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juin 2007

30 juin 2007

Gérard Caussimont, chevalier dans l'ordre national du Mérite

Ours : l’action associative de protection de la nature honorée

28 juin 2007
Gérard Caussimont, président du FIEP (Fonds d'intervention éco-pastoral) reçoit des mains du préfet Marc Cabane les insignes de chevalier dans l'ordre national du Mérite.

Plaidoyer pour la nature
par Odile Faure

Il aura attendu quinze ans avant qu'un préfet n'accepte de lui remettre les insignes de chevalier de l'ordre national du Mérite, décernés en 1992 par le ministre de l'environnement, Ségolène Royal. «Au départ, j'avais dit que le moment n'était pas très opportun. Nous étions en plein conflit sur les réserves Lalonde (Zones d'interdiction de chasse). Après, on me répondait toujours que ce n'était pas le moment.» explique Gérard Caussimont, fier de cette décoration. «Je voulais qu'à travers cette distinction, ce soit le mouvement d'action de protection de la nature du département qui soit reconnue par l'État.» Gérard Caussimont veut partager cette décoration avec la Sepanso, le WWF France qui aide financièrement le FIEP, le Conservatoire régional des espaces naturels d'Aquitaine, la Ligue de protection des oiseaux, Organbidexka col libre et Saiak.

« Pas des ayatollahs. »

«On nous fait souvent passer pour des ayatollahs de la nature parce que nous voulons remplacer l'ourse Cannelle. Nous n'avons jamais voulu que la protection de l'ours soit au détriment de l'homme. Si j'ai rejoint le fonds d'intervention éco-pastoral (FIEP) de Claude Dendaletche en 1978, c'est que j'ai été séduit par l'idée de préserver l'ours et l'homme. À l'époque, nous sommes allés voir les bergers pour comprendre leurs demandes. En réponse, nous avons proposé le réseau de radiotéléphones dès 1991, une indemnisation des dégâts d'ours pour le berger (prime de dérangement), la création de la marque de fromage Pé Descaous, les clôtures de protection. En 1983, les transports par hélicoptère ont démarré, pris en charge par le Parc national des Pyrénées. Nous avons plus tard demandé à l'État de mettre en place les mesures agri-environnementales pour aider financièrement les éleveurs afin de maintenir la traite en estive, le rassemblement nocturne du troupeau et les chiens patou. L'idée était de préserver le métier de berger tout en protégeant l'ours. Depuis le FIEP n'a pas cessé de continuer sur la même ligne de conduite

Agacé par l'IPHB

Depuis, aussi, l'Institution patrimoniale du haut Béarn s'est constituée et assume depuis 1994, en parallèle ou à sa place, des missions initiées par le FIEP. Une «récupération» que Gérard Caussimont n'a pas contestée tant que le FIEP et la Sepanso siégeaient ensemble au sein de l'institution. Mais depuis la rupture, en janvier 2005, date à laquelle Jean Lassalle, son président, décide de se retirer du plan de restauration de la population d'ours dans les Pyrénées, Gérard Caussimont est très sévère. «Le contrat moral n'est plus rempli. N'oublions pas que toutes les aides de l'État et de l'Europe en faveur du pastoralisme (héliportages, muletages?) sont une compensation pour accepter la présence de l'ours. On comprend bien qu'un berger n'élève pas des brebis pour se les faire manger ! Cela veut dire que s'il n'y a plus d'ours dans les Pyrénées, il n'y aura plus d'actions pour soutenir le pastoralisme !» Le président du FIEP continue à penser qu'il faut renforcer le noyau d'ours béarnais par une femelle «sinon l'espèce disparaîtra, malgré la charte, malgré l'argent dont ont bénéficié le pastoralisme et la forêt

Enfance landaise

Né à Dax en 1952, Gérard Caussimont a été sensibilisé à la nature par son père, féru de balades en forêt. Son grand-père maternel, navarrais espagnol, lui a fait aimer la montagne. Venu à Pau pour ses études, où il obtient un DEA d'espagnol et un doctorat troisième cycle d'études régionales sur les vallées béarnaises, il n'en est jamais reparti. Il dirige depuis 2003, le collège et lycée Saint-Joseph à Oloron-Sainte-Marie et vit à Ogeu-les-Bains. Père de trois grands enfants, il parcourt souvent la montagne à titre personnel ou dans le cadre du suivi de l'ours au sein du réseau ours brun, relevant poils et empreintes. Il dit avoir rencontré l'ours trois fois au cours de sa «carrière » de défenseur de l'environnement. C'était il y a dix ans.

