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août 2007

31 août 2007

Enquête sur la mort de l'ourse Franska, Louis Dollo en première ligne à l'insu de son plein gré

L'annonce prémonitoire faite par Louis Dollo a surpris tout le monde et a choqué à postériori : "En attendant que Franska reçoive du plomb dans les prochains jours (l'exaspération des éleveurs est à son comble !), nous pouvons déjà dire que le plan ours a du plomb dans l'aile."  Il n'a pas fallu attendre longtemps ! Fuite idiote, incapacité à garder pour lui l'information brûlante qui est arrivée jusqu'à ses oreilles avides de sensations sanglantes ou simple hasard ? Vu les relations suivies entre le journaliste de "Lourdes Infos" et de "Kairn" et le milieu pastoral, bien peu d'observateurs croient à un simple hasard. Comment l'a t-il su et qui est à l'origine de cette information sulfureuse ? Une maladresse peut-être lourde de conséquences ?

Les images des battues ont été diffusées sur les chaines de télévision nationales et signalées à la justice dans les plaintes déposées par les associations de défense de la nature.

L'annonce de la demande de complément d'enquête sème la panique dans le rang des éleveurs et des participants aux battues qui cherchent à se disculper, exactement comme l'on fait avant eux, les casseurs d'Arbas avec les suites en justice que l'on sait.

  • Revoir les battues dans les journaux télévisés de TF1 et FR3

Panique et tentatives de justification chez les ultra pastoraux

Louis Dollo : "Il fallait s'y attendre. Le Ministère de l'Ecologie recherche des responsables pour satisfaire les associations ultra environnementalistes dites écolos. C'est une habitude depuis 25 ans de jouer le rôle de la vierge outragée plutôt que de regarder la réalité en face et d 'en tirer les conséquences. Dans un communiqué de presse, il est demandé de s'intéresser à l'ensemble de ces circonstances ayant conduit à la mort de Franska.

Il va être intéressant de voir si l'affaire est instruite à charge et à décharge ou bien en sens unique. Car il faudra bien aussi s'intéresser à ce qui s'est passé dans la nuit précédent l'accident. (...) Peut-être que le Gendarmerie mènera une enquête molle comme c'est le cas depuis longtemps dans certains secteurs des Alpes lorsqu'il est question du loup. Qui sait ? "

[ NDLB: Faudrait savoir : le ministère de l'Ecologie, vierge outragée ou violeur des Pyrénées? Quel grand écart ! Remarquez aussi le côté impersonnel des témoignages qui suivent : nous, tous, ils, des observateurs, ils : plus question de parader ou de paraître à visage découvert. Au feu, les pandores ! ]

Louis Dollo : " Nous avons interrogé plusieurs habitants du Nistos ayant participé à des manifestations. Tous sont formels : "il n'y a jamais eu de battues !" Par contre, face au laxisme de l'administration "il y a bien eu des effarouchements lorsque l'ours était dans ou à proximité des villages." Et ils précisent "c'était pour notre sécurité et les gendarmes étaient souvent présents." "il n'y a jamais eu de débordement". Mieux encore, des observateurs présents sur le terrain nous disent "qu'il n'y avait pratiquement pas d'éleveurs mais surtout des habitants et des vacanciers." Ou encore : "je n'ai pas vu ni entendu de fusil." Un autre nous dit "on a fait une mise en scène pour la TV mais on n'était pas à côté de l'ours. De toute manière l'ETO ne savait pas où elle était. Nous l'avons vu à plusieurs reprises mais il n'y a jamais eu de personnes de l'ONCFS.

Mais déjà dans le Nistos et la Barousse, on s'attend à recevoir de la visite et à vivre des perquisitions pour rien nous précise-t-on. Voilà une affaire et une démarche de la part de la secrétaire d'Etat qui n'est pas faite pour apaiser les esprits. Bien au contraire. A croire que dans ce Ministère, tout est fait pour créer les conflits et le désordre public."

[NDLB : Les visites désagréables pourraient bien ne pas se limiter "dans le Nistos et la Barousse". Tarbes ou Lourdes pourraient bien être aussi sur le chemin des enquêteurs. Une certitude : Franska était bien plombée. Mais peut-être que pour Louis Dollo, le visionnaire, les responsables sont les écologistes, comme pour le miel piégé au verre brisé ! ]

Source : Louis Dollo sur son site pyréniais

Roumanie - Bucarest désire protéger ses ours

Bucarest - Rompres - Les effectifs d’ours brun de Roumanie, bien qu’importants, méritent la protection de l’homme, estiment les autorités de Bucarest. L’ours brun est répandu en Roumanie sur une superficie de quelque 70 000 km2, dont 93% dans la zone alpine et 7% dans la zone préalpine.

