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août 2007

31 août 2007

Enquête sur la mort de l'ourse Franska, Louis Dollo en première ligne à l'insu de son plein gré

L'annonce prémonitoire faite par Louis Dollo a surpris tout le monde et a choqué à postériori : "En attendant que Franska reçoive du plomb dans les prochains jours (l'exaspération des éleveurs est à son comble !), nous pouvons déjà dire que le plan ours a du plomb dans l'aile."  Il n'a pas fallu attendre longtemps ! Fuite idiote, incapacité à garder pour lui l'information brûlante qui est arrivée jusqu'à ses oreilles avides de sensations sanglantes ou simple hasard ? Vu les relations suivies entre le journaliste de "Lourdes Infos" et de "Kairn" et le milieu pastoral, bien peu d'observateurs croient à un simple hasard. Comment l'a t-il su et qui est à l'origine de cette information sulfureuse ? Une maladresse peut-être lourde de conséquences ?

Les images des battues ont été diffusées sur les chaines de télévision nationales et signalées à la justice dans les plaintes déposées par les associations de défense de la nature.

L'annonce de la demande de complément d'enquête sème la panique dans le rang des éleveurs et des participants aux battues qui cherchent à se disculper, exactement comme l'on fait avant eux, les casseurs d'Arbas avec les suites en justice que l'on sait.

  • Revoir les battues dans les journaux télévisés de TF1 et FR3

Panique et tentatives de justification chez les ultra pastoraux

Louis Dollo : "Il fallait s'y attendre. Le Ministère de l'Ecologie recherche des responsables pour satisfaire les associations ultra environnementalistes dites écolos. C'est une habitude depuis 25 ans de jouer le rôle de la vierge outragée plutôt que de regarder la réalité en face et d 'en tirer les conséquences. Dans un communiqué de presse, il est demandé de s'intéresser à l'ensemble de ces circonstances ayant conduit à la mort de Franska.

Il va être intéressant de voir si l'affaire est instruite à charge et à décharge ou bien en sens unique. Car il faudra bien aussi s'intéresser à ce qui s'est passé dans la nuit précédent l'accident. (...) Peut-être que le Gendarmerie mènera une enquête molle comme c'est le cas depuis longtemps dans certains secteurs des Alpes lorsqu'il est question du loup. Qui sait ? "

[ NDLB: Faudrait savoir : le ministère de l'Ecologie, vierge outragée ou violeur des Pyrénées? Quel grand écart ! Remarquez aussi le côté impersonnel des témoignages qui suivent : nous, tous, ils, des observateurs, ils : plus question de parader ou de paraître à visage découvert. Au feu, les pandores ! ]

Louis Dollo : " Nous avons interrogé plusieurs habitants du Nistos ayant participé à des manifestations. Tous sont formels : "il n'y a jamais eu de battues !" Par contre, face au laxisme de l'administration "il y a bien eu des effarouchements lorsque l'ours était dans ou à proximité des villages." Et ils précisent "c'était pour notre sécurité et les gendarmes étaient souvent présents." "il n'y a jamais eu de débordement". Mieux encore, des observateurs présents sur le terrain nous disent "qu'il n'y avait pratiquement pas d'éleveurs mais surtout des habitants et des vacanciers." Ou encore : "je n'ai pas vu ni entendu de fusil." Un autre nous dit "on a fait une mise en scène pour la TV mais on n'était pas à côté de l'ours. De toute manière l'ETO ne savait pas où elle était. Nous l'avons vu à plusieurs reprises mais il n'y a jamais eu de personnes de l'ONCFS.

Mais déjà dans le Nistos et la Barousse, on s'attend à recevoir de la visite et à vivre des perquisitions pour rien nous précise-t-on. Voilà une affaire et une démarche de la part de la secrétaire d'Etat qui n'est pas faite pour apaiser les esprits. Bien au contraire. A croire que dans ce Ministère, tout est fait pour créer les conflits et le désordre public."

[NDLB : Les visites désagréables pourraient bien ne pas se limiter "dans le Nistos et la Barousse". Tarbes ou Lourdes pourraient bien être aussi sur le chemin des enquêteurs. Une certitude : Franska était bien plombée. Mais peut-être que pour Louis Dollo, le visionnaire, les responsables sont les écologistes, comme pour le miel piégé au verre brisé ! ]

Source : Louis Dollo sur son site pyréniais

Roumanie - Bucarest désire protéger ses ours

Bucarest - Rompres - Les effectifs d’ours brun de Roumanie, bien qu’importants, méritent la protection de l’homme, estiment les autorités de Bucarest. L’ours brun est répandu en Roumanie sur une superficie de quelque 70 000 km2, dont 93% dans la zone alpine et 7% dans la zone préalpine.

Les effectifs d’ours brun de Roumanie représentent 47,2% de ceux qui existent en Europe. Le braconnage est peu significatif (sont enregistrés moins de 20 cas par an) et les situations où l’ours est chassé accidentellement, en vertu du droit à la légitime défense, pendant la chasse à d’autres espèces sont rares.

Les autorités roumaines jugent nécessaire une campagne d’information et d’éducation, ayant pour but de combattre la fausse image négative de cette espèce. Elles considèrent aussi comme nécessaire l’élaboration d’un plan de management de l’ours brun, lequel permette la classification des aires de sa présence, la prévention des dégâts qu’il peut provoquer et le dédommagement de la population affectée, la réalisation d’un rapport entre les effectifs d’ours brun et le fonds cynégétique. Le plan devra en outre assurer la stabilité des effectifs d’ours brun, en réserves, dans les départements de Harghita, Covasna, Mures, Brasov (centre de la Roumanie).

Bucarest essaie actuellement d’envoyer à Bruxelles des données exactes concernant les effectifs d’ours brun de Roumanie.

Source

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30 août 2007

Retour du loup dans le canton de Vaud

Un loup dans les Alpes vaudoises !

Un loup photographié dans le canton de Vaud

Photo : Le loup a été photographié par le Service vaudois de la conservation de la faune le 9 août dernier près d’Anzeindaz, au sud des Diablerets, non loin des lieux où ont été retrouvées ses premières victimes.

Aucun loup n’avait jamais été vu dans le canton de Vaud depuis... 152 ans. Un bail qui a pris fin le 9 août dernier. Date à laquelle un individu a été photographié non loin d’Anzeindaz, dans la réserve de chasse du Muveran, a annoncé hier le canton. «On le soupçonnait depuis juillet, après l’attaque de plusieurs chèvres, dont deux retrouvées mortes. On avait donc installé des pièges photo. Et les analyses ADN nous ont maintenant confirmé qu’il s’agit bien d’un loup de souche italienne», raconte Sébastien Sachot, conservateur vaudois de la faune. Qui précise que les 25 et 26 août, treize moutons ont «disparu» dans la même région des Alpes vaudoises. Sans doute un jeune mâle

D’autres analyses sont en cours pour savoir s’il s’agit d’un loup venant du Valais ou du canton de Berne, ainsi que pour déterminer l’âge et le sexe de l’animal. «On peut imaginer qu’il s’agit d’un jeune mâle, avance le conservateur. Et qu’il ne restera pas longtemps seul...»

Le canton a pris des mesures d’urgence. L’élevage de mouton touché a reçu le soutien de deux chiens - des patous des Pyrénées - et d’une bergère. Deux propriétaires de chèvres ont obtenu des enclos électriques. D’autres mesures suivront. Reste que la réapparition du carnivore ne plaît pas à tous. «Les éleveurs sont sur les dents», prévient Moritz Schwery, président de la commission grand prédateur de la Fédération ovine suisse. «Ils doivent faire face à la perte de leurs bêtes et ont une surcharge de travail. Certains parlent même de tirer le loup. Puis ils se calment.»

Les chasseurs n’explosent pas non plus de joie. «Pour nous, c’est un concurrent. Les bouquetins vont souffrir, prédit Jean-Louis Grivet, président de la Diana vaudoise. Mais il nous mettra surtout face à des problèmes insolubles. Ce prédateur n’a simplement pas sa place chez nous. Et je parie que dès qu’il aura vraiment faim, il dépassera les quotas

Sébastien Sachot rappelle qui n’est pour l’instant pas question de tirer le loup. «C’est seulement s’il tue 25 animaux de rente en un mois ou 35 en quatre mois que le Conseil d’Etat peut, s’il le veut, demander que ce soit fait.» Mais reconnaît que son impact est plus lourd que celui du lynx. «D’abord sur les populations animales : en meute, il peut s’attaquer à des chamois, chevreuils, cerfs, bouquetins ou même des veaux. Puis sur les éleveurs, qui doivent s’organiser, supporter des coûts et du travail supplémentaire

En 1855, à Agiez, mourrait le dernier loup sur sol vaudois

1855. C’est cette année-là que le dernier loup sur territoire vaudois a été tué, à Agiez, près d’Orbe, par un groupe de personnes. Ces faits, rapporte le conservateur de la faune Sébastien Sachot, figurent dans les Archives cantonales. «Entre 1800 et 1900, de nombreux prédateurs ont disparu, dont le loup. Les éleveurs menaient contre eux une lutte acharnée

Entre 1762 et 1842, au moins 80 loups ont été tués à L’Abbaye, à la vallée de Joux. Au XVIe siècle, le loup est encore présent sur tout le territoire suisse. C’est à partir du milieu du siècle suivant qu’il devient rare un peu partout. Mais des loups ont tout de même rôdé en Suisse au XXe siècle puisque sept animaux ont été tués entre 1908 et 1998 (à Reckingen en Valais). A noter qu’en Italie, entre autres, le loup n’a jamais disparu. Ce qui explique son retour naturel en plusieurs endroits (en France notamment). En Suisse, la loi protège le loup puisqu’il ne figure pas dans la liste des animaux à chasser.

Laurent Fabius, les ours herbivores et la biologie socialiste

France Inter 30/08/07 – Emission Le sept-neuf du 30 aout 2007
Interview de Laurent Fabius

Après une longue intervention de Laurent Fabius, une question d’un auditeur, un grand moment pour les pages insolites de la Buvette...

Question d’Alain (Reynes) des Pyrénées

« Bonjour M. Fabius, Bonjour France Inter, merci pour vos émissions... Monsieur Fabius, j’ai bien entendu tout à l’heure vos prises de position très fortes et claires sur les questions d’environnement et en particulier dans le domaine de la protection des espèces ; et je vous en remercie pour nous et pour les générations futures.

