Pastoralisme nucléaire
Quel est le rapport entre les ultra pastoraux, Charles Hernu et la crise de l'agneau?
par Claude-Marie Vadrot
Les agneaux, le nucléaire,le loup, l'ours et la Nouvelle Zélande
Dans le Lot, et ailleurs, les éleveurs de moutons protestent parce qu'ils trouvent dans les super-marchés beaucoup, énormément, de viande en provenance de Nouvelle Zélande. Il faut leur rappeler que la présence, sans le moindre quota, du mouton néo-zélandais en France est la conséquence d'un discret accord entre la France et la Nouvelle Zélande, accord destiné à "calmer" les Néo-Zélandais aprés l'attentat du Rainbow Warrior coulé en Nouvelle Zélande (en 1985) par les services secrets français sur l'ordre du socialiste Charles Hernu.
Cet accord a contribué à couler la filière ovine en France. Ce qui permet de rappeler aux éleveurs des Alpes et des Pyrénées hurlant contre le loup et l'ours, que leur élevage n'est pas mis en danger par ces animaux mais par des accords commerciaux et le cynisme des super-marchés. Les brebis mangés par le l'ours et le loup sont actuellement les seules payées (lors du remboursement) à leur juste prix...
Source : Claude-Marie Vadrot
Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'environnement et de protection de la nature (derniers livres parus: Guerres et environnement, Delachaux et Niestlé et,le 18 janvier 2007, L'horreur écologique, également chez Delachaux et Niestlé) Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis.














Les statistiques produites par l'Institut de l'Elevage pour 2005 donnent une part de marché de la viande ovine d'origine étrangère en France à 57 %. La viande ovine néo-zélandaise a représenté 22 % de ces 57, soit 12.5 % du total commercialisé.
C'est le Royaume-Uni, avec 41 % des imports, qui arrive en tête, suivi de l'Irlande 24 %.
La consommation de viande ovine en France est passée entre 1990 à 2005 de 5.5 kg/personne/an à 3.9 kg. C'est la proportion de viande d'origine française (43 %) qui s'est effondrée en volume, car on était encore à 50-50 en 1990.
Par ailleurs, une partie de la viande néo-zélandaise n'arrive pas congelée, mais voyage sous atmosphère réfrigérée. Ce qui fait dire à certains éleveurs français que ces agneaux passent plus de temps sous cette forme qu'en vie.
Toujours selon ces études, il apparaît que les + de 65 ans consomment, par individu, 5 fois plus d'agneau que les moins de 35 ans.
De plus, une étude menée par l'interprofession ovine a montré que seuls 59 % des ménages ont acheté de l'agneau au moins une fois en 2006. Ils étaient 68 % en 2003...
Je crois que ces quelques statistiques permettent, sans ambiguité, d'affirmer que le loup et l'ours sont - et de loin - les responsables du déclin de la filière ovine en France... (2° degré)
Pour conclure, il faut tordre le cou à une rumeur :
La part de marché des vins étrangers vendus en grandes et moyennes surfaces en France est inférieure à 2 % (moins de 200 000 hl). Ce n'est donc pas eux qui posent problème sur le marché français, mais davantage la baisse régulière de la consommation, anisi que l'inadaptation des caractéristiques organoleptiques de certaines appellations aux modes de consommation d'aujourd'hui.
Il faut aussi parler de l'émergence de zones de production qui n'existaient peu ou pas il y a 20 ans, et qui concurrencent les zones "historiques".
Le meilleur exemple vient des vins de pays des côtes de Gascogne, dont les volumes produits étaient microscopiques en 1985 (autour de 60 à 80 000 hl/an).
Elle produit aujourd'hui près d'1 million d'hl/an, dont 75 % part à l'export.
Il est par contre incontestable que les vins étrangers taillent des croupières aux vins français sur le marché mondial, qui, lui, est en expansion.
Mais là, ce n'est ni la faute à la loi Evin, ni à l'ours slovène...
Rédigé par: Marc46 | le 17 août 2007 à 11:28
Les divers commentaires et réflexions qui sont induites par la protection de l'ours et des grands prédateurs convergent de plus en plus vers une remise en cause de l'élevage ovin sur les zones d'altitude , du moins tel qu'il est majoritairement pratiqué actuellement . Parce que le problème de la cohabitation avec les grands prédateurs de nos pays européens est essentiellement lié à l'élevage moutonnier dans des zones de montagne . La qualité des biotopes naturels , argument des opposants à l'ours , n'étant qu'un critère de second plan à cette problématique .
Cela doit conduire à une réflexion beaucoup large concernant nos voisins européens comme la Slovénie , qui subventions européennes oblige , commencent à développer un élevage symbole d'une conception de la prospérité alimentaire . Les slovènes sortis de l'ère titiste n'avaient pas auparavant cette conception de l'alimentation tout en étant nourris et relativement prospères .
Ne doit-on pas craindre par anticipation au vu de l'exemple français , qu'à terme une logique
d'ellimination des ours se fasse jour dans ces pays en parallèle avec l'extention de l'agriculture et l'élevage ovin en particulier vers la plétorie alimentaire .
Si cela devait arriver (et ce n'est pas qu'un scénario improbable) , les ours slovènes subiraient probablement les mêmes remises en cause radicales de leur existence caractéristiques de l'exemple français .
La survie de l'ours européen dans tous les pays est étroitement lié à une politique de financement de l'élevage ovin . Tant que l'on financera et labellisera des conditions d'élevage inapropriées à la cohabitation , les autres mesures de la protection de l'espèce ne seront qu'un leurre écologique de notre bonne conscience .
Rédigé par: jean claude | le 17 août 2007 à 09:54
Je n'en crois rien. L'agneau néozélandais innonde les rayons des grandes surfaces où la majorité des français achètent et achètent souvent les produits les moins chers. Toutes les campagnes publicitaires de ce secteur va dans ce sens. C'est illusoire de croire que seuls les petits revenus l'achètent.
Les vins des autres pays producteurs que la France, souvent beaucoup moins chers ont pris une part importante dans le panier des consommateurs européens, et pas uniquement à cause du prix. De bonne qualité, il remplace d'autres produits. Ceux qui trouvent que les producteurs et négociants bordelais ont pété les plombs ont remplacés les vins de Bordeaux par des vins d'autres appellations, plus raisonnables et par des vins étrangers, italiens, espagnols, chiliens.
Quant à moi, l'agneau que j'achète est de l'agneau qui cohabite. Si je n'en trouve pas et que je n'ai pas l'occasion d'aller chez mon producteur ardennais, j'achète du néozélandais et je rajoute de l'ail et du thym. L'agneau AOC Barèges Gavarnie ne rentrera jamais chez moi.
Rédigé par: Romuald | le 17 août 2007 à 08:58
L'""agneau néo-zélandais " disponible dans les rayons surgelés des supermarchés est très loin de la qualité de ce que les consommateurs attendent de l'agneau. Il est acheté et consommé par ceux qui n'ont pas les moyens, de toute façon, de s'offrir de l'agneau de qualité, français ou...anglais. Le problème de la concurrence du mouton (en fait) néo-zélandais est un faux problème, qu'on répète sur d'autres marchés, du vin, des fromages, et bien d'autres . Les produits de qualité ont un marché étroit, mais étanche.
Rédigé par: Leclercq | le 17 août 2007 à 05:22