Les effectifs d’ours brun de Roumanie représentent 47,2% de ceux qui existent en Europe. Le braconnage est peu significatif (sont enregistrés moins de 20 cas par an) et les situations où l’ours est chassé accidentellement, en vertu du droit à la légitime défense, pendant la chasse à d’autres espèces sont rares.

Les autorités roumaines jugent nécessaire une campagne d’information et d’éducation, ayant pour but de combattre la fausse image négative de cette espèce. Elles considèrent aussi comme nécessaire l’élaboration d’un plan de management de l’ours brun, lequel permette la classification des aires de sa présence, la prévention des dégâts qu’il peut provoquer et le dédommagement de la population affectée, la réalisation d’un rapport entre les effectifs d’ours brun et le fonds cynégétique. Le plan devra en outre assurer la stabilité des effectifs d’ours brun, en réserves, dans les départements de Harghita, Covasna, Mures, Brasov (centre de la Roumanie).

Bucarest essaie actuellement d’envoyer à Bruxelles des données exactes concernant les effectifs d’ours brun de Roumanie.

Source

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30 août 2007

Retour du loup dans le canton de Vaud

Un loup dans les Alpes vaudoises !

Un loup photographié dans le canton de Vaud

Photo : Le loup a été photographié par le Service vaudois de la conservation de la faune le 9 août dernier près d’Anzeindaz, au sud des Diablerets, non loin des lieux où ont été retrouvées ses premières victimes.

Aucun loup n’avait jamais été vu dans le canton de Vaud depuis... 152 ans. Un bail qui a pris fin le 9 août dernier. Date à laquelle un individu a été photographié non loin d’Anzeindaz, dans la réserve de chasse du Muveran, a annoncé hier le canton. «On le soupçonnait depuis juillet, après l’attaque de plusieurs chèvres, dont deux retrouvées mortes. On avait donc installé des pièges photo. Et les analyses ADN nous ont maintenant confirmé qu’il s’agit bien d’un loup de souche italienne», raconte Sébastien Sachot, conservateur vaudois de la faune. Qui précise que les 25 et 26 août, treize moutons ont «disparu» dans la même région des Alpes vaudoises. Sans doute un jeune mâle

D’autres analyses sont en cours pour savoir s’il s’agit d’un loup venant du Valais ou du canton de Berne, ainsi que pour déterminer l’âge et le sexe de l’animal. «On peut imaginer qu’il s’agit d’un jeune mâle, avance le conservateur. Et qu’il ne restera pas longtemps seul...»

Le canton a pris des mesures d’urgence. L’élevage de mouton touché a reçu le soutien de deux chiens - des patous des Pyrénées - et d’une bergère. Deux propriétaires de chèvres ont obtenu des enclos électriques. D’autres mesures suivront. Reste que la réapparition du carnivore ne plaît pas à tous. «Les éleveurs sont sur les dents», prévient Moritz Schwery, président de la commission grand prédateur de la Fédération ovine suisse. «Ils doivent faire face à la perte de leurs bêtes et ont une surcharge de travail. Certains parlent même de tirer le loup. Puis ils se calment.»

Les chasseurs n’explosent pas non plus de joie. «Pour nous, c’est un concurrent. Les bouquetins vont souffrir, prédit Jean-Louis Grivet, président de la Diana vaudoise. Mais il nous mettra surtout face à des problèmes insolubles. Ce prédateur n’a simplement pas sa place chez nous. Et je parie que dès qu’il aura vraiment faim, il dépassera les quotas

Sébastien Sachot rappelle qui n’est pour l’instant pas question de tirer le loup. «C’est seulement s’il tue 25 animaux de rente en un mois ou 35 en quatre mois que le Conseil d’Etat peut, s’il le veut, demander que ce soit fait.» Mais reconnaît que son impact est plus lourd que celui du lynx. «D’abord sur les populations animales : en meute, il peut s’attaquer à des chamois, chevreuils, cerfs, bouquetins ou même des veaux. Puis sur les éleveurs, qui doivent s’organiser, supporter des coûts et du travail supplémentaire

En 1855, à Agiez, mourrait le dernier loup sur sol vaudois

1855. C’est cette année-là que le dernier loup sur territoire vaudois a été tué, à Agiez, près d’Orbe, par un groupe de personnes. Ces faits, rapporte le conservateur de la faune Sébastien Sachot, figurent dans les Archives cantonales. «Entre 1800 et 1900, de nombreux prédateurs ont disparu, dont le loup. Les éleveurs menaient contre eux une lutte acharnée

