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juillet 2007

28 juillet 2007

Vente des fruits : les pêches n'ont plus la pêche

Les pêches et les nectarines ne se vendent pas. Michel Barnier nous rappelle à l'ordre. C'est bon pour la santé de manger des fruits.

Les producteurs accusent le mauvais temps, l'année dernière c'était la surproduction, l'année d'avant c'était les espagnols, l'année d'avant je ne me souviens plus, l'année d'avant encore, c'était les surpermarchés : oui, ils écrasent les prix et les paysans, mais n'empêchent pas les gens de manger...

Mais ni le ministre de l'agriculture (encore que...) ni les producteurs ni évidemment l'ultra-libérale Mme Lagarde, ne se sont posés une question essentielle: et si les acheteurs commençaient progressivement à s'apercevoir que les fruits proposés, beaux et énormes, sont franchement dégeulasses, plein de flotte ? Ce matin, j'ai profité d'une des opérations de promotion annoncées pour goûter. Un désastre!.

Avec en prime la certitude qui se fait de plus en plus obsédante: ces fruits ont "bénéficié" d'un nombre de traitement avant et cueillette, qui dépasse l'imagination.Le monde politique cajole ce qui reste du monde agricole avec des placebos. Il faudra en parler sérieusement au "Grenelle de l'Environnement" que la FNSEA est bien décidée à torpiller: "pas touche à mon agriculture productiviste".

Source: Claude-Marie Vadrot - L'horreur écologique

27 juillet 2007

Bruno Besche Commenge, abonné au gaz

Bruno Besche-Commenge est chercheur au Centre de Linguistique et de dialectique à Toulouse.
Il est un des scientifiques qui cautionnent les mouvements de "sauvegarde du patrimoine pyrénéen" et d'opposition à l'ours.

A MME LA SECRETAIRE D’ETAT A L’ECOLOGIE
A PROPOS DES EXPERTS INTERNATIONAUX SOLLICITES POUR LE PLAN-OURS DANS LES PYRENEES

Madame,

Puis-je vous suggérer de garder vos experts pour les véritables problèmes de biodiversité et de développement durable, il me paraît inutile d’utiliser à cet effet l’argent d’un budget que le gouvernement s’est, entre autre, engagé à gérer plus efficacement.
Le travail en effet a déjà été fait. Car, au fond, que s’agit-il vraiment d’expertiser?

Savoir si les Pyrénées sont un milieu où des ours pourraient subsister ?

Mais oui, ils l’ont prouvé déjà ! Lorsqu’ils ne tombent pas des falaises, ou ne décident pas de s’installer dans un bas-pays dont aussitôt nos spécialistes les enlèvent, ceux qui sont là vivent et se nourrissent bien. A quel râtelier, c’est un autre problème n’est-ce pas? Nous n’allons pas nous encombrer de ces impedimenta alors qu’une grande cause est en jeu, rien moins que la nature !

Je noterai cependant dès à présent ceci, qui a beaucoup changé ma vision des Pyrénées: cette propension de nos, ou plutôt vos, spécialistes à faire remonter vers nous, gens d’en haut, les égarés du bas pays, laisse penser que, pour eux, cette nature à protéger dont les ours seraient, dit-on, “le parapluie”, c’est en haut qu’elle se trouve, pas en bas, vers les villes et leurs zones industrielles. Pas davantage vers ces espaces de grande culture dont l’homogénéité génétique des productions, les traitements chimiques qu’elles supposent sont, pour de nombreux scientifiques sans doute mal informés, un réel problème de

Naïvement j’avais cru l’inverse pendant longtemps: nature malmenée par en bas, pas vraiment par en haut où d’ailleurs nous avons plein de sites Natura 2000. Merci de me libérer ainsi de “cette faute de goût, je ne la ferai plus”, comme disait à tout autre propos, le regretté Brassens qui lui, déjà, s’intéressait plus particulièrement aux gorilles.

Savoir si les animaux que notre douce France a déjà importés sont une population viable ?

C’est déjà fait aussi. C’est non. En 2005, dans les monts cantabriques, une population estimée entre 80 et 120 ours bruns ne pouvait « être considérée comme viable» par le biologiste Javier Navez.

L’étude sur les conditions d’habitat de la bête, qu’il avait cosignée en 2003 avec trois autres spécialistes dans le volume 17, n° 5, de Conservation Biology, se concluait entre autre par ceci: « Nos analyses peignent un tableau pas très optimiste des conditions d’habitat de l’ours brun dans le nord de l’Espagne. Il y a peu d’habitat qui ne soit occupé ni de bonne qualité ; pour les deux sous populations, cet habitat présente une proportion élevée de caractéristiques sous optimales, situation caractéristiques de nombreuses espèces dans des zones fortement humanisées. »

Même conclusion, la même année, en décembre, dans une étude strictement génétique celle-là, Estudio genético del oso pardo cantábrico en Asturias, dernière phrase : « Il est indispensable qu’ait lieu un échange génétique entre les deux noyaux de population, et pour cela il faut améliorer leur habitat et éliminer les barrières artificielles existant entre ces deux noyaux ».

Ah, l’espèce humaine quand même, quel gêneur ! Je n’ose écrire « parasite », finalement ça me gène, j’en fais partie …

Savoir si les mesures de protection que vous préconisez aux éleveurs sont efficaces, pour leurs troupeaux, le milieu qu’ils parcourent, et, incidemment, pour eux-mêmes ?

C’est encore déjà fait. Réponse : pas toujours, et de façon sans cesse à remettre en question car tous les prédateurs s’adaptent, vrai travail de Sysyphe, et quant aux conséquences … Le Centre d’Etudes et de Réalisation Pastorale Alpes-Méditerranée vient de publier sur ce point les actes d’un colloque scientifique. Il concerne certes les loups, mais les mesures de protection que vous nous conseillez sont exactement semblables dans les deux cas, et les loups commencent chez nous à pointer leur crocs. Vous pouvez peut-être éviter les frais d’un expert et acheter cet ouvrage, il ne coûte que 25 euros à l’adresse suivante: CERPAM, Route de la Durance, 04100 Manosque.

Le résumer serait trop long, mais je l’ai lu, en entier, et cette phrase, de l’écologue Laurent Garde, un écologue … ça doit normalement connaître un peu l’écologie, cette phrase me semble une bonne synthèse de l’ensemble des interventions: « désorganisation du système pastoral, avec des répercussions sur l’état des animaux, l’état du milieu, l’état des hommes qui le mettent en oeuvre». C’est page 220, si vous n’avez pas le temps, vous pouvez vous contenter de lire ce seul article.

Savoir si les éleveurs pyrénéens veulent de Nounours chez eux ?

Là, je crois savoir qu’hormis une association dont je crois savoir aussi qu’elle émarge à votre généreux quoique restreint budget, mais les associations ne sont-elles pas le levain de notre démocratie, l’ACP pour ne pas la nommer (36 adhérents à jour de leur cotisation en 2006 découvré-je il y a peu sur leur site, dont 17 actifs dans le pastoralisme : la représentativité de cette association me semble en effet exemplaire, tout comme son activité pour combattre cette plaie, le chômage : 36 adhérents à jour en effet, mais quand même 7 salariés. Peu nombreux mais heureux adhérents ! Un salarié pour 5,142 d’entre eux. Mais que font les autres associations, y compris environnementalistes qui sont loin d’effleurer un tel ratio ? ), hormis dont cette association « professionnelle », je ne vois guère autour de moi ( et il y a beaucoup de monde, et sur toute la chaîne) de farouches partisans de la bête.

