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avril 2007

30 avril 2007

A propos d’une agression majeure contre la nature dans le Vercors

Par Jean-Pierre Choisy

J’ai appris quasi-incidemment, à l’issue d’une réunion professionnelle, le projet de « parc de vision » dans le sud-ouest du Vercors. Consterné, j’ai communiqué à ce sujet à l’intérieur d’un groupe de naturalistes concernés. Ceci me permettait – et me permet toujours - une totale liberté d’expression, tant comme naturaliste et biologiste de la faune sauvage que comme résident et électeur du territoire du Parc Naturel Régional du Vercors.

Il se trouve que, pour des raisons diverses, indépendantes de ma volonté, un de mes courriels s’est retrouvé sur ce site, ouvert à tous. D’aucuns, de plus ou moins bonne foi, auraient pu y voir un manquement au fameux « devoir de réserve » (dont je n’ai jamais pu obtenir de définition officielle)…si c’était moi qui avait mis mon texte à la disposition du public. Or, ce n’est pas le cas. Donc, à supposer qu’il y ait eu gaffe, je n’en suis pas l’auteur. Au demeurant, il serait maladroit er ridicule de créer, à ce propos, une tempête dans un verre d’eau, d’autant plus que, à ma demande, ce texte en a été retiré.

Néanmoins, il est maintenant inconcevable de se contenter cette suppression. Mieux vaut en profiter pour aborder le sujet sous une forme dont la diffusion publique ne saurait être contestée, sauf hostilité de mauvaise foi, bien entendu.

A chacun sa fonction

Je n’ai pas à me substituer pour agir, ni au décideurs politiques ni aux associations, ni aux professionnels du tourisme vert : un individu seul ne peut rien et ce n’est pas mon rôle,

En outre, je n’en ai pas la possibilité : la saison est pour moi au surmenage de terrain maximum : suivi de vautours quasiment 365 par ans se terminant actuellement vers 20h45 et de plus en plus tard à mesure qu’on s’approche du 21 juin, auquel il faut ajouter certains jours des relevés ornithologiques avec lever parfois à 5h du matin… C’est pourquoi il m’est rigoureusement impossible d’aller moi-même m’informer ;

  • la localisation du projet dans le massif de Lente (sud-ouest du Vercors), sur la commune de Bouvante, au carrefour des Autarets au départ de la route du col de Carri, m’a été fournie par un naturaliste et militant écologiste local ;
  • divers courriels m’ont montré que divers professionnels du tourisme de nature ou de plein air comme de l’hébergement m’ont déjà fait part de leur opposition au projet.
  • c’est l’un de mes correspondants qui s’est étonné d’avoir constaté le début de travaux avant même la clôture de l’enquête publique ;
  • je ne sais même pas si cette dernière est close ;
  • c’est une collègue qui m’a appris que le Parc Naturel Régional du Vercors aurait été à peine été tenu au courant de ce projet. Si c’était confirmé, ne serait-ce pas préoccupant pour la cohérence et la concertation entre les acteurs du territoire ? Un problème auquel d’autres Parc Naturels Régionaux semble également en butte. En période de refonte de la Charte du P.N.R. du Vercors, le procédé serait d’autant plus choquant au niveau de la qualité des relations souhaitables entre les acteurs du territoire ;
  • c’est par un courriel de quelqu’un de la Direction Départementale de l’Environnement que j’ai su que celle-ci n’avait pas failli à sa mission et en émis un avis défavorable.

Je m’étonne de l’étonnante passivité dont ont fait preuve à propos de ce projet les associations de protection de la nature régionales et des deux départements sur lesquels s’étend le Parc Naturel Régional du Vercors, tant au niveau de l’action que de la diffusion de l’information. Il y a là une réelle carence, éthique ou/et intellectuelle. Ceci s’adresse à tous, mais plus particulièrement au naturaliste local et militant actif d’un parti écologiste qui le premier m’a informé du projet, en s’étonnant non pas de la carence des organismes évoqués ci-dessus mais…de celle du Parc Naturel Régional du Vercors, dont les pouvoirs en la matière sont assez proches de zéro… Alors qu’il s’agit là d’un enjeu justifiant qu’on y consacre temps et énergie. Cela aurait été infiniment plus fondé que, il y a peu dans le même secteur, une agitation vaine contre des projets de tunnels routiers, option qui, pour la conservation et la restauration de la biodiversité, est objectivement bien préférable à la voirie de surface.

Ma contribution au débat

Appelons un chat un chat : même si c’est sous une forme sophistiquée, c’est un zoo, qu’on projette d’implanter au sein même d’une vaste zone naturelle...Je ne m'étendrais pas sur l'impact très négatif pour l'image du Parc Naturel Régional du Vercors chez les professionnels, de ceux des associations aux chercheurs, en passant par les personnels espaces protégés, tous ceux concernés par la biodiversité, forestiers inclus et une fraction des professionnels du tourisme . Pour ne rien dire des militants de la protection de la nature ou de l’écologisme politique…

Tout zoo dans le Vercors nuit-il à la conservation ou à la restauration de la biodiversité ?

Certains zoos sont fortement engagés, techniquement et financièrement, dans des actions de  conservation et/ou réintroduction, non seulement localement, mais même à l'échelle internationale, et ce jusqu'à des milliers de kilomètres de leur clientèle. Que ce soit ou non pour leur image de marque importe peu : ils agissent, concrètement. Et c’est cela qui doit être prise en considération. En outre, ce n’est nullement incompatible avec un réel engagement, technique et financier, en faveur de la restauration de la faune. Aux promoteurs du parc animalier on n'en demande pas tant. Il suffirait que leur zoo ne constitue pas une agression majeure contre la biodiversité du massif pour qu’un professionnel de la faune sauvage n’ait aucune appréciation technique et scientifique négative à l’égard de l’impact prévisible du projet sur la conservation et la restauration de la biodiversité, objet de sa mission. S’ils veulent aller plus loin, on peut en outre évoquer comment un parc de vision pourrait contribuer à la poursuite de ces objectifs majeurs, maintenant fois affirmés, du Parc Naturel Régional du Vercors.

Ne pas nuire à la conservation ni à la restauration de la biodiversité dans le Vercors

Tout est relatif :

  • même une monotone plantation de pins noirs ne peut être jugée dans l'absolu quant à sa richesse en espèces : très inférieure à celle d'une forêt naturelle mûre pluristratifiée et irrégulière, cette richesse est néanmoins supérieure à celle d’un versant érodé purement minéral ou presque ;
  • pour un citadin, un zoo avec un vaste parc, tel que ceux de Lyon ou de Montpellier, est perçu subjectivement comme une enclave naturelle par rapport au contexte urbain environnant. Mais par rapport à l'état actuel des lieux, un parc animalier, ses aménagements, ses bâtiments, ses accès et surtout la fréquentation humaine (et canine...) induite constitue objectivement une urbanisation locale.

La question cruciale : où ?

La fragmentation ou, au contraire, la non fragmentation, des derniers grands restes d’espaces non urbanisés ou/et fortement altérés ou/et simplement encore d’accès exagérément aisé est un enjeu majeur d’une stratégie au service d’une politique de la conservation et de la restauration et de la restauration de la biodiversité.

Ceci où que ce soit en Europe en général, dans le Vercors en particulier, que l’aménagement qui soit à l’origine de la fragmentation soit un zoo ou tout autre chose, peu importe : tout décideur qui permet qu’on tronçonne ou noyaute ces derniers « beaux restes » prouve ou bien sa complète indifférence à la conservation ou la restauration de la biodiversité, ou bien sa totale incompétence en la matière, quelle que soit sa sensibilité affichée à son égard.

Pourquoi ? Comment ?

Considérons le réseau des zones aménagées et voies de communication. Toutes autres choses étant égales par ailleurs, les perturbations qu’il cause aux biotopes qu’il enserre de ses mailles et, donc, à leur faune est fonction de sa densité, elle varie en sens contraire de la distance du centre du biotope aux voies de communication, bâtiments, etc.

En première approximation on peut décrire la fréquentation par Homo sapiens, ses chiens, ses chats par un modèle de diffusion physique, diminuant non pas avec la distance aux voies mais avec son carré, car ainsi augmente la surface où les perturbations se diluent. Ainsi une nouvelle route ou piste traversant une zone qui en était exempte, diminuant de moitié la distance du point le plus éloigné d’une voie carrossable, asphaltée ou non, multiplie les perturbations et altérations par quatre, toutes autres choses étant égales par ailleurs.

Dans le détail, les choses sont plus complexes car les sociologues ont montré que la majorité des occidentaux sont reliés à leur véhicule par un « cordon ombilical mental » d’un quart de kilomètre environ. Il est donc facile de calculer la fraction de biotope entourée d’une maille du réseau de la voirie hors de la zone de perturbation maximale. Pour que chacun puisse vérifier, considérons le cas, un peu théorique mais simple, d’un carré de nature entouré de quatre voies carrossables, pas nécessairement asphaltées.

Rôle de la densité de la voirie sur les perturbations : fraction d’un carré de nature hors de la zone très vulnérable aux perturbations à partir de quatre voies encadrantes.

Côté du carré, Peu perturbé
5 km, 81%
4 km, 77%
3 km, 69%
2 km, 56%
1,5 km, 44%
1 km, 25%
500 m, 0%

C’est clair et incontestable !

