Réintroduction de nouveaux ours dans les Pyrénées: une question à discuter, selon Nathalie Kosciusko-Morizet
La question de nouvelles réintroductions d'ours dans les Pyrénées sera "posée à froid" avec "tous les experts et les partenaires locaux" lors d'une "évaluation à mi-parcours" à l'automne, a affirmé jeudi la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, après la mort de l'ours Franska, percutée par une voiture près de Lourdes.
"Cette mort est manifestement accidentelle" et constitue un "élément nouveau (...) qui devrait être intégré dans l'évaluation à mi-parcours que j'ai lancée" le 26 juillet dernier à Toulouse, a poursuivi Mme Kosciusko-Morizet sur RTL. A cette occasion, elle avait demandé "l'évaluation rapide", dès l'automne, du Plan ours et de "ses impacts sur l'économie, les conséquences sociales, le pastoralisme et le tourisme" aussi bien que sur la biodiversité.
"La position du gouvernement, c'est satisfaire nos engagements internationaux, c'est à dire le renforcement des populations d'ours dans les Pyrénées. Est-ce que ça nécessite, ou pas, des nouvelles réintroductions, c'est une question qui sera débattue dans le bilan à mi-parcours", a assuré la secrétaire d'Etat. "C'est une question qui devra être posée à froid, tranquillement avec tous les experts et aussi tous les partenaires locaux autour de la table", a-t-elle ajouté.
La secrétaire d'Etat à l'Ecologie a souligné que, même si "deux ourses sur les quatre femelles slovènes qui avaient été réintroduites" sont "mortes accidentellement" (l'autre ourse, Palouma, est morte dans une chute en août 2006, NDLR), il y a eu des naissance de "nouveaux oursons".
"De toute façon, les réintroductions, pour des raisons biologiques, quand elles se font, se font au printemps", a précisé Mme Kosciusko-Morizet, estimant qu'il n'y avait donc pas urgence à poser la question de nouvelles réintroductions et que cela laissait le temps de "mettre tous les partenaires autour de la table de partager les constats, les objectifs, les projets".
"On ne peut pas dire aux Africains ou aux Asiatiques: 'Protégez vos grands singes, vos grands fauves' et ne rien faire pour la faune sauvage chez nous", a-t-elle estimé, rappelant que l'objectif du Plan ours était la "coexistence entre l'ours qui a toujours été présent dans les Pyrénées et les activités humaines", et qu'il fallait donc sortir de "la bataille des pro-ours contre les anti-ours".
Va-t-on remplacer Franska ?
"Je n’exclus rien du tout mais à ce jour, il n’y a pas de décision prise". Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie a laissé la porte ouverte jeudi à l’importation d’un nouvel ours pour remplacer Franska, tuée accidentellement jeudi dans les Pyrénées. Cette question sera examinée à l’automne dans le cadre de l’évaluation du plan ours.
Pour la ministre, la question du remplacement de Franska "ne se pose pas de manière urgente", car les réintroductions se font au printemps. "J’ai annoncé au mois de juillet qu’une évaluation à mi-parcours serait lancée à l’automne et cette évaluation va intégrer l’accident de ce matin comme celui survenu l’année dernière à Paloma, une des quatre ourses femelles introduites de Slovénie", a-t-elle indiqué.
"C’est un élément nouveau qu’il faut prendre en compte comme il faut prendre en compte les naissances d’un certain nombre d’oursons puisqu’on a au moins deux femelles qui ont des oursons", a précisé la ministre. Sur les quatre femelles qui sont arrivées en 2006, "il y en a une qui est gravide et elle a deux oursons", a précisé la secrétaire d’Etat. "La mort accidentelle de deux femelles pose la question de savoir si le programme de réintroduction en l’état permet encore d’atteindre les objectifs", a-t-elle ajouté.
Cinq ours slovènes ont été relâchés dans les Pyrénées en 2006, un mâle et quatre femelles dans le cadre du plan ours. "En tout état de cause, la France maintient ses objectifs qui sont le respect de ses engagements internationaux en matière de protection de la faune sauvage", a-t-elle affirmé. "Nous ne pouvons pas nous exonérer de nos responsabilités en matière de protection de la faune sauvage", a fait valoir Nathalie Kosciusko-Morizet.
La secrétaire d’Etat a également souhaité poursuivre le dialogue avec l’ensemble des parties concernées "pour retrouver le sens du plan ours qui est la coexistence entre les activités humaines et l’espèce animale". "Je veux mettre l’automne à profit pour mettre tout le monde autour de la table à nouveau", a-t-elle indiqué.