Actualités ours des Pyrénées 2006

02 février 2008

Farid Benhamou : "Laisser les experts prendre les décisions"

Interview de Farid Benhammou, Géographe, donnée au journal de l'Ariège le 24 mars 2006. Il est étonnant de voir à quel point cet avis de Farid Benhammou était encore d'actualité un an plus tard  pour l’ourse Franska.

Farid Benhammou Farid Benhammou : «Je pense qu’en matière de capture d’ours et de cohabitation avec ce prédateur, il faut savoir raison garder. L’emballement médiatique, voulu par les opposants à l’ours, est le premier responsable de ce qui pousse à intervenir sur l’ours même quand ce n’est pas nécessaire. Il y a toujours eu des prédations d’ours aux abords des villages, y compris par des ours pyrénéens bien locaux. En 1987, un ours a attaqué une brebis à moins de 50 mètres des habitations d’Urdos en Béarn, pourtant, on n’a pas demandé la capture de l’animal. Le climat passionné actuel, porteur sur le plan médiatique et politique, pousse à survaloriser ce qui a tout d’un simple fait divers qui ne met pas en danger la sécurité publique.

Néanmoins, il existe le cas des ours familiers qui ont toujours existé. En 1991 et 1992, un ours a commis beaucoup d’attaques en Béarn et se laissait trop voir, ce qui peut représenter un danger pour les habitants et l’ours lui-même. En fonction des différents critères bien définis (dangerosité de l’animal, fréquence de ces attaques sur le troupeau), il faut laisser les experts habilités prendre les décisions sans qu’ils aient à subir les pressions de tels ou tels élus ou syndicalistes agricoles qui instrumentalisent l’ours pour se faire mousser. En 2002-2003, l’ours de Luz, qui s’est avéra être le bien pyrénéen Papillon a aussi fait parler de lui et a dû aussi être capturé. Mais c’est davantage le non gardiennage des troupeaux locaux dans la zone de Barêges qui ont poussé le vieil ours à développer ce type de comportement « trop prédateur ». Rendons nous bien compte que l’ours, qui draine avec lui l’imaginaire de la bête, met le doigt sur des pratiques agricoles qui ont considérablement évolué et qui montre l’absence des hommes dans la montagne sans pour autant en être la cause. Pour plus d’éclairage, je vous invite à consulter mon ouvrage "Vivre avec l’ours" ou "L’ours des Pyrénées, les 4 vérités" ».

Farid Benhamou est Docteur en Sciences de l’Environnement (ENGREF)
Ecole Nationale du Génie Rural des Eaux et Forêts.

25 février 2007

Lancement du Programme National Chiens de protection des troupeaux

L'Utilisation du chien Montagne des Pyrénées

par Cyprien Zaïre et Pascal Cacheux, animateurs chien patou à l' Association Cohabitation Pastorale

Utilisation des Montagnes des Pyrénées - Dans le cadre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun, une des mesures de prévention contre les dommages d’ours proposées aux éleveurs de bétail consiste en la mise en place de chiens de protection.

Disposant d’une race locale, le Montagne des Pyrénées, il a semblé tout naturel de concentrer cette action autour de ce chien. Si la raréfaction des grands prédateurs avait amené les éleveurs à délaisser le patou, la réapparition du lynx dans le Jura, du loup dans les Alpes, le renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées ainsi que les nombreux dégâts occasionnés par les chiens divagants, entraînent un regain d’intérêt pour l’aide précieuse apportée par ces chiens pour la protection des troupeaux.

Historique de l’utilisation des Montagne des Pyrénées comme chien de protection

Le chien de protection est un moyen utilisé pour la sauvegarde des biens et des troupeaux domestiques, vraisemblablement depuis plusieurs millénaires. Les experts s’accordent à dire que cette technique trouve son origine dans l’Himalaya et que les différentes races de chiens de protection proviennent du Dogue du Tibet. Ce type originel aurait essaimé lors des grandes migrations humaines vers l’occident. On retrouve d’ailleurs un certain nombre de races, de l’Himalaya à l’Europe en passant par l’Asie Centrale, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, qui comme le Montagne des Pyrénées ont été sélectionnées et adaptées au terroir local.

Le travail mené en France dans le cadre de la protection des troupeaux, sur ce type de chien et plus spécifiquement sur le Montagne des Pyrénées, a pu notamment se faire grâce à M. Schmitt, technicien de l’institut technique de l’élevage ovin et caprin dans la Drôme (de 1985 à 1989), et à quelques éleveurs ovins et caprins.

Ainsi a-t-on pu créer un noyau de Montagne des Pyrénées sélectionnés de façon empirique en complément de la population de chien déjà existante dans les Pyrénées. Suite aux premières attaques de loup sur des troupeaux d’ovins au cours de l’été 1993, le parc national du Mercantour initie une expérimentation de mise en place de chiens de protection.

Les premiers résultats sont assez concluants

Chien Montagne des PyrénéesEntre 1994 et 1996, un suivi de l’intégration pastorale des chiens est effectué par Joël Pitt de l’APAP (Association pour la Promotion des Animaux de Protection) et Pascal Wick de l’association ARTUS.

Dans les Pyrénées, le regain de l’utilisation des chiens de protection débute en 1995 sous l’influence de l’association ARTUS dans le cadre du programme Life – ours. En 1997 un «coordinateur local chien de protection», Gilbert Guillet, est recruté par l’Association des Pâtres de l’Ariège de façon à disposer d’une personne présente en permanence sur le terrain. En juin 2001, l’association des pâtres se retire du dispositif et l’action est reprise par l’Association pour la Cohabitation pastorale (ACP). En 2002, un poste d’animateur chien de protection (Cyprien ZAIRE) vient compléter le travail de Guilbert Guillet. Aujourd’hui, l’ACP dispose de quatre animateurs chiens de protection (2,5 temps plein) couvrant ainsi l’ensemble du massif pyrénéen.

Mise en place et utilisation du chien Montagne des Pyrénées

Avant l’introduction du chien de protection dans un troupeau ovin, de nombreux éléments sont à prendre en compte, comme l’environnement de l’exploitation, le style de conduite du troupeau, les autres chiens de la ferme, le type de milieu (boisé, accidenté…). Le placement d’un Montagne des Pyrénées est un investissement à long terme, la motivation et la formation de l’éleveur sont donc primordiales.

Il est essentiel que le chiot soit au contact des brebis dès son plus jeune âge, donc d’origine pastorale et de parents reconnus pour leurs aptitudes à la protection.

