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septembre 2007

26 septembre 2007

Extension de la station de Mijanès: le Grand Tétras peut enfin respirer

Communiqué du Comité Somport des Hauts Plateaux

M. Augustin Bonrepaux ne pourra pas comme il l’envisageait utiliser la trésorerie générale du département (notre argent) pour régler les déficits successifs du projet d’agrandissement de la station de ski de Mijanès, que par ailleurs personne à part quelques élus en mal de gloriole n’avait demandé.

Il a donc perdu l’occasion de poser sur la photo d’une piste de ski de la vallée de la Maure, enneigée artificiellement.

Soulignons au passage que le projet initial ne prévoyait pas de canon à neige, et qu’il s’était ajouté en cours de route, aggravant sensiblement l’impact sur cette vallée, en  ponctionnant la réserve d’eau sur des zones humides abritant des espèces protégées, sans parler de la facture énergétique à régler.

Il ne pourra pas non plus satisfaire les appétits gargantuesques des marchands de stations de ski, qui se frottaient déjà les mains en calculant les bénéfices escomptés, se tapant la panse de rigolade devant l’ineptie du projet.

Un télécorde pour rejoindre la station par une descente qui… montait, des tonnes d’enrochement, des kilomètres de filets de sécurité, une zone dangereuse impossible à surveiller correctement, un gouffre financier annoncé, des stations de ski autrement équipées à quelques encâblures de là, bref, ce projet de tartufe eût été le sujet de prédilection de nos futures causeries cantonales, médisantes comme il se doit: ça allait jaser dans les chaumières ! Et bien non !

Sur leurs chemins semés de gloire, il était dit que les élus du Donezan et le Président du Département  allaient trouver une embûche de taille, à savoir le Comité Écologique Ariégeois, épaulé par Nature Midi Pyrénées et le Comité Somport des Hauts Plateaux. Qui c’est ceux-là ? Quatre écolos qui n’ont pas encore trouvé l’Espagne, depuis 68 ?

Peut-être, et franchement ils exagèrent. Toujours est-il que les voilà partis dans l’information de la population et des médias, ce que s’étaient bien gardés des faire les porteurs du projet.

Et de communiqués en rassemblement (plus d’une centaine de personnes sur le site le 30 juin dernier), en passant par des dépôts de plainte et des distributions de tracts, ne voila t-y pas que le gouvernement, par l’intermédiaire de la Préfecture annonce son intention d’abandonner le projet, en invoquant le Grenelle de l’Environnement.

Il est vrai que prétendre lutter contre le réchauffement climatique et pour le développement durable  tout en massacrant une vallée entière dans un projet voué à l’échec, ressemblait fort à un grand écart digne des meilleurs acteurs de la commedia dell’arte. D’aucuns diront que nous en avons l’habitude, surtout en Ariège …

La deuxième raison invoquée est la protection du grand tétras, et elle mérite un petit temps d’arrêt. En effet, le grand tétras,  espèce réellement menacée est chassée en Ariège, il pourra ainsi cette année être «prélevé» 39 exemplaires de cette marque de luxe (ah, le coq au vin !).

Si on peut se féliciter de l’abandon du projet d’agrandissement de la station de Mijanès qui allait inéluctablement appauvrir l’espèce en Ariège, on peut se demander ce qu’attend le ministère de l’Environnement pour la déclarer espèce protégée, et interdire définitivement sa chasse.

La défense du coq de bruyère doit devenir dans les mois à venir un axe de revendication pour tous ceux qui en ont marre de voir les espèces disparaître les unes après les autres, d’autant lorsque l’origine de leur disparition est identifiée, et peut être facilement enrayée.

Ce n’est qu’un combat, continuons le début ! Allez, à présent tout est permis, abondance de rêve ne nuit pas. Imaginez l’Ariège à l’initiative de la suppression de la chasse au tétras, et pour fêter ça, tous ses habitants réunis dans une vallée d’Ax, pour une gigantesque photo de famille, vue d’avion, épanouie et souriante, quatre volailles à ses pieds, avec sur le côté un peu plus haut une ourse et son petit, et de l’autre côté un peu plus bas, un troupeau de brebis avec des patous,  tout ça un  peu comme un Lelouch en ralenti, et en arrière-plan le slogan, l’énorme slogan qui décoiffe les bérets inclinés:

«NOS MONTAGNES VALENT MIEUX QUE LEURS PROFITS»

Qu’est-ce que vous en dîtes ? Quelle puissance, quel élan pour le tourisme ariégeois ! Mais qu’est-ce qu’on attend ?

Par email, Comité Somport des Hauts Plateaux

25 septembre 2007

NKM : Pas de caviar pour les ultrapastoraux

L'ours, on continue

Saint-Jean-de-Blaignac - 24 septembre 2007

Plusieurs milliers d'alevins ont été lâchés dans la Dordogne et la Garonne pour tenter de sauver l'esturgeon  dans la Dordogne et la Gironde. L'opération de repeuplement de l'esturgeon est lancée dans la Dordogne et la Gironde. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie  était présente à Saint-Jean-de-Blaignac (Gironde) vendredi pour le lâcher de 3 200 jeunes esturgeons européens. « C'est un signal d'espérance pour tous les programmes de reconquête du milieu naturel », a souligné la ministre qui a affirmé récemment sa détermination à mener à bien la réintroduction de l'ours en Pyrénées, en dépit de l'opposition d'une partie des éleveurs. Pas de caviar pour les ultrapastoraux.

18 septembre 2007

Naturalité : La lettre de Forêts Sauvages (2)

Naturalité : La lettre de Forêts Sauvages n° 2 - mai 2007
Comité de rédaction : P Athanaze, G Cochet, P Cochet,, JC Génot, O Gilg, C. Gravier, P Lebreton, , J Poirot, C Schwoehrer, L Terraz, D Valauri
Forêts Sauvages - Chemin du Pont de la Chartreuse, 43700 Brives-Charensac

Les objectifs de Forêts Sauvages

Redonner aux écosystèmes naturels toutes leurs potentialités est le meilleur mode de gestion : c’est atteindre l’état de « self-regulating » des auteurs anglais. L’intervention coûteuse de l’Homme devient alors inutile. La forêt libre, gratuitement et sans entretien, apporte des bienfaits inestimables à l’Homme :

  • riche biodiversité ;
  • stockage du carbone et limitation de l’effet de serre ;
  • régulation du cycle de l’eau ;
  • épuration de l’eau et de l’air ;
  • formation de sols et diminution de l’érosion ;
  • lieux de ressourcement et d’inspiration artistique …

Sommaire du n°2 de "Naturalité, la lettre de Forêts sauvages"

A propos du mot naturalité

par Daniel Vallauri

Il est important de lever toute ambiguïté sémantique sur la signification du mot naturalité. Le suffixe –ité est courant et ancien. Dans la langue française, à partir du XVIème siècle, le suffixe –ité permet de former un nom indiquant une qualité à partir d’un adjectif. Nature (n.f.), naturel (adj.), naturalité. Des formes de création antérieure et postérieure usent respectivement des suffixes –(e)té et –(i/é)tude. A une autre époque de création du mot, l’adjectif naturel aurait pu donner les noms de naturaleté ou naturitude, ce qui ne semble pas d’une grande esthétique linguistique.

Bien d’autres mots sont construits sur la même règle. Aussi, il n’est pas juste d’interpréter la notion sous-jacente au mot naturalité comme découlant exclusivement d’une question identitaire (comme nationalité, méditerranéité, islamité…). Ceci est une interprétation abusive dans un contexte contemporain ou par des auteurs marqués par cette problématique sociale. D’ailleurs, se pose t-on la même question à propos du mot humanité, qui pourtant est de même construction (humain, humanité) ? Comme le rappelle le dictionnaire Littré et sa construction, le mot naturalité est un mot ancien dans la langue française. Il exprime « l'état naturel ou spontané ».

Il s’oppose non pas à l’Homme mais à l’état cultivé, civilisé, domestiqué, c’est à dire contrôlé par la Culture. Par exemple, un galet roulé par la rivière est un élément naturel. Taillé grossièrement par Homo sapiens pour en faire un outil, il devient un objet de la culture paléolithique.

Le mot naturalité est d’usage récent en écologie. Aujourd’hui, il est également utilisé dans d’autres domaines scientifiques :

  • en linguistique où l’on parle de la naturalité d’un mot dans une langue vivante ;
  • en informatique pour qualifier la normalité des algorithmes ;
  • en chimie des arômes. Dans ce dernier cas, on retrouve une problématique proche de l’écologie : comment comparer ou copier un arôme naturel pour le reproduire artificiellement ? Quelles sont les conséquences de cette duplication artificielle sur la reconnaissance par le consommateur et pour la santé ? Voir les articles sur le sujet dans les « Annales des falsifications, de l’expertise chimique et toxicologique ».

Source : Vallauri D. 2007. Biodiversité, naturalité, humanité. Application à l'évaluation des forêts et de la qualité de la gestion. Rapport scientifique WWF, Marseille.

Sommaire du numéro 1 de Naturalité

Dérangement des Grands Tétras et protection des habitats

En commentaire d'une note précédente sur le Grand Tétras, David, un lecteur sensible à la protection des Grands Tétras écrit "Etant chasseur en montagne, je trouve autant de plaisir à lever un coq sans le tirer, pour ensuite pouvoir les observer, le mois de mai venu au chant." La question est : Aurez-vous l'occasion d'observer au printemps le coq levé en automne ou en hiver ?

L'hiver est une période difficile pour la faune de nos montagnes : froid, manque de nourriture et chutes de neiges abondantes  rendent la vie en altitude précaire. A la fin de l'hiver, les animaux sont affaiblis et leurs réserves en graisses épuisées.

