Actualités ours des Pyrénées 2007

06 février 2009

Suivi de l'ours brun dans les Pyrénées françaises - Rapport annuel 2007

Par le réseau Ours Brun et l’Equipe Technique Ours (ONCFS)

Sommaire

Introduction

  • Objectifs 2007
  • Méthodes d’étude
  • Contexte 2007

Zone d’étude, échantillonnage

  • Pression d’observation (Noyau occidental / Noyau centro-oriental)
  • Activité du Réseau Ours Brun
  • Collaboration franco-hispano-andorrane
  • Formation

Suivi de la population d'ours des Pyrénées en 2007

  • Les indices indirects (Suivi d’itinéraires – Stations de suivi / Suivi photographique / Observations visuelles / Données espagnoles)
  • Tailles des empreintes de pattes
  • Typages génétiques
  • Mise en relation avec les manifestations simultanées (Noyau occidental / Noyau centro-oriental)
  • Tendance démographique par le calcul de l’ Indice d’Abondance
  • Suivi télémétrique

Prédation de l'ours des Pyrénées en 2007

  • Bilan des dommages d’ours bruns sur le versant français des Pyrénées
  • Evolution de la prédation de l’ours brun sur le versant français des Pyrénées depuis 1996 (rûchers, bétail domestique)

Aire de distribution
Effectifs
Comportements individuels, observations particulières
Conclusions
Annexes cartographiques

Tous les graphiques, images, tableaux, illustrations et annexes cartographiques sont dans le rapport complet. Télécharger le rapport complet.

Rédigé par J.J. CAMARRA, D. COREAU et P. TOUCHET, ONCFS ETO
DIRECTION DES ETUDES ET DE LA RECHERCHE
Centre National d'Etudes et de Recherches Appliquées sur les Prédateurs et Animaux Déprédateurs
Réseau Ours Brun – Equipe Technique Ours
14, rue Marca, 64 000 Pau – France
Impasse de La Chapelle, 31 800 Villeneuve de Rivière – France

ROB ETO Rapport 2007 Conclusions

Suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises - Rapport annuel 2007

Conclusions

Les effectifs estimés en Pyrénées, 15-19 individus, semblent en très légère diminution par rapport à 2006 (15-21) mais cela ne s’avère pas significatif compte tenu de la faiblesse des moyens d’investigation mis en oeuvre.

Les données recueillies sur la fraction non marquée de la population sont notoirement insuffisantes dans les Pyrénées centrales entraînant de grandes incertitudes. La faiblesse des personnels disponibles dû aux nombreuses tâches liées à la réintroduction et une mobilisation réduite des services compétents sur le versant sud (Catalogne) en sont les causes principales.

Les données recueillies sur des ours équipés de GPS-GSM démontrent l’intérêt de cette méthode dans le suivi de certains individus, mais bien sûr elle ne permet pas le suivi de population. Au bénéfice de cette technologie on peut citer le suivi des grands déplacements, la plus grande facilité de recherche du matériel biologique (génotypage), et surtout de pouvoir faire des analyses comportementales fines à partir d’un suivi exhaustif (utilisation de l’habitat, comportement de prédation, comportement d’hibernation…). La phase de réintroduction marquée par un suivi GPS et radio des individus réintroduits touche à son terme du fait de l’épuisement des batteries des émetteurs.

Le suivi de ces ours et de leurs descendants devra dorénavant se faire par des méthodes indirectes (témoignages, itinéraires, stations de suivis, prospections suite à des dégâts, …). A cet égard, l’ETO réactive depuis 2007 le Réseau Ours Brun dans les Pyrénées Centrales par la mise en place de protocoles qui s’inspirent directement de ceux utilisés de longue date en Pyrénées Occidentales (ORSO, Stations de suivi, IA). Pratiquement, cela consiste en des parcours d’itinéraires sélectionnés et à des visites de stations de suivi. Un effort supplémentaire sera réalisé en 2008 puisque le nombre des stations sera multiplié par 4. Le nombre de station de suivi sera porté à 1 station pour 16 km ², soit environ 4 fois plus qu’en 2006. Les protocoles et dispositifs de suivi, en place depuis 1983 en Pyrénées Occidentales, resteront pour l’essentiel identiques en 2008.