Entre 1762 et 1842, au moins 80 loups ont été tués à L’Abbaye, à la vallée de Joux. Au XVIe siècle, le loup est encore présent sur tout le territoire suisse. C’est à partir du milieu du siècle suivant qu’il devient rare un peu partout. Mais des loups ont tout de même rôdé en Suisse au XXe siècle puisque sept animaux ont été tués entre 1908 et 1998 (à Reckingen en Valais). A noter qu’en Italie, entre autres, le loup n’a jamais disparu. Ce qui explique son retour naturel en plusieurs endroits (en France notamment). En Suisse, la loi protège le loup puisqu’il ne figure pas dans la liste des animaux à chasser.

Laurent Fabius, les ours herbivores et la biologie socialiste

France Inter 30/08/07 – Emission Le sept-neuf du 30 aout 2007
Interview de Laurent Fabius

Après une longue intervention de Laurent Fabius, une question d’un auditeur, un grand moment pour les pages insolites de la Buvette...

Question d’Alain (Reynes) des Pyrénées

« Bonjour M. Fabius, Bonjour France Inter, merci pour vos émissions... Monsieur Fabius, j’ai bien entendu tout à l’heure vos prises de position très fortes et claires sur les questions d’environnement et en particulier dans le domaine de la protection des espèces ; et je vous en remercie pour nous et pour les générations futures.

Je voulais vous poser la question suivante : Dans les Pyrénées, j’observe que ce sont des élus socialistes qui mènent et financent le combat contre la protection d’une espèce symbolique pour la France qu’est l’ours des Pyrénées et je me demandais s’il n’y avait pas là un décalage ou une contradiction entre des prises de position d’élus nationaux, socialistes, comme vous l’êtes et vous n’êtes pas le premier à le faire,  et les actions d’élus, également socialistes, sur le terrain. Alors n’y a-t-il pas encore un travail de réflexion, un travail de cohérence à faire entre les idées et les actions sur le terrain ? Merci.»

Réponse de Laurent Fabius

Attention, Laurent Fabius sort de son hibernation et fait très fort, aussi fort qu'Augustin Bonrepaux (du même parti socialiste) avec la grippe aviaire des ours ! Une entrée fracassante dans le grand bétisier des déclarations d'hommes politiques dans le domaine de l'environnement.

Laurent Fabius : « Ah ben, certainement, mais là vous touchez un sujet sensible et en particulier à l’habitant de l’Ariège que je suis puisque vous savez que, enfin, j’ai une maison dans l’Ariège et c’est un sujet très sensible là bas comme dans les autres départements pyrénéens.

Alors, puisque vous parlez, il faut essayer d’être cohérant entre ce qu’on fait au niveau national et ce qu’on fait au niveau local. En ce qui concerne l’ours, moi j’ai toujours… et j’en ai beaucoup parlé avec mes collègues et amis là bas. J’ai toujours été frappé par le fait que euh, on avait, importé euh des ours euh qui étaient carnivores alors que… il existe des espèces d’ours qui sont herbivores et donc je trouve que là on est dans une absurdité totale !

Bon. Qu’il y aie des ours dans certaines… dans certains sites protégés, très bien, mais à condition qu’ils ne menacent pas l’homme. Bon. Or, ce qui a introduit la confusion absolue, c’est qu’on a été chercher des ours slovènes qui étaient réputés être herbivores et qui finalement ont mangé beaucoup euh de brebis et qui ont menacés, ca je l’ai vu concrètement, et ce n’est pas une invention, des villages avec évidement le, le, la peur que ca engendre.

Donc je crois qu’il faut revenir sur cette question d’aide spécifique en ce qui concerne l’ours herbivore et d’autres part de faire en sorte qu’il y aie une protection absolue de l’activité pastorale et qu’il n’y aie pas de menaces humaines. A partir de quoi, ce qui existe dans d’autres pays, parce que vous savez que cela existe en Espagne, pourra fonctionner en France. Mais là, je crois qu'on a pris le problème par le mauvais bout.…. »

Réaction de la buvette

Crâne dentition ours ursus arctos

Crâne d'Ursus Arctos. Admirez la dentition typique d'un herbivore. Archives biologiques du PS. On n'est pas trop sûr vu le bordel qui y règne.

Aussi fort que la grippe aviaire des ours d’Augustin Bonrepaux ! Les hommes politiques socialistes ont-ils des conseillers ? des dossiers ? la télévision ? des livres ? des encyclopédies ? Internet ?

Laurent Fabius a raté une belle occasion de se taire. Le parti socialiste possède en son sein un deuxième grand biologiste qui vient de découvrir une nouvelle espèce d'ours, transgénique sans doute, un effet secondaire du nuage de Tchernobyl ? Laurent Fabius semble issu de la même faculté de Biologie qu' Augustin Bonrepaux ? Qu'on me donne l'adresse, qu'on prèvienne Sciences.

Laurent Fabius assure "vouloir élever le débat au PS" et est candidat à la présidence du parti. Voilà qui ne manque pas de mordant. Qui va encore vouloir confier l'alternance éventuelle ou l'avenir de la biodiversité à un tel spécialiste, à partir d'aujourd'hui mondialement reconnu ? Est-il impossible pour Laurent Fabius de dire "Excusez-moi, c'est un sujet où je suis ignorant ?" ou "Je vous répête ce que m'a dit Augustin, seigneur de l'Ariège."

A trop fréquenter notre Augustin national, on fini par croire tout ce qu'il raconte. Il n'existe qu'un seul ours herbivore : Le panda ! Les autres sont des omnivores opportunistes. Et les troupeaux non gardés de l'Ariège sont pour les ours omnivores, une belle opportunité. Pas con l'ours slovène, lui. En fait la solution est, dans les Pyrénées comme dans les Alpes : protéger les troupeaux. L'Office Universitaire de Recherche Socialiste s'appelle... celà ne s'invente pas : OURS (www.lours.org). Laurent Fabius devrait y aller pour une remise à niveau.

Le régime alimentaire d'Ursus Arctos

L’Ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore. Il a rarement l’occasion de consommer des protéines d’origine animale que lui procurent les carcasses d’ongulés domestiques (ovins, caprins) ou sauvages (Sanglier, Chevreuil, Capreolus capreolus, Cerf élaphe, Cervus elaphus...). En pratique, il satisfait sa ration protéique printanière par la consommation de végétaux herbacés ; les racines lui procurent les nécessaires oligo-éléments.

Dès le début de l’été il s’intéresse aux fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), pour ensuite se reporter sur les fruits secs (glands, faines, châtaignes, etc.), en début d’automne dès leur apparition.

La prédation n’est pas un recours systématique, elle se manifeste à l’occasion de la présence des troupeaux d’ovins et caprins domestiques sur les estives. Entre 1968 et 1991, le nombre annuel moyen d’ovins tués par ours est estimé entre 3,4 et 5,1 (fiables et douteux). Dans le cas de conditions particulières (ovins non gardés par exemple, « ours à problèmes »), ce nombre peut s’accroître considérablement, comme dans les Pyrénées centrales. Parfois certains sujets, immatures surtout, peuvent développer un comportement excessivement prédateur, voire perdre toute peur de l’homme (1969, 1991-1992 et 1998-1999), on les qualifie d’« ours à problèmes ».

Sa légendaire gourmandise pour le miel, ou plutôt le couvain, se vérifie quelque peu chez les ours réintroduits dans les Pyrénées centrales.

Source : Ministère de l'Ecologie

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Le sang d’une ourse

jeudi 30 août 2007 par AYA

Repose en paix, Franska, si tu le peux. La justice des hommes, que nous nous étions mis en position de te devoir, par ta mort révèle ce qu’elle est, et d’abord pour eux-mêmes : iniquité systématique, à la fois dissimulée et flagrante.

Les animaux sauvages ont-ils un prénom ? On t’a enlevée à ta forêt natale, on t’a fait subir un long voyage par route, des opérations chirurgicales. Pour pouvoir te ficher, te surveiller, te suivre à la trace technologique ainsi que n’importe quel citoyen du monde moderne. On t’a ouvert le ventre pour y implanter un radio-émetteur. On t’a arraché une dent pour déterminer ton âge. Comme au chien de la fable, on t’a imposé un collier. Pour te maintenir attachée non par une laisse, mais par un GPS relié à plusieurs satellites. Ainsi kidnappée, déplacée, manipulée, triturée, trafiquée, ainsi informée de l’homme et de sa familiarité brutale, on t’a fait reprendre la route. Enfin, on t’a relâchée sur un territoire que tu ne connaissais pas, où tu n’as pu te fondre, et qui s’est vite révélé hostile : un mois avant ta mort, tu avais déjà des dizaines de plombs de petit calibre dans le corps.