Le dérangement des espèces

  • Un cerf de 90 Kg dérangé plusieurs fois par jour, fuit pendant 10 minutes, reste en état d'excitation pendant une heure et utilise 21 % d'énergie en plus que s'il n'avait pas été perturbé. Une fuite à la montée dans une couche de neige de 50 cm nécessite environ 50 fois plus d'énergie qu'en terrain plat.
  • Un tétras Lyre dépense tant d'énergie à fuir que l'on peut considérer qu'il meurt au bout du troisième dérangement.
  • Un chamois, qui tente de fuir en neige profonde, dépense 50 fois plus d'énergie que s'il reste calme. Si l'animal prend la fuite à quatre reprises, il est en danger de mort. Le dénominateur commun entre ces trois exemples: le manque de nourriture et le froid qui rendent les animaux sauvages très vulnérables.

Le respect de la tranquilité du territoire de chacune de ces espèces est donc primordial. D'où l'intéret de ne pas "lever" le gibier pour l'apercevoir. Pour les randonneurs, la connaissance du terrain est indispensable d'où l'intérêt de prendre un accompagnateur en montagne qualifié et sensibilisé à la faune du milieu visité et pas un simple guide de pays ou guide touristique qui risque de vous mener au mauvais endroit.

Le dérangement des Tétraonidés

Les espèces boréo-montagnardes d’oiseaux Tétraonidés, comme le tétras lyre (petit coq de bruyère), les lagopèdes et la gélinotte se sont adaptés à passer la majeure partie des journées (et les nuits) hivernales au repos dans des tunnels de neige qu ’ils creusent et qui les abritent comme des «igloos». Leur métabolisme se réduit. Ils ne sortent que deux fois par jour pour se nourrir, d’une nourriture bien
moins riche que celle qu’ils pouvaient trouver en automne (baies et bourgeons d ’arbres et d ’arbustes) et ils vivent en partie sur les réserves graisseuses accumulées alors. Ils perdent donc petit à petit du poids tout au long de la mauvaise saison.

Dans les régions où l'habitat des Tétraonidés est une zone touristique de promenade, de ski ou de chasse, ils sont dérangés ou chassés des milieux d’hivernage ou de nourrissage optimaux. Chaque dérangement, chaque fuite occasionne des dépenses énergétiques supplémentaires qu’ils ont du mal à compenser, d’autant que la quantité de neige tombée ne leur donne pas toujours la possibilité de se creuser un tunnel et qu’ils perdent donc davantage d’énergie pour réguler leur température.

Pour aider la conservation du grand coq de bruyère dans les Pyrénées ou du petit coq de bruyère dans les Hautes-Fagnes, il est impératif de rester sur les pistes et chemins officiels, autorisés et balisés.

Mémoire des forêts et naturalité

Par Jean-Claude Génot et Daniel Vallauri

Dans le n°14 des Rendez-vous techniques de l’ONF (automne 2006), Jean-Luc Dupouey et Etienne Dambrine ont signé un article intéressant sur la mémoire des forêts, montrant que l’ancien usage agricole de sols actuellement forestiers laisse des traces dans les sols et donc dans la végétation herbacée sur plus d’un siècle, voire sur près de 2 000 ans depuis l’époque romaine !

Les auteurs estiment d‘ailleurs que «les arrière-effets de l’agriculture paraissent irréversibles à l’échelle historique» (histoire humaine bien sûr). Certaines plantes deviennent ainsi des traceurs d’un ancien usage anthropique comme le groseillier à maquereau ou la pervenche, tandis que d’autres traduisent une continuité forestière comme le muguet ou l’anémone des bois.

Toutefois, en constatant que la diversité globale de la forêt est augmentée du fait de cette végétation liée à un ancien usage agricole, les auteurs ne prennent en compte que la sacro sainte biodiversité dans son sens le plus restrictif, à savoir le nombre d’espèces, uniquement végétale de surcroît que l’on sait représenter moins de 20% de la diversité d’une forêt naturelle. Mais qu’est-ce qu’une forêt a à gagner d’avoir plus d’espèces végétales dont les auteurs reconnaissent d’ailleurs qu’elles sont rudérales pour ne pas dire banales et en tous les cas non forestières ? C’est une vision bien étrange que de considérer comme positif pour la diversité globale d’une forêt un apport d’espèces liées à des usages anthropiques dont l’essence même était de détruire la forêt. Est-ce que dans quelques années, on se réjouira d’avoir des plantes calcicoles qui longent les chemins forestiers empierrés en calcaire sur des substrats acide à l’heure où tant de gestionnaires craignent les néophytes souvent qualifiées d’«invasives»?

Si les auteurs avaient considéré en complément de la biodiversité le concept de naturalité pour qualifier la flore de ces forêts, les commentaires auraient été très différents. Dans ce cas, l’interruption dans la continuité forestière par l’usage agricole n’est pas un enrichissement mais une perte pour la naturalité de la forêt, et une indication de perturbation humaine. De même, si l’apport d’engrais par l’agriculture a enrichi le sol forestier et son activité microbiologique, cela est jugé favorablement pour la fertilité des sols sur le plan de la production forestière mais ce n’est en rien un gain en terme de naturalité, puisque cette modification change les conditions intrinsèques de ces forêts dont la «bio pauvreté» peut-être une caractéristique naturelle. Les auteurs font un raccourci à peine orienté en affirmant qu’il faut sur ces stations «enrichies» envisager des sylvicultures dynamiques et raccourcir la durée de révolution. On croirait entendre le discours général actuel (et depuis longtemps dépassé) du monde forestier teinté de productivisme. Nul doute que derrière un usage mieux compris des concepts de biodiversité et de naturalité, il y a une compréhension plus fine du fonctionnement de la nature et de la place de l’homme.

Les espèces indicatrices de perturbation ou au contraire de longue continuité sans perturbation agricole, telles que mise en évidence par les auteurs, deviennent alors un outil fort intéressant pour le gestionnaire. Il reste toutefois à préciser la nature précise de l’indication : les espèces de longue continuité sont-elles indicatrices d’une absence de perturbation physique du sol (labours), ou chimique (fertilisation), d’un faible potentiel de recolonisation ? A quel pas de temps, la mémoire de la flore présente des implications fonctionnelles pour l’écosystème forestier ?

Une chose est sûre, le constat des auteurs que la flore forestière est modifiée pendant des siècles après usage agricole, devrait appeler à plus de prudence et à limiter l’empreinte à long terme par des apports le plus souvent inutiles d’engrais, d’amendements calciques, l’usage d’herbicides… pour «corriger» certaines particularités de la nature en forêt. Cela pousse également à mieux prendre en compte, au quotidien, l’histoire de l’empreinte humaine (au moins sur les 300 dernières années) dans la gestion forestière, par exemple lors de la mise en place du réseau de forêts à haute naturalité (réserves intégrales).

Source : La lettre de Forêts sauvages - Naturalités n° 2

Un Lichen qui mérite toute votre attention : Lobaria pulmonaria

Par Pierre Athanaze

Les lichens restent encore très mal connus des forestiers, mais également des protecteurs de la Nature. C’est vraiment dommage car nombre d’entre eux sont de véritables indicateurs de la continuité forestière, de la qualité de l’air, voire même de la naturalité.

Mais il en est un qui a pourtant un peu plus les faveurs des coureurs de forêts, même s’ils ont peu de connaissances en lichénologie, il s’agit de Lobaria pulmonaria. Il faut dire qu’il est très facilement reconnaissable. Il s’agit un lichen corticole foliacé, c'est-à-dire en forme de lame plus ou moins lobée, qui forme un thalle de grande taille, pouvant atteindre 15 à 20 cm de diamètre. Il est attaché à son support (hêtre, érable…) par des «crampons» appelés rhizines qui sont situées sur la face inférieure de ses larges (5 à 10 mm) et longs (jusqu’à 7 cm) lobes. Ces mêmes faces sont parcourues par un réseau de cotes saillantes. Ce qui lui valu sont nom vernaculaire de «pulmonaire». De couleur vert-brun pale en période sèche, ce lichen devient vert très vif lorsqu’ il est mouillé, il est alors tout à fait remarquable.

Lobaria_pulmonariaIl faut quatre mois à Lobaria pulmonaria pour s’ancrer sur le tronc d’un arbre et le rendre résistant au lessivage due aux pluies. A deux ans et demi le thalle atteint la taille d’un millimètre carré. Au bout de quatre ans les premières soralies lui permettront une multiplication végétative. Il devra attendre l’âge de vingt ans pour qu’apparaissent les premières apothécies lui permettant alors la reproduction sexuée. Un thalle pourrait atteindre l’age canonique de 200 ans.

Le naturaliste aime généralement les raretés, et ça tombe bien, notre Lobaria en est une. il l’est même, malheureusement, de plus en plus. Il faut dire que ce lichen a tout de la diva. Il est tout autant admirable que difficile [capricieux ?...] quant à son environnement. Il n’aime pas qu’on vienne lui bouleverser son biotope par des interventions sylvicoles trop importantes, ni qu’on lui empoisonne son air. Nylander, botaniste finlandais qui résidait en France remarqua dès la moitié du XIXème siècle la disparition de certains lichens des grandes villes. Il notait toutefois que Lobaria pulmonaria était encore fréquent à cette époque dans la plupart des forêts européennes (Synopsis methodica lichenum Nylander 1858). Son déclin s’est alors accéléré, devenant une espèce de plus en plus rare.

L’une des causes majeures de la raréfaction de Lobaria pulomonaria est la dégradation de la qualité de l’air que nous respirons. Principalement le taux de dioxyde de soufre (également appelé anhydride sulfureux) qui a connu au cours des dernières décennies une inquiétante augmentation. Avec l’augmentation de ce polluant, Lobaria pulmonaria se dégrade fortement, provocant dans un premier temps la disparition des apothécies lui interdisant toute reproduction sexuée, puis entrainant sa disparition complète dès que le seuil de 30 μg/m3 de SO2 est atteint.

