Contexte
Dans les Alpes, le niveau de prédation attribué aux loups s’élève à environ 3 000 animaux par an. Le gardiennage permanent, généralisé en alpage, permet à une majorité d’éleveurs de pratiquer le regroupement nocturne du troupeau en parc sur tout ou partie de la saison. En intersaison les parcs de pâturage sont fréquemment utilisés pour des troupeaux non gardés.
La clôture, des matériels très divers pour un outil à fonctions multiples.
Le parc de nuit a pour seule fonction la protection nocturne d’un troupeau, qui est conduit le jour par un berger.
Le parc de pâturage est quant à lui d’abord conçu pour satisfaire l’alimentation des animaux ; mais désormais, il doit aussi assurer leur protection.
Le parc de fin d’après-midi est intermédiaire : c’est l’association d’un petit parc de pâturage (où les animaux passent la nuit) à une conduite de jour par gardiennage. Il permet de prolonger le pâturage, favorisant ainsi un meilleur état des animaux, et d’assurer la protection du troupeau en soulageant la contrainte de travail du parc de nuit (entrée en parc plus tôt).
Dans tous les cas, la protection passe par l’association d’une clôture bien électrifiée et du chien de protection. Les matériels utilisés sont classiques : filets, clôture fixe électrique 4 ou 5 fils. La qualité de la pose ainsi que le choix de l’électrificateur et de la prise de terre sont primordiaux pour assurer une bonne électrification.
Le parc de nuit
L’implantation du parc de nuit doit s’intégrer au fonctionnement du système pastoral : résence d’une cabane, positionnement dans les circuits de pâturage, organisation du travail.
Le parc de nuit tournant, simple enceinte et fermé, est le plus souvent utilisé. Mais d’autres formes sont utilisées : double enceinte (pour écarter le prédateur du troupeau), parc en demi-lune utilisé en forte pente (pour permettre la fuite aux animaux en cas d’affolement).
Mais les contraintes sont importantes : forte mobilisation en travail, risque sanitaire, risque d’érosion liée à la répétition quotidienne des trajets vers le parc de nuit, baisse d’état des animaux en raison d’un raccourcissement de la durée de pâturage. En pratique, nombre d’éleveurs utilisent moins le parc de nuit dès que la prédation se relâche.
La sécurisation des parcs de pâturage
Le risque d’attaque en parcs de pâturage est un souci croissant, du fait de l’extension de la prédation vers les quartiers de demi-saison.
La sécurisation repose sur :
- la présence de chiens,
- une bonne pose des clôtures,
- le renfort sur clôtures existantes.
La clôture, efficace ?
L’efficacité est réelle, mais partielle. Trois cas d’échec sont recensés :
- le loup franchit la clôture (état de la clôture ou de l’électrification, comportement particulier d’un loup) ;
- Le loup affole le troupeau et l’incite à rompre la clôture ; comportement bien connu en parc de nuit ;
- Le berger n’est pas en mesure de regrouper la totalité du troupeau (mauvaises conditions climatiques notamment) et la prédation se porte sur un lot de bêtes hors clôture.
Le choix de l’équipement le plus adapté doit être raisonné au cas par cas
Le regroupement nocturne du troupeau en parc de nuit résulte d’un compromis souvent difficile entre protection du troupeau et bonne gestion pastorale (sanitaire, érosion, état des animaux, travail...). Il ne peut donc pas s’agir d’une pratique systématique appliquée de façon rigide, mais d’une pratique partielle, souple, évolutive en fonction de la situation et des contraintes de chacun.
Laurent Garde,
Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM)
Anne Dumé,
Direction départementale de l’agriculture et de la forêt des Alpes de Haute-Provence
Source : Empreinte ours n° 3