Cause d’altération des habitats et de la végétation, tronçonnage et noyautage des biotopes sont une cause majeure de perturbation de la faune, particulièrement aiguë pour certains groupes. Parmi les espèces remarquables présentes  en forêt de Lente et sensibles au dérangement, citons la Gélinotte, le Chouette de Tengmalm, trois espèces d’Ongulés autochtones, le Loup, le Lynx… Il est probable que cette perturbation causerait aussi des difficultés de gestion à d’autres usagers de l’espace :

  • la chasse sous licence dirigée gérée par l’Office National des Forêts dans le massif de Lente? Peut-être ;
  • la difficile cohabitation de l’élevage avec le Loup dans le sud-ouest du Vercors : il est essentiel pour la réduction des dégâts que ce prédateur puisse se replier sur de vastes zones tranquilles riches en Ongulés sauvages. Les mesures de protection des troupeaux en sont d'autant plus efficaces ;
  • création d’un nouveau type de dégâts ? Il est loin d’être exclu que le Loup arrive à s'introduire dans un parc animalier de dizaines d'hectares. L’impénétrabilité sera bien plus difficile à obtenir que pour les modestes parcs à bétail, d'autant que la trop haute densité pérenne d’animaux captifs créera une motivation intense et permanente. En hiver un enneigement important offrira des facilités de franchissement de clôture à une espèce ayant de telles capacités comportementales. Nouvelle source de plaintes pour dégâts...N'ayant nulle compétence juridique, je n'ai pas la moindre idée de la recevabilité de telles plaintes éventuelles… Les gestionnaires concernés apprécieront. Comme citoyen, je ne pense pas que la collectivité aurait la moindre obligation éthique comparable à l’obligation morale de ne pas laisser agriculteurs et éleveurs supporter seuls le poids économiques des dégâts causés par la grande faune.

Contribuer à la conservation ou à la restauration de la biodiversité dans le Vercors

Comment un Parc de vision peut ajouter à une localisation ne nuisant pas à l’écologie une participation à la conservation ou/et à la restauration de la biodiversité ? C’est que je vais évoquer.

Action concrète en faveur de la biodiversité
Par exemple :

  • mesures compensatoires écologiques sur une aire égale l'emprise de la totalité du zoo ;
  • participation à d’éventuels projet de réintroduction (pas nécessairement dans le Vercors) nécessitant une phase d'élevage, brève ou longue, qui se ferait dans le zoo.

Action éducative
Exclure toutes les espèces présentes dans le Vercors que l'on a une forte probabilité d’observer en liberté c’est à dire...presque toutes. Pour le grand public ou les naturalistes débutants avec encadrement des accompagnateurs de moyenne montagne, dont beaucoup sont naturalistes et/ou animateurs d’associations naturalistes. Le parc de vision peut lui-même participer à cette animation, éventuellement avec quelques aménagements : mirador d’observation, entretien d’un charnier pour les vautours, etc.
Exceptions éventuelles : individus éclopés ne pouvant pas être relâchés après guérison car restant handicapés.

Centre de soins d’animaux sauvages
Techniquement, ce n’est qu’exceptionnellement une contribution significative à la conservation de la biodiversité : uniquement dans le cas des espèces très peu abondantes, dont chaque individu est démographiquement précieux. Mais accueillir et soigner les blessés toutes espèces, les oisillons tombés du nid, etc. joue un grand rôle éducatif. C’est également l’occasion de fournir des infos telles que: «Comment transporter un animal blessé», «Ne le recueillez pas, il n’est pas abandonné!» etc.

N.B.  Une formule plus simple serait d’assurer la réception des animaux et leur acheminement rapide vers les proches centres de soins (Grenoble, Tournon ou autre). Les animaux pourraient aussi éventuellement, ensuite, être gardés en convalescence, en instance de remise en liberté.

Projet didactique fort

Ne pas collectionner un maximum d’espèces mais cibler quelques espèces pertinentes, ce qui permettra d’attendre un excellent niveau sur ce créneau.

Thèmes possibles:

  • espèce très difficile à voir et de statut régional précaire : la Loutre.
  • espèces de la faune locale dont l’absence actuelle est dû à l’Homme, qu’elle aient été exterminées (Ours, Bison d'Europe ), éliminées par altération de leur habitat (Pic tridactyle, Pic à dos blanc, probablement aussi Chouette de l’Oural, encore présente dans les Alpes orientales) ou les deux à la fois (Grand Tétras) : liste probablement non exhaustive ;
  • espèces difficiles à voir et dont le retour pose un délicat problème de cohabitation avec l’élevage : au minimum le Loup, éventuellement aussi le Lynx. Il sera nécessairement de ne pas se contenter de présenter la biologie des espèces et les méthodes d’études, mais aussi de permettre aux éleveurs et bergers de présenter leurs problèmes. Les techniciens présenteraient les méthodes de prévention des dégâts. Cela s’est fait dans divers pays ;

- aménagement des abords des installations de façon à être le support concret d’une action éducative sur le thème : «Faites de votre jardin un habitat favorable à la petite faune.» ;

Pour conclure

En fournissant les informations ci-dessus, j’assume mes responsabilités éthiques de biologiste travaillant à la conservation et à la restauration de la biodiversité de la Faune du Vercors. Je peux éventuellement répondre à demande des compléments d’information technique ou scientifique si j’ai les compétences ad hoc. Mon analyse vaudrait tout autant pour des aménagements de toutes natures « découpant » ou « noyautant » les derniers grands restes de biotopes peu perturbés dans d’autres massifs ;

Mais fondamentalement, c’est aux associations de protection de la nature et à leurs alliés d’entreprendre l’action, à se mobiliser sans tout attendre des élus, qui ont aussi une foule objectifs autres que la seule conservation de la biodiversité, ni du Parc Naturel Régional du Vercors, tenu par des procédures strictes. La proximité d’élections, la refonte cn cours de la Charte ne sont-elles pas un contexte favorable pour faire entendre la voix des citoyens concernés ? Certes, un décideur peut considérer qu’il a des raisons de sacrifier la biodiversité à des objectifs d’une autre nature, dont je n’ai forcément compétence à juger. Mais, alors, il doit assumer ouvertement cette position : associations et fraction du public concernées d’en tirer les conséquences qu’il jugeront opportunes.

La création de zones urbaines dans la plus grande des zones peu altérées du Vercors hors des Hauts Plateaux est un "serpent de mer" qu'on voit resurgir une fois par génération, sous des formes diverses. Cette fois c’est un « parc de vision ». Il y a quelques décennies c’était un projet d'aménagement de la forêt de Lente avec vingt cinq mille lits, "création d'espaces verts, avec des pelouses n'ayant rien à envier à celle de Hyde Park et du Bois de Boulogne!" (sic) Même au niveau zéro de compétence en biologie et de sensibilité naturaliste, une telle monstruosité conceptuelle laisse rêveur…Et pourquoi pas, pendant qu’on y est irriguer le lac du Bourget ?

Le fond du problème est en partie culturel. Les diverses variantes locales de la culture occidentale ont, toutes, leurs forces et leurs faiblesses. Le niveau moyen de culture naturaliste en Franc, quoique en amélioration, peut encore se comparer au niveau moyen de culture gastronomique aux USA  : dans les cas, celui du « fast food  ». Ceci même chez une large fraction des forestiers et des biologistes français, beaucoup de ces derniers se limitant à une approche moléculaire, au plus cellulaire… J’ai d’ailleurs publié il y a quelques années un article sur ce thème : «Nature, l’exception inculturelle française». Ne rêvons pas : même dans les pays à haut niveau de culture naturaliste moyen, tout problème d’aménagement du territoire ne se régle pas automatiquement au bénéfice de la biodiversité. Là-bas aussi les décideurs sont également sensibles à d’autres choses. Mais, au moins, on peut directement entrer dans le vif du sujet. Alors qu’en France, handicap considérable, on est obligé de commencer par un véritable travail d’alphabétisation…pour faire prendre conscience qu’il y a un problème ! Ca peut prendre des mois avant de pouvoir aborder le débat proprement dit…si la décision n’a pas déjà été prise entre temps…vous devinez dans quel sens. C’est usant ! On comprend que, parfois, les militants des associations de la protection de la nature baissent les bras…temporairement !

J.-P. Choisy

27 avril 2007

Renaud parle de l'ours à l'occasion de sa tournée "Rouge-Sang" au Zénith de Pau

Renaud en colère, c'est un pléonasme. « Plus qu'engagé, Renaud est un chanteur enragé » selon Christian Laborde, écrivain et ami qui suit pas à pas la tournée, la bien nommée « Rouge sang ». Renaud ne supporte pas l'injustice, « ni animale, ni humaine ». Il est anti-corrida, pro ours, milite pour la libération d'Ingrid Bétancourt, soutient les écolos, flingue, non sans humour, les bobos, bref continu à faire un « boucan d'enfer ». Revenu de ses années « jaunes », sauvé par l'amour de Romane qu'il a bien l'intention de « mettre en cloque une deuxième fois », Renaud chante ses coups de gueule, ses coups de sang, ses coups de foudre, dans sa langue de bistrot, de sa voix « cuivrée par la clope ».

Vous êtes anti-corrida, mais pourquoi faire signer une pétition par votre public ?
Renaud : « La corrida est un spectacle barbare. Je trouve qu'il est indigne pour une société civilisée de massacrer, torturer, mettre à mort un animal en public sous les applaudissements. Je veux que le gouvernement français, la démocratie, les élus du peuple légifèrent pour arrêter cette barbarie. Ce n'est pas parce qu'une culture est profondément ancrée dans un pays, une région qu'elle est forcément défendable et intouchable ».

Vous défendez les taureaux de combat et les ours aussi. Renaud, pour les animaux ?
Renaud : « Je ne suis pas l'abbé Pierre de la nature. Je ne défends pas toutes les races animales en danger. Mais Je trouve incroyable que des gens puissent s'opposer à la réintroduction de l'ours quelles que soient les raisons économiques. Je veux que mon fils Malone vive dans un pays où il y a des ours et pas seulement au zoo où au cirque ».

