Actualités ours des Pyrénées 2004

25 décembre 2004

L'Ours serait dangereux pour les chasseurs

Lettre d’Action pour la Nature N°18 - décembre 2004

Les antis ours Ariégeois ont voté une motion s’opposant aux réintroductions. Cette motion tend à faire penser que l’ours serait dangereux pour l’homme. Or, les ours ne sont pas dangereux pour tout le monde: ils le seraient seulement pour les chasseurs.

Alain Fuziès, le président des chasseurs pyrénéens, l’a affirmé récemment, les ours seraient bel et bien dangereux. De son côté, le conseil général de l’Ariège, présidé par nul autre qu’Augustin Bonrepaux, député-maire PS d’Ax-les-Thermes, a voté une motion, bien entendu défavorable à toute idée de renforcement de la population d’Ours.

Ce grand ami des ours, patron de la puissante fédération socialiste de l’Ariège a donc fait voter à la majorité de son conseil général une motion pleine de tout ce que l’on entend régulièrement de la part des anti-ours, plus un chapitre sur le danger que ferait courir ces animaux. C’est décidément un argument de plus en plus repris par tous ceux qui ne veulent pas d’ours dans la Nature.

«Considérant que le regrettable accident survenu dans les Pyrénées Atlantiques comme celui de Melles en 1997 mettent en évidence qu’un ours peut être dangereux dans certaines circonstances et que de tels accidents peuvent se reproduire avec des personnes sans défense.» (Les chasseurs étant armés)

Action Nature a donc mené l’enquête, et est en mesure d’affirmer que :

  • Cannelle aurait été abattue, selon les dires du chasseur en cause, en état de légitime défense.
  • Melba, en 1997 avait déjà été abattue dans des circonstances identiques aux dires de  la victime (sic).
  • L’Ours Claude avait également été abattu par un chasseur, certainement lui aussi attaqué par le vil plantigrade.
  • Le cadavre de Papillon, le vieil ours, aura révélé ce printemps à l’autopsie qu’il avait reçu au moins deux coups de fusil. Lui aussi devait être dangereux…

Or, nul besoin d’être bien malin pour comprendre que les ours ne sont pas dangereux pour tout le monde. Ils le seraient seulement pour les chasseurs. En effet, hormis les quatre exemples précédemment cités, il n’y a aucun témoignage de la moindre agressivité des plantigrades vis-à-vis des bergers, des randonneurs, naturalistes ou forestiers tous sans défense.

Bien au contraire, tous les témoignages des personnes qui ont eu le bonheur de croiser un ou des ours dans les Pyrénées, eux aussi sans défense, vont dans le même sens: aucun signe d’agressivité.

Les ours ne sont donc pas uniquement dangereux, ils sont surtout de vils anti-chasse primaires. De vraies sales, bêtes quoi. Merci, Augustin, d’avoir ainsi contribué à la manifestation de la vérité ! Pour mémoire, ce bon vieil Augustin fut l’auteur, lors des débats sur la loi chasse de l’année 2000 (il y a eu depuis deux autres lois chasse.) du célèbre amendement justement dit «Bonrepaux», qui ne visait ni plus ni moins qu’à recapturer les ours d’origine slovène pour les envoyer au diable Vauvert.

04 décembre 2004

Vivre avec l'Ours. Réaction du Maire d'Arbas

Ciel de Foehn sur la montagne d'Arbas, Pyrénées -Ciel_arbas_foehn_2 Photo M. Chesnot (merci)

Cannelle était un symbole

La dernière ourse de la lignée pyrénéenne. En l’abattant, le chasseur d’Urdos n’a pas signé la disparition de l’ours, mais il a tué le mythe, le mirage de la sauvegarde de l'ours des Pyrénées à partir du seul noyau autochtone.

Cette acte gravissime met en lumière l’insuffisance de l’État et l’imposture stupéfiante de ceux qui depuis une dizaine d’années promettent en Béarn, à grands renforts d’argent public, de sauver l’ours des Pyrénées, pour constater aujourd’hui qu’il n’en reste presque plus, et qu’ils n’ont rien fait !

En effet, 16 des 18 ours présents aujourd’hui dans les Pyrénées sont issus de la réintroduction réalisée en 1996 et 97 dans les Pyrénées Centrales, sous l’impulsion de l’association « Pays de l’ours – Adet ».

Président de cette association, j’ai souvent été frappé de constater à quel point l’État prêtait plus d'attention et d'intérêt aux opposants à la réintroduction, quand bien même ils votent des amendements illégaux, qu'à ceux, sur le terrain, qui travaillent inlassablement au respect des devoirs et des engagements de la France.

Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’expérience que nous avons menée en Pyrénées Centrales est une incontestable réussite ! Le simple comptage des ours le démontre, mais le succès de la réintroduction ne s’arrête pas là.

