Témoignage d'un berger pour la défense du patrimoine
Une montagne bien vivante
Oyez, oyez, braves gens ! C'est un jeune berger (33 ans) de montagne qui vous parle.
Etant défenseur d'une montagne bien vivante, où tout le monde à sa place, j'ai souvent fait partie des réunions de concertation, d'explications, de réflexion sur notre métier, mais surtout sur la manière dont nous pouvions (dont nous devions, dirais-je même) cohabiter avec les "prédateurs naturels" et, de plus en plus, avec le tourisme (qui lui, a tendance à nous éradiquer).
Je connais bien, et personnellement, une partie de cette petite bande de furieux éleveurs ! Si vous saviez le nombre d'insultes (souvent à caractère raciste), de pressions morales et physiques (surtout vis à vis de la gente féminine), de pare-brise cassés et de pneus crevés (entre autres) - j'en passe et des meilleures- que nous subissons !
Un article n'y suffirait pas, il faudrait une édition spéciale ! Bref, tout cela n'est rien face à ce choix de société (...) : vivre ensemble et partager, ou alors, disparaître ! Car c'est bel et bien toute la filière ovine française qui est en crise depuis les années 1980 (merci Rainbow Warrior!), et les prédateurs naturels (ours, loups, lynx) ne font que cristalliser cette crise, mais, depuis eux, au moins, l'on en parle !
Beaucoup de méthodes existent : chiens de protection, parc de nuit électrifié, de vrais bergers et non de simples surveillants (je ne vais pas me faire que des copains), des troupeaux plus petits sur les montagnes trop escarpées, donc emplois subventionnés de bergers supplémentaires, habitations mobiles de type yourtes, tipis, pour être plus proches des bêtes dans les "quartiers" lointains, bergers itinérants, éco-volontaires, radiotéléphonie ...
Mais non ! Ces tristes réactionnaires "à bérets vissés" refusent tout en bloc ! Tout ! Ils croient encore que la montagne, que nous avons malgré tout "dessinée" au fil des siècles, leur appartient et qu'ils ont droit de vie ou de mort sur ces êtres vivants emblématiques (ou non).
Nous, les bergers modernes de ce IIIème millénaire, nous souhaitons partager ce si bel espace, faire découvrir aux néophytes notre passion, notre vie, et perpétuer ce flambeau très ancien et bénéfique au travers de nos techniques, nos savoirs, dans le respect des cycles de la nature, de tous les êtres vivants...
Nous sommes les "gardiens" d'un temps immémorial, pour eux, pour nous, pour ceux qui nous succéderont. Merci et bonheur à ceux qui le comprennent ... Et pour les autres, essayez au moins ! Pour nos enfants, nos petits enfants !
Soyons heureux, vivons notre vie, partageons et aimons nous ! "
D.M. berger en estive (48).
Source : Politis n°966 du 6 au 12 septembre 2007











je respire mieux après cette lecture sensée et posée...ça ce fait rare!
Qui que tu sois j'ai 26 ans je suis couvreur et si tu as besoin d'un cou de main pour quoi que ce soit je serais ravis de te rencontrer.
Rédigé par: françois durier | le 21 septembre 2007 à 12:11
Ben voilà un berger comme on les aime et, heureusement qu'il y en a encore…
Surtout ne lâche rien…
Rédigé par: JDaspas | le 15 septembre 2007 à 14:39