ALLEGRE Claude

16 octobre 2007

Allegre : Les Nobels se foutent de la gueule du monde

Al Gore et le GIEC reçoivent le prix Nobel, Claude Allegre monte en température, ce réchauffement est pas net.

Allegre : « Al Gore se fout de la gueule du monde»

«La climatologie n'est pas une discipline, ça n'existe pas.» Après l’attribution du prix Nobel de la paix à l'Américain Al Gore et au panel de l'ONU sur le climat (Giec), l'ancien ministre socialiste et médaille d'or du CNRS Claude Allègre rue dans les brancards.

A propos du réchauffement climatique, reconnu comme une réalité par l'ensemble de la communauté internationale, le chercheur a déclaré «qu'on ne peut pas vraiment le prévoir, c'est tout. Je pense que le travail qui a été fait n'est pas bon», a-t-il ajouté à propos des travaux du Giec. «Les choses sont en train changer sur le plan international. Des tas de gens qui étaient dans le Giec commencent à douter», a ajouté ce géologue de formation.

«Un truc politique»

«Le nombre de conneries qui sont racontées dans le film d'Al Gore ! Ca c'est de la politique, c'est pour intervenir dans la politique américaine, c'est scandaleux!", a encore estimé Claude Allègre qui se dit «complètement indifférent» à la décision du jury du Nobel.

«Il y a une élection présidentielle aux Etats-Unis, on sait bien que Gore aurait envie de se présenter, selon l'ancien ministre de l'Education. Je pense que Gore racontant que la mer va monter de 6 mètres, c'est se foutre de la tête du monde

Pour Claude Allègre, le prix Nobel de la paix est un «truc politique». «Pour moi, ce n'est pas un prix Nobel. Ca ne veut rien dire

" Claude Allegre, le monde se fout de ta gueule"

Sur son site, Jean-Marc Jancovici n'est pas en reste. Il analyse un florilège du livre de Claude Allègre "Ma vérité sur la planète". Une quinzaine de citations décortiquées. Je ne résiste pas à vous faire lire son introduction et sa conclusion. 

Introduction de Jean-Marc Jancovici - Il est difficile de dire si la consternation, l'admiration ou l'ébahissement est le terme plus approprié pour caractériser ce qui vient à l'esprit une fois refermé ce livre. Ce dernier comporte une telle densité d'âneries au centimètre carré de page imprimée qu'il en devient une énigme. A-t-il seulement été écrit par un adulte, ou bien par un petit-neveu d'Allègre dont ce dernier n'aurait pas relu les propos ? Comment une personne qui détient - normalement - un doctorat en physique peut-il, même très énervé (car cela fait des années qu'Allègre ne supporte plus le changement climatique, après l'avoir très bien supporté dans un livre qu'il a écrit en 1987, ce qui est une énigme de plus) et même en dehors de son domaine de compétence (car Allègre n'a jamais publié de travaux scientifiques concernant l'influence de l'homme sur le climat) aligner une telle série de contre-vérités grossières, d'approximations qui en deviennent fausses, d'amalgames indus, d'erreurs de raisonnement indignes d'un collégien, de propos cités de travers pire que chez un très mauvais journaliste débutant, voire de tournures dignes d'un enfant de 6 ans ou de phrases qui ne sont même pas écrites en français ?

Conclusion de Jean-Marc Jancovici - Comment expliquer, au passage, que l'Académie des Sciences n'ait aucune procédure de sanction prévue quand un des membres revendique ouvertement son appartenance à cette institution pour pouvoir propager des âneries indignes d'un élève de lycée, sur un sujet qui engage fortement vos (futurs) enfants et les miens ? Comment qualifier le comportement d'un individu qui met autant d'entrain à mentir et concourt de ce fait à alourdir le fardeau futur qu'il n'aura pas à supporter, bel exemple d'altruisme pour quelqu'un qui est censé avoir servi le bien commun comme ministre ? Et tout cela simplement pour revenir sous la lumière des projecteurs... il n'y a vraiment pas de quoi être fier de vous, M. Allègre !