Pour ne point être accusé de je ne sais quelle mauvaise foi haineuse, je me permets cependant de vous indiquer les adresses où vous trouverez les informations citées ci dessus concernant l’ACP :

Un expert en sondage donc ? Autre frais inutile. Qu’oublié-je, digne d’être expertisé chez les ours ? Je ne vois.

Par contre, Madame, si vraiment l’expertise est une nécessité nationale, me permettrez vous de vous suggérer ces objets : le pastoralisme, son rôle dans la biodiversité agricole et ordinaire, la richesse environnementale de ce que les spécialistes appellent les « éco-agrosystèmes », les races d’élevage autochtones dont la Conférence de Rio, en son chapitre 14 soulignait les « caractéristiques uniques quant à l'adaptation, la résistance aux maladies et les utilisations spécifiques, qui mériteraient d'être préservées », et la nécessité « d’accorder tout l’appui nécessaire » aux populations elles mêmes autochtones qui les élèvent, car elles « ont un rôle vital à jouer dans la gestion de l'environnement et le développement du fait de leurs connaissances du milieu et de leurs pratiques traditionnelles », c’est ainsi formulé dans le principe 22 de ce chapitre 14. Je ne fais que recopier.

J’allais oublier ceci : ce que l’on appelle « externalités positives » et qui désigne plus platement toutes ces aménités induites par le pastoralisme, qualité des paysages, milieux ouverts propices aux activités de nature et de toutes natures, etc …

Il y aurait là en outre un important gisement d’économie. Les deux espèces autochtones, bêtes ou gens, sont déjà présentes sur la chaîne à l’inverse des ours slovènes : pas de frais de transports, pas d’équipe de suivie (ça fait très longtemps qu’ils se suivent eux-mêmes sans se perdre en montagne), pas de puces électroniques (bêtes et gens ont déjà soit des boucles numérotées aux oreilles, soit des pièces d’identité, et parfois les deux pour certains spécimens à deux pattes).

La piste est à creuser en ces temps d’inquiétude budgétaire et naturaliste à la fois, ne croyez-vous pas ?

Avec tout mon respect,

Bruno Besche-Commenge, abonné au gaz pas à l’usine à gaz, et contribuable.
Saint-Girons, Ariège-Pyrénées.

Lire aussi à propos de BBC

26 juillet 2007

Plan ours: ni relance ni démantèlement

Elus et éleveurs hostiles au retour de l'ours dans les Pyrénées ont rencontré, jeudi 26 juillet à Toulouse, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. Cette réunion répondait à la demande des responsables agricoles des Hautes-Pyrénées, soutenus par des parlementaires du département, qui exigent le retrait de Franska, l'un des cinq plantigrades originaires de Slovénie réintroduits en 2006 dans la chaîne pyrénéenne.

A la veille de sa visite, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui hérite d'un dossier cher à Nelly Olin, la précédente ministre de l'écologie, disait souhaiter discuter "des bonnes conditions de la coexistence entre l'homme et l'ours". Elle rappelait que le "plan ours", dont le terme est fixé à 2009, n'est ni en "phase de relance ni de démantèlement".

La crise se focalise sur Franska. L'animal, qui a commis de nombreuses attaques contre des troupeaux de moutons depuis le début de l'année, aurait été aperçu à plusieurs reprises dans des villages. En juin, le maire de Barèges a alerté les touristes sur sa présence près du Tourmalet. Son homologue de Bagnères-de-Bigorre, Rolland Castells (Modem), qui avait accepté le lâcher de Franska sur sa commune, demande à son tour le retrait de l'animal.

Nathalie Kosciusko-Morizet avait donné l'ordre, le 13 juillet, à l'équipe de techniciens chargés de suivre les ours réintroduits de capturer l'animal avant de le relâcher plus haut dans la montagne. Elle a indiqué, jeudi, que cette mesure n'était plus d'actualité. Cette procédure d'éloignement a déjà été mise en pratique à deux reprises, en 2006, pour des ours qui rodaient trop près des habitations. Mais elle ne satisfait pas les éleveurs, qui réclament la neutralisation définitive de Franska, décrite comme un animal atypique et sanguinaire.

Mme Kosciusko-Morizet a confirmé les informations du Canard enchaîné du mercredi 25 juillet, selon lesquelles Franska n'aurait pas 7 ans comme le garantissaient les Slovènes, mais 17. L'ourse est-elle "ménopausée", comme le suggère l'hebdomadaire satirique? Ces plantigrades peuvent se reproduire tout au long de leur vie, considèrent les naturalistes, même si leur fécondité fléchit avec l'âge.

Très mobile depuis sa sortie d'hibernation, l'ourse a été traquée à plusieurs reprises par des éleveurs en colère, qui ont organisé des battues d'effarouchement, armés parfois de fusils, pour la chasser des estives où pâturent les troupeaux, généralement sans surveillance de bergers.

Ces actions "contribuent à l'affolement de l'animal", a estimé le préfet des Hautes-Pyrénées, Emmanuel Berthier, qui a mis en garde élus et éleveurs du département contre tout dérapage. "Je veux faire baisser la tension", affirme le nouveau préfet de région, Jean-François Carenco. Ce proche du ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo affiche une volonté de dialogue avec des éleveurs "qu'on ne méprise pas".

Capturer Franska

Face à la ministre, les Ariégeois ont fait valoir une nouvelle fois leur idée de "cantonner" les ours dans des "réserves". Une solution déjà exposée le 16 juillet à Chantal Jouanno, conseillère de Nicolas Sarkozy pour les questions d'environnement, en marge de la visite du président de la République à Airbus.

Le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle (MoDem) plaide pour sa part à nouveau la cause de l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn. Les aides de l'Etat à cet organisme, chargé de la modernisation du pastoralisme dans les zones à ours, ont été suspendues par Nelly Olin, après le refus des Béarnais de procéder à de nouvelles introductions d'ours. Les associations favorables à l'ours figuraient parmi les invités à ce "mini-sommet de l'ours".

Nathalie Kosciusko-Morizet a aussi rencontré sur le terrain l'équipe chargée du suivi des ours réintroduits dans les Pyrénées.

Source : Le Monde, Stéphane Thépot

La ministre, l'ours et l'exception française

En ce jour où une ministre de l'écologie s'est déplacée pour régler le sort D'UN OURS (quelle époque passionnante !) voici deux documents communiqués par l'association qui se bat pour la poursuite d'une cohabitation millénaire en l'homme, l'ours et les moutons (gardés et non pas laissé seuls en montagne.

Boutxi repoussé par des Patous en Haute Ariège

Pierrot et Jean Louis avait passé la nuit à l’Etang bleu en haut de la Vallée de Savignac-Les-Ormeaux à 2130 mètres d’altitude. Au matin, tous les deux entendent un Patou aboyer et se disent « y a peut-être l’ours ». Vers 8h 40, ils partent en direction des aboiements et voient un premier groupe de moutons au col de Lauzate sur un éboulis et un autre plus bas vers le col de Belh. Ils prennent leurs jumelles, regardent les moutons et voient deux Patous dont un qui aboyait en regardant en contrebas. Et là, un peu plus en aval, ils voient une grosse masse à environ 50 mètres du Patou. C’était bien l’ours. Sa tache blanche sur le coté gauche leur a permis de le reconnaître, c’était Boutxi.