La socialisation, une phase fondamentale

Chiots Montagne des Pyrénées en phase de socialisationL’âge idéal pour placer un chien de protection se situe entre la 7e et 8e semaine. À cet âge, le chiot Montagne des Pyrénées séparé de sa fratrie se retrouve seul avec le troupeau pour lequel il développe un attachement. Pour que cet attachement aux animaux soit fort, il faut alors limiter les contacts humains pendant cette période d’échanges inter-espèces en évitant également la présence d’autres chiens.

La prise de contact du chiot avec son troupeau se fait de préférence en bâtiment, avec des ovins accueillants. Pour cela, on préférera un lot d’agnelles à un lot de brebis suitées. Il est nécessaire d’aménager à l’intérieur de la bergerie une case réservée au jeune chien pour qu’il puisse se protéger des ovins agressifs, s’alimenter et se reposer. Durant cette période clé, le chiot doit aussi reconnaître un maître et apprendre quelques rudiments de dressage.

Les comportements attendus d’un Montagne des Pyrénées

Un chien de protection idéal est constamment avec les moutons, son territoire est celui où le troupeau évolue. Il sait faire la distinction entre ce qui est une menace ou non et n’agit qu’en cas d’agression. C’est un chien calme, paisible et sûr de lui, attentif aux moutons. Il ne les dérange pas
inutilement.

Par son gabarit, ses aboiements puissants et son placement, le Montagne des Pyrénées décourage la plupart des prédateurs et n’a nul besoin d’être agressif. Il accepte le travail du chien de conduite, sous les ordres de l’éleveur. Le chien de protection Montagne des Pyrénées est utile sur l’exploitation comme en estive.

Un soutien technique et financier dans les Pyrénées

Dans le cadre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées, quatre animateurs (2,5 temps plein) sont disponibles pour assister techniquement les éleveurs et bergers dans le choix du chien, son éducation et son utilisation. Des aides financières publiques sont également mobilisables pour le soutien à l’achat et à l’utilisation de chien de protection.

Les animateurs chiens de protection 2007 de l'Association cohabitation pastorale, (Équipe technique ours) :

  • CACHEUX Pascal Animateur secteur Ariège et coordonnateur chien de protection massif Pyrénées Tél. : 06 78 86 16 17
  • PUYSSEGUR Maurice Animateur secteur Hautes-Pyrénées – Haute-Garonne Tél. : 06 25 03 23 74
  • SALVADOR Olivier Animateur secteur Pyrénées Orientales – Aude Tél. : 06 71 52 20 72
  • Poste vacant : Animateur secteur Pyrénées-Atlantiques Tél. : 06 25 07 08 83

Association pour la Cohabitation Pastorale
Maison des associations – 09420 Vicdessos Tél. : 05 61 05 83 73 - Courriel

Équipe Technique Ours
Impasse de La Chapelle 31800 Villeneuve de Rivière
Tél. : 05 62 00 81 08 / Fax. : 05 62 00 81 09 - Courriel

Les chiens placés dans le cadre du programme ours

Evolution du nombre de Montagne des Pyrénées placés en exploitation, du nombre de chiens en estive et du nombre d'estives équipées.Evolution du nombre de Montagne des Pyrénées placés en exploitation, du nombre de chiens en estive et du nombre d'estives équipées.

Le nombre de chiots placés en 2006 est de 47. On enregistre donc une forte poussée de la demande par rapport aux années précédentes.

Cette augmentation s’explique d’une part parce que l’utilisation des chiens de protection entre dans les moeurs, d’autre part l’effet «renforcement de la population d’ours» a également incité à un équipement des exploitations par crainte de dégâts.

Repartition_patous_departementsRépartition départementale des chiens Montagne des Pyrénées en 2006.

Le niveau de soutien aux chiens utilisés en estive dans les Pyrénées-Atlantiques augmente largement en 2006, dans la mesure où l’information a été mieux relayée.

Ceci a tout naturellement des répercussions sur l’augmentation du nombre d’aides attribuées pour l’utilisation des chiens Montagne des Pyrénées en estive à l’échelle du massif. Le nombre d’aides pour l’achat et l’éducation de chiots augmente en 64 pour les mêmes raisons, les éleveurs ont accès à l’information. Il faut s’attendre à une progression de la demande dans ce département en 2007.

Chiens Montagne des Pyrénées en estive. Evolution du soutien par départementChiens Montagne des Pyrénées en estive. Evolution du soutien par département.

En dehors du fait que des chiens sont morts ou sortis du programme, l’écart constaté entre le nombre de chiens utilisés en estive et le nombre de chiens placés chez les éleveurs s’explique essentiellement par le fait que certains chiens sont encore trop jeunes pour être utilisés pendant la période d’estive. De plus, des patous adultes ne montent pas sur les pâturages utilisés collectivement pour cause de non-acceptation par les autres éleveurs non propriétaires du chien. Tous les chiens sont par contre utilisés à l’exploitation et peuvent également servir en zone intermédiaire.

Lancement du Programme National «Chiens de protection des troupeaux»

Un chien de protection Montagne des Pyrénées face à un ours attaquant son troupeau.Un chien de protection Montagne des Pyrénées face à un ours attaquant son troupeau.

Depuis une dizaine d’années, on enregistre, partout en France, un développement exponentiel du nombre de chiens de protection placés dans les troupeaux pour prévenir les différentes prédations dont ils sont ou pourraient être victimes (chiens errants, loups, ours, lynx, petite faune sauvage).

Afin d’accompagner techniquement cette évolution, pour conserver aux chiens de protection toute leur efficacité et leur crédibilité notamment aux yeux du grand public, un programme de travail, de dimension nationale, a été lancé fin 2006.

Ce programme s’articule autour de deux points essentiels à la réussite de cette technique de protection : la maîtrise de la qualité génétique des chiots introduits dans les troupeaux et la formation des éleveurs à la mise en place et au suivi de ces chiens.

Trois actions sont prévues :

  • le recensement le plus exhaustif possible des chiens de protection au travail en France;
  • l’évaluation de la qualité des chiens de protection au travers de tests de caractère et de tests de comportement «Troupeau ». Ces tests viseront à détecter les vices rédhibitoires (agressivité vis-à-vis de l’homme…) et à mettre en évidence les comportements recherchés (attachement aux animaux, loyauté envers les animaux, aptitude à la protection) chez les chiens de protection ;
  • la formation des éleveurs (programme de formation, documents techniques) et l’information des autres usagers des espaces pastoraux afin de leur expliquer le rôle et le fonctionnement des chiens de protection et de leur inculquer les bons comportements à adopter face à l'un eux.