Tout indique la bonne adaptation des ours relâchés dans ce territoire préservé : reproductions fréquentes, précocité des femelles reproductrices, nombre important d’oursons par portée et faible taux de mortalité des jeunes. Autant de signes de la grande qualité du milieu et de la capacité d'accueil intacte des Pyrénées Centrales.

Génétiquement très proches des ours autochtones – il n’y a pas plus de différence génétique entre les ours pyrénéens et slovènes, qu’entre les hommes pyrénéens et slovènes ! - les ours réintroduits ont adopté le même comportement : même alimentation, même utilisation de l’espace, même taux de prédation.

Jamais un ours n'a agressé un homme dans les Pyrénées. Les ours réintroduits n’ont pas fait preuve de plus d’agressivité.

Quelques opposants s’y sont parfois trompés au point de stigmatiser le comportement inhabituel de l’ours de Luz (65), forcément « étranger» puisque prédateur… La suite a montré qu’il s’agissait en fait du vieux « Papillon », le plus emblématique des ours pyrénéens !

Le constat s'impose : la prédation sur les troupeaux ne dépend pas de l’origine de l’ours mais des pratiques pastorales. La prédation due aux ours est marginale, 150 brebis environ par an sur l’ensemble de la chaîne, soit environ 0,03 % du cheptel, à comparer aux 3% de pertes admises par les éleveurs du fait des maladies, des accidents, des vols ou des prédations non attribuables à l’ours. De plus, ces 0,03 % ne s’ajoutent pas au 3% existants : les éleveurs qui ont mis en place les mesures de prévention financées par le « programme ours » affirment avoir depuis moins de pertes qu’avant la réintroduction.

En effet, la mise en place de chiens de protection permet en moyenne de faire chuter la prédation sur les troupeaux de 90 %. Le constat est édifiant : le nombre de brebis sauvées par les actions de prévention est très supérieur aux dégâts causés par les ours sur l’ensemble du massif. Aussi, 75 % de ces prédations, 150 brebis je le rappelle, sont logiquement recensés sur des troupeaux non gardés.

Grâce au « programme ours », les éleveurs pyrénéens bénéficient chaque année d'environ 700.000 € pour embaucher des bergers, rénover des cabanes, transporter leur matériel par muletage ou par hélicoptère, installer des radio-téléphones, des clôtures électriques performantes… C’est enfin par ce programme que l’on a imposé que les bergers soient déclarés, qu’ils bénéficient d’un salaire minimum, d’une couverture sociale et de congés…

La très grande majorité des éleveurs reconnaissent que l’ours cause peu de dégâts, et ils seraient fort déçus si les aides liées à son retour disparaissaient avec lui.

Car la réintroduction a créé des emplois, une centaine environ, représentant l’équivalent de 55 emplois à temps plein. Loin de vider les vallées, la réintroduction a dynamisé le territoire. Plus d’une centaine de professionnels bénéficient de chartes de qualité valorisant leur production ou leur activité. C’est le cas notamment des éleveurs engagés dans la valorisation du «Broutard du Pays de l’Ours», viande ovine produite selon un cahier des charges qui promeut la qualité du produit comme la protection de l’environnement, et fait bénéficier à ces producteurs de marges inhabituelles.

C'est sur ce bilan positif en tous points de vue (culturel, économique, écologique…) que les populations locales soutiennent massivement le retour de l’ours. Elles le fêtent chaque année lors des « Automnales du Pays de l’ours » qui en 2004 ont accueilli en deux week-end près de 10.000 personnes en Ariège et en Haute-Garonne !

Rien, rien dans ce bilan ne peut remettre en cause les objectifs déjà affichés : reconstituer une population viable d’ours dans les Pyrénées.

Rien, sauf l’inaction.

Il faut le dire sans détour, ceux qui tergiversent ou qui s’opposent à de nouvelles réintroductions sont autant responsables de la disparition de l’ours dans les Pyrénées que le chasseur qui a tiré sur Cannelle.

Faut-il faire preuve d’un courage politique pour poursuivre la réintroduction ?  La question paraît saugrenue en regard à l’adhésion de l’opinion* : 88 % des Français considèrent que l’ours fait partie du patrimoine pyrénéen ; 79 % des pyrénéens qu’il est valorisant pour l’image des Pyrénées, 72 % des français sont favorables à l’introduction d’ours supplémentaires dans les Pyrénées**. Bien des décisions politiques sont prises sans pareil consensus. Il n’est donc pas question ici de courage mais de conscience politique.

Nous devons nous rendre à l'évidence : notre représentation politique souffre d’inculture environnementale. Il suffit pour s’en convaincre de prendre connaissance des débats parlementaires ! Un chef de parti politique, pyrénéen, et généralement mesuré, déclarait il y a peu qu’un ours qui attaque un troupeau souffre de déviance et qu'il faut donc le soustraire à son milieu naturel, c’est à dire l’abattre. Il justifiait ainsi l’amendement anti-prédateur voté récemment à l’Assemblée Nationale, amendement honteux voté au mépris de la loi et des traités internationaux.