Que pensez-vous des revendications des bergers anti-ours ?
Renaud : « J'admire les bergers, ils font un magnifique métier. Des mecs qui font la transhumance et qui ne gagnent même pas le SMIC pour passer 20 heures par jour à s'occuper des troupeaux. Mais leurs difficultés économiques viennent de la société, pas de l'ours. 90 % des brebis déchiquetées le sont par des chiens errants, par la foudre ou tombent dans un précipice ».

Vous réitérez votre engagement auprès des écologistes ?
Renaud : « Je voterai à gauche au second tour. Même si c'est la gauche que je n'aime pas, elle reste plus généreuse, moins réac que Sarko, Bayrou et compagnie ».

Si Sarkozy est élu vous entrez en résistance ?
Renaud : « Je souhaite que nous n'ayons pas à nous cogner Sarko pendant cinq ans. Sinon je vivrais en France comme De Gaulle… depuis Londres. »

Source : La Dépêche

24 avril 2007

Pyrénées : L'ourse Hvala a donné naissance a deux oursons en 2007

L'ourse Hvala est sortie de sa tanière avec deux petits oursons. Hvala était la dernière ourse encore en hibernation et la dernière possibilité pour avoir des naissances d'oursons en 2007.

L’ourse Hvala avait été relâchée dans les Pyrénées le 17 mai à Arbas. Les oursons sont nés sur la commune de Melles en Haute-Garonne, lieu des premiers lâchers d'ours en 1996-1997. Nés durant l'hiver, probablement au mois de janvier selon Pierre-Yves Quenette (ONCFS) , responsable de l'Equipe Technique Ours, les oursons pèsent entre 4 à 5 kilos chacun. Hvala a été observée en leur compagnie en train de s’alimenter et de se reposer. Les deux oursons étaient très actifs autour de leur mère.

Un suivi télémétrique régulier tout au long de l'hiver avait permis de localiser le site de la tanière de Hvala mais l'ourse n'avait présenté aucun signe d'activité significatif au cours du mois d'avril. De nombreux affûts ont été nécessaires avant qu'un membre de l'Equipe Technique Ours puisse observer l'animal en activité près de son site d'hibernation. "Nous savions précisément où elle était grâce à son émetteur mais nous n'arrivions pas à la voir", a expliqué à l'Associated Press Pierre-Yves Quenette en saluant cette "bonne nouvelle" qui montre que "malgré son déplacement et sa réintroduction dans un autre pays", l'ourse "a réussi à bien s'adapter à son habitat et même à se reproduire".

L'ADET a bien évidement réagit favorablement à cette naissance d'oursons:  «Il s’agit d’une excellente nouvelle et une preuve supplémentaire de la bonne adaptation des ours slovènes dans les Pyrénées. Pour fêter la naissance des oursons de Hvala, l'Association Pays de l'Ours-ADET, partenaire local de l’Etat pour la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, lance une grande opération "Baptisez les oursons"!» Chacun peut proposer des noms pour baptiser les oursons de Hvala nés cet hiver.

Dans un communiqué, la ministre de l'Ecologie Nelly Olin "se réjouit de la naissance de deux oursons" dans les Pyrénées, une "bonne nouvelle en faveur de la biodiversité". Selon l'Equipe Technique Ours, entre 15 et 20 plantigrades évoluent aujourd'hui dans le massif pyrénéen.

L'ADET rappelle que de tout temps les hommes ont baptisé des ours dans les Pyrénées :

  • Palouma, Franska, Hvala, Balou et Sarousse, les 5 ours relâchés en 2006.
  • Ziva, Mellba, Pyros, Boutxy, Caramelles, Néré, les ours lâchés en Pyrénées Centrales en 1996-1997 et leurs descendants.
  • En 1840, Dominique, ou Gaspard, étaient considérés comme les plus gros ours ayant jamais vécu dans les Pyrénées.
  • Mais encore Papillon, Juliette, Claude, Pyrène, Chocolat, Cannelle.

L’ours a toujours été assez proche de l’homme pour que nous ressentions le besoin de les baptiser individuellement. Perpétuer cette tradition, avec des moyens modernes, est une manière de faire vivre la culture pyrénéenne. Voilà une bonne nouvelle pour les associations de défense de la tradition pyrénéenne, qui bien sûr vont... regretter ces naissances de petits ours.

La France à la chance de pouvoir adopter deux petits oursons en 2007. Deux autres petits "Knut". HVALA à la Slovénie pour ce beau cadeau (prononcer "Walla", ce qui signifie "Merci" en slovène), à Nelly Olin pour sa perséverance et félicitation à la Commune de Melles et à Carla BRUNI et Stéphane SANSEVERINO qui parrainnent l'ourse Hvala.

23 avril 2007

Pourquoi la buvette publie les résultats des élections présidentielles avant 20 heures

Resultats_elections_avant_20hConnaître les résultats des élections présidentielles avant 20h: vous avez été nombreux, en France, à vouloir connaître les résultats des élections présidentielles avant l'heure fatidique, à consulter et à faire sauter les serveurs web de la plupart des sites d'informations belges et suisses. Il m'a été impossible de consulter un seul journal belge en ligne : "Le soir", "La libre", "a DH", tous les principaux journaux étaient bloqués dès 17 heures..

La buvette des alpages, site belge hébergé en Hollande a joué son rôle de blog citoyen et a publié les estimations puis les résultats donnés par la RTBF. Pourquoi est-il possible de se procurer les résultats? Parceque les sondages et les résultats sont communiqués aux agences de presse étrangères, qui elles ne sont pas soumises à la loi française. Si la France désire garder ces informations secrètes, elle doit contrôler... les sources d'information et pas les journalistes.

Le pic des visites se situe bien évidement entre 18 et 19h. Visiblement vous vous êtes passé le mot : vous êtes plus de 4 000 a être passé à la buvette, principalement avec l'expression clé « Résultats des élections présidentielles » ; expressions qui a représenté 30% des entrées depuis Yahoo et Google. Pas mal de liens sur les forums ont permis de répendre l'url de votre source de résultats.

Tremblante et bestnoitiose préoccupent les éleveurs alpins

La tremblante du mouton

La "tremblante" du mouton était hier au centre des préoccupations des éleveurs réunis à Marcoux à l'occasion de l'assemblée générale du Groupement de défense sanitaire agricole. Il en existe trois formes et, heureusement, les deux formes observées dans le département ne présentent pas de danger pour l'homme.

Mais les conséquences n'en sont pas moins dramatiques, notamment sur le plan économique. Deux cas de tremblante atypique (la forme la plus bénigne) ont été observés à 2006. C'est peu, mais les conséquences ont été considérables: pour neuf élevages, 18 000 génotypages (pour repérer les bêtes sensibles) ont été réalisés et 5000 bêtes ont été abattues pour un coût total de 1,4 million d'euros.

"La police sanitaire mise en place dans ces troupeaux nous paraît disproportionnée", estiment les éleveurs qui espèrent la mise en place d'un allégement de la réglementation qui éviterait des pertes animales inutiles et un gaspillage financier. "La Commission européenne propose des mesures allant dans ce sens; espérons que notre ministère de tutelle voudra bien les suivre", a insisté le président Jean-Luc Fabre.

La bestnoitiose

Autre sujet de préoccupation, chez les éleveurs bovins cette fois, la bestnoitiose, une maladie encore peu connue, due à un parasite vraisemblablement transmis par les piqûres de taons, qui se développe de façon inquiétante. Elle provoque notamment des fièvres, des oedèmes de la peau et évolue vers la mort de l'animal. En l'état actuel des connaissances, elle ne semble pas transmissible à l'homme.

Au total, depuis l'été 2005, 292 cas ont été détectés sur le département. Plus inquiétant: sur 96 troupeaux visités par les vétérinaires, 57 se sont révélés infectés soit 59%! Les éleveurs souhaitent donc que les pouvoirs publics renforcent les recherches sur cette maladie et sur les moyens de lutte qui pourraient être développés à l'avenir.

Par André-Denis Mousset

22 avril 2007

Résultats du premier tour des élections présidentielles dès 18h*

Cette page est mise à jour en live en fonction des infos radio et télé belges. (Chiffres en %)

Candidats
(alphabétique)
Partis 18h00 18h52 19h00 19h44 20h00
Bayrou François (UDF) 17 17-20 18,6 18,06 18,3
Besancenot Olivier (LCR) 4,7 4,7 4,5
Bové José (-) 1
Buffet Marie-Georges (PCF) 2
de Villiers Philippe (MPF) 2,5
Laguillier Arlette (LO) 1,5
Le Pen Jean-Marie (FN) 13 10-12 10,8 10,8 11,5
Nihous Frédéric (CPNT) 1,5
Royal Ségolène (PS) 23-26 25-26 26,20 26,02 25,2
Sarkozy Nicolas (UMP) 27-30 29-30 29,15 29,15 30,0
Schivardi Gérard (CDM) 0,5
Voynet Dominique (Les Verts) 3 1,5
Participation 73,8 86,5 85

20h00
Et voilà. On ferme. Revenez quand vous voulez. 19086 visiteurs, va falloir agrandir la buvette ;-)
Rendez-vous au second tour.

C'est bizarre cette impression que j'ai d'émettre avec un émetteur pirate des messages destinés à mes voisins que j'aime. La France est-elle occupée, en guerre? Ce n'est pas "Ici Londres", mais "Ici Louvain-la-Neuve". Y a t-il un seul français qui a changé son vote parce qu'il a lu les résultats dès 18h? Aux Etats-Unis, les résultats des Etats sont annoncés au fur et à mesure et chacun a la possibilté d'en tenir compte. Les français sont-ils plus cons que les autres? Ce compte à rebours à 20 heures est ridicule. Internet est un média rapide, immédiat, facile, libre. Votre loi me semble comment dire..., désuette. Mais on vous aime bien quand même. Amicalement, de Belgique. Merci pour vos messages de sympathie.