À l’initiative de l’Institut de l’Élevage, bénéficiant de financements du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, ce programme rassemble de nombreux partenaires intéressés par le sujet : la Société Centrale Canine, les quatre techniciens «Chiens de protection» employés par l’Association pour la Cohabitation Pastorale et intervenant sur le Massif Pyrénéen, les neuf techniciens «Mesures de protection des troupeaux» dépendant des DDAF du Massif Alpin, des chercheurs, éthologues et vétérinaires, la Fédération Nationale Ovine, des associations nationales d’éleveurs utilisateurs de chiens de troupeaux…

Prévu sur deux ans, le programme entame une première phase de travail jusqu’à fin mai 2007. Durant ces six mois, il sera procédé au recensement des chiens de protection et à la mise au point de la méthodologie d’évaluation de leurs caractère et comportements.

Les premiers résultats sont attendus pour fin juin 2007 : une photographie précise des chiens de protection utilisés en France sera alors disponible (nombre, races, sexe et âge, localisation géographique, lignées en présence, prédateurs contre lesquels ils sont utilisés, caractéristiques des exploitations détentrices de ces chiens…).

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter Marie-Catherine Leclerc
Institut de l’Élevage - 149, rue de Bercy – 75595 Paris cedex 12
Tél : 01 40 04 49 81 / Fax : 01 40 04 49 60

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

18 février 2007

Rétrospective Ours de Pyrénées 2006

Actualités de l'Ours 2006 - 2006 a été une année chaude pour l'ours des Pyrénées, à cause du réchauffement climatique et surtout à cause de l'actualité : manifestations, vandalisme, menaces, violences et regroupement inter-massif d'un côté, réintroduction, espoirs et déceptions de l'autre. Au menu : polémiques et décisions de justice. Rétrospective de l'année 2006 de l'ours des Pyrénées à la buvette.

01 janvier 2006 : En 2005, 140 000 pages de la buvette des alpages ont été visitées par 45 000 visiteurs. La moyenne hebdomadaire est de 2 695 pages visitées.

9 février 2006 : les opposants à l’ours continuent les actes violents : Saccage des locaux de l’équipe ours de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et vol d'un collier destiné au suivi des ours (Le fameux collier de Balou).

13 mars 2006 : Présentation du plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises par Nelly Olin ministre de l’écologie. Nelly Olin annonce que 5 ours (1 mâle et 4 femelles) seront relâchés, et pas un de plus. Ces lâchers ne seront pas effectués dans les Pyrénées-Atlantiques (qui n’abritent plus que 4 mâles), ni dans l’Ariège (département abritant une population consanguine issue des lâchers de 1996/97), mais dans les Hautes-Pyrénées et en Haute Garonne. Les associations de CAP-Ours demandent la dissolution de l'IPHB.

25 mars 2006 : L'agence française de sécurité alimentaire (AFFSA) publie sa réponse à Augustin Bonrepaux : Non la réintroduction d'ours slovènes ne présente aucun risque pour la diffusion du virus H5N1 de la grippe aviaire!

01 avril 2006 : Philippe Lacube en tête, l'ASPAP saccage le village d’Arbas, qui doit être le premier à accueillir une nouvelle ourse. L'ASPAP fait le siège de la maison de François Arcangeli, maire et Président de l'ADET. Arbas porte plainte et demande la dissolution de l'ASPAP. Philippe Lacube présente le nouveau visage du pastoralisme.

15 avril 2006 : Nelly Olin confirme que le renforcement de la population d'ours ira à son terme, malgré les violences des éleveurs. La capture des ours en Slovénie commence le 22 avril.

26 avril : Des opérations d'éffarouchement de l'ours Boutxy commencent en Ariège.

25 avril 2006 : Trop médiatisée, la fête organisée pour la première opération de renforcement est perturbée par les opposants à l’ours. Philippe Lacube sort du bois quelques secondes avant le lâcher de Palouma. L’opération n’a finalement pas lieu à Arbas comme prévu. Palouma (4 ans, 83 kg) est lâchée discrètement à Burgalays, dans la nuit du 25 avril 2006.

28 avril 2006 : Echaudé par le lâcher raté d’Arbas, le ministère de l’écologie organise dans la discrétion l’arrivée de Franska (6 ans, 110 kg) à Bagnères-de-Bigorre, le 28 avril 2006.

4 mai 2006 : Découverte de onze récipients avec un mélange de miel et de débris de verre destinés aux ours. Nelly Olin fait preuve d'ouverture : suspension des captures en Slovénie dans l’attente de la décision du Conseil d’État. Le lendemain, un collectif anonyme nommé "Tuons l'ours" envoie des menaces de mort au maire d'Arbas, François Arcangeli. Ils recommenceront le 12 mai avec Claude Téron, maire de Goulier.

6 mai 2006 : Audience publique par le Conseil d’État concernant la demande de suspension de la décision ministérielle d'introduction de cinq ours slovènes dans les Pyrénées.

9 mai 2006 : Le Conseil d'Etat rejette la demande de suspension de la décision ministérielle d'introduction de cinq ours slovènes dans les Pyrénées, demande dont il avait été saisi par des syndicats d'éleveurs, des collectivités territoriales et des associations tous opposés à l’opération. Les lâchers sont légaux. L'ASPAP demande au Président de la République un moratoire d'un an. Bernard Moules, secrétaire régional de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) déclare «Nous entrons en résistance! »

13 mai 2006 : Entre 3000 et 5000 manifestants (suivant les sources) défilent à Bagnères-de-Bigorre. A la fin de la manifestation, des cars repassent par Arbas et provoquent une empoignade sur la place du village. Chacun renvoie les responsabilités sur le camp adverse. Des tracts sont lancés : l'ASPAP remet à l'actualité la guerre des demoiselles.

17 mai : Hvala, la troisième ourse (5 ans, 100kg) est lâchée à Arbas (Haute-Garonne). Les Habitants du petit village ont leur ourse.

31 mai : Une petite cinquantaine d'éleveurs anti-ours s'en prennent à la mairie de Rolland Castells à Bagnères-de-Bigorre.

02 juin 2006 : La buvette des alpages gagne le prix du meilleur blog citoyen français 2006. Plusieurs bloggueurs découvrent la problématique de l'ours des Pyrénées et les pressions et menaces qui l'accompagnent.   