Allègre a le don pour se transformer en tête de turc. Encore un petit effort Monsieur Fabius, vous progressez aussi.

12 octobre 2007

Attali, contre le principe de précaution, met les pieds dans le plat

Economie - La commission Attali proposerait de revenir sur le principe de précaution

Les premières propositions de la commission Attali pour la libération de la croissance française décoiffent. Selon des fuites publiées vendredi dans la presse, l'ancien sherpa de François Mitterrand propose à Nicolas Sarkozy de revenir sur l'inscription dans la Constitution du principe de précaution.

Cette proposition a provoqué un tollé parmi les écologistes, jusqu'au sein du gouvernement. Selon Le Figaro", les membres de la commission Attali réunis en séance plénière mercredi soir pour boucler le rapport d'étape qui sera remis lundi à Nicolas Sarkozy "sont tombés d'accord à une quasi-unanimité pour demander au président de la République de reconsidérer la question du principe de précaution".

Jacques Attali voudrait profiter de la réforme des institutions préparée par la commission présidée par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur pour supprimer de la Constitution toute référence au principe de précaution.

L'article 5 de la Charte de l'environnement, adossée en 2005 à la Constitution sous l'impulsion de l'ancien président Jacques Chirac, stipule que "lorsque la réalisation d'un dommage (...) pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution (...) à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage". Les membres de la commission Attali y voient un frein majeur à l'innovation.

Réactions

Nathalie Kosciusko-Morizet

Cette proposition contradictoire avec le Grenelle de l'environnement a suscité vendredi la colère des écologistes, jusqu'au sein du gouvernement. Ainsi, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne rapporteure à l'Assemblée de la charte de l'environnement.

Hervé Kempf : Vous êtes secrétaire d'Etat à l'écologie. Que vous inspire la proposition de la commission Attali de supprimer le principe de précaution de la Constitution ?
Il y a un conservatisme particulier à toujours vouloir voir dans l'environnement une limite à la croissance. J'avais déjà eu, lors de la discussion sur la Charte de l'environnement, de tels débats avec une frange, qui traverse d'ailleurs tout l'échiquier politique, qui a une dimension réactionnaire.

Le principe de précaution est un axe, non pas pour casser l'industrie ou interdire la recherche, mais au contraire pour inventer une nouvelle économie, pour trouver des avantages concurrentiels sur de nouveaux secteurs, de l'environnement, des énergies renouvelables, de la chimie verte, pour inventer une nouvelle croissance. C'est aussi un principe de bon sens qui sert à s'écarter de possibles catastrophes ou de grandes pollutions comme celle que nous observons, ces jours-ci, avec les PCB ou la chlordécone aux Antilles.

L'écologie est le grand enjeu du XXIe siècle. Un pays qui n'est pas investi dans la protection de l'environnement est un pays qui fait les paris d'il y a trente ans. Il est normal qu'au moment où l'on a, avec le Grenelle de l'environnement, une démarche forte, une démarche de rupture, un certain nombre de conservatismes se remobilisent. C'est un sujet sur lequel les élites sont plutôt en retard sur les Français. L'écologie est le moteur de la croissance de demain, parce que c'est la grande aspiration qui traverse nos sociétés, une aspiration qui traverse le monde.

Yann Wehrling et France Nature Environnement

"Pourquoi pas demander tant qu'on y est que la France propose l'abrogation des directives REACH et Seveso?", demande Yann Wehrling (Verts). "Cette demande est irresponsable et dénote une profonde incompréhension de la mise en oeuvre du principe de précaution", déplore France Nature Environnement.

Tentant de calmer le jeu, les membres de la commission se sont déclarés "surpris" par la diffusion de ces informations "avant même que les propositions soient finalisées". "Les documents qui ont pu être diffusés jusqu'ici ne correspondent pas à l'état actuel des propositions", met en garde la commission.

La commission Attali ferait d'autres propositions, selon la presse. Pour lever les barrières dans la distribution, le rapport d'étape proposerait de restaurer la liberté tarifaire dans la distribution en mettant fin à l'interdiction de la revente à perte, ce qui nécessiterait d'abroger les lois Galland, Royer et Raffarin.