Autre cause majeure de la raréfaction de ce lichen, la gestion forestière quand, comme trop souvent, elle est trop radicale. Coupes rases et éclaircies trop marquées lui sont fatales. En forêt «gérées» il conviendrait de laisser des arbres âgés et une densité d’arbres lui conservant tout à la fois une forte humidité de l’air et une luminosité importante. Ce qui n’est malheureusement pas souvent le cas…

Un autre facteur qui pourrait expliquer le déclin de Lobaria pulmonaria, est le ramassage pour divers usages, notamment pour la pharmacopée, car il a longtemps été recommandé comme remède contre la tuberculose, l’asthme, diverses maladies pulmonaires, les hémorragies et même l’eczéma de la tête.

Le naturaliste aura pour Lobaria pulmonaria une attention toute particulière également parce qu’il est une «espèce repère» qui indique souvent par sa présence bien visible, celle d’autres lichens encore plus rares et beaucoup plus discret... Un lichen ne devant pas en cacher un autre, une prospection attentive et une protection des zones à Lobaria pulmonaria devraient être de mise.

Source : La lettre de Forêts sauvages - Naturalités n° 2

La naturalité des forêts en Slovénie

Par Jean-Claude Génot

Lors d’un récent voyage d’une semaine en Slovénie dans le but d'observer l’ours brun, j’ai pu visiter les forêts de la région de Kocevje ainsi que deux réserves intégrales en compagnie de forestiers de l’Office des forêts slovènes.

Quelques données de base pour comprendre la forêt dans ce pays de l’ex-Yougoslavie.

Avec plus de 57% de forêts, la Slovénie est le quatrième pays le plus boisé d’Europe. Cette densité forestière s’explique par le fait que plus d’un tiers du pays est situé au-dessus de 600 m d’altitude et que cette partie montagneuse comporte les deux tiers des forêts. Avant les changements politiques, 65% des forêts étaient privées (elles appartiennent traditionnellement aux paysans) et 35% à l’Etat. Après la dénationalisation en cours, les forêts publiques devraient atteindre 20%.

La Slovénie possède une grande variété de milieux naturels, liée à une diversité géologique et climatique (climats méditerranéen, continental et alpin). Ainsi 71 espèces d’arbres y ont leur aire de répartition naturelle dont 10 conifères.

Si l’homme n’a pas eu la même influence sur les forêts slovènes que dans les autres pays d’Europe, la composition actuelle s’écarte tout de même de la végétation potentielle. Ainsi le rapport entre conifères et feuillus est actuellement de 48/52 alors que celui correspondant aux conditions naturelles serait de 20/80. Parmi les essences naturelles dont la proportion a augmenté par plantation, figurent l’épicéa et le pin noir.

Forêt de Kocevje SlovénieSlovénie - Forêt de Kocevje. Photo Baudouin de Menten

La région de Kocevje est située au sud du pays vers la frontière croate dans les Alpes dinariques, vastes massifs karstiques qui constituent un obstacle à l’influence méditerranéenne dans la partie continentale du pays (le plus haut sommet est à 1 289 m et la partie la plus basse se situe à 190 m dans la vallée creusée par la rivière Kolpa qui forme la frontière avec la Croatie que les slovènes dénomment le «canyon»).

Dans cette région faiblement peuplée (2 habitants au km2), la forêt couvre 78% dont 59% sont publiques. Les formations forestières sont des hêtraies et des hêtraies-sapinières avec de l’épicéa dans les vallons froids et le paysage ressemble aux hauts plateaux du Jura.

J’ai pu visiter deux réserves intégrales (ces réserves ne sont pas ouvertes au public, il faut une autorisation délivrée par l’Office des forêts slovènes), celles de Krokar (74,5 ha) et de Strmec (15,5 ha).

Réserve forestière de Krokar

La première s’étend sur un versant du Mont Krokar entre 880 et 1190 m. Il s’agit de hêtraies de divers types phytosociologiques (Orvalo Fagetum, Isopyro Fagetum, Arunco Fagetum) avec un sol tapissé d’ail des ours, une plante qui prend tout son sens au pays de Medved (dénomination slave de l’ours qui signifie littéralement qui sait où est le miel). Le sous-bois est riche de nombreuses plantes typiques des forêts à sol calcaire comme l’hellébore, l’ancolie, l’aconit, l’hépatique, la dentaire, la mercuriale, l’asaret, la sanicule ou encore le sceau de salomon.

La réserve est également constituée d’une hêtraie-sapinière (Abieti-Fagetum dinaricum) avec de l’érable champêtre, de l’orme, du tilleul, du charme-houblon (Ostrya carpinifolia), du frêne (Fraxinus ornus) et de l’alisier blanc. La réserve compte au total 800 m3/ha dont 150 m3/ha de bois mort. La réserve n’est pas si âgée que cela car certaines parties semblent encore relativement «jeunes» mais certains sapins ont un diamètre de 150 cm et une hauteur de 50 m pour un âge estimé de 500 ans. J’y ai entendu le gobe-mouche noir et vu une crotte de loup, tandis que les versant abrupts bordant la réserve abritent le chamois, facile à observer aux jumelles.

La réserve forestière de Strmec

La réserve de Strmec est aussi sur un versant entre 840 et 950 m. C’est une hêtraie-sapinière avec des épicéas, de l’érable champêtre, du tilleul, du charme (Ostrya carpinifolia), des sorbiers des oiseleurs et des alisiers blancs dont un de 40 cm de diamètre.

Elle est plus petite mais plus âgée et comporte 940 m3/ha dont 269 m3/ha de bois mort. Elle est parsemée de rochers et de falaises calcaires, repaire idéal du lynx réintroduit dans cette région dans les années soixante dix. J’y ai entendu le pic cendré et le gros bec. La chevêchette et le pic tridactyle fréquentent probablement ce type de forêt.

Les slovènes appellent ces réserves des forêts vierges. Il y a évidemment abus de langage car même si elles ont conservé une composition végétale naturelle, ces forêts ont probablement été utilisées par l’homme notamment au travers de coupes de jardinage paysan très légères, mais plus rien ne s’y est fait pour certaines réserves depuis la fin du XIXème siècle. Je les appellerais pour ma part des forêts naturelles anciennes comme nous en avons si peu en France. Dans le pays, il existe 172 réserves intégrales pour une surface de 9 791 ha. Dans la région de Kocevje, il y en a 41 pour 1 201 ha variant de 1 à 384 ha. On pourrait regretter que ce vaste pays forestier n’ait pas mis en réserve intégrale de plus vastes zones.

Toutefois, la gestion en futaie irrégulière des forêts entourant les réserves leur conserve un bon degré de naturalité. C’est en effet dans cette région que fut développé dès 1892, en opposition à la coupe à blanc, une gestion par sélection individuelle des arbres qui fit ensuite école en Europe. Les forestiers qui m’ont guidé parlent de leurs forêts en «automation biologique» avec fierté. Ils l’évoquent peu avec des chiffres mais surtout avec leur coeur. En effet cette forêt très structurée verticalement et horizontalement avec un fort volume sur pied concentré dans les gros arbres est aussi le milieu de vie d’une flore et d'une faune diversifiées et sauvages dont l’ours, le lynx et le loup ne sont que certains des emblèmes.

Ces forêts exploitées conservent un bon degré de naturalité par leur composition proche de la végétation naturelle, leur structure complexe, l’ancienneté des sols et des humus, la diversité biologique et la présence de bois mort dans des secteurs inexploités comme les zones rocheuses. Seul le réseau de chemins bien développé pour pouvoir exploiter individuellement les arbres et un nombre de très gros bois et de bois mort inférieur à celui des réserves intégrales empêche ces forêts d’avoir une naturalité maximale.

Mais la naturalité ne se mesure pas seulement par des paramètres quantitatifs, elle se ressent dans l’ambiance sauvage des lieux et le bien être que procurent des arbres géants. Il suffit d‘ailleurs de voir mon guide Stanislav enlacer des gros arbres de 45 m de haut afin de capter leur énergie pour mesurer ce rapport particulier entre l’homme et le sauvage. Ces futaies jardinées où l’on peut croiser des ours, entendre la chouette de l’Oural et voir le murin de Bechstein ou encore la rosalie des Alpes font d’ailleurs partie du réseau Natura 2000 et forment un site de près de 50 000 ha, qui dit mieux ?
Si le terme sauvage s’applique à des forêts, c’est incontestablement à celles de la région de Kocevje. Car on se sent moins dominateur dans une forêt peuplée d’ours*…

Responsable_reserve_kocevjeLe responsable de la réserve de Kocevje montre une photo prise lors de la capture d'un ours pour la France. A gauche Frantz Breitenbach, accompagnateur en montagne. Il organise des séjours "Au pays de l'ours". Photo BdM.

* A propos d’ours, j’ai pu en observer 12 différents à 6 occasions dont 5 à partir de postes d’affût sur des zones de nourrissage avec du maïs et des pommes, soit au total plus de 3 heures d’observation en pleine lumière, de grands moments d’émotions qui plus est en pensant à Robert Hainard qui vint dans cette région il y a plus de 50 ans.

