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13 août 2007

La prose anti environnementale de Marie-Lise Broueilh

Après la mort de l'ours Franska plombée, loin de chercher l'apaisement, Marie Lise Broueilh,  présidente de l'ASPP 65 (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen) et après avoir annoncé qu'elle allait "mettre le feu à la montagne" si le programme de réintroduction était repris pour remplacer Palouma et Franska, désire maintenant s'en prendre à l'ours Boutxy, que quelques coups de fusil cet hiver n'ont pas réduit au silence, et aux "ultra environnementalistes". Délires et dérive annoncée du pastoralisme et de la prose anti environnementale de Marie-Lise Broueilh.

Franska, une mort annoncée et des problèmes qui restent

Marie-Lise Broueilh - La mort accidentelle de Franska sur la voie rapide entre Lourdes et Agos Vidalos mercredi dernier n’est qu’un accident banal comme nous pouvons en voir avec tout le gros gibier en France et à l’étranger. En Slovénie, le problème se pose également avec les trains. Cette disparition n’est pas un véritable événement en soi.

Pour l’ASPP 65, ce qui est important c’est que les éleveurs puissent retrouver la sérénité et la tranquillité pour exercer librement le métier qu’ils ont choisi. Eleveur/berger dans un village de vallée ou de montagne avec de petites surfaces d’exploitation complétées par les estives.

C’est aussi l’espoir que des estives abandonnées ou partiellement vidées depuis l’introduction des ours slovènes puissent à nouveau retrouver vie et que les bergers et éleveurs puissent en tirer une ressource suffisante de leur exploitation et maintenir la vraie biodiversité de nos montagnes qui s’est construite au fil des siècles voire des millénaires grâce au pâturage.

Franska n’est qu’un élément révélateur des objectifs des ultra environnementalistes qui veulent introduire des ours exogènes dans un milieu ou le développement des activités humaines d’hiver et d’été n’a pas laissé de place à l’ours des Pyrénées.

Leur acharnement pour implanter des ours slovènes met en évidence, une méconnaissance totale des contraintes techniques et économiques des éleveurs, un refus de prendre en compte les conséquences destructrices irréversibles sur un milieu d’une biodiversité à la richesse exceptionnelle et la volonté de classer la seule exploitation durable du milieu naturel comme sans importance.

Ces environnementalistes qui imposent aujourd’hui leur désir sont incapables d’avoir une vision globale de la biodiversité, de l’environnement et du développement durable en s’attachant à une seule espèce emblématique sans jamais approfondir les conséquences d’importations coûteuses d’ours qui auraient sans doute vécu dans de meilleures conditions dans leur pays d’origine malgré l’existence d’un plan de chasse pour réguler leur prolifération.

Franska comme les autres ours importés n’est que le révélateur d’une écologie politique malade de ses dogmes et de son idéologie dépassée tournée contre l’homme et plus spécialement contre ceux qui habitent et travaillent sur les territoires de montagne.

La mort de Franska ne doit pas nous faire oublier que tous les problèmes restent à régler.

  1. les préalables à toutes discussions avec les pouvoirs publics à savoir le retrait de Boutxy et l’arrêt du plan d’introduction d’ours
  2. les problèmes que rencontrent les autres éleveurs / bergers pyrénéens avec d’autres ours, que ce soit en vallée d’Aspe, à Melles, dans le Biros, le haut-Ariège ou chez nos amis espagnols de la Navarre à l’Alt Anéou.
  3. les problèmes de fond liés :
    • à la protection et au développement de la biodiversité y compris des races animales domestiques et au développement durable des villages et des vallées pyrénéennes.
    • Au choix de société entre protection et développement durable dans un cadre de maintien des activités humaines sur un territoire et l’ensauvagement total des montagnes vidées de toutes activités humaines et pastorales bien avant que les 120 à 150 ours Slovènes aient été trasplantés dans les Pyrénées par le plan ours.

La mort de Franska n’efface pas les problèmes de sinistres occasionnés par les vautours à l’occasion desquels des éleveurs / bergers se font outrageusement qualifier de menteurs ou de « chasseurs de primes » par certaines administrations publiques et des associations ultra environnementalistes irresponsables.

