Actualités ours des Pyrénées 2005

21 décembre 2007

M..., le paradoxe ursin

par Etienne Hugues BOYER
Lundi 6 novembre 2006

Etienne Hugues Boyer : Je n'ai pas la prétention d'avoir la science infuse, et je suis prêt à accepter tous les arguments possibles sur tous les sujets pour lesquels j'ai une opinion tranchée. Après, je ne garantis pas que je changerai de point de vue à chaque coup. Là, pour le sujet qui nous intéresse, j'ai mis longtemps à me décider. Je ne vais pas me positionner en tant que partisan ou réfractaire à l'ours (même si je suis pour une réintroduction raisonnée et raisonnable), mais je voulais juste tenter de réveiller la polémique, et river son clou à M.

Vendredi 3 novembre 2006, je suis tombé sur un article du Sud-Ouest. Je ne pouvais pas passer à côté vu mon passif pour le moins houleux avec la protagoniste principale, M., une bergère ossaloise de ma connaissance s'y plaignait de ne pas avoir pu parler à la télé dans une émission de Stéphane Bern sur son sujet de prédilection : l'ours. (Lire l'article de Sud-Ouest et la prose pyréniaise de Louis Dollo à ce sujet). Elle y était invitée avec entre autre, Nelly Olin, la ministre UMP de l'écologie.

La bergère soupçonnait la ministre d'avoir fait pression auprès de la production ou du journaliste afin de l'empêcher de s'exprimer, car elle l'avait, il y a quelques temps, interpelée sévèrement sur le sujet. (NDLB: lire le compte-rendu de la rencontre M. / Nelly Olin lors des automnales du Pays de l'ours à Arbas ci dessous).

Stéphane Bern a furieusement démenti l'accusation. Et probablement dit-il la vérité (moi qui, à mon humble niveau, connais bien les pressions dont sont capables les politiques de tous poils, je me permets d'émettre un petit doute, quand même); mais si toutefois la bergère ne faisait pas une crise de paranoïa aigüe (tout est possible paraît-il...), je pense que Mme Olin a raté une bonne occasion de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Pourquoi donc ? Tout simplement parce que si je conçois que certains bergers en colère soient vraiment et régulièrement en contact avec l'ours (ils sont relativement peu nombreux, et sont quand même bien indemnisés par l'Europe en cas d'attaque ursine avérée; ils peuvent aussi recevoir des aides afin de prévenir ces attaques, etc.), je ne conçois pas qu'on puisse se présenter comme la Jeanne d'Arc des anti-ours tout en vivant (très bien) de sa renommée fauvesque séculaire.

En effet, comment peut-on passer son temps à cracher sur la réintroduction de cette pauvre bête (je parle de l'ours des Pyrénées) en voie d'extinction alors qu'on ne l'a jamais vue de sa vie, ni même rencontré l'ombre d'une de ses crottes? Comment peut-on dans le même temps tout faire pour attirer les touristes sur les lieux d'estives avec des images d'Epinal et de vraies fausses expériences personnelles impliquant l'animal ?

Le voilà le paradoxe ursin, l'incohérence flagrante, (l'hypocrisie ?) de certains militants anti-ours; et encore, je ne parle pas de la virulence des propos de leurs homologues hauts-souletins, dont les brebis n'ont pourtant pas vu un poil de cul d'ours depuis plus de 50 ans !

Le voilà l'argument qui tue, que Mme Olin aurait pu utiliser pour remettre cette bergère agressive comme un essaim de frelons en rut à sa vraie place, au lieu de lui faire couper la chique par la technique. Si tant est que l'ossaloise ait sciemment été censurée...

Etienne Hugues BOYER
Brevet professionnel responsable d'exploitation agricole
Etés 1998 et 1999 : Estives en montagne en vallée d'Ossau, AFARPA
Correspondant local de presse, journal Sud-Ouest Béarn et Soule

Maddé Maylin et Nelly Olin aux Automnales du Pays de l'Ours 2005

Par Baudouin de Menten

Aux automnales du Pays de l'ours à Arbas, j'ai assisté de très près aux manœuvres effectuées par M.M. pour infiltrer la "garde rapprochée" de Nelly Olin, alors que les ultra pastoraux chantaient des chansons "pastorales" et faisaient faire fortune au tenancier de la buvette installée sur la place.

Sous une pluie battante, les auteurs dédicaçaient leurs livres sur l'ours dans une tente installée devant la mairie : Farid Benhammou présentait "Vivre avec l'ours" et "L'ours, les 4 vérités", Yves Salingue "La quête de l'Ours" et Stéphane Carbonnaux "Le cercle rouge", son livre sur le gypaète barbu.

Maddé Maylin, la "Brigitte Bardot" du pastoralisme faisait mine de s'intéresser aux livres sur l'ours. Surpris mais aimable, Farid Benhammou à discuté de longues minutes avec Maddé Maylin, toute sucre. Nous n'avons pas compris de suite pourquoi la farouche opposante à l'ours s'intéressait longuement à ses auteurs et à leurs livres favorables aux plantigrades et à la cohabitation. A la table d’à côté, je discutais avec Yves Salingue de sa quête de l'Ours et m'occupait comme bénévole du réapprovisionnement du stand en livres.

Maddé Maylin et Nelly Olin aux Automnales du Pays de l'Ours 2005 à Arbas

Nelly Olin en grande discussion avec Maddé Maylin et Farid Benhammou dans la tente "livres" des Automnales du Pays de l'Ours, Arbas 2005 (Photo ADET)

En réalité, Maddé Maylin ne s'intéressait pas du tout aux livres sur l'ours. Elle s'était positionnée là, devant la table en attendant de se retrouver nez à nez avec la ministre qui passait de stand en stand. Quand Madame Nelly Olin est entrée, on a compris de suite, mais trop tard. Nous avons cru naïvement que Maddé Maylin cherchait à se cultiver sur le plantigrade !

La douce bergère en manque de lecture s'est transformée en militante sauvage, bondissant sur la ministre de l'Ecologie qui s'est demandée qui était cette femme qui l'agressait verbalement. Je ne serais pas étonné que Nelly Olin s'en soit souvenue sur le plateau de l'émission de Stéphane Bern à Paris et aie rendu à Maddé Maylin la monnaie de sa pièce. A maline, maline et demi.

La bergère en question, Maddé Maylin est "secrétaire générale" du "Comité de défense contre la réintroduction de l'ours" (siège social à la mairie de Laruns) qui est membre de la "Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne des Pyrénées-Atlantiques" elle même membre de l'ADDIP "Association pour le développement durable de l’Identité des Pyrénées". Les Pyrénées sont pleines de poupées russes.

12 novembre 2005

Sâle temps en Ariège, Louis Dollo et les anti-ours dérappent

Les anti ours dérappent

8 novembre 2005, devant la préfecture
Au sortir de la séance de la commission dégâts des ours, des participants à la réunion ont découvert que cinq voitures avaient été vandalisées : les quatre pneus crevés, bris de pare-brise, un rétroviseur arraché, des tags à la peinture « non à l'ours » ou « non imputabilité ». Deux des véhicules visés appartiennent à la cohabitation pastorale, deux autres à la direction régionale de l'environnement (DIREN) et un autre à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Louis Dollo dérape

8 novembre 2005, dans la dépêche du Midi
Louis Dollo réagit et dérape dans la dépêche du Midi en annonçant que le préfet a dérapé :
- « Le préfet dérape aussi ! Si aucun acte de violence n'est justifiable, nous pouvons au moins le comprendre. Comment ? À une période où nous voyons des destructions importantes dans les citées qui finissent par obtenir des moyens contre des condamnations assez peu convaincantes, cela peut donner de bonnes idées à d'autres milieux socioculturels ou professionnels.

Par ailleurs, lorsque la presse signale que la commission d'indemnisation s’est réunie en Préfecture en novembre 2005 pour statuer sur des dossiers de prédations de 2003 soit 2 ans après les faits, nous pouvons nous interroger sur la part de responsabilité du Préfet et des services de l'État sur ces réactions violentes. À chacun ses responsabilités, mais le Préfet ne semble pas blanc comme neige." Asocial, on peut le devenir lorsqu'on n’est pas écouté et que l'on n’a plus rien à perdre » déclare Louis Dollo, guide de pays à Tarbes.

Le préfet lui, tient bon

8 novembre 2005, dans un communiqué à Foix
Le préfet a convoqué le 8 novembre 2005, la commission départementale d'indemnisation des dégâts ours. À cette occasion, à l'appel du collectif des éleveurs et bergers de l'Ariège, une trentaine d'éleveurs se sont réunis devant la préfecture pendant le déroulement de cette commission.

Vers 11 h 15, un des participants à la commission, représentant l'association de cohabitation pastorale qui s'était rendu à son véhicule garé à proximité de la préfecture pour procéder au renouvellement de son ticket horodateur a constaté que les quatre pneus de son véhicule avaient été crevés à coup de couteau. Dès son retour à la préfecture, il s'en est ouvert en séance au préfet. Il convient de rappeler que lors de la précédente commission les mêmes faits avaient été perpétrés à l'encontre d'un autre représentant de cette association. Au vu des faits, le préfet a suspendu jusqu'à nouvel ordre la tenue de cette commission.

À l’issue de celle-ci, il a été constaté que ce sont au total 5 véhicules qui ont fait l'objet de dégradations graves pendant le déroulement de la manifestation. Ces véhicules stationnés au milieu d'autres, ont été les seuls objets de dégradation, à savoir la destruction à coups de couteau des 4 pneus de chaque véhicule, avec bris de pare-brise et rétroviseur arraché pour l'un et tags à la peinture « Non à l'ours » et « non imputabilité » pour les autres. En dehors des 2 véhicules de l'association de cohabitation pastorale, ce sont 2 véhicules de la direction régionale de l'environnement (DIREN) Toulouse et 1 véhicule de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui ont été visés, ce qui ne laisse aucun doute sur le lien entre la manifestation et ces dégradations.

Le préfet rappelle que depuis 1 an, il a largement ouvert la discussion et les règles d'immutabilité des dommages à la satisfaction de tout le monde. De tels actes ne s'inscrivent aucunement dans un débat démocratique et respectable. De surcroît, les menaces et injures adressées aux membres d'une association ne sont pas acceptables. En tout état de cause, de telles actions menées par une minorité ne peuvent que nuire aux autres éleveurs souhaitant une indemnisation rapide de leurs dommages. Des plaintes ont été déposées auprès du Procureur de la République qui a été informé de cette situation.

Le préfet ne réunira pas à nouveau la commission tant que la lumière ne sera pas faite sur cette affaire et que les dommages subis n'auront pas été réparés.

Les remboursements dérappent

Une chose est certaine : voilà que les remboursements "dégâts des ours" dérappent pour, dans le langage de Louis Dollo, "Les milieux socioculturels ou professionnels asociaux ariégeois" (comprendre les éleveurs). Ceux-ci s'en sont retourné grosjean (Lassalle ?) comme devant (la préfecture).

Une mésaventure qui pourrait bien arriver aussi au budget de l'IPHB, si la Ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Madame Nelly Olin décidait de lier le financement de l'Institut Patrimonial du Haut-Béarn à la bonne volonté affichée de l'institution ou a son efficacité.

Les chemises noires rassemblées à Massat et à Arbas auront encore l'occasion de se rassembler... dans l'adversité, à moins que ce ne soit au tribunal. Une nouvelle fois, c'est au portefeuille que cela va faire mal. Après les plaintes de Massat, d'Annecy et de Foix, les éleveurs extrémistes aux méthodes violentes et illégales qui refusent "par principe" toute cohabitation avec les prédateurs mais acceptent l'argent d'où qu'il vienne (IPHB, subventions, dédommagements)  collectionnent les déboires.