19h56
18 500 visiteurs un peu avant 20h. Merci d'être passé. A 20h, vous aurez tous les résultats.

19h51
Effondrement des petits partis. Seul Besancenot s'en sort relativement bien. Les journalistes belges se retiennent de donner tous les chiffres. Les invités français "marchent sur des oeufs". C'est un peu ridicule. L'heure de fermeture des bureaux est reportée, il reste des filles devant plusieurs bureaux.

19h42
C'est la fête au QG du PS.  On se demande comment vont se répartir les voix de Le Pen, de Bayrou et des autres candidats qui ont eu de biens petits résultats, un réservoir protestataire bien faible. 3% pour Voynet...

19h30
Participation, du jamais vu depuis 1965. Le Pen, la fin d'une époque. L'extrème gauche n'est pas brillante non plus. L'écologie et CPNT: je n'ai encore eu aucun chiffre.. La buvette a déjà vidé son bar, vous êtes 16.000 à être déjà passé aujourd'hui, 74% des visiteurs viennent de France.

19h23
Bernard Debré (le fils), partisan de Sarkozy invite les électeurs de Bayrou à voter pour ...Sarkosy. Au PS, on a le sourire mais on aimerait que l'écart soit faible (-de 3%) et que le cap psychologique des 30% ne soit pas atteint pour Sarkosy. D'autres sondages donnent Le Pen 3ème et Bayrou 4ème. Les visages sont tristes chez Le Pen. Une période semble se terminer...

19h10
10,55% de voix pour les "petits candidats" (Bové, Buffet, de Villiers, Laguillier, Nihous, Schivardi, Voynet). Pas de doute, les français ont voté utile! Les résultats viennent des circonscriptions tests qui étaient proches des résultats réels.

19h00
Les infos. On estime sur base de la participation à 17h que l'on va arriver à une participation de 86%. Besancenot est en tête des candidats d'extrème gauche. On se demande déjà si François Bayrou va donner des instructions pour le 2ème tour? Tous les sites belges d'infos sont surchargés.

18h52
Des résultats de bureaux dépouillés maintenant, plus ds sondages.

18h46
"Il semble que le duel tant attendu aura bien lieu." Vous êtes tous là : 13 400 visiteurs, les stats explosent. Il semble qu'il soit difficile de suivre la presse Web...

18h38
Bayrou ne sera pas au 2e tour. Pas encore de nouvelle estimation. Ce sont encore des sondages à la sortie des urnes. Abstention 15%, un chiffre très bas. Que du blabla. J'attends plus de chiffres.

18h10
Sondage à la sortie des urnes. Participation très élevée à 17h. Fiabilité? Personne n'ose se mouiller. Les sites Internet belges d'informations sont "down". Impossible de lire les chiffres sur le net. Je fais donc ce que je peux avec la radio et j'attends la fin des infos sportives... ;-)

*Source : RTBF (Télévision belge) et La Première (Radio belge)

L’efficacité des parcs de pâturage électrifiés en zone à loups

Dans certains parcs ayant subi des attaques de prédateurs, quelques disfonctionnements électriques ont été constatés (conducteur rouillé, isolateurs cassés, un seul fil conducteur sur les deux prévus,…) pouvant expliquer leur inefficacité. De la pose à leur visite et leur contrôle annuel, les clôtures électriques nécessitent une attention toute particulière. Tous les paramètres sont importants que ce soit la puissance de l’électrificateur, la qualité de la prise de terre ou la qualité des conducteurs.

L’histoire de la contention des animaux, grâce à des parcs électrifiés, remonte à l’après deuxième guerre mondiale. Le matériel et les modes de montage des parcs ont, depuis, beaucoup évolué. Jusqu’à aujourd’hui, le monde de l’élevage maîtrisait bien ce mode de gardiennage. L’arrivée des loups a remis en cause cette pratique.

L’efficacité des parcs de pâturage électrifiés en zone à loupsEn effet, si nous savons contenir les animaux d’élevage, nous avons des difficultés pour nous préserver des agressions et intrusions venant de l’extérieur du parc comme l’ont montré les attaques à l’intérieur des parcs de protection (4 fils ou filets). La spécificité des parcs électriques comparée aux autres types de clôtures (grillage, barbelé,…) est la présence d’électricité dans les conducteurs et l’effet dissuasif de la douleur que ressentira l’animal à son contact.

Pour vérifier son efficacité nous avons tenté de vérifier le niveau d’électrification sur les clôtures existantes dans le Dévoluy. Durant le printemps et l’été 2006, une série de mesures électriques ont été enregistrées sur le voltage et l’énergie (joules) présents dans les clôtures. Ces mesures ont été faites avec des voltmètres et des joulimètres vendus dans les magasins d’approvisionnement ou les coopératives agricoles. Les filets électrifiés et les clôtures 4 fils sont les deux types de clôtures les plus utilisés et sur lesquelles nous avons effectués les tests.

Les filets se sont révélés les meilleurs conducteurs. Certainement parce qu’ils étaient toujours en bon état contrairement au clôtures 4 fils. Les électrificateurs d’au moins 5000 volts et 0,5 joules ont donnés les meilleurs résultats. Les prises de terre de 1 mètre en acier galvanisé ont elles aussi donné de bonnes réponses électriques. La qualité de la clôture relève d’un ensemble de conditions qui, cumulées, assurent une bonne électrification.

Sans être efficaces à cent pour cent, les clôtures électriques, bien implantées, liées à d’autres moyens de protection (chien de protection) doivent être des outils de protection permettant le pâturage hors la présence des éleveurs.

Pour plus de renseignements :
cerpam0405@free.fr

Lettre 20 du CERPAM /1er trimestre 2007
CERPAM - Centre d'Etudes et de  Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée
pour la gestion des espaces naturels par l'élevage
Route de la Durance - 04100 MANOSQUE - Téléphone :          04 92 87 47 54       - Télécopie : 04 92 72 73 13

Lire aussi :

Quelles sont les moyens de protection mis à disposition des éleveurs pour protéger leurs troupeaux ? Interview de Robert WOJCIECHOWSKI par Christophe CORET, président de l’association AVES FRANCE.

Voir : Compagnie des jardins, clôtures - Applications sur l'environnement

Les troupeaux contribuent à restaurer des terrains après les incendies dans les Alpilles

Bouches du Rhône - Suite à l’incendie de 2003 ayant touché les communes d’Eygalières, Aureille, St-Martin de Crau et Eyguières, la décision avait été prise par les élus des Alpilles, regroupés au sein de l’Agence Publique du massif des Alpilles, de réaliser des travaux de Réhabilitation des terrains incendiés (RTI 2003) sur les communes d’Aureille et Eyguières. Dans ce cadre, le CERPAM a été sollicité en 2005 pour réaliser l’expertise du volet pastoral. Il s’agissait de formaliser des propositions d’aménagement et d’utilisation pastorale, répondant aux différents objectifs identifiés (protection contre l’incendie, gestion des milieux naturels, intégration paysagère) sur des secteurs délimités préalablement. Cinq projets avaient été proposés, concernant des installations de citernes mixtes à usage pastorale et DFCI, de citernes pastorales et de clôtures.

La maîtrise d’oeuvre de la RTI 2003 a débuté à la fin de l’année 2006 et est assurée par la Société du Canal de Provence (SCP). Le CERPAM y participe en tant qu’assistant technique à la réalisation d’ouvrages pastoraux.

Dans le cadre de cette maîtrise d’oeuvre, le choix de l’emplacement de chaque ouvrage mobilise un partenariat fort entre les forestiers sapeurs, l’Agence Publique du Massif des Alpilles, le CERPAM et l’éleveur concerné. Par exemple, dans le cas de l’installation d’une citerne mixte, l’emplacement précis est décidé sur le terrain par concertation entre les forestiers sapeurs ayant l’expérience de l’incendie de 2003 et l’éleveur utilisateur du site. Cette réflexion commune entre les différents utilisateurs d’un équipement en amont de son installation est décisive pour le bon fonctionnement ultérieur. Elle est possible et efficace dans un site telle que les Alpilles car le pastoralisme y occupe une place de choix, son action dans la prévention des incendies étant reconnue et recherchée tant par les professionnels du feu que par les élus locaux.

Pour plus de renseignements :
s.debit@bouches-du-rhone.chambagri.fr

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Les actes du séminaire «Loup–Elevage, s’ouvrir à la complexité» viennent de paraître

CERPAM : Loup - élevage, s'ouvrir à la complexité. Les actes du séminaireCERPAM : Les actes du séminaire technique «Loup–Elevage, s’ouvrir à la complexité» des 15 et 16 juin 2006 sont désormais sous presse.

Cet ouvrage de 270 pages, richement illustré, restitue les communications présentées lors de ces deux journées qui ont réuni près de 200 personnes. Ce séminaire, réalisé par le CERPAM, le SIME et l’Institut de l’Elevage dans le cadre de l’Unité Commune de Programme «Pastoralisme Méditerranéen», présentait les résultats du programme de recherche PREDATION mené depuis 4 ans, auquel étaient associés de nombreux partenaires techniques et scientifiques : INRA, DDAF, ONCFS, OREAM, Parcs naturels régionaux.

les actes du séminaire «Loup–Elevage, s’ouvrir à la complexité» ont l’ambition de devenir l’ouvrage de référence des connaissances acquises par le monde de l’élevage concernant les problèmes posés par la présence de loups sur les activités d’élevage dans les montagnes méditerranéennes. Les techniques de protection progressent, mais leur mise en oeuvre soulève de nouveaux problèmes sur la gestion des troupeaux et des espaces naturels. Cet ouvrage en dresse le panorama. Il se veut le témoignage de l’engagement des éleveurs à trouver les meilleurs compromis entre bonne gestion pastorale et protection des troupeaux, mais il met aussi en lumière les limites d’une politique d’accompagnement de présence du loup qui passe certes par un soutien fort aux activités pastorale, mais ne se donne pas de réel moyen d’action sur la population alpine de loups. La publication de cet ouvrage doit ainsi servir à l’amélioration du dialogue sur le sujet toujours difficile du loup, sur la base d’une meilleure compréhension de la mise en cause que sa présence représente pour le pastoralisme et la gestion des milieux naturels.