Préserver la biodiversité

Gérard Caussimont (Il est l'auteur de « Plaidoyer pour Cannelle » paru à l'automne 2005 chez Loubatières) n'adhère à aucun parti politique considérant que «la protection de la nature est l'affaire des citoyens de tous bords. Je suis en revanche très heureux de voir la protection de l'environnement figurer dans la Constitution. L'idée du FIEP était de lier l'économie et l'écologie, nous avions trente ans d'avance

La bonne place du ministère de l'écologie au sein du gouvernement Fillon ? «Oui, c'est très bien mais il faudra voir si l'argent dédié à l'environnement sert à corriger les abus de notre société, comme la lutte contre la pollution par exemple, ou bien s'il y a une vraie préoccupation à préserver la biodiversité. Quand je dis biodiversité, je pense à l'être humain et au cadre qu'on léguera à la génération future

Gérard Caussimont se bat pour renforcer la population d'ours en Béarn tout en préservant la vie pastorale. «Je n'ai jamais mis l'ours avant le berger. Pour moi, ils peuvent vivre ensemble

Source : SUD OUEST

Attaque probable de loups sur un troupeau de moutons à Grande-Rivière (Jura)

Dossier de presse (ONCFS)

Les faits

Un parc situé à la limite des communes de Grande-Rivière et Saint-Pierre a subi une attaque dans la nuit du 31 mai au 01 juin 2007. Les éleveurs, M. et Mme Romain Gadiolet, ont déploré la mort de 15 animaux. 27 ont été blessés. Certains sont morts par la suite ou ont été euthanasies. Le ou les animaux responsables de l’attaque ont consommé en grande partie une brebis et un agneau. Les constatations et l’enquête ont été effectuées par la Gendarmerie (BT de Saint-Laurent en Grandvaux) et par les agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Le rapport descriptif et ses annexes photographiques ont été soumis à l’expertise du spécialiste du Lynx de l’ONCFS.

L’expertise et ses conclusions

L’expert a relevé un faisceau d’éléments techniques permettant d’orienter le diagnostic :

  • le nombre important de moutons attaqués,
  • toutes les proies ont été exclusivement prises au cou,
  • absence de laine sur le terrain,
  • les perforations sont de taille importante,
  • présence de griffures localisées sur les cuisses ou le début du flanc, mais pas sur le dos,
  • le taux de consommation très important,
  • les viscères abdominales non touchées (panse non consommée),
  • les empreintes mesurent de 9 à 10 cm, ce sont celles d’un canidé.

L’hypothèse d’une attaque de lynx a pu être écartée d’emblée. Les autres hypothèses étaient une attaque de chien en divagation ou une attaque de loup. La distinction entre une attaque de chien et une attaque de loup est souvent difficile, la seule preuve incontestable étant une analyse génétique pratiquée le plus souvent sur des déjections. Aucun indice de ce type n’a pu être recueilli. Toutefois, les éléments techniques relevés plus haut, ainsi que l’absence de signalement de chiens en divagation dans le secteur, conduisent à envisager une probable attaque de loup, avec une incertitude qui ne pourra pas être levée sauf événement nouveau.

Une attaque de loup n’implique pas automatiquement une installation durable de l’espèce, ni a fortiori la colonisation du département; il peut s’agir du passage d’un ou deux individus.

La gestion du dossier par l’État et ses partenaires

1) Anticipation : une instance de veille et de pilotage était déjà en place au moment des faits.

Compte tenu de la présence confirmée, mais semble-t-il temporaire, d’un loup dans le nord du département de l’Ain, une cellule de veille a été mise en place dès juillet 2006. Elle a eu pour objectifs principaux de :

  • dresser une carte des élevages ovins,
  • assurer la liaison et de recueillir des informations auprès des départements déjà concernés par la problématique loup, notamment en ce qui concerne les dispositifs d’indemnisation et de prévention.

2) Réactions

Dès que les résultats de l ’enquête ont été connus, le Préfet accompagné du Président du Conseil général et des principaux services concernés (DDAF, ONCFS, gendarmerie) se sont rendus sur place pour faire un point de situation avec les éleveurs. La première décision prise est de convoquer la cellule de veille élargie dans le courant de la semaine prochaine pour suivre la mise en place des mesures d’indemnisation et de prévention et pour engager une démarche technique auprès des élevages. Elle s’appuiera :

  • sur deux spécialistes de la DIREN Rhône-Alpes et de la DDAF de Haute-Savoie, qui ont vocation à intervenir sur le département du Jura en ce qui concerne le suivi du loup et sur la problématique "pastoralisme et grands prédateurs », et sur trois agents spécialement formés de l’ONCFS du Jura (correspondants loup) et sur le spécialiste lynx loup du même établissement,
  • sur un réseau d’observateurs initialement créé pour le lynx, mais dont la compétence a été élargie au loup. Ce réseau constitué d’agents de l’ONCFS, de la Fédération des Chasseurs, de l’ONF, de la DDAF et de naturalistes, a bénéficié à deux reprises de formations sur le loup.

Une deuxième décision a porté sur la constitution dans les prochains jours par arrêté préfectoral d ’un comité départemental associant les structures concernées par la gestion du loup, élus, organisations professionnelles agricoles, gestionnaires de l’espace et de la faune, associations, experts, usagers des espaces naturels, placé sous la présidence du Préfet et qui se réunira en juillet.

Enfin, il a été décidé d’assurer une information régulière et transparente de nature à contribuer à une gestion sereine de ce dossier en étroite concertation avec les acteurs du monde rural.

Indemniser l’éleveur

Dès lors que l’expertise ne permet pas d’écarter la responsabilité du loup, l’éleveur peut prétendre à une indemnisation sur un fonds géré par l’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage. Telle est bien la situation actuelle et l’indemnisation de l’éleveur sera déclenchée dans les jours prochains avec la transmission d’un dossier comportant :

  • le constat signé avec visa de l'expert,
  • la carte géographique du lieu de l'attaque,
  • la décision et le visa de la DDAF,
  • le RIB de l'éleveur,

Le barème d’indemnisation est le suivant (exemples):

  • Ovins de moins de 6 mois : 95 € à 130 €
  • Brebis de 1 à 7 ans, gestante : 160 à 265 €
  • Bélier de plus de 6 mois : 285 à 390 €

Les pertes indirectes peuvent également être compensées. L’indemnisation est versée dans un délai qui est de l’ordre d’une semaine après réception du dossier complet par l’ONCFS.