Ils t’avaient appelé Franska, donc. Façon de marquer ta "naturalisation" française ? Le terme paraît bien cruel, quand on pense qu’il s’agissait d’une "domestication" forcée. Que le fait même de te gratifier d’un prénom signifiait ta réduction à l’état d’objet des hommes. D’objet propre à satisfaire les intérêts et les fantasmes obscurs des hommes. Car leur fascination pour le monde naturel n’a d’égale que leur haine secrète envers lui. C’est toute l’histoire de l’humanité : un incessant combat contre la nature. Qui prend parfois les traits de l’amour. D’un amour faux, irresponsable, aveugle. Au nom de l’amour de ton espèce, on t’a fait subir tous ces outrages. C’est une manoeuvre en laquelle les hommes sont maîtres. Ils la pratiquent beaucoup entre eux. Une puissance étrangère envahit un pays et y installe durablement la guerre, ou la dictature, sous prétexte de lui apporter la démocratie et la paix. Dans l’espace privé comme dans l’espace public, on insulte, on souille, on détruit couramment ce que l’on désire et voudrait honorer. Toujours au nom du bien, les peuples sont les dupes continuelles de ceux qu’ils élisent. Le mensonge d’Etat s’étend à tous les secteurs du pouvoir.

Justement, revenons à toi, Franska. Tu as causé bien des problèmes, dans ces Hautes-Pyrénées où tu erras, déracinée de ta Slovénie originelle. Comme bien d’autres ours avant toi, "réintroduits" pour le bien que vous veulent les bureaucrates européens et leurs idéologues écologistes, tu t’es, sans surprise, attaquée aux troupeaux des hommes. De tes pattes puissantes, tu as ouvert les côtes des brebis comme des portails, dévoré leur cœur ou pire encore, tu l’as délaissé. Le carnage apparut maints matins, dans maintes prairies, à maints bergers, qui en restèrent aussi tremblants et traumatisés que leurs bêtes survivantes.

Une nouvelle fois, la colère des éleveurs a monté. Une nouvelle fois, ils ont protesté bruyamment, soutenus par les élus locaux. Comme depuis des années, l’affaire n’en finissait pas. On a même tenté d’effrayer le touriste en plaçant çà et là sur le territoire de telle commune où tu étais passée, des panneaux avertissant le randonneur que le maire dégageait sa responsabilité en cas de rencontre avec le fauve. Et puis voici qu’en une bien triste aurore de ce mois d’août, un militaire basé sur cette même commune "menacée" écrasait, nous dit-on, l’ourse maudite, sur la route de Lourdes. Aussitôt fait, aussitôt réglé : une tente était dressée autour de l’accident afin de le rendre invisible, et la quatre voies bloquée par les gendarmes cinq heures durant, tandis que les hélicoptères assuraient la surveillance par le haut. Un peu plus tard on montrerait à la télévision la traînée de sang sur le bitume, et le sinistre cadavre de l’ourse éventrée. On expliquerait le scénario : une première voiture aurait, sans s’arrêter, heurté et blessé l’animal, qui aurait poursuivi sa traversée avant d’être frappée une deuxième fois par le véhicule de l’armée.

L’absence de témoins, hors cette mystérieuse conductrice qui n’a songé à se manifester à la police qu’après avoir appris la mort de l’ourse, ne doit bien sûr pas nous faire douter un instant de la véracité des faits. On voit mal les autorités, embarrassées par ce dossier, imaginer de fermer la route à six heures du matin, pour y monter un faux accident avec une ourse repérée, capturée la veille, et déjà sacrifiée. Ou bien poussée sur la voie... Evidemment on peut tout imaginer, pourquoi et comment croire tout ce que l’ «on» nous raconte ? Mais voyons, et la science ? Le rapport d’autopsie confirme, donc... Et puis, à qui aurait profité la mort de Franska ? Euh... A tout le monde ? Puisqu’elle ne se tenait pas bien, puisqu’elle n’avait pas sept ans comme on le croyait mais dix-sept ans, puisqu’elle ne servait ni les intérêts de la région ni les partisans de la réintroduction... ? Un moindre mal eût sans doute été de la ramener chez elle, mais l’homme n’aime pas se désavouer. Si la société est bien basée sur un crime en commun, ses meilleurs complices sont les sourds. Sourds que nous sommes, à force de bruit et d’onanisme audiovisuels.

L’après-midi même, dans le village du militaire qui, après ça, partait vite en vacances, on fêtait, à grands renforts de sono, l’arrivée de la Vuelta, course de vélos espagnole. Au stand de l’Armée de terre, un jeune soldat en treillis distribuait des brochures aux enfants désoeuvrés. Sur celui de la presse locale, on amusait le public avec des quizz sur les derniers vainqueurs du Tour de France. Toute question de dopage oubliée, les gagnants empochaient, ravis, de laids colifichets frappés de publicités. Et du côté des éleveurs, on se promettait d’alimenter à vie en gigot d’agneau l’exécuteur malgré lui d’une pauvre ourse.