« Loup – Elevage, s’ouvrir à la complexité ».
Actes du séminaire technique des 15 et 16 juin 2006, Aix-en-Provence.
Coordination Laurent Garde.
Ouvrage 22,5 x 22,5 cm, quadrichromie, 272 p.
Disponible auprès du CERPAM à partir du 15 février au prix de 25 €

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Mise en place du programme «Chiens de protection » piloté par l’Institut de l’Elevage

Chien_de_protection_2Durant les dernières années, face à l’expansion continue des grands prédateurs, le nombre des chiens de protection présents dans les troupeaux s’est rapidement multiplié, en soulevant des interrogations inédites quant à l’origine de ces animaux, à leurs conditions d’introduction dans les élevages, à leur comportement vis-à-vis des divers usagers des territoires pastoraux.

Pour traiter ces questions, un programme de travail de portée nationale est mis en oeuvre, à la demande de la Profession agricole, et avec le concours financier du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Sa réunion de démarrage s’est tenue le 9 novembre 2006 à Montpellier. Dans sa première étape, prévue jusqu’à l’été 2007, il vise:

  • d’une part, à recenser les chiens de protection, leurs détenteurs, et autant que possible leur filiation ;
  • d’autre part, à mettre au point et tester des protocoles d’évaluation des chiens sur leur efficacité au travail et leur non agressivité à l’homme.

Ce programme est piloté par l’Institut de l’Elevage, en collaboration avec la Société Centrale Canine. Pour sa réalisation, il mobilise les techniciens chargés de la protection des troupeaux contre les grands prédateurs, dont notamment ceux relevant des DDAF dans le massif des Alpes, les associations d’utilisateurs de chiens, ainsi que des experts cynophiles et éthologues au sein de son comité scientifique.

Pour plus de renseignements :
cerpam.manosque@wanadoo.fr

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Exposition Faune sauvage à la Cité des sciences et de l’industrie de La Villette

Médiathèque Pôle Enfance du 3 avril au 20 mai 2007

En partenariat avec les Editions Hesse et les Parcs Nationaux de France, l’exposition Faune sauvage donne à voir la beauté et la variété de la faune sauvage française. La médiathèque souhaite ainsi sensibiliser les enfants à la diversité et à la protection des espèces sauvages qui font la richesse des Parcs nationaux français, réserves de la biosphère.

La protection de la faune sauvage s’inscrit dans les préoccupations actuelles du développement durable. Il importe de faire comprendre que la préservation des milieux et des espèces, contribue à l’équilibre de la Terre. Attirer l’attention des enfants sur les espèces sauvages est en effet un moyen d’assurer leur défense.

L’exposition se compose de76 aquarelles, pastels et dessins de Jean Chevallier, Denis Clavreul, Patricia Legendre et Jacques Rime qui ont servi à illustrer les neuf albums de la collection Faune sauvage, publiés aux Editions Hesse* et de dix sculptures (bronze et terre) réalisées par Laurence Leplay. Autour de cette mise en valeur d’œuvres et de livres, les médiathécaires proposent un programme d’animations multiforme pour petits et grands. Séances de contes, projections de films, rencontres avec des artistes animaliers et des spécialistes de la faune sauvage, seront les temps forts de cette exposition.

*La collection Faune sauvage, publiée aux Éditions Hesse, invite à découvrir les espèces animales qui font la richesse et l'originalité des Parcs nationaux de France, paradis de l'aigle royal, du gypaète, du chamois, de la marmotte ou de l'hermine. Cette collection est réalisée avec le concours des Parcs nationaux de France et de la Fondation Dexia Crédit Local.

Les neufs albums publiés : Lynx, Loup, Ours, Marmotte, Chamois, Dauphin, Gypaète, Aigle, Puffin.

Mathieu Krammer: Franska voyage

par Mathieu Krammer

L’ourse Franska, 7 ans en 2007, s’est réveillée au début du mois d’avril. Plusieurs éléments laissaient penser qu’un heureux évènement se préparait. Il n’en est rien, la belle slovène n’est pas suitée et a quitté le massif où elle a passé l’hiver, définitivement, provisoirement ?

Franska a mis le cap à l’Est! Retour sur la vie pyrénéenne de l’ourse Franska depuis son arrivée il y a un an.

Nombreux et longs déplacements de Franska d’avril à juin 2006

Après son lâcher sur la commune de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) le 28 avril 2006, Franska s'est d’abord déplacée vers l’est, sur la commune de Campan.
Rapidement, elle change de cap pour réaliser un grand déplacement vers l’ouest jusqu’en vallée d'Arrens (commune d’Arrens-Marsous). Elle a continué son périple vers le sud, jusqu'en vallée de la Tena (Aragon). Puis, elle repart plein nord, passe par la région de Cauterets, pour finalement arriver en haute vallée d’Aure où elle restera quelques jours à la fin du mois du mai. Elle remonte ensuite une nouvelle fois vers le nord, via la vallée de Luz-Saint-Sauveur cette fois et arrive dans la région de Lourdes le 31 mai. Elle continue ensuite son excursion vers l'ouest, pour aboutir aux portes de la vallée d'Ossau (Pyrénées-Atlantiques), sur la commune de Louvie-Juzon le 3 juin.

Franska se cantonne dans le massif de Pibeste depuis juin 2006

Finalement, à partir de cette date, elle s'est installée un peu plus à l'est, entre Béarn et Bigorre, à cheval entre la vallée d'Ouzoum, le massif d'Estibète (Pyrénées-Atlantiques) et le massif de Pibeste (Hautes-Pyrénées). C'est ici, plus précisément à la limite entre les communes de Saint-Pé-de-Bigorre et de Salles, que l'ourse Franska est entrée en dormance hivernale dans le courant du mois de décembre 2006.

Franska est-elle suitée?

Dans la semaine du 2 au 8 avril 2007, Franska sort de sa tanière. La première question qui vient à l’esprit de tout le monde, « pro » ou « anti » est: est-elle suitée ?
Comme dit plus haut, bien que sa capture ait eu lieu très tôt dans la saison du rut, plusieurs éléments pouvaient laisser espérer une mise bas au cours de l’hiver :

  • Elle s’est cantonnée sur son site de tanière très tôt dans la saison, dès la mi-novembre.
  • Franska en est sortie relativement tardivement - début avril - c’est-à-dire beaucoup plus tôt que l’ourse Sarousse par exemple, qui a repris ses activités à la mi-mars. Pour rappel, l’ourse Mellba, qui a mis bas 3 oursons durant l’hiver 1996/1997, était sortie d’hibernation le 4 avril 1997 après 132 jours d’hibernation.
  • Enfin, lors de la première semaine de sortie, elle n’a effectué dans un premier temps que des petits déplacements nocturnes dans les environs immédiats de sa "tûte", entre les communes de Saint-Pé-de-Bigorre, de Salles et de Ségus.

Puis, la semaine suivant sa sortie, elle multiplie les déplacements, toujours sur le même massif du Pibeste, mais de plusieurs kilomètres à chaque fois, entre les communes de Salles, Saint-Pé-de-Bigorre, Ségus, Ouzous et Agos-Vidalos.

L’absence d’oursons confirmée

C’est alors que les premiers doutes apparaissent. En effet, lorsqu’ils sortent de leur tanière, les oursons ont moins de 3 mois, ils ne pèsent pas plus de 6 kg et sont encore très fragiles. Pendant quelques semaines, la famille bouge peu et reste cantonné dans les environs immédiats du site de tanière (dans un rayon de quelques kilomètres autour de la tanière). Par la suite, plusieurs éléments viendront confirmer la non présence d’oursons au côté de l’ourse Franska. Le 11 avril 2007 au soir, une première observation visuelle de Franska est réalisée sur la commune d’Agos-Vidalos. Elle était seule.

Des déplacements de grande ampleur en 2007 pour Franska?

Après une dizaine de jours passés sur le massif du Pibeste où elle est cantonnée depuis juin 2006, Franska décide de rejoindre le massif, proche à vol d’oiseau, d’Hautacam, à l’est de son territoire «habituel ».

Dans la nuit du 15 au 16 avril, elle a donc traversé la vallée de Luz, entre Lourdes et Argelès-Gazost, en passant de sa rive gauche (massif du Pibeste) à sa rive droite (massif d’Hautacam-Montaigu).

Le gave de Luz ayant un débit très important à cette période de l'année, elle n'a pas pu le franchir et a dû discrètement emprunter un pont le traversant, comme elle l'avait fait au printemps dernier! Ce déplacement, s’il n’a rien d’anormal et au contraire prouve la grande discrétion des ours et leurs capacités à s’affranchir des activités humaines, prouve également qu'elle n’est pas suitée car aucun animal ne prendrait le risque de s’approcher si près des hommes et des leurs infrastructures avec des jeunes de quelques mois.

Le 16 avril, elle est repérée sur la commune de Gazost. Du 18 au 20 avril, elle se trouve désormais encore un peu plus à l'est sur ce massif de Montaigu, entre les communes de Bagnères-de-Bigorre et de Campan, c’est-à-dire à l’est de son site de lâcher.