Je voulais vous poser la question suivante : Dans les Pyrénées, j’observe que ce sont des élus socialistes qui mènent et financent le combat contre la protection d’une espèce symbolique pour la France qu’est l’ours des Pyrénées et je me demandais s’il n’y avait pas là un décalage ou une contradiction entre des prises de position d’élus nationaux, socialistes, comme vous l’êtes et vous n’êtes pas le premier à le faire,  et les actions d’élus, également socialistes, sur le terrain. Alors n’y a-t-il pas encore un travail de réflexion, un travail de cohérence à faire entre les idées et les actions sur le terrain ? Merci.»

Réponse de Laurent Fabius

Attention, Laurent Fabius sort de son hibernation et fait très fort, aussi fort qu'Augustin Bonrepaux (du même parti socialiste) avec la grippe aviaire des ours ! Une entrée fracassante dans le grand bétisier des déclarations d'hommes politiques dans le domaine de l'environnement.

Laurent Fabius : « Ah ben, certainement, mais là vous touchez un sujet sensible et en particulier à l’habitant de l’Ariège que je suis puisque vous savez que, enfin, j’ai une maison dans l’Ariège et c’est un sujet très sensible là bas comme dans les autres départements pyrénéens.

Alors, puisque vous parlez, il faut essayer d’être cohérant entre ce qu’on fait au niveau national et ce qu’on fait au niveau local. En ce qui concerne l’ours, moi j’ai toujours… et j’en ai beaucoup parlé avec mes collègues et amis là bas. J’ai toujours été frappé par le fait que euh, on avait, importé euh des ours euh qui étaient carnivores alors que… il existe des espèces d’ours qui sont herbivores et donc je trouve que là on est dans une absurdité totale !

Bon. Qu’il y aie des ours dans certaines… dans certains sites protégés, très bien, mais à condition qu’ils ne menacent pas l’homme. Bon. Or, ce qui a introduit la confusion absolue, c’est qu’on a été chercher des ours slovènes qui étaient réputés être herbivores et qui finalement ont mangé beaucoup euh de brebis et qui ont menacés, ca je l’ai vu concrètement, et ce n’est pas une invention, des villages avec évidement le, le, la peur que ca engendre.

Donc je crois qu’il faut revenir sur cette question d’aide spécifique en ce qui concerne l’ours herbivore et d’autres part de faire en sorte qu’il y aie une protection absolue de l’activité pastorale et qu’il n’y aie pas de menaces humaines. A partir de quoi, ce qui existe dans d’autres pays, parce que vous savez que cela existe en Espagne, pourra fonctionner en France. Mais là, je crois qu'on a pris le problème par le mauvais bout.…. »

Réaction de la buvette

Crâne dentition ours ursus arctos

Crâne d'Ursus Arctos. Admirez la dentition typique d'un herbivore. Archives biologiques du PS. On n'est pas trop sûr vu le bordel qui y règne.

Aussi fort que la grippe aviaire des ours d’Augustin Bonrepaux ! Les hommes politiques socialistes ont-ils des conseillers ? des dossiers ? la télévision ? des livres ? des encyclopédies ? Internet ?

Laurent Fabius a raté une belle occasion de se taire. Le parti socialiste possède en son sein un deuxième grand biologiste qui vient de découvrir une nouvelle espèce d'ours, transgénique sans doute, un effet secondaire du nuage de Tchernobyl ? Laurent Fabius semble issu de la même faculté de Biologie qu' Augustin Bonrepaux ? Qu'on me donne l'adresse, qu'on prèvienne Sciences.

Laurent Fabius assure "vouloir élever le débat au PS" et est candidat à la présidence du parti. Voilà qui ne manque pas de mordant. Qui va encore vouloir confier l'alternance éventuelle ou l'avenir de la biodiversité à un tel spécialiste, à partir d'aujourd'hui mondialement reconnu ? Est-il impossible pour Laurent Fabius de dire "Excusez-moi, c'est un sujet où je suis ignorant ?" ou "Je vous répête ce que m'a dit Augustin, seigneur de l'Ariège."

A trop fréquenter notre Augustin national, on fini par croire tout ce qu'il raconte. Il n'existe qu'un seul ours herbivore : Le panda ! Les autres sont des omnivores opportunistes. Et les troupeaux non gardés de l'Ariège sont pour les ours omnivores, une belle opportunité. Pas con l'ours slovène, lui. En fait la solution est, dans les Pyrénées comme dans les Alpes : protéger les troupeaux. L'Office Universitaire de Recherche Socialiste s'appelle... celà ne s'invente pas : OURS (www.lours.org). Laurent Fabius devrait y aller pour une remise à niveau.

Le régime alimentaire d'Ursus Arctos

L’Ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore. Il a rarement l’occasion de consommer des protéines d’origine animale que lui procurent les carcasses d’ongulés domestiques (ovins, caprins) ou sauvages (Sanglier, Chevreuil, Capreolus capreolus, Cerf élaphe, Cervus elaphus...). En pratique, il satisfait sa ration protéique printanière par la consommation de végétaux herbacés ; les racines lui procurent les nécessaires oligo-éléments.

Dès le début de l’été il s’intéresse aux fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), pour ensuite se reporter sur les fruits secs (glands, faines, châtaignes, etc.), en début d’automne dès leur apparition.

La prédation n’est pas un recours systématique, elle se manifeste à l’occasion de la présence des troupeaux d’ovins et caprins domestiques sur les estives. Entre 1968 et 1991, le nombre annuel moyen d’ovins tués par ours est estimé entre 3,4 et 5,1 (fiables et douteux). Dans le cas de conditions particulières (ovins non gardés par exemple, « ours à problèmes »), ce nombre peut s’accroître considérablement, comme dans les Pyrénées centrales. Parfois certains sujets, immatures surtout, peuvent développer un comportement excessivement prédateur, voire perdre toute peur de l’homme (1969, 1991-1992 et 1998-1999), on les qualifie d’« ours à problèmes ».

Sa légendaire gourmandise pour le miel, ou plutôt le couvain, se vérifie quelque peu chez les ours réintroduits dans les Pyrénées centrales.

Source : Ministère de l'Ecologie

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Le sang d’une ourse

jeudi 30 août 2007 par AYA

Repose en paix, Franska, si tu le peux. La justice des hommes, que nous nous étions mis en position de te devoir, par ta mort révèle ce qu’elle est, et d’abord pour eux-mêmes : iniquité systématique, à la fois dissimulée et flagrante.

Les animaux sauvages ont-ils un prénom ? On t’a enlevée à ta forêt natale, on t’a fait subir un long voyage par route, des opérations chirurgicales. Pour pouvoir te ficher, te surveiller, te suivre à la trace technologique ainsi que n’importe quel citoyen du monde moderne. On t’a ouvert le ventre pour y implanter un radio-émetteur. On t’a arraché une dent pour déterminer ton âge. Comme au chien de la fable, on t’a imposé un collier. Pour te maintenir attachée non par une laisse, mais par un GPS relié à plusieurs satellites. Ainsi kidnappée, déplacée, manipulée, triturée, trafiquée, ainsi informée de l’homme et de sa familiarité brutale, on t’a fait reprendre la route. Enfin, on t’a relâchée sur un territoire que tu ne connaissais pas, où tu n’as pu te fondre, et qui s’est vite révélé hostile : un mois avant ta mort, tu avais déjà des dizaines de plombs de petit calibre dans le corps.

Ils t’avaient appelé Franska, donc. Façon de marquer ta "naturalisation" française ? Le terme paraît bien cruel, quand on pense qu’il s’agissait d’une "domestication" forcée. Que le fait même de te gratifier d’un prénom signifiait ta réduction à l’état d’objet des hommes. D’objet propre à satisfaire les intérêts et les fantasmes obscurs des hommes. Car leur fascination pour le monde naturel n’a d’égale que leur haine secrète envers lui. C’est toute l’histoire de l’humanité : un incessant combat contre la nature. Qui prend parfois les traits de l’amour. D’un amour faux, irresponsable, aveugle. Au nom de l’amour de ton espèce, on t’a fait subir tous ces outrages. C’est une manoeuvre en laquelle les hommes sont maîtres. Ils la pratiquent beaucoup entre eux. Une puissance étrangère envahit un pays et y installe durablement la guerre, ou la dictature, sous prétexte de lui apporter la démocratie et la paix. Dans l’espace privé comme dans l’espace public, on insulte, on souille, on détruit couramment ce que l’on désire et voudrait honorer. Toujours au nom du bien, les peuples sont les dupes continuelles de ceux qu’ils élisent. Le mensonge d’Etat s’étend à tous les secteurs du pouvoir.

Justement, revenons à toi, Franska. Tu as causé bien des problèmes, dans ces Hautes-Pyrénées où tu erras, déracinée de ta Slovénie originelle. Comme bien d’autres ours avant toi, "réintroduits" pour le bien que vous veulent les bureaucrates européens et leurs idéologues écologistes, tu t’es, sans surprise, attaquée aux troupeaux des hommes. De tes pattes puissantes, tu as ouvert les côtes des brebis comme des portails, dévoré leur cœur ou pire encore, tu l’as délaissé. Le carnage apparut maints matins, dans maintes prairies, à maints bergers, qui en restèrent aussi tremblants et traumatisés que leurs bêtes survivantes.

Une nouvelle fois, la colère des éleveurs a monté. Une nouvelle fois, ils ont protesté bruyamment, soutenus par les élus locaux. Comme depuis des années, l’affaire n’en finissait pas. On a même tenté d’effrayer le touriste en plaçant çà et là sur le territoire de telle commune où tu étais passée, des panneaux avertissant le randonneur que le maire dégageait sa responsabilité en cas de rencontre avec le fauve. Et puis voici qu’en une bien triste aurore de ce mois d’août, un militaire basé sur cette même commune "menacée" écrasait, nous dit-on, l’ourse maudite, sur la route de Lourdes. Aussitôt fait, aussitôt réglé : une tente était dressée autour de l’accident afin de le rendre invisible, et la quatre voies bloquée par les gendarmes cinq heures durant, tandis que les hélicoptères assuraient la surveillance par le haut. Un peu plus tard on montrerait à la télévision la traînée de sang sur le bitume, et le sinistre cadavre de l’ourse éventrée. On expliquerait le scénario : une première voiture aurait, sans s’arrêter, heurté et blessé l’animal, qui aurait poursuivi sa traversée avant d’être frappée une deuxième fois par le véhicule de l’armée.