Franska, fausse ou vraie victime d’un accident de la route, ourse des sourds, ne nous tends-tu pas un miroir, dans ta triste fin ? Ayant détruit la variété des peuples, réduit le chatoiement de notre humanité, sommes-nous devenus si seuls, sous nos universels tristes tropiques, qu’il nous faut désormais humaniser les bêtes en leur donnant un nom, avant de les détruire, non comme le chasseur tue sa proie, mais dans un réseau de responsabilités administratives et collectives ? Ta mort n’est-elle pas le reflet de la mort que nous nous donnons et nous promettons à nous-mêmes ? Je te vois, je te lis, signe de notre liberté et de notre dignité bafouées. Logique meurtrière d’une pensée calculatrice acharnée contre la pensée sauvage. Ton sang obscènement exposé sur le bitume, il crie de rage, et il est en moi.
Le sang d’une ourse

AYA
article original publié sur naturavox, avec l'autorisation de l'auteur

29 août 2007

NKM demande un complément d'enquête sur la mort de l'ourse Franska

Communiqué du Ministère de l’Ecologie

Mort de l’ourse Franska : Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie demande un complément d’enquête

NKM - Les premiers élèments de l’autopsie pratiquée sur l‘ourse franska à l’Ecole vétérinaire de Toulouse accréditent l’hypothèse de la mort accidentelle de cet animal à la suite d’une collision avec deux véhicules. Toutefois, les plombs de chasse retouvés dans son cadavre attestent des actions hostiles dont cette ourse a été victime depuis son introduction sur le territoire national. A cet égard, les «battues» organisées sur la commune de Generest (65) et les communes voisines durant la période du 8 au 10 juillet 2007 ont été largement relayées par les médias locaux et nationaux.

Compte tenu de ces élèments et afin de faire toute la lumière sur l’ensemble des perturbations subies récemment par l’animal, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, a demandé ce jour un complément d’enquête au procureur de la République. «Il m’apparaît important que l’enquête que vous conduisez suite à la mort de l’ourse Françka puisse s’intéresser à l’ensemble de ces circonstances et que les responsabilités pénales en découlant, qu’elles relèvent de l’application des textes sur les espèces protégées ou de la police de la chasse, puissent être recherchées par vos soins.» précise la secretaire d’Etat dans son courrier au procureur de la République.

Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET a également tenu à rappeler que le renforcement de la population d’ours brun dans les Pyrénées répond aux obligations communautaires de la France en matière de préservation de la biodiversité. A ce propos, la Commission européenne porte une attention particulière aux espèces protégées par la directive habitats.

Telecharger Télécharger le communiqué officiel Enquête sur la mort de l'ourse Franska

28 août 2007

Association Périmètres : de l'efficacité des clôtures

Robert Wojciechowski, spécialiste en protection des troupeaux et en clôtures, installé en Béarn répond à Laurent Garde du Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM). Pour celui-çi, "l’efficacité des clôtures est réelle, mais partielle :trois cas d’échec sont recensés." Réactions de Robert Wojciechowski

Robert Wojciechowski de l'association Périmètres

Je m'intéresse aux systèmes de clôtures depuis une quinzaine d'années et je conseille, entre autres, aux éleveurs d'installer des parcs de protection associés aux dispositifs d'effarouchements et d'alarmes. A ce titre j'ai créé une association qui traite des clôtures, de leur techniques, de leur utilisation mais aussi de leur représentation et de leur incidence dans un espace donné.

Je rebondis donc sur l'article "La clôture et la protection des troupeaux face aux loups dans les Alpes" et reprends les propos de Laurent Garde au sujet des clôtures :

Laurent Garde : "L’efficacité est réelle, mais partielle. Trois cas d’échec sont recensés :

  • le loup franchit la clôture (état de la clôture ou de l’électrification, comportement particulier d’un loup) ;
  • Le loup affole le troupeau et l’incite à rompre la clôture ; comportement bien connu en parc de nuit ;
  • Le berger n’est pas en mesure de regrouper la totalité du troupeau (mauvaises conditions climatiques notamment) et la prédation se porte sur un lot de bêtes hors clôture."

"Le loup franchit la clôture (état de la clôture ou de l’électrification, comportement particulier d’un loup)"

Comme il est précisé, l'état de fonctionnement de la clôture doit être plus qu'optimale, il doit être PARFAIT ! On ne peut attendre d'un parc de protection 100 % d'efficacité que si la personne considère l'équipement comme un outil de travail et non comme une contrainte, les principales défaillances du poste sont d'origine humaine.