La mort de Franska n’est qu’un accident occasionnel lié à la confrontation du monde animal sauvage et du monde moderne vécu par la majorité de la population française. Elle apporte la preuve que les Pyrénées ne sont pas un espace sauvage mais un milieu humanisé où vit de manière régulière et permanente toute une population et où s’exercent des activités humaines à tous les niveaux et à tous les étages montagnards.

Cette mort d’une ourse ne remet pas en question les actions en cours menées par l’ASPP 65 et les syndicats agricoles notamment l’aide et assistance matérielle aux éleveurs victimes d’un sinistre de la part des grands prédateurs (constats, aide juridique, etc…)

Par ailleurs, l’ASPP 65 n’oublie pas et tient aussi à apporter son soutien à ceux qui, dans les Alpes, le Jura et le Massif Central souffrent de la présence du loup et de toutes ses conséquences économiques, sociales et humaines. Elle soutiendra les élus savoyards qui viendront lundi et mardi chercher de l’aide dans les Pyrénées.

Communiqué de presse du 13 août 2007.
Contact presse : Marie-Lise Broueilh : Tel : 06 30 36 97 52

Le schéma type de la rhétorique anti-environnementale

Par Laurent Mermet.

La rhéthorique ou le discours anti-environnemental est articulé autour de quatre volets.

1) Il commence par installer les populations locales dans la position de victimes et les protecteurs de l’environnement en position de persécuteurs, faisant porter à ces derniers toute la responsabilité des problèmes sociaux et économiques rencontrés par les populations rurales. Puis il s'attache à récuser les constats scientifiques et à déconsidérer les experts.

Les victimes...

    • "... ce qui est important c’est que les éleveurs puissent retrouver la sérénité et la tranquillité pour exercer librement le métier qu’ils ont choisi."
    • "... que les bergers et éleveurs puissent en tirer une ressource suffisante de leur exploitation"
    • "...les problèmes que rencontrent les autres éleveurs / bergers pyrénéens avec d’autres ours, que ce soit en vallée d’Aspe, à Melles, dans le Biros, le haut-Ariège ou chez nos amis espagnols de la Navarre à l’Alt Anéou.

Et les boureaux...

    • "...révélateur des objectifs des ultra environnementalistes qui veulent introduire des ours exogènes dans un milieu ou le développement des activités humaines d’hiver et d’été n’a pas laissé de place à l’ours des Pyrénées."
    • "Leur acharnement pour implanter des ours slovènes met en évidence, une méconnaissance totale des contraintes techniques et économiques des éleveurs, un refus de prendre en compte les conséquences destructrices irréversibles sur un milieu d’une biodiversité à la richesse exceptionnelle et la volonté de classer la seule exploitation durable du milieu naturel comme sans importance."

    • Franska comme les autres ours importés n’est que le révélateur d’une écologie politique malade de ses dogmes et de son idéologie dépassée tournée contre l’homme et plus spécialement contre ceux qui habitent et travaillent sur les territoires de montagne.

2) Ensuite, il propose un concept «nouveau» de gestion des ressources. Aux Etats-Unis, par exemple, le «partage» (share), qui consiste à partager les espaces protégés avec les acteurs qui veulent les exploiter économiquement, ou l’utilisation rationnelle (wise use), qui revient à ne pas laisser des ressources économiques se perdre pour des motifs de protection de l'environnement. En France: les animaux sauvages doivent être parqués, les animaux domestiques doivent être en liberté, comme à l'état sauvage.

    • "C’est aussi l’espoir que des estives abandonnées ou partiellement vidées depuis l’introduction des ours slovènes puissent à nouveau retrouver vie et que les bergers et éleveurs puissent en tirer une ressource suffisante de leur exploitation et maintenir la vraie biodiversité de nos montagnes qui s’est construite au fil des siècles voire des millénaires grâce au pâturage."

3) Ces concepts sont affichés comme «éclairés» dans la mesure où ils reposent sur un principe auquel il est difficile de s’opposer, et «équilibrés» en ce sens qu’ils considèrent la poursuite de la dégradation de l’écosystème à un rythme raisonnable au profit de l'homme et de ses activités comme le bon compromis entre ceux qui veulent stabiliser la situation de conservation et ceux qui veulent continuer à exploiter ou transformer les écosystèmes concernés.