02 juin : Balou, le seul mâle du renforcement est lâché à Arbas (Haute-Garonne). Il a 4 ans et pèse 88 kg. Quelques jours après le lâcher, le signal du collier émetteur est perdu et Balou aussi. La disparition de Balou fait les choux gras des opposants qui crient à l'amateurisme. Balou est équipé d'un ancien collier non équipé d'un téléphone portable (Le collier prévu ayant été volé). La réception par VHS des données GPS n'est possible que si l'on est très proche de lui.

03 juin : Une manifestation en faveur de l'ours est déplacée à Bagnères-de-Luchon à Toulouse "par mesure de sécurité". Il n'y aura que peu de monde.

04 juin : Jean Lassalle déclare dans La République des Pyrénées: « Mme Olin devrait démissionner. Ses méthodes sont indignes du rôle qui devrait être le sien ». «On est en face d'une attitude vichyste qui rappelle le régime policier de la pire période». «C'est un viol et cela devrait être puni comme tel».

06 juin 2006 : Augustin Bonrepaux vient d’être nommé «rapporteur» d’une «Mission d’information sur le coût administratif de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ». 

08 juin : Nelly Olin laisse un mois à l'IPHB pour rendre des comptes sur la gestion du dossier Ours en Béarn par l'IPHB.

09 juin : Une trentaine de manifestant tentent d'introduire un cadavre de brebis au domicile de Gérard Caussimont, responsable du FIEP Groupe ours Pyrénées et profèrent des menaces de mort. Gérard Caussimont portera plainte.   

15 juin 2006 : Suspension du cinquième lâcher. Nelly Olin se dit "extrêmement inquiète" de la disparition de l'Ours Balou.

20 juin 2006 : La buvette dénonce le parler Ipéhachebé de Jean Lassalle.

22 juin 2006 : Balou est retrouvé. Il était parti en plaine, direction Toulouse avant de faire demi-tour vers l'Ariège. Il est trop tard pour la cinquième ourse, le lâcher aura lieu en automne.

28 juin 2006 : Jean Lassalle contre-attaque et dépose une proposition de résolution «tendant à la création d’une commission d’enquête visant à faire la lumière sur la chaîne de décision ayant abouti à la réintroduction en 2006 de quatre ours dans les Pyrénées et à évaluer le coût et l’efficacité des dispositifs engagés par les pouvoirs publics et les associations de protection de la nature en faveur de l’ours depuis quarante ans».

11 juillet 2006 : Balou est capturé et est équipé d'un nouveau collier avec téléphone portable, GPS et VHF.  Balou a grossi de 6kg.

15 juillet : Philippe Lacube et l'ASPAP s'invite au festival Résistances (Ariège) pour défendre les casseurs d'Arbas. Augustin Bonrepaux coupera les ailes à cette organisation pas assez favorable aux éleveurs.

20 juillet 2006 : Saint-Gaudens : Début du procès des militants de l'ASPAP qui ont saccagé le village d'Arbas. Stéphane Lessieux de L'ASPAP invite à manifester devant le tribunal.

24 juillet 2006 : Nelly Olin porte plainte contre Jean Lassalle pour propos diffamatoires (références au régime de Vichy). Saisi par le garde des Sceaux, le procureur de la République de Pau ouvre une enquête.

27 juillet 2006 : Augustin Bonrepaux rentre d'un "voyage de travail" en Slovénie pour effectuer une «enquête financière sur le renforcement de la population d'ours ».

30 juillet 2006 : Vallée d'Ouzoum. Les éleveurs organisent une "traque d'effraiement" (sic), battue illégale à l'ours destinée à faire fuir l'ourse Franska. Ils en organiseront quatre fois. FERUS porte plainte.

4 août 2006 : Nelly Olin annonce que l'Etat arrête le financement de l'IPHB et confie la gestion de l'ours en Béarn à la DIREN Midi-Pyrénées. "Les engagements du ministère pris en 1994 dans le cadre de la charte de l'IPHB sont devenus caduques".

8 août  2006 : Jean Lassalle dépose une question écrite à l'Assemblée Nationale à propos du financement des associations. «Ce document accablant fait apparaître d'innombrables anomalies et irrégularités dans la gestion des dossiers et des subventions versées. Il est également révélateur d'un laxisme et d'une légèreté effrayante dont a fait preuve le ministère de l'écologie ». Il demande « la liste complète des associations subventionnées par le ministère, le montant du financement alloué à chacune d'entre elles et l'utilisation qui en a été faite, la nature détaillée de chaque opération et la situation financière de chaque association». 

11 août 2006 : Jean Lassalle est entendu par la gendarmerie d'Oloron-Sainte-Marie.

22 août 2006 : Sarousse, la cinquième et dernière ourse du plan est lâchée de nuit à Arbas. Les opposants sont pris de vitesse. Ils l'attendaient en automne.

26 août 2006 : La première ourse relâchée, Palouma est retrouvée morte au pied d'une barre rocheuse à Loudenvielle. Les premières investigations menées par les gendarmes concluent à une mort accidentelle mais il reste des questions sur les circonstances de cette mort. Cap-Ours demande son remplacement immédiat. Une rumeur, venant d'un sympathisant des opposants parle d'une lente agonie.

03 septembre 2006 : Nouvelle cible des éleveurs : Franska. Un éleveur cherche à faire indemniser huit jeunes veaux morts en estive. L'ETO déclare que l'ours n'y est pour rien. Les opposants dénoncent l'équipe de suivi, trop "partiale" à leur goût.

06 septembre 2006 : L'ASPAP manifeste le 6 à Foix, devant la préfecture pour obtenir le dédommagement des veaux. La préfecture de l'Ariège annonce qu'il s'agit d'un cas de septicémie, l'ours n'y est pour rien !

07 septembre 2006 : Les dix éleveurs poursuivis pour avoir participé au saccage d’Arbas le 1er avril 2006 ont tous été déclarés coupables aujourd’hui par le Tribunal de Saint Gaudens. Tous les éleveurs sont condamnés notamment à de la prison avec sursis, allant jusqu’à quatre mois, et à une interdiction de manifester pendant 6 mois sur le territoire des communes de lâcher des ours.

16 septembre 2006 : L'ourse Sarousse se débarasse de son collier. Indépendance pyrénéenne ?

30 septembre 2006 : Une ourse accompagnée d'un ourson de l'année ont été observés dans la vallée de Montgari, en Espagne. Au moins une naissance d'ourson en 2006.