Sale temps en Ariège

Sera-ce la fin des terroirs de non droit où intimidations, menaces et délits sont monnaie courante ? Attendont les décisions de justice, attendons aussi la fin du procès Marquèze. Cannelle est-elle morte pour rien ? Rien n'est encore sûr, les lobbys agricoles et de la chasse sont en grandes manoeuvres.

Depuis la réponse musclée du préfet, suite au "dérapage" des éleveurs, la réponse de Louis Dollo a disparu de la page en question de La dépêche du midi. Pourquoi? Probablement que seules des 10 dernières réactions sont affichées. La réaction de Louis Dollo est encore sur son site pyrénnées-pyréniais ou sur le forum du paysdelours-ADET.

Sale temps en Ariège ! Pour éviter les dérappages, une seule solution :
Telecharger_6  Grumly, l'ours qui prévient quand il y a une banane (video MPG 817 kb)

08 novembre 2005

Les Pyrénées veulent des ours

La buvette était au Panthéon. On était bien caché, mais on était là ! Et on s'est dépensé : 3,5 kg de perdu à 2. Dommage que les pyrénéens ne sont pas restés groupés le soir comme ceux de loup.org pour l'esprit de groupe. Bravo à la meute pour cet esprit et pour le recrutement qui a été efficace. Un exemple à suivre pour la prochaine fois.Pyrenees_veulent_ours

L'année prochaine on rempile dans les ours, celà permet de nouer des contacts avec les... japonaises, suédoises, italiennes, slovènes. Crevant la vie d'ours. Et un scoop de plus à la buvette : les ours sont nus sous leur peau d'ours. Si vous avez des photos, merci de les envoyer à la buvette.

03 novembre 2005

Pierre Loustau: Le vrai berger aime ses brebis

Le journal Sud-Ouest donne la parole aux bergers et aux défenseurs des ours. Aujourd’hui, un article interview sur un berger d’Arnousse : Pierre Loustau. La buvette réagit et donne quelques conseils de lecture à ce berger.

Le vrai berger aime ses brebis

Anne-Marie Siméon 
Pierre Loustau-Chartez rentre de sa 16e saison d'estive à Arnousse. Cet été, il a encore payé son tribut à l'ours. 17 brebis mortes, deux perdues. Et ce n'est pas Cannelle. A 61 ans, Pierre Loustau-Chartez, qui passe tous ses étés en estive, n'a jamais vu l'ours qui attaque pourtant régulièrement ses brebis.

Au début, on était tranquille
Pierre_loustau « Au début, on était tranquille (1). Il y avait deux ou trois ours de plus mais ils ne venaient pas de ce côté. Et puis au bout de deux ou trois ans, ça a commencé » : depuis seize ans, Pierre Loustau-Chartez loue la même estive à Arnousse, dans la vallée d'Aspe. Cet été, entre ses brebis et celles d'un autre berger, il en a gardées 850 là-haut, à 1 500 mètres d'altitude. Nuit et jour. La moitié environ sont des laitières qu'il rentre chaque soir. Mais toutes les autres sont des taries qui dorment à la belle étoile. (2)

En septembre, elles étaient dix-neuf de moins à redescendre dans la bergerie de Précilhon. Dix-sept, c'est sûr, ont été victimes de l'ours qui a attaqué par trois fois dans l'été. Deux bêtes, une brebis et un bélier sont en outre déclarés manquants. (3)

Aspe-Ouest

Pierre Loustau-Chartez a eu beau, entre la traite et la fabrication du fromage, arpenter l'estive « cinq heures de marche pour faire le tour et ça grimpe !» , guetter les vols de vautours, il n'a pas repéré de traces. « L'an dernier, c'est un cueilleur de champignons qui a retrouvé les restes d'une brebis qui avait disparu» : sa cloche roulée dans la peau. Dans ces cas-là, pas question de demander une indemnisation. « Pour être dédommagé, il faut prouver que c'est l'ours», soupire le berger. (4)

Une grosse trace de patte cet été a fait dire au garde national que ce devait être Aspe-Ouest. « L'an dernier, c'était Cannelle. Mais elle attaquait à plus basse altitude et elle était moins gourmande malgré la présence de son petit. Elle ne m'avait pris que quinze brebis ». (5)

Pierre Loustau-Chartez ne cache pas qu'après la mort de la dernière femelle de souche pyrénéenne, il pensait passer un été tranquille. Cela ne fut pas le cas. Certes, «on est dédommagé à la valeur de la bête, mais on a des pertes qui ne sont pas reçues parce qu'on ne peut pas affirmer que c'est l'ours. L'an dernier, j'ai un bélier qui s'est cassé le cou dans le ravin. Je n'ai rien touché, mais pourquoi est-il tombé ? (6) Et puis on sélectionne chaque année les meilleures bêtes, alors, quand l'ours nous en tue, qui va nous revendre de bonnes brebis ?». (7)

Dégoûté

Mais pour lui, le meilleur argument est encore ailleurs : « Le vrai berger, il aime ses brebis. Il les fait naître, il les élève et quand il les retrouve dévorées, parfois pas encore mortes, croyez-moi, c'est pas beau ». Des images de cauchemar lui reviennent. (8) De bêtes griffées qu'il croit pouvoir sauver et qui décèdent en quelques heures. Il revoit encore celle dont « l'ours avait arraché le pis. L'agneau qu'elle portait lui est sorti par le ventre. Elle est morte le lendemain ». (9)

Dans ces moments-là, cet homme de 61 ans se dit « dégoûté » au point d'« envisager d'arrêter l'estive ». Quand il voit les défenseurs de la réintroduction défiler avec des enfants portant des ours en peluche, il pense à ses agneaux qui, « eux sont vraiment doux comme des peluches ». (10)

Au-delà, ce qui fait mal à Pierre Loustau-Chartez, « ce sont toutes les critiques qu'on fait aux bergers. On nous dit que la montagne ne nous appartient pas. Peut-être, mais nous on paye pour y être et y travailler. (11) On nous dit aussi ce qu'on doit faire comme si on était des imbéciles ».

Parquer toutes les bêtes avec des clôtures électriques ? « On a essayé. Le matin, on en retrouvait deux ou trois qui s'étaient étranglées dans les fils ». (12) Un patou ? J'en ai un. Il m'en faudrait deux sans doute mais, quoi qu'il en soit, un bon patou doit être dressé et méchant. Il risque alors de l'être aussi à l'égard des promeneurs et là, je serais responsable... » (13)

Pas contre l'ours

Pierre Loustau-Chartez a beau réfléchir, il ne voit donc pas de solution. En revanche, il est sûr d'appartenir à « une espèce en voie de disparition ». Son fils travaille sur l'exploitation mais il ne veut pas le remplacer en estive. Il le comprend. « Quand il n'y aura plus de bergers, la montagne deviendra broussailleuse, sale, impraticable et elle brûlera, comme dans le midi ». (14)

On l'a compris, pour lui, il faut choisir entre l'ours et le berger : « Moi, je ne suis pas contre l'ours, je ne lui ai jamais fait ou voulu de mal. D'ailleurs, je ne l'ai jamais vu. Mais je suis contre la réintroduction. La souche pyrénéenne, elle est morte et la Slovénie (15), ce n'est pas les Pyrénées. Ceux qui sont pour doivent savoir qu'ils ne verront jamais d'ours. Ils sortent la nuit, par temps brumeux. Vous n'entendez que le troupeau qui s'affole et il ne vous reste plus après qu'à chercher les cadavres ». (16)

Source : Sud-Ouest, photo de Tadeusz Kluba

Réactions de la Buvette

(1) Au début, on était tranquille… au bout de deux ou trois ans, ça a commencé
Bien avant votre début M. Loustau, bien avant l’homme, les ours étaient très nombreux dans les Pyrénées. S’il n’en reste que moins de 20, c’est parce que les hommes les ont exterminés. Vous n’avez jamais été tranquille, mais les ours encore moins. C’est eux qui sont entrain de disparaître, pas les bergers.

(2) Un patou pour garder 850 brebis laitières dans un parc et en même temps 650 brebis taries en liberté. Cela me semble peu. Vous êtes sous protégé, comme la grande majorité des troupeaux de votre secteur. Vous laissez la porte de la bergerie ouverte en quelques sortes. Dans ce cas de figure, 17 brebis tuées par l’ours, c’est un peu… normal.

(3) 17 brebis sur 850. 2% du cheptel. Sur l’ensemble des Pyrénées, l’ours est responsable de la perte de 0,03% du cheptel (150 à 25 brebis selon les années) 2,97% du cheptel est perdu pour d’autres raisons (maladies, chiens divagants, mouches tueuses, intempéries..) L’ours n’est pas la cause des problèmes du pastoralisme, Lou Moussou en est le symbole car il va aussi sur ses 2 pieds.

(4)Pour être dédommagé, il faut prouver que c'est l'ours », soupire le berger
Pour être dédommagé, il faut toujours prouver quelque chose, c’est normal et c’est comme partout et pour tout le monde (intempéries, vols, assurances etc.) Les sommes « ours » destinées à dédommager les dégâts des ours ne doivent pas servir à rembourser les mortalités dues à d’autres causes.

(5) Elle ne m'avait pris que quinze brebis
15 au lieu de 17, petite différence pour une ourse qui pesait moins de la moitié du poids d’Aspe Ouest (quel nom ridicule).

(6) Pourquoi est-il tombé ?
Même remarque que pour les assurances.

(7)Et puis on sélectionne chaque année les meilleures bêtes, alors, quand l'ours nous en tue, qui va nous revendre de bonnes brebis ?
Pour ce qui est de l’indemnisation et de la sélection, je suis d’accord pour que le travail de sélection d’un bétail de qualité soit justement indemnisé (voir Les dégâts d'ours mieux indemnisés. Une juste reconnaissance pour l'éleveur ) à condition que le berger aie fait de son côté l’effort de se protéger convenablement en utilisant les différentes méthodes mises à sa disposition. Si vous demandez cette meilleure indemnisation pour la valeur du troupeau, il est juste qu’en contre partie, vous gériez votre troupeau « en bon père de famille ».
Pour tous les français, il est inutile de demander un remboursement auprès des assurances s’ils ont abandonné leur portefeuille sur le tableau de bord de leur voiture non fermée à clé où les bijoux de Mme sur la table de nuit quand ils sont partis en vacances en laissant la porte ouverte. Il doit en être de même pour les troupeaux : mal gardés, mal remboursés. On ne peut avoir le fromage et l’argent du fromage…

(8) Le vrai berger, il aime ses brebis
Je comprend les sentiments qu’éprouve tout homme qui perd des bêtes qu’il aime. J’en aime aussi. (voir le commentaire de Cédric en bas de page ) Le devoir de tout homme qui aime ses bêtes est de veiller sur elles et de les protéger – les protéger convenablement.

(9)N’aurait-il pas fallu abréger ses souffrances ?

(10) "Ses agneaux qui, eux sont vraiment doux comme des peluches"
Nous nous promenons aussi avec des agneaux en peluches. Pour les 2 cas, c’est plus facile qu’avec des vrais. Et pour les ours c’est encore plus évident.

(11) Vous payez de votre personne, vous recevez des primes aussi pour y travailler.

(12) Parquer toutes les bêtes avec des clôtures électriques ? « On a essayé. Le matin, on en retrouvait deux ou trois qui s'étaient étranglées dans les fils.
Ont-elles été effrayées a cause d’une attaque d’ours ou de chiens ? Dans ce cas, la clôture vous a sans doute épargné la vie d’un nombre plus important de brebis. La clôture a joué son rôle.
D’autre part l’utilisation d’une clôture avec des fils horizontaux (pas de quadrillages) vous aurait permis de sauver plusieurs autres bêtes. Vous pouvez améliorer encore votre protection et diminuer vos pertes, comme le montre les statistiques de tous les troupeaux bien protégés .