Au travers du débat sur l'ours, nous traitons en fait la question essentielle de notre relation à la nature et de la place que nous sommes prêts à accorder à l'environnement dans nos stratégies de développement. Plus encore que du besoin d’ours, nous avons besoin de « développer les qualités humaines » nécessaires pour les sauver, et car nous avons besoin de ces qualités pour aborder les défis qui se posent aujourd’hui à nous.

J’aime cette étincelle dans le regard de ceux qui défendent l’ours, cette ouverture d’esprit, cette humanité. Cette lueur contraste avec l’obscurantisme des opposants, leur repli sur soi, leur réflexe du « bouc émissaire ». Ils entrent dans le XXI° siècle avec les idées du XIX° !

Le XX° siècle restera comme celui de toutes les faillites environnementales. Mais nous ne sommes pas encore tout à fait entrés dans le nouveau siècle, celui que nous appelons de nos vœux, celui du respect de notre environnement comme de nous-mêmes. Nous sentons bien que les choses changent. Nous sentons poindre des temps nouveaux. Jamais les préoccupations environnementales n’ont été aussi fortes parmi nos concitoyens. Mais nous n’avons pas encore franchi le pas.

Serge Lepeltier, Ministre de l’Écologie et du Développement Durable, porte une réelle attention au dossier ours. Il a l’opportunité de reprendre le flambeau qu’avait allumé en 1993 Michel Barnier, alors Ministre de l’Environnement, en signant avec « Pays de l’Ours – Adet » la charte qui a permis de réintroduire les premiers ours.

Demain il annoncera son choix : celui, je l’espère, de respecter enfin les engagements de la France et d’assumer l’exemplarité que nous devons au monde ; celui de procéder dès 2005 à de nouveaux lâchers en Pyrénées Centrales comme en Béarn***.

Je ne peux pas imaginer qu’il choisisse d’abandonner un pan entier de notre patrimoine naturel, d’effacer avec lui cette fierté que nous avons, nous pyrénéens, de prendre en main notre avenir en conciliant tous les enjeux de notre territoire dans une vraie démarche de développement durable. Car concilier les enjeux, faire progresser conjointement l’économie, l’environnement et les dimensions socio-culturelles est le principe même du développement durable.

Certains dénigrent, condamnent, dénoncent le retour de l’ours au nom de conceptions dépassées opposant l'Homme à la Nature. Nous, nous sommes fiers de ce retour et nous voyons dans cette histoire l’amorce, à amplifier, d’un nouveau développement dans les Pyrénées : un développement basé sur la valorisation des atouts et des spécificités d’un territoire remarquable, tant par son environnement naturel que culturel.

L’ours occupe dans ce schéma une place à part : il est tout à la fois notre histoire et notre espoir.

François Arcangeli,
Maire d’Arbas,
Président de l’association pour le développement durable des Pyrénées Centrales
«Pays de l’Ours – Adet »

* selon un sondage réalisé en 2003 par l’IFOP pour les associations « Pays de l’Ours – Adet » et WWF.

** De nombreuses voix de personnalités ou de partis politiques se sont déjà élevées pour demander la mise en place d’un véritable plan de restauration d’une population viable d’ours dans les Pyrénées, comme le Parti Socialiste, Les Verts, Cap 21, Génération Écologie les Bleus … en plus de la grande pétition nationale.

*** Les meilleurs spécialistes s’accordent à dire que si l’on veut assurer la viabilité de l’espèce, il faudra lâcher en quelques années 3 à 5 ours en Pyrénées Centrales - La commune d’Arbas (31) a dores et déjà demandé par délibération unanime de son conseil municipal le lâcher de deux ours sur son territoire - et 5 à 7 ours en Pyrénées Occidentales.

02 décembre 2004

Manifeste pour la préservation de l'ours brun en France

Logo_fne_2 Les écologistes de France Nature Environnement (FNE) ont demandé ce mois-ci à la ministre de l'Ecologie, Roselyne Bachelot, de "sauver l'ours d'une fin prochaine" en France en introduisant de nouveaux ours bruns dans les Pyrénées.

Dans "une première étape", indique un manifeste remis par FNE à Mme Bachelot, la population du plantigrade devrait être portée "à une vingtaine d'individus pour 2005-2006", contre "11 à 12" aujourd'hui.

Selon FNE, la "micro-population" actuelle est au "seuil de l'extinction". Elle est menacée à la fois par le fusil et le poison de ses "détracteurs" et des pertes d'habitat consécutives à l'ouverture de pistes forestières pour l'exploitation du bois ou le passage des troupeaux d'ovins.