    • "Ces environnementalistes qui imposent aujourd’hui leur désir sont incapables d’avoir une vision globale de la biodiversité, de l’environnement et du développement durable en s’attachant à une seule espèce emblématique sans jamais approfondir les conséquences d’importations coûteuses d’ours qui auraient sans doute vécu dans de meilleures conditions dans leur pays d’origine malgré l’existence d’un plan de chasse pour réguler leur prolifération."

4) Sur cette base, enfin, les partisans d’une politique claire de conservation, qui rende compte de ses résultats, sont présentés comme des extrémistes auxquels on attribue souvent des visées cachées, marxistes ou mondialistes, par exemple. (d'après A. Rowell).

    • "ultra environnementalistes", "acharnement", "malade de ses dogmes et de son idéologie dépassée", "associations ultra environnementalistes irresponsables"

Pour en savoir plus, lire les travaux scientifiques de Laurent Mermet où il explique le principe de la prose anti environnementale des années 1990. Pour le pastoralisme, rien n'a changé depuis. L'immobilisme est total ! Ils ont simplement adaptés leurs discours pour parler de "développement durable, d'écologie" et noyer leur politique environnementalement exécrable dans un charabia de mots politiquement corrects. Quand ils resistent à l'envie de se laisser aller et ne pètent pas les plombs sous l'effet des rassemblements festifs...

Voir les autres discours anti-environnementaux

Laurent Mermet (Engref)
Après une double formation, en écologie (Ecole Normale Supérieure) et en gestion (doctorat de l’Université de Paris-Dauphine), Laurent MERMET est aujourd’hui Professeur à l’Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts (ENGREF). Laurent MERMET  travaille sur l’analyse stratégique de la gestion environnementale, sur les problèmes de négociation liés à l’environnement, sur les théories et méthodes de la prospective.

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Voici les sites qui parlent de La prose anti environnementale de Marie-Lise Broueilh:

Commentaires

Pauvre Marie Lise,

elle arriverait presque à me faire sourire !!! Mais que deviendraient les Pyrénées si elle n'était pas là. Pour les avoir arpentées si souvent, je n'ai pas souvenirs d'y avoir croisé tant de bergers.

Par contre j'y ai vu bien des marmottes ou encore des isards ! A quand le déplacement de leur population, tient pourquoi pas vers l'Alsace. Leur départ libèrerait les estives de "ses pauvres bergers" et çà amènerait une distraction supplémentaire aux Alsaciens.

je crois, madame, que l'on ne peut malheureusement pas être "politicienne" et en même temps se dire "défenseur du patrimoine pyrénéen dans sa totalité et sa diversité".

Pauvre Mme Broueilh !

Voilà une compilation des arguments fallacieux et outranciers développés et ressassés en permanence par les ultra-pastoraux (cette dénomination est de bonne guerre). Sans avoir la prétention d'apporter un complément à l'analyse de L. Mermet, rompu au décodage des discours bien rôdés, je propose une critique plutôt sur le fond :

- un "accident banal" : drôle de terminologie pour évoquer la mort d'un animal traqué en permanence (et même plombé) par les amis de Mme Broueilh...

- "les ultra-environnementalistes" : mais qui sont les ultras ? Ceux qui saccagent Arbas, coupent le courant à Massat, taguent les monuments aux morts, harcèlent les pro-ours, traquent les espèces protégées (et j'en passe), le tout dans l'impunité la plus totale ? Ou ceux qui expliquent qu'il existe des moyens de cohabitation apaisée entre bergers, éleveurs et un animal dont la présence dans les Pyrénées est historique et légitime ?

- "Conséquences destructrices irréversibles" : veut-elle parler d'un possible abandon des estives du fait de l'ours qui aurait des conséquences sur la diversité floristique et les paysages ? Je ne crois pas à une désertification des estives.

Quant à l'agriculture gestionnaire de la biodiversité et des paysages, je n'y crois pas tellement, au moins en ce qui concerne les espaces montagnards où à une altitude donnée les conditions climatiques empêchent la progression de la forêt. De plus au-delà d'une certaine pression de pâturage, la diversité floristique a plutôt tendance à décliner. En fait, la montagne n'a besoin de personne, même pas de Mme Broueilh ! Incroyable mais vrai !