(13) "un bon patou doit être dressé et méchant"
Grave erreur, un bon patou NE doit PAS être méchant. Citation d’un article sur l’éduction des patous que je vous conseille. Il vous permettre de bien éduquer le deuxième patou qui est nécessaire pour protéger votre troupeau et de ne pas avoir de problèmes avec les promeneurs :

Caractéristiques d’un bon chien de protection

« Un chien de protection idéal est constamment avec les moutons, il fait partie du troupeau. Il sait faire la distinction entre ce qui est une menace pour le troupeau et ce qui ne l’est pas et agit uniquement en cas de menace. Il sait alors détourner l'agresseur et protéger le troupeau. C'est un chien qui vit à l'écoute et au rythme du troupeau. Il est attentif aux moutons et ne les dérange pas. C'est un chien calme, paisible et sûr de lui. Le comportement d'un chien de protection est le résultat de son héritage génétique et de la façon dont il a été élevé principalement entre deux et six mois. Les chiens ont été sélectionnés pour leur caractère indépendant.

(14)"Quand il n'y aura plus de bergers, la montagne deviendra broussailleuse, sale, impraticable et elle brûlera, comme dans le midi ".
Il y a toujours eu des ours, il y a des bergers depuis très longtemps. Inutile d’agiter l’épouvantail de la montagne vide, refermée, en flamme, ravagée par les avalanches et les touristes, sale (à cause des ours ?) C’est de la science fiction.
Ce ne sont pas les bergers qui sont entrain de disparaître des Pyrénées à cause de l’ours, c’est l’espèce ursus arctos qui est entrain de disparaître des Pyrénées à cause de l’homme (qui faisaient la montagne propre !) et les montagnes pyrénéennes auront perdu Lou Moussu et leur âme.

(15) "La souche pyrénéenne, elle est morte et la Slovénie, ce n'est pas les Pyrénées".
les ours pyrénéens et slovènes sont de la même espèce (ursus arctos) et ont le même comportement. Je ne fais pas de nationalisme ni avec les ours, ni avec les brebis, ni avec les hommes.

(16) Vous êtes peut être la dernière génération de berger qui avez la chance d’un jour apercevoir un ours. Le pastoralisme pyrénéen regorge d’histoires de berger fiers de vivre a côté de Lou Moussou, ils l’aiment et le détestent, c’est selon les jours et les attaques.

Je ne cherche pas à « voir » l’ours. Je désire continuer à pouvoir l’imaginer présent, libre et sauvage. J’aimerai pouvoir dire à mes petits enfants dans 25 ans que je me suis battu pour que les Pyrénées gardent des ours et leur âme, car je les aime aussi.

Ours des Pyrénées - Cannelle 1 an: Naissance d'un symbole

Lundi 1er novembre 2004. En ce matin pluvieux de Toussaint, six chasseurs de la société de chasse d’Urdos partent pour une battue. Ils mènent une première traque au-dessus de la cabane d’Urdos et abattent un chevreuil.

Cabanne_rouglan_cannelle_pappola Après une pause casse-croûte à la cabane du Rouglan, ils décident vers 10 heures de monter plus haut. Le traqueur file vers le Fort du Portalet, les cinq autres se postant au-dessus, au fil de la montée. Parmi eux, René Marquèze, venu avec son chien Milou. Après avoir tenté de relever des traces de chevreuil ou de sanglier, ce sexagénaire se poste à son tour.

C’est là, après qu’un coup de feu a été tiré en amont, que Cannelle apparaît sur le chemin étroit qui borde le ravin. Elle n’est pas seule. Son dernier ourson, qui n’a pas encore 1 an, l’accompagne. Le traqueur, qui croyait lever un sanglier, a en réalité dérangé la femelle et son petit. L’ourse s’en prend au chien et le blesse, avant de se diriger... vers René Marquèze. Entre 13 et 14 heures, les chasseurs donnent l’alerte. Cannelle gît au fond du ravin, 250 mètres plus bas, tuée d’un coup de fusil.

Source: Sud-ouest
Photo : Patrick Pappola

Lepeltier: Pour la viabilité de l'ursus arctos, il faudra plus d'ours dans les Pyrénées

L'ex-ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier critique, mercredi dans La République des Pyrénées, le nouveau plan de réintroduction de 5 ours bruns dans les Pyrénées, estimant ce nombre trop faible pour assurer la survie de l'espèce dans le massif.

A la suite de la mort de Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne en novembre 2004, Serge Lepeltier avait proposé de réintroduire cinq femelles en 2005 puis de procéder à de nouveaux lâchers éventuels pour arriver à doubler le nombre d'ours dans les Pyrénées en 2008, malgré les pressions des béarnais

Après son arrivée au ministère de l'Ecologie,  Nelly Olin a repoussé à 2006 la date des cinq réintroductions et n'a surtout pas voulu s'engager pour la suite. Serge Lepeltier souligne : "Ce n'est pas aux politiques de fixer le nombre nécessaire, c'est aux scientifiques. Et eux disent qu'il en faut au minimum 30"

M. Lepeltier estime notamment qu'il "faut renforcer" la population d'ours dans le Béarn, la région où Cannelle a été tuée et où il ne resterait que quatre mâles.
Source : Le Monde

On est en droit de se demander quel est l'objectif de Nelly Olin en annoncant qu'après la réintroduction de 5 ours se sera "plus rien et pour longtemps": S'agit t-il d'une annoce pour ménager la chèvre et le chou - La chèvre pour faire passer aux éleveurs que 5 ours, en fin de compte, ce n'est pas beaucoup et le chou pour calmer les associations de défense des ursus arctos et les militants écologistes?

Serge Lepeltier, lui semble avoir eu un objectif clair : Assurer la viabilité de l'espèce ursus arctos dans les Pyrénées à long terme. Les scientifiques se sont déja exprimés à ce sujet. L'actuelle ministre de l'écologie et du développement durable voit-elle plus loin que les effets d'annonce et que l'intention de maintenir le calme dans les montagnes? Nul doute que les manifestants du 5 novembre à Paris et à Valence essaieront de le lui rappeler.

01 novembre 2005

Ours des Pyrénées - Cannelle 1 an: Christian Laborde

Je suis oursphelin : Oraison funèbre pour Cannelle

Cannelle Le jour de l’annonce de la mort de Cannelle, un roulement de tonnerre a grondé dans le ciel de Pau. Des grosses gouttes, glaciales et lourdes commençaient à chuter. Le regard de Christian Laborde annonçait clairement l’idée de ce qui allait s’abattre d’une seconde à l’autre. Le Tonnerre a cessé. Ca c’est mis à tomber. Toute l’eau du ciel s’est mise à tomber.

" Ils ont tué Cannelle, ils n’ont aucun sens des saveurs. Cannelle, c’est qui, c’est quoi ? Quelques mots dans une chanson d’Antoine : « Je l’appelle Cannelle, parce que sa peau est sucrée... » Vous me direz : ne mélangeons pas tout ! La Cannelle d’Antoine est une jeune fille, la Cannelle d’Urdos était une ourse.

Je ne mélange rien, je me souviens simplement de ce que mon père, qui était chasseur, me disait, à Aureilhan, dans la cuisine, quand il ne me racontait pas les exploits de Charly Gaul :

- « Les chasseurs d’ours - je te parle d’il y a longtemps ! -, quand ils avaient tué une ourse, quand ils lui avaient retiré sa fourrure, ils étaient gênés, tu comprends, gênés comme tu peux l’être quand tu surprends une femme dans son intimité. Les attaches d’une ourse dépecée sont aussi fines que celles d’une jeune fille, tu comprends. T’es devant une jeune fille, tu comprends. C’est pour ça qu’ils étaient gênés... Finis ton chocolat !»

Sans sa fourrure, l’ourse est une femme, l’oursonne, une lolita. Nue sous son manteau de fourrure, la femme a quelque chose d’une ourse, d’un animal merveilleux. C’est à cela qu’ils ont touché, porté un coup fatal.

Ce ne sont pas des gens de goût. Ils n’étaient même pas saouls. Ils étaient seulement là où ils n’auraient jamais dû être, où ils n’avaient pas le droit d’être puisque Cannelle se baladait sur ce sentier avec son ourson de dix mois qui maintenant va mourir.

L’homme descend du singe. C’est ce que prétendent les biologistes et autres lecteurs d’éprouvettes. Tous ignorent que, dans les contes basques et dans ceux d’Europe centrale, on appelle l’ours « Grand-Père.» Bref, l’homme descend de l’ours.

Quand il se dresse devant vous, on croirait un géant, un mec qui au Stade Toulousain joue devant. L’ours est le seul pilier qui marche au miel. Gamin, dans le bol de chocolat qu’il me fallait finir, je trempais des biscuits Latapie. Sur le rabat des boîtes bleutées contenant les biscuits Latapie, un ours était dessiné. Je le regardais tous les matins, je lui parlais, et ma grand-mère qui priait, assise sur la chaise basse, me souriait. Cet ours, ils l’ont tué en tuant Cannelle. Je suis oursphelin. "

Christian Laborde Ecrivain
Source : ADET - Pays de l’ours

La question suivante mérite d’être posée : Tous les automobilistes que nous sommes sont-ils coupables chaque fois qu’un imbécile au volant de sa voiture cause la mort d’innocents ? Si vous qui respectez scrupuleusement les règles de sécurité, ne vous sentez pas toujours responsables du comportement des autres usagers des routes, comprenez alors que l’immense majorité des chasseurs se sente injustement accablée par les reproches adressés à tous les chasseurs, sans distinction, depuis plusieurs jours.

Désolé si je contrarie certains d’entre vous par mes propos, mais il me semble que ce fait divers désolant a été une occasion inespérée pour quelques-uns de laisser s’exprimer leur haine et de réaliser un lynchage en règle de tous les chasseurs. Dans les circonstances actuelles, tout cela n’est pas très digne, car nombre de chasseurs ont été catastrophés en apprenant la mort de ce symbole de la nature sauvage des Pyrénées qu’était devenue Cannelle.

Oui, messieurs les anti-chasse, je suis chasseur et pourtant j’ai éprouvé une peine sincère et profonde en apprenant la nouvelle, et j’ai ressenti une grande colère contre les imbéciles qui ont fait ça. J’avais de la peine parce que je savais que Cannelle était la seule et la dernière, et qu’elle ne demandait rien à personne, juste d’élever son petit au calme. J’étais en colère parce que je savais aussi qu’auparavant il y avait eu Claude, précédente femelle braconnée en 94 et puis au cours des décennies qui ont précédé, tous les autres ours anonymes victimes de la bêtise des humains.

Sans cette accumulation de fautes, une espèce prestigieuse serait encore présente dans nos montagnes et on ne parlerait pas de renforcements.

Avec Cannelle, l’Aquitaine a perdu un élément de son patrimoine. Certains diront que c’est de la faute des chasseurs, d’autres des pyrénéens... et les plus réalistes ajouteront qu’il y a déjà longtemps que, face au développement, le sort de l’ours des Pyrénées était scellé.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, c’est l’humain qui est responsable, et après l’épisode Cannelle vite oublié, l’homme continuera à détruire et à polluer sa planète comme d’habitude, jusqu’à ce qu’elle soit inhabitable.

La bêtise à l’état pur ! On aurait voulu faire disparaître à tout jamais l’ours de souche pyrénéenne qu’on ne s’y serait pas pris autrement. Depuis des siècles on répète les mêmes erreurs, l’homme domine la nature, l’homme a tout les droits, il faut éliminer les bêtes féroces (comme dit un intellectuel dans Sud-Ouest des sous-espèces). Ancien chasseur de sangliers, il faudra m’expliquer comment un ou des chasseurs expérimentés confondent des traces d’ours (le secteur était truffé d’indices) avec celles de sangliers. De plus Ducon, une ourse suitée qui défend son petit charge au même titre qu’une laie avec ses marcassins.