Source : suivi de l'espèce ours brun dans les Pyrénées françaises - Rapport annuel 2007

15 novembre 2008

Rencontres entre éleveurs, bergers italiens et pyrénéens

Rencontres entre éleveurs, bergers italiens et pyrénéensDu lundi 26 novembre au jeudi 29 novembre 2007 des éleveurs pyrénéens et des animateurs chiens de protection de la Pastorale Pyrénéenne se sont rendus en Italie dans le Parc National des Abruzzes. Ce séjour a été financé par le programme Life Coex. La participation des éleveurs pyrénéens s’est organisée à partir du volontariat.

Bergers des Abruzzes et pyrénéens. Photo : Olivier SALVADOR

Ce séjour a permis de rencontrer des éleveurs italiens confrontés à la présence de l’Ours et du Loup ainsi que les services scientifiques du Parc National des Abruzzes. Les échanges riches et nombreux nous ont permis de mieux appréhender la situation de l’élevage de montagne, les conditions de la cohabitation avec les grands carnivores.

Le contexte économique de l’élevage ovin en montagne est là-bas aussi très difficile. Une crise structurelle profonde engendre des mutations profondes : baisse des prix, disparition des abattoirs, normes européennes changeantes et toujours plus contraignantes. Aussi, depuis plus de vingt ans le nombre d’exploitations ovines diminue. De nombreuses reconversions ont lieu vers l’élevage bovin moins contraignant et plus rentable, et également vers des activités d’éco-tourisme (gîte, camping, hôtel, artisanat…). L’activité touristique est devenue le moteur économique de cette zone montagnarde à deux heures de route de Rome. Seuls des éleveurs pratiquant la vente directe, les labels bio semblent réussir à assurer la pérennité de leurs exploitations.

Dans la région du Parc National des Abruzzes, l’Ours et le Loup sont intégrés dans les pratiques pastorales et acceptés par les éleveurs. Pourtant les aides allouées par l’Etat pour faire face à cette contrainte sont réduites et se limitent à l’indemnisation des dégâts. Il n’existe pas de plan d’accompagnement au pastoralisme lié à la contrainte des prédateurs sauvages. En fait, les systèmes de protection pour réduire la vulnérabilité à la prédation sont inscrits dans la culture pastorale…

Pour l’élevage ovin, le système de protection repose sur le gardiennage, la conduite des troupeaux et l’utilisation de nombreux chiens de protection (Matin et Maremma des Abruzzes).

Le nombre de chiens de protection se situe autour d’une proportion d’un chien pour 60 brebis. Pour les bovins la vulnérabilité vis à vis de la prédation se situe au moment de la période de vêlage lors des quinze premiers jours. Pour y remédier les troupeaux sont regroupés pour permettre aux mères de défendre collectivement les petits. Apparemment les chiens de protection ne sont pas utilisés pour protéger les troupeaux bovins.

Pour les éleveurs des Abruzzes la principale difficulté à leur activité est le contexte économique difficile et la forte densité de Cerf élaphe. L’acceptation des grands prédateurs y est surprenante pour nous pyrénéen. Les éleveurs italiens les considèrent comme des habitants légitimes de la montagne.

Comme eux sur le même territoire ils semblent résister à un environnement parfois hostile. Il semblerait surtout au vu de nos observations que la présence continue de ces animaux, leur protection dès 1923 pour l’Ours brun, ait engendré une habitude «de vivre ensemble». La politique presque jusque boutiste de l’Etat français à vouloir exterminer ces animaux pourrait avoir généré une culture de destruction bien inscrite dans la population montagnarde et pastorale. L’évolution des mentalités semble être le domaine le plus lent dans les sociétés humaines…

Aussi, ce type de voyage est une chance. Il permet justement de confronter des mentalités différentes façonnées par une histoire personnelle et sociétale autre. Cette richesse dans les échanges met nos modes de pensées dans un contexte plus large. Nous pensons qu’il serait nécessaire de poursuivre ce type d’échanges, de rencontres. Nous aimerions reconduire cette expérience avec d’autres éleveurs. La période du mois de septembre nous semble la plus adaptée au niveau des disponibilités des éleveurs.