Tranquille, le «Tartarin» montait en direction du Patou. Dès que le chien aboyait, il s’asseyait et quand il reculait un peu, l’ours remontait calmement et face aux aboiements, se posait de nouveau. Pendant ce temps le second Patou ne s’est jamais occupé de l’ours, mais des moutons. Il y avait une vingtaine de brebis qui descendait tranquillement dans le couloir en direction de Boutxi, «c’est con un mouton, ils broutaient tranquillement comme si de rien n’était» nous confie Pierrot. Le Patou les a alors détournés, les a rassemblés en se mettant toujours derrière la dernière bête. Il les a fait monter en sens contraire à celui de l’ours, jusqu’au col, où ils ont alors basculé du coté du ruisseau du Rieutord.

L’ours gêné par le second Patou qui aboyait toujours dans sa direction a alors pris plus à droite et est passé par un autre col et a alors disparu.

La scène a duré 1h20, « Il n’y aurait pas eu les chiens, sûr et certain l’ours attaquait » nous affirme Pierrot. Après renseignements pris auprès de bergers itinérants, aucune brebis morte n’à été signalée dans ce secteur les jours suivants. Pierrot et Jean Louis tous deux fervents opposants à la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, nous on confié qu’ils avaient été agréablement surpris du travail remarquable du chien de protection et qu’ils répèteront à qui veux l’entendre cette histoire.
Les Patous, Cirius et Arcos sont deux mâles placés et suivis par les techniciens de l’Association pour la Cohabitation Pastorale.

Les prédations et les moyens de protections

Les prédations, quelles soient imputées à l’ours, aux chiens errants voire à des vautours, représentent une souffrance pour tout éleveur. L’actualité nous révèle chaque mois de nouveaux cas. Le mois dernier, des dizaines de brebis sont mortes à cause de chiens errants à coté d’Arrudy. Cette semaine, ce sont deux chiens qui ont été signalés dans le Haut-Vicdessos, responsables de la mort de dizaines d’agneaux. Dans les Pyrénées-Atlantiques des vautours attaqueraient du bétail en situation de faiblesse et dans le reste du massif, ce sont les prédations par les ours qui sont découvertes. Opérées par des animaux différents, ces nouvelles ont pourtant pour point commun d’avoir été toutes réalisées sur des troupeaux non protégés.

En soi, cette constatation représenterait à elle seule, une réponse à toutes celles et ceux qui souhaitent en finir avec la perte de leurs bêtes et les systèmes d’indemnisation qui, pour rappel, ne fonctionnent que pour l’ours et non pour les autres prédateurs. En effet, toutes les estives qui ont mis en place les mesures de protection appropriées reconnaissent que les pertes toutes confondues ont diminué considérablement. Le récent témoignage de la tentative de prédation échouée de l’ours Boutxi à cause de la présence de deux Patous en Haute-Ariège la semaine dernière, vient notamment confirmer la qualité de travail de ces chiens lorsque le berger est absent. Les estives comme celles de Melles (31) avaient, l’année passée, connu de nombreuses prédations en l’absence de moyens de protection tels les chiens Patous et les parcs de nuit. Cette année, elles ont bergers, Patous et parcs de nuit ; malgré la présence fréquente de Hvala et de ses deux oursons, aucune attaque ni prédation n’a eu lieu à ce jour.

Le maintien de l’agriculture de montagne et de la faune sauvage pyrénéenne n’est pas impossible. Des éleveurs, des groupement pastoraux ont déjà franchi le pas, les résultats sont là. Oui, les moyens de protection des troupeaux face aux prédateurs sont efficaces. Il est vrai que leur mise en œuvre demande du travail supplémentaires aux éleveurs et aux bergers ; élever des chiens de protection, les socialiser au troupeau, travailler avec des chiens de conduite aptes à contenir les troupeaux et les rentrer en parc, débroussailler des centaines de mètres pour installer les parcs, tout cela a un coût. Des subventions existent, sans doute faut-il les améliorer, sans doute faut-il alléger les dossiers administratifs afférents à ces subventions ; ces réintroductions d’ours doivent bénéficier au pastoralisme ; ces réintroductions doivent permettrent une meilleure prise en compte des besoins du pastoralisme, doivent lui permettre de moderniser ses équipements, de mieux faire vivre les bergers, de mieux entretenir la montagne.

Nous pensons que ce sont sur ces thèmes qu’il faut réfléchir, agir, revendiquer ; si demain les ours étaient tous retirés des montagnes, est-ce que pour autant tous les problèmes du pastoralisme seraient résolus ? Evidemment non.

Le principal problème, c’est le prix à la production de l’agneau, actuellement en chute libre, de -15 et -20% par rapport à la même période en 2006, alors que les prix de l’année 2006 n’étaient déjà pas brillants. Les cours sont actuellement à des niveaux qui sont inférieurs de plus de moitié aux coûts de production, tandis que les prix à la consommation de la viande d’agneau eux ne baissent pas.

Et ( note de Claude-Marie Vaudrot), n'oublions pas que rien ne semblable ne se produit en Espagne, en Italie et en Slovénie où il y a beaucoup plus d'ours (et de loups) et encore plus de troupeaux. Mais cela, la presse télévisée et écrite tend à l'oublier préférant reproduire ou montrer les braillements de quelques bergers à quart de temps.

Source : Claude-Marie Vaudrot
auteur de L'horreur écologique

Journaliste depuis 30 ans, à la fois spécialiste des pays en proie à des conflits et des questions d'environnement et de protection de la nature (derniers livres parus: Guerres et environnement, Delachaux et Niestlé et,le 18 janvier 2007, L'horreur écologique, également chez Delachaux et Niestlé) Aprés 20 ans au Journal du Dimanche, collabore désormais à l'hebdomadaire Politis.

21 juillet 2007

Des ours en grêve de la faim

par Claude-Marie Vadrot

Les ours bientôt dans une cage pyrénéenne ?

La frénésie anti-ours, les mensonges anti-loups reprennent de plus belle. Au point que des exités parlent de mettre toutes les bestioles dans un parc. C'est l'été. C'est vrai que le métier de berger n'est pas facile, ni rose, ni de tout repos. Sauf, bien sur, quand il s'agit d'envoyer le troupeau en estive et d'aller le voir de temps en temps; parce qu'on est au bistrot ou parce que l'on fait autre chose. Les loups et les ours ne sont pas fous, ils se tiennent au courant. Les bergers sérieux, n'ont pas de problème, eux. On se demande bien pourquoi avec leurs centaines de loups et leurs ours, les Italiens n'ont pas de problème et fondent leur tourismes sur des rêves d'animaux sauvages.

Bon, mais quoi, que fait le petit Nicolas, il est pas encore parti dompter l'ours ? Le tonus baisse...
Pour ceux qui auraient raté le dernier Politis, voici un article sur le sujet :

Ours, la peau de l'homme

Décidés à vendre chèrement leur peau, des ours bruns, émigrés slovènes et autochtones pyrénéens, ont entamé une grève de la faim. Avec une revendication simple : la capture et la délocalisation immédiate sur région parisienne de Jean Lassale, l’un des rares rescapés des députés du Modem, nom du virtuel parti de Lou Ravi du Béarn, François Bayrou. Les ours se plaignent du harcèlement moral dont ils sont à nouveau l’objet de la part de Jean Lassalle et d’une nouvelle association de bergers et de chasseurs «Pour le développement durable de l’identité pyrénéenne» dont la seule obsession est la capture de l’ourse immigrée Franska. Regroupement de mauvaises volontés qui, d’après la Préfecture des Hautes-Pyrénées, ne rassemble pas plus de 200 personnes sur toutes les Pyrénées. Parole d’ours !