L’absence de témoins, hors cette mystérieuse conductrice qui n’a songé à se manifester à la police qu’après avoir appris la mort de l’ourse, ne doit bien sûr pas nous faire douter un instant de la véracité des faits. On voit mal les autorités, embarrassées par ce dossier, imaginer de fermer la route à six heures du matin, pour y monter un faux accident avec une ourse repérée, capturée la veille, et déjà sacrifiée. Ou bien poussée sur la voie... Evidemment on peut tout imaginer, pourquoi et comment croire tout ce que l’ «on» nous raconte ? Mais voyons, et la science ? Le rapport d’autopsie confirme, donc... Et puis, à qui aurait profité la mort de Franska ? Euh... A tout le monde ? Puisqu’elle ne se tenait pas bien, puisqu’elle n’avait pas sept ans comme on le croyait mais dix-sept ans, puisqu’elle ne servait ni les intérêts de la région ni les partisans de la réintroduction... ? Un moindre mal eût sans doute été de la ramener chez elle, mais l’homme n’aime pas se désavouer. Si la société est bien basée sur un crime en commun, ses meilleurs complices sont les sourds. Sourds que nous sommes, à force de bruit et d’onanisme audiovisuels.

L’après-midi même, dans le village du militaire qui, après ça, partait vite en vacances, on fêtait, à grands renforts de sono, l’arrivée de la Vuelta, course de vélos espagnole. Au stand de l’Armée de terre, un jeune soldat en treillis distribuait des brochures aux enfants désoeuvrés. Sur celui de la presse locale, on amusait le public avec des quizz sur les derniers vainqueurs du Tour de France. Toute question de dopage oubliée, les gagnants empochaient, ravis, de laids colifichets frappés de publicités. Et du côté des éleveurs, on se promettait d’alimenter à vie en gigot d’agneau l’exécuteur malgré lui d’une pauvre ourse.

Franska, fausse ou vraie victime d’un accident de la route, ourse des sourds, ne nous tends-tu pas un miroir, dans ta triste fin ? Ayant détruit la variété des peuples, réduit le chatoiement de notre humanité, sommes-nous devenus si seuls, sous nos universels tristes tropiques, qu’il nous faut désormais humaniser les bêtes en leur donnant un nom, avant de les détruire, non comme le chasseur tue sa proie, mais dans un réseau de responsabilités administratives et collectives ? Ta mort n’est-elle pas le reflet de la mort que nous nous donnons et nous promettons à nous-mêmes ? Je te vois, je te lis, signe de notre liberté et de notre dignité bafouées. Logique meurtrière d’une pensée calculatrice acharnée contre la pensée sauvage. Ton sang obscènement exposé sur le bitume, il crie de rage, et il est en moi.
Le sang d’une ourse

AYA
article original publié sur naturavox, avec l'autorisation de l'auteur

29 août 2007

NKM demande un complément d'enquête sur la mort de l'ourse Franska

Communiqué du Ministère de l’Ecologie

Mort de l’ourse Franska : Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie demande un complément d’enquête

NKM - Les premiers élèments de l’autopsie pratiquée sur l‘ourse franska à l’Ecole vétérinaire de Toulouse accréditent l’hypothèse de la mort accidentelle de cet animal à la suite d’une collision avec deux véhicules. Toutefois, les plombs de chasse retouvés dans son cadavre attestent des actions hostiles dont cette ourse a été victime depuis son introduction sur le territoire national. A cet égard, les «battues» organisées sur la commune de Generest (65) et les communes voisines durant la période du 8 au 10 juillet 2007 ont été largement relayées par les médias locaux et nationaux.

Compte tenu de ces élèments et afin de faire toute la lumière sur l’ensemble des perturbations subies récemment par l’animal, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, a demandé ce jour un complément d’enquête au procureur de la République. «Il m’apparaît important que l’enquête que vous conduisez suite à la mort de l’ourse Françka puisse s’intéresser à l’ensemble de ces circonstances et que les responsabilités pénales en découlant, qu’elles relèvent de l’application des textes sur les espèces protégées ou de la police de la chasse, puissent être recherchées par vos soins.» précise la secretaire d’Etat dans son courrier au procureur de la République.

Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET a également tenu à rappeler que le renforcement de la population d’ours brun dans les Pyrénées répond aux obligations communautaires de la France en matière de préservation de la biodiversité. A ce propos, la Commission européenne porte une attention particulière aux espèces protégées par la directive habitats.

Telecharger Télécharger le communiqué officiel Enquête sur la mort de l'ourse Franska

28 août 2007

Association Périmètres : de l'efficacité des clôtures

Robert Wojciechowski, spécialiste en protection des troupeaux et en clôtures, installé en Béarn répond à Laurent Garde du Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM). Pour celui-çi, "l’efficacité des clôtures est réelle, mais partielle :trois cas d’échec sont recensés." Réactions de Robert Wojciechowski

Robert Wojciechowski de l'association Périmètres

Je m'intéresse aux systèmes de clôtures depuis une quinzaine d'années et je conseille, entre autres, aux éleveurs d'installer des parcs de protection associés aux dispositifs d'effarouchements et d'alarmes. A ce titre j'ai créé une association qui traite des clôtures, de leur techniques, de leur utilisation mais aussi de leur représentation et de leur incidence dans un espace donné.

Je rebondis donc sur l'article "La clôture et la protection des troupeaux face aux loups dans les Alpes" et reprends les propos de Laurent Garde au sujet des clôtures :

Laurent Garde : "L’efficacité est réelle, mais partielle. Trois cas d’échec sont recensés :

  • le loup franchit la clôture (état de la clôture ou de l’électrification, comportement particulier d’un loup) ;
  • Le loup affole le troupeau et l’incite à rompre la clôture ; comportement bien connu en parc de nuit ;
  • Le berger n’est pas en mesure de regrouper la totalité du troupeau (mauvaises conditions climatiques notamment) et la prédation se porte sur un lot de bêtes hors clôture."

"Le loup franchit la clôture (état de la clôture ou de l’électrification, comportement particulier d’un loup)"

Comme il est précisé, l'état de fonctionnement de la clôture doit être plus qu'optimale, il doit être PARFAIT ! On ne peut attendre d'un parc de protection 100 % d'efficacité que si la personne considère l'équipement comme un outil de travail et non comme une contrainte, les principales défaillances du poste sont d'origine humaine.

Quant au comportement du loup, il s'agit plutôt de la construction de la clôture et de sa représentation pour l'animal qui intervient là. Un animal non pourchassé ne franchit que très rarement une clôture électrique pour autant que certaines règles de construction aient été observées. Il serait temps de s'interroger sur les perceptions animales au vue de certains obstacles et notamment celui des fils. 

"Le loup affole le troupeau et l’incite à rompre la clôture ; comportement bien connu en parc de nuit"

Au vue des pratiques pastorales observées dans les Alpes et notamment l'emploi quasi généralisé de filets électrifiés, il m'apparaît important de souligner que jamais nous ne préconisons l'emploi de ces filets : leur conductivité est faible, leur emploi est difficile sur les terrains accidentés, et leur utilisation comme "parc de protection" est dangereuse lors du déplacement du troupeau.

Plus de brebis meurent par étouffement dans les mailles d'un filet que sous les dents du loup. La hauteur des lignes est faible et le poids conséquent. Disons que l'on se rassure en utilisant un filet, tout est dans le visuel. A ce titre, je remarque qu'il est associé le mot protection à celui de filet : "les filets de protection" ; un filet est construit pour contenir, supporter, recueillir, capturer, cerner, mais pas pour protéger !

"Le berger n’est pas en mesure de regrouper la totalité du troupeau (mauvaises conditions climatiques notamment) et la prédation se porte sur un lot de bêtes hors clôture"

Oui, rien à redire. La présence humaine est une priorité dans les mesures d'accompagnement en zone de prédation. Doit-on redéfinir le métier de berger?  Oui et former ces personnes aux techniques de protection, de prévention qui rendent acceptable la présence des "grands" animaux. J'invite donc les personnes compétentes ayant en charge le dossier des "prédateurs" à ne pas rester sur des acquis, à partager l'information et à adapter les mesures d'accompagnement en fonction des technologies, en fonction du terrain, des animaux de rente, de la faune sauvage présente mais aussi, en fonction de l'individu qui aura en charge le contrôle du bon fonctionnement de l'ensemble de ces mesures.

A lire donc sur le site d'AVES FRANCE (que je remercie au passage pour la diffusion des textes) :

Peu de personnes font cas d'étude des moyens de protection ou en maîtrisent le système. Les principales défaillances sont humaines alors pourquoi tirer sur le Loup ?

Robert Wojciechowski
Association Périmètres
16, rue du Binet 64400 AGNOS
Tél : 05 59 39 49 41

Jean Lassalle et le Syndrome du Somport

Démocratie et hérésie économique : Je viens de lire un courrier qui vaut son pesant d'or : la lettre de Jean Lassalle à Jean-Louis Borloo datée du 12 août dernier. Depuis maintenant près de 15 ans, Jean Lassalle se débat contre la cacophonie, l'anarchie et in fine l'inertie des pouvoirs publics quant à l'usage du tunnel du Somport.

Je cite particulièrement ce passage de la note écrite par Jean Lassalle ; éclairant...

Jean Lassalle : «La vallée d'Aspe prise en otage»

«Pendant plusieurs années, l'absence d'un réel arbitre au-dessus des parties, à contraint notre région à vivre au rythme des manifestations de plus en plus nombreuses et sous l'éclat des projecteurs. On vient à ce moment là de très loin lutter contre le tunnel du Somport comme on partait jadis libérer le tombeau du Christ. Tout est mélangé dans un salmigondis invraisemblable : pour ou contre la ligne de chemin de fer Pau-Canfranc ; pour ou contre le tunnel du Somport ; pour ou contre l'aménagement d'une autoroute en Vallée d'Aspe (dont il n'a jamais été question, cette dernière devant entraîner aux dires de ceux qui en propagèrent et firent vivre la rumeur, la fin des derniers ours des Pyrénées) ; pour ou contre la bretelle autoroutière Pau-Oloron ; pour ou contre les Ours, et enfin pour ou contre la biodiversité...