Pour être acceptée et protégée par les habitants d’un territoire, la biodiversité dans son ensemble doit devenir une ressource économique directe ou indirecte. La seule dimension éthique (respect de toute forme de vie) et écologique (équilibre des écosystèmes) ne suffit pas à permettre l’acceptation sociale d’espèces sauvages présentant des contraintes. Un grand champ de travail, d’écoute et de collaboration entres éleveurs, politiques, environnementalistes, biologistes, et économistes devrait s’ouvrir pour parvenir à résoudre l’équation de l’activité économique et de la préservation de la biodiversité.

Olivier Salvador
La Pastorale Pyrénéenne

La lettre de la Pastoral Pyrénéenne - juin 2008 - N° 0

07 janvier 2008

Lacube et sa souscription

La Dépêche du Midi a annoncé la souscription pastorale lancée par Philippe Lacube, destinée à payer les amendes des casseurs d'Arbas. Les lecteurs réagissent.

Philippe Lacube, le pastoralisme et l'ours des PyrénéesDessin de Marc Large pour la buvette - Philippe Lacube, le pastoralisme et l'extinction de l'ours des Pyrénées.

Quelle honte !
(Marie)
Assumez vos actes Messieurs ! Vous dégradez, vous détruisez... vous payez ! Normal ! Il existe d'autres moyens pour se faire entendre. Quelles valeurs défendez-vous en saccageant ainsi le patrimoine ? Changez donc le nom de votre association (Aspap) ! A bon entendeur... Salut !

Dans la vie il faut assumer ses responsabilités
(zanzibar31)
D'ailleurs l'Etat devrait récupérer les sommes gaspillée par les communes pour réparer les incivilités des uns et des autres.La région Corse devrait se retenir les travaux de plastiquage de ces dernières années et en Ariège comme ailleurs pollueurs et casseurs=payeurs.

Philippe Lacube devrait payer
(yeap31)
Lacube, l'instigateur de ces "incivilités", industriel de l'agriculture avec ces plus de 100 vaches gasconnes, ses gîtes, ses magasins de "produits locaux" à Ax et aux Cabannes, les revenus de ses promenades payantes à Beille avec les 50 gogos par passe à 18 euros par tête de pipe à qui il raconte son métier d'éleveur (lui même ne doit pas trop voir le cul de ses vaches), faudrait mettre la main au porte monnaie, faut tout de même assumer! Il ne suffit pas de faire le beau devant les caméras de M. Yann Arthus-Bertrand et de se balader avec une cloche plus grosse que vous, il faut aussi aider les petits copains que vous avez mis en première ligne pour faire des actions relevant de la justice!

Incitation
(GREG)
c'est étonnant comme comportement, une décision de justice à été rendue, il faut que les coupables assument. Ce que fait l'ASPAP c'est de l'incitation à la violence : cassez et ne vous inquiètez pas les autres paieront . A quand le partage des années de prisons pour les crimes ?

Gonflés !
(Palouma)
Je ne crois pas les associations pro-ours si riches que disent les anti . Et leur argent finance des emplois et non des deplacements pour saccager les biens publics ! Quelle honte cette souscription ! Se poser en victimes, on aura tout vu !

Du culot
(Voyageur)
sacager les biens publics, assassiner des légitimes habitants des lieu,c´est bien vu par certains. Ce n´est pas étonant que le monde soit si bouleverssé avec des attitudes pareilles.Je me pose une question: Quand l´évolution de la civilisation c´est-elle arrêtée ?....