Les mesures de protection des troupeaux

L’exploitation touchée ainsi que celles qui se trouvent à proximité, peuvent faire l’objet, en fonction de leur vulnérabilité, de mesures préventives telles que :

  • la surveillance renforcée des troupeaux,
  • la mise en place de chiens de protection,
  • la pose de clôtures mobiles,
  • la mise en place de moyens d’effarouchement,

Un dispositif de financement de ces mesures est en place dans les départements où la présence du loup est avérée. En ce qui concerne le Jura un financement d’urgence peut être mobilisé rapidement pour répondre aux premiers besoins. Les contacts nécessaires ont d’ores et déjà été pris à cette fin auprès du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

29 juin 2007

Bruno Lepore : «Je n’ai rien contre l’ours, mais je ne le veux pas sur mon territoire».

M. Bruno Lepore
maire de Saint-Pé-de-Bigorre et conseiller général

En réaction aux témoignages de quatre maires (Empreinte Ours n°1) qui ont participé à la mise en oeuvre du renforcement, M. Bruno Lepore a souhaité faire entendre son point de vue. Le retour de l’ours inquiète cet élu qui le voit comme une menace pour le pastoralisme et le tourisme.

Comment vivez-vous en tant qu’élu le plan de renforcement de l’ours brun des Pyrénées ?
Bruno Lepore : Pas très bien puisque je ne suis pas favorable à ce plan qui nous a été imposé par l’État. Mais soyons clair, je n’ai rien contre l’ours. Je réagis simplement en tant que gestionnaire d’un espace dont j’ai la responsabilité. Je suis adepte d’une écologie réfléchie et non pas doctrinaire. Je suis maire d’une commune qui a accepté l’application du programme Natura 2000 et qui a adhéré à la réserve naturelle volontaire du massif du Pibeste. C’est dire que je suis favorable à la préservation de l’environnement tout en favorisant l’activité touristique et le pastoralisme. Or l’ours ne paraît pas compatible avec ces démarches
environnementales.

Pourquoi ?
Bruno Lepore : Parce que l’ours remet en question la gestion de l’espace naturel. Aujourd’hui, il perturbe la gestion pastorale sur la commune et je ne vois pas comment sa présence peut être compatible avec celle des troupeaux. L’État affirme que les bergers peuvent disposer de moyens pour une surveillance permanente. Cela paraît impossible et tellement éloigné des pratiques actuelles. Le pastoralisme sur Saint Pé est sérieusement menacé. Or si les pâturages disparaissent, c’est tout l’équilibre du paysage qui se trouve perturbé. A quoi bon, dans ce cas, soutenir des programmes environnementaux ? Quant aux incidences sur le tourisme, elles sont réelles. Les randonneurs se sont faits plus rares quand qu’ils savaient qu’un ours s’était stabilisé dans le secteur.

Quelles sont vos suggestions ?
A mon sens, le retour de l’ours n’était pas indispensable. Après tout, il n’est pas menacé de disparaître en Europe. Maintenant que l’État l’a imposé, il devrait tout faire pour que l’ours soit cantonné aux communes favorables à son retour. Je ne vois pas pourquoi je devrais être contraint de supporter sa présence.

Bruno Lepore
Interview : Claude Faber, journaliste

La conservation et la gestion de l’ours brun en Slovénie

Variant dans ses formes selon les époques, la protection de l’ours brun sur le territoire slovène (en particulier dans le secteur de Visoki Kras) remonte au XIXème siècle. Les premières initiatives sont venues des grands propriétaires fonciers. Principalement motivés par la chasse sur leurs domaines privés, ils exprimaient néanmoins ainsi leur forte orientation vers une chasse durable.

L’ «Ordonnance sur la protection des ours dans le Kocevje, le Crnomelj, le Novo mesto, le Logatec et les territoires de Ljubljana», datant de 1935, a instauré l’interdiction de tirer, de tuer, d’acheter et de vendre des ours, constituant une des premières mesures en faveur de la protection et de la conservation des ours en Europe et la première tentative destinée à maintenir des habitats variés pour les ours sur le territoire de la Slovénie.

Jusqu’en 2004, c’est par la réglementation de la chasse que la protection des ours a été mise en oeuvre en Slovénie. Bien qu’ayant été une espèce chassable jusque-là, l’ours brun a toujours bénéficié d’une protection spéciale. La délivrance des autorisations de prélèvement sur la population d’ours bruns a toujours été planifiée et conforme à une approche globale descendante (État – aire de reproduction du gibier – zone de chasse), reconnaissant et prenant en compte l’écologie spécifique des ours.

En 1966, une décision a défini une «zone à ours spéciale», englobant la majeure partie de l’aire centrale de l’habitat de l’ours en Slovénie. Elle constitue le territoire où l’habitat de l’ours brun est préservé.