Le collectif des ours regroupe au moins une vingtaine d’individus, les sept Slovènes rescapés, leurs enfants et deux mâles pyrénéens. Il a demandé à rencontrer la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, pour lui expliquer que les éleveurs ne peuvent pas à la fois recevoir prés d’un million d’euros d’aides spécifiques par an et les harceler à coups fusil. Depuis quelques jours, sous le regard indifférent des gendarmes, une bande de furieux, des éleveurs dont le troupeau n’est qu’une activité secondaire, parcourt la montagne en tirant dans tous les sens pour tenter de faire fuir Franska vers la plaine où ils imaginent que le ministère de l’écologie ne pourra qu’organiser sa capture.

Elle est accusée de faire la chasse au brebis, juste pour embêter les bergers; comme celui qui est faussement accusé d'avoir occis 94 brebis en Ariège : les experts et vétérinaires envoyés sur les lieux de la chute des brebis n’ont trouvé aucune trace d’un ours dans le coin. Les brebis, mauvaises montagnardes et seules depuis plusieurs jours, auraient été victimes de leur panurgisme bien connu ou d’un groupe de chiens errants les ayant effrayés. Les ours, bon pied bon œil malgré leur jeûne mais très remontés contre certains bergers, rappellent qu’en 2006, sur les 600 000 brebis estivant dans les Pyrénées, ils n’en ont bouffé que 200, 20 000 autres ayant été tuées par des chiens dont ils réclament l’éradication rapide.

Et ils menacent : si nous partons, il n’y aura plus d’aide et les 150 postes de bergers financés par le ministère de l’Ecologie seront supprimés. Ils menacent également de rendre public les comptes de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn dirigé par Jean Lassalle et dont le budget a été dénoncé le 9 juillet par la Cour régionale des comptes. Ce qui pourrait entraîner sa délocalisation du député vers la Slovénie.

Il n’est pas impossible qu’au terme de cette grève de la faim et du tourisme, le syndicat des ours décide leur départ vers le parc national des Abbruzes Italien ou vers le parc national espagnol de Somiedo où on leur fout la paix.

Source : L'horreur écologique

18 juillet 2007

Un grand Tétras braconné, des réactions

Le Grand Tétras est dans un état de conservation plus que précaire. Il devrait donc faire l’objet de l’attention de tout ceux qui se soucient (ou prétendent se soucier) de protection de la Nature. Il vient de disparaître des Alpes françaises, il est au seuil de l’extinction dans les Vosges. Guère mieux dans le Jura. Et s’il en reste plus dans les Pyrénées, la chute de ses effectifs inquiète tout le monde. Sauf les braconniers et leurs représentants.

Au mois de janvier dernier, un Grand tétras a été braconné dans les Pyrénées Atlantiques. Ce n’est malheureusement ni le premier, ni le dernier. Le grand coq fait l’objet dans les Pyrénées d’un braconnage intensif. Alors pourquoi s’arrêter sur ce coq là ? Tout simplement parce que depuis mai 2006, il était équipé d’un radioémetteur et qu’il faisait l’objet d’un suivi par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Cela ne l’a pas empêché d’être abattu à très courte distance par un Nemrod en goguette.

Bien sûr, le braconnier court toujours, mais le FIEP, la SEPANSO et le LPO, qui depuis 1989 demandent la fermeture de la chasse au Grand Tétras ont décidé de porter plainte. Peu de chance que le courageux Raboliot soit retrouvé, mais il faut absolument, et par tous les moyens attirer l’attention des pouvoirs publics sur le sort réservé à nos deniers grand coqs.

On peut légitimement se poser la question de la façon dont la France « gère » cette espèce. Nous sommes le dernier pays d’Europe occidentale à autoriser la chasse au Grand Tétras (elle ne se pratique plus que dans les Pyrénées), alors que la Suisse, l’Espagne et l’Italie ont depuis longtemps fait cesser cette activité. C’est en tout cas l’une des questions que pose le Groupe Tétras France (tout récemment constitué, et qui regroupe les structures de protection de la Nature des Alpes, des Vosges, du Jura et des Pyrénées).

Bien sûr, la chasse n’est pas la seule cause de raréfaction (disparition) du Grand Tétras. La gestion forestière et la pression de plus en plus vive des loisirs d’hiver en montagne font peser de très lourdes menaces sur cette espèce qui aime tout à la fois les vieilles forêts et la tranquillité. Toutes choses qui se font de plus en plus rares. Et avec la disparition du grand coq, «espèce parapluie», c’est tout un cortège d’autres espèces qui disparaîtra.

C’est le sens du manifeste pour la préservation de Grand Tétras en France, rédigé par ces associations et co-signé par tout un paquet d’autres structures associatives, et qui sera porté au ministre de l’Écologie et à sa secrétaire d’État. Prendront ils conscience de l’urgence et de l’importance de cette indispensable protection ?

Source : La lettre d'Action nature n°39, juillet 2007

16 juillet 2007

Persoweb 2007 : la buvette participe au concours BelRTL-Le soir du meilleur blog

Persoweb - Pour la deuxième année consécutive, Le Soir et Bel RTL s'associent pour récompenser les média personnels et non-professionnels utilisant internet comme mode de diffusion.

Le déroulement du concours Persoweb

Concours blog Persoweb - La buvette des Alpages participe au concours Persoweb du meilleur blog Le Soir - Bel RTL A partir du 5 juillet 2007, auditeurs, lecteurs et internautes seront sollicités pour inscrire leurs propres blogs (ou appartenant à quelqu'un d'autre), à présenter à l'élection de PersoWeb 2007. L'inscription se fera via le formulaire disponible sur le site Persoweb. Ne sont pris en considération que les sites d'expression francophone et non professionnels. Le blog doit exister depuis au moins 6 mois et doit recevoir au moins 2 nouveaux posts par mois.

Un jury composé par les médias partenaires établira la présélection des médias qui seront soumis aux suffrages du public.

Après l'établissement et la publication des médias présélectionnés, les internautes (auditeurs et lecteurs) auront deux  semaines, entre le 27 août et le 9 septembre 2007, pour élire les PersoWeb 2006. Un jury se tiendra le 12 septembre 2007 pour officialiser les 5 gagnants.

le concours PersoWeb comporte 5 catégories :

1. Expression artistique,
2. Loisirs  et voyages,
3. Actualité/journalisme,
4. Citoynneté/vie quotidienne,
5. IT & Techno.

Les candidats devront choisir dans quelle catégorie ils désirent inscrire leur blog et ne figureront que dans la catégorie choisie. Le jury pourra changer un site de catégorie. Le jury opérera une présélection de 5 blogs par catégorie qui seront soumis aux votes des internautes durant deux semaine, du 27 août au 9 septembre 2007 compris. La proclamation et publication sur Persoweb aura lieu le 12 septembre 2007.

Le blog citoyen "La buvette des Alpages" a été primé en 2006 :

La Buvette des alpages sera t-elle aussi reconnue en Belgique, plat pays bien loin des Pyrénées et de ses derniers ours en sursis?
Voir les autres notes sur le blog "La Buvette des Alpages".

02 juillet 2007

Malgré lui, l’ours est devenu un étendard

par Sophie Bobbé

L’ours et l’homme auraient-ils perdu l’habitude de vivre ensemble ? Et l’ours serait-il devenu l’objet d’un débat qui le dépasse ? Sophie Bobbé, ethnologue et membre associé des laboratoires de recherche du CETSAH (CNRS-EHESS) et de STEPE (INRA), en est convaincue. Éclairages.