Navrant !
(Marcel)
Tant qu'à faire dans la honteux autant le faire jusqu'au bout.Ces types détruisent le bien public, anéantissent le lien ancestral entre les hommes et la nature et il faudrait que chacun paye pour eux et pourquoi pas les remercie! Etrange et parfaitement scandaleux qu'il puissent s'exhiber au contraire par exemple des casseurs de banlieux ou de radars automatiques. S'attaquer au vivant me parait pourtant plus grave. Etrange hierarchie des décideurs de ce pays.

6.796 euros d'amende pour les anti-ours
(Marieblanque)
Je trouve tout à fait normal que des "casseurs" soient condamnés pour les exactions qu'ils ont faites sur la Commune d'Arbas en 2006. Ces gens refusent tous les moyens mis à leurs dispositions pour la cohabitation homme/ours, leur seul crédo c'est la montagne pour l'élevage intensif sans surveillance et en se débarassant de tout animal sauvage... ils n'ont rien compris à la problématique actuelle !

Source :  La Dépêche du Midi

25 décembre 2007

Ultra solidarité, la honte des Pyrénées

Les ultra pastoraux lancent une souscription pour payer leurs condamnations en justice. A vos poches pigeons chéris!

Nous cassons, vous payez !
Nous ne gardons pas nos brebis, vous nous indemnisez !
Nous travaillons à perte, vous nous subsidiez !
L'Etat consulte, nous boycottons !
L'Etat tient ses engagements et réintroduit des ours, nous les éliminons !
Nous ne respectons pas les lois, nous sommes condamnés, vous payez nos condamnations !
Nous détruisons la faune mais nous nous présentons dans la presse comme les vrais défenseurs de la biodiversité et comme les jardiniers de la montagne. Vous nous croyez !
Elle est pas belle la vie?
Plus c'est gros, plus celà marche !

"Vous pouvez mentir tout le temps à quelqu'un ou quelque temps à tout le monde. Mais vous ne pouvez pas mentir tout le temps à tout le monde!" Le pastoralisme français se fout de tout et se moque des gens.

Une souscription "Pyrénées solidaires" afin de "partager les sanctions financières qui pèsent sur les dix militants ariégeois condamnés en novembre dernier pour dégradation de biens publics lors d'une manifestation anti-ours en 2006", a été lancée lundi par l'ADDIP de Philippe Lacube, le "paysan libre" tel que présenté dans la dernière émission de Yann Arthus Bertrand. Libre quand il s'agit de casser, entretenu, dépendant et larmoyant quand il s'agit de payer les sommes auxquelles ils ont été condamnés.

L'association ASPAP par exemple, largement financée par les deniers du CG de l'Ariège comporte dans ses statuts une clause déchargeant l'association de ses responsabilités pour des actes délictueux commis par ses membres.

Le montant total des souscriptions récoltées (J'espère que cette opération sera un bide complet) sera remis symboliquement lors de l'assemblée générale de "l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées" (ASPAP), le 1er février prochain près de Foix, "par les représentants des vallées, des élus et des responsables associatifs, professionnels, institutionnels et syndicaux de tout le massif". Ah les valléens chers à l'IPHB, cette minorité d'éleveurs et de politiciens extrémistes pour qui la montagne se limite à un tas de brebis mal élevées, mal entretenues et non gardées. Les éleveurs créent des associations de sauvegarde de leurs PRIVILEGES.

Dix éleveurs ont été condamnés par la cour d'appel de Toulouse à 6.796 euros de réparations pour dégradation de biens publics lors d'une manifestation anti-ours en avril 2006 à Arbas (Haute-Garonne). Ces casseurs doivent aussi régler 2.000 euros de frais de justice ainsi que 4.300 euros de dommages et intérêts à la commune d'Arbas. A vos poches citoyens pigeons !

Le message est clair, au moins pour la justice. Si elle désire mettre fin aux pratiques ultra pastorales illégales, il faudra mettre la barre bien plus haut la prochaine fois, augmenter les montants et les accompagner de peines de prison. Peut-être feront-ils alors une demande pour que "les représentants des vallées, les élus et les responsables associatifs, professionnels, institutionnels et syndicaux de tout le massif" aillent dormir a leur place derrière les barreaux.