"Sa disparition entraînera fatalement une dégradation des milieux naturels et des nombreuses espèces qui en dépendent", avertit le manifeste.

L'ours présente un gros potentiel économique, constituant notamment "un formidable atout pour le tourisme nature". En témoignent plusieurs exemples étrangers, comme les Abruzzes (centre de l'Italie) où "il a généré un renouveau économique et social".

Il ne doit pas servir de "bouc émissaire" à la filière ovine qui "connaît par ailleurs de graves difficultés" liées à des importations massives de l'étranger, relève FNE.

Selon l'organisation, les troupeaux de moutons sont décimés bien davantage par les chiens errants, les maladies (brucellose et fièvre aphteuse notamment) et les orages que par l'ours. Si "les attaques d'ours sur les troupeaux ovins sont une réalité", elles deviendraient négligeables si tous les troupeaux étaient gardés en permanence par un berger et un patou, un chien de race pyrénéenne, et étaient regroupés la nuit dans des enclos à proximité des cabanes des bergers.

La population ursine, limitée depuis 1937 aux Pyrénées, comptait encore 70 ours brun en 1954. Ne subsistent aujourd'hui, rappelle le manifeste, que cinq ours pyrénéens de souche vivant au Béarn (ouest), quatre mâles, et six à sept animaux sur l'ensemble du massif issus des trois ours slovènes introduits à Melles (Haute-Garonne) en 1996 et 1997. Les expériences faites avec ces derniers montrent que l'ours non autochtone n'est "pas plus dangereux" que l'animal de souche.

Le texte complet du "Manifeste pour la préservation de l'ours brun en France" dans la suite de cet article.

Lire la suite "Manifeste pour la préservation de l'ours brun en France" »

23 novembre 2004

FIEP :Mort de l'ourse Cannelle : l’électrochoc ou l’extinction de l'ours des Pyrénées sous nos yeux ?

Ourse_canelle_2 L’ours brun n’est pas un animal dangereux. Il fuit l’homme. On ne connaît aucun accident dans les Pyrénées. Le danger est venu de la battue, c’est Cannelle qui en a été la victime, comme plusieurs dizaines de personnes sont victimes de la chasse tous les ans en France. C’est la 4ème fois qu’on a la preuve qu’un ours se fait tirer dessus dans les Pyrénées en 10 ans.

Cet événement est d’autant plus terrible qu’on a laissé diminuer dramatiquement le nombre d’ours en Béarn. Pour le FIEP-Groupe Ours Pyrénées cela montre la nécessité d’une véritable politique de restauration de l’ours brun et de la conservation de son milieu de vie le long des Pyrénées avec la poursuite du renforcement d’ours en concertation avec les habitants.

L’extinction est là, sous nos yeux ! Que va t’on faire ?
Cet événement doit provoquer un électrochoc en Béarn chez toutes les parties concernées.

Les chasseurs doivent se décider à rompre avec les pratiques du passé et prendre vraiment en main, et pas seulement sur le papier, une autre gestion de la chasse qui permette la vie des espèces non gibier. Un contrat clair avec des mesures crédibles et opposables à tout un chacun doivent permettre d’éviter enfin ce genre de catastrophe écologique.

Le FIEP-Groupe Ours Pyrénées attend qu’au bout de 10 ans d’existence, la concertation au sein de l’Institution Patrimoniale aboutisse enfin à la seule mesure qui peut éviter une extinction annoncée depuis longtemps : le renforcement avec 2 femelles. Il faut éviter d’urgence que la disparition de Cannelle signifie la fin de l’ours dans les Pyrénées Atlantiques avec la dispersion de quelques mâles qui restent.

Le FIEP attend aussi de la venue du Ministre de L’Ecologie que soient remises en place en Béarn, de façon durable, les mesures en faveur des bergers en zone à ours concernant l’aide au gardiennage , les chiens de protection, la traite en estive, mesures qui n’auraient jamais dû être interrompues.

L’ensemble du Département et de la Région doivent se mobiliser pour éviter l’extinction d’une espèce qui, avec le pastoralisme, est l’emblème de la richesse naturelle et culturel des Pyrénées.

FIEP-Fond d'Intervention Eco-Pastoral
Groupe Ours Pyrénées ASBL
Pour que l'ours et le berger puissent vivre ensemble dans les pyrénées.

10 novembre 2004

Cannelle, l'ourse tuée dans les Pyrénées sème la panique écologique

Ours_1 Un chasseur a tiré sur la dernière femelle lors d'une battue au sanglier. Avis de décès chez Ursus arctos arctos. Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne a été tuée lundi en vallée d'Aspe, sur la commune d'Urdos, lors d'une battue au sanglier.