Comment expliquer les voyages de l'ourse Franska

Comment expliquer ce déplacement d’une vingtaine de kilomètres, quasiment en ligne droite, du massif de Pibeste où elle était installée depuis juin 2006 vers la commune de Campan qu’elle a fréquenté les premiers jours suivant son lâcher? On pourrait penser que les prémices du rut l’incitent à parcourir de nombreux kilomètres à la recherche d’un partenaire. Les spécialistes nous en diront certainement plus, mais il semble que ce genre de comportement s’observe essentiellement chez les mâles, qui n’hésitent pas à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres à la recherche d’une femelle.

Plusieurs hypothèses peuvent être échafaudées : Personnellement, je pencherai plutôt sur le fait que Franska retourne sur les territoires qu’elle a occupé à la même époque il y a un an, à une saison où la ressource alimentaire est très peu abondante. Peut-être préfère-t-elle retourner sur des zones où elle sait qu’elle y trouvera tel ou tel type de nourriture.

Et puis, peut-être sommes-nous en train de chercher midi à quatorze heures et qu’elle a tout simplement envie de se dégourdir les pattes en ce doux printemps après son long sommeil hivernal! D’ailleurs, si elle est désormais plus près du noyau central que du noyau occidental, elle peut tout à fait faire le chemin inverse et se retrouver, dans 3 jours, du côté du Pibeste ou de l’Estibète …

Mathieu Krammer
Leis oursoun – Carnivores et rapaces

21 avril 2007

Claude Allègre : sa "vérité pour la planète" bien isolée

Claude Allègre suscite la colère des climatologues français depuis la publication de sa chronique du 21 septembre dans l'hebdomadaire L'Express. Le géophysicien Claude Allègre, rompant avec le consensus qui prévaut chez les spécialistes de l'évolution du climat, développait dans son texte l'idée selon laquelle les changements climatiques actuels ne sont pas le signe d'un réchauffement global de la Terre. Et, surtout, que la cause de ces changements demeure inconnue. En réponse, plusieurs climatologues ont adressé, mardi 3 octobre, une courte lettre de protestation à l'Académie des sciences, à l'Institut national des sciences de l'univers (INSU), au ministère de la recherche ainsi qu'à L'Express.

Claude_allegre_2 Claude Allègre remet celà avec" Ma vérité sur la planète"

Présentation de l'éditeur

"Une fois encore, nécessité oblige, Claude Allègre remet les pendules à l'heure car, s'il est inopportun pour l'avenir de notre société d'accorder le moindre crédit aux marchands d'illusions, il est tout aussi urgent de mettre un frein aux pleurnicheries écologiques. En bon pédagogue, après avoir fustigé, il nous propose un calendrier de propositions. Parmi celles-ci:

  • développons les OGM qui permettront aux plantes de résister à la pénurie d'eau et d'éviter les engrais ;
  • reconquérons la biodiversité dans nos rivières et nos forêts ;
  • encourageons une architecture économique combinant énergie solaire, pompe à chaleur et domotique ;
  • imposons la voiture hybride ou électrique ;
  • accélérons l'utilisation des piles à hydrogène.

Vive l'écologie moteur de la croissance ! A bas l'écologie de la peur et du déclin ! "

Les certitudes de Claude Allègre

par Marion Festraëts (L'express)

Voici donc le deuxième livre de Claude Allègre, cuvée 2007; millésime prometteur, après les trois opus de 2006. Il se vante de l'avoir rédigé en deux mois. On le croit. Il voudrait clouer le bec à Nicolas Hulot. Pourquoi pas? Mais pour quoi faire? Pour «mettre un frein aux pleurnicheries écologiques» et faire taire la «secte verte», si inquiète du changement climatique.

Claude Allègre, qui fut chroniqueur à L'Express, s'obstine à prétendre que l'homme n'est pour rien dans le réchauffement actuel, si tant est qu'il existe. Peu lui importe que la communauté des climatologues l'ait démontré. Son argument massue? Comment «prédire le temps qu'il fera dans un siècle, alors qu'on ne peut pas prévoir celui qu'il fera dans une semaine»?

On attendrait d'un éminent scientifique qu'il ne fît pas semblant de confondre climat et météo. Or son système d'argumentation repose sur la caricature grossière des thèses de ses adversaires, voire la présentation tronquée de leurs travaux. Parce qu'il estime que le consensus scientifique est une aberration en soi, l'ancien ministre, se posant en Galilée moderne, fait de sa position marginale l'indice même de sa crédibilité. Il préfère avoir tort tout seul que raison avec les autres. Nonobstant, il n'est pas toujours dans l'erreur, notamment lorsqu'il pronostique la multiplication d'événements climatiques extrêmes. Mais, même alors, il feint l'isolement pour adopter la posture du pionnier ou du martyr - ce qui peut devenir agaçant.

20 avril 2007

Rencontre intermassifs à Serres sur Arget

Communiqué de l'ASPAP, Association de Sauvegarde du Patrimoine Ariège Pyrénées.

Un pas décisif. Un grand jour! Après une première réunion fondatrice en Décembre 2006 à Serres sur Arget en Ariège, la  rencontre inter-massifs organisée ce 16 avril à Serres (Alpes du Sud), réunissant 250 personnes autour de la question du retour des grands prédateurs, a tenu toutes ses promesses.

Autour des éleveurs et de leurs représentants, cette journée de travail a rassemblé, et c'est une première, les différents acteurs et usagers de l'espace montagnard : associations de protection du pastoralisme et de la faune sauvage, associations de défense du patrimoine naturel et culturel montagnard, groupements de chasseurs notamment.

Venus des Pyrénées, des Alpes, du Massif Central, de Suisse, soutenus par leurs homologues espagnols, ils ont fédéré leurs énergies pour mettre en place une stratégie commune de défense face au retour et au développement inconsidéré des populations de loup, d'ours et de lynx.

Dans un brillant exposé "Loup, ours, vers un ensauvagement des montagnes ?", le CERPAM (Centre d'Etudes et de Réalisation Pastorales Alpes-Méditerrannée) a analysé, chiffres et perspectives à l'appui, la problématique de ce retour des grands prédateurs : A court terme, c'est bien le maintien des pratiques pastorales traditionnelles qui est menacé, le même pastoralisme dont "le rôle majeur pour la préservation de la biodiversité" est reconnu par le Ministère de l'Environnement lui-même (Plan de restauration ours brun 2006).

Sur ces bases, les participants ont réaffirmé leur volonté de défendre des modes de développement durables basés sur des formes d'élevage respectueuses de la biodiversité et des besoins des consommateurs, de continuer ainsi à façonner des montagnes entretenues, sécurisées, vivantes, accueillantes pour tous les usagers de la montagne, source d'activités et d'emploi.

Pour cela, ils vont dynamiser l'Association Européenne de Défense du Pastoralisme contre les prédateurs, qui siège à la commission permanente de la Convention de Berne.

Leur volonté commune est également exprimée dans une motion adoptée à l'unanimité qui sera présentée aux deux candidats en liste pour le second tour de l'élection présidentielle.

La France est à l'heure des choix. Nous demandons à chacun des candidats à la Présidence de la République de s'engager clairement sur une vision d'avenir pour des montagnes vivantes et actives, contre l'ensauvagement de l'espace de vie montagnard.

Motion adoptée par les participants de la rencontre intermassifs
Serres, le 16 avril 2007

Pour des montagnes vivantes et actives, contre l'ensauvagement de notre espace de vie. Dans les Alpes et les Pyrénées, le retour ou l'importation des prédateurs, ours, lynx et loups, traduit une volonté d'ensauvagement des massifs que nous refusons. Le développement inconsidéré des populations de grands prédateurs concerne aujourd'hui tous les massifs: Alpes, Pyrénées, Jura, Massif Central, Vosges…

A l'inverse de cet ensauvagement, l'élevage extensif et le pastoralisme doivent rester la base de l'avenir de nos montagnes. Ces activités essentielles relient deux objectifs prioritaires dans les textes internationaux (FAO, Union Européenne notamment):

  • assurer un mode de production respectueux de l'environnement comme du consommateur ;
  • façonner une montagne accueillante aux autres usagers, touristes, chasseurs, randonneurs, amateurs de nature…

En montagne, la richesse patrimoniale de l'élevage extensif repose essentiellement sur des races locales, rustiques, adaptées à leurs milieux, et sur le savoir-faire séculaire des hommes. Ainsi, la biodiversité est le résultat du travail des hommes, tout autant que de la nature. Ce patrimoine naturel et culturel est aujourd'hui menacé au nom d'espèces sauvages devenues emblématiques: loup, lynx et ours sont l'arbre qui cache la forêt de la biodiversité.

Ces espèces sont imposées sans réelle concertation avec les populations concernées: la seule négociation porte sur la dégradation des activités d'élevage qui en résulte. En Europe, face à de semblables difficultés, Suisse, Espagne, Slovénie, Roumanie, Norvège, Grèce, Finlande régulent ces populations et légitiment la défense des troupeaux attaqués.

Les soussignés affirment leur volonté de continuer des modes de développement durable basé sur des formes d'élevage respectueuses de la biodiversité et des besoins des consommateurs, de continuer ainsi à façonner des montagnes entretenues, sécurisées, vivantes, accueillantes aux visiteurs et supports d'activités et d'emplois.

Ils demandent aux candidats de s'engager sur:

  • l'adoption par l'Etat Français, de la «Charte Européenne de la montagne»
  • l'évolution de la législation européenne sur les grands prédateurs, beaucoup trop contraignante et inadaptée à l'explosion incontrôlée des populations de prédateurs sauvages
  • la transparence de l'information et l'association des populations locales et de leurs représentants aux décisions de gestion de l'espace montagnard
  • le droit de défense des troupeaux, qui passe par une autorisation de tir sur les prédateurs qui les approcheraient
  • l'arrêt définitif de toute introduction de prédateurs
  • la prise en compte des us et coutumes
  • la fin de l'anormale proximité entre l'administration de l'environnement et les milieux associatifs écologistes dont elle est en partie issue.