"Nous sommes loin de disposer des énormes ressources financières des associations pro-ours", a souligné l'association dans un communiqué : et bien assumez vos actes, comme tout un chacun devant la justice : travaillez pour réparer les dommages commis. Les ultras pastoraux ne sont pas au dessus des lois, mais habitués à l'impunité et à une liberté extrême, sans les limites contraignantes des lois qui ne s'appliquent pas dès que le territoire devient pentu. L'ultra pastoralisme en appelle à la charité des français, puisque la justice n'a pas entendu leur appel à la clémence. Payez braves citoyens, pendant ce temps là, nous organisons nos prochaines sorties délictueuses, nos prochaines dégradations car nous sommes à bout, vous savez, car l'Etat ne nous entend pas, nous allons continuer à mettre le feu à la montagne, et vous à payez pour nous, amendes, subsides, indemnisations, voyages culturels...

Je trouve ce procédé dégoutant et espère que la prochaine fois, la justice sera bien plus sévère car il semble que le portefeuille soit l’endroit où cela fait mal.

20 décembre 2007

Le FIEP lance une pétition pour remplacer les ourses Cannelle, Palouma et Franska

Le FIEP, Fonds d'intervention Eco-Pastoral Groupe Ours-Pyrénées lance une pétition «Il faut remplacer les ourses Canelle, Palouma et Franska.»

Cette pétition demande la reprise immédiate du renforcement de la population d’ours pour remplacer les ourses Cannelle, Palouma et Franska. «Nous demandons notamment le renforcement de la population en Béarn afin d’éviter l’extinction de l’espèce dans cette région. L’ours n’a jamais disparu en Béarn, là où il existe depuis toujours une culture du gardiennage des troupeaux et des habitats privilégiés

Après Claude, Mellba, Papillon, Cannelle, Franska, combien d'autres ours (espèce protégée !) devront prendre du plomb dans leur corps pour que cela change enfin ? L'extinction de l'ours est là, sous nos yeux ! Qu'a-t-on fait en Béarn depuis 3 ans ?

Aucun des signataires de la charte de 1994 (communes, chasseurs, éleveurs, Région, Département) qui prévoyait le renforcement si nécessaire n'a vraiment honoré sa signature, malgré un comptage «patrimonial» des femelles en 2004 et la mort de la seule reproductrice, Cannelle, la même année.

Face aux manquements à la parole donnée, l'Etat a essayé de sauvegarder l'ours dans notre région en lâchant une ourse en Hautes Pyrénées pensant qu'elle arriverait jusqu'au noyau occidental existant. Mais ce lâcher, dans un habitat peu favorable où on ne cohabite plus avec l'ours depuis longtemps, n'a pas eu l´effet escompté.

A l'occasion de l´anniversaire de la mort de Cannelle, le FIEP Groupe Ours Pyrénées lance un appel pour que, dans l'esprit du Grenelle de l'environnement, se mettent autour d'une table  tous ceux qui veulent faire du développement durable (respectueux de l´environnement) et de la conservation de la biodiversité  concrets, en évitant l'extinction de l´ours (par un renforcement limité) et du berger.

C'est en Béarn qu'il faut relâcher 2 femelles pour remplacer celles qui y ont été abattues. C'est là que des habitats favorables existent et qu'une culture de vie avec l'ours n´a jamais disparu.

La cohabitation ours - berger est une réalité dans les vallées où vivent les ours depuis toujours de façon sédentaire (Aspe-Ossau) : les dommages aux troupeaux sont en général très limités (une quarantaine de brebis/an) ; la grande majorité des bergers cohabite avec l'ours sans problèmes majeurs, bénéficiant de mesures de compensation (héliportages, radiotéléphones, muletage, etc). Certains se sont prononcés publiquement en faveur de la cohabitation.

La mise en place dans notre département, au cours des étés 2006 et 2007, grâce au plan de restauration de l'ours, d'aides en faveur du gardiennage, de bergers salariés, de chiens et de moyens  de protection (35 bénéficiaires), démontrent que sur le terrain on arrive à du concret et qu'ours et berger peuvent cohabiter quoi qu'en disent certains leaders dont le seul projet est de rassembler les gens «contre» quelque chose.