Bref, il y en eut pour tous les goûts. La malheureuse Vallée d'Aspe et ses 2700 habitants, totalement pris en otage par les tenants des différents partis d'aménagement ou de non-aménagement, ont essuyé un véritable déluge de communication, de manifestations, de contre-manifestations.

Avec les «moyens du bord», en l'occurrence la vigueur de son histoire et le sang froid de ses habitants, la Vallée fit face, attendant que les «grands esprits» qui animaient cette mascarade  consentent enfin à s'apaiser. A l'heure actuelle, un semblant de calme est revenu.

Pour autant, le débat dit «du Somport» (avec son  autoroute tueuse d'ours, sa ligne de chemin de fer Pau-Canfranc noyée dans la montagne), a fait jurisprudence, au point qu'aujourd'hui plus aucun dossier n'avance en partie montagneuse.»

Pauvre Vallée d'Aspe... Il faut ajouter que Dominique Perben, ex-ministre de l'équipement, a autorisé le transport de produits dangereux à travers le tunnel en février 2005, ce contre quoi Jean Lassalle a essayé en vain de lutter. Dans sa lettre, il interpelle Jean-Luis Borloo afin qu'il interdise, en signe de bonne volonté, le transport de tels produits à travers la vallée.

«Compte tenu de l'état actuel de la RN 134 où, vous le savez, certains tronçons sont très dangereux, de son passage devant les collèges et lycées d'Oloron-Sainte-Marie, cette décision est l'une des plus irresponsables que j'ai jamais vu prendre par le gouvernement de mon pays tout au long de ma carrière. Bonjour le combat pour le maintien de la biodiversité ! C'est la raison pour laquelle une interdiction immédiate de ces véritables « bombes roulantes » sous le tunnel du Somport apparaîtrait comme un signe de bonne volonté marquant la résolution de l'Etat Français à revenir à une attitude responsable.»

Voilà, à mon sens, une occasion de tester ce que vaut Borloo comme ministre du développement durable. De Lassalle, en tout cas, on peut dire que voilà un député dont les deux pieds ne restent pas dans le même sabot ! Chapeau, Monsieur le Député !

La buvette : Jean Lassalle oublie qui est à l'origine du tunnel du Somport. Et une veste en mouton retourné de plus pour le gréviste de la faim qui a pris Sarkozy en otage dans l'affaire Toyal ; qui au dernières nouvelles parle de délocalisation, mais bien loin de la France maintenant. Jean Lassalle arrive à faire le vide autour de lui.

Source : Démocratie et hérésie économique, l'actualité politique et économique commentée par un disciple de Schumpeter

Toyal en rade

Les négociations butent sur un désaccord financier dans l'application d'un protocole d'accord signé en 2006 entre l'entreprise et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, à la fin du jeûne de M. Lassalle.  Le groupe japonais attend désormais la réponse de l'Etat français à une nouvelle contre-proposition écrite qu'il a soumise le 5 juillet dernier. Le responsable de Toyo a indiqué que « le groupe a déjà commencé à étudier les différentes possibilités » de se développer hors de France, évoquant l'hypothèse de l'Inde. « Cela coûte plus cher de s'étendre à Accous à cause de cette mise aux normes. L'Etat français devrait prendre en charge cette dépense supplémentaire », a réaffirmé M. Hayashi.

Les représentants de l'Etat français ont récemment assuré avoir été au bout de ce qu'ils pouvaient offrir au groupe japonais, conformément à la législation européenne en matière de concurrence. La question est donc : le chantage exercé par Jean Lassalle sur Nicolas Sarkosy alors ministre de l'Intérieur, donnera t-il envie à Nicolas Sarkosy, président de la République de ne pas respecter la législation européenne pour satisfaire le fantasque député béarnais ? Pas sûr. Le chantage risque donc bien de se retourner, comme les vestes de Jean Lassalle, contre son auteur et contre la vallée d’Aspe. Mais avec Jean Lassalle, plus c’est gros, plus cela marche, alors méfions-nous.

L’IPHB en panne sèche

D’autre part, le député chanteur, aussi président de l’IPHB aux poches désormais vides est entrain de faire les yeux doux à Michel Barnier, le Ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Sur son site, Jean Lassalle relate sa version de l’entrevue : «L'entretien entre les deux hommes fut des plus chaleureux ». Il parle de lui comme Alain Delon, faut s’habituer ! Jean Lassalle espère que celui qui a participé à la création de l’IPHB, renfloue son grand machin en oubliant les casseroles que traine l’IPHB : les dépenses qui n’ont servi à rien, la disparition des ours en Béarn… L’IPHB sert de modèle universitaire pour montrer aux étudiants ce qu’il ne faut pas faire !

Michel Barnier est aussi l’homme qui a signé la première réintroduction d’ours en 1996-1997. La partie n’est donc pas gagnée. Mais avant de s’opposer bille en tête, Jean Lassalle vient ronronner à Paris. Au sortir du ministère de l'Agriculture, « le député Jean Lassalle s'est félicité (Il parle toujours de lui à la 3ème personne sur son site) de cette rencontre qu'il a qualifié « d'extrêmement encourageante pour l'agriculture de montagne, pour les montagnards et l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn .»

27 août 2007

Montsapey en Maurienne - L'abattage d'un loup autorisé

Savoie - La préfecture a autorisé l'abattage d'un loup 

Un dispositif a été mis en place. Cinq tireurs armés de carabines sont à l'affût sur le secteur de Montsapey. La traque doit durer trois semaines mais cessera sur le champ si un loup est abattu. L'opération de « prélèvement » doit s'achever le 03 septembre. Mais cette mesure ne parvient pas à convaincre les bergers...

Pour Luc Etellin, l'éleveur victime du carnage du 19 juillet, ce dispositif n'est pas adapté à la situation sur le terrain. Il dénonce également un manque de moyens mis en œuvre pour combattre le loup. La mesure fait suite à l'attaque d'un troupeau dans les alpages de Montsapey, en Maurienne, cet été :

Pour l'instant, on ne peut pas dire que ce sont effectivement des loups qui ont poussé les bêtes à fuir et à se dérocher

19 juillet  - Une brebis a été mangée dans la nuit de vendredi à samedi à Montsapey, en Savoie, 2 jours après que 478 brebis du même cheptel se sont jetées dans le vide. Un ou des loups sont soupçonnés, même s'ils n'ont pas été vus. Les chiens sont en alerte depuis plusieurs nuits.

Montsapey recherche le coupable et soupçonne un ou des loups. Alors que 478 brebis, représentant environ la moitié d'un troupeau en estive à Montsapey, en Savoie, ont trouvé la mort jeudi en sautant une barre rocheuse, une brebis du même cheptel a été mangée dans la nuit de vendredi à samedi. « Malgré le regroupement des bêtes rescapées dans un parc électrifié et toujours placé sous la protection des chiens Patou, l'une d'entre elle a été attrapée », a déclaré le président du syndicat ovin de Savoie, qui était sur place samedi après-midi.

Selon un premier comptage, la plupart des bêtes du troupeau en estive qui se sont précipitées dans le vide, « souffrant de blessures importantes, ont du être euthanasiées ». Les corps étaient extraits par hélicoptère depuis la découverte de l'accident. Si « pour l'instant, on ne peut pas dire que ce sont effectivement des loups qui ont poussé les bêtes à fuir et à se dérocher », selon le président du syndicat ovin de Savoie qui décrit « un charnier », « depuis une semaine, des loups tournaient autour du troupeau pour l'affoler (...) c'est une technique des loups en chasse, ils entourent les bêtes, les affolent pour que l'une, ou plusieurs sortent du troupeau ».

Pour l'adjoint au maire de Montsapey aussi, il s'agit « certainement » des loups. Il a raconté que les brebis « étaient parties sur les pâturages » mais qu'elles « sont revenues sur leurs pas car elles ont dû être effrayées par un ou des loups certainement, puisque les chiens étaient en alerte depuis quelques nuits ».

Selon le secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles, « deux des quatre chiens de race Patou qui gardaient les bêtes ont été blessés, alors qu'ils défendaient leur troupeau, ce qui confirmerait une attaque de grand canidé, avant que le troupeau s'affole ».

La clôture, efficace ?

Pour Laurent Garde du Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM) : « L’efficacité est réelle, mais partielle. Trois cas d’échec sont recensés :

  • le loup franchit la clôture (état de la clôture ou de l’électrification, comportement particulier d’un loup) ;
  • Le loup affole le troupeau et l’incite à rompre la clôture ; comportement bien connu en parc de nuit ;
  • Le berger n’est pas en mesure de regrouper la totalité du troupeau (mauvaises conditions climatiques notamment) et la prédation se porte sur un lot de bêtes hors clôture.»

Lire l'avis complet de Laurent Garde dans : La clôture et la protection des troupeaux face aux loups dans les Alpes.

Terre sauvage : Cours Balou, tu vas gagner la partie !

«Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi»

Cours Balou - Terre Sauvage - Août 2007 -Jean-Jacques Fresko Editorial de Terre sauvage - Un autre regard sur la nature
Août 2007

On peut affirmer, avec un fort degré de certitude, que Balou n'a jamais pris connaissance de ce graffiti d'anthologie. Pour quatre raisons:

  • Primo, il est bien trop jeune: né en 2002, il n'existait même pas à l'état d'hypothèse en cette année aujourd'hui réputée innommable, ce trou noir de l'histoire qui s'étend du 31 décembre 1967 au 1 er janvier 1969 et qui vit, racontent les anciens, les murs prendre la parole.
  • Secundo, les murs, justement, Balou les a en horreur. Il les craint, les fuit, les évite, les contourne. Amoureux des grands espaces, résolument misanthrope (mais on peut lui accorder des circonstances atténuantes), Balou tient n'importe quel mur pour une agression. Alors, y lire un graffiti ...
  • Tertio, fraîchement immigré de Slovénie, Balou maîtrise fort mal notre langue. Comme bien d'autres, il divise nos concitoyens, entre ceux qui plaident pour qu'on le laisse grandir ici, et les tenants d'une forme de pureté, qui lui promettent, au mieux, un charter pour repartir «chez lui».
  • Et, pour finir, Balou est un ours. Un vrai, un Ursus arctos réglementaire, pas un ours de littérature comme son homonyme dans Kipling.