Un premier chasseur se serait retrouvé face à l'ourse béarnaise et à son ourson et aurait tiré en l'air pour l'effaroucher. Dans sa fuite, le plantigrade apeuré se serait dirigé vers un autre chasseur, qui l'aurait tiré à bout portant ­ à «moins de 5 mètres» ­ et «en dernier recours», selon une source proche du dossier. «C'était un chasseur expérimenté, affirme Bernard Placé, président de la fédération départementale des chasseurs de Pyrénées-Atlantiques. Il a tiré pour se défendre et je peux vous dire qu'à l'heure actuelle, il est abattu.»

Les chasseurs étaient pourtant informés de la présence de l'animal dans le secteur. «Nous avons repéré des indices frais de crottes et des sites de couches samedi dernier, et nous leur avons transmis ces informations, rage Jérôme Ouilhon, animateur du Fiep, une association écologiste locale. En principe, un accord tacite avec les chasseurs implique l'annulation des battues dans les secteurs fréquentés par des femelles suitées. «Il n'aurait jamais dû y avoir de battue, confirme Bernard Placé. C'est une affaire gravissime. Un des fleurons du patrimoine pyrénéen est touché.»

Acte prévisible. A la nouvelle, les associations écologistes sont montées au créneau, dénonçant cet acte prévisible sur des zones de chasse fréquentées par les ours. L'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a ainsi annoncé qu'elle allait porter plainte «contre le tueur de Cannelle et contre le président de la société de chasse pour destruction d'espèce protégée» (1). «C'est lamentable, s'indigne François Moutou, directeur de la Société française pour l'étude et la protection des mammifères. Le Béarn est le seul endroit en France qui abrite des ours autochtones et l'on n'est même pas capable de les protéger. En perdant cette femelle, on perd l'espoir de sauver la population d'ours bruns dans les Pyrénées.»

En 1996, trois ours slovènes avaient été réintroduits, en Pyrénées centrales, alors que le dernier plantigrade y avait été aperçu en 1987. Depuis, une dizaine d'ours issus de cette réintroduction traînent leurs pattes dans le massif, dont deux oursons de l'année, et deux femelles aperçues cet été qui n'avaient jusqu'alors jamais été identifiées. Mais si «cette réintroduction a été un succès d'un point de vue biologique, confirme Pierre-Yves Quénette, responsable de l'équipe technique «Ours», elle l'est moins en terme d'acceptation locale».

La présence du plantigrade se heurte, surtout dans le centre des Pyrénées, à une frange d'éleveurs et de bergers, qui l'accusent d'aggraver la crise qui touche le pastoralisme. Ses dégâts ne représentent pourtant qu'une faible proportion des attaques de troupeaux. «On compte moins de 200 prédations par les ours cette année, contre 20 000 à 30 000 de chiens errants, indique Alain Reynes, directeur de l'Adet-Pays de l'ours, une association qui propose une stratégie de développement local utilisant l'image de l'ours. Et ce chiffre est à peu près stable depuis quelques années, malgré l'augmentation du nombre d'ours.» En écho à ces propos, une association d'éleveurs, réunis au sein de l'Association pour la cohabitation pastorale, a choisi la voie de la coexistence pacifique. «Il existe des moyens de protection, convient Gilbert Guillet, éleveur à Barjac dans l'Ariège et responsable de la mise en place de chiens de protection dans les troupeaux. En regroupant les bêtes et en réinstallant des chiens patous comme il y en avait avant, on réduit considérablement les prédations.»

Ces mesures d'accompagnement, instaurées dès la réintroduction, ont beau être subventionnées, elles ne remportent pas la faveur des éleveurs. «Il y a toujours eu un manque de franchise au niveau politique, résume Jean-Michel Gatineau, berger itinérant au sein de l'équipe technique Ours. Si dès la réintroduction il y avait eu une volonté de dire : "Il y aura de l'ours, donc adaptez-vous", on travaillerait tous dans la même direction et de façon intelligente.»

Réflexion rapide. Le décès de Cannelle a fait sortir le ministère de l'Ecologie de sa tanière. «Après cette catastrophe écologique, nous allons vite réfléchir à l'instauration de zones de non-chasse dans les secteurs fréquentés par l'ourson orphelin, et par les ours de manière générale, affirme Jean-Marc Michel, directeur du programme Nature et paysages au ministère. D'ici à quinze jours, la France doit présenter sa stratégie de défense de la biodiversité lors de l'assemblée générale de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Les décès de la dernière porteuse du patrimoine pyrénéen et l'abattage ordonné de deux loups la semaine passée dans les Alpes font mauvaise figure sur le plan international.

(1) L'ours brun des Pyrénées est protégé par la convention de Berne et par la directive européenne «Habitats».

Par William GARNIER mercredi 03 novembre 2004 (Liberation)
dessin de F'Murrr

02 novembre 2004

Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, tuée par des chasseurs

Ourse_canelle Une ourse baptisée Cannelle, la seule femelle connue de souche pyrénéenne en Pyrénées-Atlantiques, a été abattue lundi par un chasseur près d'Urdos en vallée d'Aspe.