Source : La lettre de Forêts sauvages - Naturalités n° 2

17 septembre 2007

Pinus longavea, les patriarches des White Mountains

Livre photographique de Christophe d’Yvoire éditions du Seuil

Les patriarches livre de photos de Christophe d’YvoirePar Daniel Vallauri

Dans les White Mountains de Californie (USA), survivent des témoins vivants du temps long, de l’évolution de la Nature et de l’agitation de l’Humanité. Ces témoins sont des arbres : des Pinus longavea. Chacun est tellement unique que depuis leur découverte dans les années 1950, les dendrologues américains (ou dendro-gérontologues devrions nous dire !) étudient leur longévité individuelle. Plus de 200 de ces patriarches comptent plus de 3000 ans, une vingtaine plus de 4000 ans. Le doyen, 4723 ans. Respect.

Les plus vieux de ces arbres aujourd’hui (les plus vieux êtres vivant sur Terre), même s’ils présentent des signes évidents de grande maturité (branches mortes par exemple) ne semblent pas physiologiquement prêt à cesser de vivre. Les chercheurs s’en étonnent, s’enthousiasment de cette vie qui tutoie l’éternité.

Mais à rêver à l’immortalité de l’individu, on en oublie parfois que ces arbres forment aussi et avant tout une forêt. L’écosystème ou le paysage forestier le plus mature de la planète, au moins du point de vue des critères de la maturité des arbres et de la continuité écologique du boisement. Sis dans les conditions écologiques très difficiles de la haute montagne de Californie, le climat aride et froid sans nul doute conserve la forêt, ses arbres du moins. Le reste de la biodiversité et du fonctionnement de cet écosystème forestier aride semble n’avoir pas été encore réellement étudié. Il reste sans doute encore tant à apprendre.

Mais c’est une autre dimension qui est à l’origine du livre de photographie en Noir & Blanc de Christophe d’Yvoire, qui est en tout point remarquable (sujet, esthétique, dimension artistique) : un profond sentiment de nature intemporelle, immuable, silencieuse et sereine se dégage des photographies du paysage de cette forêt mature et des portraits de ces patriarches.

Une profonde interpellation de l’Humanité également, que Jean-Paul Dubois, dans la préface de l’ouvrage résume fort bien par ces quelques phrases : « A l’inverse de ces végétaux, arrimés à la terre, rivés à ce sol minimal dont ils dépendent entièrement et pour toujours, l’animal que nous n’avons jamais cesser d’être, furtif, mobile, agité jusqu’à l’excès, a toujours cru que son salut résidait dans une hypothétique fuite. Une course en avant. Un interminable marathon contre le temps des montres. Bouger, remuer, chercher, tâtonner, espérer. Et un jour vous vous retrouvez figé en haut de la montagne. Cet autre usage du monde et des heures. Ces valeurs inversées. Ce bois tenace, témoin de tout et silencieux, quasi éternel. En regardant ces pins impavides, on éprouve parfois le sentiment que ce sont eux qui nous observent. Qui nous attendent. Qui essayent de comprendre à quoi ressemblent nos vies, lueurs minuscules, petites étoiles filantes au coeur de la forêt ».

N’est-ce pas un sentiment propre aux forêts naturelles et autres lieux de haute naturalité de nous interpeller, de façon chaque fois différente et plus profonde ?

Source : La lettre de Forêts sauvages - Naturalités n° 2

Dave Foreman : Rewilding North America A Vision for Conservation in the 21st Century

Par Gilbert Cochet

Rewilding North America A Vision for Conservation in the 21st Century
Dave ForemanRewilding North America A Vision for Conservation in the 21st Century
Dave Foreman 297 p. Island Press

Ce dernier ouvrage de Dave Foreman, sorti en 2004, devrait marquer un tournant dans l’approche de la préservation de la nature. En effet, que ce soit sur le constat de la situation actuelle de la biodiversité comme pour les propositions de préservation, l’approche est résolument une vérité assumée. Et le lecteur comprend bien vite qu’avec un tel bilan catastrophique, l’heure n’est plus aux atermoiements, mais aux actions d’envergure. Pour faire tendance, disons que c’est un ouvrage de rupture !

Dans un premier temps, l’auteur montre les effets véritablement dévastateurs de l’impact de l’espèce humaine sur la biodiversité. A partir de la situation du continent nord-américain mais avec cependant d’autres exemples géographiques, on assiste à la disparition de toutes les mégafaunes (à l’heureuse exception de l’Afrique) chaque fois qu’Homo sapiens pose le pied sur un continent ou une île.

La démonstration est solide et on comprend dès lors que, très tôt et sans doute pour la première fois, une espèce seule allait être capable d’en faire disparaître beaucoup d’autres avec une redoutable efficacité. Mais on n’avait pas encore tout vu ! La deuxième vague s’opère avec l’arrivée de l’homme blanc, « civilisé », sur le continent américain et il suffit d’évoquer la quasi éradication du bison et celle, réussie, du pigeon migrateur, pour montrer qu’en terme de destruction, notre espèce sait toujours progresser ! Enfin, la troisième vague débute dans les années 1970 avec la pollution généralisée, la globalisation et le pillage des autres continents. On arrive alors à la fin de la première partie de l’ouvrage intitulé – on l’aura deviné - : « Bad News » !

Photo de Dave ForemanFort heureusement, pour ceux qui auront les nerfs suffisamment solides pour atteindre la deuxième partie, le titre « Good News » est plus engageant ! Il s’agit là d’un véritable plan d’action à tous les niveaux. De nombreux exemples sont évoqués et permettre de tirer les grandes lignes de la conservation réussie. En somme, les cinq commandements du protecteur !

  • Les grandes zones protégées sont préférables aux petites.
  • Il vaut mieux une seule grande zone que plusieurs petites.
  • Un habitat intact est à protéger avant un habitat artificialisé.
  • Un habitat connecté est mieux qu’un habitat fragmenté.
  • La présence des espèces « clé de voûte » est indispensable.

En d’autres termes, il faut retrouver de vastes espaces naturels protégés qui fonctionnent avec toutes leurs composantes et reliés entre eux par des corridors.
A la fin de cette lecture, immanquablement, on cherche des applications pour notre pays : de vastes zones sauvages, des grands corridors, des fleuves qui fonctionnent, des forêts inexploitées, des ongulés nombreux, gérés par les seuls grands carnivores, une biodiversité marine abondante …

Finalement, il faudrait un peu de bonne volonté car le potentiel est remarquable. Pour en prendre le chemin, tous ceux qui interviennent dans la protection de la nature devraient lire le remarquable ouvrage de Dave Foreman.

Source : La lettre de Forêts sauvages - Naturalités n° 2

Environnement : Claude Allègre est plein d'allégresse pour le Grenelle

Sérieux doutes de Claude Allègre sur l'utilité du ministère de l'Ecologie et du Grenelle de l'environnement.
 
PARIS, 17 sept 2007 - L'ancien ministre PS Claude Allègre a exprimé lundi de sérieux doutes sur le prochain "Grenelle de l'environnement". Claude Allègre a estimé que "si le ministère de l'Ecologie et du Développement durable n'est pas un moteur pour la croissance et l'emploi, il faut le supprimer."
   
"On ne peut pas dire: «je suis pour la recherche, pour le savoir,etc» et  dire «les progrès actuels, c'est-à-dire les OGM, le travail sur les cellules  souches, le nucléaire, les nanotechnologies, ça j'en veux pas", a lancé Claude Allègre lors d'un débat sur le thème du progrès avec l'ex-socialiste et secrétaire d'Etat Eric Besson, pour le lancement du club "les Progressistes". [NDLB : Plus c'est gros, plus celà marche : progressistes !]
   
Claude Allègre a indiqué à cette occasion n'avoir pas "changé d'avis" sur  l'ancienne candidate PS Ségolène Royal, dont il avait fustigé les positions  sur ces sujets. "Si on adopte ce point de vue, et je suis extrêmement attentif à ce qui va  se passer dans ce Grenelle de l'environnement, alors la France, l'Europe vont tomber dans les pays en non-développement", a-t-il assuré.
   
Si le ministère de l'Ecologie, "je le dis très franchement, n'est pas un  moteur de la croissance et un moteur pour créer des emplois, alors il ne sert à rien, il faut le supprimer", a affirmé le scientifique. "S'il est destiné à gêner le développement industriel, le développement de  la recherche médicale, le développement de la recherche agricole, il ne sert à  rien", a-t-il insisté, en ironisant sur le ministre Jean-Louis Borloo qui est "allé faire un voyage au Groënland pour voir la banquise fondre". "Je suis inquiet par rapport à cette mode écologique", a-t-il encore  indiqué.

Prenant l'exemple des Antilles où l'utilisation massive de pesticides a  provoqué un "désastre sanitaire" selon un rapport, M. Allègre a déclaré: "si vous voulez enlever les insecticides, il n'y a qu'un moyen, c'est de fabriquer  des organismes génétiquement modifiés qui n'ont pas besoin d'insecticides".

Et bien, avec ce progrès là, la terre à un bel avenir c'est sûr.

14 septembre 2007

Ovalours

Jean_lassalle_montreur_oursJean lassalle en montreur d'ours.

De Pascal Labadie à Monein, ce texte inspiré par la situation chaotique de l'ours en Béarn et la Coupe du monde de rugby. À l'approche de la Coupe du monde de rugby, je m'en vais vous raconter une partie d'ovalie qui dure depuis plus de dix ans et qui met en scène une sélection régionale des plus incongrues. Le capitaine et seconde ligne de cette escouade n'est autre qu'un célèbre Aspois qui anime nos troisièmes mi-temps en entonnant « Aqueros Mountagnos » à répétition pour éviter les bilans d'après matches douloureux et l'âpreté de son jeu.

Le ballon est représenté par un ours qui se dégonfle depuis longtemps en Béarn. Dans les vestiaires, notre meneur d'hommes répète son discours bien rodé : « En avant les petits, nous sommes les petits poucets, opprimés mais soudés.....»