Samuel Baunée a suivi à la trace sa course éperdue à travers son nouveau territoire pyrénéen. De Béarn en Ariège, Balou fuit le vieux monde, le monde finissant, le monde de l'abondance sans contrôle et du gaspillage sans décence, le monde de la débauche d'énergie et de nuisances, ce monde prométhéen qui, pour égaler les dieux, prétend maîtriser le feu, chevaucher la foudre et soumettre la nature.

Balou fuit les villes trop et mal éclairées, source d'une pollution lumineuse qui nous prive, l'été, du spectacle de la voûte céleste. Il fuit les autoroutes, les routes nationales, et notre frénésie de transports, de vitesse, notre fantasme d'ubiquité. Il ne le sait pas encore, Balou, mais il va gagner la partie.

La parenthèse de l'énergie abondante et bon marché est en train de se refermer, nous sommant d'inventer sans délai un monde nouveau, où le bien-être de chacun pourra progresser encore sans mettre en péril l’avenir de tous. Un monde au développement réfléchi, maîtrisé. Un monde où nous saurons cohabiter avec l'ours, le loup, le lynx ou ... le scarabée pique-prune. Un monde durable. Cours, Balou, le vieux monde est derrière toi. Cool, Balou: il ne te rattrapera pas.

Jean-Jacques Fresko,
rédacteur en chef du magazine Terre sauvage

Cet éditorial sert de préface au numéro d'août du magazine Terre sauvage. A lire impérativement, un remarquable article (13 pages) signé Samuel Baunée intitulé "Pyrénées Balou, un an déjà... Qu'est devenu Balou, l'ours Slovène relâché, en juin 2006, dans le massif pyrénéen? Arraché à sa vaste forêt natale, peuplée de nombreux congénères, comment a-t-il géré sa solitude soudaine dans un espace "colonisé" par l'homme ?" Terre sauvage a suivi ses péripéties..., passionnant de bout en bout ! Voilà qui change de la presse régionale...

26 août 2007

Projet Life : Restauration des milieux tourbeux du Plateau de Saint-Hubert

Séminaire de clôture
Samedi 15 et dimanche 16 septembre 2007
au Fourneau Saint-Michel

D'octobre 2003 à septembre 2007, ce sont plus de 600 hectares de tourbières et de milieux humides qui auront été restaurés dans le cadre du programme LIFE-Tourbières du plateau de Saint-Hubert. Ces sites, propriétés de la Région wallonne, de 9 communes de la province du Luxembourg (Bastogne, Bertogne, Nassogne, La Roche-en-Ardenne, Libramont, Sainte-Ode, Saint-Hubert, Tenneville et Vaux sur-Sure) ainsi que de 7 propriétaires privés ont bénéficié de travaux importants en termes d'élimination des régénérations ou des peuplements résineux, de restauration hydrique, de création d'habitats feuillus.

Une gestion par pâturage ovin (500 brebis) et bovin est entamée sur plus de 100 hectares. La diversification des paysages est mise en valeur par plusieurs panneaux didactiques, par la création d'aires de vision et par des fiches didactiques accompagnant les cartes des ballades de la région.

Un statut de conservation de la nature (réserve naturelle domaniale) assure dorénavant la pérennité de cet investissement communautaire et régional, dotant le centre de l'Ardenne d'une réserve naturelle de plus de 600 hectares.

L'UGCSH et tous les partenaires du programme LIFE de "restauration de milieux tourbeux du Plateau de Saint-Hubert" sont heureux de vous inviter à participer au séminaire de clôture qui se déroulera au CRIE du Fourneau Saint-Michel les samedi 15 septembre 2007 et dimanche 16 septembre 2007.

Samedi 15 septembre

  • 09.00 : Accueil des participants.
  • 09.30 : Mot de bienvenue par Monsieur F. CRABEELS, président de l'Unité de Gestion Cynégétique du massif forestier de Saint-Hubert (UGCSH), porteur du projet.
  • 09.40 : Introduction au colloque et présentation du projet par M. DUFRÈNE (CRNFB).
  • 10.00 : Synthèse sur le projet par G. JADOUL, coordinateur du projet.
  • 10.30 : Point de vue du gestionnaire forestier public par J. VAN DER STEGEN, chef de cantonnement à Nassogne et à Saint-Hubert (DNF).
  • 10.50 : Pause café.
  • 13.15 : Importance des programmes LIFE dans la mise en place de Natura 2000 sur la Direction de la Division Nature et Forêt de Marche-en-Famenne par D. ROUVROY, agent Natura 2000.
  • 13.35 : Mise en place du suivi scientifique sur le LIFE par A. DIERSTEIN (équipe LIFE) et J.L GATHOYE et V. FICHEFET (CRNFB).
  • 14.00 : Conservation de la nature, pâturage et MAE appliquées à un LIFE par Ch. MULDERS (DGA).
  • 14.25 : Projection du film "Des Epicéas aux Tourbières" d'Eric HEYMANS.
  • 14.45 : Questions-réponses aux divers intervenants.
  • 15.00 : Pause-café.
  • 15.25 : Valorisation, sensibilisation et impact du LIFE au niveau du tourisme par V. VERRUE, coordinateur du Projet de Gestion Intégrée du massif de Saint-Hubert (PGISH).
  • 15.45 : Exposé de clôture par le Ministre de l'Agriculture, de la Ruralité et du Tourisme ou son représentant.
  • 16.00 : Verre de l'amitié.

Dimanche

  • Le rendez-vous est fixé à 09.15 à la Barrière Mathieu (croisement de la N89 Champlon / Saint-Hubert) et de la route de Mochamps.
  • 09.30 Visite guidée de divers sites restaurés dans le cadre du projet LIFE conduite par l'équipe du LIFE et par les agents de la Division Nature et Forêt.
    Présentation des travaux entrepris, pâturage, bergerie, suivi scientifique, observations naturalistes.

Merci de vous inscrire au colloque et/ou à la visite de terrain avant le 03 septembre en contactant :

Gérard Jadoul (          084/433971       )
Programme LIFE Tourbières du plateau de Saint-Hubert
Rue de Lahaut, n°3 - 6950 Nassogne

1807-2007 Sur les traces du botaniste Augustin Pyramus de Candolle - 200 ans après

Contexte

Aventure humaine

Dans le cadre de l'anniversaire des 200 ans de la première grande traversée des Pyrénées en 1807 par A. P. de Candolle, notre objectif est de refaire cet itinéraire qui parcourt les Pyrénées d’Est en Ouest dans sa totalité en suivant dans ses grandes lignes le périple du Botaniste, accompagné de chevaux de Mérens pour le portage.

Le début des grandes aventures sur le massif pyrénéen a toujours été lié à la découverte scientifique. Pour mieux se rapprocher de cette dimension humaine vécue par les premiers explorateurs, notre périple suivra pas à pas dans l’esprit, l’aventure du botaniste A.P. de Candolle lors de sa traversée de 1807. Avec une grande diversité de paysages de la Méditerranée à l’Atlantique le Massif Pyrénéen
offre un terrain unique d’aventure et de découvertes.

Aventure scientifique

Nous allons refaire cette traversée des Pyrénées, avec deux botanistes qui auront pour mission d’herboriser dans les différentes zones géographiques étudiées en 1807 par le botaniste de Candolle.

Tout au long de notre chemin qui traversera les Pyrénées d’Est en Ouest, sur près de 450 kms, un relevé botanique sera effectué. Il consistera à noter toutes les espèces végétales qui seront visibles et identifiables depuis le sentier suivi par A.P. de Candolle en 1807.

Pyramus_de_candolle

Cette étude va permettre

I) Un état des lieux de la flore Pyrénéenne 200 ans après.

Une des principale mission est d’optimiser l’étude floristique réalisée en 1807 par Augustin Pyramus de Candolle et d’acquérir un ensemble de données jamais réalisé à cette échelle sur la traversée des Pyrénées en déterminant non seulement les espèces présentes sur une ligne de plus de 450 kms de long mais aussi en connaissant leur répartition et leur période de floraison. Parmi les données essentielles à acquérir la géolocalisation fait partie des informations primordiales pour établir une carte précise des zones de répartition des différentes espèces rencontrées au cours de la traversée. Elle sera une base de référence pour établir dans une perspective future une visibilité de l’évolution du patrimoine végétal pyrénéen.

Cette approche est unique car jamais une étude scientififique de cette ampleur n’a été réalisée sur le Massif pyrénéen. Elle servira dans le futur de ligne de référence pour un comparatif sur 10, 20, 50 ans et plus.

Plusieurs questions découlent de ce comparatif :

  • Y a-t-il eu déclin ou progression des espèces encore présentes ?
  • Certaines espèces ont-elles disparues ?
  • D'autres sont-elles apparues ?
  • Quelles explications pourrons-nous donner à ces changements ? S'agit-il de déprise pastorale ? de nouvelles activités humaines ? de réchauffement climatique ?

II) La création d'une base de données.

Acquérir un ensemble de données uniques jamais réalisé à cette échelle sur la traversée des Pyrénées en déterminant non seulement les espèces présentes sur une ligne de plus de 450 kms de long mais aussi en connaissant leur répartition et leur période de floraison.

Ces données seront utilisables comme références de l'année 2007, à cette époque et en ces lieux voici ce que l'on a rencontré sur plus de 450 kms de chaîne des Pyrénées, à l’heure où le réchauffement planétaire et l'exode rural induisent un changement dans la répartition des espèces et une transformation des paysages, ces données ainsi que les photographies les accompagnant seront de précieux témoins pour de futures études et relevés.

III) La réalisation d'un nouvel herbier.

Un herbier sera réalisé et renfermera les plantes rencontrées lors du trajet. Cet herbier sera réalisé sur des feuilles de format A3, compressé entre deux planches de bois par des sangles. Il servira à la fois d’outil de référence pour de nouvelles déterminations et comme témoin de ce que nous aurons rencontré.

