M..., le paradoxe ursin
par Etienne Hugues BOYER
Lundi 6 novembre 2006
Etienne Hugues Boyer : Je n'ai pas la prétention d'avoir la science infuse, et je suis prêt à accepter tous les arguments possibles sur tous les sujets pour lesquels j'ai une opinion tranchée. Après, je ne garantis pas que je changerai de point de vue à chaque coup. Là, pour le sujet qui nous intéresse, j'ai mis longtemps à me décider. Je ne vais pas me positionner en tant que partisan ou réfractaire à l'ours (même si je suis pour une réintroduction raisonnée et raisonnable), mais je voulais juste tenter de réveiller la polémique, et river son clou à M.
Vendredi 3 novembre 2006, je suis tombé sur un article du Sud-Ouest. Je ne pouvais pas passer à côté vu mon passif pour le moins houleux avec la protagoniste principale, M., une bergère ossaloise de ma connaissance s'y plaignait de ne pas avoir pu parler à la télé dans une émission de Stéphane Bern sur son sujet de prédilection : l'ours. (Lire l'article de Sud-Ouest et la prose pyréniaise de Louis Dollo à ce sujet). Elle y était invitée avec entre autre, Nelly Olin, la ministre UMP de l'écologie.
La bergère soupçonnait la ministre d'avoir fait pression auprès de la production ou du journaliste afin de l'empêcher de s'exprimer, car elle l'avait, il y a quelques temps, interpelée sévèrement sur le sujet. (NDLB: lire le compte-rendu de la rencontre M. / Nelly Olin lors des automnales du Pays de l'ours à Arbas ci dessous).
Stéphane Bern a furieusement démenti l'accusation. Et probablement dit-il la vérité (moi qui, à mon humble niveau, connais bien les pressions dont sont capables les politiques de tous poils, je me permets d'émettre un petit doute, quand même); mais si toutefois la bergère ne faisait pas une crise de paranoïa aigüe (tout est possible paraît-il...), je pense que Mme Olin a raté une bonne occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce.
Pourquoi donc ? Tout simplement parce que si je conçois que certains bergers en colère soient vraiment et régulièrement en contact avec l'ours (ils sont relativement peu nombreux, et sont quand même bien indemnisés par l'Europe en cas d'attaque ursine avérée; ils peuvent aussi recevoir des aides afin de prévenir ces attaques, etc.), je ne conçois pas qu'on puisse se présenter comme la Jeanne d'Arc des anti-ours tout en vivant (très bien) de sa renommée fauvesque séculaire.
En effet, comment peut-on passer son temps à cracher sur la réintroduction de cette pauvre bête (je parle de l'ours des Pyrénées) en voie d'extinction alors qu'on ne l'a jamais vue de sa vie, ni même rencontré l'ombre d'une de ses crottes? Comment peut-on dans le même temps tout faire pour attirer les touristes sur les lieux d'estives avec des images d'Epinal et de vraies fausses expériences personnelles impliquant l'animal ?
Le voilà le paradoxe ursin, l'incohérence flagrante, (l'hypocrisie ?) de certains militants anti-ours; et encore, je ne parle pas de la virulence des propos de leurs homologues hauts-souletins, dont les brebis n'ont pourtant pas vu un poil de cul d'ours depuis plus de 50 ans !
Le voilà l'argument qui tue, que Mme Olin aurait pu utiliser pour remettre cette bergère agressive comme un essaim de frelons en rut à sa vraie place, au lieu de lui faire couper la chique par la technique. Si tant est que l'ossaloise ait sciemment été censurée...
Etienne Hugues BOYER
Brevet professionnel responsable d'exploitation agricole
Etés 1998 et 1999 : Estives en montagne en vallée d'Ossau, AFARPA
Correspondant local de presse, journal Sud-Ouest Béarn et Soule
Maddé Maylin et Nelly Olin aux Automnales du Pays de l'Ours 2005
Par Baudouin de Menten
Aux automnales du Pays de l'ours à Arbas, j'ai assisté de très près aux manœuvres effectuées par M.M. pour infiltrer la "garde rapprochée" de Nelly Olin, alors que les ultra pastoraux chantaient des chansons "pastorales" et faisaient faire fortune au tenancier de la buvette installée sur la place.
Sous une pluie battante, les auteurs dédicaçaient leurs livres sur l'ours dans une tente installée devant la mairie : Farid Benhammou présentait "Vivre avec l'ours" et "L'ours, les 4 vérités", Yves Salingue "La quête de l'Ours" et Stéphane Carbonnaux "Le cercle rouge", son livre sur le gypaète barbu.
Maddé Maylin, la "Brigitte Bardot" du pastoralisme faisait mine de s'intéresser aux livres sur l'ours. Surpris mais aimable, Farid Benhammou à discuté de longues minutes avec Maddé Maylin, toute sucre. Nous n'avons pas compris de suite pourquoi la farouche opposante à l'ours s'intéressait longuement à ses auteurs et à leurs livres favorables aux plantigrades et à la cohabitation. A la table d’à côté, je discutais avec Yves Salingue de sa quête de l'Ours et m'occupait comme bénévole du réapprovisionnement du stand en livres.
Nelly Olin en grande discussion avec Maddé Maylin et Farid Benhammou dans la tente "livres" des Automnales du Pays de l'Ours, Arbas 2005 (Photo ADET)
En réalité, Maddé Maylin ne s'intéressait pas du tout aux livres sur l'ours. Elle s'était positionnée là, devant la table en attendant de se retrouver nez à nez avec la ministre qui passait de stand en stand. Quand Madame Nelly Olin est entrée, on a compris de suite, mais trop tard. Nous avons cru naïvement que Maddé Maylin cherchait à se cultiver sur le plantigrade !
La douce bergère en manque de lecture s'est transformée en militante sauvage, bondissant sur la ministre de l'Ecologie qui s'est demandée qui était cette femme qui l'agressait verbalement. Je ne serais pas étonné que Nelly Olin s'en soit souvenue sur le plateau de l'émission de Stéphane Bern à Paris et aie rendu à Maddé Maylin la monnaie de sa pièce. A maline, maline et demi.
La bergère en question, Maddé Maylin est "secrétaire générale" du "Comité de défense contre la réintroduction de l'ours" (siège social à la mairie de Laruns) qui est membre de la "Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne des Pyrénées-Atlantiques" elle même membre de l'ADDIP "Association pour le développement durable de l’Identité des Pyrénées". Les Pyrénées sont pleines de poupées russes.