25 octobre 2006 : Augustin Bonrepaux écrit au premier ministre, cette lettre est digne de son intervention sur le H5N1, un modèle de mauvaise foi : "Je vous saurais gré de bien vouloir faire étudier par vos services la possibilité de créer un parc à ours de plusieurs milliers d’hectares sur les terrains domaniaux propriété de l’Etat où ils pourraient être suivis par ses services comme en Slovénie et où ils pourraient se reproduire en toute liberté sans perturber la vie des habitants et les différents services de l’Etat et des collectivités locales". La demande de "parcs à ours" est reprise par les associations ultra-pastorales.

26 octobre : Jean Lassalle annonce que l'IPHB va faire un procès au site satirique belge IPHB.org, petit frère de la buvette pour contrefaçon de nom et de marque, atteinte à l'image, diffusion de fausses nouvelles et diffamation. Pas de nouvelles depuis cet effet de manche. Oh toi l'ours belge, ta gueule !

07 novembre 2006 : L'ourse Sarousse qui était (comme Balou) descendue en pleine est capturée, équipée d'un nouveau collier et relâchée à Marignac (Haute-Garonne)

10 novembre 2006 : Projet de budget 2007 de l'Ecologie : Augustin Bonrepaux dépose des amendements pour supprimer environ la moitié des crédits affectés à la surveillance et au déplacement des ours dans les Pyrénées. Les amendements Bonrepaux sont rejetés.

15 novembre : La buvette des alpages le prix du meilleur blog francophone aux Bob's Awards 2006 de Berlin (organisé par la Deutsche Welle). J'en connais qui en mangent leur béret.

30 novembre 2006 : Au début de la période d'hibernation, FERUS dénonce la publication des localisations d'ours et déplore l'utilisation des annonces par les opposants non pas pour protéger leurs troupeaux mais pour organiser des battues. La publication des localisations des ours est stoppée pour l'hiver.

14 décembre 2006 : Augustin Bonrepaux présente son rapport sur le coût de la réintroduction dans l'indifférence générale. Augustin Bonrepaux regrette "que les sommes dépensées pour la sauvegarde des ours ne le soient qu’à un tiers (d’après ses calculs) au profit de… l’élevage !" et dénonce "les dépenses de maintien de l'ordre" occasionnées par les exactions de l'ASPAP qu'il finance par ailleurs. Il ne trouve rien à redire sur la gestion de l'ADET mais dénonce le financement de l'ACP qui s'occupe de la promotion et de l'élevage des chiens de protection de troupeau, donc d'aide au pastoralisme. Allez comprendre.

28 décembre 2006 : l'IPHB organise 28 réunions pour mobiliser les troupes et prêche la bonne parole pour 500 personnes. L'Etat ne financera pas le plan 2007. L'IPHB essaie de s'assurer le financement de la région.

Fin décembre :

  • Tout le monde attend la décision du tribunal de Pau dans l'affaire de la mort de l'ourse Cannelle tuée par René Marquèze à Urdos (Béarn) le 1 novembre 2004 : renvoi de René Marquèze en correctionnelle ou ordonnance de non lieu. La décision sera connue le 19 janvier 2007.
  • Inquiétude concernant l'ours Boutxy. Plus de nouvelles de lui depuis plusieurs mois alors qu'il faisait la une de l'actualité. A-t-il eu le même destin que l'ours Kouky ou va t-il revenir au printemps? Une rumeur de "balle perdue" circule en Ariège. La source de la rumeur est toujours identique...
  • L'hiver est chaud : comme partout dans le monde, l'hibernation des ours est chaotique. Un coup je rentre, un coup je me balade dehors. Cela échauffe les esprits.
  • La fin de l'hibernation est attendue. Y aura-t-il des traces d'oursons?

31 décembre : En 2006, 608 000 pages de la buvette des alpages ont été visitées (+ 468 000 par rapport à 2005 ) par 251 000 visiteurs (+ 207 000). La moyenne hebdomadaire est passée de 2 695 à 11 680 pages visitées par semaine. Merci à vous. Le budget annuel de la Buvette des alpages est de 64 €, payés de ma poche (Pour Augustin Bonrepaux et pour ceux qui me demandent quelles sont les organisations écologistes ou mafieuses qui me financent ;-).

N'oubliez surtout pas d'écouter "Ariège : Zebessetoffeu", de regarder les vidéos de la buvette et de vous plonger dans le dossier du scandale de l'IPHB.

Dernière mise à jour : janvier 2007

26 décembre 2006

L'actualité de l'ours en brêves

L’ours Bruno abattu en Bavière
Un ours brun, âgé de 2 ans et demi, né dans le Trentin italien, est abattu à la fin du mois de juin 2006 sur décision des autorités allemandes. Cet ours présentait un comportement particulièrement familier. Sa capture a été tentée en vain pendant une durée de 15 jours avant que soit prise la décision de l’abattre. Cet animal était le premier ours brun signalé en Allemagne depuis le début du XIXe siècle.
Michel Perret, ministère de l’écologie et du développement durable

Communication sur l’ours en Principauté d’Andorre
Depuis le mois de juillet, le Département du Patrimoine Naturel du Gouvernement d’Andorre a mis en place différents projets de communication autour de l’ours brun : édition d’une plaquette grand public, formation envers les guides de montagne et la presse, conférences. De nombreuses interventions dans les écoles ont débuté cet automne. L’édition d’un petit livre et d’une exposition itinérante est en projet.
Josep Naudí, Département du patrimoine naturel – Gouvernement d’Andorre

Manifestations
Le 20 juillet 2006, 500 personnes se sont rendues devant le tribunal de Saint-Gaudens (31) pour soutenir les 10 militants de l’ASPAP qui comparaissaient pour dégradations et violences commises lors d’une manifestation à Arbas le 1er avril. Le 29 juillet 2006, 30 éleveurs munis de sifflets, de cornes et de pétards, ont organisé une battue dans la vallée de l’Ouzoum, entre Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées pour refouler Franska vers Bagnères-de-Bigorre (65). Le 5 septembre 2006, une centaine de personnes se sont rassemblées devant la préfecture de l’Ariège à Foix pour dénoncer notamment la mort de 8 veaux à Aston (09), qu’ils imputaient à la présence de l’ours et qui s’est par la suite révélée être due à une maladie.

