OGM : les anti et les pro défilent dans un calme crispé
Ariège . Partisans et opposants aux cultures transgéniques ont manifesté, samedi à Saverdun. Un symbole de la tension que suscite le sujet dans la région.
En chiens de faïence, chacun de son côté de la ville. Sans heurts ni échanges, les militants pro-OGM ont défilé, dans un calme crispé, en même temps que les militants anti-OGM, samedi à Saverdun, en Ariège. Les premiers côté mairie, les seconds côté champ de Mars, séparés de 500 mètres par une haie de barrières métalliques, sous l’oeil attentif des gendarmes.
Deux groupes, constitués pareillement d’agriculteurs, d’élus et de citoyens lambda, les uns pour protester contre les fauchages des champs de maïs transgénique, les autres pour en dénoncer la multiplication et exiger un moratoire. Deux défilés concomitants, symptomatiques de la tension croissante que suscite le sujet dans une région où les plantations d’organismes transgéniques se développent en dehors de toute clarté.
Avec ses 736 hectares de parcelles transgéniques - 12 % du maïs OGM planté cette année en France -, l’Ariège se place en 3e position des départements les plus plantés en OGM. Le canton de Saverdun en cumule à lui seul 633 hectares. « Le gouvernement s’était engagé à assurer la transparence. Mais nous ne savons pas quelles parcelles sont concernées », explique François Calvet. Éleveur bio, membre de la Confédération paysanne, il nourrit ses bêtes au maïs et s’inquiète : « Personne n’est en mesure de contrôler la dissémination des OGM… Ils peuvent se transmettre via le pollen, mais aussi du matériel emprunté à un voisin… »
En Espagne, certains secteurs ont ainsi vu grimper leur taux de parcelle OGM à 50 %, rappelle-t-il. « Et deux agriculteurs bio ont été déclassés malgré eux. On en vient au principe du non-pollueur payeur : aujourd’hui, c’est aux filières non-OGM d’assumer l’effort de se protéger. »
Emmenés par la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA), les pro-OGM se disent « agacés » par les destructions de certaines parcelles. « Les agriculteurs demandent le respect de leur profession, de leur travail, de leurs cultures », a ainsi déclaré François Toulis, président de la FDSEA et de la chambre d’agriculture de l’Ariège, au cours de la manifestation. « C’est la fin de la soumission à quelques individus qui mènent des exactions », affirmait pareillement Louis Marette, maire de la commune voisine de Mazères. Il faut dire que l’ambiance était singulièrement tendue de ce côté-là de la ville. Les obsèques de l’éleveur du Lot, qui avait semé du maïs transgénique et s’était suicidé le 5 août, la veille d’une manifestation près de son exploitation, ne dataient que de deux jours.
Afin d’éviter les heurts, la municipalité de Saverdun a même failli interdire le rassemblement des anti-OGM. « Nous avons finalement accepté de déplacer le lieu de notre manifestation », explique François Calvet. Et l’éleveur de rappeler que « la confédération paysanne de l’Ariège s’est engagée à ne détruire aucune parcelle d’ici la fin de l’été. De leur côté, beaucoup de ceux qui défendent aujourd’hui la culture transgénique ont signé, en 2003 et 2006, les appels pour une Ariège sans OGM »…
Marie-Noëlle Bertrand
Une fois de plus, l'agriculteur s'éloigne du citoyen et de ses préoccupations. La FDSEA déclare « Les agriculteurs demandent le respect de leur profession, de leur travail, de leurs cultures ». Le même repli sur soi et sur ses intérêts propres, sans se soucier le moins du monde de l’intérêt commun ou des risques de dissémination des OGM. « C’est la fin de la soumission à quelques individus qui mènent des exactions ».