L’herbier intégrera les collections du Conservatoire Botanique National, conditionné, inventorié et photographié, il sera par la suite consultable sur place ou par le biais du réseau Internet. Cet herbier sera un témoin de la flore des Pyrénées pour l'année 2007. Bien conservé, il pourra en effet servir dans 10, 50, 100 ans comme outil de référence scientifique.

IV) De sensibiliser le grand Public au patrimoine végétal pyrénéen et le jeune public par la mise en place de programmes pédagogiques.

(événementiels - expositions - pédagogie) Evénementiels durant l’expédition du 23 juin au 31 août 2007

Exposition et conférence

Plusieurs événementiels et points rencontres avec les scientifiques et l'ensemble des membres de l'expédition seront organisés au cours de cette traversée dans une ville de chaque département dans l'ensemble du massif pyrénéen.

  • Le 22 Juin à 20h30 accueil de l’équipe à la Mairie de Collioure
  • Départ de Collioure le 23 Juin 2007
  • à Eyne dans les Pyrénées-Orientales le 8 Juillet 2007
  • à Orlu en Ariège le 12 Juillet 2007
  • à Bagnères de Luchon dans la Haute-Garonne le 25 Juillet 2007
  • à l'Hospital du Bénasque (Aragon - Espagne) le 27 Juillet 2007
  • à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées le 2 Août 2007
  • à Gavarnie dans les Hautes-Pyrénées le 9 Août 2007
  • à Saint-Jean-Pied-de-Port dans les Pyrénées-Atlantiques le 25 Août 2007.
  • Arrivée à Saint-Jean-de-Luz le 31 Août au Conservatoire botanique Paul Jovet

Ces moments seront animés par des soirées-débats avec le public pour échanger, sensibiliser et partager cette aventure, associant les acteurs locaux mais aussi les associations, les fédérations… qui oeuvrent à faire découvrir la richesse et la beauté du patrimoine naturel pyrénéen.

Une exposition itinérante composée de 6 panneaux sur la Flore et sur cette aventure décrira les objectifs de cette expédition. Des projections vidéo et photographiques régulièrement actualisés rythmeront ces rencontres.

Points rencontre

Au cours de l’expédition des points rencontre tout au long de la traversée seront organisés avec différents acteurs locaux, institutions et partenaires de part et d'autre de la chaîne. Ces moments seront l'occasion d'échanger nos connaissances et partager des moments de convivialité.

Les différents points rencontre se dérouleront en Catalogne sur le versant espagnol et français , dans les Réserves naturelles Catalanes, dans le futur Parc Naturel de l’Ariège dans le Massif de la Maladetta (Aragon), dans le PNP à Héas et à Lescun mai aussi avec le Parc d’Ordesa et l’institut de Jacca dans le massif du Mont Perdu et dans les Pyrénées Atlantiques dans partie pays basque espagnol et français.

Exposition 2007-2008

Pour fêter ce bicentenaire, une grande exposition scénarisée sera présentée fin 2007, retraçant cette aventure avec en parallèle l’aventure du botaniste Augustin Pyramus de Candolle en 1807.

Le visiteur pourra suivre pas à pas les traces du botaniste tout en s’interrogeant sur l'évolution 200 ans après de l’état de la flore pyrénéenne, il découvrira la fragilité et la richesse de ce patrimoine naturel pyrénéen. L’exposition parlera à la fois d’aventure humaine, de science, de biodiversité, elle reflétera aussi la diversité et la richesse des paysages pyrénéens et des différentes cultures de part et d’autre du massif.

Programme pédagogique

Cette expédition donnera lieu à des conférences et des interventions en milieu scolaire sur l'ensemble de la chaîne Pyrénéenne en partenariat avec le Conservatoire Botanique et le Réseau Éducation Pyrénées Vivantes pour toute la partie pédagogique.

L’un des principaux objectifs de ce projet est de partager l'expérience de cette aventure et de transmettre les informations récoltées sur l'état de la flore pyrénéenne au cours des études menées par les botanistes et de sensibiliser à la protection de la biodiversité.

Pour cela, nous allons mettre en place un programme pédagogique en partenariat avec le Réseau d'Éducation Pyrénées Vivantes (regroupant une quarantaine d'associations de l'éducation et de l'environnement sur l’ensemble de la chaîne Pyrénéenne). Ainsi, 20 projets s'inscriront dans une démarche d'éducation à l'environnement.

Afin de faire échanger les participants de chaque projet entre eux, un espace Internet pour chacun des projets sera ouvert sur le site de l'expédition de Candolle. Des projections vidéo et photographiques régulièrement actualisés rythmeront ces rencontres.

Animation et sensibilisation

Initiés lors de la randonnée en juin 2007, ces projets seront réalisés durant la fin de l'année 2007 et le premier semestre 2008.

Relayés par les structures du réseau transfrontalier « Education Pyrénées vivantes », ces projets pédagogiques s’adresseront aux enfants des vallées pyrénéennes, siège de l'itinérance. La méthodologie d'intervention est celle de la pédagogie de projet. Ainsi, les projets seront construits avec les groupes d'enfants et leurs éducateurs.

Pour s’inscrire dans une réelle démarche d’éducation à l’environnement, ces projets s'inscriront dans la durée. Vivre une expérience, partager, échanger ensemble, coopérer, apprendre, réaliser des productions et les faire connaître, autant d’objectifs pour permettre une éducation pour et par l'environnement. Tous ces projets s’étaleront sur près de six mois de travail.

Ils s’articuleront autour d’une journée de préparation avec les enseignants et de 3 journées d’intervention d’éducation à l’environnement. Les participants réaliseront des travaux en inter-séances avec leurs enseignants ou animateurs pour compléter le travail réalisé lors de ces journées d'intervention. Un « pool » d’outils pédagogiques sera produit par les animateurs du réseau pour permettre une meilleure animation des projets. En outre, le travail engagé dans chaque projet pédagogique participera à la définition du contenu de l'exposition qui verra le jour en 2007.

Responsable de projet : Alain FÉLIX - Association TERRANOOS
« Le Village » Cidex 3048 31700 DAUX
Tél : 05 61 85 50 55 – 06 80 14 45 21

Attachée de presse : Betty DAGNAUD
Tél. : 05 61 85 50 55 - 06 80 14 45 21

Naturalité : La lettre de Forêts Sauvages (1)

Naturalité : La lettre de Forêts Sauvages n° 1 - février 2007
Comité de rédaction : P Athanaze, G Cochet, P Cochet,, JC Génot, O Gilg, C. Gravier, P Lebreton, , J Poirot, C Schwoehrer, L Terraz, D Valauri
Forêts Sauvages - Chemin du Pont de la Chartreuse, 43700 Brives-Charensac

Les objectifs de Forêts Sauvages

Redonner aux écosystèmes naturels toutes leurs potentialités est le meilleur mode de gestion : c’est atteindre l’état de « self-regulating » des auteurs anglais. L’intervention coûteuse de l’Homme devient alors inutile. La forêt libre, gratuitement et sans entretien, apporte des bienfaits inestimables à l’Homme :

  • riche biodiversité ;
  • stockage du carbone et limitation de l’effet de serre ;
  • régulation du cycle de l’eau ;
  • épuration de l’eau et de l’air ;
  • formation de sols et diminution de l’érosion ;
  • lieux de ressourcement et d’inspiration artistique …

Naturalité

par Pierre Athanaze

Toute l’équipe de Forêts Sauvages est heureuse de vous présenter le premier numéro de sa lettre électronique. Nous souhaitons, par ce nouveau lien, vous faire partager notre amour de la Nature sauvage, au travers du concept de naturalité, principalement en forêt.

Si ces dernières années, nous avons noté à notre plus grande joie le retour d’espèces forestières qui avaient disparu de France, comme la Cigogne noire ou le Lynx, cela ne doit pas cacher l’état de conservation très préoccupant de très nombreuses espèces végétales ou animales directement inféodées aux milieux forestiers, plus particulièrement aux forêts à fort degré de naturalité. Et pour cause... Le grand Tétras, espèce emblématique des vieilles forêts, risque de disparaître de France dans les toutes prochaines années. Il vient de disparaître des Alpes.

Les champignons qui, curieusement, ont été oubliés par la législation française, mériteraient qu’enfin une liste d’espèces protégées soit publiée. 98 espèces sont considérées comme éteintes dans notre pays, 94 menacées d’extinction, 197 fortement menacées, 229 menacées (source Conseil de l’Europe). La majeure partie de ces espèces sont forestières et dépendent de milieux devenus trop rares ou ayant déjà disparus de notre pays suite à la raréfaction des forêts naturelles. Aucune réglementation ne pourrait éviter que cette tendance ne s’infléchisse sans une protection stricte des forêts anciennes par voie réglementaire ou/et par maîtrise foncière.

Il en est de même des invertébrés saproxyliques qui appartiennent à l’une des communautés les plus menacée d’Europe et dont de nombreuses espèces sont aujourd’hui éteintes faute de biotope ! Plus de la moitié des espèces d’insectes saproxyliques figure sur les listes rouges d’insectes dressées dans les différents pays de l’Union Européenne (pour ceux qui se sont donné la peine d’en dresser une !). Ces espèces, ou populations, sont directement menacées par le morcellement des forêts, les modes de gestion sylvicoles intensif, la raréfaction du bois mort, les plantations d’espèces exotiques (surtout des conifères) et par la disparition des forêts naturelles.

Nous essaierons, tout au long de nos publications de vous faire partager notre amour de la nature sauvage. Ce qui bien sur n’exclut pas l’homme, bien au contraire...

«Chaque fois que nous avons su offrir à la nature un espace de liberté, elle s’est de nouveau épanouie dans toute son exubérance et sa diversité. La nature se débrouille très bien toute seule, elle n’a nul besoin que nous l’entretenions.» Jacques Perrin

«La forêt est la formation reine, dominante, celle dont l’étendue devrait naturellement être la plus grande, celle qui s’établirait partout, sauf conditions limitatives ou exceptionnelles.» Robert Hainard

Un paradoxe : les superficies de forêts augmentent dans notre pays et, dans le même temps, des espèces forestières, comme le grand tétras ou le pique-prune, reculent et disparaissent. Il y a donc nécessité préserver de vastes forêts naturelles.