Pensez-vous qu’il existe une disproportion entre les problèmes posés par l’ours et les réactions qu’il suscite ?
Oui certainement mais je crois qu’avant tout il faut revenir sur la nature des relations quasi affectives que nous avons avec l’ours. Ce n’est pas un animal neutre. Dans le passé, on le chassait ou on le dressait, mais il faisait partie de l’environnement des hommes. Il n’était pas perçu uniquement comme un intrus mais aussi comme un habitant de la montagne. C’était même un noble adversaire. Quand on l’affrontait, on parlait souvent de véritables « corps à corps ». L’ours valorisait son chasseur.

Ces dernières décennies, nous avons perdu l’habitude de vivre avec lui. Dans les Pyrénées, avant les renforcements, il était davantage là, en ombre chinoise, dans l’imaginaire des communautés montagnardes, tout en étant quasiment absent physiquement. Et contrairement aux pays où il est demeuré bien présent, on a perdu au fil du temps bon nombre de repères. De nos jours, dans les Pyrénées comme dans de nombreuses régions, on ne sait plus vraiment ce que signifie vivre avec un prédateur. La situation est d’autant plus complexe qu’il s’agit de secteurs où de nombreux acteurs sont
désormais contraints de se partager un territoire. Qu’il s’agisse des agriculteurs, des chasseurs, des collectivités, des gestionnaires de la faune, de la nature ou encore des touristes, tous revendiquent une
place. Cela fait beaucoup de monde sur un même espace. Et l’ours vient se mêler au débat. A partir de là, tous les regards se tournent vers lui et l’animal devient l’objet d’une véritable cristallisation.

Voulez-vous dire que l’on se focalise sur lui au détriment des vraies questions qui se posent ?
En effet, je pense qu’il est un peu rapide de tout mettre sur le dos de l’ours. Et on peut affirmer qu’il est instrumentalisé au point de servir de fusible. Toucher à l’ours, c’est aussi délivrer un message au Préfet, lancer un défi aux associations ou encore à telle collectivité. Je ne pense pas que grand monde souhaite réellement la mort de l’ours. En revanche, il se trouve mêlé à un débat confus qui lui échappe quelque peu. L’ours est devenu un porte-drapeau, un étendard, le symbole de certains combats idéologiques et politiques. Il est surtout un révélateur des enjeux de pouvoir, des conflits d’usage.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre animal ?
Pour les raisons que je viens d’évoquer. Certes, c’est un prédateur qui fut toujours redouté mais qui occupe une place importante dans l’imaginaire collectif. Et si des loups arrivaient dans les Pyrénées, je peux vous assurer que l’ours ne serait plus sur le devant de la scène.

A quoi fait-il écran ?
La principale difficulté, c’est la méconnaissance générale de toutes les données du problème par l’ensemble des parties en présence. Tout d’abord, les gens ne savent pas toujours ce qu’est réellement un ours. On parle de lui mais on ne sait pas vraiment qui il est : comment vit-il, comment se nourrit-il, comment se comporte-t-il …. Dans cette même logique, il faut être transparent sur la réalité des dégâts qu’il provoque. Il est important de faire savoir ce qui se passe sans pour autant exagérer ou alimenter les fantasmes. Je regrette que l’on n’explique pratiquement jamais les réalités du monde des éleveurs, des gestionnaires des espaces protégés ou encore des chasseurs. Si l’on s’intéressait plus au travail de l’élevage, on en identifierait mieux les réalités économiques. Alors on comprendrait mieux pourquoi la présence de l’ours trouble les esprits même si cet animal n’est pas la seule cause de tous les maux et l’unique prédateur d’un troupeau. Les combats idéologiques parasitent trop souvent le débat et réduisent la réalité à sa forme la plus simpliste.

Sophie Bobbé

Interview : Claude Faber, journaliste

Source : Empreinte ours n° 3

Pour en savoir plus, deux ouvrages de S. Bobbé :
• L’ours et le Loup. Essai d’anthropologie symbolique, 2002, Paris, INRA-MSH,
• L’ours, Paris, Flammarion, coll Abécédaire, 1997 (co-écrit avec Jean-Pierre Raffin).

Une vingtaine d’ours présents sur le massif pyrénéen

Grâce aux indices d’ours récoltés sur l’ensemble de la chaîne des Pyrénées au cours de l’année 2006, un état des lieux de la population d’ours bruns sur le massif peut être dressé. L’examen de la simultanéité de certains indices, couplé à l’analyse génétique et aux mesures des empreintes trouvées, permet de distinguer les individus et ainsi de déterminer un nombre minimum d’ours présents.

Le noyau occidental reste bien délimité avec 5 individus, 4 mâles (3 adultes et 1 subadulte) et 1 femelle, si l’on inclut la femelle Franska qui a passé plus de la moitié de l’année 2006 sur le massif du Pibeste / Estibète, répartis entre le département des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées. Les mâles Néré et Aspe-Ouest ont été identifiés grâce à des échantillons de poils et deux autres ours (Camille et le jeune de Cannelle) ont pu être individualisés. Ce sont principalement les vallées d’Aspe et d’Ossau qui sont parcourues côté français par ces quatre mâles mais une incursion a eu lieu sur l’Ouest du département des Hautes-Pyrénées (vallée d’Arrens Marsous). La zone couverte par ce noyau côté français représente 650 km2 pour les ours non équipés d’émetteurs.

Le noyau central quant à lui s’est trouvé renforcé avec les lâchers de 2006 en Haute-Garonne. Ce sont au minimum 8 animaux qui ont pu être individualisés, dont les ours Hvala, Balou, Sarousse et Pyros, ainsi que 2 femelles suitées côté espagnol repérées grâce à des observations visuelles. L’une était accompagnée d’un ourson de l’année, l’autre d’un ourson d’un an et demi. Caramelles a été identifiée à l’automne, grâce à la génétique, mais sans savoir si elle était une des deux femelles observées en Espagne. Le noyau central est donc le noyau qui comporte le plus de femelles en âge de se reproduire puisqu’elles sont au moins au nombre de 4 : Hvala, Sarousse et les 2 femelles observées en Espagne et au moins 2 mâles adultes (Balou, Pyros). Les ours lâchés en 2006 ont prospecté régulièrement une zone de plus de 2000 km2 dont une partie couvre le noyau central, notamment dans le Luchonnais.

Enfin, l’analyse du noyau oriental démontre la présence de 2 individus : l’ours Boutxy et un autre de taille moyenne. Les 2 animaux couvrent un vaste territoire de l’ordre de 1200 km2 qui s’étend du Vicdessos jusqu’au Pyrénées-Orientales. Ce noyau s’est étendu vers l’ouest du Vicdessos, de tel sorte qu’il est désormais possible de parler de noyau centro-oriental. Ce noyau est presque continu de l’Est du département des Hautes-Pyrénées jusque dans les Pyrénées-Orientales. Le suivi de la population ursine met donc en évidence un effectif minimum de 15 ours, de part et d’autre de la frontière avec l’Espagne, dont 13 ont été repérés côté français.

Dans la mesure où les méthodes utilisées ne permettent pas un inventaire exhaustif, il est probable que l’effectif global soit supérieur à 15 individus. Il est vraisemblablement légèrement inférieur à 21 individus. En effet, 6 animaux n’ont pu être clairement individualisés ou n’ont été identifiés par la génétique qu’une fois les années précédentes, sans être repérés de nouveau en 2006. Un de ces individus serait dans le noyau occidental et les 5 autres dans le noyau central dont 2 femelles et 1 mâle identifiés par la génétique uniquement en 2003 et 2004. On estime donc la population d’ours actuelle à une vingtaine d’individus.