C'est un enjeu d'avenir, qui bien au-delà de l'ours, doit mobiliser dans le Département et la Région pour démontrer que l'on est capables localement de relever les défis d'un développement respectueux de l'environnement qui permette aux hommes et aux espèces sauvages de vivre dans une nature qui est notre «or vert» et notre patrimoine à léguer aux générations futures.

FIEP- Groupe Ours Pyrénées

Renaud de Bellefon : Les limites d’un discours environnementaliste

Le 21 décembre 2007 à 17h30
Conférence proposée par l'Université du Temps Libre d' Aquitaine

«Les limites d'un discours environnementaliste: la Confédération Paysanne et les grands prédateurs»

par M. Renaud de Bellefon, animateur de la Confédération paysanne 65.

Le problème des prédateurs est loin d'être clos. A nos yeux, la Confédération Paysanne, parce qu'elle s'appuie sur des contre vérités (réintroduction artificielle des loups, ours slovènes excessivement prédateurs, cohabitation impossible ?) et une unanimité de façade, ne va pas pouvoir indéfiniment tenir sa position. En interne d'abord, il faudra bien trouver les chemins qui mènent vers une situation de dialogue afin de permettre de faire à la fois le soutien nécessaire aux paysans, de proposer des solutions durables et de conserver la cohérence globale du discours.

Ce problème ne peut pas non plus compromettre le travail d'ouverture vers la société non-agricole qui est une des orientations les plus originales de la Confédération Paysanne. Il faut espérer que les loups et les ours n'empêcheront pas les dialogues avec les partenaires habituelles de la CP. Les prédateurs jouent le rôle de révélateurs de problèmes plus profonds, la situation ainsi créée doit ouvrir à des questionnements sur le sens des engagements, sur les cohérences à chercher entre les discours, sur les différents niveaux d?intervention, sur la globalité du projet syndical, paysan, et tout particulièrement dans sa dimension environnementale.

  • Où ? Amphithéatre 2 de la faculté des lettres - Université de Pau et des Pays d'Adour
    Adresse : Présidence, Av. de l'Université - BP 576 64012 PAU Cedex France
  • Quand ? Le 21 décembre 2007 à 17h30
  • Comment réserver ? Tél. : 05 59 40 70 00 - Fax : 05 59 40 70 01
  • Lien ? Site : www.univ-pau.fr

Lire aussi les Actes du colloque du 21 et 22 mars 2004 Muséum d’Orléans

Renaud de Bellefon

Renaud de Bellefon est géographe, Docteur en Histoire, animateur syndical, salarié de la Confédération Paysanne. Il est aussi le fils d'un célèbre guide pyrénéen et lui-même pratiquant de bon niveau.

Vivre avec l'ours

Pyrénées magazine et le Museum d'histoire naturelle de Toulouse vous invitent. Nature & Découvertes et Terre sauvage présentent dans le cadre des présentations et conférences "Grands témoins de la nature, pour mieux comprendre la nature, des rencontres publiques avec des personnalités et des scientifiques"

Vivre avec l'ours 

  • Avec François Arcangeli, maire d'Arbas et président de l’association Pays de l'ours-ADET
  • Gines Rayé, universitaire, président de la FRAPNA Savoie, spécialiste des grands prédateurs
  • Samuel Baunée, journaliste et éleveur en Ariège
  • Michel Tonelli, réalisateur
  • Farid Benhammou, géographe, doctorant en sciences de l’environnement, ENGREF,
    Ecole nationale du génie rural, des eaux et des forêts

Organisé en partenariat avec Pyrénées Magazine et le muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
Samedi 23 février 2008, de 14h30 à 17h, au muséum d'histoire naturelle de Toulouse
35, allées Jules-Guesde à 31000 Toulouse.

"Vivre avec les ours" est un film écrit et réalisé par Michel Tonelli.