Sommaire du numéro 1 de Naturalité

  • Haut lieu de la Naturalité : Le Bayerischer Wald
  • Bravo : Réserves Forestières suisses : Nos voisins helvétiques ont pris une vraie grande décision : au cours des trente prochaines années, ils classeront 10% de leur surface forestière en réserve ! Dont la moitié sera classée Réserve Forestière Naturelle, c’est à dire de vastes espaces forestiers en libre évolution ! L’autre moitié deviendra réserve forestière particulière, c’est à dire avec de «légères» interventions qui profiteront à des espèces menacées. Voilà une excellente idée qui pourrait avantageusement être repris par d’autres pays européens. Et pourquoi pas par la France ?…
  • Bravo : Palatina
    Sur 20 ha de hêtraie naturelle dans le Palatinat, classée en réserve intégrale depuis 30 ans, les scientifiques trouvent 40% des insectes coléoptères (le groupe le plus répandu) de toute la région de Rhénanie-Palatinat (information communiquée par Mannfred Niehuis de l'université de Landau).
  • Lu pour vous : « Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » de Jared Diamond. «Que se dirent les habitants de l’île de Pâques au moment même où ils abattirent le dernier arbre de leur île ?».
  • Lu pour vous : « Retracing the Auroch » de Cis Van Vuure. La disparition progressive des Aurochs montre comment, peu à peu, l’homme a mis un terme à notre mégafaune.
  • Coup de griffes : Réserve Biologique Intégrale du Vercors : Curieusement, alors que c’est l’Etat qui a commandé cette réserve forestière à l’ONF, c’est l’état (préfecture de la Drôme) qui la bloque actuellement.
  • Coup de griffes : Pologne : La Via Baltica, l’autoroute qui menace les forêts primaires
  • La diversité et la vie de la grande forêt française : la forêt française, aujourd’hui, a perdu près de 90% de son bois par rapport à l’état naturel.

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Note de la buvette

Le contenu remarquable de "Naturalité" permet de regarder sous un nouveau jour la protection des forêts et de la grande faune française. Existe-t-il encore des forêts primaires en France ? La protection (encore déficiente) de l'ours n'est-elle pas l'occasion de créer en montagne des zones vierges de toute intervention et de tout dérangement ? Le pastoralisme est-il vraiment indispensable pour "entretenir" la montagne ? Début de réflexion...

Un parc national pas comme les autres : le Bayerischer Wald en Allemagne

par Jean-Claude Génot

Les parcs nationaux existent dans de très nombreux pays de la planète, le plus ancien fut créé aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle (le parc national de Yellowstone) et en France, le parc national de la Vanoise a été créé en 1963.

La plupart des parcs nationaux français sont situés en montagne (Ecrins, Vanoise, Mercantour, Pyrénées, Cévennes). Ces espaces sont généralement dédiés à la nature dans leur zone centrale. Est-ce à dire qu’il n’y a aucune activité humaine ? Même si ces parcs ont été établis dans l’esprit d’y interdire l’activité de l’homme, cela n’a jamais été vraiment respecté. En effet, le pâturage est bien présent et y est même encouragé. Les forêts peuvent également faire l’objet d’exploitation car elles ne sont pas sous l’autorité de l’administration du parc. Il existe même des cas où des aménagements touristiques ont été implantés en pleine zone centrale comme ce fut le cas dans les Pyrénées, ce qui valut au parc de perdre le diplôme européen, un label que lui avait décerné le Conseil de l’Europe.

le Bayerischer Wald

Bayericher waldEn Allemagne, il existe un parc national où la nature est en libre évolution sur plus de 70% de sa surface. Il s‘agit du parc national de la forêt bavaroise ou Bayerischer Wald, situé dans le Land de Bavière à la frontière avec la frontière avec la République Tchèque.

D’ailleurs le Bayerischer Wald se prolonge du côté tchèque par le parc national de la forêt de Bohème ou Sumava. Ces massifs forestiers forment ensemble la plus grande zone forestière continue d’Europe centrale. Le Bayerischer Wald fut créé en 1969 et couvre actuellement 24 250 ha. Il est composé d’un massif montagneux formé de granit allant de 700 à 1 450 m d’altitude.

En dehors des forêts largement dominantes, le parc abrite quelques tourbières et lacs glaciaires, vestiges visibles de la dernière glaciation il y a 8 000 ans environ. En majorité, le parc est composé de forêts mixtes de montagne avec du sapin, du hêtre et de l’épicéa. Il faut atteindre 1100 m d’altitude pour entrer dans les forêts d’épicéas purs de montagne. C’est là que le climat est le plus rude avec des hivers très enneigés. Seuls l’épicéa et le modeste sorbier des oiseleurs ont su s’adapter depuis des millénaires pour survivre aux rigueurs des longs hivers de Bavière. L’épicéa a d’ailleurs un houppier très étroit dont les branches plongeantes ne conservent pas longtemps la neige abondante. Sur ces montagnes, les sols acides sont couverts de myrtilles, d’airelles, de mousses et de fougères. C’est le domaine du grand tétras, dernière relique des forêts du nord et de l’est de l’Europe. C’est cette couverture vert sombre d’épicéas qui vaut à ce parc d’être appelé «le toit vert» de la Bavière.

Mais les visiteurs qui accèdent aux sommets du parc comme le mont Rachel à 1 453m, découvrent aujourd’hui de vastes zones de forêts «blanches». Que s’est-il passé sur le toit vert de la Bavière ?

D’abord il y a eu des tempêtes dans les années 1990 qui ont renversé de très nombreux arbres et endommagé les racines d’arbres restés debout. Il existe d’ailleurs un sentier aménagé par le parc qui traverse une telle zone d’arbres renversés.

Nationalpark bayerischer wald

Les arbres morts ou cassés sont laissés sur place.

Réalisé à l’aide de passerelles et d’escaliers, ce parcours permet aux visiteurs de voir l’enchevêtrement des arbres, les racines aériennes et quelques années après le coup de vent, la régénération naturelle d’épicéas qui se développent entre les arbres couchés, voire sur le tronc lui-même. Le parc a créé ce sentier pour expliquer au public qu’une forêt renversée n’est pas «détruite » et que la nature reprend spontanément le dessus en faisant pousser de jeunes arbres qui succèdent à ceux que la tempête a couchés.

C’est après ces tempêtes que les insectes appelés scolytes se sont développés. Ils créent un réseau de galeries sous l’écorce pour leurs oeufs et leurs larves, ce qui prive l’épicéa de ses éléments minéraux venant des racines. Celui-ci perd ses aiguilles et meurt. Lors d’une visite effectuée en juillet 2006, il pleuvait des aiguilles dans certaines forêts du parc. Quand l’épicéa est entièrement mort, son écorce devient blanche sous les effets de la pluie et de la neige. Voila pourquoi aujourd’hui, les invasions de scolytes ont fait mourir les épicéas du Bayerischer Wald sur plusieurs milliers d’hectares.

Wildnis: la non intervention

Le parc a eu le courage de ne pas couper les arbres et de ne pas brûler l’écorce pour tenter d’enrayer le développement des scolytes parce que toutes les crêtes du Bayerischer Wald sont en protection intégrale et que le bois mort est une richesse naturelle des forêts sauvages. Il faut du courage pour défendre cette conception de la non intervention dans la nature surtout dans une région traditionnelle de verreries et de charbonniers où le bois a toujours été exploité.

WildnisDe plus, en voyant ces étendues de troncs blanchis de nombreux visiteurs considèrent que la forêt est morte. Il a fallu que le parc fasse preuve de beaucoup de pédagogie pour expliquer le cycle naturel d’une forêt et montre avec le temps que sous les troncs morts, la végétation repousse avec graminées, épilobes, myrtilles, sorbiers, sureaux, framboisiers et jeunes épicéas. Enfin, le parc doit batailler avec son administration de tutelle au Land de Bavière qui estime que «le toit vert doit rester vert» pour continuer à ne pas intervenir contre les scolytes et respecter son concept de nature en libre évolution ou «Wildnis».

Toutefois, ce principe n’est pas absolu eu égard au million de visiteurs du parc. En effet, le parc sécurise les sentiers pédestres en coupant les épicéas sur une distance correspondant à la hauteur des arbres. De plus de ombreux pièges à scolytes sont parsemés dans les forêts et jusqu’à 40 m du sol pour surveiller leur nombre. Pas d’intervention donc mais une surveillance de tous les instants pour voir comment le phénomène va évoluer et une intense communication pour expliquer que la nature peut vivre sans que l’homme intervienne.

Urwald

Le parc abrite quelques forêts anciennes, appelées «Urwald» en Allemagne. Ce sont des forêts mélangées de sapins, d’épicéas et de hêtres. L’une d’entre elles est la plus ancienne forêt protégée de Bavière puisqu’elle fut classée pour son charme paysager dès le XVIIème siècle. Sur 76 ha, on peut voir des arbres vieux de 300 à 500 ans, véritables monuments de la nature, ainsi que des arbres morts sur pied ou au sol de plus d’un mètre de diamètre. Véritable réservoir de diversité biologique, cette forêt abrite à elle seule 25 % de tous les coléoptères de Bavière qui en compte 1 500 espèces. En laissant faire les processus naturels dans les forêts du Bayersicher Wald, les responsables du parc travaillent pour les générations futures qui seront bien contentes d’observer des vieilles forêts si rares en Europe occidentale très urbanisée.

Jean-Claude Génot

Source : La lettre de Forêts Sauvages - Naturalité n° 1

Jared Diamond : Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

de Jared Diamond paru en 2006 chez Gallimard Essais
par Jean-Claude Génot

Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie - Jared Diamond "Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie" est un essai magistral de 620 pages du biogéographe américain Jared Diamond. Il se lit comme un roman alors qu’il s’agit d’un travail scientifique sur l’effondrement des sociétés.

Plus précisément, Jared Diamond s’est penché sur l’effondrement de sociétés ayant pour origine des problèmes environnementaux. En fait on devrait plutôt parler d’un «thriller» tant l’analyse des causes de la disparition de sociétés passées nous renvoie aux menaces qui pèsent aujourd’hui sur la biosphère et l’humanité toute entière.