En 1993, l’ours brun a été protégé au titre de la législation relative à la conservation de la nature et les décisions concernant la gestion de la population ont été prises en concertation entre les deux ministères compétents (le ministère de l’agriculture, de la forêt et de l’alimentation en ce qui concerne les espèces chassables et le ministère de l’environnement et de l’aménagement du territoire en ce qui concerne les espèces protégées). En 2004, la nouvelle réglementation sur les espèces protégées transposant la Directive « Habitats », a été adoptée (décret sur les espèces animales sauvages protégées). Dès lors, le seul statut de l’ours brun a été celui d’espèce protégée.

Plan de plusieurs circuits touristiques en vélo en pleine zone à ours. Forêt de Masun, SlovéniePlan d'un circuit touristique en vélo en pleine zone à Ours à Masun -Slovénie. Photo Buvette des alpages.

D’un point de vue opérationnel, «la stratégie de Gestion de l’Ours Brun en Slovénie» a été adoptée en 2002 par le gouvernement. Cette politique de gestion des espèces sauvages est basée sur des principes écologiques scientifiquement fondés ainsi que des mesures légales et administratives complémentaires dans les domaines de la culture, de la sociologie et de l’économie afin de préserver l’ours et son habitat naturel.

Cette stratégie est construite sur deux axes :

  1. l’ours brun – un être vivant et une espèce biologique,
  2. la relation entre l’ours brun et l’homme.

Deux objectifs d’égale importance ont été fixés : la conservation à long terme de l’ours brun en Slovénie, y compris de son habitat, et assurer la cohabitation de l’homme et de l’ours. La stratégie tient compte des dispositions de la Convention de Berne, notamment de son plan d’action concernant la population d’ours bruns en Europe et de la Directive « Habitats ».

En 2002, un premier programme d’actions découlant de la stratégie a été mis en place pour la population slovène d’ours bruns. Ce programme prenait en compte et incluait tous les points du plan d’action européen s’appliquant à la Slovénie. Cette même année, un atelier pour la zone Dinarique et du Pinde concernant l’application des points du plan d’action par pays, organisé par LCIE (l’Initiative Européenne pour les Grands Carnivores), s’est tenu au Parc National de Risnjak en Croatie. L’atelier était destiné aux représentants des pays allant de Slovénie à la Grèce, regroupant l’habitat écologique de la population d’ours bruns nommée population des Alpes-Montagnes Dinariques-Pinde. La Slovénie a présenté sa stratégie de gestion aux neuf pays présents. Elle était le seul pays à disposer d’une politique effective et officiellement accepté au niveau de l’État. Durant l’examen de chaque point du plan d’action européen dans son application individuelle à chaque pays, il a été établi que la Slovénie appliquait le plan d’action européen en totalité à l’exception de 3 points. Actuellement, un nouveau programme d’actions est sur le point d’être adopté.

La gestion de la population d’ours bruns en Slovénie est basée sur une approche intégrée. Suivant les objectifs stratégiques, des mesures propres à chaque zone de présence des ours sont prises afin de réguler la population et de réduire au minimum les conflits avec l’homme.

Les prélèvements sur la population d’ours bruns sont décidés par le ministère de l’environnement et de l’aménagement du territoire (responsable de la gestion des populations d’ours bruns), à partir de propositions techniques qui sont soumises à une commission spécifique. Cette commission est un organe consultatif qui se compose de spécialistes indépendants (des Départements de la Forêt, de Biologie et de Zootechnie de la Faculté de Biotechnique de l’Université de Ljubljana, du Museum d’Histoire Naturelle et du Service de la Forêt de Slovénie), de représentants de différents intérêts (chasseurs, ONG, éleveurs et collectivités locales) et de représentants de l’État (le ministère de l’Agriculture, de la Forêt et de l’Alimentation et le ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire et de l’Énergie). A la fin de chaque année civile, le Département de la Faune Sauvage du Service de la Forêt slovène qui est, conformément au décret sur les espèces animales sauvages protégées, responsable de l’organisation globale (prélèvements sur la population d’espèces animales sauvage et habitat), prépare les propositions techniques de prélèvements pour l’année suivante.

Elles sont basées sur la Stratégie de Gestion de l’Ours Brun et sur les résultats du suivi qui repose sur les opérations suivantes :

  • comptage régulier nocturne au clair de lune sur 176 emplacements fixes, 2 à 3 fois par an ;
  • comptage sur d’autres emplacements ;
  • observations ;
  • enregistrement des contacts et des appels d’intervention ;
  • captures et pertes ;
  • télémétrie ;
  • recherche génétique.

Chaque proposition, qui prend en compte toutes les données et méthodes disponibles, est établie en concertation avec les responsables des zones de chasse, qui sont les unités écologiques les plus vastes pour la gestion du gibier en Slovénie. Elle est approuvée avec les personnes qui effectuent les prélèvements sur la base des paramètres suivants :

  • pertes d’ours bruns (tirs, captures ou disparitions) ;
  • dommages sur les récoltes, le bétail, les bâtiments, les véhicules ou autres ;
  • situations de conflit impliquant des ours répertoriées par le groupe d’intervention ours brun (plus de 200 appels pour intervention en 2006) ;
  • données sur les comptages et évaluation du nombre d’ours bruns réalisés deux ou trois fois par an depuis 2000 par le Service de Forêt slovène et l’association de chasseurs de Slovénie ;
  • expérience (théorique et pratique) obtenue les années précédentes par les experts faune travaillant dans le cadre des activités du Service de Forêt slovène.