Le 15 septembre 2006, entre 60 et 80 agriculteurs de montagne ont manifesté devant la préfecture des Pyrénées-Atlantiques à Pau pour exprimer leur exaspération après les attaques commises par Franska cet été sur leurs troupeaux. Le 11 novembre 2006, près d’une centaine de chasseurs et éleveurs ont manifesté contre le relâcher de Sarousse à Marignac (31).

Lâcher de Sarousse
Le lâcher de Sarousse à Arbas (31) dans la nuit du 21 au 22 août 2006 constitue le cinquième et dernier lâcher prévu dans le plan de restauration. Cette femelle est équipée d’un émetteur VHF intra-abdominal et d’un collier GPS/GSM. Le 11 septembre, elle se débarrasse de son collier. Aucune localisation de l’animal n’est possible entre le 19 septembre et le 6 octobre, où elle est retrouvée dans le piémont ariégeois.

Dans le contexte des grands déplacements exploratoires qui suivent les opérations de lâchers, la perte du collier ne permet pas un suivi optimal. Sarousse fait donc l’objet d’une capture pour rééquipement, le 6 novembre. L’opération est mise à profit pour la relâcher sur la commune de Marignac (31), au milieu du noyau central de population ursine. Le maintien de Sarousse, dans un secteur de piémont non fréquenté par les ours habituellement, ne lui aurait pas garanti pas la possibilité d’entrer en contact avec des mâles de la population pyrénéenne. Cette situation géographique aurait ainsi pu nuire à sa reproduction, ce qui n’aurait pas permis de contribuer à améliorer la viabilité de la population ursine des Pyrénées.

La concertation continue…
Le 23 août 2006, l’ensemble des maires et représentants agricoles du secteur de Saint Pé de Bigorre ont été réunis à la sous-Préfecture d’Argelès-Gazost (65) au sujet de la présence de l’ourse Franska. Le préfet des Hautes-Pyrénées a rencontré les chasseurs du secteur de Saint Pé de Bigorre le 12 septembre 2006, et les élus et éleveurs du secteur de Saint Pé de Bigorre et d’Arrens Marsous le 14 septembre. Le sous-préfet de Saint-Gaudens (31) a rencontré le 16 novembre une délégation de chasseurs et éleveurs du secteur de Marignac.

Les premières commissions d’indemnisations des dommages d’ours concernant la saison 2006 se sont tenues le 29 août pour les Hautes-Pyrénées; les 26 septembre et 8 décembre pour la Haute-Garonne ; les 17 octobre et 20 novembre pour le parc national des Pyrénées; le 5 décembre pour l’Ariège; le 19 décembre pour les Pyrénées-Atlantiques.

Demande de retrait de l’ours Franska sur le secteur de Saint Pé de Bigorre
Du fait des dommages causés aux troupeaux par l’ourse Franska, et malgré les différentes réunions de concertation menées pour trouver des solutions quant à la protection des troupeaux, l’ensemble des maires et représentants agricoles du secteur de Saint Pé de Bigorre (65) ont été réunis à la sous-Préfecture d’Argelès-Gazost pour un débat sur la situation le 23 août 2006. Ils ont demandé que l’ourse Franska soit retirée du massif.

Par lettre du 30 octobre 2006, la ministre de l’écologie et du développement durable a informé le préfet des Hautes-Pyrénées que le comportement de l’ourse Franska ne justifiait pas son retrait.

L’ourse Palouma retrouvée morte
L’ourse Palouma, la première femelle des cinq ours lâchés dans les Pyrénées cette année, est retrouvée morte le 25 août 2006, au pied d’une barre rocheuse près de Loudenvielle (65). Les résultats de l’examen scientifique de la dépouille, les analyses toxicologiques et les constatations faites sur les lieux de la découverte permettent de considérer que la mort, survenue le 23 ou le 24 août 2006, est accidentelle et due à une chute verticale de l’animal.

Condamnation des violences à Arbas
Le 7 septembre 2006, le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens condamne dix militants de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège Pyrénées (ASPAP) à des peines de 1 à 4 mois de prison avec sursis, pour dégradation et destruction de biens publics et privés, et violence sur personne lors d’une manifestation contre le renforcement de la population d’ours des Pyrénées à Arbas (31) le 1er avril.

L’ours n’est pas responsable de la mort des 8 veaux à Aston
Les analyses vétérinaires rendues le 13 septembre 2006 concluent que les 8 veaux, découverts morts fin août – début septembre sur l’estive d’Aston (09), étaient atteints d’une maladie de type charbon symptomatique. Ces analyses confirment l’absence de responsabilité de l’ours, déjà mentionnée dans les constats de dommages effectués les 1, 2 et 3 septembre par les agents de
l’Équipe technique ours.

Rencontre des ministres de l’environnement français et slovène
Le 25 octobre 2006, Nelly Olin, ministre de l’écologie et du développement durable, a rencontré son homologue slovène, Janez Podobnik. Elle a informé son collègue de l’état d’avancement du programme de restauration de la population d’ours des Pyrénées. L’entretien a confirmé l’excellente qualité de la collaboration des deux pays sur le dossier de l’ours et son suivi.

Congrès de l’ANEM
Au cours de 22e congrès de l’Association nationale des élus de la montagne, qui s’est tenu les 26 et 27 octobre 2006 à Ax-les-Thermes (09), en réponse à la question de la responsabilité des maires dans le cas d’un accident lié à l’ours, Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités territoriales, déclare que les élus locaux seront exonérés de toute responsabilité vis-à-vis des ours. Il propose qu’une circulaire signée par les ministères de l’intérieur, de l’écologie et de l’agriculture règle cette question.

Pour sa part, Dominique Bussereau, ministre de l’agriculture et de la pêche, souligne que le soutien à l’agriculture de montagne est poursuivi et renouvelé. Il affirme un engagement fort des pouvoirs publics en faveur du pastoralisme, notamment pour le massif des Pyrénées avec des mesures spécifiques financées à hauteur de 46 millions d’euros pour la période 2007-2013, la part du ministère de l’agriculture s’élevant à 10 millions d’euros.

La requête de l'IPHB (syndicat mixte du haut Béarn) rejetée
La ministre de l’écologie et du développement durable adresse à l’institution patrimoniale du Haut Béarn un courrier le 31 juillet 2006 pour lui spécifier
qu’elle n’entend pas renouveler en 2007 les crédits alloués par son ministère à cet organisme.