C'est le début du match. Le coup d'envoi est donné pour l'occasion par un représentant de l'IERN (International Europe Rugby Nature), M. Marc Natura 2000. Nos avants composés par les urnes d'Ossau, Aspe et Barétous récupèrent rapidement le ballon mais se font pénaliser pour sa conservation au sol. Notre seconde ligne, grand pourvoyeur de ballons en touche, s'en donne à cœur joie. Cependant, à chaque mouvement de jeu, il dégage d'un énorme coup de pied en touche, et ce malgré les combinaisons spectaculaires annoncées avant match.

Le demi d'ouverture, issu du monde pastoral, réalise en avant sur en avant malgré un équipement tout neuf et renouvelé à chaque saison et accuse un ballon glissant. L'arrière, chasseur de son état, tape d'improbables chandelles en annonçant un «Pool» caractéristique. Les esprits s'échauffent et l'homme en noir venant de Paris sévit enfin en infligeant des cartons jaunes puis rouges.

Mais les avants du cru restent sur le terrain, le bousculent... Il n'est pas à la hauteur de l'événement. Les ailiers, au maillot vert, décident alors de quitter le terrain, fatigués d'attendre la « béchique » (ballon en Gascogne) en trépignant d'impatience, voulant franchir la ligne, signe de la survie du ballon. Mais voilà, le jeu est terne, uniquement basé sur la défense. Le jeune public des vallées quitte à son tour les tribunes pour regagner des terrains plus productifs et ambitieux. Les sponsors locaux et régionaux de l'équipe se posent des questions sur les réelles motivations et tournures de cette partie. D'âpres discussions sont en cours au centre de la pelouse, mais plus personne ne se soucie du ballon réduit en peau de chagrin à force d'être piétiné. Il jonche le sol, inerte. « Vite, chantons ! », s'écrie le capitaine. Le spectacle continue...

Témoignage d'un berger pour la défense du patrimoine

Une montagne bien vivante

Oyez, oyez, braves gens ! C'est un jeune berger (33 ans) de montagne  qui vous parle.

Etant défenseur d'une montagne bien vivante, où tout le monde à sa place, j'ai souvent fait partie des réunions de concertation, d'explications, de réflexion sur notre métier, mais surtout sur la manière dont nous pouvions (dont nous devions, dirais-je même) cohabiter avec les "prédateurs naturels" et, de plus en plus, avec le tourisme (qui lui, a tendance à nous éradiquer).

Je connais bien, et personnellement, une partie de cette petite bande de furieux éleveurs ! Si vous saviez le nombre d'insultes (souvent à caractère raciste), de pressions morales et physiques (surtout vis à vis de la gente féminine), de pare-brise cassés et de pneus crevés (entre autres) - j'en passe et des meilleures- que nous subissons !

Un article n'y suffirait pas, il faudrait une édition spéciale ! Bref, tout cela n'est rien face à ce choix de société (...) : vivre ensemble et partager, ou alors, disparaître ! Car c'est bel et bien toute la filière ovine française qui est en crise depuis les années 1980 (merci Rainbow Warrior!), et les prédateurs naturels (ours, loups, lynx) ne font que cristalliser cette crise, mais, depuis eux, au moins, l'on en parle !

Beaucoup de méthodes existent : chiens de protection, parc de nuit électrifié, de vrais bergers et non de simples surveillants (je ne vais pas me faire que des copains), des troupeaux plus petits sur les montagnes trop escarpées, donc emplois subventionnés de bergers supplémentaires, habitations mobiles de type yourtes, tipis, pour être plus proches des bêtes dans les "quartiers" lointains, bergers itinérants, éco-volontaires, radiotéléphonie ...

Mais non ! Ces tristes réactionnaires "à bérets vissés" refusent tout en bloc ! Tout ! Ils croient encore que la montagne, que nous avons malgré tout "dessinée" au fil des siècles, leur appartient et qu'ils ont droit de vie ou de mort sur ces êtres vivants emblématiques (ou non).

Nous, les bergers modernes de ce IIIème millénaire, nous souhaitons partager ce si bel espace, faire découvrir aux néophytes notre passion, notre vie, et perpétuer ce flambeau très ancien et bénéfique au travers de nos techniques, nos savoirs, dans le respect des cycles de la nature, de tous les êtres vivants...

Nous sommes les "gardiens" d'un temps immémorial, pour eux, pour nous, pour ceux qui nous succéderont. Merci et bonheur à ceux qui le comprennent ... Et pour les autres, essayez au moins ! Pour nos enfants, nos petits enfants !

Soyons heureux, vivons notre vie, partageons et aimons nous ! "

D.M. berger en estive (48).
Source : Politis n°966 du 6 au 12 septembre 2007

Crétins des Alpes ou ânes des Pyrénées ?

Tout le monde n'est pas aussi têtu que les éleveurs des Pyrénées ou des Alpes : des éleveurs suisses s'associent pour mieux gérer leurs troupeaux et pour une bonne protection du capital génétique des élevages ; pour faire leur métier de berger convenablement, en bon "père de famille" en quelque sorte. 

Côté pyrénéen, Bruno-Besche Commenge (le grand défenseur des "races à petit effectif" en Ariège et de la biodiversité domestique - lire Bruno Besche-Commenge: Où est la biodiversité à préserver ?) à une vision de la protection du capital génétique absolument opposée...

BBC : «Il paraît alors inquiétant (...) que l’on fasse aussi peu référence à un document essentiel par lequel la France s’est engagée, dans la droite ligne des réflexions que la FAO conduit au niveau planétaire. Il s’agit de la Charte du Bureau des Ressources Génétiques (...) qui parle de la juste protection des races ovines et bovines rares et bien sûr de l'intérêt de ne pas garder les troupeaux afin de les laisser profiter des terrains difficiles.» Ah que la Suisse est loin des Pyrénées ! Le bon sens n'est pas justement réparti chez les buveurs de Fendant et chez les buveurs de Jurançon.

Syndicat de menu bétail du Chablais

Suisse (Chablais) - Trois syndicats d'élevage ont fusionné en une seule organisation. Les organisations de la plaine du Rhône, de Panex-Plambuit et de Bex et environs constituent le syndicat du Chablais depuis le 1er août dernier.

Le regroupement vise à optimiser le travail administratif et à s'adapter à la tendance du recul du nombre de membres. Le nouveau syndicat couvre à présent tout le Chablais, à l'exception de la région des Ormonts qui a décidé pour le moment de rester indépendante, du fait qu'elle dispose encore de suffisamment d'éleveurs et d'animaux. Le syndicat du Chablais comprend aussi bien des moutons que des chèvres. L'effectif ovin, composé d'une grande majorité de Blancs des Alpes, atteint 1200 têtes dont 600 mères, pour un total de 29 éleveurs actifs. Quant aux chèvres, leur nombre atteint 300 sujets inscrits, pour 24 détenteurs. La race Chamoisée est de loin la plus répandue, suivie de la Gessenay et de la Grisonne. Huit éleveurs possèdent entre 30 et 50 laitières et fabriquent du fromage.

Le syndicat assume la mise sur pied de trois commissions pour la vente des agneaux: une au printemps, les deux autres l'automne. Les concours, dont le nombre a pu être diminué par la fusion, ont lieu au printemps pour les chèvres et en automne pour les moutons.

La menace du loup

Auparavant, un alpage était exploité par les différents syndicats. Les incertitudes liées au loup et les problèmes de gardiennage ont amené la nouvelle structure à collaborer avec le moutonnier de l'alpage de l'Hongrin. L'estivage se fait ainsi sous la surveillance d'un berger et de chiens de protection. Une nécessité pour Georges Tribolet co-secrétaire du syndicat: «En sélectionnant des bêtes, il faut au moins dix à quinze ans pour extraire une bonne souche. Avec les dégâts du loup chez certains de nos collègues, on s'aperçoit que tout peut être anéanti en un instant. Nous préférons prévenir puisque notre élevage ne se remplace pas par une simple indemnisation financière».

[NDLB: Dans les Pyrénées, on préfère laisser divaguer les troupeaux de races "à petits effectifs", puis crier "à l'ours" devant les caméras et les micros, parce que les précieux effectifs diminuent encore suite à l'incohérence ultrapastorale et à la table dressée toute grande pour l'ours. Il est étrange de constater que les multiples "associations de sauvegarde du patrimoine", ne cherchent à sauver rien du tout, pas même le pastoralisme en crise, pas même leurs races de brebis rares ; leur seul et unique objectif : l'extinction de l'ours des Pyrénées pour laisser paître les troupeaux, sans berger et sans protection dans les terrains difficiles. Belle conception du devoir et du métier. Les bergers sont devenus des éleveurs industriels. Même les AOC divaguent. ]

L'organisation joue un rôle central pour le maintien des races, conformément à leurs standards respectifs, explique le président du syndicat Marcel Dévaud: «Les grands troupeaux sont parfois croisés à tel point qu'il leur arrive de perdre les caractéristiques spécifiques de la race d'origine. Même si la plupart des membres du syndicat sont de petits éleveurs, ceux-ci réalisent un précieux travail de sélection dont les grands élevages peuvent profiter».

Pour Roger Favre qui élève 120 brebis et exploite 27 hectares sur les pentes des Posses-sur-Bex, le fait d'avoir toutes ses bêtes inscrites au syndicat exige un travail conséquent de recensement des données et de sélection: «Je constate que la demande reprend pour des bêtes de race. Faire partie du syndicat est donc un avantage». Par rapport à l'effectif total élevé dans le Chablais, les animaux inscrits au syndicat ne représentent qu'une faible part. La différence de prix entre une agnelle d'élevage et une bête d'engraissement n'est plus aussi accentuée que par le passé, ce qui explique en partie que certains éleveurs rechignent à s'affilier au syndicat.