En véritable écologue qu’il est, l’auteur a fait un travail rigoureux d’analyse des nombreux facteurs agissant sur les sociétés passées (Mayas, Anasazis, Ile de Pâques, Viking au Groenland) et présentes (Rwanda, Haïti, Chine, Australie). Les variables étudiées vont de la démographie à la déforestation, des institutions politiques à l’usage des sols ou encore des changements climatiques aux relations que la société étudiée entretient avec ses voisins.

Les nombreuses informations nécessaires à ces comparaisons sur les sociétés passées proviennent des données patiemment recueillies par des archéologues, des historiens et d‘autres spécialistes. Surprenant, l’auteur commence son ouvrage en parlant du Montana, un état du pays le plus industrialisé du monde qu’il connaît bien. En fait, au regard des problèmes environnementaux (déchets toxiques, déforestation, pollution des sols et des eaux, changement climatique, réduction de la biodiversité et introduction d’espèces exotiques), économiques (activités traditionnelles en récession) et démographiques (apport de nouveaux immigrants qui font flamber le prix du foncier) du Montana, Jared Diamond nous montre que si cet état était une île coupée du monde, sa société se serait déjà effondrée parce que ses habitants dépendent entièrement de l’extérieur, en l’occurrence du reste des Etats-Unis.

C’est cette inter-dépendance entre les sociétés et leur environnement naturel et socio-économique que l’écologue analyse finement dans son essai. Certes les sociétés passées dont Jared Diamond a étudié l’effondrement étaient géographiquement limitées, de taille réduite ou socialement isolées. Mais c’est parce que le processus d’effondrement y fut plus accéléré ou dramatique que leur étude n’en est que plus parlante.

L’étude des sociétés Vikings et Inuits au Groenland a montré que si les Vikings ont disparu, les Inuits, eux, ont su survivre dans un environnement hostile. Cet exemple illustre parfaitement le fait qu’une société n’est durable que si elle sait s’adapter à son environnement et non contraindre la nature au bon vouloir des hommes. Jared Diamond apporte un éclairage original sur le génocide du Rwanda pays surpeuplé, qui pour lui revêt la forme d’un effondrement malthusien. Ainsi, «la croissance démographique, les dommages environnementaux et les changements climatiques constituèrent la charge de dynamite dont les violences ethniques ne furent que la mèche».

L’analyse de la Chine actuelle dont l’impact environnemental et économique est important pour le peuple chinois mais pour le monde entier montre à quel point l’inter-dépendance est devenue globale et le déclin pourrait cette fois être mondial. Enfin, l’auteur tente de répondre à la question inévitable sur l’effondrement des sociétés anciennes : comment n’ont-elles pas pris conscience des dangers qui les menaçaient ? Ainsi «que se dirent les habitants de l’île de Pâques au moment même où ils abattirent le dernier arbre de leur île ?». Rien n’est écrit d’avance, mais n’oublions pas que les sociétés ont une inertie, et comme le dit Jared Diamond  «le processus décisionnaire d’un groupe peut être entravé par toute une série de facteurs, à commencer par l’incapacité à anticiper ou à percevoir un problème, puis par des conflits d’intérêt qui font que certains membres du groupe vont poursuivre des objectifs qui leur seront profitables mais qui seront nuisibles au reste du groupe», de quoi réfléchir effectivement à la situation mondialisée qui est la nôtre aujourd’hui…

Jean-Claude Génot

Source : La lettre de Forêts Sauvages - Naturalité n° 1

25 août 2007

Pas de protection, pas de pognon !

Et si pour les bergers, la solution au problème des vautours était la même que celle proposée par l'Etat pour les prédateurs : la protection des troupeaux !

Le vautour est dépendant de l'activité pastorale

Pyrénées Magazine : Quelles sont les évolutions notables chez les vautours fauves depuis qu'ils sont protégés ?

MICHEL TERRASSE : Dans les années soixante, il était extrêmement difficile d'observer des vautours à terre ou en train de manger. On devait réaliser des affûts interminables qui duraient plusieurs jours afin d'avoir la chance d'observer une curée. Ils s'envolaient précipitamment dès qu'on s'approchait à moins de trois cents mètres. Aujourd'hui, dans certains endroits, les vautours se posent à vingt-cinq ou trente mètres et se laissent facilement photographier par les touristes. On explique cela par leur présence accrue sur certains sites, et parce qu'ils ont moins peur de l'homme, qui n'est plus une menace pour eux.

BERTRAND ELIOTOUT : Quand les populations étaient très faibles, les vautours mettaient beaucoup de temps pour arriver sur un cadavre. Une carcasse pouvait rester ainsi plusieurs jours sans être dévorée. Maintenant, avec l'accroissement des effectifs, ils peuvent être là très rapidement. Même ici, dans les Grands Causses, où l'on a cent soixante-dix couples sur cinq cent mille hectares, les vautours fauves sont souvent présents en moins d'une heure. Par contre, on entend dire que les vautours préféraient la viande faisandée à la viande fraîche et que cela à changé. C'est faux, ils préfèrent la viande fraîche, mais, auparavant, ils mettaient plus de temps pour trouver les cadavres et ils avaient beaucoup plus peur de se poser.

Qu'est-ce qui peut réguler la population sur un territoire ?

MICHEL TERRASSE : La première chose qui la limite, c'est la nourriture. Les vautours ont explosé en Espagne parce qu'il y avait énormément à manger. Quand ils manquent de nourriture, ils nourrissent moins les petits, et il y a moins de reproduction. Ils ont également besoin de falaises pour pouvoir nicher. Ils n'ont pas de prédateur direct, excepté l'homme. La seule prédation qu'ils peuvent subir en milieu naturel, c'est sur leurs œufs et sur les poussins, à cause du grand corbeau notamment, mais elle reste limitée.

BERTRAND ELIOTOUT : Les vautours ne se nourrissent qu'à partir d'une mortalité naturelle des animaux. Il est hors de question pour nous de dire: "II n'y a pas assez de vautours, donc on doit les nourrir plus". C'est une impasse.

On observe de grands déplacements de vautours fauves en Europe, pourquoi ?

MICHEL TERRASSE : Ils voyagent dans toutes les Pyrénées, traversent le Massif central, les Alpes, les Vosges, le Jura, les Ardennes et certains poursuivent même vers le nord. On en trouve jusqu'en Belgique et même en Finlande et en Suède ... Ils se déplacent plus facilement en été, car ils bénéficient des courants thermiques favorables et il y a plus de nourriture disponible avec les bêtes en estive. Certains descendent en Afrique l'hiver, en passant par Gibraltar.

BERTRAND ELIOTOUT : Ces mouvements ne peuvent pas être liés à la recherche de nourriture, sinon ils n'iraient pas si loin, et les observations de terrain seraient différentes. C'est une espèce qui bouge beaucoup, sans que l'on ait d'explications précises. C'est plutôt une tendance naturelle de prospection de nouveaux territoires. Ils voyagent en groupe et sont donc beaucoup plus visibles.

MICHEL TERRASSE est vice-président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Spécialiste international du vautour fauve, il est à l'origine des mesures de protection françaises et a participé à diverses opérations de réintroduction en Europe.

BERTRAND ELIOTOUT représente la LPO dans les Grands Causses. Il vient de publier une monographie sur le vautour fauve.

Source : Pyrénées magazine.

Réaction de la buvette

Une idée simple : pour diminuer la population de vautours, il suffirait de diminuer l'abondance alimentaire. Quand les éleveurs adoptent des moyens de protections adéquats, la mortalité ovine diminue... moins de carcasses pour les vautours et une reproduction inférieure pour les rapaces. Mais quand on refuse les moyens de protection des troupeaux, la solution c'est l'éradication : "prendre des mesures de gestion et de régulation de l'espèce protégée" pour "L'association pour la sérénité à la campagne".

La protection, celà marche

De 2003 à 2005, 37 éleveurs ayant mis en place un chien de protection via l’Association Cohabitation Pastorale (ACP) ont fait l’objet d’une enquête directe concernant la prédation sur leur exploitation et les 18 estives qu’ils fréquentent."

[NDLB: L'ACP est décriée par les éleveurs anti ours et est dénoncée par Augustin Bonrepaux pour les subsides qu'elle reçoit pour placer des chiens et pour ses faibles effectifs. Les vraies raisons de cet ostracisme ? Parce que l'ACP est favorable à la cohabitation avec l'ours. Les éleveurs qui y sont opposés font pression sur les bergers "tièdes". Si des bergers ou éleveurs se rapprochent de l'ACP, ceux-çi voient leurs pneus crevés, ne retrouvent plus leur chien, et ne sont pas aidés ou remplacés en cas d'absences passagères, de maladies ou de déplacements urgents. Ils peuvent cr... ]

Lire à propos de ces violences, pressions et injures :

"Les données, recueillies sur 2 ans minimum (5 ans en moyenne) avant et après la mise en place du chien, ont été traduites en moyennes annuelles et additionnées afin d’établir un bilan global annuel. Résultats: 90 % de pertes ovines en moins !

"Ces chiffres ne concernent que les pertes par prédation et vol, c’est à dire les pertes sur lesquelles un chien de protection peut intervenir. Les dégâts sont très majoritairement causés par des chiens. Les ours représentent 5 à 10 brebis par an sur l’échantillon. Tous les éleveurs qui subissaient des dégâts constatent une baisse très forte des pertes. S’il arrive qu’une ou quelques bêtes soient tuées malgré la présence du chien, aucun gros dégât n’a été constaté sur un troupeau protégé par un patou. Toutefois, des marges d’optimisation demeurent."

Source : Brochure Protection des troupeaux - DIREN Midi-Pyrénées

Preservatif_boyau_moutonLa buvette : Il est de plus en plus évident que la cohabitation entre le pastoralisme et la faune sauvage des Pyrénées passe par la protection des troupeaux. Si les éleveurs ne veulent pas le comprendre, il est de plus en plus urgent de mettre FIN aux remboursements, dédommagements et primes et que ceux qui adoptent ces mesures financées par l'Etat soient justement aidés pour leur travail et leurs efforts de cohabitation. PAS DE PROTECTION, PAS DE POGNON ! Et si les troupeaux sortaient couverts ? La solidarité doit devenir conditionnelle.

Photo : Préservatif en caecum de mouton (www.leroidelacapote.com)

Baudouin de Menten

Des vautours vivants ou la sérénité des Pyrénées mortes ?

Dans son numéro de septembre, Pyrénées magazine publie un dossie