Vivre avec l'ours de Michel Tonelli Texte de présentation de la jaquette du DVD "Vivre avec l'ours".
Il était une fois, un autre monde, une autre vie, dans la douceur automnale d’une forêt pyrénéenne. Il était une nature sauvage où vivaient paisibles, une ourse et son ourson. Mais les hommes arrivèrent, et avec eux : leur chiens, leurs fusils et la mort…

En moins de dix années, deux ourses accompagnées de leurs oursons furent tuées lors d’une battue aux sangliers dans les Pyrénées, où vivent les derniers ours français. Et les hommes de ces montagnes, qui jadis se servaient d’eux pour survivre, semblent désormais ne plus pouvoir accepter leur présence, alors, qu’en Europe occidentale, plusieurs pays ont relevé les défis de la protection et de la conservation de l’ours.

Néfaste pour les uns, l’ours est l’espoir des autres.

Ce film est un étonnant voyage dans l’Europe des ours et nous mène des vallées pyrénéennes aux forêts de Slovénie, des sierras espagnoles des Asturies aux montagnes autrichiennes, en passant par les cimes du Trentin Italien. À partir de l’exception française, écoutez ces peuples nous parler des ours, de leurs combats pour les sauver, de leur volonté à les réintroduire pour ne pas perdre cet héritage naturel unique.

Au-delà du témoignage de ces « gens de l’ours » à travers le vieux continent, ce film est aussi une initiation aux secrets de la biologie de cet animal si méconnu. Avec des images exceptionnelles et rares, il nous fait pénétrer dans l’intimité de la vie des ours : de la naissance des oursons dans la chaleur douillette de la tanière, aux différents comportements des ours en totale liberté dans la nature.

Une coproduction Blizzard Productions, France 3 Sud, France 3 Aquitaine avec la participation de France 5 et Planète avec le soutien du Ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement Durables du Centre National de la Cinématographie de la Région Midi-Pyrénées.

Durée 52 min. Ce DVD est en vente sur les sites de FERUS et du Paysdelours et dans les magasins Nature & Découverte. Un double DVD reprend les 2 films "Vivre avec l'Ours " et "L'ours, histoire d'un retour."

Le film événement

Pyrénées magazine Janvier-février 2008
Avec le très beau film Vivre avec les ours, le réalisateur Michel Tonelli explore les rapports complexes entre L'homme et le plantigrade dans les Pyrénées mais aussi à travers L'Europe. À découvrir et à méditer.

«Le temps fort d'un tournage, c'est le moment où je suis seul, dans la forêt, face à un ours. C'est égoïste, car un film se fait en équipe, mais c'est dans ces instants que l'on peut véritablement comprendre le comportement de l'animal.» Michel Tonelli a vu son premier ours en 1973 dans les Pyrénées, tout près de l'étang d'Ayès (09). Il n'était pas encore question de réintroductions. Commingeois de cœur, Michel Tonelli n'a jamais vécu loin des Pyrénées.

Architecte passionné par l'observation de la nature, l'homme s'est rapidement dirigé vers le documentaire. Des charges d'éléphants en Afrique aux conflits rwandais, du chant du tétras aux cimes des Pyrénées, il a parcouru le monde caméra au poing pour la télévision. En 1996, les premières réintroductions d'ours slovènes dans le massif sont l'occasion d'un documentaire très remarqué, L'ours: histoire d'un retour, qui scelle une passion pour le plantigrade née vingt ans plus tôt. Vivre avec les ours, le second volet de l'histoire, semblait donc une évidence.

Ce cinquante-deux minutes, réalisé avec le soutien du ministère du Développement durable, de la Région Midi-Pyrénées et du Centre national de la cinématographie, a nécessité pas moins de seize mois de tournage entre Pyrénées, Slovénie, monts Cantabriques, Autriche et Trentin, les territoires où vivent les derniers ours bruns d'Europe. «J'ai eu la chance d'être en rapport direct avec les professionnels qui gèrent l'ours dans leur pays, et notamment avec les Slovènes. Ce sont des gens extraordinaires qui ont une réelle connaissance de l'espèce

Le résultat de ces rencontres est une mise en perspective de la question de l'ours dans les Pyrénées au regard des expériences de nos voisins européens. Le film débute par une reconstitution, celle de la mort d'une ourse tuée par des chasseurs pyrénéens. Puis, ce sont les images violentes du saccage d'Arbas en avril 2006. Alors que les Pyrénéens semblent ne plus accepter la présence de l'ours, nos voisins européens ont, quant à eux, pris à bras-le-corps sa préservation.