Leur suppression déboucherait sur une "diminution de 2 à 4% de l'indice des prix à la consommation" et la création de près d'un million d'emplois dans le commerce de détail et l'hôtellerie-restauration. Cette réforme irait plus loin que la deuxième étape de la réforme des marges arrières promise par le gouvernement pour début 2008.

La commission innoverait aussi en matière de logement. Face à la crise du logement, Jacques Attali proposerait de bâtir d'ici à 2012 dix "Ecopolis" d'au moins 50.000 habitants, laboratoires écologiques et de la "mixité sociale".

Pour construire 500.000 logements nouveaux par an d'ici à 2010, la commission Attali préconiserait de permettre à l'Etat d'exproprier les collectivités locales qui ne remplissent pas les objectifs de construction de logements sociaux prévus par la loi. Elle entendrait aussi favoriser la mobilité du logement, en réduisant les frais annexes à l'achat et à la location et en créant une Bourse Internet des offres et des demandes de logements sociaux.

Toutes ces propositions restent au conditionnel jusqu'à la remise lundi à Nicolas Sarkozy du rapport d'étape. Le chef de l'Etat a installé le 30 août dernier cette commission de 43 membres chargée de lui faire des propositions pour rattraper le retard français en matière de croissance. Son rapport définitif est attendu pour décembre.

Greenpeace : Attali, Copé, Syrota, Allègre, les ringards sont de retour

Pour greenpeace, alors que se négocient des solutions à la crise écologique, rationnelles sur les plans économique et social, l'Alliance pour la planète s'amuse du conservatisme et de l'ignorance d'un certain nombre de nos éminents intellectuels ou responsables politiques du siècle dernier :

  • déclarations démagogiques de Jean-François Copé contre la baisse de la vitesse autorisée sur les routes,
  • publication du rapport Syrota prétendant que la France ne pourra pas atteindre le «facteur4 » et réduire ses émissions de CO2 dans le cadre de ses engagements européens,
  • tribunes pro-OGM de Claude Allègre,
  • conclusions de la Commission présidée par Jacques Attali accusant le principe de précaution d'être un frein au développement,
  • ou encore pages de publicité des lobbies agricoles accusant les écologistes d'être des «marchands de peur»...

«À deux semaines de la négociation finale du Grenelle, ces points de vue constituent une ultime et pathétique tentative de retenir une société qui se met en mouvement» déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l'Alliance pour la planète. «Conclusions de la Commission Attali, tribunes pro-OGM de Claude Allègre, rapport Syrota, déclarations de Jean-François Copé... Voilà les derniers soubresauts d'un scientisme qui n'est plus de mise depuis longtemps. C'est le retour des ringards obscurantistes

Le principe de précaution, pourtant inscrit dans la Constitution française, n'est jamais appliqué. «A ce jour, le nombre de décisions judiciaires et administratives qui retiennent l'application du principe de précaution se compte sur les doigts d'une main, alors que celles qui la rejettent dépassent déjà la centaine, que ce soit concernant l'eau, les incinérateurs, les pesticides ou le nucléaire», affirme Daniel Richard, président du WWF France et porte-parole de l'Alliance pour la planète.

Exemple avec les OGM : malgré la multiplication des études scientifiques montrant que les risques de toxicité des OGM sont de plus en plus avérés, on en cultive toujours en plein champ en France, alors que la plupart des pays européens ont mis en place un moratoire.

«Soutenir que le principe de précaution est un frein au développement, c'est la position la plus rétrograde du patronat français, une véritable malhonnêteté intellectuelle», ajoute Daniel Richard. «Considérer le principe de précaution comme un principe de blocage est totalement aberrant : il est au contraire un principe actif et moderne de mise en mouvement de la société, de développement de la recherche et de l'innovation industrielle. L'idée de ce principe, ce n'est pas de ne pas prendre de risque, mais c'est considérer en amont, a priori, les coûts, les impacts et les bénéfices d'une découverte ou d'une expérimentation

L'élaboration de la réglementation européenne Reach concernant l'utilisation des produits chimiques a démontré que le principe de précaution, la recherche et l'innovation étaient bien au cœur de l'avenir de la chimie européenne. De même, le principe de précaution est soutenu par l'ensemble de la communauté scientifique internationale et par la plupart des États. La lutte contre les changements climatiques, saluée par l'attribution du prix Nobel de la paix à Al Gore et au Giec, en témoigne. Loin d'être un principe anti-science, le principe de précaution est au cœur de la réflexion scientifique.