Michel Darbellay - agrihebdo

Bruno Besche-Commenge et Français Arcangeli sont dans la montagne

Interview de François Arcangeli

Alors que Franska, l’ourse slovène introduite dans les Pyrénées l’an dernier, est sur le point d’être capturée pour être déplacée plus en altitude, la polémique continue dans les Hautes-Pyrénées sur la cohabitation entre l’ours et l’homme. Président de l’association du Pays de l’Ours-Adet, François Arcangeli fait le point sur la situation actuelle.

TV Agri : Pensez-vous que la capture de Franska, pour l’amener plus en altitude, soit utile ?
François Arcangeli : Le déplacement de l’ourse, sur pression des éleveurs, ne règle en rien le problème. Les ours (comme Papillon, Méré…) évoluent dans le massif et c’est toujours dans les Hautes-Pyrénées que des incidents sont relevés et que des brebis sont attaquées. Le problème est propre à ce département. C’est le pastoralisme tel qu’il est pratiqué actuellement qui est inadapté à la montagne. L’ours est un bouc émissaire. Il n’est la cause que de 1% de la mortalité des brebis.

TV Agri : Existent-ils des mesures de protection des troupeaux ? Sont-elles efficaces ?
François Arcangeli : On devrait profiter de l’acalmie qui va suivre le déplacement de Franska pour mettre en place des mesures. Lors d’un colloque européen sur les prédateurs qui a eu lieu en Italie, les représentants des autres pays présents ont expliqué leurs mesures de protection : présence de bergers, de chiens, ou clôtures. Avec des chiens de protection, les pertes sur les troupeaux diminuent de 92% ! Ils ne protègent donc pas uniquement des ours. De plus, les mesures de protection sont financées par les fonds ours. Les éleveurs français ne l’acceptent pas car ce serait accepté l’ours.

Source : Terre-net

Bruno Besche-Commenge furieux de cette interview coule une bielle

"Je suis étonné qu'un site agricole professionnel publie à sens unique les propos de M. Arcangeli sous le titre "l'ours est un bouc émissaire", sans au moins analyser la validité de son discours ... où presque tout est faux. Trop long, ici, de reprendre en détail mais à votre disposition si vous le souhaitez, et ça me paraît quand même un peu nécessaire vu l'aspect mensonger des propos : simple exemple: pas un seul mais les 3 départements des Pyrénées-centrales sont concernés aujourd'hui par les prédations.

Un point important de l'ignorance, volontaire, d'Arcangeli concerne les mesures de protection. Ce sont les mêmes que contre les loups dans les Alpes. Or le CERPAM (structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA) a publié les actes d'un colloque à ce sujet qu'Arcangeli ne peut pas ignorer (ces actes sont référencés sur les sites pro-ours et loups). Résultats de ces mesures: incertains, catastrophiques pour les bergers, les brebis, le milieu, travail de Sysyphe à reprendre chaque année: les prédateurs s'adaptent et si effectivement il y a UN PEU moins de brebis bouffées par troupeau, c'est aussi qu'ils étendent leur champ d'action !

A votre disposition, si vous m'indiquez adresse mail pour expédier pdf : recession en 3 pages des actes de ce colloque avec les références. Vous pouvez aussi contacter de ma part le responsable scientifique du CERPAM, Laurent Garde.

Quand même ce "détail" à propos des mesures financées : savez-vous ce que le plan-ours propose pour un éleveur qui resterait en continu sur la montagne pour garder nuit et jour son troupeau : 155 euros par mois! Dur, dur avec ça ne serait-ce que d'acheter le foin qu'il n'aura pas pu faire pendant ce temps! Faut pas se moquer des gens qui travaillent, surtout quand, ici, ils travaillent plus pour gagner moins.

Bruno Besche-Commenge

La protection, une mesure catastrophique pour les bergers ?

Bruno Besche-Commenge oublie volontairement les nombreuses autres mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours pour qu'on pleure sur le sort des éleveurs découragés et affamés. Un petit tour à la buvette s'impose pour lire "Comment l'argent de l'ours aide le pastoralisme" :

  • 770 €/mois et par berger pour l'aide au gardiennage avec regroupement nocturne
  • 1 760 €/mois et par berger si pas d'aides agricole.
  • 765 € pour l'achat d'un chien
  • 305 €/chien présent sur l'estive
  • 105 € par agneau de - de 6 mois prédaté (120 s'il est inscrit)
  • 140 € par agneau de 6 mois à un an (155 s'il est inscrit)
  • 126 à 180 € pour une brebis
  • de 300 à 500 e pour un bélier
  • 140 € par attaque de prime de dérangement
  • + 10% de la valeur de la bête pour le "manque à gagner" par bête prédatée

Je continue ? Pour toutes les mesures, voici un aide mémoire...

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007Télécharger le document de synthèse des mesures d'aide ours-elevage 2007
(PDF 2 pages)

document de synthèse des mesures ours-elevage 2007mesures d'accompagnement du programme de restauration de la population d'ours 2007
(PDF 22 pages)

Exemple de prédation

  • Carrefour_prix_agneau_2Lors d'une attaque, un ours tue 2 brebis : 126 € + 50 € + 126 € + 50 € + 140 € = 492 € payés dans les 2 semaines.
  • Sur le marché : les brebis de réforme (celles qui ont produit du lait ou des agneaux pour la viande) se vendent 1.5 à 2 euros/kg. Les brebis de boucherie de 3 ou 4 ans) : 4.5 Euros environ.
  • 492 € représente donc au minimum 61,5 kg de viande par brebis ! Pas mal.
  • Christophe Bally, acheteur viandes de l'enseigne Casino a indiqué lors des travaux de la commission des affaires économiques au Sénat qu'un agneau anglais ou irlandais était de 12 à 15% moins cher qu'un agneau français dont le prix varie en fonction des parties : 5 à 6 euros le kilo de navarin, 12 ou 13 € pour le gigot et 14 €/kg pour les côtes d'agneau.
  • Le gigot d'agneau de Nouvelle Zélande se vend entre 4,20 € et 5,50 € le kilo.
  • Dans la vallée, pour le prix des primes pour 2 brebis prédatées, le voisin du berger a de quoi acheter 93 kg d'agneau de Nouvelle-Zélande !

Puisqu'on vous dit que c'est l'ours qui est responsable de la crise du pastoralisme ! Voilà pourquoi il y a lieu de charger l'ours au maximum, les veaux d'Aston, celà vous dit quelque chose ?

BBC présente le CERPAM comme une "structure scientifique et technique des Chambres d'Agriculture de PACA". Qu'est ce que le CERPAM ? Alons voir sur leur site : "Le CERPAM (Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée) a été créé en 1977 à l’initiative des Chambres d’Agriculture de la Région Provence Alpes Côte d’Azur. Service spécialisé en pastoralisme, il répond à la demande de la profession agricole et plus spécialement des éleveurs d’oeuvrer par la voie pastorale au développement des activités d’élevage et à leur intégration dans la gestion des espaces naturels." Le CERPAM annonce clairement dans quel camp il se trouve.

D'un côté des propos de colloque pastoral, de l'autre, la réalité...

Sur la commune de Melles (Haute-Garonne) que Hvala fréquente principalement, elle cause des dégâts importants en 2006, sur les troupeaux non protégés de la commune : 29 brebis sont tuées en 14 attaques. Heureusement, les éleveurs de cette commune ont décidé de se protéger pour l'année 2007. Le trio "bergers, chiens de protection et regroupement nocturne" marche à merveille et le résultat est criant de vérité. Lisez ces 3 notes...

CQFD à BBC. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre. Mais BBC n'en est pas à son coup d'essai. A chacun sa spécialité ! Les chiens de protection italiens seraient-ils plus efficaces que les patous des Pyrénées ? François Arcangeli est-il un menteur où est-ce Bruno Besche-Commenge et les bergers français qui sont de mauvaise foi ? Qu'en pense l'ASPP ?

Le programme de l'ASPP : refus des gardes de troupeaux, des embauches de bergers et des chiens patous

Sur le site de son copain Louis Dollo, Bruno Besche-Commenge pourrait relire les «principes généraux» (pas généreux) prônés par l’ASPP, Association de «sauvegarde du patrimoine» quant à la forme de pastoralisme qu’ils souhaitent :

  1. «Refus de garde des troupeaux au profit de surveillance de l'ours : « les éleveurs n'ont rien demandé, à l'Etat d'assumer ses responsabilités et de garder les animaux qu'il importe.
  2. Refus d'embaucher des bergers ou des gardiens de troupeaux pour un motif juridique assez clair: il n'existe pas de cabanes aux normes de la législation sociale, certaines n'ayant même pas de possibilité d'avoir de l'eau.
  3. Pas de Patous pour des raisons de sécurité des randonneurs. Plusieurs procès ont eu lieu dans les Alpes où les éleveurs et bergers ont été condamnés. Certaines communes des Alpes auraient même interdit les Patous et paient directement les dégâts causés par les loups.»

Bien sûr, dans ces conditions, la protection, celà ne marche pas et la cohabitation non plus ! Mauvaise foi disais-je.

13 septembre 2007

Ouverture de la chasse au grand tétras en Ariège

La chasse au grand tétras est ouverte du 16 au 30 septembre. Par arrêté en date du 12 septembre, le préfet de l'Ariège fixe un prélèvement maximal de coqs de Bruyère sur chacune des 12 unités naturelles du département. Cette nouvelle disposition "permet une gestion plus fine du grand-tétras répondant aux exigences requises par cette espèce fragile."

Grand-Tétras ou grand coq de bruyèreGrand tétras ou coq de bruyère

L’estimation de la population de grand-tétras présente ainsi que les conditions annuelles de reproduction ont été déterminées sur la base des comptages sur le terrain réalisés, pour une grande part, par la fédération départementale des chasseurs, selon un protocole défini sur l'ensemble de la chaîne pyrénéenne.