Alors qu' un groupe de chasseurs faisait une battue aux sangliers, l'ourse accompagnée d'un ourson, s'est sentie menacée et a chargé les chasseurs, selon la cellule de renseignement de la gendarmerie de Pau.
Bien que les ours bruns des Pyrénées soient une espèce protégée, l'un des chasseurs a tiré à bout portant pour se défendre, blessant mortellement l'animal.

Cannelle, âgée d'une quinzaine d'année, était la dernière ourse femelle autochtone recensée en Béarn, selon l'association FIEP (Fonds d'intervention eco-pastoral) de Pau, qui s'occupe de la protection des ours. Elle avait été aperçue avec un ourson l'été dernier en vallée d'Aspe.

En Béarn et Navarre, la zone à ours qui couvre environ 100 000 ha, à cheval sur France (Aspe, Ossau) et Espagne, compte une demi-douzaine d'ours. Papillon, le vieux mâle emblématique de la nature sauvage dans les Pyrénées, et père de tous les oursons de Cannelle jusqu'à l'année dernière, s'est éteint en juillet.

A Paris, le ministère de l'Ecologie a confirmé l'incident mardi matin.
"Les chasseurs ont agi en légitime défense, la femelle protégeait son petit et a chargé les chiens, en blessant un, un des chasseurs a alors tiré", a précisé le directeur de la Nature et des Paysages au ministère, Jean-Marc Michel, joint par l'AFP.

Le petit, dont on ignore s'il est de sexe mâle ou femelle, "s'est enfui ou se cache".
Selon M. Michel, il n'y a plus désormais d'ours femelle dans la vallée d'Aspe mais seulement un mâle d'origine slovène et peut-être un autre mâle "qui navigue entre l'Espagne et la vallée d'Aspe".
Au total, d'après ce responsable du ministère, la population des ours pyrénéens comporte encore "plus de 15 individus dont trois ou quatre femelles".

"Aucune circonstance atténuante" ne saurait justifier "cet acte inqualifiable et catastrophique pour l'une des espèces les plus emblématiques de notre patrimoine naturel", écrit l'association Action Nature dans un communiqué.

"Les chasseurs et organisateurs de cette battue au sanglier (...) savaient parfaitement que, sur le site où ils allaient s'adonner à leur loisir, se trouvait Cannelle et son ourson de l'année", poursuit-elle.
"La mort de la seule femelle pyrénéenne connue est un crime contre la nature", juge de son côté la Ligue Roc de l'astrophysicien franco-canadien Hubert Reeves. "L'ourson orphelin va-t-il survivre", demande-t-elle dans un communiqué.

(AFP)

25 juillet 2004

La mort de l'ours Papillon

Les Pyrénées ont perdu leur patriarche cet été. Papillon, le vieil ours béarnais, est mort le 25 juillet 2004.

Cet ours était tout un symbole. Agé d’environ 30 ans, il était l’un des tout derniers ours de souche pyrénéenne, le plus connu des naturalistes oursologues. Il ne reste plus aujourd’hui que deux représentants (peut-être trois) de cette lignée : Cannelle, vieille femelle qui aurait été aperçue fin août avec un ourson, et Camille, un mâle.

Le Béarn (Pyrénées-Atlantiques), qui fut le dernier refuge des ours en France, risque bien de voir leur disparition dans les années à venir. Il ne reste plus aujourd’hui que trois ou quatre ours pour cette vaste région. Les deux ours autochtones, un ourson (probable), et Néré, jeune mâle issu des réintroductions en Pyrénées centrales qui les y a rejoint il y a deux ans. Ce constat est à lui seul le triste bilan de la politique ursine des pouvoirs publics : absence de volonté de l’Etat et cynisme des élus locaux réunis autour de l’IPHB (Institution Patrimoniale du Haut Béarn), qui depuis des années « gère » le dossier ours dans cette région d’exception.

Si l’ours est au coeur de la charte qui unit l’Etat à cet organisme, nous ne pouvons que constater qu’il n’est en fait que l’alibi pour canaliser de larges flux financiers (Etat et Europe), alors qu’en retour moins de 2% des 9 millions d’Euros de la première charte (sur 5 ans) ont été réservés à l’Ours.

Il est curieux que cet organisme, qui prétend sauvegarder l’ours en combattant la mise en place de la directive Habitats, puisse voir depuis des années son budget toujours alimenté par des institutions qui sont pourtant chargées à la fois de la protection de l’espèce et de la mise en place du réseau Natura 2000 ! Curieux aussi que ce même organisme puisse continuer à différer ses engagements quant au renforcement de population usine, sans que l’Etat ne lui demande de comptes!