Le syndicat mixte de l’institution patrimoniale du Haut Béarn présente une requête au tribunal administratif de Pau pour demander que l’exécution de cette décision soit suspendue. Le juge des référés du tribunal administratif de Pau rejette cette requête le 31 octobre 2006.

Amendement ours à la loi de finances rejeté
La proposition formulée par M. Augustin Bonrepaux, député de l’Ariège, de suppression d’1 million d’euros sur le budget du programme ours a été
rejetée par le parlement dans le cadre du vote de la loi de finances 2007. En conséquence, le budget consacré au programme ours en 2007 sera de
1,9 million d’euros.

0901dommage2006Le bilan des dommages d’ours
Le bilan des dommages d’ours 2006 sur le versant français des Pyrénées se situe à un niveau compris entre ceux observés en 2000 et 2001, alors
que la population ursine était estimée à 10-12 ours sur le massif.

Rapport d’information sur le coût du programme ours
Un rapport d’information sur le coût de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées a été déposé par la commission des finances, de l’économie générale et du plan à l’Assemblée Nationale le 13 décembre 2006. Il est présenté par M. Augustin Bonrepaux, député de l’Ariège.

0902mesuresaccompagnement Les mesures d’accompagnement pastorales
L’augmentation en 2006 du soutien au gardiennage permanent est notamment liée à une forte demande dans les Hautes-Pyrénées (+ 46 %) et l’éligibilité du Béarn (64) à cette mesure cette année. Le nombre de chiens de protection a également augmenté. Des expériences concluantes de grands parcs pour le regroupement nocturne du troupeau ont été mises en place en Hautes-Pyrénées.

Sauf autres mentions, les brèves ont été rédigées par Dominique Gentier et Évelyne Sanchis, direction régionale Midi-Pyrénées

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

21 décembre 2006

Les ours en hibernation

Pierre-Yves Quenette - Pour l’ours (Ursus arctos), il vaut mieux parler de sommeil hivernal que d’hibernation. Contrairement à la marmotte ou au loir, l’ours peut montrer des signes d’activité pendant l’hiver. Cette période de léthargie, qu’il passe le plus souvent au fond de sa tanière, s’accompagne d’une série de modifications  physiologiques : baisse de la température corporelle, diminution du rythme cardiaque, arrêt de la prise alimentaire. L’animal n’urine plus, il réduit ainsi la perte d’eau et l’urée est recyclée par un mécanisme complexe. Certains individus peuvent se montrer actifs tout l’hiver. Pendant cette période, l’animal puisse sur les graisses accumulées durant l’automne. Une femelle, qui allaite pendant l’hiver, peut perdre jusqu’à 30 % de son poids.

La période d’entrée en tanière s’échelonne entre la mi-novembre et la fin décembre. La sortie varie en fonction du statut de l’animal : un mâle peut sortir dès le début du mois de mars, alors qu’une femelle accompagnée d’oursons nés pendant l’hiver ne quittera pas la tanière avant la mi-avril. Le plus souvent située au fond d’une cavité rocheuse, la tanière peut aussi être creusée dans la terre, sous une roche ou une souche d’arbre.

Pierre-Yves Quenette,
Équipe technique oursOffice national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

Le suivi génétique des ours des Pyrénées

Le suivi des ours par identification génétique - Les analyses génétiques apportent des éléments essentiels pour affiner la connaissance de la population ursine des Pyrénées : Pour assurer le suivi de la population d’ours des Pyrénées, plusieurs méthodes sont mises en oeuvre, dont les analyses génétiques effectuées par le Laboratoire d’Écologie Alpine de Grenoble, à partir de poils et de crottes d’ours. Ces échantillons sont collectés lors d’opérations ponctuelles de terrain et dans le cadre d’un réseau de stations de suivi.

Le typage génétique participe à estimer l’effectif de la population, à définir les sexes et les filiations des ours. Il contribue aussi au suivi dans le temps des individus. 3 niveaux de précision sont recherchés: la lignée (pyrénéenne ou slovène), le sexe et l’individu. En septembre, le Laboratoire d’Écologie alpine a rendu ses résultats concernant les échantillons prélevés entre les mois d’avril et d’août 2006.

Sur les 45 échantillons envoyés (essentiellement des poils), 34 ont pu être exploités pour déterminer au minimum la lignée, les autres étant de qualité insuffisante. Il faut noter le pourcentage élevé de résultats, ce qui n’est pas habituel sur les poils – les poils sont plus difficiles à analyser que les crottes du fait de la faible teneur en ADN qu’ils contiennent.

Premiers résultats 2006

Pour le noyau occidental, 2 ours mâles ont pu être individualisés :

  • Néré, grâce à des poils récoltés en juin sur Laruns (64) et Anso (Aragon), ainsi qu’en août sur Etsaut et Accous (64) ;
  • Aspe-Ouest, par des poils prélevés en avril sur Anso et en mai sur la commune de Cette-Eygun (64).

D’autres échantillons ont permis d’identifier les souches pyrénéenne et slovène mais leur qualité n’a pas été suffisante pour préciser le sexe ou le génotype individuel. Ainsi des poils relevés sur Urdos et Cette Eygun (64) au mois de mai ont permis d’identifier un ours de souche pyrénéenne - l’un des échantillons provient probablement de l’ours Aspe-Ouest. Des poils relevés sur Etsaut et Laruns (64) en juin ont révélé un ours de souche slovène mais sans plus de précision.

Enfin, deux échantillons de crotte ont prouvé la présence d’un ours de souche slovène sur la commune d’Arrens-Marsous (64) en juillet, mais la qualité des échantillons n’a pas permis de déterminer le sexe, ni l’identité de l’animal. À cette période, l’ourse Franska était localisée sur un autre secteur grâce à son émetteur.

Zones fréquentées par les ours brun dans les Pyrénées en 2006 Zones fréquentées par les ours brun dans les Pyrénées en 2006. Les ours non équipés d’émetteurs ont prospecté des zones comparables aux années antérieures. Les ours relâchés cette année ont parcouru de grands territoires, y compris sur des secteurs sans indices les années précédentes. (Cliquez sur la carte pour l'agrandir)

Dans le noyau central, Pyros a été identifié grâce à des crottes relevées sur la commune de Seix (09) au début du mois d’avril. Plusieurs prélèvements dans le Luchonnais (31) n’ont pas été exploitables. Toutefois des poils prélevés sur une ruche à Luchon au mois de juin appartenaient à un ours slovène, sans plus de précisions.