Les ressemblances de comportement entre les agriculteurs « pro OGM » et les ultra-pastoraux de l’élevage pyrénéen sont frappantes, sauf que dans les Pyrénées, ce sont eux qui commettent les exactions. L’agriculture subventionnée qui consomme un budget colossal (180 € de subside par français et par an) irrite de plus en plus les français qui n’acceptent pas qu’en contre partie, celle-ci refuse d’améliorer ses pratiques, de respecter plus la terre et les demandes de plus en plus exigeantes des français au niveau du respect de la nature et de la … terre, l’outil de travail des uns mais le milieu de vie de tous














La coexistence entre cultures tracée et cultures OGM, pose un certain nombre de questions. Dans de nombreux cas la culture des OGM, risque de ne pas apporter les bénéfices que l'on en attend. Pensez vous sérieusement qu'une plante à qui on demande de fabriquer une protéine supplémentaire va avoir plus de rendement ? les études faites, démontrent clairement le contraire.
D'autre part si vous avez la curiosité de consulter toutes les demandes d'expérimentation des maïs OGM sur le site du ministère de l'agriculture, concernant les évaluations de risque par la CGB (Commission du Génie Biomoléculaire) chargée d'évaluer les risques, les abeilles n'y sont même pas évoquées... ni dans le dossier fourni par le demandeur, ni dans celui des conclusions de la commission.... et pourtant, les abeilles vont bel et bien dans les maïs, cela est connu depuis longtemps, cela montre certaines lacunes dans les évaluations....
lien avec le site de la CGB
http://www.ogm.gouv.fr/experimentations/evaluation_scientifique/cgb/CGB_avis&rapports.htm
Pour illustrer cette problématique, un film "Le pollen de la discorde"
http://www.blip.tv/file/347281/
Les abeilles de Grézet Cavagnan ont ramené du pollen OGM dans leurs ruches... et sous le contrôle d'un huissier, les apiculteurs démontrent la présence de pollen OGM dans les ruches. De leur point de vue, la culture des OGM a un aspect totalitaire et menace toute les productions de qualité et la liberté de produire sans OGM... C'est en tous cas le point de vue de nombreux agriculteurs engagés dans des filières de qualité et qui ne veulent pas perdre la confiance de leurs clients.
En exemple, pour l'industrie alimentaire italienne qui ne veut pas d'OGM, le seuil d'exigence est de 0,1%, ce qui correspond au seuil de détection...
Ce marché représente par exemple 70% des ventes de la Coopérative Agricole Dauphinoise. A cela il convient d'ajouter toutes les productions sous label qui n'acceptent pas d'OGM pour l'alimentation des animaux.
Pour cause de coexistence ou de contamination non désirée il y urgence à faire connaître les risques de contamination le plus largement possible.
Avouez que pour ceux qui en font leur métier et qui connaissent la problèmatique, il y a de quoi douter devant un truc qui finalement rapporte beaucoup plus à son promoteur qu'à son utilisateur.... les assureurs n'ayant pas voulu assurer le risque, d'autres questions évidentes se poseront un jour.
Espérant faire avancer la réflexion je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire,
Rédigé par: Chermau | le 03 septembre 2007 à 20:42
Le contraire n'est pas forcément vrai, hélas! Des anti OGM anti prédateurs, ça existe aussi. Et ce ne sont pas des cas isolés.
Ce qui manque à beaucoup, c'est une vision globale.
Rédigé par: Jenofa Cuisset | le 17 août 2007 à 18:30
"Les ressemblances de comportement entre les agriculteurs « pro OGM » et les ultra-pastoraux de l’élevage pyrénéen sont frappantes, sauf que dans les Pyrénées, ce sont eux qui commettent les exactions"
Ressemblances tellement frappantes que lors du reportage tv concernant es pro ogm, j'y ai effectivement reconnu en premier plan un (Agriculteur?, berger?,éleveur?...on ne sait plus) qui portait le T-shirt , beret et slogan sur le T-shirt arboré par le groupe de Lacube and co , lors de manifs pro ours sur Arbas...
Vraiment ..quelle coincidence ! ..
Rédigé par: klain | le 17 août 2007 à 10:12