Ces éléments, validés par l'office national de la chasse et de la faune sauvage, ont permis de retenir un taux de prélèvement de 7,5% de l'effectif de coqs de bruyère, sauf le territoire du Donezan où l'indice annuel de reproduction est en deçà du seuil permettant la pratique de la chasse, ce qui interdit tout prélèvement. Il en est de même dans les terrains domaniaux où aucun prélèvement ne sera autorisé.

Le quota global de 39 coqs de bruyère ainsi défini sur l'ensemble du département correspond à un taux de prélèvement deux fois inférieur au maximum techniquement admis.

Source: DDAF

Le grand-tétras est une espèce fragile protégée : 39 "prélèvements", on pourrait s'en passer, non ?

Bernard Kuligowski : Accepter l'ours, une question de culture

Bernard Kuligowski est guide naturaliste français. Il effectue de nombreux séjours en Slovénie afin d'observer les ours. Il connaît donc bien le comportement des plantigrades introduits dans les Pyrénées.

Observation des ours en Slovénie

Slovénie : Clairière forestière à la tombée de la nuit, vue d'un mirador. Sur la plate forme, une mangeoire remplie de maïs et de gaufrettes ! (Photo BdM)

P. V. : Estimez-vous que les ours slovènes peuvent être dangereux ?
Bernard Kuligowski : Depuis que je me rends dans ce pays, j'ai dû approcher une trentaine d'ours, dont douze en 2005. J'en ai observé à 7 mètres de moi et ils ont fui, ou ne m'ont pas vu. Bien sûr, lorsque j'accompagne des gens, je conserve une marge de sécurité. Mais avancer, comme certains le font en ce moment dans les Pyrénées, que ces ours sont dangereux pour les promeneurs et vont nuire au tourisme, ce n'est pas sérieux. Au contraire, ils peuvent contribuer au développement d'un tourisme nature, comme en Italie ou en Espagne.

Pour vous, ces ours ne présentent donc aucun risque ?
Bernard Kuligowski : Personne ne peut affirmer une telle chose. Il suffit qu'une ourse suitée soit dérangée par une meute de chiens courants chassant le sanglier pour que l'animal devienne agressif. On a vu ce qui s'est passé avec Melba et Cannelle, mais ce type de chasse, très usité en France, n'existe pas en Slovénie. Dans ce pays, les habitants restent simplement prudents. Par exemple, ils font du bruit quand ils vont ramasser les champignons. Il y a bien un petit incident de temps en temps, mais jamais rien de grave. La meilleure preuve que l'ours n'est pas considéré comme dangereux est que les écoles organisent des sorties nature pour les enfants afin de découvrir son habitat et son mode de vie.

Les ours peuvent-ils retrouver leur place dans les Pyrénées ?
Bernard Kuligowski : Je le souhaite, mais permettez-moi d'être sceptique. En Slovénie, il y a très peu d'élevage ovin donc peu de chances d'incident avec les éleveurs et les gens savent vivre avec les ours. Ce sont des rudes, des forestiers, des chasseurs, qui ont un rapport très fort à la nature et sont fiers de leurs grands animaux sauvages. C'est une question de culture.

Chez nous, ce n'est pas parce qu'un lobby veut imposer cette réintroduction que tout va se régler. Si l'on veut retrouver une population d'ours viable, il faut en lâcher plus de cinq mais aussi créer des réserves, ne plus chasser n'importe où, ne pas exploiter les forêts n'importe comment et laisser des troupeaux de brebis gambader sans protection dans la montagne. Bref, il faut se donner les moyens de réussir.

Malheureusement, même si quelques mesures d'accompagnement sont proposées aux éleveurs, cette opération reste pour moi un coup médiatique pour se donner bonne conscience, dans un pays qui a accumulé un retard phénoménal en matière de protection de la nature.

Bernard Kuligowski

Bernard Kuligowski travaille pour Objectif Nature qui organise, entre autre, des voyages "ours" en Slovénie.

Interview : P.V. (Sud-Ouest)

H2SO4 gagne le concours Persoweb 2007

H2SO4, gagne le concours Persoweb 2007

Les sites "Champagne" de la buvette - septembre 2007

Un champagne avec de la fraicheur, que dire, de la vivacité. A. Cide est dessinateur. H2SO4 est donc un nom logique pour son blog. il se présente : "H2SO4 c'est le regard croqué au crayon ou à la plume mais toujours au vitriol du dessinateur A.Cide, sur celles et ceux qui font notre actualité. C'est censé être insolent, drôle, libre, apolitique et sans ménagement. Bon amusement..."

A. Cide vient de gagner le concours PERSOWEB 2007 organisé par BelRTL et Le Soir dans la catégorie "Actualité / journalisme".

J'invite les visiteurs habituels de la buvette à découvrir ce blog et les dessins de qualité de A.Cide.  Bravo ! Ce dessin qui illustre l'ouverture de la chasse à sa place à la buvette.

A noter, dans la même catégorie, "Le blog du Chi", dont le webmaster Philippe Mollard est aussi celui du blog "FILOU, Front International de Libération des Ours et Ursidés. Vive l'Ours libre", un blog anti-ours bien connu qui ne manque pas d'humour, pour une fois. Philippe Mollard crée des montages d'images. Il à déjà eu des problèmes avec un photographe animalier et un bureau d'avocat bruxellois pour avoir utilisé des photos sans en avoir les droits ; photos dont les droits web ont été achetés par le bureau qui utilise l'image de l'ours pour sa communication. Il n'est pas repris dans le palmarès.

Sursis pour l'IPHB qui désire garder jalousement son incompétence Ours

Sursis pour l'IPHB

Des nouvelles de Jean Lassalle

Nième rebondissement dans le feuilleton de l'Institution patrimoniale du haut Béarn. Alors que le drapeau noir était hissé depuis plusieurs mois, il a été décroché hier. La Chambre régionale des comptes a fini par valider le budget 2007.

Le préfet avait saisi l'instance, du fait des finances largement déficitaires de l'organisme (moins 140 000 euros). En juillet, ladite chambre émet un avis défavorable octroyant un mois pour redresser la barre. La conséquence du bras de fer engagé entre Jean Lassalle, président de l'IPHB, et Nelly Olin, la ministre de l'écologie en 2006, à propos du plan de réintroduction d'ours. L'État, et par ricochet la région Aquitaine (dans le cadre du contrat état-Région), suspendaient alors les subventions.

Le Département au soutien. Pour rendre une copie équilibrée, l'IPHB s'est lancée cet été dans une course aux financements. Jean Lassalle a pu compter sur le soutien financier du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Il a débloqué 22 400 euros au titre de diverses subventions. La Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale), a versé 11 509 euros. De quoi muscler les recettes.

Parallèlement, les dépenses ont été revues à la baisse. Charges de fonctionnement, indemnités des élus, plusieurs actions suspendues (équipement de sécurité de troupeaux, évacuation de bétail accidenté et suppression de la lettre d'information, abandon du programme de valorisation des produits de montagne?). « Une bouffée d'oxygène, se félicite Jean Lassalle, cela va nous permettre de maintenir les sept emplois et de continuer l'aventure. Malgré l'acharnement mis à nous détruire, l'institution fonctionne. » L'IPHB entend désormais recentrer ses actions sur le terrain : aide au pastoralisme, gestion de la forêt et travail entrepris sur l'eau. Sans oublier la compétence ours, « que nous allons jalousement garder », précise le député aspois. « Si l'institution disparaissait, il n'y aurait qu'une urgence : en créer une autre. Nous tiendrons, comme nous l'avons toujours fait, et retrouverons l'ensemble de nos prérogatives. »

«Étape décisive»

Jean Lassalle considère la décision comme « une étape décisive ». C'est en tout cas un sursis, car il faut désormais songer à 2008. Ce que n'a pas manqué de relever la Chambre régionale des comptes, en invitant l'IPHB à « engager pour l'avenir une réflexion sur ses perspectives de financements ».

Il n'est en effet pas évident qu'en 2008 l'État et la Région consentent un effort financier qu'ils ont refusé en 2007. Aussi, René Rose, président de la Communauté de communes de la vallée d'Aspe prévient : « Il nous faudra à nous, les collectivités locales, mettre la main au portefeuille pour bénéficier de l'ingénierie de l'IPHB. Mais je compte également sur le Conseil régional et le Conseil général », explique-t-il. Des soucis que Jean Lassalle a bien en tête, voulant continuer à avancer : « Le troisième contrat de charte (signé avec l'état, NDLR) est prêt. » Reste à trouver un partenaire pour le parapher.

Source : Xavier Sota, Sud-Ouest

Voilà les dégâts de Hvala

Après Franska, les éleveurs s'en prennent à l'ourse Hvala et à ses deux oursons. Ils essaient de mettre toutes les prédations possibles sur son dos. Mais Hvala n'est pas la seule ourse de la région. Qu'en est-il exactement des prédations de Hvala. La buvette l'a demandé à la DDEA.

"En réponse à votre demande, je vous prie de trouver ci-joint une note faisant le point au 4 septembre 2007 des prédations pouvant être attribuées à Hvala."

Informations concernant l'ourse Hvala
Actualisation au 04/09/2007

L'ourse Hvala a hiberné sur la commune de Melles en Haute-Garonne où elle a été observée accompagnée de 2 oursons le 23 avril 2007. Un suivi télémétrique régulier tout au long de l’hiver a permis de localiser le site de tanière de l’animal mais l’ourse n’a présenté aucun signe d’activité significatif au cours du mois d’avril. La femelle accompagnée de ses 2 oursons a été vue en train de s’alimenter et de se reposer. Les 2 oursons étaient très actifs autour de leur mère.