Localisation dans les zones à ours du domaine vital de chaque ours

Les gardes slovènes expliquent le domaine vital des ours mâles et femelles (points de localisation de couleurs différentes) - Réserve de Kocevje. Slovénie. Photo Buvette des alpages.

Le prélèvement prévu ne porte pas seulement sur les ours qui doivent être abattus – il inclut aussi les pertes constatées dans la population d’ours qui sont déduites du quota. Cela garantit que la dynamique de population est contrôlée, car le plan de tir seul pourrait mener à un nombre non contrôlé de pertes accidentelles, ce qui semble s’être développé ces dernières années.

La gestion de l’ours brun en Slovénie respecte les réglementations internationales, en accord avec les textes et plans de niveau international. Nous sommes ouverts à toutes les suggestions d’ordre scientifique et invitons à coopérer. Nous estimons que les pays où les grands carnivores ont été exterminés peuvent apprendre et mieux comprendre les problèmes de la cohabitation entre homme et grands carnivores, et partager la connaissance et les responsabilités dans la conservation de ces espèces emblématiques d’Europe.

Grâce à la connaissance et à une gestion de la nature jusqu’alors adaptée à toutes les ressources naturelles, la Slovénie est un des rares pays européens présentant une population d’ours bruns en forte augmentation.

République de Slovénie
Ministère de l’environnement et de l’aménagement du territoire.

La Slovénie veille également à une coopération internationale et particulièrement la oopération
frontalière comme le démontre les actions suivantes :

Convention de Berne

  • exécution du plan d’action
  • atelier d’Osilnica sur la gestion transfrontalière des ours bruns

Projets de renforcement de population

  • en Italie (1999-2002 : 10 ours à destination du parc national d’Adamello Brenta)
  • en Autriche (1993 : 3 ours)
  • en France (1996-97 : 3 ours - 2006 : 5 ours)

Projets LIFE

  • conservation des grands carnivores en Slovénie - phase 1 : Ursus arctos
  • principes pour la formation potentielle d’une métapopulation d’ours dans les Alpes (avec l’Italie et l’Autriche)

Coopération transfrontalière

avec la Croatie, l’Italie et l’Autriche.

Source : Empreinte Ours n°3
Lettre dinformation semestrielle de L'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées. Juin 2007

23 juin 2007

Ours : excès ou désinformation ?

Par Sandrine Andrieux,
Chargée de communication de l'association Férus,
Rédactrice en chef de la "La Gazette des Grands Prédateurs"

La tournure de l'information donnée aux Français sur l'ours est déplorable. Des affirmations inexactes et non vérifiées, ainsi qu'un excès d'informations sur le sujet, semblent vouloir relancer une polémique autour du dossier de l'ours. En quelques jours, des informations erronées ont été données au grand public :

  • l'ourse Cannelle (la dernière femelle de souche pyrénéenne, née en Béarn au début des années 1990 et abattue par un chasseur  en novembre 2004) devient une ourse slovène réintroduite dans les Pyrénées centrales;
  • Pour un journal télévisé d'une chaîne nationale : il n'y a que 5 cinq ours dans les Pyrénées, ceux qui ont été lâchés en 2006 ; oubliés les ours autochtones (tous mâles), les ours déjà présents suite aux réintroductions de 1996 et 1997 et ceux qui sont nés depuis et sont, eux, parfaitement pyrénéens.

Récemment, un ours a causé la mort de 25 brebis : tous les journaux locaux en ont parlé en noircissant l'affaire, qui a même été relayée par le journal télévisé (JT) d'une chaîne nationale. Bien évidemment, pas un mot sur le fait que le troupeau ne bénéficiait d'aucun moyen de protection, alors que chacun sait qu'il est irresponsable de laisser des bêtes sans surveillance en montagne.

La manipulation médiatique n'est pas loin : lorsque 4 brebis sont tuées par un ours, on parle de «carnage», de «film d'horreur», de «cimetière de brebis éventrée ».

l'ours occasionne moins de 0,1 % du total des brebis, caprins et bovins présents dans les Pyrénées

Rappelons que les pertes dues à l'ours représentent moins de 0,1 % du total des brebis, caprins et bovins présents dans les Pyrénées. Les éleveurs reconnaissent perdre en moyenne chaque année 3% de leurs bêtes du fait de maladies, dérochements, prédations autres que l'ours, vol. Avec l'ours, ces pertes s'élèvent donc au grand maximum à 3,1 % au lieu des 3% qui sont supportées et acceptées par la profession.

Les bêtes tuées par l'ours sont bien indemnisées

Rappelons aussi que toutes les bêtes tuées par l'ours sont bien indemnisées (ce qui n'est pas le cas des autres pertes, l'immense majorité des dommages reste à la charge des éleveurs), et que le coût total de ces indemnisations n'atteint pas, en un an, le prix d'un petit rond-point à l'intersection de deux routes secondaires.

L'ours, patrimoine des Pyrénées

L'ours fait partie du patrimoine faunistique de la France comme bien d'autres espèces ; on a beaucoup parlé de biodiversité, notamment quand Nicolas Hulot semblait faire l'unanimité autour de ses propositions. La biodiversité ne se partage pas, d'un côté les bonnes espèces, de l'autre celles qu'on doit éliminer.

La polémique autour de l'ours se nourrit de quelques faits précis, mais est amplifiée et vendue aux médias par un réseau déterminé. Au bénéfice de qui ? Des agriculteurs ? L'ours ne met pas le pastoralisme en péril, tout le prouve mais encore faut-il vouloir en prendre conscience.

Des élus en panne de projets qui utilisent l'ours comme bouc émissaire ? Ou de ceux d'entre eux qui songent à quelques aménagements touristiques supplémentaires et rejettent l'idée d'un peu de nature intacte?

Il ne faut pas nier la réalité mais merci aux médias de ne pas oublier leur devoir de fournir une information impartiale, fiable et complète.

La faune sauvage française comprend heureusement encore quelques prédateurs, des loups, des ours et des lynx. Toutes les enquêtes d'opinion montrent que les Français s'en réjouissent, ils sont les ambassadeurs de la vie sauvage, la preuve que certains de nos milieux naturels sont en bonne santé.

Ces animaux se nourissent très bien de proies naturelles et, pour l'ours, de végétaux. Mais ils tuent aussi et mangent chaque année du bétail, qui est remboursé aux propriétaires. Leurs attaques cumulées sont au nombre de plusieurs centaines, elles n'ont rien d'anormal ni de sensationnel, même si personne ne conteste le mécontentement des éleveurs.

Comme à chaque sortie d'hibernation, quelques brebis destinées à la boucherie sont victimes d'un ours opportuniste, cela mérite-t-il un encart dans tous les journaux locaux et le JT d'une chaîne nationale? Les images des deux oursons de Hvala (ourse lâchée dans les Pyrénées en 2006) nous ont évidemment bien plu, mais nous demandons un traitement équitable pour tous leurs congénères : les oursons grandiront et c'est en apprenant à chasser qu'ils feront le plus de dégâts, ce n'est pas pour autant que les Français les aimeront moins.

En cette période d'élections législatives où des candidats n'hésitent pas à brandir des menaces contre les grands carnivores, toute information sensationnelle montée à partir de faits anodins contribue à réduire l'espérance de survie des plus beaux représentants de la faune sauvage française.

Sandrine Andrieux

22 juin 2007

ASPAP, où quand hypocrisie et mauvaise foi n’ont plus de limites

Témoignage de Jean-Marc

Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège Pyrénées, tout un programme. L'ASPAP, cette jeune association, créée en janvier 2006 suite au plan de renforcement de la population ursine dans les Pyrénées, labellisée anti-Ours/Lynx/Loup, a désormais compris que pour avoir le soutien de l’opinion publique, elle lui devait impérativement changer de stratégie de communication.

On connaissait le coté cabochard et peu objectif de certains éleveurs, voici un nouveau trait de caractère aussi peu reluisant qui apparaît au grand jour: l’hypocrisie et la manipulation de l'ASPAP : Association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées.

Une biodiversité estampillée «ASPAP»

En effet, les têtes pensantes de l’ASPAP ont enfin compris que la protection de l’environnement est de plus en plus présente dans les esprits, et qu’il ne fallait surtout pas en faire abstraction. Et voici que, comme par enchantement, l’ASPAP se met à parler d’écologie, de protection de la biodiversité, où elle se place en fervente actrice. Et oui, citoyens Français, ne vous y méprenez pas, si les Pyrénées sont ce qu’elles sont aujourd’hui, riches d’une biodiversité flamboyante, c’est grâce aux éleveurs de l’ASPAP.

Seul Bémol, le mot «biodiversité» prend là une définition toute particulière. En effet, cette biodiversité «made in ASPAP» a une diversité biologique restreinte où les grands prédateurs comme l’ours, le lynx ou encore le loup n’ont pas leur place.  Paradoxal me direz-vous, quand ont sait pertinemment bien que ces espèces font parties intégrantes de la biodiversité, la vraie cette fois ci! Paradoxal pour vous, mais pas pour l’ASPAP, pour qui le droit à la vie de ces animaux sauvages n’est pas légitime. Ainsi, et vous l’aurez compris, l’ASPAP se veut protectrice d’une biodiversité pas vraiment très diverse.

Les arguments de l’ASPAP sont pourtant solides: «la cohabitation ours/pastoralisme est impossible.» Elle n’est pas possible a tel point qu’ils n’ont d’ailleurs jamais essayé de voir si éventuellement elle aurait pu l’être.

Je suis de bien mauvaise foi me rétorquerons les membres de l’ASPAP, car comme ils prétendent, dans l’un de leurs derniers communiqués, «10 ans d'immenses efforts d'adaptation l'ont prouvé». Certes, permettez-moi tout de même d’en douter, surtout lorsque l’on constate qu’en un siècle, la population d’ours bruns dans les Pyrénées est passée de 200 individus environs, à, tenez-vous bien, une vingtaine.

Des efforts «immenses» d’adaptation qui auront conduit également à la disparition de la dernière ourse de pure souche pyrénéenne sans que cela n’émeuve un tant soit peu les éleveurs de l’ASPAP. Si la mauvaise foi était une maladie incurable, il est fort à parier que l’ASPAP ne ferait pas long feu.

Ils nous apprennent même, je cite: «Que la biodiversité que certains veulent nous apprendre à gérer depuis Paris ou Toulouse, est ici préservée et remarquable.» Effectivement, quand on a pour définition de la biodiversité celle de l’ASPAP, celle-ci est il est vrai, parfaitement préservée: plus de loups, une population d’ours qui s’effondre tout comme celle des Grands Tétras, des pistes pastorales qui fleurissent de plus en plus, des écobuages mal gérés qui se propagent en détruisant toute la faune et la flore sur leurs passages, allant même jusqu’à tuer des randonneurs ; un productivisme de plus en plus développé qui grignote petit a petit les espaces. Et oui,  des critiques qui sont difficiles à avaler pour le monde pastoral, mais qui sont pourtant totalement objectives. Mais l’autocritique et la remise en question ne font pas vraiment parties, il faut bien le reconnaître, des nombreuses qualités de l’ASPAP et de ses membres.

«Celui là, il est clairement opposé au pastoralisme, et il déteste les bergers» diront certains en me lisant, et bien détrompez-vous, j’adore le pastoralisme, mais un pastoralisme respectueux du milieu dans lequel il évolue, tolérant de la faune, toute la faune, qui fait que les Pyrénées ont pu garder encore un peu ce coté sauvage et mystérieux.

Je refuse que l’on cherche à éliminer une espèce animale sous prétexte qu’elle occasionne des dégâts pour l’activité humaine. Je n’accepte pas cette nature aseptisée, modifiée par la main humaine dans un but unique de développement économique. Oui messieurs de l’ASPAP, les Pyrénées que vous souhaitez pour vos enfants, pour nos enfants, n’auront aucun goût, aucune beauté si ce n’est artificielle, plus d’âme. Vous ne vous êtes jamais donné les moyens pour que les pratiques pastorales puissent se développer le plus harmonieusement possible avec la présence des grands prédateurs.

Vous fustigez les associations écologiques alors qu’il aurait été bien plus judicieux de faire marche ensemble, et de demander main dans la main à l’état des moyens supplémentaires pour pouvoir d’une part relancer le métier de berger, gardien de troupeaux, et d’autre part de préserver encore un tant soit peu une vraie biodiversité, dans laquelle l’ours comme le loup ou le lynx font parties intégrantes. Au lieu de cela vous avez décidé de prendre un chemin qui ne mènera, au final, nulle part et ni l’ours, ni le pastoralisme n’en sortiront vainqueur.

L’ASPAP, une vision du pastoralisme dépassée

Alors et pour finir, citoyens français, fins connaisseurs des Pyrénées et du pastoralisme, ou total néophytes, ne tombez pas dans les pièges que vous tend l’ASPAP, avec ses beaux discours démagogiques à souhait. Ne vous y trompez surtout pas: L’ASPAP et ses représentants se moquent bien de la biodiversité, seule la défense de leur activité professionnelle les préoccupe. Protéger à tout prix son gagne pain est tout à fait louable, encore faut-il qu’il soit effectué avec respect et tolérance. L’activité pastorale de nos montagnes doit absolument être protégée et aidée mais ces pratiques doivent évoluer pour lui permettre de vivre en véritable harmonie avec le milieu naturel dans lequel elle s’exerce.

Certains bergers et éleveurs l’ont compris, ils sont malheureusement minoritaires, mais bon nombre d’exemples dans le passé nous ont montré que la majorité n’avait pas toujours raison, et que l’individualisme prenait souvent le dessus sur la raison et l’objectivité.

Le monde pastoral doit accepter que l’ours, le loup ou le lynx aient aussi le droit de vivre dans ces montagnes qui sont leur lieu de vie depuis toujours, bien avant que le premier des hommes n’y pose le pied. Nous nous devons d’être tolérant car c’est bien ce manque de tolérance qui mine notre existence. Accepter la présence de ces grands prédateurs, c’est accepter le droit à la vie tout simplement. N’exterminons pas ces animaux au nom du développement!

Un début de réponse?

Ce qui, a mon sens, mine l’activité pastorale et entretien une relation assez houleuse avec le monde associatif écologiste, est cet excès de fierté chez un bon nombre d’éleveurs, qui n’acceptent pas qu’aujourd’hui, dans cette société où le productivisme à outrance et la surconsommation font loi, que le pastoralisme ne survive qu’en grande partie grâce aux subventions publiques.

C’est au contraire, pour moi, une grande fierté de pouvoir aider indirectement grâce à mes impôts une activité noble et humble qu’est le métier de berger, et qui devrait être porté en exemple. Mais le monde pastoral doit impérativement prendre conscience que les gens, de n’importe quelle origine géographique ou sociale soient-ils, ont aussi le droit d’exiger que ces montagnes pyrénéennes gardent leur véritable identité. Et tous ces grands prédateurs en font partie.

La question ne doit plus être celle d’accepter ou d’éliminer la présence des grands prédateurs dans nos montagnes, mais au contraire celle de mettre en place tout les moyens possibles pour que le berger et l’ours, le loup et le lynx puissent continuer à vivre ensemble.

Jean-Marc,
Pyrénéen

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19 juin 2007

Meli melo

Deuxième tour des élections législmatives en France : La gauche perd mais gagne, la droite gagne mais perd, le centre survit, les écologistes vont créer un groupe avec les communistes! Quel méli-mélo.

