Quelles montagnes voulons-nous vraiment ?
A l’heure où une ourse récemment introduite dans les Pyrénées a trouvé la mort, persécutée qu’elle a été par des battues d’effarouchement qui l’ont très certainement poussée dans un secteur où elle n’aurait peut être jamais posé la patte si on l’avait laissé tranquille, le moment est venu de se poser la question suivante: Veux t-on encore d’une montagne un tant soit peu sauvage, ou souhaitons nous l’aseptiser totalement, et laisser des animaux domestiques prendre la place d’animaux sauvages emblématiques ? Voulons-nous éradiquer définitivement l’ours, le loup, le lynx et peut être bientôt les vautours, pour laisser la place a des bêtes d’élevages incapables de survivre en montagne toute l’année ?
La campagne haineuse menée par certains éleveurs contre la présence des grands prédateurs nous aura permis de nous rendre compte de certaines aberrations et d’une grande part de mauvaise foi.
En effet, sur 20 000 brebis qui trouvent la mort chaque année dans les Pyrénées, seulement 300 à 400 pertes sont directement ou indirectement imputées à l’ours.
Que fait t-on des 199 600 autres ? Lorsque l’on sait que bon nombre de ces pertes pourraient être évitées si les éleveurs décidaient une bonne foi pour toute de changer leurs méthodes de travail en optant pour un gardiennage et une surveillance de leurs troupeaux, on est en droit de se demander de qui se moque t-on ?
Bon nombre de prédations sont dues aux chiens errant, problème qui serait résolu bien souvent grace aux mesures de protection proposé par le plan ours, d’autres sont dues aux dérochements des brebis (faute aux conditions climatiques comme la foudre, ou tout simplement à un affolement de certaines bêtes, sans raison), problème qui lui aussi pourrait être en grande partie résolu grâce à la surveillance d’un berger.
Beaucoup d’éleveurs mettent en avant le fait que le pastoralisme se meurt, et que le métier de berger est en train petit à petit de disparaître…alors que l’activité de berger pourrait être relancé grâce a la présence des ces grands prédateurs, car nécessitant justement la surveillance des troupeaux par, je vous le donne en mille: un berger.
Certains éleveurs, par ailleurs farouches opposant à la présence de l’ours dans les Pyrénées, ont des activités autres que leur seul métier d’agriculteur…certains ont des chalets et autres gîtes qu’ils louent aux touristes de passage, d’autres sont accompagnateurs en montagne et proposent des prestations touristiques (bien entendu payantes) pour emmener leur clientèle à la découverte de leurs troupeaux en estive. On comprend mieux alors leur réticence à passer plus de temps auprès de leurs bêtes.
La mauvaise foi de certains éleveurs et d’associations les représentant, aura atteint son paroxysme lorsque ces derniers ont hypocritement changé leur mode de communication en se faisant passer pour de fervents défenseurs de la biodiversité, conscient qu’ils étaient de l’importance que la protection de l’environnement suscite chez bon nombre de citoyens… Là encore, de qui se moque t-on ?
Une certaine partie de l’opinion publique, néophyte bien souvent sur la globalité de la problématique, s’est malheureusement fait duper par leur argumentation des plus malsaines. Aujourd’hui, il est grand temps de faire un choix. Souhaitons nous véritablement protéger ce milieu naturel, cette biodiversité montagnarde dans laquelle les grands prédateurs font parties intégrante, et laisser ainsi la chance a nos enfants de découvrir une montagne comme nous avons eu la chance de la connaître ? Ou préférons nous définitivement la façonner à notre image, à nos activités économiques , et lui enlever une bonne partie de ce qui lui donne encore ce soupçon de magie et de mystère ?
La question n’est pas, et de loin, de choisir entre le pastoralisme et les grands prédateurs, mais bien de faire tout notre possible pour qu’ils coexistent le plus harmonieusement possible.
Les précédents renforcements de la population ursine nous ont permis de prouver que l’ours slovène était tout à fait capable de s’adapter dans nos montagnes pyrénéennes, à condition qu’on le laisse tranquille, et que l’on ne lui présente pas des brebis sur un plateau doré pour ensuite dénoncer le comportement « carnassier » de l’animal…. Ce n’est pas aux animaux sauvages à être « parqués » dans leur milieu naturel, mais bien aux espèces domestiques ; ne modifions pas les règles naturelles!
Alors oui, je pense, n’en déplaise a certains, que la grande majorité de nos concitoyens souhaitent garder leurs montagnes un tant soit peu sauvage et vierge de toute activité humaine fossoyeuse de nature, reste aux éleveurs d’en prendre enfin conscience et d’opter pour des pratiques pastorales différentes, innovantes, bien plus respectueuses du milieu sauvage dans lequel elles s’exercent.
Donnons à nos enfants le droit de choisir la montagne qu’ils voudront laisser à leurs propres enfants, et espérons qu’ils soient, mais je n’en doute pas, bien plus tolérant et respectueux envers ce que nous ne cessons de vouloir dominer et défigurer!
La tolérance, c’est aussi de laisser le droit à la vie…et celle des grands prédateurs devient de plus en plus menacée.
Jean-Marc
pyrénéen














Merci pour vos argument qui mon aidé a voir clair.
Philippe
Rédigé par: philippe | le 20 août 2007 à 19:45
Tout a fait! je me suis un peu embrouillé dans les chiffres et je n'ai même pas fait attention de l'énormité de l'erreur....il s'agit bien d'une moyenne de 20 à 25 000 bêtes mortes environ chaque saison sur tout le massif Pyrénéen...dont seules 300 à 400 sont dûes directement ou indirectement à l'ours...on va y arriver!
Rédigé par: jean-marc | le 20 août 2007 à 14:48
Je crois qu'il y un zéro de trop pour le nombre de brebis perdues annuellement sur l'ensemble des estives pyrénéennes.
Ce bilan tourne plutôt autour de 20 000 que de 200 000. Nombre qui serait gigantesque pour un cheptel d'environ 600 000 têtes : 1/3 de mortalité !
Rédigé par: Marc46 | le 19 août 2007 à 11:31