À cette période, l’ourse Palouma était localisée sur un autre secteur grâce à son émetteur. Enfin, des crottes relevées sur la commune de Sost (65) ont permis d’identifier un ours slovène, probablement Balou, présent sur la zone à cette période.

Dans le noyau oriental, Boutxy a été déterminé avec certitude en Ariège sur les communes de Siguer et Aston en avril ainsi que sur Miglos au mois de mai. D’autres échantillons prélevés sur Siguer en avril ne permettaient pas d’identifier l’individu, mais étaient proches du génotype de Boutxy.

Plusieurs autres échantillons de qualité moindre, prélevés en Ariège, ont révélé de l’ADN d’ours de souche slovène, sans pouvoir identifier le sexe ou l’individu : des poils récoltés sur la commune de Perles et Castelet en avril, des crottes sur Auzat en mai et sur Aston en août et des poils sur Mijanes en juillet.

Frédéric Decaluwe,
Équipe technique ours
Office national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.

Interview de Pierre Fuziès, président de la Fédération des chasseurs de Haute-Garonne

M. Pierre Fuziès, président de la Fédération des chasseurs de la Haute-Garonne : «Nous voulons que tout se passe bien pour l’ours et pour les chasseurs»

L’État a souhaité impliquer au plus près les chasseurs dans le programme de restauration et de préservation de l’ours. Certaines Fédérations comme celle de la Haute-Garonne ont ainsi accepté de participer à l’élaboration d’une charte. Les objectifs sont clairs : éviter les accidents, garantir la cohabitation ours-chasseurs et défendre les droits de la chasse.

Interview Pierre Fuziès

Votre Fédération a participé à la mise en place d’une charte relative à la pratique de la chasse. Pourquoi ?
Pierre Fuziès : Le gouvernement a décidé de renforcer la population d’ours et nous a imposé sa décision. Partant de là, soit nous nous obstinions dans l’opposition, soit, nous nous comportions en gens responsables. C’est ce que nous avons décidé de faire.

Nous étions alors d’accord pour disposer d’une charte qui écrive noir sur blanc les devoirs mais aussi les droits des chasseurs. Il fallait affirmer clairement que la chasse est une tradition que personne ne peut remettre en cause. Il n’est pas question d’interdire la chasse. Vous savez, il faut arrêter de dire que les problèmes viennent toujours des chasseurs.

Dans le passé, on cohabitait sans problème avec les ours. Mais aujourd’hui, les choses sont plus difficiles car la montagne a beaucoup changé. Les pistes, les chemins de randonnée, les stations de ski amènent beaucoup plus de monde en altitude. Tout cela complique la vie des animaux mais aussi du chasseur. Vous comprendrez que nous n’avions aucune envie que l’ours vienne aggraver la situation.

Que contient la charte ?

Pierre Fuziès : Principalement, elle indique comment sont informés les chasseurs sur le comportement à adopter dans certains cas. Que faire si on se retrouve face à un ours? Que faire quand un ours en tanière est repéré? Comment agir si c’est une femelle? Comment organiser nos chasses suivant la position de l’ours ? Etc. Avec cette charte, disons que nous faisons de la prévention. Il s’agit de tout mettre en oeuvre pour assurer la sécurité des ours mais aussi des chasseurs.

Ceci étant, on a beau nous dire qu’il est rare de rencontrer un ours, je pense que nous ne sommes pas à l’abri d’un accident. Surtout si quelqu’un tombe sur une femelle avec ses petits. Et il est évident que ce n’est pas un pêcheur ou un randonneur qui risque de tuer un ours. Ce sera quelqu’un avec un fusil. Il est donc important de démontrer que les chasseurs sont bien informés et soucieux d’éviter un grave problème.

L’élaboration de cette charte fut certainement un exercice délicat ?
Oui, elle a nécessité de nombreuses réunions de travail avec les divers services techniques et les sociétés de chasse. Mais nous étions décidés à aboutir et tous les chasseurs ont bien compris l’enjeu de la charte.

Vous voulez dire que les chasseurs ont bien intégré le principe de cette charte…
Oui, elle est entrée dans les moeurs. Nous avons pris le temps de bien informer tous les chasseurs. Bien évidemment, ceux qui sont éleveurs ont encore un autre regard sur le sujet. L’ours les inquiète pour d’autres raisons. Mais dans l’ensemble, les chasseurs se disent rassurés par la charte.

Ils ont compris qu’elle défendait bien leurs droits. Ceci étant, nous avons peur de ce qui peut se passer dans le cas d’un changement de gouvernement. Nous savons bien que l’ours est devenu un enjeu politique. Nous espérons que la charte ne sera pas remise en question. Nous les chasseurs, nous ne voulons pas nous faire enfermer dans ces luttes politiciennes. Nous voulons simplement que les choses se passent bien.

Claude Faber, journaliste

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

18 décembre 2006

Statistiques des accidents de chasse

Question écrite n° 23784 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI), publiée dans le JO Sénat du 29/06/2006 - page 1751.

M. Jean Louis Masson attire l'attention de Mme la ministre de l'écologie et du développement durable sur le fait que sa question n°20477 posée le 24/11/2005 portant sur le nombre d'accidents de chasse mortels dans chaque région n'a toujours pas obtenu de réponse c'est-à-dire sept mois après qu'elle ait été posée. Il s'étonne tout particulièrement de ce retard et il souhaiterait qu'elle lui indique les raisons d'une telle carence.

Réponse du Ministère de l'écologie et du développement durable, publiée dans le JO Sénat du 14/12/2006 - page 3100

La ministre de l'écologie et du développement durable a pris connaissance, avec intérêt, de la question relative au nombre d'accidents de chasse mortels par région. Le suivi des accidents, qui relèvent de la pratique de la chasse, est effectué par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage depuis la campagne de chasse 1997-1998. Ainsi, le nombre d'accidents mortels relevés par région s'établit de la façon suivante.

Régions

97/98

98/99

99/00

00/01

01/02

02/03

03/04

04/05

Alsace

2

1

1

1

Aquitaine

5

5

2

1

4

2

Auvergne

1

1

2

3

3

1

Basse-Normandie

1

1

1

1

Bourgogne

4

1

1

1

1

Bretagne

1

4

2

1

2

Centre

2

2

2

1

3

2

2

Champagne-Ardennes

2

1

2

4

Corse

2

1

1

2

2

2

Franche-Comté

2

3

1

1

3

2

Haute-Normandie

3

1

1

2

Languedoc-Roussillon

6

5

3

2

2

2