Quant au comportement du loup, il s'agit plutôt de la construction de la clôture et de sa représentation pour l'animal qui intervient là. Un animal non pourchassé ne franchit que très rarement une clôture électrique pour autant que certaines règles de construction aient été observées. Il serait temps de s'interroger sur les perceptions animales au vue de certains obstacles et notamment celui des fils. 

"Le loup affole le troupeau et l’incite à rompre la clôture ; comportement bien connu en parc de nuit"

Au vue des pratiques pastorales observées dans les Alpes et notamment l'emploi quasi généralisé de filets électrifiés, il m'apparaît important de souligner que jamais nous ne préconisons l'emploi de ces filets : leur conductivité est faible, leur emploi est difficile sur les terrains accidentés, et leur utilisation comme "parc de protection" est dangereuse lors du déplacement du troupeau.

Plus de brebis meurent par étouffement dans les mailles d'un filet que sous les dents du loup. La hauteur des lignes est faible et le poids conséquent. Disons que l'on se rassure en utilisant un filet, tout est dans le visuel. A ce titre, je remarque qu'il est associé le mot protection à celui de filet : "les filets de protection" ; un filet est construit pour contenir, supporter, recueillir, capturer, cerner, mais pas pour protéger !

"Le berger n’est pas en mesure de regrouper la totalité du troupeau (mauvaises conditions climatiques notamment) et la prédation se porte sur un lot de bêtes hors clôture"

Oui, rien à redire. La présence humaine est une priorité dans les mesures d'accompagnement en zone de prédation. Doit-on redéfinir le métier de berger?  Oui et former ces personnes aux techniques de protection, de prévention qui rendent acceptable la présence des "grands" animaux. J'invite donc les personnes compétentes ayant en charge le dossier des "prédateurs" à ne pas rester sur des acquis, à partager l'information et à adapter les mesures d'accompagnement en fonction des technologies, en fonction du terrain, des animaux de rente, de la faune sauvage présente mais aussi, en fonction de l'individu qui aura en charge le contrôle du bon fonctionnement de l'ensemble de ces mesures.

A lire donc sur le site d'AVES FRANCE (que je remercie au passage pour la diffusion des textes) :

Peu de personnes font cas d'étude des moyens de protection ou en maîtrisent le système. Les principales défaillances sont humaines alors pourquoi tirer sur le Loup ?

Robert Wojciechowski
Association Périmètres
16, rue du Binet 64400 AGNOS
Tél : 05 59 39 49 41

Jean Lassalle et le Syndrome du Somport

Démocratie et hérésie économique : Je viens de lire un courrier qui vaut son pesant d'or : la lettre de Jean Lassalle à Jean-Louis Borloo datée du 12 août dernier. Depuis maintenant près de 15 ans, Jean Lassalle se débat contre la cacophonie, l'anarchie et in fine l'inertie des pouvoirs publics quant à l'usage du tunnel du Somport.

Je cite particulièrement ce passage de la note écrite par Jean Lassalle ; éclairant...

Jean Lassalle : «La vallée d'Aspe prise en otage»

«Pendant plusieurs années, l'absence d'un réel arbitre au-dessus des parties, à contraint notre région à vivre au rythme des manifestations de plus en plus nombreuses et sous l'éclat des projecteurs. On vient à ce moment là de très loin lutter contre le tunnel du Somport comme on partait jadis libérer le tombeau du Christ. Tout est mélangé dans un salmigondis invraisemblable : pour ou contre la ligne de chemin de fer Pau-Canfranc ; pour ou contre le tunnel du Somport ; pour ou contre l'aménagement d'une autoroute en Vallée d'Aspe (dont il n'a jamais été question, cette dernière devant entraîner aux dires de ceux qui en propagèrent et firent vivre la rumeur, la fin des derniers ours des Pyrénées) ; pour ou contre la bretelle autoroutière Pau-Oloron ; pour ou contre les Ours, et enfin pour ou contre la biodiversité...

Bref, il y en eut pour tous les goûts. La malheureuse Vallée d'Aspe et ses 2700 habitants, totalement pris en otage par les tenants des différents partis d'aménagement ou de non-aménagement, ont essuyé un véritable déluge de communication, de manifestations, de contre-manifestations.

Avec les «moyens du bord», en l'occurrence la vigueur de son histoire et le sang froid de ses habitants, la Vallée fit face, attendant que les «grands esprits» qui animaient cette mascarade  consentent enfin à s'apaiser. A l'heure actuelle, un semblant de calme est revenu.