Fuyant cette gabegie, Papillon avait quitté son Béarn natal il y a deux ans pour la vallée des Toys (Hautes-Pyrénées). Il y avait réveillé les vieilles rancoeurs d’éleveurs qui avaient vécu la disparition de l’Ours de leur vallée comme une véritable aubaine et qui n’entendaient bien sûr pas qu’un animal sauvage vienne mettre son museau dans leurs verts pâturages.

Aussi Papillon vécut-il ses dernières semaines d’existence équipé « high-tech » d’un émetteur permettant de le localiser sans que cela calme pour autant la vindicte des éleveurs qui avaient organisé une battue à son encontre. Vieille tradition locale.

Cette mort, il est vrai prévisible, fait suite à celle d’un jeune ourson le 7 juillet dernier, ce qui nous ramène à la triste réalité de l’état de conservation de la population d’ours brun en France. Il est plus que temps que le ministère de l’Ecologie, plus prompt à faire abattre des loups dans les Alpes qu’à tenter de sauver les derniers ours de France, se décide enfin à procéder à des lâchers de nouveaux ours. L’expérience de 1996 et 1997, malgré la mort stupide de Melba au cours d’une battue au sanglier, a démontré que les milieux pyrénéens sont encore tout à fait aptes à recevoir une véritable population ursine.

Les récentes études ou sondages ont démontré que, contrairement à ce que font croire quelques élus locaux ou va-t-enguerre pyrénéens, la population locale est à une large majorité favorable à l’ours.

Galerie photo: Le tombeau de Papillon

25 juillet 2004

06 juin 2004

L’équipement de Papillon

Les ours pyrénéens boiront leur calvaire jusqu’à la lie

Nous voilà donc arrivé au terme d’une bien triste histoire, celle de la lente disparition programmée de l’Ours brun en France. Il ne reste plus aujourd’hui que trois ours de souche pyrénéenne : Papillon, le vieil ours farceur, Camille autre mâle et Cannelle la dernière femelle. Et c’est tout.

L’an dernier un mystérieux ours semait le trouble dans la région de Luz (Hautes-Pyrénées). De l’avis des détracteurs de l’ours (ils sont encore assez nombreux, et surtout très motivés et vindicatifs…), il ne pouvait s’agir que de l’un de ces satanés ours d’origine slovène, fruit des réintroductions de 1996 et 1997. Les pouvoirs publics ont fait savoir qu’il n’en était rien, que les analyses génétiques avaient démontré qu’il s’agissait d’un des tout derniers ours de souche pyrénéenne. Un ours bien de chez nous.

Parallèlement, la disparition du patriarche des ours béarnais, l'ours Papillon, nous avait fait penser qu’il avait quitté notre pauvre monde en perdition pour le paradis des ours, plein de miel et de vastes forêts. Et voilà que l’on apprend que les agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage du réseau Ours brun ont, après une longue traque, capturé l’ours perturbateur. Et divine surprise, il ne s’agit ni plus ni moins que de Papillon. Celui-ci aurait quitté son Béarn natal pour se rendre dans le Pays Toys, pays où l’on ne garde plus les moutons : c’est cela l’agriculture «moderne»... Donc pays où l’ours et persona non grata : c’est cela la rançon du progrès…

A ces ours de pure souche pyrénéenne, il convient de rajouter les quelques ours issus de la réintroduction en Pyrénées centrales. Ce qui ne porte pas à une population bien grande : 12 ou 13 ours pour l’ensemble de la chaîne pyrénéenne, dont seulement trois femelles. Et comme le programme de renforcement de population est bloqué depuis 1997, il y a fort à craindre que l’Ours disparaisse à jamais des Pyrénées, comme il a disparu du reste du pays.

Et que croyez-vous qu’il advint de Papillon après sa capture ? Il fut équipé de deux émetteurs. Un sur un collier, que Papillon retira rapidement, et l’autre en implant abdominal. Pourquoi tout ce déploiement de technologie ? Pour mieux connaître la biologie de l’ours? Que nenni. Il y a bien longtemps que l’on ne se fait plus d’illusion sur cette méthode d’étude sur une aussi faible population. En fait, cette opération aurait pour but de rassurer les anti-ours et de pouvoir prévenir de l’arrivée prochaine du plantigrade à proximité de troupeaux.

Mais avertir qui? Il n’y a plus de bergers dans cette vallée ; ils ont disparu au même rythme que les ours. Leurs destins étaient liés ! Il semblerait qu’il s’agissait simplement de faire une démonstration du savoir faire de l’ONCFS aux anti-ours et à de prétendus amis de l’ours qui se sont toujours opposés au renforcement de la population, même si certains d’entre eux vivent richement des aides que le plantigrade amène de Bruxelles ou de Paris.

