriculture et de la Pêche, de l'Ecologie et du Développement Durable, du Budget et de la Réforme de l'Etat et par le Directeur Général de l'ONF. L'ONF prendra toutes dispositions pour que les moyens mis en œuvre répondent aux missions qui lui sont confiées.

Conclusion

L'agriculture et la forêt sont des composantes irremplaçables de l'identité montagnarde. Je tiens à vous assurer que toute mon action, au niveau communautaire comme au niveau national, joue un rôle d'impulsion et de suivi pour assurer la prise en compte des spécificités de la montagne, son développement agricole, et la promotion de ses produits.
Le Gouvernement associe étroitement à son action les hommes et les femmes qui font vivre la montagne.

Le Groupe montagne se réunit à l'initiative du Ministère de l'Agriculture pour préparer l'avenir. Je prévois une réunion prochaine sur le thème de la montagne et du pastoralisme, et permette de faire fructifier vos réflexions. La montagne doit rester à la fois un lieu de vie, de travail et de loisir.

03 novembre 2005

François Brottes a froid au crâne

Franois_brottesLe président de l'Association nationale des élus de montagne, François Brottes, député de l'Isère, vient d'écrire à la ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, au sujet du renforcement de la population ursine. Les élus refusent de participer à la réunion de travail prévue le 4 novembre à la préfecture de Haute-Garonne en présence de la ministre.

« Si la disparition de l'attitude de mépris affichée à l'égard des élus et de la population et le report à 2006 de l'introduction d'ourses constituent des éléments dont nous prenons acte, ils n'apportent néanmoins aucune solution de fond satisfaisante à terme », est-il expliqué dans la lettrede François Brottes.

Avec Serge Lepeltier en avril, François Brottes, notre chien battu avait deja piqué une colère : "En remerciant le ministre de sa franchise, le président Brottes a exprimé la grande déception des élus, qui soulignent que la liberté de divagation des ours dans les Pyrénées va se traduire par l’interdiction du libre accès à la montagne pour les populations. Dans ces conditions, les élus marquent leur forte opposition à l’oukase du ministre."

Dites-moi, y a des gens qui votent pour des tordus en France !

29 avril 2005

ANEM : les élus sont déçus

Lepeltier continue la concertation sur les modalités d'application de la réintroduction d'une quinzaine d'ours dans les Pyrénées.

Une délégation de l'association nationale des élus de montagne (ANEM), composée d'élus des Pyrénées opposés à l'augmentation du nombre d'ours dans ce massif, a fait part de sa "grande déception" jeudi, après une rencontre avec les ministres de l'Agriculture et de l'Environnement.

Lors de cette rencontre lundi à Paris, le ministre de l'Environnement Serge Lepeltier "a affirmé l'irréversibilité de la décision de l'Etat en faveur de l'introduction d'un nombre significatif d'ourses, la concertation ne portant que sur les modalités", écrit l'ANEM dans un communiqué.

Pour les élus, la "divagation des ours dans les Pyrénées va se traduire par l'interdiction du libre accès à la montagne pour les populations". L'ANEM, qui parle d'"oukase du ministre", note toutefois qu'il a affirmé qu'il "ne peut y avoir de zones réservées à l'ours", et a "proposé une nouvelle rencontre à la délégation avant fin mai, à l'issue de la concertation et de la mission de deux inspecteurs généraux de l'environnement et de l'agriculture".

Jean Lassalle avait sous entendu, à la sortie de son entrevue, que le Ministre cherchait à frotter les électeurs, majoritairement "pro-ours", dans le sens du poil, afin de récolter un maximum de "OUI" au référendum sur la constitution européenne.

Romuald : Si Serge Lepeltier n'écoute pas Jean Lassalle, celui-çi va-t-il retenir sa respiration jusqu'à obtenir satisfaction (y crouton) ?

27 avril 2005

Lepeltier 1 - ANEM 0

Les élus pyrénéens étaient reçus hier au ministère de l’environnement pour faire fléchir Serge Lepeltier. La sauce n'a pas pris. Ils devront repasser. Le ministre a tenu bon.

Les Béarnais étaient allés chercher une reculade du ministre de l’écologie. Ils n’ont rien obtenu. Pire, Serge Lepeltier s’est montré plus déterminé que jamais. Son plan de renforcement de la population d’ours bruns dans les Pyrénées n’est absolument pas remis en cause.