Depuis cette date, elle a pu être localisée soit par observation directe soit par suivi télémétrique à environ 90 reprises. Les localisations sont toutes situées dans un périmètre relativement restreint correspondant à quatre communes : Antras et Saint-Lary en Ariège, Melles et Boutx en Haute-Garonne ; comportement normal pour une femelle suitée.

Sur le territoire des quatre communes précitées et depuis cette date, il a été recensé 10 attaques pouvant être imputées à Hvala, impliquant la prédation de 26 brebis, dont la répartition est la suivante :

  • Antras : 7 brebis
  • Saint-Lary : 18 brebis
  • Melles : 1 brebis
  • Boutx : 0 brebis

En dehors des brebis :

  • aucune autre prédation n'est à ce jour imputable à Hvala,
  • aucune autre prédation n'est à signaler sur le secteur géographique,
  • l'expertise d' un veau à Saint-Lary (24/05/2007) conclut à la non imputabilité de cette perte à l'ours.

VETTER Marc
Chef de Service - DDEA 09/SER

Pas de quoi fouetter un chat. Les troupeaux de Melles sont gardés. Depuis lors, les prédations sont presques nulles. Encore un exemple concret de l'efficacité des moyens de protection. Un fait qui devrait pousser les ultrapastoraux à réfléchir.

10 septembre 2007

Ouverture de la chasse, le grand charnier

Ouverture de la chasse : jour 1 - accident de chasse 2

Dans ma note relatant l'accident de chasse du samedi 8 septembre 2007, Monsieur Groubet du site "Le Grand Charnier" postait le message suivant : "Combien y a t il d'accidents liés à la pratique de la chasse en France et par an ? êtes vous anti chasse ?"

La buvette a publié les statistiques des accidents de chasse des dernières années. Le tableau des morts par fait de chasse sera mis à jour dès que les statistiques annuelles seront connues et publiées. 36 morts par an en moyenne depuis 10 ans. les chiffres montrent bien qu'il s'agit d'une pratique mal contrôlée, mal pratiquée et dangereuse pour les chasseurs comme pour ceux qui ont le malheur d'être à portée de fusil ou de carabine. Combien va t-il y avoir d'accidents de chasse cette année ? Aucune idée. Mais un mort la veille de l'ouverture de la chasse et un autre mort le premier jour, avouez que cela commence fort !

Hier dimanche, c'était le jour de l'ouverture de la chasse et une dame "prise pour une biche" est venu se rajouter à la liste macabre alors que le Monsieur abattu "comme un cochon" samedi n'a pas encore été enterré. Quel beau sport !

Une femme tuée lors de l'ouverture de la chasse

Une femme a reçu dimanche une balle en plein visage alors que deux chasseurs avaient tiré simultanément sur ce qu'ils croyaient être une biche.

L'accident s'est produit dimanche, journée d'ouverture de la saison de la chasse en Sologne. Une femme, âgée de 53 ans, a été tuée dimanche lors d'une battue dans la forêt de Nançay, dans le Cher, par un chasseur qui l'a touchée accidentellement.

Vers 18h, la chasse touche à sa fin quand une biche est aperçue. Deux chasseurs tirent en même temps, selon les témoignages recueillis parmi la trentaine de participants à la battue. La femme s'effondre, touchée en plein visage.

L'enquête, menée par les gendarmes de Vierzon, doit déterminer qui est l'auteur du tir meurtrier, si la balle n'a pas ricoché avant d'atteindre la victime et si toutes les consignes de sécurité avaient été respectées. Les armes des chasseurs ont été saisies.

La chasse, une pratique à nettoyer

Je ne suis pas anti-chasse, mais je trouve qu'il y a un sacré nettoyage à faire dans ceux qui la pratique. Je suis pour l'adaptation des pratiques de chasse :

  • le respect des dates d'ouvertures, sinon c'est du braconnage,
  • le respect de la liste des animaux protégés, sinon c'est du braconnage,
  • la suppression de la chasse en battue en zone vitale des espèces protégées ou en cas de présence évérée.
  • la suppression de la chasse en battue en zone de randonnée, celà épargnerait quelques drames par an.
  • l'auto discipline et l'éducation, il y a du travail,
  • la même sévérité pour le l'alcoolisme armé que pour l'alcool au volant,
  • un permis de chasse plus difficile et plus cher,
  • des sanctions plus sévères.

Ceux qui chassent convenablement non rien à craindre de telles mesures. Les autres oui. On ne peut pas tout faire sur le dos de la tradition. Monsieur Groubet et son Grand Charnier sont les preuves vivantes des excès d'un autre milieu ou la "tradition" a bon dos et se croit au dessus de toutes les lois : le pastoralisme. Un permis d'exercer et un accès à la profession y serait aussi bien nécessaire. Pas de protection, pas de pognon !

09 septembre 2007

Leis Oursoun

Les sites "Champagne" de la buvette - septembre 2007

"Leis Oursoun", c'est Mathieu Krammer. Leis Oursoun a 20 ans, habite en Provence et est passionné par la nature, les carnivores et les rapaces. Il est membre de plusieurs associations : le FIEP - Groupe Ours Pyrénées , FERUS et la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux). Depuis mai 2006, Leis Oursoun est membre du conseil d'administration de l'association FERUS qui a bien vite remarqué ses qualités.

Son site carnivores-rapaces.org  inaugure une nouvelle catégorie à la buvette : Les sites "Champagne" ou sites "Coup de coeur" de la Buvette des alpages. De même, la catégorie "Eau de vaisselle" illustrera ce qui est pour moi, le fond de l'évier de la toile. Vous retrouverez plus ou moins chaque mois deux nouveaux sites dans la colonne centrale, sous le titre "Champagne ou eau de vaiselle".

Forme

Géré «à la dure», dans le code html, le site carnivores-rapaces a gagné en lisibilité depuis que le fond est redevenu blanc. Le menu est dans une «frame» mais bien classé et facile à suivre. Les statistiques grimpent, signe que les internautes s'y retrouvent.

Comment « Rapaces-prédateurs » se présente

Titre : «Leis oursoun - Carnivores et rapaces - Ours brun des Pyrénées - Loup gris - Lynx boréal»

Description et Mots clés : «grands carnivores, ours, loup, lynx, petits carnivores, renard, genette, chat forestier, mustélidés, phoques, rapaces, vautours, gypaète, aigles». Une description bien représentative du contenu du site.

Contenu

Leis Oursoun signifie «Les oursons» en provençal. L'unique auteur, Mathieu Krammer poursuit ses études en Sciences de la Vie à l’Université Paul Cézanne de Marseille. Son approche scientifique sous-tend chacun de ses écrits. Il est déjà considéré par ceux qui s’intéressent aux ours des Pyrénées comme un des grands spécialistes du sujet. Il connaît l’histoire, la généalogie de chaque ours et donne dans les forums des avis éclairés qui sont attendus par tous les intervenants.

Le site regorge d’infos intéressantes et de d'analyses pointues sur la faune : les lynx, les petits carnivores, les vautours et autres rapaces. Il rédige aussi dans la revue trimestrielle de l'association FERUS, la "Gazette des Grands Prédateurs" et possède sa rubrique à la buvette des alpages où il écrit occasionnellement sur l'ours et le loup en France.

Une référence prometteuse et un coup de coeur personnel. J'ai suggéré à Leis Oursoun d'écrire plus souvent à la buvette et même de fusionner. C'est dire que j'apprécie!

La chasse est ouverte depuis quelques heures : un mort. C'est reparti

Avant le premier jour, premier accident de chasse

Ce dimanche, c'est l'ouverture de la chasse. Hier c'était donc fermé, mais pour les "nuisibles" comme le sanglier, y'a pas d'ouverture qui compte. Dans le cochon, tout est bon. Déjà un mort.

Premier accident de chasse depuis l'ouverture - Un chasseur âgé de 56 ans a été tué accidentellement samedi après-midi par deux tirs d'un autre chasseur lors d'une battue aux sangliers dans le nord du département de la Gironde, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

La victime a été atteinte à deux reprises lors d'une battue regroupant six personnes organisée à Maransin par une association locale de chasse et autorisée alors que la chasse n'ouvre que dimanche matin. L'auteur des coups de feu mortels a été placé en garde à vue à la gendarmerie. Une autopsie doit être pratiquée lundi.

Le décompte macabre commence.

Lourdes infos

L'eau de vaisselle de la buvette - Septembre 2007

Lourdes-Infos

"Lourdes-Infos" est le premier site "Eau de vaisselle de la buvette", le premier "beurk du mois". Il n'y a pas de miracle pour "Lourd d'infos".

La forme

Le graphisme de Lourdes-Infos est ringard et déprimant :

  • Autant de template que de pages.
  • Les textes sont parfois centrés ou justifiés.
  • La page d'accueil clignote de 16 gifs animés telle la grotte de ses bougies.
  • Les images hétéroclites de tailles différentes sont issues des meilleures compilations de clipart des années 80.
  • Si vous cliquez sur un lien, impossible de savoir si vous restez ou si vous sortez de Lourdes-Infos, tout est mélangé. Les apparitions de pop-up sont nombreuses. On retrouve bien là le style bien particulier et le goût de cheval d'un des rédacteurs du site.
  • La navigation est aussi ergonomique que l'armoire de Gaston Lagaffe (essayer de trouver le dossier ours !)
  • Les menus occasionnels changent de place, de forme et à chaque page, il faut essayer de comprendre le fonctionnement de celle-çi.

Tous à vos aspirines. Virez moi ce webmaster. Repoussant.

Un gif animé "New" nous explique depuis plus de 18 mois que "des perturbations sur notre ligne ADSL ne nous permettent pas pour l'instant d'actualiser régulière