Cette opération ne serait qu’une démonstration du savoir faire de la capture d’un ours et de l’équipement électronique hi tech. En rien une quelconque mesure de sauvegarde des derniers ours. Et comme il fallait s’y attendre, cette mesure n’a pas suffi aux anti-ours qui demandent maintenant « l’enlèvement » de Papillon. A noter le joli terme «d’enlèvement»…

Papillon n’est pas le premier ours à arpenter les cimes et les vallées pyrénéennes ainsi harnaché. Les trois ours réintroduits en 1996 et 1997 étaient également équipés de pareils émetteurs. Ce qui n’empêcha pas, alors qu’au mètre près on savait où se trouvait Melba et ses trois oursons, l’organisation de la battue au sanglier qui lui fut fatale !

Boutxy, un des oursons, fut équipé de cet accoutrement au nom de la paix dans les estives. Cette expérience mit d’ailleurs en avant plus d’inconvénients que d’avantages. Aucune mesure de protection durable des troupeaux – chiens de protection, gardiennage des troupeaux ou enclos nocturne – n’était mise en oeuvre, on se contentait d’appeler en renfort les bergers itinérants de l’équipe technique à l’annonce d’un ours dans les parages. Ce scénario risque fort d’être rejoué au Pays de Toy cet été.

Plutôt que ce déploiement de force pour capturer le vieil ours, plutôt que cet acharnement sur l’un des tout derniers ours pyrénéens, plutôt que cette artificialisation de la vie sauvage, n’aurait-il pas mieux valu une véritable volonté de sauver la dernière population d’ours de France ? N’aurait-il pas mieux valu protéger les riches milieux naturels que comptent encore (pour combien de temps ?) les Pyrénées ? N’aurait-il pas fallu se hâter de reprendre le programme de renforcement laissé en plan depuis 1997 ? Ne conviendrait-il pas mieux d’assurer un véritable pastoralisme durable dans ces vallées que de mettre en place une opération certes médiatique, mais qui ne peut au final que desservir un peu plus la cause de l’Ours ?

A quand de véritables mesures de conservation et de restauration pour l’Ours et pour ses habitats qui sont également ceux du Grand Tétras ou du Pic à dos blanc ? Les Pyrénées ne pourront être préservées qu’avec la présence emblématique de l’Ours. Ou alors, il faudra s’y résoudre : la France n’est sans doute plus digne d’accueillir une population d’ours, plus assez déterminée à sauver ses derniers territoires de nature sauvage et belle

Source: Action nature

Rechercher


  • 2000 notes - 2500 commentaires - 350 catégories - Va le chien, cherche !

Photos - vidéos


  • Photos de loups, photo de loup, images de loups Photos d'ours bruns, photo d'ours brun
    Photos de pastoralisme, photos de troupeaux, photos de bergers, photos de chiens de bergers, moutons, brebis, estives Photos de transhumances, photos de troupeaux, photos de bergers, photos de chiens de bergers, moutons, brebis, estives, transhumances
    Photos de la faune des Alpes, photos de la faune des Pyrénées, vautours, izards Photos de montagnes, photos des Alpes, photos des Pyrénées, Drôme, Vercors
    BD Le génie des alpages Fmurrr Vidéos de la buvette, Videos d'ours, vidéos de loups, vidéos de lynx, vidéos de bergers, vidéos de pastoralisme, vidéos anti-ours

Actualités volées


  • Pays de l'ours

    FERUS

    LOUP.org

    AVES France

    Ça branle dans le manche

    IPHB.org

Récompenses


  • Best of blogs 2006 - Deutsche Welle Berlin - Meilleur blog en français - Prix du Jury - Prix du PublicMeilleur blog en français 2006
    Prix du Jury - Prix du Public
    BOBs - The Best of Blogs 2006 - 11 nov Berlin

    La buvette des alpages a été élu meilleur blog citoyen 2006 - Rencontres nationales du blog citoyen 2006Meilleur blog citoyen 2006!
    1ères Rencontres Nationales du blog citoyen

Devenez un Border Collie


Bannières

  • Les articles de la Buvette des Alpages sur Agoravox

Les notes récentes

Note

  • Europeans for Obama

Adhérez

  • Comme La buvette des Alpages, adhérez aux associations suivantes :

    Adhérez à Ferus




    Adhérez à Paysdelours -ADET




    Adhérez au Fiep




    Adhérez à Aves France




    Adhérez à la Sepanso Béarn




    Adhérez à l'Amopyc




    Adhérez à Loup.org




    Adhérez au WWF




    Adhérez à la LPO




    Devenez membre de Natagora




    Visitez le Pays des castors

Labels

  • Ce site est certifié par Green CO2Stats, qui a mesuré et compensé les émissions totales de CO2 dues à la consommation d'électricité des visiteurs du site, des serveurs fournissant le site, et des réseaux qui les relient entre eux.

    Wikio - Top des blogs - Environnement Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs Annuaire écologie
Blog powered by TypePad
Membre depuis 04/2004