- "pas de vision globale de la biodiversité" : belle leçon chose de la part d'une grande naturaliste ! Merci Madame ! Le problème de ces gens-là c'est plutôt l'absence de vision globale de la montagne et de leur propres problèmes : il n'y a pas que les éleveurs qui ont leur mot à dire en montagne. Les forestiers, accompagnateurs, simples citoyens (en général souvent favorables à l'ours d'ailleurs) ont aussi le droit d'avoir voix au chapître. Et l'ours n'est pas, mais alors vraiment pas, le problème n°1 qui pèse sur le pastoralisme.

- "la sauvegarde de races animales domestiques" : on peut tout à fait sauver et l'ours et les races anciennes. Les naturalistes soutiendraient dans leur immense majorité cette démarche ; alors plutôt que de vous en gargarisez avec votre ami Besche-Comminge, allez-y ! Bougez-vous pour les sauvez ! La balle est dans votre camp (si vous voulez on s'occupe des ours et vous des races domestiques)! D'autres éleveurs ont sauvé des espèces domestiques en agissant concrètement plutôt qu'en en parlant à longueur de communiqués de presse. Allez voir par exemple ce qui a été fait pour la vache nantaise par exemple.

- "Développement durable" : oui au développement durable s'il est appliqué dans l'esprit. Mais un développement durable qui légitimise des pratiques contestables et contestées, qui nous contraint à éliminer des espèces, bref un développement durable usine à gaz et prête-nom politiquement correct à l'immobilisme en matière d'écologie nous n'en voulons pas.

- "120 à 150 ours slovènes" (?!). Chiche ! Plus que 112 à 142 ours à réintroduire !

- "vautours" : Ah la méchante bête ! Il manque le lien vers la vidéo de L.D., qu'il juge probante...mais où on ne voit strictement rien (sans parler du découpage des scènes et des commentaires immaginés).

Qu'il existe des cas avérés de prédation de quelques individus sur certains animaux très déficients ou en mauvaise posture, peut-être.Mais de là à généraliser. Il est curieux que cet animal présent dans d'autres pays d'Europe ne pose des problèmes qu'en France, et en France, seulement dans les Pyrénées. Il est aussi curieux que cette affaire ait éclaté en Béarn : besoin d'une nouvelle pompe à subvention en prévision de la disparition de l'ours ? Besoin d'un nouveau cheval de bataille pour l'IPHB mourrant (mais pas encore attaqué par les vautours). Coïncidence ? Mais non, les éleveurs ne sont pas des "chasseurs de prime".

- "le loup": parlons-en : il arrive ! Et se sera autre chose que l'ours ! Même les plus fervents opposants au loup dans les Alpes sont obligés de s'y faire. Nous allons bien rigoler !

A bientôt chère Madame, et bonjour à tous les gentils habitants (Jeannot, Augustin, Louis et tous les autres) du pays enchanté des ultra-pastoraux !

Je laisse le générique de fin à Jeannot, la chanson çà le connaît !

La phrase de ML Broueilh concernant "la vraie biodiversité de nos montagnes" qui s'est construite grace au pâturage illustre parfaitement une volonté de subtitution d'une réalité scientifique par le dogme pastoralisme=biodiversité des espaces naturels qui ne sert que des intérêts catégoriels .

Au niveau de la pertinence et de la rigueur scientifique , le terme de biodiversité n'est pas substituable à celui de "vraie biodiversité" . Pour les scientifiques il y a que le seul terme biodiversité évaluable par des modèles scientiques qui est recevable .

Considérer une biodiversité comme "vraie" parce qu'elle dépend de l'humanisation d'un milieu naturel , c'est , au delà du non sens scientifique , établir une dictature de la pensée .

C'est pas possible que Marie-Lise BROUETTE ait écrit ça toute seule, sans une faute d'orthographe ! En tous cas elle s'exprime maitenant elle aussi en langage ipéhachebé, qui est en passe de devenir le langage universel des anti ours. Il ne manque plus que LACUVE, ça va venir... Quant à notre ami Louis DODO, il écrit comme il parle ; au moins quand il parle j'imagine qu'on le comprend, parce que quand il écrit...

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