Bien plus qu'un inventaire de témoignages parfois cocasses, comme celui de cette agricultrice autrichienne venue en vacances dans notre massif et surprise par la peur qu'inspire le plantigrade dans les Pyrénées, ce voyage à travers l'Europe des ours est aussi un moyen de mieux comprendre la biologie de l'animal et donc son comportement. Des images magnifiques et rares, comme celles fournies par une caméra infrarouge filmant la naissance de trois oursons dans la tanière d'une ourse slovène, mais aussi le quotidien d'ours en liberté. Reflet de la difficulté de faire cohabiter l'homme et le sauvage, ce film, volontairement engagé, témoigne que d'autres sentiments que la terreur et la colère sont possibles et existent.

La peur de l'ours, Michel Tonelli ne l'a jamais éprouvée. "Pour le tournage du premier film, j'ai passé quinze jours seul dans la forêt avec une ourse et ses trois petits. Je suis resté trois jours sur un mirador, puis je suis descendu en parlant à l'ourse pour lui signaler ma présence. Je lui ai parlé tous les jours, cela peut sembler idiot mais elle m'a accepté, sans aucune crainte, ni de mon côté ni du sien." Aujourd'hui, de sa maison d'Aventignan, d'où il voit chaque jour les forêts pyrénéennes habitées par le plantigrade, Michel Tonelli, à travers son film, parle aux hommes pour leur dire qui est l'ours.

Vivre avec l'ours est la suite du film  "L'ours, histoire d'un retour" de Michel Tonelli.

L'ours, histoire d'un retour

Après l'avoir chassé et quasi exterminé, la population pyrénéenne tente, depuis 1996, de réintroduire l'ours brun dans son habitat naturel. Récit d'une expérience qui a déchaîné les passions, et fait couler beaucoup d'encre.

Les Pyrénées. Une magnifique chaîne de montagnes dressée entre la France et l'Espagne. c'est ici, au c¿ur des forêts de feuillus et de conifères, que vit depuis la nuit des temps l'ours brun. La cohabitation de cet animal singulier et solitaire avec l'homme a failli conduire à l'extinction de l'espèce. Victime d'une traque sans merci, l'ours a en effet disparu du paysage pyrénéen au fil du temps sans que personne ne s'en aperçoive.

Les chiffres sont pourtant éloquents : 200 animaux en 1930, 70 en 1954, 36 en 1970, à peine une quinzaine en 1980. l'ours est en passe de devenir un vieux souvenir, lorsqu'en 1982 François Mitterrand lance un vibrant appel pour sauver l'espèce. Seule solution : renforcer la population relique par la réintroduction d'animaux venus d'ailleurs. c'est ce que va faire l'Association pour le développement économique et touristique (ADET) créée sous l'impulsion du maire de Melles, l'une des quatre communes associées au projet.

Ennemis d'hier, chasseurs et écologistes travaillent de concert pour accueillir au mieux deux femelles et un mâle, soigneusement choisis en Slovénie. Car pour que les ours s'adaptent à leur nouvel environnement, encore faut-il que celui-ci leur convienne et que les animaux soient génétiquement proches de leurs congénères pyrénéens et en bonne santé.

Lâchés courant 1996, Jiva, Melba et Pyros ont vite trouvé leurs repères. Le printemps suivant, les deux femelles sortent d'ailleurs d'hibernation accompagnées de petits oursons, pour le plus grand bonheur des biologistes.

Mais la présence des ours va perturber l'existence des bergers qui ne tardent pas à manifester leur mécontentement. Il faudra encore des années à l'homme pour réapprendre à partager la montagne avec ces animaux sauvages et libres

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