Légitime défense et battue organisée, tout cela s’est de la mascarade, après que toute la semaine la pression monte suite à l’éventuel renforcement de la population actuelle d’ours dans le Béarn. Certains ont bien préparé leur coup, tout cela était organisé et c’était bien une battue à l’ours. Alors Marquèze tu t’es fait l’ours, tu es content et bien j’espère que tu auras la pudeur ainsi que tes équipiers de fermer ta grande gueule et d’arrêter de te vanter en vallée d’Aspe. Tu salis l’image des Pyrénéens et des chasseurs en particulier.

Tout cela est le résultat d’un environnement malsain, ou la loi du plus fort et des grandes gueules est d’actualité. Alors Monsieur Lassalle qui râlait contre les écolos de salon, contre l’état qui se mêle des affaires locales, qui prenait la défense du chasseur expérimenté pour calmer les esprits (vous validez des actes de voyou), qui vous montrez avec votre béret à la télé ou avec le ministre de l’écologie, vous demandez de gérer localement le dossier ours, taisez-vous et agissez.

On vient de voir que nous Pyrénéens, nous sommes incapables de gérer notre avenir, nous sommes la région la plus médiocre de France et d’Europe, on détruit nous mêmes notre propre patrimoine. Quant à l’IPHB, quelle est sa fonction ? Hervé le directeur qui laisse courir les bruits d’un ours hybride ou d’une deuxième femelle, sans aucune preuve. Belle initiative pour travailler sereinement. A chaque fois qu’il faut aborder le renforcement, on traîne des pieds ou on attend les résultats de l’inventaire de la population, qui est connue depuis des années. On gagne du temps et on fait plaisir aux syndicats agricoles, en espérant que la population actuelle s’éteindra doucement.

Pourtant les fonds européens sont bien récupérés et les opposants ont eu leur cabanes retapées, les héliportages sont réalisés en début de saison pastorale, les dégâts d’orages ou accidentels qu’on passe sur les dégâts d’ours arrangent tout le monde....

Je pense que les contribuables ont le droit de demander des comptes, soit on s’engage sur la sauvegarde de nos ours soit on arrête cette supercherie et tout simplement on dissout l’IPHB. Au moins que cet argent aille plutôt chez nos voisins italiens, espagnols ou alors grecs qui arrivent à cohabiter avec leur grande faune.

En espérant un sursaut vital des Pyrénéens, il est possible de faire cohabiter l’ours, le chasseur et le berger mais notre société doit prendre en compte l’existence et la valeur du travail des exploitants agricoles de montagne et arrêter de tenir sous perfusion cette profession.

Un Pyrénéen qui adore son pays

Ours des Pyrénées - Cannelle 1 an: Stephan Carbonnaux

L’occultation d’Artza

Le 15 novembre 2004

Je vois dans la disparition de la dernière ourse du lignage pyrénéen une grande perte pour la nature sauvage, préférée au concept fumeux de biodiversité (*), mais je la vis aussi comme une occultation de notre plus vieille histoire, de notre plus ancienne spiritualité. On a coutume, chez les progressistes, de qualifier les âges anciens de périodes sombres que je considère pour ma part comme des âges farouches. Aux temps glorieux du paléolithique, en certains lieux et grottes, où l’on a pu compter jusqu’à cinq mille squelettes d’ours, se déroulaient un culte immémorial que nos officiels récusent, mais que nos frères eurasiatiques du nord du Japon, les Aïnous, d’ultimes sibériens et peut-être quelques Lapons pratiquent encore aujourd’hui. Conscients ou pas, nous portons tous un dépôt de ces âges farouches où l’homme peignait à la lueur des torches et vénérait l’ours, ancêtre primitif de l’humanité.

C’est donc à la Toussaint, la veille du jour des défunts, qu’une lignée vieille de cent mille ans a été condamnée à s’éteindre faute de femelles pour assurer sa survie. Si j’ajoute que l’ourse “Cannelle“ est morte au-dessus des gorges d’Enfer - je n’invente rien -, on ne sera pas autorisé à toutes les spéculations ésotériques ; cependant on jugera que le destin avait bien fait les choses en choisissant la date et le lieu. Nous savions bien sûr au fond de nous que cette tribu était condamnée - pourtant sa proche disparition constitue une rupture symbolique avec les Pyrénéens de nos vallées, qui d’ailleurs eux aussi ne se portent pas très bien.

Les institutions plus ou moins compétentes, et rétribuées à ce titre, n’ont aucune espèce d’excuse à produire devant pareil épilogue. En première ligne, l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn, dirigée depuis sa création par Jean Lassalle, restera dans l’histoire de notre pays, et des Pyrénées tout entière, un établissement fautif qui a su irrémédiablement gâcher toutes les chances qui s’offraient à lui. Jean Lassalle, dont les pouvoirs sont très importants (maire, vice-président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, député, président de l’association des populations des montagnes du monde, fidèle de François Bayrou, etc.), est l’homme sous l’ère duquel s’est éteinte la dernière ourse d’une espèce qui précéda nos semblables dans les vallées. Quoi qu’il fasse dans les mois qui viennent, alors qu’il est en politique depuis plus de vingt ans, on jugera vite sa responsabilité comme écrasante : il vivait encore 15 ours dans les Pyrénées occidentales en 1983 et tout était alors possible.

Aucune “réparation“, aucun “remplacement“ ne viendront effacer cette faute originelle. À compter d’aujourd’hui, une autre histoire commence, en germe depuis la première réintroduction d’ours de Slovénie en 1996, celle des ours dans les Pyrénées. L’ours des Pyrénées, lui, aura bientôt vécu.

De nature sceptique, voire pessimiste, je formule toutefois ce vœu : puisse la nouvelle lignée d’ours nous pousser au-delà des considérations politiciennes, égocentriques, mercantiles, publicitaires, touristiques, ou faussement scientifiques qui ont accompagné la fin de l’ours des Pyrénées.

Le temps est venu de servir l’ours et non plus de s’en servir.

Stéphan Carbonnaux Naturaliste, Pau

L’important n’est pas qu’il y ait des ours....
L'important est qu’ils soient sauvages

(*) J ’ai écrit "concept fumeux" mais j’aurais pu dire amphigourique, tant la biodiversité, dont on nous serine les oreilles depuis les plus hautes instances politiques et technocratiques, cache mal une nature sauvage dont on veut de moins en moins, voire plus du tout.

J’ai mis des années à comprendre ce malaise que j’avais à entendre des expressions telles que le "développement durable" ou encore la "biodiversité", alors que je revenais de mes expéditions dans les bois, les marais, les granges à chouettes ou la montagne. Ces glissements sémantiques, bien typiques de notre époque, ont fini par m’apparaître comme les signes d’une gigantesque imposture. L’oeuvre de Robert Hainard (Ed. Hesse) et la lecture des ouvrages de François Terrasson (Ed. du Rocher , Ed. du Sang de la terre), entre autres, ont été très profitables. Ce dernier dit fort justement :
"L’important n’est pas qu’il y ait des ours. (sauvons la biodiversité, c’est moi qui souligne) L’important est qu’ils soient sauvages."

Enfin, le pessimisme est une nature qui, chez moi en tout cas, n’a jamais été incompatible avec le combat pour la sauvegarde de la nature. Au contraire.

Ours des Pyrénées - Cannelle 1 an: François ARCANGELI

La réaction de François ARCANGELI, Maire d’Arbas, Pdt de Pays de l’Ours-ADET après la mort de l'ourse Cannelle

27 novembre 2004

Cannelle était un symbole : la dernière ourse de la lignée pyrénéenne. En l’abattant, le chasseur d’Urdos n’a pas signé la disparition de l’ours, mais il a tué le mythe, le mirage de la sauvegarde de l’ours des Pyrénées à partir du seul noyau autochtone. Cette acte gravissime met en lumière l’insuffisance de l’État et l’imposture stupéfiante de ceux qui depuis une dizaine d’années promettent en Béarn, à grands renforts d’argent public, de sauver l’ours des Pyrénées, pour constater aujourd’hui qu’il n’en reste presque plus, et qu’ils n’ont rien fait ! En effet, 16 des 18 ours présents aujourd’hui dans les Pyrénées sont issus de la réintroduction réalisée en 1996 et 97 dans les Pyrénées Centrales, sous l’impulsion de l’association « Pays de l’ours - Adet ». Président de cette association, j’ai souvent été frappé de constater à quel point l’État prêtait plus d’attention et d’intérêt aux opposants à la réintroduction, quand bien même ils votent des amendements illégaux, qu’à ceux, sur le terrain, qui travaillent inlassablement au respect des devoirs et des engagements de la France.

Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’expérience que nous avons menée en Pyrénées Centrales est une incontestable réussite ! Le simple comptage des ours le démontre, mais le succès de la réintroduction ne s’arrête pas là. Tout indique la bonne adaptation des ours relâchés dans ce territoire préservé :

  • reproductions fréquentes,
  • précocité des femelles reproductrices,
  • nombre important d’oursons par portée et faible taux de mortalité des jeunes.

Autant de signes de la grande qualité du milieu et de la capacité d’accueil intacte des Pyrénées Centrales. Génétiquement très proches des ours autochtones - il n’y a pas plus de différence génétique entre les ours pyrénéens et slovènes, qu’entre les hommes pyrénéens et slovènes !

Les ours réintroduits ont adopté le même comportement : même alimentation, même utilisation de l’espace, même taux de prédation. Jamais un ours n’a agressé un homme dans les Pyrénées. Les ours réintroduits n’ont pas fait preuve de plus d’agressivité. Quelques opposants s’y sont parfois trompés au point de stigmatiser le comportement inhabituel de l’ours de Luz (65), forcément « étranger » puisque prédateur... La suite a montré qu’il s’agissait en fait du vieux « Papillon », le plus emblématique des ours pyrénéens !

Le constat s’impose : la prédation sur les troupeaux ne dépend pas de l’origine de l’ours mais des pratiques pastorales. La prédation due aux ours est marginale, 150 brebis environ par an sur l’ensemble de la chaîne, soit environ 0,03 % du cheptel, à comparer aux 3% de pertes admises par les éleveurs du fait des maladies, des accidents, des vols ou des prédations non attribuables à l’ours.

De plus, ces 0,03 % ne s’ajoutent pas au 3% existants : les éleveurs qui ont mis en place les mesures de prévention financées par le « programme ours » affirment avoir depuis moins de pertes qu’avant la réintroduction. En effet, la mise en place de chiens de protection permet en moyenne de faire chuter la prédation sur les troupeaux de 90 %. Le constat est édifiant : le nombre de brebis sauvées par les actions de prévention est très supérieur aux dégâts causés par les ours sur l’ensemble du massif. Aussi, 75 % de ces prédations, 150 brebis je le rappelle, sont logiquement recensés sur des troupeaux non gardés.

Grâce au « programme ours », les éleveurs pyrénéens bénéficient chaque année d’environ 700.000 € pour embaucher des bergers, rénover des cabanes, transporter leur matériel par muletage ou par hélicoptère, installer des radio-téléphones, des clôtures électriques performantes... C’est enfin par ce programme que l’on a imposé que les bergers soient déclarés, qu’ils bénéficient d’un salaire minimum, d’une couverture sociale et de congés...