«  Nous sommes extrêmement déçus », a confié Louis Althapé, maire de Lanne-en-Barétous et président départemental de l’Association nationale des élus de montagne (ANEM) au sortir de la réunion. « Nous avons discuté très longuement avec le ministre, une heure et demie. C’était très courtois mais il s’est montré déterminé. » Jean Lassalle n’est pas très surpris. « Cela ne m’étonne qu’à moitié, mais je pensais quand même qu’il tiendrait compte des réunions de concertation qui se sont déroulées. Nous lui avons dit que le climat s’était terriblement dégradé sur le terrain. J’attendais un bémol, mais rien n’y a fait.»

Pas de réponses précises. Le seul doute du ministre est venu sur la question de la sécurité et de la responsabilité des maires en cas d’accident. D’après les élus présents, Serge Lepeltier a avoué que des points d’interrogation demeuraient. Pour le reste, il n’a pas varié ce qui a le don d’agacer François Maïtia, conseiller régional et maire d’Ispoure (canton de Saint-Palais) qui faisait partie de la délégation. « Moi, j’attendais des réponses plus précises sur les mesures d’accompagnement. On ne sait même pas s’il aura les moyens de son plan. C’est décevant, j’ai l’impression que le ministre ne mesure pas l’état de colère qui existe chez nous. »

Les élus n’ont même pas obtenu le moindre soutien de Dominique Bussereau, le ministre de l’agriculture présent à la réunion. En Béarn, les rendez-vous se poursuivent. Demain, le sous-préfet d’Oloron Claude Gobin fournira son analyse aux deux inspecteurs généraux des ministères de l’écologie et de l’agriculture qui sont en tournée dans la région. Ils sont également attendus à l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn.

Une nouvelle rencontre entre le ministre et les élus devrait ensuite avoir lieu à la mi-juin. « S’il n’y a pas de remaniement ministériel », conclut Jean Lassalle, ne se privant pas d’ajouter que la position du ministre hier n’est peut-être pas sans rapport avec la prochaine échéance électorale : le referendum sur la Constitution européenne le 29 mai. « Il a besoin des voix du oui en ce moment ! »

Article de Odile Faure Sud-Ouest

Romuald : Les élus béarnais en sont réduits à espérer un remaniement ministériel. Attention que les élus sont par principes des ... élus, donc toujours sur un siège éjectable. Vu du Nord, j'avoue que voir la France se déchirer pour un "OUI" pour un "NON", confondre Entrée de la Turquie dans l'union, Constitution Européenne et retour de l'Ours me laisse surpris. Est ce que vous n'êtes pas entrain de tout mélanger?

09 mars 2005

Concertation : Non disent 5 élus de l'ANEM

Pyrenees Cinq élus socialistes de Haute-Garonne, membres du Comité de Massif des Pyrénées, ont annoncé mardi leur refus d'assister à une des réunions de concertation prévues par l'Etat au sujet de la réintroduction d'ours dans les Pyrénées avant que l'Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM) ait rencontré le gouvernement.

Créé par la loi Montagne du 9 janvier 1985,le comité de Massif des Pyrénées, présidé par le préfet de région, préfet coordonnateur de Massif, est une instance de concertation comprenant 47 personnes (Décret du 20 septembre 1985) représentant les collectivités locales, le secteur associatif, les socioprofessionnels.

Le Comité de Massif  exige depuis l’annonce de la réintroduction des réponses précises sur une série de points concernant la réintroduction de l’ours :
Dans quelles communes seront-ils remis en liberté ?  Combien ? Quelles mesures de régulation seront prévues ? Quelles mesures assureront la sécurité des utilisateurs de la montagne ? Les cinq élus demandent aussi de préciser les moyens humains et financiers pour prévenir les prédations, indemniser les surcoûts de travail.

L'ANEM a indiqué qu'elle ne participerait pas à la concertation en l'absence de réponses aux questions du comité de massif. Jean-Louis Idiart, député PS de Haute-Garonne), explique qu'une délégation de l'ANEM va être reçue par les ministres concernés  à propos des "inquiétudes des populations pyrénéennes".
- "Il ne nous paraît pas convenable d'assister" avant cette rencontre à la réunion de consultation prévue le 10 mars à Saint-Gaudens, précisent les signataires.

L'association "Pays de l'ours-Adet", rassurée par les résultats du sondage IFOP (77% des habitants de Haute-Garonne,  d'Ariège, et des Hautes-Pyrénées sont favorables à l'introduction de nouveaux ours) appele les élus locaux à "participer constructivement à la concertation lancée par l'Etat".

Dans des futures notes, je vais revenir sur le contenu de cette concertation.

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