Frédéric Decaluwe,
Équipe technique ours - Office national de la chasse et de la faune sauvage

Source : Empreinte ours n° 3

La reproduction de l’ours

Chez l’ours brun, les femelles deviennent mâtures vers l’âge de 4 ans ou plus et mettent bas tous les 2 à 3 ans. Ainsi, elles ne peuvent avoir qu’environ 8 à 9 portées au cours de leur vie car au-delà d’une vingtaine d’années la production de jeunes diminue.

Le rut se déroule de fin avril à mi juin et les mâles effectuent alors de grands déplacements pour trouver des partenaires en chaleur. L’espèce est polygame et le mâle comme la femelle peut s’accoupler avec plusieurs partenaires différents. L’ourse n’accepte la copulation qu’à la maturité folliculaire et la fécondation elle-même n’intervient qu’à la fin de la période du rut, ce qui réduit les chances de reproduction.

Quelques jours après la fécondation le développement embryonnaire s’interrompt. L’implantation embryonnaire est différée jusqu’au mois de novembre, moment où l’embryon reprend son développement. A cette période, peu avant l’entrée en hibernation, la femelle peut avorter spontanément si elle n’a pas constitué suffisamment de réserves de graisse pour l’hiver.

La gestation effective ne dure de ce fait que 2 mois environ et la mise bas s’effectue en tanière au mois de janvier ou février. Comme chez d’autres espèces de mammifères, la multi-paternité est possible : les oursons d’une même portée peuvent avoir des pères différents. Ce fut le cas pour l’ourse Ziva, lâchée en 1996, dont les oursons nés en 1997 avaient des pères différents. La taille moyenne des portées observées dans les Pyrénées depuis 1995 est proche de 1,5 oursons par femelle et on constate, en général, qu’un ourson sur deux meurt la première année.

Les femelles accompagnées d’oursons sortent de tanière plus tardivement que les ours seuls. Elles sont peu mobiles les premières semaines hors de la tanière pour permettre aux oursons de les suivre dans leurs déplacements.

Frédéric Decaluwe, Équipe technique ours - Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Source : Empreinte ours n° 3

Le retour du loup dans les Pyrénées

Une présence de loups originaires de l’arc alpin est constatée dans les Pyrénées depuis la fin des années 1990. Dès 1995, les premiers indices de présence sont suspectés en Pyrénées-Orientales. Ce n’est qu’en 1999, suite à des analyses génétiques, que l’arrivée du loup de lignée Italie-Mercantour est confirmée.

De 1999 à 2007, on constate une continuité de la présence du loup dans les Pyrénées-Orientales avec une alternance des massifs occupés (massif du Madres, puis Carlit-Péric, Puigmal et Canigou). Les analyses génétiques permettent l’individualisation de deux mâles et une femelle sur le Madres, présents entre 1998 et 2000 et d’un mâle et une femelle sur le Carlit en 2003-2004, tous différents. Malgré la présence simultanée d’animaux des deux sexes, il n’a pas été observé de reproduction. Les derniers indices relevés concernent les massifs du Madres en 2006, du Canigou en 2006-2007 et du Carlit au printemps 2007.

Le suivi a été réalisé dans un premier temps par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage en collaboration avec les Réserves naturelles Catalanes, l’Office national des forêts et la Fédération départementale des chasseurs de ce département. En 2004, le retour du loup, de même lignée, est officialisé en Catalogne (Espagne) et une collaboration s’instaure entre les services français et catalans de l’environnement. En 2006, un réseau de 67 observateurs (le réseau loup) est mis en place pour les départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude et de l’Ariège. Des observateurs sont également formés pour les autres départements Pyrénéens.

Entre 2000 et 2006, 4 dommages de brebis ont été attribués au loup et indemnisés. Depuis 2007, la procédure de constat des dommages a été redéfinie pour intégrer le loup dans les départements de l’Est de la chaîne.

Alain Bataille,
coordonnateur du réseau loup
Pyrénées, ONCFS

Source : Empreinte ours n° 3

01 juillet 2007

Parcs de regroupement nocturnes, quelques conseils

Les parcs de regroupement nocturne liés à la protection des troupeaux sont d’une utilisation récente et les informations qui suivent ne sont que des préconisations. Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions techniques définitives. Il existe 3 types de parc : le parc mobile, le parc fixe - qui doivent être associés à d’autres mesures pour atteindre leur pleine efficacité de protection - et la clôture électrique de protection en tant que telle, qui assure seule cette fonction.

Quel matériel utiliser pour les parcs ?

Pour un parc de regroupement nocturne mobile, le matériel doit être :

  • léger et facile à monter, puisqu’il faut le déplacer durant la saison,
  • souple pour permettre aux bêtes de sortir en cas de nécessité (en cas de panique générale due à un événement extérieur),
  • facile à entretenir et robuste,
  • adapté aux brebis présentes sur l’estive (grégaires ou pas, avec ou sans cornes).

Les parcs mobiles disposant d’au moins 4 fils à pose rapide, voire 5, présentent les caractéristiques adaptées. Les fils en inox et cuivre haute conductibilité seront privilégiés pour leur légèreté et leur souplesse. Les piquets les plus adaptés sont en fibre de verre car ils sont souples, légers et solides.

Il est conseillé pour le poste électrique une batterie 12 V avec panneau solaire et dispositif antivol. En fonction de la taille du troupeau, l’ensemble du parc couvre une surface maximale de 1 ha pour un coût total de moins de 1 000 euros.

Pour un parc de regroupement nocturne fixe, le matériel doit être :

  • robuste car il sera utilisé au même endroit toute la saison,
  • facile à monter car les conditions d’installation sont souvent difficiles (et il faut le remonter tous les ans),
  • grand pour permettre aux bêtes de se déplacer à l’intérieur de l’enceinte en cas de perturbation par un élément extérieur.

Les piquets d’angles doivent être robustes et solidement arrimés au sol alors que les piquets intermédiaires seront en fibre et espacés de quelques mètres. Le parc doit comporter au moins 4 fils alimentés par une batterie reliée à un panneau solaire pour assurer son autonomie. Enfin, plusieurs terres doivent être installées autour du parc. L’ensemble du parc peut couvrir 3 à 4 ha pour 2 000 ovins. Il est indispensable de prévoir 2, voire 3 parcs fixes par estive pour s’adapter aux différents quartiers utilisés au cours de la saison. Les parcs expérimentaux installés en 2006 couvrent une surface de 3 à 4 ha pour un coût proche
de 2 000 euros par parc.

Comment mettre en place un parc de nuit ?

Le choix de l’emplacement doit intégrer le confort des animaux : couche à l’abri du vent, secteur sain à l’écart des cuvettes et des barres rocheuses comprenant une partie forestière pour protéger les bêtes lors des intempéries. Il doit également tenir compte de l’emplacement de la cabane, du quartier utilisé, du relief et des habitudes des troupeaux.

Le parc de nuit doit être déplacé régulièrement s’il est de petite taille :

  • pour limiter les problèmes sanitaires (problème de piétin, problèmes respiratoires…),
  • pour éviter le piétinement et la transformation de l’herbage concerné par accumulation de matière azotée (développement de l’ortie…).

Pour une bonne gestion du système électrique, il est nécessaire de :

  • contrôler régulièrement la batterie et la recharger si besoin est (en début de saison puis tous les 3 mois environ),
  • tester l’efficacité du circuit au cours de la saison (vérifier la mise à terre, la circulation effective du courant dans les fils…),
  • maîtriser la végétation qui pourrait venir en contact avec les fils.