La très grande majorité des éleveurs reconnaissent que l’ours cause peu de dégâts, et ils seraient fort déçus si les aides liées à son retour disparaissaient avec lui. Car la réintroduction a créé des emplois, une centaine environ, représentant l’équivalent de 55 emplois à temps plein. Loin de vider les vallées, la réintroduction a dynamisé le territoire. Plus d’une centaine de professionnels bénéficient de chartes de qualité valorisant leur production ou leur activité. C’est le cas notamment des éleveurs engagés dans la valorisation du « broutard du Pays de l’Ours », viande ovine produite selon un cahier des charges qui promeut la qualité du produit comme la protection de l’environnement, et fait bénéficier à ces producteurs de marges inhabituelles. C’est sur ce bilan positif en tous points de vue (culturel, économique, écologique...) que les populations locales soutiennent massivement le retour de l’ours. Elles le fêtent chaque année lors des « Automnales du Pays de l’ours » qui en 2004 ont accueilli en deux week-end près de 10.000 personnes en Ariège et en Haute-Garonne ! Rien, rien dans ce bilan ne peut remettre en cause les objectifs déjà affichés : reconstituer une population viable d’ours dans les Pyrénées. Rien, sauf l’inaction.

Il faut le dire sans détour, ceux qui tergiversent ou qui s’opposent à de nouvelles réintroductions sont autant responsables de la disparition de l’ours dans les Pyrénées que le chasseur qui a tiré sur Cannelle.

Faut-il faire preuve d’un courage politique pour poursuivre la réintroduction ? La question paraît saugrenue en regard à l’adhésion de l’opinion* :

  • 88 % des Français considèrent que l’ours fait partie du patrimoine pyrénéen ;
  • 79 % des pyrénéens qu’il est valorisant pour l’image des Pyrénées,
  • 72 % des français sont favorables à l’introduction d’ours supplémentaires dans les Pyrénées**.

Bien des décisions politiques sont prises sans pareil consensus. Il n’est donc pas question ici de courage mais de conscience politique. Nous devons nous rendre à l’évidence : notre représentation politique souffre d’inculture environnementale. Il suffit pour s’en convaincre de prendre connaissance des débats parlementaires ! Un chef de parti politique, pyrénéen, et généralement mesuré, déclarait il y a peu qu’un ours qui attaque un troupeau souffre de déviance et qu’il faut donc le soustraire à son milieu naturel, c’est à dire l’abattre. Il justifiait ainsi l’amendement anti-prédateur voté récemment à l’Assemblée Nationale, amendement honteux voté au mépris de la loi et des traités internationaux.

Au travers du débat sur l’ours, nous traitons en fait la question essentielle de notre relation à la nature et de la place que nous sommes prêts à accorder à l’environnement dans nos stratégies de développement. Plus encore que du besoin d’ours, nous avons besoin de « développer les qualités humaines » nécessaires pour les sauver, et car nous avons besoin de ces qualités pour aborder les défis qui se posent aujourd’hui à nous. J’aime cette étincelle dans le regard de ceux qui défendent l’ours, cette ouverture d’esprit, cette humanité.

Cette lueur contraste avec l’obscurantisme des opposants, leur repli sur soi, leur réflexe du « bouc émissaire ». Ils entrent dans le XXI° siècle avec les idées du XIX° ! Le XX° siècle restera comme celui de toutes les faillites environnementales. Mais nous ne sommes pas encore tout à fait entrés dans le nouveau siècle, celui que nous appelons de nos vœux, celui du respect de notre environnement comme de nous-mêmes. Nous sentons bien que les choses changent. Nous sentons poindre des temps nouveaux. Jamais les préoccupations environnementales n’ont été aussi fortes parmi nos concitoyens. Mais nous n’avons pas encore franchi le pas.

Serge Lepeltier, Ministre de l’Écologie et du Développement Durable, porte une réelle attention au dossier ours. Il a l’opportunité de reprendre le flambeau qu’avait allumé en 1993 Michel Barnier, alors Ministre de l’Environnement, en signant avec « Pays de l’Ours - Adet » la charte qui a permis de réintroduire les premiers ours. Demain il annoncera son choix : celui, je l’espère, de respecter enfin les engagements de la France et d’assumer l’exemplarité que nous devons au monde ; celui de procéder dès 2005 à de nouveaux lâchers en Pyrénées Centrales comme en Béarn***. Je ne peux pas imaginer qu’il choisisse d’abandonner un pan entier de notre patrimoine naturel, d’effacer avec lui cette fierté que nous avons, nous pyrénéens, de prendre en main notre avenir en conciliant tous les enjeux de notre territoire dans une vraie démarche de développement durable. Car concilier les enjeux, faire progresser conjointement l’économie, l’environnement et les dimensions socio-culturelles est le principe même du développement durable.

Certains dénigrent, condamnent, dénoncent le retour de l’ours au nom de conceptions dépassées opposant l’Homme à la Nature. Nous, nous sommes fiers de ce retour et nous voyons dans cette histoire l’amorce, à amplifier, d’un nouveau développement dans les Pyrénées : un développement basé sur la valorisation des atouts et des spécificités d’un territoire remarquable, tant par son environnement naturel que culturel. L’ours occupe dans ce schéma une place à part : il est tout à la fois notre histoire et notre espoir.

François Arcangeli
Maire d’Arbas,
Président de l’association pour le développement durable des Pyrénées Centrales «
Pays de l’Ours - Adet »
Contact : Tél. : 05-61-97-48-44 - Fax : 05-61-97-48-68

*selon un sondage réalisé en 2003 par l’IFOP pour les associations « Pays de l’Ours - Adet » et WWF.

** De nombreuses voix de personnalités ou de partis politiques se sont déjà élevées pour demander la mise en place d’un véritable plan de restauration d’une population viable d’ours dans les Pyrénées, comme le Parti Socialiste, Les Verts, Cap 21, Génération Écologie les Bleus ... en plus de la grande pétition nationale sur www.paysdelours.com .

*** Les meilleurs spécialistes s’accordent à dire que si l’on veut assurer la viabilité de l’espèce, il faudra lâcher en quelques années 3 à 5 ours en Pyrénées Centrales - La commune d’Arbas (31) a dores et déjà demandé par délibération unanime de son conseil municipal le lâcher de deux ours sur son territoire - et 5 à 7 ours en Pyrénées Occidentales.

30 octobre 2005

De l'utilité de l'Ours des Pyrénées (1): La Tristesse d'Olympio

La buvette vous invite à envoyer des textes d'auteurs ou vos propres textes pour illustrer le thème : "De l'utilité de l'ours" ou "L'intérêt de l'inutile". A vos plumes !

Pour commencer cette série : La Tristesse d'Olympio de Victor Hugo.
Victor HUGO (1802-1885) 
Recueil : Les rayons et les ombres

La Tristesse d'Olympio

Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes.
Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes
Sur la terre étendu,
L'air était plein d'encens et les prés de verdures
Quand il revit ces lieux où par tant de blessures
Son coeur s'est répandu !

L'automne souriait ; les coteaux vers la plaine
Penchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine ;
Le ciel était doré ;
Et les oiseaux, tournés vers celui que tout nomme,
Disant peut-être à Dieu quelque chose de l'homme,
Chantaient leur chant sacré !

Il voulut tout revoir, l'étang près de la source,
La masure où l'aumône avait vidé leur bourse,
Le vieux frêne plié,
Les retraites d'amour au fond des bois perdues,
L'arbre où dans les baisers leurs âmes confondues
Avaient tout oublié !

Il chercha le jardin, la maison isolée,
La grille d'où l'oeil plonge en une oblique allée,
Les vergers en talus.
Pâle, il marchait. - Au bruit de son pas grave et sombre,
Il voyait à chaque arbre, hélas ! se dresser l'ombre
Des jours qui ne sont plus !

Il entendait frémir dans la forêt qu'il aime
Ce doux vent qui, faisant tout vibrer en nous-même,
Y réveille l'amour,
Et, remuant le chêne ou balançant la rose,
Semble l'âme de tout qui va sur chaque chose
Se poser tour à tour !

Les feuilles qui gisaient dans le bois solitaire,
S'efforçant sous ses pas de s'élever de terre,
Couraient dans le jardin ;
Ainsi, parfois, quand l'âme est triste, nos pensées
S'envolent un moment sur leurs ailes blessées,
Puis retombent soudain.

Il contempla longtemps les formes magnifiques
Que la nature prend dans les champs pacifiques ;
Il rêva jusqu'au soir ;
Tout le jour il erra le long de la ravine,
Admirant tour à tour le ciel, face divine,
Le lac, divin miroir !

Hélas ! se rappelant ses douces aventures,
Regardant, sans entrer, par-dessus les clôtures,
Ainsi qu'un paria,
Il erra tout le jour, vers l'heure où la nuit tombe,
Il se sentit le coeur triste comme une tombe,
Alors il s'écria :

" O douleur ! j'ai voulu, moi dont l'âme est troublée,
Savoir si l'urne encor conservait la liqueur,
Et voir ce qu'avait fait cette heureuse vallée
De tout ce que j'avais laissé là de mon coeur !

Que peu de temps suffit pour changer toutes choses !
Nature au front serein, comme vous oubliez !
Et comme vous brisez dans vos métamorphoses
Les fils mystérieux où nos coeurs sont liés !

Nos chambres de feuillage en halliers sont changées !
L'arbre où fut notre chiffre est mort ou renversé ;
Nos roses dans l'enclos ont été ravagées
Par les petits enfants qui sautent le fossé.

Un mur clôt la fontaine où, par l'heure échauffée,
Folâtre, elle buvait en descendant des bois ;
Elle prenait de l'eau dans sa main, douce fée,
Et laissait retomber des perles de ses doigts !

On a pavé la route âpre et mal aplanie,
Où, dans le sable pur se dessinant si bien,
Et de sa petitesse étalant l'ironie,
Son pied charmant semblait rire à côté du mien !

La borne du chemin, qui vit des jours sans nombre,
Où jadis pour m'attendre elle aimait à s'asseoir,
S'est usée en heurtant, lorsque la route est sombre,
Les grands chars gémissants qui reviennent le soir.

La forêt ici manque et là s'est agrandie.
De tout ce qui fut nous presque rien n'est vivant ;
Et, comme un tas de cendre éteinte et refroidie,
L'amas des souvenirs se disperse à tout vent !

N'existons-nous donc plus ? Avons-nous eu notre heure ?
Rien ne la rendra-t-il à nos cris superflus ?
L'air joue avec la branche au moment où je pleure ;
Ma maison me regarde et ne me connaît plus.

D'autres vont maintenant passer où nous passâmes.
Nous y sommes venus, d'autres vont y venir ;
Et le songe qu'avaient ébauché nos deux âmes,
Ils le continueront sans pouvoir le finir !

Car personne ici-bas ne termine et n'achève ;
Les pires des humains sont comme les meilleurs ;
Nous nous réveillons tous au même endroit du rêve.
Tout commence en ce monde et tout finit ailleurs.

Oui, d'autres à leur tour viendront, couples sans tache,
Puiser dans cet asile heureux, calme, enchanté,
Tout ce que la nature à l'amour qui se cache
Mêle de rêverie et de solennité !

D'autres auront nos champs, nos sentiers, nos retraites ;
Ton bois, ma bien-aimée, est à des inconnus.
D'autres femmes viendront, baigneuses indiscrètes,
Troubler le flot sacré qu'ont touché tes pieds nus !

Quoi donc ! c'est vainement qu'ici nous nous aimâmes !
Rien ne nous restera de ces coteaux fleuris
Où nous fondions notre être en y mêlant nos flammes !
L'impassible nature a déjà tout repris.

Oh ! dites-moi, ravins, frais ruisseaux, treilles mûres,
Rameaux chargés de nids, grottes, forêts, buissons.
Est-ce que vous ferez pour d'autres vos murmures ?
Est-ce que vous direz à d'autres vos chansons ?