ASPAP

14 avril 2007

Questions à Maître François Ruffié, avocat de la Sepanso

La buvette des alpages a posé quelques questions à Maître François RUFFIÉ, avocat de la SEPANSO dans le dossier René Marquèze/Cannelle.

La buvette : L'arrêt "René Marquèze" pris le 6 avril par la Cour d'Appel de Pau a suscité assez peu de réactions. Que pensez-vous du «vice de forme» invoqué par Me Thierry Sagardoyotho, avocat de René Marquèze ?
François RUFFIÉ : La nullité arguée par Me Thierry Sagardoyotho ne fait pas grief à son client. La publicité des débats ne gêne en rien le prévenu Marquèze, c’est même une garantie d’impartialité. Elle a été réclamée et aurait été bien utile dans d’autres affaires comme celle d’Outreau par exemple. Cela ne change en rien le fond du dossier, mais risque juste de retarder le procès de plusieurs mois. C’est peut-être d’ailleurs l’effet recherché.

La buvette : L’arrêt de la Cour d’Appel de Pau a été très bien rédigé. Il est bien documenté et argumenté dans les détails.
François RUFFIÉ : Effectivement, le texte est exemplaire. Avec de telles conclusions, la porte de sortie est étroite pour René Marquèze!

La buvette : Un proche des associations pastorales de "défense du patrimoine" déclare que "La haine et l'obstination qu'affichent les associations parties civiles au procès signent un arrêt total et immédiat de tout dialogue et toute collaboration. Toutes les associations locales de protection du patrimoine et les éleveurs refusent toute aide et indemnisation transitant par des associations dites "écologistes". C'est donc la fin de l'intervention dans le pastoralisme d'associations comme le FIEP". Qu’en pensez-vous ?
François RUFFIÉ : Pour arrêter un dialogue, encore faudrait-il qu’il ait commencé ! L’histoire récente de la gestion de l’ours en Béarn montre que l’IPHB a tout fait pour éviter le dialogue et imposer les vues de son président. Le résultat obtenu par l’IPHB est éloquent : les ours disparaissent. Dans d’autres régions de France, des fédérations de chasse confient la gestion de territoires à des associations come la LPO. La concertation entre les professionnels et les associations est régulière… sauf dans le Sud-ouest. Pourtant, même les pêcheurs du bassin d’Arcachon collaborent avec les écologistes pour vérifier que les boues de dragage du bassin soient rejetées en mer et pas dans le bassin où c’était nuisible pour les huitres et le milieu. En Béarn, l’IPHB n’a jamais voulu dialoguer et attaque l’Etat qui a arrêté de subventionner une institution inefficace. La SEPANSO est bien décidée à  soutenir l’Etat contre l’IPHB.

La buvette : Le dialogue avec le milieu du pastoralisme est-il impossible?
François RUFFIÉ : Tout débat social ou démocratique sous-entend une confrontation d’idées opposées, ce qui n’empêche pas la concertation et le dialogue. Les négociateurs sociaux parviennent bien à des accords depuis des années.

Les associations écologistes ne nient pas l’utilité des associations de bergers ou de chasseurs. Ils sont condamnés à s’entendre et à la gestion paritaire. Cette déclaration a visiblement un but incendiaire. Chaque partie doit prendre ses responsabilités et à le choix de la méthode pour être crédible et pour convaincre.

Lors de la reconstitution dans l’affaire Cannelle, les chasseurs ont traités publiquemenr les avocats des associations environnementales d’ «enculés de parisiens». Il faut qu’ils se rendent compte qu’ils n’ont aucun monopole sur la montagne. Ils ne sont pas les seuls à participer à la gestion du milieu montagnard. Aucun des chasseurs qui participaient à la battue fatale à l’ourse Cannelle ne vit ou n’a vécu de la montagne : René MARQUEZE est retraité de l'équipement, Alain BONNEMAZOU est agent d'entretien, Francis CLAVERIE surveillant de nuit, Joseph HOSTA est gérant d'entreprise, André CEDET est agent de travaux à la DDE et Bernard CLAVERIE est retraité de France Télécom. Ce ne sont pas des métiers liés à la montagne. Traiter ceux qui n’ont pas les mêmes idées qu’eux d’ «enculés de parisiens», c’est faire de l’ostracisme, de l’ostra-racisme! Si tu n’es pas de ma vallée, voir de mon village, tu es un étranger, un «écologiste de salon».

La montagne appartient à tout le monde. Les touristes et les promeneurs respectent des règles : ils ne peuvent cueillir les plantes protégées, ni faire de feux. Les chasseurs qui sont aussi des «usagers» de la montagne n’ont pas de privilèges, ils ont les mêmes obligations que les autres usagers, voire plus.

La buvette : Pourquoi les chasseurs auraient-ils plus d’obligations?
François RUFFIÉ : Les chasseurs s’étaient engagés, afin de ne pas avoir d’interdiction de chasse en zone à ours à une «particulière prudence» et au minimum à prendre en compte les informations de localisation fournies par le réseau Ours. Ce qu’ils n’ont pas fait comme le montre bien les faits relatés dans l’arrêt de la cour d’appel de Pau. L’égalité doit être pour tous: pour les professionnels de la montagne, les estivants et les chasseurs. Chacun à des obligations à respecter. On a demandé aux chasseurs d’adapter leurs pratiques au milieu (les zones à ours) et à l’Etat de la faune (l’état de faiblesse de l'espèce protégée Ours des Pyrénées).

Les chasseurs en question forment une bande d’irréductibles qui refusent les adaptations au milieu naturel, à l’évolution des données scientifiques et écologiques voire même au respect de la loi républicaine.

La buvette : Frédéric Nihous, le candidat aux élections présidentielle du parti «Chasse, pêche, nature et traditions» qui est aussi le représentant des chasseurs annonce dans sa campagne qu’il est «l’adversaire des partisans de l’écologie répressive»...
François RUFFIÉ : Pourquoi l’écologie doit-elle parfois être répressive ? Si tous les usagers de la montagne s’inscrivaient dans un cadre consensuel et contractuel de la gestion et de l’utilisation du milieu, il n’y aurait pas besoin de «réprimer». Si tous les chasseurs et tous les éleveurs respectaient les lois, il n’y aurait pas besoin de réprimer. Mais si des irréductibles attisent la haine, saccagent des lieux publics ou privés, ne respectent pas les engagements contractuels et attaquent les personnes comme l’a été Gérard Caussimont, la seule solution, c’est la répression! Est-ce faire preuve d’intelligence politique que de soutenir des personnes irrespectueuses?

Il est extrêmement dommage qu’une minorité d’extrémistes porte atteinte à l’image de la majorité des professionnels de la montagne et des chasseurs qui sont respectueux de la nature, du milieu montagnard et de la loi.

Lire aussi

12 avril 2007

L'arrêt Marquèze ne passe pas pour tout le monde

Le futur procès de René Marquèze passe mal pour les ultras du pastoralisme. Me Thierry Sagardoyotho attaque pour "vice de forme" : l'ouverture des portes, un détail de procédure? Or, la publicité des débats ne gêne en rien le prévenu, ce serait même une garantie d’impartialité. Mais ils ne désirent sans doute pas l'impartialité. La nullité cynégétique est avérée, celle de procédure a moins de chances de prospérer que les ours des Pyrénées.

Louis Dollo, le célèbre guide du pays pastoral déclare que "La haine et l'obstination qu'elles affichent (ndlb: les associations parties civiles au procès) signent un arrêt total et immédiat de tout dialogue et toute collaboration. Toutes les associations locales de protection du patrimoine et les éleveurs refusent toute aide et indemnisation transitant par des associations dites "écologistes". C'est donc la fin de l'intervention dans le pastoralisme d'associations comme le FIEP". Est-il mandaté par les associations ultra-pastorales pour faire de telles déclarations incendiaires? Son intention est claire en tout cas. Ce printemps on vous met le feu! Et il parait que la buvette répend la haine...

Louis Dollo admet que le jugement fera jurisprudence et que nous serons "clairement fixé" sur ce que les chasseurs peuvent faire ou ne pas faire. N'y a-t-il pas des lois, aussi pour les chasseurs? Il est vrai que les chasseurs ont pris l'habitude d'une certaine... liberté avec la législation. Les exemples sont nombreux.

Pour le bouillant scribe de Lourdes-Infos et de Kairn, une condamnation de Marquèze deviendrait "un problème de liberté d'activités de loisir et professionnel sur les territoires (...)  le jeu est beaucoup plus dangereux pour les écologistes que pour les éleveurs et nécessitera une clarification sur le droit de chasse dans les Pyrénées sur les territoires de montagne où l'ours peut se trouver n'importe où sans que personne ne le sache."

Louis Dollo unit les chasseurs et les éleveurs, il pense que "les éleveurs et les chasseurs doivent pouvoir positiver une telle situation au détriment des écologistes." avant de, comme le faisait il y a quelques mois Augustin Bonrepaux, proférer quelques menaces prémonitoires : "attention, une condamnation trop lourde du chasseur pourrait entraîner une réaction violente difficilement appréciable aujourd'hui."

Rumeurs difficilement vérifiables, menaces difficilement appréciables, développements nébuleux, le spécialiste de l'approximation n'est pas meilleur avocat que journaliste. Il qualifie même les demandes de dommages et intérêt des associations de "totalement fantaisistes"  et de "tentative d'escroquerie légale". La justice suivra son cour, malgré les commentaires subtils de maître Louis Dollo.

L'ASPAP remet le feu sous la marmite

Dans "Le réveil de l'ourse Franska: l'espoir pointe le nez" je déclarais que tout le monde espérait la naissance d'oursons. J'étais optimiste...