Avantages et inconvénients du parc de nuit

Le recours à un parc de nuit facilite la conduite du troupeau :

  • il renforce l’instinct grégaire des brebis,
  • il permet de choisir le lieu de la couche (loin des zones dangereuses),
  • il permet de rassembler les brebis en cas de problème,
  • il facilite l’intégration du chien de protection au sein du troupeau.

Cependant cette utilisation nécessite un investissement en temps pour le montage du parc, ainsi que pour la modification de la conduite du troupeau.

  • Les parcs mobiles ont l’inconvénient de devoir être déplacés régulièrement tout au long de la saison, en assurant une maintenance des piquets et des fils. De plus, le terrain doit se prêter à cette pratique.
  • Les grands parcs fixes demandent un fort investissement lors de l’installation et du démontage en fin de saison (notamment pour la descente du matériel à la cabane ou en fond de vallée) mais ils ne sont pas déplacés pendant l’été.

Frédéric Decaluwe, Gérard Rolland
Équipe technique ours
Source : Empreinte ours n° 3

Mise en place de grands parcs de nuit sur la montagne du Pin

En 2006, les éleveurs du groupement pastoral de la montagne du Pin dans les Hautes-Pyrénées ont décidé d’installer des parcs pour regrouper les brebis la nuit.

Ce projet de parc de nuit à la Montagne du Pin est parti de la volonté de tester la mise en oeuvre tout au long de la saison d’estive du regroupement nocturne d’un troupeau de brebis viande (des tarasconnaises) de 1200 têtes. Ce troupeau situé en zone de présence ursine n’a jamais subi d’attaques d’ours mais a été victime d’attaques de chiens divagants et est équipé pour y répondre de trois chiens patou. Le regroupement nocturne en parc avait pour objectif d’améliorer l’efficacité du travail des chiens. La mise en place des parcs répondait également à un souhait d’une meilleure conduite diurne perturbée en 2006 par l’arrivée d’un troupeau extérieur de 400 brebis au sein du groupement pastoral.

Le choix s’est orienté vers des grands parcs installés de façon fixe pour toute la saison : deux parcs, un sur chaque quartier utilisé au cours de l’été. Chaque parc faisait 4 ha. Cette taille présentait l’intérêt ne pas nécessiter le déplacement du parc au cours de la saison (pas de problème de piétin) et de disposer suffisamment de dégagement pour éviter que les brebis ne s’affolent en cas d’évènements extérieurs.

Le matériel utilisé a été des piquets en fibre de verre de 1,60 m, et des piquets en acacia pour les angles et les piquets intermédiaires destinés à consolider le dispositif.

L’utilisation des parcs a été appréciée par le berger salarié. Grâce à de bons chiens de conduite, il a fallu seulement 2-3 jours pour que les brebis s’habituent à ce nouveau mode de fonctionnement.

Le regroupement nocturne a permis une conduite diurne plus aisée. Les brebis, rentrées au parc le soir, sont nécessairement retrouvées le matin quelque soit le temps. Cependant l’origine très diverse des troupeaux transhumants, a malgré tout entraîné des difficultés pour le berger pour avoir une conduite diurne homogène dès 2006.

Le regroupement en parc impose au berger de démarrer de bonne heure et de rentrer les bêtes au dernier moment pour qu’elles profitent au maximum. Sur l’estive la présence d’une seule cabane a entraîné du temps de marche pour le berger pour aller et revenir à l’un des parcs.

Le bas de la montagne est occupé par un massif forestier important. Malgré la conduite en place, des bêtes ont été égarées lors de période de mauvais temps.

Pour 2007, nous prévoyons de reconduire le système avec des améliorations. Les deux parcs vont être séparés en 3 parcs pour avoir une conduite plus souple et plus adaptée au troupeau présent sur l’estive. Un parc restera à côté de la cabane, un autre ne sera pas très éloigné, il restera malgré tout la question du logement à proximité du 3ème. Pour les bêtes égarées, d’autres pistes sont à explorer comme l’utilisation de parcs de mauvais temps de plusieurs dizaines d’hectares (ceux-ci sont déjà largement utilisés sur le massif central et alpin). Cela pourrait être une aide précieuse si le problème de l’installation, le financement et l’entretien étaient résolus car la mise en place des parcs de 4 ha a déjà demandé beaucoup de temps.

Je souhaitais faire partager à d’autres éleveurs cette expérience de la Montagne du Pin, un moyen parmi d’autres pour améliorer la protection.

Maurice Puyssegur,
éleveur au sein du groupement pastoral de la montagne du Pin
Source : Empreinte ours n° 3

Dans le parc, nos bêtes sont en sécurité

Chaque année, Jean Louis Chourrout, éleveur à Aydius (64) et son père Georges Chourrout regroupent leurs brebis dans un parc électrifié. Une technique qui permet de sécuriser leur troupeau.

Pouvez-vous nous décrire votre troupeau ?
Jean Louis Chourrout : Il se compose d’environ 900 brebis. Les trois quarts ne nous appartiennent pas. Nous les avons en garde. Et pour toutes ces bêtes, nous disposons d’un chien Patou et deux chiens de berger.

Depuis combien de temps avez-vous un parc électrifié ?
Georges Chourrout : Cela fait environ cinq ans que nous avons ce parc. Avant nous utilisions celui que nous nous avions fabriqué nous mêmes.

Comment se présente-t-il ?
Jean Louis Chourrout : Il est en altitude à plus de deux heures de marche. Je ne saurai pas vous dire sa superficie. Mais je peux vous assurer qu’il est important. Il se compose de parties plates avec un peu de pentes à certains endroits. C’est l’idéal en cas de pluie. Il ne faut pas que les brebis se retrouvent trop dans la boue.

Georges Chourrout : La cabane du berger n’est pas prise dans l’enceinte du parc pour des questions d’hygiène. Pas question d’avoir les brebis devant la porte.

Vous le remontez à chaque été ?
Jean Louis Chourrout : Oui, on le remonte chaque été pour garder les bêtes de début juillet à début septembre. Le montage du parc prend une journée. Après on le démonte pour l’hiver. Les piquets d’acacia prévus pour les coins restent en place d’un été à l’autre. Il nous suffit de rajouter des clôtures en fibre de verre et de tirer des fils.

Avec ce système, considérez-vous que vos bêtes sont en sécurité ?
Jean Louis Chourrout : Oui, elles le sont, mais rien n’est infaillible. Si les brebis sont vraiment affolées et paniquées, je peux vous assurer qu’elles peuvent tout casser. A chaque bruit suspect dans la nuit, on préfère se lever et vérifier si un animal ne rôde pas. Vous savez, l’ours est malin. Il faut que nous restions vigilants. C’est pourquoi, mon père reste les deux mois avec les bêtes.

Georges Chourrout : Le grand avantage du parc, c’est que les brebis sont rassemblées. L’ours ne peut pas s’attaquer à elles de façon isolée. Elles sont aussi protégées des chiens errants.

Claude Faber, journaliste
Source : Empreinte ours n° 3

Parc de nuit : une aide technique et financière

Les techniciens pastoraux itinérants de l’Équipe technique ours (Office national de la chasse et de la faune sauvage) peuvent apporter leurs conseils quant au choix du matériel et de l’emplacement du parc de regroupement nocturne. Ils peuvent également appuyer les éleveurs lors de l’installation du parc et aider les bergers à initier une nouvelle conduite du troupeau (contact téléphonique : 05-62-00-81-08). Les gardes moniteurs du parc national des Pyrénées peuvent également apporter leur soutien pour l’utilisation de ces parcs.

Le programme ours prévoit une aide financière pour l’achat et l’utilisation de parcs. Les dossiers de demande de subvention sont à retirer auprès des directions départementales de l’agriculture et de la forêt.