Nous vous comprenions tant ! doux, attentifs, austères,
Tous nos échos s'ouvraient si bien à votre voix !
Et nous prêtions si bien, sans troubler vos mystères,
L'oreille aux mots profonds que vous dites parfois !

Répondez, vallon pur, répondez, solitude,
O nature abritée en ce désert si beau,
Lorsque nous dormirons tous deux dans l'attitude
Que donne aux morts pensifs la forme du tombeau,

Est-ce que vous serez à ce point insensible
De nous savoir couchés, morts avec nos amours,
Et de continuer votre fête paisible,
Et de toujours sourire et de chanter toujours ?

Est-ce que, nous sentant errer dans vos retraites,
Fantômes reconnus par vos monts et vos bois,
Vous ne nous direz pas de ces choses secrètes
Qu'on dit en revoyant des amis d'autrefois ?

Est-ce que vous pourrez, sans tristesse et sans plainte,
Voir nos ombres flotter où marchèrent nos pas,
Et la voir m'entraîner, dans une morne étreinte,
Vers quelque source en pleurs qui sanglote tout bas ?

Et s'il est quelque part, dans l'ombre où rien ne veille,
Deux amants sous vos fleurs abritant leurs transports,
Ne leur irez-vous pas murmurer à l'oreille :
- Vous qui vivez, donnez une pensée aux morts !

Dieu nous prête un moment les prés et les fontaines,
Les grands bois frissonnants, les rocs profonds et sourds
Et les cieux azurés et les lacs et les plaines,
Pour y mettre nos coeurs, nos rêves, nos amours ;

Puis il nous les retire. Il souffle notre flamme ;
Il plonge dans la nuit l'antre où nous rayonnons ;
Et dit à la vallée, où s'imprima notre âme,
D'effacer notre trace et d'oublier nos noms.

Eh bien ! oubliez-nous, maison, jardin, ombrages !
Herbe, use notre seuil ! ronce, cache nos pas !
Chantez, oiseaux ! ruisseaux, coulez ! croissez, feuillages !
Ceux que vous oubliez ne vous oublieront pas.

Car vous êtes pour nous l'ombre de l'amour même !
Vous êtes l'oasis qu'on rencontre en chemin !
Vous êtes, ô vallon, la retraite suprême
Où nous avons pleuré nous tenant par la main !

Toutes les passions s'éloignent avec l'âge,
L'une emportant son masque et l'autre son couteau,
Comme un essaim chantant d'histrions en voyage
Dont le groupe décroît derrière le coteau.

Mais toi, rien ne t'efface, amour ! toi qui nous charmes,
Toi qui, torche ou flambeau, luis dans notre brouillard !
Tu nous tiens par la joie, et surtout par les larmes.
Jeune homme on te maudit, on t'adore vieillard.

Dans ces jours où la tête au poids des ans s'incline,
Où l'homme, sans projets, sans but, sans visions,
Sent qu'il n'est déjà plus qu'une tombe en ruine
Où gisent ses vertus et ses illusions ;

Quand notre âme en rêvant descend dans nos entrailles,
Comptant dans notre coeur, qu'enfin la glace atteint,
Comme on compte les morts sur un champ de batailles,
Chaque douleur tombée et chaque songe éteint,

Comme quelqu'un qui cherche en tenant une lampe,
Loin des objets réels, loin du monde rieur,
Elle arrive à pas lents par une obscure rampe
Jusqu'au fond désolé du gouffre intérieur ;

Et là, dans cette nuit qu'aucun rayon n'étoile,
L'âme, en un repli sombre où tout semble finir,
Sent quelque chose encor palpiter sous un voile...
C'est toi qui dors dans l'ombre, ô sacré souvenir ! "

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L'ours des Pyrénées deviendra t-il un sacré souvenir ?

One Voice n'ira pas à Paris. Coup de gueule de Baudouin de Menten

Manifestation du 5 novembre : le choix de One Voice
Par Sylia le 29 octobre 2005 sur le site Lamainalapatte

Les militants interpellent

One Voice a été interpellée au sujet de la manifestation "Pour la défense de la Nature, du vivant et des animaux" du 5 novembre, ce qui est bien légitime. L’association partage et soutient en effet toutes les justes revendications énoncées dans l’appel à cette manifestation, excepté une : "Le renforcement de la population des ours dans les Pyrénées", qui implique la capture d’ours aux fins de leur réintroduction dans cette région.

L’animal au centre

Le choix de One Voice de ne pas participer à cette manifestation n’est pas tant une remise en question des choix philosophiques des associations organisatrices de cet événement, mais l’expression de la fidélité à son éthique. Sa mission est la défense des animaux en tant qu’individus, et non la préservation des espèces comme patrimoine pour les régions où vivent les humains.
Cette demande d’une réintroduction d’ours capturés en Slovénie, prend en compte les intérêts des humains qui veulent préserver leur environnement et la biodiversité certes, mais ne prend aucunement en compte l’intérêt des animaux en tant qu’individus. Or, dans le combat éthique de One Voice, l’animal est au centre.

Éthique

Sur le plan écologique, la réintroduction d’ours dans les Pyrénées lui paraît dangereuse pour ces individus, les conditions n’étant pas encore réunies, à son sens, pour permettre de préserver les nouveaux arrivants de manière sûre. Et plus encore, sur le plan éthique, il ne lui apparaît pas légitime de capturer des ours, avec tout le stress et le traumatisme que cela suppose, de les arracher à leur milieu naturel d’origine, pour les implanter dans un autre pays afin de satisfaire le bon plaisir des humains, dont certains ont tué les ours vivant dans les Pyrénées (ceux-ci n’ont pas disparu de manière naturelle).

Sanctuaire

La France compte déjà de nombreux ours sur son territoire. Hélas, ceux-ci vivent enfermés dans les cages des cirques ou sont exhibés par des montreurs. Si One Voice est opposée à la capture d’ours vivant libres dans leur milieu naturel pour les réintroduire dans les Pyrénées, elle est en revanche très favorable à la création, dans les Pyrénées, d’un sanctuaire qui accueillerait les ours retirés aux cirques et aux montreurs. À terme, et dans ce contexte différent, une réhabilitation des générations suivantes de ces ours, à la vie sauvage, pourrait être envisagée. Ce type de projet est mené avec succès par des associations en Russie et, One Voice l’envisage, pour certains ours accueillis dans son sanctuaire en Inde, quand le braconnage aura totalement disparu. De même, des chimpanzés au Congo et des gibbons en Indonésie, sont rendus à la nature.

Un autre message

One Voice espère que sa position éthique, qui n’est en rien une démarche hostile envers les organisateurs et participants de la manifestation du 5 novembre, sera bien comprise comme une volonté de faire passer un autre message. Celui de la prise en compte des intérêts des animaux en tant qu’individus, et non plus seulement en tant que représentants d’une biodiversité qui n’a sa raison d’être que par l’usage, le loisir, et le bon vouloir des humains.

Réaction de la buvette

1) L'animal au centre

"Sa mission est la défense des animaux en tant qu’individus, et non la préservation des espèces comme patrimoine pour les régions où vivent les humains". La défense des Ours individuellement (de cirques, de zoo) n'est pas incompatible avec la défense de la survie d'une espèce sur un territoire. Vous vous limitez donc à la défense des individus, c'est noté. Pour les ours, il n'y aura plus d'animal au centre, pas même sur les bords, puisque sans renforcement, il n'y aura PLUS d'ours.

2) Éthique

"Cette demande d’une réintroduction d’ours capturés en Slovénie, prend en compte les intérêts des humains qui veulent préserver leur environnement et la biodiversité certes, mais ne prend aucunement en compte l’intérêt des animaux en tant qu’individus." Erreur : les Ours slovènes qui serviront à renforcer la population pyrénéenne sont retirés d'un plan de chasse et de contrôle des populations. Si la France dit "Non, on n'en désire plus", le plan de chasse sera augmenté de 5 ours.

Leur espérance de vie est donc meilleure en France, malgré la présence d'individus et d'éleveurs qui sont prêts à enfreindre la loi pour se payer un ours, le plus discrètement possible, cela va de soi…

Même s'il est vrai la capture va les "bousculer" un peu, il faut aussi reconnaître que la capture, les soins, le transport et le lâcher sont effectués dans les meilleures conditions possibles, sous contrôle vétérinaire, dans les délais les plus brefs…

Le fait que les ours relâchés adoptent la même vie, fréquentent les mêmes lieux de nourrissages, les mêmes sentes etc., montre bien qu'ils ont gardé leur esprit entier. Le fait qu'ils se reproduisent rapidement montre aussi que les conditions de la capture ne les ont pas traumatisés autant que vous semblez le dire. De plus c'est une preuve aussi que leur nouveau milieu - les Pyrénées - est favorable à une reproduction et à une vie correcte et naturelle. La seule chose qu'ils ont à craindre en plus, ce sont les hommes qui veulent les éradiquer par n'importe quels moyens. L'ours est protégé par la loi. Il suffit donc de faire respecter la loi.

À vous entendre, si les humains font des conneries, il faut laisser faire, puisqu'aucun renforcement n'est légitime.

Ou en est dans votre projet de sanctuaire ? Qui avez vous contacté ? Vos installations sont-elles prêtes ? Les zoos vont-ils vous donner des ours ? Ou est-il aussi chez vous urgent de ne rien faire ? Avez-vous proposé à l'IPHB de réintroduire des ours "français" élevés par des mères ayant vécu toute leur vie en cage ou en enclos ? Vous risquez votre vie là !

3) Sanctuaire…

Sanctuaire ou boucherie ? Vous ne parlez pas de votre sanctuaire ? Gorce ? Combien d'hectares et de kilomètres de clôtures pour relâcher en semi-liberté des ours qui :

  • vivent depuis des années en cage ou dans quelques mètres carrés
  • sont nourris par l'homme depuis le même temps
  • ont perdu instinct de survie, méfiance de l'homme, l'esprit?

Espérer une reproduction tranquille d'ours captifs et un relâché de la descendance? Comment une mère ex-captive va telle apprendre à ses oursons à vivre, où trouver sa nourriture et à craindre l'homme ?
Les relâcher tous ensemble, me semble être une très mauvaise idée complètement utopique. Ces ours ne pourront que créer des carnages (attaque de bétail, approche des humains, des villages, conflits entre eux).

Ce parc est la plus grande des conneries à faire. Après le moindre incident, tous les opposants vont sauter sur l'occasion pour dire "vous voyez bien que les ours sont dangereux, incontrôlables, on vous l'avait bien dit. Même les ours sauvages, il faut les mettre dans des parcs, plus petits" etc.

4) Un autre message

Vous espérez… et bien continuez de le faire. Pour ma part je n'adhère pas à vos idées, ni à votre association, même si je dénonce à la buvette, chaque fois que possible les mauvais traitements aux animaux sauvages ou domestiques prisonniers :

"Une biodiversité qui n’a sa raison d’être que par l’usage, le loisir, et le bon vouloir des humains".
Vous êtes complètement à côté de la plaque ma parole. Il s'agit de renforcer une population à J-1 de l'extinction pas de bon vouloir des humains. Laissez mourir les ours qui sont encore "sains d'esprit" et en liberté et relâcher les ours que l'homme a rendu "dingues" en quelque sorte. Est-ce celà votre programme?

29 octobre 2005

L'ours pyrénéen a sa place

A l'occasion du premier anniverssaire de la mort de Cannelle...
Propos recueillis par Thomas Longué du journal "Sud-Ouest"

Bernard Placé: « Les chasseurs ne sont pas contre l'ours pyrénéen », plaide le président de la Fédération départementale des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques...

Parce qu'elles font l'objet d'une instruction judiciaire en cours, pas question pour Bernard Placé de revenir sur les circonstances de la mort de l'ourse Cannelle, tuée le dimanche 1er novembre par le chasseur René Marquèze, originaire d'Urdos. Cependant le président de la Fédération des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques se félicite du fonctionnement, désormais réellement effectif, du réseau «ours brun», et du dispositif de suspension de la chasse qu'il déclenche dans les zones dites «consensuelles». Quant à se prononcer pour ou contre la réintroduction d'ours, Bernard Placé sort son joker... Tout en ayant livré sans détour le sentiment des chasseurs locaux sur son opportunité actuelle.

« Un an après, comment mesurez-vous les conséquences de l'effet désastreux produit sur l'opinion par la mort de Cannelle , tant vis-à-vis de l'image des chasseurs, ce qui est une chose, que de celle du Béarn et des Pyrénéens dans leur ensemble ?
Bernard Placé : Ce qui s'est surtout passé, c'est un énorme choc dans les vallées, au niveau des valléens et de ceux qui viennent de la montagne. Parce qu'une ourse avait été tuée accidentellement par un chasseur, alors que cet animal mythique faisait partie de la vie de nos montagnes. Il est vrai que l'image de la chasse n'a pas été valorisée, mais il faut souligner l'extrême responsabilité des acteurs locaux, qui ont subi avec dignité un cyclone médiatique sans précédent.

Quelle est depuis la situation des chasseurs, au sein de l'IPHB (Institution patrimoniale du Haut-Béarn) ?
Bernard Placé : Les chasseurs avaient repris leur place au Conseil de gestion patrimoniale avant l'accident et siègent toujours dans cette instance de réflexion et de débat. L'intérêt majeur est qu'on puisse y aborder en toute franchise toute la problématique de la montagne. Qui est avant tout l'activité pastorale, humaine, la question de l'eau et enfin l'ours. A ce titre les chasseurs ne sont pas contre l'ours pyrénéen, qui a sa place. Mais ils sont opposés à toutes sortes de réintroductions d'espèces étrangères, génétiquement différentes. Et qui sont en l'occurrence source de problèmes. Les vallées ne sont pas prêtes.

Quid de la table ronde que vous aviez annoncée pour octobre ?
Bernard Placé : J'ai surtout rendez-vous avec la ministre le vendredi 4 novembre à Toulouse. Peut-être est-ce pour nous annoncer qu'elle diffère la réintroduction en raison des risques de peste aviaire. Et si un ours [slovène] avait mangé un canard malade ?...

Qu'est-ce qui a changé en un an, dans la perception de l'ours par les chasseurs ?
Bernard Placé : Il y a un élément important : les chasseurs ont pu continuer à chasser dans le cadre d'une charte entre l'Etat et les fédérations, prenant en compte la présence de l'ours. Les fameuses zones réglementées [les « réserves Lalonde », NDLR] ayant prouvé leur inefficacité, l'information concernant la présence d'un ours est traitée et diffusée prioritairement par l'équipe technique, dont l'ONC (Office nationale de la chasse) est le maître d'oeuvre. Celle-ci transmet l'information à la fédération et nous la relayons auprès des présidents des secteurs concernés. J'ai fait en sorte que cette diffusion soit parfaitement opérationnelle.

Concrètement, cela signifie qu'un chasseur ne peut plus se retrouver, comme l'an dernier à Urdos, en action de chasse avec son chien dans un secteur à ours ?
Bernard Placé : Les chasseurs ont à plusieurs reprises été mis en situation de travail pour faire remonter des informations. Je rappelle qu'il y a deux situations à risque, pour l'homme : quand une ourse est accompagnée par son petit; quand l'ours est sans tanière. Dans le cadre de la charte, des zones consensuelles viennent d'être déterminées; cinq zones dans lesquelles on est sûr de trouver un ours ont été parfaitement définies, et la chasse est suspendue dès qu'un ours se cantonne dans l'un de ces secteurs.

« Et si un ours avait mangé un canard malade de la peste aviaire ?... »

Vous voulez pas répéter la question?

28 octobre 2005

Pour une mobilisation sans précédent

Jamais de mémoire de protecteur, autant d'associations ne se seront unies pour défendre leur cause commune. Faisant fi de leurs différences, et dans le respect mutuel des particularismes de chacune, près de 80 associations appellent leurs militants à défiler ensemble et de concert le 5 novembre à Paris ou à Valence pour dénoncer, mais aussi pour espérer. Et on espère plus et mieux lorsqu'on espère nombreux.

Des quatre coins de l'hexagone, les associations ont répondu à l'appel. Et depuis.ça s'agite et ça phosphore dans les régions. Des cars partiront d' Auvergne et des Pyrénées (et de bien d'autres régions), du co-voiturage est organisé par la plupart des structures, les communiqués fusent ici et là.

Pas un forum de discussion ornitho qui ne relaie cet appel à mobilisation, pas une réunion de protecteur sans que les plus motivés ne tancent ceux qui ne sont pas encore décidés, ceux qui préfèrent rester scotcher à leur jumelles, à promener leur chien ou à ramasser des champignons. C'est vrai que c'est bien plus agréable de regarder passer les balbus et les grues, et que les bolets poussent encore dans nos forêts. Pour les chiens, c'est plus simple, ils sont également invités.

Car l'enjeu est là maintenant. Après avoir réussi le challenge du rassemblement de la grande majorité de nos associations, il faut absolument transformer l'essai (comme on dit en « ovalie ») en mobilisant le plus possible nos militants sur l'un des deux sites de manifestation. Et il en faut des milliers si on veut être entendus ! Si on veut conserver des Parcs Nationaux dignes de ce nom, si on veut sauver les espèces en dangers, combattre l'extrême chasse, pour avoir enfin une nouvelle loi sur l'eau.

Bref pour que nos gouvernants, et ceux qui veulent leur place, prennent enfin la mesure de nos légitimes attentes. Ce succès dépend de chacun d'entre nous. Si on réussit, il n'y aura pas un grand vainqueur, il y en aura des milliers, fort de leurs convictions, de leur militantisme et de leur respect des autres. Qui pourra se glorifier le plus d'un grand succès le 5 novembre ? L'éleveur pyrénéen « monté » à Paris pour cette grande cause ? L'ornitho Lozérien venu à Valence rejoindre le cortège ? Le cadre associatif qui aura travaillé comme un  fou à cette manifestation ? Que serait l'un sans l'autre ? Un simple individu persuadé que lui seul détient la vérité. Alors que tous ensemble, nous représenterons une force, un véritable contre pouvoir contre les bétonneurs, les persécuteurs de la faune ou les pollueurs de tout crins.

Ce succès sera tout à la fois collectivement et individuellement le vôtre.
Une seule condition pour cela : que vous soyez à Valence ou à Paris le 5.
Personne ne pourra déléguer, il faut y être.

Pierre ATHANAZE

1. Action Nature
2. Agir pour l'environnement
3. Animaux en Péril (Belgique)
4. association C.H.E.V.A.L
5. Association Départementale Pyrénéenne des Accompagnateurs en Montagne Haute Garonne (ADPAM 31)
6. Association Française et Internationale de Protection Animale (AFIPA)
7. Association lozérienne pour l'étude et la protection de l'environnement (ALEPE)
8. Association Pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS)
9. Bonnelles Nature
10. Bretagne Vivante
11. Centre Ornithologique Rhône-Alpes (CORA)
12. Charente nature
13. Collectif Ourse
14. Collectif Saône et Doubs Vivants
15. Comité Ecologique Ariégeois
16. Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, du Sous-sol et des Chiroptères (CPEPESC) (Besançon)
17. Confédération des Associations de Protection de l'Environnement et de la Nature en Saône-et-Loire
18. Connaissance et Protection de la Nature du Brabant (Belgique)
19. Convention Vie et Nature
20. Coordination Cap-Ours
21. Coordination pour la défense du Marais Poitevin
22. Eure et Loir nature
23. Fédération de la Région Auvergne pour la Nature et l'Environnement (FRANE)
24. Fédération des associations de protection de la nature et du cadre de vie des hautes-Pyrénées (UMINATE 65)
25. Fédération Midi-Pyrénées des Associations de Protection de la Nature et de l'Environnement (UMINATE)
26. FERUS ours loup lynx conservation
27. FIEP Groupe Ours Pyrénées
28. Fondation Assistance aux Animaux
29. Fondation Brigitte Bardot
30. France Nature Environnement (FNE)
31. Franche-Comté Nature Environnement
32. FRAPNA région
33. Greenpeace-France
34. Groupe Mammalogique d'Auvergne (GMA)
35. Groupe Mammalogique breton (GMB)
36. Groupement de Réflexion et d'Action pour l'Animal (GRAAL)
37. IFAW-France
38. Jura Nature Environnement
39. La Buvette des Alpages (Belgique)
40. La Meute
41. Le Chène, Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage et Musée de la Nature d'Allouville-Bellefosse
42. Les Amis de l'ours en Pyrénées Centrales (AMOPYC)
43. Les Amis de la Terre
44. Les Naturalistes Chapellois
45. Les Naturalistes Orléanais et de Loire Moyenne
46. Ligue française des droits de l'animal (LFDA)
47. Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO)
48. Ligue royale belge pour la protection des Oiseaux (LRBPO)
49. Lupi
50. Mille Traces
51. Nature Comminges
52. Nature et Citoyenneté
53. Nature Midi-Pyrénées
54. Nature-Centre. Fédération régionale des associations de protection de la nature du Centre.
55. Nord-nature
56. Orgambidexka Col Libre
57. Pays de l'Ours ADET
58. Paysages de France
59. Picardie Nature
60. Poitou Charentes Nature
61. Pro Anima
62. Rassemblement anti chasse (RAC)
63. Réseau Cétacés
64. Réserves Naturelles de France (RNF)
65. Sarthe Nature Environnement
66. Sea Shepherd-France
67. SEPANSO région
68. Serre Vivante
69. Société d'Encouragement pour la conservation des animaux sauvages  SECAS).
70. Société pour l'Etude la Protection et l'Aménagement de la Nature dans le Sud-Ouest (SEPANSO-Béarn)
71. Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM)
72. Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN)
73. Société Protectrice des Animaux (SPA)
74. Valloire Nature et Avenir
75. Veg'Asso
76. Vers un monde meilleur
77. Wolf Eyes
78. WWF-France
79. www loup.org
80. Yonne Nature Environnement

Un car Bruxelles-Paris pour la manif du 05/11 - Il reste des places

L'association "Animaux en péril" organise un départ en car 2 étages à partir de Braine-l'Alleud (10 km de Bruxelles) pour aller à Paris, à la manifestation du 5 novembre. Il reste une trentaine de place libres. Allez les belges, secouez vous un peu...

Départ : Braine l'Alleud 8h30
Renseignements : +32 23 85 00 75

Pour Animaux en Péril
Jean-Marc Montegnies - Directeur.

Manifestation

Plus de 70 associations appellent à une grande manifestation pour la nature, la biodiversité et le respect de la vie animale le samedi 5 novembre du Panthéon à Denfert Rochereau à partir de 14h.

C'est le premier anniversaire de la mort de Cannelle, dernière ours pyrénéenne, tuée par un chasseur. Les trois organisateurs de la protestation qui s'en était suivie en 2004, Ferus, la SPA et le WWF, ont souhaité mobiliser plus largement en une sorte de "nature pride".

Il ne s'agit ni de redire que la planète va mal, ni d'appeler chacun à des comportements plus responsables : on le fait par ailleurs. Nous marcherons pour dire que l'on pourrait faire beaucoup plus et beaucoup mieux pour la nature, tout de suite, notamment en France où  l'Etat  multiplie les effets d'annonce tout en réduisant les moyens.

Avec 895 millions d'euros, le budget de l'Ecologie représente un 300 ème du budget de l'Etat.  Avec 36 milliards, la ministre de la Défense a déclaré  "j'ai les moyens de remplir ma mission". Sa collègue de l'Ecologie peut elle en dire autant  ? Quelle est la principale menace, les soldats Nord Coréens  ou l'épuisement de la planète ?

Fait sans précédent, quasiment tout le monde de la protection de la nature lance un  appel commun. Des ONG nationales et internationales ( comme Greenpeace, les Amis de la Terre, l'IFAW, le WWF, la SPA, la Fondation Brigitte Bardot, la LPO, la SNPN, RNF,  l'ASPAS et bien d'autres) aux associations départementales et locales en passant par la plupart des puissantes "régionales", toutes ont le profond sentiment de relayer une forte aspiration populaire : il n'y a plus guère que la classe politique pour penser que l'on pourra faire le bonheur des hommes en laissant crever la nature.

27 octobre 2005

De l'AOC pour les ours pyrénéens. Réactions

En route vers l’AOC Barèges-Gavarnie

Dans les Hautes-Pyrénées, les moutonniers du pays Toy se sont spécialisés dans la production de brebis et de doublons. Sous l’impulsion d’un jeune éleveur, Sylvain Broueilh, ils sont en passe d’obtenir la deuxième AOC attribuée à une viande en France.

Gavarnie «Mon attachement à la vallée de Barèges m’a motivé pour vivre au pays, explique Sylvain Broueilh, mais également pour m’investir dans son développement. » Après un bac économique et un BPREA, ce jeune éleveur de 24 ans a repris l’exploitation familiale de Luz-Saint-Sauveur en janvier 2001. Dans cette haute vallée pyrénéenne, aussi appelée vallée du gave de Pau ou encore pays Toy, les 130 exploitations agricoles sont toutes spécialisées dans l’élevage. Pour preuve, les 1 800 ha de SAU que compte la vallée sont totalement consacrés à la production d’herbe, à l’exception de… 2 ha de maïs.

Si une petite production bovine subsiste dans le canton - 180 vaches allaitantes - le mouton demeure le pilier de l’agriculture locale. Avec une dizaine de vaches limousines et 150 brebis barégeoise, l’exploitation de Sylvain Broueilh ne déroge pas à cette règle.  « Mais attention, prévient-il, contrairement au système traditionnel agneau de boucherie/brebis de réforme, nous produisons essentiellement de jeunes adultes. »

Car chez Sylvain, le système d’élevage est avant tout dicté par les contraintes géographiques et climatiques. De décembre à mars, les animaux passent l’hiver en bergerie, en fond de vallée, nourris avec du foin et du regain. « Toutefois, précise Sylvain, dès que le temps le permet, les bêtes sont lâchées sur les prairies. »

A partir du mois d’avril, le troupeau se déplace en moyenne montagne (1 300 m), sur un secteur de « granges foraines. » Pendant 5 à 6 semaines, il pâture l’herbe de printemps sur des prairies de fauche et des parcours.

En été, le troupeau transhume vers les hauts pâturages. Avec 25 000 ha de pâturages collectifs situés entre 1 600 et 2 600 m d’altitude, ce territoire représente la partie la plus élevée, mais aussi la plus étendue, du terroir du pays Toy.

En estive, les moutons sont en totale liberté. Sylvain leur rend visite une fois par semaine pour les regrouper, les soigner et les trier afin de sélectionner ceux qui seront commercialisés.

Fin octobre, le cheptel redescend vers les « granges foraines » pour y pâturer les repousses d’automne pendant quelques semaines. Enfin, le mois de novembre arrivé, les bêtes réintègrent la bergerie. Tout au long de l’année, sous forme de foin, de regain ou de pâturage, l’herbe constitue le pivot de l’alimentation. Les apports complémentaires se résument à quelques pierres à lécher en hiver et à un mélange de sel et de son en été.

La plupart des moutonniers du pays Toy ont opté pour un système de production basé sur une race : la barégeoise. « Cette race locale et rustique se caractérise par une forte aptitude au désaisonnement, explique Sylvain. Les éleveurs ont recours à la lutte naturelle, en liberté, et les agnelages se déroulent essentiellement en automne, pour se poursuivre jusqu’au printemps. »

Avec une prolificité moyenne de 114 % et une productivité numérique de 0,77, la production d’agneau engraissé ne constitue pas une priorité. Au contraire, le système barégeois s’appuie sur deux produits : la brebis de boucherie et le doublon. Cette brebis est une jeune femelle (2 à 6 ans), ayant estivé au moins deux fois et agnelé cinq fois au maximum. Le doublon est un jeune mâle castré de plus de 18 mois, ayant estivé au moins deux fois.

Ce mode de production, qui entraîne un taux de renouvellement assez élevé (de l’ordre de 30 à 40 %), conduit à un produit fini de grande qualité. Juteuse et tendre, fondante en bouche, aux saveurs de bois, de prairies, d‘alpage… selon une étude du Centre régional d’innovation et de transfert de technologie (Critt) de Midi-Pyrénées, la viande de mouton du pays Toy « se distingue incontestablement des autres viandes ».

« De tout temps, notre viande a eu bonne réputation, précise Sylvain. Dans les années cinquante, sa notoriété remontait jusqu’à Bordeaux et même Paris. Aujourd’hui, cette notoriété s’est un peu circonscrite, mais toujours avec une très bonne image. » De cette qualité découle un prix de vente assez satisfaisant : 22 à 25 F/kg de carcasse pour les brebis, et jusqu’à 26,50 F/kg pour les doublons. « A partir de là, explique Sylvain, on aurait pu se contenter de vanter la qualité de notre produit et continuer à le vendre comme ça. Le problème, c’est que certains bouchers utilisaient l’image de notre viande, tout en s’approvisionnant dans d’autres vallées. »

Les moutonniers du pays Toy prennent alors conscience qu’ils doivent franchir une étape pour préserver leur valeur ajoutée. En 1996, alors que Sylvain est encore aide familial, le directeur régional de l’Inao laisse entendre qu’au vu des techniques et de la zone de production, le mouton du pays Toy pourrait prétendre à une appellation d’origine contrôlée (AOC).

Dès lors, les éleveurs engagent une réflexion sur la race, la conduite alimentaire et le système d’exploitation. Ils aboutissent à un cahier des charges correspondant aux techniques de production traditionnelles. Selon les premières estimations, un quart des exploitations du pays Toy et un tiers du cheptel pourraient y prétendre.
Avec l’appui des collectivités, de la chambre d’agriculture et de l’Inao, une demande officielle est déposée en 1997 pour la reconnaissance de cette appellation « Barèges-Gavarnie » Mais si certains soutiennent le projet, d’autres s’en inquiètent. Un boucher refuse même d’acheter les animaux de Sylvain. Heureusement, dans le même temps, Joël et Gaby Escaich, qui produisent du mouton « Barèges-Gavarnie » à Betpouey, recherchent un partenaire pour approvisionner leur boucherie artisanale et des restaurateurs de la région. « Notre collaboration, explique Joël Escaich, permet de satisfaire la demande tout au long de l’année. Entre le magasin, les bouchers et les restaurateurs de Luz, de Pau et de Tarbes, nous écoulons jusqu’à quatre carcasses par semaine. »

Entre temps, la demande AOC a très vite avancé. Si certains dossiers mettent huit à dix ans pour aboutir, l’AOC « Barèges-Gavarnie » a obtenu son principe de reconnaissance en mars 2000. Le décret d’application, qui signera la naissance officielle de l’AOC, est aujourd’hui suspendu à la réouverture de l’abattoir de Luz, actuellement en cours de rénovation. Selon certaines sources, le décret sera adopté au plus tard au printemps 2002. « Mais attention, prévient Joël Escaich, lorsque nous aurons obtenu l’AOC, la demande va augmenter et nous devrons être capables de proposer notre viande tout au long de l’année. Certains éleveurs devront modifier leurs pratiques pour répondre au marché. Il faut s’y préparer dès maintenant. »

« En tout cas, l’obtention de l’AOC va apporter du poids à nos revendications, poursuit Sylvain. Avec le thermalisme et le tourisme, la pression foncière est très forte. Nous espérons que l’AOC contribuera à installer des jeunes et à maintenir une vie locale dans la vallée. »

Le pays Toy a obtenu en septembre 2003 l'appellation d'origine contrôlée (AOC) pour le mouton de Barèges-Gavarnie, seule AOC ovine.

Vincent Lasseret

Lettre de Cyber nature à la présidente de l'AOC Barèges-Gavarnie

Madame,

Vos derniers propos publics concernant les ours sont intolérables de la part d'une organisation comme la vôtre. Comment pouvez-vous vous permettre de demander, de manière à peine voilée, l'extermination d'une espèce en voie de disparition et même d'appeler à la réalisation d'actes délictueux ?

Votre appelation ne vous empêche aucunement de prendre les mesures nécessaires pour protéger vos troupeaux. Vous reconnaissez d'ailleurs ne vouloir mettre en oeuvre aucune de ces mesures et que les éleveurs de votre association ne rendent visite à leurs troupeaux qu'une fois par semaine....

Votre attitude ne fait pas honneur à votre profession. Bon nombre de bergers et d'éleveurs, en France et dans le monde, exercent leur activité dans des environnement bien plus difficiles que ce que vous pouvez connaître.

C'est un fait, je parle surtout de bergers, mais je pense que votre organisation ne représente que des éleveurs. Vos propos n'en sont alors que bien plus inacceptables, ne s'agissant que de problèmes financiers et non de qualité de vie.

Ne croyez-vous pas que vos appels de plus en plus violents risquent un jour de se retrouner contre vous ?

Si les défenseurs d'une nature sauvegardée et d'une gestion durable concertée étaient aussi intolérants et insensés que votre groupuscule, il y a fort à craindre que les ours ne seraient pas les seuls à être en danger dans nos montagnes.

La concertation a toujours été la meilleure solution pour faire avancer les choses mais la radicalisation appelle toujours la radicalisation.

Ne pensez-vous pas que tout le monde aurait à gagner d'un niveau de discussion plus élevé ? Est-il si difficile de comprendre de notre environnement appartient à tout le monde mais aussi à nos enfants ? Votre entêtement et votre égoisme montrent à quel point le futur ne vous concerne pas.

Je n'aurais, quand à moi, pas eu le courage de regarder mes enfants dans les yeux en leur disant que j'ai participé à l'extermination d'une espèce symbole des Pyrénées pour des raisons mercantiles... alors que les solutions existaient pour une gestion raisonnée !

Formule de "Non-politesse"....

Eric RAFFI
Président de l'associtation
CYBER NATURE

De l'AOC pour les ours

Juteuse et tendre, fondante en bouche, aux saveurs de bois de prairies, d'alpage... la viande "Barèges-Gavarnie" se distingue par ses qualités gustatives. De la bonne viande sans protection, de bons dégâts sans indemnisations. Pourquoi indemniser des bergers qui refusent de se protéger, puisque pour avoir droit à l'AOC, il faut abandonner son troupeau en liberté.

un savoir-faire ancestral ... Le "Barèges-Gavarnie", une viande aux qualités exceptionnelles grâce au respect des traditions qui favorise une utilisation optimale du milieu naturel et des savoir-faire adaptés au relief montagneux et à un climat rude. Depuis des siècles, l'homme et la nature se sont associés pour fonder une terre de pastoralisme et de vie.

L'Inao s'est fait utiliser, berner. Sans doute ne s'en sont-ils pas encore rendu compte. Finement joué les toys : obtenir de l'Inao - les spécialistes des "pratiques loyles et constantes" l'AOC et l'obligation (pour obtenir l'appellation) de NE PAS protéger son troupeau. Maintenant ils peuvent dire "Puisque l'inao nous y oblige..."

Ne comptez pas sur moi...

Baudouin de Menten