«Les prises de position de Jacques Attali rappellent celles de Claude Allègre ou l'Académie des sciences, qui défendaient, il n'y a pas si longtemps, que l'amiante, le plomb ou les dioxines n'étaient pas des substances dangereuses pour la santé.»  Pour mémoire, l'amiante sera responsable d'au moins 100 000 morts en France, conclut Yannick Jadot.

Sources : Nouvelobs, Le monde, Greepeace

Le Nobel de la paix (Al Gore, GIEC) ne convainc pas les sceptiques du réchauffement

PARIS - Les rares personnalités qui continuent à douter de la gravité du réchauffement climatique, du président tchèque Vaclav Klaus à l'ancien ministre français Claude Allègre, ont ironisé vendredi sur le Nobel de la Paix remis au Giec et à Al Gore pour leur travail sur ce sujet.

Vaclav Klaus

Vaclav Klaus "est un peu surpris qu'Al Gore ait reçu un prix pour la paix, car les liens entre ses activités et la paix mondiale sont indistincts et peu clairs", selon un communiqué publié par la présidence tchèque. "Il semble plutôt que le fait qu'Al Gore mette en doute les piliers de la civilisation actuelle n'apporte pas trop à la paix", poursuit le texte.

Le président tchèque, un économiste de formation, a récemment publié un livre intitulé "Une planète bleue, pas verte" qui se veut un antidote au film "Une vérité qui dérange" de l'ancien vice-président américain.

Bjoern Lomborg

Un autre sceptique, le Danois Bjoern Lomborg, a estimé que "le comité du Prix Nobel aurait dû se focaliser sur d'autres grands problèmes oubliés comme la sous-alimentation, la malaria et le manque de libre échange agricole dans le monde au lieu du réchauffement climatique". "C'est une bonne chose que le panel climatique de l'ONU ait obtenu ce prix", a ajouté l'auteur du livre "L'écologiste sceptique", et professeur à la Copenhagen Business School, interrogé par l'AFP. "Mais il est aussi ironique qu'il soit partagé avec Al Gore, un homme qui a ignoré les recherches de ce panel", a poursuivi M. Lomborg, faisant référence à ce qu'il estime être des erreurs dans le film mettant en vedette l'ex-vice président américain.

Claude Allègre

De son côté, le scientifique et ancien ministre français Claude Allègre s'est dit "complètement indifférent" à la décision du jury du Nobel. "Je pense que la climatologie n'est pas une discipline, ça n'existe pas", a poursuivi M. Allègre, interrogé par l'AFP. Quant au choix de Al Gore comme co-récipiendaire du Nobel, "C'est de la politique, c'est pour intervenir dans la politique américaine, c'est scandaleux!", a estimé l'ancien ministre socialiste de l'Education nationale et de la Recherche.

MM. Klaus, Allègre et Lomborg font partie des rares personnalités à exprimer encore aujourd'hui leur scepticisme à l'égard de la gravité du réchauffement climatique, au même titre que le romancier et scénariste américain Michael Crichton, auteur d'un livre, "Etat d'urgence", sur le sujet.

Aucun de ces sceptiques n'est toutefois climatologue de formation. Titulaire de la médaille d'or du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), la plus haute distinction scientifique française, Claude Allègre est pour sa part un géochimiste et géologue.

Source : Romandie

Le Nobel, "une reconnaissance de notre travail", pour Van Ypersele (GIEC)

Pour Jean-Pascal Van Ypersele, vice-président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), l'attribution du Prix Nobel de la Paix au GIEC, le panel de l'ONU sur le climat, et à Al Gore est une "reconnaissance du travail effectué par le GIEC, un travail jour et nuit parfois, sans beaucoup de reconnaissance ni de soutien", a-t-il déclaré ce vendredi.

"Je suis ému et heureux que le GIEC ait reçu cette récompense. Cela fait énormément plaisir", explique le climatologue de l'UCL, la voix enrouée en raison des interviews qui s'enchaînent. "Ce matin, j'avais une espèce de pressentiment. J'avais d'ailleurs pris avec moi ma cravate du GIEC et une bouteille de champagne", confie-t-il.

Pour Jean-Pascal Van Ypersele, le prix Nobel de la Paix est une reconnaissance du travail effectué par le GIEC et par les nombreux experts qui y contribuent (plus de 2.500 pour le dernier rapport). Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) expertise et compile les recherches effectuées par des milliers de scientifiques à travers le monde.

"J'espère vraiment que ce prix va donner un impact aux efforts de réduction des gaz à effet de serre. On est en effet encore loin des efforts nécessaires", souligne-t-il. "Cette reconnaissance doit être un encouragement pour que les décideurs politiques et les citoyens comprennent que le changement climatique est un véritable défi, qui nécessite d'aller de l'avant pour construire une planète vivable pour nos enfants", poursuit le climatologue.

Outre les travaux du GIEC, le Prix Nobel de la Paix honore aussi Al Gore. "Le GIEC a établi les fondations, le diagnostic scientifique sur l'état du climat et il a avancé des solutions. Al Gore, en utilisant d'ailleurs ces rapports, a contribué de manière magistrale à diffuser l'idée qu'il faut changer les choses et à prendre conscience de l'urgence", explique Jean-Pascal Van Ypersele. "Le rapport du GIEC n'est pas la lecture la plus facile mais le film (Une vérité qui dérange) et les conférences d'Al Gore ont contribué à vulgariser ces idées, parfois avec des petites erreurs à rectifier, mais le coeur du message est tout à fait cohérent", met en avant le vice-président du GIEC.

En ce qui concerne la poursuite des travaux du GIEC, une assemblée plénière est prévue à Valence au mois de novembre prochain en vue d'établir un rapport de synthèse du 4e rapport d'évaluation. "Celui-ci contiendra l'essentiel des rapports précédents en vue de la Conférence de Bali prévue en décembre", conclut le climatologue. Du 3 au 14 décembre 2007, l'île indonésienne de Bali accueillera un sommet de l'ONU consacré au climat. Durant ce sommet, les dirigeants du monde entier décideront de la prochaine politique climatique, car le protocole de Kyoto ne court que jusqu'en 2012.

Source : belga

17 septembre 2007

Environnement : Claude Allègre est plein d'allégresse pour le Grenelle

Sérieux doutes de Claude Allègre sur l'utilité du ministère de l'Ecologie et du Grenelle de l'environnement.
 
PARIS, 17 sept 2007 - L'ancien ministre PS Claude Allègre a exprimé lundi de sérieux doutes sur le prochain "Grenelle de l'environnement". Claude Allègre a estimé que "si le ministère de l'Ecologie et du Développement durable n'est pas un moteur pour la croissance et l'emploi, il faut le supprimer."
   
"On ne peut pas dire: «je suis pour la recherche, pour le savoir,etc» et  dire «les progrès actuels, c'est-à-dire les OGM, le travail sur les cellules  souches, le nucléaire, les nanotechnologies, ça j'en veux pas", a lancé Claude Allègre lors d'un débat sur le thème du progrès avec l'ex-socialiste et secrétaire d'Etat Eric Besson, pour le lancement du club "les Progressistes". [NDLB : Plus c'est gros, plus celà marche : progressistes !]
   
Claude Allègre a indiqué à cette occasion n'avoir pas "changé d'avis" sur  l'ancienne candidate PS Ségolène Royal, dont il avait fustigé les positions  sur ces sujets. "Si on adopte ce point de vue, et je suis extrêmement attentif à ce qui va  se passer dans ce Grenelle de l'environnement, alors la France, l'Europe vont tomber dans les pays en non-développement", a-t-il assuré.
   
Si le ministère de l'Ecologie, "je le dis très franchement, n'est pas un  moteur de la croissance et un moteur pour créer des emplois, alors il ne sert à rien, il faut le supprimer", a affirmé le scientifique. "S'il est destiné à gêner le développement industriel, le développement de  la recherche médicale, le développement de la recherche agricole, il ne sert à  rien", a-t-il insisté, en ironisant sur le ministre Jean-Louis Borloo qui est "allé faire un voyage au Groënland pour voir la banquise fondre". "Je suis inquiet par rapport à cette mode écologique", a-t-il encore  indiqué.

Prenant l'exemple des Antilles où l'utilisation massive de pesticides a  provoqué un "désastre sanitaire" selon un rapport, M. Allègre a déclaré: "si vous voulez enlever les insecticides, il n'y a qu'un moyen, c'est de fabriquer  des organismes génétiquement modifiés qui n'ont pas besoin d'insecticides".

Et bien, avec ce progrès là, la terre à un bel avenir c'est sûr.

21 avril 2007

Claude Allègre : sa "vérité pour la planète" bien isolée

Claude Allègre suscite la colère des climatologues français depuis la publication de sa chronique du 21 septembre dans l'hebdomadaire L'Express. Le géophysicien Claude Allègre, rompant avec le consensus qui prévaut chez les spécialistes de l'évolution du climat, développait dans son texte l'idée selon laquelle les changements climatiques actuels ne sont pas le signe d'un réchauffement global de la Terre. Et, surtout, que la cause de ces changements demeure inconnue. En réponse, plusieurs climatologues ont adressé, mardi 3 octobre, une courte lettre de protestation à l'Académie des sciences, à l'Institut national des sciences de l'univers (INSU), au ministère de la recherche ainsi qu'à L'Express.

Claude_allegre_2 Claude Allègre remet celà avec" Ma vérité sur la planète"

Présentation de l'éditeur

"Une fois encore, nécessité oblige, Claude Allègre remet les pendules à l'heure car, s'il est inopportun pour l'avenir de notre société d'accorder le moindre crédit aux marchands d'illusions, il est tout aussi urgent de mettre un frein aux pleurnicheries écologiques. En bon pédagogue, après avoir fustigé, il nous propose un calendrier de propositions. Parmi celles-ci:

  • développons les OGM qui permettront aux plantes de résister à la pénurie d'eau et d'éviter les engrais ;
  • reconquérons la biodiversité dans nos rivières et nos forêts ;
  • encourageons une architecture économique combinant énergie solaire, pompe à chaleur et domotique ;
  • imposons la voiture hybride ou électrique ;
  • accélérons l'utilisation des piles à hydrogène.

Vive l'écologie moteur de la croissance ! A bas l'écologie de la peur et du déclin ! "

Les certitudes de Claude Allègre

par Marion Festraëts (L'express)

Voici donc le deuxième livre de Claude Allègre, cuvée 2007; millésime prometteur, après les trois opus de 2006. Il se vante de l'avoir rédigé en deux mois. On le croit. Il voudrait clouer le bec à Nicolas Hulot. Pourquoi pas? Mais pour quoi faire? Pour «mettre un frein aux pleurnicheries écologiques» et faire taire la «secte verte», si inquiète du changement climatique.

Claude Allègre, qui fut chroniqueur à L'Express, s'obstine à prétendre que l'homme n'est pour rien dans le réchauffement actuel, si tant est qu'il existe. Peu lui importe que la communauté des climatologues l'ait démontré. Son argument massue? Comment «prédire le temps qu'il fera dans un siècle, alors qu'on ne peut pas prévoir celui qu'il fera dans une semaine»?

On attendrait d'un éminent scientifique qu'il ne fît pas semblant de confondre climat et météo. Or son système d'argumentation repose sur la caricature grossière des thèses de ses adversaires, voire la présentation tronquée de leurs travaux. Parce qu'il estime que le consensus scientifique est une aberration en soi, l'ancien ministre, se posant en Galilée moderne, fait de sa position marginale l'indice même de sa crédibilité. Il préfère avoir tort tout seul que raison avec les autres. Nonobstant, il n'est pas toujours dans l'erreur, notamment lorsqu'il pronostique la multiplication d'événements climatiques extrêmes. Mais, même alors, il feint l'isolement pour adopter la posture du pionnier ou du martyr - ce qui peut devenir agaçant.

17 novembre 2006

Claude Allègre et le climat : Que vaut le doute scientifique sans les compétences?

Aucun des travaux de Claude Allègre ne porte sur le climat. A force de parler de tout (réchauffement climatique, ours), l'ancien ministre dérape.

par Florent Domine
Directeur de recherche au CNRS

"Claude Allègre, utilisant sa notoriété de grand scientifique et d'homme politique, bénéficie encore d'espace dans la presse pour propager ses idées particulières auprès d'une population qui ne sait plus à quel saint se vouer"
(Le Monde du 27 octobre).

Je suis d'accord à 100 % avec M. Allègre quand il explique que le propre de la démarche scientifique est de contester et de douter de théories, même solidement établies. De telles remises en question ont permis des avancées spectaculaires, comme par exemple l'élaboration de la théorie de la relativité.

Cependant, on ne peut pas raconter n'importe quoi juste parce qu'en principe il est légitime de douter. Encore faut-il être compétent sur le sujet qu'on conteste. Je viens d'interroger une base de données concernant les publications scientifiques de Claude Allègre. Le résultat est sans appel : l'ancien ministre géophysicien n'est l'auteur d'aucune publication scientifique où le mot climat figure dans le titre ou le résumé.

J'ai demandé à cette banque de données la liste des publications de M. Allègre afin de vérifier. L'analyse a été compliquée par le fait qu'il existe un autre C. Allègre qui travaille sur l'obésité (et qui sait, peut-être sur le dégraissage des mammouths ?), mais je n'ai toujours vu aucune trace de la moindre compétence prouvée de M. Allègre en matière de climat.

De quoi M. Allègre se mêle-t-il donc ? Comme autrefois le volcanologue Haroun Tazieff (secrétaire d'Etat chargé de la prévention des risques technologiques et naturels majeurs entre 1984 et 1986, décédé en 1998), ses succès en politique lui sont montés à la tête. M. Tazieff, de son temps, avait dénoncé un complot contre l'industrie chimique et nié l'existence du trou dans la couche d'ozone.

Qui oserait aujourd'hui prétendre qu'il n'y a aucun rapport entre l'émission de chlorofluorocarbures (et non pas chlorofluorocarbones, comme le dit à tort M. Allègre, qui sait pourtant tant de choses...) et la destruction de l'ozone stratosphérique ? Il n'a pas fallu une génération pour que tout le monde soit convaincu qu'Haroun Tazieff n'était pas crédible en dehors de son domaine, la volcanologie.

Une idée de 1896

Quant au lien entre CO2 et réchauffement, qui doit, selon M. Allègre, être prouvé et testé par le temps, je lui rappelle gentiment que cette idée date de 1896. Elle a été émise par un certain Svante Arrhenius, Prix Nobel de chimie 1903 ("On the influence of carbonic acid in the air upon the temperature of the ground". Philosophical Magazine and Journal of Science, vol. 41, n° 251, pp. 237-276.)

Claude Allègre s'apercevrait en lisant ce long article que M. Arrhenius ne s'est pas trompé de beaucoup en prédisant l'effet du CO2 sur la température. En clair, une idée de 1896 a été testée et confirmée par cent dix ans de mesures et de calculs.

Un recul de cent dix ans, cela suffit-il à M. Allègre ? Ou bien, au motif qu'il existe encore quelques imperfections dans notre compréhension d'un phénomène aussi complexe, faut-il attendre encore cent dix ans que la Terre explose ?

Florent Domine

Source : Le Monde - Lisez les réactions des lecteurs...

Ma réaction sur les propos de Claude Allègre sur l'ours est identique : Que vaut le doute scientifique sans les compétences ? Pourtant ce touche a tout est avec Bruno-Besche Commenge, un des "scientifiques" de référence des ultra-pastoraux. Très peu crédible.

Lire la suite "Claude Allègre et le climat : Que vaut le doute scientifique sans les compétences?" »

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