Mise en place de grands parcs de nuit sur la montagne du Pin
En 2006, les éleveurs du groupement pastoral de la montagne du Pin dans les Hautes-Pyrénées ont décidé d’installer des parcs pour regrouper les brebis la nuit.
Ce projet de parc de nuit à la Montagne du Pin est parti de la volonté de tester la mise en oeuvre tout au long de la saison d’estive du regroupement nocturne d’un troupeau de brebis viande (des tarasconnaises) de 1200 têtes. Ce troupeau situé en zone de présence ursine n’a jamais subi d’attaques d’ours mais a été victime d’attaques de chiens divagants et est équipé pour y répondre de trois chiens patou. Le regroupement nocturne en parc avait pour objectif d’améliorer l’efficacité du travail des chiens. La mise en place des parcs répondait également à un souhait d’une meilleure conduite diurne perturbée en 2006 par l’arrivée d’un troupeau extérieur de 400 brebis au sein du groupement pastoral.
Le choix s’est orienté vers des grands parcs installés de façon fixe pour toute la saison : deux parcs, un sur chaque quartier utilisé au cours de l’été. Chaque parc faisait 4 ha. Cette taille présentait l’intérêt ne pas nécessiter le déplacement du parc au cours de la saison (pas de problème de piétin) et de disposer suffisamment de dégagement pour éviter que les brebis ne s’affolent en cas d’évènements extérieurs.
Le matériel utilisé a été des piquets en fibre de verre de 1,60 m, et des piquets en acacia pour les angles et les piquets intermédiaires destinés à consolider le dispositif.
L’utilisation des parcs a été appréciée par le berger salarié. Grâce à de bons chiens de conduite, il a fallu seulement 2-3 jours pour que les brebis s’habituent à ce nouveau mode de fonctionnement.
Le regroupement nocturne a permis une conduite diurne plus aisée. Les brebis, rentrées au parc le soir, sont nécessairement retrouvées le matin quelque soit le temps. Cependant l’origine très diverse des troupeaux transhumants, a malgré tout entraîné des difficultés pour le berger pour avoir une conduite diurne homogène dès 2006.
Le regroupement en parc impose au berger de démarrer de bonne heure et de rentrer les bêtes au dernier moment pour qu’elles profitent au maximum. Sur l’estive la présence d’une seule cabane a entraîné du temps de marche pour le berger pour aller et revenir à l’un des parcs.
Le bas de la montagne est occupé par un massif forestier important. Malgré la conduite en place, des bêtes ont été égarées lors de période de mauvais temps.
Pour 2007, nous prévoyons de reconduire le système avec des améliorations. Les deux parcs vont être séparés en 3 parcs pour avoir une conduite plus souple et plus adaptée au troupeau présent sur l’estive. Un parc restera à côté de la cabane, un autre ne sera pas très éloigné, il restera malgré tout la question du logement à proximité du 3ème. Pour les bêtes égarées, d’autres pistes sont à explorer comme l’utilisation de parcs de mauvais temps de plusieurs dizaines d’hectares (ceux-ci sont déjà largement utilisés sur le massif central et alpin). Cela pourrait être une aide précieuse si le problème de l’installation, le financement et l’entretien étaient résolus car la mise en place des parcs de 4 ha a déjà demandé beaucoup de temps.
Je souhaitais faire partager à d’autres éleveurs cette expérience de la Montagne du Pin, un moyen parmi d’autres pour améliorer la protection.
Maurice Puyssegur,
éleveur au sein du groupement pastoral de la montagne du Pin
Source : Empreinte ours n° 3