Pour autant, le débat dit «du Somport» (avec son  autoroute tueuse d'ours, sa ligne de chemin de fer Pau-Canfranc noyée dans la montagne), a fait jurisprudence, au point qu'aujourd'hui plus aucun dossier n'avance en partie montagneuse.»

Pauvre Vallée d'Aspe... Il faut ajouter que Dominique Perben, ex-ministre de l'équipement, a autorisé le transport de produits dangereux à travers le tunnel en février 2005, ce contre quoi Jean Lassalle a essayé en vain de lutter. Dans sa lettre, il interpelle Jean-Luis Borloo afin qu'il interdise, en signe de bonne volonté, le transport de tels produits à travers la vallée.

«Compte tenu de l'état actuel de la RN 134 où, vous le savez, certains tronçons sont très dangereux, de son passage devant les collèges et lycées d'Oloron-Sainte-Marie, cette décision est l'une des plus irresponsables que j'ai jamais vu prendre par le gouvernement de mon pays tout au long de ma carrière. Bonjour le combat pour le maintien de la biodiversité ! C'est la raison pour laquelle une interdiction immédiate de ces véritables « bombes roulantes » sous le tunnel du Somport apparaîtrait comme un signe de bonne volonté marquant la résolution de l'Etat Français à revenir à une attitude responsable.»

Voilà, à mon sens, une occasion de tester ce que vaut Borloo comme ministre du développement durable. De Lassalle, en tout cas, on peut dire que voilà un député dont les deux pieds ne restent pas dans le même sabot ! Chapeau, Monsieur le Député !

La buvette : Jean Lassalle oublie qui est à l'origine du tunnel du Somport. Et une veste en mouton retourné de plus pour le gréviste de la faim qui a pris Sarkozy en otage dans l'affaire Toyal ; qui au dernières nouvelles parle de délocalisation, mais bien loin de la France maintenant. Jean Lassalle arrive à faire le vide autour de lui.

Source : Démocratie et hérésie économique, l'actualité politique et économique commentée par un disciple de Schumpeter

Toyal en rade

Les négociations butent sur un désaccord financier dans l'application d'un protocole d'accord signé en 2006 entre l'entreprise et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, à la fin du jeûne de M. Lassalle.  Le groupe japonais attend désormais la réponse de l'Etat français à une nouvelle contre-proposition écrite qu'il a soumise le 5 juillet dernier. Le responsable de Toyo a indiqué que « le groupe a déjà commencé à étudier les différentes possibilités » de se développer hors de France, évoquant l'hypothèse de l'Inde. « Cela coûte plus cher de s'étendre à Accous à cause de cette mise aux normes. L'Etat français devrait prendre en charge cette dépense supplémentaire », a réaffirmé M. Hayashi.

Les représentants de l'Etat français ont récemment assuré avoir été au bout de ce qu'ils pouvaient offrir au groupe japonais, conformément à la législation européenne en matière de concurrence. La question est donc : le chantage exercé par Jean Lassalle sur Nicolas Sarkosy alors ministre de l'Intérieur, donnera t-il envie à Nicolas Sarkosy, président de la République de ne pas respecter la législation européenne pour satisfaire le fantasque député béarnais ? Pas sûr. Le chantage risque donc bien de se retourner, comme les vestes de Jean Lassalle, contre son auteur et contre la vallée d’Aspe. Mais avec Jean Lassalle, plus c’est gros, plus cela marche, alors méfions-nous.

L’IPHB en panne sèche

D’autre part, le député chanteur, aussi président de l’IPHB aux poches désormais vides est entrain de faire les yeux doux à Michel Barnier, le Ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Sur son site, Jean Lassalle relate sa version de l’entrevue : «L'entretien entre les deux hommes fut des plus chaleureux ». Il parle de lui comme Alain Delon, faut s’habituer ! Jean Lassalle espère que celui qui a participé à la création de l’IPHB, renfloue son grand machin en oubliant les casseroles que traine l’IPHB : les dépenses qui n’ont servi à rien, la disparition des ours en Béarn… L’IPHB sert de modèle universitaire pour montrer aux étudiants ce qu’il ne faut pas faire !

Michel Barnier est aussi l’homme qui a signé la première réintroduction d’ours en 1996-1997. La partie n’est donc pas gagnée. Mais avant de s’opposer bille en tête, Jean Lassalle vient ronronner à Paris. Au sortir du ministère de l'Agriculture, « le député Jean Lassalle s'est félicité (Il parle toujours de lui à la 3ème personne sur son site) de cette rencontre qu'il a qualifié « d'extrêmement encourageante pour l'agriculture de montagne, pour les montagnards et l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn .»

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