Alain Juppé aura été le « Ministre de l’écologie, des transports et de l’aménagement durable » (sic, lors de l'annonce de sa démission) le plus éphémère : on retiendra juste qu'il a inauguré une gare TGV construite en dûr (aménagement durâble de lapin oblige).

Jean-Louis Borloo arrive au grand Ministère de l’écologie. Michel Barnier (celui qui a signé avec l'ADET la réintroduction des ours) à ... l'agriculture. Les Ministres vont enfin pouvoir s'occuper du pastoralisme à problème, celui qui refuse la protection des troupeaux et la cohabitation.

Jean Lassalle sauve ses c.. et est réélu. Le chant (grave) des sirènes est écouté en Béarn et la Castafiore se sort d'une situation catastrophique dont il a le secret. Lui faudra t-il une nouvelle grève de la faim avant les prochaines élections pour assurer sa survie? Les accidents de camion ont compté pour des crottes de vautours, dont 100 spécimens se baladent en Belgique. Une semaine comme les autres en somme. Tout fout le camp ma bonne dame. Non peut être.

Du porc flamand et une plainte contre la qualité de la viande distribuée aux vautours en Belgique

Ninove : distribution de viande pour les vautours

Une association flamande de protection des oiseaux a placé 200 kilos de viande de porc à destination des Vautours dans une prairie de Ninove. Elle espère ainsi attirer les vautours qui s'y trouvent pour que les rapaces puissent reprendre des forces

Vautours en BelgiqueElle espère ainsi attirer les vautours qui s'y trouvent pour que les rapaces puissent reprendre des forces, a expliqué Jan Rodts, président de l'association Vogelbescherming Vlaanderen, dans une interview à la radio VRT et à l'Agence Belga.

"Le but n'est pas simplement d'attirer les oiseaux mais bien de leur permettre de reprendre des forces", explique Jan Rodts. "Les rapaces doivent en effet dans tous les cas retourner dans les Pyrénées en Espagne où ils résident et où plus de 20.000 de leurs semblables sont installés. Ils ont besoin d'énergie pour entreprendre cette expédition de plus de 2.000 kilomètres".

Les abats servis aux Vautours seront payés par Vogelbescherming Vlaanderen. Le ministre flamand de l'Environnement, Kris Peeters (CD&V) a expliqué à la VRT qu'il avait des doutes sur la légalité de cette action. Il devrait s'entretenir mardi avec les personnes concernées. Vers 8H40 mardi matin, les vautours n'étaient pas encore venus chercher la viande (fraiche il faut dire, celà sent moins fort pour des charognards). Jan Rodts assure que la viande répandue sera retirée si les vautours ne se présentent pas.

Un syndicat agricole flamand porte plainte à l'AFSCA contre la viande donnée aux vautours

La connerie semble également répartie de part et d'autres du Quiévrain : le syndicat général agricole flamand (Algemeen Boerensyndicaat- ABS) va déposer plainte auprès de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) à la suite de la distribution d'abats à Ninove pour les vautours.

Risques sanitaires

"A Ninove, la loi n'a pas été respectée", déclare l'ABS ce mardi. "Donner comme ça de la nourriture à des vautours est totalement irresponsable car il n'y a aucun contrôle des abats avec lesquels les oiseaux s'envolent", déclare l'ABS. (NDLB: Des côtes de porc fraiches, non pannées! Les vautours n'ont pas d'odorat. De la viande peut-être issue d'élevages flamands, dans le passé (?) grands consommateurs d'hormones et exportateurs de jambon de ... Parme!) L'organisation agricole parle de risques sanitaires. Le porte-parole Guy Depraetere renvoie entre autres à de risques de propagation du botulisme. (NDLB: sans parler des autres maladies que les éleveurs pyrénéens essaient d'exporter en Belgique pour faire chuter nos capacités d'exportations de viande, histoire de faire remonter le cours du gigôt 100% élevé sans berger de Gavarnie)

Biotope

Le syndicat explique par ailleurs qu'il est interdit par la loi de nourrir les animaux sauvages car ceux-ci ne peuvent alors pas retourner dans leur biotope naturel, dans ce cas-ci, les Pyrénées. L'action de l'association flamande de protection des oiseaux est décrite comme un "abus". "L'ABS s'oppose à de telles interventions et de telles pratiques basées sur des considérations émotionnelles et attractives", conclut le syndicat.

NDLB: Il faut sans doute s'attendre a une descente de l'IPHB sur place. L'IPHB en Belgique? Et oui, l'IPHB : Institut Provincial d'Hygiène et de Bactériologie, celà ne s'invente pas ! L'IPHB, bien inspiré au vu de la mauvaise réputation de son homonyme français a changé de nom et s'appelle maintenant HVS: Hainaut Vigilance Sanitaire. Le "Modem", Mouvement officiel des emmerdeurs, lui n'existe pas encore ici et la flandre est plate, pas de valléens, ni de montagnes, ni d'ours, sauf si les écolos reviennent de Slovénie en hélicoptère, bien sûr.

Est-ce que les carcasses pyrénéennes abandonnées aux vautours sont de bonne qualité? Vous n'en savez rien? Mais que fait l'IPHB? Le botulisme va retourner dans les Pyrénées avec nos vautours flamands gavés de côtes de porc premier choix. Dure réalité de l'agriculture et du vol libre. Merci les directives européennes.

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