Source : Empreinte ours n° 3

La clôture électrique pour un parc de protection d’ovins

Le principe de la clôture électrique

La clôture électrique est une barrière psychologique. Son principe repose sur l’éducation des animaux par le choc électrique reçu au contact de la clôture : Il s’agit à la fois de contenir le troupeau et de le protéger.

Conception de la clôture électrique

Les animaux sauvages considèrent une clôture comme un obstacle à franchir soit en sautant, soit en passant par-dessous. L’équipement doit inciter l’animal sauvage à passer au travers de la clôture. En conséquence il n’y a pas une seule conception de barrière qui va fonctionner pour toute espèce de prédateurs, dans tout secteur et quelle que soit la période de l’année. La connaissance du comportement du prédateur ne doit pas négliger celle de la proie, voire des autres animaux sauvages présents sur le site. En conséquence, la clôture dite de protection sera généralement conçue pour faire face non pas à une espèce mais à plusieurs espèces animales.

Règles de construction de la clôture

La barrière « idéale » possède 7 fils alternés positifs et négatifs sur une hauteur de 120 cm. Cette hauteur avec un nombre conséquent de lignes provoque un arrêt de l’animal et son interrogation sur la méthode à employer pour effectuer le franchissement. De plus, la technique des fils alternés permet de pallier l’insuffisance du système de mise à la terre.

Le fil inférieur (à 15 cm maximum du sol) positif empêchera tout passage sous les lignes. Le second choix pour l’animal sera alors de pénétrer les lignes. Le contact entre le fil positif (+) et négatif (-) sera dissuasif. Des lignes correctement tendues éviteront aux animaux domestiques ou sauvages de rester prisonniers des fils.

La mise en place sur un site non équipé d’une clôture de protection nécessite au minimum 3 à 4 jours pour un périmètre de 400 m. Les piquets d’angles et de soutien aux portes (poteaux en bois) sont installés de façon pérenne sur l’estive. Les piquets intermédiaires sont des piquets en fibre de verre. Une fois le site équipé, l’installation annuelle est rapide (1 jour). En arrière saison, le retrait des lignes est recommandé afin que l’animal « sauvage » n‘apprenne pas à ramper sous ou à passer au travers de l’équipement.

Comment ajouter de la confusion sur l’obstacle à franchir ?

  • Le premier concept utilise une double clôture (||) : Hauteur se conjugue avec la profondeur de l’obstacle : 2 ou 3 lignes suffisent à 50 cm de la clôture principale.
  • La deuxième approche est d’incliner la barrière vers l’approche animale (/) : la verticalité est floue et semble décourager les animaux de sauter ou de passer à travers.
  • La clôture décalée (;) : des fils excentrés peuvent être employés pour se rapprocher de la double clôture ou de la barrière inclinée : un ou plusieurs fils seront excentrés de la clôture sur des supports (écarteurs) vers l’extérieur du parc.

Quelle puissance ?

5000 Volts sur les lignes sont considérés comme un minimum. L’expérience montre qu’une faible « punition » intrigue l’animal, et l’incite à revenir sur la zone de contact.

Quelle taille de parc ?

Il faut compter environ 10 m2 par brebis.

Entretien  de la clôture électrique ?

Les barrières électriques ne sont pas exemptes d’entretien. Ceci doit être à l’esprit de tout utilisateur. Acheter du matériel de qualité permet une meilleure durée de vie de l’équipement. Du matériel mal adapté n’assurera pas une efficacité à long terme et augmentera le temps imparti à l’entretien : le contrôle des lignes, du système de mise à la terre grâce au voltmètre à lecture digitale et le maintien de la visibilité de la barrière entrent dans le programme d’entretien.

Robert Wojciechowski
Clôtures - Applications sur l’Environnement
16, rue du Binet
64400 AGNOS
Tél / fax : 05 59 39 49 41

Source : Empreinte ours n° 3

La clôture et la protection des troupeaux face aux loups dans les Alpes

Contexte

Dans les Alpes, le niveau de prédation attribué aux loups s’élève à environ 3 000 animaux par an. Le gardiennage permanent, généralisé en alpage, permet à une majorité d’éleveurs de pratiquer le regroupement nocturne du troupeau en parc sur tout ou partie de la saison. En intersaison les parcs de pâturage sont fréquemment utilisés pour des troupeaux non gardés.

La clôture, des matériels très divers pour un outil à fonctions multiples.

Le parc de nuit a pour seule fonction la protection nocturne d’un troupeau, qui est conduit le jour par un berger.

Le parc de pâturage est quant à lui d’abord conçu pour satisfaire l’alimentation des animaux ; mais désormais, il doit aussi assurer leur protection.

Le parc de fin d’après-midi est intermédiaire : c’est l’association d’un petit parc de pâturage (où les animaux passent la nuit) à une conduite de jour par gardiennage. Il permet de prolonger le pâturage, favorisant ainsi un meilleur état des animaux, et d’assurer la protection du troupeau en soulageant la contrainte de travail du parc de nuit (entrée en parc plus tôt).

Dans tous les cas, la protection passe par l’association d’une clôture bien électrifiée et du chien de protection. Les matériels utilisés sont classiques : filets, clôture fixe électrique 4 ou 5 fils. La qualité de la pose ainsi que le choix de l’électrificateur et de la prise de terre sont primordiaux pour assurer une bonne électrification.

Le parc de nuit

L’implantation du parc de nuit doit s’intégrer au fonctionnement du système pastoral : résence d’une cabane, positionnement dans les circuits de pâturage, organisation du travail.

Le parc de nuit tournant, simple enceinte et fermé, est le plus souvent utilisé. Mais d’autres formes sont utilisées : double enceinte (pour écarter le prédateur du troupeau), parc en demi-lune utilisé en forte pente (pour permettre la fuite aux animaux en cas d’affolement).

Mais les contraintes sont importantes : forte mobilisation en travail, risque sanitaire, risque d’érosion liée à la répétition quotidienne des trajets vers le parc de nuit, baisse d’état des animaux en raison d’un raccourcissement de la durée de pâturage. En pratique, nombre d’éleveurs utilisent moins le parc de nuit dès que la prédation se relâche.

La sécurisation des parcs de pâturage

Le risque d’attaque en parcs de pâturage est un souci croissant, du fait de l’extension de la prédation vers les quartiers de demi-saison.
La sécurisation repose sur :

  • la présence de chiens,
  • une bonne pose des clôtures,
  • le renfort sur clôtures existantes.

La clôture, efficace ?

L’efficacité est réelle, mais partielle. Trois cas d’échec sont recensés :

  • le loup franchit la clôture (état de la clôture ou de l’électrification, comportement particulier d’un loup) ;
  • Le loup affole le troupeau et l’incite à rompre la clôture ; comportement bien connu en parc de nuit ;
  • Le berger n’est pas en mesure de regrouper la totalité du troupeau (mauvaises conditions climatiques notamment) et la prédation se porte sur un lot de bêtes hors clôture.

Le choix de l’équipement le plus adapté doit être raisonné au cas par cas

Le regroupement nocturne du troupeau en parc de nuit résulte d’un compromis souvent difficile entre protection du troupeau et bonne gestion pastorale (sanitaire, érosion, état des animaux, travail...). Il ne peut donc pas s’agir d’une pratique systématique appliquée de façon rigide, mais d’une pratique partielle, souple, évolutive en fonction de la situation et des contraintes de chacun.

Laurent Garde,
Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM)
Anne Dumé,
Direction départementale de l’agriculture et de la forêt des Alpes de Haute-Provence

Source : Empreinte ours n° 3

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