Parcs de regroupement nocturnes, quelques conseils
Les parcs de regroupement nocturne liés à la protection des troupeaux sont d’une utilisation récente et les informations qui suivent ne sont que des préconisations. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions techniques définitives. Il existe 3 types de parc : le parc mobile, le parc fixe - qui doivent être associés à d’autres mesures pour atteindre leur pleine efficacité de protection - et la clôture électrique de protection en tant que telle, qui assure seule cette fonction.
Quel matériel utiliser pour les parcs ?
Pour un parc de regroupement nocturne mobile, le matériel doit être :
- léger et facile à monter, puisqu’il faut le déplacer durant la saison,
- souple pour permettre aux bêtes de sortir en cas de nécessité (en cas de panique générale due à un événement extérieur),
- facile à entretenir et robuste,
- adapté aux brebis présentes sur l’estive (grégaires ou pas, avec ou sans cornes).
Les parcs mobiles disposant d’au moins 4 fils à pose rapide, voire 5, présentent les caractéristiques adaptées. Les fils en inox et cuivre haute conductibilité seront privilégiés pour leur légèreté et leur souplesse. Les piquets les plus adaptés sont en fibre de verre car ils sont souples, légers et solides.
Il est conseillé pour le poste électrique une batterie 12 V avec panneau solaire et dispositif antivol. En fonction de la taille du troupeau, l’ensemble du parc couvre une surface maximale de 1 ha pour un coût total de moins de 1 000 euros.
Pour un parc de regroupement nocturne fixe, le matériel doit être :
- robuste car il sera utilisé au même endroit toute la saison,
- facile à monter car les conditions d’installation sont souvent difficiles (et il faut le remonter tous les ans),
- grand pour permettre aux bêtes de se déplacer à l’intérieur de l’enceinte en cas de perturbation par un élément extérieur.
Les piquets d’angles doivent être robustes et solidement arrimés au sol alors que les piquets intermédiaires seront en fibre et espacés de quelques mètres. Le parc doit comporter au moins 4 fils alimentés par une batterie reliée à un panneau solaire pour assurer son autonomie. Enfin, plusieurs terres doivent être installées autour du parc. L’ensemble du parc peut couvrir 3 à 4 ha pour 2 000 ovins. Il est indispensable de prévoir 2, voire 3 parcs fixes par estive pour s’adapter aux différents quartiers utilisés au cours de la saison. Les parcs expérimentaux installés en 2006 couvrent une surface de 3 à 4 ha pour un coût proche
de 2 000 euros par parc.
Comment mettre en place un parc de nuit ?
Le choix de l’emplacement doit intégrer le confort des animaux : couche à l’abri du vent, secteur sain à l’écart des cuvettes et des barres rocheuses comprenant une partie forestière pour protéger les bêtes lors des intempéries. Il doit également tenir compte de l’emplacement de la cabane, du quartier utilisé, du relief et des habitudes des troupeaux.
Le parc de nuit doit être déplacé régulièrement s’il est de petite taille :
- pour limiter les problèmes sanitaires (problème de piétin, problèmes respiratoires…),
- pour éviter le piétinement et la transformation de l’herbage concerné par accumulation de matière azotée (développement de l’ortie…).
Pour une bonne gestion du système électrique, il est nécessaire de :
- contrôler régulièrement la batterie et la recharger si besoin est (en début de saison puis tous les 3 mois environ),
- tester l’efficacité du circuit au cours de la saison (vérifier la mise à terre, la circulation effective du courant dans les fils…),
- maîtriser la végétation qui pourrait venir en contact avec les fils.
Avantages et inconvénients du parc de nuit
Le recours à un parc de nuit facilite la conduite du troupeau :
- il renforce l’instinct grégaire des brebis,
- il permet de choisir le lieu de la couche (loin des zones dangereuses),
- il permet de rassembler les brebis en cas de problème,
- il facilite l’intégration du chien de protection au sein du troupeau.
Cependant cette utilisation nécessite un investissement en temps pour le montage du parc, ainsi que pour la modification de la conduite du troupeau.
- Les parcs mobiles ont l’inconvénient de devoir être déplacés régulièrement tout au long de la saison, en assurant une maintenance des piquets et des fils. De plus, le terrain doit se prêter à cette pratique.
- Les grands parcs fixes demandent un fort investissement lors de l’installation et du démontage en fin de saison (notamment pour la descente du matériel à la cabane ou en fond de vallée) mais ils ne sont pas déplacés pendant l’été.
Frédéric Decaluwe, Gérard Rolland
Équipe technique ours
Source : Empreinte ours n° 3