Est-ce que tout le monde espère des naissances d'oursons? Non bien sûr, pas ceux qui  disent "défendre le patrimoine des Pyrénées". L'ASPAP ne défend que les intérêts personnels et corporatistes d'un pastoralisme en crise. Les ultras pastoraux ont d'ailleurs bien du mal en ce moment. l'ASPAP a publié son premier communiqué incendiaire, annonçant que les pyrénéens "ne voudront jamais de cette nature faussement sauvage, où le berger doit nourrir les ours importés à grands frais de leur Slovénie natale pour servir d'emblème aux Pyrénées" et de parler d'un "ensauvagement artificiel".

Les différentes associations sont occupées à essayer de serrer les rangs. Un rassemblement des éleveurs de France, de Suisse et d'Italie est prévu dans les Hautes-Alpes le 16 avril: une "rencontre européenne intermassifs" pour "envisager une réponse commune à la question du retour et des introductions en Europe des grands prédateurs." avant de conclure sur un lyrique "2006 avait vu la montagne se soulever, 2007 va voir les montagnes se rencontrer". On dirait un discours patrimonial en ipéhachebé de Jean Lassalle! Un tremblement de terre en perspective. Les Pyrénées vont-elles en sortir grandies? J'en doute.

Le réveil de l'ourse Franska: l'espoir pointe le nez

Après la mort de Palouma et la sortie d'hibernation sans oursons de Sarousse qui est maintenant en Haute-Garonne, le fait que l'ourse Hvala soit toujours en tanière est, après Franska, un autre espoir pour ceux qui sont attachés à la sauvegarde du reliquat de population ursine dans les Pyrénées : ce que tout le monde espère...

Hvala, le deuxième espoir en attente de confirmation

Alain Reynes de l'ADET croit qu'un enneigement tardif important aura sans doute prolongé son sommeil tout en ajoutant qu'elle pourrait aussi avoir des  oursons.

La semaine dernière, l’ourse Franska, la femelle relâchée à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées le 28 avril 2006 a montré les premiers signes d’activités nocturnes. Elle est en train de finir son hibernation et est restée dans les alentours immédiat de sa tanière située dans le massif du Pibeste (Hautes-Pyrénées), près de la frontière avec les Pyrénées-Altantiques a annoncé l'ETO (Equipe Technique Ours).

Situation hydrologique 2007 : amélioration de la sécheresse, mais pas partout

La ministre de l'écologie Nelly Olin a réuni le 10 avril dernier un comité national de suivi des effets de la sécheresse avec à la clé un constat plutôt rassurant pour les mois à venir.

Lors du précédent comité national sécheresse qui s'était tenu début mars, les données hydrologiques avaient laissé apparaître une situation préoccupante sur une large partie du territoire français, qu'il s'agisse des précipitations proprement dites, du niveau des cours d'eau ou des nappes phréatiques.

La sécheresse s'est depuis nettement améliorée grâce aux pluies et aux chutes de neige du mois de mars, en particulier sur le sud-ouest et le bassin parisien, les deux secteurs sensibles actuellement. Ces «pluies efficaces» ont été bénéfiques aux réserves d'eau, car elles sont intervenues à une période où le couvert végétal utilise une faible part des précipitations.

À l'ouest de la chaîne pyrénéenne, en Aquitaine et en Poitou-Charentes, la situation est pratiquement revenue à la normale. Il convient en revanche de rester vigilant dans le bassin parisien, dans la région lyonnaise et en PACA où des déficits de pluviométrie demeurent.

La prudence reste de mise

Carte_precipitationÀ l'est de la chaîne pyrénéenne (dans l'Ariège notamment) et sur le littoral corse, la situation reste même préoccupante du fait des faibles débits des cours d'eau. De la même façon, les grandes nappes souterraines du bassin parisien et du lyonnais affichent toujours des niveaux assez bas, résultat de quatre années de sécheresse.

Du côté des barrages, EDF indique que les réserves sont au plus haut, sauf dans les Pyrénées orientales. Des discussions sont en cours concernant des lâchers d'eau exceptionnels mais le préfet du bassin Adour-Garonne a néanmoins réuni les professionnels agricoles du sud-ouest le 19 mars pour qu'ils adaptent leur choix de cultures à la situation hydrologique.

Sur le reste du territoire, les dernières données recueillies permettent d'envisager la suite de la saison avec un peu plus de sérénité mais la prudence reste de mise, dans un contexte de températures plutôt élevées.

Première naissance d'un gypaète barbu en Suisse depuis plus de 120 ans

Gypaete_barbuPour la première fois depuis 122 ans, un bébé gypaète barbu est né en liberté en Suisse.

Les parents du jeune vautour ont été observés alors qu'il apportaient de la nourriture dans le nid près du col de l'Ofen, dans les Grisons, dans l'est du pays. D'autres jeunes gypaètes pourraient voir le jour, puisque deux couples sont en train de couver. Le petit gypaète barbu lui-même n'a pas encore pu être aperçu, a précisé à l'Associated Press Chasper Buchli, de la Fondation Pro Gypaète, confirmant une information parue mardi dans les quotidiens "24 Heures" et la "Tribune de Genève".

Le nid des vautours se trouve à une altitude de 2 500 mètres. L'oisillon devrait y passer encore quatre mois avant de prendre son envol. Le rapace a certainement vu le jour entre le 20 et le 25 mars et ses chances de survie semblent bonnes. L'un des parents est vraisemblablement né en liberté lui aussi, près de Livigno en Italie; des analyses génétiques devraient permettre de fournir davantage d'informations. Quant aux deux autres couples en train de couver, l'un se trouve dans le Parc national et l'autre dans la région de Derborence (Valais, sud). En Valais, les petits devraient naître à la fin avril, selon le biologiste Raphaël Arlettaz, qui supervise les activités du réseau gypaète en Suisse occidentale.

Le gypaète barbu, avec ses 2,70 mètres d'envergure, est le plus grand rapace de Suisse. Il a disparu à la fin du XIXe siècle, victime de tirs et d'empoisonnements. Les derniers indices de reproduction ont été observés vers 1880 en Valais et dans les Grisons.

Ces 20 dernières années, près de 144 jeunes gypaète barbu nés en captivité ont été relâchés dans les Alpes autrichiennes, suisses, italiennes et françaises dans le cadre d'un projet international de réintroduction du rapace. Un premier couple a donné naissance à des jeunes en 1987 en France et depuis, on compte quelque 33 naissances.

10 avril 2007

Une nouvelle fosse aux ours à Berne?

Une course parrainée rapporte plus de 235'000 francs suisses pour refaire la fosse aux ours de Berne.

La fosse aux ours de BerneLa course parrainée organisée en faveur du nouveau parc pour les ours en ville de Berne a eu un franc succès et à permis de récolter 237'650 CHF, a annoncé l'Office du tourisme de Berne. Plus de 1000 personnes ont participé fin mars à cette manifestation.

Plus de 4000 sponsors se sont engagés à payer une certaine somme lors de chaque tour effectué par un coureur. Sans cette récolte de fonds, le financement du parc aux ours, budgeté à 9,7 millions de francs, est déjà assuré à 80%.

Avec quatre millions de francs, les sponsors privés couvrent la plus grande part des dépenses. Le Grand Conseil a accepté de verser 2,75 millions. Les citoyens de la ville se prononceront en juin sur le projet. Le parc destiné à remplacer la vétuste fosse aux ours doit ouvrir au public en juin 2009.

07 avril 2007

Sortie d'un nouvel album dans la série "Le Génie des alpages"

… courent dans la montagne

Courent_dans_la_montagneLe génie des alpages, Tome 14 - avril 2007
Scénariste et dessinateur : F'murrr

   
Le Génie des Alpages se fait rare – un album en moyenne tous les 2 ans – alors sachons l’apprécier à juste titre avec la parution de ce quatorzième album forcément génial…

Dans les alpages de F’murrr les moutons parlent, se rebellent et philosophent tout en broutant de l’herbe bien grasse. Le berger doit supporter des fonctionnaires européens zélés, des vendeurs de tapis navaros, des touristes insupportables quand ils appellent de leur portable et les moutons se demandent quand même si la grippe aviaire ne les concernerait pas un peu…

Série phare de l’humour absurde et intelligent (c’est compatible), série emblématique du journal Pilote qui a influencé toute une génération d’auteurs réunie notamment dans la collection Poisson Pilote, Le Génie des Alpages échappe à toutes les modes. Un authentique chef d’oeuvre signé F’murrr.

Extraits d'une histoire où il est question de l'insécurité dans les estives, de la grippe aviaire chère à Augustin Bonrepaux, de la crise ovine, de sauvegarde du patrimoine...

Un fonctionnaire dans l'alpage: "En arrivant ce matin dans votre belle région, je me disais: Voilà un pâys innocent, candide, mais combien ignorant de toutes ces menaces qui quettent les gens heureus. Car être heureux, c'est n'être pas sur ses gardes, et pour cette imprudence, mon premier mot sera : SECURITE. Car le bonheur donne l'illusion de sécurité, tandis que la sécurité donne.. donne... euh..
Athanase Percevalve (le berger): ...l'illusion du bonheur ?
Elle... Enfin bref, nous devons savoir faire des choix, nous plier au sens de l'histoire, même s'il nous mêne à tribord alors qu'on voulait aller à bâbord. Vous que guettent les avalanches l'hiver, les glissements de terrain l'été, les orages présomptueux, les détenus en cavale, le bétail souffreteux, féroces rapaces et buissons sauvageons, traqués sans vous en douter, vous avez droit à notre attention, notre compassion, à des compensations. Ainsi mon second maître mot sera-t-il : VICTIMES.
Romuald, le bélier: